Catégories
Banque & Finance Bourse Nos analyses

Les différentes peurs à éviter à tout prix !

L’investissement repose sur deux éléments-clés : l’argent et la psychologie. 

Pour le premier, c’est assez simple. Soit vous avez assez d’argent et vous pouvez investir, soit vous n’en avez pas et vous devez épargner pour commencer. Et même s’il est possible d’emprunter pour acheter et revendre par la suite, cela implique obligatoirement d’être en possession de liquidités.

Pour la psychologie, c’est plus délicat. Pour vous éviter d’être submergé émotionnellement par les marchés financiers, certains experts recommandent de garder une attitude « froide ». De prendre tout événement positif ou négatif comme une information supplémentaire à traiter. Toute bonne ou mauvaise opération comme un résultat à encoder. 

Or, est-il réellement possible de ne rien ressentir ? Bien sûr que non. Chaque individu transporte avec lui un bagage sentimental dont il ne peut se défaire. L’investisseur impulsif qui achète tout ce qui lui passe sous les yeux ou le trader défensif qui repousse toujours au lendemain sont deux individus qui succombent à leurs émotions. 

Si certaines d’entre elles sont perçues comme des qualités (voir les qualités d’un trader), d’autres, plus particulièrement la peur, peuvent amener l’investisseur à prendre de mauvaises décisions. 

FOMO (Fear of Missing Out)

Le FOMO, ou la peur de rater quelque chose, représente la crainte de voir les autres prendre du plaisir en votre absence. Cette peur pousse l’individu à se montrer quasi omniprésent. 

Les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou Twitter maîtrisent parfaitement ce concept et en jouent. C’est la raison pour laquelle de nombreux utilisateurs passent des heures à « scroller » leur écran, à la recherche de la dernière publication. 

Impact sur le trading ? Le FOMO entraîne le trader à acheter toutes les actions qui ont attiré son attention. Bien que peu convaincu par certaines d’entre elles, il se dit qu’il sera présent en cas de remontée. Les dangers à long terme sont de constituer un portefeuille de titres pris au hasard, la difficulté à anticiper les variations de cours et une baisse de rendement liée à de nombreux achats/ventes. 

Le FOBO (Fear of a Better Option)

Une variante du FOMO est le FOBO, ou la peur d’une meilleure solution. Dans ce cas, l’individu fait face à de nombreuses alternatives qui le rendent indécis et l’empêchent de choisir. Il se questionne sans cesse sur les conséquences d’un mauvais choix. La pression est d’autant plus importante lorsque ceux-ci l’engagent sur une longue période. 

Cette peur crée la paralysie. À force de réfléchir, les opportunités défilent et sont gâchées. 

Impact sur le trading ? Le FOBO peut rapidement toucher les nouveaux investisseurs qui souhaitent construire leur portefeuille. Face aux dizaines de milliers de titres, le novice pourrait passer des centaines d’heures à analyser sans prendre une décision. Il doit développer son propre filtre de sélection afin d’atteindre une poignée de candidats intéressants.  

Loss Aversion 

L’aversion à la perte est une peur bien plus contraignante, car elle empêche toute initiative de la part de l’individu. Ce concept fut développé par les chercheurs Tversky et Kahneman (que nous vous avons déjà présenté) qui démontrèrent la différence d’impact entre une perte et un gain sur l’esprit humain. 

Selon cette étude, une personne préférerait éviter la perte plutôt qu’obtenir un gain d’une même somme (le niveau de satisfaction perdu serait plus élevé que le niveau de satisfaction gagné). C’est ce raisonnement qui empêche de nombreux hommes et de femmes à passer à l’action, les laissant sur la ligne de départ de l’aventure entrepreneuriale. C’est aussi lui qui nourrit notre cerveau de scénarios d’échecs. 

Impact sur le trading ? L’aversion à la perte peut entraîner deux conséquences. La première est la prolifération d’épargnants, trop frileux de risquer une partie de leur salaire, se contentant du maigre taux que leur propose le compte d’épargne. La seconde est la rétention d’actifs nocifs dans un portefeuille tout simplement pour tenter de récupérer la mise de départ.

Cette peur touche particulièrement de nombreux novices, qui n’osent pas se lancer avant d’avoir totalement calculé leur potentielle moins-value. Trop focalisés sur les pertes, ils en oublient les gains. 

Opportunity cost 

Le coût d’opportunité représente les bénéfices qui auraient pu être enregistrés si l’on avait pris une autre décision que celle que nous avons prise. Autrement dit, il détermine ce que l’on a « sacrifié » en renonçant à ce choix. 

Dans notre quotidien, nous sommes souvent confrontés à mesurer ce coût sans nous en rendre compte. Acheter un chargeur de téléphone à 1,99 € peut nous paraître plus intéressant à court terme, mais le remplacer tous les 6 mois coûtera plus cher qu’un chargeur à 14,99 €. Dans un autre registre, l’émission « à prendre ou à laisser » illustre à merveille ce concept. Les candidats ne sachant pas ce qui se cache dans leur boîte doivent constamment évaluer le poids de leur décision. 

Impact sur le trading ? De nombreux courtiers s’appuient sur les coûts d’opportunités pour motiver leurs clients à investir. Ainsi, le rendement actualisé des 10 dernières années vous indique ce que vous avez renoncé en refusant d’investir (bien que les résultats du passé ne soient pas représentatifs de l’avenir).

Conclusion 

Je terminerai cet article sur une citation de l’entrepreneur américain, Robert Kiyosaki, qui disait ceci : « la plus grande cause des difficultés financières de l’Homme est la peur de perdre de l’argent ». Nous ne pouvons qu’adhérer à ses propos. La peur est un ennemi qui nous ronge de l’intérieur, plus elle est grande, plus elle nécessitera de ressources pour la vaincre.

Les plus célèbres financiers de notre époque sont ceux qui ont pu transformer ce handicap en une force. Ils sont de ceux qui croient en l’expression « qui ne tente rien n’a rien ».

Catégories
Banque & Finance Bourse Nos analyses

Dénicher les meilleurs fonds d’investissement en une page

Si vous souhaitez investir, mais que vous n’avez pas beaucoup de temps à consacrer à la recherche de titres prometteurs, à la lecture de bilans ou à l’analyse des variations des cours de bourse, alors peut-être devriez-vous songer à confier cette tâche à quelqu’un d’autre. 

La création d’un portefeuille, un suivi régulier et la recherche d’un rendement intéressant seront les principaux objectifs des gestionnaires d’actifs. 

Cependant, bien que les fonds d’investissement aient l’avantage de pouvoir contenir une multitude d’actifs, comment les différencier ? Comment comparer leurs performances ou leur stratégie ? Comment savoir si votre choix a porté ses fruits ? Certains sites, dont le célèbre Morningstar, proposent de répertorier et noter une large gamme de fonds.

Analyse d’un fonds d’investissement

La méthode de notation de Morningstar est basée sur les convictions de ses analystes. Bien entendu, chaque société peut apporter un regard différent sur un même fonds.  

Important : Le fonds Comgest Growth Europe EUR I Dis est présenté uniquement à titre d’exemple. Ce choix ne reflète en rien l’opinion de Parlons Finance et ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente de notre part. Il revient à vous de faire votre propre analyse et vos choix. 

  1. L’en-tête
Capture d’écran 2021-03-21 à 11.31.37.png

La lecture d’une fiche récapitulative (Fund facts en anglais) commence par le nom du fonds. Celui-ci donne déjà quelques indices à l’acheteur sur la stratégie d’investissement proposée. Dans notre exemple, l’accent sera porté sur les actions de croissance (Growth) européennes (Europe) dont les intérêts annuels seront distribués (Dis).

Morningstar attribue deux notes : 

  • La première donne une vue globale (Négative — Neutre — Bronze — Silver — Gold) et repose sur une analyse qualitative et prospective des fonds.
  • La seconde propose une cotation étoilée (1 à 5) qui représente la performance d’un fonds par rapport à ses semblables, en tenant compte du risque et des coûts. Seuls 10 % des fonds obtiennent la note maximale. 

Afin de comparer ce qui est comparable, il est nécessaire de regrouper les différents fonds en fonction de leur indice de référence, de leur benchmark et de la catégorie d’actifs. 

L’indice de référence comporte plusieurs actions représentatives d’un marché et donne une vue d’ensemble de sa performance journalière (ex : le CAC40 est composé de 40 entreprises qui représentent globalement le marché français). 

Le Benchmark, quant à lui, sert d’élément comparateur au fonds d’investissement. Celui-ci est souvent un indice, un secteur, voire un autre fonds. 

Enfin, la catégorie permet de cibler les actifs choisis dans le fonds (ex : Europe ou US, actions ou obligations, grandes ou petites capitalisations, croissance ou valeur) 

Un exemple pour illustrer nos propos : le fonds AQUA compare les poissons se trouvant dans les eaux européennes (indice de référence), en mer Méditerranée (benchmark) et pesant plus de 2 kg (la catégorie). 

2. Objectif et performances

Chaque gestionnaire propose un objectif d’investissement unique pour ses fonds. Celui-ci doit permettre aux analystes de comprendre la manière et les moyens mis en place pour obtenir des résultats satisfaisants. Un objectif « vague » (ex : entreprises européennes de croissance) donne au gestionnaire une meilleure flexibilité pour répondre aux attentes. À l’inverse, certains objectifs sont tellement précis (ex : dégager une croissance supérieure à celle des GAFA sur une période de 3 ans) qu’ils ne laissent que peu de marge de manœuvre. 

Sur la partie droite de l’image, vous trouverez les différentes performances annuelles ou trimestrielles. Celles-ci comparent le fonds avec son indice et sa catégorie. Attention aux fonds qui n’ont jamais pu « battre » leur indice depuis un long moment. 

De l’autre côté, plusieurs indicateurs mathématiques et statistiques vous donneront la mesure du risque pris : 

  • L’Alpha : détermine si le fonds surperforme ou sous-performe son indice de référence. Si > 1, alors le fonds fait mieux que son indice. 
  • Le Beta : détermine si la valeur du fonds varie plus/moins que son indice de référence (volatilité). Si > 1, le fonds amplifie davantage les fluctuations que son indice. 
  • R carré : détermine le niveau de corrélation entre le rendement du fonds et celui de son indice (de 0 à 100). À 100 %, les fluctuations du fonds seront parfaitement corrélées à l’indice. 
  • Ratio d’information : une autre mesure de la surperformance (sousperformance) du fonds par rapport à son indice. 
  • Tracking error : détermine le niveau de liberté que prend le gestionnaire par rapport à son indice. Plus il est élevé, plus il s’éloigne de son indice. 
  • Ratio de Sharpe : détermine si la rentabilité du fonds justifie un niveau de risque plus élevé que son indice. Si ce ratio se situe entre 0 et 1, alors la rentabilité ne couvre pas le niveau de risque pris. Au-delà de 1, le rendement rémunère suffisamment l’excès de risque.
  • Volatilité : liée au bêta, elle donne une idée de l’ampleur des variations d’un fonds. Plus elle est élevée, plus les hausses et les baisses du titre seront importantes. 
  • Risque 3,5, 10 ans : lié au Beta et à la volatilité, il donne une idée du style agressif ou défensif du fonds. 

3. Secteurs et régions

Un fonds peut contenir plusieurs types d’actifs de nature différente (actions, obligations, produits dérivés, liquidités, matières premières) au sein d’un seul « pool ». Ainsi, notre fonds fictif Parlons Finance Equities comporterait majoritairement des actions. Parlons Finance global bonds sera orienté obligations et Parlons Finance global Mix intégrerait toutes sortes d’actifs. 

Les liquidités donnent aux courtiers la possibilité de réagir aux mouvements du marché. Un niveau de liquidités bas est un signal d’alarme. Les capitaux étant pleinement investis, le manager n’aura pas d’autres choix que de vendre en cas de retournement des marchés. 

Les actions sont différenciées sur de nombreux points : 

  • Leur taille : allant de micro à géante, elle se réfère généralement au nombre d’employés et à la capitalisation totale 
  • Le style : indique le type d’évolution de l’entreprise. Croissance (axé sur une augmentation rapide du cours), value (axé sur une progression cyclique avec possibilité de sous-évaluation du marché) ou mixte 
  • Leur zone géographique : une grande diversification implique une sélection de titres de nationalités différentes

Le comportement boursier de certains titres a permis une classification selon les secteurs :

  • Cycliques : ces titres sont fortement influencés par le contexte macro-économique, comme la politique monétaire, les taux d’intérêt ou les relations diplomatiques. On y retrouve les matériaux de base, les produits de consommation non essentiels (consumer discretionary), les services financiers et l’immobilier. 
  • Sensibles : moins impactés par les événements d’ordres mondiaux, ces titres suivent les cycles économiques dans leur ensemble. On y retrouve les services de télécoms, d’énergie, les industries et la technologie.
  • Défensifs : Ces titres ont une progression qui leur est propre. Ils ne sont pas corrélés aux autres secteurs, car leur utilisation est constante. Nous retrouvons les produits de première nécessité (consumer staples), les soins de santé et les services publics. 

Les obligations, quant à elles, se distinguent par leur type (bons d’état ou obligations d’entreprises), leur rating (AAA jusque D), leur duration ou leur catégorie (High Yield, investment grade, spéculatif)

Généralement, les dix positions les plus importantes du fonds sont référencées. Ceux-ci peuvent changer lors d’une rotation sectorielle opérée par le marché. 

4. Le management

Toutes les informations à savoir sur la société de gestion et son manager sont indiquées en bas de chaque fiche. 

La gestion d’un portefeuille demande un savoir-faire de qualité et une équipe de traders regroupés sous la tutelle d’un talentueux gérant. Un manager dont le fonds a surperformé le marché reçoit le respect de ses pairs et un juteux bonus. 

Parmi les derniers points d’attention, il y a les frais d’entrée et de gestion, la nature du fonds (UCITS* = OPCVM**), sa politique de distribution des intérêts, son code ISIN***, son éligibilité pour un PEA**** et le capital minimum requis pour investir. 

  1. Conclusion 

Choisir le « bon » fonds d’investissement n’est pas si simple, tant les différences sont nombreuses et les compétences humaines importantes. Cependant, apprendre à analyser une fiche d’information vous aidera à trouver votre propre style de gestion. Avec plus de 120 000 fonds dans le monde, il en existe bien un qui saura concilier vos attentes et un rendement satisfaisant. 

*UCITS = Undertaking for Collective Investments in Transferable Securities 

**OPCVM = Organisme de placement collectif en valeurs mobilières

***ISIN = International Securities Identification Numbers

****PEA = Plan d’Epargne en Actions 

Catégories
Banque & Finance Bourse Nos analyses

Invest #7: Qu’est-ce que représentent les SPAC dans le monde de la finance ?

L’année 2020 nous a montré qu’il existe de nombreuses manières de s’enrichir sur les marchés financiers. Si les actions ou les cryptomonnaies ont été largement médiatisées, d’autres formes d’investissements ont su tirer leur épingle du jeu…

Parmi celles-ci, nous retrouvons les SPAC ! 

Qu’est-ce qu’une SPAC ? 

Une SPAC, ou Special Purpose Acquisition Company, est une société sans activité opérationnelle dont l’objectif est de réunir des capitaux afin d’acquérir une autre société non cotée en bourse. 

La particularité de cette opération tient dans le fait que c’est la SPAC, coquille vide, qui possède les liquidités nécessaires à l’achat d’une « réelle » entreprise. 

Pour cela, la SPAC doit avant tout s’introduire sur les marchés financiers et séduire les potentiels investisseurs. 

Comment cela fonctionne-t-il ? 

Les SPAC sont regroupées autour d’une équipe d’entrepreneurs, dont la réputation et les compétences influencent grandement la réussite, ou non, de l’opération. Avant leur concrétisation, elles doivent passer par plusieurs étapes :

1)      Introduction : Au moment de l’introduction en bourse, le montant total à lever ainsi que le prix de départ sont connus (10 $ pour une action SPAC aux États-Unis). 

2)      Recherche de la cible : La SPAC, seule, n’a pas de réel intérêt pour ses actionnaires, car elle ne dispose ni d’historique ni de trésorerie (d’où son surnom « entreprise chèque en blanc »). C’est l’entreprise ciblée qui fait l’objet de toutes les convoitises. Ainsi, l’équipe dirigeante de la SPAC dévoile à l’avance les critères d’acquisition (secteur d’activité, taille de l’entreprise, rentabilité à venir, vision, etc.) du projet. 

Toutes les SPAC n’ont pas de fin heureuse, certaines propositions peuvent être refusées par les actionnaires qui, faute d’alternatives, réclament le remboursement et la dissolution de la SPAC.

3)      Fusion : dans de nombreux cas, la SPAC est l’occasion de faire de bonnes affaires. Les fondateurs deviennent propriétaires d’une entreprise qu’ils pourront modeler. Les actionnaires entrevoient un bon potentiel de rendement. Les intermédiaires touchent de grosses commissions. Enfin, l’entreprise cible accède aux marchés financiers à travers un moyen plus rapide et moins coûteux. 

4)      Liquidation : Certaines SPAC portent le nom de la société acquise, ce qui prouve leur volonté de ne faire qu’un avec la nouvelle entité. Par la suite, la société devra suivre un parcours plus classique, composé de publications de résultats, d’annonces et de prévisions.   

Le nombre de SPAC introduites en bourse en 2020 nous montre l’intérêt porté par le milieu, bien que tout ne soit pas parfait. 

D’une part, la période fixée (souvent 2 ans) pour acquérir une entreprise peut parfois pousser les fondateurs à prendre des décisions hâtives dans les derniers instants. S’ils ne trouvent pas la bonne entreprise, leur mise de départ sera perdue. 

D’autre part, les SPAC sont soumises à une réglementation moins stricte que les IPO classiques et leur accès est réservé aux spécialistes en la matière.

Exemples 

Fort présents dans le secteur de la technologie et de la santé, les SPAC sont nées aux États-Unis (tiens donc) dans les années 90. En Europe, il faudra attendre 2007 pour voir la Pan-European Hotel Acquisition Company récolter 115 millions d’euros sur l’Euronext Amsterdam. 

En Belgique, nous n’avons pas d’exemples connus de SPAC. Cependant, l’émergence de ce type d’opération sur le Vieux Continent pousse les régulateurs européens à travailler sur une réglementation commune entre les pays membres de l’Union. 

Après tout, si la prise de risque fait partie de l’ADN de l’investisseur américain, ce trait de caractère est moins présent chez les Européens qui souhaiteront obtenir davantage de garanties avant de se lancer dans l’aventure.  

Par KAZKONDU Tim

Catégories
Bourse Nos analyses

Invest #4 : Qu’est-ce que le Short Squeeze ?

Depuis janvier, une bataille féroce est engagée sur les marchés financiers entre certains gestionnaires de fonds et des investisseurs particuliers. La raison du conflit ? La vente à découvert ou « short selling » menée sur des entreprises en difficulté. 

Pour comprendre ce que veut dire « shorter », vous devez accepter l’idée qu’il est possible de gagner de l’argent sur la baisse du prix d’une action. Ces opérations sont réalisables grâce aux produits dérivés dont sont friands certains Hedge funds.  

En effet, la liquidation forcée (Short Squeeze) des positions courtes peut devenir un cauchemar pour les vendeurs à découvert à moins qu’ils ne réagissent très rapidement … 

Concrètement, le shorteur prendra le pari que l’entreprise X verra la valeur de son action en bourse chuter (ses anticipations peuvent être justifiées, ou non). Son principal souci est qu’il ne possède pas d’action X. Il va donc les emprunter auprès d’un actionnaire de l’entreprise, et lui promet de les lui rendre à une date future.

Dès réception, le Shorter vendra immédiatement ces titres au prix du marché et attendra sagement qu’elles perdent de la valeur, avant de les racheter et ainsi rembourser sa dette. Les deux acteurs sont alors satisfaits, le Shorter a réalisé un gain et l’actionnaire détient toujours des titres de l’entreprise. 

Le short squeeze intervient lorsque le prix de l’action va dans le sens opposé au scénario imaginé. Une telle situation, qui peut être provoquée par d’autres investisseurs, représente un danger pour le shorteur qui doit rapidement couper ses positions afin d’éviter de lourdes pertes. Car attention, si la plus-value a une limite (l’action ne peut pas aller au-dessous de zéro), la moins-value, elle, n’en a pas ! 

Exemple de Volkswagen et Tesla :

Un exemple connu par la plupart des financiers s’est déroulé durant le mois d’octobre 2008, lorsque le cours de l’action VW avait quintuplé en seulement deux jours, passant de 210 € à 1 000 €. Porsche avait annoncé avoir gagné 74 % du contrôle des part de votes de Volkswagen, ce qui a entraîné une forte hausse du cours de son action, les vendeurs à découvert étant alors forcés de payer 1 005 € par action pour clôturer leurs positions.

Plus récemment, le cours de l’action Tesla a également fait l’objet d’un short squeeze début 2020. Plus tôt, les actions du constructeur électrique américain étaient les actions les plus vendues à découvert sur le Nasdaq, mais plusieurs nouvelles positives, notamment des résultats du quatrième trimestre supérieurs aux attentes, a entraîné une hausse des cours de l’action atteignant plus de 850$.

Inutile de préciser que les pertes des vendeurs à découvert ont l’inconvénient de pouvoir devenir exponentielles durant la liquidation forcée des positions courtes, et les gains pour ceux ayant une position longue peuvent permettre de ne plus jamais travailler à vie …

Par KAZKONDU Timur et NAQI Hamza