Avis Linxea : frais réduits, large choix de supports et accompagnement. Découvrez ce que propose le courtier avant d’investir.
Frais réduits, choix plus important de supports et parcours digitalisé : les épargnants disposent aujourd’hui de davantage d’alternatives pour investir.
Parmi les acteurs qui ont accompagné cette évolution, Linxea occupe une place particulière. Créé en 2001, le courtier en ligne revendique aujourd’hui 200 000 clients et plus de 6 milliards d’euros d’actifs confiés.
Mais au-delà des chiffres, que propose réellement Linxea ? Et quels sont les éléments à regarder avant d’y investir ?
Des frais qui constituent l’un de ses principaux arguments
C’est probablement le premier élément qui a contribué à la réputation de Linxea : la réduction des frais liés à l’épargne.
Sur ses contrats, Linxea affiche notamment 0 % de frais d’entrée, de versement et d’arbitrage en ligne, hors exceptions liées à certains supports. Les frais de gestion des unités de compte en gestion libre se situent quant à eux entre 0,50 % et 0,60 % par an, selon le contrat choisi.
Un élément loin d’être anecdotique lorsqu’on investit sur plusieurs décennies. Quelques dixièmes de pourcentage de frais supplémentaires chaque année peuvent finir par représenter une différence significative sur le capital final en raison de l’effet des intérêts composés.
Il faut néanmoins regarder au-delà des seuls frais du contrat : les supports sélectionnés peuvent eux-mêmes supporter leurs propres frais et certaines opérations sur des ETF, actions ou supports immobiliers peuvent également être facturées.
Assurance-vie, PER, ETF, SCPI… un catalogue particulièrement large
Le deuxième argument de Linxea réside dans la diversité de son offre.
Le courtier distribue plusieurs contrats d’assurance-vie et plans d’épargne retraite (PER), en partenariat avec différents assureurs tels que Spirica, Suravenir, Generali ou Apicil.
À l’intérieur de ces enveloppes, l’épargnant peut accéder, selon le contrat, à des fonds en euros mais également à des ETF, fonds d’investissement, SCPI, actions ou encore à certaines solutions de private equity.
Linxea Spirit 2, par exemple, donne accès à plus de 1 100 supports avec des frais de gestion annuels de 0,5 % sur les unités de compte. Linxea Avenir 2 en propose plus de 600 et peut être ouvert à partir de 100 euros.
L’intérêt est donc moins de chercher « le meilleur contrat Linxea » dans l’absolu que de sélectionner celui qui correspond réellement à ses objectifs, à son horizon d’investissement et aux supports recherchés.
Digital, mais pas uniquement
Autre particularité intéressante : Linxea revendique un modèle digital sans pour autant abandonner le conseil humain.
Les épargnants peuvent gérer leurs contrats en ligne, tandis que Linxea dispose également de conseillers pour accompagner ceux qui souhaitent être guidés. Pour des besoins patrimoniaux plus spécifiques, l’entreprise propose aussi un accompagnement par des conseillers en investissements financiers.
Sur le papier, le positionnement est assez clair : combiner les tarifs d’un acteur en ligne, une architecture d’investissement relativement large et la possibilité de bénéficier d’un accompagnement humain.
Linxea peut ainsi être particulièrement intéressant pour l’épargnant qui souhaite davantage de choix et d’autonomie que dans une offre bancaire traditionnelle, sans nécessairement vouloir gérer l’intégralité de son patrimoine seul.
Mais les frais ne doivent jamais constituer l’unique critère de sélection. Avant de souscrire, il reste indispensable de comparer les contrats, les assureurs, les supports disponibles, les éventuels frais propres à ces supports et les risques associés.
Car en matière d’épargne, le meilleur contrat n’est pas forcément celui qui coûte le moins cher : c’est avant tout celui qui correspond à votre stratégie.
Cet article a été réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec Linxea. Les investissements en unités de compte présentent notamment un risque de perte en capital.
Investir avant l’entrée en Bourse permet-il de profiter plus tôt de la croissance des entreprises ? SpaceX est restée privée pendant près de 24 ans. Anthropic a vu sa valorisation multipliée par près de 16 en quatorze mois.
Ces exemples illustrent un phénomène de fond : une part importante de la création de valeur se déroule désormais loin des marchés cotés.
Des entreprises qui restent privées plus longtemps
Selon l’économiste Jay Ritter, de l’université de Floride, l’âge médian des entreprises américaines lors de leur introduction en Bourse est passé d’environ huit ans dans les années 1980 à douze ans en 2025.
Ces quatre années supplémentaires peuvent représenter une période décisive : développement du produit, conquête de nouveaux marchés, croissance des revenus et augmentation de la valorisation.
Pendant cette phase, les actions restent principalement détenues par les fondateurs, les salariés, les fonds de capital-risque et certains investisseurs fortunés.
Le grand public doit généralement attendre l’introduction en Bourse. Aujourd’hui, plus de 1 200 entreprises non cotées sont considérées comme des « licornes », c’est-à-dire valorisées à plus d’un milliard de dollars, selon CB Insights.
SpaceX et Anthropic : deux exemples spectaculaires
Fondée en 2002, SpaceX est restée privée jusqu’à son introduction en Bourse du 12 juin 2026.
L’opération l’a valorisée autour de 1 750 milliards de dollars, après une dernière valorisation privée estimée à environ 800 milliards de dollars fin 2025, selon Forge Global.
Pendant près de 24 ans, seuls les investisseurs ayant accès au marché privé pouvaient directement détenir des actions de l’entreprise. Lorsqu’elle est devenue accessible au grand public, SpaceX faisait déjà partie des sociétés les plus valorisées au monde.
Anthropic, l’entreprise derrière l’intelligence artificielle Claude, constitue un autre exemple.
Sa valorisation est passée de 61,5 milliards de dollars en mars 2025 à 380 milliards en février 2026, puis à 965 milliards en mai 2026.
Elle a ainsi été multipliée par près de 16 en quatorze mois, sans cotation en Bourse.
Cette progression ne correspond toutefois pas à un rendement automatiquement encaissé par tous les actionnaires. Pour transformer une valorisation en gain réel, il faut pouvoir revendre ses titres, bénéficier d’un rachat ou attendre une introduction en Bourse.
Comment fonctionne le private equity ?
Le capital-investissement, ou private equity, consiste à financer des entreprises qui ne sont pas cotées en échange d’une part de leur capital.
Ces entreprises organisent généralement plusieurs levées de fonds : amorçage, séries A, B, C, puis éventuellement des opérations de capital-développement ou de pré-IPO.
Lors de chaque tour, une nouvelle valorisation est négociée entre l’entreprise et un nombre limité d’investisseurs.
Si la société progresse, les nouveaux investisseurs peuvent accepter de payer plus cher. La valeur théorique des titres détenus par les premiers actionnaires augmente alors.
Mais une valorisation privée n’est pas un cours de Bourse. Elle résulte d’une négociation ponctuelle, peut intégrer des conditions préférentielles et peut également diminuer lors d’une levée suivante.
Tant qu’aucune revente n’a eu lieu, le gain reste théorique.
Le private equity est-il plus rentable que la Bourse ?
Selon la dernière étude de France Invest et EY, le capital-investissement français affichait à fin 2025 un taux de rendement interne net de 10,7 % par an sur dix ans, contre 9,5 % pour le CAC 40.
L’édition précédente, portant sur les données à fin 2024, faisait état d’un rendement net de 12,7 % par an, contre 8,9 % pour le CAC 40.
Ces moyennes masquent cependant d’importants écarts.
Certaines entreprises connaissent une croissance spectaculaire, tandis que d’autres stagnent ou font faillite. Quelques réussites peuvent ainsi concentrer une grande partie de la performance d’un fonds.
Le rendement potentiellement supérieur rémunère plusieurs contraintes : risque de perte, frais, information moins fréquente et argent immobilisé pendant plusieurs années.
Les performances moyennes du secteur ne constituent donc aucune garantie pour un investissement individuel.
Un marché historiquement réservé aux grandes fortunes
L’un des principaux obstacles reste l’accès.
Les opérations les plus recherchées sont généralement réservées aux fonds, aux investisseurs institutionnels et aux family offices.
En septembre 2026, le ticket nécessaire pour acquérir directement des actions Anthropic sur certaines opérations secondaires atteignait environ 25 millions de dollars, selon Fortune.
Les particuliers disposent rarement des montants, du réseau ou des structures juridiques nécessaires pour participer directement à ces transactions.
C’est sur ce constat que se positionne Akka.app, partenaire de cet article.
L’application sélectionne, analyse et négocie des investissements dans des entreprises technologiques non cotées pour les particuliers européens. Les investissements de ses membres sont ensuite regroupés dans des véhicules dédiés.
Akka revendique aujourd’hui une communauté de 4 000 investisseurs et propose environ deux investissements par mois, avec un ticket d’entrée minimum à partir de seulement 300 euros par entreprise.
Ses membres ont notamment pu accéder à des opérations portant sur Anthropic, Perplexity, Epic Games et Bolt.
L’application propose également un suivi du portefeuille, des contenus pédagogiques et un assistant A.I. appelé Daniel pour accompagner ses membres 24/7 sur tout type de questions autour du suivi de ses positions et des investissements à venir.
Cette démocratisation ne supprime toutefois aucun des risques propres au non-coté.
Ce qu’il faut retenir
Une part croissante de la création de valeur se déroule avant l’entrée en Bourse.
SpaceX et Anthropic représentent des réussites spectaculaires, mais aussi exceptionnelles. À côté de ces entreprises, de nombreuses sociétés privées échouent ou ne trouvent jamais de possibilité de sortie satisfaisante.
Le capital-investissement peut contribuer à diversifier un portefeuille, mais il ne constitue pas une version systématiquement plus rentable de la Bourse.
La croissance n’a pas disparu. Elle a simplement changé d’adresse.
Avertissement
Cet article est réalisé en partenariat avec Akka. Il poursuit une finalité pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement.
Investir dans des entreprises non cotées comporte un risque de perte totale du capital, une faible liquidité et une incertitude importante sur la valorisation. Les sommes investies peuvent rester immobilisées pendant plusieurs années.
Avant toute décision, il convient d’effectuer ses propres recherches, de comprendre les frais et les conditions de sortie, et de conserver une épargne de précaution suffisante. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Sources
Jay Ritter, CB Insights, Forge Global, Anthropic, Reuters, Fortune, France Invest/EY, Finyear et AKKA.
Plus de 130 comptes ouverts depuis le début de 2026, le cap du milliard d’euros d’actifs sous gestion qui se rapproche plus vite que prévu et une équipe qui continue de se renforcer.
Waterloo Asset Management poursuit son développement autour d’un modèle qui associe indépendance, gestion active et proximité. Entretien avec Jérémie Pulinx, cofondateur et administrateur, sur les choix qui font l’identité de cette maison.
Parlons Finance — Plus de 130 comptes ouverts depuis janvier. Que vous inspire cette dynamique ?
Jérémie Pulinx — Pour une maison à taille humaine comme la nôtre, c’est un signe de confiance très encourageant. Derrière chaque ouverture de compte, il y a une personne, une famille, parfois le patrimoine constitué au cours de toute une carrière. Nous mesurons ce que cette décision représente.
Cette dynamique s’appuie sur une entreprise qui s’est structurée. Nous connaissons une progression de notre chiffre d’affaires de plus de 15 % par an ces dernières années, une dynamique qui devrait encore s’accélérer cette année. Notre fonds Waterloo Global Flexible, récompensé en 2026 par L’Echo et De Tijd comme meilleur fonds flexible, dépasse aujourd’hui les 300 millions d’euros d’actifs sous gestion. Plus largement, la progression des actifs dans l’ensemble de nos fonds nous permet d’envisager de franchir le cap du milliard d’euros avant 2030, l’échéance que nous nous étions initialement fixée.
Je crois que notre développement traduit une attente assez simple : pouvoir confier son patrimoine à des professionnels expérimentés, comprendre leurs décisions et savoir à qui parler.
Parlons Finance — Vous revendiquez une gestion active et de conviction. Qu’est-ce que cela change concrètement ?
Jérémie Pulinx — Cela signifie que nous assumons des choix. Nous analysons l’environnement économique, la valorisation des entreprises et les risques, puis nous décidons de l’exposition que nous jugeons appropriée. Nous gardons la liberté de nous écarter des indices lorsque notre analyse le justifie.
Dans un secteur où une partie de l’offre tend à se standardiser, nous tenons à cette responsabilité. Une conviction peut conduire à renforcer une position, mais aussi à réduire le risque ou à renoncer à une opportunité dont le prix nous paraît excessif.
Cette liberté exige de la discipline. Une conviction doit pouvoir être discutée au sein du comité d’investissement, confrontée aux données et révisée lorsque les faits changent. C’est ainsi que nous concevons notre métier.
Parlons Finance — Vous dites souvent que vos clients veulent « un pilote dans l’avion ». Que recouvre cette image ?
Jérémie Pulinx — J’utilise volontiers l’image de l’aviation privée. On attend d’un équipage expérimenté qu’il prépare le trajet, surveille les conditions et adapte sa route pour éviter autant que possible les turbulences. Nos clients veulent savoir qu’une équipe suit leur portefeuille et prend des décisions lorsque l’environnement évolue.
Notre gestion flexible répond à cette attente. Elle vise à faire croître le capital sur la durée en accordant une attention centrale à la maîtrise de la volatilité. Elle peut adapter la place des actions, des obligations et des liquidités selon notre lecture des marchés.
Ce sont la construction du portefeuille, la diversification et l’ajustement des expositions qui encadrent nos convictions. Pour le client, l’enjeu est de pouvoir rester investi dans une stratégie dont il comprend les objectifs et les risques.
Parlons Finance — Votre comité d’investissement associe des professionnels des marchés et des universitaires. Quel bénéfice en tirez-vous ?
Jérémie Pulinx — Ce dialogue est une composante forte de notre modèle. Mikael Petitjean, professeur à l’UCLouvain et Chief Economist de Waterloo Asset Management, apporte notamment son expertise macroéconomique. Christophe Desagre, professeur de finance à l’ICHEC et responsable de la recherche quantitative, contribue au développement de nos modèles et à l’analyse des données. Leurs travaux nourrissent les échanges avec nos professionnels de marché, dont Frédéric Steinkuhler, responsable des investissements.
Cette proximité avec le monde académique nous permet également de proposer à des étudiants brillants des projets de recherche appliquée. Deux étudiants travaillent actuellement à l’amélioration de notre modèle quantitatif, en collaboration avec Mikael Petitjean et Frédéric Steinkuhler, dans le cadre des recherches dirigées par Christophe Desagre.
Nous y voyons une façon de faire progresser nos outils et de confronter notre expérience à de nouvelles approches. La recherche doit avoir une utilité concrète pour la gestion.
Parlons Finance — La gestion flexible occupe une place centrale chez vous. Quelles autres approches proposez-vous ?
Jérémie Pulinx — La gestion flexible peut constituer le cœur d’un portefeuille pour un client qui recherche une croissance de son patrimoine avec une attention particulière portée aux fluctuations. Pour les profils plus conservateurs, nous proposons également une gestion obligataire, qui vise à privilégier une exposition aux marchés de taux et à limiter la volatilité du portefeuille.
D’autres clients souhaitent une exposition plus dynamique. Notre gestion de conviction à vocation 100 % actions repose sur une sélection de titres individuels au sein d’un fonds. Elle vise à créer de la surperformance sur la durée, avec les risques et les fluctuations propres aux marchés d’actions.
Nous proposons également une gestion durable pour les clients qui souhaitent intégrer des critères d’investissement socialement responsable, ainsi qu’une gestion en ETF. Ces outils ont leur place dans notre offre : l’utilisation de supports indiciels peut parfaitement s’inscrire dans des décisions actives d’allocation.
Le point de départ reste toujours la situation du client, son horizon et sa capacité à accepter le risque. C’est à partir de là que nous construisons une solution cohérente.
Parlons Finance — Comment préserver une relation personnelle lorsque le nombre de clients augmente ?
Jérémie Pulinx — En faisant de la disponibilité un choix d’organisation. Nous veillons au nombre de relations suivies par chaque banquier privé et nous renforçons les équipes pour accompagner le développement de la maison.
Nos senior private bankers ont vingt à vingt-cinq ans d’expérience au minimum. Ils ont traversé différents cycles de marché et connaissent les questions qui se posent lorsqu’un patrimoine grandit, qu’une entreprise est cédée ou qu’une transmission se prépare. Cette expérience compte beaucoup dans la qualité du dialogue.
Le client doit pouvoir joindre quelqu’un qui connaît sa situation et qui prend le temps de lui répondre. Nous voulons conserver cette proximité à mesure que nous grandissons.
Parlons Finance — Quelles valeurs se traduisent le plus directement dans votre fonctionnement ?
Jérémie Pulinx — L’esprit d’équipe, la transparence et la passion de notre métier. Nous avons fait le choix d’objectifs communs, sans objectifs commerciaux individuels. Chacun doit pouvoir contribuer à la qualité du service, qu’il appartienne au comité d’investissement, à l’équipe de banquiers privés ou aux fonctions de support.
Cette culture favorise le partage des connaissances et la coopération. Nous voulons que les compétences circulent au bénéfice du client.
L’indépendance est également essentielle : elle nous donne la liberté de construire notre projet dans la durée. Et nous tenons à l’alignement des intérêts. Nous investissons nous-mêmes dans nos stratégies, comme le font une grande majorité de nos collaborateurs. Cet engagement personnel donne un sens très concret aux discussions que nous avons avec nos clients sur le risque et l’horizon d’investissement.
Parlons Finance — Cette culture explique-t-elle aussi l’intérêt de banquiers expérimentés pour votre maison ?
Jérémie Pulinx — C’est l’une des raisons qu’ils évoquent. Ils souhaitent exercer pleinement leur métier, avoir un rôle actif dans le développement de la société et entretenir une relation suivie avec leurs clients. Dans une structure comme la nôtre, leur expérience peut directement contribuer aux décisions et à la qualité du service.
Nous accordons aussi une place importante à la transmission. Des professionnels très expérimentés continuent à apporter leur connaissance des marchés, leur recul et leur sens de la relation. Nous souhaitons que les plus jeunes puissent bénéficier de ce savoir.
Pour nous, la responsabilité d’une entreprise se manifeste aussi dans la manière dont elle considère ses collaborateurs et valorise leurs compétences. L’expérience reste une ressource précieuse à chaque étape d’une carrière.
Parlons Finance — Vous insistez sur la simplicité. Comment se traduit-elle dans vos investissements et votre communication ?
Jérémie Pulinx — Nous privilégions des investissements liquides, compréhensibles et une diversification entre les secteurs de l’économie. La technologie peut offrir des opportunités, mais notre champ d’analyse couvre l’ensemble des activités économiques. Nous voulons que chaque investissement ait une justification claire dans le portefeuille.
Cette exigence se prolonge dans la communication. Nos clients doivent comprendre ce qu’ils détiennent, les risques qu’ils prennent et les raisons de nos arbitrages. Nous consacrons donc beaucoup de temps aux échanges individuels et aux analyses. Nous les aidons également dans leur planification patrimoniale, afin de mettre en perspective leurs investissements avec leurs objectifs à long terme, leur situation familiale, la transmission de leur patrimoine et leurs besoins futurs.
La confiance se construit aussi dans cette capacité à expliquer nos choix et à accompagner les clients dans les différentes étapes de leur vie patrimoniale, y compris lorsque les marchés deviennent plus difficiles.
Parlons Finance — Quelle est votre ambition pour les prochaines années ?
Jérémie Pulinx — Notre ambition est d’atteindre un milliard d’euros d’actifs sous gestion à l’horizon 2030, en renforçant l’équipe, la recherche et l’accompagnement des clients. Notre ancrage en Belgique francophone nous offre encore un potentiel de développement important.
Nous continuons à recruter des professionnels qui partagent cette conception du métier. La croissance nous donne les moyens d’investir dans nos compétences et nos outils ; elle doit se traduire par un service toujours plus attentif.
À une personne qui envisage de nous rejoindre, je conseillerais de venir rencontrer l’équipe. Choisir un gestionnaire, c’est aussi choisir les personnes à qui l’on confie ses décisions patrimoniales. Nous voulons qu’elle puisse comprendre notre manière de travailler et se faire sa propre conviction.
BNP Paribas remporte trois Corbeilles en 2026, récompensant la performance de ses fonds sur un et cinq ans, notamment en épargne salariale.
Lors de la 41e cérémonie des Corbeilles Mieux Vivre Votre Argent, organisée le 21 septembre 2026 à Paris, BNP Paribas a remporté trois distinctions récompensant la performance de ses gammes de fonds d’investissement.
Le groupe s’est notamment distingué dans les catégories « Banques de réseaux » et « Épargne salariale », qui évaluent les performances des gammes de fonds proposées aux clients particuliers et aux salariés.
Trois récompenses sur un an et cinq ans
BNP Paribas s’est vu attribuer :
La Corbeille d’Or, qui récompense la meilleure performance sur un an dans la catégorie « Banques de réseaux », avec 25 fonds notés.
La Corbeille Long Terme, qui distingue la meilleure performance sur cinq ans dans la catégorie « Banques de réseaux », avec 7 fonds notés.
La Corbeille Long Terme Épargne Salariale, qui récompense la meilleure performance sur cinq ans dans cette catégorie, avec 22 fonds notés. BNP Paribas remporte cette distinction pour la deuxième année consécutive.
Ces trois récompenses soulignent le travail des équipes de gestion de BNP Paribas Asset Management, mais aussi la sélection des solutions d’investissement réalisée pour les clients particuliers et les salariés, avec l’appui des expertises de BNP Paribas Wealth Management, de la banque de détail en France et de BNP Paribas Épargne & Retraite Entreprises.
Plusieurs fonds ont porté la performance
Plusieurs fonds ont particulièrement contribué à ce palmarès.
Banques de réseaux – sur cinq ans :
BNP Paribas Disruptive Technology : +108,11 %
BNP Paribas Responsible US Multi-Factor Equity : +79,88 %
BNP Paribas Smallcap Euroland Responsable C Classic : +31,32 %
Banques de réseaux – sur un an :
BNP Paribas Disruptive Technology : +45,83 %
Theam Quant Equity Eurozone Guru C EUR : +31,95 %
BNP Paribas Europe Environmental Solutions Classic : +28,97 %
Les performances communiquées sont nettes pour les comptes-titres, c’est-à-dire après prélèvement des frais de gestion, et brutes pour les contrats d’assurance-vie.
Une chaîne d’expertise au service de l’épargne
La construction de l’offre repose sur plusieurs expertises complémentaires.
BNP Paribas Asset Management conçoit et gère des fonds sur différentes classes d’actifs, en s’appuyant sur son expertise en gestion et son analyse des marchés financiers.
BNP Paribas Wealth Management réalise une première analyse des solutions disponibles en fonction du contexte économique et des objectifs de performance.
Les équipes de la banque de détail affinent ensuite cette sélection afin de proposer aux clients des placements adaptés à leurs besoins, à leur horizon d’investissement et à leur profil.
Dans le domaine de l’épargne salariale, BNP Paribas Épargne & Retraite Entreprises contribue à la sélection et à la distribution de solutions d’investissement destinées aux salariés, notamment dans le cadre des dispositifs d’épargne mis en place par les entreprises.
Cette reconnaissance intervient dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et les fluctuations des marchés financiers.
Elle coïncide également avec l’intégration récente d’AXA Investment Managers au sein de BNP Paribas Asset Management. Cette opération renforce l’offre du groupe dans plusieurs domaines, dont la transition énergétique, l’innovation technologique et la réindustrialisation.
Ce qu’il faut retenir
Avec trois Corbeilles remportées en 2026, BNP Paribas voit ses gammes de fonds distinguées à la fois dans la banque de détail et dans l’épargne salariale, sur des périodes de performance allant d’un à cinq ans.
Les Corbeilles récompensent ici la performance passée d’une gamme de fonds sur des périodes déterminées.
Pour l’épargnant, ce palmarès peut constituer un indicateur de qualité et de régularité. Il ne remplace toutefois ni l’analyse de son profil de risque, ni la diversification de ses placements, ni le choix d’un horizon d’investissement cohérent avec ses projets.
Tout investissement soumis aux fluctuations des marchés peut varier à la baisse comme à la hausse et présente un risque de perte en capital, partielle ou totale. Avant d’investir, assurez-vous de détenir une épargne de précaution suffisante. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Source : BNP Paribas, communication relative aux Corbeilles Mieux Vivre Votre Argent 2026.
L’inflation américaine a de nouveau surpris à la hausse en août. Les prix à la consommation hors énergie et alimentation ont progressé de 0,3 % sur un mois, contre 0,2 % attendu, tandis que l’inflation totale a grimpé de 0,4 %.
Ces chiffres montrent que l’inflation reste plus persistante que prévu aux États-Unis et ravivent les interrogations sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale.
Sur le papier, cette statistique renforce l’argument d’une nouvelle hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale cette semaine. Pourtant, les marchés actions n’ont pas paniqué : le S&P 500 a terminé la semaine en hausse de 0,9 %.
Ce contraste entre une inflation qui déçoit et une Bourse qui tient bon n’a rien d’illogique une fois qu’on regarde d’où vient réellement cette inflation, et pourquoi les marchés actions ont, historiquement, une tolérance bien plus grande aux hausses de taux que ce que l’on croit souvent.
Une inflation qui ralentit… lentement, pas qui repart
Le détail des chiffres change beaucoup l’interprétation. Une bonne partie de la hausse vient de catégories volatiles : les prix des billets d’avion ont bondi de 2,7 % sur le mois, ceux des hôtels de 2,4 %. Les services de communication et d’éducation ont eux aussi augmenté fortement, tirés par une hausse inhabituelle des forfaits de téléphonie mobile, un mouvement que beaucoup d’économistes considèrent comme ponctuel plutôt que structurel.
Les composantes plus stables et plus surveillées, elles, restent au contraire relativement sages. Les loyers ont progressé de 0,2 %, tout comme les loyers imputés aux propriétaires, deux hausses inférieures aux tendances observées ces derniers mois. Sur un an, l’inflation sous-jacente a même légèrement reculé, passant de 2,5 % en juillet à 2,4 % en août.
Autrement dit, le ralentissement de l’inflation se poursuit, mais de façon inégale et plus lente que ce que les marchés espéraient, plutôt que de repartir de façon générale à travers l’économie. C’est une nuance importante : ce n’est pas la même histoire qu’un retour de l’inflation, et les marchés le savent.
Une leçon que les marchés actions ont déjà apprise
L’idée qu’une hausse de taux condamne automatiquement la Bourse est un raccourci que l’histoire dément régulièrement. Lors du « taper tantrum » de 2013, l’annonce d’un simple ralentissement des achats d’obligations par la Réserve fédérale avait fait bondir les taux longs américains en quelques semaines. Les marchés actions, après une correction rapide, avaient repris leur progression quelques mois plus tard, portés par une économie qui continuait de créer des emplois.
Fin 2018, un scénario inverse s’était produit : la Fed avait relevé ses taux quatre fois dans l’année, provoquant une chute brutale des actions américaines en décembre. Mais dès qu’elle avait suspendu ses hausses début 2019, la Bourse avait effacé ses pertes en quelques mois à peine.
Ce que ces épisodes montrent, c’est que ce qui compte vraiment pour les actions n’est pas le niveau des taux en lui-même, mais la capacité de l’économie et des entreprises à continuer de générer des bénéfices malgré des taux plus élevés. C’est précisément la question posée aujourd’hui.
Une économie américaine encore solide
Les chiffres de l’emploi plaident pour une économie qui peut encaisser des taux plus élevés sans basculer. Les créations d’emplois ont atteint 162 000 en août, très au-dessus des 55 000 attendus, tandis que le taux de chômage restait stable à 4,1 %. L’activité manufacturière américaine, de son côté, était en expansion pour un huitième mois consécutif.
Les propres modèles de la Réserve fédérale suggèrent qu’un resserrement supplémentaire de 50 points de base ne réduirait la croissance économique que de quelques dixièmes de point. Autrement dit, deux hausses de taux supplémentaires semblent tout à fait absorbables par une économie qui reste, pour l’instant, robuste.
Le vrai moteur : les bénéfices des entreprises
C’est là que se trouve la clé de la résistance des marchés actions. Les prévisions actuelles tablent sur une croissance des bénéfices du S&P 500 de 25 % en 2026 et de 14 % en 2027, tandis que les entreprises de la zone euro devraient croître de 15 % sur ces deux mêmes années.
Fait notable : cette dynamique ne repose plus uniquement sur les plus grandes valeurs technologiques. La croissance médiane des bénéfices des entreprises du S&P 500 atteint environ 14 %, portée aussi par l’industrie manufacturière, l’activité sur les marchés de capitaux et une consommation des ménages qui résiste. Cet élargissement rend la hausse des bénéfices plus solide, car elle ne dépend plus d’une poignée de sociétés.
Des bénéfices plus robustes réduisent mécaniquement la valorisation des actions par rapport à leurs profits, ce qui rend les marchés moins vulnérables à une correction provoquée uniquement par une remontée des taux. Quant à l’intelligence artificielle, elle continue de jouer un rôle de soutien structurel, avec une demande toujours forte pour les capacités de cloud et les infrastructures dédiées.
Ce que l’investisseur peut en retenir
L’inflation américaine n’est pas vaincue, mais elle ne s’emballe pas non plus. C’est cette nuance, plus que le chiffre brut, qui explique pourquoi les marchés actions continuent d’avancer malgré la perspective de nouvelles hausses de taux.
Pour un investisseur, la leçon rejoint celle de tous les grands épisodes de resserrement monétaire depuis trente ans : rester diversifié, sans dépendre excessivement d’un petit nombre de valeurs, tout en gardant une exposition aux thèmes de fond, comme l’intelligence artificielle, l’énergie et les ressources, ou les tendances démographiques de long terme, reste la meilleure façon de traverser ces phases sans s’exposer inutilement à un choc isolé.
Pedestrians stand in front of an electronic quotation board displaying the Nikkei 225 stock prices on the Tokyo Stock Exchange during a morning session in Tokyo on November 18, 2025. (Photo by Kazuhiro NOGI / AFP)
La Bourse indienne vient d’enchaîner une cinquième semaine de baisse consécutive, avec la pire semaine pour son secteur technologique depuis avril.
À Séoul, la Bourse s’apprête de son côté à devenir la première grande place asiatique à ouvrir une séance de cotation en soirée. Deux histoires bien différentes, sur fond d’un même contexte global : la guerre qui oppose depuis six mois les États-Unis et Israël à l’Iran continue de faire grimper le pétrole et les taux américains, deux facteurs qui pèsent sur l’ensemble de la région.
Ce qui s’est passé, chiffres à l’appui
Nikkei 225 (Japon) : 64 011,34 points (-3,33 %)
Hang Seng (Hong Kong) : 24 805,63 points (-2,07 %)
Le Nikkei 225 rassemble 225 grandes entreprises cotées à Tokyo. Le Hang Seng regroupe les principales valeurs de Hong Kong, place financière qui sert souvent de porte d’entrée vers la Chine continentale.
Le Shanghai Composite représente le marché chinois continental, tandis que le KOSPI reflète la Bourse de Séoul, dominée par de grands groupes industriels et technologiques. Le TAIEX, à Taïwan, est quant à lui fortement exposé aux semi-conducteurs.
L’Inde, en première ligne face au pétrole
Le Sensex et le Nifty, les deux principaux indices indiens, ont terminé leur cinquième semaine consécutive de baisse, le secteur technologique signant sa pire semaine depuis avril.
La presse financière indienne attribue explicitement ce repli à la hausse du pétrole, à des rendements du Trésor américain proches de 5 % et aux ventes d’investisseurs étrangers.
Le mécanisme mérite d’être expliqué : l’Inde importe une large part du pétrole qu’elle consomme. Quand le prix mondial du baril grimpe, sa facture énergétique augmente mécaniquement.
Cela pèse sur sa balance commerciale et peut fragiliser sa devise : un canal de transmission classique entre un choc pétrolier mondial et les marchés d’un pays importateur net d’énergie.
La Corée du Sud teste une séance en soirée mais pas encore cette semaine
La Bourse de Séoul, le Korea Exchange, va étendre ses horaires de cotation jusqu’à 20 h à partir de lundi, pour environ 2 400 valeurs du KOSPI et du KOSDAQ.
La vente à découvert sera autorisée pendant cette séance étendue, tandis que les ETF en seront exclus dans un premier temps.
L’objectif est de faire chevaucher les horaires de cotation avec ceux des marchés européens afin d’attirer davantage d’investisseurs internationaux. Il s’agit d’une première parmi les grandes places asiatiques, dans la lignée d’une tendance mondiale vers un trading quasi permanent, déjà amorcée au Nasdaq et au NYSE.
Cette mesure entre en vigueur après la période couverte par les chiffres ci-dessus. Elle ne peut donc pas expliquer la hausse de 1,08 % du KOSPI cette semaine.
Le mouvement s’inscrit plutôt dans une tendance plus large : l’indice reste en hausse de 64 % depuis le début de l’année 2026, malgré un recul de 22 % depuis son pic de juillet.
La performance de la semaine ressemble ainsi davantage à un rebond ponctuel à l’intérieur d’une correction plus large qu’à un effet de l’annonce sur les horaires de cotation.
Diplomatie régionale : un dégel entre l’Inde et la Chine
Lors du 18ᵉ sommet des BRICS à New Delhi, le président chinois Xi Jinping a rencontré le Premier ministre indien Narendra Modi, à l’occasion de sa première visite en Inde depuis sept ans.
Les deux dirigeants se sont engagés vers une résolution de leur différend frontalier, plusieurs années après un affrontement meurtrier à leur frontière commune.
Xi Jinping a par ailleurs annoncé que la Chine prendrait la tête d’une coopération entre les pays des BRICS sur l’intelligence artificielle, un domaine dans lequel elle affiche des ambitions concurrentes de celles des États-Unis.
En toile de fond, une tension industrielle illustre cependant les enjeux commerciaux qui subsistent malgré ce dégel diplomatique.
Le gouvernement américain a averti le constructeur automobile Ford que son recours à une technologie de batteries provenant d’une entreprise chinoise constituait, selon lui, un risque pour la sécurité nationale.
Un rappel que la rivalité technologique sino-américaine reste vive, y compris dans des secteurs comme l’automobile électrique.
Comprendre USD/JPY : quand une baisse signifie un renforcement
USD/JPY exprime combien de yens sont nécessaires pour acheter un dollar.
Sa baisse de 3,88 % cette semaine, à 153,55, signifie que le dollar s’est déprécié face au yen : il faut désormais moins de yens pour obtenir un dollar.
Prenons un exemple.
Un investisseur convertissant 10 000 USD en yens au taux de début de semaine environ 159,7, déduit de la variation de -3,88 % aurait obtenu environ 1 597 000 JPY.
Au taux de fin de semaine de 153,55, ces mêmes 10 000 USD ne valent plus que 1 535 500 JPY, soit environ 61 500 JPY de moins.
Un yen plus fort pèse traditionnellement sur les grandes entreprises exportatrices japonaises, qui occupent une place importante dans le Nikkei. Leurs produits deviennent plus chers en devise étrangère et leurs revenus, une fois convertis en yens, diminuent.
Le yen est également traditionnellement recherché comme valeur refuge en période de tension internationale. Ce mécanisme est cohérent avec le climat géopolitique global du moment, sans qu’aucune source ne permette d’affirmer qu’il explique à lui seul le mouvement observé cette semaine.
Conclusion
Cette semaine confirme que les marchés asiatiques ne forment pas un bloc homogène.
L’Inde encaisse de plein fouet la hausse du pétrole, tandis que la Corée du Sud prépare une réforme structurelle de sa Bourse. Dans le même temps, la diplomatie sino-indienne se réchauffe alors que les tensions commerciales et technologiques sino-américaines persistent.
Reste désormais à observer, dans les prochaines semaines, si la séance en soirée coréenne parviendra effectivement à attirer les flux internationaux qu’elle vise et si l’Inde réussira à enrayer sa série de pertes hebdomadaires.
Longtemps cantonnés à l’univers des cryptoactifs, les stablecoins intéressent désormais les banques, les géants des paiements et les grandes entreprises technologiques.
Le marché mondial a dépassé 300 milliards de dollars en 2026, contre moins de 10 milliards six ans plus tôt, selon Christine Lagarde. Près de 90 % de ce marché reste concentré entre deuxémetteurs, Tether et Circle, très majoritairement libellés en dollars. La question n’est donc plus seulement technologique : elle devient monétaire etgéopolitique. Qui contrôlera les infrastructures de la monnaie numérique de demain, les banques centrales, les banques commerciales ou les acteurs privés ?
Une nouvelle bataille autour du dollar numérique
Le marché s’est longtemps structuré autour de Tether (USDT) et de l’USDC de Circle, un émetteur créant un jeton adossé à des réserves censées en garantir la stabilité. Mais une nouvelle génération de projets change la donne : Open USD (OUSD), lancé en juin 2026 par Open Standard, réunit déjà plus de 140 entreprises, dont Visa, Mastercard, Stripe, BlackRock, Coinbase et Google.
Contrairement à un émetteur unique, Open USD fonctionne comme une infrastructure commune : la frappe et le rachat des jetons sont gratuits, et l’essentiel des revenus des réserves est reversé aux partenaires. La bataille ne porte donc plus seulement sur la taille des stablecoins, mais sur la répartition de la valeur qu’ils génèrent.
Les banques centrales face à une nouvelle concurrence
Christine Lagarde reconnaît la croissance spectaculaire des stablecoins tout en pointant les risques pour la stabilité financière et la souveraineté monétaire, la BCE redoutant une «dollarisation numérique » de l’Europe.
Le mécanisme est simple : si particuliers et entreprises déplacent leurs liquidités des banques vers les stablecoins, les établissements bancaires perdent une source de financement, ce qui peut renchérir le crédit. La Banque des règlements internationaux (BRI) partage cette inquiétude : environ 98 % de la valeur des stablecoins est libellée en dollars,un facteur qui pourrait accentuer la dollarisation numérique dans certaines économies.
L’Europe cherche une troisième voie
Plutôt que d’interdire les stablecoins, l’Europe régule la monnaie privée via le règlement MiCA, qui impose aux émetteurs de constituer des réserves séparées et protégées, tout en développant sa propre monnaie publique numérique. La BCE vise une première émission de l’euro numérique en 2029, avec un projet pilote de 12 mois à partir de 2027 et 36 prestataires déjà sélectionnés. L’objectif n’est pas d’éliminer les solutions privées, mais de faire coexister monnaie publique et moyens de paiement privés, y compris via des transactions réglées en monnaie de banque centrale sur des infrastructures numériques (DLT).
Trois architectures en concurrence
Le stablecoin privé offre une infrastructure programmable et internationale, mais dépend de la qualité de ses réserves et de son cadre réglementaire. Le dépôt bancaire tokenisé conserve le lien avec le système bancaire tout en devenant numérique et programmable. La monnaie numérique de banque centrale, elle, reste une créance directe sur la banque centrale et pourrait servir d’ancre de confiance.
La BRI privilégie aujourd’hui les dépôts tokenisés pour les paiements courants, une manière de bénéficier de la tokenisation sans bouleverser les fondations du système monétaire existant.
Le véritable enjeu : qui captera la valeur ?
Les stablecoins ne sont plus de simples moyens de paiement : ils deviennent des infrastructures financières capables de générer des revenus, des commissions et des effets de réseau. Open USD pousse cette logique plus loin en redistribuant les revenus des réserves à l’écosystème qui contribue à son adoption.
La question n’est donc plus de savoir quel stablecoin est le plus utilisé, mais qui contrôlera l’infrastructure, les utilisateurs et les revenus de cette nouvelle économie monétaire numérique.
Vers une coexistence plutôt qu’une victoire absolue
Il serait prématuré d’annoncer la victoire des stablecoins ou celle des banques centrales. La BRI estimait le marché mondial à environ 315 milliards de dollars début avril 2026, mais leur usage réel dans les paiements du quotidien reste très inférieur à leurs volumes transactionnels globaux.
Le scénario le plus probable est celui d’une hybridation : les banques centrales fourniraient l’ancre monétaire, les banques commerciales conserveraient leur rôle dans le crédit, les stablecoins apporteraient des infrastructures programmables et transfrontalières, tandis que les entreprises technologiques assureraient la distribution.
Conclusion
La bataille des stablecoins ne se résume pas à un affrontement entre finance traditionnelle et cryptomonnaies : elle relance une question bien plus ancienne, celle du droit de créer et de contrôler la monnaie.
L’Europe défend sa monnaie publique numérique, les acteurs privés construisent des infrastructures mondiales autour du dollar, et les banques explorent les dépôts tokenisés. La prochaine révolution monétaire ne verra sans doute pas disparaître les banques centrales, mais les obligera à partager l’infrastructure monétaire avec des acteurs privés qu’elles n’avaient encore jamais eu à affronter à cette échelle. La véritable bataille ne sera peut-être pas celle du jeton le plus populaire, mais celle de l’infrastructure qui deviendra indispensable.
À 17 ans, Thierry Zhou affiche +50 % de gains, gère les investissements de sa famille et lance Finsteps, une appli gratuite d’éducation financière.
À seulement quelques années du bac, Thierry Zhou s’est déjà plongé dans un univers que beaucoup découvrent bien plus tard : celui des marchés financiers.
Depuis l’âge de 12 ans, il se forme seul à l’investissement et à l’analyse financière. Une passion née, paradoxalement, d’une mauvaise expérience familiale. « Ma mère avait essayé de faire du trading avec des effets de levier. Elle a tout perdu. Cela m’a beaucoup inspiré à vouloir comprendre ce qu’était réellement le levier, ce qu’était la Bourse et comment fonctionnaient les marchés », raconte-t-il.
Plutôt que de se détourner de la finance, cette expérience va déclencher chez lui une véritable curiosité. Dès ses années de collège, il commence à multiplier les recherches. Articles spécialisés, vidéos d’analyse, rapports financiers : Thierry Zhou apprend progressivement les mécanismes des marchés et développe une véritable culture économique en autodidacte. « Quand je rentrais du collège, je cherchais à répondre à toutes mes questions. Internet permet aujourd’hui d’avoir accès à énormément d’informations. »
Une formation autodidacte à l’économie et à la finance
Au fil des années, son intérêt dépasse rapidement la simple observation des cours de Bourse. Il se forme à la microéconomie, apprend à lire des rapports financiers et s’intéresse à l’analyse des modèles économiques des entreprises. Son univers d’investissement est également particulièrement large. Technologie, logiciels, énergie, nucléaire, pétrole ou encore industries manufacturières : il cherche avant tout à comprendre les secteurs dans lesquels il investit et les entreprises qui les composent.
Cette approche lui permet progressivement de prendre davantage de responsabilités dans la gestion des investissements de sa famille. « J’ai commencé à m’intéresser à l’investissement à 12 ans, mais j’ai réellement eu le contrôle des investissements de ma famille depuis trois ans », précise-t-il. Sur cette période, il affirme avoir obtenu près de 50 % de rendement cumulé, avec un portefeuille diversifié, en s’appuyant sur des investissements réalisés relativement tôt, tels que Nvidia, Palantir ou encore le Bitcoin.
Une performance qu’il présente toutefois comme le résultat d’un travail continu d’analyse plutôt que comme une recherche de gains rapides. « Je continue à analyser les marchés, à gérer les actifs et les allocations. » Finaliste national d’une compétition de politique monétaire, Génération euro de la Banque de France, le jeune investisseur a également été sélectionné à l’échelle nationale pour représenter la France lors des Jeux olympiques de l’Économie, une expérience qui lui a permis de porter son intérêt pour l’économie sur la scène internationale.
« J’ai eu l’honneur de représenter la France aux Jeux olympiques internationaux d’économie », explique-t-il avec fierté. Faire de l’éducation financière une priorité. C’est également dans cette logique de transmission qu’il développe aujourd’hui Finsteps, une application destinée à rendre l’apprentissage de l’investissement en Bourse accessible au plus grand nombre.
L’application est disponible sur l’App Store et bientôt sur le Play Store. Elle est gratuite et a vocation à le rester. Son principe : proposer de petites leçons et des exercices quotidiens pour permettre à chacun de se familiariser progressivement avec les mécanismes de l’investissement en Bourse. « Le but est de former tout le monde à investir en Bourse. C’est quelque chose qui est devenu indispensable aujourd’hui. »
Finsteps entend notamment aborder l’investissement en Bourse de long terme, l’étude des entreprises et des différents secteurs économiques, l’analyse des rapports financiers, les grands principes de l’économie ainsi que la construction d’un portefeuille boursier. Pour Thierry Zhou, l’enjeu est finalement aussi important que la performance financière elle-même : démocratiser une connaissance souvent réservée à ceux qui ont déjà été exposés à l’économie et aux marchés.
Après avoir commencé à s’intéresser à la Bourse depuis sa chambre, à l’âge de 12 ans, il souhaite désormais poursuivre son parcours de l’autre côté de l’Atlantique et explorer les opportunités offertes par les États-Unis. Une ambition internationale, mais avec une même conviction : comprendre son argent est la première étape pour apprendre à l’investir.
Effet de levier, holding de reprise, dette senior : voici le décryptage d’un mécanisme aussi puissant que risqué.
Il existe une opération financière qui fascine et dérange à parts égales : le LBO, ou Leveraged Buyout. En français, on appelle cela private equity, ou rachat par effet de levier. D’abord, l’idée consiste à racheter une entreprise en lui faisant financer elle-même son acquisition.
Ainsi, l’acheteur apporte une mise initiale limitée, emprunte le reste, et la cible rembourse la dette grâce aux profits générés. Comprendre le LBO, c’est comprendre une logique qui structure une large partie du capitalisme contemporain. Cela explique à la fois des succès stories et des faillites retentissantes.
Le principe : faire travailler le levier
Un leveraged buyout est une opération par laquelle un investisseur réalise l’acquisition d’une entreprise en se finançant pour partie en dette. Le financement partiel en dette permet à l’investisseur de maximiser le rendement du capital qu’il investit.
Prenons un exemple simple. Un fonds veut racheter une entreprise valorisée à 100. Il y investit 30 de ses propres fonds et emprunte 70. Cinq ans plus tard, l’entreprise a généré suffisamment de trésorerie pour rembourser la dette. Le fonds revend l’entreprise 130, soit un gain de 100 sur une mise de 30. Son capital a plus que triplé, alors que la valeur de l’entreprise n’a crû que de 30 %.
C’est l’effet de levier : l’endettement amplifie mécaniquement le rendement des capitaux propres investis.
Dans les conditions actuelles du marché, le levier financier peut atteindre, voire légèrement dépasser, cinq fois l’excédent brut annuel de l’entreprise. Autrement dit, une entreprise dégageant 20 millions d’EBITDA peut se retrouver portant jusqu’à 100 millions de dette d’acquisition. Tout l’enjeu est ensuite qu’elle génère suffisamment de cash pour honorer ses échéances sans mettre en péril son activité.
La structure : une holding au cœur du montage
Le LBO ne fonctionne pas en direct. Il passe par la création d’une société holding (souvent appelée NewCo) spécialement constituée pour l’opération. Le rachat est effectué par cette holding qui utilise l’endettement pour acquérir les titres de la société cible et en prendre le contrôle.
Concrètement, le fonds d’investissement apporte ses capitaux propres dans la holding. La holding emprunte le solde auprès de banques ou d’investisseurs spécialisés, puis rachète les titres de la cible. Une fois l’acquisition réalisée, la cible remonte ses bénéfices vers la holding, sous forme de dividendes, qui s’en sert pour rembourser la dette. L’acheteur n’emprunte donc jamais en son nom propre : la dette est logée dans la structure, ce qui protège les actionnaires au-delà de leur mise initiale.
Ce montage génère par ailleurs un avantage fiscal.
Les intérêts de la dette sont déductibles de l’impôt sur les sociétés de la holding.
De plus, le régime d’intégration fiscale permet, sous conditions, de consolider les résultats de la holding et de la cible.
La dette en couches : senior, mezzanine, unitranche
Tous les prêteurs ne se valent pas dans un LBO. La structuration de l’accord inclut plusieurs strates de dette, négociées pour garantir un montage financier optimal.
La dette senior est prioritaire : remboursée en premier en cas de difficulté, elle est donc moins risquée et moins chère. Elle représente généralement la part la plus importante du financement.
La dette mezzanine, subordonnée, supporte un risque plus élevé et se rémunère en conséquence par un taux d’intérêt plus fort, parfois assorti de bons de souscription d’actions.
La dette unitranche, plus récente, fusionne senior et mezzanine en un instrument unique, simplifiant la structure pour les opérations de taille intermédiaire.
La répartition entre fonds propres et dette varie selon les opérations et les conditions de marché. Le ratio d’endettement est généralement élevé, souvent compris entre 60 et 80 % de dettes et 20 et 40 % de capitaux propres. En période de taux bas, les prêteurs sont plus généreux et les leviers s’allongent. En période de resserrement monétaire, comme celui de 2022-2023, le coût de la dette augmente, les multiples se compriment, et certains montages deviennent intenables.
Qui fait un LBO, et sur quoi ?
Les acteurs du LBO sont principalement les fonds de private equity, des véhicules d’investissement qui lèvent des capitaux auprès d’institutionnels (fonds de pension, assureurs, family offices) pour les déployer dans des rachats d’entreprises non cotées. Si ces opérations étaient historiquement réservées aux investisseurs professionnels, il existe aujourd’hui différentes solutions permettant aux particuliers d’investir en private equity et de s’exposer au capital d’entreprises non cotées.
Mais il existe plusieurs variantes selon qui rachète :
Le MBO (Management Buyout) désigne le rachat de l’entreprise par son propre management, accompagné d’un fonds. C’est souvent le cas lors des cessions de filiales par des groupes industriels.
Le MBI (Management Buy-In) implique au contraire une équipe dirigeante extérieure qui vient prendre le contrôle avec l’appui d’un fonds.
L’OBO (Owner Buy-Out) permet à un dirigeant-actionnaire de monétiser une partie de son capital tout en restant aux commandes. C’est un mécanisme très prisé pour la transmission d’entreprises familiales.
Les entreprises matures et rentables représentent les meilleures cibles pour un LBO, avec des flux de trésorerie solides et stables dans le temps qui permettent une visibilité favorable pour rembourser la dette. On recherche donc des secteurs peu cycliques, des positions concurrentielles établies, et des besoins en investissement limités, pour que le cash généré aille en priorité rembourser les créanciers plutôt que financer des investissements lourds.
Deux exemples aux destins opposés
Hilton Hotels par Blackstone (2007). Le rachat du groupe hôtelier américain pour 26 milliards de dollars, en pleine euphorie du crédit, constitue l’un des LBO les plus étudiés de l’histoire.
La crise de 2008 a frappé de plein fouet le secteur touristique, et plusieurs partenaires financiers du deal, dont Lehman Brothers, ont fait faillite. Blackstone a néanmoins restructuré la dette avant la cessation de paiements, accompagné le management dans une refonte opérationnelle profonde et finalement revendu Hilton en réalisant une plus-value historique. Bloomberg a qualifié l’opération de « best LBO ever ».
La leçon : même dans un contexte catastrophique, un bon management et une gestion disciplinée de la dette peuvent sauver un LBO.
Vivarte et Camaïeu, le revers de la médaille. Camaïeu a subi deux LBO successifs en 2005 et en 2007. Le groupe Vivarte a suivi une trajectoire parallèle avec des montages LBO en 2004 et en 2007. Dans les deux cas, ces opérations ont créé un déséquilibre structurel profond accroissant leur probabilité de faillite.
Vivarte a accumulé jusqu’à 2,8 milliards d’euros de dette avant de frôler la disparition en 2017. Camaïeu a définitivement mis la clé sous la porte en 2022. Les LBO successifs ont repoussé l’échéance sans résoudre le problème de fond, et la moindre turbulence économique a suffi à provoquer l’effondrement.
Le marché du LBO aujourd’hui
Le private equity en France a investi 26 milliards d’euros en 2024, soit +16 % par rapport à 2023. Le rebond a été net après le coup de frein de 2022-2023.
Il est porté par la baisse progressive des taux directeurs et le retour des grandes opérations. À l’échelle mondiale, les transactions du secteur ont atteint près de 900 milliards de dollars en 2025, largement portées par les États-Unis. Selon France Invest, le capital-investissement français affiche un taux de rendement interne net de 12,4 % par an sur dix ans.
Mais le secteur fait face à un défi structurel : près d’un millier d’entreprises détenues par des fonds, valorisées chacune à plus d’un milliard d’euros, restent en portefeuille depuis plus de six ans, pour une valeur cumulée dépassant 3 000 milliards de dollars. Ce stock d’actifs non cédés pèse sur la liquidité du marché et oblige les fonds à innover dans leurs stratégies de sortie.
Ce que le LBO révèle du capitalisme contemporain
Le LBO cristallise, mieux que tout autre outil financier, la tension entre création de valeur et extraction de valeur. Quand il fonctionne, il permet à des entrepreneurs de transmettre leur entreprise, à des managers de prendre le contrôle de leur destin, et à des fonds de financer la croissance d’ETI qui n’auraient pas accès aux marchés financiers. Une étude portant sur près de 450 opérations de LBO françaises a identifié que la croissance de l’EBITDA est responsable de deux tiers de la création de valeur, ce qui réfute l’idée que le LBO se résumerait à de l’ingénierie financière.
Quand il échoue, il laisse des entreprises exsanguëes, incapables d’investir, vulnérables aux chocs économiques. Les contraintes liées au remboursement de la dette d’acquisition ont privé Toys’R’Us des ressources nécessaires au financement de ses investissements à long terme. Il n’a pu ainsi négocier le virage du numérique et a perdu de précieuses parts de marché au profit d’Amazon.
La vérité est qu’un LBO n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un outil puissant, dont le résultat dépend de la qualité de la cible, de la discipline du montage et de la solidité de l’équipe dirigeante. Comme tous les leviers, il amplifie autant les succès que les échecs.
Sources
Société Générale, Lexique financier — Acquisition à effet de levier (LBO)
Banque de France, Fiche thématique — Les montages à effet de levier LBO
France Invest / EY, Étude annuelle sur la création de valeur dans le capital-investissement français (2024)
C’est une idée profondément ancrée chez des millions d’investisseurs. Depuis des décennies, la Bourse est présentée comme l’un des meilleurs moyens de construire un patrimoine.
Des investisseurs célèbres comme Warren Buffett sont devenus milliardaires grâce aux marchés financiers, tandis que des entreprises comme Apple, Microsoft ou Amazon ont transformé de simples actionnaires en millionnaires. Sur les réseaux sociaux, les promesses sont nombreuses : « Investissez chaque mois dans un ETF et laissez votre argent travailler pour vous. »
À première vue, cela semble évident. Les grands indices boursiers montent depuis des décennies et les statistiques montrent que les actions offrent de meilleurs rendements que la plupart des autres placements.
Mais une question mérite d’être posée. La Bourse rend-elle réellement les investisseurs plus riches ? Ou ne fait-elle que refléter la richesse créée ailleurs ? Pour répondre à cette question, il faut comprendre ce qu’est réellement la Bourse et pourquoi elle existe.
Avant de continuer, un grand merci à notre sponsor Trade Republic pour son soutien 🤝
Lorsqu’on pense à la Bourse, une image revient presque toujours : Wall Street. Cette célèbre rue de Manhattan, à New York, abrite notamment la Bourse de New York (NYSE), créée à la fin du XVIIIᵉ siècle. Au fil des décennies, Wall Street est devenue le centre financier le plus influent du monde.
Chaque jour, des milliers de milliards de dollars y changent de mains. Des investisseurs particuliers, des fonds de pension, des banques, des assureurs et des entreprises y achètent ou vendent des actions.
Pour beaucoup, Wall Street représente le lieu où se crée la richesse. Pourtant, cette vision est trompeuse. Wall Street ne fabrique pas d’argent.
Elle met simplement en relation des entreprises qui recherchent des financements et des investisseurs prêts à leur confier leur capital.
Autrement dit, la Bourse est un immense marché où s’échangent des parts d’entreprises.
Pourquoi la Bourse existe-t-elle ?
Pour comprendre pourquoi la Bourse peut enrichir les investisseurs, il faut revenir à son rôle initial. Imaginons une entreprise qui souhaite construire une nouvelle usine.
Elle a besoin de plusieurs milliards d’euros.
Deux solutions s’offrent à elle :
emprunter auprès des banques ;
vendre une partie de son capital à des investisseurs.
En entrant en Bourse, l’entreprise peut lever d’importantes sommes d’argent afin de financer sa croissance. En échange, les investisseurs deviennent copropriétaires de l’entreprise.
Ils participent alors à ses réussites… mais aussi à ses difficultés. La Bourse est donc avant tout un outil de financement de l’économie réelle.
La Bourse ne crée pas directement de richesse
C’est probablement la plus grande confusion. Beaucoup pensent que la hausse des marchés crée de l’argent. En réalité, la Bourse ne produit rien.
Elle ne fabrique ni voitures, ni logiciels, ni médicaments. Ce sont les entreprises qui créent la richesse.
Elles développent des produits.
Elles innovent.
Elles recrutent.
Elles vendent leurs services dans le monde entier.
Elles réalisent des bénéfices.
Lorsque ces bénéfices augmentent durablement, les investisseurs acceptent de payer plus cher les actions. La hausse des marchés est donc une conséquence de la création de valeur par les entreprises. Et non l’inverse.
Pourquoi les actions prennent-elles de la valeur ?
Une entreprise peut accroître sa valeur de nombreuses façons.
Elle peut :
augmenter ses ventes ;
améliorer sa rentabilité ;
lancer un produit révolutionnaire ;
conquérir de nouveaux marchés ;
réaliser des acquisitions ;
réduire ses coûts ;
racheter ses propres actions ;
verser des dividendes.
Toutes ces décisions peuvent augmenter les bénéfices futurs. Or, une entreprise capable de gagner davantage d’argent vaut généralement plus cher. C’est cette progression qui fait monter le cours de l’action.
Les entreprises les plus performantes ont créé une richesse immense
L’histoire des marchés financiers est avant tout l’histoire de grandes entreprises. Apple est passée d’une petite société informatique à l’une des entreprises les plus valorisées au monde.
Microsoft domine le marché des logiciels depuis plusieurs décennies. Amazon a profondément transformé le commerce. Nvidia est devenue incontournable dans les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle. LVMH est devenu le leader mondial du luxe.
Ces entreprises ont créé des milliers de milliards d’euros de valeur économique. Leurs actionnaires en ont naturellement bénéficié. La richesse provient donc de leur capacité à innover et à développer leurs activités.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes
Depuis près d’un siècle, les actions figurent parmi les placements les plus performants. Le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines, a généré un rendement annuel moyen d’environ 10 % par an, dividendes réinvestis. Après inflation, cela représente environ 7 % de rendement réel.
Pour mieux comprendre la puissance du temps, prenons un exemple.
Un investissement de 10 000 € placé pendant 40 ans avec un rendement annuel moyen de 10 % atteindrait environ 452 000 €.
Les intérêts composés jouent ici un rôle essentiel. Chaque gain produit à son tour de nouveaux gains. Au fil des décennies, cette croissance devient exponentielle.
Pourtant, beaucoup d’investisseurs ne profitent pas de cette performance
Voici le paradoxe. Alors que les marchés ont historiquement progressé sur le long terme, une grande partie des investisseurs obtient des résultats bien inférieurs.
Pourquoi ?
Parce que leurs émotions prennent souvent le dessus.
Ils vendent lors des krachs.
Ils achètent après plusieurs années de hausse.
Ils essaient de prévoir les marchés.
Ils changent constamment de stratégie.
Ils recherchent l’action miracle.
En réalité, le principal obstacle n’est souvent pas la Bourse. C’est le comportement de l’investisseur.
Wall Street a aussi connu de nombreuses crises
On oublie souvent que la Bourse traverse régulièrement des périodes difficiles. En 1929, Wall Street s’effondre et provoque la Grande Dépression. En 1987, le « Lundi noir » voit les marchés chuter de plus de 20 % en une seule séance. En 2000, la bulle Internet éclate. En 2008, la crise des subprimes entraîne une chute des marchés mondiaux. En 2020, la pandémie de Covid-19 provoque l’un des krachs les plus rapides de l’histoire.
À chaque fois, beaucoup pensent que la Bourse est définitivement condamnée. Pourtant, les marchés ont toujours fini par retrouver leurs plus hauts niveaux. Non pas parce que les investisseurs étaient optimistes. Mais parce que les entreprises ont continué à produire, innover et générer des bénéfices.
Les intérêts composés : le véritable moteur
La plupart des investisseurs surestiment l’importance du rendement annuel. Ils sous-estiment en revanche l’importance du temps.
Investir pendant cinq ans ne produit généralement pas de résultats spectaculaires. Investir pendant trente ou quarante ans change complètement la donne. Plus le temps passe, plus les intérêts composés accélèrent la croissance du patrimoine. C’est pourquoi les investisseurs les plus performants sont souvent ceux qui restent investis le plus longtemps.
La Bourse n’est pas sans risque
Investir en actions comporte des risques. Le marché peut perdre 10 %, 20 % ou même 50 % sur une courte période. Certaines entreprises peuvent faire faillite. D’autres ne retrouveront jamais leur niveau passé. C’est pourquoi la diversification est essentielle.
Détenir un ETF mondial ou un portefeuille diversifié permet de réduire le risque lié à une entreprise ou à un secteur particulier. La patience est également indispensable. Les investisseurs qui paniquent à chaque correction risquent de vendre au pire moment.
Alors, la Bourse nous rend-elle vraiment plus riches ?
La réponse est oui, mais pas pour les raisons que beaucoup imaginent.
La Bourse ne crée pas de richesse par magie. Elle permet simplement aux investisseurs de devenir copropriétaires d’entreprises qui créent de la valeur. Lorsque ces entreprises innovent, augmentent leurs bénéfices et développent leurs activités, leurs actionnaires en récoltent les fruits.
Autrement dit, la Bourse est un formidable outil pour participer à la croissance de l’économie mondiale.
Mais elle ne garantit pas l’enrichissement. Les résultats dépendent du temps, de la discipline, de la diversification et de la capacité à rester investi malgré les périodes de turbulences.
Au final, la vraie question n’est donc pas :
« La Bourse rend-elle riche ? »
La vraie question est plutôt :
« Êtes-vous prêt à devenir propriétaire des entreprises qui construiront l’économie de demain… et à leur laisser suffisamment de temps pour créer de la valeur ? »
Car, sur le long terme, ce ne sont ni Wall Street ni les fluctuations quotidiennes des marchés qui enrichissent les investisseurs. Ce sont les entreprises capables d’innover, de produire, de s’adapter et de créer durablement de la richesse.