LWR9rz0B5_jWJo9zQZbgVIzLEtN8wMZi5qCPMc-5KxU
Catégories
En vedette Investissement & Stratégies Pédagogie & concepts clés

Le LBO : comment racheter une entreprise avec sa propre dette ?

Effet de levier, holding de reprise, dette senior : voici le décryptage d’un mécanisme aussi puissant que risqué.

Il existe une opération financière qui fascine et dérange à parts égales : le LBO, ou Leveraged Buyout. En français, on appelle cela private equity, ou rachat par effet de levier. D’abord, l’idée consiste à racheter une entreprise en lui faisant financer elle-même son acquisition.

Ainsi, l’acheteur apporte une mise initiale limitée, emprunte le reste, et la cible rembourse la dette grâce aux profits générés. Comprendre le LBO, c’est comprendre une logique qui structure une large partie du capitalisme contemporain. Cela explique à la fois des succès stories et des faillites retentissantes.

Le principe : faire travailler le levier

Un leveraged buyout est une opération par laquelle un investisseur réalise l’acquisition d’une entreprise en se finançant pour partie en dette. Le financement partiel en dette permet à l’investisseur de maximiser le rendement du capital qu’il investit.

Prenons un exemple simple. Un fonds veut racheter une entreprise valorisée à 100. Il y investit 30 de ses propres fonds et emprunte 70. Cinq ans plus tard, l’entreprise a généré suffisamment de trésorerie pour rembourser la dette. Le fonds revend l’entreprise 130, soit un gain de 100 sur une mise de 30. Son capital a plus que triplé, alors que la valeur de l’entreprise n’a crû que de 30 %.

C’est l’effet de levier : l’endettement amplifie mécaniquement le rendement des capitaux propres investis.

Dans les conditions actuelles du marché, le levier financier peut atteindre, voire légèrement dépasser, cinq fois l’excédent brut annuel de l’entreprise. Autrement dit, une entreprise dégageant 20 millions d’EBITDA peut se retrouver portant jusqu’à 100 millions de dette d’acquisition. Tout l’enjeu est ensuite qu’elle génère suffisamment de cash pour honorer ses échéances sans mettre en péril son activité.

La structure : une holding au cœur du montage

Le LBO ne fonctionne pas en direct. Il passe par la création d’une société holding (souvent appelée NewCo) spécialement constituée pour l’opération. Le rachat est effectué par cette holding qui utilise l’endettement pour acquérir les titres de la société cible et en prendre le contrôle.

Concrètement, le fonds d’investissement apporte ses capitaux propres dans la holding. La holding emprunte le solde auprès de banques ou d’investisseurs spécialisés, puis rachète les titres de la cible. Une fois l’acquisition réalisée, la cible remonte ses bénéfices vers la holding, sous forme de dividendes, qui s’en sert pour rembourser la dette. L’acheteur n’emprunte donc jamais en son nom propre : la dette est logée dans la structure, ce qui protège les actionnaires au-delà de leur mise initiale.

Ce montage génère par ailleurs un avantage fiscal.

Les intérêts de la dette sont déductibles de l’impôt sur les sociétés de la holding.

De plus, le régime d’intégration fiscale permet, sous conditions, de consolider les résultats de la holding et de la cible.

La dette en couches : senior, mezzanine, unitranche

Tous les prêteurs ne se valent pas dans un LBO. La structuration de l’accord inclut plusieurs strates de dette, négociées pour garantir un montage financier optimal.

  • La dette senior est prioritaire : remboursée en premier en cas de difficulté, elle est donc moins risquée et moins chère. Elle représente généralement la part la plus importante du financement.
  • La dette mezzanine, subordonnée, supporte un risque plus élevé et se rémunère en conséquence par un taux d’intérêt plus fort, parfois assorti de bons de souscription d’actions.
  • La dette unitranche, plus récente, fusionne senior et mezzanine en un instrument unique, simplifiant la structure pour les opérations de taille intermédiaire.

La répartition entre fonds propres et dette varie selon les opérations et les conditions de marché. Le ratio d’endettement est généralement élevé, souvent compris entre 60 et 80 % de dettes et 20 et 40 % de capitaux propres. En période de taux bas, les prêteurs sont plus généreux et les leviers s’allongent. En période de resserrement monétaire, comme celui de 2022-2023, le coût de la dette augmente, les multiples se compriment, et certains montages deviennent intenables.

Qui fait un LBO, et sur quoi ?

Les acteurs du LBO sont principalement les fonds de private equity, des véhicules d’investissement qui lèvent des capitaux auprès d’institutionnels (fonds de pension, assureurs, family offices) pour les déployer dans des rachats d’entreprises non cotées. Si ces opérations étaient historiquement réservées aux investisseurs professionnels, il existe aujourd’hui différentes solutions permettant aux particuliers d’investir en private equity et de s’exposer au capital d’entreprises non cotées.

Mais il existe plusieurs variantes selon qui rachète :

  • Le MBO (Management Buyout) désigne le rachat de l’entreprise par son propre management, accompagné d’un fonds. C’est souvent le cas lors des cessions de filiales par des groupes industriels.
  • Le MBI (Management Buy-In) implique au contraire une équipe dirigeante extérieure qui vient prendre le contrôle avec l’appui d’un fonds.
  • L’OBO (Owner Buy-Out) permet à un dirigeant-actionnaire de monétiser une partie de son capital tout en restant aux commandes. C’est un mécanisme très prisé pour la transmission d’entreprises familiales.

Les entreprises matures et rentables représentent les meilleures cibles pour un LBO, avec des flux de trésorerie solides et stables dans le temps qui permettent une visibilité favorable pour rembourser la dette. On recherche donc des secteurs peu cycliques, des positions concurrentielles établies, et des besoins en investissement limités, pour que le cash généré aille en priorité rembourser les créanciers plutôt que financer des investissements lourds.

Deux exemples aux destins opposés

Hilton Hotels par Blackstone (2007). Le rachat du groupe hôtelier américain pour 26 milliards de dollars, en pleine euphorie du crédit, constitue l’un des LBO les plus étudiés de l’histoire.

La crise de 2008 a frappé de plein fouet le secteur touristique, et plusieurs partenaires financiers du deal, dont Lehman Brothers, ont fait faillite. Blackstone a néanmoins restructuré la dette avant la cessation de paiements, accompagné le management dans une refonte opérationnelle profonde et finalement revendu Hilton en réalisant une plus-value historique. Bloomberg a qualifié l’opération de « best LBO ever ».

La leçon : même dans un contexte catastrophique, un bon management et une gestion disciplinée de la dette peuvent sauver un LBO.

Vivarte et Camaïeu, le revers de la médaille. Camaïeu a subi deux LBO successifs en 2005 et en 2007. Le groupe Vivarte a suivi une trajectoire parallèle avec des montages LBO en 2004 et en 2007. Dans les deux cas, ces opérations ont créé un déséquilibre structurel profond accroissant leur probabilité de faillite.

Vivarte a accumulé jusqu’à 2,8 milliards d’euros de dette avant de frôler la disparition en 2017. Camaïeu a définitivement mis la clé sous la porte en 2022. Les LBO successifs ont repoussé l’échéance sans résoudre le problème de fond, et la moindre turbulence économique a suffi à provoquer l’effondrement.

Le marché du LBO aujourd’hui

Le private equity en France a investi 26 milliards d’euros en 2024, soit +16 % par rapport à 2023. Le rebond a été net après le coup de frein de 2022-2023.

Il est porté par la baisse progressive des taux directeurs et le retour des grandes opérations. À l’échelle mondiale, les transactions du secteur ont atteint près de 900 milliards de dollars en 2025, largement portées par les États-Unis. Selon France Invest, le capital-investissement français affiche un taux de rendement interne net de 12,4 % par an sur dix ans.

Mais le secteur fait face à un défi structurel : près d’un millier d’entreprises détenues par des fonds, valorisées chacune à plus d’un milliard d’euros, restent en portefeuille depuis plus de six ans, pour une valeur cumulée dépassant 3 000 milliards de dollars. Ce stock d’actifs non cédés pèse sur la liquidité du marché et oblige les fonds à innover dans leurs stratégies de sortie.

Ce que le LBO révèle du capitalisme contemporain

Le LBO cristallise, mieux que tout autre outil financier, la tension entre création de valeur et extraction de valeur. Quand il fonctionne, il permet à des entrepreneurs de transmettre leur entreprise, à des managers de prendre le contrôle de leur destin, et à des fonds de financer la croissance d’ETI qui n’auraient pas accès aux marchés financiers. Une étude portant sur près de 450 opérations de LBO françaises a identifié que la croissance de l’EBITDA est responsable de deux tiers de la création de valeur, ce qui réfute l’idée que le LBO se résumerait à de l’ingénierie financière.

Quand il échoue, il laisse des entreprises exsanguëes, incapables d’investir, vulnérables aux chocs économiques. Les contraintes liées au remboursement de la dette d’acquisition ont privé Toys’R’Us des ressources nécessaires au financement de ses investissements à long terme. Il n’a pu ainsi négocier le virage du numérique et a perdu de précieuses parts de marché au profit d’Amazon.

La vérité est qu’un LBO n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un outil puissant, dont le résultat dépend de la qualité de la cible, de la discipline du montage et de la solidité de l’équipe dirigeante. Comme tous les leviers, il amplifie autant les succès que les échecs.

Sources

  • Société Générale, Lexique financier — Acquisition à effet de levier (LBO)
  • Banque de France, Fiche thématique — Les montages à effet de levier LBO
  • France Invest / EY, Étude annuelle sur la création de valeur dans le capital-investissement français (2024)
Catégories
Banque & Finance En vedette

BNP Paribas Fortis remporte trois Euromoney Awards 2026 et accélère sa transformation digitale

BNP Paribas Fortis a été distinguée à trois reprises lors des Euromoney Awards for Excellence 2026, l’une des récompenses les plus prestigieuses du secteur bancaire.

La banque a remporté les titres de Best Bank for Large Corporates, Best Investment Bank et Best Digital Bank for Consumers en Belgique.

Cette triple distinction récompense une stratégie qui combine performance auprès des entreprises, innovation technologique et amélioration continue de l’expérience client.

Trois récompenses qui confirment le positionnement de la banque

Chaque année, le magazine financier Euromoney récompense les établissements qui se distinguent par leurs performances, leur capacité d’innovation et la qualité de leurs services.

En 2026, BNP Paribas Fortis s’est illustrée dans trois domaines complémentaires :

  • Best Digital Bank for Consumers.
  • Best Bank for Large Corporates ;
  • Best Investment Bank ;

Ces récompenses illustrent la volonté de la banque de renforcer à la fois son expertise auprès des entreprises et son offre digitale destinée aux particuliers.

Une stratégie digitale récompensée

La troisième distinction, Best Digital Bank for Consumers, vient saluer les investissements réalisés par BNP Paribas Fortis dans la digitalisation de ses services.

Aujourd’hui, la relation bancaire passe de plus en plus par les canaux numériques. Les clients attendent une application performante, des parcours simplifiés et des services accessibles en quelques clics.

C’est précisément sur ces aspects que la banque concentre une partie importante de ses investissements.

Un leadership confirmé auprès des grandes entreprises

Les prix de Best Bank for Large Corporates et Best Investment Bank récompensent les performances de BNP Paribas Fortis dans les métiers du Corporate & Institutional Banking.

Selon Euromoney, la banque a renforcé sa position sur le marché belge en 2025 en gagnant des parts de marché et en participant à plusieurs opérations majeures sur les marchés de capitaux ainsi qu’en fusions-acquisitions (M&A).

Cette réussite repose notamment sur une collaboration étroite entre les équipes de Corporate Banking et d’Investment Banking, permettant aux entreprises de bénéficier d’un accompagnement global, depuis les solutions de financement jusqu’aux opérations stratégiques les plus complexes.

Easy Banking App au cœur de l’expérience client

L’application Easy Banking App est désormais le principal point de contact entre BNP Paribas Fortis et ses clients.

En 2025, elle comptait :

  • 2,7 millions d’utilisateurs actifs ;
  • 1,24 milliard de sessions enregistrées sur l’année.

La banque continue d’enrichir son application avec de nouvelles fonctionnalités, comme l’activation via la technologie NFC sur Android, une ouverture de compte simplifiée grâce à itsme ou encore l’intégration de services partenaires tels que SNCB/NMBS et De Lijn.

L’objectif est de proposer une expérience toujours plus fluide et de faire de l’application une véritable plateforme de services du quotidien.

L’intelligence artificielle transforme la relation bancaire

L’intelligence artificielle occupe également une place croissante dans la stratégie digitale de BNP Paribas Fortis.

Son assistant virtuel Samy a déjà traité plus d’un million de conversations avec un taux de résolution de 78 %.

L’objectif n’est pas de remplacer le conseiller bancaire, mais de simplifier le traitement des demandes les plus courantes afin de permettre aux équipes de se concentrer davantage sur les situations qui nécessitent un accompagnement personnalisé. 

Une approche qui illustre la volonté de combiner innovation technologique et proximité humaine.

Cette évolution reflète une tendance de fond dans l’ensemble du secteur bancaire : utiliser l’IA pour améliorer l’efficacité tout en conservant la dimension humaine du conseil.

Une stratégie qui combine innovation et expertise

Les trois distinctions remportées montrent que la compétitivité bancaire ne repose plus uniquement sur les résultats financiers.

Les banques doivent aujourd’hui être capables d’innover technologiquement tout en conservant une forte expertise dans leurs métiers historiques. Pour les particuliers, cela passe par une expérience digitale toujours plus simple et personnalisée. 

Pour les entreprises, cela signifie disposer d’un partenaire capable d’accompagner des opérations de financement, de développement ou de transformation de plus en plus complexes.

Conclusion

En remportant les prix de Best Digital Bank for Consumers, Best Bank for Large Corporates et Best Investment Bank, BNP Paribas Fortis confirme la pertinence de sa stratégie.

Par ailleurs, cette stratégie s’inscrit plus largement dans la transformation digitale engagée par le groupe BNP Paribas sur plusieurs marchés européens, avec pour objectif de simplifier les parcours clients tout en maintenant un accompagnement humain lorsque celui-ci est nécessaire. 

Cet article a été réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec BNP Paribas Fortis. Son contenu a été rédigé par la rédaction de Parlons Finance en toute indépendance éditoriale. 

Catégories
Cryptomonnaies En vedette

Bitcoin : Comment profiter de la baisse ? 

Bitcoin traverse une période de correction : après son record d’octobre 2025 à 126 000 $, il évolue désormais autour des 63 000 $. Un chiffre frappant, mais qui mérite d’être remis en contexte. 

Cette baisse est loin d’être une première. Bitcoin a connu des corrections plus sévères (-82 % en 2017, -76 % en 2021), toujours suivies de nouveaux records. Rien ne garantit qu’il en sera de même cette fois, mais ces précédents expliquent pourquoi les investisseurs positionnés sur le temps long perçoivent ces phases de baisse comme un point d’entrée, plutôt que comme un signal d’alarme.   

Autre évolution notable : si, depuis plusieurs années déjà, bitcoin permet de générer des rendements, ces solutions étaient jusqu’alors assez complexes. Désormais, des produits plus accessibles sont disponibles, et permettent à tout investisseur de générer des intérêts sur ses BTC. C’est l’un des sujets du jour, avec un autre investissement crypto trop souvent sous-estimé : les stablecoins.   

Bitcoin, un « or numérique » volatil  

La comparaison entre Bitcoin et l’or n’est pas gratuite : BTC est rare, décentralisé, et de plus en plus utilisé comme réserve de valeur en période d’incertitude monétaire.   

Simplement, tandis que l’or est un actif millénaire, bitcoin, lui, n’a que 17 ans. Alors, sa volatilité, bien que décroissante, demeure nettement supérieure à celle de l’or. Et c’est cet écart de maturité qui alimente les réticences de nombreux investisseurs. Rappelons néanmoins que la capitalisation du BTC le place parmi les 15 actifs les plus valorisés au monde.  

  

  Bitcoin se positionne à la 14e place des actifs les plus capitalisés.   

Bitcoin dans un portefeuille diversifié   

Pour la grande majorité des investisseurs, BTC n’a pas vocation à constituer le socle d’un patrimoine. C’est un actif de diversification. Une part mesurée de BTC dans un portefeuille global permet de profiter de ses performances, sans être considérablement impacté par ses corrections.  

Historiquement, bitcoin était nettement décorrélé des marchés boursiers, américains notamment. Depuis l’arrivée des ETF Spot en 2024, cette corrélation fluctue. Cependant, bitcoin étant un actif d’une nature nouvelle, il peut être corrélé à certains actifs par périodes, puis à d’autres. 

In fine, on observe que BTC suit une trajectoire qui lui est propre, c’est pourquoi le réduire à une corrélation ponctuelle avec tel ou tel actif n’est pas réellement éclairant.   

C’est, entre autres, cette spécificité qui pousse des acteurs institutionnels comme BlackRock, Morgan Stanley ou Bank of America d’y consacrer 5 à 10 % d’un portefeuille global.  

Corrélation entre les principaux actifs du 1er janvier 2020 au 1er juin 2026 (source : Ark Invest)    

Comparaison des performances sur 3, 5 et 10 ans de bitcoin, du S&P500, de l’or, du pétrole et des bons du Trésor américain (Sources : Curvo) 

Et les autres cryptomonnaies ?  

Les altcoins (toutes les cryptomonnaies hors bitcoin), bien qu’ils suivent la plupart du temps les mouvements de prix du BTC, sont nettement moins capitalisés, d’où leurs variations d’autant plus importantes. En cela, ils constituent presque une classe d’actif à part entière, encore plus risquée. C’est pourquoi ils restent généralement déconseillés aux investisseurs à la recherche d’une première exposition aux crypto-actifs.  

Investir en BTC, sans se laisser piéger par sa volatilité : adopter le bon horizon   

Les données historiques le démontrent : investir à long terme est la stratégie la plus payante. Selon une étude de Bitwise, l’un des principaux gestionnaires de cryptoactifs, ces 16 dernières années, 99,3 % des investissements qui ont détenu leur BTC durant 3 ans ont été rentables.  

Comme le démontre le schéma, la probabilité de perte augmente chaque fois que la durée de détention baisse.  Autrement dit, le temps long est la condition la plus importante pour enregistrer une plus-value.    

 Ce constat justifie une approche simple et largement documentée pour la plupart des classes d’actifs : l’investissement programmé, ou DCA (Dollar-Cost Averaging).  

Acheter un montant fixe de BTC à intervalle régulier, plutôt que d’essayer d’anticiper le meilleur moment d’achat. Cette approche présente trois avantages :  

  • Lisser son prix d’achat moyen dans le temps ;  
  • Investir de façon passive, sans surveiller le marché en continu ;  
  • Limiter les décisions émotionnelles, souvent contre-productives sur un actif volatil.  

Bitcoin génère désormais des revenus   

Historiquement, il n’existe que deux façons de « gagner » du Bitcoin : la première est de faire du minage, la deuxième est de revendre pour enregistrer une plus-value.  

Aujourd’hui, le marché des cryptoactifs a considérablement évolué et gagné en maturité. Un système financier s’est progressivement structuré autour de bitcoin, notamment des services permettant d’optimiser sa détention, plutôt que de simplement attendre une plus-value à la revente.  

Certains de ces services sont aujourd’hui bien établis (ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils sont sans risques) et particulièrement intéressants pour les détenteurs de long terme qui ne souhaitent pas vendre. Ils permettent d’amortir les phases de baisse, et d’augmenter ses gains sur les phases de hausse. 

Comment les rendements sont-ils générés ?   

Ces rendements sont issus du lending, c’est-à-dire le prêt de BTC à des tiers emprunteurs, via une plateforme intermédiaire. C’est ce que propose Meria.   

Des revenus crypto sans volatilité : les stablecoins  

Souvent méconnus, les stablecoins sont des cryptomonnaies qui répliquent la valeur d’un actif, le plus souvent le dollar. C’est le cas de l’USDC, le stablecoin le plus capitalisé.   

L’intérêt des stablecoins réside précisément dans leur stabilité, et dans leur capacité à générer des rendements, lorsqu’ils sont investis via les mêmes mécanismes de prêt évoqués plus haut, offrant des rendements parfois plus attractifs que les livrets d’épargne classiques.  

Naturellement, cet écart de rendement s’explique par leur nature différente : pas de garantie de l’État, risque de contrepartie, ou de perte de parité. Comme pour tout investissement, l’essentiel reste alors de choisir un tiers régulé et de confiance, transparent sur les mécanismes derrière l’offre proposée. C’est le cas de Meria, qui vous permet de gagner jusqu’à 7 % sur vos USDC.    

  

Concrètement : construire votre stratégie selon votre profil  

Une fois ces principaux mécanismes compris, reste la question concrète : comment structurer une allocation crypto adaptée à votre profil ?  

Voici 3 approches simples, pour des objectifs différents :   

  • Bitcoin (BTC) : construire votre position progressivement, avec un horizon long terme, et profiter de rendements passifs ;  
  • Stablecoins (USDC) : générer un rendement régulier, tout en évitant la volatilité, et en gardant une poche de liquidité pour saisir des opportunités de marché ; 
  • Mandat de gestion : déléguer l’allocation et l’arbitrage de vos positions à des professionnels qui suivent le marché au quotidien, selon un profil de risque défini en amont.  

Une approche n’exclue pas l’autre : il est par exemple envisageable de combiner une base en bitcoin détenue sur le long terme, une poche stablecoin pour la partie « rendement passif » de votre portefeuille, et un mandat de gestion pour la partie que vous souhaitez piloter plus activement.   

Un paramètre essentiel : investir sur une plateforme régulée  

Depuis le 1er juillet, le règlement européen Markets in Crypto-Assets (MiCA) impose aux plateformes d’investissement l’obtention de l’agrément Prestataire de Services sur Crypto-Actifs (PSCA).   

Meria, plateforme d’investissement en cryptomonnaies fondée en 2017, et qui accompagne plus de 150 000 investisseurs particuliers et professionnels, a obtenu son agrément auprès de l’AMF (n°A2026-020).   

Sur Meria, vous pouvez dès à présent générer jusqu’à 2 % de rendements sur vos BTC et jusqu’à 7 % sur vos stablecoins, ou déléguer votre portefeuille via un mandat de gestion.   

Et surtout, vous entretenir avec un conseiller gratuitement et sans engagement, avant tout investissement.    

CTA : 📞 Prendre rdv avec un conseiller Meria 

Article rédigé en partenariat avec Meria  

Catégories
En vedette Investissement & Stratégies

Au-delà du Livret A et des ETF : le prêt participatif peut-il trouver sa place dans un portefeuille d’investissement ?

Pour de nombreux épargnants français, la stratégie d’investissement repose souvent sur deux piliers : le Livret A, pour la sécurité et la disponibilité de l’épargne, et les ETF, pour faire fructifier son capital sur le long terme.

Cette approche reste pertinente. Le Livret A offre une sécurité appréciable pour l’épargne de précaution, tandis que les ETF permettent de s’exposer à la croissance des marchés financiers avec une forte diversification.

Mais lorsque les taux des livrets restent relativement faibles, le Livret A affiche un taux de 1,50 % (mai 2026), certains investisseurs cherchent à compléter leur portefeuille avec des actifs susceptibles de générer des revenus plus réguliers, indépendamment des fluctuations boursières.

Parmi les solutions qui gagnent progressivement en visibilité figure l’investissement dans des prêts, également appelé P2P Lending (Peer-to-Peer Lending) ou investissement dans des créances.

Le principe : investir dans des prêts plutôt que dans des actions

Contrairement à un investissement en Bourse où l’on achète une part d’une entreprise, le P2P Lending consiste à financer des prêts accordés à des particuliers ou à des entreprises.

En échange, l’investisseur perçoit des intérêts au fur et à mesure du remboursement du prêt.

Dans la majorité des plateformes européennes, des établissements spécialisés (appelés loan originators) distribuent les prêts. La plateforme met ensuite en relation ces acteurs avec les investisseurs, qui peuvent sélectionner les prêts auxquels ils souhaitent participer.

Il est important de comprendre qu’il ne s’agit ni d’un compte d’épargne, ni d’un produit garanti.

Le capital investi peut être perdu partiellement ou totalement. Cette classe d’actifs doit davantage être considérée comme une poche de rendement, venant compléter un portefeuille déjà composé d’épargne de sécurité et d’investissements en actions.

Autrement dit, il ne s’agit pas de remplacer un Livret A ou des ETF, mais éventuellement d’ajouter une source potentielle de revenus supplémentaire pour une partie limitée du patrimoine.

Pourquoi les rendements sont-ils souvent plus élevés ?

Les plateformes de prêts affichent parfois des rendements nettement supérieurs à ceux des livrets réglementés.

Cela ne signifie pas que le produit est « meilleur ».

Un rendement plus élevé est simplement la rémunération d’un risque plus important.

Lorsque vous placez votre argent sur un Livret A, votre capital est garanti par l’État français et votre argent reste disponible.

Avec le P2P Lending, plusieurs risques existent :

  • le risque que l’emprunteur ne rembourse pas son prêt ;
  • le risque lié à l’établissement qui a accordé le prêt (loan originator) ;
  • le risque de liquidité si vous souhaitez récupérer votre argent avant l’échéance ;
  • le risque lié à la plateforme elle-même.

C’est pourquoi il est impossible de comparer directement un rendement annoncé de 10 % ou 12 % avec le taux du Livret A.

Les deux produits répondent à des objectifs totalement différents.

Les questions à se poser avant d’investir

Avant d’ouvrir un compte sur une plateforme de prêts, plusieurs éléments méritent d’être étudiés.

L’investisseur devrait notamment vérifier :

  • la durée moyenne des prêts ;
  • les modalités de remboursement ;
  • ce qu’il se passe en cas de retard de paiement ;
  • l’existence éventuelle d’un mécanisme de rachat (Buyback Obligation) ;
  • l’identité et la solidité financière de l’organisme qui s’engage à ce rachat ;
  • les possibilités de revendre son investissement avant l’échéance ;
  • le niveau de diversification proposé ;
  • le cadre réglementaire de la plateforme.

Comme pour n’importe quel investissement, la diversification joue un rôle essentiel.

Répartir son capital sur plusieurs dizaines, voire centaines de prêts permet de limiter l’impact d’un éventuel défaut de remboursement. Diversifier entre plusieurs établissements prêteurs et plusieurs pays peut également réduire le risque de concentration, sans toutefois l’éliminer.

Exemple : comment fonctionne Hive5 ?

Parmi les plateformes européennes spécialisées figure Hive5.

Son fonctionnement est relativement simple : la plateforme n’accorde pas directement les prêts.

Elle met en relation des investisseurs avec différents établissements prêteurs européens qui proposent leurs créances via la plateforme.

Les investisseurs peuvent sélectionner eux-mêmes les prêts ou utiliser Auto Invest, un outil permettant d’investir automatiquement selon des critères définis à l’avance (durée, taux, montant investi, établissements prêteurs, etc.).

L’un des atouts mis en avant par Hive5 est son ticket d’entrée relativement faible : il est possible d’investir à partir de 10 €.

La plateforme propose également de nombreux prêts de courte durée (souvent entre 30 et 90 jours) ainsi que des financements d’entreprises avec des maturités plus longues.

Le mécanisme de Buyback Obligation

Hive5 met également en avant un mécanisme appelé Buyback Obligation.

Concrètement, lorsqu’un prêt accuse plus de 60 jours de retard, l’établissement prêteur s’engage contractuellement à racheter le prêt ainsi que les intérêts accumulés.

Il est toutefois essentiel de comprendre que ce mécanisme ne constitue pas une garantie.

Son efficacité dépend entièrement de la capacité financière de l’établissement prêteur à honorer cet engagement.

En cas de difficultés financières de ce dernier, cette protection peut devenir inefficace.

Elle ne protège pas davantage contre une éventuelle défaillance de la plateforme.

Un point important : le statut réglementaire

Les investisseurs doivent également être attentifs au cadre réglementaire.

Hive5 indique elle-même ne pas être agréée comme prestataire de services financiers au sens de la réglementation européenne et ne dispose pas d’une licence européenne ECSPR (European Crowdfunding Service Provider).

Cela signifie que les protections applicables à certains établissements financiers réglementés, comme les mécanismes de garantie des dépôts ou d’indemnisation des investisseurs, ne s’appliquent pas.

Il s’agit d’un élément important à prendre en compte dans son analyse du risque.

La liquidité reste limitée

Même lorsqu’un prêt dure seulement quelques semaines, il ne faut pas l’assimiler à de l’argent disponible sur un compte bancaire.

Dans la plupart des cas, l’investisseur devra attendre l’échéance pour récupérer son capital.

Hive5 a annoncé le développement d’un marché secondaire, dont le lancement est prévu courant septembre 2026.

L’objectif est de permettre aux investisseurs de revendre certains prêts avant leur échéance.

Toutefois, cette possibilité dépendra de la présence d’acheteurs, des règles de fonctionnement du marché secondaire et des conditions de la plateforme.

La liquidité ne pourra donc jamais être considérée comme garantie.

Les principaux risques

Comme tout investissement, cette classe d’actifs comporte plusieurs risques :

  • défaut de paiement des emprunteurs ;
  • défaillance d’un établissement prêteur ;
  • inefficacité du mécanisme de Buyback ;
  • difficultés ou faillite de la plateforme ;
  • faible liquidité avant l’échéance ;
  • absence de garantie publique sur le capital ;
  • risque de concentration si l’investissement est réalisé sur une seule plateforme ou un seul établissement.

Une règle simple consiste à n’investir que des sommes dont on n’aura pas besoin à court terme et que l’on est prêt à immobiliser jusqu’à l’échéance des prêts.

Une approche prudente pour débuter

Pour les investisseurs qui souhaitent découvrir cette classe d’actifs, la meilleure démarche consiste d’abord à comprendre son fonctionnement.

Prendre le temps d’étudier les différents prêts proposés, les établissements prêteurs, les durées, les mécanismes de protection ainsi que le cadre réglementaire permet de mieux mesurer les risques avant d’investir.

Le P2P Lending peut ensuite trouver sa place comme une poche de diversification au sein d’un portefeuille plus large, sans pour autant remplacer l’épargne de précaution ou les investissements en actions.

Conclusion

L’investissement dans les prêts constitue une classe d’actifs à part entière.

Son intérêt réside principalement dans la possibilité de générer des revenus potentiellement plus réguliers tout en offrant une diversification supplémentaire.

En contrepartie, il implique des risques nettement plus élevés qu’un Livret A ou qu’un compte d’épargne classique.

La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut remplacer son Livret A ou ses ETF, mais plutôt de déterminer si une petite poche de rendement, adaptée à son profil de risque et correctement diversifiée, peut avoir sa place dans son portefeuille.

Cet article est réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec Hive5. Il est fourni uniquement à des fins d’information et d’éducation financière et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Catégories
Entreprises

Apple poursuit OpenAI : une bataille judiciaire qui pourrait redessiner la guerre de l’intelligence artificielle

La rivalité entre les géants de la technologie franchit un nouveau cap.

Apple a déposé une plainte devant un tribunal fédéral en Californie contre OpenAI, accusant l’entreprise d’avoir obtenu illégalement des secrets industriels afin d’accélérer le développement de ses futurs produits d’intelligence artificielle.

Au-delà du simple litige juridique, cette affaire illustre l’intensification de la compétition autour de l’IA, où les enjeux ne se limitent plus aux performances des modèles, mais concernent également la propriété intellectuelle, le recrutement des talents et les technologies matérielles de demain.

Les accusations d’Apple

Selon la plainte, Apple estime qu’OpenAI aurait mis en place une stratégie visant à récupérer des informations confidentielles en recrutant plusieurs anciens employés occupant des postes stratégiques.

L’entreprise affirme notamment qu’un ancien vice-président aurait transféré des documents internes avant son départ. D’autres ex-salariés sont également accusés d’avoir conservé des appareils appartenant à Apple ou d’avoir continué à accéder au réseau interne afin de récupérer des données sensibles.

Apple considère que ces informations auraient pu être utilisées pour accélérer le développement des futurs appareils d’intelligence artificielle d’OpenAI.

Si ces accusations étaient confirmées devant les tribunaux, elles pourraient constituer une violation majeure des règles protégeant les secrets industriels.

Un retournement de situation inattendu

L’affaire surprend d’autant plus que les deux entreprises entretenaient récemment une relation de partenariat.

Lors de la présentation d’Apple Intelligence, Apple avait choisi d’intégrer ChatGPT dans son écosystème afin d’offrir certaines fonctionnalités d’IA à ses utilisateurs.

Mais les relations entre les deux groupes se seraient progressivement détériorées.

Le climat s’est notamment tendu après l’acquisition par OpenAI de io Products, la startup fondée par Jony Ive — l’ancien directeur du design d’Apple à l’origine de l’iPhone, de l’iPad et de nombreux produits emblématiques de la marque.

Cette opération, valorisée à près de 6,5 milliards de dollars, marque clairement les ambitions d’OpenAI dans le développement de matériel dédié à l’intelligence artificielle.

Pour Apple, voir son ancien designer emblématique collaborer avec un concurrent direct constitue déjà un défi stratégique. Les accusations de vol de secrets industriels donnent désormais une dimension judiciaire à cette rivalité.

Ce que demande Apple

Dans sa plainte, Apple réclame notamment :

  • l’interdiction pour OpenAI d’utiliser les informations considérées comme confidentielles ;
  • la restitution ou la destruction des données concernées ;
  • des dommages et intérêts, dont le montant n’a pas été rendu public.

Comme dans toute procédure civile de ce type, ces accusations devront désormais être examinées par la justice, et OpenAI aura l’occasion de présenter sa défense.

Un risque supplémentaire avant l’introduction en Bourse d’OpenAI

Cette procédure intervient à un moment particulièrement sensible.

OpenAI prépare son introduction en Bourse, une opération qui devrait être l’une des plus importantes de l’histoire récente du secteur technologique.

Même si cette plainte ne remet pas nécessairement en cause le projet d’IPO, un contentieux de cette ampleur pourrait alimenter les interrogations des investisseurs concernant les risques juridiques, la gouvernance et la protection de la propriété intellectuelle.

Les marchés financiers accordent généralement une attention particulière à ce type de litige lorsqu’une entreprise s’apprête à être cotée.

Une guerre technologique qui change de terrain

L’intelligence artificielle est devenue l’un des principaux champs de bataille entre les grandes entreprises technologiques.

Après une première phase marquée par la course aux modèles de langage, puis par la compétition autour des infrastructures et des semi-conducteurs, une nouvelle dimension apparaît : celle des brevets, des secrets industriels et du recrutement des meilleurs talents.

Les entreprises ne cherchent plus uniquement à développer l’IA la plus performante. Elles tentent également de protéger leur savoir-faire, leurs innovations et leurs équipes.

Cette affaire entre Apple et OpenAI pourrait ainsi devenir l’un des dossiers juridiques les plus suivis du secteur technologique dans les prochains mois.

En conclusion

Quelle que soit l’issue de la procédure, ce procès illustre une réalité : la concurrence autour de l’intelligence artificielle s’intensifie à tous les niveaux.

Innovation, propriété intellectuelle, talents, matériel informatique et désormais tribunaux : la bataille ne se limite plus aux performances des modèles d’IA.

Pour les investisseurs comme pour l’ensemble de l’industrie technologique, cette affaire rappelle que dans la nouvelle économie de l’intelligence artificielle, les actifs les plus précieux ne sont pas uniquement les algorithmes, mais également les connaissances, les données et le capital humain.

Catégories
Economie En vedette Interviews experts Patrimoine

Retraite en France : pourquoi les Français doivent progressivement apprendre à compter davantage sur eux-mêmes

À l’occasion de l’Amundi World Investment Forum organisé par Amundi, nous avons échangé avec Catherine Leroy, Directrice Epargne Salariale et Retraite chez Amundi, afin de mieux comprendre les grands enjeux actuels autour de la retraite en France, mais aussi les différences avec la Belgique.

Pendant longtemps, les Français ont considéré que le système public de retraite serait le principal pilier de leur pension. Mais aujourd’hui, cette vision évolue progressivement.

Entre vieillissement démographique, augmentation de l’espérance de vie et tensions budgétaires croissantes, la question de la préparation individuelle de la retraite prend une place de plus en plus importante.

Un système public sous pression

Pour Catherine Leroy, le constat est clair : le système de retraite français reste central, mais il est aujourd’hui sous tension.

« Les Français ont longtemps considéré que le système public serait le premier contributeur à leur pension. Mais depuis quelques années, une prise de conscience s’opère progressivement. »

Le principal problème est démographique : il y a de plus en plus de retraités et relativement moins d’actifs pour financer le système. À cela s’ajoute une espérance de vie plus longue, ce qui signifie que les pensions doivent être versées plus longtemps.

Le Conseil d’Orientation des Retraites a d’ailleurs déjà alerté sur la dégradation progressive des finances du système dans les années à venir.

Dans ce contexte, Catherine Leroy estime qu’il devient essentiel d’accompagner cette prise de conscience collective, notamment auprès des plus jeunes générations.

Le PER : la montée en puissance de l’épargne retraite individuelle

La meilleure illustration de cette évolution est sans doute le succès du PER (Plan Épargne Retraite), lancé en 2019 dans le cadre de la loi Pacte.

Aujourd’hui :

  • près d’1 Français sur 4 possède un PER ;
  • environ 150 milliards d’euros d’encours ont déjà été accumulés.

Et la dynamique continue de s’accélérer.

Deux grandes catégories se développent fortement :

  • le PER individuel ;
  • le PER d’entreprise.

Selon Catherine Leroy, cette progression montre que les Français commencent progressivement à intégrer l’idée qu’il faudra compléter le système obligatoire par une épargne personnelle.

Les entreprises jouent désormais un rôle clé

Autre élément important : les entreprises deviennent progressivement des acteurs centraux dans la préparation de la retraite.

Participation, intéressement, partage de la valeur… de nombreux dispositifs peuvent désormais être orientés vers un PER.

« Environ 80 % des salariés considèrent aujourd’hui que leur entreprise a un rôle à jouer dans la préparation de leur retraite », explique Catherine Leroy.

Le sujet devient donc également stratégique pour les directions RH et les dirigeants.

Mais pour encourager davantage les entreprises, elle estime que le cadre fiscal et social doit rester stable et lisible afin de faciliter les projections à long terme.

Pourquoi commencer tôt change tout

L’un des messages les plus importants de cette interview concerne le temps.

« La retraite est probablement le seul projet de vie dont on est certain qu’il arrivera un jour. Pourtant, beaucoup de personnes commencent à s’y intéresser trop tard. »

Commencer tôt permet pourtant plusieurs avantages majeurs :

  • investir progressivement ;
  • verser des montants plus faibles ;
  • bénéficier de l’effet du temps et de la capitalisation ;
  • investir sur des horizons plus longs avec davantage d’exposition aux marchés financiers.

En clair : plus on commence jeune, plus l’effort financier peut être réduit.

Les jeunes s’intéressent davantage à l’investissement qu’on ne le pense

Contrairement à certaines idées reçues, Catherine Leroy estime que les jeunes générations sont loin d’être déconnectées des marchés financiers et des questions liées à la retraite.

« Les jeunes s’intéressent à l’investissement. Ils aiment comprendre les marchés et les mécanismes économiques. »

Le véritable enjeu serait donc surtout pédagogique : leur proposer des solutions simples, compréhensibles et adaptées à leurs objectifs qu’ils s’agissent de diversification ou de se préparer une retraite confortable.

L’éducation financière joue ici un rôle essentiel pour permettre aux nouvelles générations de prendre des décisions plus éclairées.

Le risque d’une baisse du niveau de vie à la retraite est réel

Pour Catherine Leroy, le risque est bien réel.

Aujourd’hui, le taux de remplacement — c’est-à-dire la différence entre le dernier salaire et la pension de retraite — tourne souvent autour de 50 à 60 %.

Concrètement, une personne gagnant 5.000 euros avant sa retraite pourrait percevoir environ la moitié une fois retraitée.

Et ce taux pourrait encore diminuer dans les années à venir si les déséquilibres démographiques persistent.

D’où l’importance, selon elle, de rééquilibrer :

  • la retraite obligatoire ;
  • et la retraite que chacun peut progressivement se constituer individuellement.

France vs Belgique : une différence importante autour du PER

La France et la Belgique font face à des problématiques assez similaires :

  • vieillissement de la population ;
  • pression sur les finances publiques ;
  • inquiétudes sur le financement futur des pensions.

Mais Catherine Leroy souligne une différence majeure : la France a réussi à structurer une véritable épargne retraite individuelle autour du PER.

En Belgique, il existe bien des mécanismes d’épargne pension, mais souvent avec :

  • des plafonds plus limités ;
  • des avantages fiscaux plus encadrés ;
  • moins de flexibilité ;
  • et une perception davantage orientée « produit fiscal » qu’« investissement ».

Selon elle, le PER a permis en France de “cristalliser” cette nécessité de construire progressivement une retraite complémentaire.

Autre avantage important : il existe des conditions de rachats sur le PER grâce auxquelles les fonds investis ne sont pas totalement bloqués jusqu’à la retraite, ce qui rend le produit plus souple et plus attractif.

Vers une retraite plus hybride

Finalement, l’un des grands enseignements de cette interview est que les modèles de retraite évoluent progressivement partout en Europe.

Le système public reste central, mais il ne suffira probablement plus à garantir à lui seul le même niveau de vie qu’auparavant.

L’avenir semble donc s’orienter vers un modèle plus hybride :

  • une retraite publique ;
  • complétée par une épargne individuelle ;
  • avec un rôle croissant des entreprises et de l’éducation financière.

Et plus cette préparation commence tôt, plus elle devient simple à mettre en place.

Catégories
Cryptomonnaies En vedette Investissement & Stratégies Pédagogie & concepts clés

Que vérifier avant d’ouvrir un compte sur un exchange ? (Avec Bybit)

Avant d’ouvrir un compte sur un exchange crypto, il est essentiel de vérifier la sécurité, les frais, la régulation et la liquidité.

Ouvrir un compte sur une plateforme de cryptomonnaies est aujourd’hui très simple. En quelques minutes, un utilisateur peut créer un accès, déposer des fonds et commencer à acheter des actifs numériques comme le Bitcoin ou l’Ether.

Ces plateformes, appelées exchanges, jouent un rôle central dans l’écosystème crypto.

Un exchange est tout simplement une plateforme d’échange qui permet d’acheter, vendre ou échanger des cryptomonnaies contre d’autres actifs, comme des euros ou des dollars. Il s’agit de l’équivalent d’une place de marché financière, mais dédiée aux actifs numériques.

C’est par ce type de service que la majorité des utilisateurs accèdent aujourd’hui à la crypto. Mais derrière cette facilité d’accès, tous les exchanges ne se valent pas. Certains sont encadrés et sécurisés, d’autres présentent des niveaux de risque plus élevés. Avant d’y déposer de l’argent, plusieurs points doivent donc être analysés avec attention.

La régulation et le cadre légal de la plateforme

Le premier élément à vérifier est le cadre réglementaire dans lequel opère l’exchange. Une plateforme régulée dans une juridiction reconnue offre généralement un niveau de protection plus élevé pour l’utilisateur. Cela implique des obligations en matière de transparence, de lutte contre le blanchiment et de protection des fonds clients.

En Europe, certaines plateformes sont enregistrées auprès d’autorités financières nationales ou opèrent via des entités conformes aux règles locales. Cela ne garantit pas l’absence totale de risque, mais cela réduit fortement les zones d’incertitude.

À l’inverse, un exchange non régulé ou basé dans une juridiction opaque peut poser des problèmes en cas de litige, de blocage de compte ou de faillite. La régulation est donc un premier filtre essentiel, car elle détermine le niveau de recours possible pour l’utilisateur en cas de problème.

[Collaboration]

🚀 Choisir le bon exchange est une étape clé

Avant d’investir, prenez le temps de comparer la sécurité, les frais et les fonctionnalités proposées par chaque plateforme.

Investir comporte des risques.

Reprenons…

La sécurité des fonds et des infrastructures

Le deuxième point concerne la sécurité. Dans l’univers crypto, les exchanges sont des cibles fréquentes de piratage. Il est donc important de comprendre comment la plateforme protège les fonds des utilisateurs.

Les bonnes pratiques incluent généralement le stockage d’une grande partie des actifs en cold storage, c’est-à-dire hors ligne, ainsi que l’utilisation de systèmes d’authentification forte comme le 2FA.

Certaines plateformes vont plus loin en publiant des preuves de réserves ou en mettant en place des assurances contre les pertes liées à des incidents techniques.

Un autre aspect à surveiller est l’historique de la plateforme. Un exchange ayant déjà subi des failles majeures ou des problèmes de retrait doit être analysé avec prudence. La sécurité ne repose pas uniquement sur la technologie, mais aussi sur la gestion globale du risque.

Les frais, la transparence et la structure des coûts

Les frais sont souvent sous-estimés lors de l’ouverture d’un compte, alors qu’ils ont un impact direct sur la performance à long terme. Un exchange peut afficher des frais de trading faibles, mais compenser par des coûts cachés sur les dépôts, les retraits ou les conversions.

Il est donc important d’analyser la structure complète des frais : frais de transaction, frais de spread, frais de retrait et éventuels frais liés aux conversions entre cryptomonnaies et monnaies fiat.

La différence entre deux plateformes peut sembler faible à court terme, mais devenir significative avec un usage régulier. La transparence est également un indicateur important. Une plateforme qui affiche clairement ses coûts inspire généralement plus de confiance qu’un exchange dont la structure tarifaire est complexe ou peu lisible.

La liquidité et la qualité d’exécution des ordres

Un autre critère souvent négligé est la liquidité. Elle correspond à la capacité d’un exchange à exécuter des ordres rapidement, sans écart important entre le prix affiché et le prix réel d’exécution.

Sur une plateforme peu liquide, un utilisateur peut subir un slippage important, c’est-à-dire un décalage entre le prix attendu et le prix obtenu. Ce phénomène est particulièrement visible lors de mouvements de marché importants ou sur des cryptomonnaies moins échangées.

La liquidité est donc un facteur clé de qualité d’exécution. Elle reflète aussi indirectement le niveau d’activité de la plateforme et la confiance des utilisateurs. La manière dont ces plateformes évoluent et se différencient devient ainsi un élément central pour comprendre l’avenir de l’écosystème crypto en Europe.

Catégories
En vedette Interviews experts Patrimoine

« Tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix » : Olivier Brouwers (CEO de Amundi Belgium) met en garde sur l’avenir des retraites

À l’occasion de l’Amundi World Investment Forum, nous avons rencontré Olivier Brouwers, CEO d’Amundi Belgium, afin d’échanger sur l’état du système de retraite belge, les défis démographiques à venir et les solutions pour mieux préparer son avenir financier.

Entre vieillissement de la population, pression sur les finances publiques et nécessité d’investir plus tôt, Olivier Brouwers estime qu’il devient indispensable de compléter la pension légale par une stratégie d’investissement à long terme.

« Le système belge n’est pas en danger immédiat, mais il devra évoluer »

Comment décririez-vous aujourd’hui la situation du système de retraite belge et les principaux défis auxquels il est confronté ?

Olivier Brouwers :
Le système belge existe depuis très longtemps et il reste aujourd’hui solide. Mais comme dans beaucoup de pays européens, il est confronté à un défi démographique majeur.

Notre modèle repose principalement sur un système où la population active finance les pensions des retraités. Or, l’évolution démographique va progressivement à l’encontre de cet équilibre : la population vieillit tandis que la proportion de travailleurs actifs diminue.

Ce n’est pas un système qui est en danger immédiat, mais il devra évoluer, se compléter et se réinventer pour rester pérenne dans le temps.

Les quatre piliers de la retraite belge

Quels sont aujourd’hui les différents piliers de la retraite en Belgique ?

Olivier Brouwers :
En Belgique, nous pouvons résumer le système autour de quatre piliers.

Le premier pilier est la pension légale, à laquelle chaque Belge a droit en fonction de sa carrière et de son statut professionnel.

Le deuxième pilier concerne les pensions complémentaires mises en place par les employeurs. Ce système continue de se développer, mais il ne couvre pas encore l’ensemble du secteur privé et il existe encore de fortes disparités entre les catégories de travailleurs.

Le troisième pilier repose sur l’initiative individuelle, avec l’épargne-pension ou les assurances-vie bénéficiant d’avantages fiscaux. Mais les montants restent relativement limités.

Enfin, il y a le quatrième pilier, qui correspond à l’investissement à long terme réalisé de manière plus libre et plus personnelle.

« Tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix »

Les Belges épargnent-ils suffisamment pour compléter leur pension légale ?

Olivier Brouwers :
La pension légale reste un socle important et relativement protecteur, surtout pour les revenus les plus modestes. Le taux de remplacement est encore relativement confortable pour certains profils.

Mais pour les revenus moyens et élevés, l’écart entre le dernier salaire net et la pension peut devenir important. Beaucoup de personnes risquent de constater une baisse significative de leur niveau de vie au moment de la retraite.

C’est pourquoi tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix. Il devient essentiel de construire une épargne à long terme afin de préserver une qualité de vie comparable à celle de la période d’activité.

Une pression croissante sur les finances publiques

Le vieillissement de la population exerce une pression croissante sur les finances publiques. À quel point cette problématique est-elle préoccupante ?

Olivier Brouwers :
Cette problématique n’est pas nouvelle et elle est bien identifiée par les États.

L’augmentation des dépenses liées aux pensions, aux soins de santé et à l’assurance maladie est déjà intégrée dans les projections budgétaires futures. Mais cela reste un enjeu important pour la soutenabilité des finances publiques.

Le défi consiste surtout à maintenir un système pérenne sur le long terme. Cela passera probablement par différents ajustements : âge de départ à la retraite, durée de carrière ou encore évolution des montants.

« Il faut encourager les jeunes à investir très tôt »

Parlons Finance : Quels sont aujourd’hui les dispositifs les plus intéressants pour préparer sa retraite ?

Olivier Brouwers :
Au-delà des dispositifs fiscaux classiques, il faut surtout encourager les gens à investir tôt, régulièrement et même avec de petits montants.

L’éducation financière joue un rôle fondamental. Certains pays ont mis en place des systèmes très accessibles permettant aux jeunes de commencer à investir quelques euros par mois seulement. C’est ce type de culture qu’il faut développer davantage.

L’investissement à long terme reste probablement l’un des outils les plus puissants pour préparer sa retraite.

Le rôle d’Amundi

Quel rôle joue Amundi dans cette transition ?

Olivier Brouwers :
Amundi propose de nombreuses solutions d’investissement permettant de construire des portefeuilles diversifiés adaptés à différents horizons de placement et profils de risque.

Mais notre rôle ne s’arrête pas là. Nous avons aussi une responsabilité importante en matière d’éducation financière.

À travers nos partenariats avec les banques, les associations et différents acteurs du marché, nous essayons de sensibiliser davantage les investisseurs à l’importance de préparer leur avenir financier sur le long terme.

« Il n’est jamais trop tard pour commencer »

Quelles erreurs voyez-vous le plus souvent chez les personnes qui préparent leur retraite ?

Olivier Brouwers :
La plus grande erreur est probablement de penser qu’il est trop tard.

En réalité, il n’est jamais trop tard pour commencer à investir pour sa retraite, que l’on ait 30, 40 ou même 50 ans. Bien entendu, plus on commence tôt, plus l’impact est important grâce au temps et à la capitalisation.

Mais le plus important reste d’avoir une approche structurée et cohérente.

Trois actions concrètes avant 40 ans

Si vous deviez donner trois actions concrètes à mettre en place avant 40 ans pour préparer sa retraite, lesquelles seraient-elles ?

Olivier Brouwers :

  1. Mieux se connaître financièrement : comprendre son profil de risque, ses objectifs de vie et sa capacité d’épargne mensuelle.
  2. S’éduquer financièrement : prendre le temps de comprendre les mécanismes de l’investissement et du long terme.
  3. Mettre en place un plan structuré : développer une stratégie d’investissement adaptée à son profil et commencer le plus tôt possible.

“Faites-le ce soir ou demain matin”, ajoute-t-il avec le sourire.

Ce que la Belgique fait mieux que la France

Que fait la Belgique de mieux que la France sur les questions de retraite ?

Olivier Brouwers :
La Belgique dispose encore d’un système de deuxième pilier relativement performant, notamment via les fonds de pension et les assurances groupe.

De nombreuses entreprises mettent en place des mécanismes où les contributions de l’employeur doivent offrir un rendement minimum garanti aux employés, ce qui apporte une protection certaine. Il convient toutefois de nuancer cette approche : les véritables fonds de pension, dans une logique anglo-saxonne, ne garantissent pas de rendement minimum et disposent ainsi d’une plus grande liberté pour adopter une allocation d’actifs plus dynamique sur le long terme.

On observe aussi une tendance vers des fonds multi-employeurs permettant de mutualiser certains coûts opérationnels et réglementaires pour les plus petits acteurs.

Mais il reste encore du chemin à parcourir. L’un des grands défis sera probablement d’étendre davantage ces dispositifs à l’ensemble du secteur privé afin que chacun puisse bénéficier d’une véritable pension complémentaire.

Catégories
En vedette Interviews experts Investissement & Stratégies

PEA : L’outil d’épargne le plus mal compris des français ? 

Avec plus de 7 millions de plans ouverts, le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est loin d’être un produit confidentiel. Pourtant, il reste largement sous-utilisé par rapport à d’autres solutions d’épargne comme le Livret A.

Alors que près de 470 milliards d’euros dorment encore sur les comptes courants des Français, le PEA apparaît comme un outil particulièrement intéressant pour investir sur le long terme tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux.

Pour mieux comprendre les freins, les opportunités et les évolutions autour du PEA, Parlons Finance a rencontré le Directeur France de XTB, Daniel Gravier. Ensemble, nous avons abordé les idées reçues, la fiscalité, les erreurs fréquentes des investisseurs ainsi que la vision de XTB pour démocratiser l’investissement en France.

Le PEA existe depuis longtemps, pourtant il reste peu utilisé. Pourquoi autant de Français passent encore à côté du PEA aujourd’hui ?

Avec environ 7,2 millions de plans ouverts en France, le PEA est loin d’être un outil délaissé par les épargnants.

Toutefois, la comparaison avec le Livret A reste frappante : le nombre de livrets ouverts est bien supérieur (58 millions de livrets), et surtout, le montant total des encours en 2024 sur le Livret A (432 milliards d’euros) écrase celui du PEA (114 milliards d’euros).

Un autre indicateur est particulièrement révélateur : selon les dernières données, les Français conservent 470 milliards d’euros qui ne sont absolument pas investis et qui dorment sur des comptes courants.

Le véritable frein ne réside donc pas dans le PEA lui-même, mais dans une problématique plus globale : le rapport complexe des Français à la gestion active de leur patrimoine.

Beaucoup pensent que le PEA est réservé aux investisseurs « experts ». Est-ce une idée reçue ? À qui s’adresse réellement le PEA ?

Absolument pas.

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est un outil accessible à tous, conçu pour encourager le plus grand nombre à investir dans des titres européens et ainsi soutenir l’économie réelle.

Il permet d’investir dès quelques euros sur des actions ou des ETF, et son utilisation ne nécessite pas forcément des connaissances techniques avancées.

L’investisseur reste autonome dans le choix de ses titres, qu’ils soient plus ou moins volatils selon son profil et ses objectifs.

Son principal atout demeure son avantage fiscal : après cinq ans de détention, les gains réalisés sont exonérés d’impôt sur le revenu.

Entre PEA, assurance-vie et compte-titres, comment expliquer simplement le rôle du PEA dans une stratégie d’investissement ?

Parmi ces trois enveloppes d’investissement, deux éléments sont essentiels : la fiscalité et les limites de dépôt.

L’assurance-vie et le PEA permettent toutes deux de bénéficier d’avantages fiscaux, que ce soit pour l’investissement ou la transmission patrimoniale.

Le PEA est toutefois plafonné à 150.000 euros de versements.

Le compte-titres offre quant à lui une liberté totale, sans plafond ni restriction particulière sur les actifs investissables.

Le PEA représente ainsi un excellent compromis : il combine la souplesse d’investissement d’un compte-titres avec une fiscalité avantageuse proche de celle de l’assurance-vie.

Pour de nombreux épargnants, il constitue un pilier incontournable dans la construction d’un patrimoine financier.

D’un point de vue fiscal, le PEA est souvent présenté comme très avantageux. Quels sont ses vrais atouts, mais aussi ses limites ?

Le principal avantage du PEA réside dans sa fiscalité.

Après cinq ans de détention, les gains réalisés, y compris les dividendes, sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.

Un point souvent méconnu : le délai de cinq ans démarre à la date du premier versement et non à la date d’ouverture du compte.

Le dispositif comporte néanmoins certaines limites :

  • Un univers d’investissement restreint à des actifs éligibles.
  • Un plafond de versement fixé à 150.000 euros.

Malgré ces contraintes, le PEA demeure l’un des outils les plus efficaces pour investir sur le long terme.

Le PEA souffre parfois d’une image « rigide » ou « complexe ». Qu’est-ce qui freine concrètement les investisseurs ?

La principale difficulté concerne aujourd’hui le transfert d’un PEA existant entre deux établissements financiers.

En l’absence de délai réglementaire précis, les transferts peuvent parfois s’avérer longs et complexes.

Pour les nouveaux investisseurs, en revanche, l’ouverture d’un PEA est devenue relativement simple, notamment grâce aux plateformes en ligne qui ont largement simplifié les démarches.

XTB a lancé un PEA à 0 % de commission. Pourquoi ce choix ?

Le PEA existe depuis plus de trente ans et est déjà détenu par plusieurs millions de Français.

Pourtant, il reste encore largement sous-utilisé.

Face à ce constat, XTB a souhaité proposer une offre particulièrement compétitive afin de favoriser son adoption.

Cette stratégie semble porter ses fruits puisque plus de 10.000 nouveaux PEA ont été ouverts chez XTB un an seulement après son lancement.

L’objectif est clair : démocratiser l’investissement en bourse grâce à un produit simple, accessible et fiscalement attractif.

En quoi le PEA XTB se différencie-t-il des offres des banques traditionnelles ?

Le premier élément différenciant est sa tarification particulièrement compétitive.

XTB mise également sur une application intuitive permettant aux nouveaux investisseurs de naviguer facilement parmi les différents produits financiers.

L’entreprise met également en avant un accompagnement humain avec des équipes joignables par téléphone et la possibilité de rencontrer des conseillers dans ses bureaux parisiens.

Pour quelqu’un qui ouvre un PEA aujourd’hui, par où commencer ?

XTB ne fournit pas de conseils en investissement.

Toutefois, tout investisseur devrait commencer par définir ses objectifs personnels :

  • Les secteurs qui l’intéressent.
  • Les zones géographiques qu’il souhaite privilégier.
  • Son horizon d’investissement.
  • Son niveau de tolérance au risque.

L’essentiel reste de construire une diversification cohérente, basée sur de véritables convictions d’investissement.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes commises par les particuliers ?

Selon XTB, la principale difficulté est psychologique.

De nombreux investisseurs imaginent que passer un premier ordre en bourse est compliqué.

Dans la réalité, l’opération est souvent aussi simple qu’effectuer un virement bancaire ou ajouter un bénéficiaire sur son compte.

La plupart des investisseurs réalisent ensuite que la difficulté était davantage mentale que technique.

Et beaucoup regrettent finalement de ne pas avoir commencé plus tôt.

Dans un contexte économique incertain, le PEA reste-t-il pertinent ?

Oui, plus que jamais.

Pour le Directeur France de XTB, le PEA demeure un outil incontournable dans toute stratégie patrimoniale de long terme.

Son avantage fiscal constitue à lui seul un argument majeur.

Mais il offre également une grande flexibilité : rien n’oblige l’investisseur à investir immédiatement l’intégralité de son capital.

Chacun peut avancer à son rythme et saisir les opportunités lorsque les conditions de marché lui paraissent favorables.

Conclusion

Alors que des centaines de milliards d’euros restent aujourd’hui non investis sur les comptes courants des Français, le PEA apparaît comme l’un des véhicules les plus efficaces pour préparer son avenir financier. Accessible, fiscalement avantageux et adapté à une stratégie de long terme, il reste pourtant méconnu ou mal compris par une grande partie de la population.

Comme le rappelle le Directeur France de XTB au cours de cet entretien, le plus difficile n’est souvent pas d’investir… mais de faire le premier pas.

Catégories
Banque & Finance En vedette Entreprises

BNP Paribas et Mistral AI veulent accélérer l’IA dans la banque

BNP Paribas prolonge son partenariat avec Mistral AI pour développer des outils d’IA générative dans plusieurs métiers du groupe bancaire.

BNP Paribas a annoncé prolonger son partenariat avec Mistral AI pour une durée de trois ans. La banque française travaille avec la startup spécialisée dans l’intelligence artificielle depuis 2023, ce qui fait de BNP Paribas le plus ancien partenaire de Mistral AI dans le secteur financier.

Lors de cette présentation à laquelle Parlons Finance s’est rendu, les deux groupes ont expliqué vouloir aller plus loin que le simple accès à des modèles d’IA. L’objectif est désormais de co-développer des solutions directement adaptées au secteur bancaire, tout en gardant un haut niveau de sécurité et de conformité réglementaire.

Des usages très concrets dans la banque

BNP Paribas explique que l’IA est déjà utilisée pour gérer les énormes volumes d’informations internes du groupe. Les outils développés avec Mistral AI servent notamment à améliorer la recherche documentaire, automatiser certaines analyses ou encore faciliter le traitement de données. Plusieurs solutions sont déjà utilisées en interne et d’autres sont encore en phase de test.

Le partenariat concerne aussi des tâches plus sensibles comme le KYC (“Know Your Customer”), un système utilisé par les banques pour vérifier l’identité des clients et lutter contre la fraude et le blanchiment. L’IA pourrait automatiser certaines tâches répétitives tout en laissant la validation finale aux équipes humaines. BNP Paribas insiste justement sur ce point : l’objectif n’est pas de remplacer les employés, mais surtout de leur faire gagner du temps sur certaines opérations.

“Notre priorité est de tirer parti de la puissance de l’IA générative pour créer des outils fiables et efficaces que nos équipes et nos clients peuvent utiliser au quotidien”, explique Sophie Heller, directrice de la transformation de CPBS chez BNP Paribas.

Une IA européenne face aux géants américains

Ce partenariat montre aussi la volonté de BNP Paribas de travailler avec un acteur technologique européen plutôt qu’uniquement avec des groupes américains comme OpenAI ou Google. Mistral AI est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux espoirs européens dans l’intelligence artificielle.

Le groupe bancaire mise sur une stratégie dite “multi-modèles”, c’est-à-dire utiliser plusieurs technologies d’IA selon les besoins, le niveau de confidentialité des données ou les contraintes géographiques. BNP Paribas regarde aussi de près les futures capacités de calcul de Mistral AI, un élément devenu stratégique avec l’explosion des besoins en puissance informatique dans l’IA générative.

“Ensemble, nous ne déployons pas seulement des modèles de pointe, mais co-développons également des solutions sur mesure qui répondent aux enjeux et aux opportunités propres au secteur bancaire”, affirme Marjorie Janiewicz, directrice commerciale de Mistral AI.

Des assistants IA pour les clients et les salariés

Les premiers outils commencent déjà à apparaître. Chez Hello bank!, l’assistant virtuel HelloïZ utilise désormais l’IA générative pour mieux comprendre les demandes des clients.

La banque précise que plus d’un million de clients utilisent déjà cette nouvelle version depuis janvier 2026.

En parallèle, BNP Paribas prépare aussi un assistant IA destiné à ses collaborateurs. Celui-ci pourra résumer des documents, reformuler des contenus, traduire des textes ou aider à analyser des informations plus rapidement.

Le déploiement est prévu à partir de 2026. Une preuve supplémentaire que l’IA générative entre désormais dans une phase beaucoup plus concrète dans le monde bancaire.

Pendant longtemps, l’intelligence artificielle dans les banques ressemblait surtout à une promesse ou à des tests isolés. Aujourd’hui, le sujet change clairement d’échelle. Avec ce type de partenariat, les grands groupes bancaires cherchent désormais à intégrer l’IA directement dans leurs outils du quotidien.

Et dans un secteur où la rapidité devient stratégique, la vraie bataille pourrait maintenant se jouer sur un point simple : quelle banque arrivera à utiliser l’IA le plus efficacement sans perdre la confiance de ses clients ?