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CRYPTO : gros plan sur Ripple

Cher lectorat, cette semaine dans la poursuite de notre « tour du monde » sur le marché des cryptos, nous vous proposons de démystifier la société controverse Ripple Labs et son jeton natif, le XRP. 

Les prémices de la société Ripple 

Ripple Labs (ticker crypto : XRP) est une société américaine fondée en 2012 par Chris Larsen et Jed McCaleb. C’est une plateforme qui a pour mission de simplifier les échanges monétaires internationaux pour les clients particuliers, les entreprises et les banques. La technologie sous-jacente de ce système s’apparente à la méthode de SWIFT. Cependant, pour le transfert de fonds transocéaniques (en temps réel), le versement se fait ici sans frais de correspondance qui y sont associés. Les paiements sont irréversibles, et il n’y a pas de rejet de débit, les opérations sont cryptées de bout en bout de sorte que les données restent anonymes et sécurisées tout au long du processus. Le XRP, quant à lui, est le jeton numérique natif de la structure RippleNet. Sa fonction primaire consiste à servir de pont monétaire lorsque l’échange direct entre deux paires de devises rarement négociées n’est pas disponible. L’algorithme d’orientation privilégie toujours le chemin le plus rapide et le moins coûteux. 

Quels sont les fondamentaux de l’XRP ? 

Le token cryptographique XRP sert d’intermédiaire lors des transactions dans le monde entier sur la plateforme de paiement numérique appelée RippleNet. Le réseau fonctionne par échange des devises d’un expéditeur vers un destinataire qui peut, in fine, convertir en temps réel les XRP en une monnaie fiduciaire différente. Contrairement au bitcoin ou l’ethereum, ces jetons n’ont pas été créés par le « minage », mais ont été « pré-minés » par les fondateurs et mis en circulation lors de la phase de lancement du projet. C’est le conseil d’administration de la société Ripple Labs et ses dirigeants qui détiennent la majorité des fonds. Cette spécificité inhérente de l’entreprise lui a été reprochée dans la sphère des cryptos. Néanmoins, elle est souvent appréciée par la plupart des établissements bancaires classiques, qui y voient un argument de stabilité financière. Le système est déjà utilisé par des institutions telles que Bank of America pour traiter les transferts internationaux. 

Aujourd’hui, la société Ripple connaît un succès grandissant, elle attire l’attention de plusieurs investisseurs et a conclu plusieurs partenariats sérieux notamment en Asie et en Australie. Sa méthode de paiement est la plus populaire pour effectuer des transferts transfrontaliers, par exemple en Extrême-Orient. La plateforme d’échange dispose d’un large réseau de distribution, et cela ne détériore pas sa sécurité, qui est l’une des meilleures parmi tous les actifs digitaux. Enfin, pour couronner le succès de cette structure, le XRP se classe à la septième position des plus grosses capitalisations boursières sur le marché des cryptos avec plus de 25 milliards de dollars US. Actuellement, le jeton se négocie à 0,6 $ (0,55 €). 

Bataille judiciaire interminable contre la Securities and Commission of Exchange (SEC)

En 2020, la Security and Commission of Exchange (SEC), l’un des deux plus gros régulateurs des marchés boursiers aux États-Unis, a intenté un procès contre la firme. Dans ses allégations, l’agence américaine accuse les dirigeants de la société Ripple Labs d’avoir levé plus de 1,3 milliard de dollars lors de la vente de valeurs mobilières sans licence, à savoir le XRP. Les patrons de Ripple se défendent sur ce choix de la SEC qui selon eux ne classe pas des actifs tel que le bitcoin ou ethereum dans la même catégorie. En effet, la SEC considère ces actifs comme suffisamment décentralisés pour ne pas être labélisés de « securities ». 

Dans cette affaire, il y a lieu de penser que le XRP présente toutes les caractéristiques d’une valeur mobilière puisque les 100 millions de jetons ont été générés en un seul coup. De plus, la majorité des fonds sont détenus par la société Ripple Labs et ses dirigeants.  

XRP vs Bitcoin : similarités et différences

Similarités

–       Les deux sont des cryptomonnaies échangeables qui utilisent la technologie de la cryptographie.

Différences 

–       Ripple est un système de paiement décentralisé qui garantit des opérations plus rapides que celles proposées par le Bitcoin ou l’Ethereum ; les transactions cryptographiques sont signées, libellées dans une devise fiduciaire différente ou dans la monnaie interne du réseau (XRP) ; 

–       Contrairement à bitcoin, les jetons de Ripple n’utilisent pas la technologie sous-jacente à la blockchain ; 

–       La plateforme Ripple est toujours détenue et exploitée par une entreprise privée.

En résumé 

Ripple souvent confondu avec sa cryptomonnaie native XRP est une société technologique lancée en 2012 par ses fondateurs Chris Larsen et Jed McCaleb. Son objectif consiste à simplifier les envois de fonds transfrontaliers entre les individus, les entreprises via RippleNet. Le jeton XRP sert d’intermédiaire lorsque l’échange direct entre des pairs de devises différentes n’est pas disponible. 

La Federal Reserve Bank of Boston a écrit : « l’adoption de réseaux distribués, tels que Ripple, peut aider l’industrie [bancaire] à réaliser un traitement plus rapide, ainsi que des gains d’efficacité pour les paiements internationaux et la correspondance bancaire ».

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Comment la Goldman Sachs a ruiné la Grèce : une tragédie en plusieurs actes.

À Athènes, ce 24 mai 1979, est signé au Zappeion le traité d’adhésion de la Grèce à la communauté européenne. Plus un choix symbolique que pragmatique, le gouvernement Karamanlis présente aux yeux de tous une Grèce affranchie de ses racines dictatoriales entretenues durant près de 7 ans par les colonels de la junte.

Drogué aux subventions européennes (30 milliards en 10 ans, soit 10% du PIB grec), le pays signa des deux mains le traité de Maastricht, celui-là même à l’origine des prémices de l’union économique et monétaire.

Alors que la corruption, le népotisme et le laxisme fiscal gangrenaient de l’intérieur le système politico-économique grec, mettant ainsi en exergue une incapacité systémique à faire converger ses indicateurs vers les critères de l’UEM, la Grèce affiche contre toute attente des résultats miraculeux ; le déficit public passe de 10% en 1995 à … 1,6% en 1999, faisant d’elle un candidat plus que convaincant à la monnaie unique.

De mal-aimé à enfant prodige, il n’y a visiblement qu’un pas. En à peine quelques années, tous les déficits s’étaient résorbés et, avec eux, les interrogations de ses partenaires.

Réformes structurelles d’assainissement, réformes conjoncturelles du moment ou politique d’austérité, le climat euphorique de l’époque éclipsait la manière pour ne se concentrer que sur les fins.

Par quel procédé le pays a-t-il pu équilibrer ses comptes publics ? La crise grecque, survenue 7 ans après l’adoption de l’euro, est-elle la conséquence différée d’une victoire à la Pyrrhus ? Quel a été le rôle joué par la Goldman Sachs tant dans la réussite que dans la faillite grecque ?

Résurgence de la Grèce antique

On ne l’attendait pas au-devant de la zone Euro, et pourtant elle y figure. Le 1er janvier 2001 signe le renouveau des années d’or de la Grèce. L’économie prospère et connait l’une des plus fortes croissances de la zone euro (4,3% en moyenne par an de 2000 à 2007). Les salaires dans la fonction publique ont plus que doublé alors que dans le même temps, les salaires en Allemagne augmentaient de 25%. L’emprunt est facilité par les coûts d’intérêts bas inhérents à la monnaie unique, permettant de surcroit une hausse de la demande intérieure et des investissements publics. À cette effervescence s’ajoute son succès au championnat d’Europe de football de 2004, et, la même année, Athènes est désignée ville organisatrice des Jeux olympiques. Malgré d’importantes dépenses, le déficit demeurait stable (moins de 2% en moyenne sur la période). Après tout, pourquoi douter ?

Rupture du trompe-l’œil

Malgré une présomption de bonne foi, un audit fut lancé sur les comptes publics grecs par l’organisme en charge de l’information statistique à l’échelle communautaire, Eurostat.

Une comptabilité peu rigoureuse en a découlé. En effet, certaines dépenses, principalement militaires (séquelles ottomanes), n’étaient enregistrées dans les comptes qu’une fois l’intégralité de la commande reçue. Si le pays prévoyait de se faire livrer 100 tanks, ce n’est qu’après la réception du 100ème que la dépense se retrouvait effectivement dans les comptes. Des milliards d’euros s’étaient volatilisés par une simple acrobatie comptable. L’affaire est classée sans suite.

C’est en arrivant au pouvoir, en octobre 2009, que le gouvernement socialiste de Georges Papandréou décide de lever le masque. La réalité des finances publiques est tout autre que celle enjolivée pendant des années par ses prédécesseurs; le déficit atteint les 12% du PIB, soit le double du chiffre officiel annoncé. L’illusion de confort et d’aisance dans laquelle le peuple grec fut plongé, et qui contrevenait en tout point à tous les principes fondamentaux de stabilité et d’équilibre, n’était que le corollaire du secret bien gardé de la prospérité grecque, celui de toute bonne dette publique (112% du PIB).

Opération Éole

C’est ainsi que fut baptisé, en hommage au dieu du vent grec Aeolus, l’opération visant à magnifier les comptes publics. Consciente de son incapacité à se souscrire aux critères draconiens de Maastricht, la Grèce fait appel à la sulfureuse mais néanmoins brillante banque d’affaire Goldman Sachs afin de maquiller ses comptes. Pour ce faire, la première banque conseil d’Athènes met en place un mécanisme financier consistant en la manipulation d’emprunts d’état libellés en monnaies étrangères, qu’on appelle communément un swap de devises. Il est habituel qu’un pays génère de la dette pour couvrir son déficit et assurer le paiement des intérêts et du principal arrivant à échéance, puis qu’il émette des obligations souveraines en euros pour couvrir le risque de change. En substance, rien d’illégal, plusieurs cas font jurisprudence. Le souci, c’est que la parité Drachme/euro fut fixée artificiellement, permettant ainsi au mandateur de camoufler tout un pan de sa dette. En ayant recours à un produit financier complexe, la banque rend également possible l’hypothèque des futures recettes de la Grèce, celles tirées essentiellement des taxes d’aéroport et de la loterie. De ce mécanisme, la Grèce aura sorti 2,8 milliards d’euros de dettes, soit assez pour continuer à emprunter auprès de la BCE. Selon Bloomberg, la Goldman Sachs aurait facturé à son client 600 millions d’euros en prestations de conseil, soit le montage financier, uniquement. Les intérêts, quant à eux, seront remboursés à hauteur de 400 millions d’euros par an, jusqu’en 2032.

La Goldman Sachs, sans foi ni loi

Suite à l’aggravation de la conjoncture économique engendrée par la crise financière de 2008, un climat anxiogène s’installe au sein des états et des marchés financiers. Les obligations grecques fluctuent au gré du vent et, avec elles, le sort de tout un peuple. La zone euro craint pour sa monnaie, les états membres une crise systémique.

Les agences de notation et les investisseurs sonnent le glas de la Grèce, tout cela en chœur. les premiers, en dégradant la solvabilité du pays, donnent matière aux seconds, principalement des fonds d’investissements, des banques et des fortunes privées, à se prémunir contre les défauts de crédit en investissant massivement sur des CDS (Credit Default Swap). Ces titres spéculatifs,dont la valeur est négativement corrélée au prix des obligations grecques, ne sont que la matérialisation boursière d’un pari sur la faillite hellénique. La Goldman Sachs se place en acteur cardinal du marché des CDS et agit comme un catalyseur du mouvement en conseillant ses clients d’acheter ces dérivés financiers, anticipant ainsi une hausse du prix desdits CDS, évidemment dans une affaire de conflit d’intérêts très claire. En coopération étroite avec la Goldman Sachs, la NBG (National Bank of Greece), dès lors principal dépositaire des fameux swaps de devises résultant du deal de 2001, créée une entité ad hoc de titrisation (titlos) impliquant la transformation des créances souveraines en titres financiers, et ce en vue d’utiliser ces swaps comme nantissement pour de nouveaux emprunts auprès de la BCE, de quoi se refinancer temporairement et retarder l’échéance de quelque peu.

La dette étant devenue insoutenable, la contrepartie pour adhérer à l’eldorado monétaire fantasmé par beaucoup s’est révélée trop importante pour un pays comme la Grèce, qui ne s’était finalement jamais mis en rang. Une responsabilité morale pèse, à juste titre, sur les protagonistes d’une scène dont l’issue n’avait in fine rien de théâtrale, dont les implications étaient bien réelles. Sur fond de sédition du monde de la finance sur la politique d’un état, la crise des dettes souveraines aura permis de mettre en lumière tant le manque de rigueur des contrôleurs européens que la démesure des représentants grecs du pouvoir exécutif.

Cet article a été rédigé par Youcef Nazim Tahari.

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Cryptos : gros plan sur l’Ethereum

Dans notre premier article sur le tour du monde des cryptomonnaies, nous avions abordé le sujet de la Blockchain bitcoin et de la manière dont elle a suscité de l’intérêt pour toute une série de technologies. Aujourd’hui, nous vous proposons de plonger au cœur des altcoins (les cryptomonnaies alternatives), et plus particulièrement à la Blockchain Ethereum, la deuxième plus grosse capitalisation boursière sur le marché des cryptos.

Les origines d’Ethereum

L’Ethereum (ticker : « ETH ») est une blockchain publique, code ouvert ou « open source », présentée en 2013 par le programmeur Vitalik Buterin. Celle-ci fonctionne grâce au consensus de la preuve de travail appelé « proof-of-work ». La plateforme permet aux programmeurs de développer des applications décentralisées, appelées « DApps » (constituées par l’ensemble des contrats intelligents) dans un environnement de calcul, de programmation et de traitement informatique public et décentralisé.

De son côté, le contrat intelligent est un programme autonome qui fonctionne sur la blockchain Ethereum. Lorsqu’il est activé, le contrat permet d’exécuter automatiquement des opérations prévues, sans intervention humaine. Il est fréquemment utilisée dans des transactions financières, comme par exemple l’application automatique de termes d’une police d’assurance, l’établissement des baux de logement sans agent immobilier, ou encore lors de transferts d’argent. 

En contrepartie, les personnes qui contribuent et mettent à disposition de la blockchain leur puissance de calcul informatique perçoivent une rémunération appelée « GAS » (Gaz en français).

Aujourd’hui, l’écosystème Ethereum est florissant avec plus de 3 000 applications décentralisées alimentées par une forte communauté. De plus, la cryptomonnaie native du réseau (l’ether) figure à la première place du classement des capitalisations boursières en altcoins, affichant un montant de plus de 200 milliards de dollars en juillet 2021.

Les promesses d’Ethereum 2.0

Le succès de cette monnaie virtuelle implique également quelques contraintes. En effet, Le nombre grandissant d’applications décentralisées sur la blockchain Ethereum contribue à la lenteur du réseau et augmente les frais de transactions. Afin de régler ces problèmes, plusieurs programmeurs (dont Vitalik Buterin) ont amorcé un ensemble de mises à jour visant à augmenter la vitesse et améliorer la sécurité du réseau. Dans le cadre de ces mises à niveau, ils offrent la possibilité aux détenteurs d’ETH le droit de bloquer leurs fonds sur les plateformes d’échange pour aider à sécuriser le lancement du nouveau réseau Ethereum 2.0. En échange de leur participation, une récompense est prévue au prorata des sommes déposées, pour autant qu’elles n’ont pas été retirées avant un certain temps. 

Le graphique de prix, les statistiques de marchés pour l’Ethereum 2.0 seront similaires au marché précédent. Cette nouvelle version d’Ethereum remplacera le consensus de la preuve de travail ou « proof-of-work » par le consensus de la preuve d’enjeu ou « proof-of-stake ». 

Proof-of-stake = Le consensus de la preuve d’enjeu (proof-of-stake) est un mécanisme qui demande à l’utilisateur (nœuds du réseau) de prouver la possession d’une certaine quantité de cryptomonnaies concernées « leur participation » afin de valider des blocs supplémentaires dans la chaîne de bloc et de prétendre à une récompense. 

Bitcoin vs Ethereum : quelques similarités et différences 

Bien que les deux blockchains partagent plusieurs similarités, elles sont fondamentalement différentes. En voici quelques nues : 

Similarités

  • Les deux blockchains disposent d’une cryptomonnaie native utilisable comme moyen de paiement sur les différentes plateformes d’échange. 
  • Dans sa première version, la blockchain Ethereum tout comme son « aînée » Bitcoin, utilise le consensus de la preuve de travail (cette caractéristique est remplacée par la preuve d’enjeu dans sa mise à jour Ethereum2.0). 
  • Toutes les deux utilisent un système décentralisé d’ordinateurs qui partagent un registre cumulatif des transactions — la blockchain.
  • Pour valider les transactions et sécuriser leur réseau, elles s’appuient sur les membres de leur communauté (les mineurs). 

Différences 

  • Le nombre total de bitcoins est capé à 21 millions d’unités. Ce nombre est illimité pour l’Ethereum.
  • À la différence du Bitcoin dont le développement s’est focalisé sur l’aspect purement monétaire, le réseau Ethereum a vocation à déployer des contrats intelligents (smartcontracts) et des applications décentralisées appelées « DApps ».
  • Le temps de blocage pour valider une transaction est plus court sur l’Ethereum (quelques secondes) que sur le Bitcoin (quelques minutes). 

En résumé

L’Ethereum (ETH) est une blockchain publique et « open source » qui se caractérise par le consensus de la preuve de travail (« proof-of-work ») dans sa première version et par la preuve d’enjeu (« proof-of-stake ») dans sa nouvelle version 2.0. Elle permet aux programmeurs de développer des applications décentralisées, appelées « DApps » constituées par un ensemble des contrats intelligents. Aujourd’hui, l’écosystème Ethereum est florissant avec plus de 3 000 applications alimentées par une forte communauté et figure à la première place du classement des capitalisations boursières en altcoins.

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Parlons Cryptos : gros plan sur la Blockchain bitcoin

Cet été, vous avez sûrement entendu parler du Bitcoin. Qu’il s’agisse de son rallye haussier (avec son pic à 63 000 dollars) puis baissier ou de sa légitimité en tant que moyen de paiement, il était au cœur de l’actualité financière. Peut-être que certains d’entre vous en possèdent déjà tandis que d’autres ont encore du mal à se faire une idée sur la légitimité de ce type d’investissement. Dans cet article, nous analysons pour vous la technologie derrière le Bitcoin et répondons aux questions fréquemment posées sur le net. Lisez jusqu’au bout, c’est passionnant !

Les origines du Bitcoin

Le Bitcoin (abrégé en « BTC ») est la première cryptomonnaie. Elle fut rendue publique le 31 octobre 2008 à la suite de la publication d’un livre blanc (bitcoin : A peer-to-peer Electronic Cash System) par une personne ou par un groupe au pseudonyme de Satoshi Nakamoto, dont l’identité n’a jamais pu être vérifiée. Ce livre blanc est disponible en ligne gratuitement sur le site internet de la monnaie digitale Bitcoin.org.

Le livre blanc du bitcoin est un document qui a pour but est de présenter un projet comme une STO [Security token offering], ou une Offre initiale d’échange [Initial exchange offering] sur une Blokchain. La nouvelle cryptomonnaie ou le token [soit la fonction et les mécanismes économiques proposés], le nombre de tokens à créer, l’équipe constituée, la roadmap, ainsi que la répartition prévue de l’utilisation des fonds y sont renseignés. 

Le premier bloc, le Bloc de Genèse ou « Genesis Block », a été miné par Satoshi Nakamoto lui-même le 3 janvier 2009. La plus petite unité du Bitcoin est le Satoshi et fonctionne sur la blockchain Bitcoin. Généralement, on différencie la cryptomonnaie de la Blockchain en l’écrivant par une lettre minuscule « b » alors que sa Blockchain s’écrit en lettre majuscule « B ». 

Depuis, la popularité de ce nouvel actif n’a cessé de croître quand plusieurs investisseurs ont réalisé son potentiel de réserve de valeur d’où le surnom d’« or numérique ». L’objectif du bitcoin est d’être une alternative à la monnaie fiduciaire classique, il permet de procéder à des transactions sans intermédiaires financiers et offre des coûts moins élevés que ceux des banques traditionnelles. 

Qu’est-ce que la Blockchain bitcoin ? 

La Blockchain bitcoin est une collection de blocs dans laquelle chaque bloc correspond à une transaction. Elle est assimilée à un grand livre ou à un registre ouvert et accessible (pour une blockchain publique, avec ou sans système de permission) ou privé/confidentiel (également avec ou sans système de permission), crypté (parfois anonymisé), immuable et infalsifiable, tout cela en une seule technologie ! Les blocs s’accumulent au fil du temps dans une configuration qui rend n’importe lequel d’entre eux consultable à tout moment. Lorsque la blockchain fonctionne sur le mécanisme du consensus, dit « preuve de travail » ou « Proof-of-Work » (PoW), les blocs sont validés par des nœuds du réseau appelés mineurs. Autrement dit, vous pouvez considérer la blockchain Bitcoin comme un grand registre où toutes les transactions sont, consultables à tout moment, validées et enregistrées définitivement par des nœuds du réseau.

Comprendre le processus de preuve de travail ou « Proof-of-Work » 

Le minage d’une cryptomonnaie ne correspond à rien au minage physique d’une ressource naturelle. Il s’apparente à un processus par le biais duquel des nœuds d’un réseau [les mineurs] vérifient chaque nouvelle transaction. Ensuite, les données sont ajoutées et stockées sur la Blockchain. La preuve de travail est un mécanisme où les mineurs, grâce à leur puissance de calcul informatique importante, sécurisent et valident des transactions sur la blockchain contre une rémunération dans la cryptomonnaie concernée. 

En résumé 

Le bitcoin est une monnaie numérique rendue publique fin 2008 par son créateur Satoshi Nakamoto ; il fonctionne grâce à la technologie de la Blockchain Bitcoin et se caractérise par le consensus de preuve de travail « proof-of-work » qui permet à des nœuds du réseau [les mineurs] de valider des transactions et de sécuriser le réseau à l’aide d’une grande puissance de calcul délivré par un ou plusieurs ordinateurs. Il a été créé comme alternative à la monnaie fiduciaire afin de permettre des transactions sans intermédiaires financiers et réduire les coûts. Il a gagné en succès en tant qu’investissement alternatif auprès des amoureux de la finance, lorsque ceux-ci ont compris son potentiel de réserve de valeur. 

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Parlons Cryptos : Top 10 des capitalisations boursières en 2021

La capitalisation boursière d’une société, qu’est-ce que c’est ?  

La capitalisation boursière d’une société est la valorisation au prix de marché de toutes ses actions en circulation. Elle correspond au prix qu’il faudrait payer pour acheter la totalité des actions de ladite société à leur cours de marché actuel. Elle prend en compte le volume de demande de ces actions. Pour les cryptomonnaies, la capitalisation boursière correspond simplement au prix d’achat de la crypto que multiplie la quantité mise en circulation.

Par exemple, pour un prix de $500 et une quantité mise en circulation de 1000 unités, la capitalisation boursière de la crypto s’élève à $500 000.

Le Top 10 de capitalisations boursières sur le marché des cryptos 

1. Bitcoin (BTC) – 579 milliards

2. Ethereum (ETH) – 203 milliards

3. Tether (USDT)– 62 milliards

4. Binance Coin (BNB) – 41 milliards 

5. Cardano (ADA) – 39 milliards 

6. Dogecoin (DOGE) – 30,7 milliards 

7. XRP (XRP) – 27 milliards 

8. USD Coin (USDC) – 25 milliards  

9. Polkadot (DOT) – 13 milliards 

10. Uniswap (UNI) – 8,9 milliards 

Source: coinmarketcap.com

1. Bitcoin

Sans surprise c’est le Bitcoin qui arrive en tête de ce classement des 10 premières capitalisations boursières des cryptos. Le bitcoin est la crypto-monnaie de référence et la plus échangée au monde, elle représente une part massive du marché des crypto-monnaies. C’est la première crypto-monnaie qui a été présentée au public et elle dispose donc de l’infrastructure la plus développée. Elle est souvent considérée comme un précurseur dans le monde des crypto-monnaies. Elle a créé une classe d’actifs alternatifs et peut être utilisée dans des stratégies de couverture de portefeuille, en particulier pendant les marchés turbulents.

2. Ethereum

Ethereum est une plateforme permettant de créer des applications décentralisées basées sur la technologie de la blockchain et des contrats intelligents ou « smartcontract ». Un contrat intelligent applique automatiquement les termes de l’accord sur la base d’un algorithme donné. La crypto-monnaie est cotée sous le symbole ETH et est utilisée pour payer divers frais et coûts sur le réseau Ethereum.

3. Tether

Tether est une crypto-monnaie basée sur la blockchain dont les cryptomonnaies en circulation sont adossées à un montant équivalent de monnaies fiduciaires traditionnelles, comme le dollar, l’euro ou le yen japonais, qui sont détenues sur un compte bancaire désigné. Les jetons Tether, les jetons natifs du réseau Tether, s’échangent sous le symbole USDT.

4. Binance Coin

Binance Coin est la crypto-monnaie émise sur la bourse d’échange et plateforme de trading Binance, elle se négocie sous le symbole BNB. Le Binance coin fonctionnait initialement sur la blockchain Ethereum avec la norme ERC 20, mais est depuis devenu la monnaie native de la chaîne Binance. Le nombre total de jetons Binance, est plafonné à maximum 200 millions de jetons BNB.

5. Cardano 

Cardano est une plateforme blockchain de troisième génération, décentralisée, de type proof-of-stake (PoS), conçue pour être une alternative plus efficace aux réseaux de type proof-of-work (PoW). La scalabilité, l’interopérabilité et la durabilité des réseaux PoW tels qu’Ethereum sont limitées par le fardeau de l’infrastructure que représentent les coûts croissants, la consommation d’énergie et la lenteur des transactions. Cardano répond à ces problématiques, elle a été fondée par Charles Hoskinson, cofondateur d’Ethereum. Le développement du projet est supervisé et encadré par la Fondation Cardano, basée à Zug en Suisse.

6. Dogecoin 

Le dogecoin (DOGE) est une crypto-monnaie pair-à-pair et open source. Elle est considérée comme un altcoin et une cryptomonnaie « meme » presque sarcastique. Lancé en décembre 2013, Dogecoin a pour logo l’image d’un chien Shiba Inu. Bien qu’elle ait été créée apparemment comme une blague, la blockchain de Dogecoin a tout de même du mérite. Sa technologie sous-jacente est dérivée du Litecoin. Les caractéristiques notables du Dogecoin, qui utilise un algorithme script, sont son faible prix et son offre illimitée.

7. XRP 

Ripple est une technologie qui sert à la fois de crypto-monnaie et de réseau de paiement numérique pour les transactions financières. Elle a été lancée pour la première fois en 2012 ; elle a été cofondée par Chris Larsen et Jed McCaleb. Le processus principal de Ripple est un système d’échange et de transfert d’actifs pour le règlement des paiements, similaire au système SWIFT pour les transferts internationaux d’argent et de titres, qui est utilisé par les banques et les intermédiaires financiers traitant entre les devises. 

Le jeton utilisé pour la crypto-monnaie est préminé et utilise le symbole ticker XRP. Ripple est le nom de la société et du réseau et XRP est le jeton de la crypto-monnaie. L’objectif du XRP est de servir de mécanisme d’échange intermédiaire entre deux monnaies ou réseaux.

8. USD Coin

U.S. Dollar Coin, ou USDC, est un stable coin basé sur Ethereum, lancé en septembre 2018. Ses politiques, y compris ses normes techniques et financières, sont gérées par un consortium appelé CENTRE, lancé par la société de paiement pair à pair Circle et la bourse de crypto-monnaies Coinbase. L’USDC représente la monnaie fiduciaire, ou monnaie gouvernementale, sur la blockchain. Il est remboursable sur une base de 1:1 en dollars américains, émis par des institutions financières réglementées.

9. Polkadot 

Polkadot est une crypto-monnaie unique de type proof-of-stake qui vise à assurer l’interopérabilité entre les autres blockchains. Son protocole est conçu pour connecter des blockchains avec et sans permission, ainsi que des oracles, afin de permettre aux systèmes de travailler ensemble sous un même toit. L’élément central de Polkadot est sa chaîne de relais qui permet l’interopérabilité de différents réseaux. Elle permet également de créer des « parachains », ou des blockchains parallèles avec leurs propres jetons natifs pour des cas d’utilisations spécifiques.

10. Uniswap 

Uniswap est un protocole financier décentralisé qui est utilisé pour échanger des cryptomonnaies. Uniswap est également le nom de l’entreprise qui a initialement construit le protocole Uniswap. Le protocole facilite les transactions automatisées entre les jetons de crypto-monnaies sur la blockchain Ethereum grâce à l’utilisation de contrats intelligents ou « smartcontract ». 

Cet article a été rédigé par Jean Goy Mbomasi

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Interview – Florian Christiaens, Président du Solvay Finance Club

  1. Bonjour Florian, merci de répondre à nos questions et faire profiter la communauté Parlons Finance de tes conseils. Tout d’abord, peux-tu te présenter et quelles sont tes affinités avec le monde de la finance ? 

Bonjour, je m’appelle Florian Christiaens, j’ai 23 ans et je suis en première année de Master en Business economics à la Solvay Brussels School. Durant mes études, j’ai cherché à m’investir dans des activités extra-académiques et le Solvay Finance Club s’est présenté à moi. Au sein de ce groupe, j’ai pu assister à différents workshops et ai appris énormément. Lorsque la présidence s’est libérée, une amie et moi avons posé notre candidature et avons été élus. Cette année, j’ai eu l’opportunité de prolonger l’aventure avec mon petit frère. 

Assurer la présidence de ce club implique un travail et une remise en question permanente de ses connaissances en finance, c’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans l’investissement. J’ai également eu l’occasion de participer au Rallye boursier organisé par L’Echo en tant que guest. Néanmoins, j’aurai eu beaucoup de chance pour le néophyte que je suis !

  1. Quelles ont été les raisons qui t’ont poussé à investir ? 

Je suis fasciné par toutes les interactions qui existent entre l’actualité et les marchés financiers, c’est pourquoi la macroéconomie est ce que je préfère. Prévoir la réaction des marchés m’attire davantage que l’analyse de ratios financiers. Je m’intéresse également beaucoup à la finance comportementale et à ses implications.

  1. Que dirais-tu à des jeunes qui souhaiteraient se lancer dans la finance ? 

L’idée que l’on peut se faire de l’étudiant en finance, très calé en mathématique, doit être effacée. Certes, comprendre les mécanismes et les formules qui font les bases de la finance moderne dans le but d’interpréter les interactions qui l’animent est important, mais il existe tellement d’autres manières de s’informer ! La macroéconomie ou la finance comportementale, par exemple, sont des branches de l’économie qui proposent un point de vue intéressant sur le fonctionnement des marchés boursiers. Selon moi, l’apprentissage à l’université doit être complétée par des recherches personnelles. 

Enfin, je dirais que les jeunes devraient s’intéresser à l’investissement. Il représente pour eux une excellente façon de faire des profits à long terme. Toutefois, j’insiste sur le fait que ce n’est pas un domaine réservé à tous et qu’un minimum de connaissance est nécessaire. 

  1. Comment as-tu vécu l’année 2020 ? Cela pouvait-il être prévu par tes connaissances en macroéconomie ? 

Même si j’aime chercher à prédire ce qui se passera sur les marchés financiers, je dois reconnaître qu’il n’existe pas toujours de corrélation. La Covid19 a changé bien des choses et les valeurs de croissance, comme les GAFA, ont vu leur cours flamber durant les confinements successifs. En 2020, un portefeuille diversifié était quand même composé en grande partie d’actions de croissance, ce qui a conduit à des résultats exceptionnels. Les actions « value », quant à elles, ont été délaissées pendant les 2/3 de l’année avant de reprendre une dynamique haussière.  

Personnellement, j’ai pu profiter de bonnes opportunités, et cela, du rebond qui a démarré au second semestre jusqu’en janvier 2021. J’ai une affinité particulière pour les entreprises américaines, celles dont j’utilise leurs produits au quotidien. Elles ont un prestige que les actions européennes ont moins, bien qu’il existe quelques fleurons sur le Vieux Continent. Rajoutez à cela une volatilité supérieure, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on veut faire gonfler son portefeuille.   

  1. Pourquoi parler « d’affinité » ?

J’utilise ce terme pour illustrer le niveau de connaissance dont je souhaite obtenir lorsque je choisis mes titres. Sans aller jusqu’à parler d’une adhésion avec tout ce que fait l’entreprise, j’aime néanmoins comprendre ce qu’elle fait, analyser son business model et ses projections de croissance. Je ne me force jamais à acheter quelque chose qui ne m’inspire pas. 

  1. Que reste-t-il encore comme opportunités pour une personne qui souhaiterait commencer à investir ? 

Tout d’abord j’aimerais commencer par dire que je reste un étudiant (rires). Selon moi, il reste toujours des opportunités sur le court terme, dans des secteurs spécifiques. Ce phénomène peut être expliqué par la politique monétaire très accommodante de la Fed et son soutien massif depuis le début de la crise. Cependant, je trouve le marché américain très cher et je ne le vois pas tenir une telle performance à moyen terme. Bien entendu, le meilleur investissement, et le plus rentable, reste sur le long terme. 

  1. La remontée des taux d’intérêt est au cœur des tensions, qu’en penses-tu ? 

Aujourd’hui, l’inflation joue un double rôle, celui d’inciter les épargnants à faire travailler leur argent et celui de trouble-fête (peur d’une surchauffe de l’économie, NDLR.). Cela affecte également les entreprises de croissance qui, comme leur nom l’indique, attirent les investisseurs par l’actualisation des revenus futurs importants. Avec une inflation galopante, ces projections sont compromises.  

Il faut savoir que l’injection de grandes quantités de liquidités est à l’origine une décision purement quantitative, un instrument de réponse de la finance « classique ». De nos jours, les actions des banques centrales influencent directement le comportement des marchés et doivent tenir compte de cette variable. De plus en plus de néophytes suivent les conférences et pour le particulier anxieux, le moindre mot dans un discours peut être interprété comme un signal d’achat ou de vente. Cet engouement soudain doit être pris en considération. 

Pour ce qui est des tensions autour des taux d’intérêt, cela fait l’actualité depuis plus d’un an. Si l’inflation continue de grimper, il faudra la maîtriser. Dans un premier temps, je pense que cela passera par la diminution du programme d’assouplissement monétaire. 

  1. Quel est ton regard par rapport aux cryptomonnaies et l’engouement qu’il suscite auprès des jeunes ?

Je vais aller à contre-courant de ce qui est tendance actuellement, mais je ne suis pas fan des cryptomonnaies. J’aime la volatilité, tant que cela reste compréhensible, ce qui manque cruellement à ces actifs. La macroéconomie repose sur des fondamentaux, on peut créer des liens. Dans le cas des cryptos, tout peut changer sur base d’un simple tweet. 

On peut également noter le paradoxe entre l’idée de départ, une finance décentralisée, et la réalité que l’on observe aujourd’hui. Certains voulaient s’émanciper du pouvoir de Jérôme Powell (actuel président de la Réserve fédérale, NDLR) et tombent désormais sous les sautes d’humeur d’Elon Musk (rires). 

Pour finir, je dirai que l’investissement en cryptomonnaies doit se faire sur le long terme et doit être accompagné d’une conviction forte pour ce genre d’actif. Selon moi, il peut représenter 5 % du portefeuille global.

  1. Quelle est ta vision de « long terme » ?

Dans le cadre du trading, elle se situe au-delà d’un an. Cela dépend évidemment du business de l’entreprise ainsi que du type de produits financier.

  1. Un dernier conseil aux lecteurs de Parlons Finance ? 

Investissez dans des choses qui vous plaisent, gardez un œil sur les plans de Biden et surtout, suivez votre instinct (rires). 

Cette interview est la retranscription d’une discussion réalisée entre Florian Christiaens, Florenc Micaj et Timur Kazkondu. 

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Elon Musk est-il (encore) votre ami ?

Avant toute chose, vous devez savoir que cette chronique devait paraître la semaine passée. Elle débutait sur les différents qualificatifs élogieux associés par les investisseurs à Elon Musk. « Trop cool », « visionnaire », « Iron Man », les superlatifs ne manquaient pas pour décrire un homme qui représentait pour certains la meilleure version du capitalisme. 

Le premier changement dans cette chronique est le titre. Moi qui pensais mettre certains fans en garde sur leur amour aveugle envers l’excentrique milliardaire, ce dernier s’est chargé de rompre l’idylle en quelques tweets. 

Seconde modification, le temps utilisé lors la rédaction. Si j’écris au passé et non plus au présent, c’est parce qu’en l’espace d’une semaine, Elon Musk est passé du statut de « porte-étendard » à « ennemi public numéro 1 ».

Enfin, les frasques récentes du patron de Tesla et leurs conséquences sur le marché des cryptos (toujours en ébullition à l’heure actuelle) nous poussent à prendre du recul, à être pragmatiques et à nous poser cette question : Elon Musk est-il encore un ami ? 

Avant de commencer cette chronique en deux parties, replaçons le contexte. D’un côté, vous avez l’émergence d’une monnaie alternative, le Bitcoin, et de l’autre l’ascension d’un des entrepreneurs les plus talentueux de sa génération, le Sud-Africain Elon Musk. Deux destins en apparence éloignés, mais qui ont beaucoup en commun.

L’essor des cryptos

L’histoire de la cryptomonnaie est complexe. Pour certains, l’année 2008 est l’année la plus importante, car elle est celle de la naissance du Bitcoin par Satoshi Nakamoto (un pseudonyme pouvant regrouper plusieurs personnes). Cependant, des discussions autour de la création d’une monnaie alternative, véhiculée par internet et totalement émancipée des banques centrales, ont déjà eu lieu vers la fin des années 90. 

Le Bitcoin voit le jour dans un contexte macroéconomique compliqué. Nous sommes en pleine crise financière et les banques sont désignées comme les coupables d’alimenter un système de plus en plus avide d’argent. Les banques centrales sont également critiquées pour le pouvoir qu’elles ont sur l’économie, pouvant user à tout moment de leur autorité pour mettre fin à la croissance. Des reproches que la jeune cryptomonnaie promet d’effacer en proposant aux investisseurs un « vrai » changement. Celui-ci sera porté par la technologie sous-jacente que le Bitcoin embarque, la Blockchain, qui sera vue comme LA véritable révolution. 

Blockchain : Selon la plateforme BlockchainFrance.fr, la Blockchain est « une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Associée à une monnaie numérique, elle permet d’enregistrer l’ensemble des transactions effectuées avec cette monnaie » (1). Cela passe par plusieurs étapes : 1. envoi d’un Bitcoin par A, 2. regroupement des transactions en un bloc, 3. validation de ce bloc par le réseau, 4. ajout du bloc à la chaîne (Blockchain) et enfin, 5. réception du bitcoin par B. 

Cet engouement autour du Bitcoin créa la première bulle des cryptomonnaies. Les ingrédients étaient les mêmes qu’aujourd’hui : des économistes célèbres qui émettent des doutes sur cette monnaie digitale, des banques centrales qui avertissent les investisseurs sur les éventuels dangers, des pays et entreprises qui interdisent purement et simplement l’utilisation ou la détention de cryptomonnaies… 

Au 11 décembre 2017, le Bitcoin était affiché à 16 381 $, record absolu pour à l’époque. Une année plus tard, il avait perdu 83 % de sa valeur pour atteindre 2 840 $. Le monde financier croyait en avoir fini avec les monnaies numériques sans se douter, au contraire, que ce n’était que le début d’une nouvelle ère des cryptomonnaies.

En parallèle, d’autres spécimens virent le jour. On ne parlait plus uniquement du Bitcoin, mais également de l’Ethereum, Litecoin, XRP, VeChain et même du Dogecoin. Chacune d’entre elles apportait une nouvelle touche d’innovation dans un écosystème déjà bien en place. 

Plus largement, les cryptomonnaies ont ouvert la voie à une multitude d’actifs digitaux interchangeables et non centralisés. Au point d’inciter les banques centrales à imaginer et concevoir leur propre monnaie digitale. 

L’innovation selon Musk

En parallèle, la communauté Tech se prit d’affection pour un jeune entrepreneur qui a la réputation de transformer tout ce qu’il touche en or. Elon Musk a su maîtriser très tôt le langage informatique, créant un jeu vidéo à 12 ans. (Même si je ne retracerai pas ici toute son histoire (nous en ferons une chronique dédiée), je souhaite quand même rappeler à quel point les entreprises qu’il a créées étaient innovantes pour leur époque). 

⁃        1995 : Zip2 – objectif : aider les médias à se développer sur internet. Elle fut vendue en 1999 pour 307 millions de dollars.

⁃        1999 : Xcom – objectif : proposer des services bancaires en ligne. L’entreprise s’associera avec son concurrent pour devenir PayPal. Elle sera vendue en 2002 à Ebay pour un montant de 1500 millions de dollars. 

⁃        2002 : Space X – objectif : Relancer la conquête spatiale et fonder une colonie sur Mars. En 2021, Space X devient la première société privée à envoyer des astronautes vers la station spatiale internationale.

⁃        2004 : Tesla – objectif : Démocratiser la voiture électrique et se débarrasser des énergies fossiles. Il en deviendra le Directeur général en 2008. 

⁃        2012 : Hyperloop – objectif : révolutionner les transports en commun. 

⁃        2016 : Neuralink – objectif : Dépasser les barrières physiques de l’intelligence humaine grâce à l’intelligence artificielle. 

Il a également fondé d’autres sociétés, moins innovantes, mais tout aussi prometteuses (ex. Powerwall), et parfois inutiles (the Boring Company). 

Les entreprises innovantes créées par Elon Musk.

Rencontre pas si hasardeuse que cela

Les deux futurs tourtereaux, les cryptomonnaies et Elon Musk, progressaient petit à petit. Le premier s’échangeait entre membres de la communauté geek, son côté discret et anonyme favorisant également le blanchiment d’argent pour le compte d’organisations criminelles. Le second fit de plus en plus la une des médias, l’opinion publique tenant en très bonne estime l’excentrique milliardaire. 

De son côté, les résultats des entreprises d’Elon Musk avaient du mal à convaincre les marchés. Aux yeux des traders, la révolution attendue était soit trop faible, soit trop lente à se concrétiser. Pire, Tesla était dans le viseur des vendeurs à découvert (short) qui étaient à l’affut du moindre faux pas. 

Fatigué et armé de son plus beau smartphone, Elon Musk enchaîna les tweets pour dire tout ce qui lui passa par la tête. Ainsi, il qualifia la Securities Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine, de « Commission d’enrichissement des vendeurs à découvert »(2), ce qui lui vaudra une amende de 20 millions de dollars et son poste de président de l’entreprise. Le 7 août 2018, il annonça même son envie de retirer Tesla de la bourse grâce à l’aide d’un fonds souverain arabe. Il se rétracta par la suite, créant une colère chez les investisseurs (qui ont perdu de l’argent) et une enquête par la SEC. (3) 

Bref, Elon Musk était las d’être la cible des vautours et de ne pas pouvoir y répondre librement (je passe sur l’épisode où Musk fume du cannabis en direct à la radio…). Dans un marché réglementé, les prises de paroles des PDG ont un impact considérable sur la valeur boursière de l’entreprise, surtout si l’on représente l’histoire de celle-ci. Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Sundar Pichai, Satya Nadella, et bien d’autres ne peuvent dire ouvertement ce qu’ils pensent, au risque de mettre en péril leur empire. 

Pour Musk, les cryptomonnaies avaient de nombreux atouts, un moyen de changer le monde financier, une technologie qui n’était encore qu’un diamant brut, mais surtout une grande liberté d’action (en l’absence de réglementation). C’est décidé, le milliardaire avait trouvé son nouveau terrain de jeu… 

Conclusion

Il nous est difficile d’imaginer le monde de demain, surtout lorsque les changements se font à une vitesse folle. Henry Ford, l’inventeur des voitures Ford, aimait dire que « s’il avait demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ces derniers lui auraient répondu des chevaux plus rapides ». Elon Musk est dans ce même Mindset, lui qui avait déjà imaginé, avec X.com/PayPal, une autre version du monde bancaire. 

Les cryptomonnaies font partie du changement attendu dans le secteur financier. Cependant, dans leur état actuel, avec une très forte volatilité, des pertes ou des vols, du blanchiment d’argent, elles donnent des raisons aux craintes qui lui sont associées. Et si quelqu’un leur apportait une légitimité ? Et si quelqu’un, fin connaisseur de la technologie, pouvait dompter cette monnaie ? Et si quelqu’un pouvait offrir une chance aux petits investisseurs de gagner beaucoup d’argent ? Pour cela, il faudrait être « cool », « visionnaire », un peu comme Tony Stark dans Iron Man. Un seul homme incarne tout cela. Il est prêt à mettre son costume de héros et annoncer son objectif : To the moon.

Ne ratez pas la seconde partie de l’article : Cryptos et Musk, je t’aime, moi non plus !

Article rédigé par Timur Kazkondu.

(1) : https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

(2) : https://www.nytimes.com/2018/10/04/business/elon-musk-sec-tweet.html

(3) : https://www.sec.gov/news/press-release/2018-226

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Un rêve, des mensonges, Theranos.

« The land of opportunity », c’est cette image que beaucoup ont des États-Unis. Il est clair que ce pays a vu naître des mastodontes de notre quotidien, comme Facebook, Amazon, Ford, Microsoft. Ce pays où l’impossible peut devenir réel, à coup de millions de dollars. Ayez juste une bonne idée, le reste viendra. C’est ce que croyait Elizabeth Holmes, qui fonda l’une des startups les plus prometteuses pour la médecine, Theranos

Révolutionner le monde de la santé

Elizabeth Holmes est née le 3 février 1984 à Washington. Très jeune, elle se passionne pour la technologie et la chimie, des études qu’elle tentera de suivre avant d’abandonner. 

Durant l’été 2002, Holmes fit un stage à Singapour où elle testa des échantillons sanguins potentiellement atteints par le SRAS, une forme de coronavirus. Jugeant les méthodes archaïques, elle était persuadée de pouvoir proposer quelque chose de mieux. 

L’étudiante de Stanford, alors fraîchement entrée dans la vingtaine, fit preuve d’un esprit entrepreneurial et d’une vision remarquable : elle œuvra à la création d’un outil qui révolutionnerait l’analyse sanguine et délivrerait des médicaments en temps réel. Selon elle, sa technologie permettrait de réduire sensiblement les délais d’analyse en laboratoire. 

Un an plus tard, Elizabeth Holmes quitta Stanford, sans son diplôme, mais les étoiles plein les yeux. Elle s’installa à Palo Alto (Californie), où l’impossible devient réalité. C’est le début de la société Theranos.

Le rêve de Theranos

Theranos prend vie sur une idée simple : recueillir un maximum d’informations à partir de quelques gouttes de sang, et ce en quelques minutes seulement. 

Jusque-là, les analyses se faisaient sur plusieurs jour, réparties parfois sur plusieurs laboratoires. L’avantage concurrentiel de Theranos tenait dans sa capacité à centraliser les données et à gagner du temps. 

Les promesses étaient belles et le charisme de la fondatrice conquit de nombreux investisseurs. Entre 2003 et 2015, la société enchaîna les tours de table à la recherche de capitaux, jusqu’à atteindre une valorisation de 9 milliards de dollars en 2014, faisant d’Holmes la plus jeune milliardaire dans la catégorie « self-made female ». 

Cela fut rendu possible grâce à une communication soignée et un engouement des médias. La jeune CEO pratiqua à merveille l’art de la vente, tout en gardant un voile opaque sur sa technologie. Elle joua même de sa fascination pour Steve Jobs en copiant son style, il n’en fallait pas plus aux journaux pour voir en Theranos le nouvel Apple.  

Le début des ennuis

Si d’un côté les choses semblaient se porter à merveille pour Theranos (la société a signé un partenariat avec la chaîne de pharmacies Walgreens), de l’autre des doutes commençaient à se poser sur la faisabilité du projet.  

En effet, malgré de nombreux essais, aucun appareil produit par la startup n’arrivait à atteindre ses objectifs. Soit il ne fournissait qu’un petit nombre de résultats, soit la concurrence faisait mieux. Pire, l’omerta imposée par les dirigeants aux employés empêchait quiconque d’avoir une vision claire sur le projet. 

Elizabeth Holmes floua ses partenaires. Elle mentit sur l’origine de ses appareils, sur l’état d’avancement et même sur les résultats. Il devenait de plus en plus évident que la révolution annoncée ne serait pas celle que tous les experts attendaient. 

En 2018, le monde d’Elizabeth Holmes bascula lorsque le journaliste du Wall Street Journal, John Carreyrou, publia un livre intitulé « Bad Blood : Secret and Lies in a Silicon Valley Startup ». Cette œuvre est le fruit de longs mois d’enquête dont le but est d’exposer au monde entier la supercherie que serait la nouvelle licorne américaine. 

Suite à ces révélations, la fondatrice tenta de sauver les meubles en démentant les faits, en essayant de recadrer son idée et en mettant la pression sur des médecins et journalistes, mais en vain. C’était la fin de Theranos.  

La société fut liquidée en septembre 2018 et Holmes fut inculpée de onze chefs d’accusation, dont celui de complot en vue de commettre une fraude. Elle gardera une attitude froide lors de son procès, répondant près de 600 fois « je ne sais » aux questions qui lui seront posées. 

Conclusion 

Le monde regorge de visionnaires, de talents, de rêveurs, mais très peu ont la chance de voir leurs idées se concrétiser. Elizabeth Holmes s’imaginait que son projet, aussi révolutionnaire soit-il, aboutirait d’une manière ou d’une autre. Elle qui voulait faire partie des Zuckerberg, Jobs, Brandson, elle aura choisi le chemin du mensonge et de la fraude. Au final, la seule chose qui la rapprocha de son idole, Steve Jobs, aura été son pull à col roulé noir. 

Article écrit par l’équipe Parlons Finance (Timur Kazkondu & Vicky Ncamurwanko)

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Parlons films : Margin Call

Parlons Finance vous propose de découvrir un livre ou un film dont le sujet est la finance. Ceux-ci sont choisis pour la qualité de leur réalisation, les notions qu’ils traitent ou leur réputation.  

Commençons cette série avec une production américaine sortie en 2011 et réalisée par J.C. Chandor, Margin Call

Histoire

L’intrigue se déroule en 2008, à l’aube de la crise financière des subprimes. Eric Dale, qui travaille dans une banque d’investissement new-yorkaise, se fait licencier en même temps qu’une grande partie de son étage. Avant de quitter les lieux, il remet à une clé USB à son collègue, Peter Sullivan, et le met en garde sur ce qu’il va découvrir.

En fin de journée, Sullivan travaille sur le projet Dale et comprend le danger qu’encourt la banque sur certains de ses investissements, les Morgage Backed Securities (MBS) ou titres adossés à des créances hypothécaires. 

Notion de finance : Les MBS sont des actifs financiers créés sur un principe comptable : lorsqu’une banque prête de l’argent à un client pour un crédit hypothécaire, elle doit également détenir une petite part en fonds propres pour se protéger d’une éventuelle faillite. De ce fait, si elle souhaite augmenter son volume de prêts, elle devra faire de même avec ses provisions. 

Pour contourner cette règle, les banques ont créé des produits financiers qui regroupent un ensemble de crédits hypothécaires, assemblés par blocs et notés en fonction de la qualité des emprunteurs. Ainsi, elles commercialisent des actifs et non plus des prêts.

Les supérieurs de Peter Sullivan sont affolés par ce qu’ils voient, les risques pris par la banque sont tellement importants qu’une légère baisse des cours impliquerait une perte plus considérable que la valeur totale de l’entreprise. La faillite est très proche. 

Notion de finance : Cette analyse est possible grâce à la VAR, ou Value At Risk, qui est un outil utilisé par les gestionnaires de risque pour déterminer le niveau maximal de perte que pourrait subir un portefeuille sur une période donnée et avec un degré de certitude. 

Ce modèle repose sur trois critères, l’horizon (ex. : dans les 12 mois à venir), le niveau de certitude choisi (ex. : 99 %) et la taille de l’échantillon historique (ex. : sur base des 10 dernières années de progression). Il vous donne ce type de réponse « sur base d’un historique de 5 ans et avec une certitude de 99 %, le portefeuille peut perdre, dans les 12 mois à venir, maximum 1 million de dollars si la volatilité dépasse les niveaux prévus par le modèle ».

Cette situation crée une véritable panique et contraint les cadres de la banque à se réunir en urgence, dont le charismatique PDG, John Tuld. Ce dernier, très pragmatique, demande à son équipe de se débarrasser immédiatement de tous les titres toxiques. Cette décision sera contestée en interne, car elle implique de flouer un grand nombre de partenaires de la banque. 

Le lendemain matin, le département trading vendra au rabais ses MBS et causera par la même occasion une panique généralisée sur les marchés financiers. 

Photo : Margin Call – Before de Door Pictures / Benayora Pictures

Notre avis

Bien qu’elle ne soit pas nommée, la banque au cœur de ce film fait directement référence à Lehmann Brothers. John Tuld (interprété par Jeremy Irons) est d’ailleurs fortement inspiré de Richard Fuld, ancien PDG de Lehmann.  

Le film nous montre la brutalité qui peut régner au sein d’une grande banque, chacun ne pensant qu’à sa propre personne. C’est l’addition des individualités qui crée la structure, centrée sur un seul maître, le président. Ce dernier n’a d’ailleurs qu’un rôle, celui d’assurer la pérennité du groupe, quoi qu’il arrive.

Margin Call est volontairement lent, mais arrive à installer un climat de tension tout au long de son histoire. On sait que quelque chose d’important va se passer lorsque le PDG descend par hélicoptère au beau milieu de la nuit. Ajoutez à cela un casting de qualité avec Kevin Spacey, Simon Baker, Zachary Quinto ou Penn Badgley (ma femme m’en voudrait de ne pas le citer), et vous aurez de quoi passer une bonne soirée.

Le film tente de reproduire fidèlement l’univers de la finance, jusqu’à devenir parfois très technique. Les néophytes n’auront pas de mal à suivre, mais pourront lui reprocher un manque d’action. En tout cas, chez Parlons Finance, nous ne pouvons que vous recommander chaudement ce film. 

Réalisme : 4/5 

Enseignement de la finance : 3/5

Connaissances requises pour comprendre le film : 3/5

L’histoire en général : 5/5 

Total : 15/20 (très bon)

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Passer des ordres en bourse

As-tu quelques minutes pour comprendre comment optimiser ses ordres en bourse ?

Beaucoup de personnes font l’erreur de croire que la bourse est un marché unique centralisé à une seule adresse, Wall Street. Ils ont doublement tort.

Premièrement, parce que la bourse est avant tout un lieu où se rencontrent l’offre et la demande, plus particulièrement de produits financiers. De ce fait, il existe de multitudes de places boursières dès lors qu’on y retrouve une personne prête à vendre un produit et une autre prête à l’acheter.

Deuxièmement, bien que Wall Street soit un lieu emblématique de la finance mondiale, il ne représente pas la totalité des transactions enregistrées dans le monde. Certes, le New York Stock Exchange (NYSE) et le Nasdaq pèsent pour près de 41 milliards de dollars de capitalisation boursière sur les 89,5 recensés en 2020 (source : World Federation of Exchange).

Un investisseur qui souhaite diversifier son portefeuille va sélectionner des titres répartis sur différents continents et fuseaux horaires. Cela dit, il lui sera très difficile de participer à toutes les séances (il est 1h du matin lorsque la bourse de Tokyo ouvre). Mais alors, comment faire pour passer acheter ou vendre en votre absence ? Cela est possible grâce à l’automatisation des ordres et l’intermédiaire de courtiers.

Le rôle du courtier

Le rôle du courtier est de faciliter les transactions, trouver preneur, et ce, même si le marché est en hausse ou en baisse (c’est le fameux discours du mentor de Jordan Belfort dans « Le loup de Wall Street »). Il appliquera deux règles de priorité, le prix (l’ordre le plus proche de la valeur de l’actif) et le temps (s’il y a deux ordres de même valeur, c’est le premier arrivé qui sera traité).

Pour son activité, le market maker, qui est souvent une institution financière, prendra une commission sur chaque opération.

Le carnet d’ordres

Avant de poser un ordre, quel qu’il soit, vous devez vous assurer qu’une autre personne dans le monde souhaite se séparer ce même actif, c’est ce qu’on appelle la liquidité. Plus un titre est « liquide », plus il est facile à échanger. À l’inverse, si l’engouement est faible, et donc moins liquide, alors il aura du mal à changer de mains.

Le carnet d’ordres regroupe les ordres d’achat et de ventes des investisseurs

Les différents types d’ordre

Les ordres sont des instructions données par le trader au marché. Ils reprennent différents critères comme le type (achat ou vente), la quantité et le prix. Voici une petite liste non exhaustive des ordres en bourse :

  • À prix limité : Il s’agit d’un ordre d’achat (buy limit) ou de vente (sell limit), qui sera exécuté à un prix déterminé au préalable. Son objectif est de donner aux investisseurs la possibilité de choisir le montant (minimal ou maximal) appliqué. 
  • À tout prix : Dans ce cas, vous souhaitez acheter/vendre un actif à tout prix, peu importe la demande de la contrepartie. De ce fait, vous prenez le risque d’accepter des propositions plus coûteuses. 

    Exemple : Vous envisagez d’acheter 100 actions ParlonsFinance à tout prix. Un vendeur propose 25 actions à 51 €, un autre 35 à 52 € et un dernier 50 à 53 €. Vous aurez fait l’acquisition à des tarifs différents pour répondre à votre demande de 100 actions. 
  • Au prix du marché : Cet ordre permet d’acheter au « meilleur » prix proposé par le marché (la première offre, souvent très proche du prix réel de l’actif). Son inconvénient est qu’il ne s’active uniquement au meilleur prix, rien d’autre. Cela ne vous garantit pas une exécution complète de votre demande. 

    Exemple : je veux 100 actions PF au prix du marché. Le premier vendeur m’en propose 25 à 51 €. J’en aurai 25 sur 100 puisque les autres offres sont plus chères. 
  • Tout ou rien : comme son nom l’indique, cet ordre ne s’enclenche que si l’unique condition est remplie (prix et quantité). Cela vous permet de garder le contrôle sur le prix d’achat/vente. S’il n’y a pas de contrepartie, l’ordre reste en suspens jusqu’à sa prochaine tentative. 

Certains ordres, appelés « à déclenchement », ne peuvent être exécutés que s’ils remplissent des conditions précises :

  1. À l’achat
  • Le Buy stop est un ordre d’achat (long), qui sera exécuté si le prix fixé est atteint. Anticipant une remontée des cours, il doit être placé au-dessus du prix actuel.
  • Le Buy limit part du principe que le cours va remonter après avoir chuté quelque temps. Dans ce cas, vous devez placer votre ordre au-dessous du niveau actuel, afin de profiter de l’effet « rebond ».

2. À la vente

  • Le sell stop ou stoploss est un ordre de vente qui sera exécuté si le prix de l’actif baisse en dessous d’un seuil. Il vous permet de minimiser vos pertes lorsque le marché se déplace dans la direction opposée à votre trade.

Exemple : je mets un Stoploss à 80 % de la valeur de mon titre, afin de me garantir une moins-value maximale de 20 % en cas de baisse des marchés.

Cependant, une forte volatilité peut mettre en difficulté votre stoploss. Si le prix chute brutalement, il se pourrait que l’ordre soit exécuté à un tarif encore plus faible que celui déterminé initialement. Pour éviter cela, les traders peuvent faire appel au stop limit, qui constitue une deuxième soupape de sécurité située à une limite plus basse.

  • À l’opposé, le sell limit ou take profit vous sert à planifier une porte de sortie à un niveau précis et garantit l’encaissement de bénéfices. Utilisez ce type d’ordre si vous anticipez un renversement du marché.

    Le stoploss et takeprofit sont très appréciés sur le marché du Forex (devises), car ils permettent aux traders de préciser le taux auquel ils souhaitent fermer leurs positions.
Les différents ordres à déclenchements

Conclusion

Les meilleurs financiers vous le diront, maîtriser ses ordres est essentiel pour réussir sur le long terme. Que vous soyez un professionnel du trading ou que vous fassiez cela comme hobby, vous devez savoir quand entrer et quand sortir d’un trade. Nous avons abordé les principaux ordres, mais il en existe bien d’autres, comme les ordres séquences, alternatifs ou triples.

Enfin, dans un monde qui ne dort jamais, l’informatique apporte une aide cruciale qui fait toute la différence entre se coucher plus riche ou se réveiller plus pauvre (ou les deux le temps d’une nuit).

Article rédigé par Timur Kazkondu et Florenc Micaj (équipe Parlons Finance)