Taux d’intérêt, Fed et incertitudes politiques au cœur des marchés de change
Après une année 2025 particulièrement difficile, le dollar américain entame 2026 sur une note plus ferme. Le billet vert progresse légèrement en ce début d’année, rebondissant après sa plus forte chute annuelle depuis huit ans, dans un contexte marqué par les anticipations de politique monétaire et les incertitudes politiques aux États-Unis.
2025 : une année noire pour le billet vert
En 2025, l’indice dollar qui mesure la devise américaine face à un panier de grandes monnaies a reculé de 9,4 %, sa pire performance annuelle depuis 2017.
Plusieurs facteurs ont pesé sur la devise américaine :
la réduction de l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et les autres grandes économies,
les inquiétudes autour du déficit budgétaire américain,
le retour des craintes liées à une guerre commerciale mondiale,
et surtout, les doutes concernant l’indépendance de la politique monétaire américaine.
Résultat : l’euro a progressé de 13,5 % en 2025, sa meilleure performance annuelle depuis 2017, tandis que la livre sterling a gagné près de 7,7 % sur la même période.
Début 2026 : un rebond technique, mais fragile
Lors de la première séance de 2026, le dollar s’est apprécié d’environ 0,2 %, profitant de positions plus prudentes des investisseurs en attendant les prochaines données macroéconomiques américaines.
Les marchés restent toutefois peu liquides en ce début d’année, notamment en raison de la fermeture des places asiatiques au Japon et en Chine.
Selon un stratégiste de Danske Bank, l’activité devrait réellement reprendre avec la publication d’un calendrier économique plus dense dès la semaine prochaine.
Les données américaines très attendues
L’attention des investisseurs se concentre désormais sur les chiffres de l’emploi américain, qui seront déterminants pour anticiper la trajectoire des taux directeurs en 2026.
Les marchés intègrent actuellement deux baisses de taux de la Fed cette année, alors que la banque centrale américaine n’en anticipait officiellement qu’une seule, dans un contexte interne de plus en plus divisé.
Les analystes de Goldman Sachs estiment d’ailleurs que les risques sur les taux restent orientés à la baisse, en raison des incertitudes politiques croissantes autour de la banque centrale.
La Fed sous pression politique
Un autre élément clé pour le dollar en 2026 sera la nomination du prochain président de la Réserve fédérale.
Le mandat de Jerome Powell arrivant à échéance en mai, Donald Trump a annoncé qu’il dévoilerait son choix dès ce mois-ci.
Les investisseurs s’attendent à la nomination d’un profil plus accommodant, susceptible de soutenir une politique monétaire plus souple un facteur qui pourrait, à terme, peser à nouveau sur le dollar.
Le yen reste à la traîne
Contrairement à l’euro et à la livre, le yen japonais demeure l’exception parmi les grandes devises. En 2025, il n’a progressé que de moins de 1 % face au dollar et reste proche de ses plus bas niveaux en dix mois.
Malgré deux hausses de taux en 2025, la Banque du Japon a déçu les marchés par son approche jugée trop prudente. Les investisseurs n’anticipent désormais une nouvelle hausse des taux qu’à la fin de 2026, ce qui limite le potentiel de rebond du yen à court terme
Conclusion
Le rebond du dollar en ce début d’année 2026 ressemble davantage à un réajustement technique qu’à un véritable retournement de tendance. La trajectoire du billet vert dépendra largement :
de l’évolution du marché de l’emploi américain,
des décisions de la Fed,
et du climat politique autour de son indépendance.
Dans un environnement où les banques centrales restent sous pression et où les déséquilibres budgétaires persistent, la volatilité sur le marché des devises devrait rester élevée en 2026.
La relation étroite entre les rendements des obligations d’État américaines et le dollar est en train de montrer des signes de faiblesse alors que les investisseurs se délaissent des actifs américains en réponse à la politique volatile du président Donald Trump.
En effet, depuis quelque temps, on constate une forme d’érosion du soft power américain, dans tous les domaines, de la politique étrangère à la coopération multilatérale.
Les coûts d’emprunt du gouvernement et la valeur de la monnaie ont eu tendance à évoluer en parallèle ces dernières années, les rendements plus élevés signalant généralement une économie forte et attirant des flux de capitaux étrangers. Toutefois, les taux longs étaient également remontés à cause des anticipations d’inflation à la hausse et de la hausse de la prime de risque à cause de la situation fiscale américaine qui a continué à se dégrader.
Mais depuis l’annonce des droits de douane de Trump début avril, le rendement à 10 ans est passé de 4,16 % à 4,42 %, tandis que le dollar a perdu 4,7 % face à un panier de devises. Ce mois-ci, la corrélation entre les deux devises est tombée à son plus bas niveau depuis près de trois ans.
De fait, depuis le début de l’année, les rendements ont augmenté parce que la dette américaine est plus risquée, en raison des préoccupations budgétaires, de craintes sur une nouvelle hausse de l’inflation, d’une FED qui garde ses taux directeurs élevés, ainsi que de l’incertitude politique.
En parallèle, le soutien des banques centrales à la dette publique a considérablement diminué. Après une décennie de politiques monétaires ultra-accommodantes marquées par le quantitative easing, elles ont progressivement arrêté leurs achats d’obligations. La FED réduit même activement la taille de son bilan via le “quantitative tightening”.
Alors que les investisseurs réévaluent le risque des capitaux américains, la prime de terme, une composante des rendements des bons du Trésor américain, a atteint son niveau le plus élevé en plus de dix ans.
Elle indique la rémunération supplémentaire que les investisseurs réclament pour la détention d’une obligation à long terme en plus des taux de croissance économique et d’inflation attendus. Son calcul est une tâche complexe, car elle intègre plusieurs facteurs différents, allant du moral des marchés et de la politique monétaire à l’incertitude politique.
En outre, le projet de loi fiscale du président, ainsi que la récente dégradation de la note de crédit des États-Unis par Moody’s, ont mis en lumière la viabilité du déficit pour les investisseurs et ont pesé sur les prix des obligations. En effet, selon les dernières prévisions du FMI, la dette publique des États-Unis devrait atteindre 122 % du PIB en 2025, un niveau jamais observé en temps de paix depuis la fondation du pays, si l’on exclut l’année 2020 marquée par le Covid-19.
Contrairement aux périodes précédentes où un tel niveau d’endettement correspondait à des circonstances exceptionnelles, ce ratio est aujourd’hui atteint dans un contexte de croissance modérée, ce qui le rend d’autant plus préoccupant. L’élévation rapide du service de la dette, liée à la remontée des taux directeurs, ajoute à la pression.
Le déficit budgétaire américain était déjà de 7 % du PIB en 2024. Historiquement, les déficits ont tendance à se réduire lorsque le cycle économique est favorable (croissance, baisse du chômage, hausse des recettes fiscales). Le fait que le déficit reste aussi large, hors récession, souligne un désalignement profond entre les recettes publiques et les dépenses obligatoires.
D’ailleurs, une part croissante du déficit est attribuable au vieillissement de la population, qui accroît mécaniquement les dépenses liées à Social Security (retraites) et Medicare (assurance santé pour les seniors). En parallèle, Medicaid, le programme d’assurance santé pour les plus modestes, a vu ses coûts croître régulièrement depuis son extension sous l’administration Obama en 2010. Ces trois programmes représentent aujourd’hui la majorité des dépenses fédérales primaires, et leur poids continuera d’augmenter sans réforme structurelle.
En outre, la baisse des impôts décidée par la première administration Trump en 2017 a rogné sur les rentrées fiscales, Plus récemment, le resserrement monétaire de la Fed a fait fortement augmenter les dépenses d’intérêt. Cependant, le projet de loi budgétaire de Donald Trump pourrait amplifier considérablement le déficit si elle venait à être adoptée.
Celle-ci inclut notamment : l’extension des baisses d’impôts de 2017 jusqu’en 2028, des allègements ciblés pour les retraités, la non-imposition de certains revenus (tips, heures supp), et des déductions fiscales pour les prêts auto ou la R&D.
À partir de 2029, des coupes sont prévues dans Medicaid et les subventions vertes de l’Inflation Reduction Act. Selon le CBO, cette loi pourrait creuser le déficit de 2 300 milliards de dollars sur dix ans, concentrés sur 2026–2028. Si elle était adoptée dans son intégralité, le déficit budgétaire pourrait atteindre 8 à 9 % du PIB, un niveau jamais observé hors période de récession.
En parallèle, les États-Unis se rapprochent d’une crise de liquidité potentielle liée au plafond de la dette, qui est à nouveau actif depuis début 2025. Le Trésor américain utilise actuellement des mesures exceptionnelles pour continuer à financer l’État, en vidant progressivement son compte auprès de la Fed. Selon les estimations, ce compte pourrait être épuisé autour du mois d’août, date au-delà de laquelle un défaut technique ne peut être exclu si le Congrès ne relève pas le plafond.
Qui plus est, les émissions à long terme du pays devraient monter à 4 900 milliards de dollars, selon S&P, dont les chiffres excluent les bons du Trésor à court terme et d’autres formes d’emprunt public, comme la dette des collectivités locales. En outre, le Trésor devrait faire rouler plus de 8 000 milliards de dollars d’obligations arrivant à échéance pour financer son déficit budgétaire cette année.
Néanmoins, compte tenu des réductions d’impôts prévues par le président Trump et des recettes fiscales qui devraient baisser dans le sillage du ralentissement de l’économie, on s’attend nouvelle détérioration du solde budgétaire.
Les récentes ventes aux enchères de bons du Trésor ont été faibles, tièdes tout au plus, ce qui a envoyé un autre signal d’avertissement aux investisseurs. Si la hausse de l’offre se traduit par des rendements plus élevés, la dynamique de la dette américaine s’aggravera encore.
Selon les estimations du Bureau du budget du Congrès, une augmentation de 0,1 point de pourcentage des rendements chaque année entraînera une hausse cumulée du déficit de 350 milliards de dollars par rapport à sa projection de base pour la période 2026-2035.
Cependant, la volatilité politique engendre justement la chute du dollar qui perd son statut de valeur refuge dans des périodes de forte volatilité. La force du dollar américain tient en partie à son intégrité institutionnelle : l’État de droit, l’indépendance des banques centrales et la prévisibilité de la politique monétaire. Ce sont ces éléments qui font du dollar une monnaie de réserve.
Pendant des décennies, l’exceptionnalisme américain, le rôle unique que le pays joue dans la géopolitique, l’économie et le système financier, lui a permis de repousser les limites de l’orthodoxie économique. Au cours de la dernière décennie, il a pu maintenir un énorme double déficit, budgétaire et courant, permettant à l’économie de tourner à plein régime.
Effectivement, la domination du dollar américain, depuis la Seconde Guerre mondiale, repose sur des bases solides : première économie, premier importateur de biens, premier système financier, première armée au monde. En outre, pendant les 26 premières années de ce système, il a été légalement la monnaie de référence du système monétaire international, la seule dont le prix était arrimé à l’or et par rapport à laquelle toutes les autres parités étaient fixées.
Malgré cette position dominante écrasante, les États-Unis ont généralement préféré exercer leur leadership non pas de manière unilatérale (« L’Amérique seule »), mais au travers d’institutions et d’accords internationaux dont ils ont été les instigateurs (« L’Amérique d’abord ») : les institutions de Bretton Woods, le GATT, les accords du Plaza et ceux du Louvre, le G20, notamment.
Cela signifiait qu’il fallait prendre le temps de travailler avec les pays partenaires pour dégager un consensus autour d’objectifs américains. À chaque crise financière internationale, ces acteurs acceptaient de s’en remettre au leadership américain pour coordonner une solution. Cela a été le cas notamment avec le plan Brady, consécutif à la crise de la dette latino-américaine dans les années 1980, ou les sauvetages réalisés par le FMI après le défaut de la Russie et les crises de la dette asiatique en 1997-98.
Pourtant, les politiques menées aujourd’hui sont d’une toute autre ampleur. Les États-Unis sont passés du statut de source de stabilité mondiale à celui d’épicentre de l’incertitude. Pour n’importe quel pays, la crédibilité est le principal atout. Lorsqu’elle en prend un coup, il est extrêmement difficile de la reconstituer. Il n’est donc pas réaliste de tabler sur une poursuite de la ruée du capital mondial vers ce pays au rythme actuel.
Ainsi, on observe des changements structurels sur plusieurs sujets : tout d’abord, la géopolitique. De fait, dans les années 1970, les principaux détenteurs de réserves de change et la plupart des centres financiers appartenaient au bloc occidental dominé par les États-Unis dans le cadre de la guerre froide. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les États-Unis, eux-mêmes, s’interrogent sur la poursuite des garanties de sécurité qu’ils fournissent à leurs alliés.
Deuxièmement, en termes relatifs, l’ampleur de la domination économique et financière des États-Unis a considérablement diminué. Et s’il n’existe toujours pas d’alternative crédible pour remplacer le dollar, au sens d’une économie combinant tous les attributs du dollar des années 1970, il existe aujourd’hui un certain nombre d’options de diversification qui n’existaient pas à l’époque, en particulier l’euro.
Ensuite, la crédibilité économique. Si, en 1971 comme aujourd’hui, les déséquilibres macroéconomiques qui frappaient les États-Unis leur étaient en grande partie imputables, à l’époque la viabilité de la dette publique (le ratio dette/PIB était de 35 %) ne soulevait aucune inquiétude. Il en était de même de la fiabilité des accords commerciaux signés et du respect de l’État de droit.
Certes, l’indépendance de la Réserve fédérale (Fed) ont été mise à dure épreuve déjà à l’époque, et les rendements réels des bons du Trésor ont été négatifs au cours de la décennie suivante. Mais la leçon a été retenue. D’ailleurs, les attaques du président Trump à l’encontre le président de la Fed, depuis son retour au pouvoir, ont été un motif majeur de préoccupation pour les détenteurs de dette américaine, y compris les détenteurs de réserves de change mais pas seulement.
Enfin, la dépendance. Alors que dans les années 1970, les États-Unis étaient encore des créanciers nets du reste du monde, leur position extérieure nette (NIIP) est aujourd’hui négative à hauteur d’environ 90 % du PIB, soit plus du double qu’il y a dix ans. Cela signifie que les États-Unis dépendent désormais fortement de la proverbiale bonté des étrangers pour financer leur économie. Ces derniers détiennent près de 20 % des actions américaines et 30 % de la dette publique (un record historique et trois fois plus qu’en 1971, respectivement).
De plus, faiblesse du dollar est en partie due au fait que les détenteurs d’actifs libellés en dollars cherchent de plus en plus à couvrir ces investissements, en prenant ainsi une position courte sur le dollar. Plus l’incertitude politique est grande, plus il est probable que les investisseurs augmentent leurs ratios de couverture.
Malgré tout, on ne peut supposer que les États-Unis perdront leur statut de refuge du jour au lendemain. Le processus devrait se dérouler sur une longue période, notamment parce qu’il n’existe actuellement aucun actif qui rivalise avec la liquidité du dollar et des obligations d’État américaines.
La monnaie et les bons du Trésor des États-Unis resteront des investissements incontournables dans les portefeuilles mondiaux. De plus, de nombreuses situations pourraient, à l’avenir, justifier le fait de surpondérer ces deux positions.
Cependant, à moyen et long terme, les investisseurs trouveront plus judicieux de rechercher d’autres options et de diversifier progressivement une partie de leurs portefeuilles au-delà des actifs américains.
Les Bunds allemands et l’or devraient être les principaux bénéficiaires de cette réallocation, mais d’autres actifs, notamment les obligations d’État des marchés émergents en devise locale et le crédit de haute qualité, devraient également profiter de flux entrants.
Il convient de noter que les rendements des obligations d’État allemandes sont restés stables, malgré la panique qui a balayé le marché américain en avril. Les Bunds ont enregistré leur plus forte surperformance relative hebdomadaire par rapport aux bons du Trésor américain depuis 1989, ce qui montre que les investisseurs en obligations d’État sont de plus en plus clairvoyants.
L’or, quant à lui, a atteint un nouveau record à 3 300 dollars l’once. On s’attend à une poursuite de ce rebond, les banques centrales des marchés émergents fléchant une plus grande partie de leurs réserves vers le métal précieux. Les obligations souveraines des marchés émergents en profiteront également, au détriment du marché des bons du Trésor américain. Les pays émergents ont plusieurs arguments à faire valoir : situations budgétaires stables, économies en pleine croissance et capacité à baisser davantage les taux d’intérêt.
Surtout, pour les investisseurs obligataires, les pays émergents sont le seul groupe de pays où l’inflation continue d’étonner à la baisse. La dette publique en devise locale constitue donc, en particulier en Amérique latine, une proposition attrayante. De plus, le creusement des différentiels de croissance en faveur des économies émergentes par rapport aux économies développées devrait profiter au crédit aux entreprises des marchés émergents de haute qualité.
Bien sûr, les politiques de Trump en matière de droits de douane vont certainement évoluer dans les semaines à venir. Pourtant, quel que soit le résultat final des négociations commerciales qui auront lieu, les dommages causés à l’économie et aux actifs américains sont déjà là. Trump a donné aux investisseurs obligataires toutes les raisons de chercher des options alternatives aux bons du Trésor et au dollar. Dès lors, tout retour en arrière est impossible.
Par conséquent, le résultat sera déterminé, en grande partie, par les choix des décideurs politiques américains.
Le rôle du dollar dans le système dépendra de la préservation ou de l’affaiblissement de ses attributs de valeur refuge de la monnaie. Il s’agit de préserver l’indépendance de la Fed, de remettre la dette publique sur une trajectoire viable, de garantir le respect inconditionnel de l’État de droit et de mettre fin fermement à toute spéculation sur la taxation des actifs ou toute coercition, vis-à-vis des pays étrangers, pour le privilège de détenir des dollars comme avoirs de réserve.
Après avoir fait sortir ces génies de leurs bouteilles, le gouvernement américain aura besoin de temps et d’un engagement soutenu pour les y ramener. Réaffirmer, comme l’a fait récemment le Secrétaire au Trésor, que les États-Unis tiennent au statut de réserve du dollar ne sera pas suffisant. En attendant, il est raisonnable de s’attendre à une accélération de la tendance à la diversification d’avant 2025.
Étant donné l’avantage écrasant des marchés de la dette américaine en termes de profondeur et de liquidité, et l’intérêt des détenteurs de réserves à un processus ordonné (pour éviter des pertes de capital importantes et des problèmes de stabilité financière), même cette diversification accélérée sera probablement à peine perceptible à l’œil nu. Néanmoins, des accidents pourraient arriver, et les États-Unis pourraient bien avoir déjà perdu leur privilège exorbitant de se financer à moindre coût dans les périodes de crise.
Le niveau du dollar, quant à lui, sera déterminé principalement par l’appétit des investisseurs mondiaux à détenir des actifs américains et par l’appétit des investisseurs américains à détenir des actifs du reste du monde. Cet appétit reposera, à son tour, sur leurs évaluations respectives des rendements ajustés au risque qu’ils peuvent attendre pour les deux types d’actifs.
Pour l’instant, le monde est moins optimiste quant aux perspectives de croissance à moyen terme des États-Unis et moins pessimiste quant à celles de l’Europe et d’autres régions du monde, en raison de l’orientation récente des politiques menées de part et d’autre.
Si ces politiques persistent, notamment les droits de douane élevés et la grande incertitude politique aux États-Unis, le redoublement d’efforts pour accroitre les échanges commerciaux et les réformes structurelles attendues depuis longtemps dans l’UE et dans le monde entier, nous pourrions n’être qu’au début d’un vaste processus de rééquilibrage des portefeuilles, sur plusieurs années, qui entraînera à la baisse la valeur du dollar.
Mais il s’agit là d’un grand « si » et l’économie américaine conserve de formidables avantages sur ses concurrents, notamment sa taille, sa capacité d’innovation et son leadership dans toutes les technologies de pointe, qui sont essentielles pour augmenter la productivité.
President of the European Central Bank (ECB) Christine Lagarde addresses a press conference following the meeting of the governing council of the ECB in Frankfurt am Main, western Germany, on April 11, 2024. The European Central Bank held interest rates steady again on April 11, 2024 but said slowing inflation could open the door to easing monetary policy, raising hopes of a first cut in June. It was the fifth consecutive time the central bank has frozen borrowing costs, with the key deposit rate sitting at a record high of four percent. (Photo by Kirill KUDRYAVTSEV / AFP)
La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé son principal taux directeur à 2,75 % le jeudi 30 janvier 2025. Il s’agissait de sa cinquième baisse depuis juin dernier (le taux de dépôt culminait alors à 4 %).
Ce nouveau desserrement, voté à l’unanimité du Conseil des Gouverneurs, était largement attendu. Lors de la dernière réunion de politique monétaire, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, avait estimé que les taux directeurs étaient encore en territoire restrictif, autrement dit qu’il freinait l’économie plus qu’il n’était nécessaire. Par la suite, les « minutes » avaient confirmé que ce sentiment était largement partagé parmi les membres du Conseil des Gouverneurs.
Cette fois encore, la politique monétaire a été qualifiée de « restrictive ». Ainsi, pour l’ensemble des « ECB watchers », ces analystes qui suivent la BCE, l’issue de la réunion du 6 mars prochain ne fait donc guère de doute ; le taux de dépôt sera ramené à 2,5 %. Ils en sont d’autant plus convaincus que Christine Lagarde s’est montrée particulièrement confiante sur un retour de l’inflation à sa cible de 2 % dans le courant de l’année.
Dans son discours, peu de changement par rapport à décembre : les risques sur l’inflation et sur la croissance restent équilibrés. En revanche il commence à se dégager au sein des gouverneurs une petite fraction plus hawkish qui, sans remettre en cause le taux d’équilibre autour des 2%, commence à questionner le rythme pour l’atteindre.
En clair, il y aura à nouveau une baisse de taux de 25 bps en mars, mais ensuite c’est moins limpide. Nous commençons à imaginer que les derniers 50 bps pourraient intervenir de manière trimestrielle : une baisse de 25 vers juin, et une dernière au T4 ; alors qu’en décembre 2024, les 2% devaient être atteints en juin 2025.
D’ailleurs, La BCE pourrait cesser de décrire sa politique monétaire comme « restrictive » lors de sa prochaine décision en mars, selon des personnes au fait des débats au sein du Conseil des gouverneurs. Cette réflexion suggère que les responsables politiques ont commencé à se demander quand arrêter de réduire les coûts d’emprunt et s’il faut faire des pauses en cours de route. Officiellement, la BCE a déclaré qu’elle ne s’engagerait pas à l’avance, mais qu’elle prendrait ses décisions au fil des réunions.
Toutefois, pour l’instant, compte tenu de la faiblesse de la croissance dans l’Union Européenne, le risque d’en faire trop est désormais moins important que celui d’opter pour l’immobilisme selon le point de vue des marchés. Comme le résume à chaud Carsten Brzeski chez ING, « malgré une inflation globale un peu plus soutenue, l’atonie de l’économie de la zone euro ainsi que la forte conviction de la BCE que l’inflation reviendra à l’objectif ont motivé la baisse des taux d’intérêt ».
La présidente de la BCE a néanmoins pris toutes les précautions qui s’imposent, refusant de s’engager « à l’avance sur une trajectoire de taux particulière ».
La BCE conserve une « approche s’appuyant sur les données » pour décider « réunion par réunion » de la poursuite des baisses de taux.
En outre, concernant le taux neutre, ces dernières semaines, les différents membres du Conseil des Gouverneurs ont donné des estimations assez contrastées de ce fameux taux neutre : de 2,5 % pour les plus « faucons » à 1,75 % pour les plus colombes. Mais les débats ne porteront pas seulement sur le niveau, préviennent les économistes d’Aurel BGC.
« La BCE devra se demander si elle doit adopter en 2025, une politique monétaire accommodante avec des taux directeurs sous ce taux neutre », soulignent-ils. Ce jeudi, Christine Lagarde a indiqué qu’il n’était pas encore possible de dire si un passage en territoire « accommodant » serait justifié.
De fait, depuis le mois de juin, la BCE semble être confiante que le combat contre l’inflation est en grande partie gagné et se concentre de plus en plus sur les risques concernant la croissance de la Zone euro, en particulier dans le cas de l’Allemagne, pays en crise.
Pourtant, la Zone euro est confrontée à un problème d’inflation persistante, avec l’inflation globale reste supérieure à leur mandat et l’inflation de base encore plus.
Le problème pour la Zone euro est que l’inflation des services reste rigide, se stabilisant assez nettement autour de 4 %. Étant donné que les services représentent la grande majorité de l’activité et de la demande économique, il s’agit de la principale inflation que l’on observe dans l’économie.
Le moteur de l’inflation élevée des services est assez clair : une croissance élevée des salaires nominaux dans une économie où la productivité stagne. La croissance des salaires avoisine les 4 %, tout comme l’inflation des services.
L’inflation persistante dans les services a été masquée l’année dernière par la chute des prix de l’énergie, qui a suffisamment freiné l’inflation globale pour justifier des réductions. Cette tendance est clairement en train de s’inverser, ce qui devrait inciter la BCE à se demander si l’inflation est en train de s’améliorer.
Les conditions météorologiques jouent évidemment un rôle dans ce processus, mais il est à noter que les stocks de gaz sont en bien moins bonne voie pour démarrer l’année que ces deux dernières années, ce qui constitue une raison importante de faire pression sur les prix pour qu’ils évoluent à la hausse.
Si la BCE se basait principalement sur les chiffres de l’inflation, il n’y aurait aucune justification pour des baisses de taux à ce stade : l’inflation globale, l’inflation sous-jacente et celle des services sont toutes au-dessus du mandat, la croissance des salaires nominaux reste élevée en raison des tensions sur le marché du travail, et les prix de l’énergie augmentent clairement.
Et pourtant, elle continue à baisser ses taux. De fait, il semble que, dans l’esprit de la BCE, tout tourne autour du taux neutre. Pour comprendre cela, imaginez que les taux soient actuellement à 2 %. Est-ce que la BCE les baisserait ? Il serait très peu probable car elle ne veut pas encore adopter une politique stimulante.
La seule raison pour laquelle elle réduit les taux aujourd’hui, c’est parce qu’elle considère encore sa politique comme restrictive, et qu’elle estime que cela n’est plus nécessaire. C’est pour cette raison qu’elle continue à baisser ses taux.
Qui plus est, ces baisses de taux sont aussi une réponse proactive aux inquiétudes liées au ralentissement de la croissance dans la région. Tout cela revient à l’Allemagne, qui est le maillon faible parmi les grandes économies ces dernières années.
Certes, une telle faiblesse justifierait un assouplissement monétaire, mais la BCE est censée gérer l’ensemble de la zone euro, et non seulement l’Allemagne.
Le fait que la BCE privilégie le maillon le plus faible du bloc plutôt que de se concentrer sur l’inflation ne devrait pas être une surprise, cela fait plus de dix ans qu’elle suit cette logique, notamment depuis le sauvetage des pays périphériques après la crise financière de 2008. Mais à l’époque, cette politique n’a pas vraiment été mise à l’épreuve, car l’inflation était faible.
Aujourd’hui, la situation est différente : pour la première fois, la BCE doit choisir entre maintenir une politique stricte face à l’inflation et assouplir sa politique pour soutenir les économies les plus fragiles de la région.
Effectivement, la Zone euro a connu une stagnation inattendue à la fin de l’année dernière, l’effondrement des gouvernements de ses deux principales économies ayant ébranlé la confiance des entreprises et des consommateurs.
Le produit intérieur brut (PIB) du quatrième trimestre est resté inchangé par rapport aux trois mois précédents, a annoncé Eurostat, ce qui contredit les estimations des analystes qui estimaient que le bloc des 20 pays avait enregistré une croissance de 0,1%. La production a reculé de 0,2% en Allemagne et de 0,1% en France.
Sur l’ensemble de l’année 2024, le PIB de la zone euro a augmenté de 0,7%, indique Eurostat.
Par ailleurs, Christine Lagarde, a prévenu que l’économie était « appelée à rester faible à court terme », ajoutant que les enquêtes indiquaient une contraction continue de l’industrie manufacturière, même si les services progressaient.
« La confiance des consommateurs est fragile », a-t-elle déclaré. Elle a fait valoir que les risques économiques étaient « orientés à la baisse », dans la mesure où de plus grandes frictions dans le commerce mondial pourraient peser sur l’économie de la zone euro, tandis qu’une baisse de confiance pourrait freiner l’investissement et la consommation.
En tant qu’investisseurs, il ne sert à rien de débattre de la pertinence de cette décision ; il vaut mieux se concentrer sur les implications de ce changement de cadre pour les marchés.
C’est une nouvelle variante d’une politique « trop accommodante », similaire à celle de la Fed avant son revirement. Les conséquences sont assez évidentes : cela favorise les actions et l’or (en monnaie locale) par rapport aux obligations, et affaiblit l’euro par rapport aux économies plus solides comme les États-Unis et le Royaume-Uni, avec un marché qui commence déjà à intégrer ce changement de paradigme.
En plus de cela, l’incertitude liée à la politique commerciale américaine a commencé à monter, mais elle reste très contenue, si on la compare à la période de 2018-2019. Rappelons que les exportations européennes vers les Etats-Unis représentent 3,1% du PIB de la zone euro.
L’effet direct d’une hausse de 10% des droits de douane serait de l’ordre d’environ 0,1/0,2 pt de produit intérieur brut selon les analystes. En termes de croissance économique, les pays européens les plus touchés seraient ceux dont les exportations vers les Etats-Unis en % du PIB sont les plus élevées (Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Suède). La France et l’Espagne seraient quant à elles peu touchées par des droits de douane uniformes.
Ensuite, il faut tenir compte des facteurs négatifs indirects en termes de croissance : la hausse des taux longs, la baisse de l’euro et les mesures de rétorsion prises par les Européens à l’égard des Américains.
Qui plus est, certains facteurs pourraient justement faire de nouveau augmenter l’inflation en zone euro et alors pourrait ralentir le rythme de baisse des taux de la BCE. En effet, la baisse de l’euro renchérit quant à elle les importations (notamment de matières premières) et a donc un effet potentiellement inflationniste qui pourrait limiter la détente monétaire de la BCE.
De plus, les mesures de rétorsion que prendraient les Européens en cas de hausse des droits de douane US se traduiraient également par un peu plus d’inflation en zone euro. Cela viendrait aussi compliquer le travail de la BCE. Si on imagine une hausse de 10% des droits de douane européens sur les importations en provenance des Etats-Unis (2,2% du PIB), l’impact sur l’inflation de la Zone euro pourrait être haussier d’environ 0,3% selon les analystes.
Lagarde a déclaré qu’étant donné que les décideurs politiques sont confrontés à une « incertitude importante et probablement croissante », il n’était pas possible de donner des orientations prospectives fermes. Elle a ajouté que le conseil des gouverneurs n’a eu aucune discussion « sur le moment où nous devons arrêter la réduction des taux d’intérêt» lors de sa réunion de jeudi.
« Nous connaissons la direction à prendre, c’est la direction que nous allons prendre », a-t-elle déclaré, affirmant que la séquence, le rythme et l’ampleur des nouvelles réductions seraient déterminés par les données.
Elle a fait valoir que les récentes augmentations des coûts d’emprunt à long terme des gouvernements de la zone euro étaient en partie dues aux mouvements du marché aux États-Unis, mais a insisté sur le fait que les réductions de la BCE auraient toujours un effet sur l’économie de la zone euro.
De fait, malgré ces baisses, le rendement des obligations allemandes à 10 ans, référence de la zone euro, a augmenté de près d’un demi-point de pourcentage par rapport à son plus bas de décembre pour atteindre 2,52 % actuellement.
En tout cas, jeudi, la BCE a réitéré que « l’atténuation progressive des effets de la politique monétaire restrictive devrait soutenir une reprise de la demande au fil du temps », soulignant une augmentation des revenus réels et une baisse des coûts d’emprunt. « Il y a une reprise… Nous n’avons jamais parlé de stagflation », a déclaré Mme Lagarde, notant que la croissance de l’année dernière avait été le double de celle de 2023 et que le marché du travail était solide.
La BCE ne prévoit toutefois qu’une légère accélération de la croissance, de 0,7 % pour l’ensemble de l’année dernière à 1,1 % cette année.
La Réserve fédérale a réduit ses taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage, mais a annoncé un rythme d’assouplissement plus lent l’année prochaine, propulsant le dollar à son plus haut niveau depuis deux ans et déclenchant une liquidation des actions américaines et internationales.
Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a voté mercredi une réduction du taux directeur à une fourchette de 4,25-4,5%, soit la troisième baisse consécutive. Les projections des responsables concernant les taux d’intérêt en 2025 laissent entrevoir moins de baisses que prévu, ce qui souligne leur inquiétude face à une inflation persistante.
Signe de ces inquiétudes, les responsables politiques ont également revu à la hausse leurs estimations d’inflation pour l’année prochaine.
Réaction des marchés :
La volatilité sur les actions de Wall Street a fortement augmenté avec le VIX qui a grimpé de plus de 50% dans la soirée.
Cela a mécaniquement engendré une forte chute des indices américains. De fait l’indice S&P 500 ayant chuté de près de 3 % et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, de 3,6 %.
Les actions des petites sociétés cotées en bourse, considérées comme particulièrement sensibles aux fluctuations de l’économie américaine, ont subi un coup dur, faisant chuter le Russell 2000 de 4,4 %.
Les marchés boursiers européens et asiatiques ont chuté jeudi, les indices de référence de la Corée du Sud et de Taïwan ayant respectivement chuté de 1,8% et 1,6%. L’indice de référence européen Stoxx 600 était en baisse de 1,3% et le FTSE 100 de 1,2% dans les premiers échanges.
Ensuite, les obligations d’État américaines ont également vu leur prix chuter, le rendement des bons du Trésor à deux ans, sensible à la politique monétaire, augmentant de 0,11 point de pourcentage à 4,35 %, tandis que le 10 ans américain est passé de 4,385% à 4,522%.
« Il s’agit d’une baisse agressive de la Fed », a déclaré Priya Misra, gérante de portefeuille chez JP Morgan Asset Management. Les prévisions de la Fed montrent que les responsables prévoient désormais deux baisses d’un quart de point de pourcentage l’année prochaine, tandis que les traders de swaps en anticipent encore moins.
Les prévisions trimestrielles révisées pour le taux des fonds fédéraux affichaient des médianes de 3,875 % pour fin 2025 et de 3,375 % pour fin 2026. Chacune d’entre elles était supérieure de 50 points de base aux médianes de septembre. L’estimation médiane actualisée des décideurs politiques du taux neutre à long terme, un niveau théorique qui ne stimule ni ne restreint l’économie – a été augmentée de 2,90 % à 3 %.
Les projections économiques révisées des responsables de la Fed anticipent une croissance économique plus rapide qu’en septembre, un chômage plus faible et une inflation plus élevée.
Les investisseurs obligataires sont également conscients du potentiel des politiques fiscales prônées par le président élu Donald Trump, qui prendra ses fonctions le mois prochain, à alimenter à la fois la croissance et l’inflation.
La dispersion des prévisions pour le taux à long terme souligne vraiment à quel point il n’y a pas de consensus sur la position réelle du taux neutre. Tout ce sur quoi la plupart s’accordent, c’est qu’il est plus élevé qu’il ne l’était avant Covid.
Les économistes attribuent cette situation à un certain nombre de raisons, dont l’alourdissement de la dette fédérale. L’écart entre la projection de taux à long terme la plus basse et la plus élevée est de 1,5 point de pourcentage ! Il passe de 2,4 % à 3,9 %.
Le dollar a bondi de 1,2 % par rapport à un panier de six devises pour atteindre son plus haut niveau depuis novembre 2022. La monnaie américaine a augmenté depuis la victoire électorale de Donald Trump le mois dernier, en raison des attentes selon lesquelles les tarifs douaniers provoqueraient une nouvelle poussée d’inflation, mais la décision de la Fed de mercredi « met de l’huile sur le feu », a déclaré Mike Pugliese, économiste senior chez Wells Fargo.
Le fait que le dollar américain et les rendements des bons du Trésor américain aient augmenté aussi brusquement, suggère que le marché a été surpris de voir la Fed aligner aussi rapidement ses prévisions sur celles du marché pour l’année prochaine. Les marchés s’attendaient peut-être à ce que la Fed ne retire qu’une seule baisse de taux de ses prévisions pour l’année prochaine, avec une plus grande dispersion dans les projections.
Que s’est-il passé durant le FOMC ?
Alors que la croissance économique progresse à un rythme plus élevé que prévu pour cette partie du cycle et que l’inflation se maintient au-dessus de l’objectif de 2,0 %, la Fed semble plus prudente quant à la nécessité de baisser les taux. Si la baisse des taux n’a pas été une surprise, la Fed a modifié plusieurs fois ses projections économiques, qui ne prévoient que deux baisses de taux d’intérêt de 25 points de base chacune en 2025, alors qu’en septembre, la Fed en prévoyait quatre.
Le Summary of Economic Projections (SEP) a révisé à la hausse ses projections de croissance économique et d’inflation pour 2025 et 2026. La croissance économique progressant à un rythme plus soutenu que prévu pour cette partie du cycle et l’inflation se maintenant obstinément au-dessus de l’objectif de 2,0 %, la Fed semble plus prudente quant à la nécessité de réduire les taux.
Les projections d’inflation sont particulièrement remarquables. Les attentes pour 2025 concernant le déflateur des dépenses de consommation personnelle globales (PCE) ont été révisées à 2,5 % contre 2,1 %, ce qui représente une révision à la hausse significative des perspectives.
De fait, sur le sujet de l’inflation, Powell explique que le ralentissement du rythme des réductions prévu pour 2025 reflète des relevés d’inflation plus élevés et la poursuite attendue d’une inflation plus élevée que celle observée précédemment.
En outre, celui-ci a déclaré que les responsables de la Fed attendraient de nouveaux progrès en matière d’inflation lorsqu’ils envisageraient de nouvelles réductions. Ainsi, Powell a replacé l’attention sur l’inflation qui semblait être délaissée avec une attention portée plutôt sur l’emploi.
Les projections concernant le taux de chômage ont légèrement diminué pour 2024 et 2025, conformément aux projections de croissance actualisées. Bien que le taux de chômage soit resté relativement stable au cours des derniers mois, il est toujours en forte hausse par rapport à l’année dernière, ce qui pourrait expliquer pourquoi la Fed a décidé de réduire ses taux lors de cette réunion. Le maintien du plein emploi fait partie du double mandat de la Fed, donc une tendance à la hausse pourrait suggérer que la politique est toujours stricte.
Par conséquent, maintenant que le curseur est mis aussi bien sur l’emploi que sur l’inflation, les deux métriques vont être plus que jamais scrutées par le marché.
La déclaration accompagnant la décision de la Fed ne contient qu’un seul changement. Elle ajoute une référence à « l’ampleur et au calendrier » des ajustements supplémentaires, suggérant qu’elle pourrait suspendre sa baisse des taux en janvier.
Avec un large éventail de changements de politique monétaire potentiels à l’horizon qui pourraient faire augmenter l’inflation, tels que les droits de douane, les réductions d’impôts et les lois sur l’immigration, la Fed pourrait préférer attendre plus de clarté avant de modifier à nouveau sa politique à court terme.
Olu Sonola, responsable de la recherche économique aux États-Unis chez Fitch Ratings, s’exprime ainsi :
« La Fed reconnaît intrinsèquement la possibilité de politiques gouvernementales inflationnistes en 2025. Cela ne ressemble pas à un saut, mais plutôt à une pause. La croissance est toujours bonne, le marché du travail est toujours sain, mais les tempêtes inflationnistes s’accumulent. Il est clair que la Fed n’est plus aussi sûre de l’orientation de sa politique qu’elle ne l’était il y a trois mois. Nous devons tous nous préparer à une politique monétaire cahoteuse en 2025 ».
Effectivement, concernant le sujet de Trump, la Fed se montre également prudente dans l’attente des mesures effectives qui seront mises en place. Powell a déclaré que ses collègues et lui-même avaient effectué « un travail considérable » sur la manière dont les droits de douane pourraient influer sur l’inflation. « Cela nous met en position, lorsque nous verrons enfin quelles sont les politiques réelles, de procéder à une évaluation plus prudente et réfléchie de ce qui pourrait être la voie politique appropriée. »
Selon lui, ce n’est qu’une fois que les mesures commerciales sont annoncées et peuvent être analysées qu’il convient de réfléchir à leur impact sur l’économie. Il note toutefois que les conditions actuelles sont différentes de celles de 2018, lorsque le personnel de la Fed a analysé les effets potentiels de tarifs douaniers généralisés au cours de la première administration Trump.
Qui plus est, certains craignent que les politiques de la nouvelle administration soient inflationnistes, ce qui pourrait amener la Fed à de nouveau relever ses taux d’ici à la fin 2025, mais il est peut-être un peu trop tôt pour une telle action, car la mise en œuvre de nouvelles politiques prendra beaucoup de temps.
En revanche, une telle action pourrait ne pas se produire tant que nous n’aurons pas obtenu de données supplémentaires.
Bien sûr, le risque de tout cela est un ralentissement plus prononcé de l’activité économique qui amènerait la Fed à réduire davantage ses taux mais les données récentes ne suggèrent certainement pas qu’un tel ralentissement est imminent.
Les 100 points de base de réduction cette année montrent que la Fed a fait beaucoup pour soutenir l’économie, dit Powell, et les décideurs politiques veulent maintenant voir des progrès en matière d’inflation avant de réduire davantage les taux. « Nous sommes cependant entrés dans une nouvelle phase du processus », a déclaré Powell.
« À partir de maintenant, il convient d’agir avec prudence et d’attendre des progrès en matière d’inflation. »
Lorsqu’il s’agit d’investir en bourse, l’une des questions clés est de savoir si une action est sous-évaluée ou surévaluée. Parmi les nombreux indicateurs utilisés par les investisseurs, le « Multiple de Buffett » est un outil simple mais puissant pour évaluer le marché dans son ensemble et identifier les opportunités d’investissement. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Qu’est-ce que le Multiple de Buffett ?
Le Multiple de Buffett, ou ratio capitalisation boursière sur PIB, est un indicateur précieux pour évaluer la valorisation globale d’un marché. Bien que son utilisation soit principalement macroéconomique, certains investisseurs l’adaptent pour analyser des actions individuelles en comparant la capitalisation boursière d’une entreprise à des indicateurs sectoriels pertinents.
Le Multiple de Buffett, popularisé par Warren Buffett lui-même, se calcule ainsi :
Multiple de Buffett = Capitalisation boursière totale des actions cotées / Produit Intérieur Brut (PIB)
Cet indicateur compare la valeur totale de toutes les actions d’un marché à la taille de l’économie. L’idée est que si la valeur totale du marché dépasse significativement le PIB, le marché est probablement surévalué.
Comment interpréter le Multiple de Buffett ?
< 75 % : Le marché est sous-évalué. C’est potentiellement le moment d’acheter.
Entre 75 % et 90 % : Le marché est correctement évalué.
Entre 90 % et 115 % : Le marché est légèrement surévalué.
> 115 % : Le marché est surévalué, ce qui pourrait indiquer un risque accru de correction.
Bien que le Multiple de Buffett soit conçu pour évaluer un marché entier, certains investisseurs l’utilisent pour analyser des actions individuelles en comparant leur capitalisation boursière à des indicateurs économiques liés à leur secteur, comme les revenus ou les bénéfices prévus.
Par exemple, en 2000, avant l’éclatement de la bulle internet, le Multiple de Buffett atteignait des niveaux historiquement élevés, suggérant une surévaluation du marché. Cette observation a conduit des investisseurs avisés à adopter une approche plus prudente, évitant des pertes substantielles lors de la correction du marché.
De plus, en 2008, lors de la crise financière, le Multiple de Buffett indiquait une sous-évaluation significative du marché. Des investisseurs, y compris Warren Buffett lui-même, ont profité de cette situation pour acquérir des actions à des prix attractifs, ce qui a conduit à des gains substantiels lors de la reprise économique.
Exemple pratique :
Supposons qu’une entreprise ait une capitalisation boursière de 50 milliards d’euros et réalise un chiffre d’affaires annuel de 25 milliards d’euros. Son Multiple de Buffett serait :
Multiple = 50 / 25 = 2
Si ce ratio est supérieur à la moyenne du secteur ou à ses performances passées, l’entreprise peut être considérée comme surévaluée. Inversement, un ratio inférieur pourrait signaler une opportunité d’achat.
Les limites du multiple de Buffett
Bien que cet indicateur soit utile, il présente certaines limites :
Contexte économique : Une forte croissance économique peut justifier un multiple élevé.
Taux d’intérêt : Des taux bas peuvent pousser les valorisations à la hausse sans que le marché soit forcément surévalué.
Nature sectorielle : Certains secteurs (comme la tech) peuvent afficher des ratios élevés par nature.
Le Multiple de Buffett reste un outil précieux pour évaluer les valorisations globales du marché ou d’une action spécifique. S’il ne remplace pas une analyse financière complète, il peut servir de signal d’alerte lorsque les marchés semblent excessivement élevés ou offrent des opportunités d’achat attractives.
A noter : Associez toujours cet indicateur à d’autres critères fondamentaux, tels que le ratio cours/bénéfice (PER), le rendement des dividendes ou la croissance des bénéfices, pour affiner votre stratégie d’investissement.
Un haut responsable de la Réserve fédérale a averti que les progrès de la banque centrale américaine dans la lutte contre l’inflation « pourraient stagner », même s’il a apporté son soutien à une baisse des taux d’intérêt plus tard ce mois-ci. Christopher Waller, gouverneur de la Fed et membre du Comité fédéral de l’open market (FOMC), a déclaré lundi 2 décembre, qu’il soutenait la baisse des taux de la banque centrale lors de sa réunion des 17 et 18 décembre.
Il a déclaré que les coûts d’emprunt toujours élevés freinaient la demande dans le pays, contribuant à atténuer les pressions sur les prix. Cependant, Waller a noté que « si les données que nous recevrons entre aujourd’hui et la prochaine réunion surprennent d’une manière qui suggère que nos prévisions de ralentissement de l’inflation et d’une économie en modération mais toujours solide sont fausses, alors je serai favorable au maintien du taux directeur en décembre ».
Il a ajouté que certains signes indiquaient que les progrès vers un ralentissement de l’inflation vers l’objectif de 2% de la Fed « pourraient être en panne » alors que les décideurs politiques s’efforcent de freiner la croissance des prix dans le vaste secteur des services. L’indice global des prix à la consommation a augmenté à un taux annuel de 2,6% en octobre, selon les données officielles.
En outre, le taux d’inflation annuel des prix à la consommation aux États-Unis, qui exclut des éléments tels que l’alimentation et l’énergie, s’est établi à un sommet de trois mois à 3,3 % en octobre 2024, inchangé par rapport à septembre et conforme aux estimations du marché.
Les prix des services hors services énergétiques, qui sont étroitement surveillés par la Réserve fédérale pour les indicateurs de l’inflation sous-jacente, ont augmenté légèrement plus rapidement (4,8 % contre 4,7 % en septembre), reflétant une inflation toujours élevée dans le secteur du logement lourd (4,9 %, comme en septembre) et des services de transport (8,2 % contre 8,5 %).
De fait, l’inflation des services reste fortement résiliente et est largement au-dessus de l’objectif des 2% de la Fed. En effet, la persistance d’une inflation élevée, est notamment dû à la solidité du secteur des services, où les coûts salariaux et la demande résiliente maintiennent les prix sous pression. De fait, aux États-Unis, le secteur des services est beaucoup plus important et demande davantage de main-d’œuvre (il emploie 114 millions de personnes) que le secteur manufacturier (il emploie 13 millions de personnes).
Les prix des services sont plus rigides et tendent à être davantage influencés par les coûts de la main-d’œuvre, tandis que les prix manufacturiers sont plus volatils, avec un impact plus important des matières premières, des prix de l’énergie et des problèmes de chaîne d’approvisionnement.
De plus, le président de la Fed de New York, John Williams, a reconnu lundi dans des remarques séparées qu’il faudrait « un certain temps » pour que l’objectif d’inflation soit atteint en raison de progrès « inégaux », mais il s’est dit confiant que la banque centrale finirait par atteindre son objectif alors que la désinflation liée au logement se poursuivait et que les attentes d’inflation restaient sous contrôle.
Ainsi, la probabilité implicite d’une baisse des taux en décembre est passée de 66 % à 72,5 % à la suite des remarques des deux responsables de la Fed, selon les données du CME Group basées sur les échanges de contrats à terme sur les fonds fédéraux. Une baisse d’un quart de point en décembre marquerait la troisième réunion consécutive au cours de laquelle la Fed abaisserait ses taux d’intérêt, après avoir lancé le processus en septembre avec une réduction d’un demi-point. Cela ramènerait le taux des fonds fédéraux à une nouvelle fourchette cible de 4,25 à 4,5 %.
Néanmoins pour l’année prochaine, les traders ne voient plus que deux baisses de taux de 25 points de base jusqu’à la dernière réunion de 2025 qui sera le 10 décembre, alors qu’ils voyaient une baisse totale de 200 points de base pour l’année prochaine, en septembre 2024.
Par ailleurs, les responsables de la Fed recevront vendredi une mise à jour importante sur l’état du marché du travail avec le rapport sur les salaires et du taux de chômage de novembre, ainsi que de nouvelles données sur l’inflation la semaine prochaine couvrant les consommateurs et les producteurs. Les décideurs politiques recevront également de nouvelles données sur les ventes au détail – un moteur essentiel de l’économie américaine, le premier jour de la réunion de politique monétaire de deux jours de ce mois.
Qui plus est, ces derniers constatent comme tous les analystes la résilience de l’économie américaine, après avoir craint jusqu’à présent que le marché du travail ne se dirige vers un ralentissement marqué. Ils ont noté dans un compte-rendu détaillé de la réunion de novembre, publié la semaine dernière, qu’il n’y avait « aucun signe de détérioration rapide » sur le marché du travail.
Les perspectives plus optimistes, associées à de nouvelles inquiétudes concernant les pressions persistantes sur les prix qui ont maintenu les chiffres mensuels de l’inflation plus élevés que prévu, ont conduit à un large soutien parmi les responsables de la Fed pour agir « progressivement » alors que la banque centrale réfléchit à la rapidité avec laquelle elle doit ramener sa politique monétaire à un niveau « neutre » qui ne stimule ni ne supprime la demande.
Alors que Waller a déclaré qu’il s’attendait à ce que les baisses de taux « se poursuivent au cours de l’année prochaine », il a également précisé que le rythme de ces baisses ralentirait probablement au fil du temps. Williams a déclaré qu’il s’attendait à ce que les taux d’intérêt se déplacent vers un niveau neutre « au fil du temps ».
En supplément, la politique monétaire pourrait être confrontée à des vents contraires l’année prochaine si le président élu Donald Trump tient ses promesses de campagne de réduire les impôts, de limiter l’immigration et de mettre en place des tarifs douaniers. Les taxes sur les importations, en augmentant les coûts pour les entreprises et les consommateurs, combinées à une potentielle expulsion massive d’immigrants pourraient créer des tensions inflationnistes supplémentaires.
« Depuis la réunion du FOMC de septembre, les données ont généralement surpris à la hausse. En outre, l’élection a entraîné une appréciation des actifs à risque. Indépendamment des mesures mises en place, un changement de parti à la Maison Blanche crée de nouvelles inconnues pour l’économie », a déclaré Michael Feroli, économiste en chef pour les États-Unis chez JP Morgan. « Tous ces facteurs pourraient plaider en faveur d’un rythme plus progressif de baisse des taux d’intérêt. »
D’ailleurs, certains vont même plus loin qu’une baisse progressive. De fait, Matthew Luzzetti, économiste en chef américain de la Deutsche Bank, a déclaré à Bloomberg TV qu’il pensait que la Fed procéderait à une baisse de taux de 25 points de base en décembre, puis ferait une pause pendant toute l’année 2025.
« Premièrement, ce sont les détails de notre économie sous-jacente que nous voyons maintenant », a déclaré Luzzetti. Il a mentionné la résilience continue apparente des consommateurs compte tenu des habitudes de consommation. Les dépenses de consommation personnelle ont augmenté de 0,1 % en juin, de 0,4 % en juillet, de 0,1 % en août, de 0,5 % en septembre et de 0,1 % en octobre, selon les données du Bureau of Economic Analysis (BEA).
Le revenu disponible des consommateurs (après impôts), a augmenté de 0 % en juin, juillet et août, puis de 0,1 % en septembre et de 0,4 % en octobre. En outre, la série régulière d’enquêtes sur la confiance des consommateurs du Conference Board a montré une hausse en novembre après trois mois de baisse.
La croissance du PIB a été de 1,6 % au premier trimestre, de 3,0 % au deuxième et de 2,8 % au troisième trimestre, tous chiffres annualisés corrigés des variations saisonnières fournis par le BEA. Il est difficile de plaider en faveur de baisses de taux d’intérêt comme mesure de stimulation alors que la croissance a été relativement stable.
Mais l’inflation est revenue à un niveau plus élevé que prévu, l’indice des prix PCE, mesure privilégiée par la Réserve fédérale, atteignant 2,3 % en glissement annuel en octobre et 2,8 % pour l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie). Luzzetti a également évoqué un marché du travail « plus résilient et plus stable » que prévu. Globalement, suffisamment de facteurs suggèrent qu’il n’y a pas de nécessité urgente de réduire les taux d’intérêt.
« À cela s’ajoutent les changements de politique que nous attendons : prolongations des réductions d’impôts, peut-être de nouvelles réductions d’impôts, politique tarifaire, qui augmente l’inflation – tout cela conduit à cette dynamique de croissance plus forte, nous pensons, une inflation plus élevée qui reste supérieure à 2,5 %, et un taux directeur neutre [le taux à court terme qui n’encourage ni la croissance ni la réduction de l’économie] qui est proche de 4 %, et celui de la Fed au-dessus de 4 % », ne laissant aucune place à de nouvelles réductions en 2025, a déclaré Luzzetti.
Selon lui, tout cela devrait devenir plus évident lorsque la Fed mettra à jour ses prévisions.
BCE : La Banque centrale européenne a annoncé une baisse de ses taux d’intérêt cette semaine. Cette décision intervient après une longue période de taux élevés destinés à lutter contre l’inflation. Le taux directeur a été réduit de 25 points de base, passant à 3,75 %. Cette mesure vise à stimuler l’activité économique alors que les indicateurs montrent un ralentissement de la croissance en zone euro.
Fed : La Réserve fédérale américaine continue de suivre une politique monétaire restrictive, maintenant les taux dans une fourchette de 5,25 % à 5,5 %. Les marchés anticipent cependant une pause dans les hausses de taux, les indicateurs d’inflation aux États-Unis montrant des signes de stabilisation.
Résultats des entreprises
Technologie : Les résultats trimestriels d’entreprises comme Microsoft et Google ont montré des performances solides, notamment grâce à une augmentation de la demande pour leurs services de cloud. Les actions de Microsoft ont gagné environ 2 % après la publication de ses résultats.
Énergie : TotalEnergies a affiché un chiffre d’affaires en hausse grâce aux prix élevés du pétrole. Les actions ont progressé de 1,26 %, clôturant à 60,16 €. En revanche, certaines entreprises comme L’Oréal ont connu une baisse, liée à des perspectives de ventes plus faibles pour le dernier trimestre.
Matières premières et énergies
Pétrole : Les prix du pétrole brut WTI ont fluctué autour de 70,85 $ le baril, en hausse de 0,65 %. Le Brent a également progressé, atteignant 74,59 $ le baril (+0,50 %). Ces mouvements reflètent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les inquiétudes concernant l’offre de l’OPEP+
Gaz naturel : Les prix ont augmenté de 1,27 %, s’établissant à 2,397 $ par MMBtu, principalement en raison de l’anticipation d’une demande plus élevée pendant la saison hivernale et de perturbations possibles dans l’approvisionnement en Europe.
Les marchés émergents
Monnaies : Le renforcement du dollar a pesé sur les devises des marchés émergents, notamment le peso mexicain et la livre turque, qui ont perdu respectivement 0,5 % et 0,8 % cette semaine. Cela s’explique par la poursuite des politiques monétaires restrictives aux États-Unis, qui attirent les capitaux vers les actifs en dollars.
Marchés boursiers : Les indices boursiers de certains pays émergents, comme le Brésil (Bovespa) et l’Inde (Sensex), ont montré des performances mitigées. Tandis que le Bovespa a gagné 0,4 % cette semaine, le Sensex a reculé de 0,3 %, principalement en raison de la volatilité des matières premières et des inquiétudes sur la croissance mondiale.
Les taux d’intérêt jouent un rôle crucial dans l’économie et influencent fortement les décisions d’investissement. Que vous soyez un investisseur en actions, en obligations, en immobilier ou même en matières premières, comprendre comment les taux d’intérêt affectent vos placements est essentiel pour optimiser vos stratégies et anticiper les mouvements du marché.
Cet article explore l’impact des taux d’intérêt sur différents types d’investissements, explique pourquoi les investisseurs suivent de près les annonces des banques centrales, et offre des conseils pour ajuster votre portefeuille en fonction des évolutions des taux.
Qu’est-ce qu’un taux d’intérêt ?
Le taux d’intérêt est le coût de l’emprunt d’argent, généralement exprimé en pourcentage du montant qu’on désire emprunter. Il est fixé par les banques centrales, comme la Réserve fédérale aux États-Unis ou la Banque centrale européenne en Europe, pour réguler l’économie. Les taux d’intérêt influencent les coûts des emprunts, les rendements des investissements et la valeur des devises.
Pourquoi les investisseurs suivent-ils les annonces des Banques Centrales ?
Les banques centrales jouent un rôle central dans l’économie en contrôlant les taux d’intérêt, qui sont un outil majeur de politique monétaire. Les annonces de taux d’intérêt par les banques centrales sont suivies de près par les investisseurs pour plusieurs raisons :
Impact sur les coûts d’emprunt : Les modifications des taux d’intérêt influencent directement le coût de l’emprunt pour les entreprises et les particuliers. Un taux d’intérêt plus élevé augmente les coûts d’emprunt, ce qui peut réduire les dépenses des entreprises, ralentir la croissance économique et peser sur les bénéfices des entreprises, affectant ainsi les marchés boursiers.
Indicateur de la santé économique : Les décisions des banques centrales sur les taux d’intérêt sont souvent basées sur leur évaluation de l’économie. Par exemple, une hausse des taux peut indiquer que la banque centrale cherche à freiner l’inflation dans une économie en surchauffe, tandis qu’une baisse des taux peut signaler un effort pour stimuler une économie en ralentissement. Les investisseurs interprètent ces décisions pour ajuster leurs stratégies en fonction des perspectives économiques.
Influence sur le marché des obligations : Les taux d’intérêt et les rendements obligataires sont inversement corrélés. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, les prix des obligations existantes baissent, car les nouvelles émissions d’obligations offrent des rendements plus élevés. Cela affecte directement la valeur des portefeuilles obligataires des investisseurs.
Impact sur les devises : Les changements de taux d’intérêt influencent la valeur des devises. Un taux d’intérêt plus élevé dans un pays attire les investisseurs étrangers cherchant à bénéficier de rendements plus élevés, ce qui peut renforcer la devise locale. Cela affecte les entreprises exportatrices et les investissements internationaux.
Réaction des marchés : Les annonces de taux d’intérêt peuvent déclencher des mouvements rapides sur les marchés financiers. Une décision inattendue ou un changement de direction dans la politique monétaire peut provoquer de la volatilité, avec des réactions immédiates des investisseurs qui ajustent leurs positions en fonction des nouvelles informations.
Comment les taux d’intérêt affectent les différents types d’investissements
1. Actions
Les taux d’intérêt affectent les actions de différentes manières. En général, lorsque les taux d’intérêt augmentent, les coûts d’emprunt pour les entreprises augmentent également, ce qui peut réduire leurs bénéfices et donc faire baisser le cours de leurs actions. En revanche, lorsque les taux d’intérêt sont bas, les entreprises peuvent emprunter à moindre coût pour financer leur expansion, ce qui peut stimuler la croissance des actions.
Exemple :Les secteurs comme les technologies ou les services aux consommateurs, qui reposent sur des financements importants pour la croissance, peuvent être plus sensibles aux variations des taux d’intérêt.
2. Obligations
Les obligations ont une relation inverse avec les taux d’intérêt. Lorsque les taux augmentent, la valeur des obligations existantes diminue. Cela s’explique par le fait que les nouvelles obligations émises offriront des rendements plus élevés, rendant les obligations existantes moins attractives. À l’inverse, lorsque les taux d’intérêt baissent, la valeur des obligations augmente.
Exemple :Un investisseur qui détient une obligation avec un taux fixe de 2 % verra la valeur de son obligation diminuer si les nouveaux titres sont émis à un taux de 3 %.
3. Immobilier
Le marché immobilier est également influencé par les taux d’intérêt. Des taux bas rendent les prêts hypothécaires plus abordables, ce qui peut stimuler la demande pour l’immobilier et faire monter les prix. En revanche, des taux d’intérêt élevés rendent les emprunts plus coûteux, ce qui peut freiner la demande et stabiliser, voire faire baisser les prix de l’immobilier.
Exemple :Un taux d’intérêt bas pourrait encourager davantage de personnes à acheter une maison, augmentant ainsi les prix de l’immobilier dans les zones populaires.
4. Matières Premières
Les taux d’intérêt influencent les matières premières de manière plus indirecte. Par exemple, un taux d’intérêt élevé peut renforcer une devise, rendant les matières premières, souvent libellées en dollars, plus chères pour les acheteurs étrangers. Cela peut réduire la demande et faire baisser les prix.
Exemple :Si le dollar américain se renforce en raison d’une hausse des taux d’intérêt, les matières premières comme l’or ou le pétrole peuvent voir leur prix diminuer sur le marché mondial.
Conclusion
Les taux d’intérêt ont un impact profond sur tous les types d’investissements. Que vous soyez investi en actions, obligations, immobilier ou matières premières, il est crucial de comprendre comment les fluctuations des taux peuvent affecter vos rendements. En ajustant votre portefeuille en fonction des cycles de taux d’intérêt, vous pouvez non seulement protéger vos actifs, mais aussi profiter des opportunités offertes par les changements économiques.
Investir intelligemment signifie être attentif aux tendances macroéconomiques, dont les taux d’intérêt font partie intégrante. Gardez ces principes à l’esprit pour prendre des décisions éclairées et optimiser vos investissements.
Disclaimer :Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements en ETF et autres produits financiers comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.
Dans cet article, nous allons explorer les divers types d’ETF (Exchange-Traded Funds) disponibles sur le marché. Que vous soyez un investisseur débutant ou chevronné, comprendre les différentes catégories d’ETF peut vous aider à diversifier votre portefeuille et à atteindre vos objectifs financiers.
Pour rappel, un ETF ou fonds négocié en bourse, est un panier d’actifs qui se négocie en bourse comme une action. Les ETF offrent une diversification instantanée, des frais réduits et une grande flexibilité, ce qui en fait un choix populaire parmi les investisseurs, mais il en existe une multitude que nous allons vous présenter !
ETF Actions: Les ETF actions sont les plus courants et suivent la performance d’un indice boursier. Voici quelques sous-catégories :
ETF Indice : Ces ETF reproduisent les performances d’indices majeurs comme le S&P 500, le CAC 40 ou le FTSE 100.
ETF Sectoriels : Ils se concentrent sur des secteurs spécifiques comme la technologie, la santé ou l’énergie.
ETF Pays/Régions : Ces ETF ciblent des marchés géographiques particuliers, comme les marchés émergents ou les marchés développés d’une région spécifique.
ETF Obligations: Les ETF obligations investissent dans des portefeuilles d’obligations, ce qui offre une alternative aux investisseurs qui cherchent des revenus fixes et une diversification du risque.
ETF Obligations d’État : Ils investissent dans des obligations émises par des gouvernements.
ETF Obligations d’Entreprises : Ces ETF se concentrent sur les obligations émises par des entreprises.
ETF Obligations à Haut Rendement : Ils investissent dans des obligations à rendement élevé mais à risque plus élevé.
ETF Commodities (Matières Premières): Les ETF commodities permettent d’investir dans des matières premières sans avoir à les acheter physiquement (pratique non ?).
ETF Métaux Précieux : Ils suivent les performances de métaux précieux comme l’or, l’argent ou le platine.
ETF Énergie : Ces ETF se concentrent sur des matières premières énergétiques telles que le pétrole ou le gaz naturel.
ETF Agricoles : Ils investissent dans des matières premières agricoles comme le blé, le maïs ou le soja.
ETF Thématiques: Les ETF thématiques investissent dans des entreprises liées à une tendance spécifique ou à un thème d’avenir.
ETF Technologies Vertes : Ils se concentrent sur les entreprises qui développent des solutions énergétiques durables.
ETF Santé : Ces ETF investissent dans des entreprises du secteur de la biotechnologie, de la pharmaceutique ou des technologies médicales.
ETF Intelligence Artificielle et Robotique : Ils ciblent les entreprises innovantes dans le domaine de l’IA et de la robotique.
ETF ESG (Environnement, Social et Gouvernance): Les ETF ESG investissent dans des entreprises respectant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.
ETF Bas Carbone : Ils se concentrent sur les entreprises à faible empreinte carbone.
ETF Impact Social : Ces ETF investissent dans des entreprises ayant un impact social positif, comme celles impliquées dans l’éducation ou la santé.
ETF Inverses et à Effet de Levier: Ces ETF sont destinés aux investisseurs avancés cherchant à tirer profit des mouvements de marché à court terme.
ETF Inverses : Ils visent à obtenir des rendements opposés à ceux de l’indice sous-jacent.
ETF à effet de levier : Ces ETF amplifient les rendements de l’indice sous-jacent, que ce soit à la hausse ou à la baisse.
Comment choisir le bon type d’ETF ?
Choisir le bon ETF dépend de vos objectifs d’investissement, de votre tolérance au risque et de votre horizon temporel. Voici quelques étapes pour vous aider à faire le bon choix :
Définir vos objectifs : Que recherchez-vous ? Croissance à long terme, revenus réguliers, diversification géographique ou sectorielle ?
Évaluer votre tolérance au risque : Les ETF actions peuvent offrir des rendements élevés mais avec plus de volatilité, tandis que les ETF obligations sont plus stables mais avec des rendements potentiellement plus faibles.
Considérer les Frais : Comparez les ratios de frais de différents ETF pour vous assurer de maximiser vos rendements nets.
Analyser la performance et la liquidité : Recherchez des ETF avec une bonne performance historique et un volume de transactions élevé pour assurer une bonne liquidité.
Conclusion
Les ETF offrent une variété d’options pour répondre à presque tous les besoins d’investissement. Que vous cherchiez à diversifier votre portefeuille, à vous exposer à des tendances de marché spécifiques ou à investir de manière responsable, il existe probablement un ETF adapté à vos objectifs. Faites vos recherches, évaluez vos options et commencez à investir dans les ETF pour atteindre vos objectifs financiers.
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Disclaimer :Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements en ETF et autres produits financiers comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.