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Le Point sur les Marchés : Semaine du 2 Septembre 2024

Alors que les marchés mondiaux font face à des pressions inflationnistes et à des incertitudes concernant les politiques monétaires, la semaine à venir pourrait s’avérer cruciale pour les investisseurs, avec des annonces clés comme l’Indice des prix à la consommation (CPI) et les décisions de la Banque centrale européenne.

Performance des marchés

Marchés Américains : La première semaine de septembre a vu une volatilité accrue sur les marchés américains, principalement en raison de la publication des données économiques mitigées. Le Dow Jones a perdu 1,1 %, tandis que le S&P 500 a chuté de 1,4 %. L’inquiétude persistante sur l’impact des hausses de taux d’intérêt par la Réserve fédérale (Fed) a dominé les échanges.

Les rendements du Trésor américain à 10 ans ont atteint 4,25 %, reflétant une hausse des anticipations inflationnistes, tandis que les secteurs sensibles aux taux, comme l’immobilier et la technologie, ont subi des pressions. Les investisseurs se sont également concentrés sur la publication de l’Indice des prix à la consommation de la semaine passée, qui a montré une légère hausse des prix en août, renforçant l’idée que l’inflation pourrait ne pas encore être totalement sous contrôle, incitant la Fed à maintenir une politique monétaire stricte.

Marchés Européens : En Europe, les indices boursiers ont également été sous pression, notamment en raison des incertitudes entourant les décisions de la Banque centrale européenne prévues pour le 14 septembre.

Le DAX allemand et le CAC 40 français ont chacun reculé d’environ 0,9 %. L’inflation reste élevée en Europe, avec des pressions persistantes sur les prix de l’énergie. Toutefois, la BCE pourrait envisager une pause dans ses hausses de taux, bien que cela dépende de la santé économique globale de la zone euro.

Les secteurs énergétiques et industriels européens ont particulièrement souffert, exacerbés par la baisse des commandes industrielles en Allemagne et des prévisions pessimistes pour la fin de l’année.

Points clés à venir

13 septembre 2024 : L’événement clé de la semaine sera sans aucun doute la publication de l’Indice des prix à la consommation pour le mois d’août aux États-Unis. Si l’inflation continue d’accélérer, cela pourrait forcer la Fed à envisager une nouvelle hausse des taux en septembre. Les analystes anticipent un chiffre en ligne avec les prévisions à 3,6 % d’inflation annuelle, mais toute surprise à la hausse pourrait provoquer une forte réaction sur les marchés.

14 septembre 2024 : La BCE est également attendue cette semaine. Bien que l’inflation européenne soit toujours une préoccupation majeure, certains membres du conseil semblent favoriser une pause dans les hausses de taux, compte tenu du ralentissement économique en zone euro. Le marché surveillera de près les commentaires de Christine Lagarde, présidente de la BCE, sur la trajectoire de la politique monétaire.

Focus sur l’Action de la Semaine : Tesla Inc.

Tesla sera sous le feu des projecteurs cette semaine après l’annonce de nouvelles baisses de prix de certains de ses modèles pour stimuler la demande. Cette stratégie agressive a soulevé des questions sur les marges bénéficiaires de l’entreprise à court terme, provoquant une volatilité accrue sur le titre. Tesla a clôturé la semaine dernière en baisse de 4,8 %, principalement en raison de ces inquiétudes.

Cependant, avec la montée en puissance de la production dans ses nouvelles usines et le lancement prévu de nouveaux produits, certains analystes voient cela comme une opportunité d’achat à long terme, malgré les défis immédiats. Goldman Sachs reste optimiste avec une cote d’achat pour Tesla, tandis que Morgan Stanley appelle à la prudence en raison des pressions à court terme sur les marges.

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Qu’est-ce que la Capitalisation boursière ou Market Cap ?

La capitalisation boursière est souvent confondue avec la valorisation d’une entreprise mais il y a bien des différences.

La capitalisation boursière d’une entreprise n’est autre que la valeur totale de ses actions en circulation sur le marché. Elle est simplement calculée en multipliant le nombre total des actions en circulation de ladite société par le prix (cours) actuel d’une action.

Ainsi, sachant que le prix d’une action est amené à évoluer quotidiennement sur les marchés du fait de l’offre et de la demande, la capitalisation boursière évolue également de manière corrélée à l’évolution du prix de l’action.

En théorie, la capitalisation boursière correspond à la somme que devrait payer un acquéreur pour obtenir 100 % des parts d’une entreprise. Mais concrètement, les entreprises acquéreuses paient plus cher que le cours du marché pour inciter les actionnaires à lui céder leurs parts et donne une prime de contrôle.

  • Il est à noter que pour diriger une entreprise, il ne suffit pas d’avoir 100% des parts mais bien d’obtenir au moins 50% + 1 part.

Ne pas confondre la capitalisation boursière et la valeur de l’entreprise

La valeur de l’entreprise ne se calcule pas de la même manière. La capitalisation tient compte des capitaux sur le marché alors que pour estimer la valeur d’une société, faut se baser aussi sur ses dettes.

Elle correspond donc à la valorisation fondamentale de l’activité de l’entreprise indépendamment de sa situation de trésorerie. Nous y reviendrons de manière plus poussée dans un autre article.

Par ailleurs, selon Bloomberg, la capitalisation boursière mondiale s’était établie à 100.589 milliards, après avoir dépassé la barre des 90.000 milliards en juin.

Vous l’aurez deviné, ce sont les États-Unis qui hébergent le plus de grandes sociétés considérant leur capitalisation boursière et restent donc leaders.

En effet, 12 des 16 entreprises les plus cotées au monde sont américaines, nous pensons bien sûr directement aux fameux GAFAM (Apple, Microsoft, Amazon, Facebook et Alphabet) qui pèsent ensemble plus de 7.300 milliards, soit plus de 7% de la capitalisation boursière mondiale et bien plus que les autres Bourses mondiales.

Petite recommandation, lorsque vous investissez et que vous voulez diversifier votre risque, il est important que vous ayez en portefeuille de mégas ou de grandes capitalisations (entre 10 et 500 milliards).

En effet, les entreprises à plus grande capitalisation présentent un faible niveau de risque pour les traders et les investisseurs, mais elles sont aussi susceptibles d’offrir une croissance bien plus lente. Ces grandes entreprises existent généralement depuis longtemps et sont des acteurs majeurs dans des secteurs bien établis.

Par contre, les sociétés ayant une plus faible capitalisation boursière pourraient offrir un risque plus élevé et, par conséquent, représenter une croissance plus rapide pour un meilleur rendement

  • PS2: Ne pas confondre non plus capitalisation boursière avec la notion de capitalisation d’usage en placement financier

Cette dernière, n’est rien d’autre qu’un produit d’épargne long-Moyen termes et permet de générer des revenus pour les particuliers, notamment grâce au système d’assurance-vie.

Par NAQI Hamza

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L’asymétrie d’information : Quand la confiance et la peur se mélangent !

L’être humain est bien des choses… Il est avant tout un être sociable, qui interagit avec ses semblables et les aide pour ne pas se sentir seul. Il est également un être vivant qui ressent, et parfois succombe, à de nombreuses émotions.

Enfin, c’est un être intelligent qui a compris et exploité le monde qui l’entoure, dans un but précis d’amélioration de sa qualité de vie.

Fin 2019, nous étions très loin d’imaginer que, dans les mois à venir, un petit virus venu de Chine enlèverait de nombreuses vies, forcerait des millions de gens à s’enfermer chez eux, pousserait des gouvernements à prendre des décisions exceptionnelles, mettrait en lumière de larges failles de notre système économique ainsi que bien d’autres points que nous aurions préféré ne jamais connaître.

Dans un climat où les interactions sociales sont réduites, où la peur est renforcée, où les richesses créées s’évaporent, de nombreuses pistes ont été envisagées pour remonter la pente. Parmi celles-ci, il y a celle du crédit.

👉 Le terme « crédit » vient du verbe latin « credere », qui signifie « croire », « confier en prêt », ou « avoir confiance ». La forme de crédit la plus répandue dans nos sociétés est le prêt.

De quoi est composé le crédit ?

L’emprunteur : Il s’agit d’une personne ou une entreprise qui aimerait se lancer dans un projet qui améliorera sa qualité de vie ou celle de son entreprise. Cependant, elle ne possède pas immédiatement des fonds nécessaires à la réalisation de son projet. Pour ce faire, elle part à la recherche d’un financement

  • Le prêteur : il s’agit d’un organisme ou une personne, qui dispose de liquidités à prêter.
  • Les intérêts : Le prêteur cherche à ce que l’opération lui soit aussi bénéfique. Après tout, il prend un risque en mettant à disposition une partie de son capital à quelqu’un dont il ne connaît que peu de choses. Il demandera alors un remboursement avec intérêts pour couvrir ce risque. Cet intérêt prendra en compte la capacité financière de l’emprunteur et les autres crédits en cours.
  1. S’il s’agit d’une entreprise, son bilan comptable sera pris en compte, tout comme la qualité du management en place ou les opportunités de croissance.
  2. S’il s’agit d’un pays, d’autres points seront analysés comme la politique budgétaire, la création de richesse (PIB) ou la solidité de la monnaie locale.

Lorsque l’emprunteur est une personne physique, une banque peut se charger de vérifier la solvabilité de son client. Lorsqu’il s’agit de grandes entreprises ou d’États, les prêteurs s’en remettent aux analyses fournies par les agences de notation (ex. Moody’s, S&P, Fitch)

La durée : Le prêteur aura peut-être besoin de cet argent à l’avenir, il veillera donc à ne pas s’engager sur une très longue période.

Le monde d’aujourd’hui ne serait pas celui que l’on connaît si les prêteurs n’accordaient leur consentement qu’aux personnes « sûres à 100 % » et si les emprunteurs refusaient de payer le prix « du risque pris ». Ce compromis a permis aux sociétés modernes d’évoluer.

👉 C’est lorsque l’emprunteur et le prêteur discutent d’un éventuel prêt que les émotions humaines interviennent. Le premier souhaitant susciter la confiance chez le second apporte des éléments qui démontrent une solidité financière et une gestion « bon père de famille ».

À l’opposé, la crainte d’accorder un crédit à une personne insolvable pousse le prêteur à prendre de nombreuses précautions (comme mettre en hypothèque la maison achetée).

Lorsqu’une des deux parties dispose d’informations que l’autre n’a pas, on parle alors d’asymétrie d’information. Un vendeur pourrait omettre l’existence de vices cachés et un emprunteur pourrait gonfler ses chiffres pour favoriser son dossier.

Dans ces cas, une bataille psychologique s’engage entre la confiance et la peur. Toutes informations objectives et vérifiables permettent à l’un ou l’autre de prendre le dessus. Finalement, l’accord trouvé sera le reflet du sentiment dominant dans la relation.

A-t-on accordé ce prêt à 2% parce que l’on a confiance dans le projet de l’emprunteur ? Ou a-t-on défini que 2% seraient une juste rémunération pour un projet comportant quelques risques ? Tout est dans la formule que l’on utilisera pour définir le deal.

En ces temps compliqués, l’apocalypse économique n’a pu être évitée que parce que l’on a fait appel à l’un des principes fondamentaux de l’être humain, la solidarité. Les banques, centrales ou classiques, ont fourni aux entreprises les liquidités nécessaires pour maintenir leurs activités et les emplois. Les milliards d’euros accordés, en urgence, sous forme de prêt, montre un état d’esprit : nous avons préféré avoir confiance en l’autre, plutôt que d’en avoir peur.

Par Timur Kazkondu

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L’histoire à 1.000.000.000$ de la bataille financière entre un Trader et la société Herbalife !

En 2012, Bill Ackman, courtier à New York et gestionnaire du fonds d’investissement Pershing square Capital Management, annonce qu’il va shorter l’action Herbalife, qu’il estime fonctionner sous un modèle pyramidal, et ce, pour un montant d’un milliard de dollars.

Ce pari attire très rapidement les regards de Wall Street, tant par son montant, mais aussi pour la cible de ce pari, Herbalife, qui est alors considéré comme une entreprise prospère. Si vous ne savez pas ce qu’est une action, un fonds d’investissement ou un système pyramidal, vous pouvez retrouver des articles dédiés sur notre site.

👉 Qu’est-ce que « shorter » une action ?

Ce terme provient de l’anglais «  To short », que l’on peut traduire par « vente à découvert » en français. Son principe est simple : un premier investisseur parie que le prix de l’action d’une entreprise va diminuer à l’avenir (des jours, des semaines, des mois, des années…), et souhaite alors profiter de cette baisse pour se faire un peu d’argent.

Cet investisseur pense peut-être que l’entreprise va rencontrer des problèmes à l’avenir, que la valeur de l’action ne représente pas la réalité, ou fait cela par pure spéculation.

Petit problème, le parieur ne possède pas l’action de l’entreprise. Il va alors demander à un autre investisseur qui en détient de lui prêter un ou plusieurs titres, et s’engage à rendre le tout dans un futur (qu’ils auront déterminé ensemble).

Ayant désormais des actions à sa disposition, le premier investisseur va les vendre sur le marché. Si son pari s’avère exact, et que le prix diminue, il pourra racheter ces mêmes actions à un tarif plus faible, qu’il rendra au second investisseur, en empochant une plus-value au passage.

👉 Exemple :

Tom pense que l’action ABC va diminuer à l’avenir. Celle-ci vaut aujourd’hui 100 $. Tom va voir un autre investisseur, Paul, qui possède 100 actions et accepte de les prêter. Il demande à les récupérer d’ici un mois.
Tom, qui possède désormais les actions ABC, va les vendre sur le marché pour un total de 10 000$.

Un mois plus tard, nous retrouvons deux situations :

  • Le prix de l’action ABC est bien descendu à 80 $. Tom en rachète 100 pour un total de 8 000$. Il rend les 100 actions à Paul et se fait un bénéfice de 2 000 $.
  • Le prix de l’action ABC a grimé à 120 $. Tom est obligé de les racheter pour un total de 12 000 $. Son pari lui a fait alors perdre 2 000 $.

Dans notre exemple, la décision de Tom était purement spéculative, ce qui peut lui coûter très cher en cas de situation défavorable. Cependant, il existe d’autres raisons d’investir sur une baisse, et qui n’entrent pas dans la catégorie des paris spéculatifs (c’est le cas des entreprises qui travaillent avec des matières premières et qui veulent se couvrir contre la variation du prix d’achat).

👉 Revenons à notre histoire:

Bill Ackman avait fait le pari que la valeur de l’action Herbalife (aux alentours de 35 $) était bien trop élevée, car les investisseurs s’étaient trompés sur « la vraie nature de la société ». Pour lui, Herbalife était une entreprise « pyramidale, à la limite de l’illégalité, qui se faisait de l’argent sur le dos des immigrés mexicains et des plus pauvres à la recherche d’argent facile ».

Pour étayer ses propos, Bill Ackman fera le tour des plateaux TV, des conférences, des déclarations sulfureuses. Tout était fait pour que les investisseurs n’aient plus confiance en Herbalife. L’objectif était clair : se rapprocher de zéro, car plus la chute était forte, plus le pari rapporterait. De son côté, Herbalife pouvait compter sur un solide CEO, sa forte notoriété et un autre grand investisseur, Carl Icahn (qui détestait Bill Ackman), pour contre-attaquer. Une véritable bataille de Wall Street eut lieu.

L’histoire se termine en 2018 lorsque Bill Ackman décide de boucler son pari perdant, l’action Herbalife ne cessant d’augmenter (elle atteindra près de 60 dollars en 2019). Son fonds d’investissement a subi des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars, mais s’en est vite remis.

En effet, « Shorter » fait souvent l’objet de débats. Au-delà des enjeux financiers, il y a également d’autres aspects qui entrent en jeu, comme les emplois perdus, la panique des investisseurs, l’avidité des parieurs. Il arrive parfois que les gouvernements suspendent temporairement les ventes à découvert pour éviter un effet dévastateur sur les entreprises cibles, afin que le prix de leur action ne fonde pas comme neige au soleil.

Vous vous demandez ce qu’est advenu de Bill Ackman ? Il a récemment gagné 2 600 000 000 $ en pariant que les marchés financiers allaient plonger… à cause du Coronavirus.

Par Tim Kazkondu