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Parlons films : Margin Call

Parlons Finance vous propose de découvrir un livre ou un film dont le sujet est la finance. Ceux-ci sont choisis pour la qualité de leur réalisation, les notions qu’ils traitent ou leur réputation.  

Commençons cette série avec une production américaine sortie en 2011 et réalisée par J.C. Chandor, Margin Call

Histoire

L’intrigue se déroule en 2008, à l’aube de la crise financière des subprimes. Eric Dale, qui travaille dans une banque d’investissement new-yorkaise, se fait licencier en même temps qu’une grande partie de son étage. Avant de quitter les lieux, il remet à une clé USB à son collègue, Peter Sullivan, et le met en garde sur ce qu’il va découvrir.

En fin de journée, Sullivan travaille sur le projet Dale et comprend le danger qu’encourt la banque sur certains de ses investissements, les Morgage Backed Securities (MBS) ou titres adossés à des créances hypothécaires. 

Notion de finance : Les MBS sont des actifs financiers créés sur un principe comptable : lorsqu’une banque prête de l’argent à un client pour un crédit hypothécaire, elle doit également détenir une petite part en fonds propres pour se protéger d’une éventuelle faillite. De ce fait, si elle souhaite augmenter son volume de prêts, elle devra faire de même avec ses provisions. 

Pour contourner cette règle, les banques ont créé des produits financiers qui regroupent un ensemble de crédits hypothécaires, assemblés par blocs et notés en fonction de la qualité des emprunteurs. Ainsi, elles commercialisent des actifs et non plus des prêts.

Les supérieurs de Peter Sullivan sont affolés par ce qu’ils voient, les risques pris par la banque sont tellement importants qu’une légère baisse des cours impliquerait une perte plus considérable que la valeur totale de l’entreprise. La faillite est très proche. 

Notion de finance : Cette analyse est possible grâce à la VAR, ou Value At Risk, qui est un outil utilisé par les gestionnaires de risque pour déterminer le niveau maximal de perte que pourrait subir un portefeuille sur une période donnée et avec un degré de certitude. 

Ce modèle repose sur trois critères, l’horizon (ex. : dans les 12 mois à venir), le niveau de certitude choisi (ex. : 99 %) et la taille de l’échantillon historique (ex. : sur base des 10 dernières années de progression). Il vous donne ce type de réponse « sur base d’un historique de 5 ans et avec une certitude de 99 %, le portefeuille peut perdre, dans les 12 mois à venir, maximum 1 million de dollars si la volatilité dépasse les niveaux prévus par le modèle ».

Cette situation crée une véritable panique et contraint les cadres de la banque à se réunir en urgence, dont le charismatique PDG, John Tuld. Ce dernier, très pragmatique, demande à son équipe de se débarrasser immédiatement de tous les titres toxiques. Cette décision sera contestée en interne, car elle implique de flouer un grand nombre de partenaires de la banque. 

Le lendemain matin, le département trading vendra au rabais ses MBS et causera par la même occasion une panique généralisée sur les marchés financiers. 

Photo : Margin Call – Before de Door Pictures / Benayora Pictures

Notre avis

Bien qu’elle ne soit pas nommée, la banque au cœur de ce film fait directement référence à Lehmann Brothers. John Tuld (interprété par Jeremy Irons) est d’ailleurs fortement inspiré de Richard Fuld, ancien PDG de Lehmann.  

Le film nous montre la brutalité qui peut régner au sein d’une grande banque, chacun ne pensant qu’à sa propre personne. C’est l’addition des individualités qui crée la structure, centrée sur un seul maître, le président. Ce dernier n’a d’ailleurs qu’un rôle, celui d’assurer la pérennité du groupe, quoi qu’il arrive.

Margin Call est volontairement lent, mais arrive à installer un climat de tension tout au long de son histoire. On sait que quelque chose d’important va se passer lorsque le PDG descend par hélicoptère au beau milieu de la nuit. Ajoutez à cela un casting de qualité avec Kevin Spacey, Simon Baker, Zachary Quinto ou Penn Badgley (ma femme m’en voudrait de ne pas le citer), et vous aurez de quoi passer une bonne soirée.

Le film tente de reproduire fidèlement l’univers de la finance, jusqu’à devenir parfois très technique. Les néophytes n’auront pas de mal à suivre, mais pourront lui reprocher un manque d’action. En tout cas, chez Parlons Finance, nous ne pouvons que vous recommander chaudement ce film. 

Réalisme : 4/5 

Enseignement de la finance : 3/5

Connaissances requises pour comprendre le film : 3/5

L’histoire en général : 5/5 

Total : 15/20 (très bon)

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Economie Nos analyses

Netflix: Du transfert des richesses à l’accès aux richesses (2/5)

Le développement d’internet, a permis d’augmenter la consommation de contenu audiovisuel qui, in fine, s’est tournée progressivement au cours de la dernière décennie vers le dématérialisé. Nous voilà passé de la location de DVD à la plate-forme qui donne le ‘la’ en matière de contenu vidéo streaming à succès.

Netflix, c’est cette plate-forme de vidéo à la demande (SVOD) fondée en 1997 à Los Gatos en Californie. Ce service permet la diffusion en streaming et permet à ses quelques de 150 millions d’abonnés présent dans 190 pays de regarder une grande variété de séries TV, films et documentaires.

A l’époque, il existait plusieurs services qui proposaient un modèle économique classique basé sur l’achat ou la location à l’unité, Netflix a décidé de changer les habitudes et de proposer un abonnement unique pour une consommation illimitée à un tarif très compétitif.

Actuellement, en termes de chiffre d’affaires, Netflix a généré près de 15,8 milliards dollars de revenus en 2018. Quant à sa valorisation boursière, elle équivaut à 127 milliards de dollars à Wall Street pour une cotation à 290,17 USD (septembre 2019).

Ainsi, Netflix, est devenu la société audiovisuelle la mieux valorisée devant Disney en se plaçant numéro un mondial du streaming.

Force est de constater que « Netflix n’est pas née à Hollywood dans le berceau du cinéma mais à la Silicon Valley » !

Le nom annonce directement la couleur « NET » pour internet et « FLIX » pour flicks qui désigne un synonyme argotique du mot film en anglais. Soit « Film via internet ».En effet, la société fait ces débuts, avec un service de location de dvd via internet, qui est toujours actif d’ailleurs mais uniquement aux Etats-Unis (www.dvd.com).

Elle devient très vite un pilier de la mutation de la consommation de contenue audiovisuel, en étant un acteur majeur de la délinéarisation.

Exactement l’inverse de la linéarisation, le mode traditionnel de grille de programmes décidé par les chaines de TV. Le téléspectateur ne suit plus les programmes préétablis mais choisit à sa guise ce qu’il veut regarder quand et où il veut.

En outre, Netflix se démarque avec succès de ses concurrents par la production de contenu ‘ Netflix Originals’.

Pour 2018, notons que près de 12 Milliards de dollars ont étés investi à cet effet, et quelque 15 Milliards ont été alloués au budget pour 2019. De la sorte, Netflix revend par la suite les droits de diffusions à des chaines télévisées.

Concrètement, une connexion internet suffit pour que la magie s’opère, ou que vous soyez vous vous plongerez dans la fiction, tant de films et séries dont tout le monde parle …

N’est-ce pas aguicheur de se dire que pour la modique somme 7,99€ par mois, nous avons accès au pays des merveilles, telle la pilule rouge que Néo choisit pour entrer dans la matrice, nous entrons dans le monde de Netflix ! Tu Dum !

In fine, cela nous donne un aspect libératoire, j’ai payé, donc j’ai accès à tout ! Tel un buffet ouvert à volonté !

Dans une prochaine partie nous développeront les mécanismes qui assurent la réussite du streaming. Effectivement, de nos jours, le succès n’est plus assuré par la qualité artistique ou de réalisation, mais par la maîtrise sociologique et algorithmique, tout doit être ‘à la demande’ et ‘sur mesure’.

Et vous, quelle pilule avez-vous choisi ?

Par Yavuz S.