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CPI, PPI, Fed : la crypto ne se regarde plus le nombril

Deux chiffres publiés à Washington ont suffi à envoyer le Bitcoin sous les 80 000 dollars cette semaine, puis à l’en faire ressortir. Pas un hack, pas une faillite de plateforme, pas une décision de la SEC : de l’inflation américaine. Le marché crypto a changé de pilote.

Deux jours, deux chocs

Mercredi 14 octobre, le Bureau of Labor Statistics (l’institut américain des statistiques du travail, qui publie les grands indices de prix) sort le CPI de septembre, l’indice des prix à la consommation. Il ressort à 3,7 % sur un an, contre 3,6 % attendu et 3,4 % en août. L’inflation sous-jacente, celle qui exclut l’alimentation et l’énergie, pointe à 2,6 %.

Vingt-quatre heures plus tard, rebelote, en pire. Le PPI de septembre, l’indice des prix à la production qui mesure ce que les entreprises facturent avant que ça n’arrive en rayon, grimpe de 6,3 % sur un an là où le consensus tablait sur 5,3 %. Sur un mois : +1,3 %, plus du double des 0,6 % prévus. Le BLS précise que c’est la plus forte progression mensuelle depuis mars 2022, et la plus forte hausse sur douze mois depuis décembre 2022.

La réaction a été immédiate. Bitcoin est descendu jusqu’à environ 79 800 dollars jeudi, cassant brièvement le seuil des 80 000. Ethereum a lâché 5 à 6 %, XRP et Solana reculant jusqu’à 6,6 %.

Les décomptes de liquidations divergent selon les agrégateurs et les fenêtres retenues, de l’ordre de 930 millions de dollars sur vingt-quatre heures pour FXStreet, « près d’un milliard » ailleurs. La répartition, elle, est sans ambiguïté : environ 780 millions côté positions acheteuses. Les vendeurs à découvert n’ont perdu que 150 millions.

Et puis le marché a ravalé sa peur. Vendredi matin, Bitcoin ouvrait vers 82 130 dollars, en hausse de 0,7 % sur la veille, et remontait au-dessus de 82 700 dans la matinée. Ethereum autour de 2 440. Sur sept jours, le Bitcoin est à peu près à l’équilibre.

Pourquoi un chiffre d’inflation fait tomber le Bitcoin

Le mécanisme n’a rien de mystérieux, et il vaut la peine d’être posé à plat.

Une inflation plus chaude que prévu pousse la banque centrale américaine à garder ses taux élevés, voire à les remonter. La Fed l’a déjà fait : le 16 septembre, elle a relevé son taux directeur d’un quart de point, dans la fourchette 3,75 %-4 %, par un vote unanime à 12 voix. Sa première hausse depuis trois ans.

Quand les taux montent, l’argent sans risque rapporte davantage. Le rendement du Trésor américain à dix ans tourne autour de 5,2 %. Face à ça, un actif qui ne verse aucun intérêt, Bitcoin, or, action de croissance, doit justifier sa place dans un portefeuille. Les gérants réduisent la voilure. Et ils commencent par ce qui bouge le plus.

Deuxième couche : l’effet de levier. Une large part du marché crypto se traite avec de l’argent emprunté. Quand le prix décroche de quelques pour cent, les positions les plus tendues sont fermées de force par les plateformes. Ces ventes automatiques font baisser le prix, ce qui déclenche la vague suivante. Un mouvement macro de 2 % devient une chute de 4 % en une heure. C’est exactement ce qui s’est joué jeudi.

Les paris sur la Fed racontent la suite. Avant le CPI, les contrats à terme donnaient environ 22 % de chances à une hausse des taux lors de la réunion du 27-28 octobre. Dans les heures qui ont suivi, cette probabilité a bondi au-dessus de 40 %, jusqu’à 54 % selon l’outil FedWatch du CME, avant de refluer vers 30 %. Pour décembre, les marchés sont beaucoup plus affirmatifs : autour de 90 % de probabilité d’un nouveau tour de vis. Détail qui compte, le prochain CPI est attendu le 10 novembre.

Ce n’est pas un accident isolé

Cette semaine prolonge un mois entier passé sous perfusion macro.

Début octobre, l’attaque de pétroliers au large d’Ormuz a propulsé le Brent au-delà de 105 dollars le baril. Le 7 octobre, les ETF Bitcoin au comptant américains, ces fonds cotés qui permettent d’acheter du Bitcoin via un compte-titres classique, ont enregistré près de 487 millions de dollars de sorties nettes en une seule séance. Leur pire journée depuis fin juin. Sur la semaine du 5 au 9 octobre, 678,9 millions sont sortis des ETF Bitcoin et 542 millions des ETF Ethereum selon SoSoValue et Farside, soit environ 1,22 milliard au total, après trois semaines d’entrées.

Le 14 octobre encore, 261 millions sont sortis des ETF Bitcoin, menés par Fidelity et BlackRock. La veille, ces mêmes fonds avaient pourtant collecté 176 millions. Des flux en dents de scie, qui suivent les taux plutôt que les nouvelles du secteur.

Le signal le plus parlant ne vient même pas de la crypto. Jeudi, la Bourse de Séoul a clôturé en baisse de 7,6 %, le Nikkei perdant près de 5 %. Tokyo, Séoul, les ETF américains, le Bitcoin : tout le monde a vendu la même chose au même moment, pour la même raison.

Ce que ça change pour un détenteur français

D’abord un point très pratique : la diversification crypto protège moins qu’on ne le croit. Détenir du Bitcoin à côté d’un portefeuille d’actions ne met pas à l’abri d’un choc de taux américain, ça y expose deux fois. Les deux lignes baissent ensemble.

Ensuite, le calendrier utile pour suivre le marché n’est plus seulement celui du secteur. Les dates qui comptent sont désormais celles du BLS et du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed.

Et puis il y a Paris. Pendant que le marché encaisse ces chocs, l’Assemblée nationale débat du budget 2027 depuis le 13 octobre. La commission des finances avait adopté début octobre trois mesures qui touchent directement les détenteurs : la taxation des plus-values lors de la conversion de crypto-actifs en stablecoins régulés sous MiCA (le règlement européen sur les crypto-actifs) à compter du 1er janvier 2027, une exit tax élargie aux portefeuilles supérieurs à 800 000 euros, et le report des moins-values sur dix ans.

Prudence toutefois : la séance publique repart du texte du gouvernement, pas de celui de la commission. Rien n’est acquis. Le vote solennel sur la partie recettes est fixé au 20 octobre, le vote d’ensemble au 17 novembre, avant passage au Sénat.

Autrement dit : votre prix d’achat se joue à Washington, votre fiscalité se joue à Paris.

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Pourquoi attendre l’entrée en Bourse peut vous faire rater une grande partie de la croissance

Investir avant l’entrée en Bourse permet-il de profiter plus tôt de la croissance des entreprises ? SpaceX est restée privée pendant près de 24 ans. Anthropic a vu sa valorisation multipliée par près de 16 en quatorze mois. 

Ces exemples illustrent un phénomène de fond : une part importante de la création de valeur se déroule désormais loin des marchés cotés.

Des entreprises qui restent privées plus longtemps

Selon l’économiste Jay Ritter, de l’université de Floride, l’âge médian des entreprises américaines lors de leur introduction en Bourse est passé d’environ huit ans dans les années 1980 à douze ans en 2025.

Ces quatre années supplémentaires peuvent représenter une période décisive : développement du produit, conquête de nouveaux marchés, croissance des revenus et augmentation de la valorisation.

Pendant cette phase, les actions restent principalement détenues par les fondateurs, les salariés, les fonds de capital-risque et certains investisseurs fortunés.

Le grand public doit généralement attendre l’introduction en Bourse. Aujourd’hui, plus de 1 200 entreprises non cotées sont considérées comme des « licornes », c’est-à-dire valorisées à plus d’un milliard de dollars, selon CB Insights.

SpaceX et Anthropic : deux exemples spectaculaires

Fondée en 2002, SpaceX est restée privée jusqu’à son introduction en Bourse du 12 juin 2026.

L’opération l’a valorisée autour de 1 750 milliards de dollars, après une dernière valorisation privée estimée à environ 800 milliards de dollars fin 2025, selon Forge Global.

Pendant près de 24 ans, seuls les investisseurs ayant accès au marché privé pouvaient directement détenir des actions de l’entreprise. Lorsqu’elle est devenue accessible au grand public, SpaceX faisait déjà partie des sociétés les plus valorisées au monde.

Anthropic, l’entreprise derrière l’intelligence artificielle Claude, constitue un autre exemple.

Sa valorisation est passée de 61,5 milliards de dollars en mars 2025 à 380 milliards en février 2026, puis à 965 milliards en mai 2026.

Elle a ainsi été multipliée par près de 16 en quatorze mois, sans cotation en Bourse.

Cette progression ne correspond toutefois pas à un rendement automatiquement encaissé par tous les actionnaires. Pour transformer une valorisation en gain réel, il faut pouvoir revendre ses titres, bénéficier d’un rachat ou attendre une introduction en Bourse.

Comment fonctionne le private equity ?

Le capital-investissement, ou private equity, consiste à financer des entreprises qui ne sont pas cotées en échange d’une part de leur capital.

Ces entreprises organisent généralement plusieurs levées de fonds : amorçage, séries A, B, C, puis éventuellement des opérations de capital-développement ou de pré-IPO.

Lors de chaque tour, une nouvelle valorisation est négociée entre l’entreprise et un nombre limité d’investisseurs.

Si la société progresse, les nouveaux investisseurs peuvent accepter de payer plus cher. La valeur théorique des titres détenus par les premiers actionnaires augmente alors.

Mais une valorisation privée n’est pas un cours de Bourse. Elle résulte d’une négociation ponctuelle, peut intégrer des conditions préférentielles et peut également diminuer lors d’une levée suivante.

Tant qu’aucune revente n’a eu lieu, le gain reste théorique.

Le private equity est-il plus rentable que la Bourse ?

Selon la dernière étude de France Invest et EY, le capital-investissement français affichait à fin 2025 un taux de rendement interne net de 10,7 % par an sur dix ans, contre 9,5 % pour le CAC 40.

L’édition précédente, portant sur les données à fin 2024, faisait état d’un rendement net de 12,7 % par an, contre 8,9 % pour le CAC 40.

Ces moyennes masquent cependant d’importants écarts.

Certaines entreprises connaissent une croissance spectaculaire, tandis que d’autres stagnent ou font faillite. Quelques réussites peuvent ainsi concentrer une grande partie de la performance d’un fonds.

Le rendement potentiellement supérieur rémunère plusieurs contraintes : risque de perte, frais, information moins fréquente et argent immobilisé pendant plusieurs années.

Les performances moyennes du secteur ne constituent donc aucune garantie pour un investissement individuel.

Un marché historiquement réservé aux grandes fortunes

L’un des principaux obstacles reste l’accès.

Les opérations les plus recherchées sont généralement réservées aux fonds, aux investisseurs institutionnels et aux family offices.

En septembre 2026, le ticket nécessaire pour acquérir directement des actions Anthropic sur certaines opérations secondaires atteignait environ 25 millions de dollars, selon Fortune.

Les particuliers disposent rarement des montants, du réseau ou des structures juridiques nécessaires pour participer directement à ces transactions.

Akka.app veut démocratiser l’accès au non-coté

C’est sur ce constat que se positionne Akka.app, partenaire de cet article.

L’application sélectionne, analyse et négocie des investissements dans des entreprises technologiques non cotées pour les particuliers européens. Les investissements de ses membres sont ensuite regroupés dans des véhicules dédiés.

Akka revendique aujourd’hui une communauté de 4 000 investisseurs et propose environ deux investissements par mois, avec un ticket d’entrée minimum à partir de seulement 300 euros par entreprise.

Ses membres ont notamment pu accéder à des opérations portant sur Anthropic, Perplexity, Epic Games et Bolt.

L’application propose également un suivi du portefeuille, des contenus pédagogiques et un assistant A.I. appelé Daniel pour accompagner ses membres 24/7 sur tout type de questions autour du suivi de ses positions et des investissements à venir. 

Cette démocratisation ne supprime toutefois aucun des risques propres au non-coté.

Ce qu’il faut retenir

Une part croissante de la création de valeur se déroule avant l’entrée en Bourse.

SpaceX et Anthropic représentent des réussites spectaculaires, mais aussi exceptionnelles. À côté de ces entreprises, de nombreuses sociétés privées échouent ou ne trouvent jamais de possibilité de sortie satisfaisante.

Le capital-investissement peut contribuer à diversifier un portefeuille, mais il ne constitue pas une version systématiquement plus rentable de la Bourse.

La croissance n’a pas disparu. Elle a simplement changé d’adresse.

Avertissement

Cet article est réalisé en partenariat avec Akka. Il poursuit une finalité pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement.

Investir dans des entreprises non cotées comporte un risque de perte totale du capital, une faible liquidité et une incertitude importante sur la valorisation. Les sommes investies peuvent rester immobilisées pendant plusieurs années.

Avant toute décision, il convient d’effectuer ses propres recherches, de comprendre les frais et les conditions de sortie, et de conserver une épargne de précaution suffisante. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Sources

Jay Ritter, CB Insights, Forge Global, Anthropic, Reuters, Fortune, France Invest/EY, Finyear et AKKA.

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Gestion d’actifs : Waterloo Asset Management grandit

Plus de 130 comptes ouverts depuis le début de 2026, le cap du milliard d’euros d’actifs sous gestion qui se rapproche plus vite que prévu et une équipe qui continue de se renforcer.

Waterloo Asset Management poursuit son développement autour d’un modèle qui associe indépendance, gestion active et proximité. Entretien avec Jérémie Pulinx, cofondateur et administrateur, sur les choix qui font l’identité de cette maison.

Parlons Finance — Plus de 130 comptes ouverts depuis janvier. Que vous inspire cette dynamique ?

Jérémie Pulinx — Pour une maison à taille humaine comme la nôtre, c’est un signe de confiance très encourageant. Derrière chaque ouverture de compte, il y a une personne, une famille, parfois le patrimoine constitué au cours de toute une carrière. Nous mesurons ce que cette décision représente.

Cette dynamique s’appuie sur une entreprise qui s’est structurée. Nous connaissons une progression de notre chiffre d’affaires de plus de 15 % par an ces dernières années, une dynamique qui devrait encore s’accélérer cette année. Notre fonds Waterloo Global Flexible, récompensé en 2026 par L’Echo et De Tijd comme meilleur fonds flexible, dépasse aujourd’hui les 300 millions d’euros d’actifs sous gestion. Plus largement, la progression des actifs dans l’ensemble de nos fonds nous permet d’envisager de franchir le cap du milliard d’euros avant 2030, l’échéance que nous nous étions initialement fixée.

Je crois que notre développement traduit une attente assez simple : pouvoir confier son patrimoine à des professionnels expérimentés, comprendre leurs décisions et savoir à qui parler.

Parlons Finance — Vous revendiquez une gestion active et de conviction. Qu’est-ce que cela change concrètement ?

Jérémie Pulinx — Cela signifie que nous assumons des choix. Nous analysons l’environnement économique, la valorisation des entreprises et les risques, puis nous décidons de l’exposition que nous jugeons appropriée. Nous gardons la liberté de nous écarter des indices lorsque notre analyse le justifie.

Dans un secteur où une partie de l’offre tend à se standardiser, nous tenons à cette responsabilité. Une conviction peut conduire à renforcer une position, mais aussi à réduire le risque ou à renoncer à une opportunité dont le prix nous paraît excessif.

Cette liberté exige de la discipline. Une conviction doit pouvoir être discutée au sein du comité d’investissement, confrontée aux données et révisée lorsque les faits changent. C’est ainsi que nous concevons notre métier.

Parlons Finance — Vous dites souvent que vos clients veulent « un pilote dans l’avion ». Que recouvre cette image ?

Jérémie Pulinx — J’utilise volontiers l’image de l’aviation privée. On attend d’un équipage expérimenté qu’il prépare le trajet, surveille les conditions et adapte sa route pour éviter autant que possible les turbulences. Nos clients veulent savoir qu’une équipe suit leur portefeuille et prend des décisions lorsque l’environnement évolue.

Notre gestion flexible répond à cette attente. Elle vise à faire croître le capital sur la durée en accordant une attention centrale à la maîtrise de la volatilité. Elle peut adapter la place des actions, des obligations et des liquidités selon notre lecture des marchés.

Ce sont la construction du portefeuille, la diversification et l’ajustement des expositions qui encadrent nos convictions. Pour le client, l’enjeu est de pouvoir rester investi dans une stratégie dont il comprend les objectifs et les risques.

Parlons Finance — Votre comité d’investissement associe des professionnels des marchés et des universitaires. Quel bénéfice en tirez-vous ?

Jérémie Pulinx — Ce dialogue est une composante forte de notre modèle. Mikael Petitjean, professeur à l’UCLouvain et Chief Economist de Waterloo Asset Management, apporte notamment son expertise macroéconomique. Christophe Desagre, professeur de finance à l’ICHEC et responsable de la recherche quantitative, contribue au développement de nos modèles et à l’analyse des données. Leurs travaux nourrissent les échanges avec nos professionnels de marché, dont Frédéric Steinkuhler, responsable des investissements.

Cette proximité avec le monde académique nous permet également de proposer à des étudiants brillants des projets de recherche appliquée. Deux étudiants travaillent actuellement à l’amélioration de notre modèle quantitatif, en collaboration avec Mikael Petitjean et Frédéric Steinkuhler, dans le cadre des recherches dirigées par Christophe Desagre.

Nous y voyons une façon de faire progresser nos outils et de confronter notre expérience à de nouvelles approches. La recherche doit avoir une utilité concrète pour la gestion.

Parlons Finance — La gestion flexible occupe une place centrale chez vous. Quelles autres approches proposez-vous ?

Jérémie Pulinx — La gestion flexible peut constituer le cœur d’un portefeuille pour un client qui recherche une croissance de son patrimoine avec une attention particulière portée aux fluctuations. Pour les profils plus conservateurs, nous proposons également une gestion obligataire, qui vise à privilégier une exposition aux marchés de taux et à limiter la volatilité du portefeuille.

D’autres clients souhaitent une exposition plus dynamique. Notre gestion de conviction à vocation 100 % actions repose sur une sélection de titres individuels au sein d’un fonds. Elle vise à créer de la surperformance sur la durée, avec les risques et les fluctuations propres aux marchés d’actions.

Nous proposons également une gestion durable pour les clients qui souhaitent intégrer des critères d’investissement socialement responsable, ainsi qu’une gestion en ETF. Ces outils ont leur place dans notre offre : l’utilisation de supports indiciels peut parfaitement s’inscrire dans des décisions actives d’allocation.

Le point de départ reste toujours la situation du client, son horizon et sa capacité à accepter le risque. C’est à partir de là que nous construisons une solution cohérente.

Parlons Finance — Comment préserver une relation personnelle lorsque le nombre de clients augmente ?

Jérémie Pulinx — En faisant de la disponibilité un choix d’organisation. Nous veillons au nombre de relations suivies par chaque banquier privé et nous renforçons les équipes pour accompagner le développement de la maison.

Nos senior private bankers ont vingt à vingt-cinq ans d’expérience au minimum. Ils ont traversé différents cycles de marché et connaissent les questions qui se posent lorsqu’un patrimoine grandit, qu’une entreprise est cédée ou qu’une transmission se prépare. Cette expérience compte beaucoup dans la qualité du dialogue.

Le client doit pouvoir joindre quelqu’un qui connaît sa situation et qui prend le temps de lui répondre. Nous voulons conserver cette proximité à mesure que nous grandissons.

Parlons Finance — Quelles valeurs se traduisent le plus directement dans votre fonctionnement ?

Jérémie Pulinx — L’esprit d’équipe, la transparence et la passion de notre métier. Nous avons fait le choix d’objectifs communs, sans objectifs commerciaux individuels. Chacun doit pouvoir contribuer à la qualité du service, qu’il appartienne au comité d’investissement, à l’équipe de banquiers privés ou aux fonctions de support.

Cette culture favorise le partage des connaissances et la coopération. Nous voulons que les compétences circulent au bénéfice du client.

L’indépendance est également essentielle : elle nous donne la liberté de construire notre projet dans la durée. Et nous tenons à l’alignement des intérêts. Nous investissons nous-mêmes dans nos stratégies, comme le font une grande majorité de nos collaborateurs. Cet engagement personnel donne un sens très concret aux discussions que nous avons avec nos clients sur le risque et l’horizon d’investissement.

Parlons Finance — Cette culture explique-t-elle aussi l’intérêt de banquiers expérimentés pour votre maison ?

Jérémie Pulinx — C’est l’une des raisons qu’ils évoquent. Ils souhaitent exercer pleinement leur métier, avoir un rôle actif dans le développement de la société et entretenir une relation suivie avec leurs clients. Dans une structure comme la nôtre, leur expérience peut directement contribuer aux décisions et à la qualité du service.

Nous accordons aussi une place importante à la transmission. Des professionnels très expérimentés continuent à apporter leur connaissance des marchés, leur recul et leur sens de la relation. Nous souhaitons que les plus jeunes puissent bénéficier de ce savoir.

Pour nous, la responsabilité d’une entreprise se manifeste aussi dans la manière dont elle considère ses collaborateurs et valorise leurs compétences. L’expérience reste une ressource précieuse à chaque étape d’une carrière.

Parlons Finance — Vous insistez sur la simplicité. Comment se traduit-elle dans vos investissements et votre communication ?

Jérémie Pulinx — Nous privilégions des investissements liquides, compréhensibles et une diversification entre les secteurs de l’économie. La technologie peut offrir des opportunités, mais notre champ d’analyse couvre l’ensemble des activités économiques. Nous voulons que chaque investissement ait une justification claire dans le portefeuille.

Cette exigence se prolonge dans la communication. Nos clients doivent comprendre ce qu’ils détiennent, les risques qu’ils prennent et les raisons de nos arbitrages. Nous consacrons donc beaucoup de temps aux échanges individuels et aux analyses. Nous les aidons également dans leur planification patrimoniale, afin de mettre en perspective leurs investissements avec leurs objectifs à long terme, leur situation familiale, la transmission de leur patrimoine et leurs besoins futurs.

La confiance se construit aussi dans cette capacité à expliquer nos choix et à accompagner les clients dans les différentes étapes de leur vie patrimoniale, y compris lorsque les marchés deviennent plus difficiles.

Parlons Finance — Quelle est votre ambition pour les prochaines années ?

Jérémie Pulinx — Notre ambition est d’atteindre un milliard d’euros d’actifs sous gestion à l’horizon 2030, en renforçant l’équipe, la recherche et l’accompagnement des clients. Notre ancrage en Belgique francophone nous offre encore un potentiel de développement important.

Nous continuons à recruter des professionnels qui partagent cette conception du métier. La croissance nous donne les moyens d’investir dans nos compétences et nos outils ; elle doit se traduire par un service toujours plus attentif.

À une personne qui envisage de nous rejoindre, je conseillerais de venir rencontrer l’équipe. Choisir un gestionnaire, c’est aussi choisir les personnes à qui l’on confie ses décisions patrimoniales. Nous voulons qu’elle puisse comprendre notre manière de travailler et se faire sa propre conviction.

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Trading Contest SKEMA : les étudiants défient les marchés

Du 28 septembre au 9 octobre 2026, SKEMA Sophia Antipolis accueille le Trading Contest, organisé avec l’association Finance de SKEMA et Le Trading Français.

Pendant deux semaines, les étudiants de SKEMA Business School pourront découvrir concrètement le fonctionnement des marchés financiers à travers un programme combinant formation, accompagnement et compétition de trading.

La première semaine du Trading Contest SKEMA sera consacrée à la montée en compétences des participants. Plusieurs sessions pédagogiques et interventions permettront d’aborder l’analyse des marchés, les outils de trading, la gestion du risque, mais aussi les parcours et opportunités professionnelles dans l’univers de la finance.

La deuxième semaine laissera place à la compétition. Les étudiants de SKEMA disposeront de comptes dédiés afin de mettre en pratique les connaissances acquises dans un environnement encadré.

Des professionnels de la finance aux côtés des étudiants

Plusieurs intervenants viendront partager leur expertise et leur parcours avec les participants.

Pavel Horák, ATAS Platform Expert, accompagnera les étudiants dans la découverte d’ATAS et de ses outils dédiés notamment à l’analyse des volumes et de l’order flow.

Sami Belghaieb partagera son parcours en finance, son expérience internationale et les étapes qui lui ont permis de construire son parcours professionnel.

Hamza Naqi, fondateur de Parlons Finance, échangera avec les étudiants autour des marchés, de l’information financière et du rôle des médias spécialisés dans la démocratisation de la finance.

Jules Barbato, fondateur de Le Trading Français, interviendra également auprès des étudiants autour du trading, de la formation et de l’accompagnement des participants tout au long du programme.

Un écosystème de partenaires mobilisé

Le Trading Contest SKEMA réunira plusieurs acteurs de l’écosystème financier et technologique autour des étudiants :

ATAS, plateforme spécialisée dans l’analyse des volumes et de l’order flow.

Earn2Trade, qui accompagnera notamment le dispositif de compétition et les comptes mis à disposition des participants.

GW Trade, partenaire du programme.

Parlons Finance, média spécialisé dans la finance.

Et Le Trading Français, à l’initiative du programme aux côtés de l’association Finance de SKEMA.

Un talk show pour clôturer le Trading Contest SKEMA

La compétition se terminera le 9 octobre par une soirée de clôture et une remise des prix sur le campus de Sophia Antipolis.

Après la participation de Jérôme Kerviel lors de l’édition 2025, le Trading Contest SKEMA accueillera cette année Zarch, qui incarne Pierre Chartier, pour un talk show d’une heure.

Cette soirée viendra conclure deux semaines d’immersion dans les marchés financiers et offrira aux étudiants un dernier temps d’échange avec les intervenants et partenaires avant la remise des prix aux meilleurs participants.

Rendez-vous le 28 septembre pour le lancement du Trading Contest SKEMA . Lien de l’inscription : https://ltf-formation.funnel.metaforma.io/03ed817a47a75a7054d78ae25b0702f4

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Pétrole à 100 $ : la guerre en Iran secoue les marchés

Un fonds spécialisé dans le fret maritime gagne 3 600 % depuis janvier, porté par la guerre en Iran et la flambée des prix du pétrole.

Cette semaine, deux des goulets d’étranglement les plus surveillés du transport pétrolier mondial le détroit d’Ormuz et celui de Bab-el-Mandeb se sont retrouvés sous pression simultanément.

Résultat : le Brent a grimpé de 9,39 % et le WTI de 9,93 %. Mais l’indice de la peur (VIX), lui, a reculé. Voici pourquoi.

Les chiffres de la semaine

  • Pétrole Brent : 104,61 $ (+9,39 %)
  • Pétrole WTI : 100,05 $ (+9,93 %)
  • Or : 4 408,90 $ (+0,98 %)
  • Rendement du Trésor américain à 10 ans : 4,97 % (+4,56 %)
  • VIX (indice de la peur) : 15,84 (-3,06 %)
  • S&P 500 : 7 656,98 points (-0,38 %)
  • EUR/USD : 1,16 (-0,14 %)

Une guerre de six mois, une semaine d’escalade

Depuis environ six mois, un conflit armé oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. Cette semaine a marqué une intensification nette.

Les forces américaines ont coulé cinq pétroliers iraniens ; en représailles, l’Iran a mené sa plus importante vague d’attaques depuis le début du conflit, visant une dizaine de navires près du détroit d’Ormuz.

Un navire y a été touché par un projectile non identifié, prenant feu et forçant l’évacuation de son équipage un incident confirmé par l’organisme britannique de sécurité maritime UKMTO.

La marine américaine maintient désormais un blocus qui perturbe sévèrement le trafic dans ce détroit, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial.

À l’autre bout de la péninsule Arabique, les forces houthistes ont pris le contrôle du littoral yéménite de la mer Rouge et de l’île stratégique de Périm, qui commande le détroit de Bab-el-Mandeb un second point de passage critique pour le transport maritime.

L’Arabie saoudite a fermé son oléoduc Est-Ouest après une attaque de drone, privant le royaume d’une route de contournement pour exporter son pétrole sans transiter par le Golfe.

C’est la combinaison de ces deux fronts Ormuz et Bab-el-Mandeb qui explique l’ampleur de la hausse du pétrole cette semaine, ainsi que l’envolée des taux de fret maritime, qui ont atteint des records pour les pétroliers de grande capacité.

(L’impact spécifique de ce contexte sur les marchés asiatiques Inde, Corée du Sud est traité dans l’article dédié à l’Asie de cette semaine.)

Le rôle de la Chine, premier importateur mondial

La Chine module depuis plusieurs mois l’ampleur de la hausse du pétrole par son comportement d’achat : ses importations de brut sont tombées d’environ 11,5 millions de barils par jour en février à près de 6 millions en juin, avant de remonter à environ 7 millions en juillet-août, tout en puisant dans une réserve stratégique de plus d’un milliard de barils.

Une reprise des achats chinois à un rythme comparable à celui d’avant-guerre pourrait, selon CNBC, faire retester au pétrole ses plus hauts niveaux depuis le début du conflit.

Le lien avec l’inflation et les taux américains

L’inflation américaine dépasse désormais le seul facteur pétrolier : l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,4 % sur un mois (+3,4 % sur un an) et les prix à la production de 0,4 % également.

Le prix du diesel a atteint un record historique (+58 % sur un an) et plusieurs denrées agricoles récoltes en baisse de 20 % dans le Nebraska, viande de bœuf à des plus hauts pluriannuels contribuent à la hausse du coût de la vie.

La Réserve fédérale américaine se réunit les 15 et 16 septembre, avec une probabilité estimée entre 87 % et 90 % d’une hausse de ses taux directeurs.

Ce contexte éclaire la hausse du rendement du Trésor à 10 ans, à 4,97 %.

Point de pédagogie important : la variation de +4,56 % indiquée dans nos données est une variation relative du niveau du taux, pas une variation en points de pourcentage.

Un taux passant, par exemple, de 4,75 % à 4,97 % correspond à une hausse relative proche de 4,6 %, et non à une hausse de « 4,56 points » une nuance qui évite de surestimer l’ampleur du mouvement.

Le VIX en baisse : un paradoxe à nuancer

Malgré cette escalade militaire et ces craintes d’inflation, le VIX qui mesure la volatilité anticipée sur le S&P 500 a reculé de 3,06 % sur la semaine.

Deux lectures sont possibles, sans qu’aucune ne s’impose clairement.

D’une part, le conflit dure depuis six mois : les investisseurs actions américains ont pu, au fil des mois, intégrer progressivement ce risque dans leurs anticipations, de sorte qu’une nouvelle escalade aussi spectaculaire soit-elle pour le pétrole et le transport maritime n’entraîne plus la même réaction sur la volatilité anticipée des actions américaines, moins directement exposées que les secteurs de l’énergie ou du fret.

D’autre part, cette baisse du VIX pourrait tout aussi bien signaler que les investisseurs sous-estiment le risque que ce conflit continue de s’aggraver.

Les deux lectures restent défendables ; le lecteur doit garder cette incertitude à l’esprit plutôt que d’y voir une explication unique.

L’or, valeur refuge traditionnelle, ne progresse que de 0,98 % une hausse modeste par rapport au bond du pétrole, cohérente avec un climat de risque qui reste, pour l’instant, contenu sur les marchés actions et devises : le S&P 500 recule légèrement (-0,38 %) et l’EUR/USD reste quasi stable (-0,14 %).

Conclusion

Cette semaine illustre comment un conflit armé peut frapper certains segments du marché avec une intensité disproportionnée par rapport à d’autres : le pétrole et le transport maritime encaissent un choc majeur, tandis que les indicateurs de risque plus larges VIX, or, actions américaines restent, pour l’instant, relativement stables.

Deux échéances méritent d’être suivies dans les prochains jours : la décision de la Réserve fédérale les 15 et 16 septembre, et le comportement d’achat de la Chine, qui pourrait déterminer si le pétrole reteste ses plus hauts niveaux depuis le début du conflit.

Sources :

Reuters : Attaques contre les pétroliers iraniens et escalade dans le détroit d’Ormuz

The Guardian : Prise de l’île stratégique de Périm par les Houthis

Hellenic Shipping News : Hausse historique des taux de fret pétrolier

Pictet : Weekly Update du 14 septembre 2026

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BNP Paribas remporte trois Corbeilles en 2026

BNP Paribas remporte trois Corbeilles en 2026, récompensant la performance de ses fonds sur un et cinq ans, notamment en épargne salariale.

Lors de la 41e cérémonie des Corbeilles Mieux Vivre Votre Argent, organisée le 21 septembre 2026 à Paris, BNP Paribas a remporté trois distinctions récompensant la performance de ses gammes de fonds d’investissement.

Le groupe s’est notamment distingué dans les catégories « Banques de réseaux » et « Épargne salariale », qui évaluent les performances des gammes de fonds proposées aux clients particuliers et aux salariés.

Trois récompenses sur un an et cinq ans

BNP Paribas s’est vu attribuer :

  • La Corbeille d’Or, qui récompense la meilleure performance sur un an dans la catégorie « Banques de réseaux », avec 25 fonds notés.
  • La Corbeille Long Terme, qui distingue la meilleure performance sur cinq ans dans la catégorie « Banques de réseaux », avec 7 fonds notés.
  • La Corbeille Long Terme Épargne Salariale, qui récompense la meilleure performance sur cinq ans dans cette catégorie, avec 22 fonds notés. BNP Paribas remporte cette distinction pour la deuxième année consécutive.

Ces trois récompenses soulignent le travail des équipes de gestion de BNP Paribas Asset Management, mais aussi la sélection des solutions d’investissement réalisée pour les clients particuliers et les salariés, avec l’appui des expertises de BNP Paribas Wealth Management, de la banque de détail en France et de BNP Paribas Épargne & Retraite Entreprises.

Plusieurs fonds ont porté la performance

Plusieurs fonds ont particulièrement contribué à ce palmarès.

Banques de réseaux – sur cinq ans :

  • BNP Paribas Disruptive Technology : +108,11 %
  • BNP Paribas Responsible US Multi-Factor Equity : +79,88 %
  • BNP Paribas Smallcap Euroland Responsable C Classic : +31,32 %

Banques de réseaux – sur un an :

  • BNP Paribas Disruptive Technology : +45,83 %
  • Theam Quant Equity Eurozone Guru C EUR : +31,95 %
  • BNP Paribas Europe Environmental Solutions Classic : +28,97 %

Épargne salariale – sur cinq ans :

  • Multipar Solutions Environnement : +68,51 %
  • Multipar Actions Euro Bas Carbone : +61,05 %
  • Multipar Actions Socialement Responsable : +68,75 %

Les performances communiquées sont nettes pour les comptes-titres, c’est-à-dire après prélèvement des frais de gestion, et brutes pour les contrats d’assurance-vie.

Une chaîne d’expertise au service de l’épargne

La construction de l’offre repose sur plusieurs expertises complémentaires.

BNP Paribas Asset Management conçoit et gère des fonds sur différentes classes d’actifs, en s’appuyant sur son expertise en gestion et son analyse des marchés financiers.

BNP Paribas Wealth Management réalise une première analyse des solutions disponibles en fonction du contexte économique et des objectifs de performance.

Les équipes de la banque de détail affinent ensuite cette sélection afin de proposer aux clients des placements adaptés à leurs besoins, à leur horizon d’investissement et à leur profil.

Dans le domaine de l’épargne salariale, BNP Paribas Épargne & Retraite Entreprises contribue à la sélection et à la distribution de solutions d’investissement destinées aux salariés, notamment dans le cadre des dispositifs d’épargne mis en place par les entreprises.

Cette reconnaissance intervient dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et les fluctuations des marchés financiers.

Elle coïncide également avec l’intégration récente d’AXA Investment Managers au sein de BNP Paribas Asset Management. Cette opération renforce l’offre du groupe dans plusieurs domaines, dont la transition énergétique, l’innovation technologique et la réindustrialisation.

Ce qu’il faut retenir

Avec trois Corbeilles remportées en 2026, BNP Paribas voit ses gammes de fonds distinguées à la fois dans la banque de détail et dans l’épargne salariale, sur des périodes de performance allant d’un à cinq ans.

Les Corbeilles récompensent ici la performance passée d’une gamme de fonds sur des périodes déterminées.

Pour l’épargnant, ce palmarès peut constituer un indicateur de qualité et de régularité. Il ne remplace toutefois ni l’analyse de son profil de risque, ni la diversification de ses placements, ni le choix d’un horizon d’investissement cohérent avec ses projets.

👉 Consultez les conditions d’attribution :

https://mabanque.bnpparibas/fr/epargner/fonds-investissement/nos-fonds-recompenses

Avertissement

Tout investissement soumis aux fluctuations des marchés peut varier à la baisse comme à la hausse et présente un risque de perte en capital, partielle ou totale. Avant d’investir, assurez-vous de détenir une épargne de précaution suffisante. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Source : BNP Paribas, communication relative aux Corbeilles Mieux Vivre Votre Argent 2026.

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Bourse : l’Inde baisse, Séoul étend ses horaires

La Bourse indienne vient d’enchaîner une cinquième semaine de baisse consécutive, avec la pire semaine pour son secteur technologique depuis avril.

À Séoul, la Bourse s’apprête de son côté à devenir la première grande place asiatique à ouvrir une séance de cotation en soirée. Deux histoires bien différentes, sur fond d’un même contexte global : la guerre qui oppose depuis six mois les États-Unis et Israël à l’Iran continue de faire grimper le pétrole et les taux américains, deux facteurs qui pèsent sur l’ensemble de la région.

Ce qui s’est passé, chiffres à l’appui

  • Nikkei 225 (Japon) : 64 011,34 points (-3,33 %)
  • Hang Seng (Hong Kong) : 24 805,63 points (-2,07 %)
  • Shanghai Composite (Chine continentale) : 3 888,11 points (-2,31 %)
  • KOSPI (Corée du Sud) : 6 909,91 points (+1,08 %)
  • TAIEX (Taïwan) : 46 184,85 points (-1,63 %)
  • USD/JPY : 153,55 (-3,88 %)

Le Nikkei 225 rassemble 225 grandes entreprises cotées à Tokyo. Le Hang Seng regroupe les principales valeurs de Hong Kong, place financière qui sert souvent de porte d’entrée vers la Chine continentale.

Le Shanghai Composite représente le marché chinois continental, tandis que le KOSPI reflète la Bourse de Séoul, dominée par de grands groupes industriels et technologiques. Le TAIEX, à Taïwan, est quant à lui fortement exposé aux semi-conducteurs.

L’Inde, en première ligne face au pétrole

Le Sensex et le Nifty, les deux principaux indices indiens, ont terminé leur cinquième semaine consécutive de baisse, le secteur technologique signant sa pire semaine depuis avril.

La presse financière indienne attribue explicitement ce repli à la hausse du pétrole, à des rendements du Trésor américain proches de 5 % et aux ventes d’investisseurs étrangers.

Le mécanisme mérite d’être expliqué : l’Inde importe une large part du pétrole qu’elle consomme. Quand le prix mondial du baril grimpe, sa facture énergétique augmente mécaniquement.

Cela pèse sur sa balance commerciale et peut fragiliser sa devise : un canal de transmission classique entre un choc pétrolier mondial et les marchés d’un pays importateur net d’énergie.

La Corée du Sud teste une séance en soirée mais pas encore cette semaine

La Bourse de Séoul, le Korea Exchange, va étendre ses horaires de cotation jusqu’à 20 h à partir de lundi, pour environ 2 400 valeurs du KOSPI et du KOSDAQ.

La vente à découvert sera autorisée pendant cette séance étendue, tandis que les ETF en seront exclus dans un premier temps.

L’objectif est de faire chevaucher les horaires de cotation avec ceux des marchés européens afin d’attirer davantage d’investisseurs internationaux. Il s’agit d’une première parmi les grandes places asiatiques, dans la lignée d’une tendance mondiale vers un trading quasi permanent, déjà amorcée au Nasdaq et au NYSE.

Cette mesure entre en vigueur après la période couverte par les chiffres ci-dessus. Elle ne peut donc pas expliquer la hausse de 1,08 % du KOSPI cette semaine.

Le mouvement s’inscrit plutôt dans une tendance plus large : l’indice reste en hausse de 64 % depuis le début de l’année 2026, malgré un recul de 22 % depuis son pic de juillet.

La performance de la semaine ressemble ainsi davantage à un rebond ponctuel à l’intérieur d’une correction plus large qu’à un effet de l’annonce sur les horaires de cotation.

Diplomatie régionale : un dégel entre l’Inde et la Chine

Lors du 18ᵉ sommet des BRICS à New Delhi, le président chinois Xi Jinping a rencontré le Premier ministre indien Narendra Modi, à l’occasion de sa première visite en Inde depuis sept ans.

Les deux dirigeants se sont engagés vers une résolution de leur différend frontalier, plusieurs années après un affrontement meurtrier à leur frontière commune.

Xi Jinping a par ailleurs annoncé que la Chine prendrait la tête d’une coopération entre les pays des BRICS sur l’intelligence artificielle, un domaine dans lequel elle affiche des ambitions concurrentes de celles des États-Unis.

En toile de fond, une tension industrielle illustre cependant les enjeux commerciaux qui subsistent malgré ce dégel diplomatique.

Le gouvernement américain a averti le constructeur automobile Ford que son recours à une technologie de batteries provenant d’une entreprise chinoise constituait, selon lui, un risque pour la sécurité nationale.

Un rappel que la rivalité technologique sino-américaine reste vive, y compris dans des secteurs comme l’automobile électrique.

Comprendre USD/JPY : quand une baisse signifie un renforcement

USD/JPY exprime combien de yens sont nécessaires pour acheter un dollar.

Sa baisse de 3,88 % cette semaine, à 153,55, signifie que le dollar s’est déprécié face au yen : il faut désormais moins de yens pour obtenir un dollar.

Prenons un exemple.

Un investisseur convertissant 10 000 USD en yens au taux de début de semaine environ 159,7, déduit de la variation de -3,88 % aurait obtenu environ 1 597 000 JPY.

Au taux de fin de semaine de 153,55, ces mêmes 10 000 USD ne valent plus que 1 535 500 JPY, soit environ 61 500 JPY de moins.

Un yen plus fort pèse traditionnellement sur les grandes entreprises exportatrices japonaises, qui occupent une place importante dans le Nikkei. Leurs produits deviennent plus chers en devise étrangère et leurs revenus, une fois convertis en yens, diminuent.

Le yen est également traditionnellement recherché comme valeur refuge en période de tension internationale. Ce mécanisme est cohérent avec le climat géopolitique global du moment, sans qu’aucune source ne permette d’affirmer qu’il explique à lui seul le mouvement observé cette semaine.

Conclusion

Cette semaine confirme que les marchés asiatiques ne forment pas un bloc homogène.

L’Inde encaisse de plein fouet la hausse du pétrole, tandis que la Corée du Sud prépare une réforme structurelle de sa Bourse. Dans le même temps, la diplomatie sino-indienne se réchauffe alors que les tensions commerciales et technologiques sino-américaines persistent.

Reste désormais à observer, dans les prochaines semaines, si la séance en soirée coréenne parviendra effectivement à attirer les flux internationaux qu’elle vise et si l’Inde réussira à enrayer sa série de pertes hebdomadaires.

Sources :

Inde : cinquième semaine consécutive de baisse du Sensex/Nifty, pétrole au-dessus de 100 $ et pression sur les marchés

Corée du Sud : lancement de la séance après-Bourse jusqu’à 20 h

Xi Jinping–Narendra Modi : rencontre au sommet des BRICS à New Delhi

Ford et technologie chinoise de batteries

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Stablecoins : peuvent-ils rivaliser avec les banques centrales ?

Longtemps cantonnés à l’univers des cryptoactifs, les stablecoins intéressent désormais les banques, les géants des paiements et les grandes entreprises technologiques.

Le marché mondial a dépassé 300 milliards de dollars en 2026, contre moins de 10 milliards six ans plus tôt, selon Christine Lagarde. Près de 90 % de ce marché reste concentré entre deuxémetteurs, Tether et Circle, très majoritairement libellés en dollars. La question n’est donc plus seulement technologique : elle devient monétaire etgéopolitique. Qui contrôlera les infrastructures de la monnaie numérique de demain, les banques centrales, les banques commerciales ou les acteurs privés ?

Une nouvelle bataille autour du dollar numérique

Le marché s’est longtemps structuré autour de Tether (USDT) et de l’USDC de Circle, un émetteur créant un jeton adossé à des réserves censées en garantir la stabilité. Mais une nouvelle génération de projets change la donne : Open USD (OUSD), lancé en juin 2026 par Open Standard, réunit déjà plus de 140 entreprises, dont Visa, Mastercard, Stripe,
BlackRock, Coinbase et Google.

Contrairement à un émetteur unique, Open USD fonctionne comme une infrastructure commune : la frappe et le rachat des jetons sont gratuits, et l’essentiel des revenus des réserves est reversé aux partenaires. La bataille ne porte donc plus seulement sur la taille des stablecoins, mais sur la répartition de la valeur qu’ils génèrent.

Les banques centrales face à une nouvelle concurrence

Christine Lagarde reconnaît la croissance spectaculaire des stablecoins tout en pointant les risques pour la stabilité financière et la souveraineté monétaire, la BCE redoutant une «dollarisation numérique » de l’Europe.

Le mécanisme est simple : si particuliers et entreprises déplacent leurs liquidités des banques vers les stablecoins, les établissements bancaires perdent une source de financement, ce qui peut renchérir le crédit. La Banque des règlements internationaux (BRI) partage cette inquiétude : environ 98 % de la valeur des stablecoins est libellée en dollars,un facteur qui pourrait accentuer la dollarisation numérique dans certaines économies.

L’Europe cherche une troisième voie

Plutôt que d’interdire les stablecoins, l’Europe régule la monnaie privée via le règlement MiCA, qui impose aux émetteurs de constituer des réserves séparées et protégées, tout en développant sa propre monnaie publique numérique. La BCE vise une première émission de l’euro numérique en 2029, avec un projet pilote de 12 mois à partir de 2027 et 36 prestataires déjà sélectionnés. L’objectif n’est pas d’éliminer les solutions privées, mais de faire coexister monnaie publique et moyens de paiement privés, y compris via des transactions réglées en monnaie de banque centrale sur des
infrastructures numériques (DLT).

Trois architectures en concurrence

Le stablecoin privé offre une infrastructure programmable et internationale, mais dépend de la qualité de ses réserves et de son cadre réglementaire. Le dépôt bancaire tokenisé conserve le lien avec le système bancaire tout en devenant numérique et programmable. La monnaie numérique de banque centrale, elle, reste une créance directe sur la banque centrale et pourrait servir d’ancre de confiance.

La BRI privilégie aujourd’hui les dépôts tokenisés pour les paiements courants, une manière de bénéficier de la tokenisation sans bouleverser les fondations du système monétaire existant.

Le véritable enjeu : qui captera la valeur ?

Les stablecoins ne sont plus de simples moyens de paiement : ils deviennent des infrastructures financières capables de générer des revenus, des commissions et des effets de réseau. Open USD pousse cette logique plus loin en redistribuant les revenus des réserves à l’écosystème qui contribue à son adoption.

La question n’est donc plus de savoir quel stablecoin est le plus utilisé, mais qui contrôlera l’infrastructure, les utilisateurs et les revenus de cette nouvelle économie monétaire numérique.

Vers une coexistence plutôt qu’une victoire absolue

Il serait prématuré d’annoncer la victoire des stablecoins ou celle des banques centrales. La BRI estimait le marché mondial à environ 315 milliards de dollars début avril 2026, mais leur usage réel dans les paiements du quotidien reste très inférieur à leurs volumes transactionnels globaux.

Le scénario le plus probable est celui d’une hybridation : les banques centrales fourniraient l’ancre monétaire, les banques commerciales conserveraient leur rôle dans le crédit, les stablecoins apporteraient des infrastructures programmables et transfrontalières, tandis que
les entreprises technologiques assureraient la distribution.

Conclusion

La bataille des stablecoins ne se résume pas à un affrontement entre finance traditionnelle et cryptomonnaies : elle relance une question bien plus ancienne, celle du droit de créer et de contrôler la monnaie.

L’Europe défend sa monnaie publique numérique, les acteurs privés construisent des infrastructures mondiales autour du dollar, et les banques explorent les dépôts tokenisés. La prochaine révolution monétaire ne verra sans doute pas disparaître les banques centrales, mais les obligera à partager l’infrastructure monétaire avec des acteurs privés qu’elles n’avaient encore jamais eu à affronter à cette échelle. La véritable bataille ne sera peut-être pas celle du jeton le plus populaire, mais celle de l’infrastructure qui deviendra indispensable.

SOURCES

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Investisseurs : les matières premières rebattent les cartes

Les matières premières restent ainsi un indicateur clé pour comprendre l’évolution de l’économie mondiale et les anticipations des investisseurs.

Pourtant, un marché envoie généralement les premiers signaux des grands changements économiques : celui des matières premières.

Pétrole, cuivre, uranium, or, gaz naturel, blé, soja ou lithium ne sont pas de simples actifs financiers. Ils constituent les fondations de l’économie mondiale. Lorsqu’une grande puissance modifie sa politique commerciale, énergétique, industrielle ou géopolitique, les premiers effets apparaissent souvent sur les marchés des matières premières, bien avant qu’ils ne soient visibles dans les bénéfices des entreprises ou les principaux indices boursiers.

Pour les investisseurs, comprendre cette dynamique permet non seulement de mieux anticiper les cycles économiques, mais aussi d’améliorer leurs décisions d’allocation d’actifs.

Les matières premières : le premier maillon de l’économie mondiale

Contrairement aux actifs financiers, les matières premières sont soumises à des contraintes physiques. Développer une mine de cuivre, construire une raffinerie, ouvrir un champ pétrolier ou augmenter la production agricole demande des années d’investissements. L’offre ne peut donc pas s’ajuster rapidement lorsque la demande évolue.

Cette inertie explique pourquoi les marchés des commodités réagissent très tôt aux changements politiques et économiques.

Le mécanisme est généralement le même :

  • Une décision politique modifie les règles du commerce ou de l’énergie
  • Les chaînes d’approvisionnement se réorganisent
  • Les flux physiques évoluent
  • Les prix des matières premières s’ajustent
  • Les entreprises et les marchés financiers répercutent ensuite ces changements

Autrement dit, les matières premières constituent souvent le premier langage des transformations économiques mondiales.

Un siècle de décisions politiques qui ont changé les marchés

L’histoire économique offre de nombreux exemples où une décision politique a profondément transformé les marchés des matières premières.
Au début du XXᵉ siècle, les politiques visant à renforcer la concurrence dans le secteur pétrolier ont profondément remodelé l’industrie énergétique mondiale.

Dans les années 1930, la montée du protectionnisme et des barrières douanières a provoqué une forte contraction du commerce international, entraînant un effondrement des prix agricoles et aggravant la crise économique mondiale. En 1971, la fin du système de Bretton Woods et de la convertibilité du dollar en or a marqué un tournant historique. Depuis lors, les matières premières sont devenues beaucoup plus sensibles aux politiques monétaires, aux mouvements du dollar américain et aux flux internationaux de capitaux. Plus récemment, les tensions commerciales, les sanctions économiques, les conflits géopolitiques, la transition énergétique ainsi que les politiques de relocalisation industrielle
ont profondément modifié les échanges mondiaux de pétrole, de gaz, de métaux stratégiques et de produits agricoles.

Chaque épisode rappelle une réalité constante : les décisions politiques redessinent les chaînes d’approvisionnement bien avant que leurs effets apparaissent dans les comptes des entreprises.

Pourquoi les investisseurs doivent surveiller les matières premières

Les matières premières jouent plusieurs rôles essentiels dans l’analyse financière.

Elles permettent notamment :

  • D’anticiper les pressions inflationnistes
  • D’identifier les futurs cycles économiques
  • D’évaluer les risques géopolitiques
  • De détecter les tensions sur les chaînes d’approvisionnement
  • D’améliorer la diversification d’un portefeuille
    Les grands investisseurs institutionnels suivent ces marchés avec attention, car ils fournissent souvent des signaux avancés que les marchés actions n’intègrent qu’avec plusieurs mois de retard.

Trois indicateurs à surveiller en priorité

Pour construire une vision stratégique des marchés, trois facteurs méritent une attention particulière.

1. Les politiques commerciales

Les droits de douane, les sanctions économiques, les restrictions technologiques et les accords commerciaux modifient directement les flux mondiaux de matières premières.
Une simple décision gouvernementale peut déplacer durablement les échanges entre
plusieurs continents.

2. Les politiques énergétiques et industrielles

Le développement des véhicules électriques, des énergies renouvelables, de l’intelligence artificielle ou encore des infrastructures numériques accroît la demande de métaux stratégiques comme le cuivre, le nickel, le lithium ou les terres rares.
À l’inverse, certaines décisions peuvent ralentir certains secteurs tout en favorisant d’autres ressources.
Comprendre ces orientations permet d’identifier les secteurs susceptibles de bénéficier des prochaines vagues d’investissement.

3. Le dollar américain et les conditions financières

La majorité des matières premières étant négociées en dollars américains, les variations de
cette devise influencent directement leur compétitivité et leurs prix.
Une appréciation du dollar tend généralement à exercer une pression sur les prix des
commodités, tandis qu’un affaiblissement peut soutenir leur progression.
Les politiques monétaires et les taux d’intérêt restent donc des variables essentielles pour anticiper l’évolution de nombreux marchés.

Les matières premières comme outil de gestion du risque

Les matières premières ne doivent pas être considérées uniquement comme un moteur de performance.
Elles constituent également un outil de diversification.
Plusieurs études montrent qu’elles peuvent contribuer à réduire le risque global d’un portefeuille lorsqu’elles sont intégrées de manière équilibrée avec les actions, les obligations et d’autres classes d’actifs.
Cette diversification devient particulièrement pertinente dans les périodes d’inflation élevée, de tensions géopolitiques ou de ralentissement économique.
Naturellement, les matières premières demeurent des actifs volatils. Leur intégration doit donc s’inscrire dans une stratégie cohérente de gestion des risques, adaptée à l’horizon d’investissement et au profil de chaque investisseur.

Ce que l’investisseur peut retenir

Les grandes transformations économiques commencent rarement sur les marchés financiers. Elles apparaissent souvent plus tôt dans les flux physiques de l’économie mondiale. Observer les matières premières revient à observer les fondations sur lesquelles reposent l’industrie, le commerce international et les politiques publiques. Pour les investisseurs, les matières premières constituent ainsi un indicateur avancé particulièrement précieux pour anticiper les évolutions économiques et ajuster leur stratégie.

Dans un monde marqué par les rivalités géopolitiques, la transition énergétique, les innovations technologiques et la recomposition des chaînes de valeur, comprendre les marchés des commodités ne relève plus d’une spécialisation réservée aux experts.

C’est désormais une compétence essentielle pour construire une stratégie d’investissement résiliente, anticiper les changements de régime économique et mieux gérer les risques à long terme.

SOURCES

Banque mondiale — Commodity Markets / Commodity Markets Outlook

FMI — Commodity Special Feature

Banque des règlements internationaux — Annual Reports

Energy Institute — Statistical Review of World Energy

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La Bourse nous rend-elle vraiment plus riches ?

C’est une idée profondément ancrée chez des millions d’investisseurs. Depuis des décennies, la Bourse est présentée comme l’un des meilleurs moyens de construire un patrimoine.

Des investisseurs célèbres comme Warren Buffett sont devenus milliardaires grâce aux marchés financiers, tandis que des entreprises comme Apple, Microsoft ou Amazon ont transformé de simples actionnaires en millionnaires. Sur les réseaux sociaux, les promesses sont nombreuses : « Investissez chaque mois dans un ETF et laissez votre argent travailler pour vous. »

À première vue, cela semble évident. Les grands indices boursiers montent depuis des décennies et les statistiques montrent que les actions offrent de meilleurs rendements que la plupart des autres placements.

Mais une question mérite d’être posée. La Bourse rend-elle réellement les investisseurs plus riches ? Ou ne fait-elle que refléter la richesse créée ailleurs ? Pour répondre à cette question, il faut comprendre ce qu’est réellement la Bourse et pourquoi elle existe.

Avant de continuer, un grand merci à notre sponsor Trade Republic pour son soutien 🤝

Wall Street : le symbole de la richesse mondiale

Lorsqu’on pense à la Bourse, une image revient presque toujours : Wall Street. Cette célèbre rue de Manhattan, à New York, abrite notamment la Bourse de New York (NYSE), créée à la fin du XVIIIᵉ siècle. Au fil des décennies, Wall Street est devenue le centre financier le plus influent du monde.

Chaque jour, des milliers de milliards de dollars y changent de mains. Des investisseurs particuliers, des fonds de pension, des banques, des assureurs et des entreprises y achètent ou vendent des actions.

Pour beaucoup, Wall Street représente le lieu où se crée la richesse. Pourtant, cette vision est trompeuse. Wall Street ne fabrique pas d’argent.

Elle met simplement en relation des entreprises qui recherchent des financements et des investisseurs prêts à leur confier leur capital.

Autrement dit, la Bourse est un immense marché où s’échangent des parts d’entreprises.

Pourquoi la Bourse existe-t-elle ?

Pour comprendre pourquoi la Bourse peut enrichir les investisseurs, il faut revenir à son rôle initial. Imaginons une entreprise qui souhaite construire une nouvelle usine.

Elle a besoin de plusieurs milliards d’euros.

Deux solutions s’offrent à elle :

  • emprunter auprès des banques ;
  • vendre une partie de son capital à des investisseurs.

En entrant en Bourse, l’entreprise peut lever d’importantes sommes d’argent afin de financer sa croissance. En échange, les investisseurs deviennent copropriétaires de l’entreprise.

Ils participent alors à ses réussites… mais aussi à ses difficultés. La Bourse est donc avant tout un outil de financement de l’économie réelle.

La Bourse ne crée pas directement de richesse

C’est probablement la plus grande confusion. Beaucoup pensent que la hausse des marchés crée de l’argent. En réalité, la Bourse ne produit rien.

Elle ne fabrique ni voitures, ni logiciels, ni médicaments. Ce sont les entreprises qui créent la richesse.

  • Elles développent des produits.
  • Elles innovent.
  • Elles recrutent.
  • Elles vendent leurs services dans le monde entier.
  • Elles réalisent des bénéfices.

Lorsque ces bénéfices augmentent durablement, les investisseurs acceptent de payer plus cher les actions. La hausse des marchés est donc une conséquence de la création de valeur par les entreprises. Et non l’inverse.

Pourquoi les actions prennent-elles de la valeur ?

Une entreprise peut accroître sa valeur de nombreuses façons.

Elle peut :

  • augmenter ses ventes ;
  • améliorer sa rentabilité ;
  • lancer un produit révolutionnaire ;
  • conquérir de nouveaux marchés ;
  • réaliser des acquisitions ;
  • réduire ses coûts ;
  • racheter ses propres actions ;
  • verser des dividendes.

Toutes ces décisions peuvent augmenter les bénéfices futurs. Or, une entreprise capable de gagner davantage d’argent vaut généralement plus cher. C’est cette progression qui fait monter le cours de l’action.

Les entreprises les plus performantes ont créé une richesse immense

L’histoire des marchés financiers est avant tout l’histoire de grandes entreprises. Apple est passée d’une petite société informatique à l’une des entreprises les plus valorisées au monde.

Microsoft domine le marché des logiciels depuis plusieurs décennies. Amazon a profondément transformé le commerce. Nvidia est devenue incontournable dans les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle. LVMH est devenu le leader mondial du luxe.

Ces entreprises ont créé des milliers de milliards d’euros de valeur économique. Leurs actionnaires en ont naturellement bénéficié. La richesse provient donc de leur capacité à innover et à développer leurs activités.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Depuis près d’un siècle, les actions figurent parmi les placements les plus performants. Le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines, a généré un rendement annuel moyen d’environ 10 % par an, dividendes réinvestis. Après inflation, cela représente environ 7 % de rendement réel.

Pour mieux comprendre la puissance du temps, prenons un exemple.

Un investissement de 10 000 € placé pendant 40 ans avec un rendement annuel moyen de 10 % atteindrait environ 452 000 €.

Les intérêts composés jouent ici un rôle essentiel. Chaque gain produit à son tour de nouveaux gains. Au fil des décennies, cette croissance devient exponentielle.

Pourtant, beaucoup d’investisseurs ne profitent pas de cette performance

Voici le paradoxe. Alors que les marchés ont historiquement progressé sur le long terme, une grande partie des investisseurs obtient des résultats bien inférieurs.

Pourquoi ?

  • Parce que leurs émotions prennent souvent le dessus.
  • Ils vendent lors des krachs.
  • Ils achètent après plusieurs années de hausse.
  • Ils essaient de prévoir les marchés.
  • Ils changent constamment de stratégie.
  • Ils recherchent l’action miracle.

En réalité, le principal obstacle n’est souvent pas la Bourse. C’est le comportement de l’investisseur.

Wall Street a aussi connu de nombreuses crises

On oublie souvent que la Bourse traverse régulièrement des périodes difficiles. En 1929, Wall Street s’effondre et provoque la Grande Dépression. En 1987, le « Lundi noir » voit les marchés chuter de plus de 20 % en une seule séance. En 2000, la bulle Internet éclate. En 2008, la crise des subprimes entraîne une chute des marchés mondiaux. En 2020, la pandémie de Covid-19 provoque l’un des krachs les plus rapides de l’histoire.

À chaque fois, beaucoup pensent que la Bourse est définitivement condamnée. Pourtant, les marchés ont toujours fini par retrouver leurs plus hauts niveaux. Non pas parce que les investisseurs étaient optimistes. Mais parce que les entreprises ont continué à produire, innover et générer des bénéfices.

Les intérêts composés : le véritable moteur

La plupart des investisseurs surestiment l’importance du rendement annuel. Ils sous-estiment en revanche l’importance du temps.

Investir pendant cinq ans ne produit généralement pas de résultats spectaculaires. Investir pendant trente ou quarante ans change complètement la donne. Plus le temps passe, plus les intérêts composés accélèrent la croissance du patrimoine. C’est pourquoi les investisseurs les plus performants sont souvent ceux qui restent investis le plus longtemps.

La Bourse n’est pas sans risque

Investir en actions comporte des risques. Le marché peut perdre 10 %, 20 % ou même 50 % sur une courte période. Certaines entreprises peuvent faire faillite. D’autres ne retrouveront jamais leur niveau passé. C’est pourquoi la diversification est essentielle.

Détenir un ETF mondial ou un portefeuille diversifié permet de réduire le risque lié à une entreprise ou à un secteur particulier. La patience est également indispensable. Les investisseurs qui paniquent à chaque correction risquent de vendre au pire moment.

Alors, la Bourse nous rend-elle vraiment plus riches ?

La réponse est oui, mais pas pour les raisons que beaucoup imaginent.

La Bourse ne crée pas de richesse par magie. Elle permet simplement aux investisseurs de devenir copropriétaires d’entreprises qui créent de la valeur. Lorsque ces entreprises innovent, augmentent leurs bénéfices et développent leurs activités, leurs actionnaires en récoltent les fruits.

Autrement dit, la Bourse est un formidable outil pour participer à la croissance de l’économie mondiale.

Mais elle ne garantit pas l’enrichissement. Les résultats dépendent du temps, de la discipline, de la diversification et de la capacité à rester investi malgré les périodes de turbulences.

Au final, la vraie question n’est donc pas :

« La Bourse rend-elle riche ? »

La vraie question est plutôt :

« Êtes-vous prêt à devenir propriétaire des entreprises qui construiront l’économie de demain… et à leur laisser suffisamment de temps pour créer de la valeur ? »

Car, sur le long terme, ce ne sont ni Wall Street ni les fluctuations quotidiennes des marchés qui enrichissent les investisseurs. Ce sont les entreprises capables d’innover, de produire, de s’adapter et de créer durablement de la richesse.