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Le dollar démarre 2026 en hausse après sa pire année depuis huit ans

Taux d’intérêt, Fed et incertitudes politiques au cœur des marchés de change

Après une année 2025 particulièrement difficile, le dollar américain entame 2026 sur une note plus ferme. Le billet vert progresse légèrement en ce début d’année, rebondissant après sa plus forte chute annuelle depuis huit ans, dans un contexte marqué par les anticipations de politique monétaire et les incertitudes politiques aux États-Unis.

2025 : une année noire pour le billet vert

En 2025, l’indice dollar qui mesure la devise américaine face à un panier de grandes monnaies a reculé de 9,4 %, sa pire performance annuelle depuis 2017.

Plusieurs facteurs ont pesé sur la devise américaine :

  • la réduction de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et les autres grandes économies,
  • les inquiétudes autour du déficit budgétaire américain,
  • le retour des craintes liées à une guerre commerciale mondiale,
  • et surtout, les doutes concernant l’indépendance de la politique monétaire américaine.

Résultat : l’euro a progressé de 13,5 % en 2025, sa meilleure performance annuelle depuis 2017, tandis que la livre sterling a gagné près de 7,7 % sur la même période.

Début 2026 : un rebond technique, mais fragile

Lors de la première séance de 2026, le dollar s’est apprécié d’environ 0,2 %, profitant de positions plus prudentes des investisseurs en attendant les prochaines données macroéconomiques américaines.

Les marchés restent toutefois peu liquides en ce début d’année, notamment en raison de la fermeture des places asiatiques au Japon et en Chine.

Selon un stratégiste de Danske Bank, l’activité devrait réellement reprendre avec la publication d’un calendrier économique plus dense dès la semaine prochaine.

Les données américaines très attendues

L’attention des investisseurs se concentre désormais sur les chiffres de l’emploi américain, qui seront déterminants pour anticiper la trajectoire des taux directeurs en 2026.

Les marchés intègrent actuellement deux baisses de taux de la Fed cette année, alors que la banque centrale américaine n’en anticipait officiellement qu’une seule, dans un contexte interne de plus en plus divisé.

Les analystes de Goldman Sachs estiment d’ailleurs que les risques sur les taux restent orientés à la baisse, en raison des incertitudes politiques croissantes autour de la banque centrale.

La Fed sous pression politique

Un autre élément clé pour le dollar en 2026 sera la nomination du prochain président de la Réserve fédérale.

Le mandat de Jerome Powell arrivant à échéance en mai, Donald Trump a annoncé qu’il dévoilerait son choix dès ce mois-ci.

Les investisseurs s’attendent à la nomination d’un profil plus accommodant, susceptible de soutenir une politique monétaire plus souple un facteur qui pourrait, à terme, peser à nouveau sur le dollar.

Le yen reste à la traîne

Contrairement à l’euro et à la livre, le yen japonais demeure l’exception parmi les grandes devises.
En 2025, il n’a progressé que de moins de 1 % face au dollar et reste proche de ses plus bas niveaux en dix mois.

Malgré deux hausses de taux en 2025, la Banque du Japon a déçu les marchés par son approche jugée trop prudente. Les investisseurs n’anticipent désormais une nouvelle hausse des taux qu’à la fin de 2026, ce qui limite le potentiel de rebond du yen à court terme

Conclusion

Le rebond du dollar en ce début d’année 2026 ressemble davantage à un réajustement technique qu’à un véritable retournement de tendance.
La trajectoire du billet vert dépendra largement :

  • de l’évolution du marché de l’emploi américain,
  • des décisions de la Fed,
  • et du climat politique autour de son indépendance.

Dans un environnement où les banques centrales restent sous pression et où les déséquilibres budgétaires persistent, la volatilité sur le marché des devises devrait rester élevée en 2026.

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2025 : Vers des baisses de taux de la BCE ?

La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé son principal taux directeur à 2,75 % le jeudi 30 janvier 2025. Il s’agissait de sa cinquième baisse depuis juin dernier (le taux de dépôt culminait alors à 4 %).

Ce nouveau desserrement, voté à l’unanimité du Conseil des Gouverneurs, était largement attendu. Lors de la dernière réunion de politique monétaire, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, avait estimé que les taux directeurs étaient encore en territoire restrictif, autrement dit qu’il freinait l’économie plus qu’il n’était nécessaire. Par la suite, les « minutes » avaient confirmé que ce sentiment était largement partagé parmi les membres du Conseil des Gouverneurs.

Cette fois encore, la politique monétaire a été qualifiée de « restrictive ». Ainsi, pour l’ensemble des « ECB watchers », ces analystes qui suivent la BCE, l’issue de la réunion du 6 mars prochain ne fait donc guère de doute ; le taux de dépôt sera ramené à 2,5 %. Ils en sont d’autant plus convaincus que Christine Lagarde s’est montrée particulièrement confiante sur un retour de l’inflation à sa cible de 2 % dans le courant de l’année.

Dans son discours, peu de changement par rapport à décembre : les risques sur l’inflation et sur la croissance restent équilibrés. En revanche il commence à se dégager au sein des gouverneurs une petite fraction plus hawkish qui, sans remettre en cause le taux d’équilibre autour des 2%, commence à questionner le rythme pour l’atteindre.

En clair, il y aura à nouveau une baisse de taux de 25 bps en mars, mais ensuite c’est moins limpide. Nous commençons à imaginer que les derniers 50 bps pourraient intervenir de manière trimestrielle : une baisse de 25 vers juin, et une dernière au T4 ; alors qu’en décembre 2024, les 2% devaient être atteints en juin 2025.

D’ailleurs, La BCE pourrait cesser de décrire sa politique monétaire comme « restrictive » lors de sa prochaine décision en mars, selon des personnes au fait des débats au sein du Conseil des gouverneurs. Cette réflexion suggère que les responsables politiques ont commencé à se demander quand arrêter de réduire les coûts d’emprunt et s’il faut faire des pauses en cours de route. Officiellement, la BCE a déclaré qu’elle ne s’engagerait pas à l’avance, mais qu’elle prendrait ses décisions au fil des réunions.

Toutefois, pour l’instant, compte tenu de la faiblesse de la croissance dans l’Union Européenne, le risque d’en faire trop est désormais moins important que celui d’opter pour l’immobilisme selon le point de vue des marchés. Comme le résume à chaud Carsten Brzeski chez ING, « malgré une inflation globale un peu plus soutenue, l’atonie de l’économie de la zone euro ainsi que la forte conviction de la BCE que l’inflation reviendra à l’objectif ont motivé la baisse des taux d’intérêt ».

La présidente de la BCE a néanmoins pris toutes les précautions qui s’imposent, refusant de s’engager « à l’avance sur une trajectoire de taux particulière ».

La BCE conserve une « approche s’appuyant sur les données » pour décider « réunion par réunion » de la poursuite des baisses de taux.

En outre, concernant le taux neutre, ces dernières semaines, les différents membres du Conseil des Gouverneurs ont donné des estimations assez contrastées de ce fameux taux neutre : de 2,5 % pour les plus « faucons » à 1,75 % pour les plus colombes. Mais les débats ne porteront pas seulement sur le niveau, préviennent les économistes d’Aurel BGC.

« La BCE devra se demander si elle doit adopter en 2025, une politique monétaire accommodante avec des taux directeurs sous ce taux neutre », soulignent-ils. Ce jeudi, Christine Lagarde a indiqué qu’il n’était pas encore possible de dire si un passage en territoire « accommodant » serait justifié.

De fait, depuis le mois de juin, la BCE semble être confiante que le combat contre l’inflation est en grande partie gagné et se concentre de plus en plus sur les risques concernant la croissance de la Zone euro, en particulier dans le cas de l’Allemagne, pays en crise.

Pourtant, la Zone euro est confrontée à un problème d’inflation persistante, avec l’inflation globale reste supérieure à leur mandat et l’inflation de base encore plus.

Le problème pour la Zone euro est que l’inflation des services reste rigide, se stabilisant assez nettement autour de 4 %. Étant donné que les services représentent la grande majorité de l’activité et de la demande économique, il s’agit de la principale inflation que l’on observe dans l’économie.

Le moteur de l’inflation élevée des services est assez clair : une croissance élevée des salaires nominaux dans une économie où la productivité stagne. La croissance des salaires avoisine les 4 %, tout comme l’inflation des services.

L’inflation persistante dans les services a été masquée l’année dernière par la chute des prix de l’énergie, qui a suffisamment freiné l’inflation globale pour justifier des réductions. Cette tendance est clairement en train de s’inverser, ce qui devrait inciter la BCE à se demander si l’inflation est en train de s’améliorer.

Les conditions météorologiques jouent évidemment un rôle dans ce processus, mais il est à noter que les stocks de gaz sont en bien moins bonne voie pour démarrer l’année que ces deux dernières années, ce qui constitue une raison importante de faire pression sur les prix pour qu’ils évoluent à la hausse.

Si la BCE se basait principalement sur les chiffres de l’inflation, il n’y aurait aucune justification pour des baisses de taux à ce stade : l’inflation globale, l’inflation sous-jacente et celle des services sont toutes au-dessus du mandat, la croissance des salaires nominaux reste élevée en raison des tensions sur le marché du travail, et les prix de l’énergie augmentent clairement.

Et pourtant, elle continue à baisser ses taux. De fait, il semble que, dans l’esprit de la BCE, tout tourne autour du taux neutre. Pour comprendre cela, imaginez que les taux soient actuellement à 2 %. Est-ce que la BCE les baisserait ? Il serait très peu probable car elle ne veut pas encore adopter une politique stimulante.

La seule raison pour laquelle elle réduit les taux aujourd’hui, c’est parce qu’elle considère encore sa politique comme restrictive, et qu’elle estime que cela n’est plus nécessaire. C’est pour cette raison qu’elle continue à baisser ses taux.

Qui plus est, ces baisses de taux sont aussi une réponse proactive aux inquiétudes liées au ralentissement de la croissance dans la région. Tout cela revient à l’Allemagne, qui est le maillon faible parmi les grandes économies ces dernières années.

Certes, une telle faiblesse justifierait un assouplissement monétaire, mais la BCE est censée gérer l’ensemble de la zone euro, et non seulement l’Allemagne.

Le fait que la BCE privilégie le maillon le plus faible du bloc plutôt que de se concentrer sur l’inflation ne devrait pas être une surprise, cela fait plus de dix ans qu’elle suit cette logique, notamment depuis le sauvetage des pays périphériques après la crise financière de 2008. Mais à l’époque, cette politique n’a pas vraiment été mise à l’épreuve, car l’inflation était faible.

Aujourd’hui, la situation est différente : pour la première fois, la BCE doit choisir entre maintenir une politique stricte face à l’inflation et assouplir sa politique pour soutenir les économies les plus fragiles de la région.

Effectivement, la Zone euro a connu une stagnation inattendue à la fin de l’année dernière, l’effondrement des gouvernements de ses deux principales économies ayant ébranlé la confiance des entreprises et des consommateurs.

Le produit intérieur brut (PIB) du quatrième trimestre est resté inchangé par rapport aux trois mois précédents, a annoncé Eurostat, ce qui contredit les estimations des analystes qui estimaient que le bloc des 20 pays avait enregistré une croissance de 0,1%. La production a reculé de 0,2% en Allemagne et de 0,1% en France.

Sur l’ensemble de l’année 2024, le PIB de la zone euro a augmenté de 0,7%, indique Eurostat.

Par ailleurs, Christine Lagarde, a prévenu que l’économie était « appelée à rester faible à court terme », ajoutant que les enquêtes indiquaient une contraction continue de l’industrie manufacturière, même si les services progressaient.

« La confiance des consommateurs est fragile », a-t-elle déclaré. Elle a fait valoir que les risques économiques étaient « orientés à la baisse », dans la mesure où de plus grandes frictions dans le commerce mondial pourraient peser sur l’économie de la zone euro, tandis qu’une baisse de confiance pourrait freiner l’investissement et la consommation.

En tant qu’investisseurs, il ne sert à rien de débattre de la pertinence de cette décision ; il vaut mieux se concentrer sur les implications de ce changement de cadre pour les marchés.

C’est une nouvelle variante d’une politique « trop accommodante », similaire à celle de la Fed avant son revirement. Les conséquences sont assez évidentes : cela favorise les actions et l’or (en monnaie locale) par rapport aux obligations, et affaiblit l’euro par rapport aux économies plus solides comme les États-Unis et le Royaume-Uni, avec un marché qui commence déjà à intégrer ce changement de paradigme.

En plus de cela, l’incertitude liée à la politique commerciale américaine a commencé à monter, mais elle reste très contenue, si on la compare à la période de 2018-2019. Rappelons que les exportations européennes vers les Etats-Unis représentent 3,1% du PIB de la zone euro.

L’effet direct d’une hausse de 10% des droits de douane serait de l’ordre d’environ 0,1/0,2 pt de produit intérieur brut selon les analystes. En termes de croissance économique, les pays européens les plus touchés seraient ceux dont les exportations vers les Etats-Unis en % du PIB sont les plus élevées (Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Suède). La France et l’Espagne seraient quant à elles peu touchées par des droits de douane uniformes.

Ensuite, il faut tenir compte des facteurs négatifs indirects en termes de croissance : la hausse des taux longs, la baisse de l’euro et les mesures de rétorsion prises par les Européens à l’égard des Américains.

Qui plus est, certains facteurs pourraient justement faire de nouveau augmenter l’inflation en zone euro et alors pourrait ralentir le rythme de baisse des taux de la BCE. En effet, la baisse de l’euro renchérit quant à elle les importations (notamment de matières premières) et a donc un effet potentiellement inflationniste qui pourrait limiter la détente monétaire de la BCE.

De plus, les mesures de rétorsion que prendraient les Européens en cas de hausse des droits de douane US se traduiraient également par un peu plus d’inflation en zone euro. Cela viendrait aussi compliquer le travail de la BCE. Si on imagine une hausse de 10% des droits de douane européens sur les importations en provenance des Etats-Unis (2,2% du PIB), l’impact sur l’inflation de la Zone euro pourrait être haussier d’environ 0,3% selon les analystes.

Lagarde a déclaré qu’étant donné que les décideurs politiques sont confrontés à une « incertitude importante et probablement croissante », il n’était pas possible de donner des orientations prospectives fermes. Elle a ajouté que le conseil des gouverneurs n’a eu aucune discussion « sur le moment où nous devons arrêter la réduction des taux d’intérêt» lors de sa réunion de jeudi.

« Nous connaissons la direction à prendre, c’est la direction que nous allons prendre », a-t-elle déclaré, affirmant que la séquence, le rythme et l’ampleur des nouvelles réductions seraient déterminés par les données.

Elle a fait valoir que les récentes augmentations des coûts d’emprunt à long terme des gouvernements de la zone euro étaient en partie dues aux mouvements du marché aux États-Unis, mais a insisté sur le fait que les réductions de la BCE auraient toujours un effet sur l’économie de la zone euro.

De fait, malgré ces baisses, le rendement des obligations allemandes à 10 ans, référence de la zone euro, a augmenté de près d’un demi-point de pourcentage par rapport à son plus bas de décembre pour atteindre 2,52 % actuellement.

En tout cas, jeudi, la BCE a réitéré que « l’atténuation progressive des effets de la politique monétaire restrictive devrait soutenir une reprise de la demande au fil du temps », soulignant une augmentation des revenus réels et une baisse des coûts d’emprunt. « Il y a une reprise… Nous n’avons jamais parlé de stagflation », a déclaré Mme Lagarde, notant que la croissance de l’année dernière avait été le double de celle de 2023 et que le marché du travail était solide.

La BCE ne prévoit toutefois qu’une légère accélération de la croissance, de 0,7 % pour l’ensemble de l’année dernière à 1,1 % cette année.

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Une baisse des taux hawkish par la FED

La Réserve fédérale a réduit ses taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage, mais a annoncé un rythme d’assouplissement plus lent l’année prochaine, propulsant le dollar à son plus haut niveau depuis deux ans et déclenchant une liquidation des actions américaines et internationales.

Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a voté mercredi une réduction du taux directeur à une fourchette de 4,25-4,5%, soit la troisième baisse consécutive. Les projections des responsables concernant les taux d’intérêt en 2025 laissent entrevoir moins de baisses que prévu, ce qui souligne leur inquiétude face à une inflation persistante.

Signe de ces inquiétudes, les responsables politiques ont également revu à la hausse leurs estimations d’inflation pour l’année prochaine.

Réaction des marchés :

La volatilité sur les actions de Wall Street a fortement augmenté avec le VIX qui a grimpé de plus de 50% dans la soirée.

Cela a mécaniquement engendré une forte chute des indices américains. De fait l’indice S&P 500 ayant chuté de près de 3 % et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, de 3,6 %.

Les actions des petites sociétés cotées en bourse, considérées comme particulièrement sensibles aux fluctuations de l’économie américaine, ont subi un coup dur, faisant chuter le Russell 2000 de 4,4 %.

Les marchés boursiers européens et asiatiques ont chuté jeudi, les indices de référence de la Corée du Sud et de Taïwan ayant respectivement chuté de 1,8% et 1,6%. L’indice de référence européen Stoxx 600 était en baisse de 1,3% et le FTSE 100 de 1,2% dans les premiers échanges.

Ensuite, les obligations d’État américaines ont également vu leur prix chuter, le rendement des bons du Trésor à deux ans, sensible à la politique monétaire, augmentant de 0,11 point de pourcentage à 4,35 %, tandis que le 10 ans américain est passé de 4,385% à 4,522%.

« Il s’agit d’une baisse agressive de la Fed », a déclaré Priya Misra, gérante de portefeuille chez JP Morgan Asset Management. Les prévisions de la Fed montrent que les responsables prévoient désormais deux baisses d’un quart de point de pourcentage l’année prochaine, tandis que les traders de swaps en anticipent encore moins.

Les prévisions trimestrielles révisées pour le taux des fonds fédéraux affichaient des médianes de 3,875 % pour fin 2025 et de 3,375 % pour fin 2026. Chacune d’entre elles était supérieure de 50 points de base aux médianes de septembre. L’estimation médiane actualisée des décideurs politiques du taux neutre à long terme, un niveau théorique qui ne stimule ni ne restreint l’économie – a été augmentée de 2,90 % à 3 %.

Les projections économiques révisées des responsables de la Fed anticipent une croissance économique plus rapide qu’en septembre, un chômage plus faible et une inflation plus élevée.

Les investisseurs obligataires sont également conscients du potentiel des politiques fiscales prônées par le président élu Donald Trump, qui prendra ses fonctions le mois prochain, à alimenter à la fois la croissance et l’inflation.

La dispersion des prévisions pour le taux à long terme souligne vraiment à quel point il n’y a pas de consensus sur la position réelle du taux neutre. Tout ce sur quoi la plupart s’accordent, c’est qu’il est plus élevé qu’il ne l’était avant Covid.

Les économistes attribuent cette situation à un certain nombre de raisons, dont l’alourdissement de la dette fédérale. L’écart entre la projection de taux à long terme la plus basse et la plus élevée est de 1,5 point de pourcentage ! Il passe de 2,4 % à 3,9 %.

Le dollar a bondi de 1,2 % par rapport à un panier de six devises pour atteindre son plus haut niveau depuis novembre 2022. La monnaie américaine a augmenté depuis la victoire électorale de Donald Trump le mois dernier, en raison des attentes selon lesquelles les tarifs douaniers provoqueraient une nouvelle poussée d’inflation, mais la décision de la Fed de mercredi « met de l’huile sur le feu », a déclaré Mike Pugliese, économiste senior chez Wells Fargo.

Le fait que le dollar américain et les rendements des bons du Trésor américain aient augmenté aussi brusquement, suggère que le marché a été surpris de voir la Fed aligner aussi rapidement ses prévisions sur celles du marché pour l’année prochaine. Les marchés s’attendaient peut-être à ce que la Fed ne retire qu’une seule baisse de taux de ses prévisions pour l’année prochaine, avec une plus grande dispersion dans les projections.

Que s’est-il passé durant le FOMC ?

Alors que la croissance économique progresse à un rythme plus élevé que prévu pour cette partie du cycle et que l’inflation se maintient au-dessus de l’objectif de 2,0 %, la Fed semble plus prudente quant à la nécessité de baisser les taux. Si la baisse des taux n’a pas été une surprise, la Fed a modifié plusieurs fois ses projections économiques, qui ne prévoient que deux baisses de taux d’intérêt de 25 points de base chacune en 2025, alors qu’en septembre, la Fed en prévoyait quatre.

Le Summary of Economic Projections (SEP) a révisé à la hausse ses projections de croissance économique et d’inflation pour 2025 et 2026. La croissance économique progressant à un rythme plus soutenu que prévu pour cette partie du cycle et l’inflation se maintenant obstinément au-dessus de l’objectif de 2,0 %, la Fed semble plus prudente quant à la nécessité de réduire les taux.

Les projections d’inflation sont particulièrement remarquables. Les attentes pour 2025 concernant le déflateur des dépenses de consommation personnelle globales (PCE) ont été révisées à 2,5 % contre 2,1 %, ce qui représente une révision à la hausse significative des perspectives.

De fait, sur le sujet de l’inflation, Powell explique que le ralentissement du rythme des réductions prévu pour 2025 reflète des relevés d’inflation plus élevés et la poursuite attendue d’une inflation plus élevée que celle observée précédemment.

En outre, celui-ci a déclaré que les responsables de la Fed attendraient de nouveaux progrès en matière d’inflation lorsqu’ils envisageraient de nouvelles réductions. Ainsi, Powell a replacé l’attention sur l’inflation qui semblait être délaissée avec une attention portée plutôt sur l’emploi.

Les projections concernant le taux de chômage ont légèrement diminué pour 2024 et 2025, conformément aux projections de croissance actualisées. Bien que le taux de chômage soit resté relativement stable au cours des derniers mois, il est toujours en forte hausse par rapport à l’année dernière, ce qui pourrait expliquer pourquoi la Fed a décidé de réduire ses taux lors de cette réunion. Le maintien du plein emploi fait partie du double mandat de la Fed, donc une tendance à la hausse pourrait suggérer que la politique est toujours stricte.

Par conséquent, maintenant que le curseur est mis aussi bien sur l’emploi que sur l’inflation, les deux métriques vont être plus que jamais scrutées par le marché.

La déclaration accompagnant la décision de la Fed ne contient qu’un seul changement. Elle ajoute une référence à « l’ampleur et au calendrier » des ajustements supplémentaires, suggérant qu’elle pourrait suspendre sa baisse des taux en janvier.

Avec un large éventail de changements de politique monétaire potentiels à l’horizon qui pourraient faire augmenter l’inflation, tels que les droits de douane, les réductions d’impôts et les lois sur l’immigration, la Fed pourrait préférer attendre plus de clarté avant de modifier à nouveau sa politique à court terme.

Olu Sonola, responsable de la recherche économique aux États-Unis chez Fitch Ratings, s’exprime ainsi :

« La Fed reconnaît intrinsèquement la possibilité de politiques gouvernementales inflationnistes en 2025. Cela ne ressemble pas à un saut, mais plutôt à une pause. La croissance est toujours bonne, le marché du travail est toujours sain, mais les tempêtes inflationnistes s’accumulent. Il est clair que la Fed n’est plus aussi sûre de l’orientation de sa politique qu’elle ne l’était il y a trois mois. Nous devons tous nous préparer à une politique monétaire cahoteuse en 2025 ».

Effectivement, concernant le sujet de Trump, la Fed se montre également prudente dans l’attente des mesures effectives qui seront mises en place. Powell a déclaré que ses collègues et lui-même avaient effectué « un travail considérable » sur la manière dont les droits de douane pourraient influer sur l’inflation. « Cela nous met en position, lorsque nous verrons enfin quelles sont les politiques réelles, de procéder à une évaluation plus prudente et réfléchie de ce qui pourrait être la voie politique appropriée. »

Selon lui, ce n’est qu’une fois que les mesures commerciales sont annoncées et peuvent être analysées qu’il convient de réfléchir à leur impact sur l’économie. Il note toutefois que les conditions actuelles sont différentes de celles de 2018, lorsque le personnel de la Fed a analysé les effets potentiels de tarifs douaniers généralisés au cours de la première administration Trump.

Qui plus est, certains craignent que les politiques de la nouvelle administration soient inflationnistes, ce qui pourrait amener la Fed à de nouveau relever ses taux d’ici à la fin 2025, mais il est peut-être un peu trop tôt pour une telle action, car la mise en œuvre de nouvelles politiques prendra beaucoup de temps.

En revanche, une telle action pourrait ne pas se produire tant que nous n’aurons pas obtenu de données supplémentaires.

Bien sûr, le risque de tout cela est un ralentissement plus prononcé de l’activité économique qui amènerait la Fed à réduire davantage ses taux mais les données récentes ne suggèrent certainement pas qu’un tel ralentissement est imminent.

Les 100 points de base de réduction cette année montrent que la Fed a fait beaucoup pour soutenir l’économie, dit Powell, et les décideurs politiques veulent maintenant voir des progrès en matière d’inflation avant de réduire davantage les taux. « Nous sommes cependant entrés dans une nouvelle phase du processus », a déclaré Powell.

« À partir de maintenant, il convient d’agir avec prudence et d’attendre des progrès en matière d’inflation. »

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Comment la dette américaine peut-elle nous impacter ?

Dans cet article, nous allons aborder un sujet fréquemment évoqué mais souvent mal compris : le plafond de la dette américaine. Nous explorerons l’historique de cette dette, les conséquences d’un dépassement de la limite de dette, ainsi que le rôle de la Réserve fédérale (Fed).

Qu’est-ce que le plafond de la dette américaine ?


Le plafond de la dette publique représente le montant maximum de fonds que le gouvernement fédéral est autorisé à emprunter. Ce plafond a été introduit en 1917 pour faciliter l’émission d’obligations du Trésor américain.

Les États-Unis éprouvent des difficultés à rembourser leurs dettes, les Américains ayant pris l’habitude de vivre au-dessus de leurs moyens en contractant des crédits à la consommation. Après une impasse prolongée à la fin de l’année 2021, le Congrès a accepté de relever le plafond d’emprunt à 31 000 milliards de dollars.

Historique sur la dette américaine

À partir des années 2000, la dette a commencé à augmenter de manière significative sous le mandat de George W. Bush, qui a augmenté les dépenses pour les guerres en Irak et en Afghanistan. La dette publique atteint 68 % du produit intérieur brut (PIB).

Par la suite, la crise des subprimes a davantage aggravé la situation, nécessitant une action décisive pour éviter un effondrement de l’économie et une récession prolongée aux États-Unis.

En réponse à la récession économique, le gouvernement a mis en œuvre un plan de relance complet, comprenant le programme de sauvetage des banques TARP et le plan de relance de 2009.

Cependant, sous l’administration Trump, la dette a continué à augmenter, atteignant 20 200 milliards de dollars, soit 105 % du PIB. Cette situation est due aux réductions d’impôts, à la baisse des recettes publiques et aux dépenses élevées en matière de sécurité sociale et de soins de santé.

Il est évident que l’utilisation des ressources pour faire face à la crise économique mondiale a fait l’objet d’un débat considérable, en particulier à la lumière de l’impact de la pandémie. Le gouvernement américain a mis en œuvre une série de mesures pour stimuler les dépenses, notamment des aides directes, des allocations de chômage et des prêts aux entreprises.

L’encours total de la dette s’élevait à environ 27 700 milliards de dollars, soit 129 % du PIB alors qu’aujourd’hui elle se situe autour de 35.000 milliards.

Les années 2023 et 2024 ont présenté des défis importants à tel point que l’année dernière, le plafond de la dette a de nouveau été relevé pour éviter un défaut de paiement, soulignant la nécessité d’un financement structurel. La dette continue d’augmenter en raison de la hausse des taux d’intérêt, de la charge de la dette et des dépenses de sécurité sociale et de soins de santé.

Voir le niveau de dette en direct:

Que se passera-t-il si les USA atteignent la limite ou la dépasse ?

Il est troublant d’envisager la possibilité de se retrouver dans cette situation. En outre, la dette augmente en fonction des dépenses du budget américain. Si les dépenses dépassent les recettes, cela a pour effet d’augmenter la dette automatiquement.

Chaque crise de la dette s’accompagne d’une peur profonde de l’effondrement économique, ce qui fait chuter les marchés financiers et accroît leur volatilité. La confiance des consommateurs et l’optimisme des petites entreprises diminuent également pendant les crises.

Un tel scénario augmenterait considérablement les paiements d’intérêts du gouvernement, qui, selon les estimations de la Maison Blanche, coûteront l’équivalent de 2,6 % de l’ensemble de l’économie américaine au cours de la prochaine décennie, ce qui pèsera encore plus lourd sur le budget fédéral.

En outre, elle pourrait avoir un effet déstabilisateur sur les marchés obligataires mondiaux, étant donné que les obligations du Trésor américain sont largement considérées comme l’un des investissements les plus sûrs au monde.

La Fed et son rôle clé dans la protection de la dette

La Réserve fédérale serait dans un premier temps chargée de faire face aux conséquences d’un défaut de paiement. La banque centrale dispose d’un manuel pour faire face à un dépassement du plafond de la dette, qui a été présenté lors de conférences téléphoniques et de réunions en 2011 et 2013.

Les options comprenaient le traitement des obligations du Trésor en défaut de paiement de la même manière que les obligations non défaillantes en ce qui concerne les opérations de la Fed qui ont acheté de la dette publique ou l’ont acceptée en tant que collatéral.

Ce serait le cas « tant que le défaut de paiement reflète une impasse politique et non une incapacité sous-jacente des États-Unis à remplir leurs obligations », selon les transcriptions de l’appel.

En outre, la Fed a indiqué qu’elle pourrait apporter son soutien aux fonds communs de placement du marché monétaire, compte tenu de la perturbation importante des marchés de la dette à court terme.


Le plafond de la dette américaine reste un sujet complexe mais crucial, dont les implications dépassent largement les frontières des États-Unis. Comprendre son fonctionnement, son historique et les rôles des différents acteurs, comme la Réserve fédérale, nous permet de mieux appréhender les enjeux économiques mondiaux.

En restant informés, nous pouvons anticiper les répercussions potentielles sur notre propre économie et prendre des décisions financières plus éclairées.

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Le Point sur les Marchés : Semaine du 2 Septembre 2024

Alors que les marchés mondiaux font face à des pressions inflationnistes et à des incertitudes concernant les politiques monétaires, la semaine à venir pourrait s’avérer cruciale pour les investisseurs, avec des annonces clés comme l’Indice des prix à la consommation (CPI) et les décisions de la Banque centrale européenne.

Performance des marchés

Marchés Américains : La première semaine de septembre a vu une volatilité accrue sur les marchés américains, principalement en raison de la publication des données économiques mitigées. Le Dow Jones a perdu 1,1 %, tandis que le S&P 500 a chuté de 1,4 %. L’inquiétude persistante sur l’impact des hausses de taux d’intérêt par la Réserve fédérale (Fed) a dominé les échanges.

Les rendements du Trésor américain à 10 ans ont atteint 4,25 %, reflétant une hausse des anticipations inflationnistes, tandis que les secteurs sensibles aux taux, comme l’immobilier et la technologie, ont subi des pressions. Les investisseurs se sont également concentrés sur la publication de l’Indice des prix à la consommation de la semaine passée, qui a montré une légère hausse des prix en août, renforçant l’idée que l’inflation pourrait ne pas encore être totalement sous contrôle, incitant la Fed à maintenir une politique monétaire stricte.

Marchés Européens : En Europe, les indices boursiers ont également été sous pression, notamment en raison des incertitudes entourant les décisions de la Banque centrale européenne prévues pour le 14 septembre.

Le DAX allemand et le CAC 40 français ont chacun reculé d’environ 0,9 %. L’inflation reste élevée en Europe, avec des pressions persistantes sur les prix de l’énergie. Toutefois, la BCE pourrait envisager une pause dans ses hausses de taux, bien que cela dépende de la santé économique globale de la zone euro.

Les secteurs énergétiques et industriels européens ont particulièrement souffert, exacerbés par la baisse des commandes industrielles en Allemagne et des prévisions pessimistes pour la fin de l’année.

Points clés à venir

13 septembre 2024 : L’événement clé de la semaine sera sans aucun doute la publication de l’Indice des prix à la consommation pour le mois d’août aux États-Unis. Si l’inflation continue d’accélérer, cela pourrait forcer la Fed à envisager une nouvelle hausse des taux en septembre. Les analystes anticipent un chiffre en ligne avec les prévisions à 3,6 % d’inflation annuelle, mais toute surprise à la hausse pourrait provoquer une forte réaction sur les marchés.

14 septembre 2024 : La BCE est également attendue cette semaine. Bien que l’inflation européenne soit toujours une préoccupation majeure, certains membres du conseil semblent favoriser une pause dans les hausses de taux, compte tenu du ralentissement économique en zone euro. Le marché surveillera de près les commentaires de Christine Lagarde, présidente de la BCE, sur la trajectoire de la politique monétaire.

Focus sur l’Action de la Semaine : Tesla Inc.

Tesla sera sous le feu des projecteurs cette semaine après l’annonce de nouvelles baisses de prix de certains de ses modèles pour stimuler la demande. Cette stratégie agressive a soulevé des questions sur les marges bénéficiaires de l’entreprise à court terme, provoquant une volatilité accrue sur le titre. Tesla a clôturé la semaine dernière en baisse de 4,8 %, principalement en raison de ces inquiétudes.

Cependant, avec la montée en puissance de la production dans ses nouvelles usines et le lancement prévu de nouveaux produits, certains analystes voient cela comme une opportunité d’achat à long terme, malgré les défis immédiats. Goldman Sachs reste optimiste avec une cote d’achat pour Tesla, tandis que Morgan Stanley appelle à la prudence en raison des pressions à court terme sur les marges.

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Tout savoir sur la présence et l’influence du secteur bancaire en Belgique !

Chaque année, Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, publie un rapport chiffré sur le paysage bancaire dans notre pays. C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce secteur qui fait sa mue depuis des années !

👉 Voici 5 chiffres-clés à retenir :

  • 85 : C’est le nombre d’établissements bancaires actifs en Belgique en décembre 2019.

Pour rappel, dans les années 80, la Belgique comptait 176 banques (dont 149 étaient belges). De nos jours, le rapport s’est inversé, car sur les 85 banques, 48 sont européennes (ex. BNP, ING, Deutsche Bank, etc.) et 31 sont belges (ex. KBC, Belfius, etc.). Les quatre plus importantes banques du pays, d’un point de vue du total du bilan, se composent de BNP Paribas, KBC, Belfius et ING.

Rappelons que 2019 est également l’année de nouveaux projets comme la création de la banque coopérative NewB ainsi que la fusion entre AXA Banque et Crelan.

  • 4692 : C’est le nombre d’agences bancaires présentes sur le sol belge.

Il y a encore de cela trente ans, les agences bancaires représentaient des lieux « essentiels » au développement d’une ville. Avec près de 12 750 points de vente partout en Belgique, il était presque inconcevable de ne pas trouver un proche de chez soi, la situation étant plutôt l’inverse avec plusieurs agences dans une même rue.

Mais cela, c’était avant deux évènements majeurs qui marqueront le monde bancaire dans les années 2000 :
La crise financière de 2008 et l’avènement des smartphones.

En effet, avec le développement d’applications mobiles, le client a accès à ses informations bancaires depuis n’importe quel endroit, et ce, à n’importe quel moment. Cette révolution numérique sera en partie responsable de la suppression de 40 % des agences bancaires dans notre pays.

  • 291 milliards : C’est le montant total, en euro, sur les comptes d’épargne belges.

À l’instar du nombre de comptes (38 millions en 2019), les montants présents sur ceux-ci aussi augmentent. C’est surtout le cas pour les comptes d’épargne, passant de 94 milliards en 2000 à 291 milliards en 2020. Bien entendu, la crise du Covid19 a forcé les citoyens à épargner ce qu’ils n’ont pu dépenser durant le confinement.

Le montant moyen sur les comptes à vue serait de 13 000 € et de 15 000 € sur les comptes de dépôt.

  • 8 943 milliards : C’est le montant total de monnaie en circulation dans la zone euro.

La monnaie que l’on retrouve dans l’économie peut être de deux types : il peut s’agir de monnaie centrale ou de monnaie scripturale.

La première est créée par la Banque Centrale Européenne à destination, hors mesures exceptionnelles, des banques commerciales. C’est la fameuse « planche à billets » de la BCE.

La seconde est de la monnaie comptable que créent les banques commerciales à destination des clients. La plupart des transactions se faisant électroniquement, il y a beaucoup plus de monnaie scripturale (7 724 milliards €) que de monnaie centrale (1 219 milliards €).

  • 565 milliards d’euros : Il s’agit du montant total des crédits accordés par les banques en 2019.

Les banques ont pour rôle d’aider au développement de l’économie par l’octroi de crédits. Ces derniers sont mis à disposition des acteurs économiques majeurs, comme les ménages, les entreprises et les entités publiques.

Sur les 565 milliards prêtés, 220 milliards l’ont été pour une durée inférieure à un an tandis que 190 milliards le sont pour des crédits hypothécaires.

La crise du Covid19 a poussé les banques à adopter de nouvelles mesures de soutien à la population, comme le report des paiements de crédit. À ce titre, ce sont plus de 12 milliards d’euros qui sont concernés pour les crédits hypothécaires, 157 millions pour les crédits à la consommation et 24 milliards pour les crédits d’entreprises.

Rappelons également que les banques ne peuvent prêter de l’argent de manière illimitée. La réglementation européenne Bâle III impose de respecter, entre autres, un ratio de liquidité et un besoin de fonds propres (10,5 % du montant des actifs).

Nul doute que le contexte économique actuel, marqué par des taux d’intérêt faibles, va accélérer la transformation digitale du secteur bancaire. Cela se traduira par une approche plus « qualitative » de la relation avec les clients et une fermeture progressive des points de vente.

De nombreuses agences reçoivent uniquement sur rendez-vous, sans pour autant bouleverser les habitudes des Belges. Reviendrons-nous à une situation Avant-Covid19 ? Une chose est sûre, c’est que les chiffres publiés par Febelfin en 2020 seront intéressants !

Par Tim KAZKONDU

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L’asymétrie d’information : Quand la confiance et la peur se mélangent !

L’être humain est bien des choses… Il est avant tout un être sociable, qui interagit avec ses semblables et les aide pour ne pas se sentir seul. Il est également un être vivant qui ressent, et parfois succombe, à de nombreuses émotions.

Enfin, c’est un être intelligent qui a compris et exploité le monde qui l’entoure, dans un but précis d’amélioration de sa qualité de vie.

Fin 2019, nous étions très loin d’imaginer que, dans les mois à venir, un petit virus venu de Chine enlèverait de nombreuses vies, forcerait des millions de gens à s’enfermer chez eux, pousserait des gouvernements à prendre des décisions exceptionnelles, mettrait en lumière de larges failles de notre système économique ainsi que bien d’autres points que nous aurions préféré ne jamais connaître.

Dans un climat où les interactions sociales sont réduites, où la peur est renforcée, où les richesses créées s’évaporent, de nombreuses pistes ont été envisagées pour remonter la pente. Parmi celles-ci, il y a celle du crédit.

👉 Le terme « crédit » vient du verbe latin « credere », qui signifie « croire », « confier en prêt », ou « avoir confiance ». La forme de crédit la plus répandue dans nos sociétés est le prêt.

De quoi est composé le crédit ?

L’emprunteur : Il s’agit d’une personne ou une entreprise qui aimerait se lancer dans un projet qui améliorera sa qualité de vie ou celle de son entreprise. Cependant, elle ne possède pas immédiatement des fonds nécessaires à la réalisation de son projet. Pour ce faire, elle part à la recherche d’un financement

  • Le prêteur : il s’agit d’un organisme ou une personne, qui dispose de liquidités à prêter.
  • Les intérêts : Le prêteur cherche à ce que l’opération lui soit aussi bénéfique. Après tout, il prend un risque en mettant à disposition une partie de son capital à quelqu’un dont il ne connaît que peu de choses. Il demandera alors un remboursement avec intérêts pour couvrir ce risque. Cet intérêt prendra en compte la capacité financière de l’emprunteur et les autres crédits en cours.
  1. S’il s’agit d’une entreprise, son bilan comptable sera pris en compte, tout comme la qualité du management en place ou les opportunités de croissance.
  2. S’il s’agit d’un pays, d’autres points seront analysés comme la politique budgétaire, la création de richesse (PIB) ou la solidité de la monnaie locale.

Lorsque l’emprunteur est une personne physique, une banque peut se charger de vérifier la solvabilité de son client. Lorsqu’il s’agit de grandes entreprises ou d’États, les prêteurs s’en remettent aux analyses fournies par les agences de notation (ex. Moody’s, S&P, Fitch)

La durée : Le prêteur aura peut-être besoin de cet argent à l’avenir, il veillera donc à ne pas s’engager sur une très longue période.

Le monde d’aujourd’hui ne serait pas celui que l’on connaît si les prêteurs n’accordaient leur consentement qu’aux personnes « sûres à 100 % » et si les emprunteurs refusaient de payer le prix « du risque pris ». Ce compromis a permis aux sociétés modernes d’évoluer.

👉 C’est lorsque l’emprunteur et le prêteur discutent d’un éventuel prêt que les émotions humaines interviennent. Le premier souhaitant susciter la confiance chez le second apporte des éléments qui démontrent une solidité financière et une gestion « bon père de famille ».

À l’opposé, la crainte d’accorder un crédit à une personne insolvable pousse le prêteur à prendre de nombreuses précautions (comme mettre en hypothèque la maison achetée).

Lorsqu’une des deux parties dispose d’informations que l’autre n’a pas, on parle alors d’asymétrie d’information. Un vendeur pourrait omettre l’existence de vices cachés et un emprunteur pourrait gonfler ses chiffres pour favoriser son dossier.

Dans ces cas, une bataille psychologique s’engage entre la confiance et la peur. Toutes informations objectives et vérifiables permettent à l’un ou l’autre de prendre le dessus. Finalement, l’accord trouvé sera le reflet du sentiment dominant dans la relation.

A-t-on accordé ce prêt à 2% parce que l’on a confiance dans le projet de l’emprunteur ? Ou a-t-on défini que 2% seraient une juste rémunération pour un projet comportant quelques risques ? Tout est dans la formule que l’on utilisera pour définir le deal.

En ces temps compliqués, l’apocalypse économique n’a pu être évitée que parce que l’on a fait appel à l’un des principes fondamentaux de l’être humain, la solidarité. Les banques, centrales ou classiques, ont fourni aux entreprises les liquidités nécessaires pour maintenir leurs activités et les emplois. Les milliards d’euros accordés, en urgence, sous forme de prêt, montre un état d’esprit : nous avons préféré avoir confiance en l’autre, plutôt que d’en avoir peur.

Par Timur Kazkondu

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Pourquoi devions-nous réglementer/réguler les banques ?

L’activité principale de la banque est de gérer l’intermédiation entre les personnes disposant de moyens financiers et celles qui cherchent à se financer pour leur octroyer un crédit. Leurs relations encourent énormément de risques qui génèrent des coûts ce qui a contribuer à la mise en place de normes prudentielles

Il est ainsi primordial de comprendre la raison pour laquelle une banque se doit d’être réglementée et de s’appuyer sur des standards internationaux du Comité de Bâle et en conformité avec la réglementation européenne.

En effet, plusieurs crises financières ayant eu lieu durant le 20e siècle ont montré l’utilité grandissant de la mise en place de mesures permettant d’assurer la sécurité des systèmes bancaires et prévenir de l’éventualité d’une nouvelle faillite de banques systémiques dont les conséquences risquent d’être dévastatrice pour l’économie globalisée.

En réponse aux crises, des réformes financières ont progressivement été mises en place en vue de soumettre les banques à des exigences prudentielles renforcées.

Le secteur bancaire est l’un des plus réglementés au monde en raison du rôle clé que jouent les banques dans le processus d’intermédiation financière. Un système bancaire peut également avoir des défaillances. Ces faiblesses risquent de porter atteinte à la stabilité financière tant à l’échelle nationale qu’internationale.

L’activité bancaire est intrinsèquement un ensemble d’opérations risqués constants et diverses.

Par conséquent, les autorités de contrôle doivent comprendre ces risques et contrôler si les banques mesurent et gèrent bien cela. De ce fait, la réglementation permet d’éviter que de nouvelles crises ne bouleversent l’économie mondiale et la réglementation contribue à protéger les clients des banques, notamment afin d’éviter la perte de leurs dépôts bancaires.

D’ailleurs, Michel Aglietta*, économiste français de renom, énonce que : « Le renforcement de la régulation prudentielle est crucial pour rendre les structures financières plus robustes aux chocs imprévisibles et pour limiter l’aléa moral des banques qui savent que leur rôle spécial dans le service de la monnaie les protège des faillites la plupart du temps ».

En effet, les propositions de Comité de Bâle de renforcer la réglementation des banques ont essentiellement porté sur les ratios prudentiels en fonds propres et sur de nouveaux ratios de liquidité comme nous l’avons explicité plus haut.

Dès lors, il était impératif d’apporter de nouvelles règles permettant de consolider la solidité des systèmes financiers, ce qui reste une préoccupation d’importance pour la communauté internationale.

En résumé, la réglementation bancaire recouvre l’ensemble des normes s’appliquant aux établissements de crédit, banques, sociétés financières. Les objectifs principaux de la réglementation bancaire sont :

  • Assurer la sécurité des placements et des investissements
  • Garantie la transparence ainsi que la traçabilité des opérations
  • Standardiser les normes dans tous les pays

Il est à noter que depuis une quinzaine d’années, c’est à Bruxelles qu les règles bancaires sont réfléchis et étudiées et la crise de 2008 a accentué ce fait-là.

L’article prochain portera sur les réglementations de Bâle … à suivre.

Par Hamza NAQI

SOURCE:

Michel Aglietta : « Réguler la globalisation financière ». Éditions La Découverte, collection Repères, Paris, 1998

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Qu’est-ce que le secteur bancaire et financier ?

C’est seulement depuis le 19 ème siècle que le secteur bancaire a commencé à s’organiser en Europe. A mesure que l’économie progressait, la production était financée via des techniques financières élaborées mises en oeuvre par des institutions.

Après plusieurs dizaines d’années seulement, le système bancaire moderne a connu des améliorations avec les changements politiques, sociaux et économiques causés par la succession des crises et guerres.

Le système bancaire est un ensemble d’institutions et de mécanismes permettant le fonctionnement des banques et est l’un des composant principal du système financier, avec également les sociétés d’assurance ou encore les sociétés de bourse. Ce système financier fait partie intégrale de ce que les économistes appellent les « intermédiaires financiers ».

Parmi ceux-ci, les banques, aussi appelées établissements de crédit, sont les seules à posséder le pouvoir de création monétaire. En effet, chaque fois qu’une banque accorde un crédit, la quantité de monnaie en circulation dans l’économie augmente.

Ainsi, une des fonctions du système bancaire est de collecter l’épargne des agents économiques, ménages ou entreprises, qui possède une capacité de financement pour la distribuer aux agents ayant un besoin de financement qui se verront octroyer un crédit. De ce fait, ce secteur a pour principale activité, la transformation des dépôts à court terme en crédit octroyé à long terme.

Mais il faut également savoir que les banques ont également développée d’autres activités notamment via leur fonds de placement et de pension. Elles font également recours à la titrisation pour refinancer une partie de leurs encours de crédit et ainsi rendre leur bilan plus liquide. 

Voici les grandes catégories qui constituent une Banque:

 – Les activités de la banque de détail : Celle-ci s’adresse à la clientèle des particuliers, des professionnels et des entreprises. C’est un réseau d’agence, comme vous pouvez en voir partout. L’objectif est de collecter l’épargne pour financer l’économie. Elle s’occupe également de la gestion de moyens de paiement.

 – Les activités de la banque de financement et d’investissement (BFI): Les opérations financières comme les introductions en Bourse, les fusions acquisitions des sociétés, les émissions de titres ou de produits financiers et les opérations de vente et de trading sur les marchés constituent les activités spécifiques à la BFI.

En gros, cela représente plusieurs activités dédiées aux entreprises internationales et aux marchés financiers. Ces banques font parties de grands groupes bancaires universels mais elles ont leur organisation et leurs personnels propres. (BNP Paribas, Deutsche Bank, JP Morgan)

 – La gestion d’actifs qui est le segment responsable de la gestion des fonds de la clientèle et qui propose des placements aux investisseurs ou à la clientèle aisée, notamment pour la banque privée.

A noter qu’aujourd’hui plusieurs Fintechs tentent de supplanter les banques classiques en offrant les mêmes services mais de manière numérique et ambitionnent ainsi de prendre leur part de marché.

En effet, le progrès technologique offre des opportunités inattendues et permet de proposer des services différents. La transformation numérique est aujourd’hui une réalité incontournable que ce soit dans le secteur de la banque de détail ou dans celui de la banque de financement et d’investissement (BFI).

Ainsi, les grandes modifications des néo-banques passent par le comportement et les usages des clients mais aussi une restructuration profonde du modèle opérationnel des banques.

D’après un rapport[1] sur les Fintech les plus innovantes publié par KPMG, la Chine était le leader mondial des start-ups de la finance avec 9 Fintech représentées dans le classement total en 2017 et 3 en 2019.

2019 Fintech100: Leading Global fintech innovators (KPMG)

Les Fintech du Top 10 :

  1.           Ant Financial (Chine)
  2.           Grab (Singapour)
  3.           JD Digits (Chine)
  4.           GoJek (Indonésie)
  5.           Paytm (Inde)
  6.           Du Xaoman Financial (Chine)
  7.           Compass (Etats-Unis)
  8.           Ola (Inde)
  9.           Opendoor (Etats-Unis)
  10.          OakNorth (Royaume-Uni)

Il est devenu possible de consulter nos relevés bancaires en ligne, de faire des opérations de tous types ou encore de se voir octroyer un prêt, y compris sur notre mobile, et cela, sans délai. L’accès à l’information devient désormais instantané. Mais, il est également à noter que les équipes informatiques des banques ont de multiples enjeux à maitriser notamment pour rester compétitives. 

Il y a également de nombreuse start-up qui ont l’ambition de révolutionner la manière dont les consommateurs réalisent leurs paiements. Prenons l’exemple du géant américain Paypal, anciennement filiale d’eBay, qui a été l’un des premiers à bouleverser cet écosystème au début des années 2000 en proposant une plateforme de paiement en ligne afin de faciliter les transactions.

  • En effet, le premier enjeu est lié à l’accès aux données depuis n’importe quel périphérique. Il faut donc transformer en profondeur les infrastructures informatiques donc les données doivent avoir la faculté de se convertir sous un format unique et accessible au public. Ces données peuvent également être utilisées afin d’analyser les profils et besoins pour proposer des offres pertinentes au client tout en restant en conformité avec le RGPD, nous y reviendrons.
  • Le deuxième enjeu est lié à la cybersécurité. Les échanges des données, l’évolution rapide des technologies et l’usage des téléphones mobiles par les clients sont les principales inquiétudes des banques concernant la sécurité.
  • Le troisième enjeu est celui de la règlementation imposant aux établissements financiers d’exercer un contrôle permanent sur leurs données. Il leur est également obligé de s’assurer que les fournisseurs de services informatiques n’enferment pas les données.
  • Le dernier aspect à prendre en considération concerne la gestion des données dont la quantité augmente de manière considérable. En effet, l’analyse de ces données permet de d’améliorer l’interaction avec le client mais aussi le temps et la qualité des décisions. 

Par Hamza NAQI


[1]  Rapport international 2019 sur les Fintech les plus innovantes publié par KPMG et H2 Ventures

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Que représentent la Banque Centrale Européenne, la Federal Reserve (FED) et le FMI ?

C’est un fait : chaque pays dépend d’un autre. Mises à part quelques îles qui vivent encore en autarcie, rompant consciemment le contact avec l’extérieur, ce sont les échanges commerciaux qui ont poussé les pays à se côtoyer, le besoin d’échanger étant plus fort que n’importe quel autre.

De nos jours, ces échanges commerciaux sont tellement importants que chaque pays est devenu dépendant d’un autre, même si ce dernier se trouve à l’autre bout du monde. Pour coordonner le tout, il a fallu des règles communes, surtout celles qui définissent les modalités de paiement. Ainsi, des institutions ont vu le jour pour mener une politique monétaire au sein des États, des continents et du monde.

De plus, une économie mondialisée implique qu’une décision prise par un des leaders aura des répercussions sur le reste du globe, surtout si ces leaders sont les États-Unis ou la Chine.

  • Voyons ensemble les principales institutions intéressantes pour l’économie belge:

👉 La Banque Centrale européenne (BCE) est comme son nom l’indique, la principale institution monétaire de l’Union européenne.

Créé le 1er juin 1998, son siège se trouve à Francfort, en Allemagne. Elle travaille en collaboration avec les banques centrales des pays membres de l’UE. Elle fixe la ligne directrice à adopter et laisse les pays définir les modalités d’application sur le territoire. Ses principales missions :

  1. Mener la politique économique et monétaire des pays de la zone euro
  2. Maintenir le pouvoir d’achat de l’euro et la stabilité des prix
  3. Gérer la monnaie unique au sein de l’Union
  4. Fixer des taux d’intérêt, comme celui des prêts aux banques et des dépôts de ces derniers. Nous avons beaucoup entendu parler de la BCE récemment, tant elle a eu à faire pour soutenir l’activité économique. Depuis le fameux « Whatever it takes » de Mario Draghi, jusqu’aux dernières mesures prises par Christine Lagarde (actuelle présidente) pour soutenir l’économie européenne face au Covid-19.

Force est de constater que la BCE sera encore sous les projecteurs pour la reprise après la pandémie.

👉 La FED, ou Federal Reserve, est l’équivalent américain de la BCE. Elle fut créée en 1913 et son président est Jérôme Powell.

Au sein des marchés financiers, les annonces faites par la FED donnent la tendance, et les décisions prises ont un impact direct et significatif sur les salles de marché. Cela se comprend, la vision de l’institution qui contrôle la première économie mondiale ne peut laisser insensible le reste du monde.

👉 Le Fonds Monétaire international (FMI) est une institution à échelle internationale.

Créée en 1944, lors d’une conférence des Nations Unies, elle regroupe aujourd’hui 189 pays. Son champ de vision très large permet de comprendre les conséquences, sur l’économie mondiale, des décisions prises par les banques centrales.

Cette institution est dirigée par la Bulgare Kristalina Gueorguieva, qui succède à la Française Christine Lagarde. Ses objectifs principaux sont :

  1. Veiller à la stabilité du système monétaire international.
  2. Promouvoir la coopération monétaire entre les pays du monde entier
  3. Aider à la croissance économique mondiale
  4. Prêter main-forte aux pays confrontés à des difficultés financières

Par Timur Kazkondu