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L’Europe peut-elle se montrer à la hauteur de la crise en voulant émettre une si gigantesque dette ?

Une question posée par l’ensemble des citoyens européens ! Cette question est tout à fait légitime dans ce contexte. La capacité de riposte de l’Union européenne, face à la crise, est remise en question car un problème évident apparaît, le manque d’efficacité des politiques européennes !

  • Quelle en est la cause ?

• Selon le journaliste Vincent Georis, spécialisé dans les questions européennes et internationales, La faiblesse de l’UE réside dans le peu de compétences que les États membres lui ont transféré.
• Notre système est défaillant au principe élémentaire d’assistance, selon le Vincent Georis. En effet nous observons un manque de solidarité des pays du Nord envers les pays du Sud, et cela dans une période où nous devrions être « unis ».
• Le député européen du PTB, Marc Botenga, remet en question les décisions européennes adoptées jusqu’ici. « L’EU devrait s’excuser pour des années d’austérité sur la santé »,selon Marc Botenga. Le manque de matériel hospitalier, dont nous faisons
face en Europe, est une conséquence direct de politiques européennes !

« Nous l’avons fait », s’est réjoui Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe jeudi soir. Un plan de relance de 540 milliards d’euros a été conclu afin de faire face au choc économique du Covid-19, soutenir les services publics et les personnes mises au chômage temporaire. Un plan de relance que nous attendions, mais est-ce suffisant ?

Les pays du Sud veulent plus ! En effet la question délicate des « eurobonds », emprunt européen commun réclamé par les pays du Sud pour soutenir l’économie à plus long terme, n’a pas été tranchée jeudi. Nous sommes donc loin d’une Europe unifié !

Pour ce faire, l’UE pourrait financer un fonds de 1.500 milliards d’euros à partir d’emprunts garantis par les États membres, a évoqué mardi l’un des trois vice-présidents de la Commission européenne dans la presse allemande.

« On pourrait imaginer une telle enveloppe » dans le cadre de la « reconstruction » de l’économie européenne après la crise, a indiqué le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis

Quel est votre avis sur la question ?

Par Florenc Micaj

SOURCE PHOTO: Reuters/François Lenoir

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Le G7 prêt à annuler la dette des pays pauvres ! Que représente ce club des « puissants » ?

Nous apprenons tout juste que les ministres des finances et les banquiers centraux du G7 se sont dits favorables à une suspension provisoire des paiements des intérêts de la dette des pays pauvres « pour aider ces pays à faire face aux impacts sanitaires et économiques » de la pandémie du coronavirus.

Il est très utile de comprendre ce que représentent ces institutions et d’en comprendre les objectifs. Notre analyste politologue, a préparé une analyse exhaustive à cet égard.

1) Qu’est-ce que G20 ?

Le G20 est devenu avec le temps un acteur incontournable de la scène internationale. Ce club travaille à favoriser la stabilité économico-financière suite aux importantes crises mondiales. Ce forum international réunit les pays émergent BRICS (Brésil, Russie, Inde , Chine et Afrique du Sud) et les principaux pays industrialisés.

En bref, le G20 = 19 États + Organisation Internationale (OI).

Le G20, c’est aussi 2/3 de la population mondiale. Ce groupe des vingt représente près de 90% du PIB mondial, 80% du commerce mondial général, 60% des terres agricoles et 80 % du commerce mondial des produits agricoles.[1]

2. D’un club occidental à un forum international

Le Groupe des sept a été créé à l’initiative du Président Valéry Giscard d’Estaing en 1975.  Lorsque les principales puissances occidentales se rassemblent pour la première fois à Rambouillet, le monde est confronté à un contexte tendu suite à la crise économique causée par la fin de convertibilité du dollar en or en 1971 et au choc pétrolier de 1973[2].

« L’idée initiale du président français consiste à faire prendre conscience les démocraties industrialisées des défis globaux politiques et économiques qu’implique la situation de l’économie occidentale »[3]. A la fin de la guerre froide, le président Clinton proposera d’intégrer la Russie en 1997 dans le G7, ce qui donnera le G8.

Le G7 représentait jusqu’alors les pays industrialisés au niveau mondial dont les seuls membres étaient l’Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, Etats-Unis et du Japon mais c’est la crise financière asiatique de 1997 qui a donné lieu à la naissance du G20. Des critiques avaient affleuré par rapport aux manques de représentativités des pays émergents.

Ces principaux éléments ont contribué à l’élargissement du G7 en 1999 aux ministres des finances de 12 nouveaux États et de l’UE (Mexique, Argentine, Brésil, Turquie, Russie, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Arabie-Saoudite, Afrique du Sud, Australie, Union Européenne)

Désormais, lors du sommet de Washington 1999, les ministres des finances des pays membres du G20 et les gouverneurs des banques centrales siégeront aux côtés des principales institutions économique de la planète (Banque Centrale Européenne, Banque Mondial, Fonds Monétaire International, Organisation de Coopération et de Développement Economique).[4]

3) La crise économique de 2008-2009 politise le G20 à son plus haut niveau

A l’instar de la crise asiatique de 1997, c’est à nouveau une crise financière qui changera durablement le G20. Le sommet du G20 Leaders de Washington en novembre 2008 s’ouvre avec pour la première fois la participation des chefs d’Etats et de gouvernements. Les leaders du G20 se sont engagés sur 4 grands principes :

  • Une relance coordonnée de l’économie mondiale par des mesures budgétaires de soutien de la demande, la politique monétaire et une aide accrue du Fonds monétaire international et des banques de développement en faveur des pays fragiles ;
  • Une amélioration de la régulation des marchés financiers pour éviter une nouvelle crise financière ;
  • L’ouverture de la gouvernance économique mondiale aux pays émergents et en développement ;
  • Le refus du protectionnisme.[5]

En pleine crise des subprimes aux USA, les membres du G20 décident de prendre des mesures de relance économique pour faire face à la crise financière et sauver l’économie mondiale dès le sommet de Londres en avril 2009. En septembre de la même année lors du sommet de Pittsburgh, le Groupe des vingt est consolidé et intronisé comme « forum prioritaire de la coopération économique internationale »[6].

La crise économique aura ébranlé la structure initiale du groupe des vingt pour donner le G20 que nous connaissons actuellement.

4) Le mode opératoire du G20

Depuis lors, les sommets du G20 post-crise économique, se déroulent annuellement dans un mécanisme de présidence annuelle tournante entre les Etats membres. Il arrive que le sommet soit organisé deux fois sur une même année comme ce fut le cas en 2009 lors du Sommet de Londres et de Pittsburgh.

Avec la pandémie du covid-19, l’agenda des réunions a été perturbé. En effet, le sommet qui devait avoir lieu en 2020 en Arabe Saoudite est par conséquent organisé en deux temps, un sommet virtuel s’est déroulé en mars dernier et le sommet « physique » se tiendra à Ryad les 21 et 22 novembre 2020. 

Le G20 se décline en « Engagement Groups » permettant à la société civile, le secteur privé, les syndicats, les femmes, les jeunes et les collectivités urbaines de participer activement au sommet en rédigeant des recommandations aux membres du G20.

Enfin, à la suite de chaque sommet, les membres du G20 réalisent une déclaration conjointe.

Analyse:

Bien que le G20 apporte une multipolarité entre les puissances occidentales industrialisées et les pays émergents, cela n’a pas empêché la création d’un sommet annuel des BRICS et de favoriser la critique d’autres pays n’ayant pas été intégré dans le Club des 20[7].

Si on regarde de plus près le classement des 20 puissances mondiales par PIB, nous constatons que des pays européens comme l’Espagne, la Suisse, les Pays-Bas pourraient être représentés dans le G20.

De plus, certains continents sont plus représentés que d’autres, l’Afrique ne compte qu’un seul Etat.  L’élargissement du G7 aux pays émergents était incontournable, toutefois, le choix de certains pays pose réellement question en termes de légitimité, représentativité et de transparence.

Le G20 joue un rôle majeur sur la scène internationale et pas uniquement sur les questions macro-financières et économiques. En effet, le G20 s’attarde également sur les questions de développement et devra de facto se coordonner avec les agences onusiennes qui possèdent l’expertise de terrain.[8] La pandémie du COVID-19 a poussé les membres du G20 à se réunir virtuellement et de s’engager à soutenir l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la coordination de son fonds de riposte face à cette pandémie.  

Dans ce contexte de crise, 5.000 Milliards de dollar US devraient être injectés dans l’économie mondiale dans le but de contrer l’impact du coronavirus.  Notons que le G20 a été auparavant critiqué pour son manque de coordination avec les Nations Unies, il est donc intéressant de suivre ces engagements tant en termes budgétaires que de coordination.

S’agit-il de mesures concrètes ou de vœux pieux ?

Par Karim Abou Hafes


[1] https://ec.europa.eu/info/food-farming-fisheries/farming/international-cooperation/international-organisations/g20_en#roleoftheg20

[2] BONIFACE Pascale,2017, Comprendre le Monde, Armand Colin, Paris, p.93

[3] BONIFACE Pascale,2017, Comprendre le Monde, Armand Colin, Paris, p.93

[4] DEVIN, Guillaume & SMOUTS, Marie-Claude, 2011, Les Organisations Internationales, Armand Colin, Paris, p.155

[5] https://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/15/les-pays-du-g20-s-accordent-sur-des-grands-principes-et-un-plan-d-action_1119261_1101386.html

[6] https://g20.org/en/g20/Documents/2009-Pittsburgh_Declaration.pdf

[7] DEVIN, Guillaume & SMOUTS, Marie-Claude, 2011, Les Organisations Internationales, Armand Colin, Paris, p.157

[8] POSTEL-VINAY Karoline, The G20 : A New Geopolitical Order palgrave macmillan, Paris, p.35

SOURCE IMAGE: REUTERS

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Economie Nos analyses

Qu’est-ce que le cycle économique/conjoncturel ?

Certaines personnes de votre entourage vous diront qu’elles ont vécu plusieurs crises économiques (ou financière) dans leur vie, mais aussi de très belles années.

Elles vous diront également qu’une prochaine crise est imminente similaire à celle de 1929 où l’économie mondiale s’effondra en quelques années. Enfin, elles pourraient également vous dire que le système financier semble ne pas avoir retenu les leçons du passé, car les choses se répètent sans cesse.

Cependant, la répétition de ces « bonnes » et « mauvaises » périodes est loin d’être anormale, bien au contraire, elle fait partie intégrante du cycle d’une économie. C’est ce que l’on appelle le « cycle conjoncturel ».

Le cycle conjoncturel part du principe qu’il existe des périodes de forte croissance et des périodes de faible croissance, évoluant à des rythmes différents. On peut néanmoins distinguer trois types de cycles : les longs (on parle dans ce cas de tendance économique), de courts (conjonctures) et des très courts (évolution saisonnière).

Mesurer la situation économique d’un pays se fait en analysant le produit intérieur brut (PIB), qui indique l’ensemble des produits et services finaux produit par un pays en un an. Cet indicateur permet de nous situer sur l’une des phases du cycle conjoncturel.

Voici les principales :

  • La basse conjoncture : L’économie se porte mal, la consommation des ménages, le taux d’emploi ainsi que les investissements des entreprises sont au plus bas. L’inflation, qui est la hausse généralisée des prix des biens à la consommation, est très faible. Il faudra attendre une petite impulsion de la demande (provenant généralement des États-Unis) pour amorcer une reprise des exportations et de la production des entreprises.
  • La reprise : La demande des ménages, belges ou étrangers, entraîne une augmentation de la production des entreprises. L’État peut également y contribuer en facilitant l’emprunt pour les investissements. L’inflation repart à la hausse.
  • L’expansion : La croissance est en hausse, tout comme la consommation des ménages. L’épargne diminue due aux achats multiples. Les entreprises engagent du personnel pour pouvoir répondre à la demande, ce qui fait augmenter les salaires et l’inflation. L’État profite de cette dynamique pour récolter des recettes.
  • La haute conjoncture : La demande croissante des ménages met sous pression les entreprises qui ont de plus en plus de mal à suivre la cadence. Le pays est en plein emploi et la croissance commence à atteindre son maximum. L’économie commence à être en surchauffe. L’inflation est forte, tout comme les salaires, ce qui pèsera sur les marges des entreprises. La banque centrale européenne augmentera ses taux pour éviter l’hyperinflation, ce qui donnera un coup de frein à une économie à bout de souffle. La musique s’arrête.
  • Le renversement : Cette fois-ci, l’offre ne peut clairement plus répondre à la demande. Les perspectives de bénéfices diminuent, ce qui engendre des pertes d’emploi, une augmentation du chômage et une baisse des salaires. Les ménages, dans un souci de protection de leur argent, reportent leurs dépenses à plus tard, ce qui accélérera la chute de l’économie. Les États appliquent des mesures d’austérité en diminuant les dépenses publiques.
  • La récession : Lorsque la croissance économique baisse au-delà de deux trimestres consécutifs, on parle alors de récession. La demande des ménages est au plus faible, tout comme la production des entreprises, chacun garde son argent dans ses caisses. Les seules dépenses prévues répondent aux besoins quotidiens. Le chômage augmente et l’économie tourne au ralenti. L’inflation baisse tout comme les taux d’intérêt.

Nous n’avons pas volontairement parlé en détail du taux d’intérêt qui constitue une composante importante dans les cycles économiques, car il fera l’objet d’un autre article. Sachez toutefois que le taux d’intérêt augmente lorsque l’économie est à la hausse et diminue lorsqu’un renversement s’annonce, jusqu’à la basse conjoncture.

Ces phases du cycle conjoncturel composent la vie économique et les comprendre permet d’anticiper les prochaines années. Tout comme le soleil arrive après la tempête, les lendemains d’une crise économique amorcent une reprise encore plus forte. Si vous en doutez, regardez l’évolution de l’économie mondiale depuis la crise de 2008. Tout est dit.

Selon vous, à quelle étape du cycle conjoncturel sommes-nous ?