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Laetitia Zito : de la finance à la tête de Paymium, son regard sur 15 ans de révolution crypto

Laetitia Zito, directrice générale de Paymium, décrypte l’évolution des cryptomonnaies, la réglementation MiCA et l’avenir de Bitcoin en Europe.

Dans cet entretien accordé à Parlons Finance, Laetitia Zito revient sur son parcours, les défis de la réglementation MiCA, l’évolution du marché des cryptomonnaies, la stratégie de Paymium et le potentiel économique et sociétal de Bitcoin.

« Nous sommes passés d’une startup technologique à une entreprise financière »

Parlons Finance : Votre parcours est assez atypique. Comment êtes-vous passée d’une formation scientifique à la direction générale d’une plateforme spécialisée dans les cryptomonnaies ?

Laetitia Zito : Je suis chimiste de formation. J’ai commencé ma carrière dans un secteur très éloigné de la finance et des cryptomonnaies : l’événementiel musical. J’y ai passé treize ans, au sein d’une entreprise internationale qui m’a permis de beaucoup voyager.

C’est au cours de cette expérience que je me suis intéressée à la finance, jusqu’à reprendre mes études pour obtenir un master en finance d’entreprise et contrôle de gestion à l’ESSEC.

J’ai rejoint Paymium en octobre 2017 en tant que directrice administrative et financière. À l’époque, je connaissais encore assez peu l’univers des cryptomonnaies. Mais c’est un secteur qui suscite rapidement une véritable curiosité intellectuelle. Plus on apprend, plus on découvre l’étendue de ce qu’il reste à comprendre.

J’ai progressivement élargi mes responsabilités, notamment sur les questions réglementaires, avant de prendre la direction générale de Paymium en 2022.

Parlons Finance : Qu’est-ce qui vous a convaincue, dès 2017, que Bitcoin représentait une innovation suffisamment importante pour y consacrer votre carrière ?

Laetitia Zito : C’est avant tout ma rencontre avec Pierre Noizat, le fondateur de Paymium, qui a été déterminante.

J’avais entendu parler de Bitcoin auparavant, sans véritablement m’y intéresser. En découvrant le projet et en échangeant avec Pierre, j’ai compris que nous étions face à quelque chose de profondément nouveau.

Ce qui m’a séduite, c’est aussi la dimension alternative de cette technologie. Il ne s’agit pas de vouloir remplacer intégralement le système financier existant, mais de contribuer à développer d’autres possibilités, d’autres modèles.

Il y a une dimension presque militante dans cette démarche. Participer à la construction d’alternatives crédibles, qui présentent de véritables avantages, me semblait particulièrement intéressant.

Parlons Finance : Paymium existe depuis 2011 et fait partie des acteurs historiques du secteur. Pourtant, l’entreprise reste relativement discrète. Est-ce un choix stratégique ?

Laetitia Zito : Oui, cette discrétion correspond assez bien à notre positionnement.

Nous avons toujours privilégié la sécurité, la stabilité et la continuité de nos activités. Dans un secteur où certains acteurs ont connu des scandales retentissants, nous sommes restés concentrés sur notre métier et sur le développement de nos services.

Cela explique probablement pourquoi nous sommes moins présents médiatiquement que certaines grandes plateformes internationales.

Je le regrette parfois, car nous avons une histoire et une expertise à partager. Nous travaillons justement à renforcer notre visibilité.

Parlons Finance : Vous avez rejoint Paymium comme directrice financière avant d’en prendre la direction générale. En quoi cette première fonction vous a-t-elle préparée à diriger l’entreprise ?

Laetitia Zito : La direction financière offre une vision extrêmement transversale de l’entreprise. On intervient sur les systèmes informatiques, les fournisseurs, le support client, la gestion des risques et, naturellement, la pérennité financière.

À mon arrivée, nous étions moins de dix collaborateurs, contre environ vingt-cinq aujourd’hui. Il fallait donc être très polyvalent.

Je me suis également intéressée très tôt aux questions réglementaires, notamment avec l’arrivée de la loi Pacte, puis du statut PSAN et du règlement MiCA.

Avant même que nous disposions d’un directeur de la conformité, je portais une grande partie de ces sujets. Cette expérience m’a permis d’acquérir une compréhension globale de l’entreprise, indispensable pour exercer ensuite la direction générale.

« Aujourd’hui, Bitcoin touche le grand public, et plus seulement les passionnés de technologie »

Parlons Finance : Depuis votre arrivée en 2017, qu’est-ce qui a le plus changé dans l’écosystème des cryptomonnaies ?

Laetitia Zito : Deux transformations majeures me viennent à l’esprit.

La première concerne les entreprises elles-mêmes. À l’origine, nous étions avant tout des startups technologiques, portées par l’innovation. Aujourd’hui, avec MiCA, nous sommes devenus de véritables entreprises financières.

Cette évolution implique des changements profonds dans notre organisation, notre gouvernance et notre manière de travailler. La réglementation occupe désormais une place considérable et ralentit parfois notre capacité d’innovation.

La seconde transformation concerne les utilisateurs. En 2017, nos clients étaient principalement des passionnés de Bitcoin, souvent dotés d’une expertise technique très poussée. Leurs questions étaient complexes et nécessitaient une véritable maîtrise de la technologie.

Aujourd’hui, nous nous adressons à un public beaucoup plus large. Les questions portent davantage sur l’utilisation de la plateforme, la compréhension de Bitcoin ou le choix d’un portefeuille numérique. C’est le signe que Bitcoin est progressivement sorti d’un cercle d’initiés pour toucher le grand public.

Parlons Finance : Les banques et les investisseurs institutionnels s’intéressent désormais à Bitcoin. Comment percevez-vous cette arrivée de nouveaux acteurs ?

Laetitia Zito : Nous considérons que la concurrence est positive, car elle contribue à développer le marché et à démocratiser les usages.

Les banques commencent à proposer des services liés aux cryptomonnaies, même si leurs offres restent encore relativement limitées. La notoriété de Bitcoin est aujourd’hui largement installée. Près de 90 % des Français en ont entendu parler, mais la détention reste beaucoup plus faible.

Selon les chiffres que nous observons, environ 11 % des Français détiennent des cryptomonnaies, et leur poids dans le patrimoine global reste limité. Cela montre que nous sommes encore loin d’une adoption généralisée. Le potentiel de développement demeure considérable.

« MiCA a profondément transformé notre industrie »

Parlons Finance : Paymium a obtenu son agrément MiCA. Quelles perspectives cela ouvre-t-il pour l’entreprise ?

Laetitia Zito : Historiquement, Paymium est une plateforme française. Plus de 80 % de nos clients sont situés en France, le reste étant principalement réparti dans d’autres pays européens.

L’obtention de notre agrément MiCA en juin nous permet désormais de nous adresser à l’ensemble du marché européen. C’est une étape importante pour notre développement, même si elle s’accompagne d’exigences réglementaires particulièrement élevées.

Parlons Finance : Certains acteurs considèrent que la réglementation européenne freine le développement du secteur. Partagez-vous cette analyse ?

Laetitia Zito : Il faut distinguer deux choses.

Bitcoin a effectivement été conçu dans une logique décentralisée, sans frontières. Mais lorsqu’une entreprise fournit des services financiers, conserve des actifs pour le compte de tiers et gère des montants importants, elle doit assumer des responsabilités. On ne peut pas exercer ce type d’activité sans gouvernance claire ni garanties suffisantes.

L’exemple de Binance illustre cette problématique. C’est un acteur majeur du marché mondial, mais son développement a également été marqué par des difficultés réglementaires et des affaires judiciaires. Ces situations peuvent nuire à l’image de l’ensemble du secteur.

La réglementation est donc nécessaire pour établir un cadre de confiance, même si son application représente un défi considérable pour les entreprises.

Parlons Finance : Concrètement, qu’est-ce que MiCA a changé dans le fonctionnement de Paymium ?

Laetitia Zito : Pratiquement tout. MiCA impose une gouvernance renforcée, des dispositifs de contrôle des risques, des exigences de fonds propres, des procédures de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, ainsi qu’une séparation stricte entre les actifs de l’entreprise et ceux de ses clients.

Il faut également assurer une surveillance réglementaire permanente, renforcer les dispositifs de contrôle interne et sécuriser les systèmes d’information. À cela s’ajoute le règlement DORA, consacré à la résilience opérationnelle numérique et à la cybersécurité.

Ces obligations touchent toutes les fonctions de l’entreprise. Ce n’est pas simplement une mise en conformité juridique : c’est une transformation structurelle.

Parlons Finance : Quel a été le coût de cette transformation pour Paymium ?

Laetitia Zito : Nous estimons l’investissement nécessaire à l’obtention de l’agrément MiCA à environ un million d’euros.

Cela comprend les honoraires des conseils et des avocats, les développements informatiques, les adaptations organisationnelles et les opportunités auxquelles nous avons dû renoncer pendant cette période. Et ce montant ne comprend pas les coûts récurrents nécessaires au maintien de la conformité. Pour les petites structures, ces investissements représentent un obstacle considérable.

La France comptait environ 130 acteurs enregistrés comme PSAN. Aujourd’hui, nous n’en comptons plus qu’une trentaine, selon les chiffres que nous évoquons.

Certains ont cessé leurs activités, tandis que d’autres ont réorienté leur modèle économique vers des prestations purement technologiques. Cette évolution risque de réduire la diversité des acteurs présents sur le marché.

Parlons Finance : Pour un investisseur particulier, quelles garanties concrètes apporte un agrément MiCA ?

Laetitia Zito : Le particulier souhaite avant tout accéder facilement à ses investissements, avec un niveau de sécurité élevé.

Il ne connaît pas nécessairement toutes les subtilités de la réglementation. MiCA renforce la protection des clients, mais impose également davantage de formalités, notamment lors de l’identification et de l’ouverture d’un compte.

Son intérêt se situe aussi dans la solidité de l’écosystème financier. Pour développer des partenariats entre entreprises ou proposer des services à des institutions, il faut disposer d’un cadre réglementaire robuste.

C’est cette structuration qui permettra, à terme, de renforcer la confiance et de favoriser une adoption plus large.

« Pendant le confinement, nous avons vécu une période absolument historique »

Parlons Finance : Vous avez traversé plusieurs cycles de marché depuis 2017. Quel événement vous a particulièrement marquée ?

Laetitia Zito : Je garde un souvenir très fort du confinement de 2020.

Bitcoin avait connu une chute spectaculaire, jusqu’à environ 3 000 euros, alors même que nous devions réorganiser notre fonctionnement du jour au lendemain. Nous étions habitués à travailler ensemble au bureau et nous nous sommes retrouvés à distance, dans un contexte totalement inédit.

Parallèlement, l’activité sur notre plateforme a explosé. Nous avons enregistré des volumes de transactions très importants, accompagnés d’une forte augmentation des demandes clients.

Il fallait gérer simultanément la trésorerie, les opérations et l’afflux de nouveaux utilisateurs. Cette période a été particulièrement intense. Le cycle haussier qui a suivi, entre 2020 et 2022, a également été historique.

Je me souviens aussi de l’enthousiasme collectif lorsque Bitcoin atteignait de nouveaux records. Nous étions tous au bureau à suivre les cours, en attendant de voir si un nouveau sommet historique allait être franchi.

« Notre clientèle recherche une approche plus patrimoniale de Bitcoin »

Parlons Finance : Paymium a considérablement élargi son offre depuis sa création. Quels sont aujourd’hui vos principaux services ?

Laetitia Zito : Paymium est né en 2011 comme une place de marché permettant aux acheteurs et aux vendeurs de Bitcoin d’échanger directement via un carnet d’ordres.

Cette activité historique existe toujours, notamment sur la paire Bitcoin-euro. Nous avons progressivement développé d’autres services, notamment l’échange de cryptomonnaies sans carnet d’ordres, ainsi que des opérations de gré à gré, ou OTC, destinées aux clients qui souhaitent réaliser des transactions plus importantes.

Nous proposons également des achats récurrents, permettant aux utilisateurs d’investir progressivement. Nous avons développé un plan Bitcoin Famille, destiné aux parents qui souhaitent constituer une épargne en Bitcoin pour leurs enfants.

Enfin, nous avons lancé une activité en marque blanche et en marque grise, qui permet à d’autres acteurs financiers d’intégrer des services liés aux cryptomonnaies dans leurs propres offres.

Parlons Finance : Vous expliquez que votre clientèle est différente de celle des grandes plateformes internationales. Quelles sont ses particularités ?

Laetitia Zito : Notre clientèle est globalement plus âgée que la moyenne des investisseurs en cryptomonnaies.

Nous touchons principalement des personnes de 35 ans et plus, avec des montants investis relativement importants. Selon les études que nous avons consultées, une part significative des investisseurs en cryptomonnaies investit moins de 5 000 euros par an.

Chez Paymium, nos clients investissent en moyenne autour de 10 000 euros par an. Ils recherchent souvent une approche plus structurée, davantage orientée vers la constitution d’un patrimoine que vers la spéculation à court terme. Cela correspond assez bien à notre positionnement historique.

Parlons Finance : Cette orientation explique-t-elle votre choix de proposer un nombre limité de cryptomonnaies ?

Laetitia Zito : Absolument.

Nous avons fait le choix de sélectionner les actifs que nous proposons selon plusieurs critères. Nous disposons actuellement de douze cryptomonnaies et prévoyons d’élargir progressivement cette sélection à quinze.

Notre objectif n’est pas de proposer plusieurs centaines d’actifs, dont certains présentent des niveaux de risque et de complexité particulièrement élevés.

Les investisseurs qui souhaitent se positionner sur des cryptomonnaies plus spéculatives doivent posséder une connaissance approfondie du marché et être capables de suivre leurs positions très régulièrement.

Notre clientèle recherche plutôt une approche prudente, avec une sélection d’actifs plus restreinte. C’est également ce que nous observons chez les établissements financiers intéressés par nos solutions en marque blanche : ils souhaitent proposer quelques cryptomonnaies connues, sans multiplier inutilement les produits.

« Bitcoin est bien plus qu’un actif financier »

Parlons Finance : Quel conseil donneriez-vous à une personne qui ne s’est pas encore intéressée à Bitcoin ?

Laetitia Zito : Je lui conseillerais avant tout de se renseigner.

Au-delà de l’investissement, Bitcoin représente une innovation informatique et monétaire absolument passionnante. Pour la première fois, il est possible d’échanger de la valeur sur Internet de pair à pair, sans devoir nécessairement passer par un tiers de confiance.

C’est une rupture technologique majeure. Mais Bitcoin soulève également des questions philosophiques, économiques et sociétales fondamentales.

Qu’est-ce que la monnaie ? Pourquoi existe-t-il de l’inflation ? Comment fonctionne la création monétaire ? Quel rôle joue l’énergie dans le fonctionnement de Bitcoin ?

Ce sont des sujets passionnants, qui méritent d’être étudiés indépendamment de toute décision d’investissement.

Parlons Finance : Vous insistez beaucoup sur la dimension sociétale de Bitcoin. Pourquoi vous semble-t-elle aussi importante ?

Laetitia Zito : Parce que nous avons tendance à analyser Bitcoin depuis le confort de nos systèmes financiers occidentaux.

En France ou en Europe, nous disposons d’infrastructures bancaires et de systèmes de paiement relativement efficaces. Mais ce n’est pas le cas partout.

Dans certains pays, les populations sont confrontées à l’hyperinflation, à l’instabilité politique, à l’effondrement de leur système financier ou à des conflits armés. Dans ces situations, Bitcoin peut représenter une alternative importante.

Une personne contrainte de quitter son pays peut, par exemple, conserver l’accès à ses bitcoins grâce à une phrase de récupération composée de douze ou vingt-quatre mots.

Elle n’a pas besoin de transporter physiquement ses avoirs. C’est une caractéristique extraordinaire de cette technologie. Bitcoin est décentralisé, fonctionne sans dirigeant central et permet des transferts de valeur à l’échelle mondiale. C’est pour toutes ces raisons que je considère qu’il peut jouer un rôle sociétal majeur.

Parlons Finance : Pour terminer, quelles initiatives pourraient favoriser une utilisation plus concrète de Bitcoin dans la vie quotidienne ?

Laetitia Zito : Nous venons notamment de signer un partenariat avec la Coop Normandie-Picardie, qui permettra de verser en Bitcoin le cashback obtenu sur les achats.

C’est un exemple intéressant d’utilisation concrète, accessible à des consommateurs qui ne sont pas nécessairement familiers avec l’univers des cryptomonnaies.

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Linxea : frais, choix, conseil… que vaut-il vraiment ?

Avis Linxea : frais réduits, large choix de supports et accompagnement. Découvrez ce que propose le courtier avant d’investir.

Frais réduits, choix plus important de supports et parcours digitalisé : les épargnants disposent aujourd’hui de davantage d’alternatives pour investir.

Parmi les acteurs qui ont accompagné cette évolution, Linxea occupe une place particulière. Créé en 2001, le courtier en ligne revendique aujourd’hui 200 000 clients et plus de 6 milliards d’euros d’actifs confiés.

Mais au-delà des chiffres, que propose réellement Linxea ? Et quels sont les éléments à regarder avant d’y investir ?

Des frais qui constituent l’un de ses principaux arguments

C’est probablement le premier élément qui a contribué à la réputation de Linxea : la réduction des frais liés à l’épargne.

Sur ses contrats, Linxea affiche notamment 0 % de frais d’entrée, de versement et d’arbitrage en ligne, hors exceptions liées à certains supports. Les frais de gestion des unités de compte en gestion libre se situent quant à eux entre 0,50 % et 0,60 % par an, selon le contrat choisi.

Un élément loin d’être anecdotique lorsqu’on investit sur plusieurs décennies. Quelques dixièmes de pourcentage de frais supplémentaires chaque année peuvent finir par représenter une différence significative sur le capital final en raison de l’effet des intérêts composés.

Il faut néanmoins regarder au-delà des seuls frais du contrat : les supports sélectionnés peuvent eux-mêmes supporter leurs propres frais et certaines opérations sur des ETF, actions ou supports immobiliers peuvent également être facturées.

Assurance-vie, PER, ETF, SCPI… un catalogue particulièrement large

Le deuxième argument de Linxea réside dans la diversité de son offre.

Le courtier distribue plusieurs contrats d’assurance-vie et plans d’épargne retraite (PER), en partenariat avec différents assureurs tels que Spirica, Suravenir, Generali ou Apicil.

À l’intérieur de ces enveloppes, l’épargnant peut accéder, selon le contrat, à des fonds en euros mais également à des ETF, fonds d’investissement, SCPI, actions ou encore à certaines solutions de private equity.

Linxea Spirit 2, par exemple, donne accès à plus de 1 100 supports avec des frais de gestion annuels de 0,5 % sur les unités de compte. Linxea Avenir 2 en propose plus de 600 et peut être ouvert à partir de 100 euros.

L’intérêt est donc moins de chercher « le meilleur contrat Linxea » dans l’absolu que de sélectionner celui qui correspond réellement à ses objectifs, à son horizon d’investissement et aux supports recherchés.

Digital, mais pas uniquement

Autre particularité intéressante : Linxea revendique un modèle digital sans pour autant abandonner le conseil humain.

Les épargnants peuvent gérer leurs contrats en ligne, tandis que Linxea dispose également de conseillers pour accompagner ceux qui souhaitent être guidés. Pour des besoins patrimoniaux plus spécifiques, l’entreprise propose aussi un accompagnement par des conseillers en investissements financiers.

Alors, que vaut Linxea ?

Sur le papier, le positionnement est assez clair : combiner les tarifs d’un acteur en ligne, une architecture d’investissement relativement large et la possibilité de bénéficier d’un accompagnement humain.

Linxea peut ainsi être particulièrement intéressant pour l’épargnant qui souhaite davantage de choix et d’autonomie que dans une offre bancaire traditionnelle, sans nécessairement vouloir gérer l’intégralité de son patrimoine seul.

En savoir plus ici :

Mais les frais ne doivent jamais constituer l’unique critère de sélection. Avant de souscrire, il reste indispensable de comparer les contrats, les assureurs, les supports disponibles, les éventuels frais propres à ces supports et les risques associés.

Car en matière d’épargne, le meilleur contrat n’est pas forcément celui qui coûte le moins cher : c’est avant tout celui qui correspond à votre stratégie.

Cet article a été réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec Linxea. Les investissements en unités de compte présentent notamment un risque de perte en capital.

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Gestion d’actifs : Waterloo Asset Management grandit

Plus de 130 comptes ouverts depuis le début de 2026, le cap du milliard d’euros d’actifs sous gestion qui se rapproche plus vite que prévu et une équipe qui continue de se renforcer.

Waterloo Asset Management poursuit son développement autour d’un modèle qui associe indépendance, gestion active et proximité. Entretien avec Jérémie Pulinx, cofondateur et administrateur, sur les choix qui font l’identité de cette maison.

Parlons Finance — Plus de 130 comptes ouverts depuis janvier. Que vous inspire cette dynamique ?

Jérémie Pulinx — Pour une maison à taille humaine comme la nôtre, c’est un signe de confiance très encourageant. Derrière chaque ouverture de compte, il y a une personne, une famille, parfois le patrimoine constitué au cours de toute une carrière. Nous mesurons ce que cette décision représente.

Cette dynamique s’appuie sur une entreprise qui s’est structurée. Nous connaissons une progression de notre chiffre d’affaires de plus de 15 % par an ces dernières années, une dynamique qui devrait encore s’accélérer cette année. Notre fonds Waterloo Global Flexible, récompensé en 2026 par L’Echo et De Tijd comme meilleur fonds flexible, dépasse aujourd’hui les 300 millions d’euros d’actifs sous gestion. Plus largement, la progression des actifs dans l’ensemble de nos fonds nous permet d’envisager de franchir le cap du milliard d’euros avant 2030, l’échéance que nous nous étions initialement fixée.

Je crois que notre développement traduit une attente assez simple : pouvoir confier son patrimoine à des professionnels expérimentés, comprendre leurs décisions et savoir à qui parler.

Parlons Finance — Vous revendiquez une gestion active et de conviction. Qu’est-ce que cela change concrètement ?

Jérémie Pulinx — Cela signifie que nous assumons des choix. Nous analysons l’environnement économique, la valorisation des entreprises et les risques, puis nous décidons de l’exposition que nous jugeons appropriée. Nous gardons la liberté de nous écarter des indices lorsque notre analyse le justifie.

Dans un secteur où une partie de l’offre tend à se standardiser, nous tenons à cette responsabilité. Une conviction peut conduire à renforcer une position, mais aussi à réduire le risque ou à renoncer à une opportunité dont le prix nous paraît excessif.

Cette liberté exige de la discipline. Une conviction doit pouvoir être discutée au sein du comité d’investissement, confrontée aux données et révisée lorsque les faits changent. C’est ainsi que nous concevons notre métier.

Parlons Finance — Vous dites souvent que vos clients veulent « un pilote dans l’avion ». Que recouvre cette image ?

Jérémie Pulinx — J’utilise volontiers l’image de l’aviation privée. On attend d’un équipage expérimenté qu’il prépare le trajet, surveille les conditions et adapte sa route pour éviter autant que possible les turbulences. Nos clients veulent savoir qu’une équipe suit leur portefeuille et prend des décisions lorsque l’environnement évolue.

Notre gestion flexible répond à cette attente. Elle vise à faire croître le capital sur la durée en accordant une attention centrale à la maîtrise de la volatilité. Elle peut adapter la place des actions, des obligations et des liquidités selon notre lecture des marchés.

Ce sont la construction du portefeuille, la diversification et l’ajustement des expositions qui encadrent nos convictions. Pour le client, l’enjeu est de pouvoir rester investi dans une stratégie dont il comprend les objectifs et les risques.

Parlons Finance — Votre comité d’investissement associe des professionnels des marchés et des universitaires. Quel bénéfice en tirez-vous ?

Jérémie Pulinx — Ce dialogue est une composante forte de notre modèle. Mikael Petitjean, professeur à l’UCLouvain et Chief Economist de Waterloo Asset Management, apporte notamment son expertise macroéconomique. Christophe Desagre, professeur de finance à l’ICHEC et responsable de la recherche quantitative, contribue au développement de nos modèles et à l’analyse des données. Leurs travaux nourrissent les échanges avec nos professionnels de marché, dont Frédéric Steinkuhler, responsable des investissements.

Cette proximité avec le monde académique nous permet également de proposer à des étudiants brillants des projets de recherche appliquée. Deux étudiants travaillent actuellement à l’amélioration de notre modèle quantitatif, en collaboration avec Mikael Petitjean et Frédéric Steinkuhler, dans le cadre des recherches dirigées par Christophe Desagre.

Nous y voyons une façon de faire progresser nos outils et de confronter notre expérience à de nouvelles approches. La recherche doit avoir une utilité concrète pour la gestion.

Parlons Finance — La gestion flexible occupe une place centrale chez vous. Quelles autres approches proposez-vous ?

Jérémie Pulinx — La gestion flexible peut constituer le cœur d’un portefeuille pour un client qui recherche une croissance de son patrimoine avec une attention particulière portée aux fluctuations. Pour les profils plus conservateurs, nous proposons également une gestion obligataire, qui vise à privilégier une exposition aux marchés de taux et à limiter la volatilité du portefeuille.

D’autres clients souhaitent une exposition plus dynamique. Notre gestion de conviction à vocation 100 % actions repose sur une sélection de titres individuels au sein d’un fonds. Elle vise à créer de la surperformance sur la durée, avec les risques et les fluctuations propres aux marchés d’actions.

Nous proposons également une gestion durable pour les clients qui souhaitent intégrer des critères d’investissement socialement responsable, ainsi qu’une gestion en ETF. Ces outils ont leur place dans notre offre : l’utilisation de supports indiciels peut parfaitement s’inscrire dans des décisions actives d’allocation.

Le point de départ reste toujours la situation du client, son horizon et sa capacité à accepter le risque. C’est à partir de là que nous construisons une solution cohérente.

Parlons Finance — Comment préserver une relation personnelle lorsque le nombre de clients augmente ?

Jérémie Pulinx — En faisant de la disponibilité un choix d’organisation. Nous veillons au nombre de relations suivies par chaque banquier privé et nous renforçons les équipes pour accompagner le développement de la maison.

Nos senior private bankers ont vingt à vingt-cinq ans d’expérience au minimum. Ils ont traversé différents cycles de marché et connaissent les questions qui se posent lorsqu’un patrimoine grandit, qu’une entreprise est cédée ou qu’une transmission se prépare. Cette expérience compte beaucoup dans la qualité du dialogue.

Le client doit pouvoir joindre quelqu’un qui connaît sa situation et qui prend le temps de lui répondre. Nous voulons conserver cette proximité à mesure que nous grandissons.

Parlons Finance — Quelles valeurs se traduisent le plus directement dans votre fonctionnement ?

Jérémie Pulinx — L’esprit d’équipe, la transparence et la passion de notre métier. Nous avons fait le choix d’objectifs communs, sans objectifs commerciaux individuels. Chacun doit pouvoir contribuer à la qualité du service, qu’il appartienne au comité d’investissement, à l’équipe de banquiers privés ou aux fonctions de support.

Cette culture favorise le partage des connaissances et la coopération. Nous voulons que les compétences circulent au bénéfice du client.

L’indépendance est également essentielle : elle nous donne la liberté de construire notre projet dans la durée. Et nous tenons à l’alignement des intérêts. Nous investissons nous-mêmes dans nos stratégies, comme le font une grande majorité de nos collaborateurs. Cet engagement personnel donne un sens très concret aux discussions que nous avons avec nos clients sur le risque et l’horizon d’investissement.

Parlons Finance — Cette culture explique-t-elle aussi l’intérêt de banquiers expérimentés pour votre maison ?

Jérémie Pulinx — C’est l’une des raisons qu’ils évoquent. Ils souhaitent exercer pleinement leur métier, avoir un rôle actif dans le développement de la société et entretenir une relation suivie avec leurs clients. Dans une structure comme la nôtre, leur expérience peut directement contribuer aux décisions et à la qualité du service.

Nous accordons aussi une place importante à la transmission. Des professionnels très expérimentés continuent à apporter leur connaissance des marchés, leur recul et leur sens de la relation. Nous souhaitons que les plus jeunes puissent bénéficier de ce savoir.

Pour nous, la responsabilité d’une entreprise se manifeste aussi dans la manière dont elle considère ses collaborateurs et valorise leurs compétences. L’expérience reste une ressource précieuse à chaque étape d’une carrière.

Parlons Finance — Vous insistez sur la simplicité. Comment se traduit-elle dans vos investissements et votre communication ?

Jérémie Pulinx — Nous privilégions des investissements liquides, compréhensibles et une diversification entre les secteurs de l’économie. La technologie peut offrir des opportunités, mais notre champ d’analyse couvre l’ensemble des activités économiques. Nous voulons que chaque investissement ait une justification claire dans le portefeuille.

Cette exigence se prolonge dans la communication. Nos clients doivent comprendre ce qu’ils détiennent, les risques qu’ils prennent et les raisons de nos arbitrages. Nous consacrons donc beaucoup de temps aux échanges individuels et aux analyses. Nous les aidons également dans leur planification patrimoniale, afin de mettre en perspective leurs investissements avec leurs objectifs à long terme, leur situation familiale, la transmission de leur patrimoine et leurs besoins futurs.

La confiance se construit aussi dans cette capacité à expliquer nos choix et à accompagner les clients dans les différentes étapes de leur vie patrimoniale, y compris lorsque les marchés deviennent plus difficiles.

Parlons Finance — Quelle est votre ambition pour les prochaines années ?

Jérémie Pulinx — Notre ambition est d’atteindre un milliard d’euros d’actifs sous gestion à l’horizon 2030, en renforçant l’équipe, la recherche et l’accompagnement des clients. Notre ancrage en Belgique francophone nous offre encore un potentiel de développement important.

Nous continuons à recruter des professionnels qui partagent cette conception du métier. La croissance nous donne les moyens d’investir dans nos compétences et nos outils ; elle doit se traduire par un service toujours plus attentif.

À une personne qui envisage de nous rejoindre, je conseillerais de venir rencontrer l’équipe. Choisir un gestionnaire, c’est aussi choisir les personnes à qui l’on confie ses décisions patrimoniales. Nous voulons qu’elle puisse comprendre notre manière de travailler et se faire sa propre conviction.

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De la Belgique à Bali : Flo Defort raconte sa nouvelle vie et les réalités de l’immobilier sur l’île

Partir vivre à Bali fait rêver. Y travailler, s’y installer et accompagner des investisseurs dans l’achat d’un bien demande aussi de comprendre les réalités du terrain.

Lors de notre séjour à Bali, nous avons rencontré Flo Defort. Belge, elle a quitté son pays pour l’Asie après un parcours dans le luxe, l’hospitality, l’événementiel et l’immobilier. Elle travaille aujourd’hui chez Bali Exception, où elle accompagne des investisseurs internationaux.

Nous avons parlé de son changement de vie, de son métier et des questions à se poser avant d’investir à Bali. Au fil de notre échange, Flo revient souvent sur la même idée : une belle villa peut séduire au premier regard, mais il faut prendre le temps d’examiner les chiffres, les droits acquis et les perspectives de revente.

Pour commencer, peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a menée jusqu’à Bali ?

Flo Defort : Mon parcours est assez transversal. Pendant mes études, j’ai déjà commencé à travailler dans des secteurs liés à l’expérience client, au luxe, à l’hospitality et à l’événementiel. J’ai notamment eu des expériences chez Quintessentially, Red Bull, Gucci à New York, avant de démarrer ma carrière professionnelle au Nikki Beach Marbella.

Une étape particulièrement importante a été la création de Claro Beach Club & Restaurant, que j’ai lancé avec mes parents en Espagne et que nous avons exploité pendant quatre ans.

Cette expérience m’a véritablement plongée dans l’entrepreneuriat. Il fallait gérer l’activité, l’équipe, les clients, les opérations quotidiennes et tous les imprévus qui accompagnent la gestion d’un établissement. Elle m’a surtout appris ce que signifie, concrètement, faire fonctionner un business.

J’ai ensuite poursuivi mon parcours en Belgique, dans l’immobilier, mais aussi dans l’hospitality et l’événementiel.

Avec le recul, mon activité actuelle à Bali s’inscrit assez naturellement dans la continuité de ces expériences. J’y retrouve l’immobilier, bien sûr, mais aussi la relation client, la négociation, le sens de l’expérience et un environnement très international.

En 2024, je ressentais une certaine lassitude vis-à-vis de la Belgique. J’avais envie de partir et de découvrir une nouvelle façon de vivre et de travailler en Asie.

Mon voyage a commencé par un mois de volontariat à Sumba, avant de me conduire à Bali pour quelques jours.

Ces quelques jours se sont finalement transformés en près de trois ans.

Je ne voulais toutefois pas rester uniquement parce que j’aimais la vie ici. Dès que j’ai envisagé de m’installer, je savais que je voulais travailler et construire quelque chose sur place.

C’est finalement la recherche d’un emploi qui a permis à tout le reste de s’aligner.

Pourquoi avoir choisi Bali plutôt qu’une autre destination en Asie ?

Flo : Au départ, je n’avais pas vraiment choisi Bali. J’avais surtout choisi l’idée de vivre en Asie.

Bali s’est imposée progressivement, grâce à sa qualité de vie, son climat, son environnement international et sa communauté très présente d’expatriés et d’entrepreneurs.

Mais il y avait aussi une raison très concrète : il fallait que je puisse travailler.

L’Indonésie reste un environnement particulier pour les expatriés. Les possibilités professionnelles dépendent notamment du secteur, du statut de résidence et du cadre juridique applicable.

L’immobilier, l’hospitality, le tourisme et certaines activités internationales correspondent naturellement à mon expérience.

Je connaissais déjà ces univers, mais je n’avais pas envie de retrouver les horaires très contraignants de la restauration ou de l’hôtellerie.

L’immobilier m’offrait une autonomie que je recherchais. Il y a énormément de travail derrière, mais le lien entre la performance, le réseau, la relation client et les revenus est relativement direct.

C’était un modèle professionnel qui me correspondait davantage.

Que fais-tu concrètement aujourd’hui à Bali ?

Flo : Je travaille aujourd’hui comme Sales Manager chez Bali Exception.

J’accompagne principalement des investisseurs internationaux, notamment des clients venus d’Europe, d’Australie et des États-Unis.

Mon travail ne consiste pas simplement à faire visiter des villas. Il s’agit d’abord de comprendre le projet du client, d’identifier les biens pertinents, d’organiser les visites, de négocier et d’accompagner la transaction de bout en bout.

Avec le temps, mon rôle s’est toutefois de plus en plus orienté vers le conseil.

Lorsqu’un investisseur arrive à Bali, il peut rapidement être séduit par une villa, une belle présentation ou un rendement annoncé.

En revanche, il ne connaît pas forcément les quartiers, les prix réels, les structures de détention, les leases, les réglementations, les coûts d’exploitation ou les risques liés au projet.

Mon rôle consiste donc à remettre les chiffres et la réalité derrière le projet.

Au fil des transactions que j’ai accompagnées, cette approche m’a permis de participer à plus de 15 millions de dollars de transactions.

Ce qui m’importe le plus, c’est que le client comprenne réellement ce qu’il achète, et pas seulement qu’il achète.

Pourquoi t’es-tu spécialisée dans l’immobilier ?

Flo : L’immobilier n’est pas un secteur que j’ai découvert à Bali. J’avais déjà une expérience dans ce domaine en Belgique.

Mais Bali m’a permis de réunir cette expertise avec tout ce que j’avais appris dans le luxe, l’hospitality, l’événementiel et l’entrepreneuriat.

Le modèle professionnel me correspond également davantage. Je ne voulais pas revenir à un système fondé sur des horaires fixes et une présence obligatoire dans un établissement.

Dans l’immobilier, l’autonomie est beaucoup plus grande. Mais cette liberté implique aussi d’être performant : on n’est pas rémunéré simplement parce qu’on est présent, mais parce que l’on apporte de la valeur et que l’on conclut des transactions.

C’est un fonctionnement qui me convient beaucoup mieux.

Investir à Bali : derrière les images, des marchés très différents

Au cours de notre conversation, nous avons aussi voulu savoir si Bali offrait encore de réelles opportunités immobilières. Pour Flo, tout commence par une question simple : de quel bien et de quel quartier parle-t-on exactement ?

Est-ce que l’immobilier à Bali est encore réellement intéressant aujourd’hui ?

Flo : Oui, mais il faut éviter de parler de « Bali » comme s’il s’agissait d’un marché unique.

Un bien situé à Canggu, Pererenan, Umalas, Seminyak, Bingin ou Uluwatu ne répond pas nécessairement aux mêmes logiques d’investissement.

Les prix, la demande locative, le type de clientèle, l’offre concurrente et les perspectives de revente peuvent être très différents d’une zone à l’autre.

Et surtout, le fait que Bali soit un marché attractif ne signifie pas que n’importe quel bien constitue un bon investissement.

Les prix ont fortement augmenté dans certaines zones et l’offre s’est considérablement développée.

Il faut donc être beaucoup plus sélectif.

Pour moi, la question n’est plus simplement : « Est-ce que Bali est un bon investissement ? »

La vraie question est : « Est-ce que ce bien précis, à ce prix précis, avec ce lease, cette localisation, cette réglementation et ces coûts, constitue un investissement cohérent ? »

La nuance est essentielle.

Je préfère un projet fondé sur des chiffres réalistes et une marge de sécurité solide à une villa magnifique affichant un ROI théorique de 15 %, mais dont le rendement s’effondre dès que l’on intègre les données réelles.

Quels rendements peut-on raisonnablement espérer une fois tous les frais déduits ?

Flo : C’est probablement l’un des sujets sur lesquels je constate le plus de confusion.

Lorsqu’on me présente un projet affichant un ROI de 12, 15 ou même 20 %, ma première question est toujours la même : « Net de quoi ? »

Le calcul prend-il en compte les commissions des plateformes de réservation, la gestion, le personnel, l’entretien, la piscine et le jardin, l’électricité, les réparations, les périodes sans locataire, les taxes et le renouvellement du mobilier ?

Et surtout, le prix d’achat utilisé correspond-il réellement au prix auquel le bien peut être acquis ?

Une villa peut afficher un rendement brut très séduisant et devenir beaucoup moins impressionnante une fois tous les coûts intégrés.

Je préfère donc raisonner en rendement net réaliste plutôt qu’en rendement marketing.

Il n’existe pas de rendement unique valable pour l’ensemble de Bali.

Tout dépend notamment du prix d’acquisition, de la durée restante du lease, de la localisation, du type de villa, du niveau de gestion, du taux d’occupation et du positionnement du bien.

À mes yeux, un investisseur devrait toujours demander à voir un scénario prudent, et pas uniquement la projection idéale.

Quelles sont les principales erreurs commises par les étrangers qui souhaitent investir à Bali ?

Flo : La première consiste à tomber amoureux du bien avant de regarder les chiffres.

La deuxième est de croire un ROI présenté dans une brochure sans vérifier la manière dont il a été calculé.

La troisième est de sous-estimer la dimension juridique.

À Bali, le juridique ne doit pas être traité comme une formalité de dernière minute. Il doit entrer dans la décision d’investissement dès le départ.

Il faut comprendre ce que l’on achète, combien de temps reste-t-il sur le lease, quelles sont les possibilités de renouvellement, qui détient réellement les droits, quelles autorisations sont disponibles et si l’usage prévu du bien correspond bien à la réglementation applicable.

Une autre erreur revient souvent chez les investisseurs européens, australiens ou américains : penser qu’ils pourront facilement financer leur acquisition grâce à un crédit bancaire.

Bali n’est généralement pas un marché où l’on arrive avec 20 % d’apport et où une banque finance tranquillement les 80 % restants, comme cela peut être le cas sur certains marchés occidentaux.

Le financement local pour les étrangers peut exister dans certaines situations, mais il reste beaucoup plus limité et spécifique.

Un investisseur étranger doit donc être préparé à devoir financer une part très importante, voire dans de nombreux cas la totalité de son acquisition, sur fonds propres.

Cela change complètement la manière d’analyser un investissement : le capital disponible, la liquidité et le coût d’opportunité des fonds deviennent des éléments centraux du calcul.

Autre idée reçue : croire que le vendeur proposera forcément un paiement échelonné sur deux, trois, cinq ans ou davantage.

Cela peut arriver dans certains projets ou certaines négociations, mais il ne faut pas le considérer comme acquis.

La capacité à financer directement l’acquisition fait partie du ticket d’entrée du marché.

Il faut également cesser de penser que Bali est encore « bon marché ».

Ce n’est plus nécessairement le cas, surtout dans les zones les plus recherchées.

Même chose pour l’achat-revente : ce n’est pas automatiquement facile.

Un bien peut sembler très liquide sur le papier et devenir beaucoup plus difficile à revendre si son prix d’achat était trop élevé, si le lease restant est court ou si le marché est saturé de biens similaires.

Enfin, il faut se méfier d’une autre idée reçue : acheter une villa destinée au daily rental simplement parce que Bali est une destination touristique.

Le marché évolue, et l’offre a énormément augmenté.

Ce qu’un acheteur étranger doit comprendre

La discussion nous a ensuite amenés sur un point que beaucoup d’Européens connaissent mal : à Bali, acheter une villa et détenir le terrain sur lequel elle se trouve ne veulent pas nécessairement dire la même chose.

On entend souvent qu’un étranger ne peut pas être pleinement propriétaire du terrain en Indonésie. Concrètement, qu’achète-t-on réellement ?

Flo : C’est un sujet essentiel, et pourtant souvent mal compris.

Un étranger ne peut pas simplement acheter un terrain en Hak Milik, c’est-à-dire le droit de propriété foncière réservé aux Indonésiens.

Il existe toutefois différentes structures et différents droits permettant aux étrangers de détenir ou d’utiliser certains biens, selon leur situation et les conditions applicables, notamment le Hak Pakai.

Dans la pratique du marché balinais, on rencontre aussi très fréquemment le leasehold.

Dans ce cas, on ne devient pas propriétaire du terrain. On obtient contractuellement le droit de l’utiliser pendant une durée déterminée, en échange d’un paiement.

C’est pourquoi je trouve dangereux de résumer la situation par : « Les étrangers ne peuvent pas acheter à Bali. »

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Elle exige toutefois de comprendre précisément quel droit on acquiert, pour combien de temps, dans quelles conditions et avec quelles possibilités de renouvellement ou de revente.

Et surtout, il ne faut jamais reproduire un montage simplement parce qu’un autre investisseur affirme l’avoir fait.

Chaque structure doit être vérifiée avec les professionnels compétents et au regard de la réglementation applicable au moment de la transaction.

Les risques naturels peuvent-ils faire perdre de la valeur à un bien ou compliquer sa revente ?

Flo : Oui.

Bali reste exposée à différents risques naturels : séismes, activité volcanique, inondations ou encore érosion dans certaines zones.

Ces risques ne sont évidemment pas les mêmes partout et doivent donc faire partie de la due diligence.

Il faut examiner la localisation exacte du terrain, son accès, son environnement, son niveau par rapport aux routes et aux parcelles voisines, l’écoulement de l’eau, la proximité du littoral et l’évolution de la zone.

Un bien immobilier reste un actif physique.

Sa valeur dépend donc de la demande touristique, mais aussi de son emplacement et de la qualité réelle de son environnement.

C’est particulièrement important lorsqu’on pense à la revente.

Un investisseur ne doit pas seulement se demander : « Est-ce que je peux louer cette villa aujourd’hui ? »

Il doit aussi se demander : « Est-ce que quelqu’un voudra me l’acheter dans cinq, dix ou quinze ans ? »

As-tu une anecdote marquante qui illustre bien les particularités de l’immobilier à Bali ?

Flo : Il y en a une qui m’a particulièrement marquée.

J’ai accompagné un client lors de l’achat de sa première maison à Bali. Par la suite, il m’a fait confiance pour en acheter deux autres, alors qu’il n’était pas toujours sur place.

À un moment donné, il est même venu travailler dans la même agence.

Nous sommes finalement devenus de très bons amis.

Il a malheureusement dû rentrer chez lui après quelques mois pour des raisons personnelles, mais cette histoire m’a beaucoup touchée.

Elle illustre bien la relation de confiance qui peut se créer dans ce métier.

Lorsqu’une personne vous confie l’achat de sa première maison dans un pays étranger, puis revient vers vous pour ses investissements suivants, vous comprenez que votre rôle dépasse largement celui d’un simple intermédiaire.

C’est probablement ce que j’apprécie le plus dans mon métier : accompagner quelqu’un dans une décision qui représente souvent une somme importante et une véritable étape de vie.

Et si tu devais investir aujourd’hui avec ton propre argent ?

Flo : Aujourd’hui, je regarderais beaucoup plus attentivement le potentiel de location à moyen et long terme, et pas uniquement le daily rental.

Beaucoup de personnes qui investissent à Bali pensent immédiatement à une villa, à Airbnb, au prix à la nuit et au taux d’occupation.

Mais Bali a énormément changé.

De plus en plus de personnes ne viennent pas seulement pour une semaine de vacances. Certaines restent plusieurs mois, parfois plusieurs années, seules, en couple ou en famille.

Cela crée une demande différente, que j’étudierais attentivement dans le cadre d’un investissement.

Toutes les villas construites ces dernières années avec le daily rental comme unique stratégie ont également contribué à faire progresser fortement l’offre.

Lorsque l’offre progresse beaucoup plus vite que la demande sur certains segments, cela peut exercer une pression sur les prix à la nuit, les taux d’occupation et, par conséquent, les rendements.

Je chercherais donc un bien capable de fonctionner sur plusieurs marchés locatifs : le court terme, mais aussi le moyen et le long terme.

Pour moi, c’est une sécurité supplémentaire.

Je ne partirais surtout pas du principe que, parce que Bali est encore perçue comme une destination relativement abordable, son immobilier est automatiquement bon marché ou facile à revendre.

Je regarderais avant tout le prix que je paie, la qualité de l’emplacement, la durée du lease, la demande réelle et la possibilité de revendre le bien dans de bonnes conditions.

Parce qu’au fond, un investissement immobilier à Bali reste un investissement.

Le coucher de soleil est un bonus. Il ne doit jamais remplacer les chiffres.

En quittant Flo, c’est cette dernière phrase que nous avons retenue. Son parcours raconte une envie de changer de vie, puis le travail nécessaire pour construire quelque chose sur place. Et son regard sur l’immobilier balinais rappelle qu’une destination qui fait rêver mérite, elle aussi, une analyse rigoureuse avant d’y engager son argent.

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Trading Contest SKEMA : les étudiants défient les marchés

Du 28 septembre au 9 octobre 2026, SKEMA Sophia Antipolis accueille le Trading Contest, organisé avec l’association Finance de SKEMA et Le Trading Français.

Pendant deux semaines, les étudiants de SKEMA Business School pourront découvrir concrètement le fonctionnement des marchés financiers à travers un programme combinant formation, accompagnement et compétition de trading.

La première semaine du Trading Contest SKEMA sera consacrée à la montée en compétences des participants. Plusieurs sessions pédagogiques et interventions permettront d’aborder l’analyse des marchés, les outils de trading, la gestion du risque, mais aussi les parcours et opportunités professionnelles dans l’univers de la finance.

La deuxième semaine laissera place à la compétition. Les étudiants de SKEMA disposeront de comptes dédiés afin de mettre en pratique les connaissances acquises dans un environnement encadré.

Des professionnels de la finance aux côtés des étudiants

Plusieurs intervenants viendront partager leur expertise et leur parcours avec les participants.

Pavel Horák, ATAS Platform Expert, accompagnera les étudiants dans la découverte d’ATAS et de ses outils dédiés notamment à l’analyse des volumes et de l’order flow.

Sami Belghaieb partagera son parcours en finance, son expérience internationale et les étapes qui lui ont permis de construire son parcours professionnel.

Hamza Naqi, fondateur de Parlons Finance, échangera avec les étudiants autour des marchés, de l’information financière et du rôle des médias spécialisés dans la démocratisation de la finance.

Jules Barbato, fondateur de Le Trading Français, interviendra également auprès des étudiants autour du trading, de la formation et de l’accompagnement des participants tout au long du programme.

Un écosystème de partenaires mobilisé

Le Trading Contest SKEMA réunira plusieurs acteurs de l’écosystème financier et technologique autour des étudiants :

ATAS, plateforme spécialisée dans l’analyse des volumes et de l’order flow.

Earn2Trade, qui accompagnera notamment le dispositif de compétition et les comptes mis à disposition des participants.

GW Trade, partenaire du programme.

Parlons Finance, média spécialisé dans la finance.

Et Le Trading Français, à l’initiative du programme aux côtés de l’association Finance de SKEMA.

Un talk show pour clôturer le Trading Contest SKEMA

La compétition se terminera le 9 octobre par une soirée de clôture et une remise des prix sur le campus de Sophia Antipolis.

Après la participation de Jérôme Kerviel lors de l’édition 2025, le Trading Contest SKEMA accueillera cette année Zarch, qui incarne Pierre Chartier, pour un talk show d’une heure.

Cette soirée viendra conclure deux semaines d’immersion dans les marchés financiers et offrira aux étudiants un dernier temps d’échange avec les intervenants et partenaires avant la remise des prix aux meilleurs participants.

Rendez-vous le 28 septembre pour le lancement du Trading Contest SKEMA . Lien de l’inscription : https://ltf-formation.funnel.metaforma.io/03ed817a47a75a7054d78ae25b0702f4

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BNP Paribas remporte trois Corbeilles en 2026

BNP Paribas remporte trois Corbeilles en 2026, récompensant la performance de ses fonds sur un et cinq ans, notamment en épargne salariale.

Lors de la 41e cérémonie des Corbeilles Mieux Vivre Votre Argent, organisée le 21 septembre 2026 à Paris, BNP Paribas a remporté trois distinctions récompensant la performance de ses gammes de fonds d’investissement.

Le groupe s’est notamment distingué dans les catégories « Banques de réseaux » et « Épargne salariale », qui évaluent les performances des gammes de fonds proposées aux clients particuliers et aux salariés.

Trois récompenses sur un an et cinq ans

BNP Paribas s’est vu attribuer :

  • La Corbeille d’Or, qui récompense la meilleure performance sur un an dans la catégorie « Banques de réseaux », avec 25 fonds notés.
  • La Corbeille Long Terme, qui distingue la meilleure performance sur cinq ans dans la catégorie « Banques de réseaux », avec 7 fonds notés.
  • La Corbeille Long Terme Épargne Salariale, qui récompense la meilleure performance sur cinq ans dans cette catégorie, avec 22 fonds notés. BNP Paribas remporte cette distinction pour la deuxième année consécutive.

Ces trois récompenses soulignent le travail des équipes de gestion de BNP Paribas Asset Management, mais aussi la sélection des solutions d’investissement réalisée pour les clients particuliers et les salariés, avec l’appui des expertises de BNP Paribas Wealth Management, de la banque de détail en France et de BNP Paribas Épargne & Retraite Entreprises.

Plusieurs fonds ont porté la performance

Plusieurs fonds ont particulièrement contribué à ce palmarès.

Banques de réseaux – sur cinq ans :

  • BNP Paribas Disruptive Technology : +108,11 %
  • BNP Paribas Responsible US Multi-Factor Equity : +79,88 %
  • BNP Paribas Smallcap Euroland Responsable C Classic : +31,32 %

Banques de réseaux – sur un an :

  • BNP Paribas Disruptive Technology : +45,83 %
  • Theam Quant Equity Eurozone Guru C EUR : +31,95 %
  • BNP Paribas Europe Environmental Solutions Classic : +28,97 %

Épargne salariale – sur cinq ans :

  • Multipar Solutions Environnement : +68,51 %
  • Multipar Actions Euro Bas Carbone : +61,05 %
  • Multipar Actions Socialement Responsable : +68,75 %

Les performances communiquées sont nettes pour les comptes-titres, c’est-à-dire après prélèvement des frais de gestion, et brutes pour les contrats d’assurance-vie.

Une chaîne d’expertise au service de l’épargne

La construction de l’offre repose sur plusieurs expertises complémentaires.

BNP Paribas Asset Management conçoit et gère des fonds sur différentes classes d’actifs, en s’appuyant sur son expertise en gestion et son analyse des marchés financiers.

BNP Paribas Wealth Management réalise une première analyse des solutions disponibles en fonction du contexte économique et des objectifs de performance.

Les équipes de la banque de détail affinent ensuite cette sélection afin de proposer aux clients des placements adaptés à leurs besoins, à leur horizon d’investissement et à leur profil.

Dans le domaine de l’épargne salariale, BNP Paribas Épargne & Retraite Entreprises contribue à la sélection et à la distribution de solutions d’investissement destinées aux salariés, notamment dans le cadre des dispositifs d’épargne mis en place par les entreprises.

Cette reconnaissance intervient dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et les fluctuations des marchés financiers.

Elle coïncide également avec l’intégration récente d’AXA Investment Managers au sein de BNP Paribas Asset Management. Cette opération renforce l’offre du groupe dans plusieurs domaines, dont la transition énergétique, l’innovation technologique et la réindustrialisation.

Ce qu’il faut retenir

Avec trois Corbeilles remportées en 2026, BNP Paribas voit ses gammes de fonds distinguées à la fois dans la banque de détail et dans l’épargne salariale, sur des périodes de performance allant d’un à cinq ans.

Les Corbeilles récompensent ici la performance passée d’une gamme de fonds sur des périodes déterminées.

Pour l’épargnant, ce palmarès peut constituer un indicateur de qualité et de régularité. Il ne remplace toutefois ni l’analyse de son profil de risque, ni la diversification de ses placements, ni le choix d’un horizon d’investissement cohérent avec ses projets.

👉 Consultez les conditions d’attribution :

https://mabanque.bnpparibas/fr/epargner/fonds-investissement/nos-fonds-recompenses

Avertissement

Tout investissement soumis aux fluctuations des marchés peut varier à la baisse comme à la hausse et présente un risque de perte en capital, partielle ou totale. Avant d’investir, assurez-vous de détenir une épargne de précaution suffisante. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Source : BNP Paribas, communication relative aux Corbeilles Mieux Vivre Votre Argent 2026.

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Inflation persistante aux États-Unis : pourquoi les actions résistent

L’inflation américaine a de nouveau surpris à la hausse en août. Les prix à la consommation hors énergie et alimentation ont progressé de 0,3 % sur un mois, contre 0,2 % attendu, tandis que l’inflation totale a grimpé de 0,4 %.

Ces chiffres montrent que l’inflation reste plus persistante que prévu aux États-Unis et ravivent les interrogations sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale.

Sur le papier, cette statistique renforce l’argument d’une nouvelle hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale cette semaine. Pourtant, les marchés actions n’ont pas paniqué : le S&P 500 a terminé la semaine en hausse de 0,9 %.

Ce contraste entre une inflation qui déçoit et une Bourse qui tient bon n’a rien d’illogique une fois qu’on regarde d’où vient réellement cette inflation, et pourquoi les marchés actions ont, historiquement, une tolérance bien plus grande aux hausses de taux que ce que l’on croit souvent.

Une inflation qui ralentit… lentement, pas qui repart

Le détail des chiffres change beaucoup l’interprétation. Une bonne partie de la hausse vient de catégories volatiles : les prix des billets d’avion ont bondi de 2,7 % sur le mois, ceux des hôtels de 2,4 %. Les services de communication et d’éducation ont eux aussi augmenté fortement, tirés par une hausse inhabituelle des forfaits de téléphonie mobile, un mouvement que beaucoup d’économistes considèrent comme ponctuel plutôt que structurel.

Les composantes plus stables et plus surveillées, elles, restent au contraire relativement sages. Les loyers ont progressé de 0,2 %, tout comme les loyers imputés aux propriétaires, deux hausses inférieures aux tendances observées ces derniers mois. Sur un an, l’inflation sous-jacente a même légèrement reculé, passant de 2,5 % en juillet à 2,4 % en août.

Autrement dit, le ralentissement de l’inflation se poursuit, mais de façon inégale et plus lente que ce que les marchés espéraient, plutôt que de repartir de façon générale à travers l’économie. C’est une nuance importante : ce n’est pas la même histoire qu’un retour de l’inflation, et les marchés le savent.

Une leçon que les marchés actions ont déjà apprise

L’idée qu’une hausse de taux condamne automatiquement la Bourse est un raccourci que l’histoire dément régulièrement. Lors du « taper tantrum » de 2013, l’annonce d’un simple ralentissement des achats d’obligations par la Réserve fédérale avait fait bondir les taux longs américains en quelques semaines. Les marchés actions, après une correction rapide, avaient repris leur progression quelques mois plus tard, portés par une économie qui continuait de créer des emplois.

Fin 2018, un scénario inverse s’était produit : la Fed avait relevé ses taux quatre fois dans l’année, provoquant une chute brutale des actions américaines en décembre. Mais dès qu’elle avait suspendu ses hausses début 2019, la Bourse avait effacé ses pertes en quelques mois à peine.

Ce que ces épisodes montrent, c’est que ce qui compte vraiment pour les actions n’est pas le niveau des taux en lui-même, mais la capacité de l’économie et des entreprises à continuer de générer des bénéfices malgré des taux plus élevés. C’est précisément la question posée aujourd’hui.

Une économie américaine encore solide

Les chiffres de l’emploi plaident pour une économie qui peut encaisser des taux plus élevés sans basculer. Les créations d’emplois ont atteint 162 000 en août, très au-dessus des 55 000 attendus, tandis que le taux de chômage restait stable à 4,1 %. L’activité manufacturière américaine, de son côté, était en expansion pour un huitième mois consécutif.

Les propres modèles de la Réserve fédérale suggèrent qu’un resserrement supplémentaire de 50 points de base ne réduirait la croissance économique que de quelques dixièmes de point. Autrement dit, deux hausses de taux supplémentaires semblent tout à fait absorbables par une économie qui reste, pour l’instant, robuste.

Le vrai moteur : les bénéfices des entreprises

C’est là que se trouve la clé de la résistance des marchés actions. Les prévisions actuelles tablent sur une croissance des bénéfices du S&P 500 de 25 % en 2026 et de 14 % en 2027, tandis que les entreprises de la zone euro devraient croître de 15 % sur ces deux mêmes années.

Fait notable : cette dynamique ne repose plus uniquement sur les plus grandes valeurs technologiques. La croissance médiane des bénéfices des entreprises du S&P 500 atteint environ 14 %, portée aussi par l’industrie manufacturière, l’activité sur les marchés de capitaux et une consommation des ménages qui résiste. Cet élargissement rend la hausse des bénéfices plus solide, car elle ne dépend plus d’une poignée de sociétés.

Des bénéfices plus robustes réduisent mécaniquement la valorisation des actions par rapport à leurs profits, ce qui rend les marchés moins vulnérables à une correction provoquée uniquement par une remontée des taux. Quant à l’intelligence artificielle, elle continue de jouer un rôle de soutien structurel, avec une demande toujours forte pour les capacités de cloud et les infrastructures dédiées.

Ce que l’investisseur peut en retenir

L’inflation américaine n’est pas vaincue, mais elle ne s’emballe pas non plus. C’est cette nuance, plus que le chiffre brut, qui explique pourquoi les marchés actions continuent d’avancer malgré la perspective de nouvelles hausses de taux.

Pour un investisseur, la leçon rejoint celle de tous les grands épisodes de resserrement monétaire depuis trente ans : rester diversifié, sans dépendre excessivement d’un petit nombre de valeurs, tout en gardant une exposition aux thèmes de fond, comme l’intelligence artificielle, l’énergie et les ressources, ou les tendances démographiques de long terme, reste la meilleure façon de traverser ces phases sans s’exposer inutilement à un choc isolé.

SOURCES

• Bureau of Labor Statistics (BLS) – Consumer Price Index, août 2026

• Bureau of Labor Statistics (BLS) – Producer Price Index, août 2026

• Bureau of Labor Statistics (BLS) – Employment Situation, août 2026

• CME Group – CME FedWatch Tool

• Federal Reserve – projections économiques et modèles de politique monétaire

• Institute for Supply Management (ISM) – indices d’activité manufacturière

• Bloomberg, Factset – données de marché



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Bourse : l’Inde baisse, Séoul étend ses horaires

La Bourse indienne vient d’enchaîner une cinquième semaine de baisse consécutive, avec la pire semaine pour son secteur technologique depuis avril.

À Séoul, la Bourse s’apprête de son côté à devenir la première grande place asiatique à ouvrir une séance de cotation en soirée. Deux histoires bien différentes, sur fond d’un même contexte global : la guerre qui oppose depuis six mois les États-Unis et Israël à l’Iran continue de faire grimper le pétrole et les taux américains, deux facteurs qui pèsent sur l’ensemble de la région.

Ce qui s’est passé, chiffres à l’appui

  • Nikkei 225 (Japon) : 64 011,34 points (-3,33 %)
  • Hang Seng (Hong Kong) : 24 805,63 points (-2,07 %)
  • Shanghai Composite (Chine continentale) : 3 888,11 points (-2,31 %)
  • KOSPI (Corée du Sud) : 6 909,91 points (+1,08 %)
  • TAIEX (Taïwan) : 46 184,85 points (-1,63 %)
  • USD/JPY : 153,55 (-3,88 %)

Le Nikkei 225 rassemble 225 grandes entreprises cotées à Tokyo. Le Hang Seng regroupe les principales valeurs de Hong Kong, place financière qui sert souvent de porte d’entrée vers la Chine continentale.

Le Shanghai Composite représente le marché chinois continental, tandis que le KOSPI reflète la Bourse de Séoul, dominée par de grands groupes industriels et technologiques. Le TAIEX, à Taïwan, est quant à lui fortement exposé aux semi-conducteurs.

L’Inde, en première ligne face au pétrole

Le Sensex et le Nifty, les deux principaux indices indiens, ont terminé leur cinquième semaine consécutive de baisse, le secteur technologique signant sa pire semaine depuis avril.

La presse financière indienne attribue explicitement ce repli à la hausse du pétrole, à des rendements du Trésor américain proches de 5 % et aux ventes d’investisseurs étrangers.

Le mécanisme mérite d’être expliqué : l’Inde importe une large part du pétrole qu’elle consomme. Quand le prix mondial du baril grimpe, sa facture énergétique augmente mécaniquement.

Cela pèse sur sa balance commerciale et peut fragiliser sa devise : un canal de transmission classique entre un choc pétrolier mondial et les marchés d’un pays importateur net d’énergie.

La Corée du Sud teste une séance en soirée mais pas encore cette semaine

La Bourse de Séoul, le Korea Exchange, va étendre ses horaires de cotation jusqu’à 20 h à partir de lundi, pour environ 2 400 valeurs du KOSPI et du KOSDAQ.

La vente à découvert sera autorisée pendant cette séance étendue, tandis que les ETF en seront exclus dans un premier temps.

L’objectif est de faire chevaucher les horaires de cotation avec ceux des marchés européens afin d’attirer davantage d’investisseurs internationaux. Il s’agit d’une première parmi les grandes places asiatiques, dans la lignée d’une tendance mondiale vers un trading quasi permanent, déjà amorcée au Nasdaq et au NYSE.

Cette mesure entre en vigueur après la période couverte par les chiffres ci-dessus. Elle ne peut donc pas expliquer la hausse de 1,08 % du KOSPI cette semaine.

Le mouvement s’inscrit plutôt dans une tendance plus large : l’indice reste en hausse de 64 % depuis le début de l’année 2026, malgré un recul de 22 % depuis son pic de juillet.

La performance de la semaine ressemble ainsi davantage à un rebond ponctuel à l’intérieur d’une correction plus large qu’à un effet de l’annonce sur les horaires de cotation.

Diplomatie régionale : un dégel entre l’Inde et la Chine

Lors du 18ᵉ sommet des BRICS à New Delhi, le président chinois Xi Jinping a rencontré le Premier ministre indien Narendra Modi, à l’occasion de sa première visite en Inde depuis sept ans.

Les deux dirigeants se sont engagés vers une résolution de leur différend frontalier, plusieurs années après un affrontement meurtrier à leur frontière commune.

Xi Jinping a par ailleurs annoncé que la Chine prendrait la tête d’une coopération entre les pays des BRICS sur l’intelligence artificielle, un domaine dans lequel elle affiche des ambitions concurrentes de celles des États-Unis.

En toile de fond, une tension industrielle illustre cependant les enjeux commerciaux qui subsistent malgré ce dégel diplomatique.

Le gouvernement américain a averti le constructeur automobile Ford que son recours à une technologie de batteries provenant d’une entreprise chinoise constituait, selon lui, un risque pour la sécurité nationale.

Un rappel que la rivalité technologique sino-américaine reste vive, y compris dans des secteurs comme l’automobile électrique.

Comprendre USD/JPY : quand une baisse signifie un renforcement

USD/JPY exprime combien de yens sont nécessaires pour acheter un dollar.

Sa baisse de 3,88 % cette semaine, à 153,55, signifie que le dollar s’est déprécié face au yen : il faut désormais moins de yens pour obtenir un dollar.

Prenons un exemple.

Un investisseur convertissant 10 000 USD en yens au taux de début de semaine environ 159,7, déduit de la variation de -3,88 % aurait obtenu environ 1 597 000 JPY.

Au taux de fin de semaine de 153,55, ces mêmes 10 000 USD ne valent plus que 1 535 500 JPY, soit environ 61 500 JPY de moins.

Un yen plus fort pèse traditionnellement sur les grandes entreprises exportatrices japonaises, qui occupent une place importante dans le Nikkei. Leurs produits deviennent plus chers en devise étrangère et leurs revenus, une fois convertis en yens, diminuent.

Le yen est également traditionnellement recherché comme valeur refuge en période de tension internationale. Ce mécanisme est cohérent avec le climat géopolitique global du moment, sans qu’aucune source ne permette d’affirmer qu’il explique à lui seul le mouvement observé cette semaine.

Conclusion

Cette semaine confirme que les marchés asiatiques ne forment pas un bloc homogène.

L’Inde encaisse de plein fouet la hausse du pétrole, tandis que la Corée du Sud prépare une réforme structurelle de sa Bourse. Dans le même temps, la diplomatie sino-indienne se réchauffe alors que les tensions commerciales et technologiques sino-américaines persistent.

Reste désormais à observer, dans les prochaines semaines, si la séance en soirée coréenne parviendra effectivement à attirer les flux internationaux qu’elle vise et si l’Inde réussira à enrayer sa série de pertes hebdomadaires.

Sources :

Inde : cinquième semaine consécutive de baisse du Sensex/Nifty, pétrole au-dessus de 100 $ et pression sur les marchés

Corée du Sud : lancement de la séance après-Bourse jusqu’à 20 h

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Trade Republic Belgique : la banque débarque avec un IBAN belge

Après avoir réussi à s’imposer en France, Trade Republic poursuit son expansion en Europe et lance désormais son offre bancaire en Belgique.

La fintech allemande s’attaque désormais plus sérieusement à la Belgique, avec une offre adaptée au marché local et notamment l’arrivée d’un IBAN belge.

Il y a encore quelques années, Trade Republic était principalement connu comme un courtier allemand permettant d’acheter facilement des actions et des ETF depuis son smartphone.

Depuis, le chemin parcouru est considérable. En France, Trade Republic a progressivement réussi à se faire une place face aux banques traditionnelles et aux courtiers historiques, notamment grâce à une application simple, des frais réduits et la possibilité de mettre en place des plans d’investissement programmés à partir de petits montants.

La plateforme a également considérablement élargi son offre. Actions, ETF, obligations, carte bancaire, rémunération des liquidités… Trade Republic ne veut plus être uniquement l’application sur laquelle ses clients investissent en Bourse.

Son ambition est désormais de devenir un acteur beaucoup plus important dans la gestion quotidienne de leur argent. Après la France, c’est maintenant en Belgique que cette stratégie prend une nouvelle dimension.

Trade Republic passe à la vitesse supérieure en Belgique

La grande nouveauté pour les clients belges est l’arrivée d’un IBAN belge. Un changement important pour Trade Republic, qui adapte ainsi davantage son service au marché local.

Les utilisateurs belges peuvent désormais disposer d’un compte plus intégré à leur quotidien tout en conservant l’accès aux services d’investissement qui ont contribué au succès de la plateforme dans d’autres pays européens.

Si vous souhaitez découvrir plus en détail les services proposés par Trade Republic et consulter son offre, vous pouvez le faire directement via le lien ci-dessous :

Trade Republic veut ainsi reproduire une stratégie déjà observée en France : commencer par attirer les investisseurs avec une offre de courtage accessible, puis enrichir progressivement les services proposés.

3 % pour attirer de nouveaux clients belges

Pour accélérer son développement, Trade Republic accompagne également son offensive belge d’une offre destinée aux nouveaux clients.

Ces derniers peuvent bénéficier de 3 % d’intérêts sur leurs liquidités jusqu’à 50 000 euros. Les intérêts sont calculés quotidiennement et versés chaque mois.

Un argument qui permet à Trade Republic de ne plus seulement concurrencer les plateformes d’investissement, mais également les banques sur une partie de l’épargne de leurs clients.

Et le potentiel est important.

Selon Trade Republic, environ 90 milliards d’euros dorment actuellement sur les comptes courants belges sans générer d’intérêts. C’est précisément une partie de cet argent que la fintech souhaite attirer.

De courtier à véritable acteur bancaire

C’est probablement le changement le plus intéressant dans la trajectoire de Trade Republic. En quelques années, l’entreprise est passée d’un courtier en ligne spécialisé dans l’investissement à une plateforme proposant de plus en plus de services traditionnellement associés aux banques.

L’arrivée d’un IBAN local en Belgique s’inscrit directement dans cette évolution. Trade Republic met également en avant une meilleure intégration des spécificités fiscales belges, avec notamment la prise en charge automatique de certaines obligations liées aux transactions boursières.

L’objectif est simple : réduire au maximum les obstacles qui pourraient pousser un investisseur belge à préférer sa banque ou un courtier local.

Après la France, la Belgique

Le marché français a constitué une étape importante dans l’expansion européenne de Trade Republic.

La fintech y a réussi à construire sa notoriété et à séduire une nouvelle génération d’investisseurs avec une approche beaucoup plus simple de l’investissement.

La Belgique représente désormais un nouveau terrain de développement.

Et Trade Republic n’arrive plus avec la même proposition qu’à ses débuts.La fintech dispose aujourd’hui d’une offre beaucoup plus large mêlant investissement, épargne, paiements et services bancaires.

L’IBAN belge est donc bien plus qu’une simple nouveauté technique. Il symbolise surtout les ambitions grandissantes de Trade Republic en Europe.

Après avoir réussi à se faire une place en France, Trade Republic veut désormais reproduire la recette en Belgique.

Sources :

Trade Republic Belgique

Trade Republic Belgique – Intérêts

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Stablecoins : peuvent-ils rivaliser avec les banques centrales ?

Longtemps cantonnés à l’univers des cryptoactifs, les stablecoins intéressent désormais les banques, les géants des paiements et les grandes entreprises technologiques.

Le marché mondial a dépassé 300 milliards de dollars en 2026, contre moins de 10 milliards six ans plus tôt, selon Christine Lagarde. Près de 90 % de ce marché reste concentré entre deuxémetteurs, Tether et Circle, très majoritairement libellés en dollars. La question n’est donc plus seulement technologique : elle devient monétaire etgéopolitique. Qui contrôlera les infrastructures de la monnaie numérique de demain, les banques centrales, les banques commerciales ou les acteurs privés ?

Une nouvelle bataille autour du dollar numérique

Le marché s’est longtemps structuré autour de Tether (USDT) et de l’USDC de Circle, un émetteur créant un jeton adossé à des réserves censées en garantir la stabilité. Mais une nouvelle génération de projets change la donne : Open USD (OUSD), lancé en juin 2026 par Open Standard, réunit déjà plus de 140 entreprises, dont Visa, Mastercard, Stripe,
BlackRock, Coinbase et Google.

Contrairement à un émetteur unique, Open USD fonctionne comme une infrastructure commune : la frappe et le rachat des jetons sont gratuits, et l’essentiel des revenus des réserves est reversé aux partenaires. La bataille ne porte donc plus seulement sur la taille des stablecoins, mais sur la répartition de la valeur qu’ils génèrent.

Les banques centrales face à une nouvelle concurrence

Christine Lagarde reconnaît la croissance spectaculaire des stablecoins tout en pointant les risques pour la stabilité financière et la souveraineté monétaire, la BCE redoutant une «dollarisation numérique » de l’Europe.

Le mécanisme est simple : si particuliers et entreprises déplacent leurs liquidités des banques vers les stablecoins, les établissements bancaires perdent une source de financement, ce qui peut renchérir le crédit. La Banque des règlements internationaux (BRI) partage cette inquiétude : environ 98 % de la valeur des stablecoins est libellée en dollars,un facteur qui pourrait accentuer la dollarisation numérique dans certaines économies.

L’Europe cherche une troisième voie

Plutôt que d’interdire les stablecoins, l’Europe régule la monnaie privée via le règlement MiCA, qui impose aux émetteurs de constituer des réserves séparées et protégées, tout en développant sa propre monnaie publique numérique. La BCE vise une première émission de l’euro numérique en 2029, avec un projet pilote de 12 mois à partir de 2027 et 36 prestataires déjà sélectionnés. L’objectif n’est pas d’éliminer les solutions privées, mais de faire coexister monnaie publique et moyens de paiement privés, y compris via des transactions réglées en monnaie de banque centrale sur des
infrastructures numériques (DLT).

Trois architectures en concurrence

Le stablecoin privé offre une infrastructure programmable et internationale, mais dépend de la qualité de ses réserves et de son cadre réglementaire. Le dépôt bancaire tokenisé conserve le lien avec le système bancaire tout en devenant numérique et programmable. La monnaie numérique de banque centrale, elle, reste une créance directe sur la banque centrale et pourrait servir d’ancre de confiance.

La BRI privilégie aujourd’hui les dépôts tokenisés pour les paiements courants, une manière de bénéficier de la tokenisation sans bouleverser les fondations du système monétaire existant.

Le véritable enjeu : qui captera la valeur ?

Les stablecoins ne sont plus de simples moyens de paiement : ils deviennent des infrastructures financières capables de générer des revenus, des commissions et des effets de réseau. Open USD pousse cette logique plus loin en redistribuant les revenus des réserves à l’écosystème qui contribue à son adoption.

La question n’est donc plus de savoir quel stablecoin est le plus utilisé, mais qui contrôlera l’infrastructure, les utilisateurs et les revenus de cette nouvelle économie monétaire numérique.

Vers une coexistence plutôt qu’une victoire absolue

Il serait prématuré d’annoncer la victoire des stablecoins ou celle des banques centrales. La BRI estimait le marché mondial à environ 315 milliards de dollars début avril 2026, mais leur usage réel dans les paiements du quotidien reste très inférieur à leurs volumes transactionnels globaux.

Le scénario le plus probable est celui d’une hybridation : les banques centrales fourniraient l’ancre monétaire, les banques commerciales conserveraient leur rôle dans le crédit, les stablecoins apporteraient des infrastructures programmables et transfrontalières, tandis que
les entreprises technologiques assureraient la distribution.

Conclusion

La bataille des stablecoins ne se résume pas à un affrontement entre finance traditionnelle et cryptomonnaies : elle relance une question bien plus ancienne, celle du droit de créer et de contrôler la monnaie.

L’Europe défend sa monnaie publique numérique, les acteurs privés construisent des infrastructures mondiales autour du dollar, et les banques explorent les dépôts tokenisés. La prochaine révolution monétaire ne verra sans doute pas disparaître les banques centrales, mais les obligera à partager l’infrastructure monétaire avec des acteurs privés qu’elles n’avaient encore jamais eu à affronter à cette échelle. La véritable bataille ne sera peut-être pas celle du jeton le plus populaire, mais celle de l’infrastructure qui deviendra indispensable.

SOURCES