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Cryptos : Profil des investisseurs en 2021

Cette décennie pourrait bien être celle des cryptomonnaies. Depuis sa création en 2008 par le mystérieux Satoshi Nakamoto, le bitcoin et les autres monnaies digitales n’ont cessé de croître et de faire parler d’elles. Chaque année, les plateformes d’échanges (Binance, Coinbase, Kraken…) attirent un grand nombre de nouveaux investisseurs dont l’appétit pour le gain est comparable à celle des orpailleurs du XIXesiècle.

Si, comme ces nouveaux investisseurs, les cryptomonnaies vous intriguent, alors restez et lisez cet article jusqu’au bout ; il vous aidera à comprendre des éléments caractéristiques de ce marché et les raisons qui poussent les particuliers et les grandes institutions bancaires à investir dans ces actifs exotiques. Vous pourrez alors mieux appréhender ce marché dans le but d’y repérer des opportunités d’achats ou ventes. Passons en revue les différents profils des investisseurs de cryptos en 2021.

La richesse pour tout le monde ?

Une étude publiée par la banque d’affaire Goldman Sachs nous propose une vue d’ensemble du profil de l’investisseur de bitcoins en 2021.

Source : CoinMarketCap, Goldman Sachs GIR

Tout d’abord, il est important de souligner la plus grande concentration de bitcoins, c’est-à-dire plus de 100 000 unités, pour une adresse. En effet, seulement 3 % des détenteurs sont en possession d’un tel nombre, faisant d’eux des milliardaires. 

Les bourses, les dépositaires et les mineurs, représentent 11 % des détenteurs, ils possèdent 10k à 100k de bitcoins par adresse. 

Pour les grandes institutions bancaires (comme JP Morgan) et les fonds d’investissement, les « Whales », après quelques réticences, elles ont fini par intégrer ces actifs volatils dans leurs portefeuilles. Elles sont aujourd’hui les détenteurs majoritaires de ce marché (28%), elles disposent d’énorme liquidités et détiennent 1 K à 10 K de bitcoins par adresse. 

Enfin, les petits investisseurs représentent 14 % des détenteurs, ils possèdent 1 à 10 bitcoins dans leur panier d’actifs. 

« Et toi ? As-tu déjà investi dans les cryptos ? » 

Compte tenu des risques encourus et de leur volatilité, on peut raisonnablement se poser les questions suivantes : quelles sont les raisons qui poussent les particuliers et les institutions financières à investir sur les marchés des cryptomonnaies ? Pourquoi détiennent-ils une part considérable de ces actifs ?

L’une des raisons principales motivant l’achat du bitcoin et des cryptomonnaies alternatives (Ethereum, XRP…), s’explique par une hausse de la demande pour ce genre d’actifs. Cette hausse de la demande est soutenue par une peur, celle du FOMO ou « Fear of missing out » (lisez l’article sur le FOMO en cliquant ici) elle incite les agents à investir sur ce marché. 

Les cryptomonnaies sont des actifs digitaux, sécurisés et peu régulé, elles permettent de diversifier son portefeuille pour le protéger contre les détresses financières du marché, comme en période d’hyper inflation par exemple. En effet, certaines d’entre elles présentent une caractéristique déflationniste similaire à celle d’un actif comme l’or. C’est ainsi que la banque d’affaires Goldman Sachs, habituée aux prises de risque, a exécuté ses premières transactions sur des produits dérivés en bitcoins. 

Plusieurs personnalités publiques ont déjà investi sur ce marché. On peut citer le milliardaire et patron de Tesla, Elon Musk, il s’est donné la mission de faire du « memes coin », le Dogecoin, la devise digitale de référence. Plus discret, le riche propriétaire du club de basketball des Mavericks de Dallas, Mark Cuban, a choisi la même voie en faisant son entrée dans le capital de l’alt coin Polygon.

Cette exposition à tels niveaux de risque et volatilité peut avoir des conséquences positives et négatives à court, moyen et long terme sur la manière dont les néophytes considèrent les marchés financiers. Certes, ils ont une meilleure compréhension de la relation entre le rendement et le risque (plus on souhaite du rendement, plus on s’expose au risque et vice versa). En revanche, ils pourraient penser que doubler son capital en deux mois est la norme et considérer une progression de 5 %, comme une contre-performance. 

Conclusion

Bien qu’elles soient sous le feu de nombreuses critiques (sur leur grande volatilité ou l’absence de la régulation), l’engouement autour des monnaies digitales ne décélère toujours pas. Le marché des cryptomonnaies, donne l’image d’une finance accessible et salvatrice mais dangereuse pour les jeunes investisseurs mal renseignés. Les gains en capital sont souvent conséquents, mais ils peuvent à tout moment se dissiper après un tweet, même pour des investisseurs aguerrit. Comme disait Julian Assange, fondateur de Wikileaks, “Bitcoin actually has the balance and incentives center, and that is why it is starting to take off”. 

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi et Timur Kazkondu

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Nos analyses Success story

Interview – Florian Christiaens, Président du Solvay Finance Club

  1. Bonjour Florian, merci de répondre à nos questions et faire profiter la communauté Parlons Finance de tes conseils. Tout d’abord, peux-tu te présenter et quelles sont tes affinités avec le monde de la finance ? 

Bonjour, je m’appelle Florian Christiaens, j’ai 23 ans et je suis en première année de Master en Business economics à la Solvay Brussels School. Durant mes études, j’ai cherché à m’investir dans des activités extra-académiques et le Solvay Finance Club s’est présenté à moi. Au sein de ce groupe, j’ai pu assister à différents workshops et ai appris énormément. Lorsque la présidence s’est libérée, une amie et moi avons posé notre candidature et avons été élus. Cette année, j’ai eu l’opportunité de prolonger l’aventure avec mon petit frère. 

Assurer la présidence de ce club implique un travail et une remise en question permanente de ses connaissances en finance, c’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans l’investissement. J’ai également eu l’occasion de participer au Rallye boursier organisé par L’Echo en tant que guest. Néanmoins, j’aurai eu beaucoup de chance pour le néophyte que je suis !

  1. Quelles ont été les raisons qui t’ont poussé à investir ? 

Je suis fasciné par toutes les interactions qui existent entre l’actualité et les marchés financiers, c’est pourquoi la macroéconomie est ce que je préfère. Prévoir la réaction des marchés m’attire davantage que l’analyse de ratios financiers. Je m’intéresse également beaucoup à la finance comportementale et à ses implications.

  1. Que dirais-tu à des jeunes qui souhaiteraient se lancer dans la finance ? 

L’idée que l’on peut se faire de l’étudiant en finance, très calé en mathématique, doit être effacée. Certes, comprendre les mécanismes et les formules qui font les bases de la finance moderne dans le but d’interpréter les interactions qui l’animent est important, mais il existe tellement d’autres manières de s’informer ! La macroéconomie ou la finance comportementale, par exemple, sont des branches de l’économie qui proposent un point de vue intéressant sur le fonctionnement des marchés boursiers. Selon moi, l’apprentissage à l’université doit être complétée par des recherches personnelles. 

Enfin, je dirais que les jeunes devraient s’intéresser à l’investissement. Il représente pour eux une excellente façon de faire des profits à long terme. Toutefois, j’insiste sur le fait que ce n’est pas un domaine réservé à tous et qu’un minimum de connaissance est nécessaire. 

  1. Comment as-tu vécu l’année 2020 ? Cela pouvait-il être prévu par tes connaissances en macroéconomie ? 

Même si j’aime chercher à prédire ce qui se passera sur les marchés financiers, je dois reconnaître qu’il n’existe pas toujours de corrélation. La Covid19 a changé bien des choses et les valeurs de croissance, comme les GAFA, ont vu leur cours flamber durant les confinements successifs. En 2020, un portefeuille diversifié était quand même composé en grande partie d’actions de croissance, ce qui a conduit à des résultats exceptionnels. Les actions « value », quant à elles, ont été délaissées pendant les 2/3 de l’année avant de reprendre une dynamique haussière.  

Personnellement, j’ai pu profiter de bonnes opportunités, et cela, du rebond qui a démarré au second semestre jusqu’en janvier 2021. J’ai une affinité particulière pour les entreprises américaines, celles dont j’utilise leurs produits au quotidien. Elles ont un prestige que les actions européennes ont moins, bien qu’il existe quelques fleurons sur le Vieux Continent. Rajoutez à cela une volatilité supérieure, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on veut faire gonfler son portefeuille.   

  1. Pourquoi parler « d’affinité » ?

J’utilise ce terme pour illustrer le niveau de connaissance dont je souhaite obtenir lorsque je choisis mes titres. Sans aller jusqu’à parler d’une adhésion avec tout ce que fait l’entreprise, j’aime néanmoins comprendre ce qu’elle fait, analyser son business model et ses projections de croissance. Je ne me force jamais à acheter quelque chose qui ne m’inspire pas. 

  1. Que reste-t-il encore comme opportunités pour une personne qui souhaiterait commencer à investir ? 

Tout d’abord j’aimerais commencer par dire que je reste un étudiant (rires). Selon moi, il reste toujours des opportunités sur le court terme, dans des secteurs spécifiques. Ce phénomène peut être expliqué par la politique monétaire très accommodante de la Fed et son soutien massif depuis le début de la crise. Cependant, je trouve le marché américain très cher et je ne le vois pas tenir une telle performance à moyen terme. Bien entendu, le meilleur investissement, et le plus rentable, reste sur le long terme. 

  1. La remontée des taux d’intérêt est au cœur des tensions, qu’en penses-tu ? 

Aujourd’hui, l’inflation joue un double rôle, celui d’inciter les épargnants à faire travailler leur argent et celui de trouble-fête (peur d’une surchauffe de l’économie, NDLR.). Cela affecte également les entreprises de croissance qui, comme leur nom l’indique, attirent les investisseurs par l’actualisation des revenus futurs importants. Avec une inflation galopante, ces projections sont compromises.  

Il faut savoir que l’injection de grandes quantités de liquidités est à l’origine une décision purement quantitative, un instrument de réponse de la finance « classique ». De nos jours, les actions des banques centrales influencent directement le comportement des marchés et doivent tenir compte de cette variable. De plus en plus de néophytes suivent les conférences et pour le particulier anxieux, le moindre mot dans un discours peut être interprété comme un signal d’achat ou de vente. Cet engouement soudain doit être pris en considération. 

Pour ce qui est des tensions autour des taux d’intérêt, cela fait l’actualité depuis plus d’un an. Si l’inflation continue de grimper, il faudra la maîtriser. Dans un premier temps, je pense que cela passera par la diminution du programme d’assouplissement monétaire. 

  1. Quel est ton regard par rapport aux cryptomonnaies et l’engouement qu’il suscite auprès des jeunes ?

Je vais aller à contre-courant de ce qui est tendance actuellement, mais je ne suis pas fan des cryptomonnaies. J’aime la volatilité, tant que cela reste compréhensible, ce qui manque cruellement à ces actifs. La macroéconomie repose sur des fondamentaux, on peut créer des liens. Dans le cas des cryptos, tout peut changer sur base d’un simple tweet. 

On peut également noter le paradoxe entre l’idée de départ, une finance décentralisée, et la réalité que l’on observe aujourd’hui. Certains voulaient s’émanciper du pouvoir de Jérôme Powell (actuel président de la Réserve fédérale, NDLR) et tombent désormais sous les sautes d’humeur d’Elon Musk (rires). 

Pour finir, je dirai que l’investissement en cryptomonnaies doit se faire sur le long terme et doit être accompagné d’une conviction forte pour ce genre d’actif. Selon moi, il peut représenter 5 % du portefeuille global.

  1. Quelle est ta vision de « long terme » ?

Dans le cadre du trading, elle se situe au-delà d’un an. Cela dépend évidemment du business de l’entreprise ainsi que du type de produits financier.

  1. Un dernier conseil aux lecteurs de Parlons Finance ? 

Investissez dans des choses qui vous plaisent, gardez un œil sur les plans de Biden et surtout, suivez votre instinct (rires). 

Cette interview est la retranscription d’une discussion réalisée entre Florian Christiaens, Florenc Micaj et Timur Kazkondu. 

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Elon Musk est-il (encore) votre ami ?

Avant toute chose, vous devez savoir que cette chronique devait paraître la semaine passée. Elle débutait sur les différents qualificatifs élogieux associés par les investisseurs à Elon Musk. « Trop cool », « visionnaire », « Iron Man », les superlatifs ne manquaient pas pour décrire un homme qui représentait pour certains la meilleure version du capitalisme. 

Le premier changement dans cette chronique est le titre. Moi qui pensais mettre certains fans en garde sur leur amour aveugle envers l’excentrique milliardaire, ce dernier s’est chargé de rompre l’idylle en quelques tweets. 

Seconde modification, le temps utilisé lors la rédaction. Si j’écris au passé et non plus au présent, c’est parce qu’en l’espace d’une semaine, Elon Musk est passé du statut de « porte-étendard » à « ennemi public numéro 1 ».

Enfin, les frasques récentes du patron de Tesla et leurs conséquences sur le marché des cryptos (toujours en ébullition à l’heure actuelle) nous poussent à prendre du recul, à être pragmatiques et à nous poser cette question : Elon Musk est-il encore un ami ? 

Avant de commencer cette chronique en deux parties, replaçons le contexte. D’un côté, vous avez l’émergence d’une monnaie alternative, le Bitcoin, et de l’autre l’ascension d’un des entrepreneurs les plus talentueux de sa génération, le Sud-Africain Elon Musk. Deux destins en apparence éloignés, mais qui ont beaucoup en commun.

L’essor des cryptos

L’histoire de la cryptomonnaie est complexe. Pour certains, l’année 2008 est l’année la plus importante, car elle est celle de la naissance du Bitcoin par Satoshi Nakamoto (un pseudonyme pouvant regrouper plusieurs personnes). Cependant, des discussions autour de la création d’une monnaie alternative, véhiculée par internet et totalement émancipée des banques centrales, ont déjà eu lieu vers la fin des années 90. 

Le Bitcoin voit le jour dans un contexte macroéconomique compliqué. Nous sommes en pleine crise financière et les banques sont désignées comme les coupables d’alimenter un système de plus en plus avide d’argent. Les banques centrales sont également critiquées pour le pouvoir qu’elles ont sur l’économie, pouvant user à tout moment de leur autorité pour mettre fin à la croissance. Des reproches que la jeune cryptomonnaie promet d’effacer en proposant aux investisseurs un « vrai » changement. Celui-ci sera porté par la technologie sous-jacente que le Bitcoin embarque, la Blockchain, qui sera vue comme LA véritable révolution. 

Blockchain : Selon la plateforme BlockchainFrance.fr, la Blockchain est « une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Associée à une monnaie numérique, elle permet d’enregistrer l’ensemble des transactions effectuées avec cette monnaie » (1). Cela passe par plusieurs étapes : 1. envoi d’un Bitcoin par A, 2. regroupement des transactions en un bloc, 3. validation de ce bloc par le réseau, 4. ajout du bloc à la chaîne (Blockchain) et enfin, 5. réception du bitcoin par B. 

Cet engouement autour du Bitcoin créa la première bulle des cryptomonnaies. Les ingrédients étaient les mêmes qu’aujourd’hui : des économistes célèbres qui émettent des doutes sur cette monnaie digitale, des banques centrales qui avertissent les investisseurs sur les éventuels dangers, des pays et entreprises qui interdisent purement et simplement l’utilisation ou la détention de cryptomonnaies… 

Au 11 décembre 2017, le Bitcoin était affiché à 16 381 $, record absolu pour à l’époque. Une année plus tard, il avait perdu 83 % de sa valeur pour atteindre 2 840 $. Le monde financier croyait en avoir fini avec les monnaies numériques sans se douter, au contraire, que ce n’était que le début d’une nouvelle ère des cryptomonnaies.

En parallèle, d’autres spécimens virent le jour. On ne parlait plus uniquement du Bitcoin, mais également de l’Ethereum, Litecoin, XRP, VeChain et même du Dogecoin. Chacune d’entre elles apportait une nouvelle touche d’innovation dans un écosystème déjà bien en place. 

Plus largement, les cryptomonnaies ont ouvert la voie à une multitude d’actifs digitaux interchangeables et non centralisés. Au point d’inciter les banques centrales à imaginer et concevoir leur propre monnaie digitale. 

L’innovation selon Musk

En parallèle, la communauté Tech se prit d’affection pour un jeune entrepreneur qui a la réputation de transformer tout ce qu’il touche en or. Elon Musk a su maîtriser très tôt le langage informatique, créant un jeu vidéo à 12 ans. (Même si je ne retracerai pas ici toute son histoire (nous en ferons une chronique dédiée), je souhaite quand même rappeler à quel point les entreprises qu’il a créées étaient innovantes pour leur époque). 

⁃        1995 : Zip2 – objectif : aider les médias à se développer sur internet. Elle fut vendue en 1999 pour 307 millions de dollars.

⁃        1999 : Xcom – objectif : proposer des services bancaires en ligne. L’entreprise s’associera avec son concurrent pour devenir PayPal. Elle sera vendue en 2002 à Ebay pour un montant de 1500 millions de dollars. 

⁃        2002 : Space X – objectif : Relancer la conquête spatiale et fonder une colonie sur Mars. En 2021, Space X devient la première société privée à envoyer des astronautes vers la station spatiale internationale.

⁃        2004 : Tesla – objectif : Démocratiser la voiture électrique et se débarrasser des énergies fossiles. Il en deviendra le Directeur général en 2008. 

⁃        2012 : Hyperloop – objectif : révolutionner les transports en commun. 

⁃        2016 : Neuralink – objectif : Dépasser les barrières physiques de l’intelligence humaine grâce à l’intelligence artificielle. 

Il a également fondé d’autres sociétés, moins innovantes, mais tout aussi prometteuses (ex. Powerwall), et parfois inutiles (the Boring Company). 

Les entreprises innovantes créées par Elon Musk.

Rencontre pas si hasardeuse que cela

Les deux futurs tourtereaux, les cryptomonnaies et Elon Musk, progressaient petit à petit. Le premier s’échangeait entre membres de la communauté geek, son côté discret et anonyme favorisant également le blanchiment d’argent pour le compte d’organisations criminelles. Le second fit de plus en plus la une des médias, l’opinion publique tenant en très bonne estime l’excentrique milliardaire. 

De son côté, les résultats des entreprises d’Elon Musk avaient du mal à convaincre les marchés. Aux yeux des traders, la révolution attendue était soit trop faible, soit trop lente à se concrétiser. Pire, Tesla était dans le viseur des vendeurs à découvert (short) qui étaient à l’affut du moindre faux pas. 

Fatigué et armé de son plus beau smartphone, Elon Musk enchaîna les tweets pour dire tout ce qui lui passa par la tête. Ainsi, il qualifia la Securities Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine, de « Commission d’enrichissement des vendeurs à découvert »(2), ce qui lui vaudra une amende de 20 millions de dollars et son poste de président de l’entreprise. Le 7 août 2018, il annonça même son envie de retirer Tesla de la bourse grâce à l’aide d’un fonds souverain arabe. Il se rétracta par la suite, créant une colère chez les investisseurs (qui ont perdu de l’argent) et une enquête par la SEC. (3) 

Bref, Elon Musk était las d’être la cible des vautours et de ne pas pouvoir y répondre librement (je passe sur l’épisode où Musk fume du cannabis en direct à la radio…). Dans un marché réglementé, les prises de paroles des PDG ont un impact considérable sur la valeur boursière de l’entreprise, surtout si l’on représente l’histoire de celle-ci. Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Sundar Pichai, Satya Nadella, et bien d’autres ne peuvent dire ouvertement ce qu’ils pensent, au risque de mettre en péril leur empire. 

Pour Musk, les cryptomonnaies avaient de nombreux atouts, un moyen de changer le monde financier, une technologie qui n’était encore qu’un diamant brut, mais surtout une grande liberté d’action (en l’absence de réglementation). C’est décidé, le milliardaire avait trouvé son nouveau terrain de jeu… 

Conclusion

Il nous est difficile d’imaginer le monde de demain, surtout lorsque les changements se font à une vitesse folle. Henry Ford, l’inventeur des voitures Ford, aimait dire que « s’il avait demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ces derniers lui auraient répondu des chevaux plus rapides ». Elon Musk est dans ce même Mindset, lui qui avait déjà imaginé, avec X.com/PayPal, une autre version du monde bancaire. 

Les cryptomonnaies font partie du changement attendu dans le secteur financier. Cependant, dans leur état actuel, avec une très forte volatilité, des pertes ou des vols, du blanchiment d’argent, elles donnent des raisons aux craintes qui lui sont associées. Et si quelqu’un leur apportait une légitimité ? Et si quelqu’un, fin connaisseur de la technologie, pouvait dompter cette monnaie ? Et si quelqu’un pouvait offrir une chance aux petits investisseurs de gagner beaucoup d’argent ? Pour cela, il faudrait être « cool », « visionnaire », un peu comme Tony Stark dans Iron Man. Un seul homme incarne tout cela. Il est prêt à mettre son costume de héros et annoncer son objectif : To the moon.

Ne ratez pas la seconde partie de l’article : Cryptos et Musk, je t’aime, moi non plus !

Article rédigé par Timur Kazkondu.

(1) : https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

(2) : https://www.nytimes.com/2018/10/04/business/elon-musk-sec-tweet.html

(3) : https://www.sec.gov/news/press-release/2018-226