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Détroit d’Ormuz : COSCO relance ses navires

L’Iran a bien indiqué le 24 mars 2026 que les navires « non hostiles » pouvaient transiter par le détroit d’Ormuz sous coordination avec ses autorités, et COSCO a repris le 25 mars ses réservations vers plusieurs ports du Golfe.

En revanche, Reuters a aussi rapporté que deux navires liés à COSCO ont fait demi-tour le 27 mars, preuve que le risque n’a pas disparu.

« Le détroit d’Ormuz n’est pas seulement un passage maritime stratégique. C’est aussi un levier géopolitique capable de déplacer instantanément les prix de l’énergie, les coûts du transport mondial et la perception du risque sur les marchés financiers. »

Comprendre ce mécanisme est essentiel, car lorsqu’Ormuz se bloque ou se rouvre partiellement, ce ne sont pas seulement les pétroliers qui sont concernés. Ce sont aussi les prix du pétrole, du gaz, du fret, de l’assurance maritime et, à terme, une partie du coût de nombreux biens dans l’économie mondiale. En mars 2026, l’annonce iranienne autorisant le passage des navires jugés « non hostiles » a été perçue comme un début d’assouplissement, immédiatement surveillé par les marchés.

Comment fonctionne réellement le levier du détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz est l’un des principaux goulets d’étranglement de l’économie mondiale. En temps normal, une part considérable des flux de pétrole et de gaz y transite. Lorsqu’un conflit perturbe cette route, la tension ne se limite pas au Moyen-Orient : elle se transmet aussitôt aux marchés de l’énergie, au commerce maritime et aux anticipations d’inflation. Reuters rappelle qu’au moment de la crise, ce passage concentrait environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz.

Source image : France 24

Mais ici, il ne s’agit pas d’une fermeture binaire, ouverte ou fermée. L’Iran semble plutôt chercher à instaurer un accès sélectif. Les navires considérés comme « non hostiles » peuvent, en théorie, passer à condition de se coordonner avec les autorités iraniennes. À l’inverse, les navires liés aux États-Unis, à Israël ou à des pays vus comme parties prenantes de l’agression restent exposés à un refus de passage.

Pourquoi ce n’est pas un simple retour à la normale

Ce type d’annonce peut donner l’impression d’une désescalade. En réalité, il s’agit plutôt d’une réouverture partielle, contrôlée et politiquement filtrée.

Autrement dit, le détroit ne redevient pas un espace neutre de circulation. Il tend à devenir un corridor conditionnel, où la liberté de navigation dépend de critères géopolitiques. Reuters Breakingviews souligne que le redémarrage de COSCO est un signal important, mais qu’il concerne surtout du fret conteneurisé ordinaire, pas les cargaisons énergétiques qui restent le cœur du rapport de force.

Cela change profondément la lecture économique de la crise : le sujet n’est plus seulement « le détroit est-il bloqué ? », mais aussi « pour qui est-il praticable, à quel prix, et avec quel niveau de risque ? ».

Qui sont les navires « non hostiles »

La formule est volontairement floue. Dans sa communication à l’ONU et à l’Organisation maritime internationale, l’Iran explique que peuvent bénéficier d’un passage sûr les navires qui ne participent pas à des actes d’agression contre lui et qui respectent ses règles de sûreté. Reuters a également rapporté qu’Abbas Araghchi avait cité des pays « amis » ou tolérés, dont la Chine, la Russie, l’Inde, l’Irak et le Pakistan.

Cette ambiguïté crée une asymétrie très forte. Certains armateurs disposent potentiellement d’un accès plus fluide, tandis que d’autres restent confrontés à des coûts d’escorte, à des surcoûts d’assurance ou à un risque d’immobilisation. Ce n’est donc pas seulement une question militaire : c’est aussi une nouvelle hiérarchie de compétitivité dans le transport maritime.

Pourquoi le retour de COSCO est autant observé

Dans ce contexte, la décision de COSCO de reprendre le 25 mars ses réservations vers les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et l’Irak a été interprétée comme un test grandeur nature du nouveau régime de circulation dans le Golfe. Reuters note que, pour les marchés, ce type de décision est très révélateur : les grands armateurs ne relancent pas leurs routes sans un minimum de visibilité sur le risque, l’assurance et la faisabilité opérationnelle.

Mais ce signal d’optimisme doit être tempéré. Le 27 mars, deux navires chinois liés à COSCO ont tenté de sortir du Golfe via Ormuz avant de faire demi-tour, ce qui a montré que même pour des navires supposés bénéficier d’un traitement plus favorable, le passage ne pouvait pas encore être considéré comme garanti.

Quand la géopolitique se transforme en prix de marché

Dès qu’un signal d’assouplissement apparaît sur Ormuz, les marchés de l’énergie réagissent presque instantanément. Reuters a rapporté qu’après l’annonce d’un possible apaisement, le Brent était repassé sous les 100 dollars, alors même que la situation restait extrêmement instable. Cela montre que la prime de risque incorporée dans les prix dépend autant des anticipations que des flux effectivement rétablis.

En d’autres termes, les marchés ne valorisent pas seulement le pétrole disponible aujourd’hui. Ils valorisent aussi la probabilité qu’il puisse continuer à circuler demain.

C’est pourquoi un simple message diplomatique, une reprise partielle des réservations maritimes ou le passage de quelques navires peut faire bouger les cours. Mais tant que la sécurité du transit reste sélective et réversible, cette détente reste précaire. Les derniers développements de Reuters montrent d’ailleurs qu’au 31 mars le marché pétrolier demeure très tendu, avec un Brent reparti au-dessus de 114 dollars.

Le vrai sujet : assurance, fret et chaînes d’approvisionnement

L’effet économique ne passe pas seulement par le pétrole brut. Il passe aussi par le coût du transport.

Quand une zone maritime bascule dans le risque de guerre, les primes d’assurance explosent, les itinéraires se compliquent, les délais augmentent et certaines compagnies suspendent purement et simplement leurs opérations. Le retour partiel d’armateurs comme COSCO peut donc être interprété comme un début d’allégement de cette contrainte, mais pas comme un effacement du risque.

À cela s’ajoute une autre évolution plus structurelle : selon AP, l’Iran semble avoir mis en place une forme de régime quasi tarifaire ou de « toll booth », avec vetting politique des navires, coordination obligatoire et, dans certains cas, paiement de frais de passage. Cela transforme un détroit stratégique en instrument de sélection économique et diplomatique.

Pourquoi cela change la finance mondiale

Cette crise montre que la circulation maritime n’est plus seulement une question logistique. Elle devient un actif géopolitique.

Pour les investisseurs, cela signifie plusieurs choses :

d’abord, que le risque maritime doit désormais être intégré durablement dans la valorisation des matières premières, des compagnies d’assurance, du fret et de certaines industries importatrices ; ensuite, que l’accès à une route stratégique peut dépendre d’alignements politiques et non plus uniquement du droit commercial international ; enfin, que la segmentation des flux mondiaux entre corridors « sûrs », « tolérés » ou « hostiles » peut devenir un facteur structurel de coût.

Ce que cela signifie pour l’Europe

Pour l’Europe, la leçon est claire : même lorsqu’elle n’est pas directement dépendante du brut du Golfe, elle reste exposée à la volatilité mondiale de l’énergie, aux tensions sur les produits raffinés, au renchérissement du fret et aux effets inflationnistes importés. Reuters a indiqué le 31 mars que l’Union européenne demandait à ses États membres de se préparer à une perturbation prolongée des marchés énergétiques liée à la guerre avec l’Iran. Autrement dit, Ormuz n’est pas un sujet lointain. C’est un point de transmission immédiat entre géopolitique, inflation, commerce mondial et souveraineté économique.

Conclusion

Le message envoyé par Téhéran et la reprise partielle de COSCO ne signifient pas un retour à la normale. Ils signalent plutôt l’émergence d’un nouvel équilibre, plus fragile, plus sélectif et plus politique.

Le détroit d’Ormuz ne fonctionne plus seulement comme une voie maritime. Il devient un filtre stratégique, capable de redistribuer les coûts, les avantages concurrentiels et les rapports de force entre puissances commerciales.

Et c’est précisément pour cela que les marchés le surveillent autant : parce qu’aujourd’hui, le prix de l’énergie, le coût du fret et une partie de la stabilité économique mondiale se jouent aussi dans cette zone grise entre sécurité, diplomatie et contrôle des flux.

Sources :

Iran war: See how tanker traffic collapsed in the Strait of Hormuz

Ships must coordinate with Iran’s navy to pass through Strait of Hormuz, foreign ministry says

China confirms three ships passed through Strait of Hormuz

Chinese ships halt attempt to exit Hormuz despite Iran safe passage assurances

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Banque & Finance Bourse En vedette

Petit ou gros capital : quelle différence ?

« En investissement, avoir un gros capital donne l’illusion d’être en avance. En réalité, ce n’est pas le montant investi qui fait la différence, mais la manière dont il est investi et le temps pendant lequel il travaille. »

Beaucoup pensent qu’investir avec peu ne sert à rien. Les gains semblent faibles, la progression lente, et l’impact presque invisible au début. Pourtant, c’est précisément dans cette phase que se construit l’essentiel.

Un petit capital vous oblige à adopter les bons réflexes : investir régulièrement, éviter les décisions impulsives et penser long terme. Chaque investissement devient plus réfléchi, chaque erreur plus formatrice. Vous développez une discipline que beaucoup d’investisseurs avec plus de moyens n’ont jamais réellement construite. Et surtout, vous activez le facteur le plus puissant en investissement : le temps.

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Gros capital : un levier… à double tranchant

Avoir un capital important permet d’accélérer certaines choses, mais uniquement si une stratégie solide est en place. Sans cadre clair, ce capital devient un facteur de risque.

Pourquoi ? Parce qu’il amplifie tout. Une bonne décision peut générer des gains significatifs, mais une mauvaise peut coûter très cher. De plus, gérer des montants élevés demande une vraie maîtrise émotionnelle. La volatilité devient plus difficile à supporter, et les réactions impulsives peuvent rapidement apparaître.

Un gros capital mal géré n’est pas un avantage. C’est une responsabilité.

Ce qui crée vraiment la performance

En investissement, la performance ne dépend pas uniquement du capital de départ. Elle repose sur trois piliers essentiels : la régularité, la discipline et l’horizon long terme.

Investir un petit montant chaque mois, sans interruption, permet de lisser les fluctuations du marché et de bénéficier pleinement des cycles économiques. À l’inverse, investir de grosses sommes de manière irrégulière ou émotionnelle réduit fortement les chances de succès.

Ce sont les décisions répétées dans le temps qui construisent les résultats, bien plus que le montant initial.

L’effet du temps sur le capital

Avec les années, l’écart entre petit et gros capital se réduit face à la puissance du temps et des intérêts composés. Un investisseur qui commence tôt, même avec peu, laisse à son capital la possibilité de croître de manière exponentielle.

À l’inverse, un investisseur qui commence tard avec un capital plus élevé doit compenser par des efforts beaucoup plus importants, sans garantie d’atteindre le même résultat.

En investissement, le temps est un multiplicateur silencieux que le capital seul ne peut remplacer.

Le piège classique des investisseurs

Beaucoup tombent dans le même piège : attendre d’avoir “assez” pour commencer ou chercher à aller trop vite une fois qu’ils disposent d’un capital plus important.

Dans les deux cas, le résultat est le même : perte de temps, erreurs évitables et opportunités manquées. La comparaison avec les autres renforce ce phénomène, en poussant à prendre des décisions qui ne correspondent pas à sa situation.

Or, l’investissement n’est pas une compétition. C’est un processus personnel, progressif et discipliné.

Ce que cela implique concrètement

Que vous commenciez avec 50 €, 500 € ou 5 000 €, la logique reste la même : investir régulièrement, rester investi et garder une vision long terme.

Mettre en place une stratégie simple, cohérente et répétable est bien plus efficace que de chercher des performances rapides ou des opportunités “parfaites”. Avec le temps, même de petits montants peuvent produire des résultats significatifs.

Un capital, quel qu’il soit, ne vaut que par la façon dont il est utilisé.

La vraie leçon

En investissement, ce ne sont pas les plus riches au départ qui réussissent le mieux.

Ce sont ceux qui respectent le processus, maîtrisent leurs émotions et laissent le temps faire son travail.

Car au final, votre capital n’est qu’un point de départ…

votre discipline, elle, détermine l’arrivée.

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En vedette Entreprises Interviews experts

Zaion acquiert Dydu et accélère sa stratégie dans l’IA agentique

À quelques mois d’une nouvelle phase d’accélération du marché de l’intelligence artificielle appliquée à la relation client, Zaion annonce l’acquisition de Dydu, spécialiste des agents conversationnels.

Premier constat : les attentes du marché ont profondément évolué. Les entreprises ne se contentent plus d’automatiser quelques interactions, elles cherchent désormais à unifier l’ensemble de leur relation client, quel que soit le canal utilisé.

L’intégration de Dydu permet à Zaion d’élargir sa plateforme et de couvrir à la fois les interactions vocales, les échanges écrits via le web ou les messageries, ainsi que les environnements mobiles. Cette convergence répond à un besoin clé : simplifier des écosystèmes souvent fragmentés et offrir une expérience cohérente aux utilisateurs. L’enjeu n’est donc plus uniquement technologique, mais organisationnel.

Une étape structurante dans la croissance de Zaion

Au-delà de la complémentarité technologique, cette acquisition marque un véritable changement d’échelle pour Zaion. L’entreprise franchit un cap avec un chiffre d’affaires récurrent combiné dépassant les 10 millions d’euros, seuil stratégique pour une plateforme B2B à forte intensité technologique.

Cette nouvelle dimension s’accompagne d’un portefeuille d’une centaine de clients et d’une équipe d’environ cent experts. Elle ouvre également la voie à des synergies commerciales et produit, notamment via la vente croisée des solutions et l’accélération des déploiements à grande échelle. Dans cette dynamique, Zaion affiche une ambition claire : atteindre la rentabilité d’ici l’été 2026 tout en renforçant sa position sur le marché européen.

L’un des apports majeurs de cette opération réside dans la complémentarité des expertises. D’un côté, Zaion s’est historiquement imposé sur le canal vocal et les environnements critiques. De l’autre, Dydu a développé un savoir-faire reconnu dans les agents conversationnels écrits et les outils no-code.

Le rapprochement des deux entités permet aujourd’hui de proposer une plateforme unifiée, capable de gérer l’ensemble des interactions client au sein d’une architecture cohérente. Cette unification facilite le déploiement, améliore la lisibilité des parcours utilisateurs et simplifie le pilotage des dispositifs de relation client.

Une approche industrielle de l’IA agentique

Au-delà de l’annonce, Zaion défend une vision spécifique de l’intelligence artificielle. Contrairement à une approche centrée uniquement sur la puissance des modèles de langage, l’entreprise met en avant l’importance de l’orchestration.

La performance repose ici sur la capacité à combiner différentes briques technologiques, en mobilisant les bons modèles selon les cas d’usage. Cette approche hybride permet d’optimiser les performances tout en maîtrisant les coûts, mais aussi d’améliorer l’expérience utilisateur et de garantir une meilleure gestion des données. L’IA devient ainsi un système organisé et industrialisé, plutôt qu’un simple outil expérimental.

Dans un contexte de dépendance croissante aux technologies étrangères, la souveraineté s’impose comme un critère déterminant pour les grandes entreprises, en particulier dans les secteurs régulés.

Zaion s’inscrit pleinement dans cette dynamique en proposant des solutions développées et opérées en France, avec une maîtrise de ses choix technologiques et une attention particulière portée à la sécurité des données. Le soutien d’investisseurs tels que 115K, PRO BTP, Fortino Capital et Truffle Capital vient renforcer la crédibilité de ce positionnement et soutenir l’émergence d’un acteur européen de référence.

Une transformation en profondeur de la relation client

Cette acquisition illustre une évolution plus large du marché : le passage d’une IA expérimentale à une IA véritablement opérationnelle. L’automatisation des demandes simples permet de recentrer l’intervention humaine sur les situations complexes, améliorant à la fois l’efficacité et la qualité de service.

Ce modèle hybride transforme en profondeur la relation client, en apportant plus de fluidité, une meilleure gestion des volumes et une optimisation des coûts. Il ne s’agit plus seulement d’innover, mais de structurer durablement les opérations.

Si l’IA agentique peut encore sembler technique, elle constitue surtout un levier de transformation pour les entreprises. En unifiant leurs outils et en automatisant une partie de leurs interactions, elles peuvent gagner en productivité, améliorer l’expérience client et renforcer la sécurité de leurs données.

Pour Zaion, cette acquisition ne se limite donc pas à une opération de croissance externe. Elle s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’IA un outil concret, fiable et pleinement intégré aux enjeux métiers.

Une étape supplémentaire vers une relation client plus intelligente, plus fluide et mieux maîtrisée.

Franz Fodéré, Président-Fondateur de Zaion, et Mathieu Changeat, Co-Fondateur de Dydu, reviennent sur les enjeux et les ambitions de leur rapprochement

« L’acquisition de Dydu constitue une étape décisive dans notre stratégie. Elle nous permet de franchir un cap majeur en proposant une plateforme d’IA agentique véritablement multicanale, aux standards des grandes entreprises. En combinant nos expertises, nous renforçons notre capacité à accompagner les grandes organisations dans l’industrialisation de l’IA agentique, avec des exigences fortes de sécurité, conformité et souveraineté. Notre approche reste guidée par une conviction : automatiser sans déshumaniser, en plaçant l’humain au cœur de la transformation de la Relation Client. »


Amaury Lelong, Directeur Général de Zaion :


« Porté par l’essor de l’IA agentique et les enjeux de souveraineté, le marché attend des solutions conçues et opérées en Europe, couvrant le maximum de cas d’usage et s’appuyant sur un large éventail de briques technologiques, sans compromis sur la performance, la sécurité et la sobriété. Le rapprochement entre Zaion et Dydu répond à cette attente en
combinant profondeur technologique et capacité d’industrialisation. »


Mathieu Changeat, Co-Fondateur de Dydu :


« Ce rapprochement est une formidable opportunité de créer des synergies immédiates. En intégrant les innovations du Lab Zaion à notre produit, nous décuplons ses capacités tout en préservant nos engagements fondamentaux de souveraineté et de sobriété numérique. L’alliance de nos technologies étend considérablement le champ des possibles pour nos
projets respectifs. La réunion de nos équipes forme un collectif élargi, doté de compétences hautement complémentaires, pour offrir un accompagnement d’excellence à l’ensemble de nos clients. »


À propos de Zaion


Zaion est le spécialiste français de l’IA agentique pour la Relation Client.
Sa mission : aider les entreprises à optimiser leurs interactions clients grâce à une technologie spécialisée et souveraine. Sa plateforme, conçue pour les environnements critiques des grandes entreprises, permet d’automatiser les interactions clients et d’assister les conseillers en temps réel, avec un haut
niveau d’exigence en matière de sécurité, de conformité et de performance.
Site web : www.zaion.ai


À propos de Dydu


Depuis 2009, Dydu propose une plateforme intuitive à destination des professionnels pour concevoir en toute autonomie des agents conversationnels intelligents : chatbot, voicebot, callbot. Ses solutions s’appuient sur la compréhension du langage naturel et l’intelligence artificielle pour alléger le quotidien des équipes tout en améliorant la satisfaction des utilisateurs. Dydu compte parmi ses clients de nombreuses entreprises du CAC 40 et du SBF 120.

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En vedette Immobilier Interviews experts

Interview Parlons Finance – Xavier Belvaux, PDG de WeInvest France

Après plusieurs mois de turbulences, le marché immobilier français semble amorcer un tournant. Porté par la hausse rapide des taux d’intérêt, le secteur a connu une phase de correction marquée, affectant à la fois les prix et le volume des transactions.

Aujourd’hui, les signaux d’une stabilisation progressive se multiplient : les prix s’ajustent, les acquéreurs reviennent et les professionnels doivent repenser leurs modèles pour s’adapter à un environnement en mutation.

Dans ce contexte charnière, Parlons Finance a rencontré Xavier Belvaux, PDG de WeInvest France. Il revient sur l’état actuel du marché, décrypte les évolutions en cours et partage sa vision des transformations qui façonneront l’immobilier de demain.

Quel regard portez-vous sur l’état actuel du marché immobilier en France et selon vous, où en sommes-nous dans ce cycle ?

Le marché immobilier français sort d’une phase de correction liée à la remontée rapide des taux d’intérêt. Le pouvoir d’achat immobilier a fortement reculé, ce qui a mécaniquement ralenti les transactions.

Ce qu’on observe aujourd’hui, c’est un marché qui se rééquilibre progressivement : les prix se sont ajustés dans de nombreuses villes et les acquéreurs commencent à revenir, on retrouve côté ventes les standards de 2020.

Ce qui est une bonne nouvelle! Nous sortons d’une phase de correction, mais l’immobilier reste un marché profondément structurel en France.

Nous entrons probablement dans un nouveau cycle plus sain, moins spéculatif mais plus professionnel.

Vous prenez les rênes de WeInvest France à un moment charnière, celui de son
indépendance. Quelles sont vos ambitions pour cette nouvelle étape ?

Cette indépendance nous permet de clarifier notre ambition : construire en France une communauté immobilière moderne, entrepreneuriale et très ancrée dans les territoires.

Notre modèle repose sur une marque forte, un maillage territorial solide et une communauté d’entrepreneurs immobiliers accompagnés par des outils performants.

Notre ambition est simple : bâtir un réseau durable qui accompagne les transformations profondes du secteur de l’immobilier.

La fusion de BL Agents marque-t-elle une accélération stratégique ?

Oui, clairement. Le marché immobilier est en pleine transformation et les modèles évoluent rapidement, je souhaitais pouvoir répondre à tout type d’entrepreneurs qui souhaitent nous rejoindre.

Avec BL Agents, nous élargissons donc notre écosystème pour accueillir différents profils d’entrepreneurs immobiliers tout en partageant les mêmes outils et la même culture avec nos modèles d’agences immobilières.

Le marché immobilier se transforme et notre stratégie consiste à construire un écosystème capable d’accompagner cette mutation.

À horizon 5 à 10 ans, quelles tendances vont transformer le secteur ?

Trois tendances me paraissent évidentes.

  • D’abord, une professionnalisation accrue du métier avec des clients toujours plus exigeants et qui souhaitent avoir les réponses très rapidement “le conseil ultra personnalisé”.
  • Ensuite, l’hybridation des modèles entre agences physiques, réseaux et technologie.
  • Enfin, les dynamiques territoriales vont continuer d’évoluer avec le télétravail et les nouvelles mobilités.
  • Les réseaux qui réussiront demain seront ceux qui sauront allier technologie, ancrage local, culture entrepreneuriale et surtout écoute de leurs clients.
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Economie En vedette Energie

Comment fonctionnent les prix des quotas carbone

« Le prix du carbone est souvent perçu comme une simple taxe environnementale. En réalité, il fonctionne comme un véritable marché financier où l’offre, la demande et la rareté déterminent la valeur de la pollution. »

Comprendre ce mécanisme est essentiel, car aujourd’hui le prix du carbone influence directement le coût de l’énergie, des matériaux industriels et, à terme, celui de nombreux produits du quotidien.

Le système européen de quotas carbone, appelé EU ETS (Emissions Trading System), est aujourd’hui l’un des outils centraux de la transition énergétique en Europe.

Comment fonctionne réellement le marché du carbone

Le principe repose sur un mécanisme appelé “Cap and Trade”.

D’un côté, les autorités fixent une limite maximale d’émissions de CO₂ pour certains secteurs industriels comme l’énergie, l’acier, le ciment ou l’aviation. Ce plafond global le cap diminue progressivement chaque année afin de forcer la réduction des émissions.

Pour fonctionner, ce système s’appuie sur des quotas carbone :
1 quota = le droit d’émettre 1 tonne de CO₂.

Les entreprises doivent posséder suffisamment de quotas pour couvrir leurs émissions réelles. Si elles dépassent leur allocation, elles doivent acheter des quotas supplémentaires sur le marché.

À l’inverse, les entreprises qui émettent moins que prévu peuvent revendre leurs quotas excédentaires. C’est cette possibilité d’échanger les quotas le trade qui crée un véritable marché du carbone.

Pourquoi le prix du carbone fluctue

Comme sur les marchés financiers traditionnels, le prix des quotas carbone évolue en fonction de l’offre et de la demande. Plusieurs facteurs influencent ces variations.

D’abord, la météo et le prix de l’énergie jouent un rôle important. Lorsqu’un hiver est particulièrement froid ou que le prix du gaz augmente fortement, certains producteurs d’électricité se tournent vers le charbon, plus polluant. Les émissions augmentent alors, ce qui accroît la demande de quotas carbone.

Ensuite, il y a la rareté organisée. L’Union européenne réduit progressivement le nombre total de quotas disponibles sur le marché. Cette contraction de l’offre vise à augmenter le coût de la pollution pour accélérer la décarbonation de l’économie.

Enfin, il existe un mécanisme de stabilisation appelé MSR (Market Stability Reserve). Cette réserve agit un peu comme une banque centrale du carbone : lorsque trop de quotas circulent sur le marché, une partie est retirée pour éviter un effondrement des prix.

Ces ajustements permettent de maintenir un signal prix suffisamment fort pour encourager les entreprises à réduire leurs émissions.

Quand le prix du carbone influence l’économie réelle

Le prix du carbone ne concerne pas seulement les industries lourdes. Il finit souvent par se diffuser dans toute l’économie.

Lorsque la tonne de CO₂ devient plus chère, les entreprises fortement émettrices voient leurs coûts de production augmenter. C’est notamment le cas dans des secteurs comme l’acier, le ciment, la chimie ou le transport aérien. Ces coûts supplémentaires peuvent ensuite être répercutés dans les prix finaux.

Par exemple, une hausse du prix du carbone peut contribuer à renchérir le coût de construction d’un logement, le prix d’une voiture ou celui d’un billet d’avion.

Ce phénomène est parfois qualifié de “greenflation”, car la transition énergétique peut provoquer certaines pressions inflationnistes à court terme.

Pourquoi cette hausse des coûts est intentionnelle

L’objectif du marché carbone n’est pas seulement de mesurer les émissions. Il vise surtout à modifier les incitations économiques.

En rendant progressivement la pollution plus coûteuse, le système encourage les entreprises à investir dans des technologies plus propres.

Lorsque le prix du CO₂ augmente suffisamment, certaines alternatives deviennent plus compétitives :

  • les énergies renouvelables
  • l’hydrogène bas carbone
  • le recyclage des matériaux
  • les procédés industriels moins émetteurs

L’idée est simple : faire en sorte que réduire ses émissions devienne économiquement plus rentable que continuer à polluer.

Ce que cela signifie pour l’économie européenne

Avec la montée du marché carbone, le prix de la tonne de CO₂ est devenu un indicateur clé de la transition énergétique en Europe.

Il influence les décisions d’investissement des entreprises, les choix technologiques dans l’industrie et même certaines stratégies énergétiques des États.

Comme les indices boursiers pour les marchés financiers, le prix du carbone agit désormais comme un signal central pour orienter les flux économiques.

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En vedette Energie Entreprises

Facturation électronique : Abby simplifie la transition

À six mois de l’entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique en France, une réalité apparaît clairement : beaucoup d’indépendants ne se sentent pas encore prêts.

Entre manque d’information, complexité perçue et manque de temps, la transition vers l’e-facturation reste encore floue pour une grande partie des freelances, micro-entrepreneurs et petites entreprises.

C’est précisément pour comprendre ces difficultés que Abby, solution française de gestion dédiée aux indépendants, a lancé un baromètre sur leur niveau de préparation face à la réforme de 2026.

Les résultats mettent en lumière un défi majeur : la transition vers la facturation électronique est autant un enjeu pédagogique qu’un enjeu technologique.

Une réforme encore mal comprise par les indépendants

Premier constat du baromètre : le manque d’information reste le principal obstacle. Près d’un indépendant sur deux déclare ne pas disposer des informations nécessaires pour anticiper correctement la réforme.

La confusion est particulièrement visible sur un point essentiel : la définition même d’une facture électronique. Aujourd’hui encore, 37 % des répondants pensent qu’une e-facture correspond simplement à un PDF envoyé par email.

Or, la réforme introduit un changement beaucoup plus structurant : les factures devront être émises dans un format standardisé et transiter via des plateformes de dématérialisation permettant la transmission automatique des données à l’administration fiscale. Pour beaucoup d’indépendants, cette évolution reste difficile à appréhender.

Comprendre la réforme : la première étape pour agir

L’étude révèle également un autre phénomène : le niveau de compréhension influence directement la préparation.

À six mois de l’échéance :

  • 26 % des indépendants n’ont entrepris aucune démarche
  • ce taux atteint 46 % chez ceux qui ne comprennent pas la réforme

À l’inverse, les professionnels capables de distinguer une facture électronique d’un simple PDF sont trois fois moins susceptibles de rester inactifs. Pour Abby, ce constat est clair : la pédagogie est la clé pour accompagner les indépendants dans cette transition.

Une réforme encore perçue comme une contrainte

Au-delà des questions techniques, la perception de la réforme reste encore mitigée.

Selon le baromètre :

  • 43 % des indépendants voient la réforme comme une contrainte administrative
  • 40 % n’ont pas encore d’avis
  • seulement 17 % y voient une opportunité de simplification

Ce décalage montre que les bénéfices potentiels automatisation, réduction des erreurs, simplification des démarches restent encore abstraits pour de nombreux professionnels. L’un des défis consiste donc à transformer cette obligation réglementaire en véritable gain de temps pour les indépendants.

Abby veut rendre la conformité simple et automatique

Face à ces constats, Abby a développé une approche claire : rendre la facturation électronique aussi simple que possible pour les indépendants.

La plateforme propose une solution tout-en-un permettant de gérer :

  • la création de devis et de factures
  • le suivi des paiements
  • les relances automatiques
  • la gestion administrative quotidienne

Mais surtout, Abby prépare déjà ses utilisateurs à la réforme de 2026.

L’objectif est de permettre aux indépendants d’être conformes sans avoir à gérer eux-mêmes la complexité technique de la réglementation.

Concrètement, la plateforme travaille à intégrer les nouvelles exigences directement dans son outil, afin que la transition vers l’e-facturation se fasse de manière fluide et automatisée.

Ce que les indépendants attendent vraiment

Le baromètre met également en lumière les attentes très concrètes des indépendants vis-à-vis des solutions de facturation.

Les priorités exprimées sont claires :

  • 44 % souhaitent une automatisation complète de la facturation électronique
  • 35 % veulent une stabilité tarifaire, sans coûts supplémentaires
  • 15 % attendent davantage de contenus pédagogiques
  • 6 % privilégient un support réactif en cas de blocage

Ces résultats confirment une tendance forte : les indépendants veulent des outils capables de gérer la conformité en arrière-plan, sans complexifier leur quotidien.

Une transition qui doit rester simple

Pour Nicolas Lespinasse, CEO d’Abby, le message du baromètre est sans ambiguïté : la réforme ne pourra réussir que si elle est rendue accessible aux indépendants.

Aujourd’hui encore :

  • plus d’un quart des indépendants n’ont engagé aucune démarche
  • plus d’un tiers ne distinguent pas une e-facture d’un PDF

Dans ce contexte, la mission d’Abby est de transformer une réforme technique en une expérience simple pour les entrepreneurs.

L’ambition est claire : permettre aux indépendants de se concentrer sur leur activité, tout en restant automatiquement en conformité avec la réglementation.

Une opportunité pour moderniser la gestion des indépendants

Si la réforme suscite encore des interrogations, elle peut également devenir un levier de modernisation pour les indépendants.

En automatisant la facturation et certaines obligations administratives, les nouveaux outils peuvent permettre :

  • de gagner du temps
  • de réduire les erreurs
  • d’améliorer la gestion financière

Pour Abby, la facturation électronique n’est donc pas seulement une contrainte réglementaire.

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Actualité En vedette Géopolitique Immobilier Monde

Dubaï face au choc géopolitique : l’immobilier et la bourse vacillent

Un choc géopolitique qui atteint le cœur financier du Golfe

Depuis le 28 février 2026, la situation au Moyen-Orient a brusquement basculé. Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont déclenché une série de représailles dans la région, dont certaines ont directement touché les Émirats arabes unis.

Plusieurs drones se sont écrasés aux abords de l’aéroport international de Dubaï, provoquant des perturbations et ravivant un sentiment inédit d’insécurité dans l’une des places financières les plus stables du monde.

Si les dégâts matériels restent limités, le choc psychologique sur les marchés est réel. Dubaï s’est imposée ces dernières années comme un refuge pour les capitaux internationaux. Mais lorsque la géopolitique se tend, la confiance des investisseurs devient la variable clé.

Les premières réactions sont déjà visibles sur la bourse, l’immobilier et les flux d’investissement internationaux.

Les marchés financiers de Dubaï sous pression

La réaction des marchés a été immédiate.

L’indice DFM Index, qui regroupe les principales entreprises cotées à Dubaï, a reculé dans les jours suivant l’escalade militaire. L’indice général d’Abu Dhabi a également enregistré une baisse.

Les investisseurs surveillent notamment :

  • le risque d’extension du conflit dans le Golfe
  • les tensions autour du détroit d’Ormuz, route clé pour le pétrole mondial
  • l’impact sur les flux internationaux de capitaux
  • l’évolution de l’inflation et de la politique monétaire américaine

Même si les marchés du Golfe restent solides structurellement, la volatilité s’est nettement accrue.

Un signal fort : la chute de l’indice immobilier

Le signal le plus spectaculaire vient du secteur immobilier coté.

Selon les données de marché, l’indice immobilier de Dubaï a chuté d’environ 30 % en deux semaines, effaçant l’ensemble des gains accumulés depuis le début de l’année 2026.

Cette correction intervient après plusieurs années de hausse exceptionnelle :

  • +63 % en 2024
  • +30 % en 2025
  • +20 % supplémentaires début 2026

La ville était devenue l’un des principaux centres mondiaux d’investissement immobilier, attirant des capitaux d’Europe, d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient.

Mais comme souvent sur les marchés financiers, la rapidité de la hausse rend les corrections plus violentes lorsque le sentiment change.

L’immobilier de Dubaï : un modèle très dépendant de la confiance

Le marché immobilier de Dubaï repose sur plusieurs piliers :

  • les investisseurs internationaux
  • les achats sur plan (off-plan)
  • une fiscalité très attractive
  • l’arrivée constante d’expatriés
  • le dynamisme touristique et financier

Pendant plusieurs années, cette combinaison a alimenté un cycle immobilier extrêmement dynamique.

De nombreux investisseurs ont acheté des biens avant même leur construction, avec des paiements échelonnés dans le temps.

Tant que les prix montent, ce modèle fonctionne parfaitement.

Mais lorsque la confiance se dégrade, le système peut devenir plus fragile.

Le risque des investissements off-plan

L’un des points sensibles du marché immobilier de Dubaï est l’importance de l’off-plan. Dans ce modèle :

  • l’investisseur paie une partie du bien au départ
  • les paiements se poursuivent pendant la construction
  • le solde est versé à la livraison

Ce système crée un effet de levier puissant.

Avec un capital limité, l’investisseur profite de toute la hausse du bien.

Mais si les prix baissent, la dynamique peut s’inverser :

  • les acheteurs restent engagés dans leurs paiements
  • la valeur du bien peut diminuer
  • la revente devient plus difficile

Dans un marché très international, la psychologie des investisseurs peut amplifier les mouvements de correction.

Le risque locatif dans un contexte de crise régionale

Un autre facteur surveillé concerne la demande locative.

Une partie importante des programmes récents a été vendue avec des promesses de rendements locatifs élevés.

Ces rendements reposent sur plusieurs moteurs :

  • l’arrivée d’expatriés
  • l’activité économique régionale
  • l’attractivité touristique de la ville

Si certaines entreprises retardent leurs projets ou leurs installations, la demande locative pourrait ralentir temporairement.

Dans ce cas, certains propriétaires pourraient se retrouver avec :

  • des loyers plus faibles
  • des logements vacants
  • des charges à assumer plus longtemps que prévu.

Mais Dubaï a déjà traversé plusieurs crises

Malgré les tensions actuelles, il est important de rappeler que Dubaï a déjà démontré sa capacité de résilience.

La ville a traversé plusieurs chocs majeurs :

  • la crise financière mondiale de 2008, qui avait provoqué un effondrement du marché immobilier
  • la crise pétrolière de 2014
  • la pandémie de 2020, qui avait paralysé le tourisme et l’aviation

À chaque fois, la ville a réussi à rebondir rapidement grâce à son attractivité internationale, sa fiscalité avantageuse et sa capacité à attirer des capitaux étrangers.

Ces dernières années, Dubaï est même devenue l’une des destinations privilégiées pour les entrepreneurs, investisseurs et expatriés du monde entier.

Autrement dit, si la situation actuelle crée de l’incertitude, l’histoire récente montre que la ville possède une forte capacité d’adaptation.

Le facteur clé : l’évolution du conflit

La trajectoire du marché dépendra désormais de l’évolution du conflit entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés.

Deux scénarios principaux se dessinent.

Scénario 1 : désescalade rapide

Si les tensions militaires se stabilisent rapidement :

  • les investisseurs pourraient revenir
  • les marchés financiers pourraient rebondir
  • l’immobilier pourrait absorber la correction actuelle

Scénario 2 : conflit prolongé

En revanche, si la guerre s’installe dans la durée :

  • les flux de capitaux pourraient ralentir
  • les investisseurs internationaux pourraient attendre
  • les transactions immobilières pourraient reculer

Dans un marché très dépendant des capitaux internationaux, la confiance reste le moteur principal.

À retenir

La crise actuelle marque un moment sensible pour l’économie de Dubaï.

  • les marchés financiers ont réagi à l’escalade militaire
  • l’indice immobilier a fortement corrigé
  • la confiance des investisseurs est mise à l’épreuve

Mais la ville conserve des atouts structurels puissants.

Dubaï a déjà démontré dans le passé sa capacité à rebondir après les crises et à attirer de nouveaux capitaux internationaux.

Tout dépendra désormais d’un facteur central :
la durée et l’intensité du conflit au Moyen-Orient.

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IPO : comment une IPO peut déplacer des milliards

« Une introduction en bourse est censée ouvrir une entreprise au marché. En pratique, elle peut aussi transformer immédiatement un titre en pilier des indices. »

Comprendre ce mécanisme est essentiel, car aujourd’hui une IPO ne concerne plus seulement l’entreprise et ses nouveaux actionnaires : elle peut aussi déclencher des flux massifs provenant des fonds indiciels.

Les introductions en bourse, ou IPO (Initial Public Offering), marquent le moment où une entreprise privée devient cotée en bourse. Lors de cette opération, une partie des actions de la société est vendue au public pour la première fois. Cela permet à l’entreprise de lever des capitaux, d’offrir de la liquidité à certains investisseurs existants et de donner au marché un prix public pour ses actions. Mais contrairement à une idée répandue, toutes les actions d’une entreprise ne deviennent pas immédiatement négociables.

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Comment fonctionne réellement une IPO

Lors d’une introduction en bourse, seule une fraction du capital est généralement mise sur le marché. Le reste reste détenu par les fondateurs, les investisseurs historiques ou les employés. La part réellement disponible pour être échangée en bourse est appelée le flottant.

Par exemple, une entreprise peut valoir 500 milliards de dollars, mais ne mettre que 10 % de ses actions en circulation lors de l’IPO. Dans ce cas, seulement 50 milliards de dollars d’actions sont réellement disponibles pour être achetées et vendues sur le marché.

Cette distinction est essentielle car le prix de marché se forme uniquement sur cette fraction des actions.

Pourquoi les IPO sont souvent volatiles

Les IPO ont tendance à être plus volatiles que les actions déjà établies pour plusieurs raisons.

D’abord, le marché dispose de peu d’historique de cotation pour évaluer correctement l’entreprise. Ensuite, le nombre d’actions disponibles est souvent limité, ce qui amplifie les mouvements de prix lorsque la demande est forte. Enfin, l’attention médiatique et l’enthousiasme des investisseurs peuvent créer une forte spéculation dans les premières semaines.

Historiquement, de nombreuses études montrent que les IPO sous-performent souvent le marché sur le long terme, même si certaines entreprises exceptionnelles deviennent ensuite des géants.

Le rôle des indices boursiers

Un autre aspect important intervient après l’introduction en bourse : l’entrée éventuelle de l’entreprise dans les indices boursiers.

Des indices comme le Nasdaq-100 ou le Russell 1000 servent de référence pour des milliers de milliards de dollars d’investissements. Les ETF et les fonds indiciels reproduisent mécaniquement la composition de ces indices.

Lorsqu’une entreprise est ajoutée à un indice majeur, ces fonds doivent acheter l’action pour rester fidèles à l’indice. Cela peut créer des flux d’achat automatiques extrêmement importants.

Pourquoi les indices attendent généralement

Pour éviter des distorsions de marché, les fournisseurs d’indices imposent traditionnellement une période d’attente avant d’intégrer une IPO.

Cette attente permet plusieurs choses :

  • laisser le prix se stabiliser
  • augmenter progressivement le flottant
  • éviter qu’une action avec peu de liquidité reçoive un poids trop important

Cette prudence vise à limiter les situations où un nombre limité d’actions devrait absorber des milliards de dollars d’achats provenant des ETF.

La tentation d’une “entrée rapide”

Mais le marché évolue. Aujourd’hui, certaines entreprises atteignent des valorisations gigantesques avant même leur introduction en bourse.

Lorsqu’elles arrivent sur le marché, elles peuvent déjà représenter des centaines de milliards de dollars de capitalisation.

C’est pourquoi certains fournisseurs d’indices envisagent de faciliter ce que l’on appelle une “entrée rapide” : permettre aux grandes IPO d’intégrer les indices beaucoup plus rapidement.

L’argument est simple : si une entreprise est déjà l’une des plus importantes de l’économie, les indices devraient la refléter immédiatement.

Le problème du flottant

Le défi apparaît lorsque la capitalisation totale d’une entreprise est très élevée, mais que la part réellement négociable est faible.

Imaginons une entreprise valorisée 1 000 milliards de dollars qui ne met que 5 % de ses actions sur le marché lors de son introduction. Le flottant représente alors environ 50 milliards de dollars.

Si cette entreprise entrait rapidement dans un indice majeur avec une pondération basée sur sa valorisation totale, les ETF pourraient être amenés à acheter des milliards de dollars d’actions alors que très peu sont disponibles. Cette situation peut provoquer des mouvements de prix artificiellement amplifiés.

Quand les indices influencent les marchés

Avec la montée de l’investissement passif, les indices ne sont plus de simples baromètres. Lorsqu’une entreprise rejoint un indice suivi par des milliers de milliards de dollars, les fonds indiciels doivent acheter l’action, souvent en même temps. Ces flux peuvent soutenir fortement le prix du titre, indépendamment de l’évaluation fondamentale de l’entreprise.

Dans certains cas, l’indice ne se contente donc plus de mesurer le marché.
Il contribue aussi à orienter les flux de capitaux et la formation des prix.

Ce que cela signifie pour les investisseurs

Pour un investisseur, comprendre ces mécanismes permet de mieux interpréter les mouvements qui suivent certaines introductions en bourse.

Une forte hausse après l’entrée dans un indice peut parfois être liée à des flux mécaniques d’ETF, et pas uniquement à une amélioration des perspectives de l’entreprise.

Inversement, une forte volatilité dans les premières années peut simplement refléter l’évolution progressive du flottant et de la liquidité du titre.

La vraie leçon

Les IPO sont souvent présentées comme un moment spectaculaire pour une entreprise. Mais derrière l’événement médiatique se cachent des mécanismes de marché plus complexes : flottant limité, règles d’indices, flux d’ETF et comportement des investisseurs.

Comprendre ces dynamiques permet de voir les introductions en bourse non seulement comme des histoires d’entreprises, mais aussi comme des événements structurels pour les marchés financiers.

Car aujourd’hui, lorsqu’une grande entreprise entre en bourse, elle n’entre pas seulement dans le marché.
Elle entre aussi, potentiellement, dans l’infrastructure des indices qui guide une grande partie de l’investissement mondial.

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Banque & Finance En vedette Interviews experts

Protégez-vous efficacement contre la fraude financière à l’ère du numérique – Interview de BNP Paribas

À l’ère du numérique, la fraude financière connaît une transformation profonde. Si les systèmes bancaires n’ont jamais été aussi sécurisés, les escroqueries se déplacent désormais en amont des transactions, exploitant la confiance des utilisateurs via les réseaux sociaux, les messages frauduleux ou les faux conseillers.

Phishing, usurpations d’identité, faux placements : les méthodes se multiplient et touchent aujourd’hui tous les profils. Dans ce contexte, la lutte contre la fraude devient un enjeu collectif impliquant banques, plateformes numériques et utilisateurs.

Pour mieux comprendre ces nouvelles menaces et les moyens de s’en protéger, Parlons Finance a interrogé Pierre Ruhlmann, Chief Operating Officer – Commercial, Personal Banking & Services chez BNP Paribas, qui décrypte les mécanismes actuels de la fraude financière et les réflexes essentiels pour réduire les risques.

Quand on parle de fraude financière aujourd’hui, de quoi parle-t-on exactement ?

La fraude financière ne se limite plus à un vol ou à une faille technique dans un système de paiement. Elle recouvre aujourd’hui des schémas variés, incluant notamment des tentatives d’ingénierie sociale, comme l’hameçonnage, les faux conseillers bancaires, les usurpations d’identité ou encore certaines escroqueries aux placements.

Ces modes opératoires exploitent la confiance des individus et peuvent intervenir en amont de la transaction bancaire. Ils concernent l’ensemble de l’écosystème numérique et nécessitent une vigilance renforcée de tous les acteurs.

Pourquoi a-t-on le sentiment que les arnaques explosent, alors même que les systèmes de sécurité n’ont jamais été aussi avancés ?

Ce n’est pas une simple impression : c’est la conséquence d’un basculement structurant.

Les établissements bancaires investissent de manière continue dans la prévention et la détection des opérations frauduleuses. Des dispositifs comme l’authentification forte sur les étapes clés des parcours de paiement, la surveillance des transactions, les mécanismes d’alerte et les écrans d’avertissement intégrés aux parcours clients contribuent à réduire la fraude dite « classique » sur les moyens de paiement.

Les derniers chiffres publiés par l’Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement montrent d’ailleurs une atténuation de la fraude aux moyens de paiement, ce qui est encourageant.

Ce qui explose en revanche, ce sont les fraudes qui se produisent en amont, avant l’intervention des systèmes bancaires, via des contenus diffusés massivement sur Internet et des plateformes numériques. Là où un établissement bancaire peut réduire le risque technique, les plateformes continuent de faciliter l’exposition des utilisateurs à des contenus frauduleux, sans responsabilisation équivalente à celle des acteurs financiers.

Quelles sont les formes de fraude les plus fréquentes auxquelles les particuliers sont exposés aujourd’hui ?

Les schémas les plus fréquents aujourd’hui se situent précisément dans ces zones grises :

  • phishing et smishing ;
  • faux conseillers ou faux services officiels ;
  • faux investissements ou escroqueries aux placements ;
  • usurpations d’identité portées par des contenus sur réseaux sociaux et plateformes publicitaires.

Ce ne sont plus simplement des bugs de paiement : ce sont des arnaques élaborées qui utilisent les plateformes numériques comme vecteur principal de contact et de persuasion.

Existe-t-il des profils plus à risque, ou peut-on tous, à un moment donné, se faire piéger ?

Il n’existe aujourd’hui aucun profil totalement protégé face à la fraude. Elle peut concerner chacun d’entre nous.

Certains publics sont néanmoins plus fréquemment ciblés selon les modes opératoires : les jeunes adultes très présents sur les réseaux sociaux sont davantage exposés aux fausses opportunités d’investissement, tandis que les personnes plus âgées sont plus souvent visées par des fraudes téléphoniques ou des usurpations d’identité.

Mais la réalité, largement documentée par les autorités publiques, est que le niveau de sophistication atteint par les scénarios frauduleux permet désormais de tromper aussi des personnes informées et vigilantes. C’est précisément ce qui fait de la fraude un risque systémique du numérique, et non un problème individuel.

Quel rôle jouent le numérique et les réseaux sociaux dans la diffusion et la sophistication des fraudes ?

Nous ne pouvons plus discuter de fraude financière sans pointer le rôle central du numérique et des plateformes.

Des géants numériques ont pu laisser prospérer des contenus frauduleux parce qu’ils généraient aussi des revenus publicitaires. Par exemple, Meta a estimé que jusqu’à 10 % de ses revenus (soit environ 16 milliards de dollars en 2024) pouvaient provenir de publicités associées à des escroqueries ou des contenus illicites, et elle diffuse potentiellement 15 milliards d’annonces “à risque” par jour sur ses applications.

Comme le rappelle la Fédération bancaire française, la lutte contre la fraude ne peut pas reposer uniquement sur les banques. Des premières mesures ont été prises par les opérateurs téléphoniques, et d’autres acteurs, tels que les plateformes numériques et les hébergeurs de messagerie, ont également un rôle à jouer de façon opérationnelle pour prévenir et lutter contre la fraude conjointement.

Concrètement, comment les banques détectent-elles et bloquent-elles des tentatives de fraude au quotidien, souvent sans que les clients s’en rendent compte ?


Les banques renforcent en permanence leurs dispositifs de prévention et de détection. Elles s’appuient notamment sur :

  • la surveillance des transactions ;
  • des mécanismes d’authentification forte sur les étapes clés des parcours de paiement ;
  • des alertes envoyées aux clients, par exemple par SMS, en cas de suspicion d’opération illégitime ;
  • des écrans d’alerte spécifiques intégrés aux parcours de validation lorsque les circonstances de la transaction laissent suspecter une fraude ;
  • des équipes spécialisées dédiées à la lutte contre la fraude.

Lorsqu’un client signale avoir été victime d’une fraude, la situation est analysée au cas par cas dans les plus brefs délais afin de déterminer les circonstances et, le cas échéant, procéder au remboursement des opérations contestées dès lors que les conditions prévues par la réglementation en vigueur sont remplies.

Quels sont les signaux d’alerte que les particuliers devraient absolument apprendre à reconnaître ?

Il existe des signaux d’alerte simples mais absolument essentiels, sur lesquels les banques et la Fédération bancaire française alertent de manière constante.

Il s’agit notamment de toute demande urgente ou inhabituelle, de messages sollicitant des codes ou des identifiants personnels, d’offres présentées comme exceptionnellement attractives, ou encore de liens et de numéros non vérifiés, même lorsqu’ils semblent officiels.

Les autorités publiques, les banques et la Fédération bancaire française sont parfaitement unanimes sur ce point : aucun établissement bancaire ne demandera jamais à un client de communiquer des informations sensibles (codes, mots de passe ou validations) par téléphone, par SMS ou par e-mail.

C’est pourquoi la FBF, aux côtés des banques, mène des actions continues de sensibilisation du public. Mais ces messages de prévention doivent aujourd’hui être relayés beaucoup plus largement, notamment sur les plateformes numériques, qui sont devenues les principaux vecteurs de contact entre fraudeurs et victimes.

Peut-on réellement être protégé à 100 %, ou la fraude fait-elle partie des risques incompressibles du système ?

Aucune protection n’est absolue, mais cette absence de garantie ne doit pas justifier l’inaction ou l’impunité. C’est pourquoi la vigilance collective est essentielle. Les banques multiplient les campagnes de prévention et de sensibilisation à destination de leurs clients, via leurs sites, applications mobiles, réseaux sociaux et communications régulières par e-mail.

La profession bancaire, aux côtés de la Fédération bancaire française, mène également des campagnes de sensibilisation de grande ampleur pour rappeler les bons réflexes face aux tentatives de fraude.

Les fraudeurs exploitent des vecteurs humains et numériques qui ne sont pas uniquement sous le contrôle des banques. Tant que des plateformes génératrices de trafic lucratif pour des contenus controversés ne seront pas soumises à des obligations effectives de prévention, le risque systémique persistera et continuera d’être externalisé vers les victimes et les banques

Jusqu’où va la responsabilité du consommateur dans la protection de ses finances personnelles ?

La vigilance du consommateur est indispensable, mais elle s’inscrit dans une responsabilité partagée. Les banques renforcent leurs dispositifs de sécurité, informent et sensibilisent leurs clients, et analysent chaque situation signalée avec attention.

La lutte contre la fraude repose sur la mobilisation conjointe de l’ensemble des acteurs concernés.

Pour conclure, quel serait le conseil le plus simple et le plus efficace à donner à quelqu’un pour réduire drastiquement son risque de fraude ?

Simple mais essentiel : ne jamais répondre ou cliquer sur des messages non sollicités demandant des informations sensibles, et toujours vérifier via les canaux officiels de votre banque ou administration.

Et dans le moindre doute, rapprochez-vous de votre conseiller.

  • Pierre Ruhlmann, Chief Operating Officer – COO – CPBS
  • DG Commercial, Personal Banking & Services
  • BNP Paribas SA
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Actualité Economie Entreprises

Près de 70 000 entreprises ont fait faillite en France en 2025. Un record historique !

Après plusieurs années d’aides massives pour soutenir l’économie pendant la pandémie, la France entre dans une nouvelle phase. Le temps du « quoi qu’il en coûte » est terminé.

Entre prêts garantis par l’État, reports de charges et dispositifs de soutien, l’État français a mobilisé près de 240 milliards d’euros pour éviter un effondrement de l’activité. À cela s’ajoute une hausse d’environ 1 000 milliards d’euros de la dette publique depuis la crise sanitaire.

Ces mesures ont permis d’éviter une vague immédiate de faillites et de préserver une grande partie du tissu économique. Mais trois ans après la fin du Covid, les effets secondaires apparaissent. 

Nombre de défaillances (cumul sur les douze derniers mois), décembre 1991 à août 2025

L’évolution des défaillances d’entreprises en Europe montre clairement ce phénomène. Après une chute pendant la pandémie, liée aux aides publiques massives, les faillites repartent fortement à la hausse à partir de 2022 pour atteindre un niveau supérieur à celui d’avant crise.

La fin du « quoi qu’il en coûte »

Pendant la pandémie, de nombreuses entreprises ont survécu grâce aux aides publiques. Les prêts garantis par l’État, les reports de charges ou encore l’activité partielle ont permis de maintenir en vie une grande partie de l’économie.

Mais ces dispositifs étaient temporaires. Depuis 2023, les échéances de remboursement se multiplient et les moratoires prennent fin. Une grande partie des prêts garantis par l’État a déjà été remboursée, obligeant les entreprises à fonctionner sans soutien exceptionnel.

Pour certaines structures déjà fragiles avant la crise, cette transition agit comme un révélateur des difficultés accumulées.

Une vague de faillites historique

Avec près de 70 000 cessations de paiement en 2025, la France dépasse les niveaux observés lors de plusieurs crises économiques récentes.

La vague touche différents types d’entreprises. Les PME installées depuis plus de quinze ans sont particulièrement exposées dans des secteurs comme l’industrie, la construction ou la restauration. Les très petites entreprises et certaines activités de services sont également fragilisées.

Dans plusieurs secteurs, la hausse des défaillances a été particulièrement marquée.

Des tensions de trésorerie croissantes

Au-delà des faillites, de nombreuses entreprises rencontrent aujourd’hui des difficultés financières. Une part importante des dirigeants de PME et de TPE déclare faire face à des problèmes de trésorerie.

La hausse des coûts de l’énergie, des transports ou de certaines matières premières a pesé sur les marges. Dans le même temps, la consommation ralentit et l’accès au crédit devient plus coûteux.

Lorsque la trésorerie se dégrade, les entreprises retardent souvent le paiement de leurs fournisseurs. Ce phénomène peut créer un effet domino et fragiliser l’ensemble de la chaîne économique.

Une économie plus prudente

La situation actuelle se caractérise par un paradoxe. L’inflation ralentit mais la croissance reste faible.

Les ménages privilégient l’épargne de précaution face aux incertitudes économiques et politiques. De leur côté, les entreprises hésitent à investir dans un contexte de crédit plus cher et de visibilité limitée.

L’argent reste présent dans l’économie mais circule moins rapidement.

La disparition des entreprises zombies

Une partie des faillites peut aussi s’expliquer par la disparition progressive des entreprises zombies.

Ce terme désigne des entreprises qui survivent grâce à des conditions financières favorables ou à des aides publiques malgré une rentabilité insuffisante. Pendant la crise sanitaire, ces structures ont pu prolonger leur activité grâce aux dispositifs de soutien.

Avec la fin de ces aides et la hausse des taux d’intérêt, certaines ne parviennent plus à maintenir leur équilibre financier.

La destruction créatrice

Ce phénomène s’inscrit dans une dynamique décrite par l’économiste Joseph Schumpeter : la destruction créatrice.

Les crises provoquent la disparition des entreprises les moins productives, libérant des ressources pour de nouvelles activités plus innovantes. Ce processus peut être douloureux à court terme, mais il contribue aussi au renouvellement du tissu économique.

Une économie plus résiliente qu’il n’y paraît

Malgré ces chiffres élevés, les faillites doivent être replacées dans une perspective plus large. Chaque année, plus d’un million de nouvelles entreprises sont créées en France.

Une grande partie des disparitions correspond à des fermetures naturelles d’activité. Au total, les défaillances représentent une part relativement limitée des entreprises actives.

La période actuelle apparaît donc davantage comme une phase d’ajustement après plusieurs années de soutien exceptionnel que comme un effondrement de l’économie française.