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Réussir le changement en entreprise en 8 étapes

La rentrée est souvent synonyme de changements, y compris sur le lieu de travail. Quand on parle de “changement organisationnel”, on fait référence à une transition d’un état actuel vers un autre futur dans une organisation. [1] 

Ce changement peut concerner la structure de l’organisation, sa stratégie, ses politiques, ses technologies, sa culture ou encore ses procédures [2]. Du fait des évolutions par exemple technologiques comme l’utilisation de l’intelligence artificielle, économiques, démographiques ou encore politiques, les organisations sont souvent amenées à instaurer ces changements [1] . 

Qu’il soit planifié de longue date ou plus soudain, qu’il s’agisse d’un changement radical ou progressif, il nécessite une gestion efficace pour être mené à bien.  

Comprendre les résistances pour un changement efficace 

Lors de changements organisationnels, il est normal que les collaborateurs et collaboratrices qui seront touchées aient des préoccupations. Ces personnes peuvent passer par 7 différentes phases [3]. : 

  1. Aucune préoccupation : c’est le cas lorsque la personne ne se sent pas (encore) concernée par le changement 
  2. Préoccupation pour soi : elles concernent l’impact du changement sur la situation personnelle comme le travail, les responsabilités, le rôle etc… 
  3. Préoccupation à propos de l’organisation : la personne s’interroge sur la légitimité du changement et la capacité de la structure à changer. 
  4. Préoccupations centrées sur le changement : la personne s’interroge sur le changement en lui-même et son plan de réalisation. 
  5. Préoccupations sur sa propre adaptation : inquiétudes sur le soutien apporté pour s’adapter. 
  6. Préoccupations à propos de la collaboration avec les collègues. 
  7. Préoccupation sur l’amélioration continue du changement. 

Ces préoccupations peuvent par ailleurs évoluer dans le temps et toutes les personnes ne se trouvent pas toutes à la même phase en même temps. 

Les personnes qui expriment leurs préoccupations par rapport au changement sont souvent blâmées et accusées d’y résister. Cependant, ces préoccupations sont une ressource qu’il ne faut pas ignorer. C’est en effet un retour qui questionne tant sur la forme que sur le contenu du changement et peut amener à améliorer son implémentation. 

De plus, les oppositions ouvertes, le sabotage ou encore la rotation du personnel (turnover) sont des conséquences possibles d’un changement organisationnel mal géré.[1]  

Comment planifier et exécuter un changement organisationnel en 8 étapes ?  

D’après le professeur John Kotter d’Harvard Business School[4], les entreprises devraient suivre ces 8 étapes pour instaurer efficacement un changement organisationnel :  

  1. Créer un sentiment d’urgence : Les personnes sont plus susceptibles d’accepter un changement si elles comprennent pourquoi il est nécessaire. Par exemple, lorsque ce changement est lié à une concurrence accrue, à la réputation de l’entreprise ou à des évolutions du marché. 
  2. Former une coalition : Il est essentiel de s’appuyer sur des leaders ou des personnes influentes au sein de l’organisation. Leur engagement peut encourager les autres à adhérer au changement.  
  3. Développer une vision claire du changement : Une vision inspirante et alignée avec les valeurs de l’entreprise permet aux personnes de se projeter positivement dans l’avenir. Elle donne un sens au changement et motive les équipes à y contribuer. 
  4. Communiquer le plan de changement : La transparence est primordiale. Il faut expliquer clairement ce que le changement implique, quand il aura lieu et pourquoi il est mis en œuvre. Une bonne communication réduit les incertitudes et renforce la confiance. 
  5. Éliminer les obstacles : Même avant de lancer la transformation, il est important d’identifier et de lever les freins potentiels. Cela peut concerner des processus inefficaces, des résistances internes ou des ressources manquantes. 
  6. Créer des victoires rapides : Montrer des résultats concrets, même modestes, dès les premières étapes du changement permet de renforcer la motivation et la crédibilité des personnes qui portent le projet. Pour se faire, il peut être judicieux de diviser ce plan en phases pour mieux suivre les progrès.  
  7. Consolider les acquis en partageant les réussites, réévaluant le changement et réajuster si besoin. 
  8. Ancrer le changement dans la culture de l’entreprise : Une fois le changement instauré avec succès, il peut être intégré aux pratiques et aux valeurs de l’organisation. 

Les changements organisationnels peuvent générer des préoccupations et du stress chez les personnes concernées. Il est donc crucial de les soutenir tout au long du processus même après l’implémentation du changement. 

Sources

Abigail Alves, consultante psychologue du travail et doctorante en gestion spécialisée sur les sujets de l’autonomie, la diversité et le leadership au travail.

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Banque & Finance Nos analyses

Tout savoir sur la Blockchain !

Il est fort probable que vous ayez entendu le terme « Blockchain » au cours de ces dernières années. Même si nous avons tous tendance à avoir une vague idée de ce que c’est, la réelle définition est bien plus complexe qu’elle n’en a l’air et la voici !

La blockchain est le nom d’une nouvelle technologie. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une séquence de blocs, ou de groupes de transactions, qui sont enchaînés et distribués entre différents utilisateurs.

Certains spécialistes du domaine définissent la blockchain comme étant un incorruptible grand livre numérique, contenant des transactions économiques, pouvant être programmées pour enregistrer non seulement des transactions financières, mais également tout ce qui a de la valeur.

Histoire

La Blockchain a été inventée en 2008 en pleine crise économique, à un moment où le monde financier n’était pas sûr. C’est pourquoi cette méthode s’est répandue si rapidement dans différents secteurs comme les banques, l’informatique ou encore le droit. La blockchain a été une révélation pour tous ceux qui souhaitaient bâtir la confiance entre deux parties sur le net.

Elle a été fondée par une personne (ou un groupe de personnes) utilisant le nom de Satoshi Nakamoto, pour servir de registre public des transactions du bitcoin. L’identité de Satoshi Nakamoto reste encore inconnue à ce jour.

L’invention de la blockchain pour les bitcoins a fait de cette cryptomonnaie la première monnaie numérique/digitale à résoudre le problème de « double-dépense », sans qu’il soit nécessaire de faire appel à une autorité de confiance ou à un serveur central.

La « double-dépense » est une faille potentielle dans un système d’argent numérique/digital dans lequel le même jeton numérique peut être dépensé plus d’une fois. Contrairement à l’argent liquide (physique), un jeton numérique consiste en un fichier numérique qui peut être dupliqué ou falsifié.

Comme pour la fausse monnaie, cette double dépense entraîne une inflation en créant une nouvelle quantité de monnaie (copiée) qui n’existait pas auparavant. Cela dévalorise la monnaie par rapport à d’autres monnaie et diminue la confiance des utilisateurs ainsi que la circulation et la conservation de la monnaie.

Fonctionnement

Au départ, la Blockchain est une technologie transparente qui fonctionne sans organe de contrôle central qui assure le stockage et la transmission des informations. En outre, chaque utilisateur dispose d’une copie de chaque transaction effectuée.

En d’autres termes, on peut considérer cela comme étant un livre dont chaque propriétaire dispose à tout moment d’une copie mise à jour. Pour chaque transaction effectuée, une nouvelle page est ajoutée au « livre » et l’utilisateur peut la consulter. En outre, Blockchain est basé sur quelques principes détaillés ci-dessous :

La technologie renforce l’intégrité:

Par exemple, puisque l’intégrité est répartie et codée dans le système, chaque utilisateur peut échanger de la valeur en sachant que l’autre partie respectera l’accord.

Les gens doivent contrôler leurs propres données:

En fait, en éliminant le besoin de confiance, le système permet aux utilisateurs de cacher leur véritable identité.

Les droits sont protégés:

Comme chaque action est transparente, les droits et la propriété sont toujours clairs et applicables dans le système.

L’économie fonctionne mieux lorsqu’elle fonctionne pour tout le monde:

Dans une Blockchain, il s’agit en effet de réduire les obstacles à la participation.

La sécurité est une priorité:

Ainsi, les mesures de sécurité sont intégrées dans le réseau, ce qui assure la confidentialité et l’authenticité de toutes les activités.

La Blockchain, l’ennemi des banques ?

Comme il a été indiqué ci-dessus, la Blockchain peut être utilisée dans divers secteurs dont le secteur bancaire. Elle révolutionne la manière dont s’échangent les informations et leur sécurisation.

Elle a notamment été adoptée par des banques en vue de sécuriser les paiements à distance ou les tradings d’actions. 

Prenons un premier exemple dans ce secteur-là. Avec la Blockchain, le rôle des banques peut être mis à mal et elles deviendraient donc superflues. En effet, les banques ont pour but de garder une trace des titres de propriété et d’authentifier les transactions afin de confirmer qui possède quoi. Cependant, une banque peut faire faillite en concluant de mauvaises affaires et ainsi, perdre tout son argent. Les banques peuvent également vendre les données de ses propres clients sans leurs consentements.

Grâce à la Blockchain, tout vendeur et tout acheteur peut se passer des autorités centrales traditionnelles comme les banques.

En fait, puisqu’il n’existe pas d’organe de contrôle central comme par exemple le gouvernement, chaque utilisateur de la Blockchain a accès à une base de données décentralisée (et bien évidement sécurisée). De plus, comme chaque utilisateur dispose d’une copie de la transaction précédente, il est pratiquement impossible pour un hacker de pirater le système.

La base de données est en effet diffusée dans le monde entier en millions de copies potentielles, ce qui fait que le coût et le temps nécessaire pour toutes les pirater sont simplement trop élevés. Un pirate devrait en effet obtenir l’accès à plus de la moitié des copies, ce qui semble très peu probable.

Une des nouveautés apportée par la blockchain sont les contrats intelligents dits smart contracts, dont le but est l’exécution automatique, sans intervention humaine, des conditions et termes d’un contrat. Cette innovation est née grâce à la blockchain Ethereum.

Conclusion :

En bref, la blockchain fonctionne comme un registre (immuable) de transactions qui ne nécessitent pas de faire appel à une autorité externe pour valider l’authenticité et l’intégrité des données. Les transactions sont généralement économiques/financières, mais nous pouvons également y stocker tout type d’information dans les blocs.

En outre, elle pourrait potentiellement faire entrer des milliards de personnes dans le monde de la finance et du commerce. Tout cela de manière ouverte et transparente, en réduisant considérablement la corruption et la fraude tout au long du processus.

Par Jad BITAR