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Le Point sur les Marchés: Clôture de la semaine

Les marchés financiers ont continué à évoluer sous forte pression cette semaine, avec des baisses importantes sur plusieurs indices clés, en raison des incertitudes macroéconomiques mondiales, notamment liées aux taux d’intérêt élevés et aux perspectives économiques mixtes.

  • NASDAQ : 17 918,48 (-1,70 %). Les actions technologiques ont souffert de la montée des coûts d’emprunt, ce qui a affecté la rentabilité des entreprises à forte croissance.
  • CAC40 : 7 477,78 (-3,67 %). L’indice français a connu l’une des plus fortes corrections de la semaine, principalement en raison des inquiétudes liées à la croissance économique dans la zone euro et de l’impact des taux d’intérêt sur l’investissement des entreprises.
  • S&P500 : 5 699,94 (-0,96 %). Aux États-Unis, la légère baisse du S&P 500 reflète l’incertitude persistante sur la politique monétaire de la Réserve fédérale, bien que certains indicateurs économiques laissent entrevoir un possible ralentissement des hausses de taux.
  • EUROSTOXX50 : 4 921,33 (-2,13 %). Les actions européennes continuent de subir des pressions avec des ventes massives, notamment dans les secteurs des biens de consommation et de l’énergie.
  • CSI300 (Chine) : 4 017,85 (+23,83 %). Les mesures de relance de Pékin ont déclenché une forte hausse des actions chinoises, tirées par les secteurs technologiques et financiers.

Stellantis : Chute de 15 % sur fond de mauvaises performances

L’action Stellantis a dégringolé de 15,01 % cette semaine, atteignant 11,90 €. Ce plongeon est principalement lié à une baisse des ventes de 20 % aux États-Unis au troisième trimestre 2024. Les principaux modèles du groupe ont souffert, sauf pour Fiat, qui reste l’une des rares exceptions avec des ventes stables.

La pression concurrentielle croissante sur le marché des véhicules électriques, notamment de la part des constructeurs chinois, et les interruptions dans les chaînes d’approvisionnement ont également pesé sur le titre.

Secteur aérien : Une hausse des prix à prévoir

Le gouvernement Barnier a annoncé des mesures pour renforcer la fiscalité verte, en visant particulièrement le secteur aérien. À partir de 2025, la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) devrait être multipliée par trois pour certains vols, notamment ceux de longue distance. Actuellement, cette taxe génère environ 460 millions d’euros par an, mais elle devrait passer à 1,3 milliard d’euros avec la nouvelle réforme.

Pour les passagers de classe affaires sur les vols long-courriers, la taxe pourrait atteindre jusqu’à 200 €, contre 63 € actuellement. En classe économique, les passagers pourraient payer jusqu’à 60 € au lieu de 7,50 € aujourd’hui

TotalEnergies : Une nouvelle cotation en préparation

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a annoncé cette semaine, lors de la journée dédiée aux investisseurs, que la société envisage une deuxième cotation. Cette cotation viendrait compléter celle déjà présente à Paris, afin de renforcer la visibilité et l’accès aux capitaux internationaux. Ce projet, qui doit encore surmonter certains obstacles techniques, a été soutenu à l’unanimité par le conseil d’administration de l’entreprise.

TotalEnergies, l’une des plus grandes majors pétrolières mondiales, cherche à diversifier ses sources de financement tout en renforçant sa position sur les marchés internationaux. Le groupe prévoit d’augmenter ses investissements dans les énergies renouvelables, cherchant à s’adapter à la transition énergétique tout en maintenant ses activités traditionnelles.

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Invest #6 : La différence entre une IPO et une OPA

L’actualité économique regorge d’annonces plus ou moins importantes sur les entreprises. Certaines nous indiquent que la nouvelle coqueluche technologique cherche à franchir un cap grâce à une IPO, tandis que d’autres nous avertissent d’une bataille financière épique entre deux multinationales à coups d’OPA !

Découvrons ensemble ce qui se cache derrière ces termes.   

1) Initial Public Offering (IPO) 

Une entreprise qui souhaite se financer peut opter pour l’émission d’actions. Dans ce cas, elle proposera de vendre une partie du capital de son capital à des investisseurs (des particuliers, entreprises privées ou organismes publics), qui deviendront alors actionnaires. L’intérêt de ces derniers dépend de la taille et du potentiel de la start-up. 

Dans un premier temps, ce sont les fondateurs de la société qui mobiliseront des capitaux à partir de leurs fonds propres. Lorsque ceux-ci ne sont plus suffisants, de premiers investisseurs externes manifestent leur intérêt, comme les Venture Capitalists. Enfin, une activité florissante et un besoin de croissance mèneront l’entreprise à franchir une nouvelle étape, celle de l’introduction en bourse. 

L’introduction en bourse, ou Initial Public Offering en anglais, consiste donc à chercher de nouveaux fonds en faisant appel au public. On retrouve trois acteurs majeurs d’une IPO : l’entreprise qui fait appel, l’organisme financier qui s’occupe de la procédure, et les investisseurs. Chacun y trouve un intérêt.

La société acquiert du cash qu’elle pourra utiliser pour se développer, l’organisme financier démontre son talent et les investisseurs deviennent copropriétaires d’une entreprise en pleine croissance. 

Une introduction en bourse est préparée avec beaucoup d’attention. De son annonce à son prix de départ, en passant par le respect d’une bonne répartition des titres, tout doit être réalisé correctement. Une mauvaise IPO est un signal très négatif envoyé au marché. 

En 2020, la bourse américaine (NYSE – Nasdaq) a enregistré un nombre record d’IPOs avec 480 sociétés, ce qui est une augmentation de 106 % par rapport à 2019 (source : Stock Analysis). Le record d’introduction revient à la société pétrolière Saudi Aramco, qui a levé 29,5 milliards de dollars en décembre 2019. 

2) Offre Publique d’Achat (OPA) 

Pour devenir un géant dans son secteur d’activité, une entreprise devra faire face à une concurrence féroce, notamment sur les marchés financiers. À ce titre, une expression convient très bien à l’OPA : « manger ou être mangé ». 

Une offre publique d’achat, ou Tender offer en anglais, est une technique de prise de contrôle d’une entreprise cotée en bourse. L’idée est d’acquérir les titres d’une entreprise en les rachetant à ses actionnaires, et ce, dans le but d’obtenir une position dominante. 

Une OPA peut être amicale (la société visée accepte d’être rachetée) ou agressive (la société met alors en place des méthodes de contre-attaque). Dans les deux cas, l’élément qui fera céder les détenteurs est le rachat des actions à un prix plus élevé que sa valeur du marché. 

Certaines OPA hostiles n’ont pour objectif que de changer le management en place ou absorber un rival gênant. C’est pour cela qu’une telle opération ne peut se faire sans l’aval des autorités des marchés financiers qui souhaitent éviter une perturbation du paysage économique. Par exemple, toute entreprise qui détient un certain pourcentage d’actions (30 % ou 50 % selon les places financières) doit dévoiler ses intentions concernant une potentielle prise de pouvoir.

Cette manière d’opérer est assez récente dans l’Histoire de la bourse. La première OPA a eu lieu en 1959 lorsque le banquier d’affaire Sigmund Warburg décida de s’adresser directement aux actionnaires de la société British Aluminium pour leur proposer de refuser la décision de fusion avec Alcoa – Reynolds et favoriser ainsi l’offre de Tube – Reynolds à un prix plus élevé. 

Récemment en France, le groupe Vivendi a augmenté sa participation dans le groupe Lagardère, passant à 27%. Pour ce dernier, cette décision n’a rien d’anodin et laisserait entrevoir une future OPA qui, connaissant le caractère de son commanditaire Vincent Bolloré, sera loin d’être amicale. 

Par KAZKONDU Timur

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Qu’est-ce que la taxe Tobin sur les opérations boursières ?

Comme vous le savez, la Banque Centrale européenne (BCE) ne lésine pas sur les moyens pour soutenir l’activité économique en cette période de Covid19. Les sommes débloquées, notamment dans le rachat d’obligations d’État et d’entreprises, seront injectées progressivement sur les marchés financiers pour éviter le manque de liquidité.

La BCE espère ainsi que les marchés financiers, donc la Bourse, feront bon usage de ces milliards pour relancer la demande. Cette même Bourse qui a toujours été au centre des débats, certains voyant en elle des opportunités de devenir immensément riche tandis que d’autres l’estiment comme « Le mal absolu » où les excès du capitalisme détruisent les individus.

Cependant, ces deux catégories de personnes se rejoignent sur deux points : les marchés financiers génèrent une grande quantité d’argent et celle-ci doit servir l’intérêt général (personnel).

Cet argent, qui se crée en marge de l’économie réelle, fait souvent l’objet de proposition de taxation, afin de contribuer au développement des pays. Parmi celles-ci, nous retrouvons la taxe Tobin.

Suggérée par James Tobin, prix Nobel en 1981, elle prendrait la forme d’une taxation très faible (ex. : 0,01 %) sur tous les mouvements financiers au monde. Bien que l’objectif premier de cette proposition soit de combattre la volatilité des taux de change, elle a aussi pour vocation d’instaurer une égalité entre les marchés du monde entier.

Une organisation mondiale, telle que le FMI, pourrait être responsable de la récolte et de la redistribution des capitaux issus de cette taxe. Concrètement, l’instauration d’une telle taxe ne peut se faire qu’à une échelle mondiale. L’appliquer à une zone spécifique n’aurait comme conséquence qu’un transfert des capitaux vers les zones hors-taxe.

De nos jours, prélever 0,01 % aux transactions de change, comme le suggérait Tobin, pourrait rapporter près de 125 milliards d’euros. Le marché des actions pourrait également être visé, le Nasdaq enregistrant en moyenne 23 millions de trades chaque jour.

En Belgique, une taxe similaire existe déjà. Il s’agit de la Taxe sur les Opérations boursières (TOB) qui ponctionne 1,32 % sur toute opération de bourse imposable (comme l’achat ou la revente de sicav). Une autre idée du gouvernement Michel fut d’instaurer une taxe sur les compte-titres (0,15 % pour les portefeuilles de plus de 500 000€), annulée en octobre 2019, car jugée « anticonstitutionnelle ».

Au lendemain du déconfinement, de nombreuses idées (re)voient le jour pour relancer notre économie, au bord d’une crise sans précédent. Les économistes, hommes politiques, travailleurs, citoyens, tous donnent leur voix pour répondre à cette question devenue incontournable : « Qui va payer pour la crise ? »

Par Timur Kazkondu