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Le Point sur les Marchés : élections américaines et performances des géants des semi-conducteurs

Cette semaine, les marchés financiers ont été animés par deux événements majeurs : l’élection présidentielle américaine et les gains spectaculaires de certaines grandes entreprises technologiques, notamment Nvidia, AMD, et Intel.

Examinons de plus près ces développements et leur impact sur les marchés.

Victoire de Donald Trump aux élections américaines

Donald Trump a remporté l’élection présidentielle de 2024 face à Kamala Harris, soutenu par une majorité républicaine au Sénat. Cette victoire pourrait influencer les marchés de plusieurs manières. Trump est souvent perçu comme pro-business, ce qui signifie que des politiques fiscales favorables aux entreprises et une réduction des réglementations pourraient être à l’ordre du jour.

Toutefois, l’incertitude demeure sur la manière dont sa politique commerciale pourrait affecter les relations avec des pays comme la Chine, un marché important pour l’industrie technologique.

Nvidia – N°1

Au cours des cinq derniers jours, Nvidia a vu son action progresser de 10,52 %, atteignant 148,88 USD. Cette hausse est liée à la forte demande en technologies d’intelligence artificielle et aux investissements croissants dans les centres de données.

L’administration Trump pourrait offrir un contexte économique propice à des investissements technologiques aux États-Unis, ce qui serait avantageux pour Nvidia.

AMD

L’action AMD a progressé de 3,78 % pour atteindre 149,82 USD. AMD continue de profiter de la demande accrue pour les puces destinées aux ordinateurs et aux serveurs, ainsi que de la concurrence croissante avec Intel. La politique de Trump pourrait bénéficier à AMD en stimulant la production locale, grâce à des avantages fiscaux ou des incitations pour les entreprises américaines.

Intel

Intel se distingue avec une hausse de 13,94 % sur les cinq derniers jours, portant son action à 26,23 USD. Cette performance impressionnante pourrait s’expliquer par des attentes positives concernant une politique américaine favorable à l’industrie nationale.

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Le fonctionnement des élections américaines : le paradoxe du collège électoral

Aux États-Unis, il est possible pour un candidat de devenir président en ayant obtenu moins de voix que son adversaire direct. Comment est-ce possible ? Décryptons le mécanisme des élections américaines, un système complexe qui continue de susciter des débats intenses.

Le paradoxe de l’élection présidentielle américaine

Depuis le début des années 2000, ce phénomène s’est produit deux fois : George W. Bush en 2000 et Donald Trump en 2016. Ce résultat paradoxal est attribuable à un système unique de représentation : le collège électoral. Mais pourquoi tous les votes américains ne sont-ils pas comptés de manière égale ? Voici une explication de ce système complexe.

I. Un système électoral indirect : le rôle des grands électeurs

Contrairement à de nombreux autres pays, les Américains n’élisent pas leur président par un vote direct. Ils votent pour un groupe de 538 grands électeurs, qui forment le collège électoral. Chaque État dispose d’un nombre de grands électeurs proportionnel à sa population. Par exemple, la Californie en a 55, tandis que le Wyoming en a seulement 3.

Lors des élections, les citoyens votent pour des grands électeurs qui, à leur tour, désigneront le président. Le candidat qui obtient au moins 270 voix de grands électeurs est déclaré vainqueur. Cependant, dans presque tous les États, c’est le système du « Winner Takes All » (le gagnant rafle tout) qui s’applique : le candidat ayant obtenu le plus de voix dans un État remporte la totalité de ses grands électeurs, peu importe l’écart. Ce système permet à un candidat de devenir président sans avoir gagné la majorité du vote populaire.

II. La disparité du poids du vote : une voix, mais pas pour tous

Ce système crée des inégalités dans le poids de chaque vote. Par exemple, un électeur du Wyoming a un poids électoral presque quatre fois supérieur à celui d’un électeur californien. Pourquoi ?

Les fondateurs des États-Unis ont souhaité donner un poids plus significatif aux petits États en leur garantissant un minimum de trois grands électeurs, même pour les États peu peuplés. Si ce principe vise à équilibrer la représentation des régions, il a aussi pour effet de surreprésenter les petits États par rapport aux grands, créant une disparité dans la valeur des votes.

III. Les États clés : quand quelques votes peuvent changer l’élection

Dans ce système, certaines régions, appelées « swing states » ou États pivots, jouent un rôle central car leur résultat reste incertain. Des États comme la Géorgie, le Nevada, l’Arizona et la Pennsylvanie, où les électeurs sont divisés de manière quasi égale entre Républicains et Démocrates, sont souvent décisifs. Par exemple, en 2020, Joe Biden a remporté la Géorgie avec une différence d’environ 10 000 voix sur Donald Trump, remportant ainsi les 16 grands électeurs de l’État.

Ces États pivots, qui représentent 93 grands électeurs, deviennent alors le centre des efforts de campagne, au détriment des « safe states » (États acquis) où l’issue est jugée certaine. Ce sont les votes dans ces États clés qui, en définitive, peuvent faire basculer une élection.g

Conclusion : Un système contesté, difficile à réformer

Le collège électoral reste un système controversé. D’un côté, il est perçu comme garantissant une voix aux petits États ; de l’autre, il est critiqué pour créer des disparités électorales et permettre l’élection d’un président sans majorité populaire.

Les appels à la réforme se multiplient, mais le changement est complexe. Modifier ce système nécessiterait une révision de la Constitution, un processus long et incertain. En attendant, le collège électoral continue de façonner la stratégie des candidats et, plus largement, l’avenir de la démocratie américaine.