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CLARITY Act : le pari réglementaire des États-Unis.

Un vote à 60 voix, dès demain

Le Sénat américain sort à peine de ses vacances. Il ne traîne pas pour autant : mardi 15 septembre, 14h15 à Washington, il vote sur le CLARITY Act, le texte censé poser enfin des règles claires pour le marché crypto aux États-Unis.

Un point à ne pas rater : ce vote ne porte pas sur l’adoption du texte. C’est un vote de clôture, une simple étape de procédure qui décide si le débat peut continuer. Il faut 60 voix. Les républicains en ont 53. Autrement dit, sans au moins sept démocrates prêts à voter avec l’autre camp, le texte s’arrête là.

Le climat se durcit. Elizabeth Warren mène l’opposition et parle d’une loi « écrite par l’industrie crypto pour l’industrie crypto ». En face, Brian Armstrong, le patron de Coinbase, mise sur un passage. Son raisonnement : Thune n’aurait pas calé la date du 15 s’il n’y croyait pas. Les marchés de prédiction, eux, n’ont pas attendu. Sur Polymarket, la probabilité d’adoption en 2026 est passée de 82 % en février à 16 % début septembre. Galaxy Research descend encore plus bas : 10 %.

Le calendrier complique tout. L’inflation américaine est tombée vendredi, la Fed annonce ses taux mercredi, et la SEC tient jeudi une table ronde sur le trading 24h/24. Une semaine chargée pour les cours.

Le CLARITY Act, c’est quoi au juste ?

Son vrai nom : Digital Asset Market Clarity Act (H.R. 3633).

Une phrase suffit pour résumer l’enjeu : mettre fin à la guerre de territoire entre les deux régulateurs américains.

Depuis des années, personne ne sait vraiment qui commande. La SEC, le gendarme boursier, considère la plupart des tokens comme des titres financiers. La CFTC, qui régule les matières premières, revendique les cryptos ressemblant davantage à des marchandises. Résultat : un flou permanent, des procès à répétition, et des entreprises qui préfèrent s’installer ailleurs.

Le CLARITY Act tranche. Il répartit la compétence : la SEC garde les actifs assimilés à des titres, la CFTC récupère les « digital commodities ». Une interprétation commune des deux agences a déjà classé 16 tokens, dont XRP, Solana et Dogecoin, comme des matières premières numériques relevant de la CFTC. Le texte crée aussi un régime d’enregistrement pour les plateformes, autorise les banques à conserver et staker des crypto-actifs dans un cadre régulé, et interdit à la Fed de lancer une monnaie numérique de banque centrale directement auprès du grand public sans feu vert du Congrès.

Trois points précis coincent, et ce ne sont pas des détails techniques:

  • L’éthique. Une clause ajoutée au Sénat interdirait au président, au vice-président, aux élus et à leurs conjoints de lancer ou parrainer des crypto-actifs pendant leur mandat. Traduction : elle vise directement Donald Trump et ses memecoins, alors que ses revenus liés à la crypto sont estimés autour de 1,4 milliard de dollars. Certains démocrates refusent de voter sans cette clause ; la Maison-Blanche traîne des pieds.
  • La DeFi. La responsabilité des développeurs de protocoles décentralisés (l’article 604 du texte) reste ouverte. Faut-il tenir un codeur responsable de ce que font les utilisateurs de son smart contract ?
  • Les stablecoins. Le débat porte sur le rendement : peut-on rémunérer un utilisateur qui laisse dormir ses stablecoins ? Les banques traditionnelles craignent une fuite des dépôts. Pour Coinbase, dont les récompenses sur l’USDC pèsent près de 1,35 milliard de dollars de revenus annuels, l’enjeu est direct.

Même si le vote de clôture passe, rien n’est joué. Le texte devra ensuite être débattu, amendé, voté. Si le Sénat le modifie, la Chambre devra se prononcer à nouveau, voire passer par une commission de conciliation. La fenêtre de tir est étroite avant la campagne des midterms de l’automne.

Le miroir européen : la France a déjà tourné la page

Voilà où l’histoire devient intéressante pour un lecteur français. Ce que les États-Unis cherchent péniblement à construire, un cadre unifié, des règles lisibles, l’Europe l’a déjà. Ça s’appelle MiCA, en vigueur depuis fin décembre 2024.

Et cet été, un cap est passé presque en silence. Le 1er juillet 2026, la période de transition a pris fin. Depuis, une plateforme ne peut plus opérer en France sur la base de l’ancien statut PSAN hérité de la loi PACTE. Il lui faut désormais l’agrément PSCA (Prestataire de Services sur Crypto-Actifs), l’équivalent français du CASP européen.

Pas d’agrément, pas d’activité. Et la règle mord. L’exemple le plus parlant, c’est Binance. Premier exchange mondial, présent en France depuis son enregistrement PSAN de 2022, il n’a jamais décroché d’agrément MiCA nulle part dans l’UE. Après avoir retiré au printemps sa demande déposée en Grèce, il a cessé d’accueillir de nouveaux clients français et de nouveaux dépôts le 1er juillet. Les comptes existants ne peuvent plus faire que du retrait. Opérer sans agrément n’est plus une zone grise : c’est un délit, passible de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. L’AMF a radié les acteurs restés sans dossier à temps, et l’ESMA a appelé les prestataires non autorisés à fermer boutique proprement, sans laisser leurs clients sur le carreau.

En France, l’architecture est claire. L’AMF instruit les dossiers et supervise. L’ACPR, adossée à la Banque de France, gère le volet prudentiel, les stablecoins et la lutte anti-blanchiment. L’ESMA coordonne au niveau européen. Un utilisateur qui détient ses cryptos sur Coinbase, Kraken ou Bitpanda, tous agréés dans un pays de l’UE et actifs en France via le passeport européen, voit surtout la différence au KYC : vérifications renforcées, preuve de domicile, contrôle de l’origine des fonds au-delà de certains seuils.

Le vrai sujet, des deux côtés de l’Atlantique : qui gouverne ?

Le CLARITY Act et le débat français finissent par se rejoindre. L’Europe se pose la même question que Washington, mais dans l’autre sens.

Aux États-Unis, on veut répartir le pouvoir entre deux agences. En Europe, on discute de le concentrer. Le 4 décembre 2025, la Commission a proposé de confier à l’ESMA la supervision directe des plus gros prestataires crypto transfrontaliers, ceux que surveillent aujourd’hui les régulateurs nationaux. La presse spécialisée a vite trouvé une étiquette : « MiCA 2.0 », ou la « SEC européenne ».

Les partisans, France, Italie et Autriche en tête, avancent un argument simple : le passeport européen actuel pousse à une course au moins-disant. Une plateforme s’agrée dans le pays le plus permissif, puis opère partout. Centraliser à l’ESMA éviterait ce patchwork. Verena Ross, présidente de l’ESMA, plaide pour un vrai marché unique du capital, et la BCE de Christine Lagarde va dans le même sens. Le projet s’appuie sur le rapport Draghi de 2023.

Tout le monde n’applaudit pas. Certains y voient un dessaisissement des États au profit de Bruxelles, sans vote direct des citoyens. Un enjeu de souveraineté. Le cabinet BearingPoint soulève un risque plus stratégique : à trop durcir, l’Europe construirait un marché ultra-sécurisé mais périphérique, pendant que les acteurs les plus rapides partent aux États-Unis ou en Asie. La proposition n’est pas adoptée, elle doit encore passer le Parlement et le Conseil européens.

Le paradoxe prête presque à sourire : les Américains bricolent enfin la clarté que l’Europe possède déjà, tandis que l’Europe se demande si elle ne devrait pas ressembler un peu plus à la SEC.

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Facturation électronique obligatoire en 2026 : ce qui change pour les entreprises 

Depuis ce 1er septembre 2026, la facturation électronique a franchi une étape décisive en France. Plus de 10 millions d’acteurs économiques sont concernés par une réforme qui va profondément modifier la manière de facturer, d’être payé et de gérer sa trésorerie.

Pendant des années, la numérisation de la facturation s’est faite progressivement : factures créées sur un logiciel, PDF envoyés par e-mail, documents transmis au comptable…

À partir du 1er septembre 2026, le mouvement change d’échelle.

Toutes les entreprises concernées, quelle que soit leur taille, devront être capables de recevoir des factures électroniques.

Les grandes entreprises et les ETI devront également émettre leurs factures électroniquement et transmettre certaines données de transaction et de paiement à l’administration.

Puis, à partir du 1er septembre 2027, cette obligation d’émission sera étendue aux PME, TPE et micro-entreprises.

Autrement dit : même une petite entreprise qui ne devra émettre électroniquement qu’en 2027 est déjà concernée dès septembre 2026.

Non, un PDF envoyé par e-mail ne suffira plus

C’est probablement la principale confusion autour de la réforme.

Une facture électronique n’est pas simplement une facture PDF.

Elle devra contenir des données structurées, capables d’être automatiquement comprises par les logiciels. Plusieurs formats sont prévus, notamment Factur-X, UBL et CII.

La facture devient donc progressivement une donnée exploitable, et plus seulement un document à envoyer puis à archiver.

Pour transmettre et recevoir ces factures, les entreprises devront s’appuyer sur une Plateforme Agréée (PA) ou sur une solution connectée à l’une d’elles.

Ces plateformes assureront notamment la circulation des factures entre entreprises et la transmission des informations nécessaires à l’administration fiscale.

Deux mécanismes vont ainsi coexister :

  • l’e-invoicing, pour la transmission électronique des factures concernées entre entreprises ;
  • l’e-reporting, qui permet notamment de transmettre à l’administration certaines données relatives aux opérations qui ne relèvent pas directement de l’e-invoicing, comme certaines ventes aux particuliers ou à l’international.

Une contrainte… mais aussi un gain potentiel pour les entreprises

L’objectif de l’État est notamment de simplifier le suivi de la TVA et de mieux détecter les incohérences et les fraudes.

Mais pour les entreprises, la réforme peut aussi avoir des effets beaucoup plus concrets.

Aujourd’hui, les factures sont encore souvent dispersées : e-mails, PDF, courriers, espaces clients de fournisseurs, logiciel comptable…

Avec la facturation électronique, une partie de ces flux pourra être standardisée et automatisée.

Résultat potentiel : moins de saisie manuelle, moins d’erreurs, un traitement plus rapide et surtout une meilleure visibilité sur les factures et les paiements.

Pour un entrepreneur, c’est probablement là que réside le véritable intérêt de la réforme.

Une meilleure traçabilité des factures peut permettre de suivre plus facilement les paiements et donc de mieux piloter sa trésorerie.

Le vrai enjeu : choisir les bons outils comme Finom

Pour une TPE, une PME ou un indépendant, la difficulté sera surtout d’intégrer ces nouvelles obligations sans ajouter une couche supplémentaire de complexité administrative.

Il faut donc commencer par vérifier son organisation actuelle : quel outil génère les factures ? Où sont-elles stockées ? Comment sont-elles transmises au comptable ? L’outil sera-t-il compatible avec le nouveau système ?

C’est aussi pour cette raison que certaines fintechs intègrent progressivement la facturation directement à leurs services financiers.

C’est notamment le cas de Finom, partenaire de Parlons Finance pour cet article.

La fintech propose aux indépendants et aux entreprises un environnement réunissant notamment compte professionnel, paiements et outils de facturation. Finom finalise actuellement sa solution de facturation électronique française afin de l’adapter à la réforme.

L’intérêt est de pouvoir rapprocher progressivement plusieurs fonctions aujourd’hui encore séparées : facturation, paiement et gestion financière.

Faut-il déjà agir ?

Oui.

Même si l’administration a annoncé une approche de tolérance et de bienveillance pendant la phase de démarrage, mieux vaut éviter d’attendre septembre pour découvrir que son système n’est pas prêt.

Les entreprises peuvent déjà :

  • vérifier la compatibilité de leur logiciel de facturation ;
  • identifier la solution qu’elles utiliseront pour se connecter à une plateforme agréée ;
  • mettre à jour leurs données clients et fournisseurs ;
  • préparer les personnes qui gèrent la facturation ;
  • organiser correctement l’archivage des documents.

La facturation électronique sera donc bien une nouvelle obligation administrative.

Mais elle peut aussi être l’occasion de moderniser un processus encore particulièrement chronophage dans de nombreuses petites entreprises.

La bonne question n’est peut-être pas seulement « comment être en conformité au 1er septembre ? », mais aussi :

« Puisque nous devons changer notre manière de facturer, comment en profiter pour mieux gérer notre entreprise ? »

Article réalisé en collaboration avec Finom.

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Investisseurs : les matières premières rebattent les cartes

Les matières premières restent ainsi un indicateur clé pour comprendre l’évolution de l’économie mondiale et les anticipations des investisseurs.

Pourtant, un marché envoie généralement les premiers signaux des grands changements économiques : celui des matières premières.

Pétrole, cuivre, uranium, or, gaz naturel, blé, soja ou lithium ne sont pas de simples actifs financiers. Ils constituent les fondations de l’économie mondiale. Lorsqu’une grande puissance modifie sa politique commerciale, énergétique, industrielle ou géopolitique, les premiers effets apparaissent souvent sur les marchés des matières premières, bien avant qu’ils ne soient visibles dans les bénéfices des entreprises ou les principaux indices boursiers.

Pour les investisseurs, comprendre cette dynamique permet non seulement de mieux anticiper les cycles économiques, mais aussi d’améliorer leurs décisions d’allocation d’actifs.

Les matières premières : le premier maillon de l’économie mondiale

Contrairement aux actifs financiers, les matières premières sont soumises à des contraintes physiques. Développer une mine de cuivre, construire une raffinerie, ouvrir un champ pétrolier ou augmenter la production agricole demande des années d’investissements. L’offre ne peut donc pas s’ajuster rapidement lorsque la demande évolue.

Cette inertie explique pourquoi les marchés des commodités réagissent très tôt aux changements politiques et économiques.

Le mécanisme est généralement le même :

  • Une décision politique modifie les règles du commerce ou de l’énergie
  • Les chaînes d’approvisionnement se réorganisent
  • Les flux physiques évoluent
  • Les prix des matières premières s’ajustent
  • Les entreprises et les marchés financiers répercutent ensuite ces changements

Autrement dit, les matières premières constituent souvent le premier langage des transformations économiques mondiales.

Un siècle de décisions politiques qui ont changé les marchés

L’histoire économique offre de nombreux exemples où une décision politique a profondément transformé les marchés des matières premières.
Au début du XXᵉ siècle, les politiques visant à renforcer la concurrence dans le secteur pétrolier ont profondément remodelé l’industrie énergétique mondiale.

Dans les années 1930, la montée du protectionnisme et des barrières douanières a provoqué une forte contraction du commerce international, entraînant un effondrement des prix agricoles et aggravant la crise économique mondiale. En 1971, la fin du système de Bretton Woods et de la convertibilité du dollar en or a marqué un tournant historique. Depuis lors, les matières premières sont devenues beaucoup plus sensibles aux politiques monétaires, aux mouvements du dollar américain et aux flux internationaux de capitaux. Plus récemment, les tensions commerciales, les sanctions économiques, les conflits géopolitiques, la transition énergétique ainsi que les politiques de relocalisation industrielle
ont profondément modifié les échanges mondiaux de pétrole, de gaz, de métaux stratégiques et de produits agricoles.

Chaque épisode rappelle une réalité constante : les décisions politiques redessinent les chaînes d’approvisionnement bien avant que leurs effets apparaissent dans les comptes des entreprises.

Pourquoi les investisseurs doivent surveiller les matières premières

Les matières premières jouent plusieurs rôles essentiels dans l’analyse financière.

Elles permettent notamment :

  • D’anticiper les pressions inflationnistes
  • D’identifier les futurs cycles économiques
  • D’évaluer les risques géopolitiques
  • De détecter les tensions sur les chaînes d’approvisionnement
  • D’améliorer la diversification d’un portefeuille
    Les grands investisseurs institutionnels suivent ces marchés avec attention, car ils fournissent souvent des signaux avancés que les marchés actions n’intègrent qu’avec plusieurs mois de retard.

Trois indicateurs à surveiller en priorité

Pour construire une vision stratégique des marchés, trois facteurs méritent une attention particulière.

1. Les politiques commerciales

Les droits de douane, les sanctions économiques, les restrictions technologiques et les accords commerciaux modifient directement les flux mondiaux de matières premières.
Une simple décision gouvernementale peut déplacer durablement les échanges entre
plusieurs continents.

2. Les politiques énergétiques et industrielles

Le développement des véhicules électriques, des énergies renouvelables, de l’intelligence artificielle ou encore des infrastructures numériques accroît la demande de métaux stratégiques comme le cuivre, le nickel, le lithium ou les terres rares.
À l’inverse, certaines décisions peuvent ralentir certains secteurs tout en favorisant d’autres ressources.
Comprendre ces orientations permet d’identifier les secteurs susceptibles de bénéficier des prochaines vagues d’investissement.

3. Le dollar américain et les conditions financières

La majorité des matières premières étant négociées en dollars américains, les variations de
cette devise influencent directement leur compétitivité et leurs prix.
Une appréciation du dollar tend généralement à exercer une pression sur les prix des
commodités, tandis qu’un affaiblissement peut soutenir leur progression.
Les politiques monétaires et les taux d’intérêt restent donc des variables essentielles pour anticiper l’évolution de nombreux marchés.

Les matières premières comme outil de gestion du risque

Les matières premières ne doivent pas être considérées uniquement comme un moteur de performance.
Elles constituent également un outil de diversification.
Plusieurs études montrent qu’elles peuvent contribuer à réduire le risque global d’un portefeuille lorsqu’elles sont intégrées de manière équilibrée avec les actions, les obligations et d’autres classes d’actifs.
Cette diversification devient particulièrement pertinente dans les périodes d’inflation élevée, de tensions géopolitiques ou de ralentissement économique.
Naturellement, les matières premières demeurent des actifs volatils. Leur intégration doit donc s’inscrire dans une stratégie cohérente de gestion des risques, adaptée à l’horizon d’investissement et au profil de chaque investisseur.

Ce que l’investisseur peut retenir

Les grandes transformations économiques commencent rarement sur les marchés financiers. Elles apparaissent souvent plus tôt dans les flux physiques de l’économie mondiale. Observer les matières premières revient à observer les fondations sur lesquelles reposent l’industrie, le commerce international et les politiques publiques. Pour les investisseurs, les matières premières constituent ainsi un indicateur avancé particulièrement précieux pour anticiper les évolutions économiques et ajuster leur stratégie.

Dans un monde marqué par les rivalités géopolitiques, la transition énergétique, les innovations technologiques et la recomposition des chaînes de valeur, comprendre les marchés des commodités ne relève plus d’une spécialisation réservée aux experts.

C’est désormais une compétence essentielle pour construire une stratégie d’investissement résiliente, anticiper les changements de régime économique et mieux gérer les risques à long terme.

SOURCES

Banque mondiale — Commodity Markets / Commodity Markets Outlook

FMI — Commodity Special Feature

Banque des règlements internationaux — Annual Reports

Energy Institute — Statistical Review of World Energy

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IA en Asie : la frénésie boursière expliquée

De Seoul à Shanghai, les capitaux mondiaux affluent massivement vers les entreprises qui alimentent la révolution de l’IA. Mais derrière l’euphorie se cache une dynamique bien plus profonde. Décryptage.

De Seoul à Shanghai, les marchés asiatiques vivent une nouvelle ruée technologique portée par l’intelligence artificielle. Semi-conducteurs, infrastructures énergétiques, centres de données : les capitaux mondiaux affluent massivement vers les entreprises capables d’alimenter la révolution de l’IA.

Mais derrière cette euphorie boursière se cache une dynamique économique plus profonde : la concentration extrême des investissements technologiques pourrait finir par transformer durablement l’ensemble de l’économie mondiale, avant de provoquer à terme une normalisation brutale des marges et des valorisations.

L’histoire des télécommunications et d’Internet le confirme : aucune révolution technologique ne conserve éternellement ses niveaux de rentabilité initiaux.

La Corée du Sud, nouveau coeur industriel de l’IA mondiale

L’Asie de l’Est s’est progressivement imposée comme l’épicentre industriel de la révolution de l’intelligence artificielle. En Corée du Sud, plusieurs groupes technologiques ont connu des trajectoires boursières spectaculaires grâce à leur position stratégique dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs.

Le cas le plus emblématique reste celui de SK Hynix. Le fabricant sud-coréen est devenu l’un des principaux fournisseurs mondiaux de mémoire HBM (High Bandwidth Memory), une technologie indispensable aux puces d’IA utilisées notamment par NVIDIA. Sa valorisation boursière a atteint des niveaux historiques sur le marché coréen.

Samsung Electronics a également bénéficié du cycle IA, avec certaines divisions puces enregistrant des hausses de bénéfices opérationnels supérieures à 100 % sur une base annuelle.

La révolution de l’IA ne profite pas uniquement aux fabricants de puces. L’explosion des besoins énergétiques des centres de données a aussi provoqué une forte hausse des valorisations dans les infrastructures électriques. Des groupes comme HD Hyundai Electric ou Hyosung Heavy Industries ont vu leurs cours progresser fortement sous l’effet des investissements massifs dans les transformateurs et réseaux électriques nécessaires aux centres de calcul IA.

La Chine accélère sa stratégie d’autonomie technologique

En parallèle, Pékin poursuit une stratégie agressive d’indépendance technologique afin de réduire sa dépendance aux technologies occidentales. Cette politique soutient massivement :

  • Les semi-conducteurs locaux
  • Le cloud
  • Les infrastructures numériques
  • Les technologies de recyclage électronique

La frénésie autour des introductions en bourse technologiques reste également spectaculaire. Plusieurs IPO liées aux semi-conducteurs ont enregistré des niveaux de sursouscription extrêmement élevés sur les marchés de Shanghai et Shenzhen, illustrant l’appétit des investisseurs asiatiques pour l’IA et les infrastructures numériques.

La rage de l’IA bouleverse les budgets mondiaux

Le phénomène actuel dépasse largement la simple spéculation boursière. L’IA provoque désormais une réallocation massive des budgets technologiques mondiaux. Pour financer les infrastructures nécessaires, de nombreuses entreprises réduisent ou reportent certaines dépenses plus traditionnelles :

  • Renouvellement des parcs informatiques
  • Maintenance classique
  • Logiciels moins stratégiques
  • Projets numériques secondaires

Ce déplacement crée progressivement un marché à deux vitesses : les entreprises liées directement à l’IA attirent l’essentiel des capitaux, tandis que plusieurs secteurs traditionnels restent à l’écart de l’euphorie technologique. Cette concentration rappelle la bulle Internet de la fin des années 1990, avec une différence majeure : contrairement à l’ère Dot-Com, une partie des leaders de l’IA génèrent déjà des bénéfices massifs.

Pourquoi l’IA finira probablement par devenir une commodité

L’histoire économique montre que les grandes révolutions technologiques suivent souvent un cycle similaire :

  1. Phase de rareté
  2. Explosion des marges
  3. Arrivée de la concurrence
  4. Baisse des coûts
  5. Banalisation de la technologie

Le marché de la téléphonie mobile illustre parfaitement ce phénomène. Au début des années 2000, les communications étaient vendues à des prix très élevés. L’intensification de la concurrence et les progrès technologiques ont progressivement fait chuter les coûts jusqu’à rendre les communications quasiment illimitées et invisibles dans le budget des ménages.

L’intelligence artificielle pourrait suivre une trajectoire comparable. Le coût d’accès aux modèles d’IA a déjà fortement diminué sous l’effet des modèles open source, de la concurrence entre géants technologiques, et de l’amélioration rapide des capacités de calcul. Des groupes comme Google, Microsoft, Amazon ou Meta développent désormais leurs propres infrastructures et puces spécialisées, réduisant progressivement la dépendance à certains fournisseurs historiques.

Les véritables gagnants pourraient être les secteurs traditionnels

À long terme, les plus grands bénéficiaires de la révolution de l’IA pourraient ne pas être les fournisseurs d’infrastructures eux-mêmes. L’histoire d’Internet offre un précédent intéressant : les grands gagnants économiques de la démocratisation du web n’ont pas été les fournisseurs d’accès Internet, mais plutôt les banques numériques, l’e-commerce, la logistique et les entreprises capables d’utiliser Internet comme levier de productivité.

Le même phénomène pourrait se produire avec l’IA. À mesure que les coûts baissent, l’intelligence artificielle pourrait progressivement devenir une infrastructure invisible, comparable à l’électricité ou au cloud computing. Les gains de productivité se diffuseraient alors vers :

  • L’industrie
  • La santé
  • La logistique
  • Les services financiers
  • Les entreprises traditionnelles capables d’intégrer efficacement ces technologies

Une révolution durable, mais pas linéaire

L’intelligence artificielle représente probablement l’une des transformations économiques majeures du XXIe siècle. Mais comme toutes les grandes innovations technologiques, son développement passera probablement par des phases d’euphorie, de concentration excessive, de concurrence accrue, puis de normalisation.

La véritable question pour les investisseurs n’est donc plus de savoir si l’IA transformera l’économie mondiale. Elle consiste désormais à identifier quels acteurs conserveront durablement leur avantage compétitif, quelles valorisations restent soutenables, et surtout quels secteurs traditionnels profiteront réellement de cette révolution une fois la phase spéculative passée.

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Au-delà du Livret A et des ETF : le prêt participatif peut-il trouver sa place dans un portefeuille d’investissement ?

Pour de nombreux épargnants français, la stratégie d’investissement repose souvent sur deux piliers : le Livret A, pour la sécurité et la disponibilité de l’épargne, et les ETF, pour faire fructifier son capital sur le long terme.

Cette approche reste pertinente. Le Livret A offre une sécurité appréciable pour l’épargne de précaution, tandis que les ETF permettent de s’exposer à la croissance des marchés financiers avec une forte diversification.

Mais lorsque les taux des livrets restent relativement faibles, le Livret A affiche un taux de 1,50 % (mai 2026), certains investisseurs cherchent à compléter leur portefeuille avec des actifs susceptibles de générer des revenus plus réguliers, indépendamment des fluctuations boursières.

Parmi les solutions qui gagnent progressivement en visibilité figure l’investissement dans des prêts, également appelé P2P Lending (Peer-to-Peer Lending) ou investissement dans des créances.

Le principe : investir dans des prêts plutôt que dans des actions

Contrairement à un investissement en Bourse où l’on achète une part d’une entreprise, le P2P Lending consiste à financer des prêts accordés à des particuliers ou à des entreprises.

En échange, l’investisseur perçoit des intérêts au fur et à mesure du remboursement du prêt.

Dans la majorité des plateformes européennes, des établissements spécialisés (appelés loan originators) distribuent les prêts. La plateforme met ensuite en relation ces acteurs avec les investisseurs, qui peuvent sélectionner les prêts auxquels ils souhaitent participer.

Il est important de comprendre qu’il ne s’agit ni d’un compte d’épargne, ni d’un produit garanti.

Le capital investi peut être perdu partiellement ou totalement. Cette classe d’actifs doit davantage être considérée comme une poche de rendement, venant compléter un portefeuille déjà composé d’épargne de sécurité et d’investissements en actions.

Autrement dit, il ne s’agit pas de remplacer un Livret A ou des ETF, mais éventuellement d’ajouter une source potentielle de revenus supplémentaire pour une partie limitée du patrimoine.

Pourquoi les rendements sont-ils souvent plus élevés ?

Les plateformes de prêts affichent parfois des rendements nettement supérieurs à ceux des livrets réglementés.

Cela ne signifie pas que le produit est « meilleur ».

Un rendement plus élevé est simplement la rémunération d’un risque plus important.

Lorsque vous placez votre argent sur un Livret A, votre capital est garanti par l’État français et votre argent reste disponible.

Avec le P2P Lending, plusieurs risques existent :

  • le risque que l’emprunteur ne rembourse pas son prêt ;
  • le risque lié à l’établissement qui a accordé le prêt (loan originator) ;
  • le risque de liquidité si vous souhaitez récupérer votre argent avant l’échéance ;
  • le risque lié à la plateforme elle-même.

C’est pourquoi il est impossible de comparer directement un rendement annoncé de 10 % ou 12 % avec le taux du Livret A.

Les deux produits répondent à des objectifs totalement différents.

Les questions à se poser avant d’investir

Avant d’ouvrir un compte sur une plateforme de prêts, plusieurs éléments méritent d’être étudiés.

L’investisseur devrait notamment vérifier :

  • la durée moyenne des prêts ;
  • les modalités de remboursement ;
  • ce qu’il se passe en cas de retard de paiement ;
  • l’existence éventuelle d’un mécanisme de rachat (Buyback Obligation) ;
  • l’identité et la solidité financière de l’organisme qui s’engage à ce rachat ;
  • les possibilités de revendre son investissement avant l’échéance ;
  • le niveau de diversification proposé ;
  • le cadre réglementaire de la plateforme.

Comme pour n’importe quel investissement, la diversification joue un rôle essentiel.

Répartir son capital sur plusieurs dizaines, voire centaines de prêts permet de limiter l’impact d’un éventuel défaut de remboursement. Diversifier entre plusieurs établissements prêteurs et plusieurs pays peut également réduire le risque de concentration, sans toutefois l’éliminer.

Exemple : comment fonctionne Hive5 ?

Parmi les plateformes européennes spécialisées figure Hive5.

Son fonctionnement est relativement simple : la plateforme n’accorde pas directement les prêts.

Elle met en relation des investisseurs avec différents établissements prêteurs européens qui proposent leurs créances via la plateforme.

Les investisseurs peuvent sélectionner eux-mêmes les prêts ou utiliser Auto Invest, un outil permettant d’investir automatiquement selon des critères définis à l’avance (durée, taux, montant investi, établissements prêteurs, etc.).

L’un des atouts mis en avant par Hive5 est son ticket d’entrée relativement faible : il est possible d’investir à partir de 10 €.

La plateforme propose également de nombreux prêts de courte durée (souvent entre 30 et 90 jours) ainsi que des financements d’entreprises avec des maturités plus longues.

Le mécanisme de Buyback Obligation

Hive5 met également en avant un mécanisme appelé Buyback Obligation.

Concrètement, lorsqu’un prêt accuse plus de 60 jours de retard, l’établissement prêteur s’engage contractuellement à racheter le prêt ainsi que les intérêts accumulés.

Il est toutefois essentiel de comprendre que ce mécanisme ne constitue pas une garantie.

Son efficacité dépend entièrement de la capacité financière de l’établissement prêteur à honorer cet engagement.

En cas de difficultés financières de ce dernier, cette protection peut devenir inefficace.

Elle ne protège pas davantage contre une éventuelle défaillance de la plateforme.

Un point important : le statut réglementaire

Les investisseurs doivent également être attentifs au cadre réglementaire.

Hive5 indique elle-même ne pas être agréée comme prestataire de services financiers au sens de la réglementation européenne et ne dispose pas d’une licence européenne ECSPR (European Crowdfunding Service Provider).

Cela signifie que les protections applicables à certains établissements financiers réglementés, comme les mécanismes de garantie des dépôts ou d’indemnisation des investisseurs, ne s’appliquent pas.

Il s’agit d’un élément important à prendre en compte dans son analyse du risque.

La liquidité reste limitée

Même lorsqu’un prêt dure seulement quelques semaines, il ne faut pas l’assimiler à de l’argent disponible sur un compte bancaire.

Dans la plupart des cas, l’investisseur devra attendre l’échéance pour récupérer son capital.

Hive5 a annoncé le développement d’un marché secondaire, dont le lancement est prévu courant septembre 2026.

L’objectif est de permettre aux investisseurs de revendre certains prêts avant leur échéance.

Toutefois, cette possibilité dépendra de la présence d’acheteurs, des règles de fonctionnement du marché secondaire et des conditions de la plateforme.

La liquidité ne pourra donc jamais être considérée comme garantie.

Les principaux risques

Comme tout investissement, cette classe d’actifs comporte plusieurs risques :

  • défaut de paiement des emprunteurs ;
  • défaillance d’un établissement prêteur ;
  • inefficacité du mécanisme de Buyback ;
  • difficultés ou faillite de la plateforme ;
  • faible liquidité avant l’échéance ;
  • absence de garantie publique sur le capital ;
  • risque de concentration si l’investissement est réalisé sur une seule plateforme ou un seul établissement.

Une règle simple consiste à n’investir que des sommes dont on n’aura pas besoin à court terme et que l’on est prêt à immobiliser jusqu’à l’échéance des prêts.

Une approche prudente pour débuter

Pour les investisseurs qui souhaitent découvrir cette classe d’actifs, la meilleure démarche consiste d’abord à comprendre son fonctionnement.

Prendre le temps d’étudier les différents prêts proposés, les établissements prêteurs, les durées, les mécanismes de protection ainsi que le cadre réglementaire permet de mieux mesurer les risques avant d’investir.

Le P2P Lending peut ensuite trouver sa place comme une poche de diversification au sein d’un portefeuille plus large, sans pour autant remplacer l’épargne de précaution ou les investissements en actions.

Conclusion

L’investissement dans les prêts constitue une classe d’actifs à part entière.

Son intérêt réside principalement dans la possibilité de générer des revenus potentiellement plus réguliers tout en offrant une diversification supplémentaire.

En contrepartie, il implique des risques nettement plus élevés qu’un Livret A ou qu’un compte d’épargne classique.

La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut remplacer son Livret A ou ses ETF, mais plutôt de déterminer si une petite poche de rendement, adaptée à son profil de risque et correctement diversifiée, peut avoir sa place dans son portefeuille.

Cet article est réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec Hive5. Il est fourni uniquement à des fins d’information et d’éducation financière et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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Inflation UK : stable à 2,8 % en mai, pression sur la BoE

Les données d’inflation britannique pour mai 2026 sont tombées ce matin. Verdict de l’ONS : le CPI est resté stable à 2.8% sur un an, en dessous des attentes des économistes qui anticipaient 3.0%.

Une stabilisation trompeuse

La bonne nouvelle s’arrête là. L’inflation des services ; indicateur auquel la Banque d’Angleterre accorde une attention particulière, a accéléré de 3.2% à 3.7%. Or ce composant est considéré comme le plus persistant et le plus révélateur des pressions inflationnistes domestiques. L’inflation sous-jacente (core CPI, hors énergie et alimentaire) a elle aussi légèrement progressé, passant de 2.5% à 2.6%. 

Le transport constitue le principal contributeur à la hausse, tandis que l’alimentation a joué un rôle modérateur. Un équilibre fragile, susceptible de se rompre dans les prochains mois. 

L’ombre de la Banque d’Angleterre

Ces données tombent à un moment particulièrement sensible : la Banque d’Angleterre se réunit demain pour statuer sur les taux d’intérêt. La BoE avait amorcé une trajectoire de détente prudente au début de l’année, les marchés pariant sur des baisses de taux progressives. L’institution projetait un CPI à 3.1% au deuxième trimestre, 3.3% au troisième, avec une nouvelle accélération attendue au quatrième trimestre. 

La résistance de l’inflation des services aujourd’hui ne plaide pas pour un assouplissement rapide. Des taux directeurs élevés prolongés, c’est une pression continue sur les remboursements hypothécaires, le crédit aux entreprises et la consommation des ménages britanniques.

Le spectre de la guerre en Iran

La plupart des économistes anticipent une remontée de l’inflation vers 4% d’ici la fin de l’année, en raison des conséquences économiques du conflit en Iran. Les tensions au Moyen-Orient font peser une pression à la hausse sur les coûts de l’énergie et du carburant, qui se répercute désormais sur les prix à la consommation britanniques. En avril, les prix du carburant automobile avaient bondi de 23% sur un an ; leur plus forte progression depuis septembre 2022. 

Ce que ça change pour les investisseurs

La stabilisation à 2.8% pourrait sembler rassurante. Mais les composantes internes ; services en hausse, core CPI orienté à la hausse, racontent une histoire différente. Une inflation confirmée au-dessus de 3.0% dans les prochains mois repousserait encore les perspectives de baisse de taux, maintenant les coûts d’emprunt à des niveaux élevés pour les ménages comme pour les entreprises. 

Pour les marchés obligataires britanniques, la pression reste entière. Pour la livre sterling, le maintien d’une politique restrictive pourrait constituer un soutien à court terme. Mais à quel prix pour la croissance ?

SOURCES : 

Office for National Statistics (ONS) : Consumer Price Inflation, UK: May 2026 

House of Commons Library : Inflation in the UK: Economic Indicators, 

Bank of England : Monetary Policy Report

UK inflation stays at 2.8% as slowing food prices offset rising transport costs

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« Tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix » : Olivier Brouwers (CEO de Amundi Belgium) met en garde sur l’avenir des retraites

À l’occasion de l’Amundi World Investment Forum, nous avons rencontré Olivier Brouwers, CEO d’Amundi Belgium, afin d’échanger sur l’état du système de retraite belge, les défis démographiques à venir et les solutions pour mieux préparer son avenir financier.

Entre vieillissement de la population, pression sur les finances publiques et nécessité d’investir plus tôt, Olivier Brouwers estime qu’il devient indispensable de compléter la pension légale par une stratégie d’investissement à long terme.

« Le système belge n’est pas en danger immédiat, mais il devra évoluer »

Comment décririez-vous aujourd’hui la situation du système de retraite belge et les principaux défis auxquels il est confronté ?

Olivier Brouwers :
Le système belge existe depuis très longtemps et il reste aujourd’hui solide. Mais comme dans beaucoup de pays européens, il est confronté à un défi démographique majeur.

Notre modèle repose principalement sur un système où la population active finance les pensions des retraités. Or, l’évolution démographique va progressivement à l’encontre de cet équilibre : la population vieillit tandis que la proportion de travailleurs actifs diminue.

Ce n’est pas un système qui est en danger immédiat, mais il devra évoluer, se compléter et se réinventer pour rester pérenne dans le temps.

Les quatre piliers de la retraite belge

Quels sont aujourd’hui les différents piliers de la retraite en Belgique ?

Olivier Brouwers :
En Belgique, nous pouvons résumer le système autour de quatre piliers.

Le premier pilier est la pension légale, à laquelle chaque Belge a droit en fonction de sa carrière et de son statut professionnel.

Le deuxième pilier concerne les pensions complémentaires mises en place par les employeurs. Ce système continue de se développer, mais il ne couvre pas encore l’ensemble du secteur privé et il existe encore de fortes disparités entre les catégories de travailleurs.

Le troisième pilier repose sur l’initiative individuelle, avec l’épargne-pension ou les assurances-vie bénéficiant d’avantages fiscaux. Mais les montants restent relativement limités.

Enfin, il y a le quatrième pilier, qui correspond à l’investissement à long terme réalisé de manière plus libre et plus personnelle.

« Tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix »

Les Belges épargnent-ils suffisamment pour compléter leur pension légale ?

Olivier Brouwers :
La pension légale reste un socle important et relativement protecteur, surtout pour les revenus les plus modestes. Le taux de remplacement est encore relativement confortable pour certains profils.

Mais pour les revenus moyens et élevés, l’écart entre le dernier salaire net et la pension peut devenir important. Beaucoup de personnes risquent de constater une baisse significative de leur niveau de vie au moment de la retraite.

C’est pourquoi tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix. Il devient essentiel de construire une épargne à long terme afin de préserver une qualité de vie comparable à celle de la période d’activité.

Une pression croissante sur les finances publiques

Le vieillissement de la population exerce une pression croissante sur les finances publiques. À quel point cette problématique est-elle préoccupante ?

Olivier Brouwers :
Cette problématique n’est pas nouvelle et elle est bien identifiée par les États.

L’augmentation des dépenses liées aux pensions, aux soins de santé et à l’assurance maladie est déjà intégrée dans les projections budgétaires futures. Mais cela reste un enjeu important pour la soutenabilité des finances publiques.

Le défi consiste surtout à maintenir un système pérenne sur le long terme. Cela passera probablement par différents ajustements : âge de départ à la retraite, durée de carrière ou encore évolution des montants.

« Il faut encourager les jeunes à investir très tôt »

Parlons Finance : Quels sont aujourd’hui les dispositifs les plus intéressants pour préparer sa retraite ?

Olivier Brouwers :
Au-delà des dispositifs fiscaux classiques, il faut surtout encourager les gens à investir tôt, régulièrement et même avec de petits montants.

L’éducation financière joue un rôle fondamental. Certains pays ont mis en place des systèmes très accessibles permettant aux jeunes de commencer à investir quelques euros par mois seulement. C’est ce type de culture qu’il faut développer davantage.

L’investissement à long terme reste probablement l’un des outils les plus puissants pour préparer sa retraite.

Le rôle d’Amundi

Quel rôle joue Amundi dans cette transition ?

Olivier Brouwers :
Amundi propose de nombreuses solutions d’investissement permettant de construire des portefeuilles diversifiés adaptés à différents horizons de placement et profils de risque.

Mais notre rôle ne s’arrête pas là. Nous avons aussi une responsabilité importante en matière d’éducation financière.

À travers nos partenariats avec les banques, les associations et différents acteurs du marché, nous essayons de sensibiliser davantage les investisseurs à l’importance de préparer leur avenir financier sur le long terme.

« Il n’est jamais trop tard pour commencer »

Quelles erreurs voyez-vous le plus souvent chez les personnes qui préparent leur retraite ?

Olivier Brouwers :
La plus grande erreur est probablement de penser qu’il est trop tard.

En réalité, il n’est jamais trop tard pour commencer à investir pour sa retraite, que l’on ait 30, 40 ou même 50 ans. Bien entendu, plus on commence tôt, plus l’impact est important grâce au temps et à la capitalisation.

Mais le plus important reste d’avoir une approche structurée et cohérente.

Trois actions concrètes avant 40 ans

Si vous deviez donner trois actions concrètes à mettre en place avant 40 ans pour préparer sa retraite, lesquelles seraient-elles ?

Olivier Brouwers :

  1. Mieux se connaître financièrement : comprendre son profil de risque, ses objectifs de vie et sa capacité d’épargne mensuelle.
  2. S’éduquer financièrement : prendre le temps de comprendre les mécanismes de l’investissement et du long terme.
  3. Mettre en place un plan structuré : développer une stratégie d’investissement adaptée à son profil et commencer le plus tôt possible.

“Faites-le ce soir ou demain matin”, ajoute-t-il avec le sourire.

Ce que la Belgique fait mieux que la France

Que fait la Belgique de mieux que la France sur les questions de retraite ?

Olivier Brouwers :
La Belgique dispose encore d’un système de deuxième pilier relativement performant, notamment via les fonds de pension et les assurances groupe.

De nombreuses entreprises mettent en place des mécanismes où les contributions de l’employeur doivent offrir un rendement minimum garanti aux employés, ce qui apporte une protection certaine. Il convient toutefois de nuancer cette approche : les véritables fonds de pension, dans une logique anglo-saxonne, ne garantissent pas de rendement minimum et disposent ainsi d’une plus grande liberté pour adopter une allocation d’actifs plus dynamique sur le long terme.

On observe aussi une tendance vers des fonds multi-employeurs permettant de mutualiser certains coûts opérationnels et réglementaires pour les plus petits acteurs.

Mais il reste encore du chemin à parcourir. L’un des grands défis sera probablement d’étendre davantage ces dispositifs à l’ensemble du secteur privé afin que chacun puisse bénéficier d’une véritable pension complémentaire.

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Sequoia Capital : le fonds qui a financé le monde sans que vous le sachiez

Vous utilisez probablement chaque jour des produits financés par le même fonds. Votre iPhone, vos recherches Google, vos paiements Stripe, vos appels WhatsApp, vos réservations Airbnb.

Derrière une large partie des entreprises qui structurent l’économie numérique mondiale se trouve un seul nom, presque inconnu du grand public : Sequoia Capital. Cinquante ans d’existence, 56 milliards de dollars sous gestion, et un palmarès qui n’a aucun équivalent dans l’histoire du capital-risque.

Un garage de Los Altos, 1972

Tout commence avec Don Valentine. Ancien ingénieur chez Fairchild Semiconductor, il passe une partie de sa carrière à vendre des composants électroniques avant de comprendre, avant tout le monde, que l’argent ne se fait pas dans la fabrication, il se fait dans le financement de ceux qui vont changer le monde.

Valentine ne s’intéresse pas à la technologie pour la technologie. Sa boussole, c’est le marché : sa taille, sa dynamique, la nature de la concurrence. « Notre objectif a toujours été de construire de grandes entreprises : si vous n’attaquez pas un grand marché, vous ne construirez jamais une grande entreprise », dira-t-il.

En 1972, il fonde Sequoia Capital depuis Menlo Park, Californie, sur ce qui deviendra la légendaire Sand Hill Road, l’adresse la plus chère du capital-risque mondial. Son premier investissement est dans Atari, le pionnier du jeu vidéo. Là, il croise un jeune technicien maigre et intense, sans costume ni business plan. Impressionné par cet employé d’Atari, Valentine met 150 000 dollars dans sa startup en 1978. L’employé s’appelle Steve Jobs. Apple vaut aujourd’hui plus de 3 000 milliards de dollars.

La méthode : parier sur les marchés, pas sur les idées

Ce qui distingue Sequoia de ses concurrents depuis le début, c’est une doctrine d’investissement étonnamment simple. Valentine privilégie les grands marchés, les points d’inflexion précoces et les fondateurs humbles, un style qui a forgé la réputation de Sequoia pour sa discipline dans l’investissement technologique en phase précoce.

Concrètement, cela signifie qu’on ne vient pas chez Sequoia avec une belle technologie. On vient avec une conviction sur un marché colossal et un problème concret à résoudre. Le fonds cherche des gens qui ont un rêve et une façon de résoudre un problème, qui s’intéressent à créer de nouveaux produits.

Cette approche explique un palmarès qui donne le vertige. Sequoia a payé environ 12 millions de dollars pour une participation d’environ 10 % dans Google en 1999. Roelof Botha, alors nouveau chez Sequoia, a investi dans YouTube en 2005, empochant un gain considérable lorsque Google l’a racheté un an plus tard. Sequoia était déjà investisseur dans le premier tour de financement de Nvidia en 1993, six ans avant l’IPO du fabricant de GPU et près de trois décennies avant que l’entreprise devienne centrale dans l’essor de l’IA.

Les sociétés du portefeuille de Sequoia représentent aujourd’hui plus de 25 % de la valeur totale du Nasdaq. Une seule firme, un seul chiffre qui résume cinquante ans de flair.

L’anecdote Zuckerberg : l’un qui a échappé

Sequoia n’a pas tout gagné.

L’histoire la plus célèbre du secteur est celle de sa plus grande erreur. En 2004, un jeune fondateur débarque dans les bureaux du fonds pour une réunion. Il s’est présenté en pyjama, en retard. Devant une assistance médusée, il a fait une présentation PowerPoint expliquant les raisons pour lesquelles Sequoia ne devait pas investir dans Facebook.

Mark Zuckerberg, en quelques diapositives, a sabordé lui-même la réunion. Sequoia a passé son tour. Facebook est devenu Meta.

La revanche est venue dix ans plus tard. Sequoia avait investi environ 60 millions de dollars dans WhatsApp. Lorsque Facebook a racheté l’application de messagerie pour 19 milliards de dollars en 2014, le gain du fonds a été estimé entre 3 et 7 milliards de dollars.

C’est le même homme qui avait humilié Sequoia qui signait le chèque.

Une structure qui défie les conventions du secteur

Le capital-risque fonctionne traditionnellement sur un modèle fermé : un fonds lève de l’argent, investit pendant dix ans, distribue les gains, se dissout. Sequoia a décidé de tout casser.

En 2021, le fonds annonce la création d’un véhicule permanent : l’Evergreen Fund, qui recycle ses gains dans les générations futures au lieu de redistribuer après dix ans.

Désormais, Sequoia investit du seed aux marchés cotés, avec des équipes à Menlo Park, Londres, Bangalore, Tel-Aviv et Pékin. L’idée est de ne plus jamais être forcé de vendre une position dans Apple ou Nvidia parce qu’un fonds arrive à échéance.

Roelof Botha résume la philosophie de transmission du fonds ainsi : « Don Valentine n’a pas appelé ça Valentine Ventures quand il l’a fondé. Il a transmis le partnership à la génération suivante. Nous n’avons pas eu à payer pour récupérer le fonds de la génération précédente, et nous ne ferons pas payer la suivante. »

Les coups qui font mal : FTX et la géopolitique

Sequoia n’est pas infaillible. En 2022, Roelof Botha et ses partenaires se sont excusés auprès de leurs investisseurs lors d’une conférence téléphonique pour avoir soutenu FTX, avec des investissements totalisant 214 millions de dollars répartis sur deux fonds. Sam Bankman-Fried avait trompé tout le monde, y compris le fonds le plus aguerri de Silicon Valley.

La même année, les tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine forcent une décision radicale. En 2023, Sequoia annonce sa division en trois entités indépendantes sous l’effet des pressions réglementaires. La séparation est achevée en 2024 : l’ancienne branche chinoise opère désormais indépendamment sous le nom HongShan, tandis que l’entité Inde et Asie du Sud-Est est devenue Peak XV Partners. Un empire mondial fragmenté en quelques mois.

La transmission : un modèle de succession rare

En novembre 2025, Roelof Botha passe le relais à Alfred Lin et Pat Grady comme co-stewards. Depuis qu’il avait pris la direction des opérations américaines et européennes en 2017, Botha avait supervisé la distribution de 50 milliards de dollars aux investisseurs du fonds.

Lin a mené de grands investissements dans des entreprises comme Airbnb, DoorDash et Kalshi. Grady, partenaire depuis près de 19 ans, a dirigé l’investissement croissance de Sequoia depuis 2015, soutenant des entreprises comme ServiceNow, OpenAI et Harvey.

Ce modèle de succession, intégré, progressif, sans rachat du partnership, est en soi une innovation managériale. Dans un secteur où les ego sont légion et les scissions fréquentes, Sequoia a construit quelque chose de rare : une institution qui survit à ses fondateurs.

Ce que Sequoia dit du venture capital

Botha lui-même est lucide sur les limites du secteur : « Il y a trop d’argent et trop de gens qui veulent être investisseurs. Il faudrait 40 Figma par an pour que l’industrie génère les rendements espérés, ce qui ne se produit pas. »

Sequoia incarne à la fois le meilleur et les contradictions du capital-risque : une machine à identifier les géants de demain, capable d’une discipline remarquable sur cinq décennies, et pourtant vulnérable aux mêmes biais que les autres quand l’euphorie d’un secteur prend le dessus sur la méthode.

Ce qui reste, au fond, c’est une conviction simple héritée de Don Valentine : les grandes entreprises se construisent sur de grands marchés. Et ceux qui savent lire les marchés avant les autres n’ont pas besoin de s’appeler Valentine Ventures pour laisser leur nom dans l’histoire.

Sources

Fortune, « Sequoia Capital invested early in Google, Nvidia, and Apple », juillet 2024

TechCrunch, « Sequoia names Alfred Lin and Pat Grady as new co-stewards », novembre 2025

Stanford GSB Insights, entretien Don Valentine, 2010

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ENGIE : performance financière et transition énergétique

ENGIE s’est profondément transformé ces dernières années pour devenir un acteur clé de la transition énergétique, avec une présence dans 30 pays.

Le groupe s’appuie sur trois piliers : 

  • production d’énergie bas carbone
  • infrastructures énergétiques
  • solutions clients.

Côté stratégie, ENGIE prévoit 34 à 38 milliards d’euros d’investissements entre 2026 et 2028, dont 90 % dédiés aux renouvelables, aux batteries et aux infrastructures, avec un objectif de neutralité carbone d’ici 2045.

Sur le plan financier, la dynamique est solide :  +46 % en Bourse en 2025, avec une politique de dividende attractive (1,35 € par action en 2025).

Un positionnement qui vise à concilier impact positif et création de valeur pour les investisseurs.

Pour découvrir l’analyse complète et les perspectives du Groupe, consultez l’article détaillé sur le site du Club des actionnaires d’ENGIE.

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Italie : fragilité cachée des finances publiques

Entre 2020 et 2025, l’Italie a fortement réduit son déficit public, passant de 9,5 % à 3,1 % du PIB, un redressement budgétaire qui renforce la crédibilité économique du gouvernement de Meloni.

Ce succès est souvent comparé à la situation de la France, dont les finances publiques restent au-dessus des critères de l’Union européenne. Ce contraste alimente le débat sur la gestion du déficit public français, entre choix politiques, contraintes économiques et respect des règles budgétaires de Bruxelles.

Loin des discours politiques qui suggéreraient que l’Italie se tient économiquement mieux que la France, les données macroéconomiques et les investisseurs en font un constat un peu plus nuancé. 

Le déficit/pib français est certes au-dessus de celui de l’Italie mais la France résiste beaucoup mieux structurellement (115,6% vs 137,1% en dette/pib en 2025). Les marchés en ont effectivement conscience et cela se traduit empiriquement sur les taux même si les marchés actions sont mieux orientés. 

La trajectoire budgétaire de la France est négative mais le niveau de dette n’est pour l’instant pas insoutenable

La France est structurellement plus endettée que l’Italie. En 2020 la France avait une dette publique au sens de Maastricht de 2650 mds d’euros alors que l’Italie avait une dette de 2570 mds d’euros soit un écart de 80 mds. Entre 2020 et 2025 cet écart s’est considérablement creusé pour atteindre 483 mds d’euros entre la dette publique française estimée pour 2025 à 3482 mds d’euros et l’italienne à 2998 mds d’euros. 

En termes de ratio sur PIB la France affiche un niveau plutôt stable : depuis 2020 le ratio s’est même amélioré passant de 115,7% à 115,6% soit une amélioration de 10 points de base. En Italie la dette publique est quant à elle passée de 154,9% de PIB à 132,8% de PIB soit une réduction massive de plus de 30 points de pourcentage.

Concernant les conditions de financement, certaines périodes récentes ont vu la France emprunter à 10 ans à des taux légèrement supérieurs à ceux de l’Italie comme le montre la partie du graphique située sous la ligne de référence. Néanmoins, un retour à une hiérarchie plus conforme aux fondamentaux macroéconomiques s’est rapidement opéré, notamment au regard des notations souveraines attribuées par Moody’s : Aa3 pour la France contre Baa2 pour l’Italie.

Le graphique ci-dessous illustre ces évolutions et ces écarts de perception sur les marchés.


La dynamique du déficit public italien est à mettre au crédit du solde budgétaire pas du PIB

Le tableau est donc très positif mais il est plus à justifier par un meilleur solde budgétaire que par une embellie économique forte. En termes de déficit/PIB, le numérateur le déficit par année a été plus que divisé par. En 2020 le déficit public italien était d’environ -157 mds d’euros alors qu’il n’est que de -67,8 mds d’euros en 2025. En revanche, le PIB en euros courants inflation comprise (référence pour les ratios) n’a progressé que de 599 mds (soit +36%) porté notamment par les exportations (4ème exportateur mondial) et une industrie performante.

Par ailleurs, cette stratégie, qui semble avoir contenu la croissance économique notamment en comparaison avec la forte dépendance française aux dépenses publiques aurait néanmoins permis de mieux maîtriser les déséquilibres budgétaires actuels.

En revanche, le PIB en euros courants inflation comprise (référence pour les ratios) n’a progressé que de 599 mds (soit +36%) porté notamment par les exportations (4ème exportateur mondial) et une industrie performante.

Malgré quelques semaines durant lesquels la France s’est endettée à maturité 10 ans à un rendement plus élevé que son homologue italien (partie du graphique sous le trait et inférieur à 0) un retour vers les données macroéconomiques a eu lieu(la France est notée Aa3 et l’Italie Baa2 par l’agence Moody’s).

Surtout, le maintien des finances publiques françaises en dessous des 3% est à contextualiser. Depuis la victoire du RN aux élections européennes de juin 2024 et la dissolution qui s’en suivit, la France n’a pas pu composer avec un gouvernement issu d’une majorité absolue à l’Assemblée Nationale. La France s’est embourbée dans des alliances qui pour certaines n’ont pas tenu (Barnier, Bayrou, Lecornu) qui ont rendu impossible la discussion et l’adoption d’un budget plus austère qui aurait sûrement limité la croissance économique (très forte dépendance en France aux dépenses publiques) mais aurait permis de limiter les difficultésbudgétaires en cours. 

Les marchés actions supposeraient de meilleures perspectives en Italie

Les marchés actions ont cependant un discours très positif sur l’Italie. Il y a un peu plus d’1 an, Donald Trump annonçait le Liberation Day avec ses droits de douane dits « réciproques ». Pour rappel, l’Italie exporte environ 60 mds d’euros (environ 10% des exportations totales italiennes) de biens vers les Etats-Unis (principalement des produits pharmaceutiques et des équipements industriels) ce qui aurait pu l’impacter de manière similaire à la France qui exporte ses produits dans les mêmes ordres de grandeur. Pourtant Le FTSE MIB (Italie) progresse de 24,61% le CAC (France) de 3,91% et le DAX(Allemagne) de 2,55% en euros, dividendes nets réinvestisentre le 02 avril 2025 et le 02 avril 2026.

Cette divergence suggère que les investisseurs anticipent des perspectives économiques plus favorables pour l’Italie, malgré un environnement externe potentiellement contraignant.

Le graphique ci-joint met en évidence cet écart de performance et traduit ce biais de marché en faveur des actifs italiens.

La Cour Suprême a certes remis en cause les tariffs réciproques mais une baseline de 10% sur toutes les importations aux Etats-Unis est encore en cours depuis le 24 février dernier et cela pour 150 jours maximums soit jusqu’au 24 juillet prochain. Cette situation aurait pu impacter l’indice italien mais cela semble à priori limité.

Ces belles performances seraient donc plutôt à aller chercher suivant une approche bottom-up et micro qui se concentre principalement sur les résultats financiers des entreprises et leurs santés financières que grâce à un dynamisme macro-économique surperformant les autres pays de la zone euro. 

Conclusion :

L’Italie va donc mieux mais une approche plus pragmatique et « data-dependant » permet de se rendre compte que le bilan est un peu plus nuancé : les finances publiques italiennes restent fortement sous pression surtout si le PIB ne progresse pas plus rapidement. Le spread avec les autres crédits souverains se stabilisent défavorablement pour l’état Italien et les récents revers politiques de Giorgia Meloni ne devrait pas l’influencer à mettre en place des programmes de politiques publiques structurels d’envergure. 

En outre, l’Italie reste un pays fracturé géographiquement et économiquement avec le Nord industriel très porteur en création de richesses et le Sud dont le PIB/habitant est environ inférieur de moitié à celui du Nord. 

Pour autant, une vision « action-centrée » rappelle que la bonne dynamique budgétaire actuelle ainsi que les belles valeurs de l’indice boursier italien sont soutenues positivement par les investisseurs. 

Sources :

Situation des pays de l’Union européenne au regard des critères de convergence 

Les finances publiques des pays de la zone euro en 2024

La dette publique atteint 88,2 % du PIB dans la zone euro | Eurostat

Situation économique et financière de l’Italie