{"id":10920,"date":"2026-05-24T16:18:46","date_gmt":"2026-05-24T14:18:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.api.parlonsfinance.fr\/?p=10920"},"modified":"2026-05-24T16:18:47","modified_gmt":"2026-05-24T14:18:47","slug":"sequoia-capital-le-fonds-qui-a-finance-le-monde-sans-que-vous-le-sachiez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.api.parlonsfinance.fr\/index.php\/2026\/05\/24\/sequoia-capital-le-fonds-qui-a-finance-le-monde-sans-que-vous-le-sachiez\/","title":{"rendered":"Sequoia Capital\u00a0: le fonds qui a financ\u00e9 le monde sans que vous le sachiez"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vous utilisez probablement chaque jour des produits financ\u00e9s par le m\u00eame fonds. Votre iPhone, vos recherches Google, vos paiements Stripe, vos appels WhatsApp, vos r\u00e9servations Airbnb. <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re une large partie des entreprises qui structurent l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique mondiale se trouve un seul nom, presque inconnu du grand public\u00a0: Sequoia Capital. Cinquante ans d\u2019existence, 56 milliards de dollars sous gestion, et un palmar\u00e8s qui n\u2019a aucun \u00e9quivalent dans l\u2019histoire du capital-risque.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un garage de Los Altos, 1972<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout commence avec Don Valentine. Ancien ing\u00e9nieur chez Fairchild Semiconductor, il passe une partie de sa carri\u00e8re \u00e0 vendre des composants \u00e9lectroniques avant de comprendre, avant tout le monde, que l\u2019argent ne se fait pas dans la fabrication, il se fait dans le financement de ceux qui vont changer le monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Valentine ne s\u2019int\u00e9resse pas \u00e0 la technologie pour la technologie. Sa boussole, c\u2019est le march\u00e9&nbsp;: sa taille, sa dynamique, la nature de la concurrence. \u00ab&nbsp;Notre objectif a toujours \u00e9t\u00e9 de construire de grandes entreprises&nbsp;: si vous n\u2019attaquez pas un grand march\u00e9, vous ne construirez jamais une grande entreprise&nbsp;\u00bb, dira-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1972, il fonde Sequoia Capital depuis Menlo Park, Californie, sur ce qui deviendra la l\u00e9gendaire Sand Hill Road, l\u2019adresse la plus ch\u00e8re du capital-risque mondial. Son premier investissement est dans Atari, le pionnier du jeu vid\u00e9o. L\u00e0, il croise un jeune technicien maigre et intense, sans costume ni business plan. Impressionn\u00e9 par cet employ\u00e9 d\u2019Atari, Valentine met 150&nbsp;000 dollars dans sa startup en 1978. L\u2019employ\u00e9 s\u2019appelle Steve Jobs. Apple vaut aujourd\u2019hui plus de 3&nbsp;000 milliards de dollars.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La m\u00e9thode&nbsp;: parier sur les march\u00e9s, pas sur les id\u00e9es<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui distingue Sequoia de ses concurrents depuis le d\u00e9but, c\u2019est une doctrine d\u2019investissement \u00e9tonnamment simple. Valentine privil\u00e9gie les grands march\u00e9s, les points d\u2019inflexion pr\u00e9coces et les fondateurs humbles, un style qui a forg\u00e9 la r\u00e9putation de Sequoia pour sa discipline dans l\u2019investissement technologique en phase pr\u00e9coce.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Concr\u00e8tement, cela signifie qu\u2019on ne vient pas chez Sequoia avec une belle technologie. On vient avec une conviction sur un march\u00e9 colossal et un probl\u00e8me concret \u00e0 r\u00e9soudre. Le fonds cherche des gens qui ont un r\u00eave et une fa\u00e7on de r\u00e9soudre un probl\u00e8me, qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 cr\u00e9er de nouveaux produits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette approche explique un palmar\u00e8s qui donne le vertige. Sequoia a pay\u00e9 environ 12 millions de dollars pour une participation d\u2019environ 10&nbsp;% dans Google en 1999. Roelof Botha, alors nouveau chez Sequoia, a investi dans YouTube en 2005, empochant un gain consid\u00e9rable lorsque Google l\u2019a rachet\u00e9 un an plus tard. Sequoia \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 investisseur dans le premier tour de financement de Nvidia en 1993, six ans avant l\u2019IPO du fabricant de GPU et pr\u00e8s de trois d\u00e9cennies avant que l\u2019entreprise devienne centrale dans l\u2019essor de l\u2019IA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les soci\u00e9t\u00e9s du portefeuille de Sequoia repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui plus de 25&nbsp;% de la valeur totale du Nasdaq. Une seule firme, un seul chiffre qui r\u00e9sume cinquante ans de flair.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019anecdote Zuckerberg&nbsp;: l\u2019un qui a \u00e9chapp\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sequoia n\u2019a pas tout gagn\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019histoire la plus c\u00e9l\u00e8bre du secteur est celle de sa plus grande erreur. En 2004, un jeune fondateur d\u00e9barque dans les bureaux du fonds pour une r\u00e9union. Il s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 en pyjama, en retard. Devant une assistance m\u00e9dus\u00e9e, il a fait une pr\u00e9sentation PowerPoint expliquant les raisons pour lesquelles Sequoia ne devait pas investir dans Facebook. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mark Zuckerberg, en quelques diapositives, a sabord\u00e9 lui-m\u00eame la r\u00e9union. Sequoia a pass\u00e9 son tour. Facebook est devenu Meta.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La revanche est venue dix ans plus tard. Sequoia avait investi environ 60 millions de dollars dans WhatsApp. Lorsque Facebook a rachet\u00e9 l\u2019application de messagerie pour 19 milliards de dollars en 2014, le gain du fonds a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 entre 3 et 7 milliards de dollars. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est le m\u00eame homme qui avait humili\u00e9 Sequoia qui signait le ch\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une structure qui d\u00e9fie les conventions du secteur<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le capital-risque fonctionne traditionnellement sur un mod\u00e8le ferm\u00e9&nbsp;: un fonds l\u00e8ve de l\u2019argent, investit pendant dix ans, distribue les gains, se dissout. Sequoia a d\u00e9cid\u00e9 de tout casser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2021, le fonds annonce la cr\u00e9ation d\u2019un v\u00e9hicule permanent\u00a0: l\u2019Evergreen Fund, qui recycle ses gains dans les g\u00e9n\u00e9rations futures au lieu de redistribuer apr\u00e8s dix ans. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9sormais, Sequoia investit du seed aux march\u00e9s cot\u00e9s, avec des \u00e9quipes \u00e0 Menlo Park, Londres, Bangalore, Tel-Aviv et P\u00e9kin. L\u2019id\u00e9e est de ne plus jamais \u00eatre forc\u00e9 de vendre une position dans Apple ou Nvidia parce qu\u2019un fonds arrive \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Roelof Botha r\u00e9sume la philosophie de transmission du fonds ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Don Valentine n\u2019a pas appel\u00e9 \u00e7a Valentine Ventures quand il l\u2019a fond\u00e9. Il a transmis le partnership \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration suivante. Nous n\u2019avons pas eu \u00e0 payer pour r\u00e9cup\u00e9rer le fonds de la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente, et nous ne ferons pas payer la suivante.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les coups qui font mal&nbsp;: FTX et la g\u00e9opolitique<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sequoia n\u2019est pas infaillible. En 2022, Roelof Botha et ses partenaires se sont excus\u00e9s aupr\u00e8s de leurs investisseurs lors d\u2019une conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique pour avoir soutenu FTX, avec des investissements totalisant 214 millions de dollars r\u00e9partis sur deux fonds. Sam Bankman-Fried avait tromp\u00e9 tout le monde, y compris le fonds le plus aguerri de Silicon Valley.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00eame ann\u00e9e, les tensions g\u00e9opolitiques entre les \u00c9tats-Unis et la Chine forcent une d\u00e9cision radicale. En 2023, Sequoia annonce sa division en trois entit\u00e9s ind\u00e9pendantes sous l\u2019effet des pressions r\u00e9glementaires. La s\u00e9paration est achev\u00e9e en 2024&nbsp;: l\u2019ancienne branche chinoise op\u00e8re d\u00e9sormais ind\u00e9pendamment sous le nom HongShan, tandis que l\u2019entit\u00e9 Inde et Asie du Sud-Est est devenue Peak XV Partners. Un empire mondial fragment\u00e9 en quelques mois.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La transmission&nbsp;: un mod\u00e8le de succession rare<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En novembre 2025, Roelof Botha passe le relais \u00e0 Alfred Lin et Pat Grady comme co-stewards. Depuis qu\u2019il avait pris la direction des op\u00e9rations am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes en 2017, Botha avait supervis\u00e9 la distribution de 50 milliards de dollars aux investisseurs du fonds.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lin a men\u00e9 de grands investissements dans des entreprises comme Airbnb, DoorDash et Kalshi. Grady, partenaire depuis pr\u00e8s de 19 ans, a dirig\u00e9 l\u2019investissement croissance de Sequoia depuis 2015, soutenant des entreprises comme ServiceNow, OpenAI et Harvey.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce mod\u00e8le de succession, int\u00e9gr\u00e9, progressif, sans rachat du partnership, est en soi une innovation manag\u00e9riale. Dans un secteur o\u00f9 les ego sont l\u00e9gion et les scissions fr\u00e9quentes, Sequoia a construit quelque chose de rare&nbsp;: une institution qui survit \u00e0 ses fondateurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ce que Sequoia dit du venture capital<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Botha lui-m\u00eame est lucide sur les limites du secteur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a trop d\u2019argent et trop de gens qui veulent \u00eatre investisseurs. Il faudrait 40 Figma par an pour que l\u2019industrie g\u00e9n\u00e8re les rendements esp\u00e9r\u00e9s, ce qui ne se produit pas.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sequoia incarne \u00e0 la fois le meilleur et les contradictions du capital-risque&nbsp;: une machine \u00e0 identifier les g\u00e9ants de demain, capable d\u2019une discipline remarquable sur cinq d\u00e9cennies, et pourtant vuln\u00e9rable aux m\u00eames biais que les autres quand l\u2019euphorie d\u2019un secteur prend le dessus sur la m\u00e9thode.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui reste, au fond, c\u2019est une conviction simple h\u00e9rit\u00e9e de Don Valentine&nbsp;: les grandes entreprises se construisent sur de grands march\u00e9s. Et ceux qui savent lire les march\u00e9s avant les autres n\u2019ont pas besoin de s\u2019appeler Valentine Ventures pour laisser leur nom dans l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sources<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Fortune, \u00ab&nbsp;Sequoia Capital invested early in Google, Nvidia, and Apple&nbsp;\u00bb, juillet 2024<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>TechCrunch, \u00ab&nbsp;Sequoia names Alfred Lin and Pat Grady as new co-stewards&nbsp;\u00bb, novembre 2025<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Stanford GSB Insights, entretien Don Valentine, 2010<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vous utilisez probablement chaque jour des produits financ\u00e9s par le m\u00eame fonds. Votre iPhone, vos recherches Google, vos paiements Stripe, vos appels WhatsApp, vos r\u00e9servations Airbnb. 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