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« Notre épargne s’empile mais nous nous appauvrissons », Aymeric Lang (Erasmus AM)

Dans cet article, avec Erasmus AM, nous allons faire un état des lieux de l’épargne des Français et montrer le coût d’opportunité gigantesque qui découle de sa sous-optimisation.

La bonne nouvelle ? Nous avons une belle marge de progression.

D’excellents épargnants, mais de piètres investisseurs

S’il y a bien un domaine dans lequel nous restons parmi les meilleurs mondiaux, c’est sur notre capacité à mettre de l’argent de côté. 18,7% de taux d’épargne, soit le deuxième meilleur niveau en Europe derrière l’Allemagne (19,2%).

Là où le bât blesse, c’est dans notre utilisation de la partie financière de cette épargne (hors immobilier).

Quelques chiffres et mise en perspective :

  • Les placements financiers au total s’élèvent à environ 6 500 milliards d’euros
  • Placements prudents : 3 710 milliards d’euros (57 % du total) dont :
    • Dépôts et placement monétaire : 2 150 milliards d’euros (33% du total)
    • Assurance-vie en euros : 1 560 milliards d’euros (24% du total)
  • Placements en actions (cotées et non cotées) : 2 500 milliards d’euros (38% du total)
  • Autres (titres de créances, fonds immobiliers) : 290 milliards (5% du total)

Le constat est sans appel : plus de la moitié de notre épargne est positionnée sur des placements à rendement visés en moyenne à peine supérieurs à l’inflation.

Nécessaire pour faire face aux éventuels coups durs ? Pas vraiment. Les conseillers financiers s’accordent à dire qu’il faut garder à disposition 3 à 6 mois de dépense en épargne sécurisée. Un ménage français dépense en moyenne autour de 33 000 euros (chiffres INSEE corrigés de l’inflation). En prenant 6 mois de dépense et 30 millions de ménage, nous obtenons environ 500 milliards d’euros à garder en épargne de précaution.  Pas 3 710 milliards.

Mais allons plus loin et comparons-nous à notre voisin Américain. En se basant sur les données de marché, nous obtenons la répartition suivante pour l’épargne aux Etats-Unis :

  • Placements prudents : 28%
  • Placements en actions (cotées et non cotées) : 65%
  • Autres : 7%

Quasiment du simple au double.

Maintenant, ajoutons un élément supplémentaire : le rendement espéré par classe d’actifs.

En se basant sur les données des 20 dernières années :

  • Placements prudents : environ 2% en moyenne
    • Livret A : 1,5% par an
    • Fonds euros : 3% par an
  • Placements en actions : 8% par an (CAC 40 dividendes réinvestis)

Soit un écart de près de 6% par an.

Pas étonnant que dans son rapport Mario Draghi constate que, depuis 2009, le patrimoine net des ménages européens n’a progressé “que” de 55 %, contre 151 % pour les ménages américains.

“Finance fiction”

Faisons l’hypothèse que nous devenions un pays d’investisseurs. Sans aller jusqu’à l’extrême américain, imaginons que la part de notre épargne investie en actions arrivait au niveau de nos voisins Suédois, Italiens ou Belges, soit 55%.

Le montant placé en actions passerait de 2 500 milliards d’euros à 3 600 milliards d’euros, avec un gain estimé de près de 70 milliards d’euros par an grâce aux 6% de performance supplémentaire.

Pour mettre ces 70 milliards en perspective, le Think Tank Terra Nova estime qu’il faudrait environ 100 milliards d’euros (le fameux « effort de 3 à 4.000 euros par ménage et par an ») pour stabiliser la dette française.

Autre effet bénéfique d’une épargne plus optimisée, le fameux effet richesse, particulièrement moteur aux Etats-Unis : lorsque la richesse des ménages s’accroît, la consommation augmente encore plus rapidement.

Les outils pour y parvenir

Bien que simplifiée à l’extrême, cette analyse n’est pas dénuée de sens : elle nous montre la marge de progression qui existe.

D’autant que nous disposons d’excellents outils d’investissements en France, à travers l’assurance vie, le PEA, le PEA-PME ou encore le PER, qui présentent des avantages fiscaux (après plusieurs années) qui permettent de correctement faire travailler son épargne dans le temps.

Mais est-ce que nous les utilisons correctement ?

Le constat est implacable : nous n’utilisons pas les bonnes enveloppes. Sur les 3 300 milliards d’euros placés par les Français, plus de 90 % dorment sur de l’épargne réglementée ou de l’assurance-vie, majoritairement en fonds euros.

L’anomalie est frappante : le PEA, pourtant le meilleur allié de l’investisseur long terme, ne représente qu’une miette du gâteau (3,6 %) et encore pire pour le PEA-PME qui représente seulement (0,1%).

Finalement, l’épargne réellement productive dépasse à peine le quart des encours. Ce déséquilibre est le fruit d’un manque d’éducation financière et d’une peur irrationnelle des marchés qu’il faut absolument déconstruire aujourd’hui.

Le PEA – PME : Oui avec de bons moteurs de performance

Nous venons de le voir, le PEA-PME est un échec total depuis son lancement, avec à peine 3 milliards d’euros de collecte. Pourtant, il ne manque pas d’intérêt et il a récemment été assoupli.

Ce petit frère du PEA a été lancé pour pouvoir investir dans les petites entreprises européennes, les poumons de l’activité économique. Il est plafonné à 225 000 euros depuis la loi Pacte et, comme son grand frère, après 5 ans de détention, l’imposition sur la plus-value se limite aux prélèvements sociaux.

Dans notre gamme de fonds, le fonds EDL 2030 s’intègre parfaitement sur cette enveloppe :

  • Il est composé d’actifs éligibles ELTIF* (Micro & Small caps Européennes cotées)
  • Il va exploiter à 100% le potentiel de croissance de la classe d’actif dans les 5 années à venir
  • Il est actuellement ouvert à la souscription, et fermera cet été. La date de fin de vie du fonds est fixée au 31/12/2030 soit 5 ans de détention.

À bientôt,

Aymeric LANG CFA – Directeur de la gestion Erasmus AM

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Analyse: Le nouveau dilemme de la FED, assurer l’économie avant de maitriser l’inflation

Les banques centrales, garantes de la stabilité économique, sont aujourd’hui confrontées à une mission périlleuse : maîtriser l’inflation galopante tout en préservant la croissance économique. Le monde a connu une accélération fulgurante de l’inflation en 2022 et 2023, et la FED, la banque centrale américaine, fait face à un défi sans précédent.

Qu’est-ce que le « soft landing » ?

Le ‘soft landing’, ou atterrissage en douceur, est une situation où la FED parvient à ralentir l’économie suffisamment pour contrôler l’inflation sans provoquer de récession. Cela se traduirait par une économie stable, avec une croissance modérée et une inflation maîtrisée.

L’inflation : en pleine décélération, mais encore loin de la cible des 2 %

Le taux d’inflation annuel aux États-Unis a ralenti pour le quatrième mois consécutif, atteignant 2,9 % en juillet 2024, son niveau le plus bas depuis mars 2021. Ce chiffre est légèrement inférieur aux 3 % enregistrés en juin et aux prévisions des analystes, qui anticipaient également 3 %.

Selon les projections de la Réserve fédérale de Philadelphie, l’inflation devrait continuer à diminuer, atteignant 2,8 % d’ici la fin de l’année 2024, et 2,3 % en 2025, contre un objectif de 2,0 % fixé par la Fed. Ces prévisions reflètent un ajustement progressif des pressions inflationnistes, bien que le retour à la cible de 2,0 % semble plus lent que prévu initialement.

Des signaux mitigés : l’économie américaine tient bon mais des incertitudes persistent

Les dernières données économiques américaines montrent une croissance du PIB réel de 3 % au deuxième trimestre 2024, un signe positif. Cependant, les prévisions de la Réserve fédérale de Philadelphie anticipent un ralentissement de la croissance à 1,9 % au troisième trimestre, puis à 1,7 %, avant de se stabiliser à 1,9 % en 2025.

Le marché craint une dégradation économique au T3 2024 :

Deux indicateurs clés publiés cette semaine signalent un ralentissement imminent :

L’indice PMI manufacturier de l’ISM a reculé à 47,2 en août, après 46,8 en juillet, contre un consensus de 47,5. Cette baisse indique une contraction de l’activité manufacturière.

De plus, les nouvelles commandes dans le secteur de l’énergie ont chuté de 2,8 points, passant de 47,4 en juillet à 44,6 en août. Ce repli significatif reflète une baisse de la demande énergétique, témoignant d’un ralentissement économique.

Ces chiffres confirment les inquiétudes d’une détérioration économique au cours du troisième trimestre 2024.

Le marché du travail américain confirme des signes de ralentissement :

Le rapport sur l’emploi du département du Travail vient de paraître et révèle un léger repli du marché du travail. Bien que le nombre de créations d’emplois non agricoles ait atteint 142 000 en août, ce chiffre est inférieur aux prévisions des économistes (160 000). Le taux de chômage a légèrement diminué à 4,2 %, conformément aux attentes, après une légère hausse le mois précédent.

Cependant, les détails du rapport présentent une autre perspective. Les entreprises privées n’ont ajouté que 99 000 nouveaux postes en août, le plus faible chiffre depuis janvier 2021. Ce résultat, nettement en deçà des prévisions, témoigne d’un ralentissement de l’embauche pour le cinquième mois consécutif.

Ce recul de l’embauche pourrait indiquer un relâchement des tensions sur le marché du travail. Il reste à voir si cette tendance se confirmera dans les mois à venir et quelles en seront les conséquences pour l’économie américaine.

La Fed sous pression : un cocktail explosif entre baisse de taux et risques de récession

Les données économiques devraient confirmer ce que les marchés anticipent : une baisse des taux d’intérêt de la Fed, car la menace d’une récession pèse sur l’économie américaine. La multiplication des licenciements ces derniers mois pourrait inciter la Fed à agir plus rapidement et de manière plus agressive pour éviter une crise majeure.

La tension monte à l’approche de la réunion de la Fed le 18 septembre. Selon le FED Watch de CME Group, une baisse des taux est désormais quasi certaine. Toutefois, l’ampleur de cette baisse reste incertaine : 70 % des analystes parient sur une réduction de 25 points de base, tandis que 30 % anticipent une baisse plus importante de 50 points de base.

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Coup d’œil rapide sur l’inflation

Alors que nous sortons petit à petit de la crise de la Covid19 qui a fortement ralenti l’économie mondiale, une autre menace pointe le bout de son nez. Cette menace, c’est l’inflation !

L’inflation représente une augmentation généralisée des prix des biens la consommation et des services. Elle est exprimée en pourcentage et sur une durée de 12 mois (on parle alors d’« inflation annuelle »).

Pour la calculer, les économistes se basent sur l’indice des prix à la consommation (CPI en anglais) qui regroupe le prix des produits à usage quotidien (ex. l’alimentation), des biens durables (ex. les électroménagers et les vêtements), et des services (ex. assurances ou transports en commun). L’augmentation sensible d’un seul secteur n’est pas suffisante pour parler d’inflation. 

Les conséquences de l’inflation sur votre argent sont nombreuses : 

  • Elle diminue le pouvoir d’achat pour chaque euro possédé (un euro demain vaudra moins qu’un euro aujourd’hui). 
  • Les ménages sont incités à faire travailler leur argent plutôt qu’à le déposer sur un compte réglementé (0,11 %/an en Belgique) 
  • Elle exerce une pression sur les prix et les salaires, qui doivent augmenter pour s’adapter au coût de la vie.
  • le poids d’une dette contractée diminue avec le temps, ce qui est très utile pour les pays fortement endettés. 

Il existe d’autres phénomènes, plus graves, liés à l’inflation

  • L’hyperinflation représente une hausse trop rapide des prix par rapport aux salaires, qui n’arrivent plus à suivre. L’exemple le plus marquant est celui de l’Allemagne des années 20 où le prix du pain augmenta de 2000 % en quelques mois.
  • La déflation concerne une baisse généralisée des prix et un frein sévère à la croissance économique. Cela est causé par des consommateurs qui retardent leur achat, car ils considèrent que les prix peuvent encore diminuer. 
  • La stagflation représente une inflation combinée à une stagnation de la croissance. Dans ce cas, les prix continuent d’augmenter sans qu’il y ait d’effet bénéfique pour l’économie. 

Les marchés financiers sont attentifs aux chiffres publiés chaque mois. Les milliards injectés par les banques centrales, la reprise des activités commerciales et l’augmentation du coût des matériaux de base auront un impact important sur la courbe de l’inflation. 

⚠️ Le risque est une surchauffe de l’économie, suivie d’une intervention des banques centrales (hausse des taux à court terme) et d’une baisse des marchés financiers. Notez que tant les actions que les obligations sont affectées négativement par une telle augmentation.

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Qu’est-ce que l’inflation ?

L’inflation… cela vous dit peut-être quelque chose. Ce concept que l’on tente désespérément d’appliquer et de maintenir à un certain niveau pour relancer notre économie à bout de souffle. Cette inflation qui était sans cesse dans la bouche de l’ancien président de la Banque Centrale européenne, Mario Draghi, et qui hantait (un peu) son esprit.

Mais qu’est-ce que l’inflation ?

L’inflation représente l’augmentation généralisée des prix des biens la consommation et des services. C’est-à-dire que l’on ne parle pas d’inflation lorsqu’un secteur en particulier voit ses prix augmenter sensiblement. Elle est exprimée en pourcentage et sur une durée de 12 mois (ou « inflation annuelle »).

En effet, elle se mesure annuellement et se présente sous forme de pourcentage. Lorsque l’inflation augmente, le pouvoir d’achat de chaque euro que vous avez en votre possession diminue d’autant

Ce sont les biens et services utilisés couramment par les ménages qui permet le calcul de l’inflation. On y retrouve les produits d’usage quotidien (comme l’alimentation ou l’essence), les biens durables (comme les électroménagers et les vêtements) ainsi que les services (assurances ou transports en commun).

L’impact de l’inflation est considérable, en voici quelques cas :

  • La valeur de votre argent déprécie d’année en année. Il a pour effet d’inciter les ménages à consommer aujourd’hui, plutôt qu’à attendre plus tard.
  • La dette des pays baisse également d’année en année et les nouveaux emprunts perdront de leur poids à leur échéance.
  • Pour compenser la perte de pouvoir d’achat lié à l’augmentation des tarifs, les salaires augmentent également.

Il existe d’autres phénomènes liés à l’inflation, comme l’hyperinflation, la déflation ou encore la stagflation.

L’hyperinflation est mauvaise pour l’économie, car la hausse des prix est trop rapide par rapport aux salaires. Le meilleur exemple est celui de l’Allemagne dans années 20 où le prix du pain augmenté de 2000 % en quelques mois.

La déflation concerne une baisse généralisée des prix, dans ce cas l’économie s’enraye, car les consommateurs retardent leur achat puisqu’ils considèrent que les prix peuvent encore baisser.

Enfin, la stagflation représente une inflation combinée à une stagnation de la croissance qui s’affaiblit. Ainsi, on parle d’une situation économique d’un pays caractérisée par la stagnation de l’activité, de la production, et par l’inflation des prix.

L’inflation reste un élément clé pour la croissance mondiale, chaque acteur y joue un rôle important. C’est pour cela qu’il restera un objectif majeur pour Christine Lagarde lors les prochaines années. Elle tentera de maintenir le taux d’inflation à 2 %, seuil très difficile à atteindre puisque la dernière fois où cela s’est présenté… c’était en 2012.

Actualité:

Selon Eurostat, l’inflation dans la zone euro s’est légèrement accélérée en janvier, conformément aux attentes, avec la hausse des prix des produits alimentaires, des boissons alcoolisées, du tabac et de l’énergie.

Les prix à la consommation ont baissé de 0,1% par rapport à décembre mais augmenté de 1,4% par rapport à janvier 2019. Le taux d’inflation en rythme annuel était de 1,3% en décembre après 1,0% en novembre.

Les prix des produits alimentaires, des boissons alcoolisées et du tabac ont affiché une hausse de 2,2% sur un an, ceux de l’énergie une progression de 1,8%.

L’inflation dite de base, c’est à dire hors produits alimentaires non transformés et énergie, a ralenti à 1,3% en rythme annuel en janvier après 1,4% en décembre.