Pouvons-nous considérer les évènements économiques que nous vivons comme « exceptionnels », uniques et incomparables avec ceux du passé ? Est-ce la première fois que l’engouement pour les investissements et l’immobilier est si fort ? Non. Aussi particulière qu’elle puisse paraître, cette situation n’est pas la première en son genre. Au contraire, l’histoire a plutôt tendance à se répéter, encore et encore.
L’économie évolue par cycle, de la même manière que la nature possède différentes saisons qui sont amenées à se présenter, faisant apparaître des hivers très rudes et des étés caniculaires dont nos aînés s’en souviennent encore. Ainsi, un parallèle peut-être fait entre les deux, nous permettant de prendre la température à l’extérieur.
4 saisons pour 4 phases
Au commencement de notre analogie, nous avons une phase de pleine croissance comparable à l’été. Celle-ci est plus ou moins soutenue en fonction des périodes. L’unité de mesure la plus répandue est la croissance du PIB (c’est-à-dire la somme de toutes les richesses créées par un pays) et ses conséquences : une consommation des ménages en hausse couplée à des investissements provenant d’entreprises et de l’État. Cette situation génère à terme plus ou moins d’inflation.
Un peu comme le 21 septembre sonne la fin de l’été et le début de l’automne, un évènement économique important freine la croissance et commence à inverser la tendance haussière. Son intensité et sa durée créeront les premiers éléments perturbateurs. Ainsi, le recul du PIB durant deux trimestres consécutifs est perçu comme un trou d’air identique à ceux pouvant être subis par les avions en plein vol. Ce trou d’air a pour caractéristique d’être limité dans le temps, durant lequel les investissements et la consommation diminuent tandis que le chômage augmente. Si l’économie n’a pas assez de ressources pour amorcer une reprise, nous entrerons dans ce cas dans une période appelée récession.
La récession, c’est l’automne et tout ce qui va avec, perte des feuilles, premiers feux, premières provisions. L’économie ralentit, les investissements des entreprises baissent, le chômage augmente, et tout cela de manière progressive. Petit à petit, l’hiver pointe le bout de son nez… “Winter is coming”.
Si la période peut être synonyme de fêtes de fin d’année, ce n’est pas le cas pour l’économie, car nous parlerons désormais de dépression. Celle-ci s’exprime par une chute violente, longue et profonde de l’activité mondiale. Les crises de 1929 et 2008 en sont de parfaits exemples. La mort de nombreuses plantes représente les multiples faillites des TPE, PME et autres structures. Les États, quant à eux, sont amenés à adopter des mesures d’urgence pour maintenir la tête hors de l’eau et doivent tenter de raviver la flamme de l’économie coûte que coûte. Commence alors les grandes manœuvres interventionnistes (l’État n’hésite pas à entrer en partie ou totalement au capital de certaines entreprises, on parle dans ce cas de nationalisation).
Puisque rien n’est éternel dans la nature, il en va de même avec l’hiver économique. Vient ensuite le printemps, et le début des bonnes nouvelles. La reprise démarre par un retour de la croissance du PIB expliqué par l’augmentation des dépenses des ménages et des entreprises. Cette phase permet aux différents acteurs du marché de reprendre confiance et de réinjecter dans l’économie des fonds, produisant ainsi un cercle vertueux favorisant la croissance. Le but commun de toutes ces parties est de faire perdurer au maximum cette phase du cycle, car qui n’a pas hâte de retrouver le soleil ?
Conclusion
Vous l’aurez compris, comparer les cycles économiques aux saisons et une première façon d’accepter l’inévitable : il y a aura toujours un été et toujours un hiver. Parti de ce constat, l’investisseur pourra se positionner pour faire fructifier son patrimoine intelligemment, car il existe des gagnants et des perdants à chaque période !
Article rédigé par l’équipe Parlons Finance (Benjamin Blace et Timur Kazkondu)
Avant toute chose, vous devez savoir que cette chronique devait paraître la semaine passée. Elle débutait sur les différents qualificatifs élogieux associés par les investisseurs à Elon Musk. « Trop cool », « visionnaire », « Iron Man », les superlatifs ne manquaient pas pour décrire un homme qui représentait pour certains la meilleure version du capitalisme.
Le premier changement dans cette chronique est le titre. Moi qui pensais mettre certains fans en garde sur leur amour aveugle envers l’excentrique milliardaire, ce dernier s’est chargé de rompre l’idylle en quelques tweets.
Seconde modification, le temps utilisé lors la rédaction. Si j’écris au passé et non plus au présent, c’est parce qu’en l’espace d’une semaine, Elon Musk est passé du statut de « porte-étendard » à « ennemi public numéro 1 ».
Enfin, les frasques récentes du patron de Tesla et leurs conséquences sur le marché des cryptos (toujours en ébullition à l’heure actuelle) nous poussent à prendre du recul, à être pragmatiques et à nous poser cette question : Elon Musk est-il encore un ami ?
Avant de commencer cette chronique en deux parties, replaçons le contexte. D’un côté, vous avez l’émergence d’une monnaie alternative, le Bitcoin, et de l’autre l’ascension d’un des entrepreneurs les plus talentueux de sa génération, le Sud-Africain Elon Musk. Deux destins en apparence éloignés, mais qui ont beaucoup en commun.
L’essor des cryptos
L’histoire de la cryptomonnaie est complexe. Pour certains, l’année 2008 est l’année la plus importante, car elle est celle de la naissance du Bitcoin par Satoshi Nakamoto (un pseudonyme pouvant regrouper plusieurs personnes). Cependant, des discussions autour de la création d’une monnaie alternative, véhiculée par internet et totalement émancipée des banques centrales, ont déjà eu lieu vers la fin des années 90.
Le Bitcoin voit le jour dans un contexte macroéconomique compliqué. Nous sommes en pleine crise financière et les banques sont désignées comme les coupables d’alimenter un système de plus en plus avide d’argent. Les banques centrales sont également critiquées pour le pouvoir qu’elles ont sur l’économie, pouvant user à tout moment de leur autorité pour mettre fin à la croissance. Des reproches que la jeune cryptomonnaie promet d’effacer en proposant aux investisseurs un « vrai » changement. Celui-ci sera porté par la technologie sous-jacente que le Bitcoin embarque, la Blockchain, qui sera vue comme LA véritable révolution.
Blockchain : Selon la plateforme BlockchainFrance.fr, la Blockchain est « une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Associée à une monnaie numérique, elle permet d’enregistrer l’ensemble des transactions effectuées avec cette monnaie » (1). Cela passe par plusieurs étapes : 1. envoi d’un Bitcoin par A, 2. regroupement des transactions en un bloc, 3. validation de ce bloc par le réseau, 4. ajout du bloc à la chaîne (Blockchain) et enfin, 5. réception du bitcoin par B.
Cet engouement autour du Bitcoin créa la première bulle des cryptomonnaies. Les ingrédients étaient les mêmes qu’aujourd’hui : des économistes célèbres qui émettent des doutes sur cette monnaie digitale, des banques centrales qui avertissent les investisseurs sur les éventuels dangers, des pays et entreprises qui interdisent purement et simplement l’utilisation ou la détention de cryptomonnaies…
Au 11 décembre 2017, le Bitcoin était affiché à 16 381 $, record absolu pour à l’époque. Une année plus tard, il avait perdu 83 % de sa valeur pour atteindre 2 840 $. Le monde financier croyait en avoir fini avec les monnaies numériques sans se douter, au contraire, que ce n’était que le début d’une nouvelle ère des cryptomonnaies.
En parallèle, d’autres spécimens virent le jour. On ne parlait plus uniquement du Bitcoin, mais également de l’Ethereum, Litecoin, XRP, VeChain et même du Dogecoin. Chacune d’entre elles apportait une nouvelle touche d’innovation dans un écosystème déjà bien en place.
Plus largement, les cryptomonnaies ont ouvert la voie à une multitude d’actifs digitaux interchangeables et non centralisés. Au point d’inciter les banques centrales à imaginer et concevoir leur propre monnaie digitale.
L’innovation selon Musk
En parallèle, la communauté Tech se prit d’affection pour un jeune entrepreneur qui a la réputation de transformer tout ce qu’il touche en or. Elon Musk a su maîtriser très tôt le langage informatique, créant un jeu vidéo à 12 ans. (Même si je ne retracerai pas ici toute son histoire (nous en ferons une chronique dédiée), je souhaite quand même rappeler à quel point les entreprises qu’il a créées étaient innovantes pour leur époque).
⁃ 1995 : Zip2 – objectif : aider les médias à se développer sur internet. Elle fut vendue en 1999 pour 307 millions de dollars.
⁃ 1999 : Xcom – objectif : proposer des services bancaires en ligne. L’entreprise s’associera avec son concurrent pour devenir PayPal. Elle sera vendue en 2002 à Ebay pour un montant de 1500 millions de dollars.
⁃ 2002 : Space X – objectif : Relancer la conquête spatiale et fonder une colonie sur Mars. En 2021, Space X devient la première société privée à envoyer des astronautes vers la station spatiale internationale.
⁃ 2004 : Tesla – objectif : Démocratiser la voiture électrique et se débarrasser des énergies fossiles. Il en deviendra le Directeur général en 2008.
⁃ 2012 : Hyperloop – objectif : révolutionner les transports en commun.
⁃ 2016 : Neuralink – objectif : Dépasser les barrières physiques de l’intelligence humaine grâce à l’intelligence artificielle.
Il a également fondé d’autres sociétés, moins innovantes, mais tout aussi prometteuses (ex. Powerwall), et parfois inutiles (the Boring Company).
Les entreprises innovantes créées par Elon Musk.
Rencontre pas si hasardeuse que cela
Les deux futurs tourtereaux, les cryptomonnaies et Elon Musk, progressaient petit à petit. Le premier s’échangeait entre membres de la communauté geek, son côté discret et anonyme favorisant également le blanchiment d’argent pour le compte d’organisations criminelles. Le second fit de plus en plus la une des médias, l’opinion publique tenant en très bonne estime l’excentrique milliardaire.
De son côté, les résultats des entreprises d’Elon Musk avaient du mal à convaincre les marchés. Aux yeux des traders, la révolution attendue était soit trop faible, soit trop lente à se concrétiser. Pire, Tesla était dans le viseur des vendeurs à découvert (short) qui étaient à l’affut du moindre faux pas.
Fatigué et armé de son plus beau smartphone, Elon Musk enchaîna les tweets pour dire tout ce qui lui passa par la tête. Ainsi, il qualifia la Securities Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine, de « Commission d’enrichissement des vendeurs à découvert »(2), ce qui lui vaudra une amende de 20 millions de dollars et son poste de président de l’entreprise. Le 7 août 2018, il annonça même son envie de retirer Tesla de la bourse grâce à l’aide d’un fonds souverain arabe. Il se rétracta par la suite, créant une colère chez les investisseurs (qui ont perdu de l’argent) et une enquête par la SEC. (3)
Bref, Elon Musk était las d’être la cible des vautours et de ne pas pouvoir y répondre librement (je passe sur l’épisode où Musk fume du cannabis en direct à la radio…). Dans un marché réglementé, les prises de paroles des PDG ont un impact considérable sur la valeur boursière de l’entreprise, surtout si l’on représente l’histoire de celle-ci. Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Sundar Pichai, Satya Nadella, et bien d’autres ne peuvent dire ouvertement ce qu’ils pensent, au risque de mettre en péril leur empire.
Pour Musk, les cryptomonnaies avaient de nombreux atouts, un moyen de changer le monde financier, une technologie qui n’était encore qu’un diamant brut, mais surtout une grande liberté d’action (en l’absence de réglementation). C’est décidé, le milliardaire avait trouvé son nouveau terrain de jeu…
Conclusion
Il nous est difficile d’imaginer le monde de demain, surtout lorsque les changements se font à une vitesse folle. Henry Ford, l’inventeur des voitures Ford, aimait dire que « s’il avait demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ces derniers lui auraient répondu des chevaux plus rapides ». Elon Musk est dans ce même Mindset, lui qui avait déjà imaginé, avec X.com/PayPal, une autre version du monde bancaire.
Les cryptomonnaies font partie du changement attendu dans le secteur financier. Cependant, dans leur état actuel, avec une très forte volatilité, des pertes ou des vols, du blanchiment d’argent, elles donnent des raisons aux craintes qui lui sont associées. Et si quelqu’un leur apportait une légitimité ? Et si quelqu’un, fin connaisseur de la technologie, pouvait dompter cette monnaie ? Et si quelqu’un pouvait offrir une chance aux petits investisseurs de gagner beaucoup d’argent ? Pour cela, il faudrait être « cool », « visionnaire », un peu comme Tony Stark dans Iron Man. Un seul homme incarne tout cela. Il est prêt à mettre son costume de héros et annoncer son objectif : To the moon.
Ne ratez pas la seconde partie de l’article : Cryptos et Musk, je t’aime, moi non plus !
Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre d’un Investment Manager de la banque luxembourgeoise Raiffeisen afin de lui poser quelques questions.
De la construction d’un portefeuille d’investissement à sa vision sur le futur des cryptomonnaies, ce financier nous explique sa réflexion concernant plusieurs thématiques au travers de son expérience.
Bonjour, Sascha, pouvez-vous nous présenter votre profession d’Investment Manager et nous parler de votre expérience dans ce métier ?
Tout d’abord, il faut savoir que j’ai obtenu un double diplôme LSM-ICHEC en Financial Management et c’est via un stage au sein la banque Raiffeisen à Luxembourg que j’ai pu obtenir ma première expérience dans le monde de la banque et de la finance.
Aujourd’hui, je travaille dans cette même banque en tant qu’Investment Manager. Je collabore avec 3 personnes et le rôle principal de notre Squad est de sélectionner et de suivre des produits d’investissement (fonds, ETFs, obligations ou encore des produits structurés) pour les conseillers/gestionnaires clients ainsi que de rester au courant de l’actualité financière et boursière. Nous sommes aussi en contact avec nos partenaires et les fonds d’investissement qui figurent sur nos listes de sélection.
Nous ne nous occupons pas de portefeuilles individuels et n’avons pas de contacts directs avec les clients.
Si vous deviez conseiller un investisseur débutant, quelles seraient les principales étapes/conseils à suivre lors de la création d’un portefeuille d’investissement ?
Un principe primordial lorsque nous nous lançons dans l’investissement est de s’informer et suivre l’actualité financière, car, en règle générale, la plupart d’entre nous ne possèdent pas spécialement de connaissances en matière économique et financière, ce que permettent aujourd’hui plusieurs médias dont Parlons Finance.
Le seul fait de lire un livre à ce sujet, par exemple sur les bases et concepts clés, nous fournit déjà de bonnes bases pour pouvoir construire son portefeuille.
Ensuite, il est important de se poser la question « quel est mon objectif et mon horizon d’investissement ? » Est-ce d’avoir un rendement pour combler l’inflation, est-ce pour faire le plus d’argent possible ou est-ce pour ma retraite ?
Évidemment, je conseillerais à n’importe quel jeune débutant d’avoir une philosophie d’investissement à long terme et d’avoir un portefeuille suffisamment diversifié puisqu’il permet de réduire majoritairement le risque spécifique aux entreprises que l’on appelle le risque « idiosyncrasique ». Je recommanderais aussi d’adapter son exposition en fonction de ses besoins et de l’horizon, qui peuvent varier au fil du temps.
Il est également important de faire des investissements dans un intervalle régulier tel que pour un plan d’épargne afin de profiter d’un effet de lissage des coûts et d’éviter d’investir au mauvais moment (éviter le « Market timing »).
Comme vous l’avez mentionné, on dit souvent qu’il ne faut pas « mettre tous ses œufs dans le même panier » quand on parle d’un portefeuille d’investissement. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi est-ce une expression clé dans le monde de l’investissement ?
Effectivement, c’est une des premières expressions qu’on entend dans le monde de l’investissement.
Il existe néanmoins quelques réflexions contraires concernant la diversification dans un portefeuille. Pourtant, il s’agit d’une logique mathématique liée aux corrélations, car moins les titres/actifs sont corrélés, plus c’est avantageux pour la diversification.
Il existe deux risques majeurs que sont le risque systématique (ou risque de marché) et le risque spécifique (ou idiosyncrasique).
Le risque systématique est principalement lié à un événement particulier qui entraîne une réaction en chaîne sur l’ensemble du système pouvant créer une crise générale. Le risque non systématique ou risque spécifique est propre à une entreprise.
Si dans son portefeuille on possède par exemple 15 titres différents, on réduit le risque lié aux entreprises (non — systématique) quasi complètement sans devoir renoncer à du rendement, c’est-à-dire, qu’on peut réduire le risque total d’un portefeuille tout en gardant le même rendement, car le risque non systématique n’est en principe pas rémunéré.
Pour rappel, il y existe différents types de diversifications :
Diversification liée aux assets class (actions, obligations, commodités, etc.)
Diversification liée à la taille d’entreprise (Small caps, mid caps, large caps)
Les obligations sont souvent considérées comme des placements sans risque et comme étant une couche défensive dans un portefeuille. Pourriez-vous nous dire comment voyez-vous ces titres en tant qu’Investment Manager ?
Il faut savoir qu’il n’existe pas de placements sans risque, mais il est vrai qu’actuellement les obligations sont souvent utilisées par des clients qui ont un profil défensif et leur permettent justement de rendre leurs portefeuilles moins risqués tout en espérant réaliser un minimum de rendement (même s’il est généralement plus faible qu’une action).
Toutefois, les obligations ont aussi des risques (risque de taux, risque de défaut,…) et donc il existe aussi des obligations plus risquées que d’autres (par exemple les obligations de marché émergents n’ont pas le même risque que les obligations d’Europe).
Dans l’actualité, nous avons pu constater que des investisseurs se bousculaient pour acquérir les obligations de l’État belge et on parle même d’une offre de 50 milliards d’euros. Toutefois, ces titres sont à rendement négatif. Comment expliquer ce comportement ?
Ici, il ne s’agit pas seulement d’avoir une couche défensive pour ces investisseurs, car, dans ce cas précis, les investisseurs représentent souvent de grosses entités tels que des fonds de pension, des banques ou des institutions financières.
Leurs restrictions les obligent souvent à acheter des obligations (par exemple, quota minimal d’obligations de bonne qualité ; on parle alors d’emprunts d’État où « Government bonds »). De plus, même si le taux est négatif, les obligations de l’État belge ont et auront souvent un taux plus intéressant que le taux de rémunération des dépôts ce qui explique la récente ruée vers les obligations de l’État belge.
Restons dans l’actualité et parlons d’un autre sujet qui a fait beaucoup de bruit récemment : la cryptomonnaie. Pourquoi cet engouement et que pensez-vous du futur de la cryptomonnaie ?
Ici, je vais exposer mon avis personnel et non celui de la banque.
Pour comprendre la cryptomonnaie, il faut se poser la question « Pourquoi est-ce qu’on achète cette monnaie ? », car, finalement, elle n’a pas vraiment de valeur intrinsèque et il n’y a pas de méthode pour la valoriser précisément (même si des personnes parlent du coût de production comme valorisation, mais cela me semble plutôt bizarre), comme c’est le cas aussi pour les monnaies fiat. Je pense que la valeur de cette monnaie est seulement guidée par l’offre et la demande.
Concernant son futur, je pense que le fait de la considérer comme une devise traditionnelle serait compliqué puisqu’elle possède actuellement une volatilité élevée.
De surcroît, concernant la pensée qui explique qu’une ou plusieurs cryptomonnaies pourraient devenir une devise mondiale, je pense qu’il est déjà compliqué d’avoir une politique monétaire pour l’Union européenne, alors pour une cryptomonnaie que l’on considérerait comme devise mondiale, cela serait quasi impossible.
J’ajouterai aussi qu’un investissement en Bitcoin ne correspond pas forcément à un investissement en blockchain. Dans certains cas, il est préférable d’acheter des entreprises qui développent ou utilisent la technologie que d’acheter le Bitcoin lui-même.
On peut aussi se demander si la cryptomonnaie peut être une valeur refuge, mais encore une fois, sa
volatilité ne lui permet pas d’être efficace dans ce rôle et en comparaison avec des valeurs refuges classiques comme l’or, les cryptomonnaies sont trop volatiles.
Pour conclure cette interview, en prenant en compte le contexte macro-économique actuel, comment voyez-vous évoluer le monde de l’investissement en 2021 ? Quels seront les principaux secteurs « gagnants/perdants » cette année ?
Selon moi, la reprise économique n’est pas encore certaine et même si les marchés restent dépendants de la santé des entreprises et de l’économie, ils sont surtout influencés actuellement par tout ce qui se rapporte au vaccin, mais aussi aux politiques budgétaires et monétaires accommodantes comme le plan de relance à 1,9 trillion de dollars du président américain Biden qui a soutenu le marché́ US il y a quelques semaines.
Ce qui est aussi intéressant dans ce contexte ce sont les marchés émergents, comme la Chine et sa gestion de la crise qui ont permis une normalisation de la pandémie plus rapide que chez nous, européennes, entraînant une stabilité́ et une croissance plus rapide qu’en Europe. Par ailleurs, les marchés émergents ont aussi un potentiel de croissance économique plus élevée comme les économies développées.
À mon sens, ce serait intéressant d’investir dans des produits durables, car les entreprises qui utilisent les facteurs ESG (Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) sont mieux préparées pour le futur pour lequel la durabilité est indispensable. En plus ces entreprises gèrent mieux tous les risques en général et surtout de durabilité. Finalement, la demande pour des produits et services durables est en pleine croissance.
Enfin, bien qu’investir dans le secteur technologique reste toujours intéressant grâce aux gains de productivités possibles et aux tendances des consommateurs en ce sens (achats en ligne…), il faut toujours garder la valorisation à l’œil, car la demande pour ces titres est déjà à l’état actuel relativement élevé.
Des corrections sont donc toujours possibles dans ce secteur considéré comme « Growth », comme on a aussi pu le constater récemment avec le changement du style « Growth » plutôt vers un style « Value ».
(NDLR : Cette interview a été réalisée dans le respect des mesures sanitaires mises en place au moment de l’enregistrement. )
As-tu 60 secondes pour connaître l’une des stars du trading, une véritable légende de la finance, l’américain Carl Icahn ?
Qui est-il ?
Carl Icahn est né le 16 février 1936 dans le Queens (New York) aux États-Unis. Plutôt porté sur les lettres que les chiffres, il obtint un diplôme de philosophie à Princeton. Il s’essayera ensuite à la médecine, qu’il abandonnera deux ans plus tard pour intégrer l’armée.
Son amour pour les affaires le conduit à travailler à Wall Street, où il deviendra trader en 1961. Sept années plus tard, se sentant comme un poisson dans l’eau, il créa sa propre société de gestion, Icahn & Co, spécialisée dans l’arbitrage et la négociation d’options. Passionné par son travail, Icahn aime prendre les choses en mains, il accepte difficilement le statut d’actionnaire minoritaire et souhaite intégrer le centre décisionnel. Pour cela, il développera une méthode qui fera sa légende.
La méthode Icahn
Carl possède un tempérament explosif. De ce fait, ses méthodes d’investissement sont jugées très agressives par ses détracteurs. Son mode opératoire est le suivant : il repère des entreprises en grande difficulté au potentiel de croissance important. Il achète des parts, harcèle le management en place, exige un siège au conseil d’administration et milite pour une restructuration profonde. Son objectif ? Diminuer rapidement les coûts fixes de l’entreprise pour la rendre rentable.
Au fil du temps, sa société entra au capital de grands noms tels que Texaco, Wester Union, Marvel, Herbalife, Yahoo, Apple et Ebay.
Dans le monde de la finance, sa personnalité provoque des réactions mitigées. Les actionnaires des entreprises qu’il possède sont ravis, Icahn ayant la réputation de transformer le bronze en or. Mais le management le déteste, car son arrivée est très souvent synonyme de perturbations. Ses actions lui ont valu le surnom de « raider » (en français prédateur).
Icahn n’a pas peur d’entrer en compétition avec d’autres stars de la finance. En 2013, il s’oppose à Bill Ackman dans le dossier Herbalife (article dédié sur PF). Selon lui, Ackman accusait, à tort, la société spécialisée dans la vente de produits nutritionnels d’être une pyramide de Ponzi. Pour la presse à l’époque, la principale raison pour laquelle Carl Icahn est entré dans le capital d’Herbalife serait tout simplement parce qu’il déteste Ackman et que rien ne lui aurait fait plus plaisir que de lui faire perdre de l’argent.
De nos jours ?
Carl Icahn est une véritable légende pour toute personne passionnée par le trading. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il ne laisse personne indifférent. À 85 ans, sa fortune estimée à 15,1 milliards de dollars [au 11 avril 2021] selon le magazine Forbes.
L’homme d’affaires est toujours aux commandes de son holding financier et partage son savoir à travers le monde. En 2016, il endossa même le rôle de conseiller pour Donald Trump pour l’élaboration d’une loi visant à diminuer les taxes sur les sociétés.
Philanthrope, il n’hésite pas à donner des millions de dollars pour améliorer les conditions de vies des enfants défavorisés ou malades dans le monde. Les principaux champs d’action de ses fondations sont la médecine et l’éducation.
Conclusion
Voici une preuve de plus que le rêve américain existe. Issu d’une famille modeste, Carl Icahn se hissa parmi l’élite de la finance aux côtés de Warren Buffet ou Georges Soros. Sa méthode, aussi dure soit-elle, a porté ses fruits. Elle a inspiré des millions d’investisseurs dans le monde. En France, celui qui incarne parfaitement la technique Icahn est un certain Vincent Bolloré… également milliardaire !
Depuis quelques années, nous assistons à une augmentation du nombre de personnes qui souhaitent investir en bourse. La raison principale de cet engouement est la faiblesse des taux qui a limité l’intérêt des comptes d’épargne et a largement profité au marché des actions.
Si certains investisseurs sont focalisés sur la recherche d’un rendement élevé (jusqu’à acheter des actifs exotiques comme les cryptomonnaies), d’autres souhaitent également donner un sens à leurs faits afin de contribuer à construire un monde meilleur.
À leurs yeux, les critères de réussite ne se limitent pas uniquement aux performances financières et boursières d’une entreprise, mais reprennent aussi leur impact sur le monde qui les entoure.
Le secteur de la finance a rapidement compris qu’il fallait créer des standards d’investissement durables afin de s’aligner sur les attentes des clients et les 17 objectifs du développement durable proposés par les Nations Unies*.
Trois lettres, trois objectifs.
De ce débat sont nés les critères ESG, ou Environnemental, Sociétal et Gouvernemental qui deviendront les bases de tout investissement socialement responsable. Il existe également d’autres listes dont l’éventail est plus large (ex : exclusion des activités liées au nucléaire).
Environnemental : Ce critère mesure l’impact de l’entreprise sur son environnement, notamment les efforts pour réduire l’empreinte écologique, la diminution de gaz à effets de serre, la consommation d’eau ou la maîtrise des déchets.
Social : Ce critère mesure l’impact de l’entreprise sur les différentes parties prenantes avec qui elle travaille. Le regard est également tourné en interne avec l’analyse des valeurs défendues ou la diversité au sein de la société.
Gouvernance : Ce critère mesure la façon dont l’entreprise est dirigée, la qualité de son management, la stratégie adoptée, la transparence de ses activités et son indépendance vis-à-vis des lobbys.
Chaque critère est évalué séparément et a un poids identique pour l’attribution du label ESG. Cela implique qu’il est nécessaire d’obtenir de bons scores dans chaque catégorie et non pas uniquement dans une ou deux.
La recherche du respect des critères ESG a permis l’élaboration d’une liste d’activités controversées et l’exclusion des entreprises qui ont un lien direct avec celles-ci. On y retrouve les jeux d’argent, la pornographie, la vente ou l’achat de tabac ou d’armes, l’extraction d’énergies fossiles ou l’exploitation de mineurs pour le travail.
Création d’un fonds et obtention du label
Les gestionnaires de fonds d’investissement sont parmi les plus actifs dans la création de portefeuilles dits « durables ».
Pour cela, ils sélectionnent des titres sur base de critères financiers et extrafinanciers.
Dans le premier cas, on y retrouve la valeur boursière de l’entreprise, ses résultats annuels, les prévisions de croissance ou la stratégie. Les critères extrafinanciers sont souvent inspirés de l’ESG.
Pour rester cohérentes vis-à-vis des investisseurs, les gestionnaires veillent à appliquer ces mêmes critères au sein de leur structure. Ils n’hésitent pas à demander aux sociétés dans lesquelles ils investissent de faire pareil.
Avant de pouvoir proposer le fonds « durable » au grand public, celui-ci devra être soumis à un organisme indépendant qui validera, ou non, l’application du label. Dans l’affirmative, un compte rendu sera publié chaque année pour informer les actionnaires du respect constant de ces critères.
Plus de transparence grâce au SFDR
Depuis le 10 mars 2021, le Sustainable Finance Disclosure Régulation invite les institutions financières à accroître la transparence sur leurs manières d’intégrer la durabilité dans leurs conseils ou décisions d’investissement. L’objectif est avant tout de protéger les investisseurs et leur donner un aperçu des conséquences que peut avoir le (non) respect de ces critères sur leurs investissements.
Cette mesure concerne plusieurs acteurs de la finance, comme les banques, les compagnies et intermédiaires en assurance ainsi que les gestionnaires d’actifs financiers.
Les produits, quant à eux, visent les fonds d’investissement (OPCVM), les assurances-placements et les fonds de pension.
Le SFDR permet également de classifier les produits en trois catégories :
Les produits étiquetés Article 9 remplissent pleinement des objectifs durables.
Ceux repris sous l’Article 8 favorisent les critères ESG, mais sous une application plus large
L’Article 6 reprend tous les autres produits qui n’ont pas d’objectif durable ou ne les appliquent pas suffisamment.
Conclusion
Si nous sommes encore loin d’avoir une finance « propre et durable », nous tendons vers cet objectif pas à pas. Bien que les marchés financiers aient une image d’un monde déconnecté du réel, nous pouvons constater que les considérations croissantes des citoyens, comme le changement climatique ou l’égalité des genres, se répercutent sur leur manière d’investir. Les institutions voient leur rôle passer du « simple » gestionnaire d’actif au porte-parole d’enjeux planétaires… ce qui ne pourra que plaire à la jeune génération.
*Les 17 objectifs des Nations Unies :
1. Pas de pauvreté
2. Faim « zéro »
3. Bonne santé et bien-être
4. Éducation de qualité
5. Égalité entre les sexes
6. Eau propre et assainissement
7. Énergie propre à un coût abordable
8. Travail décent et croissance économique
9. Industrie, innovation et infrastructure
10. Inégalités réduites
11. Villes et communautés durables
12. Consommation et production responsables
13. Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
14. Vie aquatique
15. Vie terrestre
16. Paix, Justice et institutions efficaces
17. Partenariats pour la réalisation de ces objectifs
Depuis 2014, la Chine explore la possibilité de lancer une monnaie numérique. Ce n’est toutefois que récemment, en raison des tensions avec les États-Unis et de la pandémie mondiale de Covid-19, que la Chine a manifesté sa volonté d’organiser des essais.
Le « yuan numérique » serait la toute première monnaie numérique, malgré le fait que d’autres banques centrales, parmi lesquelles la Banque centrale européenne, aient également montré de l’intérêt pour étudier les monnaies numériques. Qu’est-ce que le DCEP chinois ? En quoi diffère-t-il de la monnaie du pays, le yuan, et pourquoi la Chine a-t-elle l’ambition de le lancer ?
Qu’est-ce que le paiement électronique en monnaie numérique (DCEP)
Avant d’examiner la monnaie numérique que la Chine est en train de mettre en place, définissons ce qu’est une monnaie : « l’argent qui est utilisé dans un pays donné à un moment donné ». En Chine, il s’agit du yuan [3].
En quoi le yuan diffère-t-il alors de la monnaie numérique ?
La monnaie numérique est tout simplement le yuan, mais uniquement accessible sous une forme numérique et non sous une forme physique. La Chine utilise le terme DCEP (Digital Currency Electronic Payment) pour faire référence à sa monnaie numérique, ou « yuan » numérique. Le DCEP peut donc être traduit comme un « paiement électronique en monnaie numérique ».
Depuis quelques mois, des milliers de citoyens ont la possibilité de participer à des essais en utilisant le yuan numérique pour un montant prédéterminé comme moyen de paiement dans trois grandes villes, y compris le centre technologique de Shenzhen. La Chine souhaite que la monnaie numérique soit lancée avant et utilisée pendant les Jeux olympiques d’hiver prévus en 2022. Jeux qui se dérouleront à Pékin.
Certains ont comparé la conception de la monnaie numérique avec les crypto-monnaies, ce qui est un tout autre sujet que cet article n’abordera que brièvement.
Selon Investopedia, les crypto-monnaies sont également des monnaies numériques et nombre d’entre elles sont basées sur des réseaux décentralisés utilisant la technologie blockchain. La technologie blockchain empêche la fraude lors de l’utilisation de ces devises numériques.
Comme le souligne Tanvi Ratna, il y a trois grandes similitudes entre le DCEP et les crypto-monnaies :
(i) l’utilisation de portefeuilles en ligne et hors ligne
(ii) l’utilisation d’une architecture à deux clés pour sécuriser les transactions
(iii) l’influence des capacités de programmation
Pour plus d’informations sur les crypto-monnaies et leur similitude avec la conception du DCEP, cliquez ici.
Bien qu’ils puissent partager certaines similitudes, le yuan numérique ne peut pas être classé comme une crypto-monnaie et ce, pour deux raisons principales :
(i) Le DCEP est sous le contrôle d’une banque centrale et les transactions ne sont pas anonymes
La principale différence est que le DCEP, contrairement aux crypto-monnaies, est sous le contrôle d’une banque centrale (de Chine) qu’elle n’est donc ni décentralisée ni anonyme. Voir la définition qui en a été donnée ci-dessus : les crypto-monnaies sont basées sur des réseaux décentralisés et les transactions sont anonymes.
Ainsi soutenu par la banque centrale, le DCEP met l’accent sur la traçabilité des transactions. D’une part, la « surveillance » est bénéfique pour traquer la corruption et les crimes financiers et, d’autre part, elle permet ainsi, comme le mentionne Reuters, d’exercer un plus grand contrôle sur son économie en comparaison avec les possibilités qu’ont la plupart des autres banques centrales dans ce domaine.
On peut toutefois s’inquiéter et se demander s’il s’agira d’un nouveau moyen qui permettrait à la Chine d’espionner ses citoyens. L’ancien président de la PBOC (People’s Bank Of China) a, dans ce contexte, annoncé qu’un certain anonymat serait possible pour une certaine fréquence d’utilisation et pour certains montant.
(ii) Le DCEP est une monnaie fiduciaire
Le DCEP est une monnaie fiduciaire numérique. La monnaie fiduciaire est une monnaie émise par le gouvernement et qui n’est pas soutenue par une contrepartie physique -comme l’or ou l’argent – mais plutôt par le gouvernement qui l’a émise.
Elle se distingue ainsi des crypto-monnaies qui sont beaucoup plus volatiles car elles ne sont pas reconnues par le gouvernement comme étant un moyen de paiement. Dans ce contexte, le yuan numérique soutenu par l’État est plus stable.
Comment utiliser la monnaie numérique
Au vu de ce qui précède, comment envisager l’utilisation du DCEP comme moyen de paiement ?
En résumé, la Banque populaire de Chine émet des DCEP à destination des banques commerciales qui, à leur tour, distribueront le DCEP aux particuliers par le biais de leurs portefeuilles. Ces portefeuilles sont accessibles via une application pour smartphone développée par la banque centrale [de Chine] elle-même. Ce mécanisme est illustré dans la figure 1.
Le DCEP est lié paritairement au Yuan, ce qui signifie que la valeur du DCEP est égale à celle du yuan physique. On peut noter ici une similitude avec les systèmes de paiements mobiles, même s’il y a également une grande différence. En effet, lorsqu’un paiement est effectué à l’aide d’un système de paiement mobile cela se fait par le biais d’un intermédiaire, à savoir une banque traditionnelle.
L’application pour smartphone développée pour le yuan numérique ne fait pas appel à un intermédiaire, car le DCEP est distribué par le biais de portefeuilles numériques et non pas via des comptes bancaires.
En tant que tel, il n’y a pas d’argent physique qui vous couvre à partir d’un compte bancaire. Le DCEP est donc entièrement numérique. Au moyen de deux téléphones qui se touchent, un code barre ou un code QR est généré et un paiement peut être effectué.
Un article expliquant comment le yuan numérique est utilisé dans la pratique comme mode de paiement peut être consulté ici.
La monnaie numérique fonctionne donc non seulement de manière différente comparativement aux systèmes de paiements mobiles traditionnels mais elle offre également certains avantages :
(i) L’utilisation de portefeuilles émis par la PBOC elle-même exclut tout tiers ce qui rend superflu toute infrastructure intermédiaire et se traduit in fine par des coûts de transaction plus faibles.
(ii) Il n’est plus nécessaire de mettre en place des réseaux qui soutiennent les paiements par carte comme c’est le cas pour Visa ou Mastercard, car la PBOC et les banques émettrices sont directement liées. Cela permet également de réduire les coûts.
(iii) Contrairement aux systèmes de paiements mobiles classiques, l’application DCEP développée par la PBOC ne nécessite aucune connexion internet pour pouvoir fonctionner. Cela contribue à rendre son utilisation plus facile, à stimuler son adoption au sein des communautés rurales et empêche que le système ne cesse de fonctionner en cas de défaillance technologique.
Dans le contexte de l’épidémie du coronavirus, cette monnaie numérique offre, tout comme les autres systèmes de paiements mobiles, plus de sécurité sur le plan de l’hygiène que l’argent liquide.
Pourquoi la PBOC a-t-elle l’ambition de lancer le DCEP ?
La volonté de la Chine de lancer sa monnaie numérique est clairement motivée par deux raisons principales :
(i) le renforcement de la surveillance économique et de la souveraineté monétaire
L’une des raisons pour lesquelles il peut être favorable à la Chine de mettre en place cette monnaie est qu’elle permet à l’État, comme on l’a déjà écrit, d’accroître son contrôle sur sa propre économie. Mais ce n’est pas tout.
Dans la mesure où plusieurs pays ou entreprises ont annoncé la possibilité de lancer leur propre monnaie numérique (la Libra de Facebook par exemple), cela pourrait être un moyen pour la Chine de renforcer sa souveraineté monétaire. Concrètement, la souveraineté monétaire d’un pays signifie que c’est l’Etat qui décide exclusivement de ce qui est officiellement la monnaie ayant un cours légal.
Cela lui permet en outre de contrôler le type de monnaie qui est utilisé à l’intérieur de ses frontières. En lançant le DCEP, la Chine tente d’empêcher qu’une autre monnaie étrangère ne soit prioritairement adoptée.
(ii) la mise en cause du dollar américain comme monnaie de réserve mondiale
Le DCEP pourrait par ailleurs constituer une menace possible pour le dollar, qui occupe actuellement la position de monnaie de réserve mondiale. À ce sujet, David Roche de Independent Strategy, affirme toutefois que la Chine est encore loin de l’emporter sur le dollar américain dans la mesure où le yuan ne représente que 2 % de la valeur des règlements du commerce international.
Le fait que la monnaie chinoise puisse être considérée comme une monnaie de réserve aurait pour conséquence, parmi d’autres avantages, de réduire les coûts d’emprunt pour les exportateurs chinois, de diminuer les taux d’intérêt des obligations libellées en yuan et de réduire la dépendance de la monnaie par rapport au dollar.
La monnaie numérique sera-t-elle adoptée avec succès comme monnaie ?
L’adoption de la monnaie numérique dans toute la Chine dépendra essentiellement de sa facilité d’utilisation et de ses avantages. Pas moins de 86 % des paiements en Chine sont effectués au moyen d’un téléphone portable selon Keith Lamb. Quand on prend en compte tous ces paiements effectués par le biais de la lecture d’un code QR ou même par voie de reconnaissance faciale, on peut considérer que la Chine est déjà bien avancée sur la voie d’une société sans cash.
Cette nouvelle monnaie ne fera cependant pas totalement disparaître l’argent liquide du pays car les habitants des régions plus rurales qui ne sont pas familiarisés avec les paiements numériques doivent pouvoir continuer à participer à l’économie.
Chandler Guo, pionnier de la crypto-monnaie, est convaincu que l’utilisation de la monnaie numérique se développera à l’extérieur des frontières de la Chine notamment par le biais des 39 millions de Chinois qui vivent à l’étranger et qui adopteront probablement la monnaie numérique.
En outre, selon Goldman Sachs, cette monnaie pourrait représenter 15 % du volume total des paiements de consommation dans les 10 prochaines années, tandis que d’autres affirment que les banques centrales pourraient commencer à garder en portefeuille des DCEP si son utilisation devait augmenter.
En résumé, le DCEP offre des avantages au gouvernement chinois et réduit les frais de transfert pour les consommateurs mais ne doit pas faire perdre de vue les questions liées à la protection de la vie privée qui peuvent être préoccupantes.
A l’heure actuelle, les opinions des experts varient quant à la question de savoir si le yuan numérique sera adopté avec succès en Chine et au-delà de ses frontières.
L’investissement repose sur deux éléments-clés : l’argent et la psychologie.
Pour le premier, c’est assez simple. Soit vous avez assez d’argent et vous pouvez investir, soit vous n’en avez pas et vous devez épargner pour commencer. Et même s’il est possible d’emprunter pour acheter et revendre par la suite, cela implique obligatoirement d’être en possession de liquidités.
Pour la psychologie, c’est plus délicat. Pour vous éviter d’être submergé émotionnellement par les marchés financiers, certains experts recommandent de garder une attitude « froide ». De prendre tout événement positif ou négatif comme une information supplémentaire à traiter. Toute bonne ou mauvaise opération comme un résultat à encoder.
Or, est-il réellement possible de ne rien ressentir ? Bien sûr que non. Chaque individu transporte avec lui un bagage sentimental dont il ne peut se défaire. L’investisseur impulsif qui achète tout ce qui lui passe sous les yeux ou le trader défensif qui repousse toujours au lendemain sont deux individus qui succombent à leurs émotions.
Si certaines d’entre elles sont perçues comme des qualités (voir les qualités d’un trader), d’autres, plus particulièrement la peur, peuvent amener l’investisseur à prendre de mauvaises décisions.
FOMO (Fear of Missing Out)
Le FOMO, ou la peur de rater quelque chose, représente la crainte de voir les autres prendre du plaisir en votre absence. Cette peur pousse l’individu à se montrer quasi omniprésent.
Les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou Twitter maîtrisent parfaitement ce concept et en jouent. C’est la raison pour laquelle de nombreux utilisateurs passent des heures à « scroller » leur écran, à la recherche de la dernière publication.
Impact sur le trading ? Le FOMO entraîne le trader à acheter toutes les actions qui ont attiré son attention. Bien que peu convaincu par certaines d’entre elles, il se dit qu’il sera présent en cas de remontée. Les dangers à long terme sont de constituer un portefeuille de titres pris au hasard, la difficulté à anticiper les variations de cours et une baisse de rendement liée à de nombreux achats/ventes.
Le FOBO (Fear of a Better Option)
Une variante du FOMO est le FOBO, ou la peur d’une meilleure solution. Dans ce cas, l’individu fait face à de nombreuses alternatives qui le rendent indécis et l’empêchent de choisir. Il se questionne sans cesse sur les conséquences d’un mauvais choix. La pression est d’autant plus importante lorsque ceux-ci l’engagent sur une longue période.
Cette peur crée la paralysie. À force de réfléchir, les opportunités défilent et sont gâchées.
Impact sur le trading ?Le FOBO peut rapidement toucher les nouveaux investisseurs qui souhaitent construire leur portefeuille. Face aux dizaines de milliers de titres, le novice pourrait passer des centaines d’heures à analyser sans prendre une décision. Il doit développer son propre filtre de sélection afin d’atteindre une poignée de candidats intéressants.
Loss Aversion
L’aversion à la perte est une peur bien plus contraignante, car elle empêche toute initiative de la part de l’individu. Ce concept fut développé par les chercheurs Tversky et Kahneman (que nous vous avons déjà présenté) qui démontrèrent la différence d’impact entre une perte et un gain sur l’esprit humain.
Selon cette étude, une personne préférerait éviter la perte plutôt qu’obtenir un gain d’une même somme (le niveau de satisfaction perdu serait plus élevé que le niveau de satisfaction gagné). C’est ce raisonnement qui empêche de nombreux hommes et de femmes à passer à l’action, les laissant sur la ligne de départ de l’aventure entrepreneuriale. C’est aussi lui qui nourrit notre cerveau de scénarios d’échecs.
Impact sur le trading ? L’aversion à la perte peut entraîner deux conséquences. La première est la prolifération d’épargnants, trop frileux de risquer une partie de leur salaire, se contentant du maigre taux que leur propose le compte d’épargne. La seconde est la rétention d’actifs nocifs dans un portefeuille tout simplement pour tenter de récupérer la mise de départ.
Cette peur touche particulièrement de nombreux novices, qui n’osent pas se lancer avant d’avoir totalement calculé leur potentielle moins-value. Trop focalisés sur les pertes, ils en oublient les gains.
Opportunity cost
Le coût d’opportunité représente les bénéfices qui auraient pu être enregistrés si l’on avait pris une autre décision que celle que nous avons prise. Autrement dit, il détermine ce que l’on a « sacrifié » en renonçant à ce choix.
Dans notre quotidien, nous sommes souvent confrontés à mesurer ce coût sans nous en rendre compte. Acheter un chargeur de téléphone à 1,99 € peut nous paraître plus intéressant à court terme, mais le remplacer tous les 6 mois coûtera plus cher qu’un chargeur à 14,99 €. Dans un autre registre, l’émission « à prendre ou à laisser » illustre à merveille ce concept. Les candidats ne sachant pas ce qui se cache dans leur boîte doivent constamment évaluer le poids de leur décision.
Impact sur le trading ? De nombreux courtiers s’appuient sur les coûts d’opportunités pour motiver leurs clients à investir. Ainsi, le rendement actualisé des 10 dernières années vous indique ce que vous avez renoncé en refusant d’investir (bien que les résultats du passé ne soient pas représentatifs de l’avenir).
Conclusion
Je terminerai cet article sur une citation de l’entrepreneur américain, Robert Kiyosaki, qui disait ceci : « la plus grande cause des difficultés financières de l’Homme est la peur de perdre de l’argent ». Nous ne pouvons qu’adhérer à ses propos. La peur est un ennemi qui nous ronge de l’intérieur, plus elle est grande, plus elle nécessitera de ressources pour la vaincre.
Les plus célèbres financiers de notre époque sont ceux qui ont pu transformer ce handicap en une force. Ils sont de ceux qui croient en l’expression « qui ne tente rien n’a rien ».
Si vous souhaitez investir, mais que vous n’avez pas beaucoup de temps à consacrer à la recherche de titres prometteurs, à la lecture de bilans ou à l’analyse des variations des cours de bourse, alors peut-être devriez-vous songer à confier cette tâche à quelqu’un d’autre.
La création d’un portefeuille, un suivi régulier et la recherche d’un rendement intéressant seront les principaux objectifs des gestionnaires d’actifs.
Cependant, bien que les fonds d’investissement aient l’avantage de pouvoir contenir une multitude d’actifs, comment les différencier ? Comment comparer leurs performances ou leur stratégie ? Comment savoir si votre choix a porté ses fruits ? Certains sites, dont le célèbre Morningstar, proposent de répertorier et noter une large gamme de fonds.
Analyse d’un fonds d’investissement
La méthode de notation de Morningstar est basée sur les convictions de ses analystes. Bien entendu, chaque société peut apporter un regard différent sur un même fonds.
Important : Le fonds Comgest Growth Europe EUR I Dis est présenté uniquement à titre d’exemple. Ce choix ne reflète en rien l’opinion de Parlons Finance et ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente de notre part. Il revient à vous de faire votre propre analyse et vos choix.
L’en-tête
La lecture d’une fiche récapitulative (Fund facts en anglais) commence par le nom du fonds. Celui-ci donne déjà quelques indices à l’acheteur sur la stratégie d’investissement proposée. Dans notre exemple, l’accent sera porté sur les actions de croissance (Growth) européennes (Europe) dont les intérêts annuels seront distribués (Dis).
Morningstar attribue deux notes :
La première donne une vue globale (Négative — Neutre — Bronze — Silver — Gold) et repose sur une analyse qualitative et prospective des fonds.
La seconde propose une cotation étoilée (1 à 5) qui représente la performance d’un fonds par rapport à ses semblables, en tenant compte du risque et des coûts. Seuls 10 % des fonds obtiennent la note maximale.
Afin de comparer ce qui est comparable, il est nécessaire de regrouper les différents fonds en fonction de leur indice de référence, de leur benchmark et de la catégorie d’actifs.
L’indice de référence comporte plusieurs actions représentatives d’un marché et donne une vue d’ensemble de sa performance journalière (ex : le CAC40 est composé de 40 entreprises qui représentent globalement le marché français).
Le Benchmark, quant à lui, sert d’élément comparateur au fonds d’investissement. Celui-ci est souvent un indice, un secteur, voire un autre fonds.
Enfin, la catégorie permet de cibler les actifs choisis dans le fonds (ex : Europe ou US, actions ou obligations, grandes ou petites capitalisations, croissance ou valeur)
Un exemple pour illustrer nos propos : le fonds AQUA compare les poissons se trouvant dans les eaux européennes (indice de référence), en mer Méditerranée (benchmark) et pesant plus de 2 kg (la catégorie).
2. Objectif et performances
Chaque gestionnaire propose un objectif d’investissement unique pour ses fonds. Celui-ci doit permettre aux analystes de comprendre la manière et les moyens mis en place pour obtenir des résultats satisfaisants. Un objectif « vague » (ex : entreprises européennes de croissance) donne au gestionnaire une meilleure flexibilité pour répondre aux attentes. À l’inverse, certains objectifs sont tellement précis (ex : dégager une croissance supérieure à celle des GAFA sur une période de 3 ans) qu’ils ne laissent que peu de marge de manœuvre.
Sur la partie droite de l’image, vous trouverez les différentes performances annuelles ou trimestrielles. Celles-ci comparent le fonds avec son indice et sa catégorie. Attention aux fonds qui n’ont jamais pu « battre » leur indice depuis un long moment.
De l’autre côté, plusieurs indicateurs mathématiques et statistiques vous donneront la mesure du risque pris :
L’Alpha : détermine si le fonds surperforme ou sous-performe son indice de référence. Si > 1, alors le fonds fait mieux que son indice.
Le Beta : détermine si la valeur du fonds varie plus/moins que son indice de référence (volatilité). Si > 1, le fonds amplifie davantage les fluctuations que son indice.
R carré : détermine le niveau de corrélation entre le rendement du fonds et celui de son indice (de 0 à 100). À 100 %, les fluctuations du fonds seront parfaitement corrélées à l’indice.
Ratio d’information : une autre mesure de la surperformance (sousperformance) du fonds par rapport à son indice.
Tracking error : détermine le niveau de liberté que prend le gestionnaire par rapport à son indice. Plus il est élevé, plus il s’éloigne de son indice.
Ratio de Sharpe : détermine si la rentabilité du fonds justifie un niveau de risque plus élevé que son indice. Si ce ratio se situe entre 0 et 1, alors la rentabilité ne couvre pas le niveau de risque pris. Au-delà de 1, le rendement rémunère suffisamment l’excès de risque.
Volatilité : liée au bêta, elle donne une idée de l’ampleur des variations d’un fonds. Plus elle est élevée, plus les hausses et les baisses du titre seront importantes.
Risque 3,5, 10 ans : lié au Beta et à la volatilité, il donne une idée du style agressif ou défensif du fonds.
3. Secteurs et régions
Un fonds peut contenir plusieurs types d’actifs de nature différente (actions, obligations, produits dérivés, liquidités, matières premières) au sein d’un seul « pool ». Ainsi, notre fonds fictif Parlons Finance Equities comporterait majoritairement des actions. Parlons Finance global bonds sera orienté obligations et Parlons Finance global Mix intégrerait toutes sortes d’actifs.
Les liquidités donnent aux courtiers la possibilité de réagir aux mouvements du marché. Un niveau de liquidités bas est un signal d’alarme. Les capitaux étant pleinement investis, le manager n’aura pas d’autres choix que de vendre en cas de retournement des marchés.
Les actions sont différenciées sur de nombreux points :
Leur taille : allant de micro à géante, elle se réfère généralement au nombre d’employés et à la capitalisation totale
Le style : indique le type d’évolution de l’entreprise. Croissance (axé sur une augmentation rapide du cours), value (axé sur une progression cyclique avec possibilité de sous-évaluation du marché) ou mixte
Leur zone géographique : une grande diversification implique une sélection de titres de nationalités différentes
Le comportement boursier de certains titres a permis une classification selon les secteurs :
Cycliques : ces titres sont fortement influencés par le contexte macro-économique, comme la politique monétaire, les taux d’intérêt ou les relations diplomatiques. On y retrouve les matériaux de base, les produits de consommation non essentiels (consumer discretionary), les services financiers et l’immobilier.
Sensibles : moins impactés par les événements d’ordres mondiaux, ces titres suivent les cycles économiques dans leur ensemble. On y retrouve les services de télécoms, d’énergie, les industries et la technologie.
Défensifs : Ces titres ont une progression qui leur est propre. Ils ne sont pas corrélés aux autres secteurs, car leur utilisation est constante. Nous retrouvons les produits de première nécessité (consumer staples), les soins de santé et les services publics.
Les obligations, quant à elles, se distinguent par leur type (bons d’état ou obligations d’entreprises), leur rating (AAA jusque D), leur duration ou leur catégorie (High Yield, investment grade, spéculatif)
Généralement, les dix positions les plus importantes du fonds sont référencées. Ceux-ci peuvent changer lors d’une rotation sectorielle opérée par le marché.
4. Le management
Toutes les informations à savoir sur la société de gestion et son manager sont indiquées en bas de chaque fiche.
La gestion d’un portefeuille demande un savoir-faire de qualité et une équipe de traders regroupés sous la tutelle d’un talentueux gérant. Un manager dont le fonds a surperformé le marché reçoit le respect de ses pairs et un juteux bonus.
Parmi les derniers points d’attention, il y a les frais d’entrée et de gestion, la nature du fonds (UCITS* = OPCVM**), sa politique de distribution des intérêts, son code ISIN***, son éligibilité pour un PEA**** et le capital minimum requis pour investir.
Conclusion
Choisir le « bon » fonds d’investissement n’est pas si simple, tant les différences sont nombreuses et les compétences humaines importantes. Cependant, apprendre à analyser une fiche d’information vous aidera à trouver votre propre style de gestion. Avec plus de 120 000 fonds dans le monde, il en existe bien un qui saura concilier vos attentes et un rendement satisfaisant.
*UCITS = Undertaking for Collective Investments in Transferable Securities
**OPCVM = Organisme de placement collectif en valeurs mobilières
***ISIN = International Securities Identification Numbers
Derrière chaque investisseur se cache une personnalité unique, avec ses qualités et ses défauts. Certaines d’entre elles peuvent vous aider à réussir sur les marchés financiers tandis que d’autres seront les causes de vos éventuels échecs.
Si pour investir vous devez avant tout respecter votre profil et une stratégie, vous devez également apprendre à cerner votre personnalité. Êtes-vous émotif(ve) ? De nature stressée ? Pouvez-vous facilement accepter que les choses ne se passent pas comme prévu ? Votre mental vous permet-il d’encaisser les coups ? Ce sont des questions à se poser lorsque l’on veut entrer dans un univers aussi compétitif que celui de l’investissement.
👉 Les grands traders de ce monde, au parcours professionnel et social différent, se ressemblent néanmoins sur quelques traits de caractère qui leur sont très profitables. Parlons Finance vous propose son top 5 de ces qualités :
5. Être pragmatique
Un trader sérieux doit garder un recul suffisant sur ce qu’il se passe sur les marchés financiers. Il ne tombe pas dans l’euphorie généralisée qui l’entraînerait à prendre de plus en plus de risques. Il sait « séparer le bon grain de l’ivraie ». Son opinion est forgée par un mélange d’expériences personnelles, de chiffres concrets, de recherches empiriques et d’analyses d’experts (auxquelles il accordera une importance moyenne).
> Cette qualité vous permettra de vous questionner sur l’augmentation soudaine et rapide de la valeur d’un titre en bourse ou sur les promesses exagérées faites par des vendeurs.
4. Rester concentré(e)
De nos jours, nous sommes noyés sous l’information continue qui nous entoure. Entre les réseaux sociaux, les forums, et les chaînes d’informations, l’investisseur doit pouvoir rester concentré sur sa tâche. Si vous vous sentez débordé(e), mieux vaut alors vous accorder une pause plutôt que de disperser votre énergie. S’il est difficile de garder son attention durant toute une journée, cela l’est encore plus sur toute une année. De ce fait, beaucoup de grands courtiers s’offrent des vacances pour recharger les batteries.
> Cette qualité vous permettra d’aller droit au but et d’atteindre plus rapidement vos objectifs. Puisque votre concentration diminue au fil du temps, vous devez mettre à profit ces moments en ne vous laissant pas perturber par votre environnement.
3. Gérer ses émotions
Investir sur certains produits financiers, comme les actions ou les produits dérivés, peut très vite mettre vos nerfs à rude épreuve. La hausse (baisse) soudaine des bourses peut entraîner une vague d’euphorie (panique) généralisée à laquelle vous devez rester prudent. Le bon trader doit pouvoir gérer ses émotions dans les moments où son portefeuille sera secoué. Votre égo doit également être contenu, il n’a pas sa place sur les marchés financiers.
> Cette qualité vous permettra d’éviter d’agir sous des émotions extrêmes comme la colère, la tristesse ou l’euphorie, qui ne vous apporteront que peu de bénéfices. À l’inverse, nous ne vous recommandons pas de faire preuve d’alexithymie (c’est la difficulté à exprimer des émotions), car chacun dispose d’une structure émotionnelle solidement ancrée impossible à supprimer. Trouvez votre équilibre.
2. Trouvez votre équilibre
Dans toutes nos recommandations, il est question d’équilibre. Celui entre les capitaux que vous pouvez investir ou garder, les risques que vous pouvez prendre ou non, les émotions que vous devez contenir ou exploiter, l’équilibre que vous devez avoir entre votre vie privée et professionnelle. Investir s’apparente à un travail que l’on termine à la fin de la journée. Vos yeux ne doivent pas rester rivés sur les cours de bourse. De nombreux gourous de la finance pratiquent la méditation pour leur permettre de se déconnecter des marchés et apaiser leur esprit.
> Cette qualité doit vous aider à comprendre ceci : L’argent ne dort jamais, il n’en a pas besoin, vous si. À ne vouloir rien manquer des marchés financiers, vous passerez sûrement à côté de beaucoup d’autres choses importantes à votre vie.
1. Maintenir une discipline
Réussir sur les marchés financiers n’est pas une chose aisée, bien que les apparences puissent parfois montrer le contraire. De nombreux professionnels vous diront que pour performer dans ce domaine, un bon trader doit avoir un plan et s’y tenir fermement. Le manque de discipline est caractérisé par une prise soudaine de décisions risquées, comme l’ajout d’actifs très volatils ou le refus de couper une position baissière.
La persévérance fait également partie d’une discipline de fer. Vous essuierez sûrement des échecs dans votre carrière, mais cela doit être pris comme une leçon et une opportunité de vous améliorer. Comparez-vous à des sportifs de haut niveau, une bonne prestation ne vous dispense pas de vous entraîner le lendemain.
> Cette qualité nous semble être la plus importante, car elle nécessite un travail continu. La réussite d’un trader tient à sa capacité à appliquer encore et encore les mêmes techniques, à respecter son plan et garder la tête froide.
➡️ Voici, à nos yeux, les cinq qualités les plus utiles à développer si vous souhaitez investir votre argent. Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive et il en existe beaucoup d’autres que nous n’avons pas citées, comme la patience ou la curiosité. Et vous, que pensez-vous de notre top ? Avez-vous d’autres qualités à recommander ?
Peu d’hommes et de femmes ont pu, à travers leur esprit, changer radicalement la vision du monde. Par leur logique et la démonstration de celle-ci, ils ont fait entrer l’Homme dans une nouvelle ère.
Parmi eux, nous retrouvons Pythagore et son théorème de géométrie (530 av. J.-C.), Newton et sa loi de la gravité (1687), ainsi qu’Einstein et sa loi sur la relativité (1905).
En 1997, la Finance moderne a trouvé son Saint-Graal, à la suite de la parution de l’article « The pricing of Options and Corporate liabilities ». Derrière tout cela, trois hommes, trois génies.
Qui sont les rédacteurs de cet article ?
Fischer Black était docteur en mathématiques appliquées et professeur dans plusieurs universités, dont la prestigieuse Massachusetts Institute of Technology. Durant sa carrière, il travailla également pour la banque d’investissement Goldman Sachs.
Myron Scholes, né au Canada, étudia l’économie à l’université de Chicago. Après avoir été diplômé, il commença une carrière d’enseignant au MIT et à Stanford.
Enfin, Robert Merton, fit son Master à la California Institute of Technology, suivi d’un doctorat en économie au MIT.
Tous les chemins semblent mener au MIT, car c’est là que les trois génies se rencontrèrent pour la première fois et décidèrent de collaborer à la création d’un modèle d’évaluation d’options.
Pourquoi ce modèle est-il si célèbre ?
La formule de Black-Scholes-Merton est très utile pour une catégorie de produits financiers, les produits dérivés.
Pour rappel, un produit dérivé est un actif financier dont sa valeur dépend (ou dérive) d’un autre actif financier, appelé le sous-jacent (un article est dédié sur Parlons Finance). Parmi les plus célèbres, nous retrouvons la possibilité d’acheter (Call) ou vendre (Put) un actif sous conditions, c’est l’option. Cette option donne le droit d’acquérir ou de se séparer d’un actif à un prix déterminé d’avance, et ce à un moment précis.
L’avantage d’une option est qu’elle permet à l’acheteur de se positionner dans le futur en limitant le risque pris. Dans le cas d’un acheteur, s’il veut se prémunir d’une hausse des prix, son option lui donne le droit d’acheter à 10 € un actif qui vaudrait 15 €. À l’inverse, un put permet de vendre à 15 € au lieu de 10 € sur le marché. Pour le vendeur d’une option, l’opération est gagnante si les conditions d’activation ne sont pas remplies. Il empochera alors le prix de l’option.
Valoriser correctement le prix de l’option est donc primordial (d’autant plus que chaque actif a une volatilité différente), et c’est sur quoi travaillaient Black, Scholes et Merton.
Quel a été l’accueil réservé par les pairs ?
La formule fut rapidement adoptée par les analystes, les gestionnaires de fonds, les risk manager et les Hedge Funds, car elle apporta un modèle standard sur lequel s’appuyer.Cependant, elle fut également critiquée pour ses hypothèses de départ, comme l’impossibilité de réaliser des arbitrages et l’absence de frais de transactions, deux facteurs bien présents dans la « finance réelle ».
Néanmoins, les travaux des trois chercheurs seront récompensés par le prix Nobel d’économie en 1997 (décédé en 1995 d’un cancer, Fischer Black ne sera pas officiellement nommé).
Après cela, Merton et Scholes seront les têtes d’affiche du fonds d’investissement « Long Term Capital Management », qui réunira des ténors de la Finance, mais fera faillite en 1998, en secouant fortement les marchés financiers.
En ce XXIe siècle, l’avènement de l’informatique et du trading à haute fréquence exige la création d’algorithmes simples et robustes. L’héritage laissé par ces trois hommes est une nouvelle preuve que la Finance moderne a besoin d’une base mathématique sur laquelle s’appuyer pour accompagner (ou contrer ?) la psychologie humaine, encore bien présente sur les marchés.