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Entretien Exclusif avec la Ministre de la Mobilité de Bruxelles

Entretien exclusif avec Elke, la ministre de la Mobilité Bruxelloise : Perspectives et investissements au cœur des réformes. Découverte de sa vision depuis son bureau panoramique à la Botanic Tower.

Madame la ministre, je suis ravi d’avoir l’opportunité de vous interroger sur votre rôle en tant que ministre de la Mobilité à Bruxelles et sur vos réalisations à ce poste. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur vous ?

Originaire de Ganshoren, je suis bruxelloise depuis l’âge de 18 ans, cela fait maintenant 25 ans désormais. Je suis mariée et mère de deux enfants.

Malgré sa proximité avec le centre-ville, Ganshoren est souvent sous-estimée. Ma carrière politique a débuté en 2009, lorsque j’ai été élue pour la première fois au parlement régional à l’âge de 29 ans. Je me suis spécialisée dans les domaines du logement, de l’économie, du travail et des affaires sociales. Après cinq ans au parlement bruxellois, j’ai également passé cinq années au parlement flamand, avec une spécialisation similaire axée sur le bien-être, la petite enfance, les personnes handicapées et les personnes âgées.

De retour au parlement bruxellois, je me suis sentie plus en phase avec l’âme bruxelloise, considérant que le parlement flamand était trop axé sur la Flandre. La diversité au parlement bruxellois me manquait. J’ai été nommée ministre de la Mobilité, la première partie néerlandophone après les élections avec Groen, étant tête de liste. Ce poste était totalement un choix réfléchi. à Bruxelles, nous pouvons vraiment faire mieux. Il y a un énorme potentiel dans ce domaine.

Pour moi, l’espace public représente la ville de Bruxelles que nous partageons. Je pense que actuellement, l’espace public est trop orienté vers le transport et les déplacements en voiture. Ce qui manque, ce sont les lieux de rencontre, de la végétalisation et les espaces partagés et collectifs. Bruxelles ne doit plus être vue comment une simple voie de passage mais véritablement comme une ville-salon.

J’aimerais transformer l’espace public en un lieu de rencontre où l’on se sent chez soi. C’est également une question sociale, car la plupart des Bruxellois n’ont ni jardin ni terrasse, et donc tout le monde devrait se sentir propriétaire de son espace public et de son quartier. Pour atteindre cet objectif, il est crucial de s’attaquer à la question de la mobilité. Beaucoup d’inégalités sont liées à la sécurité routière et à la qualité de l’air. C’est pourquoi j’ai travaillé avec détermination dans ce domaine depuis cinq ans.

Votre leadership et vos initiatives sont cruciaux dans la construction d’une ville plus accessible, durable et agréable à vivre pour tous ses habitants. Dans cette optique, j’aimerais maintenant vous interroger sur la priorité actuelle de votre administration en matière de mobilité et sur le grand plan que vous envisagez pour répondre aux défis de notre belle capitale.

Avec plaisir !

Le grand plan de mobilité à Bruxelles est le plan « GOOD MOVE« , souvent mal compris, notamment en ce qui concerne les plans de circulation dans les quartiers. Il comprend 50 actions, dont le plan de circulation dans les quartiers n’est qu’une partie. La mise en œuvre de ce plan a été particulièrement difficile à Schaerbeek et Anderlecht. Cependant, il est important de noter que cela ne représente qu’un cinquième du plan global. Il y a eu en effet une confusion citoyenne concernant le plan Good Move.

Nous pourrions certainement faire un bilan de la communication à ce sujet. En général, il s’agit de calmer la circulation dans les quartiers en dirigeant le trafic de transit vers les axes principaux. L’objectif est de créer des quartiers avec moins de pression automobile, moins de pollution de l’air et plus de sécurité routière, favorisant ainsi la vie sociale.

Dans le cadre de notre grand plan, nous travaillons à offrir des alternatives à la voiture individuelle, car il y a encore trop de gens qui en dépendent. Ces alternatives incluent :

  • La marche : en créant des trottoirs sécurisés et agréables, nous encourageons la marche, car la plupart des déplacements des citoyens sont de courte distance.
  • Le vélo : nous avons triplé le nombre de cyclistes en mettant en place 70 km de pistes cyclables, ce qui a attiré de nouveaux cyclistes.
  • Le transport en commun : nous avons augmenté de 15 % l’offre de transport en commun avec la STIB, qui reste très performante.
  • Les voitures partagées : nous encourageons cette alternative, notamment pour les familles, car posséder une voiture individuelle est coûteux. Toutes ces alternatives sont intégrées dans notre plan de mobilité, visant à garantir le droit à la mobilité pour tous les citoyens.

Quels sont vos incitants pour favoriser l’usage de ces alternatives ?

Nous commençons par les offrir.

Si nous construisons des pistes cyclables, les cyclistes viendront naturellement. Nous travaillons également à améliorer la sécurité routière pour que les parents et les enfants puissent se déplacer en toute sécurité. Nous avons déjà constaté une réduction de la vitesse moyenne sur les grands axes, ce qui contribue à une meilleure sécurité. Nous observons également des changements dans les modes de déplacement des Bruxellois.

La marche est devenue le premier mode de déplacement, la voiture a perdu sa première place au profit du vélo, et le transport en commun reste stable. Ces chiffres montrent que notre stratégie de diversification des modes de transport porte ses fruits.

Qu’en est-il des aides pour faciliter cette transition ?

Des subventions sont disponibles pour les entreprises et les particuliers afin d’encourager l’adoption d’alternatives à la voiture individuelle. Par exemple, des primes sont accordées pour l’achat de véhicules électriques ou le renvoi des plaques d’immatriculation. C’est la Prime Bruxell’Air. De plus, la mise en place de zones à faibles émissions contribue à réduire la pollution de l’air et à améliorer la qualité de vie des citoyens.

Madame la ministre, votre travail pour améliorer la mobilité dans notre capitale est important, et cela soulève des questions essentielles sur la gestion des ressources. Pourriez-vous nous éclairer sur le budget annuel alloué à la mobilité en région bruxelloise ?

Le budget de la mobilité représente environ 25 % du budget régional qui est de 6 milliards d’euros, soit près de 1,5 milliard d’euros par an, principalement destiné à la STIB (plus d’un milliard). Le restant est destiné à d’autres aspects de la mobilité.

Ce budget est crucial pour financer de nouveaux projets de transport en commun et la rénovation des infrastructures routières, notamment des tunnels. Concernant le budget de la STIB, il s’agit d’un côté d’investissement tel que de nouvelle ligne de tram et métro, l’achat de matériel roulant ou encore l’amélioration des dépôts. Mais il y a également le budget pour la gestion tel que le personnel ou encore les services de maintenance.

Tout est fait en propre service, nous n’avons pas de sous-traitant et ainsi, cela permet de favoriser notre place en tant que plus grand employeur de la région avec des conditions de travail dignes. Pour la mobilité, hors transport public, le plus grand coût est la gestion du réseau routier tel que les tunnels et ponts qui représentent des coûts énormément élevés s’agissant de la rénovation des tunnels.

Ainsi, tous les tunnels de Bruxelles sont assez vétustes et nous devons les rénover bien que cela puisse créer des nuisances et des chantiers, j’en suis consciente mais c’est nécessaire.

Pour le prochain tunnel Art-Belliard, nous parlons d’une enveloppe budgétaire de 160 millions d’euros pour les rénovations. Ces grands budgets sont nécessaires. Il y a effectivement d’autres éléments à prendre en considération mais nous aurions besoin de davantage de temps.

Comment évaluez-vous le retour sur investissements de vos investissements dans le cadre de votre mission ministérielle ?

Les investissements dans les transports en commun ont un retour sur investissement significatif. Chaque euro investi rapporte environ deux euros, créant de l’emploi, favorisant les déplacements et améliorant la qualité de l’air.

De plus, des villes favorisant la marche et le vélo contribuent au dynamisme économique local. Notez que la qualité d’air nous coûte 1400€ par Bruxellois par an. En effet, les gains sont très présents pour la ville notamment au niveau de la santé des citoyens. Un cycliste ça ne pollue pas, il est en meilleur santé et prend moins d’espace.

La ville « Salon » est une ville rentable, ce sont les personnes qui font leurs courses. Créer des villes où les gens veulent marcher et rouler à vélo puis faire ses courses favorise le commerce local. Créer des zones comme place miroir, c’est aussi un gain pour l’élément commercial. Il faut aussi noter que les embouteillages coûtent, il y a entre 4 et 8 milliards d’euros perdus au niveau belge que ce soit liés aux retards ou de la livraison.

Auriez-vous des résultats qui démontrent l’efficacité des plans mis en place à Bruxelles ?

Regardons les statistiques, qui montrent donc que Bruxelles se porte bien dans l’ensemble :

  • Un premier indicateur est la création d’entreprises qui a augmenté de près de 20 % au cours de ces dernières années par rapport à il y a dix ans. Depuis 2019, il y a eu 12 000 créations par an, malgré la Covid-19 et la crise énergétique. Entre 2009 et 2018, il y avait environ 10 500 créations par an.

Même si chaque faillite est, bien entendu, une faillite de trop, Bruxelles était la seule région du pays à connaître une baisse des faillites en 2023 par rapport à 2022. En 2023, on compte 1 711 déclarations de faillite, soit 5,19 % de moins que l’année précédente.

En résumé, nous avons observé une augmentation de 6,7 % du nombre total d’entreprises à Bruxelles entre 2019 et 2022, malgré les crises. Il n’y a jamais eu autant d’entreprises à Bruxelles.

Le projet Good Move a été fortement critiqué ces dernières années. Pouvez-vous revenir sur les objectifs principaux du plan et comment les mesurez-vous ?

Le plan Good Move vise à améliorer l’attractivité de Bruxelles et la qualité de vie. Nous évaluons chaque année les progrès réalisés dans la mise en œuvre des 50 actions prévues. Par exemple, dans le cadre des « quartiers apaisés », nous avons déjà constaté une réduction significative du trafic automobile et une augmentation de l’usage du vélo. Ces résultats témoignent de l’efficacité de notre approche.

De plus, nous avons gagné plus d’espaces à réaménager. À Bruxelles, nous avons déjà des exemples de réussites du plan Good Move comme la place Fernand Cocq ou encore la chaussée d’Ixelles qui ont été réaménagées et piétonnisées.

Les commerçants étaient très opposés et aujourd’hui, ils sont très satisfaits puisque les chiffres d’affaires ont vraiment augmenté. Le piétonnier est aussi un bel exemple malgré les enjeux de sécurité, de nouveaux commerces émergent et les dynamiques sont plus denses ! Ces exemples étaient très contestés mais aujourd’hui tout est enfin accepté et satisfaisant de par leur aspect agréable. Les chantiers sont difficiles mais la vie d’après est tellement mieux.

Parfois contestés, seriez-vous prête à revenir en arrière sur certains projets à l’avenir ?

Nous avons déjà dû faire marche arrière dans certains quartiers en raison du manque d’adhésion des citoyens locaux. Il est essentiel que les habitants se sentent concernés et impliqués dans les décisions qui les concernent. Le changement est souvent difficile, mais nous devons toujours écouter les préoccupations des citoyens.

Beaucoup de non-bruxellois(e)s transitent par les routes de la capitale et y utilisent les transports en commun. Faut-il faire participer financièrement les navetteurs non-bruxellois aux coûts de mobilité ?

Je propose deux solutions à cet égard.

  • Tout d’abord, il pourrait être envisagé que les impôts des navetteurs soient partiellement payés là où ils travaillent, ce qui permettrait de financer davantage Bruxelles. Il n’est pas logique que nos impôts soient payés là où on habite. À Berlin, une partie des impôts est payée au lieu de travail et pas au lieu du domicile. À Bruxelles, si on prend que 15% de l’impôt des navetteurs sont payés à Bruxelles et le reste là où ils habitent, nous aurions déjà refinancé Bruxelles. Et cela donnerait la responsabilité à Bruxelles de continuer à accueillir les navetteurs.
  • Ensuite, je soutiens l’idée d’une taxe kilométrique (SmartMove), qui pourrait prendre en compte l’utilisation réelle des routes et encouragerait les alternatives à la voiture individuelle. Actuellement, tout le monde paie une taxe sur la possession d’une voiture. Les Flamands en Flandre, les Wallons en Wallonie et les Bruxellois à Bruxelles. Si on supprime cette taxe de circulation et on la remplace par une taxe kilométrique, alors on verra combien de kilomètres vous roulez, à quel moment et avec quelle voiture, et ainsi nous pourrions prendre en considération si vous êtes une infirmière et que vous commencez votre shift à 5h, et qu’il n’y a pas de transports, on peut mettre votre compteur à 0. Mais si vous travaillez dans un bureau et vous passez de Simonis à Rogier, vous paierez un peu plus car les transports en commun pourraient vous offrir une alternative. Les axes les plus utilisés coûtent le plus cher et ils seraient aussi financés par un système d’usage qui est un système plus moderne. Il y a beaucoup d’opposition politique mais j’espère qu’on y aboutira.

Tous nos remerciements madame la ministre, malheureusement, nous aurions aimé aller davantage en profondeur mais manque de temps nous devrons remettre cela à plus tard. Beaucoup de succès et de réussite. À bientôt !

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Fiscalité

En Belgique, les automobilistes sont dépassés par les taxes !

SmartMove, c’est le nom du nouveau plan clivant pour 2022 qui a été proposé par le gouvernement bruxellois. L’accueil a été plutôt amer de la part des citoyens belges mais également des acteurs politiques nationaux.

En effet, ce dispositif prévoit que les automobilistes de Bruxelles-Capitale ne devront plus payer de taxe de mise en circulation ni de taxe annuelle mais devront désormais s’acquitter du paiement d’une taxe kilométrique, qui aura tendance à saler la facture, dès 2022.

En revanche, c’est peu fairplay pour les wallons ou encore les flamands ayant leur emploi basé à Bruxelles qui font le trajet quotidiennement et qui paieront à la fois leur TMC, leur taxe de roulage annuelle mais aussi cette nouvelle taxe kilométrique lors de leur entrée dans Bruxelles.

L’objectif de ce plan, louable, est de réduire l’utilisation de la voiture de 25% d’ici à 2030 dans un objectif de réduction de l’empreinte carbone.

En gros, le montant de la taxe sera calculé sur base de plusieurs éléments dont le nombre de kilomètres parcourus, l’heure de circulation ou encore la puissance du véhicule. La nuit et les weekends ne feront pas l’objet d’une taxation.

Si vous n’êtes pas de la région et que vous allez occasionnellement dans la Région Bruxelloise, au même titre que les touristes, vous devrez vous munir d’un pass à la journée. Et pour les automobilistes qui ont l’habitude de se déplacer en gros cylindrés, la taxe risque de changer leurs habitudes de conduite …

Parlons de votre argent:

En effet, le montant à payer au kilomètre sera évaluée en fonction des facteurs susmentionnés. Si vous possédez une berline et que vous l’utilisez au quotidien, le montant de cette taxe pourra varier entre 800 et 1200 euros, sans compter les taxes régionales, si vous n’êtes pas de Bruxelles.

  • Prenons un cas concret, Jean Ribocou possède actuellement une Golf 7 ayant une puissance fiscale de 6 chevaux fiscaux. Jean est consultant indépendant et se rend chez ses clients en voiture durant les heures de pointes et roule 250 jours par an. Nous savons que sa taxe de mise en circulation vaut 65 euros par an et que sa taxe de circulation annuelle vaut 152€ par an, sa facture annuelle ne dépasse donc pas 220 euros.

Avec Smartmove, en roulant en moyenne 250 jours par an un véhicule avec une puissance fiscale de 6 chevaux fiscaux, parcourant 25 kilomètres en heures de pointe par jour et 8 km en heures creuses, Monsieur Ribocou paiera plus de 1400€, soit 5,6X le montant initial.

Un autre exemple, avec une voiture de 11 chevaux fiscaux, si vous conduisez 20 km en heures de pointe et seulement 200 jours par an, vous paierez 1.200 euros sans comptabiliser le montant de votre conduite en heures creuses… cela peut vite monter.

A noter qu’un autre projet irrite une frange de la population et fait polémique puisque dès le 1er janvier 2021, la vitesse générale sera fixée à 30 km/h sauf sur certains grands axes ou dans les zones de rencontre où la vitesse variera.

Des groupes de militants automobilistes se sont rassemblés sur Facebook dont notamment le groupe « L’automobiliste en a marre » qui rassemble plus de 25.000 membres s’opposant aux nouvelles taxations et aux limitations de vitesse non adaptées.

De surcroît, une manifestation sera organisée contre cette nouvelle taxe le dimanche 20 décembre 2020 à 15h.

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Energie Nos analyses

L’éolien offshore: le futur des compagnies pétrolières ?

Avec un cours du pétrole de moins en moins stable (avec une chute sous la barre des 40 dollars le baril WTI le 9 septembre), une consommation mondiale d’or noir qui ne devrait plus augmenter et une énergie qui est « en déclin » selon le géant pétrolier BP, tous les acteurs du secteur pétrolier préparent leurs transitions énergétiques !

Pour le moment, la technologie qui attire le plus les compagnies pétrolières est l’éolien en mer. La production de cette énergie devrait exploser d’ici 2040 dans le monde et pourrait permettre d’atteindre la neutralité carbone en se hissant à la première place concernant les sources d’électricité dans l’Union européenne, actuellement leader de la technologie éolienne en mer.

Ce marché, très prometteur, peut compter sur ses perspectives de croissance et sur la constance des rendements de certains projets en mer pour attirer les plus grands groupes pétroliers à investir en elle.

En effet, on a pu voir, par exemple, BP racheter la moitié de la participation du norvégien Equinor dans 2 projets éoliens aux large des côtes New-Yorkaises pour près de 1,1 milliards de dollars ou encore l’acquisition de 51% par Total du plus grand parc d’éolien offshore en mer d’Écosse dont les coûts de construction devraient s’élever à 3 milliards de livres !

Même si « les montants de ces opérations ne sont pas majeurs à l’échelle de l’industrie du pétrole » comme le dit Simon Redmond (directeur senior chez S & P Global), au niveau du marché de l’éolien offshore, ces montants sont énormes ! « Chaque année, le leader du secteur Orsted investit environ 3 milliards d’euros », rajoute le directeur.

Toutefois, malgré l’attrait et l’investissement massif des grandes entreprises pétrolières dans ce marché, ce dernier reste toutefois dominé par des spécialistes du secteur: avec l’entreprise danoise Orsted en leader de marché, suivi de l’entreprise allemande RWE et de la compagnie suédoise Vattenfall.

C’est seulement en quatrième place du secteur que l’on trouve une entreprise pétrolière: Equinor (Norvège).

De plus, s’installer dans ce marché va devenir de plus en plus complexe notamment à cause du nombre limité de projets et des énergéticiens déjà bien installés. On pourrait donc assister à plusieurs projets de fusions dans les prochaines années selon les experts du secteur.

Cependant, cette technologie possède un autre point fort : elle fait partie des valeurs « vertes » sur le marché boursier.

L’éolien offshore bénéficie donc de « l’euphorie » des investisseurs boursiers quant aux perspectives de croissance futures du marché mais aussi du fait qu’il s’agisse d’une technologie du secteur des énergies renouvelables.

Comme l’explique Massimo Schiavo, analyste senior chez S&P Global: « Aujourd’hui l’éolien offshore ne génère qu’à peine 1% du mix énergétique européen. Mais ce marché sera sans aucun doute celui qui affichera la croissance la plus importante dans les années à venir. Il y a un gâteau de plus en plus gros à se partager ».

Par Rayane Zerrad

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Energie

Un plan à 7,2 milliards visant à faire de la France un grand acteur mondial de l’hydrogène !

Il y a quelques jours, la France a annoncé son envie de devenir plus verte et plus précisément de devenir un acteur majeur de l’hydrogène au niveau mondial dans avant 2030 !

Mais c’est seulement ce mardi que le gouvernement français a détaillé son plan pour atteindre cet objectif d’ici 2030. Ce plan à 7 milliards d’euros a pour but de faire de ce gaz la source d’énergie principale du pays.

  • Dans un premier temps, ce plan essayera de rendre cette énergie plus « écolo » en utilisant l’hydrogène provenant d’électricité décarbonée par électrolyse de l’eau (renouvelables) au lieu de la prélever dans les hydrocarbures (comme c’est fait aujourd’hui).
  • La deuxième partie de ce plan consistera à réduire les coûts pour rendre cette énergie rentable. En effet, la technologie nécessaire à la décarbonation de l’hydrogène est onéreuse et le gouvernement aurait ainsi détaillé dans ce plan que 1,5 millards d’euros serait consacré à la fabrication d’électrolyseurs (d’une capacité de 6,5 gigawatts) dans le but de réduire les coûts et d’augmenter les volumes de fabrication.

Le gouvernement explique que par la suite le but serait d’utiliser cette énergie dans la mobilité lourde notamment et de permettre aux bus, trains et autres de rouler à l’hydrogène. Toutefois, la technologie permettant de transformer l’hydrogène en électricité dans une pile à combustion est encore loin d’être rentable.

Un milliard d’euros sera utilisé d’ici 2023 dans le but de trouver une solution permettant de rendre cette pile à combustible rentable.

Bruno Le Maire, ministre de l’économie a même insiter sur le fait qu’il croyait en ce projet: « Nous (la France) avons les entreprises, les champions industriels pour le faire » citant au passage Safra (bus), Alstom et la SNCF (train), Faurecia (réservoirs), Symbio (piles à combustible), Air Liquide, Schlumberger ou encore McPhy (production d’hydrogène vert).

Il a toutefois aussi rappelé qu’il comptait aussi sur ces entreprises pour accroître le nombre d’emploi (il en espère 50.000 à 150.000) et d’usines sur le territoire français.

Par Rayane Zerrad