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« Tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix » : Olivier Brouwers (CEO de Amundi Belgium) met en garde sur l’avenir des retraites

À l’occasion de l’Amundi World Investment Forum, nous avons rencontré Olivier Brouwers, CEO d’Amundi Belgium, afin d’échanger sur l’état du système de retraite belge, les défis démographiques à venir et les solutions pour mieux préparer son avenir financier.

Entre vieillissement de la population, pression sur les finances publiques et nécessité d’investir plus tôt, Olivier Brouwers estime qu’il devient indispensable de compléter la pension légale par une stratégie d’investissement à long terme.

« Le système belge n’est pas en danger immédiat, mais il devra évoluer »

Comment décririez-vous aujourd’hui la situation du système de retraite belge et les principaux défis auxquels il est confronté ?

Olivier Brouwers :
Le système belge existe depuis très longtemps et il reste aujourd’hui solide. Mais comme dans beaucoup de pays européens, il est confronté à un défi démographique majeur.

Notre modèle repose principalement sur un système où la population active finance les pensions des retraités. Or, l’évolution démographique va progressivement à l’encontre de cet équilibre : la population vieillit tandis que la proportion de travailleurs actifs diminue.

Ce n’est pas un système qui est en danger immédiat, mais il devra évoluer, se compléter et se réinventer pour rester pérenne dans le temps.

Les quatre piliers de la retraite belge

Quels sont aujourd’hui les différents piliers de la retraite en Belgique ?

Olivier Brouwers :
En Belgique, nous pouvons résumer le système autour de quatre piliers.

Le premier pilier est la pension légale, à laquelle chaque Belge a droit en fonction de sa carrière et de son statut professionnel.

Le deuxième pilier concerne les pensions complémentaires mises en place par les employeurs. Ce système continue de se développer, mais il ne couvre pas encore l’ensemble du secteur privé et il existe encore de fortes disparités entre les catégories de travailleurs.

Le troisième pilier repose sur l’initiative individuelle, avec l’épargne-pension ou les assurances-vie bénéficiant d’avantages fiscaux. Mais les montants restent relativement limités.

Enfin, il y a le quatrième pilier, qui correspond à l’investissement à long terme réalisé de manière plus libre et plus personnelle.

« Tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix »

Les Belges épargnent-ils suffisamment pour compléter leur pension légale ?

Olivier Brouwers :
La pension légale reste un socle important et relativement protecteur, surtout pour les revenus les plus modestes. Le taux de remplacement est encore relativement confortable pour certains profils.

Mais pour les revenus moyens et élevés, l’écart entre le dernier salaire net et la pension peut devenir important. Beaucoup de personnes risquent de constater une baisse significative de leur niveau de vie au moment de la retraite.

C’est pourquoi tout miser sur la pension légale n’est plus le meilleur choix. Il devient essentiel de construire une épargne à long terme afin de préserver une qualité de vie comparable à celle de la période d’activité.

Une pression croissante sur les finances publiques

Le vieillissement de la population exerce une pression croissante sur les finances publiques. À quel point cette problématique est-elle préoccupante ?

Olivier Brouwers :
Cette problématique n’est pas nouvelle et elle est bien identifiée par les États.

L’augmentation des dépenses liées aux pensions, aux soins de santé et à l’assurance maladie est déjà intégrée dans les projections budgétaires futures. Mais cela reste un enjeu important pour la soutenabilité des finances publiques.

Le défi consiste surtout à maintenir un système pérenne sur le long terme. Cela passera probablement par différents ajustements : âge de départ à la retraite, durée de carrière ou encore évolution des montants.

« Il faut encourager les jeunes à investir très tôt »

Parlons Finance : Quels sont aujourd’hui les dispositifs les plus intéressants pour préparer sa retraite ?

Olivier Brouwers :
Au-delà des dispositifs fiscaux classiques, il faut surtout encourager les gens à investir tôt, régulièrement et même avec de petits montants.

L’éducation financière joue un rôle fondamental. Certains pays ont mis en place des systèmes très accessibles permettant aux jeunes de commencer à investir quelques euros par mois seulement. C’est ce type de culture qu’il faut développer davantage.

L’investissement à long terme reste probablement l’un des outils les plus puissants pour préparer sa retraite.

Le rôle d’Amundi

Quel rôle joue Amundi dans cette transition ?

Olivier Brouwers :
Amundi propose de nombreuses solutions d’investissement permettant de construire des portefeuilles diversifiés adaptés à différents horizons de placement et profils de risque.

Mais notre rôle ne s’arrête pas là. Nous avons aussi une responsabilité importante en matière d’éducation financière.

À travers nos partenariats avec les banques, les associations et différents acteurs du marché, nous essayons de sensibiliser davantage les investisseurs à l’importance de préparer leur avenir financier sur le long terme.

« Il n’est jamais trop tard pour commencer »

Quelles erreurs voyez-vous le plus souvent chez les personnes qui préparent leur retraite ?

Olivier Brouwers :
La plus grande erreur est probablement de penser qu’il est trop tard.

En réalité, il n’est jamais trop tard pour commencer à investir pour sa retraite, que l’on ait 30, 40 ou même 50 ans. Bien entendu, plus on commence tôt, plus l’impact est important grâce au temps et à la capitalisation.

Mais le plus important reste d’avoir une approche structurée et cohérente.

Trois actions concrètes avant 40 ans

Si vous deviez donner trois actions concrètes à mettre en place avant 40 ans pour préparer sa retraite, lesquelles seraient-elles ?

Olivier Brouwers :

  1. Mieux se connaître financièrement : comprendre son profil de risque, ses objectifs de vie et sa capacité d’épargne mensuelle.
  2. S’éduquer financièrement : prendre le temps de comprendre les mécanismes de l’investissement et du long terme.
  3. Mettre en place un plan structuré : développer une stratégie d’investissement adaptée à son profil et commencer le plus tôt possible.

“Faites-le ce soir ou demain matin”, ajoute-t-il avec le sourire.

Ce que la Belgique fait mieux que la France

Que fait la Belgique de mieux que la France sur les questions de retraite ?

Olivier Brouwers :
La Belgique dispose encore d’un système de deuxième pilier relativement performant, notamment via les fonds de pension et les assurances groupe.

De nombreuses entreprises mettent en place des mécanismes où les contributions de l’employeur doivent offrir un rendement minimum garanti aux employés, ce qui apporte une protection certaine. Il convient toutefois de nuancer cette approche : les véritables fonds de pension, dans une logique anglo-saxonne, ne garantissent pas de rendement minimum et disposent ainsi d’une plus grande liberté pour adopter une allocation d’actifs plus dynamique sur le long terme.

On observe aussi une tendance vers des fonds multi-employeurs permettant de mutualiser certains coûts opérationnels et réglementaires pour les plus petits acteurs.

Mais il reste encore du chemin à parcourir. L’un des grands défis sera probablement d’étendre davantage ces dispositifs à l’ensemble du secteur privé afin que chacun puisse bénéficier d’une véritable pension complémentaire.

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Pourquoi l’Europe séduit de plus en plus les investisseurs internationaux ?

Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une incertitude économique persistante, les investisseurs sont à la recherche de nouvelles opportunités pour sécuriser et faire fructifier leur capital. 

L’Europe, avec sa dynamique collective, ses réformes ambitieuses et sa volonté d’autonomie stratégique, se présente aujourd’hui comme une destination d’investissement particulièrement attractive.

L’équipe de Parlons Finance était à l’Amundi World Investment Forum, un rendez-vous qui rassemble les grands décideurs de la finance mondiale pour comprendre les nouvelles tendances économiques.

Valérie Baudson, Directrice Générale de Amundi

Nous vous proposons ici une analyse complète du regain d’intérêt pour l’Europe sur la scène mondiale, et des implications concrètes pour les investisseurs.

Les marchés financiers face aux défis géopolitiques et économiques

Depuis le début des années 2020, la montée des tensions entre grandes puissances, notamment entre les États-Unis et la Chine, pèse sur la croissance mondiale. Le protectionnisme américain, les incertitudes autour de la politique commerciale de Donald Trump et la moindre implication américaine dans la sécurité européenne poussent l’Union européenne à revoir ses priorités stratégiques.

À cela s’ajoute la montée du populisme dans plusieurs pays occidentaux, qui fragilise les institutions et alimente la volatilité politique. Dans ce climat, les marchés financiers sont chahutés, et la traditionnelle confiance dans le dollar comme valeur refuge est remise en question. La diversification devient une nécessité.

L’Europe, une force géopolitique et économique en quête d’autonomie

Face à ces bouleversements, l’Europe s’affirme comme un pôle de stabilité et de résilience. « La volonté de développer une autonomie stratégique, notamment dans les domaines de la défense, de l’énergie et de la technologie, est au cœur des priorités européennes », commente Pierre Blanchet, Responsable des Solutions d’Investissement Retail d’Amundi.

L’Allemagne, longtemps critiquée pour sa frilosité budgétaire, opère un tournant en engageant des dépenses publiques massives dans la défense et les infrastructures. La Banque centrale européenne, de son côté, adopte une posture plus lisible, ajustant sa politique monétaire dans un contexte d’inflation maîtrisée. L’euro, enfin, renforce progressivement son rôle dans les échanges internationaux.

Une rotation des investissements vers l’Europe

Après des années dominées par Wall Street, les flux d’investissements opèrent un retour vers les places européennes. Depuis janvier, le DAX allemand a enregistré une hausse de plus de 18 %, contre environ 4 % pour le S&P 500. 

Un changement de paradigme salué par Valérie Baudson, directrice générale d’Amundi : « Les performances exceptionnelles du marché américain se sont atténuées. En revanche, les marchés européens suscitent un intérêt croissant. »

Ce regain d’attractivité s’explique par plusieurs facteurs : des valorisations plus raisonnables, une meilleure visibilité politique et monétaire, et des efforts d’investissement public dans des secteurs stratégiques. Les petites et moyennes capitalisations, en particulier, concentrent l’attention des investisseurs en quête de croissance durable.

Une stratégie européenne à construire

Mais pour transformer cet intérêt en dynamique durable, l’Europe doit aller plus loin. Enrico Letta plaide pour la création d’une Union de l’épargne et de l’investissement. L’objectif étant de fluidifier les flux de capitaux, créer un « passeport européen de l’investissement » et financer à l’échelle continentale les transitions technologiques et écologiques. Une échéance est même proposée : juillet 2027.

D’autres pistes émergent : encourager une immigration qualifiée pour répondre au vieillissement démographique, réformer le marché intérieur, et placer l’épargne dans des projets innovants. Cecilia Malmström, ancienne commissaire européenne, appelle à agir vite : « Nous savons ce qu’il faut faire. Si nous n’agissons pas maintenant, il sera trop tard. »

Un positionnement à reconsidérer pour les investisseurs

Diversifier vers l’Europe devient un choix stratégique, non plus par défaut, mais par conviction. Les secteurs de la défense, de l’énergie, de la tech et de la transition verte offrent des opportunités réelles. 

Pierre Blanchet conclut : « Le réveil de l’Europe et sa volonté de renforcer sa cohésion et son autonomie, sont une source d’optimisme pour les investisseurs »

Malgré tout, les risques demeurent : lenteur de mise en œuvre des réformes, tensions géopolitiques persistantes, chocs énergétiques ou technologiques. Mais dans un monde instable, l’Europe apparaît aujourd’hui comme un port d’ancrage solide et ambitieux.

En gros, nous sommes à un tournant historique

L’Europe est à un tournant. Si elle saisit cette occasion pour concrétiser son projet de puissance stratégique et économique, elle peut devenir une destination d’investissement majeure, au service d’une croissance durable et souveraine. Pour les investisseurs, intégrer l’Europe dans sa stratégie, c’est préparer l’avenir.

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Amundi : Un leader européen à la conquête des marchés mondiaux

Amundi, leader incontesté de la gestion d’actifs en Europe, se démarque par sa forte présence dans l’Union européenne et sa volonté d’étendre ses activités à l’échelle mondiale. Avec plus de 2 300 milliards d’euros sous gestion, dont 800 milliards dans des investissements responsables, Amundi s’affirme comme un acteur clé du secteur.

Pourtant, derrière ces chiffres impressionnants, l’entreprise fait face à des défis stratégiques et des opportunités significatives. Pour mieux se rendre compte de la taille de cette entreprise dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler, voici quelques chiffres :

  • CA de 3,2 milliards d’euros et bénéfice de 1,2 milliard
  • 5 500 collaborateurs
  • Présente dans 40 pays sur 6 continents
  • Environ 5 300 fonds tous confondus
  • 12,3 milliards d’euros de capitalisation boursière
  • Dans le top 10 des gestionnaires d’actifs mondiaux

I. Une forte implantation européenne et des ambitions mondiales

Bien qu’Amundi soit solidement implantée en Europe, avec 46 % de son activité en France et 10 % en Italie grâce à l’acquisition de Pioneer, l’entreprise poursuit une stratégie d’expansion à l’international. La présence d’Amundi en Asie, notamment en Chine et en Inde via des joint-ventures, offre un potentiel de croissance conséquent.

Cette diversification géographique, bien qu’encore limitée hors d’Europe, laisse présager de nouvelles opportunités dans les régions émergentes, qui manquent parfois de solutions d’épargne.

II. La diversification comme levier de croissance externe

Amundi se distingue par la diversification de ses activités. En effet, la société propose une large gamme de services, couvrant la gestion active (53 %), la gestion passive (15 %) et les actifs réels et alternatifs. Cette diversification est soutenue par des acquisitions stratégiques, comme celle de Lyxor (pour améliorer la gamme d’ETF), augmentant ainsi sa position sur les marchés passifs et alternatifs.

Amundi semble bien positionnée pour continuer sa croissance, petit à petit, en faisant face aux géants américains sans broncher.

III. Une rentabilité solidement exposée à la volatilité du marché

Les performances financières d’Amundi reflètent une croissance notable. Le chiffre d’affaires a augmenté de 16,7 % par an en moyenne, et le bénéfice par action a suivi cette tendance avec une hausse de 8,1 % par an. Cependant, ces performances sont liées aux conditions du marché, et notamment aux commissions de surperformance qui, comme en 2020 et 2022, peuvent entraîner des variations importantes d’une année sur l’autre.

Le dividende par action, en revanche, demeure un point fort d’Amundi. Depuis son introduction en bourse en 2015, le dividende a constamment augmenté, un signal fort de l’attention que porte l’entreprise à ses actionnaires. Le rendement actuel, proche de 7 %, place Amundi parmi les entreprises offrant un revenu stable et attractif.

Attention tout de même, aucun dividende n’a été versé en 2019 suite à une interdiction de la BCE.

IV. Les bons signes : marchés émergents

Les perspectives de croissance d’Amundi reposent en grande partie sur trois facteurs clés. Tout d’abord, l’indexation de ses commissions sur les performances des bourses mondiales, en constante progression (7 à 10 % par an), garantit une source de revenus durable. Ensuite, l’expansion dans les pays émergents, particulièrement en Chine et en Inde, représente un relais de croissance crucial.

Ces marchés sont encore peu pénétrés et bénéficient d’une classe moyenne en pleine expansion. Enfin, les acquisitions stratégiques, comme celles de Pioneer, Lyxor ou plus récemment de Victory Capital, offrent à Amundi une opportunité de renforcer sa position sur des segments clés et d’étendre son portefeuille.


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V. Les risques : une dépendance aux marchés financiers volatils

Malgré ces perspectives prometteuses, Amundi reste exposée à certains risques, principalement liés aux fluctuations des marchés financiers. La baisse des commissions de surperformance, comme observée en 2022, peut peser sur les résultats, entraînant une déception des investisseurs.

À court terme, cela pourrait affecter la valorisation du titre. Toutefois, avec une volatilité plus faible que celle du marché (un écart-type inférieur à 20 % contre 28-30 % pour le marché), Amundi apparaît comme une valeur relativement stable, un atout dans des périodes de forte incertitude.

La concurrence de BNP Paribas AM peut également peser sur ses parts de marché, notamment après le rachat d’Axa IM, qui a augmenté les encours de la première banque française.

VI. Une valorisation attrayante malgré une légère sous-évaluation

Actuellement, la valorisation d’Amundi est clairement attrayante. Le PER (Price to Earnings Ratio) est d’environ 10 fois les bénéfices attendus pour 2023 et 2024, en dessous de sa moyenne historique de 13. Ce niveau relativement bas suggère une potentielle sous-évaluation du titre.

Combiné à une croissance moyenne des bénéfices de 8 % par an et à un rendement proche de 7 %, cela laisse envisager un retour moyen de 15 % par an pour les investisseurs, dividendes réinvestis.

Conclusion

Amundi est une institution financière française solide, aussi bien sur le plan du développement Corporate que pour les particuliers cherchant une entreprise offrant de beaux dividendes et une certaine stabilité. Cependant, en tant qu’acteur au cœur des marchés financiers, elle est également exposée aux secousses ou aux crises qui affectent ces derniers.


Disclaimer : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements en ETF et autres produits financiers comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.