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Rapport weekly : faits marquants du 01-05 sept. 2025

La rentrée des marchés financiers a été marquée par un choc venu des États-Unis : le rapport sur l’emploi d’août n’a révélé que 22 000 créations de postes et un chômage à 4,3 %, son plus haut depuis quatre ans. Les investisseurs anticipent désormais un assouplissement monétaire de la Fed dès le 17 septembre. Les taux obligataires se sont repliés en fin de semaine et l’or a atteint un nouveau record. En Europe, l’inflation proche de la cible maintient la BCE en attente. Au Royaume-Uni, la flambée des coûts d’emprunt alimente les craintes budgétaires. Côté matières premières, l’OPEP+ prépare une hausse de production qui pèse déjà sur le pétrole.

Devises majeures

États-Unis : Dollar américain (USD)

Le dollar a reculé, affecté par la détérioration du marché du travail. Les créations de postes se sont effondrées à 22 000 en août, contre plus de 150 000 en moyenne mensuelle sur le premier semestre, et le taux de chômage a progressé à 4,3 %. Les salaires horaires ont certes augmenté de 0,3 % sur un mois, mais sans compenser la faiblesse globale. L’ISM manufacturier est resté en contraction (48,7) et l’ISM services a conservé une dynamique molle. L’ensemble de ces données renforce la probabilité d’une première baisse de taux de 25 points de base dès septembre, ce qui pèse mécaniquement sur le billet vert.

Zone euro : Euro (EUR)

L’euro a profité de l’affaiblissement du dollar pour s’apprécier, même si la zone euro reste confrontée à une conjoncture fragile. L’inflation flash d’août est ressortie à 2,1 %, légèrement supérieure aux attentes, confirmant que la BCE doit maintenir une ligne prudente. Les taux longs européens ont reculé en fin de semaine, entraînant une détente relative des spreads périphériques. La devise conserve ainsi un biais positif, sans toutefois refléter une amélioration nette des fondamentaux.

Royaume-Uni : Livre sterling (GBP)

La livre a évolué sans tendance forte. L’attention s’est portée sur le marché obligataire : le rendement du gilt à trente ans a atteint son plus haut depuis 1998 en début de semaine, avant de refluer vendredi. Les ventes au détail se sont révélées décevantes, avec une progression limitée à 0,4 % contre 0,9 % attendu. Cette combinaison maintient la devise dans un équilibre fragile, prisonnière d’une inflation persistante et d’un contexte budgétaire incertain.

Japon : Yen japonais (JPY)

Aucune statistique majeure n’a été publiée au Japon cette semaine. Le yen est resté guidé par l’aversion au risque internationale et par la baisse des rendements américains, qui a limité la pression à la baisse sur la devise. Le statut de valeur refuge du yen a été préservé, sans mouvement brusque.

Suisse : Franc suisse (CHF)

Le franc a légèrement progressé, bénéficiant d’un contexte global de prudence. Aucun indicateur domestique majeur n’a été diffusé, mais la perspective d’une communication prochaine de la Banque nationale suisse a contribué à soutenir la devise.

Canada : Dollar canadien (CAD)

Les chiffres de l’emploi ont montré 9 400 créations de postes, insuffisantes pour empêcher une hausse du chômage à 7,0 %. L’indice Ivey PMI a reculé à 53,1, traduisant un ralentissement de l’activité. Le recul du pétrole a accentué la pression sur le dollar canadien, qui a terminé la semaine en repli.

Australie : Dollar australien (AUD)

L’AUD a résisté, porté par l’affaiblissement global du dollar et par des flux positifs vers les matières premières industrielles. Aucun chiffre domestique notable n’a été publié, et la devise a surtout reflété le différentiel de politique monétaire, la RBA restant moins accommodante que la RBNZ.

Nouvelle-Zélande : Dollar néo-zélandais (NZD)

Le NZD est resté en retrait, sans catalyseur macroéconomique. La politique très dovish de la RBNZ pèse toujours sur la monnaie, qui s’est contentée de suivre les arbitrages régionaux.

Géopolitique et contexte global

Chine

La Chine a attiré l’attention avec la progression spectaculaire des financements sur marge, qui ont atteint un record de 2,29 trillions de yuans, soit environ 320 milliards de dollars. Ce recours massif à l’endettement pour spéculer en bourse suscite des craintes de volatilité accrue, sans réaction réglementaire immédiate.

Europe

Le marché a suivi de près la flambée des rendements longs au Royaume-Uni et en France, perçue comme un signal de vulnérabilité budgétaire. La détente en fin de semaine a été permise par l’impact des données américaines, mais les interrogations sur la soutenabilité de la dette publique restent présentes.

Russie – Ukraine

Aucun événement militaire d’ampleur n’a marqué la semaine. Le conflit reste figé dans une logique d’attrition, et la prime de risque géopolitique sur les marchés de l’énergie n’a pas diminué. Les regards sont tournés vers la réunion de l’OPEP+ du 8 septembre.

Obligations souveraines

États-Unis

Les Treasuries ont réagi brutalement au rapport emploi. Le rendement du 10 ans a reculé vers 4,09 %, effaçant une partie de la hausse observée plus tôt dans la semaine, tandis que le 2 ans est retombé autour de 3,5 %. La courbe s’est légèrement pentifiée, traduisant l’anticipation d’un assouplissement imminent.

Zone euro

Le Bund à 10 ans a reculé à 2,7 % en fin de semaine, après avoir atteint un sommet de cinq mois. La détente a également concerné les dettes périphériques, soutenues par la perspective d’une Fed plus accommodante.

Royaume-Uni

Le gilt à 30 ans a touché un plus haut depuis 1998, avant de se replier vendredi. Le marché a sanctionné les doutes budgétaires, mais a fini par s’aligner sur le mouvement de détente américain.

Autres zones

Au Japon, le 10 ans JGB est resté stable à 0,9 %. En Suisse, les taux ont peu évolué mais bénéficient de flux refuge. Au Canada, le 10 ans a suivi le mouvement de repli américain. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les obligations ont évolué sans catalyseur propre, avec une légère détente en fin de semaine.

Actions

États-Unis

Après de nouveaux records jeudi, les indices ont cédé du terrain vendredi. Le S&P 500 a terminé la semaine en hausse de 0,3 % et le Nasdaq de 1,1 %. Les valeurs technologiques ont été soutenues par la détente des taux, avec un bond de Broadcom sur fond d’optimisme lié à l’intelligence artificielle. Tesla a progressé après des débats sur la rémunération de son management, tandis que Lululemon a chuté à la suite de ventes décevantes. La faiblesse de l’emploi a toutefois limité l’appétit global pour le risque.

Europe

Les marchés européens ont progressé en début de séance vendredi, portés par la perspective d’une Fed accommodante, mais ont terminé prudemment en l’absence de catalyseur domestique.

Asie-Pacifique

Les marchés asiatiques ont profité de la baisse des rendements mondiaux, mais la Bourse australienne a mis fin à une série de quatre semaines consécutives de hausse, faute de soutien domestique.

Matières premières

Énergie

Les cours du pétrole ont reculé, pénalisés par les anticipations d’une hausse de production de l’OPEP+ dès le 8 septembre et par une augmentation surprise des stocks de brut américains. Le Brent a clôturé sous 66 dollars le baril, en baisse de plus de 2 % sur la semaine.

Métaux précieux

L’or a inscrit un record historique à près de 3 600 dollars l’once. La combinaison d’un marché du travail américain affaibli et d’anticipations de baisse de taux a renforcé la demande pour le métal jaune. L’argent et le platine ont suivi cette dynamique, soutenus à la fois par leur rôle de valeur refuge et par la perspective d’une baisse des rendements réels.

Métaux industriels et agriculture

Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, essentiellement guidés par le recul du dollar et l’évolution du sentiment sur la croissance mondiale. Aucun mouvement particulier n’a été constaté sur les matières premières agricoles, dont les prix sont restés fermes.

Taux d’intérêt et banques centrales

Réserve fédérale

Le marché price désormais à près de 100 % une baisse de 25 points de base en septembre. La faiblesse du marché du travail a alimenté le scénario d’une série de coupes pouvant s’étendre jusqu’en 2026. Les rendements courts ont fortement baissé, confirmant cette lecture.

Banque centrale européenne

Aucune réunion cette semaine. L’inflation à 2,1 % en août conforte l’idée d’un statu quo à court terme. Les discussions sur un assouplissement graduel se poursuivent, mais restent conditionnées à une amélioration nette des perspectives économiques.

Banque d’Angleterre

Pas de communication majeure. Le marché a toutefois sanctionné en début de semaine la sensibilité de la dette britannique aux doutes budgétaires, rappelant que la BoE n’est pas en position d’assouplir sa politique avant un reflux durable de l’inflation.

Autres banques centrales

La Banque du Japon, la Banque du Canada, la RBA, la RBNZ et la BNS n’ont rien annoncé de nouveau cette semaine. Leurs marchés obligataires ont essentiellement suivi les mouvements américains.

Calendrier économique à venir

Semaine du 8 au 12 septembre 2025

  • Lundi 8 septembre : réunion OPEP+ (JMMC)
  • Mardi 9 septembre : nouveaux prêts bancaires en Chine, intervention du président de la BNS Martin Schlegel
  • Mercredi 10 septembre : inflation et prix à la production en Chine, prix à la production aux États-Unis
  • Jeudi 11 septembre : discours du gouverneur adjoint de la RBNZ Hawkesby, décision de la BCE et conférence de presse, inflation CPI aux États-Unis, inscriptions au chômage hebdomadaires
  • Vendredi 12 septembre : PIB mensuel du Royaume-Uni, indice de confiance du Michigan (préliminaire) et anticipations d’inflation aux États-Unis

Sources

https://www.reuters.com/business/us-unemployment-rate-near-4-year-high-labor-market-hits-stall-speed-2025-09-05

https://www.wsj.com/livecoverage/jobs-report-august-stock-market-today-09-05-2025

https://www.reuters.com/business/energy/oil-prices-settle-down-more-than-2-after-weak-us-jobs-report-2025-09-05

https://www.reuters.com/world/india/gold-hits-record-high-nears-3600oz-weak-us-jobs-data-fuels-rate-cut-bets-2025-09-05

https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-euro-indicators/w/2-02092025-ap

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Marchés : faits marquants du 25 au 29 août 2025

La dernière semaine d’août a été rythmée par un recul du dollar, une amélioration fragile en zone euro, une inflation toujours tenace en Asie et de nouvelles tensions commerciales. Les marchés actions américains ont atteint de nouveaux sommets, portés par la technologie et l’industrie, tandis que les rendements obligataires se sont tendus aux États-Unis et au Royaume-Uni, traduisant la persistance d’anticipations restrictives. Dans le même temps, le pétrole est resté soutenu par l’escalade en Ukraine et les métaux industriels ont trouvé un plancher grâce à la stabilisation européenne.

Devises majeures

Dollar américain (USD)

Le billet vert a perdu 0,36 %. Les chiffres de croissance du T2 sont restés solides, mais les signaux avancés s’affaiblissent : l’indice LEI a reculé et la confiance des consommateurs s’est dégradée. L’inflation ralentit graduellement avec un PCE global à 2,5 % et un cœur PCE à 2,6 %. Les inscriptions au chômage (229 000) confirment un marché de l’emploi qui se détend légèrement. La Fed reste prudente : deux baisses de taux sont anticipées d’ici fin 2025, dont une possible dès septembre.

Euro (EUR)

L’euro s’est apprécié (+0,52 %). L’indice Ifo en Allemagne est remonté à 89,0, au plus haut depuis mai 2024, malgré une consommation toujours déprimée. L’inflation allemande a atteint 2,2 % en août. En France, la confiance des ménages a chuté à 87, son plus bas depuis octobre 2023. La BCE reste en retrait, mais une première baisse de taux en 2025 n’est pas exclue.

Livre sterling (GBP)

La livre a reculé (–0,37 %). Aucun chiffre majeur n’a été publié, et l’économie reste confrontée à une faible croissance et à une inflation élevée. La Banque d’Angleterre n’envisage pas d’assouplissement avant 2026.

Yen japonais (JPY)

Le yen s’est légèrement renforcé (–0,07 % sur USDJPY). L’économie japonaise reste fragile : la production industrielle a chuté de –1,6 % en juillet, les ventes au détail n’ont progressé que de +0,3 %. L’inflation de Tokyo atteint 2,9 % et reste alimentée par les prix alimentaires (+7,4 %). La BoJ demeure coincée entre croissance molle et inflation tenace.

Franc suisse (CHF)

Le franc est resté stable. La croissance au T2 (+0,1 %) n’est quasi nulle, l’industrie a chuté (–2,4 %) et les exportations se sont repliées (–2,7 %). Le rôle refuge du CHF reste son principal moteur.

Dollar canadien (CAD)

Le CAD a progressé (+0,44 %). Le PIB du T2 a reculé de –0,4 %, principalement en raison de l’effondrement des exportations (–7,5 %), touchées par les droits de douane américains. La demande intérieure reste robuste (+0,9 %), soutenant la monnaie.

Dollar australien (AUD)

L’AUD a signé la meilleure performance du G10 (+0,56 %). La RBA a abaissé ses taux à 3,60 % mais l’inflation a surpris en hausse en juillet (2,8 % contre 1,9 % en juin). Le marché anticipe désormais une seule baisse de taux supplémentaire d’ici fin 2025.

Dollar néo-zélandais (NZD)

Le NZD a gagné 0,23 %. La confiance des entreprises s’améliore, mais l’activité propre recule et l’emploi reste faible. L’inflation reste stable à 2,6 %. Le différentiel de taux défavorable vis-à-vis de l’AUD limite l’attrait du NZD.

Géopolitique

Commerce mondial

Washington a doublé ses droits de douane sur l’Inde à 50 %, en réponse aux importations de pétrole russe. Les États-Unis menacent également l’Union européenne de mesures punitives face aux taxes numériques. En parallèle, un accord avec la Corée du Sud est proche et des discussions avec la Chine sont prévues pour l’automne.

Russie – Ukraine

L’Ukraine a intensifié ses frappes de drones contre les infrastructures énergétiques russes, ciblant notamment des terminaux gaziers et des raffineries. Moscou a riposté en bombardant Kiev, endommageant des bâtiments liés à l’Union européenne. La situation militaire et diplomatique reste bloquée, renforçant la prime de risque sur le pétrole.

Asie

La Chine reste en retrait avant les négociations commerciales avec Washington. Le Japon a vu une visite diplomatique annulée, tandis que la Corée du Sud renforce sa coopération économique et sécuritaire avec les États-Unis.

Obligations souveraines

Aux États-Unis, le 10 ans s’est établi à 4,4 %, son plus haut niveau en six semaines. La courbe reste inversée (2 ans–10 ans : –25 pb) mais l’inversion se réduit, signe d’une consommation résiliente.

En zone euro, le Bund a évolué autour de 2,2 %, les spreads périphériques (Italie, Espagne) se resserrant légèrement grâce à une détente commerciale avec Washington.

Au Royaume-Uni, le 10 ans gilt a atteint 4,3 %, tiré par une inflation persistante et l’absence de perspective de baisse de taux.

Au Japon, le 10 ans JGB est resté proche de 0,9 %, la BoJ maintenant une politique ultra-accommodante.

Le 10 ans canadien a évolué à 3,6 %, influencé par la contraction du PIB.

En Australie, le 10 ans ACGB a tourné autour de 3,9 %, malgré une RBA en pause prolongée.

En Nouvelle-Zélande, les rendements se sont fortement détendus, avec un 2 ans en baisse, reflétant l’anticipation de nouvelles baisses de taux.

En Suisse, le 10 ans est resté à 0,9 %, soutenu par le rôle refuge du franc.

Actions

Les indices américains (S&P 500, Nasdaq) ont atteint de nouveaux records, soutenus par la technologie et l’industrie. Les PMI robustes ont encouragé l’optimisme, mais la composante inflation a limité l’élan. Les secteurs de l’immobilier et de la consommation discrétionnaire sont restés en retrait.

En Europe, l’Euro Stoxx 50 a progressé, aidé par l’automobile et l’industrie, mais la récession allemande a freiné les gains.

À Londres, le FTSE a été soutenu par les valeurs minières et énergétiques, alors que les titres domestiques liés à la consommation ont souffert.

À Tokyo, le Nikkei a gagné grâce à la faiblesse du yen, mais les exportations restent fragiles.

Matières premières

Énergie

Le pétrole a poursuivi sa hausse, alimentée par les attaques contre les infrastructures russes et les perturbations du pipeline Druzhba. Le diesel canadien a bondi de +6,6 %, reflétant des tensions sur le marché raffiné. Le gaz naturel européen est resté stable, mais la menace d’interruptions russes entretient une forte volatilité.

Métaux précieux

L’or est resté soutenu par la demande refuge, dans un climat de tensions géopolitiques. La hausse des rendements US limite néanmoins son potentiel. L’argent et le platine ont suivi, tirés par leur double rôle refuge et industriel.

Métaux industriels

Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, aidés par le retour du PMI manufacturier européen en territoire d’expansion. Au Canada, les métaux industriels ont progressé (+2,7 %), notamment les alliages (+12,4 %), grâce à une forte demande dans la construction et l’électronique.

Agriculture

Les prix agricoles restent en forte hausse. Au Japon, le riz affiche toujours +90 % sur un an malgré les mesures de stabilisation. En Allemagne, le café et le bœuf ont bondi de +38 %. Au Canada, la volaille (+7,9 %) et les produits laitiers poursuivent leur hausse.

Taux d’intérêt

  • Fed : l’économie américaine reste solide, mais l’inflation ralentit trop lentement. La banque centrale prépare deux baisses de taux d’ici fin 2025, dont une probable en septembre. Le 10 ans reste élevé à 4,4 %, preuve que le marché croit encore à une politique restrictive prolongée.
  • BCE : l’inflation dans la zone euro est proche de la cible (2,2 % en Allemagne), mais la croissance reste fragile. La BCE privilégie une posture attentiste, tout en gardant ouverte la possibilité d’un assouplissement fin 2025.
  • BoE : avec une inflation supérieure à 3 %, la Banque d’Angleterre ne peut envisager aucun relâchement avant 2026. La courbe britannique reste pentue, reflétant la défiance sur la trajectoire budgétaire.
  • BoJ : malgré une inflation à 2,9 % à Tokyo, la consommation atone pousse la BoJ à maintenir une politique ultra-accommodante. Les JGBs restent stables.
  • BoC : la contraction du PIB n’a pas poussé la Banque du Canada à bouger. Son objectif d’inflation à 2 % est réaffirmé, avec une posture neutre.
  • RBA : après avoir abaissé son taux directeur à 3,60 %, la banque reste prudente face à une inflation sous-jacente encore élevée. Une seule nouvelle baisse est attendue.
  • RBNZ : la plus dovish du G10. Le marché price deux nouvelles baisses d’ici la fin de l’année, ce qui affaiblit le NZD.
  • BNS : neutre, la Banque nationale suisse s’aligne sur les grandes tendances mondiales tout en profitant du rôle refuge de sa monnaie.

Calendrier économique (31 août – 5 septembre 2025)

Dimanche 31 août : PMI manufacturier Chine (49,4), PMI non-manufacturier (50,3)

Lundi 1er septembre : jour férié au Canada et aux États-Unis

Mardi 2 septembre : inflation flash zone euro, ISM manufacturier États-Unis

Mercredi 3 septembre : PIB Australie, discours Lagarde (BCE), discours Bullock (RBA), auditions monétaires Royaume-Uni, JOLTS US

Jeudi 4 septembre : CPI Suisse, ADP US, demandes d’allocations chômage US, ISM services US

Vendredi 5 septembre : ventes au détail UK, emploi Canada, chômage Canada, NFP US, chômage US, salaires US, PMI Ivey Canada

Sources :

Banques centrales

https://www.federalreserve.gov

https://www.ecb.europa.eu

https://www.bankofengland.co.uk

https://www.boj.or.jp

https://www.rba.gov.au

https://www.rbnz.govt.nz

https://www.bns.admin.ch

Institutions statistiques

https://www.bls.gov

https://www.destatis.de

https://www.insee.fr

https://www150.statcan.gc.ca

https://www.abs.gov.au

https://www.stat.go.jp

Médias financiers et données de marché

https://www.reuters.com

https://www.bloomberg.com

https://www.ft.com

https://www.tradingeconomics.com

https://www.tradingview.com

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NVIDIA : des résultats très attendus ce soir, un test pour la vague IA

Ce mercredi 27 août 2025, après la clôture de Wall Street, NVIDIA publiera ses résultats du deuxième trimestre fiscal 2026. La société, devenue l’icône de l’intelligence artificielle générative et de l’informatique haute performance, est scrutée de près par les marchés.

Sa performance constitue un baromètre pour l’ensemble du secteur technologique.

Des attentes colossales

Le consensus des analystes table sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 46 milliards de dollars, en hausse d’environ 53 % sur un an. Le bénéfice par action ajusté (EPS) est attendu autour de 1,01 à 1,02 dollar, soit une progression de près de 49 %.

Ces prévisions, déjà impressionnantes, reflètent l’énorme demande mondiale en processeurs graphiques (GPU) utilisés dans l’IA, le cloud et les supercalculateurs.

Trois enjeux majeurs

  1. La division Data Centers Segment désormais dominant (plus de 80 % du chiffre d’affaires), il reste la locomotive de la croissance. Le marché attend confirmation que la demande en IA ne faiblit pas.
  2. Les tensions États-Unis / Chine Washington a renforcé les restrictions sur les exportations de puces avancées. NVIDIA a dû suspendre la production de son modèle H20 en Chine et mettre en place un accord de partage de revenus (15 %) sur ses ventes locales. L’impact sur les résultats asiatiques sera très surveillé.
  3. La guidance pour le prochain trimestre Les investisseurs veulent savoir si NVIDIA maintiendra son rythme de croissance. Les annonces autour de la nouvelle génération de puces (Rubin et modèles adaptés au marché chinois) pourraient être décisives.

Pourquoi c’est un test pour la vague IA

La capitalisation boursière de NVIDIA dépasse désormais 4 000 milliards de dollars. À ce niveau, le moindre signe de ralentissement pourrait peser lourdement sur l’ensemble du Nasdaq et du secteur technologique.

Si les résultats et les prévisions confirment une dynamique forte, cela prolongera l’euphorie actuelle autour de l’intelligence artificielle. À l’inverse, un chiffre en deçà des attentes pourrait nourrir le doute sur la viabilité à court terme de cette révolution, certains observateurs rappelant que 95 % des entreprises n’ont pas encore dégagé de bénéfices tangibles de leurs investissements IA.

Conclusion

Les résultats de ce soir ne sont pas seulement ceux de NVIDIA : ils incarneront l’arbitrage du marché sur l’avenir de l’IA. Le verdict attendu après la clôture de Wall Street pourrait bien dicter la tendance de l’automne pour l’ensemble des marchés financiers.

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Été 2025 : entre records et secousses

L’été 2025 aura été l’un des plus intenses de la décennie pour les marchés financiers. Tandis que Wall Street inscrivait de nouveaux records historiques, porté par la vague de l’intelligence artificielle et par des signaux monétaires plus accommodants, l’Europe oscillait entre reprise fragile et incertitudes tarifaires.

L’Asie, elle, a jonglé entre la puissance de Taïwan dans les semi-conducteurs et l’ombre persistante de la crise immobilière chinoise. Mais derrière cette euphorie apparente, les investisseurs ont été confrontés à des secousses brutales, comme la déroute de Novo Nordisk, aux tensions géopolitiques croissantes entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et à l’épilogue symbolique de la chute d’Evergrande.

L’été 2025 restera comme un moment charnière : celui où les marchés ont commencé à parier sur un “pivot” monétaire, tout en réalisant que l’économie mondiale reste semée de pièges.

Macroéconomie et banques centrales : un pivot en préparation

Sur le plan macroéconomique, l’été a confirmé un scénario de ralentissement maîtrisé. Aux États-Unis, l’inflation est retombée à 2,7 % en juillet, avec un cœur à 3,1 %. L’emploi a montré des signes de modération, donnant à Jerome Powell l’argument nécessaire pour préparer une baisse de taux.

À Jackson Hole, le président de la Fed a surpris en ouvrant la porte à une détente monétaire dès septembre. Les marchés obligataires ont aussitôt salué l’annonce : le 10 ans américain est revenu vers 4,25 %, et le dollar a cédé du terrain.

En Europe, la BCE a préféré marquer une pause après avoir ramené son taux de dépôt à 2 % en juin. L’institution, confortée par un PMI composite en hausse à 51,1 en août, a estimé que la désinflation restait en bonne voie, même si l’inflation des services demeure un risque.

À Londres, la Banque d’Angleterre a pris une décision audacieuse : réduire son taux directeur à 4 % début août. Une décision aussitôt compliquée par le rebond de l’inflation britannique à 3,8 %, son plus haut niveau depuis plus d’un an. Enfin, au Japon, la BoJ a poursuivi sa normalisation graduelle en relevant son taux directeur à 0,35 %, dans un contexte où le yen reste faible malgré le resserrement monétaire.

Actions : gagnants et perdants de l’été

Les grands gagnants de l’été se trouvent dans la tech et la finance. Microsoft a livré des résultats spectaculaires, avec une progression de 39 % pour Azure et un capex record de 30 milliards de dollars, propulsant sa capitalisation au-delà de 4 000 milliards. Palantir a dépassé pour la première fois le milliard de dollars de revenus trimestriels et relevé fortement ses prévisions, confirmant la solidité de sa trajectoire.

TSMC a annoncé un bénéfice net record, en hausse de 60 % sur un an, consolidant son rôle central dans l’économie de l’IA. Les banques UBS et Santander se sont distinguées en publiant des bénéfices solides, portés par la bonne tenue de leurs activités commerciales et par une gestion prudente des coûts.

À l’inverse, plusieurs géants ont connu un été difficile. Novo Nordisk a vu sa capitalisation s’évaporer après un plongeon de plus de 10 % en août, les investisseurs doutant de sa capacité à maintenir son avance dans l’obésité. Dans le luxe, Kering a été sanctionné avec un recul de 15 % de ses ventes au T2, dont un plongeon de 25 % pour Gucci, tandis que LVMH a mieux résisté.

Renault a affiché une perte nette de plus de 11 milliards d’euros liée à une dépréciation sur Nissan et a abaissé ses prévisions de marge et de cash-flow. Enfin, l’éolien offshore européen a souffert de retards et de coûts persistants, avec Ørsted en première ligne.

Matières premières et obligations : l’or roi, le pétrole stable

Sur le marché des matières premières, l’or a confirmé son statut de valeur refuge ultime. Le métal jaune a franchi le seuil symbolique des 3 000 dollars l’once début août, stimulé par la perspective d’une baisse des taux américains et par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le pétrole, en revanche, est resté étonnamment stable.

Le Brent a évolué autour de 67-68 dollars le baril, coincé entre une demande estivale soutenue et la prudence des investisseurs face aux incertitudes mondiales.

Côté obligations, la détente des rendements a permis aux actifs sensibles aux taux de respirer. Les small caps américaines et l’immobilier coté ont connu un rebond marqué après Jackson Hole. Les investisseurs ont commencé à rallonger leurs positions de duration, anticipant que l’ère des taux élevés touche à sa fin.

Géopolitique : un été sous haute tension

Si les marchés financiers ont fêté Jackson Hole, ils n’ont pas pu ignorer la montée des tensions au Moyen-Orient. Dès juillet, Israël a multiplié les signaux de fermeté à l’égard de l’Iran, accusé de soutenir des groupes armés régionaux. Les États-Unis ont affiché leur soutien inconditionnel à Tel-Aviv, tout en affirmant ne pas vouloir d’une extension du conflit.

Mais à Washington comme à Jérusalem, le message a été clair : toute attaque iranienne sera suivie de représailles.

Dans ce contexte, les investisseurs ont retrouvé de vieux réflexes. L’or a été plébiscité comme valeur refuge, et les flux vers les actifs jugés sûrs se sont intensifiés. Le risque géopolitique est redevenu un facteur central, rappelant que les marchés restent vulnérables aux soubresauts diplomatiques.

À l’autre bout de l’Asie, la radiation d’Evergrande de la Bourse de Hong Kong, fin août, a marqué l’épilogue symbolique d’une crise immobilière qui secoue la Chine depuis plusieurs années. Ce geste, hautement symbolique, a ravivé les craintes sur la solidité du modèle économique chinois, malgré un PIB affiché à +5,2 % au deuxième trimestre.

Perspectives : un automne sous surveillance

À la veille de la rentrée, trois grandes questions se posent. La première est monétaire : la Fed concrétisera-t-elle une première baisse de taux en septembre ? Si oui, le marché pourrait prolonger sa dynamique haussière, mais un chiffre d’inflation ou d’emploi mal orienté pourrait raviver la volatilité.

La deuxième est géopolitique : les tensions au Moyen-Orient, associées aux incertitudes commerciales, constituent une menace immédiate. Une escalade entre Israël, l’Iran et les États-Unis aurait des répercussions directes sur l’énergie et sur la confiance des marchés.

Enfin, la troisième est microéconomique : la vague de l’IA doit continuer de se traduire par des résultats tangibles. Si Microsoft, Palantir et TSMC ont montré la voie, les prochaines publications diront si cette tendance se diffuse à l’ensemble du secteur.

En résumé, l’été 2025 a été celui des contrastes : des marchés actions au zénith, des banques centrales qui amorcent leur pivot, mais aussi des chocs d’entreprises et des menaces géopolitiques qui rappellent la fragilité de cette euphorie. L’automne dira si la promesse d’un atterrissage en douceur peut tenir face aux secousses du monde réel.

Sources
https://www.reuters.com/markets/us/powell-signals-september-rate-cut-jackson-hole-2025-08-22/
https://www.reuters.com/markets/europe/ecb-leaves-interest-rates-unchanged-amid-tariff-uncertainty-2025-07-24/
https://www.reuters.com/world/uk/bank-england-cuts-rates-4-after-narrow-5-4-vote-2025-08-07/
https://www.reuters.com/markets/us/us-consumer-inflation-cools-more-than-expected-july-2025-08-14/
https://www.reuters.com/markets/commodities/gold-hits-record-high-above-3300-rate-cut-hopes-build-2025-08-21/
https://www.ft.com/content/microsoft-capex-30bn-ai-2025
https://www.reuters.com/business/palantir-lifts-annual-revenue-forecast-again-ai-demand-accelerates-2025-08-04/
https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/novo-nordisk-shares-plunge-obesity-drugs-2025-08-06/
https://www.reuters.com/business/autos-transportation/renault-h1-loss-guidance-nissan-impairment-2025-07-26/
https://www.bloomberg.com/news/articles/2025-07-30/kering-sales-slump-gucci-down-25-lvmh-resilient
https://www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/ubs-beats-expectations-with-24-billion-second-quarter-profit-2025-07-30/
https://www.reuters.com/business/finance/santanders-q2-net-profit-rises-7-same-period-2024-2025-07-30/
https://www.reuters.com/world/middle-east/white-house-american-people-not-seek-wider-war-2025-08-14/
https://www.reuters.com/world/middle-east/us-ready-strike-back-mid-east-attack-ambassador-2025-08-20/
https://www.reuters.com/world/china/evergrande-delist-hong-kong-2025-08-25/

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Faits marquants des marchés – 18 au 22 août 2025

Conjoncture macro & géopolitique

La semaine a été marquée par un contraste fort entre la vigueur économique américaine et les signaux fragiles en Europe. Aux États-Unis, les PMI flash ont confirmé une activité robuste, tant dans l’industrie que dans les services, avec une accélération de l’inflation sous-jacente qui complique la tâche de la Réserve fédérale. En Europe, le retour du PMI manufacturier en expansion pour la première fois depuis trois ans a apporté un souffle d’optimisme, mais l’Allemagne a replongé en récession au deuxième trimestre.

Sur le plan géopolitique, la guerre en Ukraine a de nouveau dominé l’actualité. La Russie a lancé une attaque massive par drones et missiles, tandis que l’Ukraine poursuit sa quête de garanties de sécurité. La suspension de l’oléoduc Druzhba a renforcé les craintes sur la sécurité énergétique de l’Europe centrale. Par ailleurs, la Corée du Nord a accentué son soutien symbolique à Moscou, et la Chine a laissé entendre que Xi Jinping ne participerait pas au sommet de l’ASEAN, réduisant les perspectives d’un rapprochement avec Washington.

Devises (G8)

  • Dollar américain (USD) : Soutenu par des PMI très solides (55,4, plus haut en 8 mois) et une inflation persistante, le billet vert reste ferme. Les propos de Powell à Jackson Hole, orientés vers un ciblage flexible de l’inflation, confirment que la Fed reste vigilante.
  • Euro (EUR) : PMI composite de la zone euro à 51,1, au plus haut depuis 15 mois, mais l’Allemagne s’enfonce en récession (–0,3 % au T2). L’euro reste sous pression, pris entre stabilisation régionale et faiblesse allemande.
  • Livre sterling (GBP) : Le PMI a surpris à la hausse (53,0), porté par les services, mais l’inflation a accéléré à 3,8 %. La BoE devrait maintenir une posture hawkish jusqu’en 2026.
  • Yen japonais (JPY) : PMI modeste (51,9), inflation ralentissant à 3,1 % mais toujours au-dessus de la cible. Le yen reste affaibli par la divergence avec la Fed.
  • Dollar canadien (CAD) : Les ventes au détail de juin ont surpris à la hausse (+1,5 %), mais l’estimation de juillet pointe une contraction (–0,8 %). Le CAD demeure dépendant de l’énergie et du risque global.
  • Dollar australien (AUD) : Croissance robuste (PMI 53,8), emploi toujours en hausse. La RBA reste en pause prolongée.
  • Dollar néo-zélandais (NZD) : La RBNZ a abaissé son taux directeur à 3 %, quatrième baisse consécutive. Biais fortement dovish, pression baissière persistante sur le NZD.
  • Franc suisse (CHF) : Léger affaiblissement dans un climat de marchés plus risk-on. La BNS reste discrète.

Marchés actions

Les marchés actions ont évolué de manière contrastée :

  • États-Unis : S&P 500 et Nasdaq ont atteint de nouveaux records historiques, portés par la tech et l’industrie, mais la composante inflation des PMI a limité la progression. Immobilier et consommation restent pénalisés par les taux.
  • Europe : Euro Stoxx 50 soutenu par les PMI, mais l’ombre de la récession allemande maintient une prudence générale.
  • Royaume-Uni : FTSE aidé par les services et les valeurs liées aux matières premières.
  • Japon : Nikkei en hausse grâce au yen faible, mais exportations en repli.
  • Canada : Soutien des valeurs de consommation et de l’énergie.
  • Australie : L’ASX a progressé avec un PMI solide.
  • Nouvelle-Zélande : Marchés sous-performants, pénalisés par la politique monétaire accommodante.

Obligations

  • US Treasuries : Rendements en hausse, le 10 ans au-dessus de 4,4 %, reflétant les anticipations d’une Fed plus hawkish. La courbe reste inversée mais l’écart se réduit.
  • Zone euro : Bund 10 ans autour de 2,2 %. PMI encourageants mais PIB allemand négatif. Spreads périphériques en resserrement.
  • Gilts britanniques : Forte vente après la surprise inflation. 10 ans proche de 4,3 %.
  • JGB japonais : Stabilité des rendements, 10 ans autour de 0,9 %.
  • Canada : 10 ans proche de 3,6 %, trajectoire guidée par les Treasuries.
  • Australie : Rendements stables, 10 ans autour de 3,9 %.
  • Nouvelle-Zélande : Forte détente obligataire après la baisse des taux de la RBNZ.
  • Suisse : 10 ans proche de 0,9 %, profil refuge inchangé.

Matières premières

  • Énergie : Le pétrole soutenu par la coupure de l’oléoduc Druzhba. Diesel en forte hausse au Canada (+6,6 %). Gaz européen stable mais exposé aux risques géopolitiques.
  • Métaux précieux : Or et argent recherchés pour leur rôle refuge, mais freinés par le dollar fort et la hausse des taux US. Platine et palladium en hausse modeste.
  • Métaux industriels : Cuivre stabilisé, aluminium et acier soutenus par l’amélioration industrielle européenne. Au Canada, les alliages ont bondi (+12,4 %).
  • Agriculture : Riz toujours très cher au Japon (+90 % a/a), mais stabilisation grâce aux stocks d’urgence. Alimentation en forte inflation : volaille au Canada (+7,9 %), café et bœuf en Allemagne (+38 % chacun).

Taux & Banques centrales

  • Fed (États-Unis) : Powell a acté un pivot stratégique : fin du rattrapage inflationniste, retour à un ciblage flexible. Le marché réduit ses anticipations de baisse en septembre, mais la porte reste ouverte.
  • BCE (Zone euro) : Ton attentiste. Nagel souligne l’absence d’arguments pour une baisse immédiate, malgré la faiblesse allemande.
  • BoE (Royaume-Uni) : Inflation persistante à 3,8 %. Pas de baisse attendue avant 2026.
  • BoJ (Japon) : Inflation >3 %, exportations en recul. Politique inchangée, prudence maximale.
  • BoC (Canada) : Données contrastées, banque centrale en observation.
  • RBA (Australie) : Pause prolongée, économie solide mais inflation en repli.
  • RBNZ (Nouvelle-Zélande) : Biais dovish marqué, taux directeur réduit à 3 %, nouvelles baisses attendues.
  • BNS (Suisse) : Pas de mouvement, suit le climat global.

Données à venir (25–29 août 2025)

  • États-Unis : Commandes de biens durables (25/08), PIB révisé T2 (27/08), déflateur PCE (29/08).
  • Zone euro / Allemagne : IFO (26/08), inflation (29/08).
  • Royaume-Uni : Ventes au détail (28/08).
  • Japon : Production industrielle (29/08).
  • Canada : PIB (29/08).
  • Australie : Ventes au détail (27/08).
  • Suisse : Indicateur KOF (28/08).

Conclusion

La semaine confirme la robustesse américaine, qui maintient la Fed dans une position hawkish, tandis que l’Europe navigue entre reprise timide et récession allemande. Les devises reflètent ces divergences : USD et GBP restent solides, NZD sous pression. Les matières premières, tirées par l’énergie et l’agriculture, alimentent encore l’inflation

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21 août 2025 : résilience et tensions inflationnistes

Géopolitique et tensions internationales

La journée du 21 août a été dominée par une intensification du conflit en Ukraine. Plus de 570 drones et 40 missiles russes ont frappé le pays, tandis que Kiev poursuit ses efforts pour obtenir des garanties de sécurité dans les jours à venir. Washington a annoncé un projet de drones d’une valeur de 50 milliards de dollars sur cinq ans, destiné à renforcer la capacité de production technologique face à Moscou.

Sur le front diplomatique, les perspectives de dialogue restent minces. L’Ukraine refuse toute reconnaissance juridique de l’occupation russe, alors même que Budapest est envisagé comme lieu potentiel de négociation. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé l’absence de volonté ukrainienne de parvenir à un accord durable, tandis que Vladimir Poutine a réaffirmé être disposé à rencontrer Volodymyr Zelensky, sous réserve que toutes les questions soient préalablement clarifiées. Ces divergences maintiennent un climat d’incertitude prolongée en Europe de l’Est.

Dynamique économique mondiale

Les publications macroéconomiques de la journée du 21 août mettent en évidence un contraste marqué entre les grandes zones économiques.

  • États-Unis : L’activité repart fortement avec un PMI composite à 55,4, son plus haut niveau en huit mois. Le secteur manufacturier atteint 53,3, un sommet inédit depuis plus de trois ans, et les services se maintiennent à un rythme solide. L’emploi progresse, mais cette vigueur s’accompagne d’une inflation plus marquée : l’indice des prix de sortie grimpe à 59,3, son plus haut en trois ans. La Réserve fédérale fait face à une équation complexe : l’économie reste robuste, mais les pressions inflationnistes limitent toute marge de manœuvre pour un assouplissement rapide.
  • Zone euro : Le PMI composite ressort à 51,1, au plus haut depuis quinze mois, signalant une sortie de contraction industrielle (50,5) et une reprise timide des services (50,7). L’emploi poursuit sa progression, mais les coûts des intrants continuent de peser sur les marges. Pour la BCE, cette dynamique relance le dilemme entre accompagner la reprise et maintenir la pression contre l’inflation.
  • Royaume-Uni : Le PMI composite atteint 53,0, son plus haut en un an, porté par une forte expansion des services (53,6). L’industrie reste en contraction à 47,3, ce qui freine la croissance globale. La Banque d’Angleterre, malgré un regain d’optimisme, pourrait retarder tout mouvement d’assouplissement afin de contenir les tensions inflationnistes.
  • Canada : Les prix à la production progressent de 0,7 % sur un mois et de 2,6 % sur un an, tirés par l’énergie et les matières premières. Le diesel (+6,6 %) et les métaux précieux (+2,7 %) illustrent une tendance haussière qui pourrait alimenter de nouvelles tensions sur les prix finaux. La Banque du Canada devra rester vigilante face à une inflation concentrée mais persistante.
  • Australie et Japon : Les économies affichent une croissance modérée mais stable. En Australie, le PMI composite s’élève à 53,8, porté par les services, tandis que le Japon progresse légèrement à 51,9, soutenu par la demande intérieure.
  • France et Allemagne : Les indicateurs nationaux restent contrastés. En France, le PMI composite ressort à 49,8, traduisant une stagnation économique. En Allemagne, l’indice remonte également à 49,8, son plus haut niveau depuis plusieurs mois, grâce à une stabilisation manufacturière. Toutefois, la demande demeure atone et les perspectives restent prudentes.

Confiance des consommateurs en Europe

Les enquêtes de confiance se dégradent à nouveau, reculant de 0,3 point dans l’Union européenne et de 0,8 point dans la zone euro. Le sentiment des ménages reste affecté par la persistance de l’inflation et l’incertitude sur l’orientation des politiques monétaires, freinant un éventuel rebond de la consommation.

Conclusion

La journée 21 août met en lumière une dynamique mondiale à double vitesse. Les États-Unis confirment une reprise vigoureuse, mais au prix d’un retour marqué des tensions inflationnistes. En Europe, une timide amélioration conjoncturelle se dessine, mais la faiblesse de la demande et l’érosion de la confiance limitent les perspectives. Les banques centrales, de Washington à Francfort et Londres, se retrouvent face au même dilemme : accompagner la croissance ou contenir l’inflation.

La résilience de l’activité économique contraste ainsi avec la persistance de pressions sur les prix, laissant augurer d’une rentrée placée sous le signe de l’incertitude monétaire et géopolitique.

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Faits marquants des marchés : 11–15 août 2025

La semaine écoulée a été marquée par une intensification des incertitudes macroéconomiques, dans un contexte où les marchés cherchent un cap clair avant une série d’échéances majeures.

Aux États-Unis, les signaux d’inflation sont restés contradictoires, alimentant le débat sur la trajectoire monétaire de la Fed. En Europe, la croissance reste atone et la Banque centrale européenne maintient une ligne restrictive, malgré un environnement industriel fragile.

Le Japon, en revanche, a surpris positivement avec une croissance plus soutenue qu’anticipé au deuxième trimestre, renforçant les spéculations sur une normalisation progressive de la politique monétaire de la BOJ. Les matières premières ont reculé dans l’ensemble, les taux d’intérêt se sont tendus, et les investisseurs se préparent désormais à une semaine charnière dominée par la publication de données d’inflation, d’indicateurs d’activité, et par le symposium de Jackson Hole.

Marchés des changes (FX)- Analyse par devise

USD – Dollar américain

La semaine a été dominée par la publication contrastée des données d’inflation. L’indice des prix à la consommation (CPI) est resté conforme aux attentes, signalant une inflation modérée. Mais le choc est venu de l’indice des prix à la production (PPI), en forte hausse et marquant son rythme le plus élevé depuis près de trois ans. Ce contraste a eu deux effets majeurs :

1. Les anticipations d’un assouplissement agressif de la Fed en septembre ont été revues à la baisse.

2. Les rendements obligataires américains se sont redressés, entraînant une correction sur l’or et pesant sur les marchés actions.

Les indices boursiers américains ont terminé en ordre dispersé : le Dow Jones a atteint un nouveau sommet intraday, preuve de la résilience de certains secteurs, tandis que le S&P 500 a stagné et que le Nasdaq a cédé du terrain, pénalisé par les valeurs technologiques sensibles aux taux.

EUR – Euro

La situation économique de la zone euro demeure préoccupante. La production industrielle de juin a reculé, confirmant la faiblesse persistante du secteur manufacturier. Ce ralentissement vient accentuer la fracture entre une activité industrielle atone et une Banque centrale européenne qui maintient sa politique restrictive, insistant sur la nécessité de contenir une inflation encore au-dessus de la cible.

Sur les marchés, les actions européennes ont consolidé leurs gains récents et terminé la semaine en baisse, reflétant un sentiment de prudence. Les rendements des Bunds allemands, eux, sont restés à des niveaux élevés, illustrant la crédibilité du discours « higher for longer » de la BCE.

GBP – Livre sterling

La livre a évolué de manière hésitante au cours de la semaine, dans un contexte où les données macroéconomiques britanniques n’ont pas fourni de signaux clairs. Les investisseurs attendent désormais avec attention la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) ainsi que des PMI, qui donneront une vision plus précise de la dynamique inflationniste et de l’activité au Royaume-Uni.

Les marchés obligataires britanniques ont suivi la tendance mondiale : les rendements des Gilts se sont tendus, en ligne avec la remontée des taux américains, ce qui a contribué à soutenir temporairement la livre. Néanmoins, la prudence domine sur la devise britannique, faute de catalyseurs économiques nets et dans l’attente des prochaines publications.

JPY – Yen japonais

Le Japon a surpris positivement cette semaine avec une croissance du PIB au deuxième trimestre supérieure aux attentes (+0,3 % en variation trimestrielle, soit +1 % en rythme annualisé). Ce résultat est venu confirmer une reprise modeste mais réelle, portée par les exportations et par un investissement public résilient.

Cette donnée a ravivé les spéculations sur une possible normalisation de la politique monétaire de la Banque du Japon (BOJ). Si la banque centrale maintient encore un discours prudent, les marchés commencent à anticiper un relèvement des taux d’ici la fin de l’année. Les rendements des obligations d’État japonaises (JGB) se sont ainsi raffermis, renforçant l’attrait du yen.

CAD – Dollar canadien

Le dollar canadien a principalement suivi deux dynamiques :

1. L’évolution du prix du pétrole, en recul en fin de semaine.

2. Le ton globalement défensif des marchés.

Ces deux facteurs ont légèrement pesé sur la devise, qui reste en position d’attente avant des publications majeures la semaine prochaine, notamment l’inflation (CPI) et les ventes au détail. Ces chiffres seront décisifs pour évaluer la marge de manœuvre de la Banque du Canada, dont le discours reste aligné sur une prudence vis-à-vis de l’inflation.

AUD – Dollar australien

La banque centrale australienne (RBA) a réduit son taux directeur de 25 points de base, le ramenant à 3,60 %. Cette décision s’accompagne d’une révision à la baisse des perspectives de croissance, signe que l’économie australienne ralentit sous l’effet du resserrement monétaire passé et du contexte mondial moins porteur.

Le dollar australien a logiquement reculé après cette annonce. Les investisseurs anticipent que la RBA pourrait encore intervenir si la dynamique de croissance continue de se détériorer. Le marché de l’emploi, dont les chiffres sont attendus la semaine prochaine, constituera un test crucial pour jauger de la capacité de l’économie à absorber le ralentissement en cours.

NZD – Dollar néo-zélandais

L’économie néo-zélandaise reste fragilisée, comme l’a illustré l’indice PMI manufacturier, toujours en territoire de contraction. La croissance est faible et les perspectives de demande extérieure demeurent limitées.

Le dollar néo-zélandais est ainsi resté orienté à la baisse, évoluant surtout en fonction des mouvements du dollar américain. Le prochain rendez-vous majeur sera la réunion de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ), où les investisseurs attendent un discours prudent, voire ouvert à de nouvelles mesures accommodantes si la situation ne s’améliore pas.

CHF – Franc suisse

Le franc suisse a conservé son rôle traditionnel de valeur refuge, dans un environnement marqué par l’incertitude sur l’inflation et les banques centrales. L’absence de publications domestiques notables a limité son mouvement autonome, laissant la devise évoluer principalement au gré des croisements avec l’euro et le dollar.

Le franc reste ainsi soutenu par la prudence des investisseurs, mais dépendant des dynamiques extérieures, en particulier de la zone euro.

Marchés financiers globaux

Equities

  • • États-Unis : Dow Jones en record intraday, Nasdaq en repli, S&P 500 stable.
  • • Europe : Consolidation en fin de semaine, secteur manufacturier fragile.
  • • Asie : Nikkei soutenu par la croissance, bourses chinoises en repli.

Obligations

  • • États-Unis : Hausse des rendements après le PPI.
  • • Europe : Bunds stables à des niveaux élevés, spreads périphériques contenus.
  • • Japon : JGB en hausse modérée, alimentés par les spéculations BOJ.

Commodities

  • • Pétrole : Repli en fin de semaine.
  • • Or : Correction face à la hausse des rendements.
  • • Cuivre : Pressions baissières liées à la Chine.

Crypto

  • • Bitcoin : Consolidation sous résistance clé.
  • • Ethereum : Sous-performance sur fond d’incertitudes réglementaires.

Données à venir (19–23 août 2025)

Mardi 19 août :

  • Canada : Indice des prix à la consommation (CPI m/m, Median, Trimmed, Common y/y)
  • Chine : Taux préférentiel de prêt (1 an et 5 ans)

Mercredi 20 août :

  • • Nouvelle-Zélande : Décision de la RBNZ, communiqué et conférence de presse
  • • Royaume-Uni : CPI (y/y)
  • • États-Unis : Minutes du FOMC, discours du gouverneur Waller

Jeudi 21 août :

  • Zone euro : PMI flash (France, Allemagne, zone euro – manufacturier et services)
  • Royaume-Uni : PMI flash
  • États-Unis : Inscriptions hebdomadaires au chômage, indice Philly Fed, PMI S&P, ventes de logements existants
  • Tous : Symposium de Jackson Hole (jour 1)

Vendredi 22 août :

  • Royaume-Uni : Ventes au détail (m/m)
  • Canada : Ventes au détail, ventes au détail principales (m/m)
  • États-Unis : Discours de Jerome Powell, symposium de Jackson Hole (jour 2)

Samedi 23 août :

  • Tous : Symposium de Jackson Hole (jour 3)
  • Zone euro : Discours de Christine Lagarde (BCE)
  • Royaume-Uni : Discours d’Andrew Bailey (BOE)

Conclusion

La semaine du 11 au 15 août a confirmé un environnement mondial fragmenté et incertain. Le contraste entre les États-Unis (inflation toujours problématique mais croissance résiliente), l’Europe (croissance atone et BCE restrictive) et le Japon (croissance plus forte, mais politique monétaire encore prudente) illustre des divergences profondes. Les matières premières reculent, les obligations réajustent leurs rendements, et les marchés actions restent en équilibre fragile.

La semaine à venir sera déterminante : avec des CPI cruciaux, des PMI européens et britanniques, et le symposium de Jackson Hole, les investisseurs disposeront de nouveaux repères pour ajuster leurs anticipations de politique monétaire et leur positionnement de marché pour la rentrée.

Sources

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Forex : comprendre la force des devises (taux et capitaux)

Le marché des changes (Forex) est le plus grand marché financier au monde.

Pour l’aborder efficacement, il est essentiel de comprendre deux notions distinctes :

  • Devise majeure : une monnaie parmi les plus importantes et liquides au monde (USD, EUR, JPY, GBP, AUD, CAD, CHF, NZD).
  • Paire majeure : une paire de change parmi les plus échangées et les plus liquides, comme EUR/USD, USD/JPY, EUR/GBP, EUR/CHF ou USD/CHF.

Ainsi, l’AUD (dollar australien) est une devise majeure, mais AUD/USD n’est pas forcément classée comme une paire majeure selon certains critères de liquidité et de volume.

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Les paires majeures

Les paires majeures regroupent les paires les plus liquides, suivies de près par les traders institutionnels et particuliers.

Exemples :

  • EUR/USD : euro (EUR) / dollar américain (USD)
  • USD/JPY : dollar américain (USD) / yen japonais (JPY)
  • EUR/GBP : euro (EUR) / livre sterling britannique (GBP)
  • EUR/CHF : euro (EUR) / franc suisse (CHF)
  • USD/CHF : dollar américain (USD) / franc suisse (CHF)

Ces paires sont connues pour leur liquidité exceptionnelle, leurs spreads serrés et la quantité importante d’informations disponibles pour les analyser.

Les paires mineures

Les paires mineures regroupent d’autres crosses liquides composées de devises majeures, mais qui ne sont pas classées parmi les paires majeures.

Exemples :

  • AUD/USD : dollar australien (AUD) / dollar américain (USD)
  • NZD/USD : dollar néo-zélandais (NZD) / dollar américain (USD)
  • GBP/JPY : livre sterling (GBP) / yen japonais (JPY)
  • AUD/NZD : dollar australien (AUD) / dollar néo-zélandais (NZD)
  • CAD/JPY : dollar canadien (CAD) / yen japonais (JPY)

Elles offrent souvent des mouvements intéressants, mais avec des spreads légèrement plus larges et une volatilité parfois moins prévisible.

Les paires exotiques

Les paires exotiques associent une devise majeure à une devise issue d’un pays émergent ou moins échangé.

Exemples :

  • USD/TRY : dollar américain (USD) / livre turque (TRY)
  • USD/ZAR : dollar américain (USD) / rand sud-africain (ZAR)
  • USD/SGD : dollar américain (USD) / dollar de Singapour (SGD)
  • EUR/PLN : euro (EUR) / zloty polonais (PLN)
  • USD/SEK : dollar américain (USD) / couronne suédoise (SEK)

Ces paires peuvent offrir des tendances puissantes, mais elles sont caractérisées par une volatilité plus élevée, une liquidité moindre et des coûts de transaction supérieurs.

Corrélations entre devises

Les devises évoluent souvent par corrélations. Par exemple, EUR/USD et EUR/GBP peuvent bouger dans le même sens (corrélation positive), tandis qu’EUR/USD et USD/CHF ont souvent une corrélation négative.

Les devises dites matières premières réagissent aussi aux cours de certains produits :

  • AUD : souvent corrélé à l’or.
  • CAD : sensible aux prix du pétrole.
  • NZD : influencé par les marchés agricoles, notamment les produits laitiers.

Risk-on et Risk-off

Le régime de marché risk-on correspond à une phase où les investisseurs sont confiants, recherchent le rendement et prennent davantage de risques. Dans ce contexte, les devises de matières premières comme l’AUD, le NZD et le CAD sont généralement favorisées, tout comme certaines devises émergentes offrant des taux élevés.

Le régime risk-off correspond à une phase de prudence ou de crainte. Les investisseurs réduisent leur exposition au risque et se replient vers les valeurs refuges, telles que l’USD (dollar américain), le JPY (yen japonais) et le CHF (franc suisse). Ce mouvement peut être déclenché par des crises économiques, des tensions géopolitiques ou de fortes incertitudes sur les marchés.

Les devises refuges

Les devises refuges, ou safe haven currencies, sont recherchées pour leur stabilité économique et financière.

  • USD : première monnaie de réserve mondiale, référence des échanges internationaux.
  • JPY : réputé pour la stabilité et la solidité économique du Japon.
  • CHF : valeur refuge historique en Europe, soutenue par une politique monétaire prudente.

Conclusion

Distinguer devise majeure et paire majeure, comprendre le comportement des paires mineures et exotiques, ainsi que les effets du risk-on et du risk-off, est essentiel pour anticiper les mouvements du marché des changes. C’est cette compréhension fine qui permet d’élaborer des stratégies de trading solides et de gérer efficacement son risque.

À lire : Cycle de Wyckoff et psychologie collective.

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Sources :

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PPI US : accélération surprise, marché du travail solide… et Powell conforté

PPI de juillet : un choc inflationniste

Les prix à la production aux États-Unis ont bondi en juillet, bien au-delà des attentes.

Le PPI global progresse de 0,9 % sur un mois (contre 0,2 % attendu) et de +3,3 % sur un an (2,5 % attendu), après 2,4 % en juin. Il s’agit de la plus forte hausse mensuelle depuis mai 2022.

Le Core PPI (hors alimentation, énergie et services commerciaux) grimpe de 0,6 % sur un mois, sa plus forte progression depuis mars 2022, et affiche +2,8 % sur un an. Le PPI hors alimentation et énergie atteint même +3,7 % sur un an (2,9 % attendu).

Ces chiffres confirment que les pressions inflationnistes en amont de la chaîne de production restent bien présentes, en particulier dans les services et certains biens manufacturés.


Chômage : toujours aucun signe de faiblesse

Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage reculent à 224 000 (contre 228 000 attendus), tandis que les demandes continues baissent à 1,953 million (1,964 million attendu).

Le marché du travail reste donc robuste, ce qui entretient la pression salariale et, par ricochet, sur les prix.


Trump contre Powell : le contexte politique

Ces données vont à l’encontre des pressions exercées par Donald Trump sur Jerome Powell. Le président exhorte depuis plusieurs semaines la Fed à baisser rapidement ses taux directeurs pour stimuler l’économie avant l’élection.

Or, la surprise haussière sur le PPI, combinée à l’absence de dégradation du marché du travail et à une inflation à la consommation (CPI) encore résiliente mardi, confirme la position prudente de Powell.

Accélérer la baisse des taux dans un tel contexte serait prématuré, car cela risquerait d’alimenter de nouvelles tensions inflationnistes alors que la production américaine se maintient bien et que la consommation reste modérée.


Réaction des marchés

Les marchés ont immédiatement réagi à la publication :

  • Probabilité de baisse de taux en septembre : 93 %, contre 100 % hier.
  • Cumul des baisses anticipées d’ici fin 2025 : 58 points de base, contre 63 avant la publication.

Les indices américains ont ouvert en légère baisse : le S&P 500 recule d’environ 0,4 %, le Nasdaq de 0,5 %, et le Dow Jones de 0,3 %. Le dollar s’est raffermi face aux principales devises, tandis que Bitcoin et Ethereum ont perdu du terrain, pénalisés par la réduction des anticipations de baisse de taux.

En résumé

  • Inflation en amont : plus forte que prévu, via un PPI en accélération.
  • Marché du travail : solide, avec des demandes de chômage en baisse.
  • Contexte politique : les données donnent raison à Powell face aux pressions de Trump.
  • Marchés financiers : repli des indices et hausse du dollar, signe d’une prudence accrue.

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US CPI de juillet : l’inflation reste sage, mais le noyau s’échauffe

Les chiffres de l’inflation américaine pour juillet, publiés ce mardi à 14h30, livrent un message nuancé aux marchés.

L’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 2,7 % sur un an, un rythme identique à celui de juin et légèrement inférieur aux attentes du consensus (2,8 %). Sur un mois, la hausse s’établit à +0,2 %, en ligne avec les prévisions.

En revanche, l’inflation sous-jacente — le Core CPI, qui exclut l’alimentation et l’énergie — montre davantage de vigueur. Elle grimpe à 3,1 % sur un an, contre 2,9 % le mois précédent et au-dessus des anticipations à 3,0 %. En rythme mensuel, la hausse atteint +0,3 %, conformément aux attentes.

Un signal contrasté pour la Fed

Cette configuration laisse la Réserve fédérale face à un dilemme.

D’un côté, l’inflation globale reste maîtrisée et continue de se rapprocher de l’objectif de 2 %, ce qui plaide pour un assouplissement monétaire dès septembre. Les investisseurs estiment désormais la probabilité d’une baisse de taux le mois prochain autour de 85 %.

De l’autre, la résilience de l’inflation sous-jacente, notamment dans les services, rappelle que les pressions sur les prix ne sont pas totalement dissipées. Les effets différés des tarifs douaniers imposés par l’administration Trump commencent à se répercuter sur les coûts de production et, in fine, sur les prix payés par les consommateurs.

Réactions de marché

Les marchés actions américains ont accueilli la publication par une hausse généralisée, soutenue par l’anticipation d’un virage accommodant de la Fed. Le S&P 500, le Nasdaq et le Dow Jones évoluent en territoire positif, tandis que les rendements obligataires se replient nettement, reflétant l’ajustement des anticipations de taux.

Sur le marché des changes, le dollar s’est légèrement affaibli face aux principales devises, les opérateurs intégrant un scénario plus favorable aux actifs risqués. Les flux « risk-on » pourraient se renforcer dans les jours à venir, d’autant que les tensions commerciales semblent s’alléger : Pékin a levé ses mesures de contrôle des exportations sur plusieurs entités américaines, signe d’un rapprochement avec Washington.

Entre prudence et optimisme

Si les données de juillet confirment que l’inflation globale n’est plus une menace immédiate, la dynamique du noyau incite encore à la vigilance. La Fed devra trancher entre agir vite pour soutenir l’activité et attendre des preuves plus tangibles d’un reflux durable des pressions sous-jacentes.

En attendant, les marchés semblent avoir fait leur choix : ils parient sur un assouplissement monétaire en septembre, misant sur un environnement plus favorable aux actions et aux actifs risqués dans les mois à venir.

Sources

  1. WSJ – Inflation Held Steady at 2.7% in July
    https://www.wsj.com/economy/cpi-inflation-july-2025-interest-rate-c9d31b19
  2. Business Insider – Why the latest inflation data gives investors a reason to smile
    https://www.businessinsider.com/markets-inflation-cpi-rate-cut-forecast-september-october-2025-8
  3. Reuters – Fed more hamstrung by murky data than Trump interference
    https://www.reuters.com/markets/us/fed-more-hamstrung-by-murky-data-than-trump-interference-mcgeever-2025-08-13/
  4. AP News – US inflation held steady as mild tariff hit offset by cheaper gas, food
    https://apnews.com/article/inflation-consumer-prices-jerome-powell-fed-interest-rates-7956da9c097730929b12c269f8c08399