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IA en Asie : la frénésie boursière expliquée

De Seoul à Shanghai, les capitaux mondiaux affluent massivement vers les entreprises qui alimentent la révolution de l’IA. Mais derrière l’euphorie se cache une dynamique bien plus profonde. Décryptage.

De Seoul à Shanghai, les marchés asiatiques vivent une nouvelle ruée technologique portée par l’intelligence artificielle. Semi-conducteurs, infrastructures énergétiques, centres de données : les capitaux mondiaux affluent massivement vers les entreprises capables d’alimenter la révolution de l’IA.

Mais derrière cette euphorie boursière se cache une dynamique économique plus profonde : la concentration extrême des investissements technologiques pourrait finir par transformer durablement l’ensemble de l’économie mondiale, avant de provoquer à terme une normalisation brutale des marges et des valorisations.

L’histoire des télécommunications et d’Internet le confirme : aucune révolution technologique ne conserve éternellement ses niveaux de rentabilité initiaux.

La Corée du Sud, nouveau coeur industriel de l’IA mondiale

L’Asie de l’Est s’est progressivement imposée comme l’épicentre industriel de la révolution de l’intelligence artificielle. En Corée du Sud, plusieurs groupes technologiques ont connu des trajectoires boursières spectaculaires grâce à leur position stratégique dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs.

Le cas le plus emblématique reste celui de SK Hynix. Le fabricant sud-coréen est devenu l’un des principaux fournisseurs mondiaux de mémoire HBM (High Bandwidth Memory), une technologie indispensable aux puces d’IA utilisées notamment par NVIDIA. Sa valorisation boursière a atteint des niveaux historiques sur le marché coréen.

Samsung Electronics a également bénéficié du cycle IA, avec certaines divisions puces enregistrant des hausses de bénéfices opérationnels supérieures à 100 % sur une base annuelle.

La révolution de l’IA ne profite pas uniquement aux fabricants de puces. L’explosion des besoins énergétiques des centres de données a aussi provoqué une forte hausse des valorisations dans les infrastructures électriques. Des groupes comme HD Hyundai Electric ou Hyosung Heavy Industries ont vu leurs cours progresser fortement sous l’effet des investissements massifs dans les transformateurs et réseaux électriques nécessaires aux centres de calcul IA.

La Chine accélère sa stratégie d’autonomie technologique

En parallèle, Pékin poursuit une stratégie agressive d’indépendance technologique afin de réduire sa dépendance aux technologies occidentales. Cette politique soutient massivement :

  • Les semi-conducteurs locaux
  • Le cloud
  • Les infrastructures numériques
  • Les technologies de recyclage électronique

La frénésie autour des introductions en bourse technologiques reste également spectaculaire. Plusieurs IPO liées aux semi-conducteurs ont enregistré des niveaux de sursouscription extrêmement élevés sur les marchés de Shanghai et Shenzhen, illustrant l’appétit des investisseurs asiatiques pour l’IA et les infrastructures numériques.

La rage de l’IA bouleverse les budgets mondiaux

Le phénomène actuel dépasse largement la simple spéculation boursière. L’IA provoque désormais une réallocation massive des budgets technologiques mondiaux. Pour financer les infrastructures nécessaires, de nombreuses entreprises réduisent ou reportent certaines dépenses plus traditionnelles :

  • Renouvellement des parcs informatiques
  • Maintenance classique
  • Logiciels moins stratégiques
  • Projets numériques secondaires

Ce déplacement crée progressivement un marché à deux vitesses : les entreprises liées directement à l’IA attirent l’essentiel des capitaux, tandis que plusieurs secteurs traditionnels restent à l’écart de l’euphorie technologique. Cette concentration rappelle la bulle Internet de la fin des années 1990, avec une différence majeure : contrairement à l’ère Dot-Com, une partie des leaders de l’IA génèrent déjà des bénéfices massifs.

Pourquoi l’IA finira probablement par devenir une commodité

L’histoire économique montre que les grandes révolutions technologiques suivent souvent un cycle similaire :

  1. Phase de rareté
  2. Explosion des marges
  3. Arrivée de la concurrence
  4. Baisse des coûts
  5. Banalisation de la technologie

Le marché de la téléphonie mobile illustre parfaitement ce phénomène. Au début des années 2000, les communications étaient vendues à des prix très élevés. L’intensification de la concurrence et les progrès technologiques ont progressivement fait chuter les coûts jusqu’à rendre les communications quasiment illimitées et invisibles dans le budget des ménages.

L’intelligence artificielle pourrait suivre une trajectoire comparable. Le coût d’accès aux modèles d’IA a déjà fortement diminué sous l’effet des modèles open source, de la concurrence entre géants technologiques, et de l’amélioration rapide des capacités de calcul. Des groupes comme Google, Microsoft, Amazon ou Meta développent désormais leurs propres infrastructures et puces spécialisées, réduisant progressivement la dépendance à certains fournisseurs historiques.

Les véritables gagnants pourraient être les secteurs traditionnels

À long terme, les plus grands bénéficiaires de la révolution de l’IA pourraient ne pas être les fournisseurs d’infrastructures eux-mêmes. L’histoire d’Internet offre un précédent intéressant : les grands gagnants économiques de la démocratisation du web n’ont pas été les fournisseurs d’accès Internet, mais plutôt les banques numériques, l’e-commerce, la logistique et les entreprises capables d’utiliser Internet comme levier de productivité.

Le même phénomène pourrait se produire avec l’IA. À mesure que les coûts baissent, l’intelligence artificielle pourrait progressivement devenir une infrastructure invisible, comparable à l’électricité ou au cloud computing. Les gains de productivité se diffuseraient alors vers :

  • L’industrie
  • La santé
  • La logistique
  • Les services financiers
  • Les entreprises traditionnelles capables d’intégrer efficacement ces technologies

Une révolution durable, mais pas linéaire

L’intelligence artificielle représente probablement l’une des transformations économiques majeures du XXIe siècle. Mais comme toutes les grandes innovations technologiques, son développement passera probablement par des phases d’euphorie, de concentration excessive, de concurrence accrue, puis de normalisation.

La véritable question pour les investisseurs n’est donc plus de savoir si l’IA transformera l’économie mondiale. Elle consiste désormais à identifier quels acteurs conserveront durablement leur avantage compétitif, quelles valorisations restent soutenables, et surtout quels secteurs traditionnels profiteront réellement de cette révolution une fois la phase spéculative passée.

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Lucas Maths réinvente le cahier de vacances

Fini le traditionnel cahier de vacances corné qui traîne au fond de la valise. Le célèbre créateur de contenus éducatifs Lucas Maths lance sa propre gamme de cahiers de vacances 100 % numériques.

L’objectif ? Couvrir l’intégralité du programme sans gâcher l’été des collégiens. Nous l’avons rencontré pour en parler. C’est le cauchemar de nombreux parents et élèves : comment maintenir le niveau scolaire pendant l’été sans transformer les vacances en punition ? Lucas Maths semble avoir trouvé la formule magique avec son tout nouveau concept de cahier de vacances digital, pensé pour accompagner les élèves jusqu’à leur entrée au lycée.

Le pari de l’efficacité : 6 semaines, 10 minutes par jour

Oubliez les longues heures passées à bloquer sur un exercice. La promesse de ce nouveau support est claire : la régularité plutôt que la quantité.

« L’idée est de déculpabiliser tout le monde, » nous confie Lucas Maths. « J’ai conçu ce cahier pour qu’il s’étale sur 6 semaines, à raison de seulement 10 minutes par jour. C’est le format parfait pour garder le cerveau actif sans empiéter sur le temps de repos et de loisirs. »

Pour maintenir l’attention, l’ouvrage adopte une structure dynamique et condensée. Chaque sujet ou notion est traité sur un format fixe de 4 pages, permettant à l’élève d’aller à l’essentiel sans se perdre.

100% du programme et des « passerelles » vers l’année suivante

Là où de nombreux supports se contentent de réviser l’année écoulée, Lucas Maths va plus loin en créant de véritables ponts vers la classe supérieure.

« Le but n’est pas seulement de cocher des cases. Ce cahier couvre bien sûr 100 % du programme de l’année qui vient de s’écouler pour consolider les bases, mais j’y ai surtout intégré des passerelles. On prépare doucement le terrain pour l’année suivante pour que la rentrée se fasse sans stress. »

Le 100% numérique : un choix stratégique et économique

En faisant le choix du tout-digital, Lucas s’affranchit des contraintes physiques. Le format PDF/numérique permet une disponibilité immédiate et, surtout, garantit l’absence totale de frais de port.

Côté prix, la stratégie est particulièrement bien pensée pour soutenir les familles lors du passage souvent angoissant au collège :

  • L’édition CM2 vers la 6ème est entièrement gratuite. « C’est une étape cruciale pour les enfants, je voulais que chaque élève puisse aborder le collège avec confiance, sans barrière financière, » explique le professeur.
  • Les éditions suivantes (6ème-5ème, 5ème-4ème, 4ème-3ème et 3ème-Seconde) sont proposées au tarif unique de 14,90 €.

Avec cette initiative, Lucas Maths prouve une fois de plus sa capacité à moderniser l’apprentissage et à répondre aux attentes concrètes des familles. Une chose est sûre : réviser cet été sera beaucoup moins douloureux.

Les cahiers de vacances digitaux de Lucas Maths sont disponibles dès aujourd’hui en ligne:

https://www.lucasmaths.com/pdv-cahiers-vacances-maths

Pierre Cotteau de Simencourt

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Entreprises

Apple poursuit OpenAI : une bataille judiciaire qui pourrait redessiner la guerre de l’intelligence artificielle

La rivalité entre les géants de la technologie franchit un nouveau cap.

Apple a déposé une plainte devant un tribunal fédéral en Californie contre OpenAI, accusant l’entreprise d’avoir obtenu illégalement des secrets industriels afin d’accélérer le développement de ses futurs produits d’intelligence artificielle.

Au-delà du simple litige juridique, cette affaire illustre l’intensification de la compétition autour de l’IA, où les enjeux ne se limitent plus aux performances des modèles, mais concernent également la propriété intellectuelle, le recrutement des talents et les technologies matérielles de demain.

Les accusations d’Apple

Selon la plainte, Apple estime qu’OpenAI aurait mis en place une stratégie visant à récupérer des informations confidentielles en recrutant plusieurs anciens employés occupant des postes stratégiques.

L’entreprise affirme notamment qu’un ancien vice-président aurait transféré des documents internes avant son départ. D’autres ex-salariés sont également accusés d’avoir conservé des appareils appartenant à Apple ou d’avoir continué à accéder au réseau interne afin de récupérer des données sensibles.

Apple considère que ces informations auraient pu être utilisées pour accélérer le développement des futurs appareils d’intelligence artificielle d’OpenAI.

Si ces accusations étaient confirmées devant les tribunaux, elles pourraient constituer une violation majeure des règles protégeant les secrets industriels.

Un retournement de situation inattendu

L’affaire surprend d’autant plus que les deux entreprises entretenaient récemment une relation de partenariat.

Lors de la présentation d’Apple Intelligence, Apple avait choisi d’intégrer ChatGPT dans son écosystème afin d’offrir certaines fonctionnalités d’IA à ses utilisateurs.

Mais les relations entre les deux groupes se seraient progressivement détériorées.

Le climat s’est notamment tendu après l’acquisition par OpenAI de io Products, la startup fondée par Jony Ive — l’ancien directeur du design d’Apple à l’origine de l’iPhone, de l’iPad et de nombreux produits emblématiques de la marque.

Cette opération, valorisée à près de 6,5 milliards de dollars, marque clairement les ambitions d’OpenAI dans le développement de matériel dédié à l’intelligence artificielle.

Pour Apple, voir son ancien designer emblématique collaborer avec un concurrent direct constitue déjà un défi stratégique. Les accusations de vol de secrets industriels donnent désormais une dimension judiciaire à cette rivalité.

Ce que demande Apple

Dans sa plainte, Apple réclame notamment :

  • l’interdiction pour OpenAI d’utiliser les informations considérées comme confidentielles ;
  • la restitution ou la destruction des données concernées ;
  • des dommages et intérêts, dont le montant n’a pas été rendu public.

Comme dans toute procédure civile de ce type, ces accusations devront désormais être examinées par la justice, et OpenAI aura l’occasion de présenter sa défense.

Un risque supplémentaire avant l’introduction en Bourse d’OpenAI

Cette procédure intervient à un moment particulièrement sensible.

OpenAI prépare son introduction en Bourse, une opération qui devrait être l’une des plus importantes de l’histoire récente du secteur technologique.

Même si cette plainte ne remet pas nécessairement en cause le projet d’IPO, un contentieux de cette ampleur pourrait alimenter les interrogations des investisseurs concernant les risques juridiques, la gouvernance et la protection de la propriété intellectuelle.

Les marchés financiers accordent généralement une attention particulière à ce type de litige lorsqu’une entreprise s’apprête à être cotée.

Une guerre technologique qui change de terrain

L’intelligence artificielle est devenue l’un des principaux champs de bataille entre les grandes entreprises technologiques.

Après une première phase marquée par la course aux modèles de langage, puis par la compétition autour des infrastructures et des semi-conducteurs, une nouvelle dimension apparaît : celle des brevets, des secrets industriels et du recrutement des meilleurs talents.

Les entreprises ne cherchent plus uniquement à développer l’IA la plus performante. Elles tentent également de protéger leur savoir-faire, leurs innovations et leurs équipes.

Cette affaire entre Apple et OpenAI pourrait ainsi devenir l’un des dossiers juridiques les plus suivis du secteur technologique dans les prochains mois.

En conclusion

Quelle que soit l’issue de la procédure, ce procès illustre une réalité : la concurrence autour de l’intelligence artificielle s’intensifie à tous les niveaux.

Innovation, propriété intellectuelle, talents, matériel informatique et désormais tribunaux : la bataille ne se limite plus aux performances des modèles d’IA.

Pour les investisseurs comme pour l’ensemble de l’industrie technologique, cette affaire rappelle que dans la nouvelle économie de l’intelligence artificielle, les actifs les plus précieux ne sont pas uniquement les algorithmes, mais également les connaissances, les données et le capital humain.

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Actualité En vedette Entreprises

AI Sisters accompagne les entreprises dans l’IA

En moins de trois ans, l’intelligence artificielle générative est passée du statut de curiosité technologique à celui d’outil incontournable dans de nombreuses entreprises.

Derrière cette transformation, certains acteurs ont su se positionner très tôt. C’est notamment le cas d’AI Sisters, une société française fondée par Emma et Chloé Pariente, deux sœurs qui ont fait de l’intelligence artificielle leur spécialité bien avant que le sujet ne devienne omniprésent.

Aujourd’hui, leur entreprise accompagne aussi bien des PME que de grands groupes dans leur transition vers l’intelligence artificielle, avec une ambition simple : aider les organisations à tirer concrètement profit de ces nouveaux outils.

Une aventure née avec l’arrivée de ChatGPT

Le déclic remonte à novembre 2022.

À l’époque, Emma Pariente travaille dans l’univers du digital après un parcours à l’ESCP et plusieurs expériences en Private Equity et en fusions-acquisitions. Attirée depuis toujours par les nouvelles technologies et l’entrepreneuriat, elle avait déjà lancé une première agence digitale spécialisée dans les sites web et les applications.

Lorsque ChatGPT est rendu accessible au grand public, elle comprend immédiatement le potentiel de l’outil.

Rapidement, elle l’intègre dans son quotidien professionnel : rédaction de propositions commerciales, marketing, communication, tâches administratives ou encore recherches documentaires. Les gains de productivité sont considérables.

De son côté, sa sœur Chloé évolue déjà dans l’univers de l’intelligence artificielle et du machine learning. Elle travaille alors dans un grand hôpital où elle participe à des projets d’intégration de l’IA dans différents services.

Le besoin est évident.

Les entreprises veulent comprendre cette technologie, mais peu savent réellement comment l’utiliser.

Les deux sœurs décident alors de lancer AI Sisters.

Former, conseiller et développer

L’entreprise s’est construite autour d’un constat simple : l’adoption de l’IA ne se résume pas à l’achat d’un abonnement à ChatGPT.

Pour créer de la valeur, il faut former les équipes, identifier les bons cas d’usage et mettre en place des solutions adaptées à chaque organisation.

AI Sisters accompagne ainsi les entreprises de A à Z.

La société intervient d’abord sur la sensibilisation et la formation des collaborateurs. Séminaires, conférences, programmes d’acculturation, conduite du changement : l’objectif est d’aider les équipes à comprendre les possibilités offertes par l’intelligence artificielle.

Ensuite vient la partie plus technique.

Sous l’impulsion de Chloé, AI Sisters dispose d’un laboratoire interne capable de développer des agents IA, des tableaux de bord intelligents ou encore des outils sur mesure répondant à des problématiques métier précises.

L’entreprise propose également des consultants spécialisés qui interviennent directement chez les clients afin d’accompagner les projets au quotidien.

Des grands groupes parmi les clients

En seulement quelques années, AI Sisters a réussi à convaincre plusieurs grandes entreprises françaises et internationales.

Parmi les références citées figurent notamment La Poste, Havas ou encore TotalEnergies.

Au total, plus de 700 entreprises ont déjà été accompagnées.

La société revendique également avoir formé ou sensibilisé près de 50.000 personnes aux usages de l’intelligence artificielle.

Un développement particulièrement rapide qui s’explique par l’explosion de la demande.

« Nous étions parmi les premiers acteurs spécialisés sur le sujet en France », explique Emma Pariente.

Alors que de nombreux cabinets de conseil généralistes se sont progressivement intéressés à l’IA, AI Sisters a fait le choix de se concentrer exclusivement sur cette thématique.

Une croissance spectaculaire

Installée à Paris mais active à l’international, l’entreprise compte aujourd’hui une trentaine de collaborateurs en interne.

Autour de ce noyau central gravite également un vaste réseau de consultants et de formateurs spécialisés dans différents domaines : ressources humaines, marketing, finance, juridique ou encore opérations.

Pour 2026, AI Sisters prévoit un chiffre d’affaires d’environ 4,5 millions d’euros.

Une performance qui s’inscrit dans une dynamique de forte croissance puisque l’entreprise affirme avoir doublé, voire triplé son activité chaque année depuis sa création.

Les ambitions sont désormais tournées vers l’internationalisation et la croissance externe.

« L’IA ne va pas tout automatiser »

Contrairement à certaines idées reçues, Emma Pariente ne croit pas à un futur où tout serait entièrement automatisé.

Selon elle, les grandes entreprises recherchent avant tout des outils capables d’améliorer la productivité des équipes, sans pour autant remplacer l’humain.

Cette vision se retrouve également dans l’approche d’AI Sisters.

Malgré son positionnement technologique, l’entreprise conserve une forte dimension humaine avec de nombreuses formations réalisées en présentiel et un accompagnement souvent très personnalisé.

« L’objectif n’est pas de remplacer les collaborateurs mais de leur permettre de travailler plus efficacement. »

Comment débuter avec l’intelligence artificielle ?

Pour les personnes qui n’ont pas encore adopté l’IA, Emma Pariente recommande une approche progressive.

Selon elle, le meilleur moyen de comprendre ces outils est de commencer par les utiliser dans sa vie personnelle.

Préparer un voyage, organiser son quotidien, rédiger un message ou obtenir rapidement des informations : les usages sont déjà nombreux.

Une fois ce premier réflexe acquis, les applications professionnelles viennent naturellement.

Le parcours d’adoption ressemble souvent à ceci :

  • Découverte et utilisation dans la vie quotidienne.
  • Recherche d’aide sur des tâches simples au travail.
  • Automatisation de certaines analyses ou comparaisons.
  • Création de processus avancés avec des agents IA.
  • Intégration complète de l’IA dans l’ensemble des activités.

Une progression qui s’observe aujourd’hui dans la plupart des organisations.

Faut-il faire confiance à l’IA pour investir ?

L’un des sujets qui revient régulièrement concerne l’investissement.

De plus en plus d’épargnants demandent à ChatGPT ou à d’autres modèles d’analyser une entreprise, une action ou un marché.

Pour Emma Pariente, l’important n’est pas tant de savoir si l’on doit faire confiance à l’IA, mais plutôt comment on l’utilise.

Elle rappelle qu’un investisseur reçoit souvent des documents préparés par des banques d’affaires ou des entreprises elles-mêmes, dont l’objectif est naturellement de présenter les projets sous leur meilleur jour.

L’IA peut alors servir d’outil complémentaire permettant de confronter différentes sources, d’identifier des risques ou encore de challenger certaines hypothèses.

Autrement dit, l’intelligence artificielle ne remplace pas l’analyse humaine, mais elle peut considérablement l’enrichir.

Une révolution qui ne fait que commencer

Trois ans après l’arrivée de ChatGPT, l’intelligence artificielle générative continue de transformer les méthodes de travail dans tous les secteurs.

Pour Emma et Chloé Pariente, nous n’en sommes encore qu’au début.

Si les outils deviennent de plus en plus performants, le véritable défi réside désormais dans leur adoption par les entreprises et leurs collaborateurs.

Une mission qu’AI Sisters entend bien poursuivre, alors que l’IA s’impose progressivement comme l’une des grandes révolutions technologiques de notre époque.

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Banque & Finance En vedette Entreprises

BNP Paribas et Mistral AI veulent accélérer l’IA dans la banque

BNP Paribas prolonge son partenariat avec Mistral AI pour développer des outils d’IA générative dans plusieurs métiers du groupe bancaire.

BNP Paribas a annoncé prolonger son partenariat avec Mistral AI pour une durée de trois ans. La banque française travaille avec la startup spécialisée dans l’intelligence artificielle depuis 2023, ce qui fait de BNP Paribas le plus ancien partenaire de Mistral AI dans le secteur financier.

Lors de cette présentation à laquelle Parlons Finance s’est rendu, les deux groupes ont expliqué vouloir aller plus loin que le simple accès à des modèles d’IA. L’objectif est désormais de co-développer des solutions directement adaptées au secteur bancaire, tout en gardant un haut niveau de sécurité et de conformité réglementaire.

Des usages très concrets dans la banque

BNP Paribas explique que l’IA est déjà utilisée pour gérer les énormes volumes d’informations internes du groupe. Les outils développés avec Mistral AI servent notamment à améliorer la recherche documentaire, automatiser certaines analyses ou encore faciliter le traitement de données. Plusieurs solutions sont déjà utilisées en interne et d’autres sont encore en phase de test.

Le partenariat concerne aussi des tâches plus sensibles comme le KYC (“Know Your Customer”), un système utilisé par les banques pour vérifier l’identité des clients et lutter contre la fraude et le blanchiment. L’IA pourrait automatiser certaines tâches répétitives tout en laissant la validation finale aux équipes humaines. BNP Paribas insiste justement sur ce point : l’objectif n’est pas de remplacer les employés, mais surtout de leur faire gagner du temps sur certaines opérations.

“Notre priorité est de tirer parti de la puissance de l’IA générative pour créer des outils fiables et efficaces que nos équipes et nos clients peuvent utiliser au quotidien”, explique Sophie Heller, directrice de la transformation de CPBS chez BNP Paribas.

Une IA européenne face aux géants américains

Ce partenariat montre aussi la volonté de BNP Paribas de travailler avec un acteur technologique européen plutôt qu’uniquement avec des groupes américains comme OpenAI ou Google. Mistral AI est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux espoirs européens dans l’intelligence artificielle.

Le groupe bancaire mise sur une stratégie dite “multi-modèles”, c’est-à-dire utiliser plusieurs technologies d’IA selon les besoins, le niveau de confidentialité des données ou les contraintes géographiques. BNP Paribas regarde aussi de près les futures capacités de calcul de Mistral AI, un élément devenu stratégique avec l’explosion des besoins en puissance informatique dans l’IA générative.

“Ensemble, nous ne déployons pas seulement des modèles de pointe, mais co-développons également des solutions sur mesure qui répondent aux enjeux et aux opportunités propres au secteur bancaire”, affirme Marjorie Janiewicz, directrice commerciale de Mistral AI.

Des assistants IA pour les clients et les salariés

Les premiers outils commencent déjà à apparaître. Chez Hello bank!, l’assistant virtuel HelloïZ utilise désormais l’IA générative pour mieux comprendre les demandes des clients.

La banque précise que plus d’un million de clients utilisent déjà cette nouvelle version depuis janvier 2026.

En parallèle, BNP Paribas prépare aussi un assistant IA destiné à ses collaborateurs. Celui-ci pourra résumer des documents, reformuler des contenus, traduire des textes ou aider à analyser des informations plus rapidement.

Le déploiement est prévu à partir de 2026. Une preuve supplémentaire que l’IA générative entre désormais dans une phase beaucoup plus concrète dans le monde bancaire.

Pendant longtemps, l’intelligence artificielle dans les banques ressemblait surtout à une promesse ou à des tests isolés. Aujourd’hui, le sujet change clairement d’échelle. Avec ce type de partenariat, les grands groupes bancaires cherchent désormais à intégrer l’IA directement dans leurs outils du quotidien.

Et dans un secteur où la rapidité devient stratégique, la vraie bataille pourrait maintenant se jouer sur un point simple : quelle banque arrivera à utiliser l’IA le plus efficacement sans perdre la confiance de ses clients ?

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En vedette Entreprises Interviews experts

Zaion acquiert Dydu et accélère sa stratégie dans l’IA agentique

À quelques mois d’une nouvelle phase d’accélération du marché de l’intelligence artificielle appliquée à la relation client, Zaion annonce l’acquisition de Dydu, spécialiste des agents conversationnels.

Premier constat : les attentes du marché ont profondément évolué. Les entreprises ne se contentent plus d’automatiser quelques interactions, elles cherchent désormais à unifier l’ensemble de leur relation client, quel que soit le canal utilisé.

L’intégration de Dydu permet à Zaion d’élargir sa plateforme et de couvrir à la fois les interactions vocales, les échanges écrits via le web ou les messageries, ainsi que les environnements mobiles. Cette convergence répond à un besoin clé : simplifier des écosystèmes souvent fragmentés et offrir une expérience cohérente aux utilisateurs. L’enjeu n’est donc plus uniquement technologique, mais organisationnel.

Une étape structurante dans la croissance de Zaion

Au-delà de la complémentarité technologique, cette acquisition marque un véritable changement d’échelle pour Zaion. L’entreprise franchit un cap avec un chiffre d’affaires récurrent combiné dépassant les 10 millions d’euros, seuil stratégique pour une plateforme B2B à forte intensité technologique.

Cette nouvelle dimension s’accompagne d’un portefeuille d’une centaine de clients et d’une équipe d’environ cent experts. Elle ouvre également la voie à des synergies commerciales et produit, notamment via la vente croisée des solutions et l’accélération des déploiements à grande échelle. Dans cette dynamique, Zaion affiche une ambition claire : atteindre la rentabilité d’ici l’été 2026 tout en renforçant sa position sur le marché européen.

L’un des apports majeurs de cette opération réside dans la complémentarité des expertises. D’un côté, Zaion s’est historiquement imposé sur le canal vocal et les environnements critiques. De l’autre, Dydu a développé un savoir-faire reconnu dans les agents conversationnels écrits et les outils no-code.

Le rapprochement des deux entités permet aujourd’hui de proposer une plateforme unifiée, capable de gérer l’ensemble des interactions client au sein d’une architecture cohérente. Cette unification facilite le déploiement, améliore la lisibilité des parcours utilisateurs et simplifie le pilotage des dispositifs de relation client.

Une approche industrielle de l’IA agentique

Au-delà de l’annonce, Zaion défend une vision spécifique de l’intelligence artificielle. Contrairement à une approche centrée uniquement sur la puissance des modèles de langage, l’entreprise met en avant l’importance de l’orchestration.

La performance repose ici sur la capacité à combiner différentes briques technologiques, en mobilisant les bons modèles selon les cas d’usage. Cette approche hybride permet d’optimiser les performances tout en maîtrisant les coûts, mais aussi d’améliorer l’expérience utilisateur et de garantir une meilleure gestion des données. L’IA devient ainsi un système organisé et industrialisé, plutôt qu’un simple outil expérimental.

Dans un contexte de dépendance croissante aux technologies étrangères, la souveraineté s’impose comme un critère déterminant pour les grandes entreprises, en particulier dans les secteurs régulés.

Zaion s’inscrit pleinement dans cette dynamique en proposant des solutions développées et opérées en France, avec une maîtrise de ses choix technologiques et une attention particulière portée à la sécurité des données. Le soutien d’investisseurs tels que 115K, PRO BTP, Fortino Capital et Truffle Capital vient renforcer la crédibilité de ce positionnement et soutenir l’émergence d’un acteur européen de référence.

Une transformation en profondeur de la relation client

Cette acquisition illustre une évolution plus large du marché : le passage d’une IA expérimentale à une IA véritablement opérationnelle. L’automatisation des demandes simples permet de recentrer l’intervention humaine sur les situations complexes, améliorant à la fois l’efficacité et la qualité de service.

Ce modèle hybride transforme en profondeur la relation client, en apportant plus de fluidité, une meilleure gestion des volumes et une optimisation des coûts. Il ne s’agit plus seulement d’innover, mais de structurer durablement les opérations.

Si l’IA agentique peut encore sembler technique, elle constitue surtout un levier de transformation pour les entreprises. En unifiant leurs outils et en automatisant une partie de leurs interactions, elles peuvent gagner en productivité, améliorer l’expérience client et renforcer la sécurité de leurs données.

Pour Zaion, cette acquisition ne se limite donc pas à une opération de croissance externe. Elle s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’IA un outil concret, fiable et pleinement intégré aux enjeux métiers.

Une étape supplémentaire vers une relation client plus intelligente, plus fluide et mieux maîtrisée.

Franz Fodéré, Président-Fondateur de Zaion, et Mathieu Changeat, Co-Fondateur de Dydu, reviennent sur les enjeux et les ambitions de leur rapprochement

« L’acquisition de Dydu constitue une étape décisive dans notre stratégie. Elle nous permet de franchir un cap majeur en proposant une plateforme d’IA agentique véritablement multicanale, aux standards des grandes entreprises. En combinant nos expertises, nous renforçons notre capacité à accompagner les grandes organisations dans l’industrialisation de l’IA agentique, avec des exigences fortes de sécurité, conformité et souveraineté. Notre approche reste guidée par une conviction : automatiser sans déshumaniser, en plaçant l’humain au cœur de la transformation de la Relation Client. »


Amaury Lelong, Directeur Général de Zaion :


« Porté par l’essor de l’IA agentique et les enjeux de souveraineté, le marché attend des solutions conçues et opérées en Europe, couvrant le maximum de cas d’usage et s’appuyant sur un large éventail de briques technologiques, sans compromis sur la performance, la sécurité et la sobriété. Le rapprochement entre Zaion et Dydu répond à cette attente en
combinant profondeur technologique et capacité d’industrialisation. »


Mathieu Changeat, Co-Fondateur de Dydu :


« Ce rapprochement est une formidable opportunité de créer des synergies immédiates. En intégrant les innovations du Lab Zaion à notre produit, nous décuplons ses capacités tout en préservant nos engagements fondamentaux de souveraineté et de sobriété numérique. L’alliance de nos technologies étend considérablement le champ des possibles pour nos
projets respectifs. La réunion de nos équipes forme un collectif élargi, doté de compétences hautement complémentaires, pour offrir un accompagnement d’excellence à l’ensemble de nos clients. »


À propos de Zaion


Zaion est le spécialiste français de l’IA agentique pour la Relation Client.
Sa mission : aider les entreprises à optimiser leurs interactions clients grâce à une technologie spécialisée et souveraine. Sa plateforme, conçue pour les environnements critiques des grandes entreprises, permet d’automatiser les interactions clients et d’assister les conseillers en temps réel, avec un haut
niveau d’exigence en matière de sécurité, de conformité et de performance.
Site web : www.zaion.ai


À propos de Dydu


Depuis 2009, Dydu propose une plateforme intuitive à destination des professionnels pour concevoir en toute autonomie des agents conversationnels intelligents : chatbot, voicebot, callbot. Ses solutions s’appuient sur la compréhension du langage naturel et l’intelligence artificielle pour alléger le quotidien des équipes tout en améliorant la satisfaction des utilisateurs. Dydu compte parmi ses clients de nombreuses entreprises du CAC 40 et du SBF 120.

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NVIDIA : des résultats très attendus ce soir, un test pour la vague IA

Ce mercredi 27 août 2025, après la clôture de Wall Street, NVIDIA publiera ses résultats du deuxième trimestre fiscal 2026. La société, devenue l’icône de l’intelligence artificielle générative et de l’informatique haute performance, est scrutée de près par les marchés.

Sa performance constitue un baromètre pour l’ensemble du secteur technologique.

Des attentes colossales

Le consensus des analystes table sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 46 milliards de dollars, en hausse d’environ 53 % sur un an. Le bénéfice par action ajusté (EPS) est attendu autour de 1,01 à 1,02 dollar, soit une progression de près de 49 %.

Ces prévisions, déjà impressionnantes, reflètent l’énorme demande mondiale en processeurs graphiques (GPU) utilisés dans l’IA, le cloud et les supercalculateurs.

Trois enjeux majeurs

  1. La division Data Centers Segment désormais dominant (plus de 80 % du chiffre d’affaires), il reste la locomotive de la croissance. Le marché attend confirmation que la demande en IA ne faiblit pas.
  2. Les tensions États-Unis / Chine Washington a renforcé les restrictions sur les exportations de puces avancées. NVIDIA a dû suspendre la production de son modèle H20 en Chine et mettre en place un accord de partage de revenus (15 %) sur ses ventes locales. L’impact sur les résultats asiatiques sera très surveillé.
  3. La guidance pour le prochain trimestre Les investisseurs veulent savoir si NVIDIA maintiendra son rythme de croissance. Les annonces autour de la nouvelle génération de puces (Rubin et modèles adaptés au marché chinois) pourraient être décisives.

Pourquoi c’est un test pour la vague IA

La capitalisation boursière de NVIDIA dépasse désormais 4 000 milliards de dollars. À ce niveau, le moindre signe de ralentissement pourrait peser lourdement sur l’ensemble du Nasdaq et du secteur technologique.

Si les résultats et les prévisions confirment une dynamique forte, cela prolongera l’euphorie actuelle autour de l’intelligence artificielle. À l’inverse, un chiffre en deçà des attentes pourrait nourrir le doute sur la viabilité à court terme de cette révolution, certains observateurs rappelant que 95 % des entreprises n’ont pas encore dégagé de bénéfices tangibles de leurs investissements IA.

Conclusion

Les résultats de ce soir ne sont pas seulement ceux de NVIDIA : ils incarneront l’arbitrage du marché sur l’avenir de l’IA. Le verdict attendu après la clôture de Wall Street pourrait bien dicter la tendance de l’automne pour l’ensemble des marchés financiers.

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DeepSeek, le ChatGPT chinois qui fait trembler les américains

Selon Alexandr Wang , 28 ans, fondateur et PDG de Scale AI , une start-up de 13 milliards de dollars, les États-Unis ont maintenu leur domination sur la Chine en matière d’intelligence artificielle pendant près d’une décennie.

Mais avec la sortie à Noël d’un modèle d’intelligence artificielle « révolutionnaire » de la start-up chinoise DeepSeek fondé par le gérant de hedge fund Liang Wenfeng, l’écart entre les deux pays se réduit dangereusement, a déclaré Wang dans une interview accordée à CNBC le 23 janvier 2025.

En effet, plus tôt cette semaine, DeepSeek a publié un deuxième modèle d’intelligence artificielle (IA) qui démontre des capacités de raisonnement rivalisant avec celles des grandes entreprises américaines comme OpenAI.

En plus d’impressionner les chercheurs par ses performances, les progrès rapides de la start-up chinoise ont soulevé des questions sur l’efficacité des contrôles à l’exportation des puces d’IA destinés à limiter l’accès de la Chine aux unités de traitement graphique avancées (GPU) qui sous-tendent les outils d’IA.

Scale AI s’est également récemment associé au Center for AI Safety pour lancer « Humanity’s Last Exam », qu’ils décrivent comme le test de référence le plus difficile à ce jour pour les systèmes d’IA. Bien qu’aucun modèle n’ait réussi à obtenir plus de 10 % au test jusqu’à présent, Wang a déclaré que le nouveau modèle de raisonnement de DeepSeek, DeepSeek-R1, était en tête du classement. « Leur modèle est en fait le plus performant, ou à peu près au même niveau que les meilleurs modèles américains », a-t-il déclaré à CNBC.

DeepSeek affirme que R1 est proche ou meilleur que les modèles concurrents dans plusieurs tests de référence de premier plan tels que AIME 2024 pour les tâches mathématiques, MMLU pour les connaissances générales et AlpacaEval 2.0 pour les performances aux questions-réponses. Il se classe également parmi les meilleurs sur un classement affilié à l’UC Berkeley appelé Chatbot Arena.

Ces réalisations couvrent divers domaines de référence, notamment la résolution de problèmes complexes, les mathématiques et le codage, positionnant DeepSeek comme un acteur clé sur la scène mondiale de l’IA.

Sauf que DeepSeek n’est pas un cas isolé. Depuis le milieu de l’année dernière, les entreprises technologiques chinoises telles qu’Alibaba, Tencent, ByteDance, Moonshot et 01.ai ont progressivement réduit l’écart avec leurs homologues américaines, en égalant leurs capacités et en les surpassant en termes de rentabilité.

De fait, DeepSeek n’est pas le seul à s’implanter en Chine. ByteDance prévoit de dépenser plus de 12 milliards de dollars en infrastructures d’IA aux États-Unis cette année, dans le cadre d’ un investissement plus important de 20 milliards de dollars , dont la moitié sera consacrée aux centres de données et aux équipements.

Huawei se positionne également comme un acteur clé , compte tenu du défi que représente l’obtention de la technologie Nvidia et des nouvelles restrictions américaines. Il y a aussi le nouveau fonds d’investissement chinois dans l’IA, doté de 8 milliards de dollars de capital initial , dans le but de soutenir le pays après le renforcement des contrôles à l’exportation des semi-conducteurs avancés et d’autres technologies par les États-Unis.

Les progrès réalisés par la Chine en matière d’efficacité énergétique ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont une réponse directe aux restrictions d’exportation de plus en plus strictes imposées par les États-Unis et leurs alliés. En limitant l’accès de la Chine aux puces d’intelligence artificielle avancées, les États-Unis ont par inadvertance stimulé son innovation.

Pour réduire leur dépendance aux puces haut de gamme étrangères, les entreprises chinoises d’IA ont expérimenté de nouvelles approches en matière d’algorithmes, d’architecture et de stratégies de formation.

Nombre d’entre elles ont adopté une approche « mixte d’experts », en se concentrant sur des modèles d’IA plus petits, formés à partir de données spécifiques. Ces modèles peuvent fournir des résultats puissants tout en réduisant les ressources informatiques.

DeepSeek-V3 incarne le succès de cette approche ingénieuse. Selon son rapport technique, le modèle a été entraîné à l’aide d’un centre de données alimenté par des GPU Nvidia H800, une puce moins avancée que les dernières versions de Nvidia.

Cependant, le PDG de Scale AI, Alexandr Wang, affirme que DeepSeek déforme ses affirmations selon lesquelles il n’utilise que 2 048 GPU Nvidia ; il a déclaré que le nombre est d’environ 50 000. Il explique que la principale raison pour laquelle ils agissent ainsi est qu’ils ne veulent pas admettre qu’ils obtiennent les puces malgré la restriction américaine.

Bien que personne ne puisse vraiment le savoir avec certitude sur la base du document technique qu’ils ont publié sur leurs derniers modèles, V3 et R1, il semble plausible qu’ils aient considérablement réduit le besoin de calcul d’entraînement.

Par ailleurs, de nombreux observateurs chinois ont salué DeepSeek-R1 comme un triomphe national et un paradigme de l’innovation chinoise. En effet, les chercheurs et ingénieurs chinois excellent dans la réalisation d’objectifs ambitieux de manière efficace et rentable, en innovant souvent dans des méthodes techniques malgré des contraintes de ressources.

La dépendance minimale de DeepSeek-V3 à l’égard du calcul haute performance, son approche systématique de la formation et de l’inférence et ses solutions techniques innovantes reflètent l’état d’esprit technique qui caractérise les entreprises, les équipes et les chercheurs chinois.

En outre, la dernière version de DeepSeek a terminé sa formation en seulement deux mois pour un coût de 5,5 millions de dollars, une fraction des sommes dépensées par des entreprises américaines comme OpenAI.

De fait, DeepSeek a affirmé avoir utilisé seulement 2 048 Nvidia H800 et 5,6 millions de dollars pour former un modèle avec 671 milliards de paramètres, soit environ 1,6 fois la taille du Llama 3.1, considéré comme le meilleur modèle open source américain. Ainsi l’entreprise a dépensé une fraction de ce qu’OpenAI et Google ont dépensé pour former des modèles de taille comparable.

Les plus grandes entreprises d’intelligence artificielle du monde entraînent leurs chatbots à l’aide de supercalculateurs qui utilisent jusqu’à 16 000 puces, voire plus. Les ingénieurs de DeepSeek, de leur côté, ont déclaré qu’ils n’avaient besoin que d’environ 2 000 puces informatiques spécialisées de Nvidia.

Ainsi, la façon la plus simple de comprendre ces changements est de dire que DeepSeek a pris le modèle de frontière d’OpenAI et l’a utilisé comme enseignant pour son modèle. Avec cela, ils ont distillé le modèle en un modèle plus petit tout en conservant presque toutes ses performances intactes. Comme le modèle est plus petit et grâce à d’autres innovations, ils ont considérablement réduit le coût de sa formation et de son fonctionnement.

L’une de leurs innovations importantes concernait l’attention latente multi-têtes (MLA). Plus précisément, ils se sont concentrés sur les aspects d’équilibrage de charge. Pour le dire de la manière la plus simple, l’essentiel est que le modèle n’a pas toujours besoin de stocker tous les paramètres dont il dispose, mais se concentre uniquement sur les plus importants.

Ils ont fait cela sans aucune dégradation des performances qui accompagne généralement l’équilibrage de charge. Ils acheminent essentiellement les demandes d’inférence vers un modèle plus petit, le plus à même de répondre à la requête ou de résoudre la tâche.

Considérez-le comme ayant plusieurs « têtes d’attention » qui peuvent se concentrer sur différentes parties des données d’entrée, permettant au modèle de capturer une compréhension plus complète des informations. Ce mécanisme d’attention amélioré contribue aux performances impressionnantes de DeepSeek-V3 sur divers tests.

En outre, Les modèles de DeepSeek utilisent une architecture MoE, activant seulement une petite fraction de leurs paramètres pour une tâche donnée. Cette

Cette activation sélective réduit considérablement les coûts de calcul et améliore l’efficacité. Imaginez une équipe d’experts, chacun spécialisé dans un domaine différent. Face à une tâche, seuls les experts concernés sont sollicités, garantissant une utilisation efficace des ressources et de l’expertise. L’architecture MoE de DeepSeek fonctionne de manière similaire, activant uniquement les paramètres nécessaires pour chaque tâche, ce qui entraîne des économies de coûts importantes et une amélioration des performances.

En plus de cela, avec la sortie complète de R1 lundi et le document technique qui l’accompagne , la société a révélé une innovation surprenante : un écart délibéré par rapport au processus conventionnel de réglage fin supervisé (SFT) largement utilisé dans la formation de grands modèles linguistiques (LLM).

La SFT, une étape standard du développement de l’IA, consiste à entraîner des modèles sur des ensembles de données organisés pour enseigner le raisonnement étape par étape, souvent appelé chaîne de pensée (CoT). Elle est considérée comme essentielle pour améliorer les capacités de raisonnement.

Cependant, DeepSeek a remis en question cette hypothèse en ignorant complètement la SFT, choisissant plutôt de s’appuyer sur l’apprentissage par renforcement (RL) pour entraîner le modèle.

Surnommée « DeepSeek-R1-Zero », cette première version du modèle a appris le raisonnement par chaîne de pensée uniquement à partir de retours d’information par essais et erreurs, sans aucune instruction supervisée pour la guider. En poussant le modèle à résoudre des tâches toujours plus complexes, le RL a inculqué des capacités telles que l’autoréflexion et la vérification.

L’inconvénient ? Le résultat manquait de finition : DeepSeek-R1-Zero était sujet à la répétition, à un mélange étrange de langues et à un texte peu maniable.

Pour l’affiner, l’équipe a superposé un processus en plusieurs étapes combinant le RL avec un réglage fin supervisé traditionnel. Le R1 qui en résulte est un système qui non seulement correspond au produit phare d’OpenAI en matière de références mathématiques, de codage et de logique, mais fournit également des résultats à une fraction du coût.

Cette démarche audacieuse a obligé DeepSeek-R1 à développer des capacités de raisonnement indépendantes, évitant la fragilité souvent introduite par les ensembles de données prescriptifs. Bien que certaines failles apparaissent, ​​conduisant l’équipe à réintroduire une quantité limitée de SFT lors des dernières étapes de construction du modèle, les résultats ont confirmé une avancée fondamentale : l’apprentissage par renforcement à lui seul pourrait générer des gains de performances substantiels.

Cette approche a donné lieu à un phénomène inattendu : le modèle a commencé à allouer du temps de traitement supplémentaire à des problèmes plus complexes, démontrant ainsi sa capacité à hiérarchiser les tâches en fonction de leur difficulté. Les chercheurs de DeepSeek ont ​​décrit ce phénomène comme un « moment d’éveil », au cours duquel le modèle lui-même a identifié et formulé de nouvelles solutions à des problèmes complexes.

Cette étape importante a souligné la puissance de l’apprentissage par renforcement pour débloquer des capacités de raisonnement avancées sans avoir recours à des méthodes d’entraînement traditionnelles comme la SFT.

En substance, les modèles de DeepSeek apprennent en interagissant avec leur environnement et en recevant des commentaires sur leurs actions, de la même manière que les humains apprennent par l’expérience. Cela leur permet de développer des capacités de raisonnement plus sophistiquées et de s’adapter plus efficacement à de nouvelles situations et également de fortement réduire les coûts.

Enfin, DeepSeek utilise des techniques de distillation pour transférer les connaissances et les capacités de modèles plus grands vers des modèles plus petits et plus efficaces. Cela rend l’IA puissante accessible à un plus large éventail d’utilisateurs et d’appareils. C’est comme si un enseignant transférait ses connaissances à un élève, ce qui lui permet d’effectuer des tâches avec une compétence similaire mais avec moins d’expérience ou de ressources.

Le processus de distillation de DeepSeek permet aux modèles plus petits d’hériter des capacités avancées de raisonnement et de traitement du langage de leurs homologues plus grands, ce qui les rend plus polyvalents et accessibles.

Ces techniques innovantes, combinées à l’accent mis par DeepSeek sur l’efficacité et la collaboration open source, ont positionné l’entreprise comme une force disruptive dans le paysage de l’IA.

En raison de ces changements, l’API de DeepSeek, comme l’ont rapporté certains utilisateurs, est 95 % moins chère par jeton que le modèle o1 d’OpenAI tout en ayant des performances similaires. Le modèle DeepSeek est censé être 45 fois plus efficace côté formation que les autres modèles.

Qui plus est, certaines entreprises chinoises d’intelligence artificielle sont en mesure d’exploiter la puissance de calcul des puces avancées de Nvidia via des serveurs cloud basés dans d’autres pays.

Alternativement, ils peuvent simplement acheter plus de semi-conducteurs moins avancés de Nvidia ou les utiliser plus efficacement à l’aide d’un logiciel intelligent. Pour continuer à servir le vaste marché chinois, Nvidia a conçu des processeurs moins puissants, et conformes aux sanctions. Ceux-ci sont entre 10% et 30% plus lents que son kit haut de gamme, et finissent par être plus coûteux pour les clients chinois par unité de puissance de traitement. Mais ils effectuent le travail.

De plus, la Chine pourrait en partie remédier à la pénurie de puces, et de puissance cérébrale, à l’aide de modèles « open source ». Le fonctionnement interne de ces modèles peut être téléchargé par n’importe qui et adapté à une tâche spécifique.

Les laboratoires d’IA chinois pourraient également se prévaloir de modèles open source, qui incarnent la sagesse collective des équipes de recherche internationales. Matt Sheehan du Carnegie Endowment for International Peace, un think thank américain, affirme que la Chine a la forme d’être un « suiveur rapide », ses laboratoires ont absorbé les avancées de l’étranger, puis les ont rapidement incorporées dans leurs propres modèles, souvent avec des ressources d’État abondantes.

Ainsi, il n’y a aucune indication que les restrictions imposées par l’administration Biden sur les puces haut de gamme, ainsi que sur les logiciels et les machines nécessaires à leur fabrication, aient ralenti l’ascension de la Chine dans ce qu’on appelle la quatrième révolution industrielle, c’est-à-dire l’application de l’intelligence artificielle à des secteurs tels que l’industrie manufacturière, l’exploitation minière, l’agriculture et la logistique.

Bien que le contexte de la guerre technologique complique l’évaluation précise des progrès de la Chine, les informations disponibles suggèrent que la Chine fait des avancées à une vitesse inégalée dans ses efforts pour contourner les restrictions technologiques.

Alors, les analystes occidentaux ont surestimé l’impact des contrôles technologiques sur la Chine tout en sous-estimant la capacité de la Chine à les contourner.

Par conséquent, DeepSeek remet en cause l’idée largement répandue selon laquelle l’IA de pointe nécessite une énorme puissance de calcul et plusieurs milliards de dollars. DeepSeek démontre comment l’ingéniosité logicielle peut compenser les contraintes matérielles, et met également en évidence les limites des contrôles à l’exportation américains destinés à ralentir les progrès de la Chine en matière d’intelligence artificielle.

Si ces mesures peuvent entraîner des perturbations à court terme, leur impact diminue au fil du temps, à mesure que la Chine innove pour s’adapter.

Les restrictions américaines sur l’IA ont eu pour effet d’inciter le secteur privé chinois à prendre le relais au secteur public. Et si les États-Unis dominent souvent la recherche de pointe, les entreprises chinoises excellent dans l’exécution, l’accessibilité et la diffusion des produits. Dans le commerce électronique, les véhicules électriques, les panneaux solaires et les batteries, elles ont démontré une capacité impressionnante à évoluer.

Selon les experts du secteur, la concentration de DeepSeek sur la recherche en fait un concurrent dangereux, car l’entreprise préfère partager ses découvertes plutôt que de les protéger pour des gains commerciaux. DeepSeek n’a pas levé de fonds auprès de fonds extérieurs ni pris de mesures significatives pour monétiser ses modèles.

Prenant une voie différente de nombreuses entreprises américaines qui protègent étroitement leurs modèles d’IA, DeepSeek a adopté une stratégie open source, partageant ouvertement son code et ses méthodologies de formation.

Cette approche pourrait accélérer l’innovation et élargir son adoption à l’échelle mondiale, ce qui pourrait réduire l’avantage concurrentiel des entreprises américaines qui dépendent de systèmes propriétaires tels que GPT-4 d’OpenAI ou Bard de Google. Yann LeCun, responsable scientifique en IA chez Meta, a fait remarquer que le succès de DeepSeek souligne le potentiel des modèles open source à surpasser les modèles propriétaires.

Par conséquent, il s’agit là d’un choc majeur pour les fournisseurs de modèles LLM, en particulier les fournisseurs fermés dont l’activité repose (du moins jusqu’à présent) sur la vente d’accès aux modèles LLM les plus performants, tels qu’OpenAI et Anthropic. Le problème est d’autant plus grand que DeepSeek est un modèle open source que tout le monde peut utiliser.

Cela signifie également qu’ils devront aller encore plus vite avec l’innovation et des modèles plus récents, ce qui met la course à l’IA déjà rapide à une autre vitesse car il est clair que la communauté open source va maintenant recevoir un autre coup de pouce en jouant avec le modèle de DeepSeek, de la même manière que Llama open source de Meta a ouvert les vannes de l’open source.

De fait, la communauté open source reste l’espace le plus dynamique, le plus complet, le plus libre et le plus sans frontières en matière de recherche, de partage et de discussion universitaires dans le domaine de l’IA, et l’arène la moins compétitive en interne. L’engagement de DeepSeek en faveur de l’open source dès le premier jour a probablement été soigneusement réfléchi.

Son approche open source est complète, couvrant les pondérations des modèles, les ensembles de données et les méthodes de pré-formation, avec des articles de haute qualité comme partie intégrante. Les jeunes chercheurs brillants gagnent en visibilité grâce à leurs apparitions dans la communauté open source, à leurs partages et à leur engagement. Leur public comprend certains des moteurs les plus influents de l’IA mondiale.

Cette combinaison, jeunes chercheurs intelligents en IA + atmosphère d’institution de recherche (avec de grands packages technologiques) + partage et échange communautaires open source, a élevé l’influence et le prestige de DeepSeek dans le domaine de l’IA à l’échelle mondiale.

Pour une organisation principalement axée sur les résultats de recherche en IA plutôt que sur les produits commerciaux, Hugging Face et Reddit constituent les meilleurs lieux de lancement, les ensembles de données et les référentiels de code constituent les meilleures démonstrations et les articles constituent les meilleurs communiqués de presse.

Dans le même temps, ce modèle open source permet à OpenAI, Anthropic et d’autres d’adopter les innovations qu’ils ont apportées et de les utiliser dans leurs futurs modèles.

En plus de privilégier l’efficacité, les entreprises chinoises adoptent de plus en plus les principes de l’open source. Alibaba Cloud a publié plus de 100 nouveaux modèles d’IA open source, prenant en charge 29 langages et répondant à diverses applications, notamment le codage et les mathématiques. De même, des startups comme Minimax et 01.AI ont ouvert leurs modèles en open source.

« DeepSeek fonctionne comme à ses débuts DeepMind », a déclaré un investisseur en IA à Pékin. « Il est entièrement axé sur la recherche et l’ingénierie. » Liang, qui participe personnellement aux recherches de DeepSeek, utilise les bénéfices de ses opérations sur fonds spéculatifs pour payer les meilleurs salaires aux meilleurs talents en IA. Avec ByteDance, propriétaire de TikTok, DeepSeek est connu pour offrir la rémunération la plus élevée disponible pour les ingénieurs en IA en Chine, avec du personnel basé dans des bureaux à Hangzhou et à Pékin.

Liang a présenté DeepSeek comme une entreprise « locale » unique, composée de titulaires d’un doctorat issus des meilleures écoles chinoises, des universités de Pékin, de Tsinghua et de Beihang plutôt que d’experts issus d’institutions américaines.

Dans une interview accordée à la presse nationale l’année dernière, il a déclaré que son équipe principale « n’était pas composée de personnes revenues de l’étranger. Ils sont tous locaux… Nous devons former les meilleurs talents nous-mêmes ». L’identité de DeepSeek en tant que société de LLM purement chinoise lui a valu des éloges dans son pays.

Ritwik Gupta, chercheur en politique d’IA à l’Université de Californie à Berkeley, a déclaré que la Chine disposait d’un vivier d’ingénieurs systèmes beaucoup plus important que les États-Unis, qui savent comment tirer le meilleur parti des ressources informatiques pour former et exécuter des modèles à moindre coût.

Toutefois, les initiés du secteur affirment que même si DeepSeek a montré des résultats impressionnants avec des ressources limitées, la question de savoir si l’entreprise peut continuer à être compétitive à mesure que le secteur évolue.

D’ailleurs dans une interview accordée au média chinois 36Kr en juillet 2024, Liang a déclaré qu’un autre défi auquel les entreprises chinoises sont confrontées en plus des sanctions sur les puces électroniques est que leurs techniques d’ingénierie de l’IA ont tendance à être moins efficaces. « Nous [la plupart des entreprises chinoises] devons consommer deux fois plus de puissance de calcul pour obtenir les mêmes résultats. Si l’on ajoute à cela les écarts d’efficacité des données, cela pourrait signifier que nous avons besoin de jusqu’à quatre fois plus de puissance de calcul. Notre objectif est de combler en permanence ces écarts », a-t-il déclaré.

Dans tous les cas, DeepSeek prouve que les grands acteurs américains ne sont pas les seuls à pouvoir jouer dans la cour de l’IA générative. D’autres acteurs chinois ont accéléré ces derniers mois comme les start-up 01.AI ou Moonshot AI mais aussi les géants du pays dont Baidu, Alibaba et Tencent.

Alibaba a développé des modèles open source et un robot conversationnel (tous baptisés Qwen) qui sont salués par l’écosystème IA. Il y a quelques semaines, Alibaba Cloud a annoncé une baisse de 85 % du prix d’un de ses modèles, une nouvelle preuve que les entreprises chinoises de la tech ne comptent pas rester sans rien faire face aux Américains. Alibaba pourrait bien faire de nouvelles annonces à l’approche du nouvel an chinois (le 29 janvier), selon plusieurs experts.

En outre, selon un livre blanc publié l’année dernière par l’Académie chinoise des technologies de l’information et de la communication, un institut de recherche affilié à l’État, le nombre de grands modèles linguistiques d’IA dans le monde a atteint 1 328, dont 36 % proviennent de Chine. Cela place la Chine au deuxième rang des plus grands contributeurs à l’IA, derrière les États-Unis.

Il convient de noter qu’au cours de l’année écoulée, les grands modèles open source chinois ont acquis une grande renommée dans la recherche et les produits mondiaux en matière d’IA. On a de plus en plus l’impression que les grands modèles open source chinois sont plus complètement ouverts que certains homologues américains et européens, ce qui les rend plus accessibles aux chercheurs et aux développeurs pour étudier ou optimiser leurs propres modèles.

DeepSeek en est un exemple, tout comme Qwen d’Alibaba, largement considéré comme véritablement open source. Le petit modèle Mini-CPM-Llama3-V2.5 de Mianbi a même gagné une popularité inattendue après avoir été directement adapté par une équipe de premier cycle de Stanford.

Le succès de DeepSeek ne repose pas uniquement sur ses efforts internes. L’entreprise a également noué des partenariats stratégiques pour améliorer ses capacités technologiques et sa portée commerciale. L’une de ses collaborations notables est celle avec AMD , l’un des principaux fournisseurs de solutions de calcul haute performance. DeepSeek s’appuie sur les GPU AMD Instinct et le logiciel ROCM à travers les étapes clés du développement de son modèle, en particulier pour DeepSeek-V3. Ce partenariat permet à DeepSeek d’accéder à du matériel de pointe et à une pile logicielle ouverte, optimisant les performances et l’évolutivité.

Si l’innovation de DeepSeek est révolutionnaire, elle n’a en aucun cas établi une position dominante sur le marché. Comme l’entreprise a publié ses recherches, d’autres entreprises modèles en tireront des leçons et s’adapteront. Meta et Mistral, l’entreprise open source française modèle, sont peut-être un peu en retard, mais il ne leur faudra probablement que quelques mois pour les rattraper.

Comme l’a déclaré Yann Lecun, chercheur principal de Meta : « L’idée est que tout le monde profite des idées des autres. Personne ne « devance » quelqu’un d’autre et aucun pays ne « perd » face à un autre. Personne n’a le monopole des bonnes idées. Tout le monde apprend de tout le monde. » C’est donc l’exécution qui compte.

En fin de compte, ce sont les consommateurs, les startups et les autres utilisateurs qui en sortiront le plus grand profit, car les offres de DeepSeek continueront de faire baisser le prix d’utilisation de ces modèles à un niveau proche de zéro (encore une fois, en dehors du coût d’exécution des modèles au moment de l’inférence).

Cette banalisation rapide pourrait poser des problèmes, voire des souffrances considérables, aux principaux fournisseurs d’IA qui ont investi massivement dans des infrastructures propriétaires. Comme l’ont souligné de nombreux commentateurs, notamment Chamath Palihapitiya, investisseur et ancien dirigeant de Meta, cela pourrait signifier que des années d’OpEx et de CapEx d’OpenAI et d’autres seront gaspillées .

« Cette génération de jeunes chercheurs chinois s’identifie fortement à la culture open source car ils en bénéficient énormément », explique Thomas Qitong Cao, professeur adjoint de politique technologique à l’université Tufts.

« Le contrôle des exportations par les États-Unis a essentiellement acculé les entreprises chinoises dans une situation où elles doivent être beaucoup plus efficaces avec leurs ressources informatiques limitées », explique Matt Sheehan, chercheur en intelligence artificielle au Carnegie Endowment for International Peace. « Nous allons probablement assister à de nombreuses consolidations à l’avenir liées au manque de ressources informatiques. »

Cela a peut-être déjà commencé à se produire. Il y a deux semaines, Alibaba Cloud a annoncé un partenariat avec la start-up pékinoise 01.AI, fondée par Kai-Fu Lee, pour fusionner des équipes de recherche et créer un « laboratoire de modélisation industrielle à grande échelle ».

Enfin, si des modèles d’IA « suffisamment bons » peuvent être entraînés à moindre coût, leur prolifération deviendra inévitable, d’autant plus que de nombreux pays souhaitent désespérément développer leurs propres modèles. De plus, un coût élevé par requête pourrait également inciter à la création de modèles spécialisés, conçus pour offrir des réponses efficaces et précises tout en minimisant le nombre de requêtes nécessaires.

L’autre conséquence de la percée chinoise est que les États-Unis font face à une concurrence asymétrique. Il est désormais évident que la Chine innove pour contourner des obstacles comme le manque des meilleures puces, que ce soit en améliorant l’efficacité ou en compensant l’absence de matériel de haute qualité par une plus grande quantité.

Les puces produites en Chine progressent, y compris celles conçues par Huawei, une entreprise technologique qui, il y a une génération, a réussi à imposer son matériel télécom en adoptant une approche simple et économique.

Si la Chine reste proche de la frontière technologique, elle pourrait être la première à franchir le cap de la superintelligence. Si cela se produit, elle pourrait obtenir bien plus qu’un simple avantage militaire. Dans un scénario de superintelligence, des dynamiques où « le gagnant rafle tout » pourraient brusquement s’imposer.

Même si l’industrie reste sur sa trajectoire actuelle, l’adoption massive de l’IA chinoise à travers le monde pourrait conférer au Parti communiste chinois une influence politique considérable.

Que devrait faire M. Trump ? Son annonce sur les infrastructures était un bon début. Les États-Unis doivent lever les obstacles juridiques à la construction de centres de données. Ils devraient également faciliter l’embauche d’ingénieurs étrangers et réformer les procédures d’achat pour la défense afin de favoriser l’adoption rapide de l’IA.

En tout cas, le triomphe de DeepSeek marque un tournant important, qui annonce une évolution mondiale vers une innovation en matière d’IA rentable et ingénieuse. À mesure que les barrières à l’entrée s’abaissent, le paysage de l’IA devrait voir un afflux de startups modérément financées s’appuyant sur des technologies open source et des techniques novatrices pour perturber le marché. Cette démocratisation pourrait catalyser une nouvelle vague de créativité et de concurrence, redéfinissant les possibilités de développement de l’IA.

Les implications vont au-delà de la Chine et de la Silicon Valley. L’émergence de DeepSeek démontre que l’innovation de classe mondiale ne se limite plus à quelques régions ou entreprises. Elle sert de signal d’alarme pour le secteur, soulignant l’importance de la collaboration, de l’efficacité et de l’adaptabilité pour rester en tête dans un secteur de plus en plus concurrentiel.

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Bourse Nos analyses

Le Point sur les Marchés: Semaine du 22 au 27 septembre 2024

Pour cette dernière semaine de septembre, les marchés ont montré une certaine volatilité influencée par des facteurs à la fois technologiques et macroéconomiques.

L’une des principales tendances a été l’enthousiasme autour des technologies liées à l’intelligence artificielle. Des entreprises comme Micron ont publié des prévisions solides qui ont ravivé l’intérêt des investisseurs pour les semi-conducteurs et l’IA, stimulant des gains dans des actions comme Nvidia et Broadcom.

Marché français

Une hausse notable cette semaine, avec le CAC 40 progressant de 2% grâce à des annonces positives des entreprises et à un sentiment global plus optimiste. Cependant, certaines valeurs ont subi des pertes importantes, comme Ubisoft, qui a vu son action chuter de 23 % en raison de mauvaises performances dans son secteur des jeux vidéo​.

Marchés obligataires 

Après une courte reprise, les marchés obligataires repartent à la hausse. Les T-Bonds, obligations du Trésor américain à long terme, gagnent 5 points de base à 3,786%, reflétant une hausse des rendements. Les ventes de maisons neuves aux États-Unis ont chuté de 4,7% en août, malgré des prix records.

En Europe, les Bunds allemands atteignent 2,18%, tandis que l’OCDE revoit à la baisse ses prévisions de croissance mondiale. Les investisseurs attendent aussi l’indice PCE, mesure préférée de la Fed pour évaluer l’inflation, vendredi.

Marchés américains 

Les marchés américains sont en hausse, principalement soutenus par les secteurs des matériaux et des biens de consommation discrétionnaires. L’indice Dow Jones a gagné 83,57 points (+0,5%), atteignant 42 208 points, tandis que le Nasdaq a progressé de 100,25 points (+1,06%), passant à 18 180 points.

Le S&P 500 a également progresser à la hausse de 0,6%, porté par les secteurs industriels et des matériaux, malgré un recul des services financiers et de la consommation de base​

Action de la semaine

Depuis le début de cette semaine, l’action Micron Technology (MU) a montré une solide performance, principalement en raison de résultats financiers robustes et d’anticipations positives pour le futur. En l’espace d’une semaine, l’action a gagné environ 25%, passant de 90 $ à 110 $.

Ce mouvement haussier a été alimenté par des résultats du quatrième trimestre meilleurs que prévu et une révision à la hausse des perspectives de revenus pour le trimestre suivant, boostée par la demande croissante en semi-conducteurs liés à l’intelligence artificielle.

Micron a bénéficié d’une forte demande dans le secteur de la mémoire, crucial pour l’infrastructure liée à l’IA, ce qui a poussé d’autres actions technologiques, comme Nvidia, à également grimper​.

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Entreprises Success story

Cet outil qui utilise l’IA permet de contester les amendes routières pour seulement 1,99€ !

Un nouvel outil novateur émerge dans le paysage bruxellois, promettant de contester les amendes routières en un temps record grâce à l’intelligence artificielle. La plateforme, encore en version bêta mais déjà intrigante, offre une solution rapide et précise pour annuler les amendes de stationnement, les excès de vitesse et les violations de la signalisation.

Mehdi Desmet, Romain Goossens et Marouane Bezdi sont les brillants esprits à l’origine de cette ingénieuse idée, fondée sur trois constats majeurs:

  • Amendes injustifiées: Près de 2.500 amendes de stationnements injustifiées seraient chaque jour à Bruxelles.
  • Manque de connaissance: Un nombre significatif de personnes à Bruxelles ne maîtrisent pas suffisamment les méthodes de contestation ou les lois pour se prémunir efficacement d’une amende routière injustifiée.
  • Oubli ou négligence: Beaucoup de gens ignorent ou ne prennent pas la peine de contester leurs amendes, souvent par manque d’accessibilité aux ressources juridiques.

Mehdi Desmet, un des fondateurs nous présente la plateforme, nommée www.contestation-amende.com, et nous précise qu’elle a pour objectif d’interroger l’utilisateur sous forme d’un formulaire intuitif, adapté au type d’infraction concernée.

Il ajoute que grâce à un entraînement sur des bases légales solides comprenant des articles de loi, de la jurisprudence et l’expertise d’un avocat, l’IA génère des contestations optimisées en quelques minutes. Les utilisateurs peuvent également modifier ensuite certains éléments avant d’envoyer leur contestation à l’administration compétente, de quoi épargner un temps colossal !

Comparé à d’autres outils, les créateurs soulignent que leur IA est spécifiquement formée pour ce contexte juridique spécifique, évitant ainsi les réponses génériques que l’on pourrait soi-même obtenir en utilisant des outils tel que ChatGpt. Des améliorations futures incluent l’affichage d’une probabilité de succès de la contestation, pour garantir que les utilisateurs investissent de manière judicieuse.

Tarif

Actuellement, la tarification prévue est de 2 euros par amende contestée. À l’avenir, l’offre pourrait s’étendre aux clients professionnels avec un modèle d’abonnement. Bien que la plateforme soit actuellement opérationnelle à Bruxelles et en Wallonie, une expansion future est envisagée.

Enfin, les créateurs insistent sur la sécurité des données des utilisateurs, conformément au RGPD, et prévoient une campagne publicitaire de lancement pour recueillir rapidement des retours et améliorer leur produit.

En résumé, cet outil novateur promet une solution rapide et efficace pour contester les amendes routières, offrant aux utilisateurs une opportunité précieuse d’accéder à la justice de manière accessible et efficace.