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David Leisterh (MR): « Je propose de réduire l’impôt des sociétés à 15% »

Dans cette interview exclusive, nous avons rencontré David Leisterh, la tête de liste du Mouvement Réformateur (MR) à Bruxelles, pour discuter de ses projets et de sa vision pour l’avenir de la capitale belge.

Pouvez-vous tout d’abord vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle David Leisterh, j’ai 40 ans et je suis la tête de liste du Mouvement Réformateur (MR) à Bruxelles. Mon parcours est diversifié : je suis indépendant dans les secteurs des services et de l’horeca, professeur de langues et actif en politique. J’ai été président du CPAS et conseiller auprès de Didier Reynders.

Actuellement, je suis président du MR à Bruxelles. J’ai étudié à l’ISTI et j’enseigne à l’université. Je parle plusieurs langues, ce qui est un atout pour communiquer efficacement dans une ville cosmopolite comme Bruxelles.

Quels sont les principaux axes de votre programme économique pour Bruxelles et la Belgique, et comment prévoyez-vous de stimuler la croissance économique dans la région ?

Un des défis majeurs est le taux d’emploi, particulièrement bas en comparaison avec la Flandre. Pour y remédier, il faut augmenter ce taux en s’assurant que davantage de personnes travaillent. Cela générerait un retour de 20 milliards d’euros pour le budget fédéral, permettant ainsi de réduire les charges sur les employeurs et les employés.

Je propose de réduire l’impôt des sociétés de 25% à 20%, voire à 15%. De plus, il est essentiel de garantir que tous les travailleurs ne paient pas plus de 50% de leurs revenus en impôts, ce qui n’est pas le cas actuellement. Enfin, nous devons adopter des méthodes efficaces comme celles appliquées en Flandre pour améliorer l’emploi à Bruxelles.

Quelles sont vos propositions pour la fiscalité des entreprises et des particuliers à Bruxelles ? Envisagez-vous des réformes fiscales pour rendre la région plus attractive pour les investisseurs nationaux et étrangers ?

En réalité, les entreprises quittent Bruxelles principalement à cause de problèmes de sécurité, de mobilité et de propreté, plutôt que de la fiscalité. Cependant, je propose d’exonérer le paiement du précompte immobilier pour les bâtiments en rénovation.

Il est crucial de baisser les droits d’enregistrement de 12,5% à 3%, comme en Flandre, pour maintenir la classe moyenne à Bruxelles. Nous devons également rationaliser les taxes diverses et les amendes qui pèsent lourdement sur les entreprises.

Comment votre programme soutient-il les entrepreneurs et les startups à Bruxelles ? Quelles mesures spécifiques proposez-vous pour faciliter la création et la croissance des entreprises ?

Je propose de réduire l’impôt des sociétés à 15% et d’augmenter le plafond forfaitaire des déductions pour investissement. Il est vital de baisser les charges patronales et sociales pour aider les entreprises à démarrer.

Nous devons également réduire les délais de délivrance des permis, qui sont actuellement beaucoup plus longs qu’en Flandre et en Wallonie. Il faut parfois 3 à 4 fois plus de temps pour recevoir un permis par rapport à la Wallonie ou la Flandre. C’est un frein pour les investisseurs !

En outre, il est nécessaire de maintenir l’exonération des charges patronales sur le premier emploi pour encourager l’embauche. Nous pourrions également envisager d’exonérer les charges sociales.

Quels sont vos plans pour réduire le chômage à Bruxelles et quelles initiatives envisagez-vous pour créer de nouveaux emplois, notamment dans les secteurs innovants et technologiques ?

Nous devons appliquer les méthodes efficaces de la Flandre, où les offres d’emploi sont rapidement proposées aux demandeurs d’emploi. En cas de refus répétés sans justification, la solidarité devrait être reconsidérée, avec des sanctions à la clé. Cela a permis à la Flandre de maintenir un taux d’emploi élevé et un faible taux de chômage.

Quelles actions comptez-vous entreprendre pour renforcer l’attractivité de Bruxelles en tant que centre financier et économique en Europe, surtout en post-Brexit ?

Outre la réduction des charges, il est essentiel de rendre Bruxelles plus sûre, accessible et propre. Il est également crucial de réduire le temps de délivrance des permis.

Les finances de Bruxelles étant limitées voire vides, nous devons collaborer avec le secteur privé pour financer les projets d’infrastructure ambitieux, comme la liaison entre les gares et le développement du canal en créant un espace de loisir attractif.

Comment votre programme aborde-t-il la question de l’éducation et de la formation professionnelle pour s’assurer que les citoyens de Bruxelles sont prêts à relever les défis du marché du travail moderne ?

Nous devons réduire le catalogue de formations pour ne conserver que celles menant à un emploi. Il est également important de respecter et de soutenir les enseignants en leur donnant plus de liberté dans leur travail.

Quels sont vos projets pour encourager l’innovation et l’adoption de nouvelles technologies dans les entreprises bruxelloises ? Avez-vous des plans pour des incubateurs ou des programmes de soutien à la recherche et au développement ?

Je propose de soutenir les initiatives d’incubateurs et de favoriser la collaboration entre les secteurs public et privé pour encourager l’innovation.

Le coût de la vie à Bruxelles est une préoccupation pour de nombreux résidents. Comment comptez-vous aborder les problèmes liés au logement abordable et au coût de la vie dans la ville ?

Nous devons augmenter l’offre de logements en accélérant les processus de délivrance de permis. Il est crucial de construire davantage de logements pour répondre à la demande croissante. Il y a 3.000 nouveaux logements disponibles sur Bruxelles par an alors qu’il en faudrait 40.000, vous voyez l’écart, les prix flambent !

Quels sont vos plans pour assurer une gestion responsable et efficace du budget de Bruxelles ? Comment envisagez-vous de réduire la dette publique et d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques ?

Je vise à équilibrer le budget et à réduire la dette en optimisant les dépenses publiques et en attirant des investissements privés.

Quelles mesures proposez-vous pour réduire les inégalités économiques et sociales à Bruxelles ? Comment votre programme prévoit-il d’aider les populations les plus vulnérables ?

Il est essentiel de garantir que les écoles offrent des formations de qualité et que les emplois soient accessibles et activables pour tous. Nous devons également veiller à ce que les enseignants soient respectés et soutenus dans leur travail.

Un mot pour conclure ?

En conclusion, avec notre programme, nous proposons de tout changer, de transformer Bruxelles en une ville plus attractive, dynamique et prospère, en me concentrant sur des réformes économiques, fiscales et sociales essentielles. L’objectif sera de remettre le budget à l’équilibre car la dette a explosé !

Un grand merci David et bonne chance !

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Christophe De Beukelaer (Les Engagés), « Je veux préparer la société aux opportunités offertes par la cryptomonnaie. »

Dans cette interview exclusive, Christophe De Beukelaer, tête de liste des Engagés et pionnier du Bitcoin en politique, partage sa vision pour revitaliser l’économie belge. Il aborde la réduction du chômage des jeunes, l’intégration des nouvelles technologies, et les réformes fiscales nécessaires. Découvrez les propositions audacieuses des Engagés pour un avenir économique durable et innovant.

1. Peux-tu te présenter et parler un peu de ton parcours ?

J’ai fait mes études secondaires en néerlandais et ensuite, j’ai étudié ingénieur de gestion. Après mes études, j’ai décidé de faire un tour du monde à vélo pour rencontrer d’autres cultures. Ce voyage a transformé ma perception de la société et du monde. Chaque 100 km, nous étions accueillis dans une nouvelle famille et c’est enrichissant.

À mon retour, j’ai mené une analyse sur les raisons expliquant le faible taux d’entrepreneurs en Belgique et rencontré des entrepreneurs partout. J’ai ensuite donné une série de conférences pour partager nos découvertes. J’ai rejoint la politique après ma rencontre avec Benoît Cerexhe, ministre de l’Économie et de l’Emploi, qui m’a convaincu de me présenter. J’ai été échevin à Woluwe-Saint-Pierre puis député au parlement bruxellois.

Aujourd’hui, je suis tête de liste pour les Engagés. J’ai toujours eu un pied dans le secteur privé, car je considère la politique comme un engagement. J’ai cofondé une entreprise de livraison de fruits frais en entreprise et une autre dans la finance décentralisée, Bruxelles Blockchain Week. J’ai envie d’avoir un impact sur la société. La politique représente 50% de nos revenus que nous payons à l’État, il faut des entrepreneurs en politique qui ont le goût du risque et qui osent prendre des décisions fortes.

2. Quelle est votre vision pour l’économie belge dans les cinq prochaines années et comment comptez-vous y parvenir ?

Nous pensons qu’une économie florissante est essentielle, avec un marché de l’emploi redynamisé. Bien que le taux de chômage s’améliore, nous sommes encore loin de nos objectifs. Nous visons une Belgique et un Bruxelles entrepreneuriaux, notamment dans une ville aussi multiculturelle. Nous croyons en l’insertion par le travail et nous nous concentrerons sur la réduction du chômage des jeunes de moitié.

Nous avons besoin d’une stratégie technologique solide. Par exemple, la FrenchTech en France a investi 20 millions d’euros par an, et les Pays-Bas ont investi 50 millions dans TechLeap, deux succès notables. Chez nous, aucun gouvernement n’a été capable de financer les maigres 500 000 euros par an demandés par les entrepreneurs pour lancer une Be-Tech.

3. Pouvez-vous détailler les trois principaux objectifs économiques de votre campagne ?

  • Réduction du chômage : Nous visons à réduire de moitié le chômage à Bruxelles, principalement chez les jeunes. Cela implique la réforme d’Actiris, sa décentralisation, le développement du mentorat (de 1200 duos à 5000 d’ici 2030 et 10000 d’ici 2035).
  • Stratégie technologique : Nous avons besoin d’une Be-TECH d’envergure en Belgique.
  • Réduction de la pression fiscale : La Belgique est trop taxée. Nous devons alléger cette charge.

4. Comment envisagez-vous d’intégrer les nouvelles technologies pour stimuler la croissance économique ?

Aujourd’hui, le législateur et le public ne comprennent pas bien la technologie. Nous devons retrouver le goût du risque. Je soutiens les sandbox régulatoires, où l’innovation se fait dans un environnement contrôlé, permettant une législation progressive. L’intelligence artificielle, par exemple, pourrait améliorer de nombreux secteurs comme la médecine et la justice.

5. Que pensez-vous de l’euro numérique ?

Nous ne pouvons pas déployer l’euro numérique sans un système financier décentralisé. Le cash physique est une forme de liberté financière qu’il faut maintenir. L’euro numérique peut être bénéfique s’il est accompagné d’une alternative décentralisée.

6. Vous avez un lien notable avec le Bitcoin. En janvier 2022, vous êtes devenu le premier politicien européen à convertir son salaire en Bitcoin, une démarche que vous avez maintenue pendant toute l’année 2022.

Je vois le Bitcoin comme une manière d’échanger de la valeur digitale sans intermédiaire, de façon sécurisée. La blockchain permet un transfert de valeur sans intermédiaire, moins cher et plus rapide. En tant qu’homme politique, je veux préparer la société aux opportunités offertes par la cryptomonnaie.

7. En tant que politique, comment percevez-vous l’impact du Bitcoin sur l’économie belge et quelles sont vos propositions pour réguler son utilisation ?

L’impact se verra dans les décennies à venir. Le Bitcoin et les cryptomonnaies représentent un monde en pleine évolution. Cela aura un impact majeur et infiltrera l’ensemble de la société. Partout où il y a de l’argent, il y aura de la crypto. Je pense qu’il y aura deux mondes financiers parallèles : centralisé et décentralisé. Les deux seront utiles, mais la question est de savoir comment les faire cohabiter.

La régulation arrive par l’Europe, avec MICA (règlement européen qui classifie les cryptos). Là où nous devons agir urgemment, c’est en clarifiant les règles fiscales. Aujourd’hui, des gens possèdent de gros montants et n’attendent que de pouvoir rapatrier leurs fonds, mais ils aimeraient savoir à quelle sauce ils vont être mangés, combien de taxes ils auront à payer.

Il faut équiper nos régulateurs de cette connaissance et des outils techniques et technologiques nécessaires.

En tant qu’homme politique, j’aimerais préparer la société à comprendre les opportunités que cela offre… Tous les emplois, opportunités, et changements sociétaux qui en découlent. Il faut frapper un grand coup pour sensibiliser sur ce sujet et poser un acte politique fort.

8. Quelles mesures spécifiques proposez-vous pour encourager l’entrepreneuriat, en particulier chez les jeunes ?

  • Généraliser le système des mini-entreprises dans toutes les écoles.
  • Promouvoir le statut d’étudiant entrepreneur, actuellement majoritairement utilisé en Flandre.
  • Permettre de toucher le chômage en une fois pour lancer une entreprise, sous conditions.
  • Simplifier les démarches administratives pour créer une entreprise en quelques clics.

9. Quel rôle l’éducation jouera-t-elle dans votre stratégie économique, et comment comptez-vous renforcer la littératie financière ?

La finance est un enjeu capital et social ! La connaissance financière est le privilège des riches, des populations aisées à qui on apprend les codes pour gérer un budget, etc. J’aimerais amener cette connaissance financière chez les jeunes. C’est une lutte d’émancipation sociale. Quand les élèves sortent de l’université sans être capables de faire la différence entre une obligation et une action, c’est problématique.

Il y a un enjeu majeur pour le pays. Nous vivons dans un monde qui se financiarise. Il faut éduquer la population et les jeunes à l’école. Il y a une ignorance totale sur le sujet des cryptomonnaies, tandis que les grandes banques se goinfrent de crypto.

La connaissance financière doit être accessible à tous, dès l’école. Nous plaidons pour l’intégration de cours de gestion budgétaire et de finance dès le plus jeune âge.

10. Comment comptez-vous équilibrer les besoins de financement de l’État avec la compétitivité fiscale du pays ?

  • Réduire les charges sur le travail pour créer une différence d’au moins 450 euros entre le chômage et le travail.
  • Baisser les charges sur le travail de 20 à 25% pour dynamiser l’économie.
  • Supprimer les niches fiscales tel que la voiture de société
  • Lutter contre la fraude sociale et fiscale.
  • Réformer la fiscalité immobilière pour rendre l’achat de logements plus accessible. En étalant le droit d’enregistrement dans le temps et le baisser.

11. Comment planifiez-vous d’investir dans les infrastructures pour soutenir la croissance économique ?

Nous devons distinguer investissement et dépense. L’État doit réduire ses dépenses de 600 millions d’euros en simplifiant les structures administratives et en réduisant le nombre d’élus politiques. Nous devons maintenir l’investissement dans les transports en commun et les réseaux informatiques.

12. Comment votre politique économique va-t-elle promouvoir la finance durable et responsable ?

Nous voulons une plus grande justice fiscale en établissant une clause miroir aux portes de l’Europe. Il faut que nous ayons des standards sociaux et environnementaux élevés en Europe. Tout ce que nous importons en Belgique doit respecter ces mêmes standards, sinon il faut taxer aux portes de l’Europe pour éviter des problèmes de concurrence déloyale.

Nous aimerions introduire le concept d’entreprise à mission, qui existe déjà en France. Il s’agit de reconnaître les entreprises en fonction de leur progression sur le plan environnemental et social. Cela peut encourager les sociétés à se fixer des objectifs ambitieux.

Nous proposons également de remplacer et de modifier la TVA par la TVE (taxe sur la valeur environnementale), une TVA modulée selon l’impact environnemental des produits et services.

Mot de la fin

Nous sommes les seuls à proposer un plan chiffré avec des objectifs étalés dans le temps pour relever Bruxelles avec une vision à long terme. Nous adoptons une posture politique visant à unir plutôt qu’à diviser.

Un grand merci Christophe De Beukelaer pour cette interview ! Bonne chance.