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Tout savoir sur la gestion économique et sanitaire de la Turquie !

Bien avant que la pandémie se soit présentée en Turquie, le pays avait déjà investi énormément dans les infrastructures hospitalières, ce qui lui a permis d’anticiper et de prendre de l’avance pour endiguer rapidement la propagation du Covid-19 sur son territoire.

Selon le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, la Turquie a atteint un niveau très élevé dans le domaine de la santé. D’ailleurs, le pays vient d’inaugurer un nouvel hôpital construit sur un terrain de 125.000 m2, avec une superficie de 75.000 m2. Celui-ci contient 1.008 lits, dont 432 dans le service des soins intensifs. Il possède également 16 salles d’opération.

En effet, lorsque l’AKP, le parti de l’actuel président, a été élu, l’une des mesures phares avait été le développement du secteur hospitalier et des hôpitaux privés dont la politique fût de mettre en place plusieurs lits de réanimations et de soins intensifs.

Ce qui a permis au pays, mieux doté en équipement que la plupart de nos pays occidentaux, de s’organiser à mesure que le virus se propageait en Europe et aux Etats-Unis.

Cependant, il n’y a pas que les infrastructures qui ont permis au pays de se protéger par rapport à la situation mais également les mesures mises en place par le président tel que le confinement strict avec un couvre-feu pour les jeunes et les personnes âgées ou encore le port du masque obligatoire.

La semaine dernière, nous avons appris que la Turquie allait lever prochainement la plupart des mesures prises pour lutter contre la pandémie, sauf pour les seniors, tel que:

  • La réouverture des plages
  • Des restaurants
  • Des bibliothèques

Pour le président turc: « Trois mots sont devenus essentiels : masque, distance, propreté« 

En effet, l’épidémie du coronavirus a fait près de 4.500 morts en Turquie sur un total de plus de 163.000 cas, selon l’institut John Hopkins.

  • Sur le plan économique:

Le président turc va lancer un nouveau plan de relance et annoncé une levée progressive des restrictions en juin pour relancer la 17 ème puissance économique mondiale au produit intérieur brut (PIB) de 710 milliards d’euros.

L’économie de la Turquie a connu une croissance de 4,5% par an au premier trimestre 2020 avec une stimulation des dépenses publiques. En effet, il n’y a pas eu d’arrêt important de la production alors que le pays s’attend à une récession entre 5 et 10%, avec un taux de chômage à la hausse et avec de faibles moyens financiers pour atténuer la crise, comme ce sera le cas en Europe.

Le ministre turc du Trésor et des Finances, Berat Albayrak a fait savoir que l’économie connaîtra cette année une croissance positive malgré la crise. Il a mis l’accent sur les actions entreprises en période d’épidémie notamment pour répondre aux besoins de liquidité, interdire les licenciements ou encore soutenir les employeurs avec les allocations de travail à courte durée.

  • Tourisme en baisse:

Pour sauver la saison et le tourisme, le gouvernement turc a mis en place un programme de certification destiné aux hôtels et aux restaurants, établissements qui seront soumis à des restrictions strictes. Le programme comprendra 132 critères pour sauver la 6ème destination touristique mondiale.

De plus, les autorités ont établi des mesures d’hygiène et lancé la préparation d’équipements pour s’apprêter au retour des touristes, selon le ministre de la Culture et du Tourisme Mehmet Ersoy.

En effet, le tourisme est un pilier important de l’économie de la Turquie, qui s’attend à accueillir 58 millions de visiteurs cette année si la pandémie reste maîtrisée. En 2021, le ministre table sur une affluence de 63 millions.

Suite à la levée des restrictions de voyage, la compagnie aérienne Turkish Airlines a effectué son premier vol aujourd’hui, 1er juin, à 10h00 depuis Istanbul vers Ankara.

En 2019, les revenus touristiques du pays ont atteint 34,5 milliards de dollars, contre 29,5 milliards de dollars en 2018.

Par Hamza NAQI

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Un impact colossal de près de 320 milliards pour l’industrie aéronautique !

L’Airports Council International (ACI) World et l’International Air Transport Association (Iata) qui représente quelque 290 compagnies aériennes assurant 82% du trafic aérien mondial, ont déclaré que l’état actuel de l’industrie mondiale du transport aérien risque de perdre des millions d’emplois.

L’industrie aéronautique, qui contient 65,5 millions d’emplois dans le monde, dont 10,5 millions de personnes employées dans les aéroports et les compagnies aériennes, et contribue pour 2,7 billions de dollars à l’activité économique mondiale, prendra 3 ans pour revenir au rythme normal d’avant pandémie, selon les organismes mondiaux de l’aviation.

Tim Clark, président d’Emirates Airline, et Tony Douglas, CEO d’Etihad Aviation Group, ont déclaré que 85% des compagnies aériennes mondiales risquaient de devenir insolvable et que sans les aides des Etats, elles pourraient faire faillite pour fin 2020.

L’Association internationale du transport aérien précise que les compagnies aériennes mondiales pourraient perdre 314 milliards de dollars en termes de ventes de billets en 2020, soit une baisse de 55% par rapport à 2019, en raison de Covid-19, avec une demande susceptible de s’écrouler dans les mois à venir.

Rien qu’en Europe, la perte analysée a augmenté depuis le premier rapport de IATA et est passée à 89 milliards de dollars, et la demande de passagers devrait être de 55% inférieure aux niveaux de 2019.

Le ton de l’IATA n’est pas plus optimiste pour l’Afrique, où les compagnies aériennes de la région pourraient perdre 6 milliards de dollars de revenus passagers par rapport à 2019, soit 2 milliards de plus que prévu au début du mois.

L’association estime qu’environ 25 millions d’emplois dans l’aviation, le tourisme et tout ce qui y est lié sont menacés dans la crise actuelle. Les compagnies aériennes dépenseront environ 61 milliards de dollars de liquidités au cours du seul deuxième trimestre, la demande chutant de 80% tout en affichant une perte trimestrielle de 39 milliards de dollars.

Pour l’IATA, il est « essentiel que les différents Etats puissent agir vite pour venir en aide et minimiser ces dommages financier découlant sur un impact économique considérable.

Par Hamza NAQI

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Tout savoir sur l’exemplarité du Maroc dans sa gestion de la crise !

Le Maroc, habituellement discret sur la scène internationale, est sorti de l’ombre grâce à la lumière reflétée par sa gestion de crise jusqu’à en devenir un exemple ! Le pays a su combiner toutes ses forces à la fois financières, humaines mais aussi industrielles.

Ce pays d’Afrique du Nord a su faire parler de lui depuis que l’OMS a déclaré qu’il s’agissait bien d’une pandémie. En effet, le Maroc a pris des mesures sociales et économiques assez rapidement sans laisser la chance au virus de se propager violemment et a su mobiliser toute son industrie pour le combattre, notamment via la production de masque en quantité massive.

La réussite dans sa gestion de la crise est à la fois due aux expériences étrangères mais aussi àla modernisation et digitalisation des institutions marocaines qui étaient en cours.

L’audace et la réactivité du Royaume ont également été reflétées dans sa prise de décision rapide concernant l’intégration de la chloroquine dans les protocoles de soins hospitaliers puisque l’Etat a racheté toute la production locale de l’usine Sanofi et a tout de suite annoncé le port obligatoire du masque le 7 avril dernier, sans créer de longs débats portant sur la stratégie à suivre tel que nous pouvons le connaître dans certains de nos pays occidentaux.

Dans le même temps, pour affronter la crise sanitaire et économique, le Maroc a débloqué un budget de 3,2 milliards d’euros, soit 2,6% de son PIB. Nous savons également qu’un budget de 3 milliards d’euros prévu et octroyé par le FMI est également disponible, remboursable en 5 ans. Il s’agit du LPL, ligne de précaution et de liquidité, qui est un instrument conçu « pour servir d’assurance ou aider à résoudre les crises, et ce, dans un large éventail de situations ».

Qu’en est-il des masques, cheval de bataille du Maroc face à la crise ?

En effet, plus de 25 usines de textiles certifiées du pays ont mis la main à la patte pour permettre la fabrication puis la vente de plusieurs millions de masques chaque jour à un prix imposé par les autorités équivalent à seulement 7 cents l’unité.

Comme énoncé plus haut, une des mesures phares a été d’imposer le port du masque obligatoire depuis le 7 avril 2020. Ensuite, en à peine 5 jours, 13 millions de masques ont été distribués.

Alors que le Maroc produisait environ 1 million de masques, aujourd’hui il peut compter sur la production de plus de 7 millions d’unités par jour !

Ministre marocain de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy

Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce de l’Economie verte et numérique, le pays ambitionne de porter sa production quotidienne à 8 millions de masques. Ce dernier a annoncé que « le Maroc a produit près de 100 millions de masques de protection qui ont été distribués sur les différents points de vente ».

La production est si abondante que le Maroc a prévu même de fournir certains pays avancés d’Europe, comme la France, beaucoup trop dépendante de la Chine.

Mais ce n’est pas tout !

Il y a encore d’autres éléments pour lesquels le Maroc se montre exemplaire puisqu’en à peine 15 jours, le pays a également pu mettre en place des hôpitaux de campagne avec l’armée portant le nombre de lits de réanimation de 1500 à 4000.

Le gel hydroalcoolique est fabriqué aussi sur place, et un respirateur artificiel a été mis au point par des entreprises aéronautiques nationales. Plusieurs centaines de ces appareils « 100% Maroc » sont ainsi en cours de fabrication. 

Nous pouvons également parler de la contribution des membres du gouvernement marocain qui ont décidé de donner un mois de leur salaire au fonds spécial covid-19, répondant ainsi à l’appel du roi Mohammed VI.

De plus, des mesures d’aides sociales ont été prévues et mises en place pour les travailleurs obligés de se mettre au chômage, avec une indemnité de 180 euros par mois soit à 75% du salaire minimum. Ces aides sont financées par un fonds spécial Covid-19 a été mis sur pied pour palier aux problèmes économiques et permettre une relance saine.

C’est ce fonds qui permet d’alléger la pression économique via un report des charges, des garanties et des prolongements de prêt ainsi qu’un soutien financier aux particuliers à hauteur de 75% du salaire minimum.

A la base, l’objectif de ce fonds était de récolter un milliard d’euros mais ce montant a été très vite dépassé suite à la générosité et aux dons de plusieurs acteurs privés et institutionnels et pourrait même bientôt dépasser 3% du PIB marocain, ce qui place le Maroc parmi les pays dont les plans de relance sont les plus prometteurs, au même niveau que certains pays européens.

Par ailleurs, le Maroc a été le premier pays africain à mettre en place une autre initiative d’aides à l’économie informelle, largement présente, à hauteur de 15% du PIB via une plateforme de déclaration en ligne ou par simple SMS.

Cependant, il est attendu que le Maroc ressorte de cette épreuve en faisant face à une crise économique et sociale qui s’annonce lourde à la fin du confinement. Les secteurs les plus cruciaux sont touchés notamment tourisme qui souffre depuis le 16 mars de la fermeture des frontières. Le PIB du pays pourrait se replier de plus de 3% cette année.

Comme partout ailleurs, le pays prépare son déconfinement qui devrait débuter à la fin du mois sacré de ramadan, soit le 22 mai.

Par Hamza NAQI