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Comprendre ce qu’est l’Euronext, la bourse paneuropéenne transnationale

Vous connaissez sans doute quelques marchés où les transactions financières s’opèrent, comme le CAC40 en France, le BEL20 en Belgique ou le Dow Jones aux États-Unis. Cependant, il existe également une place (lieu où les échanges sont standardisés) qui regroupe plusieurs pays européens, c’est l’Euronext ou European New Exchange Technology.

Le 22 septembre 2000, la fusion des Bourses de Bruxelles, Paris et Amsterdam donne naissance à un nouveau marché européen, dont l’objectif est l’harmonisation des échanges au sein de l’Union suite à la création de la monnaie unique, l’Euro.

La société mère, Euronext NV, crée les filiales Euronext Paris, Euronext Bruxelles et Euronext Amsterdam, qu’elle détiendra à 100 %.

L’idée de proposer, sur un même marché, des produits financiers côtés habituellement sur des marchés différents séduit d’autres pays. Ainsi, les Bourses de Lisbonne, Dublin et d’Oslo rejoindront Euronext définitivement tandis que le New York Stock Exchange fusionnera avec en 2007 et sera revendu en 2013.

Les années suivantes, de nouveaux pourparlers seront entamés avec la Bourse italienne et allemande en vue d’un rapprochement avec le marché commun, mais sans succès.

Euronext se charge de la gestion des échanges sur ses différents marchés boursiers et de la gestion des produits financiers négociés, comme les actions, obligations, les ETF, les produits dérivés et les matières premières.

Elle crée également des plateformes d’échange basées sur différents thèmes comme les technologies, les grandes capitalisations ou le climat.

Face à la mondialisation de la Finance, des bureaux sont ouverts un peu partout à travers le monde, comme à Londres 🇬🇧, Hong Kong et New York pour faciliter les échanges et avoir un regard transcontinental.

Aujourd’hui, l’indice Euronext opère sur le marché de Bruxelles, Amsterdam, Paris, Londres, Dublin, Lisbonne et Olso sous le sigle ENX. Le siège stratégique se situe à Paris tandis que son siège social historique reste à Amsterdam. La société gère près de 1500 entreprises tandis que la capitalisation boursière de ses marchés atteint les 4 480 000 000 000€.

Par Timur Kazkondu

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Que représentent les agences de notation ? Que font-elles et quel est leur objectif ?

Pour comprendre ce que sont les agences de notations ainsi que leur rôle dans les marchés financiers, faisons un petit rappel de ce que sont les obligations. Une obligation (ou « bond » en anglais) est un titre de créance.

C’est lorsqu’un investisseur prête de l’argent à une entreprise (ou un État, une banque), qui promet de rembourser le capital, majoré d’intérêts.

Cependant, tous ces émetteurs d’obligations (emprunteurs) ne se valent pas, et ne représentent pas le même risque pour les futurs détenteurs (prêteurs). Ce risque, c’est principalement le « risque de défaut », autrement dit la probabilité que l’emprunteur ne puisse pas honorer ses engagements à l’échéance.

C’est là qu’interviennent les agences de notation. Les plus connues sont Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, qui se partagent près de 95 % du marché. Leur objectif est de donner une indication aux investisseurs sur la santé financière de l’émetteur de l’obligation.

  •  L’intérêt ? La prime de risque exigée par les « bondholders » en dépendra.

Prêter de l’argent à l’Allemagne, l’Italie ou l’Argentine n’est pas la même chose aux yeux du marché, et il est nécessaire d’avoir une base sur laquelle les comparer.

Pour classifier les différents émetteurs entre eux, les agences utilisent un classement (Rating) composé de lettres. Pour celles ayant une santé financière « irréprochable », elles obtiendront un triple A (AAA ou Aaa), viendront ensuite celles qualifiées d’excellente qualité (AA), bonne qualité (A), de moyenne qualité (BBB jusque B), celles en risque de défaut (C) et en faillite (D). En deçà d’un certain seuil (souvent BB), les investissements sont jugés « spéculatifs » et les attentes des prêteurs seront plus élevées.

Bien que les agences de notations soient une référence, ils ne sont pas non plus sans défauts. La situation financière d’une entreprise peut changer d’années en années, et les agences de notations peuvent modifier leur note avec un certain décalage dans le temps.

De plus, quelques conflits d’intérêts ont été constatés dans le passé, comme l’attribution automatique d’un triple AAA pour certains produits financiers douteux en contrepartie d’une rémunération plus élevée.

Les indications apportées par les agences de notation sont indispensables, car elles sont adoptées par l’ensemble du marché et leur interprétation est simple à comprendre.

Cependant, l’oligopole (c’est-à-dire la domination qu’ont quelques acteurs sur un marché) que représente le « Big Three » et leur méthode de rémunération posent parfois la question de leur neutralité. Néanmoins, il est préférable pour certains de naviguer avec un compas parfois approximatif plutôt que naviguer à vue.

Par Timur Kazkondu

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Que représente le KIID, ou Key Investor Information Document ?

Pour les personnes qui ne souhaitent pas se satisfaire du maigre rendement qu’apporte le compte d’épargne actuellement, il existe une alternative qui passe par l’investissement en bourse. Celui-ci peut se faire au travers de plusieurs produits financiers comme les actions, les obligations ou les fonds (mélange d’actions et d’obligations), ce qui nous intéresse aujourd’hui.

Le fonctionnement et la gestion de fonds peuvent paraître flous pour certains. C’est pourquoi l’Union européenne a souhaité simplifier la compréhension des caractéristiques des fonds d’investissement vendus aux clients. L’ensemble des informations-clés est regroupé dans un document appelé KIID (Key Investor Information Document).

En 2012, le KIID est introduit en Belgique pour remplacer le prospectus simplifié. Il est composé de deux pages qui reprennent les principales caractéristiques d’un fonds d’investissement (ou OPCVM) comme l’objectif et la politique d’investissement, le profil de risque nécessaire, la classe de risque du produit, les frais liés au placement et les performances du fonds. Pour permettre une comparaison rapide et facile entre les fonds, l’Europe a imposé la standardisation du format du KIID dans toute l’union.

Depuis la crise financière de 2008, le secteur bancaire est tenu d’être plus transparent dans son fonctionnement et ses opérations. Les directives prises comme Bâle, Solvency ou MIFID ne cessent d’évoluer, ce qui est aussi le cas du KIID qui deviendra dorénavant le KID (Key Information Document).

Celui se distingue de son prédécesseur sur plusieurs points:

  • La première différence, et pas des moindres, concerne les produits financiers repris par ce nouveau document. Le KID englobera les fonds, mais également les assurances placements et les produits structurés.
  • Dans le KIID, les rendements du fonds présentés étaient ceux des dernières précédentes. Dans le KID, il s’agira de fournir des rendements futurs basés sur des scénarios (négatifs, neutres, optimistes).
  • Les frais qu’engendre l’investissement sont exprimés en pourcentage annuel dans le KIID. Un investisseur souhaitant récupérer son argent après un an aura une vue précise sur les frais grâce au KID.
  • Une durée de détention est recommandée pour l’investisseur.

L’introduction du nouveau document a été prévue pour fin 2019 — début 2020, et ce changement doit être opéré rapidement par les organismes financiers qui commercialisent les produits concernés.

La Finance est un domaine particulier où des principes simples sont habillés d’un langage technique. Mais l’époque où le client devait faire confiance « les yeux fermés » au flair de son conseiller est révolue. Celui-ci veut connaître, s’impliquer, se renseigner sur la manière dont son argent est géré.

L’ouverture de la Finance ne peut se faire que grâce à une communication transparente et une meilleure implication de chaque partie, et le KIID va dans ce sens.

Par Timur Kazkondu

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Qu’entendent les financiers et investisseurs par « Market Timing » ?

Beaucoup d’investisseurs vous le diront : « investir en bourse est simple, il suffit d’acheter l’action quand son prix est au plus bas et la revendre quand il est au plus haut ».

Cependant, cette stratégie, aussi basique qu’elle puisse paraître, est très difficile à mettre en œuvre. Chercher le moment opportun pour acheter ou vendre s’appelle « le Market timing ».

Le market timing consiste à analyser plusieurs indicateurs liés à l’instrument financier que l’on veut acheter ou vendre. Parmi les éléments étudiés, on y retrouve par exemple le prix, les volumes d’échange ou encore les bénéfices futurs. Cela implique l’utilisation de l’analyse technique et fondamentale (voir article « analyse technique vs analyse fondamentale »).

Concrètement, l’objectif est de répondre à la question suivante « est-ce le bon moment ? ».

Les conclusions tirées du Market Timing n’étant valables qu’à un instant précis, il est difficile d’être performant sur une longue durée. Pourtant, entrer dans un marché à certains moments de l’année peut s’avérer très significatif sur la rentabilité d’un investissement pour celui qui sait profiter des fortes variations du marché.

Quelques belles opportunités ont vu le jour ces derniers temps : le cours de change de la devise anglaise suite à l’annonce des résultats de vote dans le pays ou la reprise des marchés dès le début de l’année 2019.

Enfin, d’autres stratégies viennent s’opposer au market timing, dont une en particulier appelée « buy and hold ». Celle-ci consiste en l’achat d’une action, peu importe le moment choisi, et de la garder assez longtemps (quelques années) pour obtenir une performance supérieure au market timing. Cette technique demande patience et sang-froid et un peu de flair. 🙂

Le market timing est une méthode qui requiert de la précision et de la rapidité, ce qui est possible de nos jours grâce au trading à haute fréquence. Cependant, l’investissement à long terme reste une valeur sûre pour celui qui veut profiter de belles performances.

Comme Warren Buffet l’a dit un jour, “If you aren’t thinking about owning a stock for 10 years, don’t even think about owning it for 10 minutes.”

Warren Buffet – Investisseur boursier américain
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Qu’est-ce que la vente à découvert d’action ou « short-selling » ?

La technique la plus connue sur les marchés boursiers est le fait de parier sur la hausse du cours d’une action, c’est à dire, d’acheter une action et espérer que son cours va monter pour pouvoir revendre l’action à un prix plus élevé.

Que faire lorsque l’on aimerait parier sur la baisse future d’une action ? Il existe une technique utilisée par certains investisseurs mais qui reste très peu connue ou très incomprise : la vente à découvert.

La VAD ou « short-selling » (en anglais) consiste à parier sur la baisse d’une action en vendant des actions à un prix élevé et ensuite à les racheter à prix plus faible en faisant un bénéfice. En principe, vous vendez des actifs que vous ne possédez pas …

– Mais alors… comment vendre des actions que l’on ne possède pas?

Tout simplement en les empruntant à de grosses sociétés aux portefeuilles stables (c’est à dire qu’ils ne vont pas vendre les actions qu’ils possèdent et dont le nombre d’actions dans leurs portefeuilles ne change presque pas).

Les sociétés avec ce type de portefeuille d’actions sont souvent les assurances, les fonds de pensions, les fonds de placement… Toutefois, il existe quelques limitations à la VAD (possible que sur les actions appartenant au SRD et certaines entreprises interdisent la vente à découvert de leurs titres).

– Ah d’accord… mais pourquoi cette technique n’est-elle pas appréciée par les entreprises ?

Malgré que cela leur rapporte beaucoup d’argent (puisque leurs actions sont échangées sur le marché boursier), certaines entreprises n’aiment pas la VAD car il en existent qui ignorent totalement les transactions qui sont faites avec leurs titres et ce manque de transparence inquiète ces sociétés.

–> Exemple:

La valeur de l’entreprise « P.F » est cotée 20 euros en janvier 2020. Nous pensons que la conjoncture est mauvaise et que le titre va suivre une tendance baissière. Ainsi, nous n’allons surtout pas en acheter mais nous allons faire une vente à découvert pour parier sur la baisse de cette action.

En mai 2020, notre anticipation de l’avenir était juste et nous a donné raison… L’action « P.F » est cotée 12 €. Notre scénario s’est donc réalisé, la valeur a baissé.

A ce moment, nous aimerions récupérer nos bénéfices et pour cela, il nous suffit d’acheter « P.F » afin de solder notre position de vente à découvert. Dans cet exemple, nous avons encaissé : 20 euros – 12 euros = 8 euros par action.

– Un peu d’actualité

Dernièrement, le fonds de pension public japonais GPIF (un des plus gros du monde) a interdit la VAD avec ses titres. En 2018, la VAD avait rapporté près de 300 millions de dollars de commissions nettes au GPIF (government pension investment fund), qui a malgré cela décidé de l’interdire.

« Bravo, excellente initiative! La vente à découvert devrait être illégale », voilà comment a réagi le patron de Tesla, Elon Musk, à la suite à cette annonce.