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Invest #4 : Qu’est-ce que le Short Squeeze ?

Depuis janvier, une bataille féroce est engagée sur les marchés financiers entre certains gestionnaires de fonds et des investisseurs particuliers. La raison du conflit ? La vente à découvert ou « short selling » menée sur des entreprises en difficulté. 

Pour comprendre ce que veut dire « shorter », vous devez accepter l’idée qu’il est possible de gagner de l’argent sur la baisse du prix d’une action. Ces opérations sont réalisables grâce aux produits dérivés dont sont friands certains Hedge funds.  

En effet, la liquidation forcée (Short Squeeze) des positions courtes peut devenir un cauchemar pour les vendeurs à découvert à moins qu’ils ne réagissent très rapidement … 

Concrètement, le shorteur prendra le pari que l’entreprise X verra la valeur de son action en bourse chuter (ses anticipations peuvent être justifiées, ou non). Son principal souci est qu’il ne possède pas d’action X. Il va donc les emprunter auprès d’un actionnaire de l’entreprise, et lui promet de les lui rendre à une date future.

Dès réception, le Shorter vendra immédiatement ces titres au prix du marché et attendra sagement qu’elles perdent de la valeur, avant de les racheter et ainsi rembourser sa dette. Les deux acteurs sont alors satisfaits, le Shorter a réalisé un gain et l’actionnaire détient toujours des titres de l’entreprise. 

Le short squeeze intervient lorsque le prix de l’action va dans le sens opposé au scénario imaginé. Une telle situation, qui peut être provoquée par d’autres investisseurs, représente un danger pour le shorteur qui doit rapidement couper ses positions afin d’éviter de lourdes pertes. Car attention, si la plus-value a une limite (l’action ne peut pas aller au-dessous de zéro), la moins-value, elle, n’en a pas ! 

Exemple de Volkswagen et Tesla :

Un exemple connu par la plupart des financiers s’est déroulé durant le mois d’octobre 2008, lorsque le cours de l’action VW avait quintuplé en seulement deux jours, passant de 210 € à 1 000 €. Porsche avait annoncé avoir gagné 74 % du contrôle des part de votes de Volkswagen, ce qui a entraîné une forte hausse du cours de son action, les vendeurs à découvert étant alors forcés de payer 1 005 € par action pour clôturer leurs positions.

Plus récemment, le cours de l’action Tesla a également fait l’objet d’un short squeeze début 2020. Plus tôt, les actions du constructeur électrique américain étaient les actions les plus vendues à découvert sur le Nasdaq, mais plusieurs nouvelles positives, notamment des résultats du quatrième trimestre supérieurs aux attentes, a entraîné une hausse des cours de l’action atteignant plus de 850$.

Inutile de préciser que les pertes des vendeurs à découvert ont l’inconvénient de pouvoir devenir exponentielles durant la liquidation forcée des positions courtes, et les gains pour ceux ayant une position longue peuvent permettre de ne plus jamais travailler à vie …

Par KAZKONDU Timur et NAQI Hamza

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Investir#3: La création de son portefeuille

Dans les articles précédents, nous avions jugé bon de vous rappeler les principales notions utiles à la compréhension des marchés financiers ainsi que les questions à se poser avant d’investir.

Si vous faites partie des personnes ayant les ressources suffisantes et une bonne raison de vous lancer, vous pouvez enfin envisager la construction de votre portefeuille.  

Celle-ci démarrera avec le choix des actifs qui composeront votre « panier ». Ils peuvent être sélectionnés sur base de nombreux critères, mais nous nous focaliserons sur trois que nous pensons essentiels : le rendement attendu, la diversification et le temps nécessaire à la gestion. 

1) Le rendement attendu

Il existe sur les marchés de nombreux produits financiers dont la rémunération varie. Souvenez-vous que le rendement va de pair avec le risque ! Dès lors, allez-vous opter pour des actions, plus risquées, mais plus rentables, ou des obligations, plus sécurisées, mais moins rémunératrices ? Analysons d’abord le rendement de ces deux piliers de l’investissement.

L’intérêt des actions négociées en bourse tient avant tout dans la plus-value que vous pourrez réaliser si le marché valorise le titre à la hausse. L’annonce de bonnes nouvelles, comme des résultats supérieurs aux attentes, est un exemple de ce qui peut faire bouger le prix. De plus, l’entreprise peut également verser une partie de ses bénéfices sous forme de dividendes, ce qui sera pour vous une double récompense. À l’inverse, une mauvaise année sera synonyme de baisse sur les marchés ou d’absence de dividendes. Si vous vous lancez sur ce terrain, soyez lucide sur la valorisation affichée, tout particulièrement si le prix de l’action décolle sans avoir de réelles explications. 

Astuce : Une bulle se forme lorsque le titre s’échange à une valeur de plus en plus excessive par rapport à sa valeur intrinsèque. Si celle-ci double en l’espace d’une semaine, demandez-vous si l’entreprise a réellement de quoi justifier les attentes. Si la réponse est négative, agissez avec précaution.

Les obligations, quant à elles, apportent une stabilité dans votre portefeuille. Certaines entreprises ont besoin de liquidités pour se développer, mais ne souhaitent pas diluer l’actionnariat à la tête. Pour cela, elles émettent des obligations avec une promesse de remboursement à l’échéance suivie d’une rémunération fixe ou variable. Pour vous, les performances boursières importent peu, seule la capacité de l’entreprise à vous honorer sa dette compte. Cependant, le risque zéro n’existe pas et vous devrez choisir avec parcimonie à qui prêter. Le taux d’intérêt, qui déterminera le rendement de votre obligation, dépendra du taux sans risque et de la prime de risque. 

Sources: NYU Stern School of Business (données), The balance (graphique)

Le graphique ci-dessus compare les rendements du marché des actions (S&P 500) et du marché obligataire (entreprises au rating Baa) depuis 1928. Nous pouvons constater que les deux actifs répondent aux attentes. Le marché des actions, très volatil, permet de gains plus élevés en période de croissance économique, mais accuse également de lourdes pertes en période de récession (comme en 2000 et 2008). De son côté, les obligations garantissent un rendement plus faible, mais plus stable que les actions. Celles-ci peuvent aussi chuter lors de grandes crises (1929).

2) La diversification

L’expression « ne pas mettre tous les œufs dans le même sac » prend tout son sens lorsque l’on souhaite constituer son portefeuille. Diversifier est la règle de base pour éviter un impact significatif d’une poignée de positions. 

Cette répartition ne porte pas uniquement sur les catégories d’actifs (actions, obligations, matières premières, options, etc.), mais également sur les sous-catégories de chaque produit financier. Par exemple, vous pourriez investir 50 % de vos liquidités dans des actions, elles-mêmes réparties dans plusieurs thèmes (technologies, soins de santé, marchés émergents, etc.). Une petite partie peut être consacrée à des actifs plus « exotiques » comme les cryptomonnaies ou produits dérivés. 

Les gestionnaires de fonds utilisent ce principe pour créer leurs portefeuilles. Ils les répartissent en trois grandes catégories, dont la dénomination peut varier d’un organisme à une autre. 

Un portefeuille défensif, ou conservateur, prônera avant tout la sécurité tout en prenant un minimum de risque. Il sera composé en grande partie d’obligations, ira chercher du rendement grâce aux actions et laissera une partie en liquidités, pour assurer la stabilité.

Un portefeuille équilibré, ou balancé, visera une proportion 50-50 entre les principaux actifs. Il pourra pencher en faveur des actions lorsque le marché est haussier ou en faveur des obligations lorsque le marché subit une correction. Cette flexibilité doit pouvoir être possible avec une certaine réserve de liquidités.

Enfin, le portefeuille dynamique, ou de croissance, se focalisera sur un rendement supérieur. Pour cela, il intégrera une grande partie d’actions tout en maintenant une partie obligataire.

Bien que votre choix dépende avant tout de votre sensibilité au risque, votre âge peut également être un critère de sélection. Les plus jeunes peuvent se permettre d’investir en action, car leur horizon leur permet d’effacer les éventuelles pertes subies. À l’inverse, les personnes âgées, dont les revenus se sont stabilisés, favoriseront la perception de coupons réguliers et voudront limiter les surprises. 

3) Le temps consacré à la gestion

Vous l’aurez compris, faire fructifier votre épargne vous demandera des ressources, des connaissances, mais surtout du temps. Vous devrez déterminer la période que vous consacrerez à la gestion de votre portefeuille et trouver un équilibre entre votre vie actuelle et votre nouvelle vie d’investisseur. 

Disons-le tout de suite, si vous n’avez ni le temps ni l’envie de suivre vos investissements régulièrement, déléguez cette tâche à un professionnel, comme un conseiller financier ou un gestionnaire de fonds. Ces derniers proposeront leurs services en contrepartie d’une rémunération fixe ou variable (frais d’entrée, frais de gestion, commissions de surperformance, etc.) et chercheront à remplir un objectif de rendement selon votre profil. 

Attention : Confier la gestion à un tiers ne garantit ni une performance positive ni une sécurité en tout temps ! Restez donc attentif à ce qui se passe et faites un bilan régulièrement. 

Cependant, si vous souhaitez être à la manœuvre, un emploi du temps chargé par le travail ou les études vous privera de nombreuses opportunités. Vous devrez dans ce cas choisir des produits financiers qui ne réclameront pas votre présence à tout moment. 

Les actions offrent une rémunération décente à ceux qui savent garder leurs positions sur du long terme. Cependant, certains favoriseront l’achat ou la vente de titres sur un laps de temps plus court (une journée, une heure, une minute, etc.). Ces « day traders » peuvent trouver leur bonheur sur les places boursières du monde, ouvertes à différents moments de la journée. 

Astuce : Pour les résidents belges, voici les plages horaires des principales bourses du monde : 

  • L’Euronext et la London Stock Exchange : de 9h à 17h30
  • Le NYSE et NASDAQ : de 15h30 à 22h
  • Le Tokyo Stock Exchange : de 1h à 7h
  • La Shanghai Stock Exchange : de 2h30 à 8h 
  • De plus, l’achat ou la vente d’actions peut se prolonger grâce à des horaires étendus. 

Construire son portefeuille ne peut se faire sans réflexion. Chaque personne possède une personnalité qu’elle se doit de respecter et il est inutile de vouloir griller des étapes. L’investisseur novice doit avant tout apprendre à gérer les actifs présents dans son panier et maîtriser les risques inhérents à chacun. Il devra également garder une logique dans ses choix (doit-on vendre toutes ses obligations sous prétexte que le prix du Bitcoin flambe ?). Enfin, il devra surtout accepter que tout ne se passe pas comme il l’a prévu et prendre ces contrecoups comme ils le sont, un apprentissage.

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Investir #2: comment déterminer votre profil et votre stratégie ?

Si vous lisez cet article, c’est que le monde de l’investissement vous intéresse, ou du moins, attire votre curiosité. Peut-être avez-vous déjà tenu une discussion avec un(e) ami(e) sur les performances récentes de la bourse ou avez été contacté par un conseiller financier.

Si ces personnes vous invitent à entrer dans un domaine que vous ne maîtrisez pas, c’est qu’il y a une ou plusieurs raisons. Mais celles-ci sont-elles pour autant valables pour vous ?

Pour savoir si vous êtes fait(e) pour l’investissement, il est important de passer par quelques étapes au préalable.  

Déterminer votre bilan financier

Avant toute chose, il est nécessaire de réaliser votre bilan financier. Les investisseurs du monde entier possèdent une situation financière, familiale, sociale unique et c’est une erreur de croire qu’un produit pourrait convenir à deux personnes en apparence très proches (même au sein d’un ménage). 

Voici quelques questions que vous devez vous poser afin de réaliser votre bilan financier :

–       « Quelles sont mes sources de revenus ? »

C’est une bonne chose de vouloir préparer son avenir, mais cela ne doit pas vous empêcher de vivre sereinement au quotidien. Être salarié, étudiant ou sans-emploi influencera les liquidités que vous pourrez consacrer à investir. Cet argent viendra-t-il à manquer par la suite ? 

–       « Ai-je des dettes en cours ? » 

Nous avons tous des obligations financières vis-à-vis d’un tiers. Que ce soit le remboursement d’un emprunt hypothécaire ou à tempérament auprès d’un organisme financier, le paiement de factures ou des impôts annuels. Pourrez-vous toujours honorer vos dettes après avoir investi votre argent ? 

–       « À combien s’élève mon patrimoine ? » 

Investir 1000 € ne représente pas le même effort pour celui qui en possède un million et celui qui en possède 10 000 €. Assurez-vous de ne pas devoir vendre un bien pour éponger les pertes de vos investissements. 

–       « Un achat important est-il prévu prochainement ? » 

Certains placements, comme les obligations, vous demanderont de bloquer votre argent jusqu’à l’échéance. Si vous avez un achat prévu qui nécessite de mobiliser toutes vos ressources, assurez-vous d’avoir toutes les liquidités disponibles.  

Ces quelques questions vous permettront de vous donner un premier aperçu sur votre possibilité d’investir ou non. Si le nombre de contraintes est supérieur au nombre d’avantages, reconsidérez votre approche.  

2. Trouvez votre source de motivation

Après avoir fait le point sur votre situation financière, il vous sera nécessaire de trouver une réelle raison de commencer à investir vos économies. Si votre démarche est uniquement motivée par l’envie de « gagner beaucoup d’argent », vous risquerez de vous retrouver très rapidement face à de mauvaises surprises.

Nous pouvons catégoriser les différentes raisons qui poussent une personne à sortir ses liquidités d’un compte d’épargne. 

La première, mais aussi la plus risquée, vous entraîne à entrer dans un domaine que vous ne maîtrisez peu ou pas du tout. Parmi les exemples, nous retrouvons le conseil donné par un proche ou les informations entendues à la télévision. Dans ces cas, vous serez tenté(e) de suivre les actions des autres (si ce n’est pas carrément recopier). Ce comportement dit « moutonnier » vous mènera, tôt ou tard, vers une perte que vous ne comprendrez même pas. 

S’il vous arrive d’effectuer des recherches sur internet, vous êtes sur la bonne voie. S’informer constitue une première étape vers une meilleure compréhension des marchés financiers. Après tout, en naviguant sur les différents sites spécialisés, vous trierez les produits financiers qui vous plaisent ou non. 

Gagner de l’argent est un métier. Que ce soit le conseiller financier ou le boursicoteur aguerri, la gestion des risques et des gains doit se faire avec certain professionnalisme qui s’acquiert avec la lecture ou l’étude. Vous pouvez aussi décider de gérer seul(e) vos investissements. Pour cela, nous vous recommandons de lire quelques ouvrages d’experts en la matière, comme Warren Buffet ou Peter Lynch. 

Enfin, la meilleure raison de passer à l’action est celle qui suit un apprentissage approfondi au travers de formations. Puisque les marchés sont soumis à nombreuses règles, mieux vaut les connaître et les maîtriser. Les fluctuations et l’incertitude mettront également vos nerfs sous pression. Soyez prêt(e) et ne laissez que très peu de choses au hasard. 

3. Ayez une bonne stratégie

L’ultime étape consiste à définir une stratégie. Après tout, vous savez ce qui vous a donné envie d’investir, mais quel est le véritable but ? 

Si l’augmentation de ses finances personnelles semble être un objectif commun, il en existe également beaucoup d’autres. Ainsi, une personne peut attendre de ses investissements qu’ils lui génèrent un revenu complémentaire ou un capital à constituer pour la pension. De même que les sommes placées peuvent servir à une dépense future.  

En fonction du but que vous vous serez fixé, l’horizon pour l’atteindre sera différent. Quels produits financiers vous permettront d’y arriver ? Si votre retraite est dans 20 ans, souhaiterez-vous investir dans des actifs volatils ou sûrs ? À l’inverse, si votre horizon n’est que d’un an, allez-vous choisir du capital garanti ? Nous aborderons un peu plus la stratégie dans un prochain article. 

Pourquoi investir ? Si la façon de faire se modernise au fur et à mesure des années, les raisons, elles, ne changent pas à travers le temps. L’année 2020 a vu de nombreuses personnes s’intéresser aux investissements, avec plus ou moins de connaissance dans ce domaine. Pour certains, il s’agit tout simplement de suivre le même mouvement que les autres. Pour d’autres, ce fut l’occasion d’en apprendre davantage sur un secteur où se disent beaucoup de choses.

Oui, il est possible de réaliser de belles opérations sur les marchés boursiers, à condition de les comprendre et de se préparer. Ayez assez de ressources financières pour vous permettre de le faire, et surtout, de vraies raisons de vous lancer. Sans cela, vous risquerez de vous retrouver dans un océan trop vaste pour vous, prêt(e) à vous faire manger très prochainement. 

Par KAZKONDU Timur

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Analyse générale des tendances financières de l’année 2020

L’année 2020 restera inoubliable sur bien des aspects. Qui aurait cru que nous ferions notre entrée dans cette décennie par une crise sanitaire majeure suivie d’un krach boursier ?

Car oui, nous pouvons parler de « krach » tant l’impact a été rapide et violent. L’ensemble des secteurs d’activité a été perturbé par la propagation du virus, tout particulièrement l’activité économique et les marchés boursiers.

Parlons Finance vous a partagé les informations majeures prises tout au long de l’année et vous propose aujourd’hui une rétrospective des douze mois qui nous ont précédés. Celle-ci retracera les moments importants de 2020 et conclura par des projections pour 2021. 

Premier trimestre 

Avant d’entamer la nouvelle année, faisons le point sur l’année 2019 qui fut un très bon cru boursier. Les marchés avaient clôturé l’année 2019 sur des records exceptionnels.

Le CAC 40 progressa de plus de 26 % par rapport à 2018, soit sa meilleure année depuis 20 ans !

Le DAX prit plus de 25 % et le Bel20 22 %. De l’autre côté de l’Atlantique, le S&P 500 clôturait sur une progression de plus 28 %, contre 22 % pour l’indice Dow Jones et une envolée de 34 % pour le Nasdaq composite.

Cela ne semblait pas s’arrêter tout de suite puisque le FMI estimait que la croissance du PIB mondial atteindrait 3,4 % en 2020, tirée en partie par les pays émergents.

Cependant, certains économistes tirèrent la sonnette d’alarme. Pour eux, cette hausse continue ne pouvait que terminer sur une surchauffe, puis un renversement de l’économie. De plus, bien que cette année fut positive pour les marchés, elle n’a pas effacé les incertitudes qui y régnaient telles que les tensions sino-américaines et le Brexit. Celles-ci seraient toujours présentes en 2020 et il faudra composer avec. 

La véritable question que les analystes financiers se posaient n’était pas si une crise devait arriver prochainement, mais bien quand celle-ci pointerait le bout de son nez.

Les indices boursiers connaissent, depuis le troisième trimestre de l’année 2019, une hausse continue et atteignent des niveaux records en février 2020. Des records historiques sont atteints le 19 février 2020 et cela présageait une correction boursière à venir. Ce que l’on redoutait arriva, et le responsable était quelque chose que peu de personnes avaient vu venir, un virus. 

Tout commença la semaine du 24 février 2020 lorsque les marchés boursiers entamèrent une baisse généralisée. L’annonce de la pandémie du coronavirus au début du mois de février sema la panique sur les marchés et les investisseurs se sont mis à vendre en masse leurs positions. Cela eut pour conséquence une diminution sans précédent du cours des actifs et de la valeur des indices.

Les indices boursiers connurent une baisse historique entre le 19 février et le 24 mars 2020, moment où les cours commencèrent à repartir à la hausse. Le Dow Jones chuta de 30 % durant cette période, le S&P 500 céda plus de 34 % et le Nasdaq perdit plus de 25 %. Du côté européen, l’indice CAC 40 plongea de 40 % et le Stoxx 600 dégringola de plus de 30 %.

En Asie, les pertes furent également exceptionnelles. À Hongkong, le Hang Seng subit une baisse de 23 % et à Tokyo, le Nikkei 225 perdit près de 30 %. Cette période, courte mais intense, marquera l’Histoire de la bourse à tout jamais.

L’Europe devint, au mois de mars, le principal foyer de la pandémie de Covid-19 et des mesures de confinement furent adoptées partout sur le territoire européen. Confrontés à la hausse exponentielle du nombre de contaminations dans le monde et aux confinements massifs, les marchés chutèrent les uns après les autres.

Redoutant l’évolution de la pandémie aux États-Unis, la Banque centrale américaine (Fed) décida le 15 mars d’abaisser son taux à 0-0,25 % et d’injecter 700 milliards de dollars. La semaine suivante, la Fed annonça l’ajout de 500 milliards de dollars supplémentaires pour assurer une liquidité suffisante.

La BCE annonça à son tour le 19 mars un plan d’achat de dettes de 750 milliards d’euros afin de soutenir l’économie européenne dans cette période.

Deuxième trimestre

Suite au plan d’urgence de la BCE, les marchés européens repartirent à la hausse. La Fed joua également un rôle important dans le regain de confiance des investisseurs. Les politiques monétaires expansionnistes ont directement contribué à apaiser les tensions sur les marchés boursiers. 

Pendant ce temps, l’heure était à la réorganisation pour les entreprises encore en activité. Pour certaines d’entre elles, le télétravail fut un véritable challenge, les forçant à imaginer de nouvelles solutions rapidement (rendez-vous online, cours à distance, point de collecte, ventes sur les réseaux sociaux), tandis que pour d’autres, le télétravail accéléra un processus déjà existant. Pour de nombreux Belges, leurs journées furent rythmées par des cours en ligne, des consultations uniquement sur rendez-vous ou des coups de fil interminables. 

Cependant, tout le monde ne fut pas logé à la même enseigne. Alors que le secteur de l’HoReCa, du tourisme et des loisirs subirent de lourdes pertes et l’impossibilité d’ouvrir pleinement, d’autres profitèrent du confinement généralisé pour augmenter leurs ventes ou abonnements. Parmi elles, Amazon présentait fin mars une performance de +10 % depuis son pic de février. Hellofresh, qui jusque-là stagnait autour des 25 €, vit son cours atteindre les 53 € fin juin. 

De manière plus globale, le redressement de Wall Street et des marchés européens se confirma au printemps et fut accéléré en été lors de l’annonce de la réouverture de l’économie. Un nouveau plan d’achat de dettes de 600 milliards fut annoncé par la BCE le 4 juin.

Cela vint s’ajouter aux 750 milliards d’euros (plan PEPP) d’euros annoncés à la mi-mars et aux 300 milliards d’euros annoncés précédemment (plan dit PSPP). Au total, la BCE aura injecté plus de 1 600 milliards d’euros dans l’économie. 

Troisième trimestre 

L’été fut en demi-teinte. Tout d’abord, nous cherchions ardemment des signes de réconfort, tant sur le plan humain que sur le plan économique. La courbe des contaminations continua de baisser, ce qui a permis un premier dé-confinement et un retour à une vie « presque normale ». Pour les secteurs fortement touchés, l’été fut l’occasion inespérée de renflouer les caisses ou tout simplement sortir la tête de l’eau. 

Ensuite, nous avions également besoin de connaître l’impact du Covid-19 sur l’économie mondiale. De nombreuses économies tombèrent en récession après l’annonce de baisses record de leur PIB au second trimestre (Belgique -12 %, Allemagne -10 %, Royaume-Uni -20 %, France -13,8 %). De son côté, Xi Jinping pouvait déjà porter un regard vers l’avenir, son pays affichant un PMI (« Purchasing Manager’s Index ») en croissance et un insolant +11,7 % au PIB du second trimestre.

Nous pouvons constater, à travers le graphique ci-dessous, que la relance de l’activité économique chinoise comparée aux pays avancés et au reste du monde fut bien plus rapide. Les prévisions réalisées par le FMI montrent que le taux de croissance de la Chine continuera à être nettement supérieur au reste du monde.

PIB mondial trimestriel 

L’accumulation de bonnes nouvelles fit place à un excès d’optimisme, de confiance et de prise de risque. Alors que nous pensions en avoir terminé avec le coronavirus, l’augmentation du nombre de cas en Europe nous ramena à la réalité. Les tentatives, bien que bienveillantes mais parfois maladroites, des gouvernements (qui se souvient des fameux codes couleur ?) amenèrent à un constat douloureux : seul un vaccin pouvait nous débarrasser du cauchemar.  

Quatrième trimestre

La dernière ligne droite fut marquée par l’annonce d’un second confinement, alors qu’en Chine l’épidémie fut contrôlée et la locomotive chinoise fut relancée. Les contaminations en masse et les décès en hausse chaque semaine forcèrent les gouvernements à confiner la population pour une deuxième fois. Ces nouvelles mesures de confinement semèrent de nouveau le doute sur les perspectives de relance de l’activité économique. 

L’annonce du second confinement fut mal acceptée par les investisseurs. Les répercussions sur les marchés se firent ressentir dès la semaine suivante à Wall Street et en Europe. Ce second confinement sonna la fin d’une bonne dynamique entamée sur les marchés boursiers depuis le début du deuxième trimestre. 

Aux États-Unis, les indices boursiers clôturèrent l’année sur une belle performance. Le Nasdaq composite gagna plus de 43 % depuis le début de l’année, soit une meilleure performance qu’en 2019, et le S&P 500 et le Dow Jones affichèrent respectivement 15,5 % et 6,6 % le 31 décembre. En Europe, les résultats à la clôture furent plutôt négatifs. Le Bel20 termina sur une baisse de 8 %, le FTSE 100 céda 14 %, le CAC 40 perdit plus de 6 % et le DAX prit plus de 3 %. 

Prévisions pour l’année 2021

Que peut-on prévoir pour 2021 ? Bien entendu, l’année 2020 n’emporte pas avec elle les incertitudes qu’elle a créées. Voici quelques points d’attention. 

  • Le Covid-19 est toujours présent, et les scientifiques regarderont d’un œil attentif la mutation venue du Royaume-Uni. La crainte à court terme est l’apparition d’une troisième vague et ses conséquences sur l’économie.
  • L’accord sur le Brexit conclu dans les derniers instants de l’année permet de nous éviter une série d’incertitudes sur les futurs échanges économiques entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Ce n’est pas un « Hourra » de victoire, mais bien un « ouf » de soulagement. 
  • Une reprise de l’inflation, c’est-à-dire l’augmentation généralisée des prix à la consommation, est prévue pour les prochaines années. Selon le FMI, Les États-Unis profiteraient d’une hausse plus importante (2,8 %) que la Chine (2,7 %) et la zone euro (0,98 %). Cette augmentation s’explique entre autres par la reprise de la consommation des ménages, après une longue période de privation. Les marchés émergents continueront de profiter de la bonne lancée chinoise. 
  • Joe Biden deviendra officiellement président le 20 janvier 2021. Quelques inconnues subsistent encore, le nouveau Président aura-t-il le contrôle du Sénat et/ou de la Chambre des représentants ? Quel seront ses rapports avec la Chine et le Royaume-Unis ? Quelle politique de relance adoptera-t-il ?
  • Concernant les devises, l’Or pourrait poursuivre son ascension si les inquiétudes liées au Covid persistaient. Rappelons que le métal jaune est considéré comme une valeur refuge et un investissement contre l’inflation. Le dollar, qui a beaucoup cédé face à l’euro, pourrait rester bas afin de favoriser la relance (coût de l’emprunt faible, augmentation des exportations). Enfin, le Bitcoin continuera son ascension. Si certains spécialistes visent un objectif de cours à 60 000 $ d’ici la fin de l’année, l’objectif sous-jacent de 1 000 000 $ paraît à la fois fou et possible. 

Conclusion

Osons le dire, 2020 restera dans l’Histoire comme une année noire. Si en bourse de nombreuses opportunités ont pu être réalisées, le bilan humain et social que nous avons dû payer n’en valait pas la peine. Une année est passée et nous sommes encore loin d’en avoir terminé avec le coronavirus, loin d’avoir retrouvé notre liberté, loin de pouvoir nous projeter sereinement vers l’avenir.

2020 a créé un monde nouveau, un monde que nous devrons connaître et maîtriser rapidement. Cependant, nous pouvons entrevoir une lueur d’espoir provoquée par les efforts de l’Union européenne, l’apparition de vaccins efficaces, l’adaptation des citoyens à leur nouveau mode de vie. 

Parlons Finance vous souhaite à toutes et à tous une bonne année, et nous vous promettons d’être présent en 2021 pour vous dévoiler l’actualité économique de premier plan et du contenu de qualité. Prenez soin de vous.  

Par Timur KAZKONDU et Florenc MICAJ

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La nouvelle souche du coronavirus découverte au Royaume-Uni pourrait-elle devenir le déclencheur d’un nouveau Krach ?

Les investisseurs perdent confiance à cause de la nouvelle découverte inquiétante d’une nouvelle souche de coronavirus apparue au Royaume-Uni concomitamment à la perspective d’un « no deal » sur le Brexit.

Les marchés américains n’ont pas encore ouvert à l’heure de la rédaction de cet article mais les marchés européens ont baissé solidement, impactés par la crainte de la propagation incontrôlée de la nouvelle souche de coronavirus au Royaume-Uni.

L’ironie est qu’en pleine période de Brexit, c’est l’Union européenne qui met à l’écart le Royaume-Uni …

L’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Turquie, la France, la Belgique ou encore le Canada ont suspendu ces dernières heures les vols et trains en provenance du Royaume-Uni en vue de faire barrage à la propagation de la nouvelle souche de coronavirus détectée dans le pays et qui serait à 70% plus contagieuse que la première version connue jusqu’alors.

Notons qu’elle a également été détectée dans d’autres pays et pourraient rapidement devenir virale si une fermeture des frontières et la limitation de la circulation ne sont pas vite imposées…

Voici les différents secteurs à risque:

  • Pétrolier
  • Transport
  • Tourisme/Loisirs
  • Automobile
  • Banque
  • Energie

En effet, les cours du pétrole ont cédé plus de 4% 📉 en raison de l’anticipation des investisseurs quant aux restrictions sanitaires et au ralentissement de la demande d’hydrocarbures.

Du côté des compagnies aériennes, IAG, la maison-mère de British Airways et d’Iberia chute de 16% 📉 à Londres, Lufthansa décroche de 7% 📉 à Francfort alors que les low-cost easyJet et Ryanair abandonnent respectivement 15% 📉 et 6% 📉.

En ce début de semaine, les marchés européens ont ouvert en baisse du fait du contexte actuel lié à la crise sanitaire.

Indices nationaux

  • À Paris 🇫🇷, l’indice CAC 40 a perdu 2,39% 📉 à 5.396 points, un plus bas depuis le 13 novembre
  • L’indice Bel 20 chute de 3,2% à 3.539,90 points 📉
  • À Francfort, le Dax cède 2,25% 📉
  • À Londres, le FTSE recule de 0,93% 📉, la chute du sterling limitant les pertes de l’indice

Indices européens

  • L’indice EuroStoxx 50 🇪🇺 de la zone euro lâche 2,22% 📉
  • Le FTSEurofirst 300 🇪🇺 perd 1,82% 📉
  • Le Stoxx 600 🇪🇺 baisse de 1,99% 📉

Les marchés US ouvrent à 15h30 (heures de Bruxelles) et il est attendu que Wall Street ouvre en nette baisse puisque la propagation d’une nouvelle souche du coronavirus en Angleterre est devenu l’obsession principale des investisseurs passant devant l’accord sur un plan de relance de l’économie américaine.

Dans ce contexte, le Premier Ministre britannique Boris Johnson, qui a décrété samedi à plus de 16 millions d’Anglais un reconfinement pour endiguer la propagation de l’épidémie, tiendra une réunion d’urgence pour évoquer les questions de transport international.

Il est à noter que la semaine risque d’être chahutée en raison des fêtes de Noël. Les places boursières (Euronext, Londres) fermeront plus tôt ce jeudi 24 décembre.

Si la nouvelle souche tend à se développer et à se propager de la même manière que ce que l’on a connu lors des deux dernières vagues, nous pourrions nous retrouver dans la même situation de Krach boursier vécu en mars 2020.

La mise en quarantaine de pays entiers ayant causé la baisse des productions et de la consommation pétrolière avait aussi engendré un choc pétrolier. De plus, le krach était lié au ralentissement général de l’activité économique simultanément à la baisse de la production chinoise.

Par NAQI Hamza.

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Nos analyses

Qui est Jérôme Kerviel, le Trader connu pour avoir fait trembler la Société Générale ?

Dans notre série sur les personnes ayant fait l’actualité financière, nous revenons aujourd’hui sur l’un des traders les plus connus en France et qui a failli entraîner la chute d’un monument français, la Société Générale.

Cet homme n’est autre que Jérôme Kerviel …

👉 Qui est-il ?

Jérôme Kerviel est né le 11 janvier 1977 à Pont-l’Abbé (en Bretagne). Passionné par les chiffres, il entame des études d’économie et termine par un Master en management des opérations de marchés à l’Université Lyon II.

En 2000, il rejoint la division « Banque d’investissement » de la Société Générale, en tant que chargé de Middle Office. Son rôle est simple, il s’agit de vérifier que les transactions encodées par le Front Office (les traders) sont valides et les informations cohérentes. Une tâche répétitive que Kerviel cherchera à automatiser en créant des logiciels sur Excel.

Sa volonté d’exceller et d’agir rapidement permet à Jérôme de se différencier de ses pairs et d’être nommé assistant-trader en 2002. Bien que la nature de ses activités ne change pas (il continue à « matcher » les informations pour le compte des traders). Kerviel a désormais accès aux salles de marché.

👉 Apprenti trader

Début 2005, Jerôme Kerviel devient à son tour trader. Il négocie des produits dérivés, plus précisément des Turbo Warrant.

Rappel : Un warrant est un produit dérivé qui donne à son détenteur le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre une quantité définie d’un actif financier à un prix et une période déterminés dans le contrat. (voir article sur les produits dérivés pour plus de détails).

Le courtier français doit cependant tenir compte d’une potentielle perte sur chaque pari. Pour cela, il souscrit une assurance qui couvrira les moins-values. On dit dans ce cas qu’il se « hedge ». Ainsi, toute prévision de hausse est couverte par un contrat d’assurance à la baisse, et vice-versa.

Cette activité pouvant rapidement dégénérer, la Société Générale fixe des règles pour chaque desk, voire pour chaque trader. Parmi celles-ci, on y retrouve la limite maximale à investir ainsi qu’une obligation de déboucler ses positions en fin de la journée.

👉 Un trader hors pair…

Un principe-clé du hedging est que chaque contrat d’assurance doit être associé à un produit dérivé. Or, il se peut que le produit dérivé soit clôturé (par l’activation du droit d’achat/vente), mais que le contrat d’assurance existe toujours. L’intérêt dans ce cas est de profiter de la compensation offerte par l’assurance sur un sous-jacent que nous ne détenons pas. C’est une forme de spéculation que l’on appelle « une prise de position ».

Jerôme Kerviel va très rapidement maîtriser les techniques associées à la spéculation et va prendre de plus en plus de risque, tant sur le montant mis en jeu que sur sa période de débouclage.

Ainsi, à l’été 2005, il pariera à la baisse sur les actions d’Allianz, ce qui portera ses fruits lors des attentats de Londres. En 2006, il empoche 28 millions d’euros de gains suite à une prise de position de 1 500 millions. En 2007, il récidive en réalisant un bénéfice exceptionnel de 1,5 milliard d’euros après avoir misé 30 milliards d’euros !

👉 … mais aussi hors-la-loi

Comment Kerviel a-t-il pu gagner autant d’argent sur ses positions ? Mais surtout, comment a-t-il pu miser autant sans être surveillé ? Avant de porter l’homme en gourou des marchés financiers, il a lieu de rappeler que la banque avait fixé des limites pour éviter les dérives de ses employés.

Pour ne pas attirer l’attention, le futur ex-trader, encodait de fausses transactions dans le système informatique, prenant le soin également de rédiger de faux mails. Les informations devant être vérifiées par le Middle Office, cela lui laissait le temps de déboucler ses positions.

👉 La Chute

En 2008, l’étau se resserre autour du courtier. Une enquête interne est menée suite à de nombreuses anomalies et la crise des subprimes pousse à la prudence sur le marché. Jérôme fut pris alors dans ce qu’il appelle lui-même « un engrenage » qui l’entraîna à miser plus pour gagner plus.

Sa dernière vision : parier sur une hausse du Dax en janvier 2008 pour un montant titanesque de 50 milliards d’euros (ce qui représente plus que la valeur des fonds propres de la banque !). Malheureusement pour lui, les marchés iront dans le sens contraire de ses prévisions et les 1,5 milliard d’euros gagnés l’année précédente seront rapidement perdus.

Kerviel sera au pied du mur et devra annoncer les sommes engagées à sa hiérarchie, qui pensait alors jusque-là le réprimander pour la dissimulation des 1,5 milliard gagnés…

Face à un tel danger, la Société Générale décide de déboucler en urgence les positions de son trader, et ce, au risque de mettre les marchés en alertes. Après des jours, la banque accuse une perte sèche de 5 milliards (6,5 milliards issus de la vente – 1,5 milliards de gains).

👉 La suite

Très vite, le coupable est désigné, c’est Jérôme Kerviel qui aurait agi seul et dans son propre intérêt. De son côté, le trader licencié reconnaît ses actes, mais refuse d’assumer seul. Selon lui, sa hiérarchie était au courant des pratiques et l’encourageait (il apporte des preuves de ses dires dans son livre l’engrenage [éditions Flammarion, 2010]).

L’affaire va très vite en justice et celle-ci condamne dans un premier temps Kerviel à rembourser 4,9 milliards d’euros ainsi qu’à une peine d’emprisonnement de 5 ans, dont 2 avec sursis. Au fil des procès, l’accusation change de visage et la Société Générale se voit supporter la majeure partie des pertes. Finalement, le natif de Bretagne devra à son ancien employeur la somme d’un million d’euros.

Aujourd’hui, Jérôme Kerviel s’est retiré des marchés financiers. Après avoir retrouvé un travail en tant que contrôleur de gestion, il s’est tourné vers l’écriture et les conférences. De son côté, la Société Générale a perdu de sa superbe. Avec un contexte économique défavorable au secteur, celle dont l’action valait encore 155 € en avril 2007 ne vaut plus aujourd’hui que 12 €… Une contre-performance que Jérôme aime rappeler sur Twitter.

Par Tim KAZKONDU

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Bourse Nos analyses

Comment ont réagi les marchés suite aux élections américaines ?

Les marchés annonçaient une baisse quelques jours avant les élections américaines et nous pensions que la tension dû aux élections allait empirer les choses. Cependant, les marchés ont réagi différemment et nous avons observé une nette augmentation des valeurs boursières suite aux élections.

Wall Street affichait des résultats dans le rouge avant le 3 novembre. La période des élections présidentielles américaines, en plus de la crise sanitaire, ont accrus l’incertitude chez les investisseurs.

• Le Dow Jones – 6,5%.
• Le S&P 500 – 5,6%.
• Le Nasdaq – 5,5%.

En Europe, les marchés connaissent également un recul important :

• Le CAC 40 – 6,33%.
• Le DAX – 8,46%.
• Le Stoxx 600 – 5,45%.

Le 5 novembre, la Bourse de New York ouvre en hausse et cela est portée par l’espoir de voir les résultats des élections américaines se traduire par des politiques budgétaire, fiscale et réglementaire favorables aux grandes entreprises. La confiance des investisseurs l’emporte sur l’incertitude liée aux élections. Les résultats suivants le confirment :

• L’indice Dow Jones gagne 1,49%.
• Le S&P 500 prend 1,77%.
• Le Nasdaq progresse de 1,87%.
• Le CAC 40 prend 2,44%.
• Le DAX affiche 1,96%.
• Le Stoxx 600 s’ajuste à 2,05%.

Nous pouvons en conclure que les résultats des élections ont eu un impact positif sur les cours boursiers. Joe Biden semble avoir rassurer les investisseurs et permis aux marchés de rebondir. Le tout est de savoir si cette relance est de longue durée ou au contraire éphémère.

Quel est votre avis sur la question ?

Par Florenc MICAJ

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Banque & Finance Nos analyses

Qu’est-ce qu’une IPO, ou plutôt une introduction en Bourse ?

C’est dans les différentes Bourses mondiales que séchangent les parts de capital d’une entreprise et nous entendons souvent parler d’IPO dans les journaux économiques et financiers sans en savoir exactement la signification, les différents types d’IPO ou encore la manière dont cela se prépare.

Dans cet article, nous allons vous expliquer la notion de Initial Public Offering, traduit par « Introduction en bourse » en français qui n’est autre qu’une opération financière qu’une société X réalise en vue d’ouvrir son capital et de lever des fonds en échange d’actions vendues aux investisseurs intéressés.

Une IPO ne se fait pas en 1 jour ou encore en un mois, c’est dans la majorité des cas une longue paire de manches avec ses difficultés propres qui nécessite énormément de ressources pour sa réalisation.

Il existe en effet plusieurs marchés boursiers sur lesquels une société peut réaliser son entrée en Bourse tel que New York Stock Exchange (NYSE) ou encore Euronext qui détient la bourse de Paris, d’Amsterdam ou encore celle de Bruxelles.

Par exemple, la société Alibaba est entrée au New York Stock Exchange (NYSE) en 2014 et a réussi à lever plus de 20 milliards de dollars.

Les avantages d’une IPO :

  • Lever des capitaux propres permettant son développement ;
  • Acquérir/augmenter sa notoriété/visibilité ;
  • Offrir une liquidité aux actionnaires actuels ;
  • Diminuer le coût du capital ;
  • Rendre les stock-options plus attractives du fait de la liquidité des actions ;
  • Faciliter le financement de futures acquisitions en permettant de les payer en actions.

Les inconvénients d’une IPO :

  • Les différents coûts inhérents tel que les coûts juridiques, comptables et de marketing important liés à l’IPO
  • L’obligation de rendre publiques des informations financières et commerciales de l’entreprise
  • Énormément de travail en amont pour le management
  • Une société admise à la cotation sur un marché public peut faire l’objet d’une OPA ou d’une OPE et être rachetée.
  • Surveillance des autorités de marché

Comment se prépare-t-on à une IPO :

A un moment donné de sa vie, une entreprise fait face à un choix crucial de développement car il s’agit d’une étape importante dans son évolution mais aussi dans ses ambitions de rayonnements que ce soit à l’international ou pas.

Préalablement à sa prise de décision, l’entreprise se doit d’observer le marché qui, selon elle, serait le plus apte pour s’y introduire. Prenons le cas de Euronext qui est la principale place boursière de la zone euro représentant plusieurs milliers de milliards d’euros en capitalisation !

Après s’être renseigné sur le marché boursier le plus prometteur et le plus en ligne avec les ambitions de l’entreprise, il lui est important de s’entourer et de se faire accompagner de plusieurs conseillers d’affaires (banque d’investissement, experts-comptables, avocats et autres).

Ensuite, la société doit enfin préparer sa candidature via une « due diligence » qui permettra d’identifier les risques financiers, juridiques, fiscaux de la société. L’objectif de ces vérifications est notamment d’ajuster le prix de cession de la cible. Dans le cadre d’un IPO, cela aidera à fixer la valeur des titres introduits en bourse.

L’entreprise devra également veiller à accroître sa visibilité au maximum avant de lancer l’IPO lui permettant d’acquérir des investisseurs renseignés et intéressés d’investir.

En espérant que cet article vous ait plu, nous vous invitons à nous rejoindre sur nos différentes plateformes (Facebook, LinkedIn…) où nous publierons un deuxième article qui portera sur les différents types d’IPO qui existent.

Par NAQI Hamza.

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Immobilier

Voici les 6 étapes principales avant l’achat d’un bien immobilier !

Comme vous le savez, l’achat d’un bien immobilier demande énormément de réflexion puisqu’il s’agit d’un pas de géant dans une vie si pas le plus capital !

Pour ce faire, il est primordial de suivre les étapes essentielles d’un achat immobilier qui sont reprises en seulement six points:

Préparer un budget:

Il est évident que l’étape principale est de s’assurer que nos capacités financières puissent subvenir à un tel achat et permettra également de mieux cibler sa recherche.

En effet, il existe deux possibilités pour l’achat d’un bien, soit nous avons recours aux systèmes bancaires qui s’assureront de vos capacités de remboursement tout en analysant vos revenus et en fonction établir votre plafond d’emprunt.

Soit l’acquéreur possède déjà des fonds et n’a pas recours aux systèmes bancaires, ce qui est généralement plus rare. Il est impératif de ne pas oublier d’y inclure tous les frais liés à l’achat qui s’additionneront au prix de vente conclu (honoraires notaire, droits d’enregistrement, taxes, acte de crédits, …).

La recherche

La deuxième étape est simple mais fastidieuse, la recherche !

Il n’est pas évident de trouver un bien correspondant à ses attentes, surtout si notre budget est limité… De ce fait, faut que vous réfléchissiez longuement sur ce qui vous intéresse pour gagner du temps et affiner la recherche, il pourrait s’agir d’un:

  • un logement neuf ou à rénover
  • un logement en ville ou en dehors
  • un logement tout proche de votre travail ou de votre famille
  • un logement bien desservi au niveau des transports
  • un lieu de vie avec jardin ou terrasse
L’offre

Cela signifie que vous avez trouvé la perle que vous recherchiez et donc vous faites l’offre.

L’offre en elle-même est un compromis, tout d’abord elle est unilatérale, c’est-à-dire qu’elle n’engage que l’offrant par à sa proposition. En revanche, si le vendeur accepte votre offre, elle devient bilatérale et engage les deux parties. On appellera ce type de contrat un contrat synallagmatique.

En général, dans l’offre d’achat, nous mentionnons au préalable les noms des notaires qui instrumenteront la vente. Cette étape-ci peut également être considérée comme étant un pourparler car l’acquéreurs et le vendeur doivent se mettre d’accord sur la chose vendue, le prix et toutes autres conditions liées à la vente.

Signature du compromis

Une fois que tous les accords sont trouvés, nous arrivons à la quatrième étape qui est la signature du compromis. Le compromis de vente se signe toujours dans l’étude du notaire appartenant au vendeur.

Pour que la vente ait lieue, il faudra un accord des parties non seulement sur les éléments essentiels (prix et objet de la transaction) mais également sur les éléments substantiels (responsabilité de chacune des parties, moyens de paiement, …) aussi le notaire doit s’assurer que tous les documents essentiels ont été fournis par le vendeur et que toutes les conditions d’achat soient levées par l’acquéreur sans cela, la vente ne pourra pas être parfaite.

Aussi, avant la signature du compromis, l’acquéreur devra verser une garantie (qui deviendra un acompte après la levée des conditions) d’un montant soit de 5% ou 10% du prix de vente.

Informations annexes

La cinquième étape consiste aux recherches liées au bien. A cette étape-ci, la vente est entre les mains du notaire qui doit effectuer diverses recherches en écrivant à toutes les instances officielles et compétentes telles que les éventuelles inscriptions hypothécaires, les éventuelles dettes du vendeur, etc …

Signature de l’acte authentique

Aussitôt que toutes ces informations ont été obtenues et que le dossier est complet, nous arrivons enfin à la sixième et dernière étape qui consistes à la signature de l’acte authentique de vente. A cette étape-ci, se retrouvent ensemble vendeur et acquéreur qui opéreront l’achat/la vente et l’argent correspondant au montant de la vente du bien sera transféré au vendeur (généralement par transfert bancaire) et le vendeur devra mettre la jouissance du bien à la disposition de l’acquéreur (sauf s’il en a été convenu autrement).

Pour finir, ces étapes sont résumées dans leur ensemble, et vous donnent une indication générale des étapes à suivre, nous reviendrons avec un prochain article sur la valorisation immobilière.

Par Adil NAQI

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Banque & Finance Nos analyses

Qu’est-ce que la taxe Tobin sur les opérations boursières ?

Comme vous le savez, la Banque Centrale européenne (BCE) ne lésine pas sur les moyens pour soutenir l’activité économique en cette période de Covid19. Les sommes débloquées, notamment dans le rachat d’obligations d’État et d’entreprises, seront injectées progressivement sur les marchés financiers pour éviter le manque de liquidité.

La BCE espère ainsi que les marchés financiers, donc la Bourse, feront bon usage de ces milliards pour relancer la demande. Cette même Bourse qui a toujours été au centre des débats, certains voyant en elle des opportunités de devenir immensément riche tandis que d’autres l’estiment comme « Le mal absolu » où les excès du capitalisme détruisent les individus.

Cependant, ces deux catégories de personnes se rejoignent sur deux points : les marchés financiers génèrent une grande quantité d’argent et celle-ci doit servir l’intérêt général (personnel).

Cet argent, qui se crée en marge de l’économie réelle, fait souvent l’objet de proposition de taxation, afin de contribuer au développement des pays. Parmi celles-ci, nous retrouvons la taxe Tobin.

Suggérée par James Tobin, prix Nobel en 1981, elle prendrait la forme d’une taxation très faible (ex. : 0,01 %) sur tous les mouvements financiers au monde. Bien que l’objectif premier de cette proposition soit de combattre la volatilité des taux de change, elle a aussi pour vocation d’instaurer une égalité entre les marchés du monde entier.

Une organisation mondiale, telle que le FMI, pourrait être responsable de la récolte et de la redistribution des capitaux issus de cette taxe. Concrètement, l’instauration d’une telle taxe ne peut se faire qu’à une échelle mondiale. L’appliquer à une zone spécifique n’aurait comme conséquence qu’un transfert des capitaux vers les zones hors-taxe.

De nos jours, prélever 0,01 % aux transactions de change, comme le suggérait Tobin, pourrait rapporter près de 125 milliards d’euros. Le marché des actions pourrait également être visé, le Nasdaq enregistrant en moyenne 23 millions de trades chaque jour.

En Belgique, une taxe similaire existe déjà. Il s’agit de la Taxe sur les Opérations boursières (TOB) qui ponctionne 1,32 % sur toute opération de bourse imposable (comme l’achat ou la revente de sicav). Une autre idée du gouvernement Michel fut d’instaurer une taxe sur les compte-titres (0,15 % pour les portefeuilles de plus de 500 000€), annulée en octobre 2019, car jugée « anticonstitutionnelle ».

Au lendemain du déconfinement, de nombreuses idées (re)voient le jour pour relancer notre économie, au bord d’une crise sans précédent. Les économistes, hommes politiques, travailleurs, citoyens, tous donnent leur voix pour répondre à cette question devenue incontournable : « Qui va payer pour la crise ? »

Par Timur Kazkondu