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Les réformes fiscales proposées par M. Harris pourraient peser sur le S&P 500 à hauteur de 5 %

La proposition de la vice-présidente américaine et candidate démocrate à l’élection présidentielle Kamala Harris d’augmenter l’impôt sur les sociétés avant les élections présidentielles de novembre pourrait faire baisser les bénéfices des entreprises de l’indice de référence S&P 500 d’environ 5 %, selon les analystes de Goldman Sachs.

Le mois dernier, Mme Harris a proposé de faire passer le taux d’imposition des sociétés de 21 % à 28 % et de veiller à ce que « les grandes entreprises paient leur juste part », si elle remporte l’élection face à son rival républicain Donald Trump. Goldman a estimé qu’avec un taux d’imposition de 28 %, les bénéfices des entreprises du S&P 500 seraient réduits de 5 %.

L’ajout de l’imposition des revenus étrangers et l’augmentation du taux de l’impôt minimum alternatif, qui passerait de 15 % à 21 %, pourraient réduire les bénéfices de 8 %, selon les analystes.

En revanche, l’allègement proposé par M. Trump du taux légal fédéral d’imposition des sociétés à 15 %, contre 21 % actuellement, augmenterait « arithmétiquement » les bénéfices de l’indice S&P 500 d’environ 4 %.

« Le taux d’imposition légal actuel des sociétés américaines sur le revenu national est de 26 %, mais le taux d’imposition effectif total payé par la société type du S&P 500 est de 19 % », a ajouté la maison de courtage.

Goldman prévoit que chaque variation d’un point de pourcentage du taux d’imposition national statutaire aux États-Unis entraînerait une modification du bénéfice par action (BPA) du S&P 500 d’un peu moins de 1 %, soit environ 2 $ du BPA du S&P 500.

L’accession de Mme Harris à la tête du ticket démocrate a redynamisé une campagne démocrate qui avait nourri des doutes sur les chances de Joe Biden. Les sondages montraient que M. Trump avait pris de l’avance sur M. Biden, mais Mme Harris a depuis lors devancé le candidat républicain dans certains sondages d’opinion nationaux.

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Les gagnants et perdants des cycles économiques

Dans notre série d’articles dédiés aux cycles économiques, nous concluons cette semaine par l’analyse des actifs gagnants et perdants de chaque étape composant les desdits cycles. Après avoir fait le parallèle avec les saisons, puis donné une explication détaillée des phases, nous souhaitons proposer aux lecteurs une vue d’ensemble pragmatique qui l’aidera dans ses décisions d’investissement. 

Que ce soit en période de ralentissement ou en période d’expansion, maîtriser les clés de lecture et de décryptage de l’activité économique reste un atout majeur pour l’investisseur néophyte qui souhaiterait se lancer dans le grand bain et anticiper les mécanismes de marché. 

1. Rappel des principaux éléments 

Premièrement, l’économie suit une tendance similaire à celle des saisons, que l’on appelle cycle économique ou cycle conjoncturel, et dont les patterns se répètent indéfiniment. Celui-ci est composé de plusieurs phases qui, en fonction de leur longueur, déterminent la durée totale du cycle. 

La reprise, l’expansion et la haute conjoncture représentent les étapes positives de l’activité économique, tandis que le renversement, la récession et la basse conjoncture sont les représentations d’une économie en berne. 

Nous pouvons distinguer trois types de cycles : les longs (on parle dans ce cas de tendance économique), les courts (conjonctures) et les très courts (évolution saisonnière). 

Deuxièmement, l’activité d’une économie est mesurée par le Produit Intérieur Brut (PIB). Il détermine l’ensemble des produits et services finaux créé par un pays pendant une année. Il est l’addition de plusieurs éléments dont la Consommation des ménages (C), l’investissement des entreprises (I), l’investissement de l’état (G) ainsi que la différence entre les exportations et les importations (X – M). Sa formule est C + I + G + (X-M).

C’est donc la somme des dépenses et des investissements de ces acteurs qui donne une image annuelle de l’activité économique d’un pays et nous informe si celui-ci est en croissance ou en récession. 

Troisièmement, le taux d’intérêt qui est subdivisé en deux : les taux à court terme et les taux à long terme. Le premier est utilisé par les entreprises et les organismes financiers (banques, institutions de crédits) qui travaillent sur le marché monétaire. Les grandes orientations du taux CT émanent des décisions prises par les banques centrales. Le taux à long terme fait office de référence pour les autres acteurs, comme les entreprises et les particuliers. Il constitue la base de l’emprunt sur plusieurs années et est déterminé par la relation entre l’offre et la demande. 

Enfin, le choix des investisseurs se portera sur différentes classes d’actifs pour la création de leur portefeuille. Parmi ces titres financiers, nous pouvons retrouver des actions, qui représentent un titre de propriété d’une partie du capital d’une entreprise. Le détenteur d’une action (l’actionnaire) réalisera une plus-value si le cours augmente. A contrario, il subira les conséquences d’une mauvaise opération si l’entreprise enchaîne les mauvais résultats et ne dégage pas de bénéfices ou dépose le bilan. 

Les obligations sont des titres de créance auprès d’une société, d’une institution ou d’un pays. Elles possèdent une échéance et versent un intérêt régulier. Ce type d’actif s’adresse aux personnes qui cherchent une certaine garantie du capital au terme, le risque étant généralement plus faible. (le risque zéro n’existe pas).

Les produits dérivés voient leur valeur dépendre d’un autre actif financier, que l’on appelle le sous-jacent. Les produits dérivés les plus connus sont les options, les futures/Forwards et les CFD. Ils s’adressent à des professionnels de la finance comme les gestionnaires de fonds d’investissement et les Hedge Funds (Fonds de couverture). La notion de stratégie est importante puisqu’il s’agit de « parier » ou de se couvrir sur une évolution future du sous-jacent en réalisant un effet de levier. 

Les Exchange-traded Funds (ETF) sont des fonds cotés en Bourse dont le fonctionnement est de répliquer les performances du sous-jacent, qui peut être un indice boursier (Nasdaq, CAC 40, etc.), sectoriel (énergies renouvelables, automobiles, etc.) ou de matières premières (or, pétrole, etc.). Leur intérêt réside dans une gestion passive du portefeuille et la limitation des frais. 

L’or et les cryptomonnaies complètent notre sélection d’actifs à négocier durant les différentes phases du cycle conjoncturel. 

2. Phase ascendante du cycle

La récurrence des cycles semble montrer qu’il existe un lien quasi systémique entre marché financier et croissance économique, dont les évolutions respectives se font la plupart du temps dans la même direction. Ainsi, en temps de reprise et d’expansion, la focale est mise sur les indicateurs de croissance, le volume d’activités, les investissements privés et les chiffres de l’emploi. De la même manière que l’agriculteur pratique une culture sur brûlis pour améliorer la fertilité de ses sols, l’économie s’attend à un effet rebond assez significatif pour espérer prospérer en sortie de dépression. Pour les ménages, la demande est incontestablement la variable la plus importante, car elle influe sur le carnet de commandes des entreprises. L’épargne constituée est utilisée en achats divers et a vocation à améliorer la qualité de vie, jusqu’à ce qu’il y ait un tassement des dépenses et donc une annonce de la haute conjoncture.  

Les entreprises jouent également un rôle important. Lorsqu’il y a redressement de la demande, certaines dépenses d’investissement permettent l’augmentation du stock de capital des entreprises, entraînant une hausse des actifs nets. Pour faire simple, l’entreprise se retrouve mieux valorisée sur les marchés financiers puisque ses bénéfices non distribués n’iront pas au versement des dividendes ni au rachat d’action, ce qui pourrait influencer de manière positive ses cours. Il s’agit également de savoir cibler les opportunités d’investissement en adoptant une approche sectorielle : prendre le pouls des entreprises qui ont le plus souffert d’un contexte de crise particulier, mais dont les chiffres et résultats financiers ne reflètent pas leur valeur réelle, puis tenter de déterminer si la phase haussière du cycle pourrait leur être favorable. 

À titre d’exemple et pour faire l’analogie sur la période que nous vivons, certaines valeurs technologiques se sont appréciées, notamment celles des Big tech, qui sont considérées à ce jour comme les grandes gagnantes de cette reprise à la même enseigne que les valeurs des secteurs aéronautique et industriel, qui ont fortement bénéficié de la levée des restrictions, de l’augmentation de la demande intérieure et du début de l’été. Plus généralement, de bons résultats financiers couplés à une forte demande des consommateurs favorisent la montée des cours de la bourse. Les obligations, bien que moins intéressantes, peuvent tout de même proposer un rendement satisfaisant grâce aux entreprises qui offrent un coupon robuste. 

L’État, de son côté, peut également y contribuer en facilitant l’emprunt pour les investissements, pour ensuite récolter les recettes de cette dynamique. 

L’économie commence alors à être en surchauffe, poussée par une inflation sans cesse galopante. Dans un climat d’emballement de la demande et des prix, les banques centrales du monde entier interviennent en relevant les taux directeurs court terme afin d’éviter une situation hors de contrôle. L’augmentation continue des taux d’intérêt incitera le gestionnaire avisé à une réallocation de ses actifs, optant pour des secteurs défensifs et anti-inflationnistes comme l’or. Petit à petit, l’appétit des investisseurs s’amenuise jusqu’à ce qu’une information vienne sonner le glas de l’économie et des marchés financiers par extension. La musique s’arrête. 

3. Phase descendante du cycle

Les phénomènes de contraction et de dépression de grande envergure existent depuis la naissance de la croissance économique moderne, que l’on peut attribuer à l’époque de la première révolution industrielle de 1780. La surchauffe précédant le début des tendances baissières représente le point de bascule de l’économie. Sur les marchés boursiers, cela peut se traduire par des flambées spéculatives et donc in fine par des bulles financières. Lorsqu’elles éclatent, elles entraînent avec elles l’ensemble de l’économie réelle dans une récession (baisse du PIB durant plus de deux trimestres consécutifs), voire plus grave encore dans une dépression. Il est assez compliqué d’identifier les bénéficiaires d’une crise qui a pour résultante un krach boursier généralisé. Un tel contexte est expliqué par une offre qui ne peut clairement plus répondre à la demande. Les perspectives de gains diminuent, ce qui engendre des pertes d’emploi, une augmentation du chômage et une baisse des salaires. Les ménages, dans une optique de protection de leur épargne, reportent leurs dépenses à plus tard, ce qui accélérera la chute de l’économie. Néanmoins, la mise en place de mesures politiques contracycliques et l’adoption de nouveaux paradigmes de consommation en conséquence peuvent permettre aux entreprises les plus innovantes de sortir leur épingle du jeu.

Sur les marchés boursiers, les secteurs à privilégier doivent éviter toute corrélation avec l’actualité économique, comme la consommation de base ou de la santé. Les investisseurs pourraient également opter pour d’autres actifs plus défensifs comme les obligations ou les matières premières. Bien que certaines cryptomonnaies soient perçues comme « anti-inflationnistes », cela n’a pour l’instant pas pu être vérifié sur le terrain par absence de basse conjoncture. 

L’inflation est alors très faible et il faudra attendre une petite impulsion de la demande (provenant généralement des États-Unis) pour amorcer une reprise des exportations, de la production des entreprises et donc de l’économie en général. 

Article rédigé par l’équipe Macroéconomie/Fondamentale de Parlons Finance (Timur Kazkondu & Youcef Nazim Tahari)

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Interview – Florian Christiaens, Président du Solvay Finance Club

  1. Bonjour Florian, merci de répondre à nos questions et faire profiter la communauté Parlons Finance de tes conseils. Tout d’abord, peux-tu te présenter et quelles sont tes affinités avec le monde de la finance ? 

Bonjour, je m’appelle Florian Christiaens, j’ai 23 ans et je suis en première année de Master en Business economics à la Solvay Brussels School. Durant mes études, j’ai cherché à m’investir dans des activités extra-académiques et le Solvay Finance Club s’est présenté à moi. Au sein de ce groupe, j’ai pu assister à différents workshops et ai appris énormément. Lorsque la présidence s’est libérée, une amie et moi avons posé notre candidature et avons été élus. Cette année, j’ai eu l’opportunité de prolonger l’aventure avec mon petit frère. 

Assurer la présidence de ce club implique un travail et une remise en question permanente de ses connaissances en finance, c’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans l’investissement. J’ai également eu l’occasion de participer au Rallye boursier organisé par L’Echo en tant que guest. Néanmoins, j’aurai eu beaucoup de chance pour le néophyte que je suis !

  1. Quelles ont été les raisons qui t’ont poussé à investir ? 

Je suis fasciné par toutes les interactions qui existent entre l’actualité et les marchés financiers, c’est pourquoi la macroéconomie est ce que je préfère. Prévoir la réaction des marchés m’attire davantage que l’analyse de ratios financiers. Je m’intéresse également beaucoup à la finance comportementale et à ses implications.

  1. Que dirais-tu à des jeunes qui souhaiteraient se lancer dans la finance ? 

L’idée que l’on peut se faire de l’étudiant en finance, très calé en mathématique, doit être effacée. Certes, comprendre les mécanismes et les formules qui font les bases de la finance moderne dans le but d’interpréter les interactions qui l’animent est important, mais il existe tellement d’autres manières de s’informer ! La macroéconomie ou la finance comportementale, par exemple, sont des branches de l’économie qui proposent un point de vue intéressant sur le fonctionnement des marchés boursiers. Selon moi, l’apprentissage à l’université doit être complétée par des recherches personnelles. 

Enfin, je dirais que les jeunes devraient s’intéresser à l’investissement. Il représente pour eux une excellente façon de faire des profits à long terme. Toutefois, j’insiste sur le fait que ce n’est pas un domaine réservé à tous et qu’un minimum de connaissance est nécessaire. 

  1. Comment as-tu vécu l’année 2020 ? Cela pouvait-il être prévu par tes connaissances en macroéconomie ? 

Même si j’aime chercher à prédire ce qui se passera sur les marchés financiers, je dois reconnaître qu’il n’existe pas toujours de corrélation. La Covid19 a changé bien des choses et les valeurs de croissance, comme les GAFA, ont vu leur cours flamber durant les confinements successifs. En 2020, un portefeuille diversifié était quand même composé en grande partie d’actions de croissance, ce qui a conduit à des résultats exceptionnels. Les actions « value », quant à elles, ont été délaissées pendant les 2/3 de l’année avant de reprendre une dynamique haussière.  

Personnellement, j’ai pu profiter de bonnes opportunités, et cela, du rebond qui a démarré au second semestre jusqu’en janvier 2021. J’ai une affinité particulière pour les entreprises américaines, celles dont j’utilise leurs produits au quotidien. Elles ont un prestige que les actions européennes ont moins, bien qu’il existe quelques fleurons sur le Vieux Continent. Rajoutez à cela une volatilité supérieure, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on veut faire gonfler son portefeuille.   

  1. Pourquoi parler « d’affinité » ?

J’utilise ce terme pour illustrer le niveau de connaissance dont je souhaite obtenir lorsque je choisis mes titres. Sans aller jusqu’à parler d’une adhésion avec tout ce que fait l’entreprise, j’aime néanmoins comprendre ce qu’elle fait, analyser son business model et ses projections de croissance. Je ne me force jamais à acheter quelque chose qui ne m’inspire pas. 

  1. Que reste-t-il encore comme opportunités pour une personne qui souhaiterait commencer à investir ? 

Tout d’abord j’aimerais commencer par dire que je reste un étudiant (rires). Selon moi, il reste toujours des opportunités sur le court terme, dans des secteurs spécifiques. Ce phénomène peut être expliqué par la politique monétaire très accommodante de la Fed et son soutien massif depuis le début de la crise. Cependant, je trouve le marché américain très cher et je ne le vois pas tenir une telle performance à moyen terme. Bien entendu, le meilleur investissement, et le plus rentable, reste sur le long terme. 

  1. La remontée des taux d’intérêt est au cœur des tensions, qu’en penses-tu ? 

Aujourd’hui, l’inflation joue un double rôle, celui d’inciter les épargnants à faire travailler leur argent et celui de trouble-fête (peur d’une surchauffe de l’économie, NDLR.). Cela affecte également les entreprises de croissance qui, comme leur nom l’indique, attirent les investisseurs par l’actualisation des revenus futurs importants. Avec une inflation galopante, ces projections sont compromises.  

Il faut savoir que l’injection de grandes quantités de liquidités est à l’origine une décision purement quantitative, un instrument de réponse de la finance « classique ». De nos jours, les actions des banques centrales influencent directement le comportement des marchés et doivent tenir compte de cette variable. De plus en plus de néophytes suivent les conférences et pour le particulier anxieux, le moindre mot dans un discours peut être interprété comme un signal d’achat ou de vente. Cet engouement soudain doit être pris en considération. 

Pour ce qui est des tensions autour des taux d’intérêt, cela fait l’actualité depuis plus d’un an. Si l’inflation continue de grimper, il faudra la maîtriser. Dans un premier temps, je pense que cela passera par la diminution du programme d’assouplissement monétaire. 

  1. Quel est ton regard par rapport aux cryptomonnaies et l’engouement qu’il suscite auprès des jeunes ?

Je vais aller à contre-courant de ce qui est tendance actuellement, mais je ne suis pas fan des cryptomonnaies. J’aime la volatilité, tant que cela reste compréhensible, ce qui manque cruellement à ces actifs. La macroéconomie repose sur des fondamentaux, on peut créer des liens. Dans le cas des cryptos, tout peut changer sur base d’un simple tweet. 

On peut également noter le paradoxe entre l’idée de départ, une finance décentralisée, et la réalité que l’on observe aujourd’hui. Certains voulaient s’émanciper du pouvoir de Jérôme Powell (actuel président de la Réserve fédérale, NDLR) et tombent désormais sous les sautes d’humeur d’Elon Musk (rires). 

Pour finir, je dirai que l’investissement en cryptomonnaies doit se faire sur le long terme et doit être accompagné d’une conviction forte pour ce genre d’actif. Selon moi, il peut représenter 5 % du portefeuille global.

  1. Quelle est ta vision de « long terme » ?

Dans le cadre du trading, elle se situe au-delà d’un an. Cela dépend évidemment du business de l’entreprise ainsi que du type de produits financier.

  1. Un dernier conseil aux lecteurs de Parlons Finance ? 

Investissez dans des choses qui vous plaisent, gardez un œil sur les plans de Biden et surtout, suivez votre instinct (rires). 

Cette interview est la retranscription d’une discussion réalisée entre Florian Christiaens, Florenc Micaj et Timur Kazkondu. 

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Parlons films : Margin Call

Parlons Finance vous propose de découvrir un livre ou un film dont le sujet est la finance. Ceux-ci sont choisis pour la qualité de leur réalisation, les notions qu’ils traitent ou leur réputation.  

Commençons cette série avec une production américaine sortie en 2011 et réalisée par J.C. Chandor, Margin Call. 

Histoire

L’intrigue se déroule en 2008, à l’aube de la crise financière des subprimes. Eric Dale, qui travaille dans une banque d’investissement new-yorkaise, se fait licencier en même temps qu’une grande partie de son étage. Avant de quitter les lieux, il remet à une clé USB à son collègue, Peter Sullivan, et le met en garde sur ce qu’il va découvrir.

En fin de journée, Sullivan travaille sur le projet Dale et comprend le danger qu’encourt la banque sur certains de ses investissements, les Morgage Backed Securities (MBS) ou titres adossés à des créances hypothécaires. 

Notion de finance : Les MBS sont des actifs financiers créés sur un principe comptable : lorsqu’une banque prête de l’argent à un client pour un crédit hypothécaire, elle doit également détenir une petite part en fonds propres pour se protéger d’une éventuelle faillite. De ce fait, si elle souhaite augmenter son volume de prêts, elle devra faire de même avec ses provisions. 

Pour contourner cette règle, les banques ont créé des produits financiers qui regroupent un ensemble de crédits hypothécaires, assemblés par blocs et notés en fonction de la qualité des emprunteurs. Ainsi, elles commercialisent des actifs et non plus des prêts.

Les supérieurs de Peter Sullivan sont affolés par ce qu’ils voient, les risques pris par la banque sont tellement importants qu’une légère baisse des cours impliquerait une perte plus considérable que la valeur totale de l’entreprise. La faillite est très proche. 

Notion de finance : Cette analyse est possible grâce à la VAR, ou Value At Risk, qui est un outil utilisé par les gestionnaires de risque pour déterminer le niveau maximal de perte que pourrait subir un portefeuille sur une période donnée et avec un degré de certitude. 

Ce modèle repose sur trois critères, l’horizon (ex. : dans les 12 mois à venir), le niveau de certitude choisi (ex. : 99 %) et la taille de l’échantillon historique (ex. : sur base des 10 dernières années de progression). Il vous donne ce type de réponse « sur base d’un historique de 5 ans et avec une certitude de 99 %, le portefeuille peut perdre, dans les 12 mois à venir, maximum 1 million de dollars si la volatilité dépasse les niveaux prévus par le modèle ».

Cette situation crée une véritable panique et contraint les cadres de la banque à se réunir en urgence, dont le charismatique PDG, John Tuld. Ce dernier, très pragmatique, demande à son équipe de se débarrasser immédiatement de tous les titres toxiques. Cette décision sera contestée en interne, car elle implique de flouer un grand nombre de partenaires de la banque. 

Le lendemain matin, le département trading vendra au rabais ses MBS et causera par la même occasion une panique généralisée sur les marchés financiers. 

Photo : Margin Call – Before de Door Pictures / Benayora Pictures

Notre avis

Bien qu’elle ne soit pas nommée, la banque au cœur de ce film fait directement référence à Lehmann Brothers. John Tuld (interprété par Jeremy Irons) est d’ailleurs fortement inspiré de Richard Fuld, ancien PDG de Lehmann.  

Le film nous montre la brutalité qui peut régner au sein d’une grande banque, chacun ne pensant qu’à sa propre personne. C’est l’addition des individualités qui crée la structure, centrée sur un seul maître, le président. Ce dernier n’a d’ailleurs qu’un rôle, celui d’assurer la pérennité du groupe, quoi qu’il arrive.

Margin Call est volontairement lent, mais arrive à installer un climat de tension tout au long de son histoire. On sait que quelque chose d’important va se passer lorsque le PDG descend par hélicoptère au beau milieu de la nuit. Ajoutez à cela un casting de qualité avec Kevin Spacey, Simon Baker, Zachary Quinto ou Penn Badgley (ma femme m’en voudrait de ne pas le citer), et vous aurez de quoi passer une bonne soirée.

Le film tente de reproduire fidèlement l’univers de la finance, jusqu’à devenir parfois très technique. Les néophytes n’auront pas de mal à suivre, mais pourront lui reprocher un manque d’action. En tout cas, chez Parlons Finance, nous ne pouvons que vous recommander chaudement ce film. 

Réalisme : 4/5 

Enseignement de la finance : 3/5

Connaissances requises pour comprendre le film : 3/5

L’histoire en général : 5/5 

Total : 15/20 (très bon)

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Passer des ordres en bourse

As-tu quelques minutes pour comprendre comment optimiser ses ordres en bourse ?

Beaucoup de personnes font l’erreur de croire que la bourse est un marché unique centralisé à une seule adresse, Wall Street. Ils ont doublement tort.

Premièrement, parce que la bourse est avant tout un lieu où se rencontrent l’offre et la demande, plus particulièrement de produits financiers. De ce fait, il existe de multitudes de places boursières dès lors qu’on y retrouve une personne prête à vendre un produit et une autre prête à l’acheter.

Deuxièmement, bien que Wall Street soit un lieu emblématique de la finance mondiale, il ne représente pas la totalité des transactions enregistrées dans le monde. Certes, le New York Stock Exchange (NYSE) et le Nasdaq pèsent pour près de 41 milliards de dollars de capitalisation boursière sur les 89,5 recensés en 2020 (source : World Federation of Exchange).

Un investisseur qui souhaite diversifier son portefeuille va sélectionner des titres répartis sur différents continents et fuseaux horaires. Cela dit, il lui sera très difficile de participer à toutes les séances (il est 1h du matin lorsque la bourse de Tokyo ouvre). Mais alors, comment faire pour passer acheter ou vendre en votre absence ? Cela est possible grâce à l’automatisation des ordres et l’intermédiaire de courtiers.

Le rôle du courtier

Le rôle du courtier est de faciliter les transactions, trouver preneur, et ce, même si le marché est en hausse ou en baisse (c’est le fameux discours du mentor de Jordan Belfort dans « Le loup de Wall Street »). Il appliquera deux règles de priorité, le prix (l’ordre le plus proche de la valeur de l’actif) et le temps (s’il y a deux ordres de même valeur, c’est le premier arrivé qui sera traité).

Pour son activité, le market maker, qui est souvent une institution financière, prendra une commission sur chaque opération.

Le carnet d’ordres

Avant de poser un ordre, quel qu’il soit, vous devez vous assurer qu’une autre personne dans le monde souhaite se séparer ce même actif, c’est ce qu’on appelle la liquidité. Plus un titre est « liquide », plus il est facile à échanger. À l’inverse, si l’engouement est faible, et donc moins liquide, alors il aura du mal à changer de mains.

Le carnet d’ordres regroupe les ordres d’achat et de ventes des investisseurs

Les différents types d’ordre

Les ordres sont des instructions données par le trader au marché. Ils reprennent différents critères comme le type (achat ou vente), la quantité et le prix. Voici une petite liste non exhaustive des ordres en bourse :

  • À prix limité : Il s’agit d’un ordre d’achat (buy limit) ou de vente (sell limit), qui sera exécuté à un prix déterminé au préalable. Son objectif est de donner aux investisseurs la possibilité de choisir le montant (minimal ou maximal) appliqué. 
  • À tout prix : Dans ce cas, vous souhaitez acheter/vendre un actif à tout prix, peu importe la demande de la contrepartie. De ce fait, vous prenez le risque d’accepter des propositions plus coûteuses. 

    Exemple : Vous envisagez d’acheter 100 actions ParlonsFinance à tout prix. Un vendeur propose 25 actions à 51 €, un autre 35 à 52 € et un dernier 50 à 53 €. Vous aurez fait l’acquisition à des tarifs différents pour répondre à votre demande de 100 actions. 
  • Au prix du marché : Cet ordre permet d’acheter au « meilleur » prix proposé par le marché (la première offre, souvent très proche du prix réel de l’actif). Son inconvénient est qu’il ne s’active uniquement au meilleur prix, rien d’autre. Cela ne vous garantit pas une exécution complète de votre demande. 

    Exemple : je veux 100 actions PF au prix du marché. Le premier vendeur m’en propose 25 à 51 €. J’en aurai 25 sur 100 puisque les autres offres sont plus chères. 
  • Tout ou rien : comme son nom l’indique, cet ordre ne s’enclenche que si l’unique condition est remplie (prix et quantité). Cela vous permet de garder le contrôle sur le prix d’achat/vente. S’il n’y a pas de contrepartie, l’ordre reste en suspens jusqu’à sa prochaine tentative. 

Certains ordres, appelés « à déclenchement », ne peuvent être exécutés que s’ils remplissent des conditions précises :

  1. À l’achat
  • Le Buy stop est un ordre d’achat (long), qui sera exécuté si le prix fixé est atteint. Anticipant une remontée des cours, il doit être placé au-dessus du prix actuel.
  • Le Buy limit part du principe que le cours va remonter après avoir chuté quelque temps. Dans ce cas, vous devez placer votre ordre au-dessous du niveau actuel, afin de profiter de l’effet « rebond ».

2. À la vente

  • Le sell stop ou stoploss est un ordre de vente qui sera exécuté si le prix de l’actif baisse en dessous d’un seuil. Il vous permet de minimiser vos pertes lorsque le marché se déplace dans la direction opposée à votre trade.

Exemple : je mets un Stoploss à 80 % de la valeur de mon titre, afin de me garantir une moins-value maximale de 20 % en cas de baisse des marchés.

Cependant, une forte volatilité peut mettre en difficulté votre stoploss. Si le prix chute brutalement, il se pourrait que l’ordre soit exécuté à un tarif encore plus faible que celui déterminé initialement. Pour éviter cela, les traders peuvent faire appel au stop limit, qui constitue une deuxième soupape de sécurité située à une limite plus basse.

  • À l’opposé, le sell limit ou take profit vous sert à planifier une porte de sortie à un niveau précis et garantit l’encaissement de bénéfices. Utilisez ce type d’ordre si vous anticipez un renversement du marché.

    Le stoploss et takeprofit sont très appréciés sur le marché du Forex (devises), car ils permettent aux traders de préciser le taux auquel ils souhaitent fermer leurs positions.
Les différents ordres à déclenchements

Conclusion

Les meilleurs financiers vous le diront, maîtriser ses ordres est essentiel pour réussir sur le long terme. Que vous soyez un professionnel du trading ou que vous fassiez cela comme hobby, vous devez savoir quand entrer et quand sortir d’un trade. Nous avons abordé les principaux ordres, mais il en existe bien d’autres, comme les ordres séquences, alternatifs ou triples.

Enfin, dans un monde qui ne dort jamais, l’informatique apporte une aide cruciale qui fait toute la différence entre se coucher plus riche ou se réveiller plus pauvre (ou les deux le temps d’une nuit).

Article rédigé par Timur Kazkondu et Florenc Micaj (équipe Parlons Finance)

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Une vie, Bernard Madoff

As-tu quelques minutes pour connaître l’un des escrocs les plus célèbres de Wall Street, celui qui avait la technique la plus sophistiquée jamais élaborée à ce jour, l’américain Bernard Madoff ?

Il y a des noms qui entrent dans l’Histoire pour différentes raisons. Que ce soit pour la création d’un empire comme Napoléon, une invention qui changera le quotidien de nombreux citoyens comme Gutenberg, une entreprise qui révolutionnera le monde comme Bill Gates ou une découverte qui sauvera des millions d’êtres humains comme Pasteur. 

À leur opposé, certains noms sont restés dans la mémoire collective pour des raisons bien douloureuses. Leurs auteurs, parfois convaincus d’agir pour « le bien de tous », ont laissé des traces profondes sur leur entourage. 

Parmi eux se trouve un homme qui causera la faillite de nombreuses familles, le financier Bernard Madoff. 

La création du mythe

Bernard Lawrence Madoff est né le 29 avril 1938 dans le Queens aux États-Unis. Avant de croiser le chemin de la finance, il commença comme installateur de systèmes d’arrosage puis comme maître nageur sur Long Island. Voyant son frère Ralph travailler comme agent de change, Bernard se lança en tant que courtier de petites valeurs mobilières (penny stocks). Il fonda par la suite sa société, la Bernard L. Madoff Investment securities LLC. 

Ce que l’on oublie de Madoff c’est qu’il était également un visionnaire. Il a très rapidement compris que l’informatique serait incontournable dans les transactions financières et constituerait un atout majeur pour quiconque s’y intéresserait. De ce fait, il contribua à l’essor du NASDAQ, indice qui reprend les entreprises technologiques les plus importantes des États-Unis. C’est à cette période que le natif du Queens se construisit un réseau de personnes appartenant à la haute finance. La confiance qu’il suscita chez ses pairs lui permit d’accéder à un poste d’exception, président du NASDAQ en 1990. 

Adulé de toutes parts, reconnu comme un financier hors pair, donnant de nombreuses conférences sur ses techniques de management, Bernard Madoff était à l’apogée de sa carrière. Et pourtant, dans l’ombre une escroquerie d’une ampleur gigantesque tournait un plein régime. Un danger connu sous le nom de « pyramide de Ponzi ».

Qu’est-ce qu’une pyramide de Ponzi ?

(Extrait de notre article dédié)

« Le fraudeur, au sommet de la pyramide, sollicite un premier investisseur pour une affaire. Pour éveiller sa curiosité, il lui promet un rendement important en peu de temps (ex. doubler la mise). L’investisseur décide alors de verser 1000 $, en espérant recevoir 2000 $ dans un an. Le fraudeur, s’il veut respecter son engagement, doit trouver 1000 $ d’ici douze mois. Puisqu’il ne les réinjecte pas (ou très peu) en bourse, il incite d’autres personnes à rejoindre sa pyramide.

L’argent récolté par les derniers sert à rembourser les intérêts des premiers, et ainsi de suite. Dès lors, on se retrouve dans un système où la croissance est exponentielle, ce qui sera l’une des causes de son effondrement. 

Ce système ne s’arrête que lorsqu’un grand nombre de personnes souhaite, en même temps, sortir du fonds. Les premiers chanceux seront remboursés et les derniers constateront qu’il ne leur reste plus rien. Une autre raison peut être le manque de personne à recruter. Puisque de nouvelles arrivées sont nécessaires pour maintenir la pyramide en place, il arrive un moment où le nombre requis dépasse la totalité des habitants sur notre planète ».

Le fonds d’investissement de Madoff reposait sur ce même principe. Les clients recevaient des taux d’intérêt qu’aucun autre Hedge fund ne pouvait prétendre. Peu importe les performances de la bourse, la Madoff Investment securities affichait des résultats impressionnants. 

Pour tenir sur la durée, le financier devait sans cesse trouver de nouveaux capitaux. De confession juive, Madoff démarcha d’abord d’autres membres de sa communauté résidant à Palm Beach (lors de parties de golf ou de dîners mondains). Par la suite, ce sont des célébrités qui se sont manifestées suivies d’entreprises et d’institutions financières. La technique de Bernie fut de refuser systématiquement les propositions, jugées « trop faibles », ce qui créera chez les potentiels clients une frustration de ne pas faire partie de l’élite. 

Un maître nageur qui coula ses clients

Si cette pyramide a pu tenir autant de temps, c’est parce qu’elle était gérée aussi sérieusement qu’un « vrai » fonds de gestion. Durant des années, les clients recevaient de faux rapports reprenant l’ensemble des transactions effectuées par la société. Personne ne se questionnait sur une probable supercherie sauf quelques traders et journalistes qui mirent en garde le gendarme américain de la bourse, la SEC, en vain.  

En 2008, la crise financière des subprimes créa chez de nombreux clients le besoin de récupérer leurs capitaux, mais Madoff ne pouvait répondre à une telle demande. Pour cause, la plupart des sommes reçues servaient à payer les intérêts des placements, d’autres à rembourser les premiers demandeurs, le restant à l’usage personnel de Madoff. Au total, le préjudice s’élèverait à 65 milliards de dollars. 

Voyant l’étau se serrer dangereusement, Bernard avoua à ses fils l’arnaque. Il fut arrêté par le FBI et plaida coupable en 2009. La sentence fut donnée à titre d’exemple, 150 années d’emprisonnement. En prison, Madoff était à la fois protégé et menacé par ses codétenus. Certains journalistes rapportaient qu’il avait le monopole sur le chocolat suisse et devait porter un gilet pare-balle lors de ses promenades. 

Source : Kathy Willens/AP/SIPA

Conclusion 

Madoff est décédé le 14 avril 2021 dans sa prison en Caroline du Nord. Il restera dans l’histoire comme un homme dont le succès fut construit sur une série de mensonges et pour qui l’enrichissement personnel passe par l’appauvrissement de ses proches. Sa famille fut traquée pour les clients, à tel point que son fils Mark se suicida et que son épouse se résigna à vendre tous ses biens. Aujourd’hui, très peu de choses restent du fonds Madoff, beaucoup n’ont pu récupérer leur argent. La vie de cet homme nous rappelle qu’une bulle, aussi grosse soit-elle, finit toujours par exploser. 

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INTERVIEW – Sascha Epp, Investment Manager, répond à nos questions

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre d’un Investment Manager de la banque luxembourgeoise Raiffeisen afin de lui poser quelques questions. 

De la construction d’un portefeuille d’investissement à sa vision sur le futur des cryptomonnaies, ce financier nous explique sa réflexion concernant plusieurs thématiques au travers de son expérience. 

  1. Bonjour, Sascha, pouvez-vous nous présenter votre profession d’Investment Manager et nous parler de votre expérience dans ce métier ?

Tout d’abord, il faut savoir que j’ai obtenu un double diplôme LSM-ICHEC en Financial Management et c’est via un stage au sein la banque Raiffeisen à Luxembourg que j’ai pu obtenir ma première expérience dans le monde de la banque et de la finance. 

Aujourd’hui, je travaille dans cette même banque en tant qu’Investment Manager. Je collabore avec 3 personnes et le rôle principal de notre Squad est de sélectionner et de suivre des produits d’investissement (fonds, ETFs, obligations ou encore des produits structurés) pour les conseillers/gestionnaires clients ainsi que de rester au courant de l’actualité financière et boursière. Nous sommes aussi en contact avec nos partenaires et les fonds d’investissement qui figurent sur nos listes de sélection. 

Nous ne nous occupons pas de portefeuilles individuels et n’avons pas de contacts directs avec les clients.

  1. Si vous deviez conseiller un investisseur débutant, quelles seraient les principales étapes/conseils à suivre lors de la création d’un portefeuille d’investissement ?

Un principe primordial lorsque nous nous lançons dans l’investissement est de s’informer et suivre l’actualité financière, car, en règle générale, la plupart d’entre nous ne possèdent pas spécialement de connaissances en matière économique et financière, ce que permettent aujourd’hui plusieurs médias dont Parlons Finance.

Le seul fait de lire un livre à ce sujet, par exemple sur les bases et concepts clés, nous fournit déjà de bonnes bases pour pouvoir construire son portefeuille.

Ensuite, il est important de se poser la question « quel est mon objectif et mon horizon d’investissement ? » Est-ce d’avoir un rendement pour combler l’inflation, est-ce pour faire le plus d’argent possible ou est-ce pour ma retraite ?

Évidemment, je conseillerais à n’importe quel jeune débutant d’avoir une philosophie d’investissement à long terme et d’avoir un portefeuille suffisamment diversifié puisqu’il permet de réduire majoritairement le risque spécifique aux entreprises que l’on appelle le risque « idiosyncrasique ». Je recommanderais aussi d’adapter son exposition en fonction de ses besoins et de l’horizon, qui peuvent varier au fil du temps.

Il est également important de faire des investissements dans un intervalle régulier tel que pour un plan d’épargne afin de profiter d’un effet de lissage des coûts et d’éviter d’investir au mauvais moment (éviter le « Market timing »).

  1. Comme vous l’avez mentionné, on dit souvent qu’il ne faut pas « mettre tous ses œufs dans le même panier » quand on parle d’un portefeuille d’investissement. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi est-ce une expression clé dans le monde de l’investissement ? 

Effectivement, c’est une des premières expressions qu’on entend dans le monde de l’investissement.

Il existe néanmoins quelques réflexions contraires concernant la diversification dans un portefeuille. Pourtant, il s’agit d’une logique mathématique liée aux corrélations, car moins les titres/actifs sont corrélés, plus c’est avantageux pour la diversification.

Il existe deux risques majeurs que sont le risque systématique (ou risque de marché) et le risque spécifique (ou idiosyncrasique).

Le risque systématique est principalement lié à un événement particulier qui entraîne une réaction en chaîne sur l’ensemble du système pouvant créer une crise générale. Le risque non systématique ou risque spécifique est propre à une entreprise.

Si dans son portefeuille on possède par exemple 15 titres différents, on réduit le risque lié aux entreprises (non — systématique) quasi complètement sans devoir renoncer à du rendement, c’est-à-dire, qu’on peut réduire le risque total d’un portefeuille tout en gardant le même rendement, car le risque non systématique n’est en principe pas rémunéré.

Pour rappel, il y existe différents types de diversifications :

  • Diversification liée aux assets class (actions, obligations, commodités, etc.) 
  • Diversification sectorielle (secteur technologique, énergétique, etc.)
  • Diversification géographique (EU, USA, etc.) 
  • Diversification liée à la taille d’entreprise (Small caps, mid caps, large caps)
  1. Les obligations sont souvent considérées comme des placements sans risque et comme étant une couche défensive dans un portefeuille. Pourriez-vous nous dire comment voyez-vous ces titres en tant qu’Investment Manager ?

Il faut savoir qu’il n’existe pas de placements sans risque, mais il est vrai qu’actuellement les obligations sont souvent utilisées par des clients qui ont un profil défensif et leur permettent justement de rendre leurs portefeuilles moins risqués tout en espérant réaliser un minimum de rendement (même s’il est généralement plus faible qu’une action). 

Toutefois, les obligations ont aussi des risques (risque de taux, risque de défaut,…) et donc il existe aussi des obligations plus risquées que d’autres (par exemple les obligations de marché émergents n’ont pas le même risque que les obligations d’Europe).

  1. Dans l’actualité, nous avons pu constater que des investisseurs se bousculaient pour acquérir les obligations de l’État belge et on parle même d’une offre de 50 milliards d’euros. Toutefois, ces titres sont à rendement négatif. Comment expliquer ce comportement ? 

Ici, il ne s’agit pas seulement d’avoir une couche défensive pour ces investisseurs, car, dans ce cas précis, les investisseurs représentent souvent de grosses entités tels que des fonds de pension, des banques ou des institutions financières.

Leurs restrictions les obligent souvent à acheter des obligations (par exemple, quota minimal d’obligations de bonne qualité ; on parle alors d’emprunts d’État où « Government bonds »). De plus, même si le taux est négatif, les obligations de l’État belge ont et auront souvent un taux plus intéressant que le taux de rémunération des dépôts ce qui explique la récente ruée vers les obligations de l’État belge.

  1. Restons dans l’actualité et parlons d’un autre sujet qui a fait beaucoup de bruit récemment : la cryptomonnaie. Pourquoi cet engouement et que pensez-vous du futur de la cryptomonnaie ?

Ici, je vais exposer mon avis personnel et non celui de la banque. 

Pour comprendre la cryptomonnaie, il faut se poser la question « Pourquoi est-ce qu’on achète cette monnaie ? », car, finalement, elle n’a pas vraiment de valeur intrinsèque et il n’y a pas de méthode pour la valoriser précisément (même si des personnes parlent du coût de production comme valorisation, mais cela me semble plutôt bizarre), comme c’est le cas aussi pour les monnaies fiat. Je pense que la valeur de cette monnaie est seulement guidée par l’offre et la demande.

Concernant son futur, je pense que le fait de la considérer comme une devise traditionnelle serait compliqué puisqu’elle possède actuellement une volatilité élevée.

De surcroît, concernant la pensée qui explique qu’une ou plusieurs cryptomonnaies pourraient devenir une devise mondiale, je pense qu’il est déjà compliqué d’avoir une politique monétaire pour l’Union européenne, alors pour une cryptomonnaie que l’on considérerait comme devise mondiale, cela serait quasi impossible. 

J’ajouterai aussi qu’un investissement en Bitcoin ne correspond pas forcément à un investissement en blockchain. Dans certains cas, il est préférable d’acheter des entreprises qui développent ou utilisent la technologie que d’acheter le Bitcoin lui-même.

On peut aussi se demander si la cryptomonnaie peut être une valeur refuge, mais encore une fois, sa

volatilité ne lui permet pas d’être efficace dans ce rôle et en comparaison avec des valeurs refuges classiques comme l’or, les cryptomonnaies sont trop volatiles.

  1. Pour conclure cette interview, en prenant en compte le contexte macro-économique actuel, comment voyez-vous évoluer le monde de l’investissement en 2021 ? Quels seront les principaux secteurs « gagnants/perdants » cette année ?

Selon moi, la reprise économique n’est pas encore certaine et même si les marchés restent dépendants de la santé des entreprises et de l’économie, ils sont surtout influencés actuellement par tout ce qui se rapporte au vaccin, mais aussi aux politiques budgétaires et monétaires accommodantes comme le plan de relance à 1,9 trillion de dollars du président américain Biden qui a soutenu le marché́ US il y a quelques semaines. 

Ce qui est aussi intéressant dans ce contexte ce sont les marchés émergents, comme la Chine et sa gestion de la crise qui ont permis une normalisation de la pandémie plus rapide que chez nous, européennes, entraînant une stabilité́ et une croissance plus rapide qu’en Europe. Par ailleurs, les marchés émergents ont aussi un potentiel de croissance économique plus élevée comme les économies développées.

À mon sens, ce serait intéressant d’investir dans des produits durables, car les entreprises qui utilisent les facteurs ESG (Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) sont mieux préparées pour le futur pour lequel la durabilité est indispensable. En plus ces entreprises gèrent mieux tous les risques en général et surtout de durabilité. Finalement, la demande pour des produits et services durables est en pleine croissance. 

Enfin, bien qu’investir dans le secteur technologique reste toujours intéressant grâce aux gains de productivités possibles et aux tendances des consommateurs en ce sens (achats en ligne…), il faut toujours garder la valorisation à l’œil, car la demande pour ces titres est déjà à l’état actuel relativement élevé.

Des corrections sont donc toujours possibles dans ce secteur considéré comme « Growth », comme on a aussi pu le constater récemment avec le changement du style « Growth » plutôt vers un style « Value ».

(NDLR : Cette interview a été réalisée dans le respect des mesures sanitaires mises en place au moment de l’enregistrement. )

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Carl Icahn, légende de Wall Street.

As-tu 60 secondes pour connaître l’une des stars du trading, une véritable légende de la finance, l’américain Carl Icahn ? 

  • Qui est-il ? 

Carl Icahn est né le 16 février 1936 dans le Queens (New York) aux États-Unis. Plutôt porté sur les lettres que les chiffres, il obtint un diplôme de philosophie à Princeton. Il s’essayera ensuite à la médecine, qu’il abandonnera deux ans plus tard pour intégrer l’armée. 

Son amour pour les affaires le conduit à travailler à Wall Street, où il deviendra trader en 1961. Sept années plus tard, se sentant comme un poisson dans l’eau, il créa sa propre société de gestion, Icahn & Co, spécialisée dans l’arbitrage et la négociation d’options. Passionné par son travail, Icahn aime prendre les choses en mains, il accepte difficilement le statut d’actionnaire minoritaire et souhaite intégrer le centre décisionnel. Pour cela, il développera une méthode qui fera sa légende.

  • La méthode Icahn

Carl possède un tempérament explosif. De ce fait, ses méthodes d’investissement sont jugées très agressives par ses détracteurs. Son mode opératoire est le suivant : il repère des entreprises en grande difficulté au potentiel de croissance important. Il achète des parts, harcèle le management en place, exige un siège au conseil d’administration et milite pour une restructuration profonde. Son objectif ? Diminuer rapidement les coûts fixes de l’entreprise pour la rendre rentable. 

Au fil du temps, sa société entra au capital de grands noms tels que Texaco, Wester Union, Marvel, Herbalife, Yahoo, Apple et Ebay. 

Dans le monde de la finance, sa personnalité provoque des réactions mitigées. Les actionnaires des entreprises qu’il possède sont ravis, Icahn ayant la réputation de transformer le bronze en or. Mais le management le déteste, car son arrivée est très souvent synonyme de perturbations. Ses actions lui ont valu le surnom de « raider » (en français prédateur). 

Icahn n’a pas peur d’entrer en compétition avec d’autres stars de la finance. En 2013, il s’oppose à Bill Ackman dans le dossier Herbalife (article dédié sur PF). Selon lui, Ackman accusait, à tort, la société spécialisée dans la vente de produits nutritionnels d’être une pyramide de Ponzi. Pour la presse à l’époque, la principale raison pour laquelle Carl Icahn est entré dans le capital d’Herbalife serait tout simplement parce qu’il déteste Ackman et que rien ne lui aurait fait plus plaisir que de lui faire perdre de l’argent. 

  • De nos jours ? 

Carl Icahn est une véritable légende pour toute personne passionnée par le trading. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il ne laisse personne indifférent. À 85 ans, sa fortune estimée à 15,1 milliards de dollars [au 11 avril 2021] selon le magazine Forbes. 

L’homme d’affaires est toujours aux commandes de son holding financier et partage son savoir à travers le monde. En 2016, il endossa même le rôle de conseiller pour Donald Trump pour l’élaboration d’une loi visant à diminuer les taxes sur les sociétés.  

Philanthrope, il n’hésite pas à donner des millions de dollars pour améliorer les conditions de vies des enfants défavorisés ou malades dans le monde. Les principaux champs d’action de ses fondations sont la médecine et l’éducation. 

  • Conclusion 

Voici une preuve de plus que le rêve américain existe. Issu d’une famille modeste, Carl Icahn se hissa parmi l’élite de la finance aux côtés de Warren Buffet ou Georges Soros. Sa méthode, aussi dure soit-elle, a porté ses fruits. Elle a inspiré des millions d’investisseurs dans le monde. En France, celui qui incarne parfaitement la technique Icahn est un certain Vincent Bolloré… également milliardaire !