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Au-delà du Livret A et des ETF : le prêt participatif peut-il trouver sa place dans un portefeuille d’investissement ?

Pour de nombreux épargnants français, la stratégie d’investissement repose souvent sur deux piliers : le Livret A, pour la sécurité et la disponibilité de l’épargne, et les ETF, pour faire fructifier son capital sur le long terme.

Cette approche reste pertinente. Le Livret A offre une sécurité appréciable pour l’épargne de précaution, tandis que les ETF permettent de s’exposer à la croissance des marchés financiers avec une forte diversification.

Mais lorsque les taux des livrets restent relativement faibles, le Livret A affiche un taux de 1,50 % (mai 2026), certains investisseurs cherchent à compléter leur portefeuille avec des actifs susceptibles de générer des revenus plus réguliers, indépendamment des fluctuations boursières.

Parmi les solutions qui gagnent progressivement en visibilité figure l’investissement dans des prêts, également appelé P2P Lending (Peer-to-Peer Lending) ou investissement dans des créances.

Le principe : investir dans des prêts plutôt que dans des actions

Contrairement à un investissement en Bourse où l’on achète une part d’une entreprise, le P2P Lending consiste à financer des prêts accordés à des particuliers ou à des entreprises.

En échange, l’investisseur perçoit des intérêts au fur et à mesure du remboursement du prêt.

Dans la majorité des plateformes européennes, des établissements spécialisés (appelés loan originators) distribuent les prêts. La plateforme met ensuite en relation ces acteurs avec les investisseurs, qui peuvent sélectionner les prêts auxquels ils souhaitent participer.

Il est important de comprendre qu’il ne s’agit ni d’un compte d’épargne, ni d’un produit garanti.

Le capital investi peut être perdu partiellement ou totalement. Cette classe d’actifs doit davantage être considérée comme une poche de rendement, venant compléter un portefeuille déjà composé d’épargne de sécurité et d’investissements en actions.

Autrement dit, il ne s’agit pas de remplacer un Livret A ou des ETF, mais éventuellement d’ajouter une source potentielle de revenus supplémentaire pour une partie limitée du patrimoine.

Pourquoi les rendements sont-ils souvent plus élevés ?

Les plateformes de prêts affichent parfois des rendements nettement supérieurs à ceux des livrets réglementés.

Cela ne signifie pas que le produit est « meilleur ».

Un rendement plus élevé est simplement la rémunération d’un risque plus important.

Lorsque vous placez votre argent sur un Livret A, votre capital est garanti par l’État français et votre argent reste disponible.

Avec le P2P Lending, plusieurs risques existent :

  • le risque que l’emprunteur ne rembourse pas son prêt ;
  • le risque lié à l’établissement qui a accordé le prêt (loan originator) ;
  • le risque de liquidité si vous souhaitez récupérer votre argent avant l’échéance ;
  • le risque lié à la plateforme elle-même.

C’est pourquoi il est impossible de comparer directement un rendement annoncé de 10 % ou 12 % avec le taux du Livret A.

Les deux produits répondent à des objectifs totalement différents.

Les questions à se poser avant d’investir

Avant d’ouvrir un compte sur une plateforme de prêts, plusieurs éléments méritent d’être étudiés.

L’investisseur devrait notamment vérifier :

  • la durée moyenne des prêts ;
  • les modalités de remboursement ;
  • ce qu’il se passe en cas de retard de paiement ;
  • l’existence éventuelle d’un mécanisme de rachat (Buyback Obligation) ;
  • l’identité et la solidité financière de l’organisme qui s’engage à ce rachat ;
  • les possibilités de revendre son investissement avant l’échéance ;
  • le niveau de diversification proposé ;
  • le cadre réglementaire de la plateforme.

Comme pour n’importe quel investissement, la diversification joue un rôle essentiel.

Répartir son capital sur plusieurs dizaines, voire centaines de prêts permet de limiter l’impact d’un éventuel défaut de remboursement. Diversifier entre plusieurs établissements prêteurs et plusieurs pays peut également réduire le risque de concentration, sans toutefois l’éliminer.

Exemple : comment fonctionne Hive5 ?

Parmi les plateformes européennes spécialisées figure Hive5.

Son fonctionnement est relativement simple : la plateforme n’accorde pas directement les prêts.

Elle met en relation des investisseurs avec différents établissements prêteurs européens qui proposent leurs créances via la plateforme.

Les investisseurs peuvent sélectionner eux-mêmes les prêts ou utiliser Auto Invest, un outil permettant d’investir automatiquement selon des critères définis à l’avance (durée, taux, montant investi, établissements prêteurs, etc.).

L’un des atouts mis en avant par Hive5 est son ticket d’entrée relativement faible : il est possible d’investir à partir de 10 €.

La plateforme propose également de nombreux prêts de courte durée (souvent entre 30 et 90 jours) ainsi que des financements d’entreprises avec des maturités plus longues.

Le mécanisme de Buyback Obligation

Hive5 met également en avant un mécanisme appelé Buyback Obligation.

Concrètement, lorsqu’un prêt accuse plus de 60 jours de retard, l’établissement prêteur s’engage contractuellement à racheter le prêt ainsi que les intérêts accumulés.

Il est toutefois essentiel de comprendre que ce mécanisme ne constitue pas une garantie.

Son efficacité dépend entièrement de la capacité financière de l’établissement prêteur à honorer cet engagement.

En cas de difficultés financières de ce dernier, cette protection peut devenir inefficace.

Elle ne protège pas davantage contre une éventuelle défaillance de la plateforme.

Un point important : le statut réglementaire

Les investisseurs doivent également être attentifs au cadre réglementaire.

Hive5 indique elle-même ne pas être agréée comme prestataire de services financiers au sens de la réglementation européenne et ne dispose pas d’une licence européenne ECSPR (European Crowdfunding Service Provider).

Cela signifie que les protections applicables à certains établissements financiers réglementés, comme les mécanismes de garantie des dépôts ou d’indemnisation des investisseurs, ne s’appliquent pas.

Il s’agit d’un élément important à prendre en compte dans son analyse du risque.

La liquidité reste limitée

Même lorsqu’un prêt dure seulement quelques semaines, il ne faut pas l’assimiler à de l’argent disponible sur un compte bancaire.

Dans la plupart des cas, l’investisseur devra attendre l’échéance pour récupérer son capital.

Hive5 a annoncé le développement d’un marché secondaire, dont le lancement est prévu courant septembre 2026.

L’objectif est de permettre aux investisseurs de revendre certains prêts avant leur échéance.

Toutefois, cette possibilité dépendra de la présence d’acheteurs, des règles de fonctionnement du marché secondaire et des conditions de la plateforme.

La liquidité ne pourra donc jamais être considérée comme garantie.

Les principaux risques

Comme tout investissement, cette classe d’actifs comporte plusieurs risques :

  • défaut de paiement des emprunteurs ;
  • défaillance d’un établissement prêteur ;
  • inefficacité du mécanisme de Buyback ;
  • difficultés ou faillite de la plateforme ;
  • faible liquidité avant l’échéance ;
  • absence de garantie publique sur le capital ;
  • risque de concentration si l’investissement est réalisé sur une seule plateforme ou un seul établissement.

Une règle simple consiste à n’investir que des sommes dont on n’aura pas besoin à court terme et que l’on est prêt à immobiliser jusqu’à l’échéance des prêts.

Une approche prudente pour débuter

Pour les investisseurs qui souhaitent découvrir cette classe d’actifs, la meilleure démarche consiste d’abord à comprendre son fonctionnement.

Prendre le temps d’étudier les différents prêts proposés, les établissements prêteurs, les durées, les mécanismes de protection ainsi que le cadre réglementaire permet de mieux mesurer les risques avant d’investir.

Le P2P Lending peut ensuite trouver sa place comme une poche de diversification au sein d’un portefeuille plus large, sans pour autant remplacer l’épargne de précaution ou les investissements en actions.

Conclusion

L’investissement dans les prêts constitue une classe d’actifs à part entière.

Son intérêt réside principalement dans la possibilité de générer des revenus potentiellement plus réguliers tout en offrant une diversification supplémentaire.

En contrepartie, il implique des risques nettement plus élevés qu’un Livret A ou qu’un compte d’épargne classique.

La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut remplacer son Livret A ou ses ETF, mais plutôt de déterminer si une petite poche de rendement, adaptée à son profil de risque et correctement diversifiée, peut avoir sa place dans son portefeuille.

Cet article est réalisé dans le cadre d’une collaboration commerciale avec Hive5. Il est fourni uniquement à des fins d’information et d’éducation financière et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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PEA : L’outil d’épargne le plus mal compris des français ? 

Avec plus de 7 millions de plans ouverts, le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est loin d’être un produit confidentiel. Pourtant, il reste largement sous-utilisé par rapport à d’autres solutions d’épargne comme le Livret A.

Alors que près de 470 milliards d’euros dorment encore sur les comptes courants des Français, le PEA apparaît comme un outil particulièrement intéressant pour investir sur le long terme tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux.

Pour mieux comprendre les freins, les opportunités et les évolutions autour du PEA, Parlons Finance a rencontré le Directeur France de XTB, Daniel Gravier. Ensemble, nous avons abordé les idées reçues, la fiscalité, les erreurs fréquentes des investisseurs ainsi que la vision de XTB pour démocratiser l’investissement en France.

Le PEA existe depuis longtemps, pourtant il reste peu utilisé. Pourquoi autant de Français passent encore à côté du PEA aujourd’hui ?

Avec environ 7,2 millions de plans ouverts en France, le PEA est loin d’être un outil délaissé par les épargnants.

Toutefois, la comparaison avec le Livret A reste frappante : le nombre de livrets ouverts est bien supérieur (58 millions de livrets), et surtout, le montant total des encours en 2024 sur le Livret A (432 milliards d’euros) écrase celui du PEA (114 milliards d’euros).

Un autre indicateur est particulièrement révélateur : selon les dernières données, les Français conservent 470 milliards d’euros qui ne sont absolument pas investis et qui dorment sur des comptes courants.

Le véritable frein ne réside donc pas dans le PEA lui-même, mais dans une problématique plus globale : le rapport complexe des Français à la gestion active de leur patrimoine.

Beaucoup pensent que le PEA est réservé aux investisseurs « experts ». Est-ce une idée reçue ? À qui s’adresse réellement le PEA ?

Absolument pas.

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est un outil accessible à tous, conçu pour encourager le plus grand nombre à investir dans des titres européens et ainsi soutenir l’économie réelle.

Il permet d’investir dès quelques euros sur des actions ou des ETF, et son utilisation ne nécessite pas forcément des connaissances techniques avancées.

L’investisseur reste autonome dans le choix de ses titres, qu’ils soient plus ou moins volatils selon son profil et ses objectifs.

Son principal atout demeure son avantage fiscal : après cinq ans de détention, les gains réalisés sont exonérés d’impôt sur le revenu.

Entre PEA, assurance-vie et compte-titres, comment expliquer simplement le rôle du PEA dans une stratégie d’investissement ?

Parmi ces trois enveloppes d’investissement, deux éléments sont essentiels : la fiscalité et les limites de dépôt.

L’assurance-vie et le PEA permettent toutes deux de bénéficier d’avantages fiscaux, que ce soit pour l’investissement ou la transmission patrimoniale.

Le PEA est toutefois plafonné à 150.000 euros de versements.

Le compte-titres offre quant à lui une liberté totale, sans plafond ni restriction particulière sur les actifs investissables.

Le PEA représente ainsi un excellent compromis : il combine la souplesse d’investissement d’un compte-titres avec une fiscalité avantageuse proche de celle de l’assurance-vie.

Pour de nombreux épargnants, il constitue un pilier incontournable dans la construction d’un patrimoine financier.

D’un point de vue fiscal, le PEA est souvent présenté comme très avantageux. Quels sont ses vrais atouts, mais aussi ses limites ?

Le principal avantage du PEA réside dans sa fiscalité.

Après cinq ans de détention, les gains réalisés, y compris les dividendes, sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.

Un point souvent méconnu : le délai de cinq ans démarre à la date du premier versement et non à la date d’ouverture du compte.

Le dispositif comporte néanmoins certaines limites :

  • Un univers d’investissement restreint à des actifs éligibles.
  • Un plafond de versement fixé à 150.000 euros.

Malgré ces contraintes, le PEA demeure l’un des outils les plus efficaces pour investir sur le long terme.

Le PEA souffre parfois d’une image « rigide » ou « complexe ». Qu’est-ce qui freine concrètement les investisseurs ?

La principale difficulté concerne aujourd’hui le transfert d’un PEA existant entre deux établissements financiers.

En l’absence de délai réglementaire précis, les transferts peuvent parfois s’avérer longs et complexes.

Pour les nouveaux investisseurs, en revanche, l’ouverture d’un PEA est devenue relativement simple, notamment grâce aux plateformes en ligne qui ont largement simplifié les démarches.

XTB a lancé un PEA à 0 % de commission. Pourquoi ce choix ?

Le PEA existe depuis plus de trente ans et est déjà détenu par plusieurs millions de Français.

Pourtant, il reste encore largement sous-utilisé.

Face à ce constat, XTB a souhaité proposer une offre particulièrement compétitive afin de favoriser son adoption.

Cette stratégie semble porter ses fruits puisque plus de 10.000 nouveaux PEA ont été ouverts chez XTB un an seulement après son lancement.

L’objectif est clair : démocratiser l’investissement en bourse grâce à un produit simple, accessible et fiscalement attractif.

En quoi le PEA XTB se différencie-t-il des offres des banques traditionnelles ?

Le premier élément différenciant est sa tarification particulièrement compétitive.

XTB mise également sur une application intuitive permettant aux nouveaux investisseurs de naviguer facilement parmi les différents produits financiers.

L’entreprise met également en avant un accompagnement humain avec des équipes joignables par téléphone et la possibilité de rencontrer des conseillers dans ses bureaux parisiens.

Pour quelqu’un qui ouvre un PEA aujourd’hui, par où commencer ?

XTB ne fournit pas de conseils en investissement.

Toutefois, tout investisseur devrait commencer par définir ses objectifs personnels :

  • Les secteurs qui l’intéressent.
  • Les zones géographiques qu’il souhaite privilégier.
  • Son horizon d’investissement.
  • Son niveau de tolérance au risque.

L’essentiel reste de construire une diversification cohérente, basée sur de véritables convictions d’investissement.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes commises par les particuliers ?

Selon XTB, la principale difficulté est psychologique.

De nombreux investisseurs imaginent que passer un premier ordre en bourse est compliqué.

Dans la réalité, l’opération est souvent aussi simple qu’effectuer un virement bancaire ou ajouter un bénéficiaire sur son compte.

La plupart des investisseurs réalisent ensuite que la difficulté était davantage mentale que technique.

Et beaucoup regrettent finalement de ne pas avoir commencé plus tôt.

Dans un contexte économique incertain, le PEA reste-t-il pertinent ?

Oui, plus que jamais.

Pour le Directeur France de XTB, le PEA demeure un outil incontournable dans toute stratégie patrimoniale de long terme.

Son avantage fiscal constitue à lui seul un argument majeur.

Mais il offre également une grande flexibilité : rien n’oblige l’investisseur à investir immédiatement l’intégralité de son capital.

Chacun peut avancer à son rythme et saisir les opportunités lorsque les conditions de marché lui paraissent favorables.

Conclusion

Alors que des centaines de milliards d’euros restent aujourd’hui non investis sur les comptes courants des Français, le PEA apparaît comme l’un des véhicules les plus efficaces pour préparer son avenir financier. Accessible, fiscalement avantageux et adapté à une stratégie de long terme, il reste pourtant méconnu ou mal compris par une grande partie de la population.

Comme le rappelle le Directeur France de XTB au cours de cet entretien, le plus difficile n’est souvent pas d’investir… mais de faire le premier pas.