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Investir #1: Comprendre toutes les bases de l’investissement

La saison 2021 de Parlons Finance commence et sera sous le thème de l’investissement !

La décennie que nous laissons dernière nous fut une décennie majoritairement haussière. La crise financière de 2008 ainsi que la crise de la dette souveraine de 2011 ont été suivies d’une période de reprise et d’expansion très marquée, entrecoupées par quelques passages baissiers.

Durant les douze derniers mois, les marchés financiers ont montré leur extrême volatilité causant à la fois des pertes massives de capitaux et offrant de nouvelles opportunités.

Si vous ne souhaitez plus être perdu(e) face au monde financier qui vous entoure, vous êtes au bon endroit. Tous les dimanches, nous vous proposerons d’apprendre, en 60 secondes, un concept sur l’investissement en général.

Cette semaine, faisons un récapitulatif des éléments-clés qui vous seront utiles pour mieux comprendre les sujets à venir.

Les actions

Une action est un titre de propriété qui représente une partie du capital d’une entreprise. Cette dernière, pour se financer (et donc croître), vend un bout d’entreprise à des investisseurs à un prix fixé par le marché (le cours).

L’acquéreur d’une action devient dans ce cas « actionnaire » et a droit à certains avantages comme une partie des bénéfices de l’entreprise (le dividende) ou participer aux assemblées générales et voter.

Une action n’a pas d’échéance (sauf si l’entreprise fait faillite) et son détenteur réalisera une plus-value si le cours a augmenté. A contrario, il peut réaliser une mauvaise opération si l’entreprise enchaîne les mauvais résultats, ne dégage pas de bénéfices et/ou dépose le bilan.

Ce type d’investissement s’adresse aux personnes prêtes à prendre plus de risque pour obtenir plus de rendement.

Les obligations

Une obligation est un produit financier dans lequel l’émetteur (l’entreprise) emprunte de l’argent à des investisseurs à qui il promet de rembourser le capital à l’échéance. Entre temps, l’émetteur peut verser des intérêts réguliers, appelés coupons. L’obligation est donc l’achat d’un titre de créance auprès d’une entreprise, d’une institution ou d’un pays. 

Les obligations se distinguent les un des autres sur plusieurs éléments comme leur nature (d’État, bon de caisse, structurée, d’entreprise), leur durée, leur devise, le marché sur lequel elles sont vendues (primaire ou secondaire), le taux du coupon, le taux d’intérêt et leur prix

Ce type d’investissement est idéal pour les personnes qui souhaitent récupérer leur capital à l’échéance, avoir un taux garanti et donc prendre un risque plus faible. Notez toutefois que le risque zéro n’existe pas et que l’émetteur peut faire faillite (prêter à la Grèce et à l’Allemagne n’est pas la même chose). Des agences de notation déterminent le niveau de solvabilité de chaque émetteur.

Les produits dérivés

Les produits dérivés voient leur valeur dépendre (dériver) d’un autre actif financier, que l’on appelle le sous-jacent. Les produits dérivés les plus connus sont les options, les futures/Forwards et les CFD.

Trois éléments expliquent l’intérêt porté envers les produits dérivés. Le premier est que l’investisseur n’est pas obligé de détenir un actif financier pour en récolter le fruit de sa performance. Le second est qu’il est possible d’ajouter des conditions pour activer le produit (ex. : l’option). Enfin, last but not least, il est possible de produire un effet de levier sur les gains en jeu.

Les produits dérivés étant avant tout des contrats établis entre deux parties, celles-ci peuvent se mettre d’accord sur de nombreux critères comme le type de produit (ex. : une option d’achat ou de vente), le prix d’exercice qui activera le produit, la durée et le coût d’acquisition du contrat.

À noter que les produits dérivés sont souvent utilisés par les gestionnaires de fonds d’investissement et les Hedge Funds (Fonds de couverture). La notion de stratégie est importante, car il s’agit de « parier » ou de se couvrir sur une évolution future du sous-jacent.

Ce type de placement est conseillé à des investisseurs avertis, car le niveau de risque pris est considérable et peut vous faire gagner beaucoup d’argent.

Les ETFS

Les Exchange-traded Funds, ou Fonds Négociés en Bourse ou « fonds indiciels » en français, sont des fonds cotés en Bourse dont leur objectif est de répliquer les performances du sous-jacent, qui peut être un indice boursier (Nasdaq, CAC 40, etc.), sectoriel (énergies renouvelables, automobile, etc.) ou de matières premières (or, pétrole, etc.).

Leur intérêt réside dans une gestion passive du portefeuille et la limitation des frais (d’entrée de gestion), souvent moins chers que pour les fonds actifs).

Ce type de placement est conseillé aux investisseurs qui veulent diversifier leurs placements et consacrer peu de temps à la gestion de leur portefeuille.

L’analyse technique et analyse fondamentale

Pour investir, il est nécessaire de recueillir des informations. Chez les investisseurs, il existe deux méthodes d’analyse. Celles-ci sont souvent confrontées par leurs adeptes, mais la complémentarité des deux est tout aussi efficace.

L’analyse technique repose en grande partie sur l’étude empirique de graphiques et de statistiques. L’objectif est de pouvoir comprendre les tendances futures sur base des informations récoltées lors des années précédentes. Le volume de transaction est également scruté, car il peut envoyer un signal significatif sur les années à venir. Le cours des actions est disséqué et l’écran du trader est souvent rempli de données graphiques qui lui donnent des indices quant à la position à prendre (achat ou vente). On dit dans le jargon « que le cours casse à la hausse ou à la baisse ».

L’analyse technique convient aux personnes qui font du trading « intraday », c’est-à-dire qu’elles réalisent leurs gains sur un court laps de temps (une journée, une heure, une minute) 

De l’autre côté, l’analyse fondamentale a pour objectif d’estimer la valeur intrinsèque d’une action, en se basant sur une multitude d’indicateurs qui peuvent avoir un impact sur le prix d’une action, comme des indicateurs liés à la macroéconomie, au secteur d’activité et également à l’entreprise en elle-même.

L’analyse cherche avant tout à trouver une entreprise avec un potentiel de croissance intéressant, mais également à éviter les surprises quant à l’évolution future du cours. Une société florissante doit pouvoir le justifier à travers ses résultats et son bilan.

Puisque l’on peut faire des chiffres ce que l’on veut, il est difficile de dire si une méthode est meilleure que l’autre. Dans certains cas, l’analyse fondamentale pourrait ne pas motiver un achat frénétique alors que l’analyse technique l’encouragerait (ex. : Tesla ?). À vous de trouver la méthode qui vous convient le mieux.

Les cycles économiques

L’Économie tourne sur un même schéma que les saisons, avec des patterns qui se répètent. À la différence de l’été et de l’hiver qui arrive, on ne sait pas combien de temps dure un cycle économique complet, les périodes de forte croissance et de faible croissance évoluent à des rythmes différents.

On peut néanmoins distinguer trois types de cycles : les longs (on parle dans ce cas de tendance économique), de courts (conjonctures) et des très courts (évolution saisonnière).

L’investisseur doit reconnaître les différentes étapes du cycle économique, notamment les conjonctures, car elles déterminent les actifs financiers à acheter et vendre.

La basse conjoncture implique que l’économie se porte mal et attend qu’une petite impulsion de la demande s’amorce pour espérer une relance des exportations et de la production des entreprises.

La reprise entraîne une augmentation de l’activité économique dans laquelle les ménages, les entreprises et l’État renouent avec une activité croissante. Cette période est suivie d’une étape d’expansion jusqu’à atteindre une limite haussière, la haute conjoncture, où l’économie commencera à être en surchauffe et qu’un élément viendra mettre fin à la musique.

Ce renversement de la conjoncture entraînera une récession, qui correspond à un hiver long et froid.  

Sur base de ces informations, vous comprendrez un peu mieux les articles qui suivront. Bien entendu, investir n’est pas une chose à prendre à la légère, les crises financières de 1929 et 2008 sont en partie causées par l’arrivée massive des citoyens novices qui achetèrent de produits qu’ils ne maîtrisaient pas. Le meilleur conseil que nous puissions vous donner est de vous inviter à vous former si vous voulez construire un patrimoine solide à l’avenir.

Mais si vous êtes juste curieux d’en savoir plus sur les investissements, le rendez-vous est fixé tous les dimanches !

Par KAZKONDU Timur

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Qu’est-ce que la Capitalisation boursière ou Market Cap ?

La capitalisation boursière est souvent confondue avec la valorisation d’une entreprise mais il y a bien des différences.

La capitalisation boursière d’une entreprise n’est autre que la valeur totale de ses actions en circulation sur le marché. Elle est simplement calculée en multipliant le nombre total des actions en circulation de ladite société par le prix (cours) actuel d’une action.

Ainsi, sachant que le prix d’une action est amené à évoluer quotidiennement sur les marchés du fait de l’offre et de la demande, la capitalisation boursière évolue également de manière corrélée à l’évolution du prix de l’action.

En théorie, la capitalisation boursière correspond à la somme que devrait payer un acquéreur pour obtenir 100 % des parts d’une entreprise. Mais concrètement, les entreprises acquéreuses paient plus cher que le cours du marché pour inciter les actionnaires à lui céder leurs parts et donne une prime de contrôle.

  • Il est à noter que pour diriger une entreprise, il ne suffit pas d’avoir 100% des parts mais bien d’obtenir au moins 50% + 1 part.

Ne pas confondre la capitalisation boursière et la valeur de l’entreprise

La valeur de l’entreprise ne se calcule pas de la même manière. La capitalisation tient compte des capitaux sur le marché alors que pour estimer la valeur d’une société, faut se baser aussi sur ses dettes.

Elle correspond donc à la valorisation fondamentale de l’activité de l’entreprise indépendamment de sa situation de trésorerie. Nous y reviendrons de manière plus poussée dans un autre article.

Par ailleurs, selon Bloomberg, la capitalisation boursière mondiale s’était établie à 100.589 milliards, après avoir dépassé la barre des 90.000 milliards en juin.

Vous l’aurez deviné, ce sont les États-Unis qui hébergent le plus de grandes sociétés considérant leur capitalisation boursière et restent donc leaders.

En effet, 12 des 16 entreprises les plus cotées au monde sont américaines, nous pensons bien sûr directement aux fameux GAFAM (Apple, Microsoft, Amazon, Facebook et Alphabet) qui pèsent ensemble plus de 7.300 milliards, soit plus de 7% de la capitalisation boursière mondiale et bien plus que les autres Bourses mondiales.

Petite recommandation, lorsque vous investissez et que vous voulez diversifier votre risque, il est important que vous ayez en portefeuille de mégas ou de grandes capitalisations (entre 10 et 500 milliards).

En effet, les entreprises à plus grande capitalisation présentent un faible niveau de risque pour les traders et les investisseurs, mais elles sont aussi susceptibles d’offrir une croissance bien plus lente. Ces grandes entreprises existent généralement depuis longtemps et sont des acteurs majeurs dans des secteurs bien établis.

Par contre, les sociétés ayant une plus faible capitalisation boursière pourraient offrir un risque plus élevé et, par conséquent, représenter une croissance plus rapide pour un meilleur rendement

  • PS2: Ne pas confondre non plus capitalisation boursière avec la notion de capitalisation d’usage en placement financier

Cette dernière, n’est rien d’autre qu’un produit d’épargne long-Moyen termes et permet de générer des revenus pour les particuliers, notamment grâce au système d’assurance-vie.

Par NAQI Hamza

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Que sont les « obligations perpétuelles » ?

En finance, lorsqu’une entreprise ou un pays souhaite obtenir de nouveaux capitaux, elle peut passer par le marché de la dette, en émettant des obligations (voir l’article dédié sur Parlons Finance).

De nos jours, les taux d’intérêt sont très faibles, ce qui réduit considérablement le gain à réaliser sur les obligations (l’obligation d’État allemand à 10 ans offre un taux de –0,63 % !). Les investisseurs à la recherche d’un meilleur rendement n’ont pas d’autres choix que de se tourner vers des émetteurs plus risqués, des maturités plus longues ou le marché des actions.

Ainsi, en juin 2020, l’Autriche a émis une « century bond » à 100 ans avec un coupon de 0,88 %. Certains d’entre vous pourraient se demander s’il existe une durée encore plus longue que celle-ci. La réponse est oui, il est théoriquement possible de s’endetter pour « l’éternité » avec une obligation perpétuelle.

– Obligation « perpétuelle » ?

Une obligation perpétuelle, ou perpetual bond, est un instrument financier de dette qui n’a pas d’échéance. Autrement dit, le capital de départ n’est pas remboursé, seuls les intérêts sont payés.

Quel est l’intérêt pour l’émetteur ? Il s’agit ici d’une méthode d’endettement « douce » puisque l’entreprise ou le pays qui propose cette obligation ne devra pas rembourser le nominal.

L’intérêt pour l’acheteur est avant tout son souhait d’obtenir une rente régulière. Le taux élevé du coupon ajoute, quant à lui, un autre élément intéressant.

Beaucoup de ces obligations comportent un droit de rachat, appelé « call ». Cette option donne à l’émetteur le droit de racheter l’obligation à un prix et une période déterminée (et donc rembourser anticipativement le détenteur). Puisque le principal atout d’une obligation perpétuelle est la réception des coupons, cette option constitue un possible manque à gagner pour l’acheteur.

– Quels sont les autres points d’attention ?

Ce type de produit, bien qu’il fasse partie de la catégorie des obligations, présente des risques intrinsèques élevés. Voici quelques-uns :

• Risque de coupon : l’émetteur peut, en cas de difficultés financières, décider de diminuer le montant du coupon versé ou tout simplement le supprimer.
• Risque de crédit : l’émetteur peut faire faillite avant le remboursement de sa dette. Dans ce cas, les détenteurs d’obligations perpétuelles sont remboursés après les autres créanciers ou détenteurs d’obligations « classiques ».
• Risque de taux : la hausse des taux d’intérêt a un impact négatif sur le prix des obligations existantes. Plus la durée de l’obligation est longue, plus ce risque est important.
• L’inflation : une augmentation de l’inflation diminue la marge bénéficiaire des coupons versés.
• Autres risques : certaines entreprises émettent des obligations perpétuelles avec une date implicite de remboursement. Toutefois, cette date peut être modifiée ou repoussée maintes fois.

– Comment déterminer le prix d’une obligation perpétuelle ?

Pour cela, nous devons calculer la Valeur Actuelle d’un investissement, autrement dit, la valeur aujourd’hui de l’ensemble des coupons que l’acheteur recevra à l’avenir.

Formule : VA = C/r

C = coupons
r = taux d’intérêt

Ainsi, pour une obligation perpétuelle propose un taux d’intérêt de 1 %, vous devrez apporter un capital de départ de 100 000 € si vous souhaitez obtenir 1000 € de coupon.

—> 100 000 € = 1000 €/0,01

En 2001, l’entreprise biopharmaceutique belge UCB a émis pour 300 millions d’euros d’obligation perpétuelle, offrant un coupon annuel de 7,5 %. Cette opération avait pour but de financier les précédentes dettes. L’obligation a été remboursée en 2016.

Les perpetuals bonds font partie du paysage financier depuis bien longtemps. Nous en retrouvons des traces écrites datant du XXIIe siècle en France et en Espagne. Si pour beaucoup d’émetteurs ce produit est une manière de se financer à un plus faible coût, d’autres mesurent tout le sens du mot « perpétuel ». Ainsi, l’un des records de longévité appartient à la Hoogheemraadschap Lekdijk Bovendams qui verse toujours des coupons d’une obligation émise… en 1648 !

Par Tim KAZKONDU

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« Un euro aujourd’hui n’est pas un euro demain… » Alors qu’est-ce que la Valeur Actuelle Nette (VAN) d’un investissement ?

Nous le savons, la valeur de l’argent change au fil du temps. Que la raison soit l’inflation ou le taux d’intérêt, cette réalité pousse les agents économiques à anticiper et prendre des décisions pour l’avenir.

De ce fait, l’évaluation d’un projet doit tenir compte de l’évolution de notre argent. Si la question « est-ce que cet investissement va me rapporter plus tard ? » est très souvent posée avant un achat, la question « est-ce que le bénéfice effectué plus tard vaut la peine d’investir aujourd’hui ? » devrait l’être tout autant.

Ces comparaisons « futur vs présent » font intervenir plusieurs notions comme la valeur de l’argent, la valeur actuelle, la valeur future et la valeur actuelle nette.

👉 La valeur future permet de répondre à la question « combien vaudra 100 € dans 1 an ? » Pour que ce calcul soit possible, il est nécessaire d’avoir un taux de référence (le taux d’intérêt) qui déterminera l’appréciation du capital en un an.

De ce fait, pour un taux d’intérêt de 2 %, la valeur de 100 € dans un an sera de 102 €.
Formule : 100x (1 +2 %) = 102 €

👉 La valeur actuelle permet, cette fois, de répondre à la question suivante : « quelle est la valeur équivalente aujourd’hui de 100 € perçus dans un an ? » Cette formule est intéressante lorsque vous voulez savoir si le prix d’un projet est élevé ou non.

Dans ce cas, pour un taux d’intérêt de 2 %, 100 € dans un an équivaut à 98,039 € aujourd’hui.
Formule : 100/(1 +2 %) = 98,039 €

👉 La valeur actuelle nette tient compte de la valeur actualisée des coûts et des bénéfices.
Elle permet à l’acheteur de se poser cette question « quelle est aujourd’hui la valeur de la richesse créée par ce projet, compte tenu de mes dépenses et des bénéfices futurs ? ».
Formule : Valeur Actuelle des bénéfices – Valeur Actuelle des coûts.

Les dépenses étant réalisées immédiatement, on peut résumer l’opération comme : dépense immédiate + VA des bénéfices.

👉 En pratique, les investisseurs peuvent emprunter pour effectuer un achat. Les projets ont également une échéance plus longue qu’un an, les bénéfices pouvant se réaliser que des années plus tard. Dans ce cas, les formules de valeur actuelle ou future doivent être adaptées.

VF = C/(1+r)^n.
VA = C x (1+r)^n.
(C = Capital ; r = le taux d’intérêt ; n = le nombre d’années).

Dans ce monde, rien n’est figé, tout est en mouvement. Ce phénomène, nous le devons au temps qui s’écoule et qui altère notre environnement. Et même si l’argent peut parfois n’être qu’une vérité comptable, elle est tout de même soumise à la réalité du temps.

Rappelez-vous : « un euro aujourd’hui n’est pas égal à un euro demain ». Mais si la richesse promise à la fin du projet n’est pas plus élevée que celle que je possède aujourd’hui, alors à quoi bon se lancer ?

Par Tim KAZKONDU

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Qu’est-ce qu’une IPO, ou plutôt une introduction en Bourse ?

C’est dans les différentes Bourses mondiales que séchangent les parts de capital d’une entreprise et nous entendons souvent parler d’IPO dans les journaux économiques et financiers sans en savoir exactement la signification, les différents types d’IPO ou encore la manière dont cela se prépare.

Dans cet article, nous allons vous expliquer la notion de Initial Public Offering, traduit par « Introduction en bourse » en français qui n’est autre qu’une opération financière qu’une société X réalise en vue d’ouvrir son capital et de lever des fonds en échange d’actions vendues aux investisseurs intéressés.

Une IPO ne se fait pas en 1 jour ou encore en un mois, c’est dans la majorité des cas une longue paire de manches avec ses difficultés propres qui nécessite énormément de ressources pour sa réalisation.

Il existe en effet plusieurs marchés boursiers sur lesquels une société peut réaliser son entrée en Bourse tel que New York Stock Exchange (NYSE) ou encore Euronext qui détient la bourse de Paris, d’Amsterdam ou encore celle de Bruxelles.

Par exemple, la société Alibaba est entrée au New York Stock Exchange (NYSE) en 2014 et a réussi à lever plus de 20 milliards de dollars.

Les avantages d’une IPO :

  • Lever des capitaux propres permettant son développement ;
  • Acquérir/augmenter sa notoriété/visibilité ;
  • Offrir une liquidité aux actionnaires actuels ;
  • Diminuer le coût du capital ;
  • Rendre les stock-options plus attractives du fait de la liquidité des actions ;
  • Faciliter le financement de futures acquisitions en permettant de les payer en actions.

Les inconvénients d’une IPO :

  • Les différents coûts inhérents tel que les coûts juridiques, comptables et de marketing important liés à l’IPO
  • L’obligation de rendre publiques des informations financières et commerciales de l’entreprise
  • Énormément de travail en amont pour le management
  • Une société admise à la cotation sur un marché public peut faire l’objet d’une OPA ou d’une OPE et être rachetée.
  • Surveillance des autorités de marché

Comment se prépare-t-on à une IPO :

A un moment donné de sa vie, une entreprise fait face à un choix crucial de développement car il s’agit d’une étape importante dans son évolution mais aussi dans ses ambitions de rayonnements que ce soit à l’international ou pas.

Préalablement à sa prise de décision, l’entreprise se doit d’observer le marché qui, selon elle, serait le plus apte pour s’y introduire. Prenons le cas de Euronext qui est la principale place boursière de la zone euro représentant plusieurs milliers de milliards d’euros en capitalisation !

Après s’être renseigné sur le marché boursier le plus prometteur et le plus en ligne avec les ambitions de l’entreprise, il lui est important de s’entourer et de se faire accompagner de plusieurs conseillers d’affaires (banque d’investissement, experts-comptables, avocats et autres).

Ensuite, la société doit enfin préparer sa candidature via une « due diligence » qui permettra d’identifier les risques financiers, juridiques, fiscaux de la société. L’objectif de ces vérifications est notamment d’ajuster le prix de cession de la cible. Dans le cadre d’un IPO, cela aidera à fixer la valeur des titres introduits en bourse.

L’entreprise devra également veiller à accroître sa visibilité au maximum avant de lancer l’IPO lui permettant d’acquérir des investisseurs renseignés et intéressés d’investir.

En espérant que cet article vous ait plu, nous vous invitons à nous rejoindre sur nos différentes plateformes (Facebook, LinkedIn…) où nous publierons un deuxième article qui portera sur les différents types d’IPO qui existent.

Par NAQI Hamza.

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En Bourse, vous pouvez investir dans des fonds négociés (ETF), mais qu’est-ce que ça signifie vraiment ?

Dans la vie de tous les jours, quand on fait référence aux marchés boursiers, la plupart des gens pensent directement aux actions, voire aux obligations. Cependant, il existe également une multitude d’autres titres, dont justement l’ETF.

Un ETF, acronyme de « Exchanged Traded Funds » (ou encore « Fonds négocié en bourse »), est également connu sous le nom de Tracker et ceci pour une raison assez simple.

Les trackers sont des fonds indiciels cherchant à suivre fidèlement un indice boursier comme par exemple le Bel 20. Il a donc la même composition que l’indice boursier qu’il reproduit. Il varie donc à la hausse ou à la baisse de la même manière.

Les fonds négociés en bourse sont disponibles sur les marchés financiers depuis le début des années 1990. Ils constituent l’un des principaux types de fonds d’investissement, aux côtés des fonds d’assurance, des fonds de pension ou encore des fonds spéculatifs. La principale caractéristique qui distingue les ETF des autres fonds d’investissement est qu’ils sont toujours négociés en bourse (comme les actions ordinaires) et que leur prix est déterminé par des opérations « d’achat et de vente ».

L’objectif principal des ETF est donc de reproduire et de répliquer la performance d’un indice ou d’un instrument financier donné, plutôt que de le surpasser.

Par exemple, un investisseur souhaitant obtenir la même performance que l’indice « Dow Jones Industrial Average » pourrait investir dans le « FNB DJIA ». De plus, certains ETF permettent également de suivre l’inverse de la performance d’un indice. Par exemple, si un investisseur pense que le prix de l’argent va chuter, il peut acheter les actions d’un « Inverse Silver ETF » afin de gagner de l’argent sur la baisse des prix de l’argent.

Avantages d’un ETF ?

L’un des avantages d’un ETF est sa facilité d’accès. Car même s’il s’agit d’un fonds d’investissement, ce produit est coté en continu comme une action classique et peut donc être procuré de la même manière qu’un titre classique. 

De plus, autre avantage, les frais des ETF sont en général plus faibles que ceux des fonds actions classiques.

Enfin, les trackers permettent une certaine diversification, qui diminue les risques de perte. En effet, en investissant dans un ETF, une personne investit dans différentes catégories d’actifs à l’aide d’un seul et même titre.

Un autre avantage des ETF par rapport aux fonds communs de placement est leur liquidité. Alors que les fonds communs de placement traditionnels sont achetés et vendus à la clôture de chaque « business day »,  les investisseurs peuvent négocier les ETF à tout moment de la journée, de l’ouverture à la fermeture du marché.

Quid des différents types d’ETF ?

En ce qui concerne les différents types d’ETF, il en existe plusieurs:

  • Stock ETF: Ils suivent un ensemble particulier d’actions. Ils peuvent suivre ces actions en fonction de leur indice ou de leur secteur d’activité. Comme les actions sont soumises à la volatilité du marché, ces fonds peuvent constituer une bonne option pour les investisseurs cherchant une rentabilité à long terme.
  • Bond ETF: Elles sont composées d’obligations d’entreprises ou d’État. Ils peuvent être intéressants pour les investisseurs intéressés par des ETF à revenu fixe. En effet, ces fonds versent régulièrement des dividendes d’intérêts provenant d’obligations d’entreprises ou d’État.
  • Commodity ETF: Ils investissent dans des produits de base comme les métaux précieux, les matières premières ou encore les aliments naturels.
  • Sector or Industry ETF: Ces ETF suivent des secteurs particuliers, comme les biotechnologies, les soins de santé, l’énergie, etc.
  • ETF sur devise: Les ETF sur devises négocient des devises étrangères et peuvent offrir aux investisseurs une exposition au marchéd
  • Leveraged ETF: Grâce à l’utilisation d’un effet de levier, ils visent à accroître les rendements, généralement de 2 ou 3 fois plus que ceux d’un ETF typique suivant le même indice. Ils sont le plus souvent utilisés comme une stratégie d’investissement à court terme. S’ils peuvent offrir des rendements importants lorsque l’indice sous-jacent est à la hausse, les pertes sont également amplifiées, ce qui en fait un investissement plus risqué.
  • Inverse ETF: Ils visent à obtenir des rendements sur la baisse des indices qu’ils suivent.
Quid de l’emission des ETF ?

Comme le montre le graphique suivant, les ETF sont des produits d’investissement qui depuis plusieurs années connaissent une demande grandissante.

Nombre d’ETF échangés à travers le monde, entre 2003 et 2019 (Statista 2020)

On voit sur le graphique ci-dessus, qu’en 2019 on retrouvait 6.970 millions ETF dans le monde alors qu’en 2003, le nombre était à 276. On remarque donc une importante augmentation.

Les investisseurs peuvent choisir parmi une large sélection d’ETF, dont des milliers sont actuellement négociés dans le monde entier. Les entreprises qui proposent ces ETF (appelé les émetteurs d’ETF) ne manquent pas. Toutefois, les plus grandes sociétés d’ETF dominent le marché des ETF.

Les 5 plus grandes sociétés d’ETF contrôlent la grande majorité des actifs totaux sous gestion[1] (Total Assets Under Management – AUM) de l’ensemble des ETF.

  • iShares (filiale de Blackrock)
  • Db-X Trackers (filiale de Deutsche Bank).
  • Lyxor (filiale de la Société Générale).
  • UBS.
  • Amundi (filiale du Crédit Agricole).
Quid du rendement des ETF ?

Plus haut, il a été dit que l’objectif principal des ETF est de reproduire la performance d’un indice ou d’un instrument financier donné, plutôt que de la surpasser. En effet, un certain nombre d’études ont montré qu’il est difficile pour les ETF de battre les indices sur le long terme. Les fonds parvenant à générer de la surperformance de manière durable sont assez rares.


[1] Les actifs sous gestion sont l’ensemble des actifs contrôlés par le fonds commun de placement. Il comprend tous les actifs investis par le fonds commun de placement ainsi que les liquidités qu’il détient.

Par Jad BITAR

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Qu’est-ce qu’une scission d’entreprise ou Spin-off ?

Il existe plusieurs manières pour un groupe d’accroître sa valeur sur le marché et la Spin-Off en fait partie puisqu’elle permet de scinder une activité en minimum deux activités distinctes avec une cotation respective.

Il s’agit de la séparation en plusieurs entreprises indépendamment cotées pour lesquelles les nouvelles
actions de la société sont attribuées gratuitement aux actionnaires de la société mère. Ainsi, l’entreprise va créer une nouvelle entreprise composée de l’ensemble de son patrimoine moyennant l’attribution de droits sociaux aux associés de la société scindée.

Il est important de noter que l’existence d’obligations et/ou de valeurs mobilières complexes risque de complexifier ou rendre impossible la réalisation d’une scission.

  • Par exemple, le groupe A réalise un spin-off et crée une activité distincte, le groupe B. Les détenteurs d’action dans le groupe A vont recevoir des actions du groupe B en fonction de leur participation dans A. Les actionnaires de A restent actionnaires de A et deviennent actionnaires de la nouvelle entité du groupe, B.

Le spin-off permet aux entreprises mères de se concentrer davantage sur le cœur de leur activité, et d’y allouer tous les moyens nécessaires que ce soit au niveau financier, humain ou encore techniques.

De plus, les sociétés issues du spin-off, une fois entièrement sorties de l’entreprise mère, sont indépendantes et ne comptent plus que sur leurs propres moyens pour se développer. Elles ont aussi leur propre « management » et peuvent également solliciter leurs nouveaux actionnaires pour avoir plus de ressources via une augmentation de capital et accroître sa croissance.

  • Petit exemple qui risquerait de vous parler, Hello Bank, service bancaire 100% mobile, est une « spin-off » de la banque BNP Paribas Fortis qui a créé une nouvelle marque pour attirer un public plus jeune et plus branché dans le digital. 

==> Aux Etats-Unis, le « spin-off » est très souvent utilisé comme une solution pour se séparer des métiers les moins favorable sur le marché et dont la valeur décline.

==> En Belgique, d’un point de vue fiscal, le fait de recevoir des actions suite à une opération de spin-off est considéré comme un dividende et est donc soumis au précompte de 30%.

PS: Si cet article vous a plu, merci de le partager et de nous le faire savoir en commentaire pour que nous puissions continuer à en publier régulièrement.

Par Hamza Naqi

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Que représentent les « Penny stocks », les actions à toute petite valeur ?

Si vous êtes un lecteur assidu de Parlons Finance, ou tout simplement un intéressé par la Finance, vous savez ce que sont les actions mais ici, nous allons nous concentrer davantage sur ce que représentent les Penny Stocks, soit des actions à très faible valeur.

En effet, lorsqu’une entreprise souhaite se développer, elle peut rechercher de nouveaux capitaux en s’adressant aux investisseurs. Après avoir découpé symboliquement la valeur de l’entreprise en parts égales, soit les actions, elle les met en vente aux futurs copropriétaires, les actionnaires.

👉 Comment déterminer le prix d’une action ?

Bien qu’il soit possible, à la suite d’un audit externe, d’évaluer ce que vaut réellement le prix d’une action, ce dernier reflète avant tout les croyances et l’intérêt des investisseurs sur la valeur de l’entreprise.
A-t-elle un bon management ? Est-elle leader dans son secteur ? La croissance sera-t-elle au rendez-vous ? Les bénéfices répondent-ils aux attentes ? Ce sont ce genre de questions que se posent les acheteurs potentiels d’une action.

Dans notre monde très compétitif, les entreprises ne se ressemblent pas. Ainsi, des sociétés faisant partie d’un même secteur peuvent être valorisées très différemment par les courtiers, à l’image de Tesla (726 $ au 23/04/20), Volkswagen (120 $ au 23/04/20) ou Ford (4,96 $ au 23/04/20). Et pour les boursicoteurs, le prix d’une action peut être un critère de choix important, puisque certains se disent : « si le prix est aussi élevé, c’est que c’est une bonne entreprise, non ? »

👉 Mais alors, que sont les penny stocks, Tim ?

J’y arrive cher lecteur… Son nom fait référence aux pennies anglais, l’équivalent de nos centimes d’euro au fond de notre poche. Ainsi, il s’agit d’actions d’entreprises dont la valorisation est tellement faible (généralement sous la barre symbolique du dollar) qu’elles appartiennent à une catégorie spécifique. On en retrouve même à 0,01 $ !

Ces sociétés à faible capitalisation (« small cap » en anglais) ont elles aussi des profils différents :

  • Les anciennes gloires : elles faisaient partie de l’élite avant de tomber dans l’oubli. Ex. : Alcatel-Lucent.
  • Les volontaires : Certaines entreprises veulent réduire au maximum la valeur de leurs actions pour permettre au plus grand nombre d’en acheter.
  • Les bonnes opportunités : Celles dont le potentiel est important, mais encore caché des investisseurs.

En Belgique, nous avons quelques exemples comme Dexia ou Nyrstar.

👉 Cependant, ces actions demandent une attention particulière.

Leur faible valorisation les pousse un peu à l’écart des journaux d’information financière, ce qui crée une opacité sur le secteur. Considérées comme spéculatives, du fait d’une réglementation moins stricte et d’une faible liquidité, elles sont souvent l’objet de malversations (ex. : manipulation de cours).

De plus, la volatilité est très élevée (on peut passer de 5 centimes à 25 centimes en une journée, soit une performance de 400 %), ce qui peut amener à de gros gains ou grosses pertes en très peu de temps.

Le marché des actions permet à de nombreuses entreprises de trouver de nouveaux capitaux. En sollicitant les investisseurs, ces mêmes entreprises se soumettent au jugement, parfois illogique, des marchés financiers. Néanmoins, pour l’initié en bourse, il existe toujours des opportunités à saisir, même si celles-ci se trouvent dans les méandres de la bourse.

Pour conclure, aux États-Unis, le marché des penny stocks est différent de marchés classiques tels que le NYSE et le NASDAQ. Ces titres sont négociés « de gré à gré » (signifiant Over the counter, c’est-à-dire directement entre opérateurs) grâce aux « Pink Sheets » et à l’OTC Bulletin Board.

Par Tim Kazkondu

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Tout savoir sur l’envolée de l’action Netflix en pleine période de crise !

Netflix a connu une hausse spectaculaire dans un contexte de ralentissement économique lié au coronavirus. Les investisseurs espèrent, cherchent et désirent cibler de nouvelles actions épargnées par la pandémie, c’est certainement le cas de l’action Netflix !

En effet, Netflix devra bientôt publier ses résultats financiers du premier trimestre de l’exercice 2020 à la fin de la séance boursière du mardi 21 avril et nous aurons sûrement une ruée vers l’action.

Faisons le point de la situation :

Netflix est actuellement la plus grande firme de streaming TV au monde avec plus de 165 millions d’utilisateurs de par le monde. L’action a également pu bénéficier de la pandémie du Coronavirus, au côté de l’action Amazon qui a également connu un plus haut mais également Zoom Video et pleins d’autres actions typiquement axées sur une économie « casanière ».

Mais il faut bien sûr noter que Netflix doit également faire face à une concurrence accrue de nouveaux entrants tel que Apple TV ou encore Disney+, qui a déjà dépassé la barre de 50 millions d’abonnés payants alors qu’il n’est encore disponible que dans 14 pays.

Au dernier trimestre, Netflix avait annoncé attendre plus de 7 millions de nouveaux utilisateurs payant au premier trimestre 2020.

Actuellement, la capitalisation boursière a touché des plafonds records atteignant 190 milliards de dollars. En effet, depuis le 16 mars, l’action Netflix a bondi de plus de 40% et n’a pas senti une once de dégât depuis les mesures de confinement imposées à des milliards de personnes dans le monde.

Cours de l’action Netflix

« Les gens sont en train de regarder beaucoup plus Netflix », selon Ted Sarandos, responsable mondial des contenus chez Netflix, sur CNN.

Plusieurs éléments expliquent cela. Tout d’abord, le fait qu’il n’y ait plus d’événement sportif permet Netflix de prendre le relais mais également le fait que les salles de cinéma soient fermées jouent aussi en faveur de Netflix.

L’action Netflix fait ainsi partie de la catégorie « Stay at home » et profite pleinement du confinement pour continuer d’apporter des jours heureux aux investisseurs.

Par exemple, Bank of America vient ainsi de réhausser son objectif de cours pour l’action de Netflix, passant ainsi de 426 à 460 dollars. Un niveau qui porterait la capitalisation boursière du groupe à plus de 200 milliards.

Le comble est d’apprendre que le géant du streaming TV vient tout juste de dépasser la valorisation du géant américain du pétrole, ExxonMobil, évalué à 166 milliards de dollars ayant connu une baisse liée à la crise du coronavirus impactant la demande (consommation) de pétrole.

Rappelons qu’en 2013, ExxonMobil était la première entreprise en termes de capitalisation …

Par Hamza NAQI

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L’histoire à 1.000.000.000$ de la bataille financière entre un Trader et la société Herbalife !

En 2012, Bill Ackman, courtier à New York et gestionnaire du fonds d’investissement Pershing square Capital Management, annonce qu’il va shorter l’action Herbalife, qu’il estime fonctionner sous un modèle pyramidal, et ce, pour un montant d’un milliard de dollars.

Ce pari attire très rapidement les regards de Wall Street, tant par son montant, mais aussi pour la cible de ce pari, Herbalife, qui est alors considéré comme une entreprise prospère. Si vous ne savez pas ce qu’est une action, un fonds d’investissement ou un système pyramidal, vous pouvez retrouver des articles dédiés sur notre site.

👉 Qu’est-ce que « shorter » une action ?

Ce terme provient de l’anglais «  To short », que l’on peut traduire par « vente à découvert » en français. Son principe est simple : un premier investisseur parie que le prix de l’action d’une entreprise va diminuer à l’avenir (des jours, des semaines, des mois, des années…), et souhaite alors profiter de cette baisse pour se faire un peu d’argent.

Cet investisseur pense peut-être que l’entreprise va rencontrer des problèmes à l’avenir, que la valeur de l’action ne représente pas la réalité, ou fait cela par pure spéculation.

Petit problème, le parieur ne possède pas l’action de l’entreprise. Il va alors demander à un autre investisseur qui en détient de lui prêter un ou plusieurs titres, et s’engage à rendre le tout dans un futur (qu’ils auront déterminé ensemble).

Ayant désormais des actions à sa disposition, le premier investisseur va les vendre sur le marché. Si son pari s’avère exact, et que le prix diminue, il pourra racheter ces mêmes actions à un tarif plus faible, qu’il rendra au second investisseur, en empochant une plus-value au passage.

👉 Exemple :

Tom pense que l’action ABC va diminuer à l’avenir. Celle-ci vaut aujourd’hui 100 $. Tom va voir un autre investisseur, Paul, qui possède 100 actions et accepte de les prêter. Il demande à les récupérer d’ici un mois.
Tom, qui possède désormais les actions ABC, va les vendre sur le marché pour un total de 10 000$.

Un mois plus tard, nous retrouvons deux situations :

  • Le prix de l’action ABC est bien descendu à 80 $. Tom en rachète 100 pour un total de 8 000$. Il rend les 100 actions à Paul et se fait un bénéfice de 2 000 $.
  • Le prix de l’action ABC a grimé à 120 $. Tom est obligé de les racheter pour un total de 12 000 $. Son pari lui a fait alors perdre 2 000 $.

Dans notre exemple, la décision de Tom était purement spéculative, ce qui peut lui coûter très cher en cas de situation défavorable. Cependant, il existe d’autres raisons d’investir sur une baisse, et qui n’entrent pas dans la catégorie des paris spéculatifs (c’est le cas des entreprises qui travaillent avec des matières premières et qui veulent se couvrir contre la variation du prix d’achat).

👉 Revenons à notre histoire:

Bill Ackman avait fait le pari que la valeur de l’action Herbalife (aux alentours de 35 $) était bien trop élevée, car les investisseurs s’étaient trompés sur « la vraie nature de la société ». Pour lui, Herbalife était une entreprise « pyramidale, à la limite de l’illégalité, qui se faisait de l’argent sur le dos des immigrés mexicains et des plus pauvres à la recherche d’argent facile ».

Pour étayer ses propos, Bill Ackman fera le tour des plateaux TV, des conférences, des déclarations sulfureuses. Tout était fait pour que les investisseurs n’aient plus confiance en Herbalife. L’objectif était clair : se rapprocher de zéro, car plus la chute était forte, plus le pari rapporterait. De son côté, Herbalife pouvait compter sur un solide CEO, sa forte notoriété et un autre grand investisseur, Carl Icahn (qui détestait Bill Ackman), pour contre-attaquer. Une véritable bataille de Wall Street eut lieu.

L’histoire se termine en 2018 lorsque Bill Ackman décide de boucler son pari perdant, l’action Herbalife ne cessant d’augmenter (elle atteindra près de 60 dollars en 2019). Son fonds d’investissement a subi des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars, mais s’en est vite remis.

En effet, « Shorter » fait souvent l’objet de débats. Au-delà des enjeux financiers, il y a également d’autres aspects qui entrent en jeu, comme les emplois perdus, la panique des investisseurs, l’avidité des parieurs. Il arrive parfois que les gouvernements suspendent temporairement les ventes à découvert pour éviter un effet dévastateur sur les entreprises cibles, afin que le prix de leur action ne fonde pas comme neige au soleil.

Vous vous demandez ce qu’est advenu de Bill Ackman ? Il a récemment gagné 2 600 000 000 $ en pariant que les marchés financiers allaient plonger… à cause du Coronavirus.

Par Tim Kazkondu