Catégories
Politique

Christophe De Beukelaer (Les Engagés), « Je veux préparer la société aux opportunités offertes par la cryptomonnaie. »

Dans cette interview exclusive, Christophe De Beukelaer, tête de liste des Engagés et pionnier du Bitcoin en politique, partage sa vision pour revitaliser l’économie belge. Il aborde la réduction du chômage des jeunes, l’intégration des nouvelles technologies, et les réformes fiscales nécessaires. Découvrez les propositions audacieuses des Engagés pour un avenir économique durable et innovant.

1. Peux-tu te présenter et parler un peu de ton parcours ?

J’ai fait mes études secondaires en néerlandais et ensuite, j’ai étudié ingénieur de gestion. Après mes études, j’ai décidé de faire un tour du monde à vélo pour rencontrer d’autres cultures. Ce voyage a transformé ma perception de la société et du monde. Chaque 100 km, nous étions accueillis dans une nouvelle famille et c’est enrichissant.

À mon retour, j’ai mené une analyse sur les raisons expliquant le faible taux d’entrepreneurs en Belgique et rencontré des entrepreneurs partout. J’ai ensuite donné une série de conférences pour partager nos découvertes. J’ai rejoint la politique après ma rencontre avec Benoît Cerexhe, ministre de l’Économie et de l’Emploi, qui m’a convaincu de me présenter. J’ai été échevin à Woluwe-Saint-Pierre puis député au parlement bruxellois.

Aujourd’hui, je suis tête de liste pour les Engagés. J’ai toujours eu un pied dans le secteur privé, car je considère la politique comme un engagement. J’ai cofondé une entreprise de livraison de fruits frais en entreprise et une autre dans la finance décentralisée, Bruxelles Blockchain Week. J’ai envie d’avoir un impact sur la société. La politique représente 50% de nos revenus que nous payons à l’État, il faut des entrepreneurs en politique qui ont le goût du risque et qui osent prendre des décisions fortes.

2. Quelle est votre vision pour l’économie belge dans les cinq prochaines années et comment comptez-vous y parvenir ?

Nous pensons qu’une économie florissante est essentielle, avec un marché de l’emploi redynamisé. Bien que le taux de chômage s’améliore, nous sommes encore loin de nos objectifs. Nous visons une Belgique et un Bruxelles entrepreneuriaux, notamment dans une ville aussi multiculturelle. Nous croyons en l’insertion par le travail et nous nous concentrerons sur la réduction du chômage des jeunes de moitié.

Nous avons besoin d’une stratégie technologique solide. Par exemple, la FrenchTech en France a investi 20 millions d’euros par an, et les Pays-Bas ont investi 50 millions dans TechLeap, deux succès notables. Chez nous, aucun gouvernement n’a été capable de financer les maigres 500 000 euros par an demandés par les entrepreneurs pour lancer une Be-Tech.

3. Pouvez-vous détailler les trois principaux objectifs économiques de votre campagne ?

  • Réduction du chômage : Nous visons à réduire de moitié le chômage à Bruxelles, principalement chez les jeunes. Cela implique la réforme d’Actiris, sa décentralisation, le développement du mentorat (de 1200 duos à 5000 d’ici 2030 et 10000 d’ici 2035).
  • Stratégie technologique : Nous avons besoin d’une Be-TECH d’envergure en Belgique.
  • Réduction de la pression fiscale : La Belgique est trop taxée. Nous devons alléger cette charge.

4. Comment envisagez-vous d’intégrer les nouvelles technologies pour stimuler la croissance économique ?

Aujourd’hui, le législateur et le public ne comprennent pas bien la technologie. Nous devons retrouver le goût du risque. Je soutiens les sandbox régulatoires, où l’innovation se fait dans un environnement contrôlé, permettant une législation progressive. L’intelligence artificielle, par exemple, pourrait améliorer de nombreux secteurs comme la médecine et la justice.

5. Que pensez-vous de l’euro numérique ?

Nous ne pouvons pas déployer l’euro numérique sans un système financier décentralisé. Le cash physique est une forme de liberté financière qu’il faut maintenir. L’euro numérique peut être bénéfique s’il est accompagné d’une alternative décentralisée.

6. Vous avez un lien notable avec le Bitcoin. En janvier 2022, vous êtes devenu le premier politicien européen à convertir son salaire en Bitcoin, une démarche que vous avez maintenue pendant toute l’année 2022.

Je vois le Bitcoin comme une manière d’échanger de la valeur digitale sans intermédiaire, de façon sécurisée. La blockchain permet un transfert de valeur sans intermédiaire, moins cher et plus rapide. En tant qu’homme politique, je veux préparer la société aux opportunités offertes par la cryptomonnaie.

7. En tant que politique, comment percevez-vous l’impact du Bitcoin sur l’économie belge et quelles sont vos propositions pour réguler son utilisation ?

L’impact se verra dans les décennies à venir. Le Bitcoin et les cryptomonnaies représentent un monde en pleine évolution. Cela aura un impact majeur et infiltrera l’ensemble de la société. Partout où il y a de l’argent, il y aura de la crypto. Je pense qu’il y aura deux mondes financiers parallèles : centralisé et décentralisé. Les deux seront utiles, mais la question est de savoir comment les faire cohabiter.

La régulation arrive par l’Europe, avec MICA (règlement européen qui classifie les cryptos). Là où nous devons agir urgemment, c’est en clarifiant les règles fiscales. Aujourd’hui, des gens possèdent de gros montants et n’attendent que de pouvoir rapatrier leurs fonds, mais ils aimeraient savoir à quelle sauce ils vont être mangés, combien de taxes ils auront à payer.

Il faut équiper nos régulateurs de cette connaissance et des outils techniques et technologiques nécessaires.

En tant qu’homme politique, j’aimerais préparer la société à comprendre les opportunités que cela offre… Tous les emplois, opportunités, et changements sociétaux qui en découlent. Il faut frapper un grand coup pour sensibiliser sur ce sujet et poser un acte politique fort.

8. Quelles mesures spécifiques proposez-vous pour encourager l’entrepreneuriat, en particulier chez les jeunes ?

  • Généraliser le système des mini-entreprises dans toutes les écoles.
  • Promouvoir le statut d’étudiant entrepreneur, actuellement majoritairement utilisé en Flandre.
  • Permettre de toucher le chômage en une fois pour lancer une entreprise, sous conditions.
  • Simplifier les démarches administratives pour créer une entreprise en quelques clics.

9. Quel rôle l’éducation jouera-t-elle dans votre stratégie économique, et comment comptez-vous renforcer la littératie financière ?

La finance est un enjeu capital et social ! La connaissance financière est le privilège des riches, des populations aisées à qui on apprend les codes pour gérer un budget, etc. J’aimerais amener cette connaissance financière chez les jeunes. C’est une lutte d’émancipation sociale. Quand les élèves sortent de l’université sans être capables de faire la différence entre une obligation et une action, c’est problématique.

Il y a un enjeu majeur pour le pays. Nous vivons dans un monde qui se financiarise. Il faut éduquer la population et les jeunes à l’école. Il y a une ignorance totale sur le sujet des cryptomonnaies, tandis que les grandes banques se goinfrent de crypto.

La connaissance financière doit être accessible à tous, dès l’école. Nous plaidons pour l’intégration de cours de gestion budgétaire et de finance dès le plus jeune âge.

10. Comment comptez-vous équilibrer les besoins de financement de l’État avec la compétitivité fiscale du pays ?

  • Réduire les charges sur le travail pour créer une différence d’au moins 450 euros entre le chômage et le travail.
  • Baisser les charges sur le travail de 20 à 25% pour dynamiser l’économie.
  • Supprimer les niches fiscales tel que la voiture de société
  • Lutter contre la fraude sociale et fiscale.
  • Réformer la fiscalité immobilière pour rendre l’achat de logements plus accessible. En étalant le droit d’enregistrement dans le temps et le baisser.

11. Comment planifiez-vous d’investir dans les infrastructures pour soutenir la croissance économique ?

Nous devons distinguer investissement et dépense. L’État doit réduire ses dépenses de 600 millions d’euros en simplifiant les structures administratives et en réduisant le nombre d’élus politiques. Nous devons maintenir l’investissement dans les transports en commun et les réseaux informatiques.

12. Comment votre politique économique va-t-elle promouvoir la finance durable et responsable ?

Nous voulons une plus grande justice fiscale en établissant une clause miroir aux portes de l’Europe. Il faut que nous ayons des standards sociaux et environnementaux élevés en Europe. Tout ce que nous importons en Belgique doit respecter ces mêmes standards, sinon il faut taxer aux portes de l’Europe pour éviter des problèmes de concurrence déloyale.

Nous aimerions introduire le concept d’entreprise à mission, qui existe déjà en France. Il s’agit de reconnaître les entreprises en fonction de leur progression sur le plan environnemental et social. Cela peut encourager les sociétés à se fixer des objectifs ambitieux.

Nous proposons également de remplacer et de modifier la TVA par la TVE (taxe sur la valeur environnementale), une TVA modulée selon l’impact environnemental des produits et services.

Mot de la fin

Nous sommes les seuls à proposer un plan chiffré avec des objectifs étalés dans le temps pour relever Bruxelles avec une vision à long terme. Nous adoptons une posture politique visant à unir plutôt qu’à diviser.

Un grand merci Christophe De Beukelaer pour cette interview ! Bonne chance.

Catégories
Politique

Entretien exclusif avec Karine Lalieux, ministre des Pensions et de la lutte contre la pauvreté à Bruxelles

Dans cet entretien exclusif, Karine Lalieux, ministre des Pensions, de l’Intégration sociale, en charge des personnes en situation de handicap, de la lutte contre la pauvreté et de Beliris à Bruxelles, nous dévoile les réformes majeures qu’elle a mises en place pour améliorer la vie des citoyens belges. Elle aborde des sujets cruciaux tels que la revalorisation des pensions, les mesures pour lutter contre la pauvreté, et les initiatives pour renforcer l’emploi.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel est votre parcours professionnel et comment êtes-vous devenue ministre des Pensions et de l’Intégration sociale ?

Je suis Karine Lalieux, ministre des Pensions, de l’Intégration sociale, en charge des personnes en situation de handicap, de la lutte contre la pauvreté et de Beliris. J’ai étudié la sociologie et suis criminologue de formation.

J’ai commencé ma carrière à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en tant que chercheuse assistante, puis chargée de cours. Engagée en politique à l’ULB, je militais chez le groupe socialiste et, progressivement, j’ai été proposée comme candidate par le parti.

En mai 2000, grâce à l’initiative d’Elio Di Rupo d’équilibrer la représentation des femmes et des hommes sur les listes, je suis devenue députée fédérale. En 2007, j’ai été élue échevine à la Ville de Bruxelles, en charge de l’informatique, de la propreté, de la culture et présidente du CPAS. En octobre 2020, Paul Magnette m’a appelée pour devenir ministre alors que j’étais présidente du CPAS de Bruxelles.

Quelles sont les principales réformes que vous avez mises en œuvre ou que vous comptez mettre en œuvre dans le domaine des pensions ?

  • Revalorisation des pensions : Nous avons augmenté la pension minimum à 1641 euros par mois, affirmant que nos aînés méritent une vie digne. En quatre ans, toutes les pensions minimums ont augmenté de 30%, représentant une augmentation de 350 euros nets par mois pour un pensionné isolé avec une carrière complète. Plus d’un million de personnes touchent une pension minimum, dont 60% de femmes. Nous voulons des réformes positives pour les travailleurs d’aujourd’hui et les futurs pensionnés, sans augmenter l’âge de la pension de manière punitive.
  • Réintroduction du bonus pension : En réponse à la droite qui proposait un malus pension, nous avons introduit un bonus. Les personnes qui, à l’âge de la pension, choisissent de continuer à travailler peuvent recevoir un montant net en versement unique pouvant atteindre 22.400 euros.
  • Pensions pour les femmes : Nous travaillons à réduire l’écart de 20% entre les pensions des hommes et des femmes, en tenant compte des carrières souvent irrégulières des femmes. Les femmes sont souvent pénalisées par des interruptions de carrière dues à des raisons personnelles, ce qui impacte leurs pensions.
  • Indépendants : Nous avons supprimé le coefficient de correction injuste pour les indépendants, de sorte qu’une année de travail indépendant équivaut désormais à une année de salarié. Cela permet aux indépendants de bénéficier des mêmes droits à la pension que les salariés.

À l’horizon 2070, la réforme des pensions permet de réduire de 0,2% du PIB le coût du vieillissement. Donc nous ne maîtrisons pas seulement ce coût, nous le diminuons ! Il est donc tout à fait possible d’allier le bien-être de nos pensionnés et des finances saines. C’est le choix que j’ai fait. D’autres, à droite, auraient opté pour réduire le pouvoir d’achat de nos aînés. Chacun sa manière de faire de la politique.

Comment évaluez-vous l’impact de la crise sanitaire sur l’économie belge et sur le pouvoir d’achat des pensionnés ?

La crise sanitaire a creusé notre déficit, mais nous avons soutenu l’économie via le droit au chômage économique, le droit passerelle et des mesures spécifiques pour l’HoReCa.

Selon l’OCDE, la Belgique a bien résisté en termes de croissance et de pouvoir d’achat. Nous avons élargi le tarif social, réduit la TVA sur le gaz et l’électricité à 6%, et renforcé les liens sociaux pour les personnes âgées. Le taux de croissance de la Belgique a même dépassé celui de l’UE, avec un taux de chômage historiquement bas. En outre, nous avons préservé le pouvoir d’achat des citoyens en augmentant les pensions et en soutenant les travailleurs via l’enveloppe bien-être.

Quelles sont les mesures que vous avez prises ou que vous envisagez de prendre pour lutter contre la pauvreté, notamment à Bruxelles ?

Nous avons augmenté le revenu d’intégration sociale de 30%, soit 329 euros de plus pour un isolé, et l’allocation de remplacement de revenus pour les personnes en situation de handicap a augmenté de 32%, soit 362 euros de plus pour une personne isolée. Nous avons lancé un plan transversal de lutte contre la pauvreté et fait voter une loi imposant aux futurs gouvernements de faire de même.

À Bruxelles, nous nous concentrons sur l’emploi de qualité, la revalorisation du salaire minimum à 2800 euros brut par mois (17 euros brut/heure, et 2400 euros nets par mois en tenant compte de l’augmentation du bonus à l’emploi) et l’accompagnement des chômeurs et des femmes au CPAS.

Grâce à Pierre-Yves Dermagne, nous avons déjà augmenté le salaire minimum de 400 euros nets par mois sous cette législature, alors que le salaire minimum n’avait plus été revalorisé depuis 2008 (hors indexation). Nous voulons aussi un Actiris plus performant, centré sur les jeunes et les chômeurs de longue durée. Nous mettons en place des mesures pour accompagner les personnes vers l’emploi, tout en sanctionnant celles qui refusent de s’engager dans cette démarche.

Comment conciliez-vous les objectifs de solidarité sociale et de soutenabilité budgétaire dans votre politique ?

Notre réforme des pensions maîtrise les coûts et ne les augmente pas à l’horizon 2070. Nous finançons nos programmes par de nouvelles recettes sur le capital, évitant de couper dans les dépenses publiques essentielles.

Par exemple, nous prévoyons une taxe sur les plus-values et l’augmentation de la taxe sur les comptes-titres pour les plus riches. Nous évaluons également les aides à l’emploi pour les réorienter selon les besoins spécifiques de notre tissu économique, différent de celui de la Flandre, en soutenant la Wallonie et Bruxelles.

Quelle est votre vision de l’avenir du système de pension belge, face aux défis du vieillissement de la population, de la transition écologique et de la digitalisation ?

Nous devons soutenir nos aînés, augmenter le taux de remplacement (différence entre le dernier revenu et la pension), et généraliser le second pilier des pensions. Il est crucial de développer les services de soins et les habitats intergénérationnels adaptés.

La transition numérique doit inclure des mesures contre la fracture numérique, avec 30 millions d’euros du plan de relance européen dédiés à cet enjeu. La transition écologique ne doit pas être punitive, mais doit soutenir les initiatives d’isolation des logements et les projets collectifs de quartier.

En parallèle, il est essentiel de préserver et d’étendre l’indexation automatique à tous les travailleurs, un acquis socialiste quasi unique au monde, mis en place par le ministre socialiste Joseph Wauters en 1921.

Quel est votre avis sur la proposition de créer un revenu universel de base ?

Je suis contre. Un revenu universel de base profiterait surtout aux riches et réduirait les droits sociaux comme le chômage et les soins de santé. Il est préférable de cibler les politiques de soutien pour ceux qui en ont vraiment besoin. Les politiques ciblées permettent une meilleure allocation des ressources disponibles et garantissent une aide efficace pour ceux qui en ont le plus besoin.

Comment comptez-vous renforcer la participation et l’intégration des personnes issues de l’immigration dans la société belge, notamment sur le marché du travail ?

Nous luttons contre les discriminations par des contrôles et des mesures de sensibilisation. Nous devons améliorer le taux d’emploi des personnes en situation de handicap, le plus faible d’Europe, en mettant en place des conditions favorables pour leur intégration. Cela inclut des stages, des échanges et des mesures d’accompagnement pour surmonter les préjugés et les obstacles.

Offrir un accompagnement individualisé et plus rapide dès le premier jour d’inscription au chômage est également essentiel pour éviter les délais d’attente de plusieurs mois, qui font perdre du temps précieux pour la remise à l’emploi.

Quels sont les principaux enjeux et opportunités que vous identifiez pour le développement économique et social de Bruxelles, en tant que capitale de l’Europe et de la Belgique ?

Nous devons améliorer l’emploi des Bruxellois, en particulier les jeunes. Nous soutenons la création d’entreprises et la formation des jeunes, avec un accent sur les startups et les femmes entrepreneuses. Le travail est la clé pour le développement économique.

Nous devons créer un climat positif pour l’investissement et accompagner les entrepreneurs dans leurs démarches. Cela inclut la réduction des délais pour les permis d’urbanisme et l’intensification des outils de soutien pour le développement des entreprises. Nous avançons aussi vers une réduction collective du temps de travail, avec embauche compensatoire et transmission des savoirs, en commençant par les plus de 50 ans (35 heures de travail) et pour les plus de 55 ans et les métiers pénibles (32 heures de travail).

Quels sont les projets ou les initiatives que vous soutenez ou que vous souhaitez mettre en place pour promouvoir l’éducation financière et la culture économique des citoyens ?

Nous soutenons l’éducation financière via la FSMA, la lutte contre le surendettement, et les initiatives de prévention des dépendances. Nous promouvons des cours citoyens couvrant la sécurité

sociale, l’éducation financière, numérique, et la prévention des addictions. Ces initiatives visent à renforcer la résilience économique des citoyens et à les protéger contre les risques financiers.

Un dernier message pour nos lecteurs ?

Je suis déterminée à remplir mes mandats et à réaliser notre programme socialiste. Nous nous battons pour plus d’égalité, une société juste au niveau social et fiscal. Votez utile pour un parti qui prendra ses responsabilités pour les cinq prochaines années. Ensemble, nous pouvons construire une société plus solidaire et équitable.

Catégories
Politique

Entretien exclusif avec l’échevin des affaires économiques et de la Smart City à la Ville de Bruxelles

Bonjour Fabian Maingain, merci de nous accorder cette interview. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ainsi que de vos responsabilités actuelles au sein de la Ville de Bruxelles et du parti DéFI ?

Bonjour Hamza ! Je suis échevin des affaires économiques, de l’emploi, de la Smart City et de la simplification administrative à la Ville de Bruxelles depuis 2019. Je suis également président bruxellois du parti DéFI et j’ai été député bruxellois. Mon rôle consiste à élaborer et mettre en œuvre des politiques pour stimuler l’économie locale, améliorer les opportunités d’emploi et intégrer des technologies intelligentes pour rendre la ville plus efficace et agréable à vivre.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours personnel et universitaire ?

Bien sûr. Je suis un Bruxellois pur jus !

J’ai grandi et vécu à Bruxelles, fait mes études secondaires à Saint-Michel à Etterbeek, puis à l’ICMES, aujourd’hui le centre Eddy Merckx à Woluwé-Saint-Pierre. J’ai commencé mes études universitaires en sciences économiques, mais n’étant pas très matheux, j’ai finalement opté pour les sciences politiques, me spécialisant en administration publique et en marchés publics. Mon parcours académique m’a donné une solide base pour comprendre les enjeux économiques et administratifs complexes auxquels une ville comme Bruxelles est confrontée.

Le développement économique est crucial pour la prospérité d’une ville. Nous aimerions savoir quelles actions concrètes ont été entreprises pour renforcer l’économie locale. Quelles initiatives majeures avez-vous mises en place pour stimuler l’économie locale à Bruxelles ?

Le développement économique est un enjeu important et nous le savons. Nous avons d’abord voulu créer un terreau favorable au développement économique. Les entrepreneurs ont besoin d’une ville dynamique, qui bouge et qui est attractive que ce soit sur le plan international et commercial.

En gros, nous avons travaillé sur plusieurs fronts pour créer un environnement favorable aux entrepreneurs, avec des espaces publics de qualité et un marketing urbain fort. Ensuite, il a fallu soutenir les acteurs économiques. Nous avons collaboré avec les associations commerçantes pour développer des stratégies par quartier, chacune ayant son identité propre. Il a fallu créer une stratégie par quartier, un schéma de développement commercial pour apporter ce soutien.

Durant la crise du Covid-19, nous avons investi plus de 15 millions d’euros dans un plan de relance économique pour soutenir les secteurs en difficulté. Nous avons également cette volonté de montrer la fierté de nos commerces locaux. Donc, on a toute une politique de city marketing tournée autour de la promotion du commerce local notamment grâce à notre guide local lancé par la Ville de Bruxelles mettant en avant le commerce de proximité.

Nous avons également lancé des campagnes de promotion pour encourager les achats locaux, comme l’initiative « Anti-Black Friday » pour inciter les consommateurs à soutenir les commerces de proximité ou à travers une politique de labellisation.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont souvent considérées comme le pilier de l’économie. Comment DéFI prévoit-il de soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) dans les prochaines années ?

Les PME souffrent principalement de la pression fiscale et des charges administratives. Nous plaidons pour une réduction de cette pression fiscale et la simplification administrative. Par exemple, une PME n’a pas, voire moins, les capacités d’absorber les coûts liés à un congé maladie en interne qu’un grand groupe.

Le deuxième enjeu pour les TPE/PME, mis en avant par l’union des classes moyennes (UCM), reste le coût de la charge administrative. Les chiffres de la charge administrative sont excessivement élevés, nous parlons entre 5 et 6 milliards d’euros, soit 1% du PIB qui pèse sur les TPE/PME.

Une des grandes propositions de DéFI par rapport à ça, est la simplification administrative partout, la création de guichet unique pour les entreprises afin de centraliser les démarches administratives, la création d’une banque de données unifiée pour éviter aux entreprises de fournir plusieurs fois les mêmes informations et un test PME pour évaluer les procédures administratives du point de vue des entrepreneurs.

Les priorités des entrepreneurs peuvent changer à ce sujet en fonction de si vous êtes un investisseur par exemple. Ce même investisseur rencontrera des difficultés administratives liées par exemple aux permis d’urbanisme qui prennent plus de 5 ans à être délivrés en Région Bruxelles. Ça crée une incertitude, des coûts et beaucoup de frustrations pour nos acteurs actifs.

On a créé à ce titre « openpermit » qui permet de numériser le processus. Cette question urbanistique freine souvent les entrepreneurs. Il y a également le cas de devoir refournir les données que l’administration possède déjà, d’où l’enjeu du guichet unique.

Il y a aussi un enjeu de la justification des dépenses. Aujourd’hui, on n’offre pas, d’un point de vue fiscal, assez de confiance. Dans le cadre d’un contrôle fiscal, si tout s’est bien passé la première fois, nous devrions pouvoir ne plus, sauf indication de fraude, interpeller à nouveau et développer une relation de confiance avec les entrepreneurs.

Attirer des investissements étrangers est crucial pour dynamiser l’économie locale et créer des opportunités. Quelles stratégies envisagez-vous pour attirer davantage d’investissements étrangers à Bruxelles ?

Nous avons deux chances aujourd’hui, déjà la marque « Bruxelles » est très connue à l’international. Nous menons une politique de city marketing offensive et collaborons avec des attachés économiques pour cibler les bons marchés. Nous pensons que la Wallonie et Bruxelles devraient mieux développer leur tissu international via leurs ambassades.

Deuxièmement, il y a un enjeu d’attractivité fiscale en Belgique. Nous avons également renforcé le dispositif du tax shelter pour attirer les investissements, notamment dans les secteurs audiovisuels et du gaming. Nous devrions renforcer le tax shelter vers les TPE/PME pour aider et améliorer le ratio de financement international dans Bruxelles. Concrètement, ça se traduirait par une augmentation du montant maximum qui peut être revu.

De plus, nous faisons vraiment confiance aux entrepreneurs qui connaissent mieux leur client et leur potentiel de croissance. Par exemple, nous travaillons en étroite collaboration avec des experts comme Pierre Marcolini pour développer des stratégies ciblées vers des marchés spécifiques, comme l’Asie. Par exemple, nous avons accueilli des influenceurs de Singapour pour promouvoir Bruxelles et ses commerces de luxe.

La gestion efficace du budget est essentielle pour assurer le bon fonctionnement des services publics et le développement de la ville. Pouvez-vous expliquer votre approche de la gestion du budget de la Ville de Bruxelles ?

Évidemment, ça a été une mandature particulière avec le Covid. On a eu des budgets très ambitieux en termes d’investissement public pour créer ce terreau favorable que ce soit le réaménagement de l’espace public ou encore de l’enseignement. Il y a cet enjeu-là d’avoir un budget qui cumule aujourd’hui 1 milliard d’euros et on est chaque année à plus de 100 millions d’investissements publics.

Avec le Covid, on a dû puiser dans nos réserves d’abord avant même de toucher à la fiscalité et il y a eu cet enjeu de revenir dans une trajectoire budgétaire d’équilibre dès 2023. Ce dont on est fier à la Ville, car il n’y a plus de déficit comme on a connu durant les années Covid. Cela grâce à plusieurs opérations dont :

  • Réduction des dépenses : Nous avons réduit de près de 10 % les dépenses de fonctionnement en interne.
  • Bouclier fiscal : On a pas touché à l’impôt sur les personnes physiques ni le précompte immobilier. On a augmenté les taxes d’occupation de l’espace public pour se mettre dans la moyenne régionale ce qui nous a permis de retrouver l’équilibre.

Prioriser les dépenses publiques peut grandement influencer la qualité de vie des citoyens. Quelles sont vos priorités en matière de dépenses publiques pour les prochaines années ?

Au fédéral, on va retrouver le secteur de la santé et de la sécurité. Le secteur de la santé fera la prospérité des villes de demain, il permettra un haut taux d’emploi, des budgets de recherche et des hautes zones d’attractivité. La sécurité doit être davantage développée, la justice, la police également pour assurer ce climat positif nécessaire.

Au niveau régional, il faut le retour à l’équilibre budgétaire qui va être compliqué. Il y a 1,5 milliard d’euros à trouver. Ça devra passer par les mécanismes apportés à la ville, voir où sont les économies dans les coûts de l’administration et les frais de fonctionnement. Nous pourrions améliorer les taxes régionales et améliorer leurs perceptions. Il faudra voir comment cibler les investissements avec un retour important.

La transparence et la bonne gouvernance sont des éléments cruciaux pour maintenir la confiance des citoyens dans les institutions. Quelles mesures avez-vous prises pour assurer la transparence et la bonne gouvernance des finances publiques à Bruxelles ?

La transparence et la bonne gouvernance sont essentielles. Nous avons mis en place une plateforme open data pour les subsides publics et appliqué des ordonnances de transparence. Nous évaluons régulièrement nos politiques publiques pour nous assurer qu’elles sont efficaces et atteignent leurs objectifs. Depuis 2019, nous avons renforcé les mécanismes de contrôle interne et de reporting, ce qui nous permet de suivre de près l’utilisation des fonds publics et de garantir qu’ils sont dépensés de manière responsable.

La transformation numérique est un levier majeur pour moderniser les services publics et améliorer la vie des citoyens. Pouvez-vous nous parler de la stratégie Smart City de Bruxelles et des principaux objectifs de cette initiative ?

D’abord, j’ai été le premier échevin de la ville dédié à la Smart City. Avant, il y avait des échevins de l’informatique et du coup, je suis le premier à porter et donner une vraie vision du développement d’une ville intelligente pour Bruxelles.

Nous avons mis en place une stratégie transversale Smart City à l’horizon 2030, visant à intégrer la transition numérique dans toutes nos politiques publiques, que ce soit dans l’enseignement, l’économie ou la gestion de nos objectifs climatiques.

Ensuite, nous avons voulu revoir complètement le mode de fonctionnement de nos administrations et notre manière d’entrer en contact avec le citoyen. Nous avons développé une plateforme, MyBXL, pour simplifier l’accès aux services administratifs et centraliser la gestion des données. Nous formons également les jeunes aux métiers de l’IA et développons des infrastructures numériques pour soutenir ces initiatives.

L’innovation et les projets numériques peuvent transformer la façon dont les villes fonctionnent. Quels projets innovants avez-vous lancés dans le cadre de cette stratégie pour améliorer la qualité de vie des citoyens ?

Nous sommes le premier pouvoir public à avoir un CRM/CMT coordonné avec une vraie architecture citizen-centric. Nous avons également d’autres enjeux en place. Un projet phare est l’ouverture prochaine d’un centre de formation dédié aux métiers de l’IA, en partenariat avec des entreprises technologiques dont Molengeek, pour répondre aux besoins croissants en compétences numériques.

Quel est votre message pour nos lecteurs concernant le parti DéFI ?

DéFI a prouvé son sérieux dans la gestion publique, que ce soit au niveau communal ou régional. Nous avons un projet clair pour Bruxelles et nous défendons les intérêts des Bruxellois. Nous aspirons à avoir un meilleur rapport de force au sein du gouvernement pour pouvoir agir de manière plus efficace.

Notre engagement est de continuer à travailler pour une ville plus dynamique, inclusive et prospère, en mettant l’accent sur l’innovation, la transparence et le soutien aux entreprises locales.

Merci beaucoup, Fabian, pour cet entretien enrichissant.

Merci à vous. C’était un plaisir de discuter de ces sujets importants.

Catégories
Politique

Entretien Exclusif avec la Ministre de la Mobilité de Bruxelles

Entretien exclusif avec Elke, la ministre de la Mobilité Bruxelloise : Perspectives et investissements au cœur des réformes. Découverte de sa vision depuis son bureau panoramique à la Botanic Tower.

Madame la ministre, je suis ravi d’avoir l’opportunité de vous interroger sur votre rôle en tant que ministre de la Mobilité à Bruxelles et sur vos réalisations à ce poste. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur vous ?

Originaire de Ganshoren, je suis bruxelloise depuis l’âge de 18 ans, cela fait maintenant 25 ans désormais. Je suis mariée et mère de deux enfants.

Malgré sa proximité avec le centre-ville, Ganshoren est souvent sous-estimée. Ma carrière politique a débuté en 2009, lorsque j’ai été élue pour la première fois au parlement régional à l’âge de 29 ans. Je me suis spécialisée dans les domaines du logement, de l’économie, du travail et des affaires sociales. Après cinq ans au parlement bruxellois, j’ai également passé cinq années au parlement flamand, avec une spécialisation similaire axée sur le bien-être, la petite enfance, les personnes handicapées et les personnes âgées.

De retour au parlement bruxellois, je me suis sentie plus en phase avec l’âme bruxelloise, considérant que le parlement flamand était trop axé sur la Flandre. La diversité au parlement bruxellois me manquait. J’ai été nommée ministre de la Mobilité, la première partie néerlandophone après les élections avec Groen, étant tête de liste. Ce poste était totalement un choix réfléchi. à Bruxelles, nous pouvons vraiment faire mieux. Il y a un énorme potentiel dans ce domaine.

Pour moi, l’espace public représente la ville de Bruxelles que nous partageons. Je pense que actuellement, l’espace public est trop orienté vers le transport et les déplacements en voiture. Ce qui manque, ce sont les lieux de rencontre, de la végétalisation et les espaces partagés et collectifs. Bruxelles ne doit plus être vue comment une simple voie de passage mais véritablement comme une ville-salon.

J’aimerais transformer l’espace public en un lieu de rencontre où l’on se sent chez soi. C’est également une question sociale, car la plupart des Bruxellois n’ont ni jardin ni terrasse, et donc tout le monde devrait se sentir propriétaire de son espace public et de son quartier. Pour atteindre cet objectif, il est crucial de s’attaquer à la question de la mobilité. Beaucoup d’inégalités sont liées à la sécurité routière et à la qualité de l’air. C’est pourquoi j’ai travaillé avec détermination dans ce domaine depuis cinq ans.

Votre leadership et vos initiatives sont cruciaux dans la construction d’une ville plus accessible, durable et agréable à vivre pour tous ses habitants. Dans cette optique, j’aimerais maintenant vous interroger sur la priorité actuelle de votre administration en matière de mobilité et sur le grand plan que vous envisagez pour répondre aux défis de notre belle capitale.

Avec plaisir !

Le grand plan de mobilité à Bruxelles est le plan « GOOD MOVE« , souvent mal compris, notamment en ce qui concerne les plans de circulation dans les quartiers. Il comprend 50 actions, dont le plan de circulation dans les quartiers n’est qu’une partie. La mise en œuvre de ce plan a été particulièrement difficile à Schaerbeek et Anderlecht. Cependant, il est important de noter que cela ne représente qu’un cinquième du plan global. Il y a eu en effet une confusion citoyenne concernant le plan Good Move.

Nous pourrions certainement faire un bilan de la communication à ce sujet. En général, il s’agit de calmer la circulation dans les quartiers en dirigeant le trafic de transit vers les axes principaux. L’objectif est de créer des quartiers avec moins de pression automobile, moins de pollution de l’air et plus de sécurité routière, favorisant ainsi la vie sociale.

Dans le cadre de notre grand plan, nous travaillons à offrir des alternatives à la voiture individuelle, car il y a encore trop de gens qui en dépendent. Ces alternatives incluent :

  • La marche : en créant des trottoirs sécurisés et agréables, nous encourageons la marche, car la plupart des déplacements des citoyens sont de courte distance.
  • Le vélo : nous avons triplé le nombre de cyclistes en mettant en place 70 km de pistes cyclables, ce qui a attiré de nouveaux cyclistes.
  • Le transport en commun : nous avons augmenté de 15 % l’offre de transport en commun avec la STIB, qui reste très performante.
  • Les voitures partagées : nous encourageons cette alternative, notamment pour les familles, car posséder une voiture individuelle est coûteux. Toutes ces alternatives sont intégrées dans notre plan de mobilité, visant à garantir le droit à la mobilité pour tous les citoyens.

Quels sont vos incitants pour favoriser l’usage de ces alternatives ?

Nous commençons par les offrir.

Si nous construisons des pistes cyclables, les cyclistes viendront naturellement. Nous travaillons également à améliorer la sécurité routière pour que les parents et les enfants puissent se déplacer en toute sécurité. Nous avons déjà constaté une réduction de la vitesse moyenne sur les grands axes, ce qui contribue à une meilleure sécurité. Nous observons également des changements dans les modes de déplacement des Bruxellois.

La marche est devenue le premier mode de déplacement, la voiture a perdu sa première place au profit du vélo, et le transport en commun reste stable. Ces chiffres montrent que notre stratégie de diversification des modes de transport porte ses fruits.

Qu’en est-il des aides pour faciliter cette transition ?

Des subventions sont disponibles pour les entreprises et les particuliers afin d’encourager l’adoption d’alternatives à la voiture individuelle. Par exemple, des primes sont accordées pour l’achat de véhicules électriques ou le renvoi des plaques d’immatriculation. C’est la Prime Bruxell’Air. De plus, la mise en place de zones à faibles émissions contribue à réduire la pollution de l’air et à améliorer la qualité de vie des citoyens.

Madame la ministre, votre travail pour améliorer la mobilité dans notre capitale est important, et cela soulève des questions essentielles sur la gestion des ressources. Pourriez-vous nous éclairer sur le budget annuel alloué à la mobilité en région bruxelloise ?

Le budget de la mobilité représente environ 25 % du budget régional qui est de 6 milliards d’euros, soit près de 1,5 milliard d’euros par an, principalement destiné à la STIB (plus d’un milliard). Le restant est destiné à d’autres aspects de la mobilité.

Ce budget est crucial pour financer de nouveaux projets de transport en commun et la rénovation des infrastructures routières, notamment des tunnels. Concernant le budget de la STIB, il s’agit d’un côté d’investissement tel que de nouvelle ligne de tram et métro, l’achat de matériel roulant ou encore l’amélioration des dépôts. Mais il y a également le budget pour la gestion tel que le personnel ou encore les services de maintenance.

Tout est fait en propre service, nous n’avons pas de sous-traitant et ainsi, cela permet de favoriser notre place en tant que plus grand employeur de la région avec des conditions de travail dignes. Pour la mobilité, hors transport public, le plus grand coût est la gestion du réseau routier tel que les tunnels et ponts qui représentent des coûts énormément élevés s’agissant de la rénovation des tunnels.

Ainsi, tous les tunnels de Bruxelles sont assez vétustes et nous devons les rénover bien que cela puisse créer des nuisances et des chantiers, j’en suis consciente mais c’est nécessaire.

Pour le prochain tunnel Art-Belliard, nous parlons d’une enveloppe budgétaire de 160 millions d’euros pour les rénovations. Ces grands budgets sont nécessaires. Il y a effectivement d’autres éléments à prendre en considération mais nous aurions besoin de davantage de temps.

Comment évaluez-vous le retour sur investissements de vos investissements dans le cadre de votre mission ministérielle ?

Les investissements dans les transports en commun ont un retour sur investissement significatif. Chaque euro investi rapporte environ deux euros, créant de l’emploi, favorisant les déplacements et améliorant la qualité de l’air.

De plus, des villes favorisant la marche et le vélo contribuent au dynamisme économique local. Notez que la qualité d’air nous coûte 1400€ par Bruxellois par an. En effet, les gains sont très présents pour la ville notamment au niveau de la santé des citoyens. Un cycliste ça ne pollue pas, il est en meilleur santé et prend moins d’espace.

La ville « Salon » est une ville rentable, ce sont les personnes qui font leurs courses. Créer des villes où les gens veulent marcher et rouler à vélo puis faire ses courses favorise le commerce local. Créer des zones comme place miroir, c’est aussi un gain pour l’élément commercial. Il faut aussi noter que les embouteillages coûtent, il y a entre 4 et 8 milliards d’euros perdus au niveau belge que ce soit liés aux retards ou de la livraison.

Auriez-vous des résultats qui démontrent l’efficacité des plans mis en place à Bruxelles ?

Regardons les statistiques, qui montrent donc que Bruxelles se porte bien dans l’ensemble :

  • Un premier indicateur est la création d’entreprises qui a augmenté de près de 20 % au cours de ces dernières années par rapport à il y a dix ans. Depuis 2019, il y a eu 12 000 créations par an, malgré la Covid-19 et la crise énergétique. Entre 2009 et 2018, il y avait environ 10 500 créations par an.

Même si chaque faillite est, bien entendu, une faillite de trop, Bruxelles était la seule région du pays à connaître une baisse des faillites en 2023 par rapport à 2022. En 2023, on compte 1 711 déclarations de faillite, soit 5,19 % de moins que l’année précédente.

En résumé, nous avons observé une augmentation de 6,7 % du nombre total d’entreprises à Bruxelles entre 2019 et 2022, malgré les crises. Il n’y a jamais eu autant d’entreprises à Bruxelles.

Le projet Good Move a été fortement critiqué ces dernières années. Pouvez-vous revenir sur les objectifs principaux du plan et comment les mesurez-vous ?

Le plan Good Move vise à améliorer l’attractivité de Bruxelles et la qualité de vie. Nous évaluons chaque année les progrès réalisés dans la mise en œuvre des 50 actions prévues. Par exemple, dans le cadre des « quartiers apaisés », nous avons déjà constaté une réduction significative du trafic automobile et une augmentation de l’usage du vélo. Ces résultats témoignent de l’efficacité de notre approche.

De plus, nous avons gagné plus d’espaces à réaménager. À Bruxelles, nous avons déjà des exemples de réussites du plan Good Move comme la place Fernand Cocq ou encore la chaussée d’Ixelles qui ont été réaménagées et piétonnisées.

Les commerçants étaient très opposés et aujourd’hui, ils sont très satisfaits puisque les chiffres d’affaires ont vraiment augmenté. Le piétonnier est aussi un bel exemple malgré les enjeux de sécurité, de nouveaux commerces émergent et les dynamiques sont plus denses ! Ces exemples étaient très contestés mais aujourd’hui tout est enfin accepté et satisfaisant de par leur aspect agréable. Les chantiers sont difficiles mais la vie d’après est tellement mieux.

Parfois contestés, seriez-vous prête à revenir en arrière sur certains projets à l’avenir ?

Nous avons déjà dû faire marche arrière dans certains quartiers en raison du manque d’adhésion des citoyens locaux. Il est essentiel que les habitants se sentent concernés et impliqués dans les décisions qui les concernent. Le changement est souvent difficile, mais nous devons toujours écouter les préoccupations des citoyens.

Beaucoup de non-bruxellois(e)s transitent par les routes de la capitale et y utilisent les transports en commun. Faut-il faire participer financièrement les navetteurs non-bruxellois aux coûts de mobilité ?

Je propose deux solutions à cet égard.

  • Tout d’abord, il pourrait être envisagé que les impôts des navetteurs soient partiellement payés là où ils travaillent, ce qui permettrait de financer davantage Bruxelles. Il n’est pas logique que nos impôts soient payés là où on habite. À Berlin, une partie des impôts est payée au lieu de travail et pas au lieu du domicile. À Bruxelles, si on prend que 15% de l’impôt des navetteurs sont payés à Bruxelles et le reste là où ils habitent, nous aurions déjà refinancé Bruxelles. Et cela donnerait la responsabilité à Bruxelles de continuer à accueillir les navetteurs.
  • Ensuite, je soutiens l’idée d’une taxe kilométrique (SmartMove), qui pourrait prendre en compte l’utilisation réelle des routes et encouragerait les alternatives à la voiture individuelle. Actuellement, tout le monde paie une taxe sur la possession d’une voiture. Les Flamands en Flandre, les Wallons en Wallonie et les Bruxellois à Bruxelles. Si on supprime cette taxe de circulation et on la remplace par une taxe kilométrique, alors on verra combien de kilomètres vous roulez, à quel moment et avec quelle voiture, et ainsi nous pourrions prendre en considération si vous êtes une infirmière et que vous commencez votre shift à 5h, et qu’il n’y a pas de transports, on peut mettre votre compteur à 0. Mais si vous travaillez dans un bureau et vous passez de Simonis à Rogier, vous paierez un peu plus car les transports en commun pourraient vous offrir une alternative. Les axes les plus utilisés coûtent le plus cher et ils seraient aussi financés par un système d’usage qui est un système plus moderne. Il y a beaucoup d’opposition politique mais j’espère qu’on y aboutira.

Tous nos remerciements madame la ministre, malheureusement, nous aurions aimé aller davantage en profondeur mais manque de temps nous devrons remettre cela à plus tard. Beaucoup de succès et de réussite. À bientôt !