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Economie Géopolitique

Économie chinoise : derrière les 4,7 % de croissance, le modèle de Xi Jinping sous pression

Immobilier en crise, dette, chômage des jeunes, consommation atone et tensions commerciales : derrière une croissance qui reste enviable pour de nombreux pays occidentaux, l’économie chinoise accumule les déséquilibres.

Le véritable enjeu dépasse pourtant la croissance : Pékin tente désormais de remplacer son ancien modèle économique par un autre, davantage tourné vers l’industrie, la technologie et la puissance stratégique.

Pendant des décennies, la Chine a habitué le monde à des taux de croissance spectaculaires. Cette époque semble désormais révolue.

Avec une croissance officielle de 4,7 % au premier semestre 2026, l’économie chinoise continue de progresser, mais beaucoup moins rapidement qu’au cours des décennies précédentes. Surtout, ce chiffre masque plusieurs fragilités structurelles.

Le débat ne consiste donc plus seulement à savoir si la Chine peut atteindre 5 % de croissance. La véritable question est ailleurs : le modèle économique construit au cours des dernières décennies arrive-t-il à bout de souffle ?

L’immobilier, ancien moteur devenu boulet

Le premier problème se trouve dans la pierre.

Pendant des années, la croissance chinoise s’est largement appuyée sur la construction, l’immobilier et les infrastructures. En intégrant les secteurs qui en dépendent, l’immobilier a représenté une part considérable de l’activité économique chinoise.

Mais après des années d’endettement et de construction massive, la mécanique s’est grippée.

La crise de grands promoteurs comme Evergrande a symbolisé un problème beaucoup plus large : baisse des ventes, logements invendus, promoteurs endettés et ménages devenus plus prudents.

Cette crise touche également les collectivités locales.

Une partie importante de leurs recettes provenait historiquement de la vente de terrains aux promoteurs. Lorsque le marché immobilier ralentit, leurs revenus diminuent alors que leurs dépenses et leur dette restent importantes.

Pékin se retrouve donc face à une équation difficile : laisser certains acteurs faire faillite permettrait d’assainir le système, mais pourrait également provoquer des pertes financières, du chômage et davantage de mécontentement social.

Le chômage des jeunes reste un signal d’alerte

Deuxième faiblesse : l’emploi.

Chaque année, plus de 12 millions de diplômés arrivent sur le marché du travail chinois. Or l’économie ne crée plus nécessairement suffisamment d’emplois qualifiés correspondant à leurs attentes.

Le chômage des jeunes est ainsi devenu l’un des symptômes les plus visibles du ralentissement.

C’est également un enjeu politique.

Une génération diplômée mais confrontée à des perspectives professionnelles limitées peut progressivement perdre confiance dans la promesse de mobilité sociale qui accompagnait jusqu’ici le développement chinois.

Le phénomène du « lying flat », ou tang ping, illustre en partie ce malaise : certains jeunes revendiquent le choix de travailler moins, consommer moins et refuser la compétition permanente.

Pour Pékin, maintenir l’emploi n’est donc pas seulement une question économique. C’est aussi une question de stabilité sociale.

Produire toujours plus… quitte à réduire les marges

L’économie chinoise souffre également d’un phénomène que Pékin lui-même cherche désormais à combattre : l’« involution ».

Dans certains secteurs, les entreprises chinoises se livrent une concurrence extrêmement agressive.

Pour gagner des parts de marché, elles baissent leurs prix, augmentent leurs capacités de production et acceptent parfois des marges très faibles.

Cette stratégie peut profiter au consommateur et accélérer l’innovation. Mais lorsqu’elle devient excessive, elle fragilise les entreprises et entretient des capacités de production supérieures à la demande intérieure.

Les gouvernements locaux ont par ailleurs intérêt à protéger leurs propres champions industriels afin de préserver emplois et recettes fiscales.

Résultat : plutôt que de voir disparaître les entreprises les moins performantes, certaines continuent d’être financées.

Le pari technologique de Xi Jinping

Face à l’essoufflement de l’immobilier, Xi Jinping mise sur un nouveau moteur.

Pékin parle désormais de « nouvelles forces productives de qualité » : intelligence artificielle, semi-conducteurs, robotique, batteries, véhicules électriques, biotechnologies, informatique quantique ou encore matériaux avancés.

La stratégie est claire : transformer la Chine d’« usine du monde » en puissance industrielle et technologique de premier plan.

Et il serait erroné de sous-estimer ses résultats.

Dans les véhicules électriques, les batteries ou le solaire, les groupes chinois ont déjà acquis une place considérable sur le marché mondial. Dans l’intelligence artificielle, la robotique ou les semi-conducteurs, Pékin investit massivement pour réduire sa dépendance technologique.

Mais un problème demeure : ces nouveaux secteurs ne sont pas encore suffisamment importants pour remplacer entièrement l’ancien moteur immobilier.

La transition prendra donc du temps.

La Chine produit beaucoup… mais ses ménages consomment relativement peu

C’est probablement l’un des plus grands paradoxes chinois.

Le pays dispose d’un immense marché intérieur de plus d’un milliard d’habitants, mais la consommation des ménages représente autour de 40 % du PIB, un niveau relativement faible par rapport aux grandes économies développées.

Les ménages chinois ont tendance à épargner beaucoup.

Pourquoi ?

Parce qu’une partie importante de la population doit anticiper elle-même ses dépenses de santé, sa retraite ou les conséquences d’une perte d’emploi.

Renforcer les protections sociales pourrait donc encourager les ménages à moins épargner et davantage consommer.

Mais cela supposerait aussi une redistribution plus importante des ressources vers les ménages.

Or le modèle privilégié sous Xi Jinping continue de favoriser fortement l’investissement industriel, l’autonomie technologique et les objectifs stratégiques de l’État.

Les exportations comme soupape

Faute d’une consommation intérieure suffisamment dynamique, une partie des capacités industrielles chinoises se tourne naturellement vers l’étranger.

La Chine accumule ainsi des excédents commerciaux considérables.

Mais cette stratégie rencontre progressivement une résistance.

États-Unis et Union européenne ont déjà adopté différentes mesures visant certains produits chinois, tandis que plusieurs économies émergentes commencent elles aussi à s’inquiéter de l’arrivée massive de produits industriels chinois à bas prix.

Véhicules électriques, acier, panneaux solaires, batteries…

La question de la surcapacité chinoise devient un sujet économique mais également géopolitique.

Car si Pékin continue d’accroître sa production plus rapidement que sa consommation intérieure, une partie de cet excédent devra nécessairement être vendue ailleurs.

Et les partenaires commerciaux ne resteront probablement pas passifs.

Une bombe démographique à retardement

À ces problèmes s’ajoute une tendance particulièrement difficile à inverser : la démographie.

La population chinoise diminue et vieillit.

À court terme, cela signifie moins de nouveaux travailleurs. À plus long terme, davantage de retraités devront être financés par une population active proportionnellement plus faible.

Cette évolution peut peser sur la consommation, les finances publiques et la croissance potentielle.

L’automatisation et la robotisation peuvent compenser une partie de cette baisse de main-d’œuvre.

Mais elles créent un paradoxe : alors que la Chine doit aujourd’hui trouver suffisamment d’emplois pour ses jeunes diplômés, elle investit simultanément dans des technologies destinées à réduire les besoins en main-d’œuvre.

La Chine n’est pourtant pas en train de s’effondrer

Attention cependant à une conclusion trop rapide.

Parler des difficultés chinoises ne signifie pas annoncer un effondrement imminent de la deuxième économie mondiale.

La Chine conserve des avantages considérables : une infrastructure industrielle difficile à reproduire, des chaînes d’approvisionnement extrêmement développées, une capacité d’investissement massive, un marché intérieur gigantesque et des entreprises capables de devenir rapidement des leaders mondiaux.

Le pays reste également incontournable dans de nombreuses chaînes de valeur internationales.

Le débat est donc moins celui d’un effondrement de la Chine que celui d’un changement de régime économique.

L’ancien modèle reposant sur l’immobilier, les infrastructures et l’investissement massif atteint progressivement ses limites.

Le nouveau modèle voulu par Xi Jinping repose davantage sur l’industrie avancée, la technologie, les exportations et l’autonomie stratégique.

Le vrai risque est peut-être géopolitique

C’est ici que les difficultés économiques chinoises dépassent les frontières du pays.

Une Chine confrontée à une croissance plus faible mais disposant d’immenses capacités industrielles peut chercher davantage de débouchés à l’étranger.

Les tensions commerciales pourraient alors s’intensifier.

L’Europe se retrouve particulièrement exposée : elle souhaite bénéficier de produits chinois compétitifs tout en protégeant certaines industries jugées stratégiques.

Dans le même temps, Pékin considère la puissance économique et technologique comme un élément central de sa rivalité avec Washington.

La croissance chinoise n’est donc plus uniquement une histoire de PIB.

Industrie, commerce, technologie et sécurité nationale sont désormais profondément liés.

Ce qu’il faut retenir

La Chine ne traverse probablement pas une simple mauvaise passe conjoncturelle.

Elle tente de résoudre simultanément une crise immobilière, un endettement important, une consommation insuffisante, le chômage des jeunes et un vieillissement démographique, tout en transformant son modèle industriel.

Xi Jinping fait le pari que la technologie et l’industrie avancée permettront d’ouvrir un nouveau cycle de croissance.

Ce pari peut fonctionner en partie. Mais il ne règle pas automatiquement la faiblesse de la consommation intérieure, la dette ou les déséquilibres démographiques.

Et si la Chine continue de produire beaucoup plus vite qu’elle ne consomme, une partie de ses déséquilibres économiques sera mécaniquement exportée vers le reste du monde.

C’est probablement là que se trouve le véritable risque pour l’Europe : non pas nécessairement dans l’effondrement de l’économie chinoise, mais dans la manière dont Pékin tentera d’éviter cet effondrement.

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Le yuan chinois atteint son plus bas niveau depuis 2 ans face au dollar américain

L’affaiblissement du yuan au-delà du niveau que la Chine défendait tout au long du mois de décembre a ramené le taux de référence quotidien de la monnaie gérée au centre des préoccupations pour évaluer l’appétit de Pékin pour le soutenir.

Les cambistes (traders FX) attendent de voir si la Banque populaire de Chine fixera le taux de change à un niveau inférieur à 7,2 pour un dollar, une ligne étroitement surveillée, autour de laquelle le yuan est autorisé à évoluer dans une fourchette de 2 %. La Banque Populaire de Chine (PBOC) a maintenu son soutien vendredi 3 janvier 2025, mais le yuan onshore a franchi le cap psychologique de 7,3 pour un dollar pour la première fois depuis fin 2023, dans un contexte d’inquiétudes concernant les difficultés économiques de la Chine et l’élargissement de la décote du rendement des obligations par rapport aux États-Unis.

Signe d’une conjoncture économique pessimiste et de pressions déflationnistes profondément ancrées, les rendements des obligations à court terme, dont l’échéance est de 7 ans ou moins, se négocient en dessous du taux directeur, le taux de repo inversé à 7 jours. Les rendements à long terme sont à des niveaux historiquement bas.

« Alors que les responsables chinois ont promis de nouvelles mesures de relance, signalant un plus grand assouplissement monétaire et budgétaire, les investisseurs attendent des signes concrets de réponse de la demande », a déclaré Fred Neumann, économiste en chef pour l’Asie chez HSBC.

« Après de nombreux soubresauts au cours de l’année écoulée, des preuves plus solides sont nécessaires pour montrer que l’économie chinoise réagit aux mesures de stabilisation », a déclaré M. Neumann.

Un test clé pour la confiance des consommateurs sera les célébrations imminentes du Nouvel An lunaire, qui commencent le 29 janvier, a-t-il déclaré.

En plus d’une économie morose, le yuan est également mis sous pression par une possible augmentation des droits de douane américains sur les exportations chinoises et par des signes de fuite de capitaux. Le pays a déjà subi en novembre la plus grande fuite de capitaux jamais enregistrée sur ses marchés financiers.

En effet, l’indice de référence CSI 300 de la Chine continentale a reculé de 4,1 % au cours des trois premiers jours de bourse de l’année, marquant le pire début d’année 2025 parmi les principaux indices asiatiques.

Les actions à petite capitalisation du CSI 2000 ont chuté de 6,6% depuis le début de l’année. L’indice Hang Seng de Hong Kong est en baisse de 1,2% depuis le début de l’année.

Le yuan a également souffert de la détermination de la Réserve fédérale américaine à maintenir les taux d’intérêts élevés plus longtemps pour enrayer l’inflation, ce qui a alimenté une forte hausse du dollar américain.

L’écart important entre les coûts d’emprunt américains et chinois a contribué à l’effondrement des investissements directs étrangers en Chine. En avril 2024, les sorties de capitaux ont atteint leur plus haut niveau depuis 2016, les banques ayant vendu davantage de devises étrangères à leurs clients.

De fait, la décote du rendement de la Chine par rapport aux États-Unis a atteint un nouveau record, aggravant le défi pour une banque centrale qui lutte déjà contre la gravité pour soutenir le yuan.

La combinaison d’une hausse incessante des obligations d’État chinoises et d’une liquidation des obligations américaines a entraîné un écart sans précédent de 300 points de base entre les rendements souverains des deux pays. Cela devrait accentuer encore la pression sur le yuan en augmentant le risque de fuites de capitaux, au moment même où la monnaie glissait vers un plus bas historique dans les échanges offshore cette semaine.

Cette évolution est un autre signe que les dirigeants politiques pourraient être contraints de laisser le yuan s’affaiblir s’ils souhaitent soutenir l’économie fragile en assouplissant la politique monétaire. Illustrant le dilemme, la Banque populaire de Chine a maintenu son soutien au marché des changes cette semaine juste après avoir laissé le yuan glisser au-delà d’un niveau clé vendredi.

L’élargissement de l’écart de taux sera un facteur qui continuera de pousser le dollar par rapport au yuan à la hausse. Le rendement des obligations chinoises à 10 ans a clôturé lundi sous 1,6% pour la première fois de l’histoire, selon les données officielles. Cela a contribué à élargir sa décote par rapport à la dette américaine de même échéance à 303 points de base.

En plus de cela, la campagne ambitieuse menée par la Chine pour relancer son marché boursier en déclin a fait du yuan une victime involontaire, avec des versements de dividendes record entraînant des sorties de capitaux.

Les dividendes intérimaires versés par les entreprises chinoises cotées à Hong Kong devraient atteindre 12,9 milliards de dollars entre janvier et mars 2025, un niveau record pour un premier trimestre, selon les données compilées par Bloomberg. Cela intervient alors que les niveaux du quatrième trimestre ont déjà dépassé 16,2 milliards de dollars, le plus haut niveau jamais enregistré pour la période et une hausse de 47 % par rapport à l’année dernière.

La manne des dividendes accroît la pression sur le yuan chinois, déjà alourdi par la remontée du dollar et la perspective d’une aggravation des tensions entre les États-Unis et la Chine. Les entreprises versent principalement des dividendes en dollars de Hong Kong, mais réalisent la majorité de leurs revenus en yuan, ce qui nécessite une conversion.

Les entreprises chinoises ont augmenté leurs versements en espèces aux investisseurs depuis que les autorités ont dévoilé en avril un pan de réforme du marché des capitaux qui n’a lieu qu’une fois par décennie. Ce plan comprend notamment l’encouragement de la distribution de dividendes, une meilleure qualité des cotations et des améliorations de la gouvernance d’entreprise.

Ce projet a déclenché une reprise des entreprises publiques, dont beaucoup sont doublement cotées à Hong Kong et sont parmi les plus réceptives à l’appel de Pékin à améliorer la rémunération des actionnaires.

De fait, les régulateurs ont depuis souligné l’importance pour les entreprises d’augmenter leurs distributions de liquidités, avec une fréquence et une visibilité accrues, comme élément clé pour augmenter le rendement des actionnaires. Ces encouragements pourraient se transformer en opportunité pour ceux qui s’attendent à de nouveaux gains pour le marché boursier, même si cela se transforme en une arme à double tranchant pour le yuan.

En effet, il faut savoir que la PBOC joue un rôle central dans la gestion et le contrôle du yuan chinois (CNY), la devise nationale. Contrairement aux monnaies flottantes comme le dollar américain ou l’euro, le yuan est soumis à un régime de change géré (ou flottement administré). Cela signifie que la valeur du yuan est partiellement déterminée par le marché, mais fortement influencée par des interventions régulières de la PBOC.

Le yuan n’est pas totalement flottant, mais il évolue dans une bande de fluctuation quotidienne autour d’un taux pivot fixé par la PBOC. Chaque jour, la PBOC annonce un taux de référence (fixing) contre le dollar américain, autour duquel le yuan peut fluctuer dans une fourchette de ±2 %.

Voici un exemple de la fourchette de fluctuation de février 2023 à février 2024 :

Ainsi, la PBOC peut acheter ou vendre des devises étrangères pour influencer la valeur du yuan. En achetant des dollars américains (ou d’autres devises étrangères), la PBOC affaiblit le yuan. À l’inverse, en vendant des dollars et en achetant du yuan, elle renforce la monnaie nationale.

D’ailleurs, la Chine dispose de réserves de change massives (plus de 3 000 milliards de dollars), utilisées pour stabiliser le yuan en période de volatilité. Ces réserves jouent un rôle de tampon en cas de choc externe ou de forte pression dépréciative sur le yuan.

Le taux de change est l’outil privilégié de Pékin pour orienter les attentes concernant le yuan. Il est supérieur à 7,2 depuis les élections américaines, sous la pression d’un dollar en hausse et des analystes qui prévoient de plus en plus que la banque centrale pourrait céder.

Permettre un dépassement du taux de change risque d’envoyer aux traders le signal que la PBOC est à l’aise avec une nouvelle faiblesse du yuan, tandis que le maintien de ce niveau suggère qu’elle pourrait se lancer dans une lutte avec la stabilité monétaire comme objectif.

Toutefois, la PBOC a annoncé vendredi qu’elle renforcerait la gestion des transactions de devises et réprimerait les comportements qui perturbent le marché. La banque centrale cherchera également à empêcher la constitution de paris unilatéraux et tout dépassement du taux de change, a-t-elle déclaré dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion de politique monétaire.

La banque centrale a fixé mercredi 8 janvier un taux de référence quotidien plus élevé que les estimations des analystes, de 7,1887 RMB pour un dollar, quasiment inchangé par rapport à celui de mardi (7,1879 RMB). Mais la pression sur le taux de change s’est accentuée après que les bonnes données économiques américaines ont fait grimper le dollar mardi, alors que la monnaie s’approche d’un plus bas historique à l’étranger cette semaine.

Les banques publiques ont continué de réduire leurs prêts en yuans à Hong Kong, ce qui rend plus coûteux pour les investisseurs de constituer des positions courtes, ont déclaré des traders.

Son journal, le Financial News, a déclaré que la banque centrale « se prémunirait résolument contre le risque d’une surévaluation du taux de change et maintiendrait la stabilité fondamentale » du renminbi.

En outre, un journal soutenu par la PBOC a déclaré que la communication de la banque centrale avait montré une détermination plus claire à stabiliser la monnaie. Pékin prévoit de vendre davantage de billets vert à Hong Kong, a déclaré le média local Yicai, une mesure qui pourrait absorber les liquidités et stimuler le yuan.

Ces mesures suggèrent que la Chine n’est pas encore prête à abandonner son contrôle sur la monnaie, malgré la pression exercée par la hausse des taux longs américains, les menaces de droits de douane et la morosité de l’économie locale. Pékin craint des sorties de capitaux désordonnées qui pourraient entraîner une vente paniquée des actifs libellés en yuans et faire dérailler une reprise déjà morose.

« Les autorités ne veulent manifestement pas que la spéculation unilatérale prenne de l’ampleur à ce stade », a déclaré Fiona Lim, stratégiste senior chez Malayan Banking Bhd. à Singapour. Mais « je ne serais pas surprise si la Banque populaire de Chine renonçait un peu plus à ses mesures si les menaces de droits de douane se concrétisaient et pouvaient nuire à la croissance ».

Cependant, les fondamentaux économiques de la Chine laissent entrevoir une nouvelle dépréciation. Le sentiment de risque est si faible que l’indice boursier de référence vient de clôturer à son plus bas niveau depuis septembre et les rendements souverains ont atteint de nouveaux plus bas historiques.

En novembre, le pays avait déjà connu la plus grande fuite des capitaux jamais enregistrée sur ses marchés financiers.

Adopter une stratégie de change rigide en traçant une ligne rouge est controversé, car une stabilité artificielle du marché peut conduire à des explosions de volatilité à l’avenir. En août 2015, la décision surprise de la PBOC de laisser le yuan s’affaiblir après l’avoir maintenu à 6,2 pendant des mois a conduit à des sorties massives de capitaux et à une vente panique des actifs chinois.

Qui plus est, la dévaluation monétaire fonctionne de la même manière que les droits de douane à l’importation.

Elle rend les exportations plus compétitives, mais au détriment de la demande intérieure. Si la Chine devait déprécier le RMB par rapport à toutes les monnaies (et pas seulement par rapport à l’USD), cette mesure ne serait expansionniste que si le reste du monde était capable et désireux d’absorber une augmentation significative de l’excédent commercial de la Chine.

Dans le cas contraire, la dépréciation de la monnaie réduirait en fait la demande totale de production chinoise en réduisant la demande intérieure sans augmentation proportionnelle de l’excédent commercial.

D’ailleurs, une tendance mondiale qui est très importante à suivre concernant le commerce mondial : l’excédent du commerce mondial des marchandises est de plus en plus un excédent chinois.

En effet, la compétitivité du yuan est l’une des raisons des forts excédents commerciaux et de la balance courante de la Chine, ainsi que d’autres facteurs, notamment les taux d’épargne extraordinairement élevés du pays. Le Fonds monétaire international estime que l’excédent de la balance courante de la Chine en 2024 s’élèvera à environ 1,5 % du produit intérieur brut et son excédent commercial à environ 3,5 %.

Les analystes ont fait remarquer de manière convaincante que ces estimations sont sous-estimées et que les excédents pourraient être supérieurs d’un point de pourcentage. Une statistique surprenante est que l’excédent commercial du secteur manufacturier de la Chine dépasse 10 % du PIB.

La demande extérieure est un soutien important à la croissance du PIB chinois dans un contexte de faiblesse de l’économie nationale.

Malgré les importants excédents commerciaux et courants de la Chine, le renminbi a été faible face au dollar cette année en raison d’importantes sorties de capitaux, reflétant le manque de confiance dans l’économie chinoise et sa gestion.

Le taux de change du renminbi par rapport au dollar est fortement influencé par l’évolution de la situation économique entre les États-Unis et la Chine, ainsi que par les différentiels de taux d’intérêt.

Contrairement à la situation de la Chine, la surperformance continue des États-Unis pourrait freiner la baisse des taux américains et favoriser des différentiels de taux d’intérêt plus importants que prévu par rapport à la Chine et à la Banque centrale européenne. Dans l’ensemble, le dollar pourrait rester globalement ferme à court terme.

La Chine représente aujourd’hui environ 80 % de l’excédent de marchandises des grandes économies d’Asie de l’Est, et ce parce que l’excédent de la Chine est en hausse, et non parce que les autres excédents ont disparu.

L’excédent de la Chine éclipse désormais celui de l’Europe, et le Japon accuse un déficit dans le commerce des marchandises (l’excédent de sa balance courante provient des revenus des investissements). L’excédent de l’Europe disparaît également presque complètement si l’on déduit le transfert des bénéfices du commerce pharmaceutique.

Par ailleurs, lorsqu’un pays a une faible demande intérieure et qu’il compte sur les excédents commerciaux pour écouler sa production intérieure, les politiques qui améliorent la compétitivité au détriment de la demande intérieure ne peuvent « fonctionner » que s’il n’y a pas de représailles, de sorte que l’excédent commercial augmente plus que la demande intérieure ne se contracte.

Mais si le reste du monde ne veut pas ou ne peut pas absorber une plus grande partie des excédents commerciaux de ce pays, les droits de douane auront probablement un effet de contraction parce qu’un excédent commercial croissant ne peut pas compenser la contraction supplémentaire de la demande intérieure.

Le yuan chinois devrait baisser à 7,40 pour un dollar dans trois mois avant de retomber à 7,50 dans six à douze mois, ont écrit lundi 6 janvier les stratèges de Goldman Sachs Group. Dans une note, BNP Paribas prévoit que le yuan tombera à 7,45 d’ici la fin de l’année, tandis que Nomura a prévu en décembre que la devise pourrait tomber à 7,6 pour un dollar dans les échanges internationaux d’ici mai.

Néanmoins, outre la fixation du taux de change, la PBOC dispose également d’autres outils, notamment le rattrapage des liquidités en yuans dans les transactions offshore et l’intervention directe sur le marché des changes.

Dans l’ensemble, la faible performance du renminbi face au dollar est un baromètre de la faiblesse de l’économie chinoise. Elle peut aussi poser un dilemme. Les autorités se méfient des pressions protectionnistes contre la Chine et ne souhaitent pas voir le renminbi baisser à nouveau face au dollar de peur de déclencher des sorties de capitaux.

Mais elles ne souhaitent pas non plus voir l’avantage concurrentiel considérable du renminbi s’éroder de manière significative, sachant que la demande extérieure est l’un des soutiens de la croissance anémique de l’économie et peut aider la Chine à atteindre l’objectif de croissance de 5 % pour cette année.

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Les banques russes se tourneront vers la Chine et son système concurrent à SWIFT, le CIPS!

Une des sanctions parmi les plus paralysantes imposée par l’Occident à l’endroit de la Russie a été de la bannir du réseau interbancaire de transferts financiers appelé SWIFT. Tout naturellement, Moscou cherchera refuge ailleurs et n’a pas manqué d’observer la main tendue de la Chine !

La Chine, qui est également le partenaire principal au niveau économique et stratégique de la Russie, a développé en 2015 un système de paiement équivalent à SWIFT appelé le CIPS pour, China International Payments System, essentiellement utilisé pour régler les crédits internationaux en yuan et les échanges liés au projet pharaonique des Routes de la Soie.

En effet, le CIPS n’est pas encore au niveau de SWIFT mais pourrait devenir l’alternative stratégique pour le milieu bancaire russe puisque ce système permet aux banques d’effectuer des transactions transfrontalières à l’aide du yuan sur le territoire. Vous l’aurez rapidement compris que l’ambition de la Chine est de faire de leur monnaie une monnaie de réserve mondiale à l’instar du dollars américain grâce à ce système.

En 2021, le système chinois aurait déjà traité près de 80.000 milliards de yuans, l’équivalent de 12.680 milliards de dollars faisant participer près de 1.280 institutions financières dans le réseau dans plus de 100 pays.

Le CIPS peut compter sur la participation de 30 banques au Japon, de 23 banques en Russie et de 31 banques dans des pays africains qui perçoivent des fonds en yuan. Mais il y a également des banques occidentales telles que HSBC, Citigroup ou même le géant français BNP Paribas.

Le système de paiement chinois a donc l’avantage de banaliser le yuan dans le monde et d’assoir la place de la Chine en leader monétaire. Grâce à ce mécanisme, la Chine réduit son usage de devises étrangères et réduit par la même occasion son risque de change sur ses réserves. 

Les actions des entreprises chinoises qui ont un lien avec CIPS, présentes dans les secteurs des paiements, de la finance et de la technologie, ont bondi de 20 à 30 % au cours des deux derniers jours, à la suite de la décision d’interdire l’accès de certaines banques russes à SWIFT.

Par conséquent, l’interdiction de SWIFT devrait accélérer l’expansion du CIPS chinois et offrir des opportunités à l’ensemble de l’écosystème.

Au final, il n’est plus impensable que cette sanction d’écarter la Russie du réseau international risquerait tout simplement de la pousser dans les bras de la Chine qui observe la situation attentivement et qui a tout intérêt à jouer les équilibristes.

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Voilà pourquoi la Chine est la grande gagnante de la crise actuelle !

Première touchée, première sauvée, une analyse économique et financière révèle que la Chine est la grande gagnante de la crise !

Il est évident que personne ne sortira pleinement victorieux de cette crise car le monde entier a été touché mais en termes de relance de l’activité, la Chine s’est démarquée des autres pays et se hisse parmi les modèles de réactivité !

La Chine est un des seuls pays dont l’activité économique a pu reprendre de manière significative. Le PIB chinois affiche positif pour l’année 2020 alors que le PIB de la zone euro et celui des États-Unis affichent négatif.

En effet, la part de la Chine dans le commerce mondial n’a jamais progressé aussi vite que depuis la pandémie de Covid-19, et cela, à l’aide des exportations de ses produits médicaux et au télétravail, selon une note de Euler Hermes publiée lundi 19 octobre. 

En jetant un œil du côté de la bourse, nous pouvons constater la surperformance des actions chinoise en 2020 !

  • L’indice CSI 300, lequel regroupe les 300 plus importantes valeurs cotées à Shanghai et Shenzhen, affiche un gain d’environ 20% depuis le début de l’année
  • Le S&P 500, qui se base sur les 500 plus grandes sociétés cotées sur les bourses américaines, gagne près de 10% depuis janvier.
  • Le Stoxx Europe 600, qui regroupe les 600 plus importantes capitalisations boursières européennes, chute d’un peu plus de 10%.

Selon Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC banque, deux facteurs expliquent une telle reprise de l’activité en Chine. Selon l’économiste, il s’agit du système politique chinois et du commerce international (particulièrement l’exportation) qui ont permis à la Chine de mieux gérer la crise comparé aux européens et aux américains.

  • Production industrielle en Chine :
Illustration de l’évolution de la production industrielle chinoise en 2020

Une solide demande à l’exportation a permis de relancer la production industrielle en Chine de manière significative. En effet, la production industrielle a progressé plus que prévu.

D’après les données du Bureau National des Statistiques (BNS), la production industrielle a augmenté de 6,9% au mois d’octobre alors que les analystes anticipaient une hausse de 6,5%. En plus de l’évolution de la production, une forte croissance des dépenses de consommation a été constatée.

En conclusion, l’accroissement de la production industrielle et l’augmentation de la demande des ménages ont permis de dynamiser l’économie chinoise sans parler du vaste accord (RCEP) du plus grand marché de libre-échange au monde mené par la Chine.

La question se pose de savoir que devons-nous, en Europe, mettre en place pour relancer l’activité économique ?

Par Florenc MICAJ