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Comment fonctionnent les prix des quotas carbone

« Le prix du carbone est souvent perçu comme une simple taxe environnementale. En réalité, il fonctionne comme un véritable marché financier où l’offre, la demande et la rareté déterminent la valeur de la pollution. »

Comprendre ce mécanisme est essentiel, car aujourd’hui le prix du carbone influence directement le coût de l’énergie, des matériaux industriels et, à terme, celui de nombreux produits du quotidien.

Le système européen de quotas carbone, appelé EU ETS (Emissions Trading System), est aujourd’hui l’un des outils centraux de la transition énergétique en Europe.

Comment fonctionne réellement le marché du carbone

Le principe repose sur un mécanisme appelé “Cap and Trade”.

D’un côté, les autorités fixent une limite maximale d’émissions de CO₂ pour certains secteurs industriels comme l’énergie, l’acier, le ciment ou l’aviation. Ce plafond global le cap diminue progressivement chaque année afin de forcer la réduction des émissions.

Pour fonctionner, ce système s’appuie sur des quotas carbone :
1 quota = le droit d’émettre 1 tonne de CO₂.

Les entreprises doivent posséder suffisamment de quotas pour couvrir leurs émissions réelles. Si elles dépassent leur allocation, elles doivent acheter des quotas supplémentaires sur le marché.

À l’inverse, les entreprises qui émettent moins que prévu peuvent revendre leurs quotas excédentaires. C’est cette possibilité d’échanger les quotas le trade qui crée un véritable marché du carbone.

Pourquoi le prix du carbone fluctue

Comme sur les marchés financiers traditionnels, le prix des quotas carbone évolue en fonction de l’offre et de la demande. Plusieurs facteurs influencent ces variations.

D’abord, la météo et le prix de l’énergie jouent un rôle important. Lorsqu’un hiver est particulièrement froid ou que le prix du gaz augmente fortement, certains producteurs d’électricité se tournent vers le charbon, plus polluant. Les émissions augmentent alors, ce qui accroît la demande de quotas carbone.

Ensuite, il y a la rareté organisée. L’Union européenne réduit progressivement le nombre total de quotas disponibles sur le marché. Cette contraction de l’offre vise à augmenter le coût de la pollution pour accélérer la décarbonation de l’économie.

Enfin, il existe un mécanisme de stabilisation appelé MSR (Market Stability Reserve). Cette réserve agit un peu comme une banque centrale du carbone : lorsque trop de quotas circulent sur le marché, une partie est retirée pour éviter un effondrement des prix.

Ces ajustements permettent de maintenir un signal prix suffisamment fort pour encourager les entreprises à réduire leurs émissions.

Quand le prix du carbone influence l’économie réelle

Le prix du carbone ne concerne pas seulement les industries lourdes. Il finit souvent par se diffuser dans toute l’économie.

Lorsque la tonne de CO₂ devient plus chère, les entreprises fortement émettrices voient leurs coûts de production augmenter. C’est notamment le cas dans des secteurs comme l’acier, le ciment, la chimie ou le transport aérien. Ces coûts supplémentaires peuvent ensuite être répercutés dans les prix finaux.

Par exemple, une hausse du prix du carbone peut contribuer à renchérir le coût de construction d’un logement, le prix d’une voiture ou celui d’un billet d’avion.

Ce phénomène est parfois qualifié de “greenflation”, car la transition énergétique peut provoquer certaines pressions inflationnistes à court terme.

Pourquoi cette hausse des coûts est intentionnelle

L’objectif du marché carbone n’est pas seulement de mesurer les émissions. Il vise surtout à modifier les incitations économiques.

En rendant progressivement la pollution plus coûteuse, le système encourage les entreprises à investir dans des technologies plus propres.

Lorsque le prix du CO₂ augmente suffisamment, certaines alternatives deviennent plus compétitives :

  • les énergies renouvelables
  • l’hydrogène bas carbone
  • le recyclage des matériaux
  • les procédés industriels moins émetteurs

L’idée est simple : faire en sorte que réduire ses émissions devienne économiquement plus rentable que continuer à polluer.

Ce que cela signifie pour l’économie européenne

Avec la montée du marché carbone, le prix de la tonne de CO₂ est devenu un indicateur clé de la transition énergétique en Europe.

Il influence les décisions d’investissement des entreprises, les choix technologiques dans l’industrie et même certaines stratégies énergétiques des États.

Comme les indices boursiers pour les marchés financiers, le prix du carbone agit désormais comme un signal central pour orienter les flux économiques.

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Economie Monde Nos analyses

Décryptage de l’accord historique entre l’UE et l’Égypte

L’Union européenne et l’Égypte ont scellé un accord historique d’un montant de 7,4 milliards d’euros. Ce partenariat stratégique vise à renforcer la collaboration en matière de gestion des migrations, illustrant l’engagement actif de l’Europe à relever le défi migratoire qui touche le continent depuis plusieurs années.

Introduction

Le 17 mars 2024, une délégation européenne de haut niveau s’est rendue au Caire pour signer un accord migratoire avec l’Égypte. La délégation était composée de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, du Premier ministre autrichien, Karl Nehammer, du président chypriote, Níkos Christodoulides, et du Premier ministre belge, Alexander De Croo. La présence du Premier ministre De Croo était due à la présidence tournante du Conseil européen, qui est actuellement assurée par la Belgique jusqu’en juin 2024.

Image: Egyptian Presidency/AFP

Cet accord s’inscrit dans le cadre de la nouvelle approche de l’Europe en matière de migration, qui vise à s’attaquer au défi migratoire en dehors des frontières européennes. L’objectif est de limiter les flux migratoires avant qu’ils n’atteignent l’Europe. On note que l’Egypte compte aujourd’hui 9 millions de réfugiés sur son territoire, dont 4 millions venus du Soudan. 

Il est aussi important de noter que cet accord n’est pas uniquement un accord migratoire, mais aussi un accord économique. Il vise à stimuler la croissance économique en Égypte dans un certain nombre de secteurs clés, tels que l’énergie et le numérique.

Cet accord entre l’Union Européenne et l’Egypte n’est par ailleurs pas le premier dans son genre. On le rappelle, l’UE a conclu des accords similaires avec la Turquie, la Tunisie et la Mauritanie dans le passé.

Contexte Géopolitique

Il est essentiel de prendre en compte le contexte géopolitique entourant cet accord. La pression exercée sur les gouvernements européens par les flux migratoires est considérable, influençant fortement leur agenda politique. On observe en Europe une montée significative des partis d’extrême droite, dont les programmes se concentrent essentiellement sur la question de l’immigration.

Ces formations politiques, telles que le parti “Fratelli d’Italia” de Meloni en Italie, le “Fidesz” d’Orban en Hongrie, ou d’autres, ont accédé au pouvoir dans divers pays européens. Leur point commun est une position fortement anti-immigration.

Par ailleurs, la thématique de l’immigration demeure un enjeu crucial sur l’agenda européen, particulièrement en vue des prochaines élections européennes prévues entre le 6 et le 9 juin. Cet accord marque une prise de position significative de l’Europe et de ses dirigeants en matière de politique migratoire.

L’Europe a connu une augmentation substantielle des flux migratoires ces dernières années, notamment suite à l’arrivée de réfugiés syriens en été 2015. Depuis, la question migratoire occupe une place prépondérante dans la politique européenne. L’Afrique du Nord, et en particulier l’Égypte, joue un rôle stratégique dans cette problématique, ce qui en fait un partenaire clé pour l’Union Européenne.

En outre, un point important dans cet accord est l’investissement dans l’énergie égyptienne. Cet aspect est particulièrement important pour l’Europe qui vise à se défaire de sa dépendance au gaz russe.

La situation humanitaire à Gaza et les attaques des Houthis dans la mer Rouge jouent également un rôle dans cet accord. Ces derniers ont diminué le trafic dans le canal de Suez et ont eu un impact négatif sur l’économie égyptienne.

Détails de l’Accord

L’accord, d’un montant total de 7,4 milliards d’euros, sera déployé en plusieurs phases s’étalant de 2024 à 2027. Parmi cette somme, 5 milliards d’euros seront alloués sous forme de prêts destinés à dynamiser l’économie égyptienne. Par ailleurs, 1,8 milliard d’euros seront consacrés au financement de projets axés sur la transition écologique et numérique du pays, ainsi qu’au secteur de l’énergie, comme mentionné ci-dessus.

En outre, une enveloppe de 400 millions d’euros de cet accord sera investie dans des projets bilatéraux. Enfin, 200 millions d’euros seront affectés à la sécurisation des frontières égyptiennes avec le Soudan et la Libye.

Implications Économiques

L’Égypte est confrontée à un certain nombre de défis économiques, notamment une croissance démographique rapide, une inflation croissante ayant atteint les 70% et un taux de chômage persistant. Face à cette situation, le gouvernement égyptien déploie d’importants efforts pour dynamiser son économie et alléger la pression sur ses finances publiques.

Dans ce contexte, le Fonds Monétaire International a récemment étendu son programme en Égypte, permettant ainsi au pays d’accéder à plus de 20 milliards d’euros de financements via le FMI. En outre, l’Égypte a conclu récemment un accord d’un montant de 35 milliards de dollars avec ADQ, l’un des trois principaux fonds souverains émiratis, dont le premier versement a été effectué plus tôt cette année

Par ailleurs, la Banque Centrale d’Égypte a procédé ce mois-ci à une dévaluation de la livre égyptienne visant à stimuler l’économie. Cet accord avec l’Union Européenne s’inscrit donc dans un ensemble de mesures macroéconomiques initiées par le gouvernement égyptien.

L’objectif de cet accord signé le 17 mars dernier est donc de stimuler l’activité économique en Égypte afin d’encourager la jeune génération à rester dans le pays au lieu d’émigrer. Certains secteurs clés sont visés dans cet accord, tels que les énergie renouvelables et la transition numérique.

Critiques

Des voix critiques se sont élevées concernant cet accord, principalement en raison du bilan peu reluisant de l’Égypte en matière de droits de l’homme sous le régime de Sissi. Les détracteurs de cet accord expriment leur préoccupation quant à l’absence de garanties suffisantes pour le respect des droits de l’homme. Sous la présidence de Sissi, l’Égypte compterait plus de 60 000 prisonniers politiques, et les cas de corruption au sein du gouvernement semblent monnaie courante.

La Commission réponds à ces critiques en assurant l’importance du respect des droits de l’homme dans cet accord bilateral. 

Une autre préoccupation soulevée concerne l’efficacité de ce genre d’accord et les défis associés à sa mise en œuvre. Bien que de tels accords puissent se révéler efficaces à court terme, leur succès à long terme n’est pas garanti, comme en témoigne l’expérience du pacte conclu avec la Turquie.

Conclusion

En résumé, les dirigeants européens, ainsi que la Commission, déploient des efforts considérables pour renforcer leurs frontières, et ce, bien au-delà de leur propre territoire. Cet accord marque une étape cruciale dans la gestion des migrations en Europe. Son efficacité pour atteindre les objectifs fixés reste une question ouverte. Il sera intéressant d’observer si cet accord modifie le cours des migrations vers l’Europe, ou s’il ne sera qu’une goutte dans l’océan des défis migratoires.

À l’approche des élections, l’Union Européenne cherche à projeter une image résolue auprès des électeurs, démontrant une prise en charge sérieuse de la question migratoire. À quelques mois des élections européennes, cet accord tombe-t-il à point nommé ?

Sources: 

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Pourquoi la Hongrie et la Pologne bloquent-ils le budget Européen ?

Alors qu’on approche de 2021, année du plan de relance européen, la Hongrie et la Pologne ont imposé leur veto lundi au projet de budget de l’UE et au plan de relance de l’économie suite à la pandémie. Nous parlons d’un budget total stratosphérique de 1.850 milliards d’euros !

Pour sa lutte contre la crise du COVID-19 que l’on vit, l’Union Européenne fait de nombreux efforts pour soutenir le citoyen européen ainsi que l’économie européenne dans son ensemble. Ainsi, plusieurs fonds ont été débloqués pour soutenir et stimuler l’économie de l’UE qui seraient partagés entre les pays.

Cependant, la crise sanitaire actuelle n’est pas le seul front de bataille pour certains membres de l’UE !

  • En Pologne, des semaines de manifestations journalières dans la capitale se poursuivent suite à la suspension du droit à l’avortement.
  • En Hongrie, l’Etat de droit est menacé depuis plusieurs années sous la présidence de Viktor Orban. De nombreux rapports soulignent l’état, de moins en moins voire pas du tout, libéral hongrois ainsi que la menace pour la démocratie hongroise et polonaise.

En effet, la Commission Européenne a pris de nombreuses mesures pour combattre ces actions du gouvernement polonais et hongrois, tel que la poursuite de l’administration Orban auprès de la Court de Justice Européenne.

Toutefois, il semblerait que la Hongrie de Orban et la Pologne de Duda ne comptent pas se laisser faire !

Ainsi, des diplomates hongrois et polonais ont fait savoir à leurs homologues européens que leurs gouvernements respectifs comptent bloquer le budget et le plan de relance européen pour la période 2021-2027. Ce montant budgétaire inclut les 750 milliards prévus de base pour l’après-covid ainsi que le budget long-terme de l’UE de 1.075 milliards d’euros.

La raison pour laquelle la gouvernement hongrois et polonais veulent mettre leur véto pour ces fonds de relance est une clause spécifique dans ce plan de relance. La Commission souhaite bloquer certains fonds quand l’état de droit ne serait pas respecté, ce qui est purement légitime comme condition.

Mais il faut savoir que la Hongrie et la Pologne sont les principaux concernés par cette clause, et ont donc décidé de prendre des contre-mesures drastiques! Et comme il faut l’unanimité des Etats-membres pour autoriser la Commission européenne à lever les fonds, ces pays ont décidé de bloquer le budget européen !

Par Wassim ESSEBANE

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Monde

Des négociations pour un plan de relance post-covid qui s’éternisent dans une Europe divisée !

Les 27 Etats européens se sont réunis tout le weekend pour négocier d’un nouveau plan de relance européen post-coronavirus après que l’épidémie ait fait 138 000 décès européens et a entraîné une contraction de l’économie estimée à 8,3% cette année.

Des négociations qui étaient censées durer seulement 2 jours… mais comme elles n’ont pas aboutit à un accord, les chef d’état doivent encore se rencontrer cet après-midi pour tenter de rallier le maximum de pays à la cause commune.

Qu’est-ce qui se négocie ?

En effet, les 27 états membres négocient un fonds qui serait doté d’une capacité d’emprunt de 750 milliards d’euros pour relancer une économie européenne confrontée à une forte récession. Ce fonds est adossé au budget à long terme de l’UE (2021-2027) de 1 074 milliards d’euros.

Les dernières discussions ont surtout porté sur la répartition des fonds consacrés aux subventions, par rapport à ce qui serait reversé aux Etats sous forme de prêts, de fait, remboursables. Les pays dits « frugaux » privilégient les prêts et prônent une diminution du volume global du plan.

En effet, tout le problème semble résider particulièrement auprès des pays dits « frugaux » de par leur santé économique plus avantagée. Ces pays sont les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, l’Autriche mais également la Finlande. Ces derniers semble réticents à l’idée de s’unir pour porter un plan de relance commun et coordonne leur position pour assurer leur opposition à un plan de relance qui .

Comme nous l’indiquions plus haut, l’Europe souffre d’une récession historique et la division au sein de l’Union risque de faire briser l’unité et l’ambition de mettre en oeuvre un plan massif de soutien à l’économie. A noter que ce dernier est récusé par les pays frugaux puisque qu’il profiterait avant tout aux pays du Sud comme l’Italie et l’Espagne, les plus impactés par l’épidémie.

Le président du Conseil européen, Charles Michel a déclaré: « La question est la suivante : les vingt-sept leaders, responsables devant les peuples européens sont-ils capables de bâtir de l’unité, de la confiance ? Ou bien, à travers une déchirure, présenterons-nous le visage d’une Europe faible, minée par la défiance ? »

Les chefs d’Etat devraient être prêts à s’accorder autour de 390 milliards d’euros de subventions et diminuer le montant des prêts compte tenu du montant total de l’enveloppe compris aux alentours de 750 milliards d’euros.

Il s’agit du plus long sommet des dirigeants de l’UE depuis celui de Nice en 2000 qui portait sur une révision des traités dans le cadre de l’élargissement à l’est (quatre jours et quatre nuits).

Par NAQI Hamza.

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Economie

Macron et Merkel veulent refaire l’histoire de l’Europe et proposent un fonds de relance de 500 milliards !

Les deux plus grandes économies de l’UE ont déclaré que le montant des emprunts à demander par l’Europe pour subsidier les secteurs et régions les plus durement touchés par la crise serait de 500 milliards d’euros !

En effet, ce lundi, Paris et Berlin ont trouvé une réponse de taille à l’encontre de la crise économique en proposant de créer un fonds européen de 500 milliards d’euros qui doit encore être validé par les 27 Etats membres.

Ce fonds serait mis en application via un mécanisme de mutualisation de la dette entre les différents Etats membres. Pour Angela Merket, ce montant se sera pas remboursé par ceux qui utiliseront cet argent et elle veut démontrer ainsi une nouvelle solidarité européenne. « Ce ne seront pas des prêts mais des dotations« , directes aux pays les plus touchés, dit-elle.

La Commission européenne, qui compte lever cette somme astronomique sur les marchés, devra analyser les secteurs et pays touchés et permettra principalement le soutien des pays européens du sud gravement atteints dont l’Italie ou encore l’Espagne et qui ne pourront bénéficier de rentrées liées au tourisme.

Le duo franco-allemand a également mis un point d’honneur sur les objectifs principaux du fonds de relance qui visent essentiellement les secteurs privilégiant la transition écologique. Sachant que, dans ce domaine, l’Europe est en bonne position et en avance par rapport au reste du monde.

Nous notons qu’avec les mesures d’urgence déjà en cours, l’Europe aura déjà injecté 1.000 milliards d’euros dans l’économie. Et si l’on ajoute les mesures d’urgence prises dans les Etats membres, on atteint facilement 3.000 milliards d’euros de crise !

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a salué le projet de relance proposé pour aider l’Union Européenne à se remettre de la crise historique générée par le Covid-19.

Par ce moyen, la France et l’Allemagne cherche à redonner de l’espoir à une Europe forte !

Par Hamza NAQI

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Entreprises

La ministre belge de l’emploi veut prolonger le chômage temporaire jusqu’en septembre avec plus de contrôle !

En Belgique, la ministre de l’Emploi Muylle veut prolonger la durée du chômage temporaire, et ce, jusqu’au 1er septembre 2020 en vue d’éviter tout licenciement dans un contexte de crise économique et sociale liée au Coronavirus.

En Belgique, le chômage temporaire ne permet pas aux bénéficiaires de tenir un mois complet. En effet, plusieurs centaines de milliards de citoyens belges ont eu recours au chômage temporaire et se retrouvent face à des difficultés financières en fin de mois.

Concrètement, cette mesure permet aux entreprises de tenir bon durant la période de crise que nous connaissons afin d’éviter au maximum les licenciements. Mais certains travailleurs/employés belges se retrouvent avec une allocation de chômage atteignant seulement 1.166 euros net alors qu’il percevait presque le double avant la crise.

Ainsi, ils subissent une perte de revenus, soit une diminution de leur pouvoir d’achat, tandis que les charges principales sont, pour la plupart, restées inchangées tel que le prix des loyers, des courses dont le prix du panier moyen augmente ou encore le prix de l’électricité, perçu comme étant le plus cher de l’Union européenne.

Nous avons même appris que la ministre de l’Emploi voudrait permettre un prolongement jusqu’au 1er septembre. Selon elle, il faudrait avoir davantage de contrôle sur la mise au chômage des employés d’une entreprise. Elle a ajouté, fin du mois dernier, que l’Onem avait reçu près de 200 plaintes pour des abus de chômage temporaire.

Ainsi, les entreprises devraient prouver que la crise a un impact conséquent sur leurs activités afin d’éviter que des entreprises n’utilisent ce mécanisme dans un objectif de réduction des coûts sans en avoir réellement besoin.

L’Onem a déjà reçu près de 1,4 million de demandes de travailleurs provenant de 133.000 entreprises. De plus, l’Onem mène aussi des contrôles sur des abus qui peuvent mener à des sanctions contre les entreprises. Dans certains cas, les amendes peuvent grimper jusqu’à 48.000 euros par des travailleurs.

Pour le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Alexander de Croo, toutes les mesures prises en vue d’amortir les effets socio-économiques négatifs de la crise du Covid-19 en Belgique pourrait avoir un coût atteignant près de 2,5% du Produit intérieur brut du royaume, soit plus de 10 milliards d’euros.

Par Hamza NAQI

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Nos analyses

L’Europe peut-elle se montrer à la hauteur de la crise en voulant émettre une si gigantesque dette ?

Une question posée par l’ensemble des citoyens européens ! Cette question est tout à fait légitime dans ce contexte. La capacité de riposte de l’Union européenne, face à la crise, est remise en question car un problème évident apparaît, le manque d’efficacité des politiques européennes !

  • Quelle en est la cause ?

• Selon le journaliste Vincent Georis, spécialisé dans les questions européennes et internationales, La faiblesse de l’UE réside dans le peu de compétences que les États membres lui ont transféré.
• Notre système est défaillant au principe élémentaire d’assistance, selon le Vincent Georis. En effet nous observons un manque de solidarité des pays du Nord envers les pays du Sud, et cela dans une période où nous devrions être « unis ».
• Le député européen du PTB, Marc Botenga, remet en question les décisions européennes adoptées jusqu’ici. « L’EU devrait s’excuser pour des années d’austérité sur la santé »,selon Marc Botenga. Le manque de matériel hospitalier, dont nous faisons
face en Europe, est une conséquence direct de politiques européennes !

« Nous l’avons fait », s’est réjoui Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe jeudi soir. Un plan de relance de 540 milliards d’euros a été conclu afin de faire face au choc économique du Covid-19, soutenir les services publics et les personnes mises au chômage temporaire. Un plan de relance que nous attendions, mais est-ce suffisant ?

Les pays du Sud veulent plus ! En effet la question délicate des « eurobonds », emprunt européen commun réclamé par les pays du Sud pour soutenir l’économie à plus long terme, n’a pas été tranchée jeudi. Nous sommes donc loin d’une Europe unifié !

Pour ce faire, l’UE pourrait financer un fonds de 1.500 milliards d’euros à partir d’emprunts garantis par les États membres, a évoqué mardi l’un des trois vice-présidents de la Commission européenne dans la presse allemande.

« On pourrait imaginer une telle enveloppe » dans le cadre de la « reconstruction » de l’économie européenne après la crise, a indiqué le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis

Quel est votre avis sur la question ?

Par Florenc Micaj

SOURCE PHOTO: Reuters/François Lenoir

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L’accord financier trouvé par l’Europe s’élève à 540 milliards d’euros !

Ce jeudi 9 avril, les ministres des finances des 19 états membres de la zone euro, nommé l’Eurogroup, ont trouvé un accord pour adresser les conséquences économiques du COVID-19, après de longues discussions en vidéo-conférence.

Cet accord a été trouvé dans un esprit de solidarité et de confiance mutuelle entre états membres. Il se divise en 3 piliers, et s’élève à un montant total de 540 milliards d’euros. Voici les trois piliers:

  1. Le premier vise les états membres
  2. Le second, les entreprises
  3. Le troisième, les employés

Néanmoins, les “coronabonds”, dont les débats ont créé une réelle remise en question de la solidarité européenne, ne seront pas utilisé pour combattre cette crise. Rappelons-le, le gouvernement néerlandais était strictement opposé à ceux-ci.

Le ministre des finances néerlandais, Wopke Hoekstra, réitère l’opposition du gouvernement néerlandais face aux “coronabonds”: “Nous n’étions pas en faveur, nous ne le sommes toujours pas et nous le serons jamais.”

Nous noterons aussi le rôle central des ministres des finances français et allemand, Bruno le Maire et Olaf Scholz, dans ces négociations intenses entre nord et sud.

La Commission Européenne a créé le programme de prêts financiers à hauteur de 100 milliards d’euros, nommé SURE. Ce programme vise à diminuer le risque de chômage à long terme. Ce fonds permettra aux états membres de financer les dépenses publiques pour préserver l’emploi.

Le fond d’urgence créé durant la crise de la dette souveraine de 2011, le Mécanisme Européen de Stabilité, a été mis à disposition pour les états membres à hauteur de 240 milliards d’euros. La Banque Européenne d’Investissement a créé fonds de 200 milliards d’euros, pour fournir de la liquidité aux PME. 

Ces 3 programmes réunis s’élèvent à un total de 540 milliards d’euros, et démontrent que les institutions européennes ne veulent pas répéter leur inaction durant la crise de 2008.

Les leaders européens tentent ainsi de démontrer que l’Europe est solidaire en temps de crise.

Par Wassim Essebane

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La Banque Centrale Européenne investit 750 milliards d’euros pour combattre le COVID-19 !

« Des temps extraordinaires nécessitent une action extraordinaire », c’est le tweet de Christine Lagarde. Cette rhétorique nous fait penser à celle de son prédécesseur, Mario Draghi, qui durant l’apogée de la crise la dette en 2012, promettait de « faire tout ce qui est nécessaire » pour protéger l’euro.

Après des semaines d’incertitude et de désastre financier, la BCE à annoncé qu’elle comptait acheter 750 milliards d’euros d’obligations privées et publiques pour combattre l’impact négatif du COVID-19 sur l’économie européenne, dans un programme de rachat d’urgence face à la pandémie.

Ces 750 milliards s’ajouteront aux sommes déjà annoncé, comme les 120 milliards déjà débloqué ou encore les 20 milliard d’euros par mois depuis octobre ce qui amène le montant total à plus de 1050 milliards d’euros d’ici 2020.

Cette mesure arrive peu de temps après que la Réserve fédérale des Etats-Unis 🇺🇸 ait aussi pris des mesures strictes pour combattre l’effet néfaste du virus sur l’économie, notamment en baissant le taux d’intérêt et en versant près de 700 milliards de dollars dans l’économie américaine.

Une image compliquée à entretenir après les commentaires de Christine Lagarde la semaine dernière. Rappelons-le, lors d’une conférence de presse, Lagarde a faussement prétendu que la mission de la BCE n’est pas de « réduire les spreads ». Il s’agit de l’écart entre le taux d’intérêt italien et le taux d’intérêt allemand, taux de référence en Europe.

Ces commentaires ont troublé le gouvernement italien, ainsi que les marchés financiers italiens, qui ont réagi avec une chute de 17% à la Bourse de Milan suite à l’erreur publique de Christine Lagarde.

Pourquoi racheter la dette des Etats ?

En rachetant ainsi massivement de la dette des Etats et d’entreprises de la zone euro sur les marchés, la BCE espère soulager les banques et les inciter à maintenir voire relancer leurs prêts aux ménages et entreprises, et ainsi à soutenir la production et l’emploi.

Le taux d’intérêt de la BCE néanmoins, reste inchangé à 0% et le taux de dépôt à –0,50%.

Par Wassim Essebane