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Tu es jeune actif ? Voici les meilleurs placements à connaître !

En 2025, les taux d’emprunt se sont repliés par rapport à leurs pics, sans retrouver les niveaux ultra-bas des années 2010. Côté immobilier, les rendements bruts restent hétérogènes et la contrainte énergétique alourdit les budgets travaux ; côté Bourse, la diversification mondiale via ETF n’a jamais été aussi simple… mais la volatilité demeure. Alors, où mettre son prochain euro ?

Avant de plonger dans le sujet, un grand merci à notre sponsor Trade Republic pour son soutien 🤝 Vous aussi, rejoignez la plateforme dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous et démarrez votre investissement.

Indispensable : sécurité & dettes

But : pouvoir encaisser un imprévu sans vendre tes investissements ni payer d’intérêts inutiles.
À faire tout de suite :

  1. Épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses) sur livrets défiscalisés, dans cet ordre :
    • LEP si tu es éligible (plafond 10 000 €) → 2,7 % au 1ᵉʳ août 2025 ;
    • puis Livret A/LDDS (plafonds 22 950 €/12 000 €) → 1,7 % au 1ᵉʳ août 2025 ;
    • Livret Jeune (< 25 ans) : intérêts exonérés, taux ≥ Livret A (fixé par la banque).
  2. Rembourser les crédits chers (conso, renouvelable) avant d’investir : leur coût réel dépasse souvent tout livret/obligataire.

1) L’argent « gratuit » de l’employeur (si dispo)

Pourquoi en priorité : l’abondement est un rendement immédiat.
Concrètement :

  • Verse au moins ce qui déclenche 100 % de l’abondement sur PEE/PER d’entreprise (PERECO).
  • PEE : sommes en principe bloquées 5 ans, nombreux cas de déblocage anticipé ; intéressement placé sur PEE exonéré d’IR dans certaines limites.
  • PERECO : abondement (souvent 100–300 % du versement, dans des plafonds légaux) et blocage jusqu’à la retraite (sauf cas de sortie).

2) Cœur de portefeuille : PEA + ETF en DCA

Objectif : faire croître le capital à frais bas, mécaniquement, sans y penser.
Comment :

  • Ouvre un PEA (ou PEA Jeune) et programme un DCA (virements mensuels).
  • Fiscalité : après 5 ans, retraits exonérés d’impôt sur le revenu (prélèvements sociaux dus).
  • Univers d’investissement : actions UE/EEE et fonds/ETF éligibles (≥ 75 % d’actions européennes ; les ETF « Monde »/US éligibles utilisent souvent une réplication synthétique).
    Règles simples d’allocation (exemple) :
  • Débutant·e : 100 % ETF Monde « PEA éligible ».
  • Intermédiaire : 80 % Monde (PEA) + 20 % Europe (PEA).
  • Tu veux un coussin « obligataire » ? Fais-le hors PEA (assurance-vie / compte-titres), car le PEA est réservé aux actions/OPCVM actions.

3) Assurance-vie (polyvalente : ETF/UC + fonds euros)

Pourquoi : enveloppe souple pour objectifs 3–10 ans, arbitrages internes, clause bénéficiaire.

  • Fiscalité : après 8 ans, abattement annuel sur les gains 4 600 € / 9 200 € (célibataire / couple), puis imposition au choix (PFU/barème).
  • Fonds euros : capital garanti, rendement variable selon l’assureur (utile comme poche défensive).

4) PER (optimisation fiscale si TMI élevée)

Pourquoi : déduction des versements du revenu imposable (plafond ≈ 10 % de tes revenus d’activité, plancher forfaitaire), en contrepartie d’un blocage jusqu’à la retraite (sauf sorties prévues par la loi).

À privilégier si TMI ≥ 30 % ou si abondement d’entreprise intéressant. (Sortie en capital imposable comme pension pour la part déduite.)

5) Pierre-papier (SCPI/OPCI/REITs) pour diversifier sans gérer

Intérêt : accès à l’immobilier avec petit ticket, gestion externalisée, possible via assurance-vie.
Vigilances : frais, revenus non garantis, valeur des parts qui varie, risque de liquidité documenté par l’AMF.

6) Immobilier locatif en direct (si ta situation est stable)

  • Atouts : effet de levier du crédit, loyers potentiellement indexés sur l’IRL, capacité à créer de la valeur (travaux, LMNP, colocation…).
  • Contexte 2025 : taux moyens autour de ~3,07 % (été 2025), en fort repli vs 2024 ; production de crédits en nette reprise.
  • Contraintes clés : frais d’acquisition élevés, aléas locatifs, encadrement des loyers dans de nombreuses communes, DPE G interdit à la location depuis le 01/01/2025 (travaux possibles).

7) Bonus à (très) haut ROI : toi

Formations, langues, code, certifs : sur 10 ans, c’est souvent le meilleur « placement » (hausse de revenus et d’employabilité).
(Et garde une épargne projets souple sur livrets si horizon < 2–3 ans.)

Combien investir, et où ? (3 modèles prêts à l’emploi)

Hypothèses : tu as un filet de sécurité en place ; tu vises un budget d’épargne 20 % de ton net (à adapter). Les montants sont mensuels.

A) Début de carrière / budget serré (ex. net 1 800 € → 360 € à épargner)

  1. PEA + ETF (DCA) : 200 €
  2. Assurance-vie (fonds euros + 1–2 ETF défensifs) : 100 €
  3. PEE/PERECO (si abondement) : 60 € (augmente en priorité si ta boîte abonde)

B) Profil standard (ex. net 2 500 € → 500 € à épargner)

  1. PEE/PERECO : jusqu’à l’abondement max (ex. 100 €)
  2. PEA + ETF : 300 €
  3. Assurance-vie (fonds euros/ETF obligataires) : 100 €

C) Imposée à 30 % ou + (ex. net 3 500 € → 700 € à épargner)

  1. PEE/PERECO : abondement plein (ex. 150 €)
  2. PER : 250 € (pour profiter de la déduction)
  3. PEA + ETF : 200 €
  4. Assurance-vie : 100 €

Astuce : dès que tu as une augmentation, monte automatiquement ton DCA (PEA/AV) de +10 % ; tu t’habitues sans douleur.

Checklists ultra-pratiques

Ouverture/paramétrage des enveloppes

  • PEA : virement mensuel auto, ETF éligible (TER bas, encours > 100 M€, réplication claire), réinvestissement des dividendes par défaut.
  • Assurance-vie : 1 fonds euros (poche défensive) + 2–3 UC (ETF larges) ; frais d’entrée 0 %, frais UC bas.
  • PER : versements en fin d’année pour optimiser la déduction (en respectant le plafond de ton avis d’IR).
  • PEE/PERECO : vérifie abondement et fonds proposés ; préfère les fonds indiciels quand c’est possible.

Immobilier : mini-canevas d’étude

  • Cash-flow net (loyers – charges – taxe foncière – assurance – gestion – vacance – intérêts – capital) ;
  • DPE et travaux (si étiquette F/G, plan de rénovation ou exclusion) ;
  • Encadrement des loyers et IRL applicables localement.

La « méthode en escalier » (toujours valable)

  1. Sécurité & dettes
  2. Abondement employeur
  3. PEA + ETF (DCA)
  4. Assurance-vie
  5. PER (si TMI élevée ou abondement)
  6. Pierre-papier
  7. Immo direct
    … puis rééquilibrage 1×/an (remettre les pourcentages cibles en vendant/achetant dans les enveloppes les plus fiscalement douces).
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Invest #7: Qu’est-ce que représentent les SPAC dans le monde de la finance ?

L’année 2020 nous a montré qu’il existe de nombreuses manières de s’enrichir sur les marchés financiers. Si les actions ou les cryptomonnaies ont été largement médiatisées, d’autres formes d’investissements ont su tirer leur épingle du jeu…

Parmi celles-ci, nous retrouvons les SPAC ! 

Qu’est-ce qu’une SPAC ? 

Une SPAC, ou Special Purpose Acquisition Company, est une société sans activité opérationnelle dont l’objectif est de réunir des capitaux afin d’acquérir une autre société non cotée en bourse. 

La particularité de cette opération tient dans le fait que c’est la SPAC, coquille vide, qui possède les liquidités nécessaires à l’achat d’une « réelle » entreprise. 

Pour cela, la SPAC doit avant tout s’introduire sur les marchés financiers et séduire les potentiels investisseurs. 

Comment cela fonctionne-t-il ? 

Les SPAC sont regroupées autour d’une équipe d’entrepreneurs, dont la réputation et les compétences influencent grandement la réussite, ou non, de l’opération. Avant leur concrétisation, elles doivent passer par plusieurs étapes :

1)      Introduction : Au moment de l’introduction en bourse, le montant total à lever ainsi que le prix de départ sont connus (10 $ pour une action SPAC aux États-Unis). 

2)      Recherche de la cible : La SPAC, seule, n’a pas de réel intérêt pour ses actionnaires, car elle ne dispose ni d’historique ni de trésorerie (d’où son surnom « entreprise chèque en blanc »). C’est l’entreprise ciblée qui fait l’objet de toutes les convoitises. Ainsi, l’équipe dirigeante de la SPAC dévoile à l’avance les critères d’acquisition (secteur d’activité, taille de l’entreprise, rentabilité à venir, vision, etc.) du projet. 

Toutes les SPAC n’ont pas de fin heureuse, certaines propositions peuvent être refusées par les actionnaires qui, faute d’alternatives, réclament le remboursement et la dissolution de la SPAC.

3)      Fusion : dans de nombreux cas, la SPAC est l’occasion de faire de bonnes affaires. Les fondateurs deviennent propriétaires d’une entreprise qu’ils pourront modeler. Les actionnaires entrevoient un bon potentiel de rendement. Les intermédiaires touchent de grosses commissions. Enfin, l’entreprise cible accède aux marchés financiers à travers un moyen plus rapide et moins coûteux. 

4)      Liquidation : Certaines SPAC portent le nom de la société acquise, ce qui prouve leur volonté de ne faire qu’un avec la nouvelle entité. Par la suite, la société devra suivre un parcours plus classique, composé de publications de résultats, d’annonces et de prévisions.   

Le nombre de SPAC introduites en bourse en 2020 nous montre l’intérêt porté par le milieu, bien que tout ne soit pas parfait. 

D’une part, la période fixée (souvent 2 ans) pour acquérir une entreprise peut parfois pousser les fondateurs à prendre des décisions hâtives dans les derniers instants. S’ils ne trouvent pas la bonne entreprise, leur mise de départ sera perdue. 

D’autre part, les SPAC sont soumises à une réglementation moins stricte que les IPO classiques et leur accès est réservé aux spécialistes en la matière.

Exemples 

Fort présents dans le secteur de la technologie et de la santé, les SPAC sont nées aux États-Unis (tiens donc) dans les années 90. En Europe, il faudra attendre 2007 pour voir la Pan-European Hotel Acquisition Company récolter 115 millions d’euros sur l’Euronext Amsterdam. 

En Belgique, nous n’avons pas d’exemples connus de SPAC. Cependant, l’émergence de ce type d’opération sur le Vieux Continent pousse les régulateurs européens à travailler sur une réglementation commune entre les pays membres de l’Union. 

Après tout, si la prise de risque fait partie de l’ADN de l’investisseur américain, ce trait de caractère est moins présent chez les Européens qui souhaiteront obtenir davantage de garanties avant de se lancer dans l’aventure.  

Par KAZKONDU Tim