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Golfe : l’Iran défie 50 ans d’ordre américain

Les déclarations de Marco Rubio devant le Congrès lundi 2 mars resteront, quoi qu’il advienne sur le terrain, comme un moment de vérité diplomatique.

Le secrétaire d’État américain a reconnu, dans un exercice de transparence aussi rare que maladroit, que les États-Unis avaient frappé l’Iran de manière « préemptive et défensive » parce qu’ils savaient qu’Israël allait attaquer, et que Téhéran riposterait automatiquement contre les forces américaines dans la région.

Autrement dit, Washington n’a pas déclenché cette guerre pour protéger ses alliés du Golfe : il l’a déclenchée pour limiter ses propres pertes, entraîné par une décision israélienne sur laquelle il n’a pas exercé de veto.

Ce constat, formulé par l’administration elle-même, suffit à faire trembler l’ensemble de l’architecture sécuritaire qui structure les relations entre les monarchies du Golfe et Washington depuis un demi-siècle. Parce que cette architecture reposait sur un pacte implicite : les pays du Golfe offraient des bases, du pétrole, des investissements et un alignement diplomatique ; en échange, les États-Unis garantissaient leur sécurité. Or, en trois jours de frappes iraniennes sur Bahreïn, le Qatar, les Émirats, le Koweït, l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Irak, ce pacte a été vidé de sa substance sous les yeux du monde entier.

Le pari économique, pilier d’une relation devenue transactionnelle

Pour comprendre l’ampleur de l’effondrement stratégique en cours, il faut remonter à la mutation structurelle de la relation américano-golfe. Lorsque les États-Unis sont devenus quasi indépendants sur le plan énergétique grâce à la révolution du gaz et du pétrole de schiste, la raison d’être historique du partenariat “pétrole contre securité” a perdu son fondement matériel. Les monarchies du Golfe l’ont compris plus vite que beaucoup d’analystes. Elles ont alors déployé une stratégie de remplacement à trois volets, visant à recréer une interdépendance suffisante pour maintenir le caractère « spécial » de la relation avec Washington.

Le premier volet était économique. Les pays du Golfe ont massivement investi dans l’économie américaine, non pas par philanthropie, mais pour créer un lien structurel d’intérêt mutuel. Lors de la dernière tournée du président Trump dans le Golfe en mai 2025, les engagements annoncés entre l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis ont atteint un total d’environ 2 000 milliards de dollars, couvrant l’intelligence artificielle, la défense, l’aviation et les infrastructures énergétiques. Ces montants, même s’ils relèvent en partie de promesses à concrétiser, visaient un objectif clair : démontrer que la puissance financière du Golfe pouvait accompagner, voire soutenir, la compétitivité internationale des États-Unis dans un contexte de rivalité avec la Chine.

Le deuxième volet était militaire. L’achat massif de matériel américain remplissait une double fonction. Il répondait à un besoin sécuritaire réel face à la menace iranienne, mais il créait aussi un lien industriel et commercial destiné à ancrer la relation dans la durée. L’Arabie saoudite, premier importateur d’armes américaines, a signé lors de cette même tournée un accord de défense d’environ 142 milliards de dollars. Le Qatar, de son côté, a commandé 210 avions Boeing pour un montant colossal. Le message était limpide : nous achetons votre sécurité et vos produits, garantissez-nous votre protection.

Le troisième volet était diplomatique. Chaque capitale du Golfe, à sa manière, s’efforçait de s’assurer une place de choix à la Maison-Blanche, dans l’espoir de pouvoir, le moment venu, faire pencher la diplomatie américaine en sa faveur. Riyad par son poids géopolitique, Doha par son rôle de médiateur, Abou Dhabi par ses relais technologiques et financiers. L’objectif stratégique n’était pas seulement d’acheter de l’influence, mais de devenir incontournable.

L’échec du lobbying arabe face à la détermination israélienne

Dans les semaines précédant le déclenchement des hostilités, les pays du Golfe ont déployé un effort diplomatique considérable pour empêcher l’option militaire. Tandis qu’Israël exerçait une pression croissante sur l’administration Trump pour entrer en guerre, les monarchies du Golfe, parfois de manière concertée, ont au contraire mené un puissant lobbying auprès de la Maison-Blanche pour privilégier la voie diplomatique. L’Arabie saoudite a officiellement fait savoir qu’elle ne mettrait ni son territoire ni son espace aérien à disposition d’opérations contre l’Iran. Les Émirats, le Qatar, le Koweït et Oman ont communiqué des positions similaires.

Leur argumentation était rationnelle : une guerre risquait de déstabiliser l’ensemble de la région, de compromettre les projets de diversification économique notamment Vision 2030 saoudienne et de provoquer une flambée énergétique dont personne ne sortirait gagnant. Les pays du Golfe, disposant d’un poids économique collectivement supérieur à celui d’Israël, faisant du lobbying auprès de plusieurs capitales occidentales, pensaient pouvoir contrebalancer logiquement la pression israélienne, d’autant qu’au sein même des États-Unis, la majorité de l’opinion publique était hostile à une intervention militaire contre l’Iran.

Les négociations, médiatisées par le Sultanat d’Oman, semblaient progresser. Le ministre des Affaires étrangères omanais, Badr Albusaidi, avait déclaré qu’un accord de paix était « à portée de main » après que l’Iran avait accepté de ne jamais stocker d’uranium enrichi et de se soumettre pleinement aux vérifications de l’AIEA. Plusieurs analystes considéraient que cet engagement représentait une avancée significative par rapport à l’accord de Vienne de 2015. Quelques heures plus tard, les frappes conjointes américano-israéliennes commençaient. Le Premier ministre Netanyahu s’était entre-temps rendu à Washington pour s’assurer que l’option militaire restait sur la table, et l’aveu de Rubio confirme que c’est bien la décision israélienne d’attaquer qui a précipité l’engagement américain.

L’effondrement : sous le feu iranien, sans protection américaine

Dès le début de la guerre, les Gardiens de la Révolution iraniens ont mis à exécution les avertissements qu’ils avaient formulés publiquement et transmis formellement à l’ONU en février : les bases militaires américaines et les intérêts américains dans la région seraient des cibles légitimes. Moins de trente minutes après les premières frappes sur Téhéran, des vagues de drones et de missiles balistiques se sont abattues sur le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït, l’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Irak et, de manière plus limitée, le Sultanat d’Oman.

En soixante-douze heures, selon les bilans régionaux, l’Iran a lancé plus de 400 missiles balistiques et près de 1 000 drones vers les États du Golfe. Des aéroports internationaux, Dubaï, Koweït,  ont été touchés. Des hôtels de luxe sur la Palm Jumeirah, des immeubles résidentiels à Manama, des installations pétrolières à Ras Tanura ont subi des impacts directs ou des dommages collatéraux liés aux débris d’interception. L’aéroport de Dubaï, plaque tournante mondiale du transport aérien, s’est retrouvé hors service. Pour la première fois de l’histoire, l’ensemble des six États membres du Conseil de coopération du Golfe ont été visés par le même acteur en moins de vingt-quatre heures.

Or le fait le plus marquant de ces trois premiers jours n’est pas l’ampleur des frappes iraniennes. C’est l’absence manifeste de la protection américaine. L’ensemble de ces pays accueillait des bases militaires américaines dans un cadre de coopération défensive, précisément pour bénéficier du soutien et de la protection de la première armée du monde. Cela constituait la pierre angulaire de leur doctrine stratégique, souvent jugée plus importante que leurs propres capacités militaires. Tous avaient en mémoire la guerre du Koweït de 1990-1991, où, après l’invasion irakienne, les Américains étaient immédiatement intervenus pour protéger leurs alliés et repousser l’agresseur.

Mais ce qui s’est passé en février 2026 est l’exact inverse. À Bahreïn, siège de la 5e Flotte américaine, les États-Unis avaient pris soin d’éloigner le porte-avions Abraham Lincoln dans l’océan Indien avant les premières frappes. Au Qatar, qui abrite Al Udeid, la plus grande base aérienne américaine au Moyen-Orient, les images satellitaires ont montré que les avions de ravitaillement et une partie significative des appareils avaient été évacués les jours précédents, redéployés en Israël ou en Jordanie. En d’autres termes, Washington ne protégeait pas ses alliés : il protégeait ses actifs, et les redéployait là où ils servaient sa propre stratégie offensive.

Ainsi, tandis qu’une cinquantaine d’avions de combat et des ravitailleurs étaient massés en Israël et en Jordanie pour protéger le territoire israélien des frappes balistiques iraniennes, les pays du Golfe se retrouvaient sous le feu sans couverture aérienne américaine comparable. Les systèmes THAAD américains déployés au Qatar et aux Émirats arabes unis sont arrivés à épuisement. Ces deux pays ont demandé à être réapprovisionnés en munitions. Ils n’ont pour l’instant rien reçu tandis qu’ au moment même le Premier ministre Netanyahu annonçait que d’importants stocks de munitions venaient d’arriver à l’aéroport Ben Gourion.

Deux précédents qui avaient déjà fissuré le pacte

Cette situation ne surgit pas du néant. Elle s’inscrit dans une séquence de ruptures qui a progressivement érodé la confiance des monarchies du Golfe dans la garantie de sécurité américaine. Le premier précédent date de septembre 2019, lorsque des drones et des missiles de croisière ont frappé les installations de Saudi Aramco à Abqaiq et Khurais, réduisant temporairement de moitié la production pétrolière saoudienne. L’attaque, attribuée à l’Iran ou à ses relais, a provoqué un choc mondial sur les marchés de l’énergie, mais la réponse américaine a été inexistante. Washington n’a pas bougé. Riyad en a tiré une leçon stratégique majeure : la stabilité régionale passait davantage par un rapprochement avec l’Iran que par un accord de défense avec les États-Unis. L’accord de normalisation sino-brokéré entre l’Arabie saoudite et l’Iran en mars 2023 en a été la traduction directe.

Le second précédent est plus récent et plus brutal. En septembre 2025, Israël a bombardé le Qatar pour tenter d’assassiner des dirigeants du Hamas qui s’y trouvaient en pleine discussion d’une proposition de cessez-le-feu américaine. L’attaque a visé un complexe résidentiel gouvernemental dans un quartier diplomatique de Doha, tuant des membres du Hamas, un agent de sécurité qatari et des civils. Or au Qatar, les américains disposent d’un système de surveillance radar aérien de très haute performance opérant dans un rayon considérable, ce qui suggère que les Américains étaient au courant de l’opération israélienne et ont choisi de ne pas intervenir, de ne pas dissuader Israël et de ne pas prévenir leur allié qatari. Trump lui-même a déclaré ne pas être « ravi » par cette frappe, tout en qualifiant l’élimination du Hamas d’« objectif légitime ». Le message reçu par Doha était sans ambiguïté : Washington ne protégera pas les pays du Golfe contre Israël.

La mort de la Pax Americana en quelques jours

Il est évidemment impossible de tirer des conclusions définitives au bout de trois jours de guerre, tant les évolutions opérationnelles et stratégiques sur le terrain peuvent encore modifier profondément la donne. Mais on peut déjà affirmer, avec un degré de certitude raisonnable, que l’Iran a tué en quelques jours la Pax Americana vieille de cinquante ans dans le Golfe.

Ce que les frappes iraniennes ont révélé aux capitales du Golfe, ce n’est pas seulement leur vulnérabilité physique. C’est une vérité structurelle que beaucoup pressentaient mais que personne n’avait formulée aussi brutalement : les bases militaires américaines et l’équipement acheté à prix d’or ne servent pas la sécurité des pays hôtes. Ils servent les intérêts stratégiques des États-Unis. Et quand ces intérêts divergent, comme c’est le cas dans ce conflit où Washington a clairement fait le choix d’Israël, les pays du Golfe cessent d’être des alliés protégés pour devenir des cibles collatérales.

Cette prise de conscience va reconfigurer durablement la politique étrangère et de défense des monarchies du Golfe. Comme l’a formulé un analyste du Gulf International Forum, la diplomatie régionale passera désormais par la construction de capacités propres de dissuasion plutôt que par des alliances. Les quelque 2 000 milliards de dollars d’investissements promis aux États-Unis il y a dix mois apparaissent aujourd’hui sous un jour différent : non pas comme un levier de protection, mais comme le prix exorbitant d’une garantie qui n’a jamais existé.

Dans un Moyen-Orient où les hôtels de Dubaï sont en flammes, où les aéroports du Golfe sont fermés, où le détroit d’Ormuz est sous tension, et où les pays qui ont fait le plus pour empêcher cette guerre en subissent les conséquences les plus directes, la question n’est plus de savoir si le système de sécurité régional va se transformer. C’est de savoir ce qui viendra le remplacer.

Sources :

Présence militaire américaine au Moyen-Orient (RAND Corporation):

Investissements saoudiens aux États-Unis et stratégie post-énergie-schiste:

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Financer la guerre : le pari économique américain

Au printemps 1942, Franklin D. Roosevelt prépare les États-Unis à une guerre totale. Les usines doivent produire chars et bombardiers, des millions de soldats partent combattre sur deux continents et l’économie entière bascule vers l’effort militaire. Mais une autre inquiétude occupe le président : comment financer la guerre sans en transmettre la facture aux générations suivantes.

Le conflit coûte alors l’équivalent actuel d’environ 250 millions de dollars par jour. Roosevelt refuse la solution la plus simple l’endettement massif et choisit une voie politiquement risquée : faire payer immédiatement. Washington impose une hausse forte de l’impôt sur les sociétés, élargit sans précédent la base fiscale et applique un taux marginal de 94 % sur les plus hauts revenus. Le principe est clair : la guerre doit être ressentie par la société qui la mène.Le basculement vers la dette

Huit décennies plus tard, la logique s’est renversée. Les opérations militaires américaines ne sont plus financées par l’impôt mais majoritairement par l’emprunt. Les dépenses sont votées via budgets d’urgence ou crédits exceptionnels puis absorbées par la dette publique. Une opération militaire impliquant plus de 15 000 soldats et un groupe aéronaval complet peut atteindre environ 31 millions de dollars par jour, soit plus de 11 milliards par an si elle se prolonge, auxquels s’ajoutent la sécurisation de zones d’influence, la protection d’intérêts énergétiques ou la présence stratégique permanente. Contrairement à la Seconde Guerre mondiale, il n’y a ni rationnement ni hausse fiscale équivalente : pour la population, la guerre devient budgétairement presque invisible.

L’exemple irakien : la facture différée

La guerre d’Irak illustre ce changement d’échelle. Au départ, le conflit devait coûter quelques centaines de milliards de dollars ; au total, il atteint environ 4 500 milliards de dépenses directes et jusqu’à 8 000 milliards en incluant soins aux vétérans et intérêts. Autrement dit, la guerre continue d’être payée des décennies après la fin des combats. Pendant ce temps, la dette publique américaine détenue par le public est passée d’environ 33 % du PIB au début des années 2000 à près de 97 % aujourd’hui.

Lecture du graphique : la guerre comme engagement budgétaire permanent

Le diagramme met en évidence un élément central du basculement décrit dans l’article : la guerre américaine du XXIᵉ siècle n’est plus un choc financier ponctuel mais une structure de dépenses étalée dans le temps. Sur un total d’environ 8 000 milliards de dollars, la part directement liée aux combats (crédits OCO du Département de la Défense : ~2 101 Md$) ne constitue finalement qu’un tiers de la facture. Autrement dit, la bataille elle-même n’est plus le cœur du coût.

Deux postes dominent désormais :

  • les intérêts de la dette (~1 087 Md$) : ils traduisent le financement par emprunt. La guerre devient un flux financier futur avant d’être une dépense présente ;
  • la sécurité intérieure (~1 117 Md$) : extension durable de l’État sécuritaire après le conflit.

À cela s’ajoutent les soins aux vétérans (~465 Md$) et surtout les obligations futures estimées à plus de 2 200 Md$ supplémentaires, qui continueront à peser pendant plusieurs décennies. Le graphique montre donc une mutation fondamentale : la dépense militaire migre du champ militaire vers le champ social et financier.

En comparaison implicite avec la Seconde Guerre mondiale, le coût n’est plus concentré pendant la mobilisation nationale ; il se transforme en engagement budgétaire intergénérationnel. La guerre ne s’arrête plus avec l’armistice : elle devient une ligne permanente du budget fédéral, comparable à une politique publique de long terme.

Une guerre devenue invisible

Ce basculement produit un effet politique majeur : le coût immédiat disparaît du débat démocratique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, impôts élevés, obligations de guerre et consommation contrainte rendaient l’effort tangible. Aujourd’hui, l’absence de prélèvement exceptionnel massif transforme le conflit en dépense différée. Financer la guerre par la dette modifie donc les décisions elles-mêmes : quand l’impôt augmente, la population arbitre ; quand la dette augmente, l’arbitrage est reporté. Le coût réel apparaît plus tard, sous forme d’intérêts, de soins aux vétérans, de reconstruction militaire et de refinancement.

Une question démocratique et générationnelle

Franklin D. Roosevelt voulait éviter de transmettre « plus que leur juste part de sacrifices » aux générations futures. La doctrine contemporaine fait l’inverse : elle répartit les coûts dans le temps pour préserver le présent. Ce changement dépasse l’économie et touche au fonctionnement même de la démocratie : une société peut-elle vraiment débattre de la guerre si elle n’en ressent pas immédiatement le prix ? La puissance militaire n’est plus seulement une question stratégique, mais aussi comptable et générationnelle.

Un risque budgétaire à long terme

Cette évolution pose aussi une question de soutenabilité financière. Plus les conflits et les présences militaires deviennent permanents, plus ils rigidifient le budget fédéral. Les intérêts de la dette s’ajoutent progressivement aux dépenses de défense, réduisant la marge pour les investissements civils infrastructures, éducation ou transition énergétique et transformant un choix stratégique ponctuel en contrainte budgétaire durable. Selon le Congressional Budget Office (CBO), la charge d’intérêts de la dette fédérale américaine figure désormais parmi les postes de dépenses à la croissance la plus rapide du budget et pourrait dépasser à terme certaines dépenses discrétionnaires, y compris des programmes domestiques majeurs.

Parallèlement, les travaux du projet Costs of War de l’université Brown montrent que les conflits post-2001 engendrent des coûts différés massifs (soins aux vétérans, intérêts sur l’emprunt, maintien capacitaire), confirmant que la guerre devient une dépense de long terme plutôt qu’un choc budgétaire ponctuel. À long terme, la politique étrangère finit ainsi par influencer directement les politiques sociales intérieures.

Vers un nouveau rapport entre puissance et économie

Au-delà du budget, c’est la nature même de la puissance qui change. Autrefois, la guerre impliquait mobilisation industrielle, fiscale et humaine immédiate ; aujourd’hui, elle repose davantage sur la capacité d’endettement et la crédibilité financière de l’État. L’économiste Barry Eichengreen souligne que le rôle international du dollar permet aux États-Unis de soutenir des déficits plus élevés que les autres puissances sans crise immédiate de financement, ce qui modifie les contraintes stratégiques classiques.

De son côté, l’historien Adam Tooze décrit la puissance américaine contemporaine comme une puissance « financière-géopolitique », où la domination monétaire et l’accès aux marchés de capitaux constituent un élément central de la projection de puissance. En d’autres termes, la force stratégique ne se mesure plus seulement en divisions ou en porte-avions, mais aussi en capacité à repousser dans le temps le coût réel des décisions présentes.

Sources :

Taux d’imposition du milieu du XXe siècle

Taux marginaux d’imposition : une chronologie historique

The national debt: How and why the US government borrows money

Costs of the 20-year war on terror: $8 trillion and 900,000 deaths

Costs of War – U.S. Federal Budget

Barry Eichengreen : Exorbitant Privilege (rôle international du dollar)

Adam Tooze : Crashed et travaux sur la puissance financière américaine

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Inflation US : Rapport CPI du 11 septembre 2025

Le 11 septembre 2025, le Bureau of Labor Statistics (BLS) a publié les données d’inflation pour le mois d’août. Très attendu par les marchés financiers, ce rapport sur l’Indice des Prix à la Consommation (CPI) éclaire la dynamique des prix à quelques jours de la réunion de la Réserve fédérale (16-17 septembre), où une baisse des taux est largement anticipée.

Des chiffres en ligne avec les attentes

En août, l’inflation globale (CPI-U) a progressé de 0,4 % sur un mois, soit le double de la hausse de juillet (+0,2 %). En rythme annuel, elle s’établit à 2,9 %, contre 2,7 % en juillet, conformément au consensus.

L’inflation sous-jacente (core CPI), qui exclut l’énergie et l’alimentation, a augmenté de 0,3 % en rythme mensuel et de 3,1 % sur un an. Ces chiffres, attendus, traduisent néanmoins des tensions persistantes dans certains secteurs.

Les moteurs de la hausse des prix

  • Logement et loyers : principaux contributeurs à l’inflation, confirmant la pression durable des coûts liés à l’immobilier résidentiel.
  • Alimentation : progression marquée, alimentée par des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
  • Énergie : les prix de l’essence se redressent, reflétant la volatilité des coûts énergétiques.
  • Biens manufacturés : certains segments, comme l’électroménager, affichent au contraire des baisses de prix.

Les tarifs douaniers introduits par l’administration Trump commencent également à peser sur les biens importés. Pour l’instant, leur impact demeure modéré, mais les économistes anticipent un effet plus marqué dans les prochains mois si la tendance se confirme.

Conséquences pour la Fed et réactions de marché

Ce rapport intervient dans un contexte où la Fed est appelée à assouplir sa politique monétaire afin de soutenir une économie fragilisée.

  • Malgré la légère accélération de l’inflation, les chiffres ne constituent pas un frein à une baisse des taux, d’autant que les dernières données sur l’emploi ont révélé une révision à la baisse de 911 000 créations de postes sur l’année écoulée.
  • Les marchés restent confiants : la probabilité d’une baisse de 25 points de base en septembre est largement intégrée, avec 67 % de chances d’un second mouvement en octobre (CME FedWatch).

Les réactions immédiates ont été mesurées :

  • Le S&P 500 a progressé de 0,2 % en contrats à terme,
  • Le dollar s’est légèrement renforcé,
  • Les rendements à 10 ans sont restés stables autour de 4,04 %.

Une trajectoire d’inflation encore incertaine

Si l’inflation globale se maintient dans une zone relativement maîtrisée, l’inflation sous-jacente à 3,1 % reste au-dessus de la cible de la Fed. Plusieurs tendances pourraient cependant limiter les pressions à venir :

  • Le ralentissement progressif des loyers (données Zillow et Fed de Cleveland),
  • La récente modération des prix de l’énergie,
  • Des anticipations d’inflation des ménages stables, évitant un dérapage psychologique.

Conclusion : une fenêtre pour l’assouplissement

Le rapport CPI d’août 2025 confirme un environnement de prix légèrement plus tendu, mais sans remettre en cause la trajectoire de la Fed vers une politique monétaire plus accommodante. L’équilibre reste délicat : soutenir un marché du travail en perte de vitesse tout en préservant la stabilité des prix.

Les prochaines publications, notamment l’indice PCE, indicateur de référence pour la Fed; seront déterminantes pour confirmer la marge de manœuvre dont disposent Jerome Powell et ses collègues dans leur stratégie de normalisation.

Sources :  

– Bureau of Labor Statistics, Consumer Price Index, August 2025 
https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm

– The New York Times, “U.S. Inflation Report Shows Effects of Trump’s Tariffs” https://www.nytimes.com/live/2025/08/12/business/cpi-inflation-tariffs-fed

– TD Economics, U.S. Consumer Price Index (July 2025) 
https://economics.td.com/us-cpi

– CNBC, US CPI Data LIVE Updates
https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm

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Banque & Finance Bourse Economie En vedette Energie Macro Monde

Rapport weekly : faits marquants du 01-05 sept. 2025

La rentrée des marchés financiers a été marquée par un choc venu des États-Unis : le rapport sur l’emploi d’août n’a révélé que 22 000 créations de postes et un chômage à 4,3 %, son plus haut depuis quatre ans. Les investisseurs anticipent désormais un assouplissement monétaire de la Fed dès le 17 septembre. Les taux obligataires se sont repliés en fin de semaine et l’or a atteint un nouveau record. En Europe, l’inflation proche de la cible maintient la BCE en attente. Au Royaume-Uni, la flambée des coûts d’emprunt alimente les craintes budgétaires. Côté matières premières, l’OPEP+ prépare une hausse de production qui pèse déjà sur le pétrole.

Devises majeures

États-Unis : Dollar américain (USD)

Le dollar a reculé, affecté par la détérioration du marché du travail. Les créations de postes se sont effondrées à 22 000 en août, contre plus de 150 000 en moyenne mensuelle sur le premier semestre, et le taux de chômage a progressé à 4,3 %. Les salaires horaires ont certes augmenté de 0,3 % sur un mois, mais sans compenser la faiblesse globale. L’ISM manufacturier est resté en contraction (48,7) et l’ISM services a conservé une dynamique molle. L’ensemble de ces données renforce la probabilité d’une première baisse de taux de 25 points de base dès septembre, ce qui pèse mécaniquement sur le billet vert.

Zone euro : Euro (EUR)

L’euro a profité de l’affaiblissement du dollar pour s’apprécier, même si la zone euro reste confrontée à une conjoncture fragile. L’inflation flash d’août est ressortie à 2,1 %, légèrement supérieure aux attentes, confirmant que la BCE doit maintenir une ligne prudente. Les taux longs européens ont reculé en fin de semaine, entraînant une détente relative des spreads périphériques. La devise conserve ainsi un biais positif, sans toutefois refléter une amélioration nette des fondamentaux.

Royaume-Uni : Livre sterling (GBP)

La livre a évolué sans tendance forte. L’attention s’est portée sur le marché obligataire : le rendement du gilt à trente ans a atteint son plus haut depuis 1998 en début de semaine, avant de refluer vendredi. Les ventes au détail se sont révélées décevantes, avec une progression limitée à 0,4 % contre 0,9 % attendu. Cette combinaison maintient la devise dans un équilibre fragile, prisonnière d’une inflation persistante et d’un contexte budgétaire incertain.

Japon : Yen japonais (JPY)

Aucune statistique majeure n’a été publiée au Japon cette semaine. Le yen est resté guidé par l’aversion au risque internationale et par la baisse des rendements américains, qui a limité la pression à la baisse sur la devise. Le statut de valeur refuge du yen a été préservé, sans mouvement brusque.

Suisse : Franc suisse (CHF)

Le franc a légèrement progressé, bénéficiant d’un contexte global de prudence. Aucun indicateur domestique majeur n’a été diffusé, mais la perspective d’une communication prochaine de la Banque nationale suisse a contribué à soutenir la devise.

Canada : Dollar canadien (CAD)

Les chiffres de l’emploi ont montré 9 400 créations de postes, insuffisantes pour empêcher une hausse du chômage à 7,0 %. L’indice Ivey PMI a reculé à 53,1, traduisant un ralentissement de l’activité. Le recul du pétrole a accentué la pression sur le dollar canadien, qui a terminé la semaine en repli.

Australie : Dollar australien (AUD)

L’AUD a résisté, porté par l’affaiblissement global du dollar et par des flux positifs vers les matières premières industrielles. Aucun chiffre domestique notable n’a été publié, et la devise a surtout reflété le différentiel de politique monétaire, la RBA restant moins accommodante que la RBNZ.

Nouvelle-Zélande : Dollar néo-zélandais (NZD)

Le NZD est resté en retrait, sans catalyseur macroéconomique. La politique très dovish de la RBNZ pèse toujours sur la monnaie, qui s’est contentée de suivre les arbitrages régionaux.

Géopolitique et contexte global

Chine

La Chine a attiré l’attention avec la progression spectaculaire des financements sur marge, qui ont atteint un record de 2,29 trillions de yuans, soit environ 320 milliards de dollars. Ce recours massif à l’endettement pour spéculer en bourse suscite des craintes de volatilité accrue, sans réaction réglementaire immédiate.

Europe

Le marché a suivi de près la flambée des rendements longs au Royaume-Uni et en France, perçue comme un signal de vulnérabilité budgétaire. La détente en fin de semaine a été permise par l’impact des données américaines, mais les interrogations sur la soutenabilité de la dette publique restent présentes.

Russie – Ukraine

Aucun événement militaire d’ampleur n’a marqué la semaine. Le conflit reste figé dans une logique d’attrition, et la prime de risque géopolitique sur les marchés de l’énergie n’a pas diminué. Les regards sont tournés vers la réunion de l’OPEP+ du 8 septembre.

Obligations souveraines

États-Unis

Les Treasuries ont réagi brutalement au rapport emploi. Le rendement du 10 ans a reculé vers 4,09 %, effaçant une partie de la hausse observée plus tôt dans la semaine, tandis que le 2 ans est retombé autour de 3,5 %. La courbe s’est légèrement pentifiée, traduisant l’anticipation d’un assouplissement imminent.

Zone euro

Le Bund à 10 ans a reculé à 2,7 % en fin de semaine, après avoir atteint un sommet de cinq mois. La détente a également concerné les dettes périphériques, soutenues par la perspective d’une Fed plus accommodante.

Royaume-Uni

Le gilt à 30 ans a touché un plus haut depuis 1998, avant de se replier vendredi. Le marché a sanctionné les doutes budgétaires, mais a fini par s’aligner sur le mouvement de détente américain.

Autres zones

Au Japon, le 10 ans JGB est resté stable à 0,9 %. En Suisse, les taux ont peu évolué mais bénéficient de flux refuge. Au Canada, le 10 ans a suivi le mouvement de repli américain. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les obligations ont évolué sans catalyseur propre, avec une légère détente en fin de semaine.

Actions

États-Unis

Après de nouveaux records jeudi, les indices ont cédé du terrain vendredi. Le S&P 500 a terminé la semaine en hausse de 0,3 % et le Nasdaq de 1,1 %. Les valeurs technologiques ont été soutenues par la détente des taux, avec un bond de Broadcom sur fond d’optimisme lié à l’intelligence artificielle. Tesla a progressé après des débats sur la rémunération de son management, tandis que Lululemon a chuté à la suite de ventes décevantes. La faiblesse de l’emploi a toutefois limité l’appétit global pour le risque.

Europe

Les marchés européens ont progressé en début de séance vendredi, portés par la perspective d’une Fed accommodante, mais ont terminé prudemment en l’absence de catalyseur domestique.

Asie-Pacifique

Les marchés asiatiques ont profité de la baisse des rendements mondiaux, mais la Bourse australienne a mis fin à une série de quatre semaines consécutives de hausse, faute de soutien domestique.

Matières premières

Énergie

Les cours du pétrole ont reculé, pénalisés par les anticipations d’une hausse de production de l’OPEP+ dès le 8 septembre et par une augmentation surprise des stocks de brut américains. Le Brent a clôturé sous 66 dollars le baril, en baisse de plus de 2 % sur la semaine.

Métaux précieux

L’or a inscrit un record historique à près de 3 600 dollars l’once. La combinaison d’un marché du travail américain affaibli et d’anticipations de baisse de taux a renforcé la demande pour le métal jaune. L’argent et le platine ont suivi cette dynamique, soutenus à la fois par leur rôle de valeur refuge et par la perspective d’une baisse des rendements réels.

Métaux industriels et agriculture

Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, essentiellement guidés par le recul du dollar et l’évolution du sentiment sur la croissance mondiale. Aucun mouvement particulier n’a été constaté sur les matières premières agricoles, dont les prix sont restés fermes.

Taux d’intérêt et banques centrales

Réserve fédérale

Le marché price désormais à près de 100 % une baisse de 25 points de base en septembre. La faiblesse du marché du travail a alimenté le scénario d’une série de coupes pouvant s’étendre jusqu’en 2026. Les rendements courts ont fortement baissé, confirmant cette lecture.

Banque centrale européenne

Aucune réunion cette semaine. L’inflation à 2,1 % en août conforte l’idée d’un statu quo à court terme. Les discussions sur un assouplissement graduel se poursuivent, mais restent conditionnées à une amélioration nette des perspectives économiques.

Banque d’Angleterre

Pas de communication majeure. Le marché a toutefois sanctionné en début de semaine la sensibilité de la dette britannique aux doutes budgétaires, rappelant que la BoE n’est pas en position d’assouplir sa politique avant un reflux durable de l’inflation.

Autres banques centrales

La Banque du Japon, la Banque du Canada, la RBA, la RBNZ et la BNS n’ont rien annoncé de nouveau cette semaine. Leurs marchés obligataires ont essentiellement suivi les mouvements américains.

Calendrier économique à venir

Semaine du 8 au 12 septembre 2025

  • Lundi 8 septembre : réunion OPEP+ (JMMC)
  • Mardi 9 septembre : nouveaux prêts bancaires en Chine, intervention du président de la BNS Martin Schlegel
  • Mercredi 10 septembre : inflation et prix à la production en Chine, prix à la production aux États-Unis
  • Jeudi 11 septembre : discours du gouverneur adjoint de la RBNZ Hawkesby, décision de la BCE et conférence de presse, inflation CPI aux États-Unis, inscriptions au chômage hebdomadaires
  • Vendredi 12 septembre : PIB mensuel du Royaume-Uni, indice de confiance du Michigan (préliminaire) et anticipations d’inflation aux États-Unis

Sources

https://www.reuters.com/business/us-unemployment-rate-near-4-year-high-labor-market-hits-stall-speed-2025-09-05

https://www.wsj.com/livecoverage/jobs-report-august-stock-market-today-09-05-2025

https://www.reuters.com/business/energy/oil-prices-settle-down-more-than-2-after-weak-us-jobs-report-2025-09-05

https://www.reuters.com/world/india/gold-hits-record-high-nears-3600oz-weak-us-jobs-data-fuels-rate-cut-bets-2025-09-05

https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-euro-indicators/w/2-02092025-ap

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Marchés : faits marquants du 25 au 29 août 2025

La dernière semaine d’août a été rythmée par un recul du dollar, une amélioration fragile en zone euro, une inflation toujours tenace en Asie et de nouvelles tensions commerciales. Les marchés actions américains ont atteint de nouveaux sommets, portés par la technologie et l’industrie, tandis que les rendements obligataires se sont tendus aux États-Unis et au Royaume-Uni, traduisant la persistance d’anticipations restrictives. Dans le même temps, le pétrole est resté soutenu par l’escalade en Ukraine et les métaux industriels ont trouvé un plancher grâce à la stabilisation européenne.

Devises majeures

Dollar américain (USD)

Le billet vert a perdu 0,36 %. Les chiffres de croissance du T2 sont restés solides, mais les signaux avancés s’affaiblissent : l’indice LEI a reculé et la confiance des consommateurs s’est dégradée. L’inflation ralentit graduellement avec un PCE global à 2,5 % et un cœur PCE à 2,6 %. Les inscriptions au chômage (229 000) confirment un marché de l’emploi qui se détend légèrement. La Fed reste prudente : deux baisses de taux sont anticipées d’ici fin 2025, dont une possible dès septembre.

Euro (EUR)

L’euro s’est apprécié (+0,52 %). L’indice Ifo en Allemagne est remonté à 89,0, au plus haut depuis mai 2024, malgré une consommation toujours déprimée. L’inflation allemande a atteint 2,2 % en août. En France, la confiance des ménages a chuté à 87, son plus bas depuis octobre 2023. La BCE reste en retrait, mais une première baisse de taux en 2025 n’est pas exclue.

Livre sterling (GBP)

La livre a reculé (–0,37 %). Aucun chiffre majeur n’a été publié, et l’économie reste confrontée à une faible croissance et à une inflation élevée. La Banque d’Angleterre n’envisage pas d’assouplissement avant 2026.

Yen japonais (JPY)

Le yen s’est légèrement renforcé (–0,07 % sur USDJPY). L’économie japonaise reste fragile : la production industrielle a chuté de –1,6 % en juillet, les ventes au détail n’ont progressé que de +0,3 %. L’inflation de Tokyo atteint 2,9 % et reste alimentée par les prix alimentaires (+7,4 %). La BoJ demeure coincée entre croissance molle et inflation tenace.

Franc suisse (CHF)

Le franc est resté stable. La croissance au T2 (+0,1 %) n’est quasi nulle, l’industrie a chuté (–2,4 %) et les exportations se sont repliées (–2,7 %). Le rôle refuge du CHF reste son principal moteur.

Dollar canadien (CAD)

Le CAD a progressé (+0,44 %). Le PIB du T2 a reculé de –0,4 %, principalement en raison de l’effondrement des exportations (–7,5 %), touchées par les droits de douane américains. La demande intérieure reste robuste (+0,9 %), soutenant la monnaie.

Dollar australien (AUD)

L’AUD a signé la meilleure performance du G10 (+0,56 %). La RBA a abaissé ses taux à 3,60 % mais l’inflation a surpris en hausse en juillet (2,8 % contre 1,9 % en juin). Le marché anticipe désormais une seule baisse de taux supplémentaire d’ici fin 2025.

Dollar néo-zélandais (NZD)

Le NZD a gagné 0,23 %. La confiance des entreprises s’améliore, mais l’activité propre recule et l’emploi reste faible. L’inflation reste stable à 2,6 %. Le différentiel de taux défavorable vis-à-vis de l’AUD limite l’attrait du NZD.

Géopolitique

Commerce mondial

Washington a doublé ses droits de douane sur l’Inde à 50 %, en réponse aux importations de pétrole russe. Les États-Unis menacent également l’Union européenne de mesures punitives face aux taxes numériques. En parallèle, un accord avec la Corée du Sud est proche et des discussions avec la Chine sont prévues pour l’automne.

Russie – Ukraine

L’Ukraine a intensifié ses frappes de drones contre les infrastructures énergétiques russes, ciblant notamment des terminaux gaziers et des raffineries. Moscou a riposté en bombardant Kiev, endommageant des bâtiments liés à l’Union européenne. La situation militaire et diplomatique reste bloquée, renforçant la prime de risque sur le pétrole.

Asie

La Chine reste en retrait avant les négociations commerciales avec Washington. Le Japon a vu une visite diplomatique annulée, tandis que la Corée du Sud renforce sa coopération économique et sécuritaire avec les États-Unis.

Obligations souveraines

Aux États-Unis, le 10 ans s’est établi à 4,4 %, son plus haut niveau en six semaines. La courbe reste inversée (2 ans–10 ans : –25 pb) mais l’inversion se réduit, signe d’une consommation résiliente.

En zone euro, le Bund a évolué autour de 2,2 %, les spreads périphériques (Italie, Espagne) se resserrant légèrement grâce à une détente commerciale avec Washington.

Au Royaume-Uni, le 10 ans gilt a atteint 4,3 %, tiré par une inflation persistante et l’absence de perspective de baisse de taux.

Au Japon, le 10 ans JGB est resté proche de 0,9 %, la BoJ maintenant une politique ultra-accommodante.

Le 10 ans canadien a évolué à 3,6 %, influencé par la contraction du PIB.

En Australie, le 10 ans ACGB a tourné autour de 3,9 %, malgré une RBA en pause prolongée.

En Nouvelle-Zélande, les rendements se sont fortement détendus, avec un 2 ans en baisse, reflétant l’anticipation de nouvelles baisses de taux.

En Suisse, le 10 ans est resté à 0,9 %, soutenu par le rôle refuge du franc.

Actions

Les indices américains (S&P 500, Nasdaq) ont atteint de nouveaux records, soutenus par la technologie et l’industrie. Les PMI robustes ont encouragé l’optimisme, mais la composante inflation a limité l’élan. Les secteurs de l’immobilier et de la consommation discrétionnaire sont restés en retrait.

En Europe, l’Euro Stoxx 50 a progressé, aidé par l’automobile et l’industrie, mais la récession allemande a freiné les gains.

À Londres, le FTSE a été soutenu par les valeurs minières et énergétiques, alors que les titres domestiques liés à la consommation ont souffert.

À Tokyo, le Nikkei a gagné grâce à la faiblesse du yen, mais les exportations restent fragiles.

Matières premières

Énergie

Le pétrole a poursuivi sa hausse, alimentée par les attaques contre les infrastructures russes et les perturbations du pipeline Druzhba. Le diesel canadien a bondi de +6,6 %, reflétant des tensions sur le marché raffiné. Le gaz naturel européen est resté stable, mais la menace d’interruptions russes entretient une forte volatilité.

Métaux précieux

L’or est resté soutenu par la demande refuge, dans un climat de tensions géopolitiques. La hausse des rendements US limite néanmoins son potentiel. L’argent et le platine ont suivi, tirés par leur double rôle refuge et industriel.

Métaux industriels

Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, aidés par le retour du PMI manufacturier européen en territoire d’expansion. Au Canada, les métaux industriels ont progressé (+2,7 %), notamment les alliages (+12,4 %), grâce à une forte demande dans la construction et l’électronique.

Agriculture

Les prix agricoles restent en forte hausse. Au Japon, le riz affiche toujours +90 % sur un an malgré les mesures de stabilisation. En Allemagne, le café et le bœuf ont bondi de +38 %. Au Canada, la volaille (+7,9 %) et les produits laitiers poursuivent leur hausse.

Taux d’intérêt

  • Fed : l’économie américaine reste solide, mais l’inflation ralentit trop lentement. La banque centrale prépare deux baisses de taux d’ici fin 2025, dont une probable en septembre. Le 10 ans reste élevé à 4,4 %, preuve que le marché croit encore à une politique restrictive prolongée.
  • BCE : l’inflation dans la zone euro est proche de la cible (2,2 % en Allemagne), mais la croissance reste fragile. La BCE privilégie une posture attentiste, tout en gardant ouverte la possibilité d’un assouplissement fin 2025.
  • BoE : avec une inflation supérieure à 3 %, la Banque d’Angleterre ne peut envisager aucun relâchement avant 2026. La courbe britannique reste pentue, reflétant la défiance sur la trajectoire budgétaire.
  • BoJ : malgré une inflation à 2,9 % à Tokyo, la consommation atone pousse la BoJ à maintenir une politique ultra-accommodante. Les JGBs restent stables.
  • BoC : la contraction du PIB n’a pas poussé la Banque du Canada à bouger. Son objectif d’inflation à 2 % est réaffirmé, avec une posture neutre.
  • RBA : après avoir abaissé son taux directeur à 3,60 %, la banque reste prudente face à une inflation sous-jacente encore élevée. Une seule nouvelle baisse est attendue.
  • RBNZ : la plus dovish du G10. Le marché price deux nouvelles baisses d’ici la fin de l’année, ce qui affaiblit le NZD.
  • BNS : neutre, la Banque nationale suisse s’aligne sur les grandes tendances mondiales tout en profitant du rôle refuge de sa monnaie.

Calendrier économique (31 août – 5 septembre 2025)

Dimanche 31 août : PMI manufacturier Chine (49,4), PMI non-manufacturier (50,3)

Lundi 1er septembre : jour férié au Canada et aux États-Unis

Mardi 2 septembre : inflation flash zone euro, ISM manufacturier États-Unis

Mercredi 3 septembre : PIB Australie, discours Lagarde (BCE), discours Bullock (RBA), auditions monétaires Royaume-Uni, JOLTS US

Jeudi 4 septembre : CPI Suisse, ADP US, demandes d’allocations chômage US, ISM services US

Vendredi 5 septembre : ventes au détail UK, emploi Canada, chômage Canada, NFP US, chômage US, salaires US, PMI Ivey Canada

Sources :

Banques centrales

https://www.federalreserve.gov

https://www.ecb.europa.eu

https://www.bankofengland.co.uk

https://www.boj.or.jp

https://www.rba.gov.au

https://www.rbnz.govt.nz

https://www.bns.admin.ch

Institutions statistiques

https://www.bls.gov

https://www.destatis.de

https://www.insee.fr

https://www150.statcan.gc.ca

https://www.abs.gov.au

https://www.stat.go.jp

Médias financiers et données de marché

https://www.reuters.com

https://www.bloomberg.com

https://www.ft.com

https://www.tradingeconomics.com

https://www.tradingview.com

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Été 2025 : entre records et secousses

L’été 2025 aura été l’un des plus intenses de la décennie pour les marchés financiers. Tandis que Wall Street inscrivait de nouveaux records historiques, porté par la vague de l’intelligence artificielle et par des signaux monétaires plus accommodants, l’Europe oscillait entre reprise fragile et incertitudes tarifaires.

L’Asie, elle, a jonglé entre la puissance de Taïwan dans les semi-conducteurs et l’ombre persistante de la crise immobilière chinoise. Mais derrière cette euphorie apparente, les investisseurs ont été confrontés à des secousses brutales, comme la déroute de Novo Nordisk, aux tensions géopolitiques croissantes entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et à l’épilogue symbolique de la chute d’Evergrande.

L’été 2025 restera comme un moment charnière : celui où les marchés ont commencé à parier sur un “pivot” monétaire, tout en réalisant que l’économie mondiale reste semée de pièges.

Macroéconomie et banques centrales : un pivot en préparation

Sur le plan macroéconomique, l’été a confirmé un scénario de ralentissement maîtrisé. Aux États-Unis, l’inflation est retombée à 2,7 % en juillet, avec un cœur à 3,1 %. L’emploi a montré des signes de modération, donnant à Jerome Powell l’argument nécessaire pour préparer une baisse de taux.

À Jackson Hole, le président de la Fed a surpris en ouvrant la porte à une détente monétaire dès septembre. Les marchés obligataires ont aussitôt salué l’annonce : le 10 ans américain est revenu vers 4,25 %, et le dollar a cédé du terrain.

En Europe, la BCE a préféré marquer une pause après avoir ramené son taux de dépôt à 2 % en juin. L’institution, confortée par un PMI composite en hausse à 51,1 en août, a estimé que la désinflation restait en bonne voie, même si l’inflation des services demeure un risque.

À Londres, la Banque d’Angleterre a pris une décision audacieuse : réduire son taux directeur à 4 % début août. Une décision aussitôt compliquée par le rebond de l’inflation britannique à 3,8 %, son plus haut niveau depuis plus d’un an. Enfin, au Japon, la BoJ a poursuivi sa normalisation graduelle en relevant son taux directeur à 0,35 %, dans un contexte où le yen reste faible malgré le resserrement monétaire.

Actions : gagnants et perdants de l’été

Les grands gagnants de l’été se trouvent dans la tech et la finance. Microsoft a livré des résultats spectaculaires, avec une progression de 39 % pour Azure et un capex record de 30 milliards de dollars, propulsant sa capitalisation au-delà de 4 000 milliards. Palantir a dépassé pour la première fois le milliard de dollars de revenus trimestriels et relevé fortement ses prévisions, confirmant la solidité de sa trajectoire.

TSMC a annoncé un bénéfice net record, en hausse de 60 % sur un an, consolidant son rôle central dans l’économie de l’IA. Les banques UBS et Santander se sont distinguées en publiant des bénéfices solides, portés par la bonne tenue de leurs activités commerciales et par une gestion prudente des coûts.

À l’inverse, plusieurs géants ont connu un été difficile. Novo Nordisk a vu sa capitalisation s’évaporer après un plongeon de plus de 10 % en août, les investisseurs doutant de sa capacité à maintenir son avance dans l’obésité. Dans le luxe, Kering a été sanctionné avec un recul de 15 % de ses ventes au T2, dont un plongeon de 25 % pour Gucci, tandis que LVMH a mieux résisté.

Renault a affiché une perte nette de plus de 11 milliards d’euros liée à une dépréciation sur Nissan et a abaissé ses prévisions de marge et de cash-flow. Enfin, l’éolien offshore européen a souffert de retards et de coûts persistants, avec Ørsted en première ligne.

Matières premières et obligations : l’or roi, le pétrole stable

Sur le marché des matières premières, l’or a confirmé son statut de valeur refuge ultime. Le métal jaune a franchi le seuil symbolique des 3 000 dollars l’once début août, stimulé par la perspective d’une baisse des taux américains et par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le pétrole, en revanche, est resté étonnamment stable.

Le Brent a évolué autour de 67-68 dollars le baril, coincé entre une demande estivale soutenue et la prudence des investisseurs face aux incertitudes mondiales.

Côté obligations, la détente des rendements a permis aux actifs sensibles aux taux de respirer. Les small caps américaines et l’immobilier coté ont connu un rebond marqué après Jackson Hole. Les investisseurs ont commencé à rallonger leurs positions de duration, anticipant que l’ère des taux élevés touche à sa fin.

Géopolitique : un été sous haute tension

Si les marchés financiers ont fêté Jackson Hole, ils n’ont pas pu ignorer la montée des tensions au Moyen-Orient. Dès juillet, Israël a multiplié les signaux de fermeté à l’égard de l’Iran, accusé de soutenir des groupes armés régionaux. Les États-Unis ont affiché leur soutien inconditionnel à Tel-Aviv, tout en affirmant ne pas vouloir d’une extension du conflit.

Mais à Washington comme à Jérusalem, le message a été clair : toute attaque iranienne sera suivie de représailles.

Dans ce contexte, les investisseurs ont retrouvé de vieux réflexes. L’or a été plébiscité comme valeur refuge, et les flux vers les actifs jugés sûrs se sont intensifiés. Le risque géopolitique est redevenu un facteur central, rappelant que les marchés restent vulnérables aux soubresauts diplomatiques.

À l’autre bout de l’Asie, la radiation d’Evergrande de la Bourse de Hong Kong, fin août, a marqué l’épilogue symbolique d’une crise immobilière qui secoue la Chine depuis plusieurs années. Ce geste, hautement symbolique, a ravivé les craintes sur la solidité du modèle économique chinois, malgré un PIB affiché à +5,2 % au deuxième trimestre.

Perspectives : un automne sous surveillance

À la veille de la rentrée, trois grandes questions se posent. La première est monétaire : la Fed concrétisera-t-elle une première baisse de taux en septembre ? Si oui, le marché pourrait prolonger sa dynamique haussière, mais un chiffre d’inflation ou d’emploi mal orienté pourrait raviver la volatilité.

La deuxième est géopolitique : les tensions au Moyen-Orient, associées aux incertitudes commerciales, constituent une menace immédiate. Une escalade entre Israël, l’Iran et les États-Unis aurait des répercussions directes sur l’énergie et sur la confiance des marchés.

Enfin, la troisième est microéconomique : la vague de l’IA doit continuer de se traduire par des résultats tangibles. Si Microsoft, Palantir et TSMC ont montré la voie, les prochaines publications diront si cette tendance se diffuse à l’ensemble du secteur.

En résumé, l’été 2025 a été celui des contrastes : des marchés actions au zénith, des banques centrales qui amorcent leur pivot, mais aussi des chocs d’entreprises et des menaces géopolitiques qui rappellent la fragilité de cette euphorie. L’automne dira si la promesse d’un atterrissage en douceur peut tenir face aux secousses du monde réel.

Sources
https://www.reuters.com/markets/us/powell-signals-september-rate-cut-jackson-hole-2025-08-22/
https://www.reuters.com/markets/europe/ecb-leaves-interest-rates-unchanged-amid-tariff-uncertainty-2025-07-24/
https://www.reuters.com/world/uk/bank-england-cuts-rates-4-after-narrow-5-4-vote-2025-08-07/
https://www.reuters.com/markets/us/us-consumer-inflation-cools-more-than-expected-july-2025-08-14/
https://www.reuters.com/markets/commodities/gold-hits-record-high-above-3300-rate-cut-hopes-build-2025-08-21/
https://www.ft.com/content/microsoft-capex-30bn-ai-2025
https://www.reuters.com/business/palantir-lifts-annual-revenue-forecast-again-ai-demand-accelerates-2025-08-04/
https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/novo-nordisk-shares-plunge-obesity-drugs-2025-08-06/
https://www.reuters.com/business/autos-transportation/renault-h1-loss-guidance-nissan-impairment-2025-07-26/
https://www.bloomberg.com/news/articles/2025-07-30/kering-sales-slump-gucci-down-25-lvmh-resilient
https://www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/ubs-beats-expectations-with-24-billion-second-quarter-profit-2025-07-30/
https://www.reuters.com/business/finance/santanders-q2-net-profit-rises-7-same-period-2024-2025-07-30/
https://www.reuters.com/world/middle-east/white-house-american-people-not-seek-wider-war-2025-08-14/
https://www.reuters.com/world/middle-east/us-ready-strike-back-mid-east-attack-ambassador-2025-08-20/
https://www.reuters.com/world/china/evergrande-delist-hong-kong-2025-08-25/

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Faits marquants des marchés – 18 au 22 août 2025

Conjoncture macro & géopolitique

La semaine a été marquée par un contraste fort entre la vigueur économique américaine et les signaux fragiles en Europe. Aux États-Unis, les PMI flash ont confirmé une activité robuste, tant dans l’industrie que dans les services, avec une accélération de l’inflation sous-jacente qui complique la tâche de la Réserve fédérale. En Europe, le retour du PMI manufacturier en expansion pour la première fois depuis trois ans a apporté un souffle d’optimisme, mais l’Allemagne a replongé en récession au deuxième trimestre.

Sur le plan géopolitique, la guerre en Ukraine a de nouveau dominé l’actualité. La Russie a lancé une attaque massive par drones et missiles, tandis que l’Ukraine poursuit sa quête de garanties de sécurité. La suspension de l’oléoduc Druzhba a renforcé les craintes sur la sécurité énergétique de l’Europe centrale. Par ailleurs, la Corée du Nord a accentué son soutien symbolique à Moscou, et la Chine a laissé entendre que Xi Jinping ne participerait pas au sommet de l’ASEAN, réduisant les perspectives d’un rapprochement avec Washington.

Devises (G8)

  • Dollar américain (USD) : Soutenu par des PMI très solides (55,4, plus haut en 8 mois) et une inflation persistante, le billet vert reste ferme. Les propos de Powell à Jackson Hole, orientés vers un ciblage flexible de l’inflation, confirment que la Fed reste vigilante.
  • Euro (EUR) : PMI composite de la zone euro à 51,1, au plus haut depuis 15 mois, mais l’Allemagne s’enfonce en récession (–0,3 % au T2). L’euro reste sous pression, pris entre stabilisation régionale et faiblesse allemande.
  • Livre sterling (GBP) : Le PMI a surpris à la hausse (53,0), porté par les services, mais l’inflation a accéléré à 3,8 %. La BoE devrait maintenir une posture hawkish jusqu’en 2026.
  • Yen japonais (JPY) : PMI modeste (51,9), inflation ralentissant à 3,1 % mais toujours au-dessus de la cible. Le yen reste affaibli par la divergence avec la Fed.
  • Dollar canadien (CAD) : Les ventes au détail de juin ont surpris à la hausse (+1,5 %), mais l’estimation de juillet pointe une contraction (–0,8 %). Le CAD demeure dépendant de l’énergie et du risque global.
  • Dollar australien (AUD) : Croissance robuste (PMI 53,8), emploi toujours en hausse. La RBA reste en pause prolongée.
  • Dollar néo-zélandais (NZD) : La RBNZ a abaissé son taux directeur à 3 %, quatrième baisse consécutive. Biais fortement dovish, pression baissière persistante sur le NZD.
  • Franc suisse (CHF) : Léger affaiblissement dans un climat de marchés plus risk-on. La BNS reste discrète.

Marchés actions

Les marchés actions ont évolué de manière contrastée :

  • États-Unis : S&P 500 et Nasdaq ont atteint de nouveaux records historiques, portés par la tech et l’industrie, mais la composante inflation des PMI a limité la progression. Immobilier et consommation restent pénalisés par les taux.
  • Europe : Euro Stoxx 50 soutenu par les PMI, mais l’ombre de la récession allemande maintient une prudence générale.
  • Royaume-Uni : FTSE aidé par les services et les valeurs liées aux matières premières.
  • Japon : Nikkei en hausse grâce au yen faible, mais exportations en repli.
  • Canada : Soutien des valeurs de consommation et de l’énergie.
  • Australie : L’ASX a progressé avec un PMI solide.
  • Nouvelle-Zélande : Marchés sous-performants, pénalisés par la politique monétaire accommodante.

Obligations

  • US Treasuries : Rendements en hausse, le 10 ans au-dessus de 4,4 %, reflétant les anticipations d’une Fed plus hawkish. La courbe reste inversée mais l’écart se réduit.
  • Zone euro : Bund 10 ans autour de 2,2 %. PMI encourageants mais PIB allemand négatif. Spreads périphériques en resserrement.
  • Gilts britanniques : Forte vente après la surprise inflation. 10 ans proche de 4,3 %.
  • JGB japonais : Stabilité des rendements, 10 ans autour de 0,9 %.
  • Canada : 10 ans proche de 3,6 %, trajectoire guidée par les Treasuries.
  • Australie : Rendements stables, 10 ans autour de 3,9 %.
  • Nouvelle-Zélande : Forte détente obligataire après la baisse des taux de la RBNZ.
  • Suisse : 10 ans proche de 0,9 %, profil refuge inchangé.

Matières premières

  • Énergie : Le pétrole soutenu par la coupure de l’oléoduc Druzhba. Diesel en forte hausse au Canada (+6,6 %). Gaz européen stable mais exposé aux risques géopolitiques.
  • Métaux précieux : Or et argent recherchés pour leur rôle refuge, mais freinés par le dollar fort et la hausse des taux US. Platine et palladium en hausse modeste.
  • Métaux industriels : Cuivre stabilisé, aluminium et acier soutenus par l’amélioration industrielle européenne. Au Canada, les alliages ont bondi (+12,4 %).
  • Agriculture : Riz toujours très cher au Japon (+90 % a/a), mais stabilisation grâce aux stocks d’urgence. Alimentation en forte inflation : volaille au Canada (+7,9 %), café et bœuf en Allemagne (+38 % chacun).

Taux & Banques centrales

  • Fed (États-Unis) : Powell a acté un pivot stratégique : fin du rattrapage inflationniste, retour à un ciblage flexible. Le marché réduit ses anticipations de baisse en septembre, mais la porte reste ouverte.
  • BCE (Zone euro) : Ton attentiste. Nagel souligne l’absence d’arguments pour une baisse immédiate, malgré la faiblesse allemande.
  • BoE (Royaume-Uni) : Inflation persistante à 3,8 %. Pas de baisse attendue avant 2026.
  • BoJ (Japon) : Inflation >3 %, exportations en recul. Politique inchangée, prudence maximale.
  • BoC (Canada) : Données contrastées, banque centrale en observation.
  • RBA (Australie) : Pause prolongée, économie solide mais inflation en repli.
  • RBNZ (Nouvelle-Zélande) : Biais dovish marqué, taux directeur réduit à 3 %, nouvelles baisses attendues.
  • BNS (Suisse) : Pas de mouvement, suit le climat global.

Données à venir (25–29 août 2025)

  • États-Unis : Commandes de biens durables (25/08), PIB révisé T2 (27/08), déflateur PCE (29/08).
  • Zone euro / Allemagne : IFO (26/08), inflation (29/08).
  • Royaume-Uni : Ventes au détail (28/08).
  • Japon : Production industrielle (29/08).
  • Canada : PIB (29/08).
  • Australie : Ventes au détail (27/08).
  • Suisse : Indicateur KOF (28/08).

Conclusion

La semaine confirme la robustesse américaine, qui maintient la Fed dans une position hawkish, tandis que l’Europe navigue entre reprise timide et récession allemande. Les devises reflètent ces divergences : USD et GBP restent solides, NZD sous pression. Les matières premières, tirées par l’énergie et l’agriculture, alimentent encore l’inflation

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21 août 2025 : résilience et tensions inflationnistes

Géopolitique et tensions internationales

La journée du 21 août a été dominée par une intensification du conflit en Ukraine. Plus de 570 drones et 40 missiles russes ont frappé le pays, tandis que Kiev poursuit ses efforts pour obtenir des garanties de sécurité dans les jours à venir. Washington a annoncé un projet de drones d’une valeur de 50 milliards de dollars sur cinq ans, destiné à renforcer la capacité de production technologique face à Moscou.

Sur le front diplomatique, les perspectives de dialogue restent minces. L’Ukraine refuse toute reconnaissance juridique de l’occupation russe, alors même que Budapest est envisagé comme lieu potentiel de négociation. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé l’absence de volonté ukrainienne de parvenir à un accord durable, tandis que Vladimir Poutine a réaffirmé être disposé à rencontrer Volodymyr Zelensky, sous réserve que toutes les questions soient préalablement clarifiées. Ces divergences maintiennent un climat d’incertitude prolongée en Europe de l’Est.

Dynamique économique mondiale

Les publications macroéconomiques de la journée du 21 août mettent en évidence un contraste marqué entre les grandes zones économiques.

  • États-Unis : L’activité repart fortement avec un PMI composite à 55,4, son plus haut niveau en huit mois. Le secteur manufacturier atteint 53,3, un sommet inédit depuis plus de trois ans, et les services se maintiennent à un rythme solide. L’emploi progresse, mais cette vigueur s’accompagne d’une inflation plus marquée : l’indice des prix de sortie grimpe à 59,3, son plus haut en trois ans. La Réserve fédérale fait face à une équation complexe : l’économie reste robuste, mais les pressions inflationnistes limitent toute marge de manœuvre pour un assouplissement rapide.
  • Zone euro : Le PMI composite ressort à 51,1, au plus haut depuis quinze mois, signalant une sortie de contraction industrielle (50,5) et une reprise timide des services (50,7). L’emploi poursuit sa progression, mais les coûts des intrants continuent de peser sur les marges. Pour la BCE, cette dynamique relance le dilemme entre accompagner la reprise et maintenir la pression contre l’inflation.
  • Royaume-Uni : Le PMI composite atteint 53,0, son plus haut en un an, porté par une forte expansion des services (53,6). L’industrie reste en contraction à 47,3, ce qui freine la croissance globale. La Banque d’Angleterre, malgré un regain d’optimisme, pourrait retarder tout mouvement d’assouplissement afin de contenir les tensions inflationnistes.
  • Canada : Les prix à la production progressent de 0,7 % sur un mois et de 2,6 % sur un an, tirés par l’énergie et les matières premières. Le diesel (+6,6 %) et les métaux précieux (+2,7 %) illustrent une tendance haussière qui pourrait alimenter de nouvelles tensions sur les prix finaux. La Banque du Canada devra rester vigilante face à une inflation concentrée mais persistante.
  • Australie et Japon : Les économies affichent une croissance modérée mais stable. En Australie, le PMI composite s’élève à 53,8, porté par les services, tandis que le Japon progresse légèrement à 51,9, soutenu par la demande intérieure.
  • France et Allemagne : Les indicateurs nationaux restent contrastés. En France, le PMI composite ressort à 49,8, traduisant une stagnation économique. En Allemagne, l’indice remonte également à 49,8, son plus haut niveau depuis plusieurs mois, grâce à une stabilisation manufacturière. Toutefois, la demande demeure atone et les perspectives restent prudentes.

Confiance des consommateurs en Europe

Les enquêtes de confiance se dégradent à nouveau, reculant de 0,3 point dans l’Union européenne et de 0,8 point dans la zone euro. Le sentiment des ménages reste affecté par la persistance de l’inflation et l’incertitude sur l’orientation des politiques monétaires, freinant un éventuel rebond de la consommation.

Conclusion

La journée 21 août met en lumière une dynamique mondiale à double vitesse. Les États-Unis confirment une reprise vigoureuse, mais au prix d’un retour marqué des tensions inflationnistes. En Europe, une timide amélioration conjoncturelle se dessine, mais la faiblesse de la demande et l’érosion de la confiance limitent les perspectives. Les banques centrales, de Washington à Francfort et Londres, se retrouvent face au même dilemme : accompagner la croissance ou contenir l’inflation.

La résilience de l’activité économique contraste ainsi avec la persistance de pressions sur les prix, laissant augurer d’une rentrée placée sous le signe de l’incertitude monétaire et géopolitique.

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PPI US : accélération surprise, marché du travail solide… et Powell conforté

PPI de juillet : un choc inflationniste

Les prix à la production aux États-Unis ont bondi en juillet, bien au-delà des attentes.

Le PPI global progresse de 0,9 % sur un mois (contre 0,2 % attendu) et de +3,3 % sur un an (2,5 % attendu), après 2,4 % en juin. Il s’agit de la plus forte hausse mensuelle depuis mai 2022.

Le Core PPI (hors alimentation, énergie et services commerciaux) grimpe de 0,6 % sur un mois, sa plus forte progression depuis mars 2022, et affiche +2,8 % sur un an. Le PPI hors alimentation et énergie atteint même +3,7 % sur un an (2,9 % attendu).

Ces chiffres confirment que les pressions inflationnistes en amont de la chaîne de production restent bien présentes, en particulier dans les services et certains biens manufacturés.


Chômage : toujours aucun signe de faiblesse

Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage reculent à 224 000 (contre 228 000 attendus), tandis que les demandes continues baissent à 1,953 million (1,964 million attendu).

Le marché du travail reste donc robuste, ce qui entretient la pression salariale et, par ricochet, sur les prix.


Trump contre Powell : le contexte politique

Ces données vont à l’encontre des pressions exercées par Donald Trump sur Jerome Powell. Le président exhorte depuis plusieurs semaines la Fed à baisser rapidement ses taux directeurs pour stimuler l’économie avant l’élection.

Or, la surprise haussière sur le PPI, combinée à l’absence de dégradation du marché du travail et à une inflation à la consommation (CPI) encore résiliente mardi, confirme la position prudente de Powell.

Accélérer la baisse des taux dans un tel contexte serait prématuré, car cela risquerait d’alimenter de nouvelles tensions inflationnistes alors que la production américaine se maintient bien et que la consommation reste modérée.


Réaction des marchés

Les marchés ont immédiatement réagi à la publication :

  • Probabilité de baisse de taux en septembre : 93 %, contre 100 % hier.
  • Cumul des baisses anticipées d’ici fin 2025 : 58 points de base, contre 63 avant la publication.

Les indices américains ont ouvert en légère baisse : le S&P 500 recule d’environ 0,4 %, le Nasdaq de 0,5 %, et le Dow Jones de 0,3 %. Le dollar s’est raffermi face aux principales devises, tandis que Bitcoin et Ethereum ont perdu du terrain, pénalisés par la réduction des anticipations de baisse de taux.

En résumé

  • Inflation en amont : plus forte que prévu, via un PPI en accélération.
  • Marché du travail : solide, avec des demandes de chômage en baisse.
  • Contexte politique : les données donnent raison à Powell face aux pressions de Trump.
  • Marchés financiers : repli des indices et hausse du dollar, signe d’une prudence accrue.

Sources