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Elon Musk est-il (encore) votre ami ?

Avant toute chose, vous devez savoir que cette chronique devait paraître la semaine passée. Elle débutait sur les différents qualificatifs élogieux associés par les investisseurs à Elon Musk. « Trop cool », « visionnaire », « Iron Man », les superlatifs ne manquaient pas pour décrire un homme qui représentait pour certains la meilleure version du capitalisme. 

Le premier changement dans cette chronique est le titre. Moi qui pensais mettre certains fans en garde sur leur amour aveugle envers l’excentrique milliardaire, ce dernier s’est chargé de rompre l’idylle en quelques tweets. 

Seconde modification, le temps utilisé lors la rédaction. Si j’écris au passé et non plus au présent, c’est parce qu’en l’espace d’une semaine, Elon Musk est passé du statut de « porte-étendard » à « ennemi public numéro 1 ».

Enfin, les frasques récentes du patron de Tesla et leurs conséquences sur le marché des cryptos (toujours en ébullition à l’heure actuelle) nous poussent à prendre du recul, à être pragmatiques et à nous poser cette question : Elon Musk est-il encore un ami ? 

Avant de commencer cette chronique en deux parties, replaçons le contexte. D’un côté, vous avez l’émergence d’une monnaie alternative, le Bitcoin, et de l’autre l’ascension d’un des entrepreneurs les plus talentueux de sa génération, le Sud-Africain Elon Musk. Deux destins en apparence éloignés, mais qui ont beaucoup en commun.

L’essor des cryptos

L’histoire de la cryptomonnaie est complexe. Pour certains, l’année 2008 est l’année la plus importante, car elle est celle de la naissance du Bitcoin par Satoshi Nakamoto (un pseudonyme pouvant regrouper plusieurs personnes). Cependant, des discussions autour de la création d’une monnaie alternative, véhiculée par internet et totalement émancipée des banques centrales, ont déjà eu lieu vers la fin des années 90. 

Le Bitcoin voit le jour dans un contexte macroéconomique compliqué. Nous sommes en pleine crise financière et les banques sont désignées comme les coupables d’alimenter un système de plus en plus avide d’argent. Les banques centrales sont également critiquées pour le pouvoir qu’elles ont sur l’économie, pouvant user à tout moment de leur autorité pour mettre fin à la croissance. Des reproches que la jeune cryptomonnaie promet d’effacer en proposant aux investisseurs un « vrai » changement. Celui-ci sera porté par la technologie sous-jacente que le Bitcoin embarque, la Blockchain, qui sera vue comme LA véritable révolution. 

Blockchain : Selon la plateforme BlockchainFrance.fr, la Blockchain est « une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Associée à une monnaie numérique, elle permet d’enregistrer l’ensemble des transactions effectuées avec cette monnaie » (1). Cela passe par plusieurs étapes : 1. envoi d’un Bitcoin par A, 2. regroupement des transactions en un bloc, 3. validation de ce bloc par le réseau, 4. ajout du bloc à la chaîne (Blockchain) et enfin, 5. réception du bitcoin par B. 

Cet engouement autour du Bitcoin créa la première bulle des cryptomonnaies. Les ingrédients étaient les mêmes qu’aujourd’hui : des économistes célèbres qui émettent des doutes sur cette monnaie digitale, des banques centrales qui avertissent les investisseurs sur les éventuels dangers, des pays et entreprises qui interdisent purement et simplement l’utilisation ou la détention de cryptomonnaies… 

Au 11 décembre 2017, le Bitcoin était affiché à 16 381 $, record absolu pour à l’époque. Une année plus tard, il avait perdu 83 % de sa valeur pour atteindre 2 840 $. Le monde financier croyait en avoir fini avec les monnaies numériques sans se douter, au contraire, que ce n’était que le début d’une nouvelle ère des cryptomonnaies.

En parallèle, d’autres spécimens virent le jour. On ne parlait plus uniquement du Bitcoin, mais également de l’Ethereum, Litecoin, XRP, VeChain et même du Dogecoin. Chacune d’entre elles apportait une nouvelle touche d’innovation dans un écosystème déjà bien en place. 

Plus largement, les cryptomonnaies ont ouvert la voie à une multitude d’actifs digitaux interchangeables et non centralisés. Au point d’inciter les banques centrales à imaginer et concevoir leur propre monnaie digitale. 

L’innovation selon Musk

En parallèle, la communauté Tech se prit d’affection pour un jeune entrepreneur qui a la réputation de transformer tout ce qu’il touche en or. Elon Musk a su maîtriser très tôt le langage informatique, créant un jeu vidéo à 12 ans. (Même si je ne retracerai pas ici toute son histoire (nous en ferons une chronique dédiée), je souhaite quand même rappeler à quel point les entreprises qu’il a créées étaient innovantes pour leur époque). 

⁃        1995 : Zip2 – objectif : aider les médias à se développer sur internet. Elle fut vendue en 1999 pour 307 millions de dollars.

⁃        1999 : Xcom – objectif : proposer des services bancaires en ligne. L’entreprise s’associera avec son concurrent pour devenir PayPal. Elle sera vendue en 2002 à Ebay pour un montant de 1500 millions de dollars. 

⁃        2002 : Space X – objectif : Relancer la conquête spatiale et fonder une colonie sur Mars. En 2021, Space X devient la première société privée à envoyer des astronautes vers la station spatiale internationale.

⁃        2004 : Tesla – objectif : Démocratiser la voiture électrique et se débarrasser des énergies fossiles. Il en deviendra le Directeur général en 2008. 

⁃        2012 : Hyperloop – objectif : révolutionner les transports en commun. 

⁃        2016 : Neuralink – objectif : Dépasser les barrières physiques de l’intelligence humaine grâce à l’intelligence artificielle. 

Il a également fondé d’autres sociétés, moins innovantes, mais tout aussi prometteuses (ex. Powerwall), et parfois inutiles (the Boring Company). 

Les entreprises innovantes créées par Elon Musk.

Rencontre pas si hasardeuse que cela

Les deux futurs tourtereaux, les cryptomonnaies et Elon Musk, progressaient petit à petit. Le premier s’échangeait entre membres de la communauté geek, son côté discret et anonyme favorisant également le blanchiment d’argent pour le compte d’organisations criminelles. Le second fit de plus en plus la une des médias, l’opinion publique tenant en très bonne estime l’excentrique milliardaire. 

De son côté, les résultats des entreprises d’Elon Musk avaient du mal à convaincre les marchés. Aux yeux des traders, la révolution attendue était soit trop faible, soit trop lente à se concrétiser. Pire, Tesla était dans le viseur des vendeurs à découvert (short) qui étaient à l’affut du moindre faux pas. 

Fatigué et armé de son plus beau smartphone, Elon Musk enchaîna les tweets pour dire tout ce qui lui passa par la tête. Ainsi, il qualifia la Securities Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine, de « Commission d’enrichissement des vendeurs à découvert »(2), ce qui lui vaudra une amende de 20 millions de dollars et son poste de président de l’entreprise. Le 7 août 2018, il annonça même son envie de retirer Tesla de la bourse grâce à l’aide d’un fonds souverain arabe. Il se rétracta par la suite, créant une colère chez les investisseurs (qui ont perdu de l’argent) et une enquête par la SEC. (3) 

Bref, Elon Musk était las d’être la cible des vautours et de ne pas pouvoir y répondre librement (je passe sur l’épisode où Musk fume du cannabis en direct à la radio…). Dans un marché réglementé, les prises de paroles des PDG ont un impact considérable sur la valeur boursière de l’entreprise, surtout si l’on représente l’histoire de celle-ci. Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Sundar Pichai, Satya Nadella, et bien d’autres ne peuvent dire ouvertement ce qu’ils pensent, au risque de mettre en péril leur empire. 

Pour Musk, les cryptomonnaies avaient de nombreux atouts, un moyen de changer le monde financier, une technologie qui n’était encore qu’un diamant brut, mais surtout une grande liberté d’action (en l’absence de réglementation). C’est décidé, le milliardaire avait trouvé son nouveau terrain de jeu… 

Conclusion

Il nous est difficile d’imaginer le monde de demain, surtout lorsque les changements se font à une vitesse folle. Henry Ford, l’inventeur des voitures Ford, aimait dire que « s’il avait demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ces derniers lui auraient répondu des chevaux plus rapides ». Elon Musk est dans ce même Mindset, lui qui avait déjà imaginé, avec X.com/PayPal, une autre version du monde bancaire. 

Les cryptomonnaies font partie du changement attendu dans le secteur financier. Cependant, dans leur état actuel, avec une très forte volatilité, des pertes ou des vols, du blanchiment d’argent, elles donnent des raisons aux craintes qui lui sont associées. Et si quelqu’un leur apportait une légitimité ? Et si quelqu’un, fin connaisseur de la technologie, pouvait dompter cette monnaie ? Et si quelqu’un pouvait offrir une chance aux petits investisseurs de gagner beaucoup d’argent ? Pour cela, il faudrait être « cool », « visionnaire », un peu comme Tony Stark dans Iron Man. Un seul homme incarne tout cela. Il est prêt à mettre son costume de héros et annoncer son objectif : To the moon.

Ne ratez pas la seconde partie de l’article : Cryptos et Musk, je t’aime, moi non plus !

Article rédigé par Timur Kazkondu.

(1) : https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

(2) : https://www.nytimes.com/2018/10/04/business/elon-musk-sec-tweet.html

(3) : https://www.sec.gov/news/press-release/2018-226

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Parlons films : Margin Call

Parlons Finance vous propose de découvrir un livre ou un film dont le sujet est la finance. Ceux-ci sont choisis pour la qualité de leur réalisation, les notions qu’ils traitent ou leur réputation.  

Commençons cette série avec une production américaine sortie en 2011 et réalisée par J.C. Chandor, Margin Call

Histoire

L’intrigue se déroule en 2008, à l’aube de la crise financière des subprimes. Eric Dale, qui travaille dans une banque d’investissement new-yorkaise, se fait licencier en même temps qu’une grande partie de son étage. Avant de quitter les lieux, il remet à une clé USB à son collègue, Peter Sullivan, et le met en garde sur ce qu’il va découvrir.

En fin de journée, Sullivan travaille sur le projet Dale et comprend le danger qu’encourt la banque sur certains de ses investissements, les Morgage Backed Securities (MBS) ou titres adossés à des créances hypothécaires. 

Notion de finance : Les MBS sont des actifs financiers créés sur un principe comptable : lorsqu’une banque prête de l’argent à un client pour un crédit hypothécaire, elle doit également détenir une petite part en fonds propres pour se protéger d’une éventuelle faillite. De ce fait, si elle souhaite augmenter son volume de prêts, elle devra faire de même avec ses provisions. 

Pour contourner cette règle, les banques ont créé des produits financiers qui regroupent un ensemble de crédits hypothécaires, assemblés par blocs et notés en fonction de la qualité des emprunteurs. Ainsi, elles commercialisent des actifs et non plus des prêts.

Les supérieurs de Peter Sullivan sont affolés par ce qu’ils voient, les risques pris par la banque sont tellement importants qu’une légère baisse des cours impliquerait une perte plus considérable que la valeur totale de l’entreprise. La faillite est très proche. 

Notion de finance : Cette analyse est possible grâce à la VAR, ou Value At Risk, qui est un outil utilisé par les gestionnaires de risque pour déterminer le niveau maximal de perte que pourrait subir un portefeuille sur une période donnée et avec un degré de certitude. 

Ce modèle repose sur trois critères, l’horizon (ex. : dans les 12 mois à venir), le niveau de certitude choisi (ex. : 99 %) et la taille de l’échantillon historique (ex. : sur base des 10 dernières années de progression). Il vous donne ce type de réponse « sur base d’un historique de 5 ans et avec une certitude de 99 %, le portefeuille peut perdre, dans les 12 mois à venir, maximum 1 million de dollars si la volatilité dépasse les niveaux prévus par le modèle ».

Cette situation crée une véritable panique et contraint les cadres de la banque à se réunir en urgence, dont le charismatique PDG, John Tuld. Ce dernier, très pragmatique, demande à son équipe de se débarrasser immédiatement de tous les titres toxiques. Cette décision sera contestée en interne, car elle implique de flouer un grand nombre de partenaires de la banque. 

Le lendemain matin, le département trading vendra au rabais ses MBS et causera par la même occasion une panique généralisée sur les marchés financiers. 

Photo : Margin Call – Before de Door Pictures / Benayora Pictures

Notre avis

Bien qu’elle ne soit pas nommée, la banque au cœur de ce film fait directement référence à Lehmann Brothers. John Tuld (interprété par Jeremy Irons) est d’ailleurs fortement inspiré de Richard Fuld, ancien PDG de Lehmann.  

Le film nous montre la brutalité qui peut régner au sein d’une grande banque, chacun ne pensant qu’à sa propre personne. C’est l’addition des individualités qui crée la structure, centrée sur un seul maître, le président. Ce dernier n’a d’ailleurs qu’un rôle, celui d’assurer la pérennité du groupe, quoi qu’il arrive.

Margin Call est volontairement lent, mais arrive à installer un climat de tension tout au long de son histoire. On sait que quelque chose d’important va se passer lorsque le PDG descend par hélicoptère au beau milieu de la nuit. Ajoutez à cela un casting de qualité avec Kevin Spacey, Simon Baker, Zachary Quinto ou Penn Badgley (ma femme m’en voudrait de ne pas le citer), et vous aurez de quoi passer une bonne soirée.

Le film tente de reproduire fidèlement l’univers de la finance, jusqu’à devenir parfois très technique. Les néophytes n’auront pas de mal à suivre, mais pourront lui reprocher un manque d’action. En tout cas, chez Parlons Finance, nous ne pouvons que vous recommander chaudement ce film. 

Réalisme : 4/5 

Enseignement de la finance : 3/5

Connaissances requises pour comprendre le film : 3/5

L’histoire en général : 5/5 

Total : 15/20 (très bon)

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Invest #7: Qu’est-ce que représentent les SPAC dans le monde de la finance ?

L’année 2020 nous a montré qu’il existe de nombreuses manières de s’enrichir sur les marchés financiers. Si les actions ou les cryptomonnaies ont été largement médiatisées, d’autres formes d’investissements ont su tirer leur épingle du jeu…

Parmi celles-ci, nous retrouvons les SPAC ! 

Qu’est-ce qu’une SPAC ? 

Une SPAC, ou Special Purpose Acquisition Company, est une société sans activité opérationnelle dont l’objectif est de réunir des capitaux afin d’acquérir une autre société non cotée en bourse. 

La particularité de cette opération tient dans le fait que c’est la SPAC, coquille vide, qui possède les liquidités nécessaires à l’achat d’une « réelle » entreprise. 

Pour cela, la SPAC doit avant tout s’introduire sur les marchés financiers et séduire les potentiels investisseurs. 

Comment cela fonctionne-t-il ? 

Les SPAC sont regroupées autour d’une équipe d’entrepreneurs, dont la réputation et les compétences influencent grandement la réussite, ou non, de l’opération. Avant leur concrétisation, elles doivent passer par plusieurs étapes :

1)      Introduction : Au moment de l’introduction en bourse, le montant total à lever ainsi que le prix de départ sont connus (10 $ pour une action SPAC aux États-Unis). 

2)      Recherche de la cible : La SPAC, seule, n’a pas de réel intérêt pour ses actionnaires, car elle ne dispose ni d’historique ni de trésorerie (d’où son surnom « entreprise chèque en blanc »). C’est l’entreprise ciblée qui fait l’objet de toutes les convoitises. Ainsi, l’équipe dirigeante de la SPAC dévoile à l’avance les critères d’acquisition (secteur d’activité, taille de l’entreprise, rentabilité à venir, vision, etc.) du projet. 

Toutes les SPAC n’ont pas de fin heureuse, certaines propositions peuvent être refusées par les actionnaires qui, faute d’alternatives, réclament le remboursement et la dissolution de la SPAC.

3)      Fusion : dans de nombreux cas, la SPAC est l’occasion de faire de bonnes affaires. Les fondateurs deviennent propriétaires d’une entreprise qu’ils pourront modeler. Les actionnaires entrevoient un bon potentiel de rendement. Les intermédiaires touchent de grosses commissions. Enfin, l’entreprise cible accède aux marchés financiers à travers un moyen plus rapide et moins coûteux. 

4)      Liquidation : Certaines SPAC portent le nom de la société acquise, ce qui prouve leur volonté de ne faire qu’un avec la nouvelle entité. Par la suite, la société devra suivre un parcours plus classique, composé de publications de résultats, d’annonces et de prévisions.   

Le nombre de SPAC introduites en bourse en 2020 nous montre l’intérêt porté par le milieu, bien que tout ne soit pas parfait. 

D’une part, la période fixée (souvent 2 ans) pour acquérir une entreprise peut parfois pousser les fondateurs à prendre des décisions hâtives dans les derniers instants. S’ils ne trouvent pas la bonne entreprise, leur mise de départ sera perdue. 

D’autre part, les SPAC sont soumises à une réglementation moins stricte que les IPO classiques et leur accès est réservé aux spécialistes en la matière.

Exemples 

Fort présents dans le secteur de la technologie et de la santé, les SPAC sont nées aux États-Unis (tiens donc) dans les années 90. En Europe, il faudra attendre 2007 pour voir la Pan-European Hotel Acquisition Company récolter 115 millions d’euros sur l’Euronext Amsterdam. 

En Belgique, nous n’avons pas d’exemples connus de SPAC. Cependant, l’émergence de ce type d’opération sur le Vieux Continent pousse les régulateurs européens à travailler sur une réglementation commune entre les pays membres de l’Union. 

Après tout, si la prise de risque fait partie de l’ADN de l’investisseur américain, ce trait de caractère est moins présent chez les Européens qui souhaiteront obtenir davantage de garanties avant de se lancer dans l’aventure.  

Par KAZKONDU Tim

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Invest #4 : Qu’est-ce que le Short Squeeze ?

Depuis janvier, une bataille féroce est engagée sur les marchés financiers entre certains gestionnaires de fonds et des investisseurs particuliers. La raison du conflit ? La vente à découvert ou « short selling » menée sur des entreprises en difficulté. 

Pour comprendre ce que veut dire « shorter », vous devez accepter l’idée qu’il est possible de gagner de l’argent sur la baisse du prix d’une action. Ces opérations sont réalisables grâce aux produits dérivés dont sont friands certains Hedge funds.  

En effet, la liquidation forcée (Short Squeeze) des positions courtes peut devenir un cauchemar pour les vendeurs à découvert à moins qu’ils ne réagissent très rapidement … 

Concrètement, le shorteur prendra le pari que l’entreprise X verra la valeur de son action en bourse chuter (ses anticipations peuvent être justifiées, ou non). Son principal souci est qu’il ne possède pas d’action X. Il va donc les emprunter auprès d’un actionnaire de l’entreprise, et lui promet de les lui rendre à une date future.

Dès réception, le Shorter vendra immédiatement ces titres au prix du marché et attendra sagement qu’elles perdent de la valeur, avant de les racheter et ainsi rembourser sa dette. Les deux acteurs sont alors satisfaits, le Shorter a réalisé un gain et l’actionnaire détient toujours des titres de l’entreprise. 

Le short squeeze intervient lorsque le prix de l’action va dans le sens opposé au scénario imaginé. Une telle situation, qui peut être provoquée par d’autres investisseurs, représente un danger pour le shorteur qui doit rapidement couper ses positions afin d’éviter de lourdes pertes. Car attention, si la plus-value a une limite (l’action ne peut pas aller au-dessous de zéro), la moins-value, elle, n’en a pas ! 

Exemple de Volkswagen et Tesla :

Un exemple connu par la plupart des financiers s’est déroulé durant le mois d’octobre 2008, lorsque le cours de l’action VW avait quintuplé en seulement deux jours, passant de 210 € à 1 000 €. Porsche avait annoncé avoir gagné 74 % du contrôle des part de votes de Volkswagen, ce qui a entraîné une forte hausse du cours de son action, les vendeurs à découvert étant alors forcés de payer 1 005 € par action pour clôturer leurs positions.

Plus récemment, le cours de l’action Tesla a également fait l’objet d’un short squeeze début 2020. Plus tôt, les actions du constructeur électrique américain étaient les actions les plus vendues à découvert sur le Nasdaq, mais plusieurs nouvelles positives, notamment des résultats du quatrième trimestre supérieurs aux attentes, a entraîné une hausse des cours de l’action atteignant plus de 850$.

Inutile de préciser que les pertes des vendeurs à découvert ont l’inconvénient de pouvoir devenir exponentielles durant la liquidation forcée des positions courtes, et les gains pour ceux ayant une position longue peuvent permettre de ne plus jamais travailler à vie …

Par KAZKONDU Timur et NAQI Hamza

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Investir #5 : Les 5 qualités d’un bon trader

Derrière chaque investisseur se cache une personnalité unique, avec ses qualités et ses défauts. Certaines d’entre elles peuvent vous aider à réussir sur les marchés financiers tandis que d’autres seront les causes de vos éventuels échecs. 

Si pour investir vous devez avant tout respecter votre profil et une stratégie, vous devez également apprendre à cerner votre personnalité. Êtes-vous émotif(ve) ? De nature stressée ? Pouvez-vous facilement accepter que les choses ne se passent pas comme prévu ? Votre mental vous permet-il d’encaisser les coups ? Ce sont des questions à se poser lorsque l’on veut entrer dans un univers aussi compétitif que celui de l’investissement. 

👉 Les grands traders de ce monde, au parcours professionnel et social différent, se ressemblent néanmoins sur quelques traits de caractère qui leur sont très profitables. Parlons Finance vous propose son top 5 de ces qualités :

5. Être pragmatique

Un trader sérieux doit garder un recul suffisant sur ce qu’il se passe sur les marchés financiers. Il ne tombe pas dans l’euphorie généralisée qui l’entraînerait à prendre de plus en plus de risques. Il sait « séparer le bon grain de l’ivraie ». Son opinion est forgée par un mélange d’expériences personnelles, de chiffres concrets, de recherches empiriques et d’analyses d’experts (auxquelles il accordera une importance moyenne).  

 > Cette qualité vous permettra de vous questionner sur l’augmentation soudaine et rapide de la valeur d’un titre en bourse ou sur les promesses exagérées faites par des vendeurs. 

4. Rester concentré(e)

De nos jours, nous sommes noyés sous l’information continue qui nous entoure. Entre les réseaux sociaux, les forums, et les chaînes d’informations, l’investisseur doit pouvoir rester concentré sur sa tâche. Si vous vous sentez débordé(e), mieux vaut alors vous accorder une pause plutôt que de disperser votre énergie. S’il est difficile de garder son attention durant toute une journée, cela l’est encore plus sur toute une année. De ce fait, beaucoup de grands courtiers s’offrent des vacances pour recharger les batteries.

> Cette qualité vous permettra d’aller droit au but et d’atteindre plus rapidement vos objectifs. Puisque votre concentration diminue au fil du temps, vous devez mettre à profit ces moments en ne vous laissant pas perturber par votre environnement. 

3. Gérer ses émotions

Investir sur certains produits financiers, comme les actions ou les produits dérivés, peut très vite mettre vos nerfs à rude épreuve. La hausse (baisse) soudaine des bourses peut entraîner une vague d’euphorie (panique) généralisée à laquelle vous devez rester prudent. Le bon trader doit pouvoir gérer ses émotions dans les moments où son portefeuille sera secoué. Votre égo doit également être contenu, il n’a pas sa place sur les marchés financiers. 

> Cette qualité vous permettra d’éviter d’agir sous des émotions extrêmes comme la colère, la tristesse ou l’euphorie, qui ne vous apporteront que peu de bénéfices. À l’inverse, nous ne vous recommandons pas de faire preuve d’alexithymie (c’est la difficulté à exprimer des émotions), car chacun dispose d’une structure émotionnelle solidement ancrée impossible à supprimer. Trouvez votre équilibre.  

2. Trouvez votre équilibre 

Dans toutes nos recommandations, il est question d’équilibre. Celui entre les capitaux que vous pouvez investir ou garder, les risques que vous pouvez prendre ou non, les émotions que vous devez contenir ou exploiter, l’équilibre que vous devez avoir entre votre vie privée et professionnelle. Investir s’apparente à un travail que l’on termine à la fin de la journée. Vos yeux ne doivent pas rester rivés sur les cours de bourse. De nombreux gourous de la finance pratiquent la méditation pour leur permettre de se déconnecter des marchés et apaiser leur esprit. 

> Cette qualité doit vous aider à comprendre ceci : L’argent ne dort jamais, il n’en a pas besoin, vous si. À ne vouloir rien manquer des marchés financiers, vous passerez sûrement à côté de beaucoup d’autres choses importantes à votre vie. 

1. Maintenir une discipline

Réussir sur les marchés financiers n’est pas une chose aisée, bien que les apparences puissent parfois montrer le contraire. De nombreux professionnels vous diront que pour performer dans ce domaine, un bon trader doit avoir un plan et s’y tenir fermement. Le manque de discipline est caractérisé par une prise soudaine de décisions risquées, comme l’ajout d’actifs très volatils ou le refus de couper une position baissière. 

La persévérance fait également partie d’une discipline de fer. Vous essuierez sûrement des échecs dans votre carrière, mais cela doit être pris comme une leçon et une opportunité de vous améliorer. Comparez-vous à des sportifs de haut niveau, une bonne prestation ne vous dispense pas de vous entraîner le lendemain. 

> Cette qualité nous semble être la plus importante, car elle nécessite un travail continu. La réussite d’un trader tient à sa capacité à appliquer encore et encore les mêmes techniques, à respecter son plan et garder la tête froide. 

➡️ Voici, à nos yeux, les cinq qualités les plus utiles à développer si vous souhaitez investir votre argent. Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive et il en existe beaucoup d’autres que nous n’avons pas citées, comme la patience ou la curiosité. Et vous, que pensez-vous de notre top ? Avez-vous d’autres qualités à recommander ?  

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TOP 10 des hommes les plus riches du monde en 2020 !

Dans ce top 10 des hommes les plus riches du monde, il est pas étonnant de voir que le podium des hommes les plus riches du monde est entièrement américain avec Bill Gates sur la deuxième marche et Jeff Bezos qui ne bouge pas d’une semelle.

En effet, le patron d’Amazon fait partie des grands bénéficiaires du contexte que nous connaissons et surtout du confinement puisque le cours de l’action du géant du e-commerce a bondi de 25% depuis le 1er janvier.  Ainsi, Bezos a gagné 25,4 milliards de dollars en une année, pour une fortune estimée à 140 milliards de dollars,  selon Bloomberg.

TOP 10 des hommes les plus riches du monde :

  1. Jeff Bezos, USA, patron de Amazon avec 140 milliards de dollars
  2. Bill Gates, USA, fondateur de Microsoft avec 106 milliards de dollars
  3. Mark Zuckerberg, USA fondateur du réseau social Facebook comptant 2,7 milliairds d’utilisateurs avec 78,8 milliards de dollars
  4. Bernard Arnault, Français, PDG de LVMH avec 77,1 milliards de dollars
  5. Warren Buffett, USA, fondateur du fonds d’investissement Berkshire Hathaway avec 69,5 milliards de dollars
  6. Steve Ballmer, USA, hommes d’affaires et ancien CEO de Microsoft avec 65,5 milliards de dollars
  7. Larry Page, USA, co-fondateur de moteur de recherche le plus utilisé au monde, Google avec 64,8 milliards de dollars
  8. Sergey Brin, USA, co-fondateur de Google avec 62,8 milliards de dollars
  9. Larry Ellison, USA, co-fondateur de Oracle Software avec 58,8 milliards de dollars
  10. Rob Walton, USA, riche héritier de Walmart avec 55 milliards de dollars

Ce top 10 est à nouveau dominé par des personnalités américaines … Pour rappel, la pandémie a permis à plusieurs milliardaires américains d’accroître leur fortune de 282 milliards de dollars au total !

On y observe que Bernard Arnault, le modèle français de la réussite financière, vient de céder la troisième place des hommes les plus riches du monde à Mark Zuckerberg. Actuellement, une fortune estimée à 77,1 milliards d’euros par Bloomberg alors qu’en novembre dernier, elle atteignait un chiffre record de 109,5 milliards d’euros.

Durant cette période, il était au coude à coude avec le patron de Amazon, Jeff Bezos, qui garde sa chaise dorée avec 140 milliards de dollars. Vous l’imaginez bien, en à peine quelques mois, le français a perdu plus de 25 milliards de dollars subissant la crise de plein fouets. Les magasins de ses marques étaient fermées et n’ont pu accueillir les clients…

Par Hamza NAQI

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Les Traders utilisent souvent les CFD, nous vous expliquons ce que ça signifie !

Quelle image a-t-on de la bourse ? Parmi les réponses données par les non-initiés nous pourrions tomber sur celle-ci : « la bourse ? Avec les actions ? C’est trop risqué, je peux tout perdre. Non, la bourse ce n’est pas pour moi ! » ou « La bourse ? C’est pour acheter beaucoup d’actions et devenir riche ! »

Ce type de réaction peut s’expliquer par une multitude d’éléments qui font appel à la logique, les émotions ou les croyances des individus. Ils peuvent également être créés ou renforcés par ce que l’on entend ou voit autour de nous, notamment dans les médias. Ce qui nous amène à un constat : la forte médiatisation des actions par rapport aux autres produits financiers.

On le sait, le sensationnel attire le public… Et quoi de plus « captivant » que de voir le prix d’une action s’envoler ou dégringoler en l’espace d’une journée ? Des gens crient, d’autres pleurent, des fortunes sont détruites, bref, c’est riche en émotions. Et bien que les marchés financiers englobent plusieurs autres catégories de produits, comme les obligations ou les produits dérivés, c’est généralement les actions qui font la une de la presse financière.

Cependant, peut-on pour autant dire que les personnes qui font ces raccourcis ont tort ? Oui et non.

« La bourse » est avant tout un lieu où se rencontrent l’offre et la demande. L’objectif est de standardiser les conditions d’échanges pour faciliter les transactions. Dès lors, en théorie, il peut y avoir une bourse à n’importe quel endroit du monde (elle ne sera pas forcément réglementée).

Et puisque les bourses elles-mêmes peuvent avoir des caractéristiques différentes, il en va de même pour les produits financiers échangés. Aux côtés de produits très « classiques » comme les actions, obligations, futures, nous retrouvons également des produits plus « exotiques », comme celui qui nous intéresse aujourd’hui, les Contract for Differences (CFD).

Les CFD font partie de la catégorie des « produits dérivés ». Ils ont plusieurs types de sous-jacent comme les actions, les indices, les matières premières ou même des crypto-monnaies.

Ces contrats sont créés par des courtiers, qui en fixent les règles, dont celle de leur rémunération qui est la différence entre le prix d’achat et de vente du contrat (Spread). L’idée est de parier sur l’évolution future du sous-jacent, on dit alors que l’on prend une position à la hausse ou à la baisse.

Quels sont les avantages et inconvénients du CFD ?

Dans des produits hautement spéculatifs, les avantages peuvent aussi être inconvénients. En voici quelques-uns :

– Principaux avantages

  • L’effet de levier: principale raison d’investissement et bien connue des spéculateurs, l’effet de levier permet d’augmenter sensiblement les gains lorsque le sous-jacent varie légèrement. Un effet de levier de 100 permet de doubler sa mise si le sous-jacent varie de % à la hausse.
  • Les produits négociés: vous pouvez acheter des produits peu vendus aux particuliers, comme les matières premières ou les devises.
  • Liquidité et cotation 24/24h : Alors que le marché réglementé impose des horaires pour les transactions (souvent 9 h-16 h), les CFD peuvent s’échanger 24 h/24 avec les courtiers, ce qui garantit une forte liquidité.
  • Simple d’utilisation: les CFD permettent généralement un effet de levier de 10 . Par exemple, si vous achetez 50 CFD APPLE, au lieu d’acheter l’action APPLE coté à 400€, le CFD permet d’investir 2000€ au lieu de 20.000€ pour profiter d’une performance similaire. En effet, si l’action APPLE gagne 1%, le CFD dérivé de APPLE, lui, s’appréciera de 10%.

– L’inconvénient :

  • L’effet de levier: Bien évidemment, il s’agit également de son plus gros défaut. Puisque le CFD tient son principe d’une spéculation sur la direction que prendra le cours du sous-jacent, si l’estimation est incorrecte, la perte est immédiate. Ainsi, pour un levier de 100, une diminution de % du prix suffit pour que l’investisseur perde tout son argent. Vous pouvez même clôturer une position avec une perte plus importante que votre mise de départ et vous devrez donc payer la différence au courtier !

La bourse regroupe une multitude de produits financiers, dont certains font preuve d’une très grande transparence alors que d’autres sont très opaques et peu réglementés. Néanmoins, elle est également un lieu où les personnalités se rencontrent : des personnes patientes qui ont une vision à long terme, et d’autres, dont les yeux rivés sur les cours, jouent chaque jour la totalité de leurs avoirs. Même s’il est tentant de prendre des raccourcis pour s’enrichir rapidement, il ne faut pas oublier que cela peut se retourner très sévèrement contre vous.

Disclaimer : Nous vous rappelons également que Parlons Finance est un média informatif et qu’en aucun cas nos articles ont pour but de conseiller à l’achat un produit financier. L’investissement comporte des risques dont vous êtes responsables. Renseignez-vous ou consultez un conseiller financier.

Par Timur KAZKONDU

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Banque & Finance

Près de 5.000 banquiers et traders gagnent plus d’un million d’euros par an en Europe !

Près de 5.000 du secteur bancaire en Europe ont perçu un salaire équivalent au moins à un million d’euros en 2017, selon une étude de l’Autorité bancaire européenne (ABE).

Ceux-ci vivent principalement au Royaume-Uni (73%). La France e trouve à la troisième place juste derrière l’Allemagne avec 233 financiers dépassant le million annuel.

Mais l’année 2018 fut moins faste compte tenu de la performance médiocre sur les marchés boursiers depuis 10 ans mais également des chutes de plus de 30% des cours des valeurs bancaires européennes.

Presque 3/4 de ces « high earners » (hauts salaires) vivent au Royaume-Uni, soit 3.567 personnes.

Ce chiffre révèle la place dominante de Londres comme centre financier de l’Union européenne.

Par ailleurs, la Norvège connait la progression la plus forte avec 25 hauts revenus issus du secteur bancaire, suivie de l’Allemagne (+54%), deuxième pays en nombre de banquiers « millionnaires », 390 au total devant la France avec 233 salariés dépassant le million annuel (+13,6%).

Les métiers de la banque d’investissement (M&A, émissions de dettes et d’actions, activités de marchés) sont ceux qui ont connu le plus grand nombre parmi les millionnaires avec 2.541 personnes, soit plus de la moitié.

Ensuite, il y a les salariés exerçant des fonctions de haut encadrement (861 personnes).

Le rapport portant sur les chiffres pour 2018 sera publié d’ici au début de l’année 2020.