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Novo Nordisk du sommet boursier à la tourmente

650 Mds $ de valorisation boursière en 2024, –60 % en moins d’un an : Novo Nordisk victime de spéculation… ou d’une vraie dégradation de ses fondamentaux ?


Pour comprendre cette baisse, il faut s’intéresser au marché du traitement contre l’obésité, principal moteur de la valorisation de Novo.

  • Deux révisions successives à la baisse des prévisions de résultats pour 2025, ce qui a fortement réduit la confiance des investisseurs.
  • Annonce du départ anticipé du CEO Lars Fruergaard Jørgensen le 16 mai 2025
  • Concurrence accrue d’Eli Lilly, dont le traitement contre l’obésité dépasse désormais celui de Novo en prescriptions aux États-Unis, faisant craindre une perte de terrain pour le géant danois.
  • Novo est confronté à des contrefaçons de Wegovy, fabriquées à partir de versions mélangées ou recomposées en pharmacie

Malgré ces freins :


Novo Nordisk reste un leader du traitement de l’obésité et a enregistré une croissance solide de +18 % de ses ventes au premier semestre 2025.

Goldman Sachs estime depuis plusieurs mois que la réaction des investisseurs est exagérée et a émis des recommandations d’achat, tout en réduisant ses prévisions de hausse, jugeant que la reprise prendra plus de temps que prévu.

La guerre de l’innovation pour proposer le traitement anti-obésité le plus efficace déterminera le futur leader mondial. Si Novo parvient à s’imposer durablement sur ce marché estimé à 130 Mds $ d’ici 2030 (Goldman Sachs), son titre pourrait retrouver une trajectoire de hausse.

Selon vous, Novo Nordisk réussira-t-il à conserver son avance face à la concurrence grandissante d’Eli Lilly ?

Sources :

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Marchés : faits marquants du 25 au 29 août 2025

La dernière semaine d’août a été rythmée par un recul du dollar, une amélioration fragile en zone euro, une inflation toujours tenace en Asie et de nouvelles tensions commerciales. Les marchés actions américains ont atteint de nouveaux sommets, portés par la technologie et l’industrie, tandis que les rendements obligataires se sont tendus aux États-Unis et au Royaume-Uni, traduisant la persistance d’anticipations restrictives. Dans le même temps, le pétrole est resté soutenu par l’escalade en Ukraine et les métaux industriels ont trouvé un plancher grâce à la stabilisation européenne.

Devises majeures

Dollar américain (USD)

Le billet vert a perdu 0,36 %. Les chiffres de croissance du T2 sont restés solides, mais les signaux avancés s’affaiblissent : l’indice LEI a reculé et la confiance des consommateurs s’est dégradée. L’inflation ralentit graduellement avec un PCE global à 2,5 % et un cœur PCE à 2,6 %. Les inscriptions au chômage (229 000) confirment un marché de l’emploi qui se détend légèrement. La Fed reste prudente : deux baisses de taux sont anticipées d’ici fin 2025, dont une possible dès septembre.

Euro (EUR)

L’euro s’est apprécié (+0,52 %). L’indice Ifo en Allemagne est remonté à 89,0, au plus haut depuis mai 2024, malgré une consommation toujours déprimée. L’inflation allemande a atteint 2,2 % en août. En France, la confiance des ménages a chuté à 87, son plus bas depuis octobre 2023. La BCE reste en retrait, mais une première baisse de taux en 2025 n’est pas exclue.

Livre sterling (GBP)

La livre a reculé (–0,37 %). Aucun chiffre majeur n’a été publié, et l’économie reste confrontée à une faible croissance et à une inflation élevée. La Banque d’Angleterre n’envisage pas d’assouplissement avant 2026.

Yen japonais (JPY)

Le yen s’est légèrement renforcé (–0,07 % sur USDJPY). L’économie japonaise reste fragile : la production industrielle a chuté de –1,6 % en juillet, les ventes au détail n’ont progressé que de +0,3 %. L’inflation de Tokyo atteint 2,9 % et reste alimentée par les prix alimentaires (+7,4 %). La BoJ demeure coincée entre croissance molle et inflation tenace.

Franc suisse (CHF)

Le franc est resté stable. La croissance au T2 (+0,1 %) n’est quasi nulle, l’industrie a chuté (–2,4 %) et les exportations se sont repliées (–2,7 %). Le rôle refuge du CHF reste son principal moteur.

Dollar canadien (CAD)

Le CAD a progressé (+0,44 %). Le PIB du T2 a reculé de –0,4 %, principalement en raison de l’effondrement des exportations (–7,5 %), touchées par les droits de douane américains. La demande intérieure reste robuste (+0,9 %), soutenant la monnaie.

Dollar australien (AUD)

L’AUD a signé la meilleure performance du G10 (+0,56 %). La RBA a abaissé ses taux à 3,60 % mais l’inflation a surpris en hausse en juillet (2,8 % contre 1,9 % en juin). Le marché anticipe désormais une seule baisse de taux supplémentaire d’ici fin 2025.

Dollar néo-zélandais (NZD)

Le NZD a gagné 0,23 %. La confiance des entreprises s’améliore, mais l’activité propre recule et l’emploi reste faible. L’inflation reste stable à 2,6 %. Le différentiel de taux défavorable vis-à-vis de l’AUD limite l’attrait du NZD.

Géopolitique

Commerce mondial

Washington a doublé ses droits de douane sur l’Inde à 50 %, en réponse aux importations de pétrole russe. Les États-Unis menacent également l’Union européenne de mesures punitives face aux taxes numériques. En parallèle, un accord avec la Corée du Sud est proche et des discussions avec la Chine sont prévues pour l’automne.

Russie – Ukraine

L’Ukraine a intensifié ses frappes de drones contre les infrastructures énergétiques russes, ciblant notamment des terminaux gaziers et des raffineries. Moscou a riposté en bombardant Kiev, endommageant des bâtiments liés à l’Union européenne. La situation militaire et diplomatique reste bloquée, renforçant la prime de risque sur le pétrole.

Asie

La Chine reste en retrait avant les négociations commerciales avec Washington. Le Japon a vu une visite diplomatique annulée, tandis que la Corée du Sud renforce sa coopération économique et sécuritaire avec les États-Unis.

Obligations souveraines

Aux États-Unis, le 10 ans s’est établi à 4,4 %, son plus haut niveau en six semaines. La courbe reste inversée (2 ans–10 ans : –25 pb) mais l’inversion se réduit, signe d’une consommation résiliente.

En zone euro, le Bund a évolué autour de 2,2 %, les spreads périphériques (Italie, Espagne) se resserrant légèrement grâce à une détente commerciale avec Washington.

Au Royaume-Uni, le 10 ans gilt a atteint 4,3 %, tiré par une inflation persistante et l’absence de perspective de baisse de taux.

Au Japon, le 10 ans JGB est resté proche de 0,9 %, la BoJ maintenant une politique ultra-accommodante.

Le 10 ans canadien a évolué à 3,6 %, influencé par la contraction du PIB.

En Australie, le 10 ans ACGB a tourné autour de 3,9 %, malgré une RBA en pause prolongée.

En Nouvelle-Zélande, les rendements se sont fortement détendus, avec un 2 ans en baisse, reflétant l’anticipation de nouvelles baisses de taux.

En Suisse, le 10 ans est resté à 0,9 %, soutenu par le rôle refuge du franc.

Actions

Les indices américains (S&P 500, Nasdaq) ont atteint de nouveaux records, soutenus par la technologie et l’industrie. Les PMI robustes ont encouragé l’optimisme, mais la composante inflation a limité l’élan. Les secteurs de l’immobilier et de la consommation discrétionnaire sont restés en retrait.

En Europe, l’Euro Stoxx 50 a progressé, aidé par l’automobile et l’industrie, mais la récession allemande a freiné les gains.

À Londres, le FTSE a été soutenu par les valeurs minières et énergétiques, alors que les titres domestiques liés à la consommation ont souffert.

À Tokyo, le Nikkei a gagné grâce à la faiblesse du yen, mais les exportations restent fragiles.

Matières premières

Énergie

Le pétrole a poursuivi sa hausse, alimentée par les attaques contre les infrastructures russes et les perturbations du pipeline Druzhba. Le diesel canadien a bondi de +6,6 %, reflétant des tensions sur le marché raffiné. Le gaz naturel européen est resté stable, mais la menace d’interruptions russes entretient une forte volatilité.

Métaux précieux

L’or est resté soutenu par la demande refuge, dans un climat de tensions géopolitiques. La hausse des rendements US limite néanmoins son potentiel. L’argent et le platine ont suivi, tirés par leur double rôle refuge et industriel.

Métaux industriels

Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, aidés par le retour du PMI manufacturier européen en territoire d’expansion. Au Canada, les métaux industriels ont progressé (+2,7 %), notamment les alliages (+12,4 %), grâce à une forte demande dans la construction et l’électronique.

Agriculture

Les prix agricoles restent en forte hausse. Au Japon, le riz affiche toujours +90 % sur un an malgré les mesures de stabilisation. En Allemagne, le café et le bœuf ont bondi de +38 %. Au Canada, la volaille (+7,9 %) et les produits laitiers poursuivent leur hausse.

Taux d’intérêt

  • Fed : l’économie américaine reste solide, mais l’inflation ralentit trop lentement. La banque centrale prépare deux baisses de taux d’ici fin 2025, dont une probable en septembre. Le 10 ans reste élevé à 4,4 %, preuve que le marché croit encore à une politique restrictive prolongée.
  • BCE : l’inflation dans la zone euro est proche de la cible (2,2 % en Allemagne), mais la croissance reste fragile. La BCE privilégie une posture attentiste, tout en gardant ouverte la possibilité d’un assouplissement fin 2025.
  • BoE : avec une inflation supérieure à 3 %, la Banque d’Angleterre ne peut envisager aucun relâchement avant 2026. La courbe britannique reste pentue, reflétant la défiance sur la trajectoire budgétaire.
  • BoJ : malgré une inflation à 2,9 % à Tokyo, la consommation atone pousse la BoJ à maintenir une politique ultra-accommodante. Les JGBs restent stables.
  • BoC : la contraction du PIB n’a pas poussé la Banque du Canada à bouger. Son objectif d’inflation à 2 % est réaffirmé, avec une posture neutre.
  • RBA : après avoir abaissé son taux directeur à 3,60 %, la banque reste prudente face à une inflation sous-jacente encore élevée. Une seule nouvelle baisse est attendue.
  • RBNZ : la plus dovish du G10. Le marché price deux nouvelles baisses d’ici la fin de l’année, ce qui affaiblit le NZD.
  • BNS : neutre, la Banque nationale suisse s’aligne sur les grandes tendances mondiales tout en profitant du rôle refuge de sa monnaie.

Calendrier économique (31 août – 5 septembre 2025)

Dimanche 31 août : PMI manufacturier Chine (49,4), PMI non-manufacturier (50,3)

Lundi 1er septembre : jour férié au Canada et aux États-Unis

Mardi 2 septembre : inflation flash zone euro, ISM manufacturier États-Unis

Mercredi 3 septembre : PIB Australie, discours Lagarde (BCE), discours Bullock (RBA), auditions monétaires Royaume-Uni, JOLTS US

Jeudi 4 septembre : CPI Suisse, ADP US, demandes d’allocations chômage US, ISM services US

Vendredi 5 septembre : ventes au détail UK, emploi Canada, chômage Canada, NFP US, chômage US, salaires US, PMI Ivey Canada

Sources :

Banques centrales

https://www.federalreserve.gov

https://www.ecb.europa.eu

https://www.bankofengland.co.uk

https://www.boj.or.jp

https://www.rba.gov.au

https://www.rbnz.govt.nz

https://www.bns.admin.ch

Institutions statistiques

https://www.bls.gov

https://www.destatis.de

https://www.insee.fr

https://www150.statcan.gc.ca

https://www.abs.gov.au

https://www.stat.go.jp

Médias financiers et données de marché

https://www.reuters.com

https://www.bloomberg.com

https://www.ft.com

https://www.tradingeconomics.com

https://www.tradingview.com

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Le poids des hedge funds et de la gestion d’actifs mondiale

Depuis les années 2000, les hedge funds et les géants de la gestion d’actifs comme BlackRock, Vanguard, State Street ou Bridgewater jouent un rôle de plus en plus central dans l’économie mondiale.

Gérant collectivement des dizaines de milliers de milliards de dollars, ces entités privées influencent désormais les marchés financiers, les politiques économiques, et parfois même les décisions souveraines. Leur poids dépasse de loin celui de nombreuses économies nationales.

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Le rôle des hedge funds : spéculation, influence et parfois déstabilisation

Parallèlement à ces géants de la gestion d’actifs, les hedge funds, plus agressifs et spéculatifs, jouent aussi un rôle clé dans les dynamiques économiques mondiales. Contrairement à BlackRock ou Vanguard, leur objectif est purement basé sur la performance à court terme. Ils utilisent des stratégies sophistiquées, à fort effet de levier, misant parfois sur la chute d’une devise ou l’effondrement d’un marché.

Bridgewater, fondé par Ray Dalio, est l’un des exemples les plus connus. En 2020, ce fonds a parié des milliards contre certaines économies européennes, ce qui a suscité l’inquiétude dans plusieurs capitales. L’un des précédents les plus emblématiques demeure l’attaque menée en 1992 par George Soros contre la livre sterling.

Cette spéculation massive a contraint le Royaume-Uni à sortir du système monétaire européen, illustrant de manière frappante comment un hedge fund peut infléchir la trajectoire économique d’un État souverain.

Leurs domination en quelques chiffres

Parmi eux, BlackRock se distingue par sa taille colossale. En 2025, cette société gère à elle seule plus de 12 500 milliards de dollars, ce qui équivaut à plus de deux fois le PIB de la France.

Vanguard n’est pas loin derrière, avec près de 9 000 milliards, tandis que State Street, plus modeste, pèse tout de même environ 4 000 milliards. Ces trois géants détiennent des parts importantes, parfois majoritaires, dans les plus grandes entreprises cotées en Bourse, dans des secteurs aussi stratégiques que la technologie, l’énergie, la défense, ou la santé.

Ils figurent souvent parmi les principaux actionnaires d’Apple, Microsoft, ExxonMobil, Pfizer ou encore Lockheed Martin. Même s’ils pratiquent une gestion dite « passive », leur poids dans les conseils d’administration confère à leurs décisions un pouvoir d’orientation économique mondial.

L’influence sur les États et les politiques publiques

Au-delà des entreprises, leur influence se fait sentir jusqu’au cœur des politiques publiques. Après la crise financière de 2008, la Banque Centrale Européenne a, par exemple, fait appel à BlackRock comme conseiller sur des questions de régulation bancaire, suscitant des débats sur les conflits d’intérêts et la transparence.

Dans les pays émergents, la dépendance aux flux financiers internationaux rend les gouvernements particulièrement sensibles aux mouvements de capitaux. Un simple retrait massif d’investissements orchestré par un fonds peut provoquer une déstabilisation monétaire, une hausse brutale des taux d’intérêt ou encore une crise budgétaire. En d’autres termes, ces entités disposent d’un levier d’influence comparable, dans certains cas, à celui d’institutions comme le FMI ou la Banque mondiale.

Vers une forme de « gouvernement économique privé » ?

Cette montée en puissance des gestionnaires privés pose une question centrale : sommes-nous en train d’assister à l’émergence d’un pouvoir économique sans visage, ni contrôle démocratique ? Ces sociétés ne sont élues par personne, ne sont pas directement responsables devant les citoyens, mais disposent d’une capacité d’influence qui surpasse parfois celle des institutions publiques.

Certains chercheurs et économistes parlent d’un « capitalisme d’actionnaires invisibles », où les grandes décisions économiques se prennent dans des bureaux privés à New York ou Londres, bien loin des parlements nationaux.

Conclusion

En somme, les hedge funds et les grands gestionnaires d’actifs privés représentent aujourd’hui une force systémique dans l’économie mondiale. Leur rôle est ambivalent : porteurs de stabilité financière pour certains, menace pour la souveraineté économique pour d’autres. Leur puissance n’est pas illégitime en soi, mais elle appelle à une réflexion urgente sur les règles du jeu économique mondial, afin que les intérêts collectifs ne soient pas écrasés par des logiques de rendement privé.

Sources :

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Jokariz relance la Paris Creator Week 2025 : cap sur l’Europe de la “Creator Economy”

En 2021, Marc Lesage-Moretti – plus connu sous le nom de Jokariz – a quitté son poste confortable chez Goldman Sachs pour se lancer dans un pari audacieux : celui de la “Creator Economy”.

Un écosystème en plein essor où un nouveau genre d’entrepreneurs (les créateurs de contenu) utilisent les réseaux sociaux comme véritable média pour distribuer et promouvoir leurs services et produits auprès de leur communauté.

Trois ans plus tard, cette conviction prend forme avec la Paris Creator Week (PCW), cofondée avec Karim Sabba et Pierre Allary. Après une édition réussie en 2024 (où nous avons pu participer et intéragir avec les créateurs de contenu), l’événement revient en 2025 avec une ambition claire : faire de Paris le pôle européen de cette révolution numérique.

De Goldman Sachs à la Creator Economy

À seulement 30 ans, Marc décide de tourner la page de la finance de marché. Si les premières années d’ingénieur financier l’avaient passionné par leur dimension mathématique, son rôle était devenu de plus en plus politique et déconnecté de l’impact concret.

« Je gagnais très bien ma vie, mais je n’étais plus inspiré par les gens autour de moi et je voulais faire quelque chose de plus ambitieux », confie-t-il.

Son regard se porte alors sur la Creator Economy, qu’il compare à la révolution Uber ou Airbnb : De simples plateformes qui ne font qu’héberger du contenu apportés par des créateurs indépendants (non salariés de la plateforme) peuvent valoir des milliards de dollars

Paris Creator Week : un événement fédérateur

La PCW 2025 veut rassembler tout l’écosystème : créateurs, plateformes, agences, directeurs marketing, médias et artistes. L’idée est claire : briser les clichés qui opposent créativité et business.

Les thématiques suivantes seront notamment couvertes:

  • Business & monétisation : comment professionnaliser son activité.
  • Création de contenu : innovations, outils et nouvelles pratiques.
  • Impact social & environnemental : l’influence des réseaux sociaux au-delà de l’économie.

Parmi les invités déjà annoncés : Ego, Charles Villa, Océane, mais aussi des entrepreneurs comme Éric Larchevêque et Guillaume Moubèche. La plupart des speakers et thématiques restent à venir. Une diversité qui illustre la richesse de la scène française – divertissement, santé, musique, art, information, psychologie.

Le poids de la Creator Economy en France

Selon une étude réalisée avec Coherent Market Insights (CMI) :

  • Les revenus des créateurs français atteignent 7 milliards d’euros.
  • La croissance annuelle est de +25 %.
  • Sur 300 000 créateurs, 150 000 sont des nano-créateurs (<10k abonnés), représentant déjà 1,4 milliard d’euros.
  • Près de 1,5 million d’emplois indirects sont liés à cet écosystème (logiciels, hardware, services juridiques, boîtes de production, agences, plateformes…).

La France se place ainsi 3ᵉ en Europe, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Une ouverture européenne

Grande nouveauté en 2025 : la PCW prend une dimension européenne. Des partenaires et créateurs venus d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre et de Belgique rejoignent l’événement.

L’objectif est de faire de Paris un hub mondial de la Creator Economy, avec l’ambition d’accueillir une édition internationale dès cette seconde édition, en ouvrant l’événement aux autres continents dès 2026.

L’IA jouera un rôle clé dans cette expansion, en abolissant les barrières linguistiques et en permettant aux créateurs français de s’exporter plus facilement.

Défis et opportunités

Malgré sa croissance, la Creator Economy reste encore peu reconnue comme un secteur d’activité à part entière. Un quart des créateurs travaillent pourtant à temps plein, souvent entourés de véritables équipes.

La Paris Creator Week entend changer cette perception :

👉 renforcer la légitimité de cette économie,
👉 partager les bonnes pratiques,
👉 identifier les nouvelles opportunités de monétisation.

Avec la Paris Creator Week, Jokariz veut transformer Paris en capitale de la Creator Economy et offrir aux créateurs français les moyens de rayonner au-delà de leurs communautés.

Un rendez-vous qui s’annonce comme le Davos des créateurs, où business, créativité et impact social se rencontrent.

📅 Paris Creator Week 2025 : l’événement à ne pas manquer pour comprendre et façonner l’avenir de la Creator Economy en Europe.

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NVIDIA : des résultats très attendus ce soir, un test pour la vague IA

Ce mercredi 27 août 2025, après la clôture de Wall Street, NVIDIA publiera ses résultats du deuxième trimestre fiscal 2026. La société, devenue l’icône de l’intelligence artificielle générative et de l’informatique haute performance, est scrutée de près par les marchés.

Sa performance constitue un baromètre pour l’ensemble du secteur technologique.

Des attentes colossales

Le consensus des analystes table sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 46 milliards de dollars, en hausse d’environ 53 % sur un an. Le bénéfice par action ajusté (EPS) est attendu autour de 1,01 à 1,02 dollar, soit une progression de près de 49 %.

Ces prévisions, déjà impressionnantes, reflètent l’énorme demande mondiale en processeurs graphiques (GPU) utilisés dans l’IA, le cloud et les supercalculateurs.

Trois enjeux majeurs

  1. La division Data Centers Segment désormais dominant (plus de 80 % du chiffre d’affaires), il reste la locomotive de la croissance. Le marché attend confirmation que la demande en IA ne faiblit pas.
  2. Les tensions États-Unis / Chine Washington a renforcé les restrictions sur les exportations de puces avancées. NVIDIA a dû suspendre la production de son modèle H20 en Chine et mettre en place un accord de partage de revenus (15 %) sur ses ventes locales. L’impact sur les résultats asiatiques sera très surveillé.
  3. La guidance pour le prochain trimestre Les investisseurs veulent savoir si NVIDIA maintiendra son rythme de croissance. Les annonces autour de la nouvelle génération de puces (Rubin et modèles adaptés au marché chinois) pourraient être décisives.

Pourquoi c’est un test pour la vague IA

La capitalisation boursière de NVIDIA dépasse désormais 4 000 milliards de dollars. À ce niveau, le moindre signe de ralentissement pourrait peser lourdement sur l’ensemble du Nasdaq et du secteur technologique.

Si les résultats et les prévisions confirment une dynamique forte, cela prolongera l’euphorie actuelle autour de l’intelligence artificielle. À l’inverse, un chiffre en deçà des attentes pourrait nourrir le doute sur la viabilité à court terme de cette révolution, certains observateurs rappelant que 95 % des entreprises n’ont pas encore dégagé de bénéfices tangibles de leurs investissements IA.

Conclusion

Les résultats de ce soir ne sont pas seulement ceux de NVIDIA : ils incarneront l’arbitrage du marché sur l’avenir de l’IA. Le verdict attendu après la clôture de Wall Street pourrait bien dicter la tendance de l’automne pour l’ensemble des marchés financiers.

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Été 2025 : entre records et secousses

L’été 2025 aura été l’un des plus intenses de la décennie pour les marchés financiers. Tandis que Wall Street inscrivait de nouveaux records historiques, porté par la vague de l’intelligence artificielle et par des signaux monétaires plus accommodants, l’Europe oscillait entre reprise fragile et incertitudes tarifaires.

L’Asie, elle, a jonglé entre la puissance de Taïwan dans les semi-conducteurs et l’ombre persistante de la crise immobilière chinoise. Mais derrière cette euphorie apparente, les investisseurs ont été confrontés à des secousses brutales, comme la déroute de Novo Nordisk, aux tensions géopolitiques croissantes entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et à l’épilogue symbolique de la chute d’Evergrande.

L’été 2025 restera comme un moment charnière : celui où les marchés ont commencé à parier sur un “pivot” monétaire, tout en réalisant que l’économie mondiale reste semée de pièges.

Macroéconomie et banques centrales : un pivot en préparation

Sur le plan macroéconomique, l’été a confirmé un scénario de ralentissement maîtrisé. Aux États-Unis, l’inflation est retombée à 2,7 % en juillet, avec un cœur à 3,1 %. L’emploi a montré des signes de modération, donnant à Jerome Powell l’argument nécessaire pour préparer une baisse de taux.

À Jackson Hole, le président de la Fed a surpris en ouvrant la porte à une détente monétaire dès septembre. Les marchés obligataires ont aussitôt salué l’annonce : le 10 ans américain est revenu vers 4,25 %, et le dollar a cédé du terrain.

En Europe, la BCE a préféré marquer une pause après avoir ramené son taux de dépôt à 2 % en juin. L’institution, confortée par un PMI composite en hausse à 51,1 en août, a estimé que la désinflation restait en bonne voie, même si l’inflation des services demeure un risque.

À Londres, la Banque d’Angleterre a pris une décision audacieuse : réduire son taux directeur à 4 % début août. Une décision aussitôt compliquée par le rebond de l’inflation britannique à 3,8 %, son plus haut niveau depuis plus d’un an. Enfin, au Japon, la BoJ a poursuivi sa normalisation graduelle en relevant son taux directeur à 0,35 %, dans un contexte où le yen reste faible malgré le resserrement monétaire.

Actions : gagnants et perdants de l’été

Les grands gagnants de l’été se trouvent dans la tech et la finance. Microsoft a livré des résultats spectaculaires, avec une progression de 39 % pour Azure et un capex record de 30 milliards de dollars, propulsant sa capitalisation au-delà de 4 000 milliards. Palantir a dépassé pour la première fois le milliard de dollars de revenus trimestriels et relevé fortement ses prévisions, confirmant la solidité de sa trajectoire.

TSMC a annoncé un bénéfice net record, en hausse de 60 % sur un an, consolidant son rôle central dans l’économie de l’IA. Les banques UBS et Santander se sont distinguées en publiant des bénéfices solides, portés par la bonne tenue de leurs activités commerciales et par une gestion prudente des coûts.

À l’inverse, plusieurs géants ont connu un été difficile. Novo Nordisk a vu sa capitalisation s’évaporer après un plongeon de plus de 10 % en août, les investisseurs doutant de sa capacité à maintenir son avance dans l’obésité. Dans le luxe, Kering a été sanctionné avec un recul de 15 % de ses ventes au T2, dont un plongeon de 25 % pour Gucci, tandis que LVMH a mieux résisté.

Renault a affiché une perte nette de plus de 11 milliards d’euros liée à une dépréciation sur Nissan et a abaissé ses prévisions de marge et de cash-flow. Enfin, l’éolien offshore européen a souffert de retards et de coûts persistants, avec Ørsted en première ligne.

Matières premières et obligations : l’or roi, le pétrole stable

Sur le marché des matières premières, l’or a confirmé son statut de valeur refuge ultime. Le métal jaune a franchi le seuil symbolique des 3 000 dollars l’once début août, stimulé par la perspective d’une baisse des taux américains et par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le pétrole, en revanche, est resté étonnamment stable.

Le Brent a évolué autour de 67-68 dollars le baril, coincé entre une demande estivale soutenue et la prudence des investisseurs face aux incertitudes mondiales.

Côté obligations, la détente des rendements a permis aux actifs sensibles aux taux de respirer. Les small caps américaines et l’immobilier coté ont connu un rebond marqué après Jackson Hole. Les investisseurs ont commencé à rallonger leurs positions de duration, anticipant que l’ère des taux élevés touche à sa fin.

Géopolitique : un été sous haute tension

Si les marchés financiers ont fêté Jackson Hole, ils n’ont pas pu ignorer la montée des tensions au Moyen-Orient. Dès juillet, Israël a multiplié les signaux de fermeté à l’égard de l’Iran, accusé de soutenir des groupes armés régionaux. Les États-Unis ont affiché leur soutien inconditionnel à Tel-Aviv, tout en affirmant ne pas vouloir d’une extension du conflit.

Mais à Washington comme à Jérusalem, le message a été clair : toute attaque iranienne sera suivie de représailles.

Dans ce contexte, les investisseurs ont retrouvé de vieux réflexes. L’or a été plébiscité comme valeur refuge, et les flux vers les actifs jugés sûrs se sont intensifiés. Le risque géopolitique est redevenu un facteur central, rappelant que les marchés restent vulnérables aux soubresauts diplomatiques.

À l’autre bout de l’Asie, la radiation d’Evergrande de la Bourse de Hong Kong, fin août, a marqué l’épilogue symbolique d’une crise immobilière qui secoue la Chine depuis plusieurs années. Ce geste, hautement symbolique, a ravivé les craintes sur la solidité du modèle économique chinois, malgré un PIB affiché à +5,2 % au deuxième trimestre.

Perspectives : un automne sous surveillance

À la veille de la rentrée, trois grandes questions se posent. La première est monétaire : la Fed concrétisera-t-elle une première baisse de taux en septembre ? Si oui, le marché pourrait prolonger sa dynamique haussière, mais un chiffre d’inflation ou d’emploi mal orienté pourrait raviver la volatilité.

La deuxième est géopolitique : les tensions au Moyen-Orient, associées aux incertitudes commerciales, constituent une menace immédiate. Une escalade entre Israël, l’Iran et les États-Unis aurait des répercussions directes sur l’énergie et sur la confiance des marchés.

Enfin, la troisième est microéconomique : la vague de l’IA doit continuer de se traduire par des résultats tangibles. Si Microsoft, Palantir et TSMC ont montré la voie, les prochaines publications diront si cette tendance se diffuse à l’ensemble du secteur.

En résumé, l’été 2025 a été celui des contrastes : des marchés actions au zénith, des banques centrales qui amorcent leur pivot, mais aussi des chocs d’entreprises et des menaces géopolitiques qui rappellent la fragilité de cette euphorie. L’automne dira si la promesse d’un atterrissage en douceur peut tenir face aux secousses du monde réel.

Sources
https://www.reuters.com/markets/us/powell-signals-september-rate-cut-jackson-hole-2025-08-22/
https://www.reuters.com/markets/europe/ecb-leaves-interest-rates-unchanged-amid-tariff-uncertainty-2025-07-24/
https://www.reuters.com/world/uk/bank-england-cuts-rates-4-after-narrow-5-4-vote-2025-08-07/
https://www.reuters.com/markets/us/us-consumer-inflation-cools-more-than-expected-july-2025-08-14/
https://www.reuters.com/markets/commodities/gold-hits-record-high-above-3300-rate-cut-hopes-build-2025-08-21/
https://www.ft.com/content/microsoft-capex-30bn-ai-2025
https://www.reuters.com/business/palantir-lifts-annual-revenue-forecast-again-ai-demand-accelerates-2025-08-04/
https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/novo-nordisk-shares-plunge-obesity-drugs-2025-08-06/
https://www.reuters.com/business/autos-transportation/renault-h1-loss-guidance-nissan-impairment-2025-07-26/
https://www.bloomberg.com/news/articles/2025-07-30/kering-sales-slump-gucci-down-25-lvmh-resilient
https://www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/ubs-beats-expectations-with-24-billion-second-quarter-profit-2025-07-30/
https://www.reuters.com/business/finance/santanders-q2-net-profit-rises-7-same-period-2024-2025-07-30/
https://www.reuters.com/world/middle-east/white-house-american-people-not-seek-wider-war-2025-08-14/
https://www.reuters.com/world/middle-east/us-ready-strike-back-mid-east-attack-ambassador-2025-08-20/
https://www.reuters.com/world/china/evergrande-delist-hong-kong-2025-08-25/

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ETF, actions, immobilier : quelle stratégie débuter ?

Se lancer dans l’investissement peut sembler complexe. Entre les ETF, les actions en direct et l’immobilier, il est facile de se perdre. Pourtant, chaque option répond à des objectifs précis, avec ses avantages et ses contraintes.

Voici comment choisir selon son profil et son capital.

Mais avant de plonger dans le sujet, un petit mot sur notre sponsor Trade Republic qui facilite l’investissement dès 1€ et qui permet également d’investir automatiquement un montant fixe sans devoir s’y attarder ! Rejoignez la plateforme dès aujourd’hui et démarrez votre investissement !

Les ETF : la simplicité de la diversification

Les ETF (Exchange Traded Funds) sont des fonds indiciels cotés qui répliquent un indice comme le CAC 40, le S&P 500 ou le MSCI World. En un seul achat, ils permettent d’investir dans des dizaines voire des centaines d’entreprises.

Exemple concret :

  • Un ETF MSCI World vous donne accès à plus de 1 500 entreprises dans 23 pays développés.
  • Même avec 100 €, vous êtes exposé à Apple, Microsoft, Nestlé, Toyota, etc.

Avantages :

  • Diversification immédiate avec un petit capital.
  • Frais très faibles (souvent < 0,3 % par an).
  • Accessible dans un PEA, une assurance vie ou un compte-titres.
  • Idéal pour un investissement passif à long terme.

Limites :

  • Pas de surperformance individuelle (vous suivez l’indice).
  • La performance dépend entièrement du marché global choisi.

💡 Pour qui ?
Débutants cherchant à investir progressivement sans avoir à choisir eux-mêmes chaque entreprise. Parfait pour mettre en place un plan d’investissement programmé (ex. : 100 € par mois sur un ETF mondial).

Les actions en direct : miser sur des entreprises précises

Investir en actions en direct consiste à acheter les titres d’une entreprise pour profiter d’une éventuelle hausse de leur valeur et/ou de dividendes.

Exemple concret :

  • Vous achetez 50 actions TotalEnergies à 60 € → coût 3 000 €.
  • Si le cours monte à 70 €, votre plus-value est de 500 €.
  • Avec un dividende annuel de 3,5 €, vous recevez aussi 175 € par an.

Avantages :

  • Potentiel de gains supérieurs si vous choisissez les bons titres.
  • Dividendes réguliers, pouvant constituer un revenu passif.
  • Liberté de sélectionner vos secteurs favoris (tech, santé, énergie…).

Limites :

  • Risque plus élevé : une seule entreprise peut fortement chuter.
  • Demande du temps pour analyser et suivre les résultats.
  • Nécessite des connaissances en analyse fondamentale et technique.

💡 Pour qui ?
Investisseurs motivés à se former et à suivre l’actualité économique, prêts à assumer plus de volatilité.

L’immobilier est souvent considéré comme la base d’un patrimoine solide. Il peut prendre plusieurs formes :

  • Achat locatif (classique ou meublé)
  • SCPI (Société Civile de Placement Immobilier)
  • Crowdfunding immobilier (financement participatif de projets)

Exemple concret :

  • Achat d’un appartement à 150 000 € financé à 100 % par un crédit.
  • Loyer mensuel : 700 € → remboursement du prêt en grande partie par le locataire.
  • Valeur du bien qui peut augmenter dans le temps.

Avantages :

  • Revenus réguliers grâce aux loyers.
  • Effet de levier du crédit (vous investissez l’argent de la banque).
  • Actif tangible, souvent perçu comme plus stable que la bourse.

Limites :

  • Immobilisation importante du capital.
  • Gestion chronophage (ou frais si gestion déléguée).
  • Moins liquide : vendre prend du temps.

💡 Pour qui ?
Investisseurs avec un capital ou une capacité d’emprunt, cherchant des revenus passifs et une diversification hors marché boursier.

Comment prioriser quand on débute ?

Le choix dépend surtout de votre capital initial, votre tolérance au risque et votre horizon d’investissement.

  • Petit capital (< 5 000 €) : privilégier un ETF mondial pour diversifier immédiatement.
  • Capital intermédiaire (5 000 € – 50 000 €) : combiner ETF pour la base et quelques actions ciblées pour dynamiser la performance.
  • Capital élevé ou accès au crédit : intégrer progressivement l’immobilier locatif ou les SCPI pour diversifier les revenus.

Quelle que soit la stratégie, commencez petit, investissez régulièrement et laissez le temps jouer en votre faveur.

Conclusion

ETF, actions et immobilier ne sont pas des choix exclusifs : ils peuvent se compléter. Si vous êtes débutant, vous avez tout intérêt à commencer simple avec un ETF, à apprendre progressivement, puis à ajouter des actions ou de l’immobilier selon son évolution financière et ses objectifs.

L’investissement, ce n’est pas « choisir le bon produit une fois pour toutes », c’est mettre en place une stratégie évolutive, adaptée à votre vie et au marché.

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Les inégalités économiques : nature ou société ?

L’inégalité économique figure parmi les phénomènes les plus durables et manifestes de nos sociétés modernes. Dans la mesure où les distinctions des revenus et des biens entre les individus, les classes et les pays sont tellement prononcées, elles suscitent des interrogations, de l’indignation et de nombreuses hypothèses.

La méritocratie au cœur de la différentiation

Certains courants, souvent plus ou moins libéraux, considèrent au contraire que les inégalités ne peuvent être qu’une conséquence logique des différences de talents, d’efforts ou de prise de risques. L’économie de marché, sous cet angle, est à l’image de la Nature : elle récompense innovateurs, entrepreneurs ou investisseurs.

Les inégalités ne seraient alors qu’un constat, voire une nécessité à l’effet incitatif d’une “méritocratie” active et dynamique. 

Cette vision s’appuie toutefois sur une hypothèse ignorée : l’inégalité de départ. Personne ne naît avec le même capital éducatif, social, financier. Cette “méritocratie” peut donc tout aussi bien n’être qu’une illusion recoupant des privilèges hérités bien plus que conquis.

Une construction sociale et politique des inégalités

Sous la plume de nombreux sociologues et économistes, de Pierre Bourdieu allant à Thomas Piketty et Amartya Sen, les inégalités économiques ne sont ni naturelles ni inéluctables. Elles dépendent de choix de société : celui du modèle fiscal, de l’éducation, de la redistribution, des politiques salariales, du rapport de force entre capital et travail.

L’État joue alors le rôle clé. Un régime dans lequel la fiscalité est progressive, la redistribution est active et les services publics puissants génèrent inévitablement des inégalités parce que cela ne suffit pas à compenser socialement. À l’inverse, un régime très libéral qui se refuse à la régulation renforce la dynamique de concentration de la richesse entre les mains d’une minorité.

Keynes, en particulier, a plaidé pour une intervention active de l’État afin de réguler les cycles économiques et soutenir la demande, considérant que les marchés livrés à eux-mêmes ne garantissent ni plein emploi ni équité.

Image : John Maynard Keynes

Aujourd’hui, cette tension traverse encore les débats politiques contemporains, illustrée par les propositions de certains politiciens comme de Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à une refondation radicale du modèle redistributif.

Inégalité et représentations comme produits culturels et symboliques

En dehors des données numériques, les inégalités jouent également un rôle dans la représentation : il est stigmatisant d’être pauvre et agréable d’être riche. Les normes sociales justifient la structure économique générale : méritocratie, volonté de risquer, moralité du travail. Le symbolique justifie l’inégalité en validant ces inégalités en les vendant comme résultats individuels et non comme produits du choix collectif.

Un contraste entre un pays développé et émergent

Dans le contexte de la lutte des classes, un comparatif intéressant soulignant une inégalité entre un pays développé comme la France et un pays émergent marqué par une histoire politique forte à savoir le Brésil, met en lumière une inégalité structurelle qui mérite une analyse profonde de cette dissonance sociale et historique.  

La pauvreté va au-delà des limitations financières ; elle prive d’opportunités. Des millions de Brésiliens sont confrontés à des obstacles en matière d’éducation, de soins de santé et de mobilité ascendante, perpétuant ainsi des cycles d’inégalités qui se répercutent d’une génération à l’autre.

Que ce soit sur le plan de l’éducation, de la richesse ou encore sur la santé.

En France, l’accès à l’éducation est garanti à tous, avec une  transmission du savoir dès le  plus jeune âge jusqu’à la majorité. Ce système basé sur l’obligation scolaire vise à instaurer une égalité des chances en assurant à chacun une formation commune.

En effet chaque enfant a le droit à l’éducation et à une place dans un établissement scolaire. À contrario dans un pays émergent tel que le Brésil un enfant est souvent confronté à des difficultés en matière d’éducation. La pauvreté du pays donne naissance à des situations auxquelles certains jeunes sont contraints d’aller travailler au lieu de suivre un cursus scolaire.

Le système social de la France donne la possibilité de se faire rembourser nos soins médicaux. De plus, les normes d’hygiène et de soins sont de rigueur dans ces hôpitaux et pour cause la France applique les normes ISO.

Quelle société voulons-nous?

Admettre que ces inégalités sont sociales revêt la possibilité de les modifier. Cela nécessite de revoir notre politique publique, nos aspirations communes, notre rapport à l’emploi, la fortune et le droit.

Devons-nous prétendre à l’égalité totale? Sans doute pas. Mais il apparaît clair que réduire ces inégalités parmi les moins tenables est un préalable à une société moins secouante, encore plus solidaire et libre.

Sources

Thomas Piketty – Site de Paris School of Economics
https://piketty.pse.ens.fr

Amartya Sen – UNDP sur le développement humain
https://hdr.undp.org/fr

OCDE – Éducation et inégalités
https://www.oecd.org/fr/education/

INSEE – Données sur les inégalités en France

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381474

OMS – Accès aux soins au Brésil
https://www.who.int/fr/countries/bra

Ministère de l’Éducation nationale (France)
https://www.education.gouv.fr

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Banque & Finance Cryptomonnaies En vedette Nos analyses

L’essor de la DeFi : quel avenir pour les banques ?

Depuis 2020, la Finance Décentralisée (DeFi) s’est développée à un rythme rapide. Elle repose sur la technologie blockchain et est soutenue par des protocoles avant-gardistes, transformant profondément les pratiques du secteur bancaire traditionnel en offrant un accès direct à divers services financiers tels que le prêt, l’emprunt, le trading et l’épargne, sans intermédiaire bancaire.

Toutefois, malgré des rendements potentiellement élevés, la DeFi présente également des risques significatifs et pose des questions quant au futur du domaine bancaire.


Qu’est-ce que la DeFi ?


La Finance Décentralisée s’appuie sur des smart contracts, qui sont des programmes informatiques déclenchés automatiquement au sein de la blockchain. Les institutions financières traditionnelles sont substituées par ces contrats: l’absence de conseiller bancaire ou d’intermédiaire devient la norme, car la gestion est assurée par le code et la clarté des
registres publics.

Quelques exemples concrets :

● Prêts et emprunts : Sur Aave ou Compound, un utilisateur peut prêter ses cryptomonnaies et percevoir des intérêts (souvent supérieurs à ceux proposés par une banque), tandis qu’un autre peut emprunter en déposant une garantie.
● Trading décentralisé (DEX) : Uniswap, Curve ou SushiSwap permettent d’échanger des actifs directement entre utilisateurs, sans intermédiaire central.
● Épargne et rendements : Les mécanismes de staking (bloquer ses cryptos pour sécuriser un réseau) ou de yield farming (fournir de la liquidité à un protocole) offrent des rendements parfois à deux chiffres.

En résumé, la DeFi ambitionne de créer un système financier mondial, ouvert et transparent, accessible avec une simple connexion Internet et un portefeuille numérique.

Des rendements attractifs… mais à quel prix ?


L’un des grands arguments de la DeFi réside dans ses rendements élevés (APY – Annual Percentage Yield). Alors que les comptes épargne en banque offrent en moyenne 2 à 4 % par an, certains protocoles DeFi affichent des taux allant de 10 % à plus de 100 %, selon les actifs et la demande.

Mais ces rendements s’expliquent par :

● La volatilité des cryptomonnaies : les gains en tokens peuvent perdre rapidement de la valeur si le marché chute.
● Le risque technologique : une faille dans un smart contract peut entraîner le piratage de millions de dollars.
● Le risque systémique : certains protocoles reposent sur des stablecoins (comme l’USDT ou l’USDC). Si la confiance disparaît, l’écosystème entier peut vaciller.
● Le risque réglementaire : de nombreux États commencent à surveiller la DeFi, ce qui peut entraîner des restrictions ou interdictions.

Autrement dit, les rendements élevés vont de pair avec des risques considérables, souvent mal compris par les nouveaux investisseurs.

Un modèle qui menace les banques traditionnelles ?


La DeFi remet en question le rôle historique des banques :

● Dépôts et épargne : pourquoi laisser son argent à 2 % à la banque quand certains protocoles promettent 10 % ou plus ?
● Prêts : dans la DeFi, pas besoin de vérifier votre dossier de crédit, seule la garantie déposée compte.
● Frais : les services bancaires facturent des commissions, alors que la DeFi se contente des frais de réseau et des protocoles.
Cependant, les banques conservent plusieurs atouts qui leur permettent de rester compétitives face à la DeFi.

Elles offrent avant tout la sécurité des dépôts, garantie par l’État dans de nombreux pays, comme avec le Fonds de Garantie des Dépôts en Europe qui protège l’épargnant en cas de faillite bancaire. Elles assurent également une stabilité structurelle, puisqu’elles ne risquent pas de disparaître du jour au lendemain à cause d’une faille informatique ou d’un piratage massif.

Enfin, elles bénéficient d’un capital essentiel : la confiance des clients. Malgré certains scandales financiers, la majorité des particuliers préfère encore confier son argent à une banque régulée plutôt qu’à un protocole anonyme géré uniquement par du code.Malgré certains scandales financiers, la majorité des particuliers préfère encore confier son argent à une banque régulée plutôt qu’à un protocole anonyme géré uniquement par du code.

Pour conclure

la finance décentralisée représente l’une des innovations les plus disruptives du secteur financier depuis l’apparition d’Internet. Elle propose une vision radicalement nouvelle : un monde où chacun peut prêter, emprunter, investir sans intermédiaire. Mais ses rendements mirobolants cachent des risques élevés, encore mal maîtrisés.

Les banques, loin d’être condamnées, pourraient tirer parti de cette révolution en adaptant leurs modèles. Demain, la frontière entre finance traditionnelle et finance décentralisée pourrait bien s’estomper, au bénéfice des utilisateurs.

Sources

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Forex : comprendre la force des devises (taux et capitaux)

Le marché des changes (Forex) est le plus grand marché financier au monde.

Pour l’aborder efficacement, il est essentiel de comprendre deux notions distinctes :

  • Devise majeure : une monnaie parmi les plus importantes et liquides au monde (USD, EUR, JPY, GBP, AUD, CAD, CHF, NZD).
  • Paire majeure : une paire de change parmi les plus échangées et les plus liquides, comme EUR/USD, USD/JPY, EUR/GBP, EUR/CHF ou USD/CHF.

Ainsi, l’AUD (dollar australien) est une devise majeure, mais AUD/USD n’est pas forcément classée comme une paire majeure selon certains critères de liquidité et de volume.

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Les paires majeures

Les paires majeures regroupent les paires les plus liquides, suivies de près par les traders institutionnels et particuliers.

Exemples :

  • EUR/USD : euro (EUR) / dollar américain (USD)
  • USD/JPY : dollar américain (USD) / yen japonais (JPY)
  • EUR/GBP : euro (EUR) / livre sterling britannique (GBP)
  • EUR/CHF : euro (EUR) / franc suisse (CHF)
  • USD/CHF : dollar américain (USD) / franc suisse (CHF)

Ces paires sont connues pour leur liquidité exceptionnelle, leurs spreads serrés et la quantité importante d’informations disponibles pour les analyser.

Les paires mineures

Les paires mineures regroupent d’autres crosses liquides composées de devises majeures, mais qui ne sont pas classées parmi les paires majeures.

Exemples :

  • AUD/USD : dollar australien (AUD) / dollar américain (USD)
  • NZD/USD : dollar néo-zélandais (NZD) / dollar américain (USD)
  • GBP/JPY : livre sterling (GBP) / yen japonais (JPY)
  • AUD/NZD : dollar australien (AUD) / dollar néo-zélandais (NZD)
  • CAD/JPY : dollar canadien (CAD) / yen japonais (JPY)

Elles offrent souvent des mouvements intéressants, mais avec des spreads légèrement plus larges et une volatilité parfois moins prévisible.

Les paires exotiques

Les paires exotiques associent une devise majeure à une devise issue d’un pays émergent ou moins échangé.

Exemples :

  • USD/TRY : dollar américain (USD) / livre turque (TRY)
  • USD/ZAR : dollar américain (USD) / rand sud-africain (ZAR)
  • USD/SGD : dollar américain (USD) / dollar de Singapour (SGD)
  • EUR/PLN : euro (EUR) / zloty polonais (PLN)
  • USD/SEK : dollar américain (USD) / couronne suédoise (SEK)

Ces paires peuvent offrir des tendances puissantes, mais elles sont caractérisées par une volatilité plus élevée, une liquidité moindre et des coûts de transaction supérieurs.

Corrélations entre devises

Les devises évoluent souvent par corrélations. Par exemple, EUR/USD et EUR/GBP peuvent bouger dans le même sens (corrélation positive), tandis qu’EUR/USD et USD/CHF ont souvent une corrélation négative.

Les devises dites matières premières réagissent aussi aux cours de certains produits :

  • AUD : souvent corrélé à l’or.
  • CAD : sensible aux prix du pétrole.
  • NZD : influencé par les marchés agricoles, notamment les produits laitiers.

Risk-on et Risk-off

Le régime de marché risk-on correspond à une phase où les investisseurs sont confiants, recherchent le rendement et prennent davantage de risques. Dans ce contexte, les devises de matières premières comme l’AUD, le NZD et le CAD sont généralement favorisées, tout comme certaines devises émergentes offrant des taux élevés.

Le régime risk-off correspond à une phase de prudence ou de crainte. Les investisseurs réduisent leur exposition au risque et se replient vers les valeurs refuges, telles que l’USD (dollar américain), le JPY (yen japonais) et le CHF (franc suisse). Ce mouvement peut être déclenché par des crises économiques, des tensions géopolitiques ou de fortes incertitudes sur les marchés.

Les devises refuges

Les devises refuges, ou safe haven currencies, sont recherchées pour leur stabilité économique et financière.

  • USD : première monnaie de réserve mondiale, référence des échanges internationaux.
  • JPY : réputé pour la stabilité et la solidité économique du Japon.
  • CHF : valeur refuge historique en Europe, soutenue par une politique monétaire prudente.

Conclusion

Distinguer devise majeure et paire majeure, comprendre le comportement des paires mineures et exotiques, ainsi que les effets du risk-on et du risk-off, est essentiel pour anticiper les mouvements du marché des changes. C’est cette compréhension fine qui permet d’élaborer des stratégies de trading solides et de gérer efficacement son risque.

À lire : Cycle de Wyckoff et psychologie collective.

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Sources :