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Les gagnants et perdants des cycles économiques

Dans notre série d’articles dédiés aux cycles économiques, nous concluons cette semaine par l’analyse des actifs gagnants et perdants de chaque étape composant les desdits cycles. Après avoir fait le parallèle avec les saisons, puis donné une explication détaillée des phases, nous souhaitons proposer aux lecteurs une vue d’ensemble pragmatique qui l’aidera dans ses décisions d’investissement. 

Que ce soit en période de ralentissement ou en période d’expansion, maîtriser les clés de lecture et de décryptage de l’activité économique reste un atout majeur pour l’investisseur néophyte qui souhaiterait se lancer dans le grand bain et anticiper les mécanismes de marché. 

1. Rappel des principaux éléments 

Premièrement, l’économie suit une tendance similaire à celle des saisons, que l’on appelle cycle économique ou cycle conjoncturel, et dont les patterns se répètent indéfiniment. Celui-ci est composé de plusieurs phases qui, en fonction de leur longueur, déterminent la durée totale du cycle. 

La reprise, l’expansion et la haute conjoncture représentent les étapes positives de l’activité économique, tandis que le renversement, la récession et la basse conjoncture sont les représentations d’une économie en berne. 

Nous pouvons distinguer trois types de cycles : les longs (on parle dans ce cas de tendance économique), les courts (conjonctures) et les très courts (évolution saisonnière)

Deuxièmement, l’activité d’une économie est mesurée par le Produit Intérieur Brut (PIB). Il détermine l’ensemble des produits et services finaux créé par un pays pendant une année. Il est l’addition de plusieurs éléments dont la Consommation des ménages (C), l’investissement des entreprises (I), l’investissement de l’état (G) ainsi que la différence entre les exportations et les importations (X – M). Sa formule est C + I + G + (X-M).

C’est donc la somme des dépenses et des investissements de ces acteurs qui donne une image annuelle de l’activité économique d’un pays et nous informe si celui-ci est en croissance ou en récession. 

Troisièmement, le taux d’intérêt qui est subdivisé en deux : les taux à court terme et les taux à long terme. Le premier est utilisé par les entreprises et les organismes financiers (banques, institutions de crédits) qui travaillent sur le marché monétaire. Les grandes orientations du taux CT émanent des décisions prises par les banques centrales. Le taux à long terme fait office de référence pour les autres acteurs, comme les entreprises et les particuliers. Il constitue la base de l’emprunt sur plusieurs années et est déterminé par la relation entre l’offre et la demande. 

Enfin, le choix des investisseurs se portera sur différentes classes d’actifs pour la création de leur portefeuille. Parmi ces titres financiers, nous pouvons retrouver des actions, qui représentent un titre de propriété d’une partie du capital d’une entreprise. Le détenteur d’une action (l’actionnaire) réalisera une plus-value si le cours augmente. A contrario, il subira les conséquences d’une mauvaise opération si l’entreprise enchaîne les mauvais résultats et ne dégage pas de bénéfices ou dépose le bilan. 

Les obligations sont des titres de créance auprès d’une société, d’une institution ou d’un pays. Elles possèdent une échéance et versent un intérêt régulier. Ce type d’actif s’adresse aux personnes qui cherchent une certaine garantie du capital au terme, le risque étant généralement plus faible. (le risque zéro n’existe pas).

Les produits dérivés voient leur valeur dépendre d’un autre actif financier, que l’on appelle le sous-jacent. Les produits dérivés les plus connus sont les options, les futures/Forwards et les CFD. Ils s’adressent à des professionnels de la finance comme les gestionnaires de fonds d’investissement et les Hedge Funds (Fonds de couverture). La notion de stratégie est importante puisqu’il s’agit de « parier » ou de se couvrir sur une évolution future du sous-jacent en réalisant un effet de levier. 

Les Exchange-traded Funds (ETF) sont des fonds cotés en Bourse dont le fonctionnement est de répliquer les performances du sous-jacent, qui peut être un indice boursier (Nasdaq, CAC 40, etc.), sectoriel (énergies renouvelables, automobiles, etc.) ou de matières premières (or, pétrole, etc.). Leur intérêt réside dans une gestion passive du portefeuille et la limitation des frais. 

L’or et les cryptomonnaies complètent notre sélection d’actifs à négocier durant les différentes phases du cycle conjoncturel. 

2. Phase ascendante du cycle

La récurrence des cycles semble montrer qu’il existe un lien quasi systémique entre marché financier et croissance économique, dont les évolutions respectives se font la plupart du temps dans la même direction. Ainsi, en temps de reprise et d’expansion, la focale est mise sur les indicateurs de croissance, le volume d’activités, les investissements privés et les chiffres de l’emploi. De la même manière que l’agriculteur pratique une culture sur brûlis pour améliorer la fertilité de ses sols, l’économie s’attend à un effet rebond assez significatif pour espérer prospérer en sortie de dépression. Pour les ménages, la demande est incontestablement la variable la plus importante, car elle influe sur le carnet de commandes des entreprises. L’épargne constituée est utilisée en achats divers et a vocation à améliorer la qualité de vie, jusqu’à ce qu’il y ait un tassement des dépenses et donc une annonce de la haute conjoncture.  

Les entreprises jouent également un rôle important. Lorsqu’il y a redressement de la demande, certaines dépenses d’investissement permettent l’augmentation du stock de capital des entreprises, entraînant une hausse des actifs nets. Pour faire simple, l’entreprise se retrouve mieux valorisée sur les marchés financiers puisque ses bénéfices non distribués n’iront pas au versement des dividendes ni au rachat d’action, ce qui pourrait influencer de manière positive ses cours. Il s’agit également de savoir cibler les opportunités d’investissement en adoptant une approche sectorielle : prendre le pouls des entreprises qui ont le plus souffert d’un contexte de crise particulier, mais dont les chiffres et résultats financiers ne reflètent pas leur valeur réelle, puis tenter de déterminer si la phase haussière du cycle pourrait leur être favorable. 

À titre d’exemple et pour faire l’analogie sur la période que nous vivons, certaines valeurs technologiques se sont appréciées, notamment celles des Big tech, qui sont considérées à ce jour comme les grandes gagnantes de cette reprise à la même enseigne que les valeurs des secteurs aéronautique et industriel, qui ont fortement bénéficié de la levée des restrictions, de l’augmentation de la demande intérieure et du début de l’été. Plus généralement, de bons résultats financiers couplés à une forte demande des consommateurs favorisent la montée des cours de la bourse. Les obligations, bien que moins intéressantes, peuvent tout de même proposer un rendement satisfaisant grâce aux entreprises qui offrent un coupon robuste. 

L’État, de son côté, peut également y contribuer en facilitant l’emprunt pour les investissements, pour ensuite récolter les recettes de cette dynamique. 

L’économie commence alors à être en surchauffe, poussée par une inflation sans cesse galopante. Dans un climat d’emballement de la demande et des prix, les banques centrales du monde entier interviennent en relevant les taux directeurs court terme afin d’éviter une situation hors de contrôle. L’augmentation continue des taux d’intérêt incitera le gestionnaire avisé à une réallocation de ses actifs, optant pour des secteurs défensifs et anti-inflationnistes comme l’or. Petit à petit, l’appétit des investisseurs s’amenuise jusqu’à ce qu’une information vienne sonner le glas de l’économie et des marchés financiers par extension. La musique s’arrête. 

3. Phase descendante du cycle

Les phénomènes de contraction et de dépression de grande envergure existent depuis la naissance de la croissance économique moderne, que l’on peut attribuer à l’époque de la première révolution industrielle de 1780. La surchauffe précédant le début des tendances baissières représente le point de bascule de l’économie. Sur les marchés boursiers, cela peut se traduire par des flambées spéculatives et donc in fine par des bulles financières. Lorsqu’elles éclatent, elles entraînent avec elles l’ensemble de l’économie réelle dans une récession (baisse du PIB durant plus de deux trimestres consécutifs), voire plus grave encore dans une dépression. Il est assez compliqué d’identifier les bénéficiaires d’une crise qui a pour résultante un krach boursier généralisé. Un tel contexte est expliqué par une offre qui ne peut clairement plus répondre à la demande. Les perspectives de gains diminuent, ce qui engendre des pertes d’emploi, une augmentation du chômage et une baisse des salaires. Les ménages, dans une optique de protection de leur épargne, reportent leurs dépenses à plus tard, ce qui accélérera la chute de l’économie. Néanmoins, la mise en place de mesures politiques contracycliques et l’adoption de nouveaux paradigmes de consommation en conséquence peuvent permettre aux entreprises les plus innovantes de sortir leur épingle du jeu.

Sur les marchés boursiers, les secteurs à privilégier doivent éviter toute corrélation avec l’actualité économique, comme la consommation de base ou de la santé. Les investisseurs pourraient également opter pour d’autres actifs plus défensifs comme les obligations ou les matières premières. Bien que certaines cryptomonnaies soient perçues comme « anti-inflationnistes », cela n’a pour l’instant pas pu être vérifié sur le terrain par absence de basse conjoncture. 

L’inflation est alors très faible et il faudra attendre une petite impulsion de la demande (provenant généralement des États-Unis) pour amorcer une reprise des exportations, de la production des entreprises et donc de l’économie en général. 

Article rédigé par l’équipe Macroéconomie/Fondamentale de Parlons Finance (Timur Kazkondu & Youcef Nazim Tahari)

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Crypto time: Gros plan sur le Tether (USDT)

La semaine dernière, le rallye haussier, du cours du bitcoin, jusqu’à son nouveau sommet de marché, a bénéficié à beaucoup d’investisseurs, sur les bourses d’échanges de l’argent numérique. Cette semaine, l’équipe de ParlonsFinance (PF) vous propose de plonger au cœur d’une pièce virtuelle, qui garantit la liquidité, et l’équilibre sur les plateformes de négoce de cryptomonnaies, le jeton stable ou Stablecoin Tether (USDT). 

L’histoire de Tether 

Tether (sigle : USDT) est communément associé à un jeton numérisé stable qui se couple à une devise fiduciaire classique. Les fluctuations de sa valeur se calquent à la variation de cours de l’unité monétaire (euro, dollars, yen, etc.) à laquelle il s’apparie. Les prémices de la cyberdevise démarrent en 2012, lorsque J. R. Willet, un programmeur en informatique publie un Livre blanc, qui décrit la possibilité d’implémenter de nouvelles pièces dématérialisées à partir du protocole de bitcoin. Par la suite, il aida à installer cette trouvaille sur Mastercoin, une devise virtuelle rattachée à la Mastercoin Foundation, plus tard, rebaptisé Omni Foundation. Ensuite, l’algorithme de Mastercoin deviendra celui de Tether. Le cyberactif, initialement nommé « Realcoin », fut développé en 2014, par l’initiative de Brook Pierce, Reeve Collins, et Craig Sellar, dans une startup qui est basée à Santa Monica, aux États-Unis. Par comparaison à d’autres crypto qui expérimentent beaucoup de fluctuations de cours, la cotation du Tether ne diffère quasiment jamais. Enfin, Tether Limited, la société qui émet les jetons USDT, partage un directeur général avec la bourse d’échanges, Bitfinex. 

Comprendre les spécificités techniques du Tether 

Par analogie, à d’autres actifs cryptographiques, le Tether utilise la technologie d’une blockchain pour opérer ses transactions. C’est une pièce électronique de la famille des crypto stables communément désignée par le nom stablecoins. Selon le site officiel Tether, « il se garantit à 100 %, par une réserve de fonds fiduciaire de l’unité économique à laquelle il se lie. » La cybermonnaie convertit les espèces en USDT, afin d’attacher la valeur de l’avoir digital au cours des devises nationales comme le dollar américain, l’euro ou encore le yen japonais. Les nouveaux jetons mis en circulation ne sont pas minés, mais « frappés » par Tether Ltd.

À quoi sert le Tether ? 

Par sa constance de cours, le Tether permet aux investisseurs de protéger leurs capitaux contre l’incertitude substantielle du marché des pièces numériques. C’est le cryptoactif stable ou stabelcoin le plus populaire, et il s’octroie même de substitut à l’argent traditionnel sur plusieurs bourses. Initialement, il fut conçu pour s’adosser à trois valeurs fiduciaires classiques : USTether, pour le dollar américain, EuroTether pour l’euro, et YenTether pour le yen japonais. Puisque la cotation de l’USDT, reproduit la fluctuation du cours de l’avoir auquel il s’apparie. Garder du Tether dans votre portefeuille, vous couvre de la volatilité habituelle du commerce des crypto. Si vous disposez de 1000 $ par exemple, vous pourrez les échanger contre 1000 USDT. Cela signifie que le jeton se négocie à 1 dollar sur toutes les plateformes et donc peut s’utiliser à la place d’un dollar. Cependant, dans la pratique, le prix a tendance à différer un peu. En outre, pour chaque pièce émise correspond un billet en réserve dans un rapport de 1 : 1 (ceci équivaut à un argument de vente important et un problème potentiel quand la cryptosphère se veut décentralisée et sans liens).

Controverse 

Au cours de ces dix dernières années, la compagnie Tether Limited a subi plusieurs polémiques. En novembre 2017, par exemple, la firme a déclaré une perte d’environ 31 millions de dollars de ses jetons numériques USDT, volés lors d’un piratage informatique de la plateforme. L’année suivante, elle connait un autre échec, car l’audit nécessaire pour garantir le maintien de la totalité des pièces en circulation USDT par des fonds effectifs n’a jamais eu lieu. En 2021, l’entreprise qui est accusée de manque de transparence, à tort ou à raison, éprouve des difficultés à gagner la confiance des investisseurs. Elle rencontre diverses critiques, notamment, par rapport à ses refus récurrents à réaliser un audit-comptable indépendant, de ses avoirs en réserve. Toutefois, en mars de cette année, l’état de ladite réserve a fait l’objet d’un rapport externe qui atteste de sa pleine édification. Pour autant, cela ne représente pas une révision au sens propre pour vérifier la justesse des chiffres. À l’heure actuelle, la devise stable controversée occupe régulièrement la première position au classement du stablecoin le plus employé sur les bourses d’échanges. Dès lors, les individus placent toujours leur loyauté soit dans Tether, soit dans l’établissement bancaire qui contrôle les fonds, ce qui potentiellement incarne un risque pour des fraudes futures.  

Plusieurs faits importants

  • Tether a démarré sous le nom de « RealCoin » en juillet 2014, les dirigeants de Tether Ltd ont rebaptisé le token « Tether » en novembre de la même année. 
  • Les premiers jetons USDT furent distribués le 6 octobre 2014.
  • En 2019, le Tether a dépassé le Bitcoin en matière de volume de négociation, avec le flux quotidien et mensuel le plus élevé de toutes les pièces virtuelles sur le marché. 

Résumé 

  • Le Tether (USDT) est un stablecoin, un type de cryptomonnaie qui vise à maintenir la stabilité des valorisations au sein du marché.
  • Le token s’utilise par les investisseurs d’actifs digitaux pour éviter l’extrême volatilité des autres devises virtuelles.
  • Les jetons Tether se négocient sous le symbole USDT.
  • À l’heure de la rédaction, le nombre total des pièces USDT en circulation s’élève à 71 milliards.

Cet aCet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Crypto : gros plan sur Polkadot

De retour dans notre sphère des cryptomonnaies, cette semaine, nous vous suggérons d’étudier un protocole concurrent d’Ethereum, le Polkadot. Cette haute technologie qui dispose d’algorithmes « multichaîne » propose aux différentes blockchains d’échanger des informations arbitraires de manière complètement sécurisées. Le réseau qui, offre la possibilité, de créer des applications qui utilisent des données d’une chaîne de registre privé, sur une chaîne de registre publique, a séduit un grand nombre d’investisseurs dans leurs décisions d’achats. D’après la plateforme de nouvelles cryptographiques, Messari, le jeton virtuel (DOT) occupe la première position, au classement de devises alternatives les plus détenues, par les fonds de placement. 

La genèse de la plateforme Polkadot

Polkadot (sigle : DOT) est une plateforme dont la particularité permet aux blockchains de se lier, entrent-elles. La structure démarre en 2017, par l’initiative de Gavin Wood, co-fondateur et anciennement directeur technique d’Ethereum, chercheur chez Microsoft, et inventeur de l’illustre langage de programmation Solidity. Cette architecture qui est décentralisée et évolutive, fonctionne sur le consensus de la preuve d’enjeu « Proof-of-Stake ». Elle dispose d’un écosystème de chaîne parallèle et hétérogène, les « parachains » et « parathreads ». Ces maillons se connectent à la chaîne de relai principale, et par celle-ci, sont sécurisés. Elles peuvent également se lier à des structures externes grâce aux « ponts » qui permettent de se brancher à des réseaux comme bitcoin ou Ethereum. Le projet Polkadot s’appuie sur la Web3 Fondation, et la société Parity Technologies. Ces deux institutions implantées à Zoug, en Suisse, ont pour mission de rendre l’utilisation des logiciels décentralisés beaucoup plus accessible aux programmeurs. 

La face technique de Polkadot 

L’aménagement de la structure de Polkadot diffère de la plupart des réseaux cryptoactifs. L’algorithme permet de résoudre les divers problèmes techniques qui ont jusqu’à présent ralenti le développement de la technologie des pièces virtuelles. Il fonctionne sur le mécanisme de la preuve d’enjeu « Proof-of-Stake », et le système repose sur une boucle fondamentale de relai où passent toutes les opérations, et les échanges de données. À côté de cette sangle principale, il siège des chaînes autonomes parallèles, les « parachains » et « parathreads ». Les « parachains » apparaissent sous la forme de petits réseaux indépendants qui se greffent par séquence à la suite du registre de transaction centrale. Ces microréseaux sont régis par les « valideurs ». Les autres maillons latéraux de la chaîne sont nommés, les « parathreads ». Tout comme les « parachains », ces blockchains souveraines viennent se grossir à la structure majeure de la plateforme. Cependant, par analogie aux « parachains », elles ont la particularité de pouvoir accueillir plusieurs projets à la fois qui vont coexister sous la même fondation. Simplement, on peut associer les « parachains » et les « parathreads » à la souscription d’un serveur web où les « parachains » représenterait des serveurs dédiés, et les « parathreads », des serveurs mutualisés. Enfin, en se connectant à Polkadot, les créateurs peuvent protéger leur chaîne de blocs dès le premier jour.

Schéma de l’infrastructure de Polkadot. Source : cryptonews.com

Le rôle de la cryptodevise DOT

Le réseau de Polkadot emploie un système de pilotage sophistiqué. Les jetons DOT s’utilisent pour participer aux choix dans le mécanisme de gouvernance, notamment lors de dépôt de propositions, le scrutin et le cautionnement. Pour les délibérations, les détenteurs de fonds délèguent leurs pièces bloquées (leur voix) aux « valideurs » par la procédure du « staking ». Ce mécanisme permet de s’assurer que les électeurs qui possèdent le plus de fonds commandent toujours le réseau. Tous les verdicts se passent par le referendum avec des seuils de super-majorité adaptatifs et des votes d’approbation par lots. Par la suite, les individus qui ont légué leur droit de décision perçoivent un intérêt au prorata des sommes immobilisés.

Le réseau Kusama

Lancé en 2016, le réseau Kusama (sigle : KSM) permet de composer des fonctionnalités, publier, et préparer des programmes à venir sur la plateforme principale Polkadot. Les concepteurs y bénéficient de plus de souplesse lors de l’établissement de leurs projets. Ils peuvent abréger ou améliorer des parties de codes d’un logiciel, pour qu’in fine Polkadot accueille la version des applis finies. Contrairement à d’autres dispositifs d’essai, en aucun cas, l’algorithme de Kusama ne s’apparente à un « Testnet ». C’est bien au contraire, une entité autonome qui jouit d’une cryptomonnaie native, qui a une vraie valeur intrinsèque. 

La comparaison de Polkadot vs Ethereum

Polkadot 

  • La plateforme permet aux blockchains de se lier, entrent-elles.
  • Elle fonctionne grâce au mécanisme de la preuve d’enjeu « Proof-of-Stake ».
  • Le réseau est équipé d’une chaîne centrale, la chaîne de relai, et des boucles secondaires nommées « parachains » et « parathreads ».
  • Les jetons DOT s’utilisent dans le processus de gouvernance de la structure, pour les prises des décisions.
  • L’écosystème de Polkadot se sert de la blockchain Kusama comme un banc d’essai pour développer de nouveaux logiciels. 
  • La vitesse des opérations sur Polkadot se situe à 166,666 transactions par seconde (TPS).

Ethereum

  • La plateforme accepte aux programmeurs de développer des applications décentralisées, appelées « DApps ».
  • Dans sa première version, Ethereum utilise le consensus de la preuve de travail (la preuve d’enjeu PoS, remplacera ce mécanisme dans sa future mise à jour Ethereum2.0). 
  • Ethereum permet 15-20 TPS.

Des exemples de projets pertinents lancés sur Polkadot 

  • Ocean Protocol
  • Chainlink

Résumé

  • L’architecture de Polkadot a vu le jour en 2017 grâce à l’initiative de Gavin Wood, un ancien employé de Microsoft, co-fondateur d’Ethereum, et créateur du langage de programmation Solidity. 
  • Polkadot est une « crosschain » qui accepte de relier les différentes structures, entrent-elles, grâce aux « ponts ». Elle autorise des transferts pour diverses informations en toute sécurité.
  • Le réseau est équipé d’une boucle centrale, la chaîne de relai qui permet de valider des transactions, et des microréseaux secondaires nommés « parachains » et « parathreads ».
  • La cryptomonnaie native sur Polkadot se nomme DOT
  • À l’heure de la rédaction de cet article, Polkadot occupe la huitième place des plus grandes capitalisations boursières sur le marché des cryptomonnaies, totalisant 32,79 milliards de dollars. Le prix unitaire du DOT se situe à 33,11 dollars. 

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Crypto : Au coeur du Litecoin

Dans notre rubrique, cette semaine, sur les devises virtuelles, nous vous proposons d’examiner l’une des cyberdevises pionnières de l’industrie, le Litecoin. En particulier, c’est un mois de septembre avantageux à la négociation du token, pour plusieurs investisseurs, sur les bourses d’échanges de cryptomonnaies. La pièce numérique s’est retrouvée au cœur de la controverse, lors d’une « fake news » qui a évoqué sa possibilité d’être accepté comme moyen de paiement chez le géant américain du retail, Walmart. L’annonce a propulsé en 20 minutes, son cours, à plus de 36 %, passant d’un prix unitaire de 175 à 238 dollars avant de redescendre aussi tôt. La société Walmart et la fondation Litecoin ont totalement démenti la nouvelle. 

Un peu d’histoire 

Litecoin (sigle : LTC) est une plateforme de paiements, code ouvert « open source », une monnaie numérique pair à pair, démarré en octobre 2011, grâce à l’initiative de Charlie Lee, un ancien employé de Google, et Coinbase. Le réseau qui est conçu dans un code source quasiment égal à celui de bitcoin permet d’effectuer des opérations rapides, sécurisé, et peu coûteux. Par analogie à la première des devises virtuelle jamais lancée, son algorithme de signature des échanges est beaucoup plus allégé. Il autorise de « miner » des blocs beaucoup plus vites, soit un temps nécessaire de 2 min et 30 secondes, contre 10 minutes, une cadence moyenne 4 fois supérieure. L’objectif de la plateforme consiste à réellement offrir les négociations de sa pièce dématérialisée au même degré qu’une monnaie transactionnelle. Le cyberjeton LTC est souvent comparé à de l’argent (métal) électronique, au même titre que le bitcoin est considéré comme de l’or électronique « the silver to bitcoin’s gold ». En effet, les deux cryptoactifs reposent sur un algorithme aux caractéristiques déflationniste qui restreint la production du nombre total de jetons à 84 millions, et 21millions d’unités. 

Les fondamentaux de Litecoin

Considéré comme le petit frère de bitcoin, le Litecoin a connu les prémices du marché des cyberdevises, c’est l’une des premières devises électroniques alternatives « altcoins ». Le réseau permet des paiements en ligne accessible aux individus et aux entreprises. Cependant, les échanges s’effectuent uniquement en cryptoactif dans un processus où seuls les détenteurs du portefeuille numérique de Litecoin profitent de ce système. Le mode de fonctionnement de cette plateforme s’apparente à celles d’autres cryptomonnaies, elle utilise le consensus, de la preuve de travail « Proof-of-Work » pour valider la chaîne de blocs. Le mineur reçoit 25 LTC à chaque opération, dans la procédure de signature de transfert. Chaque Litecoin est divisé en cent millions d’unités plus petitesdéfinies par huit décimales. Le système décentralisé et code ouvert de la blockchain permet de ne perdre aucune information.  

Les technologies Segregated Witness « Segwitt » & Atomic Swap

L’algorithme de Litecoin authentifie la chaîne de blocs, grâce au mécanisme de Segregated Witness « Segwitt », pour limiter l’accroissement des blocs orphelins formés en conséquence de la faible durée qui est accordé à leur acceptation. Un bloc orphelin se crée lorsque deux mineurs exploitent un bloc sur le même intervalle de temps. Par la suite, le réseau permet la coexistence des deux blocs pendant un temps certain, jusqu’à l’élimination d’un bloc.La seconde technologie de Litecoin se nomme Atomic Swap, ce mécanisme offre l’interopérabilité des plateformes, et donc l’échange de devises entre elles sans avoir à passer par une entité intermédiaire. 

Plusieurs faits importants concernant Litecoin

  • En 2018, Google ajoute le Litecoin à son outil de conversion de devise.
  • Les jetons n’ont pas fait l’objet de préallocation, la totalité des pièces litecoins a été « miné » naturellement.

La comparaison Litecoin vs Bitcoin

Litecoin

  • Le réseau de paiement a pour but de créer un bloc, toutes les deux minutes trente.
  • L’algorithme de signature confirme rapidement les opérations, et les frais de négociations sont infimes.
  • Les pièces LTC sont « minées » grâce au consensus de la preuve de travail « Proof-of-Work ».
  • Le taux d’émission de la monnaie suit une série géométrique qui diminue de moitié tous les 840 000 blocs, et la quantité totale de token est limité à 84 millions d’unités.
  • Les transactions sont enregistrées sur la chaîne de blocs Litecoin.
  • La plus petite unité de Litecoin s’appelle « Litoshi ».
  • Souvent, on nomme le Litecoin « Argent numérique ».

Bitcoin

  • L’algorithme du réseau de bitcoin crée un bloc environ toutes les dix minutes.
  • La pionnière des monnaies dématérialisées est capée à 21 millions de pièces.
  • La chaîne de blocs bitcoin approuve la suite du registre grâce au consensus de la preuve de travail « Proof-of-Work ».
  • On nomme la plus petite unité fonctionnelle sur la blockchain de bitcoin, « Satoshi ».
  • Le bitcoin est souvent considéré comme de « l’Or numérique ».

En résumé 

  • Le Litecoin est une plateforme de paiements, code ouvert « open source », une monnaie numérique pair à pair, démarré en octobre 2011, grâce à l’initiative de Charlie Lee.
  • Le jeton cryptographique dispose d’un code source quasiment identique à celui de bitcoin.
  • C’est la première cryptomonnaie alternative.
  • La plateforme permet des négoces de devises, rapides, sécurisés, et à moindres coûts. 
  • Le réseau utilise le consensus de la preuve de travail « Proof-of-Work », pour valider la chaîne de blocs.
  • À l’heure de la rédaction de cet article, le token occupe la 16e place, des plus grandes capitalisations, sur les bourses de commerce de pièce numérique, et s’échange à 152,13 dollars.

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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CRYPTO : gros plan sur Ripple

Cher lectorat, cette semaine dans la poursuite de notre « tour du monde » sur le marché des cryptos, nous vous proposons de démystifier la société controverse Ripple Labs et son jeton natif, le XRP. 

Les prémices de la société Ripple 

Ripple Labs (ticker crypto : XRP) est une société américaine fondée en 2012 par Chris Larsen et Jed McCaleb. C’est une plateforme qui a pour mission de simplifier les échanges monétaires internationaux pour les clients particuliers, les entreprises et les banques. La technologie sous-jacente de ce système s’apparente à la méthode de SWIFT. Cependant, pour le transfert de fonds transocéaniques (en temps réel), le versement se fait ici sans frais de correspondance qui y sont associés. Les paiements sont irréversibles, et il n’y a pas de rejet de débit, les opérations sont cryptées de bout en bout de sorte que les données restent anonymes et sécurisées tout au long du processus. Le XRP, quant à lui, est le jeton numérique natif de la structure RippleNet. Sa fonction primaire consiste à servir de pont monétaire lorsque l’échange direct entre deux paires de devises rarement négociées n’est pas disponible. L’algorithme d’orientation privilégie toujours le chemin le plus rapide et le moins coûteux. 

Quels sont les fondamentaux de l’XRP ? 

Le token cryptographique XRP sert d’intermédiaire lors des transactions dans le monde entier sur la plateforme de paiement numérique appelée RippleNet. Le réseau fonctionne par échange des devises d’un expéditeur vers un destinataire qui peut, in fine, convertir en temps réel les XRP en une monnaie fiduciaire différente. Contrairement au bitcoin ou l’ethereum, ces jetons n’ont pas été créés par le « minage », mais ont été « pré-minés » par les fondateurs et mis en circulation lors de la phase de lancement du projet. C’est le conseil d’administration de la société Ripple Labs et ses dirigeants qui détiennent la majorité des fonds. Cette spécificité inhérente de l’entreprise lui a été reprochée dans la sphère des cryptos. Néanmoins, elle est souvent appréciée par la plupart des établissements bancaires classiques, qui y voient un argument de stabilité financière. Le système est déjà utilisé par des institutions telles que Bank of America pour traiter les transferts internationaux. 

Aujourd’hui, la société Ripple connaît un succès grandissant, elle attire l’attention de plusieurs investisseurs et a conclu plusieurs partenariats sérieux notamment en Asie et en Australie. Sa méthode de paiement est la plus populaire pour effectuer des transferts transfrontaliers, par exemple en Extrême-Orient. La plateforme d’échange dispose d’un large réseau de distribution, et cela ne détériore pas sa sécurité, qui est l’une des meilleures parmi tous les actifs digitaux. Enfin, pour couronner le succès de cette structure, le XRP se classe à la septième position des plus grosses capitalisations boursières sur le marché des cryptos avec plus de 25 milliards de dollars US. Actuellement, le jeton se négocie à 0,6 $ (0,55 €). 

Bataille judiciaire interminable contre la Securities and Commission of Exchange (SEC)

En 2020, la Security and Commission of Exchange (SEC), l’un des deux plus gros régulateurs des marchés boursiers aux États-Unis, a intenté un procès contre la firme. Dans ses allégations, l’agence américaine accuse les dirigeants de la société Ripple Labs d’avoir levé plus de 1,3 milliard de dollars lors de la vente de valeurs mobilières sans licence, à savoir le XRP. Les patrons de Ripple se défendent sur ce choix de la SEC qui selon eux ne classe pas des actifs tel que le bitcoin ou ethereum dans la même catégorie. En effet, la SEC considère ces actifs comme suffisamment décentralisés pour ne pas être labélisés de « securities ». 

Dans cette affaire, il y a lieu de penser que le XRP présente toutes les caractéristiques d’une valeur mobilière puisque les 100 millions de jetons ont été générés en un seul coup. De plus, la majorité des fonds sont détenus par la société Ripple Labs et ses dirigeants.  

XRP vs Bitcoin : similarités et différences

Similarités

–       Les deux sont des cryptomonnaies échangeables qui utilisent la technologie de la cryptographie.

Différences 

–       Ripple est un système de paiement décentralisé qui garantit des opérations plus rapides que celles proposées par le Bitcoin ou l’Ethereum ; les transactions cryptographiques sont signées, libellées dans une devise fiduciaire différente ou dans la monnaie interne du réseau (XRP) ; 

–       Contrairement à bitcoin, les jetons de Ripple n’utilisent pas la technologie sous-jacente à la blockchain ; 

–       La plateforme Ripple est toujours détenue et exploitée par une entreprise privée.

En résumé 

Ripple souvent confondu avec sa cryptomonnaie native XRP est une société technologique lancée en 2012 par ses fondateurs Chris Larsen et Jed McCaleb. Son objectif consiste à simplifier les envois de fonds transfrontaliers entre les individus, les entreprises via RippleNet. Le jeton XRP sert d’intermédiaire lorsque l’échange direct entre des pairs de devises différentes n’est pas disponible. 

La Federal Reserve Bank of Boston a écrit : « l’adoption de réseaux distribués, tels que Ripple, peut aider l’industrie [bancaire] à réaliser un traitement plus rapide, ainsi que des gains d’efficacité pour les paiements internationaux et la correspondance bancaire ».

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Comment la Goldman Sachs a ruiné la Grèce : une tragédie en plusieurs actes.

À Athènes, ce 24 mai 1979, est signé au Zappeion le traité d’adhésion de la Grèce à la communauté européenne. Plus un choix symbolique que pragmatique, le gouvernement Karamanlis présente aux yeux de tous une Grèce affranchie de ses racines dictatoriales entretenues durant près de 7 ans par les colonels de la junte.

Drogué aux subventions européennes (30 milliards en 10 ans, soit 10% du PIB grec), le pays signa des deux mains le traité de Maastricht, celui-là même à l’origine des prémices de l’union économique et monétaire.

Alors que la corruption, le népotisme et le laxisme fiscal gangrenaient de l’intérieur le système politico-économique grec, mettant ainsi en exergue une incapacité systémique à faire converger ses indicateurs vers les critères de l’UEM, la Grèce affiche contre toute attente des résultats miraculeux ; le déficit public passe de 10% en 1995 à … 1,6% en 1999, faisant d’elle un candidat plus que convaincant à la monnaie unique.

De mal-aimé à enfant prodige, il n’y a visiblement qu’un pas. En à peine quelques années, tous les déficits s’étaient résorbés et, avec eux, les interrogations de ses partenaires.

Réformes structurelles d’assainissement, réformes conjoncturelles du moment ou politique d’austérité, le climat euphorique de l’époque éclipsait la manière pour ne se concentrer que sur les fins.

Par quel procédé le pays a-t-il pu équilibrer ses comptes publics ? La crise grecque, survenue 7 ans après l’adoption de l’euro, est-elle la conséquence différée d’une victoire à la Pyrrhus ? Quel a été le rôle joué par la Goldman Sachs tant dans la réussite que dans la faillite grecque ?

Résurgence de la Grèce antique

On ne l’attendait pas au-devant de la zone Euro, et pourtant elle y figure. Le 1er janvier 2001 signe le renouveau des années d’or de la Grèce. L’économie prospère et connait l’une des plus fortes croissances de la zone euro (4,3% en moyenne par an de 2000 à 2007). Les salaires dans la fonction publique ont plus que doublé alors que dans le même temps, les salaires en Allemagne augmentaient de 25%. L’emprunt est facilité par les coûts d’intérêts bas inhérents à la monnaie unique, permettant de surcroit une hausse de la demande intérieure et des investissements publics. À cette effervescence s’ajoute son succès au championnat d’Europe de football de 2004, et, la même année, Athènes est désignée ville organisatrice des Jeux olympiques. Malgré d’importantes dépenses, le déficit demeurait stable (moins de 2% en moyenne sur la période). Après tout, pourquoi douter ?

Rupture du trompe-l’œil

Malgré une présomption de bonne foi, un audit fut lancé sur les comptes publics grecs par l’organisme en charge de l’information statistique à l’échelle communautaire, Eurostat.

Une comptabilité peu rigoureuse en a découlé. En effet, certaines dépenses, principalement militaires (séquelles ottomanes), n’étaient enregistrées dans les comptes qu’une fois l’intégralité de la commande reçue. Si le pays prévoyait de se faire livrer 100 tanks, ce n’est qu’après la réception du 100ème que la dépense se retrouvait effectivement dans les comptes. Des milliards d’euros s’étaient volatilisés par une simple acrobatie comptable. L’affaire est classée sans suite.

C’est en arrivant au pouvoir, en octobre 2009, que le gouvernement socialiste de Georges Papandréou décide de lever le masque. La réalité des finances publiques est tout autre que celle enjolivée pendant des années par ses prédécesseurs; le déficit atteint les 12% du PIB, soit le double du chiffre officiel annoncé. L’illusion de confort et d’aisance dans laquelle le peuple grec fut plongé, et qui contrevenait en tout point à tous les principes fondamentaux de stabilité et d’équilibre, n’était que le corollaire du secret bien gardé de la prospérité grecque, celui de toute bonne dette publique (112% du PIB).

Opération Éole

C’est ainsi que fut baptisé, en hommage au dieu du vent grec Aeolus, l’opération visant à magnifier les comptes publics. Consciente de son incapacité à se souscrire aux critères draconiens de Maastricht, la Grèce fait appel à la sulfureuse mais néanmoins brillante banque d’affaire Goldman Sachs afin de maquiller ses comptes. Pour ce faire, la première banque conseil d’Athènes met en place un mécanisme financier consistant en la manipulation d’emprunts d’état libellés en monnaies étrangères, qu’on appelle communément un swap de devises. Il est habituel qu’un pays génère de la dette pour couvrir son déficit et assurer le paiement des intérêts et du principal arrivant à échéance, puis qu’il émette des obligations souveraines en euros pour couvrir le risque de change. En substance, rien d’illégal, plusieurs cas font jurisprudence. Le souci, c’est que la parité Drachme/euro fut fixée artificiellement, permettant ainsi au mandateur de camoufler tout un pan de sa dette. En ayant recours à un produit financier complexe, la banque rend également possible l’hypothèque des futures recettes de la Grèce, celles tirées essentiellement des taxes d’aéroport et de la loterie. De ce mécanisme, la Grèce aura sorti 2,8 milliards d’euros de dettes, soit assez pour continuer à emprunter auprès de la BCE. Selon Bloomberg, la Goldman Sachs aurait facturé à son client 600 millions d’euros en prestations de conseil, soit le montage financier, uniquement. Les intérêts, quant à eux, seront remboursés à hauteur de 400 millions d’euros par an, jusqu’en 2032.

La Goldman Sachs, sans foi ni loi

Suite à l’aggravation de la conjoncture économique engendrée par la crise financière de 2008, un climat anxiogène s’installe au sein des états et des marchés financiers. Les obligations grecques fluctuent au gré du vent et, avec elles, le sort de tout un peuple. La zone euro craint pour sa monnaie, les états membres une crise systémique.

Les agences de notation et les investisseurs sonnent le glas de la Grèce, tout cela en chœur. les premiers, en dégradant la solvabilité du pays, donnent matière aux seconds, principalement des fonds d’investissements, des banques et des fortunes privées, à se prémunir contre les défauts de crédit en investissant massivement sur des CDS (Credit Default Swap). Ces titres spéculatifs,dont la valeur est négativement corrélée au prix des obligations grecques, ne sont que la matérialisation boursière d’un pari sur la faillite hellénique. La Goldman Sachs se place en acteur cardinal du marché des CDS et agit comme un catalyseur du mouvement en conseillant ses clients d’acheter ces dérivés financiers, anticipant ainsi une hausse du prix desdits CDS, évidemment dans une affaire de conflit d’intérêts très claire. En coopération étroite avec la Goldman Sachs, la NBG (National Bank of Greece), dès lors principal dépositaire des fameux swaps de devises résultant du deal de 2001, créée une entité ad hoc de titrisation (titlos) impliquant la transformation des créances souveraines en titres financiers, et ce en vue d’utiliser ces swaps comme nantissement pour de nouveaux emprunts auprès de la BCE, de quoi se refinancer temporairement et retarder l’échéance de quelque peu.

La dette étant devenue insoutenable, la contrepartie pour adhérer à l’eldorado monétaire fantasmé par beaucoup s’est révélée trop importante pour un pays comme la Grèce, qui ne s’était finalement jamais mis en rang. Une responsabilité morale pèse, à juste titre, sur les protagonistes d’une scène dont l’issue n’avait in fine rien de théâtrale, dont les implications étaient bien réelles. Sur fond de sédition du monde de la finance sur la politique d’un état, la crise des dettes souveraines aura permis de mettre en lumière tant le manque de rigueur des contrôleurs européens que la démesure des représentants grecs du pouvoir exécutif.

Cet article a été rédigé par Youcef Nazim Tahari.

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Cryptos : gros plan sur l’Ethereum

Dans notre premier article sur le tour du monde des cryptomonnaies, nous avions abordé le sujet de la Blockchain bitcoin et de la manière dont elle a suscité de l’intérêt pour toute une série de technologies. Aujourd’hui, nous vous proposons de plonger au cœur des altcoins (les cryptomonnaies alternatives), et plus particulièrement à la Blockchain Ethereum, la deuxième plus grosse capitalisation boursière sur le marché des cryptos.

Les origines d’Ethereum

L’Ethereum (ticker : « ETH ») est une blockchain publique, code ouvert ou « open source », présentée en 2013 par le programmeur Vitalik Buterin. Celle-ci fonctionne grâce au consensus de la preuve de travail appelé « proof-of-work ». La plateforme permet aux programmeurs de développer des applications décentralisées, appelées « DApps » (constituées par l’ensemble des contrats intelligents) dans un environnement de calcul, de programmation et de traitement informatique public et décentralisé.

De son côté, le contrat intelligent est un programme autonome qui fonctionne sur la blockchain Ethereum. Lorsqu’il est activé, le contrat permet d’exécuter automatiquement des opérations prévues, sans intervention humaine. Il est fréquemment utilisée dans des transactions financières, comme par exemple l’application automatique de termes d’une police d’assurance, l’établissement des baux de logement sans agent immobilier, ou encore lors de transferts d’argent. 

En contrepartie, les personnes qui contribuent et mettent à disposition de la blockchain leur puissance de calcul informatique perçoivent une rémunération appelée « GAS » (Gaz en français).

Aujourd’hui, l’écosystème Ethereum est florissant avec plus de 3 000 applications décentralisées alimentées par une forte communauté. De plus, la cryptomonnaie native du réseau (l’ether) figure à la première place du classement des capitalisations boursières en altcoins, affichant un montant de plus de 200 milliards de dollars en juillet 2021.

Les promesses d’Ethereum 2.0

Le succès de cette monnaie virtuelle implique également quelques contraintes. En effet, Le nombre grandissant d’applications décentralisées sur la blockchain Ethereum contribue à la lenteur du réseau et augmente les frais de transactions. Afin de régler ces problèmes, plusieurs programmeurs (dont Vitalik Buterin) ont amorcé un ensemble de mises à jour visant à augmenter la vitesse et améliorer la sécurité du réseau. Dans le cadre de ces mises à niveau, ils offrent la possibilité aux détenteurs d’ETH le droit de bloquer leurs fonds sur les plateformes d’échange pour aider à sécuriser le lancement du nouveau réseau Ethereum 2.0. En échange de leur participation, une récompense est prévue au prorata des sommes déposées, pour autant qu’elles n’ont pas été retirées avant un certain temps. 

Le graphique de prix, les statistiques de marchés pour l’Ethereum 2.0 seront similaires au marché précédent. Cette nouvelle version d’Ethereum remplacera le consensus de la preuve de travail ou « proof-of-work » par le consensus de la preuve d’enjeu ou « proof-of-stake ». 

Proof-of-stake = Le consensus de la preuve d’enjeu (proof-of-stake) est un mécanisme qui demande à l’utilisateur (nœuds du réseau) de prouver la possession d’une certaine quantité de cryptomonnaies concernées « leur participation » afin de valider des blocs supplémentaires dans la chaîne de bloc et de prétendre à une récompense. 

Bitcoin vs Ethereum : quelques similarités et différences 

Bien que les deux blockchains partagent plusieurs similarités, elles sont fondamentalement différentes. En voici quelques nues : 

Similarités

  • Les deux blockchains disposent d’une cryptomonnaie native utilisable comme moyen de paiement sur les différentes plateformes d’échange. 
  • Dans sa première version, la blockchain Ethereum tout comme son « aînée » Bitcoin, utilise le consensus de la preuve de travail (cette caractéristique est remplacée par la preuve d’enjeu dans sa mise à jour Ethereum2.0). 
  • Toutes les deux utilisent un système décentralisé d’ordinateurs qui partagent un registre cumulatif des transactions — la blockchain.
  • Pour valider les transactions et sécuriser leur réseau, elles s’appuient sur les membres de leur communauté (les mineurs). 

Différences 

  • Le nombre total de bitcoins est capé à 21 millions d’unités. Ce nombre est illimité pour l’Ethereum.
  • À la différence du Bitcoin dont le développement s’est focalisé sur l’aspect purement monétaire, le réseau Ethereum a vocation à déployer des contrats intelligents (smartcontracts) et des applications décentralisées appelées « DApps ».
  • Le temps de blocage pour valider une transaction est plus court sur l’Ethereum (quelques secondes) que sur le Bitcoin (quelques minutes). 

En résumé

L’Ethereum (ETH) est une blockchain publique et « open source » qui se caractérise par le consensus de la preuve de travail (« proof-of-work ») dans sa première version et par la preuve d’enjeu (« proof-of-stake ») dans sa nouvelle version 2.0. Elle permet aux programmeurs de développer des applications décentralisées, appelées « DApps » constituées par un ensemble des contrats intelligents. Aujourd’hui, l’écosystème Ethereum est florissant avec plus de 3 000 applications alimentées par une forte communauté et figure à la première place du classement des capitalisations boursières en altcoins.

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Parlons Cryptos : gros plan sur la Blockchain bitcoin

Cet été, vous avez sûrement entendu parler du Bitcoin. Qu’il s’agisse de son rallye haussier (avec son pic à 63 000 dollars) puis baissier ou de sa légitimité en tant que moyen de paiement, il était au cœur de l’actualité financière. Peut-être que certains d’entre vous en possèdent déjà tandis que d’autres ont encore du mal à se faire une idée sur la légitimité de ce type d’investissement. Dans cet article, nous analysons pour vous la technologie derrière le Bitcoin et répondons aux questions fréquemment posées sur le net. Lisez jusqu’au bout, c’est passionnant !

Les origines du Bitcoin

Le Bitcoin (abrégé en « BTC ») est la première cryptomonnaie. Elle fut rendue publique le 31 octobre 2008 à la suite de la publication d’un livre blanc (bitcoin : A peer-to-peer Electronic Cash System) par une personne ou par un groupe au pseudonyme de Satoshi Nakamoto, dont l’identité n’a jamais pu être vérifiée. Ce livre blanc est disponible en ligne gratuitement sur le site internet de la monnaie digitale Bitcoin.org.

Le livre blanc du bitcoin est un document qui a pour but est de présenter un projet comme une STO [Security token offering], ou une Offre initiale d’échange [Initial exchange offering] sur une Blokchain. La nouvelle cryptomonnaie ou le token [soit la fonction et les mécanismes économiques proposés], le nombre de tokens à créer, l’équipe constituée, la roadmap, ainsi que la répartition prévue de l’utilisation des fonds y sont renseignés. 

Le premier bloc, le Bloc de Genèse ou « Genesis Block », a été miné par Satoshi Nakamoto lui-même le 3 janvier 2009. La plus petite unité du Bitcoin est le Satoshi et fonctionne sur la blockchain Bitcoin. Généralement, on différencie la cryptomonnaie de la Blockchain en l’écrivant par une lettre minuscule « b » alors que sa Blockchain s’écrit en lettre majuscule « B ». 

Depuis, la popularité de ce nouvel actif n’a cessé de croître quand plusieurs investisseurs ont réalisé son potentiel de réserve de valeur d’où le surnom d’« or numérique ». L’objectif du bitcoin est d’être une alternative à la monnaie fiduciaire classique, il permet de procéder à des transactions sans intermédiaires financiers et offre des coûts moins élevés que ceux des banques traditionnelles. 

Qu’est-ce que la Blockchain bitcoin ? 

La Blockchain bitcoin est une collection de blocs dans laquelle chaque bloc correspond à une transaction. Elle est assimilée à un grand livre ou à un registre ouvert et accessible (pour une blockchain publique, avec ou sans système de permission) ou privé/confidentiel (également avec ou sans système de permission), crypté (parfois anonymisé), immuable et infalsifiable, tout cela en une seule technologie ! Les blocs s’accumulent au fil du temps dans une configuration qui rend n’importe lequel d’entre eux consultable à tout moment. Lorsque la blockchain fonctionne sur le mécanisme du consensus, dit « preuve de travail » ou « Proof-of-Work » (PoW), les blocs sont validés par des nœuds du réseau appelés mineurs. Autrement dit, vous pouvez considérer la blockchain Bitcoin comme un grand registre où toutes les transactions sont, consultables à tout moment, validées et enregistrées définitivement par des nœuds du réseau.

Comprendre le processus de preuve de travail ou « Proof-of-Work » 

Le minage d’une cryptomonnaie ne correspond à rien au minage physique d’une ressource naturelle. Il s’apparente à un processus par le biais duquel des nœuds d’un réseau [les mineurs] vérifient chaque nouvelle transaction. Ensuite, les données sont ajoutées et stockées sur la Blockchain. La preuve de travail est un mécanisme où les mineurs, grâce à leur puissance de calcul informatique importante, sécurisent et valident des transactions sur la blockchain contre une rémunération dans la cryptomonnaie concernée. 

En résumé 

Le bitcoin est une monnaie numérique rendue publique fin 2008 par son créateur Satoshi Nakamoto ; il fonctionne grâce à la technologie de la Blockchain Bitcoin et se caractérise par le consensus de preuve de travail « proof-of-work » qui permet à des nœuds du réseau [les mineurs] de valider des transactions et de sécuriser le réseau à l’aide d’une grande puissance de calcul délivré par un ou plusieurs ordinateurs. Il a été créé comme alternative à la monnaie fiduciaire afin de permettre des transactions sans intermédiaires financiers et réduire les coûts. Il a gagné en succès en tant qu’investissement alternatif auprès des amoureux de la finance, lorsque ceux-ci ont compris son potentiel de réserve de valeur. 

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Parlons Cryptos : Top 10 des capitalisations boursières en 2021

La capitalisation boursière d’une société, qu’est-ce que c’est ?  

La capitalisation boursière d’une société est la valorisation au prix de marché de toutes ses actions en circulation. Elle correspond au prix qu’il faudrait payer pour acheter la totalité des actions de ladite société à leur cours de marché actuel. Elle prend en compte le volume de demande de ces actions. Pour les cryptomonnaies, la capitalisation boursière correspond simplement au prix d’achat de la crypto que multiplie la quantité mise en circulation.

Par exemple, pour un prix de $500 et une quantité mise en circulation de 1000 unités, la capitalisation boursière de la crypto s’élève à $500 000.

Le Top 10 de capitalisations boursières sur le marché des cryptos 

1. Bitcoin (BTC) – 579 milliards

2. Ethereum (ETH) – 203 milliards

3. Tether (USDT)– 62 milliards

4. Binance Coin (BNB) – 41 milliards 

5. Cardano (ADA) – 39 milliards 

6. Dogecoin (DOGE) – 30,7 milliards 

7. XRP (XRP) – 27 milliards 

8. USD Coin (USDC) – 25 milliards  

9. Polkadot (DOT) – 13 milliards 

10. Uniswap (UNI) – 8,9 milliards 

Source: coinmarketcap.com

1. Bitcoin

Sans surprise c’est le Bitcoin qui arrive en tête de ce classement des 10 premières capitalisations boursières des cryptos. Le bitcoin est la crypto-monnaie de référence et la plus échangée au monde, elle représente une part massive du marché des crypto-monnaies. C’est la première crypto-monnaie qui a été présentée au public et elle dispose donc de l’infrastructure la plus développée. Elle est souvent considérée comme un précurseur dans le monde des crypto-monnaies. Elle a créé une classe d’actifs alternatifs et peut être utilisée dans des stratégies de couverture de portefeuille, en particulier pendant les marchés turbulents.

2. Ethereum

Ethereum est une plateforme permettant de créer des applications décentralisées basées sur la technologie de la blockchain et des contrats intelligents ou « smartcontract ». Un contrat intelligent applique automatiquement les termes de l’accord sur la base d’un algorithme donné. La crypto-monnaie est cotée sous le symbole ETH et est utilisée pour payer divers frais et coûts sur le réseau Ethereum.

3. Tether

Tether est une crypto-monnaie basée sur la blockchain dont les cryptomonnaies en circulation sont adossées à un montant équivalent de monnaies fiduciaires traditionnelles, comme le dollar, l’euro ou le yen japonais, qui sont détenues sur un compte bancaire désigné. Les jetons Tether, les jetons natifs du réseau Tether, s’échangent sous le symbole USDT.

4. Binance Coin

Binance Coin est la crypto-monnaie émise sur la bourse d’échange et plateforme de trading Binance, elle se négocie sous le symbole BNB. Le Binance coin fonctionnait initialement sur la blockchain Ethereum avec la norme ERC 20, mais est depuis devenu la monnaie native de la chaîne Binance. Le nombre total de jetons Binance, est plafonné à maximum 200 millions de jetons BNB.

5. Cardano 

Cardano est une plateforme blockchain de troisième génération, décentralisée, de type proof-of-stake (PoS), conçue pour être une alternative plus efficace aux réseaux de type proof-of-work (PoW). La scalabilité, l’interopérabilité et la durabilité des réseaux PoW tels qu’Ethereum sont limitées par le fardeau de l’infrastructure que représentent les coûts croissants, la consommation d’énergie et la lenteur des transactions. Cardano répond à ces problématiques, elle a été fondée par Charles Hoskinson, cofondateur d’Ethereum. Le développement du projet est supervisé et encadré par la Fondation Cardano, basée à Zug en Suisse.

6. Dogecoin 

Le dogecoin (DOGE) est une crypto-monnaie pair-à-pair et open source. Elle est considérée comme un altcoin et une cryptomonnaie « meme » presque sarcastique. Lancé en décembre 2013, Dogecoin a pour logo l’image d’un chien Shiba Inu. Bien qu’elle ait été créée apparemment comme une blague, la blockchain de Dogecoin a tout de même du mérite. Sa technologie sous-jacente est dérivée du Litecoin. Les caractéristiques notables du Dogecoin, qui utilise un algorithme script, sont son faible prix et son offre illimitée.

7. XRP 

Ripple est une technologie qui sert à la fois de crypto-monnaie et de réseau de paiement numérique pour les transactions financières. Elle a été lancée pour la première fois en 2012 ; elle a été cofondée par Chris Larsen et Jed McCaleb. Le processus principal de Ripple est un système d’échange et de transfert d’actifs pour le règlement des paiements, similaire au système SWIFT pour les transferts internationaux d’argent et de titres, qui est utilisé par les banques et les intermédiaires financiers traitant entre les devises. 

Le jeton utilisé pour la crypto-monnaie est préminé et utilise le symbole ticker XRP. Ripple est le nom de la société et du réseau et XRP est le jeton de la crypto-monnaie. L’objectif du XRP est de servir de mécanisme d’échange intermédiaire entre deux monnaies ou réseaux.

8. USD Coin

U.S. Dollar Coin, ou USDC, est un stable coin basé sur Ethereum, lancé en septembre 2018. Ses politiques, y compris ses normes techniques et financières, sont gérées par un consortium appelé CENTRE, lancé par la société de paiement pair à pair Circle et la bourse de crypto-monnaies Coinbase. L’USDC représente la monnaie fiduciaire, ou monnaie gouvernementale, sur la blockchain. Il est remboursable sur une base de 1:1 en dollars américains, émis par des institutions financières réglementées.

9. Polkadot 

Polkadot est une crypto-monnaie unique de type proof-of-stake qui vise à assurer l’interopérabilité entre les autres blockchains. Son protocole est conçu pour connecter des blockchains avec et sans permission, ainsi que des oracles, afin de permettre aux systèmes de travailler ensemble sous un même toit. L’élément central de Polkadot est sa chaîne de relais qui permet l’interopérabilité de différents réseaux. Elle permet également de créer des « parachains », ou des blockchains parallèles avec leurs propres jetons natifs pour des cas d’utilisations spécifiques.

10. Uniswap 

Uniswap est un protocole financier décentralisé qui est utilisé pour échanger des cryptomonnaies. Uniswap est également le nom de l’entreprise qui a initialement construit le protocole Uniswap. Le protocole facilite les transactions automatisées entre les jetons de crypto-monnaies sur la blockchain Ethereum grâce à l’utilisation de contrats intelligents ou « smartcontract ». 

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Cryptos : Profil des investisseurs en 2021

Cette décennie pourrait bien être celle des cryptomonnaies. Depuis sa création en 2008 par le mystérieux Satoshi Nakamoto, le bitcoin et les autres monnaies digitales n’ont cessé de croître et de faire parler d’elles. Chaque année, les plateformes d’échanges (Binance, Coinbase, Kraken…) attirent un grand nombre de nouveaux investisseurs dont l’appétit pour le gain est comparable à celle des orpailleurs du XIXesiècle.

Si, comme ces nouveaux investisseurs, les cryptomonnaies vous intriguent, alors restez et lisez cet article jusqu’au bout ; il vous aidera à comprendre des éléments caractéristiques de ce marché et les raisons qui poussent les particuliers et les grandes institutions bancaires à investir dans ces actifs exotiques. Vous pourrez alors mieux appréhender ce marché dans le but d’y repérer des opportunités d’achats ou ventes. Passons en revue les différents profils des investisseurs de cryptos en 2021.

La richesse pour tout le monde ?

Une étude publiée par la banque d’affaire Goldman Sachs nous propose une vue d’ensemble du profil de l’investisseur de bitcoins en 2021.

Source : CoinMarketCap, Goldman Sachs GIR

Tout d’abord, il est important de souligner la plus grande concentration de bitcoins, c’est-à-dire plus de 100 000 unités, pour une adresse. En effet, seulement 3 % des détenteurs sont en possession d’un tel nombre, faisant d’eux des milliardaires. 

Les bourses, les dépositaires et les mineurs, représentent 11 % des détenteurs, ils possèdent 10k à 100k de bitcoins par adresse. 

Pour les grandes institutions bancaires (comme JP Morgan) et les fonds d’investissement, les « Whales », après quelques réticences, elles ont fini par intégrer ces actifs volatils dans leurs portefeuilles. Elles sont aujourd’hui les détenteurs majoritaires de ce marché (28%), elles disposent d’énorme liquidités et détiennent 1 K à 10 K de bitcoins par adresse. 

Enfin, les petits investisseurs représentent 14 % des détenteurs, ils possèdent 1 à 10 bitcoins dans leur panier d’actifs. 

« Et toi ? As-tu déjà investi dans les cryptos ? » 

Compte tenu des risques encourus et de leur volatilité, on peut raisonnablement se poser les questions suivantes : quelles sont les raisons qui poussent les particuliers et les institutions financières à investir sur les marchés des cryptomonnaies ? Pourquoi détiennent-ils une part considérable de ces actifs ?

L’une des raisons principales motivant l’achat du bitcoin et des cryptomonnaies alternatives (Ethereum, XRP…), s’explique par une hausse de la demande pour ce genre d’actifs. Cette hausse de la demande est soutenue par une peur, celle du FOMO ou « Fear of missing out » (lisez l’article sur le FOMO en cliquant ici) elle incite les agents à investir sur ce marché. 

Les cryptomonnaies sont des actifs digitaux, sécurisés et peu régulé, elles permettent de diversifier son portefeuille pour le protéger contre les détresses financières du marché, comme en période d’hyper inflation par exemple. En effet, certaines d’entre elles présentent une caractéristique déflationniste similaire à celle d’un actif comme l’or. C’est ainsi que la banque d’affaires Goldman Sachs, habituée aux prises de risque, a exécuté ses premières transactions sur des produits dérivés en bitcoins. 

Plusieurs personnalités publiques ont déjà investi sur ce marché. On peut citer le milliardaire et patron de Tesla, Elon Musk, il s’est donné la mission de faire du « memes coin », le Dogecoin, la devise digitale de référence. Plus discret, le riche propriétaire du club de basketball des Mavericks de Dallas, Mark Cuban, a choisi la même voie en faisant son entrée dans le capital de l’alt coin Polygon.

Cette exposition à tels niveaux de risque et volatilité peut avoir des conséquences positives et négatives à court, moyen et long terme sur la manière dont les néophytes considèrent les marchés financiers. Certes, ils ont une meilleure compréhension de la relation entre le rendement et le risque (plus on souhaite du rendement, plus on s’expose au risque et vice versa). En revanche, ils pourraient penser que doubler son capital en deux mois est la norme et considérer une progression de 5 %, comme une contre-performance. 

Conclusion

Bien qu’elles soient sous le feu de nombreuses critiques (sur leur grande volatilité ou l’absence de la régulation), l’engouement autour des monnaies digitales ne décélère toujours pas. Le marché des cryptomonnaies, donne l’image d’une finance accessible et salvatrice mais dangereuse pour les jeunes investisseurs mal renseignés. Les gains en capital sont souvent conséquents, mais ils peuvent à tout moment se dissiper après un tweet, même pour des investisseurs aguerrit. Comme disait Julian Assange, fondateur de Wikileaks, “Bitcoin actually has the balance and incentives center, and that is why it is starting to take off”. 

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi et Timur Kazkondu