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Comment fonctionne une carte crypto en Europe ?

Les cartes crypto permettent d’utiliser ses actifs numériques dans la vie quotidienne, sans passer systématiquement par un compte bancaire classique.

Les cartes crypto se sont progressivement imposées comme l’un des produits les plus concrets de l’écosystème. Là où la plupart des services crypto restent liés à l’investissement, au trading ou à la conservation d’actifs, la carte répond à une autre logique : celle de l’usage.

En Europe, ce type de solution séduit de plus en plus d’utilisateurs pour une raison simple. Détenir du Bitcoin, de l’Ether ou des stablecoins est devenu relativement courant, mais dépenser ces actifs reste beaucoup moins intuitif. Entre la vente, le retrait vers un compte bancaire, puis l’utilisation de fonds en euros, le parcours est souvent trop long pour un usage quotidien.

La carte crypto vient précisément simplifier cette étape. Elle ne transforme pas les cryptomonnaies en monnaie officielle, mais elle permet de les utiliser plus facilement au moment d’un paiement. C’est ce mécanisme, à la fois simple dans l’usage et plus technique en arrière-plan, qui explique son intérêt croissant.

Aujourd’hui, il est possible de payer son café, son abonnement Netflix ou ses billets d’avion directement avec ses cryptomonnaies, sans passer par une conversion manuelle.

Une carte pensée pour transformer un solde crypto en moyen de paiement

Le fonctionnement d’une carte crypto repose sur une idée simple : rendre immédiatement mobilisable une valeur détenue sur une plateforme.

Concrètement, l’utilisateur dispose d’un compte sur lequel sont stockés soit des euros, soit des cryptomonnaies, soit les deux. La carte vient ensuite s’appuyer sur ce solde pour autoriser les paiements.

Lorsqu’un achat est effectué, la transaction passe par un réseau de paiement classique, exactement comme avec une carte bancaire traditionnelle. Pour le commerçant, rien ne change : il reçoit un paiement standard, sans avoir besoin d’accepter directement la crypto.

C’est donc en arrière-plan que la différence se joue. Si le solde disponible en euros est suffisant, le paiement est traité normalement. Si ce n’est pas le cas, la plateforme peut convertir automatiquement une partie des actifs numériques pour couvrir la dépense. C’est cette conversion qui permet de faire le lien entre un portefeuille crypto et un paiement classique.

Autrement dit, l’utilisateur n’envoie pas directement du Bitcoin au commerçant. Il utilise plutôt une carte capable de mobiliser une valeur détenue en crypto au moment où il en a besoin.

Au-delà de l’aspect technique, leur succès repose surtout sur l’expérience utilisateur :

  • paiement instantané sans devoir vendre ses cryptos manuellement
  • utilisation chez des millions de commerçants dans le monde
  • possibilité de recevoir du cashback directement en crypto
  • intégration avec Apple Pay ou Google Pay pour un usage fluide

Certaines cartes proposent même des avantages supplémentaires, comme des remboursements sur des abonnements du quotidien (Netflix, Spotify…) ou des taux de cashback attractifs.

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Un outil pratique, mais pas sans coûts ni limites

C’est souvent à ce niveau que l’enthousiasme initial mérite d’être nuancé. Car si la carte crypto simplifie l’usage, elle ne le rend pas nécessairement neutre sur le plan économique.

Cela n’empêche pas que, bien utilisée, une carte crypto peut offrir une expérience de paiement particulièrement fluide et avantageuse au quotidien.

Le premier point à surveiller concerne évidemment la conversion. Dès lors qu’une dépense est financée à partir de cryptomonnaies, un taux de conversion s’applique. Et même lorsque le processus semble instantané et fluide, cela peut entraîner un coût réel pour l’utilisateur.

Il faut également garder en tête un autre facteur propre aux cryptomonnaies : leur volatilité. Une carte permet d’utiliser un actif, mais elle ne protège pas de ses variations de prix. Entre le moment où une crypto est détenue et celui où elle est dépensée, sa valeur peut avoir changé, parfois de manière significative.

C’est pour cette raison qu’une carte crypto fonctionne généralement mieux comme outil d’usage ponctuel ou de flexibilité, plutôt que comme substitut complet à une gestion de trésorerie plus classique.

Exemple : la carte Bybit, une solution pensée pour l’usage quotidien

Dans cette logique, certaines plateformes comme Bybit ont développé des cartes crypto directement intégrées à leur écosystème.

L’objectif est simple : permettre de passer du trading à un usage concret, sans friction.

Concrètement, la carte Bybit permet :

  • de payer en crypto chez des millions de commerçants
  • de bénéficier de cashback pouvant aller jusqu’à 10 % en USDC selon les offres
  • de profiter d’avantages sur des services du quotidien (Netflix, Spotify…)
  • d’utiliser Apple Pay ou Google Pay pour des paiements instantanés

L’intérêt n’est donc plus seulement d’investir en crypto, mais de commencer à l’utiliser concrètement.

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DISCLAIMER

Communication à caractère promotionnel. Ce contenu est réalisé en partenariat avec Bybit et peut inclure des liens affiliés. L’investissement en cryptomonnaies comporte un risque de perte en capital. Les cartes crypto impliquent des conversions d’actifs numériques pouvant entraîner des frais et une exposition à la volatilité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Renseignez-vous sur les conditions d’utilisation et la fiscalité applicable avant toute utilisation.

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Banque & Finance Cryptomonnaies En vedette

FinTech : levier de puissance pour l’Europe

La souveraineté est longtemps restée associée aux États, à leur capacité à défendre leurs frontières, à battre monnaie ou à décider de leur politique budgétaire.

Pourtant, à l’ère de la mondialisation et de la numérisation accélérée de l’économie, cette notion s’est profondément transformée. Pour l’Union européenne, la souveraineté se joue désormais aussi dans la maîtrise de ses infrastructures économiques, financières et technologiques.

Dans ce contexte, la finance occupe une place centrale. Elle structure les échanges, conditionne le financement de l’économie réelle et repose sur des systèmes de plus en plus numériques. La FinTech, qui désigne l’ensemble des innovations technologiques appliquées aux services financiers, s’impose ainsi comme un acteur clé de cette transformation. Paiements numériques, plateformes d’investissement, solutions basées sur la blockchain ou encore néobanques : ces nouveaux acteurs redessinent les circuits financiers traditionnels et déplacent les centres de contrôle.

Le lien entre FinTech et souveraineté apparaît alors évident. Selon qu’elles soient développées, hébergées et contrôlées en Europe ou dépendantes d’acteurs extra-européens, ces technologies peuvent renforcer l’autonomie stratégique de l’Union ou accentuer ses vulnérabilités. Or, la finance et la FinTech mondiales sont aujourd’hui dominées par des acteurs américains (infrastructures de paiement, fournisseurs de technologies critiques, plateformes financières numériques, etc.), ce qui pousse le Vieux Continent à s’interroger sur sa capacité à conserver un contrôle effectif sur ses propres flux financiers.

Le projet européen reste inabouti, en témoigne : en 2024, l’Amérique du Nord a concentré à elle seule près de 67 % des investissements mondiaux en FinTech, contre seulement 18 % pour l’Europe, un écart significatif qui illustre le déséquilibre structurel du financement et la difficulté pour l’écosystème européen de rivaliser avec la puissance de feu américaine.

La FinTech se trouve donc au croisement de plusieurs enjeux de puissance : innovation, compétitivité, sécurité et souveraineté. Comprendre comment cet écosystème fonctionne constitue une étape essentielle pour penser l’avenir de la souveraineté financière de l’Union européenne.

Paiements numériques et blockchain : réduire la dépendance

Les paiements numériques, comme les stablecoins basés sur la blockchain, permettent des échanges rapides, peu coûteux et transfrontaliers, sans dépendre de SWIFT ou des réseaux de cartes comme Visa et Mastercard. Plus de 90 % des stablecoins sont adossés au dollar (USDT, USDC), combinant programmabilité et stabilité pour des règlements instantanés ou l’usage en finance décentralisée. Ces innovations ouvrent la voie à des solutions européennes plus autonomes, bien que la réglementation et l’adoption restent des freins.

Néo-banques et plateformes alternatives : une finance plus proche des citoyens

Les néo-banques et plateformes FinTech challengent le modèle bancaire traditionnel. Elles introduisent davantage de concurrence, améliorent l’accès au crédit pour les petites entreprises et proposent des services financiers souvent plus adaptés aux besoins numériques. La France, par exemple, s’affirme comme le premier écosystème FinTech de l’Union européenne, avec plus de 1 200 entreprises, près de 50 000 emplois créés et 14 licornes.

Lien avec la souveraineté : moins dépendre des réseaux bancaires historiques dominés par quelques grands groupes internationaux signifie plus de diversité et de résilience dans l’offre de services financiers européens.

Financement participatif : soutenir l’économie réelle

Le crowdfunding, le peer-to-peer lending et d’autres formes de financement participatif permettent aux PME et projets locaux de lever des fonds sans dépendre exclusivement des grandes institutions financières. Entre 2018 et 2023, le marché européen du crowdfunding a plus que doublé, passant de moins de 5 milliards d’euros levés par an à environ 10–12 milliards d’euros annuels. Cette inclusion financière est un facteur de résilience économique : elle dilue les dépendances à quelques grands prêteurs et élargit l’accès au capital.

Un écosystème dynamique mais fragmenté

L’écosystème FinTech européen a connu une croissance rapide au cours de la dernière décennie. En France par exemple, cette dynamique s’est traduite par une croissance estimée à près de 20 % entre 2023 et 2024.

Toutefois, derrière ce dynamisme apparent, l’écosystème FinTech européen demeure confronté à plusieurs fragilités structurelles. La concurrence des acteurs américains et chinois, les déséquilibres persistants en matière de financement et la fragmentation du marché européen limitent encore l’émergence de champions capables de s’imposer à l’échelle mondiale.

L’Europe compte plus de 8 000 start-ups FinTech, principalement à Londres, Berlin, Amsterdam et Paris, actives dans les paiements numériques, l’insurtech, le crédit et la finance décentralisée. La richesse de ce tissu entrepreneurial et des cadres réglementaires communs stimule l’innovation et la concurrence. Cependant, la fragmentation persiste : différences juridiques, fiscales et opérationnelles entre États membres, disparités d’accès au financement et exigences locales freinent l’expansion paneuropéenne des FinTech.

Malgré ses atouts, l’écosystème FinTech européen reste limité par plusieurs faiblesses structurelles. Selon le Pulse of Fintech 2025 de KPMG, les Amériques ont attiré 66,5 milliards de dollars de financements FinTech en 2025, dont 56,6 milliards aux seuls États-Unis, contre 29,2 milliards pour l’ensemble de la région EMEA. Cet écart illustre la domination persistante des États-Unis dans le financement de l’innovation financière et souligne le défi auquel l’Europe est confrontée pour rivaliser à l’échelle mondiale. Enfin, l’Europe dépend fortement de technologies étrangères : cloud dominé par AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud, réseaux de paiement extra-européens et écosystèmes mobiles contrôlés par des acteurs étrangers.

Concurrence mondiale : États-Unis et Chine en tête

Sur la scène internationale, deux pôles concentrent l’essentiel de la puissance FinTech : les États-Unis, leader incontesté du secteur, et la Chine.

Cette dernière est une rivale puissante, qui a massivement adopté des méthodes de paiements mobiles et des écosystèmes numériques intégrés. Une stratégie étatique volontariste en faveur des champions nationaux a permis l’essor d’acteurs comme Alipay ou WeChat Pay (représentant ensemble plus de 90 % du marché des portefeuilles mobiles chinois). Néanmoins, à l’inverse du marché européen, le marché chinois reste largement cloisonné grâce à un protectionnisme éducateur qui protège les entreprises nationales et leur permet de se développer et d’innover.

Régulation européenne : un équilibre stratégique

La régulation occupe une place centrale dans le développement de l’écosystème FinTech européen. Souvent perçue comme un frein à l’innovation, elle constitue en réalité l’un des piliers du modèle financier européen.

L’Union européenne a fait le choix d’un cadre exigeant, reposant sur la protection des consommateurs, la résilience du système financier et la maîtrise des risques technologiques. Ce choix contraste avec des approches plus permissives observées ailleurs dans le monde, mais il confère à l’écosystème européen un avantage structurel en matière de crédibilité et de robustesse.

En France, l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) joue un rôle clé dans l’encadrement et l’accompagnement des acteurs FinTech. C’est un organe de la Banque de France, reconnu au niveau international pour son haut niveau d’exigence en matière de supervision bancaire, financière et assurantielle. Son objectif est de permettre l’émergence de solutions innovantes tout en garantissant un haut niveau de sécurité pour les utilisateurs et le système financier dans son ensemble.

À l’échelle européenne, plusieurs textes structurants illustrent cette volonté de concilier innovation et souveraineté. La directive DSP2 a favorisé l’essor de l’Open Banking, et le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) vise à encadrer les crypto-actifs et les stablecoins, pour limiter les risques de fragmentation réglementaire et renforcer la stabilité financière.

Cette vision contraste avec celle des États-Unis, où l’innovation FinTech s’est longtemps développée dans un cadre réglementaire plus fragmenté et souvent plus permissif (il existe plus de 50 autorités étatiques de licences financières aux États-Unis), pouvant mener à une incertitude juridique et économique. En Chine, c’est l’État qui contrôle et oriente les innovations financières, en soutenant ses champions nationaux et en ne laissant qu’une moindre liberté aux acteurs privés.

Une souveraineté financière encore en construction

La FinTech est un levier clé pour renforcer la souveraineté financière européenne, en réinventant paiements, financement et infrastructures autrefois dominés par des acteurs extra-européens. Malgré le dynamisme de l’écosystème, la qualité des talents et un cadre réglementaire solide, la fragmentation du marché, les déséquilibres de financement et les dépendances technologiques freinent l’émergence de champions paneuropéens.

La régulation européenne, centrée sur la protection et la stabilité, est essentielle pour sécuriser l’innovation et instaurer la confiance, mais elle doit évoluer pour accompagner la transformation rapide du secteur. La souveraineté financière se construira en équilibrant innovation et sécurité, grâce à un effort coordonné des institutions, régulateurs, acteurs financiers et innovateurs.

Merci à Guillaume Gonnot, Axel Prissé et Julie Gautier pour leur contribution à cet article.

Sources :

KPMG : Pulse of Fintech H2 2025

France Fintech : chiffres clés 2025

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Bourse Cryptomonnaies En vedette

Incident Waltio : fuite de données et choc crypto en France

La plateforme française Waltio, spécialisée dans la déclaration fiscale des cryptomonnaies, a été victime d’une fuite de données de grande ampleur qui touche potentiellement près de 50 000 utilisateurs.

L’incident, survenu le 21 janvier 2026, a mis en lumière les vulnérabilités de la cybersécurité dans un secteur où la centralisation de données sensibles devient un risque majeur. 

Une attaque sophistiquée revendiquée par « Shiny Hunters » 

L’intrusion a été attribuée au groupe de hackers Shiny Hunters, déjà connu pour avoir ciblé plusieurs plateformes numériques dans le passé. ont accédé à une partie des bases de données de Waltio, ont extrait des informations des utilisateurs et ont ensuite tenté d’extorque une rançonà l’entreprise. 

Waltio a confirmé par communiqué que des adresses e-mail, des soldes crypto agrégés et les données fiscales issues de rapports 2024 ont été compromis. En revanche, les mots de passe, clés API, identifiants d’accès, adresses de wallet et données bancaires n’ont pas été exposés, ce qui limite le risque de vol direct de crypto-actifs. 

Réaction des autorités françaises 

Le Parquet de Paris, via l’Unité Nationale Cyber (UNCyber) de la gendarmerie, a ouvert une enquête préliminaire pour faire la lumière sur l’attaque et identifier les auteurs. Waltio a également déposé plainte pour tentative d’extorsion et atteinte à un système de traitement automatisé de données. 

Dans ce contexte, les autorités françaises ont émis des avertissements spéciaux pour prévenir les victimes potentielles des risques d’arnaques ciblées et de phishing, qui pourraient utiliser les données volées pour tenter de soutirer des informations ou de l’argent aux utilisateurs concernés.

Quels sont les risques pour les utilisateurs ? 

Même si les fonds ne sont pas directement menacés, la fuite comporte des risques sérieux : 

Social engineering & phishing ciblé : les informations rendues publiques peuvent permettre à des cybercriminels d’envoyer des messages crédibles pour obtenir des données supplémentaires. 

Usurpation d’identité : certains éléments, comme les soldes ou historiques fiscaux, peuvent servir de base à des scénarios d’escroquerie. 

Risques physiques : dans un contexte où les cyberattaques et les crimes liés aux crypto-actifs augmentent en France, des cas de tentatives d’extorsion ou de menace physique ont été signalés, soulignant la nécessité de rester vigilant. 

Contexte plus large : la sécurité crypto en question 

L’affaire Waltio intervient à un moment critique pour l’écosystème crypto en Europe, alors que la directive DAC8, entrée en vigueur au 1er janvier 2026, impose une collecte et une transmission automatisée des données fiscales des utilisateurs par les plateformes. Cette réglementation rend les services comme Waltio essentiels mais augmente aussi les enjeux de sécurité, car ils concentrent des profils très détaillés de leurs utilisateurs. 

L’incident soulève des questions fondamentales sur la centralisation des données personnelles dans des services externes, surtout lorsqu’il s’agit de plateformes qui ne détiennent pas directement les crypto-actifs, mais qui conservent des informations déterminantes sur les portefeuilles et les situations fiscales des utilisateurs. 

Conseils pour se protéger après une fuite 

Pour les utilisateurs qui pourraient être concernés : 

Activer l’authentification à deux facteurs (2FA) sur tous les comptes. 

Vérifier l’authenticité des communications reçues officiellement via des canaux sécurisés. 

Éviter de cliquer sur des liens suspects ou donner des données personnelles en réponse à des e-mails ou appels non sollicités.

Surveiller toute activité inhabituelle, y compris d’éventuelles tentatives de phishing ou d’extorsion. 

Conclusion 

L’incident chez Waltio marque un tournant dans la manière dont la cybersécurité est abordée dans l’univers des cryptomonnaies en France. Il met en lumière que la sécurité des données personnelles est tout aussi cruciale que celle des actifs numériques eux-mêmes. Plus que jamais, les acteurs de ce secteur doivent réévaluer leurs pratiques de sécurité pour protéger efficacement les utilisateurs, dont la confiance est mise à rude épreuve dans un marché en pleine maturation.

Sources :

Communiqué officiel de Waltio (sécurité & données exposées)

Le Parisien : tentative d’extorsion & enquête du parquet de Paris

Cybermalveillance.gouv.fr : contexte des fuites de données crypto en France

TradersUnion : enquête & avertissements sur l’usage des données volées

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Cryptomonnaies

Uniswap burn de 100 millions de UNI et nouveau modèle économique

La gouvernance de Uniswap vient d’approuver l’une des décisions les plus structurantes de son histoire. À travers la proposition dite UNIfication, la DAO valide non seulement le burn de 100 millions de tokens UNI, mais aussi l’activation progressive d’un mécanisme longtemps débattu : le fee switch.

Au-delà de l’effet d’annonce, cette décision marque une évolution profonde du rôle du token UNI, de la gouvernance du protocole et, plus largement, des modèles économiques de la DeFi.

Un vote massif, révélateur d’un consensus rare

Le vote de la DAO Uniswap s’est soldé par une approbation écrasante. La quasi-totalité des votes exprimés s’est prononcée en faveur de la proposition, traduisant un consensus rarement observé à cette échelle dans l’écosystème DeFi.

Cette validation ouvre la voie à :

  • la destruction définitive de 100 millions de UNI, réduisant mécaniquement l’offre totale ;
  • l’activation de frais de protocole, captés au niveau d’Uniswap et non plus exclusivement redistribués aux fournisseurs de liquidité.

Si ces deux points concentrent l’attention, ils s’inscrivent en réalité dans une transformation plus large de la gouvernance et de la stratégie long terme du protocole.

Du token de gouvernance à l’actif lié à l’usage

Depuis son introduction, UNI a principalement servi de jeton de gouvernance, sans connexion directe avec les bénéfices produits par Uniswap, qui est pourtant l’un des protocoles DeFi les plus couramment employés. L’initiative UNIfication marque un tournant majeur en établissant une nouvelle dynamique économique : une portion des coûts générés par l’activité du protocole est maintenant retenue au niveau de la gouvernance, et ensuite employée pour diminuer la quantité de tokens UNI en circulation.
Ce processus met en place progressivement une dynamique susceptible de provoquer la déflation et modifie la nature intrinsèque du token.

UNI se rapproche ainsi d’un modèle où sa valeur n’est plus uniquement portée par des mécanismes de gouvernance ou de spéculation, mais davantage corrélée à l’usage réel, à l’activité économique et à la performance globale du protocole Uniswap.

Une portée qui dépasse Uniswap

Ce vote ne se limite pas à Uniswap. Cela s’intègre dans une tendance plus vaste où les DAO aspirent à :

  • Structurer des revenus pérennes ;
  • Fournir une justification pour la valeur économique de leurs jetons ;
  • Répondre aux exigences grandissantes des investisseurs institutionnels.

Ainsi, UNIfication pourrait servir d’exemple pour d’autres protocoles importants qui font face à des enjeux similaires en termes de gouvernance, de viabilité économique et de correspondance des intérêts.

Réaction du marché et lecture à long terme

Dans l’immédiat, l’annonce a provoqué une réaction favorable sur le marché, accompagnée d’une volatilité croissante autour du jeton UNI. Cependant, le défi majeur réside en d’autres lieux.

La question qui se pose désormais est :


Uniswap parviendra-t-il à transformer cette réforme de gouvernance en avantage compétitif durable ?

En somme, grâce à l’adoption de la proposition UNIfication, Uniswap a franchi un jalon crucial. Le protocole est basé sur une gouvernance plus développée, axée sur la création de valeur et la durabilité économique.

Bien que cette progression comporte des dangers, elle illustre une DeFi en train de se consolider, où les essais des premières années cèdent progressivement la place à des modèles plus organisés.

Un signal puissant pour tout l’écosystème.

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Gouvernance Web3 en France et en Europe

Alors que nous approchons de la fin de l’année, le domaine du Web3 se développe dans un contexte singulier. Avec la mise en œuvre progressive de nouvelles législations européennes, les débats sur un durcissement des obligations AML/KYC, et les messages parfois incohérents provenant des autorités de régulation, le risque d’évolutions réglementaires demeure important.

Dans ce cadre, il semble judicieux de retourner aux fondamentaux. Il ne s’agit pas de prévoir des réformes qui sont encore floues, mais d’établir un cadre précis, simple et objectif des règles actuellement applicables en France et en Europe. Pour saisir la gouvernance Web3 actuelle, il est essentiel de comprendre comment se combinent décentralisation, conformité et responsabilité, avant d’aborder les évolutions futures.

Gouvernance Web3 : entre idéal décentralisé et contraintes réelles

La gouvernance Web3 repose sur des mécanismes conçus pour limiter les intermédiaires : DAO, votes on-chain, smart contracts et protocoles open source. En théorie, ces outils permettent une gouvernance transparente et collective.

En pratique, la réalité est plus nuancée. La participation est souvent limitée, le pouvoir peut se concentrer entre certains acteurs, et la responsabilité juridique demeure floue. Ces limites expliquent pourquoi les autorités européennes s’intéressent de plus en plus à la manière dont ces systèmes sont gouvernés, sans pour autant les assimiler pleinement aux structures traditionnelles.

Le cadre européen : ce que régule réellement MiCA

Le règlement MiCA constitue aujourd’hui le socle de la gouvernance réglementaire des crypto-actifs en Europe. Son objectif principal est de créer un cadre commun pour l’ensemble des États membres, afin d’éviter les divergences nationales.

Concrètement, MiCA encadre :

  • les émetteurs de crypto-actifs,
  • les prestataires de services (plateformes d’échange, conservation, courtage),
  • les obligations d’information et de transparence envers les utilisateurs.

En revanche, MiCA ne régule pas directement les protocoles entièrement décentralisés ni les DAO, créant ainsi une zone grise sur le plan juridique. Il est crucial de faire cette différence pour saisir les débats contemporains sur la gouvernance Web3.

AML et KYC : un pilier central de la gouvernance actuelle

La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme est aujourd’hui l’un des axes majeurs de la régulation Web3 en Europe.Les acteurs considérés comme intermédiaires sont soumis à :

  • des procédures KYC obligatoires,
  • une surveillance des transactions,
  • des obligations de déclaration auprès des autorités compétentes.

L’objectif de ces normes est d’harmoniser l’industrie de la cryptomonnaie avec les critères du système financier conventionnel, sans toutefois mettre en question la présence même des protocoles décentralisés.

Une tension persistante avec les principes du Web3

Cependant, les exigences AML/KYC sont en contradiction avec certains principes fondamentaux du Web3, tels que l’anonymat et l’accès sans permission. Pour l’instant, la réaction de l’Europe est pragmatique : les réglementations concernent les points d’interaction avec le monde réel, comme les plateformes, les interfaces utilisateurs ou encore les services de conversion fiat-crypto.

Cette approche permet de limiter les risques systémiques tout en laissant les protocoles continuer à évoluer sur le plan technique.

La France : un cadre clair pour les acteurs centralisés

En France, le cadre national historiquement fondé sur le régime des Prestataires de Services sur Actifs Numériques (PSAN), supervisé par l’AMF, est désormais appelé à évoluer. Ce dispositif, issu de la loi PACTE, a longtemps constitué la référence en matière de gouvernance interne, de procédures KYC et de lutte contre le blanchiment, en apportant une première sécurité juridique aux acteurs centralisés du secteur.

En France, le cadre national historiquement fondé sur le régime des Prestataires de Services sur Actifs Numériques (PSAN), supervisé par l’AMF, est désormais appelé à évoluer. Ce dispositif, issu de la loi PACTE, a longtemps constitué la référence en matière de gouvernance interne, de procédures KYC et de lutte contre le blanchiment, en apportant une première sécurité juridique aux acteurs centralisés du secteur.

Pour finir Dans un contexte où les débats réglementaires se multiplient et où des modifications potentielles sont encore à envisager, il est crucial de différencier les projections futures du cadre en vigueur actuellement.
Actuellement, la gouvernance Web3 en Europe s’appuie sur un équilibre précaire mais clair : contrôler les usages à risque et protéger les utilisateurs.

Il est crucial d’avoir ces connaissances pour saisir les changements futurs et être prêt à y faire face.

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BlackRock lance un ETF Ethereum avec staking

BlackRock amplifie sa présence au sein de l’écosystème Ethereum. Le gestionnaire d’actifs aux 13 000 milliards de dollars vient de déposer auprès de la SEC un Form S-1 pour lancer un nouvel ETF : l’iShares Staked Ethereum Trust, un produit inédit combinant exposition au prix de l’ETH et rendement généré par le staking.

Cette démarche représente un tournant stratégique : pour la première fois, un intervenant de cette taille s’efforce d’établir le staking comme une pratique institutionnelle, jusqu’à présent principalement dominée par les acteurs nés dans l’univers crypto.

Un ETF conçu pour répondre à la demande institutionnelle

Après une première demande préliminaire déposée le 19 novembre 2025, BlackRock officialise le 5 décembre 2025 la déclaration d’enregistrement auprès de la SEC.
Objectif : proposer aux investisseurs un accès simplifié à Ethereum, avec une couche additionnelle de rendement régulier grâce au staking.

Selon les documents communiqués, le produit vise à offrir :

  • une exposition directe au prix de l’ETH,
  • des rendements issus du staking situés historiquement entre 3 % et 5 %,
  • une structure réglementée, conforme et accessible aux investisseurs institutionnels.

Ce point est crucial : la demande d’instruments générant du rendement, dans un contexte où les taux traditionnels rebaissent, pousse désormais les grands gestionnaires à intégrer des mécanismes on-chain dans des véhicules financiers classiques.

L’impact du précédent ETF ETHA : plus d’1,16 million d’ETH déjà mis en staking

Le premier ETF Ethereum lancé par BlackRock en 2024, l’iShares Ethereum Trust (ETHA), avait déjà démontré l’appétit institutionnel pour l’actif. Il avait notamment entraîné le staking de plus de 1,16 million d’ETH, soit plus de 3,6 milliards de dollars au cours actuel.

Avec l’ajout d’une version avec staking, BlackRock répond désormais à une seconde évolution majeure du marché :

➡️ Les institutions ne veulent plus seulement détenir des crypto-actifs ; elles veulent capter le rendement natif des blockchains.

Ce mouvement avait déjà été observé avec les ETF Solana, qui avaient intégré le staking dès leur lancement et rencontré un succès massif malgré un contexte difficile pour le marché crypto.

Pourquoi cet ETF est un tournant stratégique

1. Le staking devient un produit financier institutionnel

L’arrivée de BlackRock dans le staking marque une bascule :
une pratique perçue autrefois comme technique et risquée est désormais intégrée dans un véhicule réglementé, audité et conforme.

C’est un pas de plus vers l’adoption institutionnelle du modèle Proof-of-Stake.

2. L’ETH gagne une légitimité supplémentaire comme “asset productif”

Contrairement au Bitcoin, Ethereum offre un rendement natif via le staking.
Ce nouvel ETF renforce son statut d’actif générateur de cash-flows, une caractéristique qui attire particulièrement les investisseurs traditionnels en quête de revenus réguliers.

3. Une future concurrence entre ETF avec et sans staking

L’arrivée d’un ETF “staked” crée une dichotomie dans l’offre :

  • Les ETF classiques risquent d’apparaître moins attractifs.
  • Les flux institutionnels pourraient se rediriger vers les produits générant du rendement.

Ce phénomène pourrait remodeler l’industrie des ETF crypto.

Quelles implications pour le marché Ethereum ?

Une pression potentielle à la baisse sur la liquidité d’ETH

Si BlackRock attire plusieurs centaines de milliers d’ETH supplémentaires vers le staking,
la part d’ETH immobilisée pourrait dépasser un seuil critique, réduisant l’offre liquide disponible sur les marchés.

Moins d’ETH liquide = volatilité potentiellement renforcée lors des mouvements de marché.

Une normalisation du “staking institutionnel”

Le marché pourrait voir émerger :

  • des desks spécialisés dans l’optimisation du rendement ETH,
  • des produits dérivés adossés aux flux de staking,
  • des stratégies de hedging institutionnelles (delta-neutral, staking dérivatif, LSD, etc.).

Une augmentation des revenus de validateurs majeurs

Les prestataires utilisés par BlackRock, encore à préciser, deviendront des acteurs centraux de la sécurisation du réseau.

Conclusion : BlackRock pousse l’industrie vers une nouvelle phase d’adoption

Avec cet ETF Ethereum intégrant le staking, BlackRock envoie un signal fort :
les rendements on-chain deviennent une composante légitime de la finance institutionnelle.

Ce produit pourrait ouvrir la voie :

  • à une nouvelle génération d’ETF multi-rendements,
  • à davantage de flux institutionnels sur Ethereum,
  • et à un repositionnement du marché ETH comme actif productif au cœur de la finance numérique.

L’année 2026 s’annonce comme le moment où les frontières entre finance traditionnelle et finance on-chain commencent réellement à s’effacer.

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Cryptomonnaies Nos analyses

ONG et crypto-actifs : innovation incontournable ou illusion technologique ?

Tandis que les actifs numériques gagnent du terrain dans le monde de la finance digitale, un secteur inattendu se montre prudent et intéressé : celui des organisations non gouvernementales (ONG). Promesses d’agilité, nouvelles possibilités de financement, transparence accrue… tout en faisant face à des risques liés à la conformité, aux erreurs stratégiques et aux dérives éthiques. L’emploi des actifs numériques dans le domaine humanitaire suscite une discussion qui va au-delà d’un simple engouement technologique.

Un outil qui séduit par sa rapidité et son accessibilité

Dans les zones affectées par des conflits ou des catastrophes naturelles, le système bancaire traditionnel peut parfois être inopérant : infrastructures détruites, sanctions, limitations sur le transfert de fonds, hyperinflation. Les actifs numériques apparaissent donc comme une addition intéressante :

  • des transferts quasi immédiats,
  • Réception depuis tout pays.
  • Autonomie partielle des systèmes bancaires locaux.

L’événement ukrainien de 2022 a démontré la force de cet outil : des dizaines de millions de dollars ont été collectés en quelques semaines par le biais des crypto-monnaies. Un phénomène inédit par son ampleur et sa vitesse.

Transparence financière… mais pas sans nuance

La blockchain permet une traçabilité totale des transactions. Pour les ONG, cette transparence représente un potentiel important :

  • rassurer les donateurs,
  • limiter certains risques de détournement,
  • faciliter les audits.

Cependant, cette transparence théorique cache des limites souvent absentes du discours dominant :
les adresses blockchain ne révèlent pas automatiquement l’identité réelle des donateurs. Les ONG doivent donc investir dans des outils d’analyse spécialisés (Chainalysis, TRM Labs) et dans des processus complets afin de respecter les normes AML/KYC, sous peine d’enfreindre la législation contre le financement du terrorisme.

Une solution utile dans les zones sans infrastructures bancaires… mais pas universelle

Certaines ONG ont distribué de l’aide via des stablecoins dans des pays en crise bancaire (Venezuela, Liban).
Pour les bénéficiaires, cela permet parfois de contourner l’hyperinflation et de recevoir de l’aide rapidement.

Mais cette approche reste limitée par plusieurs contraintes concrètes:

  • accès irrégulier à internet ou à l’électricité,
  • besoin d’appareils compatibles,
  • nécessité de former les équipes et les bénéficiaires,
  • difficulté à convertir les crypto-actifs en monnaie locale.

Ces obstacles montrent que les crypto-solutions ne sont pas toujours adaptées au terrain, malgré leur potentiel.

Les risques souvent sous-estimés : conformité, réputation, cybersécurité

Conformité réglementaire (AML/CFT)

Les ONG sont déjà surveillées pour éviter les détournements de fonds en zones sensibles.
L’arrivée des crypto-actifs complique leur position :
elles doivent désormais vérifier l’origine des fonds, analyser les flux et documenter leurs choix technologiques.

Risque réputationnel

Pour le grand public, les cryptomonnaies sont encore associées à la fraude, au blanchiment ou à la spéculation.
Une ONG mal préparée pourrait créer de la méfiance parmi ses donateurs, même si ses intentions sont bonnes.

Cybersécurité

Les ONG disposent rarement des mêmes moyens que les entreprises privées.
Or, la sécurité des portefeuilles crypto exige un niveau élevé :
clé privée compromise, phishing, erreurs de manipulation… un incident peut faire perdre 100 % des fonds, sans recours possible.

Pour finir les ONG peuvent bénéficier des actifs cryptographiques pour leur rapidité, leur résistance en situation de crise bancaire, leur transparence améliorée et l’élaboration de nouveaux systèmes d’aide planifiée. Néanmoins, les risques sont tout autant réels : complexité liée à la conformité, infrastructures techniques fragiles, enjeux de confidentialité pour les bénéficiaires, perception publique incertaine.

Les ONG ne visent pas à adopter ces outils de manière inconsidérée, mais plutôt à réaliser des investissements judicieux : former leurs collaborateurs, renforcer leur cybersécurité, instaurer des processus de conformité solides et établir des partenariats technologiques de confiance.

Les entités qui parviendront à intégrer ces technologies de façon judicieuse, plutôt qu’en succombant à une mode éphémère, disposeront d’un avantage stratégique majeur pour répondre aux défis humanitaires à venir, dans un univers où la finance numérique est en train de se révéler essentielle.

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L’essor de la DeFi : quel avenir pour les banques ?

Depuis 2020, la Finance Décentralisée (DeFi) s’est développée à un rythme rapide. Elle repose sur la technologie blockchain et est soutenue par des protocoles avant-gardistes, transformant profondément les pratiques du secteur bancaire traditionnel en offrant un accès direct à divers services financiers tels que le prêt, l’emprunt, le trading et l’épargne, sans intermédiaire bancaire.

Toutefois, malgré des rendements potentiellement élevés, la DeFi présente également des risques significatifs et pose des questions quant au futur du domaine bancaire.


Qu’est-ce que la DeFi ?


La Finance Décentralisée s’appuie sur des smart contracts, qui sont des programmes informatiques déclenchés automatiquement au sein de la blockchain. Les institutions financières traditionnelles sont substituées par ces contrats: l’absence de conseiller bancaire ou d’intermédiaire devient la norme, car la gestion est assurée par le code et la clarté des
registres publics.

Quelques exemples concrets :

● Prêts et emprunts : Sur Aave ou Compound, un utilisateur peut prêter ses cryptomonnaies et percevoir des intérêts (souvent supérieurs à ceux proposés par une banque), tandis qu’un autre peut emprunter en déposant une garantie.
● Trading décentralisé (DEX) : Uniswap, Curve ou SushiSwap permettent d’échanger des actifs directement entre utilisateurs, sans intermédiaire central.
● Épargne et rendements : Les mécanismes de staking (bloquer ses cryptos pour sécuriser un réseau) ou de yield farming (fournir de la liquidité à un protocole) offrent des rendements parfois à deux chiffres.

En résumé, la DeFi ambitionne de créer un système financier mondial, ouvert et transparent, accessible avec une simple connexion Internet et un portefeuille numérique.

Des rendements attractifs… mais à quel prix ?


L’un des grands arguments de la DeFi réside dans ses rendements élevés (APY – Annual Percentage Yield). Alors que les comptes épargne en banque offrent en moyenne 2 à 4 % par an, certains protocoles DeFi affichent des taux allant de 10 % à plus de 100 %, selon les actifs et la demande.

Mais ces rendements s’expliquent par :

● La volatilité des cryptomonnaies : les gains en tokens peuvent perdre rapidement de la valeur si le marché chute.
● Le risque technologique : une faille dans un smart contract peut entraîner le piratage de millions de dollars.
● Le risque systémique : certains protocoles reposent sur des stablecoins (comme l’USDT ou l’USDC). Si la confiance disparaît, l’écosystème entier peut vaciller.
● Le risque réglementaire : de nombreux États commencent à surveiller la DeFi, ce qui peut entraîner des restrictions ou interdictions.

Autrement dit, les rendements élevés vont de pair avec des risques considérables, souvent mal compris par les nouveaux investisseurs.

Un modèle qui menace les banques traditionnelles ?


La DeFi remet en question le rôle historique des banques :

● Dépôts et épargne : pourquoi laisser son argent à 2 % à la banque quand certains protocoles promettent 10 % ou plus ?
● Prêts : dans la DeFi, pas besoin de vérifier votre dossier de crédit, seule la garantie déposée compte.
● Frais : les services bancaires facturent des commissions, alors que la DeFi se contente des frais de réseau et des protocoles.
Cependant, les banques conservent plusieurs atouts qui leur permettent de rester compétitives face à la DeFi.

Elles offrent avant tout la sécurité des dépôts, garantie par l’État dans de nombreux pays, comme avec le Fonds de Garantie des Dépôts en Europe qui protège l’épargnant en cas de faillite bancaire. Elles assurent également une stabilité structurelle, puisqu’elles ne risquent pas de disparaître du jour au lendemain à cause d’une faille informatique ou d’un piratage massif.

Enfin, elles bénéficient d’un capital essentiel : la confiance des clients. Malgré certains scandales financiers, la majorité des particuliers préfère encore confier son argent à une banque régulée plutôt qu’à un protocole anonyme géré uniquement par du code.Malgré certains scandales financiers, la majorité des particuliers préfère encore confier son argent à une banque régulée plutôt qu’à un protocole anonyme géré uniquement par du code.

Pour conclure

la finance décentralisée représente l’une des innovations les plus disruptives du secteur financier depuis l’apparition d’Internet. Elle propose une vision radicalement nouvelle : un monde où chacun peut prêter, emprunter, investir sans intermédiaire. Mais ses rendements mirobolants cachent des risques élevés, encore mal maîtrisés.

Les banques, loin d’être condamnées, pourraient tirer parti de cette révolution en adaptant leurs modèles. Demain, la frontière entre finance traditionnelle et finance décentralisée pourrait bien s’estomper, au bénéfice des utilisateurs.

Sources

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Faits marquants des marchés : 11–15 août 2025

La semaine écoulée a été marquée par une intensification des incertitudes macroéconomiques, dans un contexte où les marchés cherchent un cap clair avant une série d’échéances majeures.

Aux États-Unis, les signaux d’inflation sont restés contradictoires, alimentant le débat sur la trajectoire monétaire de la Fed. En Europe, la croissance reste atone et la Banque centrale européenne maintient une ligne restrictive, malgré un environnement industriel fragile.

Le Japon, en revanche, a surpris positivement avec une croissance plus soutenue qu’anticipé au deuxième trimestre, renforçant les spéculations sur une normalisation progressive de la politique monétaire de la BOJ. Les matières premières ont reculé dans l’ensemble, les taux d’intérêt se sont tendus, et les investisseurs se préparent désormais à une semaine charnière dominée par la publication de données d’inflation, d’indicateurs d’activité, et par le symposium de Jackson Hole.

Marchés des changes (FX)- Analyse par devise

USD – Dollar américain

La semaine a été dominée par la publication contrastée des données d’inflation. L’indice des prix à la consommation (CPI) est resté conforme aux attentes, signalant une inflation modérée. Mais le choc est venu de l’indice des prix à la production (PPI), en forte hausse et marquant son rythme le plus élevé depuis près de trois ans. Ce contraste a eu deux effets majeurs :

1. Les anticipations d’un assouplissement agressif de la Fed en septembre ont été revues à la baisse.

2. Les rendements obligataires américains se sont redressés, entraînant une correction sur l’or et pesant sur les marchés actions.

Les indices boursiers américains ont terminé en ordre dispersé : le Dow Jones a atteint un nouveau sommet intraday, preuve de la résilience de certains secteurs, tandis que le S&P 500 a stagné et que le Nasdaq a cédé du terrain, pénalisé par les valeurs technologiques sensibles aux taux.

EUR – Euro

La situation économique de la zone euro demeure préoccupante. La production industrielle de juin a reculé, confirmant la faiblesse persistante du secteur manufacturier. Ce ralentissement vient accentuer la fracture entre une activité industrielle atone et une Banque centrale européenne qui maintient sa politique restrictive, insistant sur la nécessité de contenir une inflation encore au-dessus de la cible.

Sur les marchés, les actions européennes ont consolidé leurs gains récents et terminé la semaine en baisse, reflétant un sentiment de prudence. Les rendements des Bunds allemands, eux, sont restés à des niveaux élevés, illustrant la crédibilité du discours « higher for longer » de la BCE.

GBP – Livre sterling

La livre a évolué de manière hésitante au cours de la semaine, dans un contexte où les données macroéconomiques britanniques n’ont pas fourni de signaux clairs. Les investisseurs attendent désormais avec attention la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) ainsi que des PMI, qui donneront une vision plus précise de la dynamique inflationniste et de l’activité au Royaume-Uni.

Les marchés obligataires britanniques ont suivi la tendance mondiale : les rendements des Gilts se sont tendus, en ligne avec la remontée des taux américains, ce qui a contribué à soutenir temporairement la livre. Néanmoins, la prudence domine sur la devise britannique, faute de catalyseurs économiques nets et dans l’attente des prochaines publications.

JPY – Yen japonais

Le Japon a surpris positivement cette semaine avec une croissance du PIB au deuxième trimestre supérieure aux attentes (+0,3 % en variation trimestrielle, soit +1 % en rythme annualisé). Ce résultat est venu confirmer une reprise modeste mais réelle, portée par les exportations et par un investissement public résilient.

Cette donnée a ravivé les spéculations sur une possible normalisation de la politique monétaire de la Banque du Japon (BOJ). Si la banque centrale maintient encore un discours prudent, les marchés commencent à anticiper un relèvement des taux d’ici la fin de l’année. Les rendements des obligations d’État japonaises (JGB) se sont ainsi raffermis, renforçant l’attrait du yen.

CAD – Dollar canadien

Le dollar canadien a principalement suivi deux dynamiques :

1. L’évolution du prix du pétrole, en recul en fin de semaine.

2. Le ton globalement défensif des marchés.

Ces deux facteurs ont légèrement pesé sur la devise, qui reste en position d’attente avant des publications majeures la semaine prochaine, notamment l’inflation (CPI) et les ventes au détail. Ces chiffres seront décisifs pour évaluer la marge de manœuvre de la Banque du Canada, dont le discours reste aligné sur une prudence vis-à-vis de l’inflation.

AUD – Dollar australien

La banque centrale australienne (RBA) a réduit son taux directeur de 25 points de base, le ramenant à 3,60 %. Cette décision s’accompagne d’une révision à la baisse des perspectives de croissance, signe que l’économie australienne ralentit sous l’effet du resserrement monétaire passé et du contexte mondial moins porteur.

Le dollar australien a logiquement reculé après cette annonce. Les investisseurs anticipent que la RBA pourrait encore intervenir si la dynamique de croissance continue de se détériorer. Le marché de l’emploi, dont les chiffres sont attendus la semaine prochaine, constituera un test crucial pour jauger de la capacité de l’économie à absorber le ralentissement en cours.

NZD – Dollar néo-zélandais

L’économie néo-zélandaise reste fragilisée, comme l’a illustré l’indice PMI manufacturier, toujours en territoire de contraction. La croissance est faible et les perspectives de demande extérieure demeurent limitées.

Le dollar néo-zélandais est ainsi resté orienté à la baisse, évoluant surtout en fonction des mouvements du dollar américain. Le prochain rendez-vous majeur sera la réunion de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ), où les investisseurs attendent un discours prudent, voire ouvert à de nouvelles mesures accommodantes si la situation ne s’améliore pas.

CHF – Franc suisse

Le franc suisse a conservé son rôle traditionnel de valeur refuge, dans un environnement marqué par l’incertitude sur l’inflation et les banques centrales. L’absence de publications domestiques notables a limité son mouvement autonome, laissant la devise évoluer principalement au gré des croisements avec l’euro et le dollar.

Le franc reste ainsi soutenu par la prudence des investisseurs, mais dépendant des dynamiques extérieures, en particulier de la zone euro.

Marchés financiers globaux

Equities

  • • États-Unis : Dow Jones en record intraday, Nasdaq en repli, S&P 500 stable.
  • • Europe : Consolidation en fin de semaine, secteur manufacturier fragile.
  • • Asie : Nikkei soutenu par la croissance, bourses chinoises en repli.

Obligations

  • • États-Unis : Hausse des rendements après le PPI.
  • • Europe : Bunds stables à des niveaux élevés, spreads périphériques contenus.
  • • Japon : JGB en hausse modérée, alimentés par les spéculations BOJ.

Commodities

  • • Pétrole : Repli en fin de semaine.
  • • Or : Correction face à la hausse des rendements.
  • • Cuivre : Pressions baissières liées à la Chine.

Crypto

  • • Bitcoin : Consolidation sous résistance clé.
  • • Ethereum : Sous-performance sur fond d’incertitudes réglementaires.

Données à venir (19–23 août 2025)

Mardi 19 août :

  • Canada : Indice des prix à la consommation (CPI m/m, Median, Trimmed, Common y/y)
  • Chine : Taux préférentiel de prêt (1 an et 5 ans)

Mercredi 20 août :

  • • Nouvelle-Zélande : Décision de la RBNZ, communiqué et conférence de presse
  • • Royaume-Uni : CPI (y/y)
  • • États-Unis : Minutes du FOMC, discours du gouverneur Waller

Jeudi 21 août :

  • Zone euro : PMI flash (France, Allemagne, zone euro – manufacturier et services)
  • Royaume-Uni : PMI flash
  • États-Unis : Inscriptions hebdomadaires au chômage, indice Philly Fed, PMI S&P, ventes de logements existants
  • Tous : Symposium de Jackson Hole (jour 1)

Vendredi 22 août :

  • Royaume-Uni : Ventes au détail (m/m)
  • Canada : Ventes au détail, ventes au détail principales (m/m)
  • États-Unis : Discours de Jerome Powell, symposium de Jackson Hole (jour 2)

Samedi 23 août :

  • Tous : Symposium de Jackson Hole (jour 3)
  • Zone euro : Discours de Christine Lagarde (BCE)
  • Royaume-Uni : Discours d’Andrew Bailey (BOE)

Conclusion

La semaine du 11 au 15 août a confirmé un environnement mondial fragmenté et incertain. Le contraste entre les États-Unis (inflation toujours problématique mais croissance résiliente), l’Europe (croissance atone et BCE restrictive) et le Japon (croissance plus forte, mais politique monétaire encore prudente) illustre des divergences profondes. Les matières premières reculent, les obligations réajustent leurs rendements, et les marchés actions restent en équilibre fragile.

La semaine à venir sera déterminante : avec des CPI cruciaux, des PMI européens et britanniques, et le symposium de Jackson Hole, les investisseurs disposeront de nouveaux repères pour ajuster leurs anticipations de politique monétaire et leur positionnement de marché pour la rentrée.

Sources

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Été haussier pour les cryptomonnaies : euphorie ou intégration durable ? 

Alors que la période estivale marque traditionnellement une accalmie sur les marchés financiers, l’été 2025 déroge à la règle. L’activité est soutenue, portée par une dynamique haussière historique amorcée par Bitcoin, suivi d’Ethereum et de plusieurs altcoins.

L’accélération de l’intérêt institutionnel témoigne de la consolidation du secteur des crypto-actifs. L’enthousiasme est palpable, et les investisseurs semblent agir avec de plus en plus de certitude. Pourtant, certains signaux doivent toujours être regardés de prêt pour anticiper une éventuelle correction. C’est ce que nous vous proposons d’analyser dans cet article, en croisant actualités, indicateurs et signaux faibles de potentiels mouvements à moyen terme. 

1. Bitcoin à 123 120 $ : le nouveau record qui porte le marché 

Le 14 juillet, le prix du Bitcoin a atteint un nouveau sommet historique : 123 120 dollars. Soit une progression deplus de 88 % sur un an. Depuis, le bitcoin se stabilise autour des 115 000 dollars.  

Loin d’être un épiphénomène, cet ATH s’inscrit dans la dynamique soutenue par des flux institutionnels constants, catalysés par la montée en puissance des ETFs Bitcoin Spot, en particulier de l’ETF IBIT deBlackRock qui dépasse désormais les 84 milliards de dollars sous gestion

Cet essor de l’investissement institutionnel dans Bitcoin confirme son statut d’actif à part entière, désormais intégré dans des enveloppes réglementées.  

Ce mouvement se confirme aussi auprès des entreprises cotées en Bourse qui poursuivent leur stratégie d’accumulation pour se constituer une trésorerie en BTC. 

Outre les entreprises américaines emblématiques telles que Strategy₿ (anciennement MicroStrategy), Metaplanet ou Tesla, deux entreprises françaises majeures illustrent cette stratégie d’ampleur : Sequans CommunicationsetCapital – anciennement The Blockchain Group – qui figurent désormais aux 22e et 27e rangs des 30 premières entités cotées détentrices de Bitcoin. 

➡️ À quoi peut-on s’attendre désormais ? 

Si cette adoption à grande échelle se poursuit, contribuant à la réduction de l’offre de bitcoin, le BTC pourrait maintenir sa trajectoire haussière. Cela étant dit, ce qui peut s’apparenter à un emballement ne doit pas occulter d’éventuelles corrections ponctuelles, notamment en cas de retournement macroéconomique, de hausse des taux ou d’importantes prises de profits.  

2. Ethereum performe et rejoint les trésoreries d’entreprise à son tour  

Longtemps resté dans l’ombre de Bitcoin, l’Ether (ETH) a de nouveau performé, atteignant 3 934 dollars, soit une progression de + 40,5 % en 30 jours. Ce rebond a notamment été alimenté par : 

  • Des flux massifs vers les ETFs Ethereum Spot, avec des journées record à 726 et 534 millions les 16 et 23 juillet ; 
  • L’accumulation d’ETH par les Ethereum Treasury Companies, ces entreprises qui investissent massivement leur trésorerie en Ether.  

Parmi elles, SharpLink Gaming se distingue : l’entreprise détient déjà 280 700 ETH  – près d’un milliard de dollars – et a récemment recruté Joseph Chalom, ex-responsable des cryptomonnaies chez BlackRock. Une décision qui illustre une volonté claire : faire de l’ETH un actif de trésorerie structurant à long terme. 

De son côté, The Ether Machine prévoit également de détenir plus de 400 000 ETH, tout en capitalisant sur le staking et le restaking, pour générer un rendement passif. 

➡️ À quoi peut-on s’attendre concernant les ETF Ethereum ? 

L’intégration du staking au sein des ETFs ETH est très attendue. Déjà demandée par BlackRock, elle permettrait de couplerperformance de l’ETH et revenus passifs réguliers obtenus via le placement de ces derniers. Ce changement renforcerait significativement la pertinence d’inclure cet ETF dans les stratégies de diversification patrimoniale.  

3. Aux États-Unis : un cadre législatif structurant et un tournant patrimonial à venir ? 

En pleine « Crypto Week » courant juillet, les États-Unis ont adopté trois lois majeures : 

  • Le GENIUS Act, qui encadre l’émission des stablecoins (cryptomonnaies stables adossées au dollar ou autre monnaie fiduciaire) ainsi que les réserves associées. 
  • Le Digital Asset Market Clarity Act, qui redistribue les rôles entre SEC et CFTC, afin d’éviter les contentieux passés.  
  • L’Anti-CBDC Surveillance State Act, qui interdit l’émission d’une monnaie numérique de banque centrale. 

Enfin, un projet de décret en discussion viserait à autoriserl’intégration des crypto-actifs dans le principal plan d’épargne retraite, le plan 401(k), aux côtés des métaux précieux et du private equity. La concrétisation de cette mesure consacrerait la reconnaissance des cryptomonnaies comme instruments d’épargne long terme

➡️ À quoi peut-on s’attendre aux États-Unis puis en Europe ?  

Les États-Unis prennent une avance considérable. Et si actuellement, l’Europe suit un chemin également réglementé, mais plus restrictif, il est légitime d’anticiper que la dynamique américaine puisse initier des discussions similaires de notre côté de l’Atlantique. 

4. Altcoins : reprise confirmée ou faux départ ? 

La dominance du BTC est passée sous les 62 %, pouvant indiquer que les investisseurs réinvestissent leurs capitaux précédemment consacrés au bitcoin sur d’autres cryptomonnaies alternatives, les « altcoins », à plus faible capitalisation et donc à plus fort potentiel de croissance. Rappelons bien entendu que parmi les plus de 40 millions de cryptomonnaies actuellement sur le marché, toutes ne se valent pas, mais que les plus importantes du top 100 et des secteurs les plus porteurs enregistrent à nouveau des performances notables ces 30 derniers jours : 

  • Les cryptomonnaies liées à l’Intelligence artificielle : + de 30 milliards de dollars de capitalisation ; 
  • Les projets liés à la Finance décentralisée (DeFi) : près de 146 milliards de dollars, au-delà des sommets de 2022 ;  
  • La tokenisation des actifs du monde réel (RWA) : 49 milliards de dollars, avec un engouement croissant des banques et fonds d’investissement. 

Les cryptomonnaies du top 10 affichent de fortes hausses également ces 30 derniers jours :  

  • Dogecoin (DOGE) : + 23,3 % 
  • XRP (Ripple) : + 35,1 % 
  • Cardano (ADA) : + 27,4 % 
  • Binance Coin (BNB) : + 15,4 %, atteignant un nouvel ATH à 860 $
  • Solana (SOL) : + 10,1 %, porté par l’attente d’un ETF Solana 

Ce graphique réalisé par Kaiko, société française spécialisée dans l’analyse de données du marché crypto, illustre l’évolution des cours du Bitcoin, des dix principales cryptomonnaies en termes de liquidité et de capitalisation (KT10) ainsi que du S&P500. Il met en évidence les épisodes de surperformance des principaux altcoins par rapport au Bitcoin, et surtout l’écart croissant entre les cryptomonnaies et l’indice boursier le plus tradé au monde. 

Certaines hausses invitent toutefois à la prudence  

La récente hausse du XRP illustre l’importance d’observer les signaux faibles en période d’euphorie. Dernièrement, le cofondateur de Ripple (XRP), Chris Larsen, a vendu 50 millions de tokens, contribuant à une correction d’environ 20 %. De quoi susciter des interrogations sur les intentions des fondateurs, lesquelles pourraient avoir un impact direct sur l’évolution du XRP. 

À cela s’ajoute le mécanisme de token unlock mensuel : chaque mois, 1 milliard de tokens jusqu’alors bloqués sont débloqués (unlockés), permettant aux détenteurs de les vendre s’ils le souhaitent. Bien qu’une partie serve à assurer les frais de l’entreprise, cela alimente des craintes de potentielles manipulations des cours. 

➡️ À quoi peut-on s’attendre pour XRP ?  

Deux principaux scénarios se dessinent pour XRP, l’un étant plus favorable à une hausse du cours que l’autre. L’approbation d’un ETF XRP pourrait générer un second souffle haussier. À l’inverse, de nouvelles ventes des fondateurs pourraient peser durablement sur le cours. 

5. Les Français sont prêts à intégrer les cryptomonnaies à leur patrimoine ? 

Face à de tels mouvements haussiers, principalement menés par l’adoption des acteurs institutionnels, se pose la question de l’adoption par les investisseurs particuliers. Pour y répondre, Kraken a mené une étude révélant que 64 % des Français qui ne détiennent pas encore de cryptomonnaies envisagent un premier achat. 

Parmi les signaux les plus intéressants : 

  • 31 % des Français interrogés détiennent déjà des cryptomonnaies ; 
  • 35 % investiraient une rentrée d’argent imprévue de 1 000 € en cryptomonnaies ; 
  • 34 % souhaitent intégrer les cryptomonnaies à leur stratégie d’épargne ou de préparation à la retraite.  

Ce troisième point corrobore la perspective d’investissement long terme qui accompagne désormais les achats de cryptomonnaies, bien au-delà de la spéculation à court terme.  

6. Après un an et demi de structuration du marché crypto : que doit-on attendre ?  

Sans conteste, l’approbation des ETFs Bitcoin Spot en janvier 2024 a marqué un tournant. En favorisant l’arrivée d’acteurs institutionnels, elle a profondément transformé la structure du marché, désormais plus stable — en particulier pour le BTC, qui ne cesse de s’apprécier.  

Face à ce marché de plus en plus mature, certains analystes sonnent déjà la fin des cycles explosifs à forte volatilité, marqués par les fameux bull run et bear market de la décennie passée. Selon ces analystes optimistes, ces derniers mois annonceraient une tendance haussière durable sur le long terme.  

Toutefois, à court terme, ces scénarios optimistes ne doivent pas occulter les risques de corrections qui demeurent, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, comme sur tout marché, les investisseurs historiques peuvent prendre leur profit, entraînant des variations du cours. Le récent mouvement de 80 000 BTC, après 14 ans d’inactivité du portefeuille qui les détenait, pourrait en être un exemple. 

Aussi, l’éventuel retour de tensions géopolitiques pourrait sonner la fin de cet effet d’euphorie et le retour du sentiment de peur, tant vis-à-vis des conflits en cours, que vis-à-vis des droits de douane dont les négociations sont toujours en cours entre les USA et l’Europe et l’Asie. Par ailleurs, la très attendue baisse des taux de la part de la Fed a une nouvelle fois été repoussée par Jerome Powell, qui n’a pas insisté sur sa possibilité en septembre, ce qui pourrait également perturber les marchés. Enfin, il est de bon ton de rappeler que plusieurs semaines haussières s’ensuivent généralement d’une respiration à court terme.  

Lecontexte reste donc favorable à une intégration croissante du bitcoin et d’autres cryptomonnaies majeures dans les stratégies patrimoniales, mais ne doit en aucun cas faire oublier la nécessité de faire preuve de prudence. 

Article rédigé par Meria   

Meria est une plateforme d’investissement en cryptomonnaies française leader depuis sa création en 2017 par Owen Simonin. Meria vous permet d’acheter, d’échanger et d’investir vos cryptomonnaies afin de générer des rendements passifs et réguliers. Meria est une société française, enregistrée PSAN auprès de l’AMF (E2021-016).