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États-Unis : ralentissement et résilience économique

Les premiers mois de 2025 auront confirmé une impression paradoxale : une économie américaine à la fois secouée par les vents contraires du protectionnisme, du ralentissement démographique et des tensions politiques, mais qui continue d’afficher une capacité de résistance hors norme.

Si les chiffres de l’emploi ont envoyé des signaux d’alerte, la dynamique de consommation des ménages et les flux d’investissement, notamment dans l’intelligence artificielle, redessinent le paysage macroéconomique et laissent entrevoir un cycle moins fragile qu’il n’y paraît.

En effet, si la perte de dynamisme est réelle, il est également modeste et ne semble plus s’aggraver. La croissance annualisée du PIB de 1,4 % enregistrée par l’Amérique au premier semestre constituerait une heureuse surprise pour beaucoup en Europe. Et la croissance de 2 % enregistrée par l’Amérique au cours de l’année écoulée semble encore meilleure en comparaison.

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Concernant la suite, l’estimation du modèle GDPNow pour la croissance réelle du PIB (taux annuel corrigé des variations saisonnières) au troisième trimestre 2025 est de 3,1 % au 10 septembre, contre 3,0 % au 4 septembre.

Après les récentes publications du Bureau of Labor Statistics des États-Unis et du Bureau du recensement des États-Unis, les augmentations des prévisions immédiates de la croissance des dépenses de consommation personnelle réelles et de la croissance de l’investissement intérieur privé brut réel de 2,1 % et 6,0 %, respectivement, à 2,3 % et 6,2 %, ont été en partie compensées par une baisse des prévisions immédiates de la contribution des exportations nettes à la croissance du PIB de 0,28 point de pourcentage à 0,23 point de pourcentage.

Évolution des prévisions de GDPNow

De plus les Américains continuent de dépenser. Les derniers chiffres, portant sur juillet, suggèrent que la consommation réelle des ménages a légèrement progressé après un début d’année poussif. Les enquêtes sur l’activité des services suggèrent une tendance similaire, les ventes au détail sont restées solides tout au long de l’année.

L’indicateur de suivi de la Fed d’Atlanta indique que les composantes clés du PIB, dépenses privées et investissement, ​​sont en passe de progresser à un taux annualisé de plus de 2 % au troisième trimestre.

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Les ventes au détail et des services alimentaires aux États-Unis pour juillet 2025, ont connu une hausse de 0,5 % par rapport au mois précédent et de 3,9 % par rapport à juillet 2024. La variation en pourcentage de mai 2025 à juin 2025 a été révisée, passant de +0,6 % à +0,9%.

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Celles-ci sont soutenues par une croissance des salaires qui reste très résiliente et avec des salaires réels qui restent positifs malgré la récente hausse de l’inflation.

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Le facteur clé est le marché du travail « ressenti ». Derrière la faiblesse des créations d’emplois, le taux de chômage reste bas à 4,3 %, proche des niveaux de plein emploi des années 2010. De plus, les marchés financiers, dopés par les anticipations de baisses de taux, créent un effet richesse qui soutient la consommation.

À court terme, la consommation pourrait même bénéficier d’un cocktail stimulant : crédit toujours accessible, Fed sur le point d’assouplir sa politique, et fiscalité moins incertaine après la stabilisation des recettes douanières. Mais la question demeure : cette dépense est-elle soutenable sans apport migratoire, donc sans croissance de la population active ?

Aux États-Unis, les coûts de rémunération des travailleurs civils ont augmenté de 0,9 % au deuxième trimestre 2025, soit le même taux qu’au cours de la période précédente, légèrement au-dessus des prévisions du marché qui tablaient sur une hausse de 0,8 %

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Emploi et immigration : un marché du travail en trompe-l’œil

Les données publiées par le Bureau of Labor Statistics (BLS), moins de 30 000 créations de postes par mois en moyenne cet été, semblent indiquer une décélération brutale. Pourtant, replacées dans le contexte démographique, ces statistiques changent de signification.

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La véritable rupture provient du front migratoire. Le Congressional Budget Office (CBO) a révisé son estimation de solde migratoire net pour 2025 à seulement 400 000 personnes, contre 2 millions anticipés auparavant.

Des chercheurs de l’American Enterprise Institute et de la Brookings Institution, deux groupes de réflexion, estiment ce chiffre entre -500 000 et 100 000. Les douanes et la protection des frontières n’ont signalé que 8 000 « rencontres » avec des migrants illégaux à la frontière sud en juillet, contre 100 000 le même mois l’an dernier et près de 200 000 l’année précédente.

L’immigration a été le principal moteur de la croissance de la population active américaine au cours des 20 dernières années, selon les données du Bureau du recensement des États-Unis. Entre 2000 et 2022, les personnes nées à l’étranger ont représenté près des trois quarts de la croissance totale de la population active civile d’âge moyen (25 à 54 ans).

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Avec le vieillissement de la population américaine et le départ à la retraite d’un nombre croissant de résidents nés aux États-Unis, l’immigration deviendra de plus en plus importante pour stimuler la croissance de la population active. En raison du vieillissement de la population, le nombre de personnes nées aux États-Unis en âge de travailler (25 à 54 ans) a peu évolué entre 2000 et 2022.

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En revanche, le nombre de personnes nées à l’étranger en âge de travailler a augmenté de près de 7 millions au cours de cette période. Et la population âgée née aux États-Unis (65 ans et plus) a augmenté de près de 18 millions au cours de la même période.

Rien qu’en 2023, le personnel des douanes et de la protection des frontières (CBP) a rencontré 2,54 millions de migrants à la frontière sud-ouest. Ce chiffre est à peu près identique aux 2,58 millions de migrants enregistrés en 2022, une année record. À titre de comparaison, la moyenne annuelle prépandémique était de 500 000 migrants.

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Depuis le début de la pandémie aux États-Unis en février 2020, le CBP a enregistré près de 8 millions de rencontres à la frontière sud-ouest, ainsi que près de 2 millions de rencontres à la frontière nord, à la frontière côtière et dans les aéroports.

Bien que le nombre de rencontres ne se traduise pas nécessairement directement par le nombre de migrants admis aux États-Unis, une proportion plus faible de migrants sont refoulés qu’auparavant.

En 2023, moins d’un quart des rencontres à la frontière sud-ouest des États-Unis se sont soldées par un refus d’entrée aux États-Unis, et 58 % des rencontres ont abouti à la libération ou à la libération conditionnelle de migrants vers l’intérieur des terres.

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Il s’agit d’un renversement de situation par rapport aux neuf années précédentes, lorsque plus de la moitié des 8,7 millions de migrants appréhendés à la frontière sud n’ont pas été admis aux États-Unis, et moins d’un quart ont été autorisés à entrer.

La situation difficile et la dégradation des conditions de vie dans de nombreux pays d’Amérique latine et des Caraïbes, dont Cuba, Haïti, le Nicaragua et le Venezuela, ont incité le gouvernement américain à étendre des programmes tels que la libération conditionnelle humanitaire pour les ressortissants de ces pays.

De nombreux migrants prennent le risque de voyager non seulement pour échapper à des situations difficiles, mais aussi parce qu’ils croient pouvoir entrer aux États-Unis grâce à des mesures humanitaires.

Un autre facteur d’attraction est la disponibilité du travail et la hausse des salaires. Après la pandémie, le marché du travail américain était extrêmement tendu, en particulier dans les secteurs qui ont tendance à dépendre de la main-d’œuvre immigrée.

Le taux d’offres d’emploi, ou le nombre de postes vacants rapporté à l’emploi total d’un secteur, a atteint des niveaux records en 2021 et 2022, notamment dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration, du commerce de détail, de la santé et de l’aide sociale.

En effet, en 2024, les travailleurs nés à l’étranger étaient plus susceptibles que les travailleurs nés au pays d’être employés dans professions de services (22% contre 15,1%) ; ressources naturelles, construction et professions de maintenance (13,9% contre 7,7%) ; et la production, le transport et professions liées au transport de matériaux (15,5 % contre 11,6 %).

Les travailleurs nés à l’étranger étaient moins susceptibles que les travailleurs nés au pays d’être employés dans la gestion, les professions libérales et les secteurs connexes professions (35,4% contre 45,9%) et dans les professions de la vente et de bureau (13,2% contre 19,8%).

Les salaires ont également augmenté plus rapidement dans les professions et les secteurs à forte proportion d’immigrants que dans ceux qui en comptaient une plus faible proportion. Des études ont montré que les conditions du marché du travail américain sont l’un des principaux moteurs de l’immigration clandestine.

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Avec cette récente vague d’immigration, la population active née à l’étranger s’est complètement remise de la baisse due à la pandémie, dépassant même ce qui aurait été attendu en l’absence de pandémie. Selon l’Enquête sur la population active (Current Population Survey), la population active née à l’étranger a atteint son niveau de février 2020 en novembre 2021 et a dépassé la croissance tendancielle en août 2022.

En 2024, les personnes nées à l’étranger représentaient 19,2 % de la main-d’œuvre civile américaine, en hausse contre 18,6% en 2023.

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L’afflux d’immigrants prêts à travailler a stimulé la croissance démographique, la population active et l’emploi dans l’économie américaine post-pandémique. Selon les estimations du Hamilton Project, une immigration accrue a stimulé la croissance des emplois salariés de 70 000 emplois par mois en 2022, puis de 100 000 emplois par mois en 2023 et jusqu’en 2024. La limite supérieure de la fourchette de croissance de l’emploi a doublé, passant de 100 000 emplois par mois à 200 000, sans l’afflux d’immigration.

Il n’est pas rare que l’immigration contribue largement à la croissance de l’emploi. Avant la pandémie, de 2010 à 2019, la part de la croissance de l’emploi attribuable à l’immigration s’élevait en moyenne à 45 %.

Dans les années qui ont suivi la COVID, sous l’administration Biden, elle a atteint un sommet de 70 %. En 2022, 70 % de la croissance totale de la population active provenait de travailleurs étrangers. Ce chiffre a ralenti pour atteindre des niveaux encore très élevés en 2023, à 60 % du total.

La hausse de l’emploi, conjuguée à la consommation de biens et services par les immigrants aux États-Unis, stimule également la croissance du PIB. Selon l’étude du Projet Hamilton, la hausse de l’immigration a contribué à hauteur d’environ 0,1 point de pourcentage à la croissance annuelle du PIB en 2022 et 2023, et devrait continuer à le faire en 2024.

Cette évolution modifie la « barre de soutenabilité » (nécessaire pour maintenir la stabilité du taux d’emploi) du marché de l’emploi. Les estimations démographiques de l’année dernière du Bureau du recensement suggèrent que 90 000 nouveaux emplois seraient nécessaires pour atteindre ce taux, selon les calculs de Jed Kolko du Peterson Institute for International Economics, un autre groupe de réflexion.

Mais avec les nouvelles hypothèses du CBO, ce seuil chute à 50 000, voire 30 000 en cas de solde migratoire nul. Autrement dit, même les créations actuelles, faibles en apparence, suffisent à maintenir l’équilibre.

Les économistes de Barclays qui suivent ces tendances estiment que la croissance « potentielle » des salaires privés non agricoles, ou le niveau d’emplois supplémentaires qui peuvent être créés sans entraîner de pénurie de main-d’œuvre, pourrait tomber à moins de 10 000 par mois d’ici la fin de l’année prochaine, contre plus de 100 000 aujourd’hui.

Ces chiffres sont assez frappants si l’on considère que la croissance mensuelle moyenne des salaires privés a été d’environ 172 000 au cours des deux dernières années.

Dans le même temps, Barclays affirme s’attendre à ce que les effets du vieillissement de la population « s’intensifient très bientôt », exerçant une pression à la baisse encore plus forte sur la croissance de l’emploi.

La conclusion est que l’offre de travail s’est effondrée. Cela signifie que nous ne sommes tout simplement plus en mesure de créer des emplois au même rythme qu’auparavant, ce qui correspond au seuil de rentabilité, qui est tombé en dessous des niveaux de 2016. En outre, le vieillissement de la population et le faible taux de participation amplifient cette dynamique. Autrement dit, si le chômage n’explose pas, ce n’est pas parce que la demande de travail est forte, mais parce que l’offre se réduit.

En parallèle, la demande de main-d’œuvre a peut-être été temporairement affaiblie par le fait que les employeurs ont retardé l’embauche jusqu’à la tourmente tarifaire de Trump. Mais on ne constate pas de licenciements massifs.

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En résumé, l’immigration a eu un impact sur l’offre et la demande de main-d’œuvre. L’offre de travailleurs disponibles a fortement diminué en raison de l’immigration, ce qui entraîne naturellement une baisse des créations d’emplois.

Le marché du travail ne peut tout simplement pas croître au rythme de ces dernières années, faute de main-d’œuvre. La demande a ralenti, conséquence naturelle de l’immigration, mais aussi du choc majeur que nous avons subi en début d’année.

On n’écarte pas la possibilité d’un nouveau ralentissement, voire d’une contraction, de la croissance de l’emploi. Cependant, je ne pense pas qu’il faille exclure non plus la possibilité d’une amélioration par rapport aux niveaux très bas observés une fois le choc passé.

Gardez ceci à l’esprit : malgré la croissance de l’emploi, certes infime, stagnante ces trois derniers mois, et malgré la plus forte hausse historique du nombre de nouveaux chômeurs le mois dernier, le taux de chômage est resté à 4,3%.

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C’est le signe d’un resserrement du marché du travail, ce qui pourrait bien se produire si le pire du choc d’incertitude est derrière nous et que la demande de travail, même si elle n’atteint pas des niveaux attrayants, dépasse l’offre anémique. Un point à considérer.

C’est précisément ce piège que la Fed doit éviter. Powell doit concilier deux objectifs contradictoires : préserver la crédibilité anti-inflation, menacée par des anticipations en hausse, des prix importés qui accélèrent et des salaires privés encore dynamiques ; et ne pas fermer la porte à un assouplissement si les prochains indicateurs, notamment sur l’emploi et l’inflation d’août, venaient à se dégrader.

Le revers de la médaille est cependant clair : en freinant l’immigration, moteur structurel de la croissance américaine depuis les années 1990, Washington compromet le potentiel de long terme. Moins de main-d’œuvre signifie aussi moins d’innovation, moins de dynamisme entrepreneurial et une pression accrue sur certains secteurs en tension, santé, construction, services aux ménages. L’équation politique du court terme (réduire la pression migratoire) se paie en affaiblissant le socle de croissance future.

L’IA comme pilier de l’investissement et relais de croissance

Si le socle démographique s’effrite, c’est du côté de la productivité que les États-Unis cherchent un second souffle. L’investissement privé, mesuré par l’indicateur de suivi de la Fed d’Atlanta, se maintient à un rythme supérieur à 2 % annualisé au troisième trimestre. Une large partie de cette dynamique est portée par les dépenses massives dans l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques.

Les big techs continuent d’annoncer des plans d’investissement colossaux dans les data centers, les semi-conducteurs et les modèles d’IA générative. Cette vague constitue à la fois une réponse aux tensions sur l’offre de travail (substituer le capital au travail) et un pari sur l’avenir : restaurer la productivité totale des facteurs, en berne depuis une décennie.

Au deuxième trimestre, les catégories liées aux technologies ont contribué à hauteur de 4,3 points de pourcentage à la croissance globale de l’investissement, compensant les baisses observées ailleurs.

Le secteur du matériel informatique a dominé la croissance, avec des investissements en ordinateurs et équipements connexes en hausse de 41 % sur l’année, reflétant une forte augmentation des commandes de serveurs et de systèmes GPU. La construction de centres de données a atteint un taux annuel record de 40 milliards de dollars en juin, en hausse de 30 % par rapport à l’année dernière – un point positif dans un contexte de construction par ailleurs difficile.

Cette forte hausse des investissements est due aux hyperscalers (Meta, Alphabet, Microsoft, Amazon et Oracle), qui devraient consacrer 342 milliards de dollars aux dépenses d’investissement en 2025, soit une augmentation de 62 % par rapport aux 67 % de l’année dernière. Des entreprises privées comme OpenAI et Anthropic réalisent également des investissements similaires pour soutenir le développement de nouveaux modèles de pointe.

Du point de vue du PIB, l’impact est encore modeste, mais il devrait évoluer. Les données officielles reflètent principalement la première phase d’investissement dans l’IA, mettant l’accent sur les puces, les serveurs et les équipements réseau.

La phase suivante cible les infrastructures de soutien telles que les centrales électriques et la modernisation du réseau, dont la planification, l’obtention des permis et la construction peuvent prendre des années. Les premiers signes de cette phase apparaissent, mais son impact complet est probablement à venir.

Des chercheurs de Pantheon Macroeconomics ont constaté que les dépenses liées à l’IA ont représenté une différence de 0,5 point de pourcentage dans la croissance annualisée du PIB au premier semestre. Sans ces dépenses, Pantheon estime que l’économie américaine aurait progressé de moins de 1 %, signe que les entreprises technologiques soutiennent une économie en difficulté.

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Le contraste avec l’Europe est saisissant : alors que les économies du Vieux Continent peinent à dépasser 0,5 % de croissance, l’Amérique investit dans les technologies qui définiront le prochain cycle. Même si les effets productifs sont encore incertains et concentrés dans quelques secteurs, la trajectoire est claire : compenser un déficit de main-d’œuvre par un surcroît d’innovation.

Politique monétaire et risque politique

La Fed, confrontée à un ralentissement modeste mais réel, s’apprête à enclencher une série de baisses de taux. Les marchés anticipent trois assouplissements d’ici décembre. Pourtant, le diagnostic n’est pas celui d’une récession : spreads de crédit faibles, disponibilité du financement bancaire, inflation au-dessus de 2 %. L’assouplissement apparaît davantage comme une réponse politique et préventive qu’un geste de sauvetage.

La vraie incertitude réside ailleurs : la pression directe exercée par Donald Trump sur la banque centrale. Ses tentatives de limoger une gouverneure de la Fed rappellent que l’indépendance monétaire est fragile.

Or, dans un régime de déficits budgétaires massifs et d’inflation sous-jacente encore élevée, une Fed compromise ne pourrait plus ancrer les anticipations. Le risque n’est donc pas tant la croissance que la crédibilité future de la politique monétaire.

Conclusion : une économie en mutation lente, pas en crise

Le pessimisme ambiant repose sur des signaux réels, ralentissement de l’emploi, tensions politiques, protectionnisme, mais il néglige trois amortisseurs puissants :

  • Le marché du travail ajusté au nouveau contexte migratoire, qui relativise la faiblesse des créations d’emplois,
  • La consommation et les ventes au détail, encore robustes malgré l’incertitude,
  • L’investissement massif dans l’IA et les infrastructures numériques, vecteur potentiel de productivité future.

L’Amérique de 2025 n’est pas une économie en effondrement, mais une économie en recomposition : moins ouverte à l’immigration, plus dépendante de sa demande intérieure, et en quête de nouveaux moteurs via l’intelligence artificielle. Le défi sera d’équilibrer ces trois dimensions, tout en préservant l’indépendance d’une Fed plus que jamais au centre du jeu.

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Investir dans l’incertitude : quand les fonds fermés cotés prennent le relais du Private Equity

Depuis toujours, la volatilité des marchés financiers pousse de nombreux investisseurs à rechercher des solutions plus stables. Dans ce contexte, le Private Equity s’est imposé comme une alternative crédible, capable de générer de la performance tout en s’affranchissant des fluctuations quotidiennes des marchés cotés.

Cependant, malgré plus d’une décennie de succès, le manque de transparence et les valorisations élevées des entreprises non cotées pèsent aujourd’hui sur cette classe d’actifs et suscitent des interrogations.

Face à cela, certaines sociétés de gestion comme Erasmus AM proposent une alternative : le fonds fermé coté, qui combine les avantages du Private Equity (accompagnement dans la durée de sociétés prometteuses) avec une meilleure transparence et des valorisations attrayantes qu’offrent actuellement les petites et moyennes capitalisations européennes.

Private Equity : l’illiquidité comme fondement

Le Private Equity repose sur un principe clé : investir dans des actifs illiquides avec un horizon long terme et une stratégie de création de valeur progressive.

  • Capital bloqué : levé au départ, il reste immobilisé sur une durée fixe fréquemment prolongée (souvent au-delà de 10 ans).
  • Vision stratégique : permet aux gérants de déployer sereinement du capital dans des projets de long terme (par exemples des PME non cotées).
  • Alignement d’intérêts : stabilité et discipline renforcent la convergence entre investisseurs (LPs) et gestionnaires (GPs).

Cette structure convient parfaitement aux actifs illiquides, mais peut être perçue comme contraignante pour les investisseurs recherchant davantage de souplesse.

Fonds fermés cotés : transparence et valorisation attrayante

Un fonds fermé investi dans le coté s’appuie sur les grands principes du Private Equity, tout en offrant deux atouts décisifs :

  • Transparence renforcée : contrairement au Private Equity, les sociétés en portefeuille sont cotées en bourse et donc valorisées en continu par le marché, ce qui permet de suivre clairement l’évolution de la performance.
  • Flexibilité de gestion supérieure : Les prises de participation sont systématiquement minoritaires et permettent aux gérants d’amender leurs positions en cas de changement d’opinion. Cela permet également de grandement limiter le risque que le fonds soit prolongé au-delà des 5 ans prévu. 
  • Valorisations attrayantes : Alors que l’engouement pour le Private Equity des dernières a fait fortement progresser les valorisations, les Petites Capitalisations cotées n’ont pas connu une telle euphorie et offrent actuellement une décote de près de 30% par rapport au non coté.

À qui s’adressent les fonds fermés ?

Historiquement, les fonds fermés étaient réservés aux institutionnels et aux grands investisseurs, avec un ticket d’entrée d’au moins 100 000 euros. Cette barrière limitait fortement l’accès à cette classe d’actifs.

Dès cette année, grâce au cadre ELTIF 2.0, Erasmus AM démocratise cette approche en abaissant le ticket d’entrée à 20 000 euros.

Ainsi, dans une allocation de long terme (avec une période de blocage de 5 ans), un fonds fermé coté devient une solution pertinente pour :

  • réduire la volatilité de son portefeuille,
  • profiter des faibles valorisations actuelles des small caps européennes
  • laisser le temps jouer en votre faveur grâce à une gestion de long terme.

En conclusion

Le Private Equity reste un outil idéal pour les investisseurs en quête de performance supérieure grâce à son horizon long terme et son capital bloqué. Mais son manque de transparence et les valorisations élevées des entreprises non cotées en limitent aujourd’hui l’attrait.

En revanche, les fonds fermés côtés, offrent une réponse adaptée : transparence, période de blocage plus courte (5 ans) et surtout une exposition à des valorisations attractives sur les small et mid caps européennes.

C’est sur cette conviction qu’Erasmus AM a lancé, il y a quelques semaines, la période de souscription d’un fonds fermé dédié aux micro-capitalisations européennes qui se nomme EDL 2030.

Ce fonds vise à offrir à nos clients une exposition directe à la reprise européenne, avec une prise de participation au capital des sociétés les plus prometteuses, dans une logique de long terme, tout en réduisant les biais comportementaux qui pèsent souvent sur la performance.

Grâce à cette structure, notre équipe de gérants et d’analystes pourra gérer activement la montée en puissance du portefeuille et ajuster les pondérations en fonction des opportunités et des niveaux de valorisation de marché.

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Comment les think tanks influencent-ils la politique ?

Trois noms reviennent souvent dans les sphères d’influence : Brookings Institution, Heritage Foundation ou encore l’Institut Montaigne.

Ces organisations, appelées think tanks produisent rapports, tribunes, analyses économiques ou sociales, et sont omniprésentes dans les médias comme dans les coulisses du pouvoir. Derrière leur apparente neutralité intellectuelle se cache une véritable force politique, souvent bien plus influente qu’un parti minoritaire ou qu’un syndicat.

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Des idées aux lois : l’influence invisible

Un think tank ne rédige pas de lois, mais il fabrique les idées qui les inspirent. En fournissant des analyses « expertes » aux décideurs politiques, il contribue à définir ce qui est perçu comme une solution rationnelle ou nécessaire.

Cette influence est d’autant plus puissante qu’elle agit en amont : avant même que le débat politique ne commence. Aux États-Unis, la Heritage Foundation a joué un rôle clé dans l’élaboration du programme économique de Ronald Reagan dans les années 1980. Plus récemment, des think tanks comme l’American Enterprise Institute ont pesé dans les réformes fiscales ou les politiques de dérégulation.

En France, l’Institut Montaigne, souvent présenté comme modéré et libéral, propose régulièrement des réformes sur l’éducation, la santé ou le marché du travail, qui finissent par inspirer des politiques publiques. Quand Emmanuel Macron arrive à l’Élysée en 2017, plusieurs de ses conseillers viennent directement du monde des think tanks, notamment de Terra Nova ou de Montaigne.

Le pouvoir de ceux qu’on n’élit pas

Contrairement aux partis politiques ou aux syndicats, les think tanks ne sont soumis à aucun contrôle démocratique. Leurs experts ne sont pas élus, mais invités dans les médias, consultés par les ministères ou appelés à témoigner devant les assemblées.

Leur autorité repose sur leur capacité à produire des rapports solides, bien présentés, souvent appuyés par des chiffres… mais dont l’objectivité est parfois très relative. La question qui se pose est donc simple : qui finance ces idées ?

Une neutralité souvent illusoire

Beaucoup de think tanks se veulent indépendants, mais leurs sources de financement orientent inévitablement leurs travaux. Lorsqu’un institut est financé par de grandes entreprises, des banques ou des milliardaires, ses propositions tendent logiquement à refléter ces intérêts.

Le Cato Institute, par exemple, financé par les frères Koch magnats du pétrole aux États-Unis – défend des idées ultralibérales, opposées à toute régulation environnementale ou intervention de l’État. En Europe, certains think tanks sont également soutenus par des fonds privés ou même étrangers, ce qui soulève la question de leur réelle autonomie intellectuelle.

Même en France, où le financement est parfois plus opaque, plusieurs instituts reçoivent d’importants dons privés ou des subventions publiques. Les idées mises en avant comme la baisse des dépenses publiques ou la réforme du code du travail ne sont donc pas neutres : elles servent une vision économique bien spécifique.

Quand l’expertise devient un instrument politique

Tout comme les agences de notation transforment une analyse technique en pression politique, les think tanks utilisent leur statut d’expert pour peser sur l’opinion et sur les gouvernements. En période de crise, leurs voix sont souvent les premières que l’on entend dans les médias : on les consulte, on les cite, on leur donne la parole.

Mais derrière le vernis technique, leurs recommandations peuvent entraîner des choix lourds de conséquences : privatisations, réduction des dépenses sociales, baisse des impôts pour les plus riches, limitation du droit du travail. Autant de mesures qui changent concrètement la vie des citoyens, sans qu’ils aient été associés à leur élaboration.

Une influence difficile à réguler

Le problème est aussi structurel : comme le marché de la notation financière, le monde des think tanks est concentré et dominé par quelques grandes institutions. Un petit nombre d’organisations bien financées capte une large part de l’attention politique et médiatique.

Les think tanks alternatifs, progressistes ou écologistes comme l’Institut Rousseau, ATTAC ou le Shift Project peinent à émerger dans cet écosystème saturé. Pourtant, ce sont eux qui proposent d’autres grilles de lecture, d’autres priorités : plus sociales, plus écologiques, plus inclusives.

Les think tanks ne sont pas de simples laboratoires d’idées. Ce sont des acteurs politiques puissants, qui influencent directement les choix de société, sans jamais passer par les urnes. Leur pouvoir, souvent invisible, mérite d’être interrogé. Car à la fin, il faut se poser une question essentielle : ces idées servent-elles vraiment l’intérêt général, ou celui de ceux qui les financent ?

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Affaire CumCum : Crédit Agricole CIB visé par le PNF

Le président du tribunal judiciaire de Paris a validé, le 8 septembre 2025, la Convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) conclue entre le Crédit Agricole CIB et le Parquet National Financier dans l’affaire dite du « CumCum ».

Eléments de langage juridique sur cette procédure pénale particulière, relativement récente, applicable aux sociétés, dans le cadre d’une forme de « plaider-coupable ».

Selon l’enquête diligentée par le Parquet National Financier à l’encontre du Crédit Agricole dans le cadre de l’affaire « CumCum », certaines opérations de prêts-emprunts de titres et de dérivés sur actions auraient constitué des arbitrages de dividendes irréguliers.


L’enquête visait notamment des qualifications pénales de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale, au visa des articles 1741 du code général des impôts et 324-1 du code pénal.

Le montant total de l’amende établie et avalisée ce 8 septembre 2025 fut de 88, 25 millions d’euros. Cette convention, qui ne constitue pas une condamnation pénale mais une alternative aux poursuites, n’emporte aucune déclaration de culpabilité.


Il s’agit dès lors d’une innovation juridique française, s’inspirant du droit américain. C’est la raison pour laquelle cette procédure est souvent appréhendée avec intérêt par les entreprises poursuivies, souhaitant éviter un long procès aux conséquences incertaines.


Instaurée par la loi du 9 décembre 2016, la CJIP est définie comme une transaction judiciaire opposable aux personnes morales ayant commis des faits de corruption, trafic d’influence, fraude fiscale, infractions environnementales etc, selon les articles 41-1-2 et 41-1-3 du code de procédure pénale.

Elle permet d’imposer à la personne morale les obligations suivantes :

  • le versement d’une amende d’intérêt public au Trésor public, pouvant atteindre 30 % du chiffre
    d’affaires annuel,
  • la mise en œuvre d’un programme de mise en conformité d’une durée maximale de trois ans,
  • la réparation du préjudice causé à la victime.

Comme rappelé précédemment, cette mesure spéciale diffère d’une procédure répressive habituelle en ce qu’elle n’est pas une condamnation et, de facto, exclut les risques d’interdiction d’exercice et d’inscription au casier judiciaire.

Il est intéressant de noter que si cette banque a opté pour cette transaction, la reconnaissance de la faute semble certaine mais dans un contexte lui évitant un procès.


D’autres affaires similaires sont en cours d’enquête, aussi, il serait probable que cette décision entraîne des jurisprudences similaires.

Optimisation fiscale ou fraude ?

La Justice semble avoir tranché en l’absence de procès.

Sources :

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Inflation US : Rapport CPI du 11 septembre 2025

Le 11 septembre 2025, le Bureau of Labor Statistics (BLS) a publié les données d’inflation pour le mois d’août. Très attendu par les marchés financiers, ce rapport sur l’Indice des Prix à la Consommation (CPI) éclaire la dynamique des prix à quelques jours de la réunion de la Réserve fédérale (16-17 septembre), où une baisse des taux est largement anticipée.

Des chiffres en ligne avec les attentes

En août, l’inflation globale (CPI-U) a progressé de 0,4 % sur un mois, soit le double de la hausse de juillet (+0,2 %). En rythme annuel, elle s’établit à 2,9 %, contre 2,7 % en juillet, conformément au consensus.

L’inflation sous-jacente (core CPI), qui exclut l’énergie et l’alimentation, a augmenté de 0,3 % en rythme mensuel et de 3,1 % sur un an. Ces chiffres, attendus, traduisent néanmoins des tensions persistantes dans certains secteurs.

Les moteurs de la hausse des prix

  • Logement et loyers : principaux contributeurs à l’inflation, confirmant la pression durable des coûts liés à l’immobilier résidentiel.
  • Alimentation : progression marquée, alimentée par des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
  • Énergie : les prix de l’essence se redressent, reflétant la volatilité des coûts énergétiques.
  • Biens manufacturés : certains segments, comme l’électroménager, affichent au contraire des baisses de prix.

Les tarifs douaniers introduits par l’administration Trump commencent également à peser sur les biens importés. Pour l’instant, leur impact demeure modéré, mais les économistes anticipent un effet plus marqué dans les prochains mois si la tendance se confirme.

Conséquences pour la Fed et réactions de marché

Ce rapport intervient dans un contexte où la Fed est appelée à assouplir sa politique monétaire afin de soutenir une économie fragilisée.

  • Malgré la légère accélération de l’inflation, les chiffres ne constituent pas un frein à une baisse des taux, d’autant que les dernières données sur l’emploi ont révélé une révision à la baisse de 911 000 créations de postes sur l’année écoulée.
  • Les marchés restent confiants : la probabilité d’une baisse de 25 points de base en septembre est largement intégrée, avec 67 % de chances d’un second mouvement en octobre (CME FedWatch).

Les réactions immédiates ont été mesurées :

  • Le S&P 500 a progressé de 0,2 % en contrats à terme,
  • Le dollar s’est légèrement renforcé,
  • Les rendements à 10 ans sont restés stables autour de 4,04 %.

Une trajectoire d’inflation encore incertaine

Si l’inflation globale se maintient dans une zone relativement maîtrisée, l’inflation sous-jacente à 3,1 % reste au-dessus de la cible de la Fed. Plusieurs tendances pourraient cependant limiter les pressions à venir :

  • Le ralentissement progressif des loyers (données Zillow et Fed de Cleveland),
  • La récente modération des prix de l’énergie,
  • Des anticipations d’inflation des ménages stables, évitant un dérapage psychologique.

Conclusion : une fenêtre pour l’assouplissement

Le rapport CPI d’août 2025 confirme un environnement de prix légèrement plus tendu, mais sans remettre en cause la trajectoire de la Fed vers une politique monétaire plus accommodante. L’équilibre reste délicat : soutenir un marché du travail en perte de vitesse tout en préservant la stabilité des prix.

Les prochaines publications, notamment l’indice PCE, indicateur de référence pour la Fed; seront déterminantes pour confirmer la marge de manœuvre dont disposent Jerome Powell et ses collègues dans leur stratégie de normalisation.

Sources :  

– Bureau of Labor Statistics, Consumer Price Index, August 2025 
https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm

– The New York Times, “U.S. Inflation Report Shows Effects of Trump’s Tariffs” https://www.nytimes.com/live/2025/08/12/business/cpi-inflation-tariffs-fed

– TD Economics, U.S. Consumer Price Index (July 2025) 
https://economics.td.com/us-cpi

– CNBC, US CPI Data LIVE Updates
https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm

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Faut-il investir en Bourse ou dans l’immobilier ? Une étude surprenante (Immoweb)

L’étude Immoweb révèle des résultats surprenants sur 25 ans !

C’est un dilemme bien connu des épargnants et investisseurs : placer son argent dans la Bourse, avec ses rendements souvent plus rapides mais volatils, ou miser sur la brique, réputée plus stable et soutenue par l’effet de levier du crédit immobilier.

Immoweb, la plateforme incontournable de l’immobilier, a analysé la performance de ces deux options sur 25 ans, en comparant un investissement immobilier à un placement équivalent dans le BEL 20 GR (incluant les dividendes réinvestis).

Les principaux enseignements

  • Des frais d’entrée lourds pour l’immobilier
    En Belgique, acheter un bien implique environ 15 % de frais en plus du prix du bien (droits d’enregistrement et notaire).
    En comparaison, chaque euro placé en Bourse peut travailler immédiatement. Résultat : il faut en moyenne 4 ans et 7 mois pour que la valeur nette d’un bien couvre ces frais.
  • Un rattrapage progressif
    Malgré ce handicap initial, l’immobilier rattrape la Bourse au bout de 18 ans et 2 mois en moyenne dans les communes où il surpasse le marché boursier. Il faut de la patience mais bon, la patience, ça paie !
  • Un bilan contrasté selon les régions
    • Dans 17 communes sur 30 étudiées, l’immobilier a généré plus de richesse que la Bourse sur 25 ans. Une belle majorité !
    • À Bruxelles, par exemple, 14 communes (Saint-Josse, Schaerbeek, Anderlecht, etc.) ont battu la performance du BEL 20, grâce à des prix accessibles et une bonne progression des loyers.
    • À Anvers, la croissance annuelle des prix (+3,7 %) en fait la ville la plus performante.
    • En Wallonie, seule Liège dépasse le BEL 20, mais après 23 ans.
  • Des écarts bien écartés
    Au terme de 25 ans :
    • Dans les communes gagnantes, l’immobilier rapporte en moyenne 395 348 €, soit +15 % par rapport au BEL 20.
    • Dans les moins performantes, le patrimoine immobilier reste important (331 619 € en moyenne), mais environ –17 % par rapport à la Bourse.

L’immobilier, c’est surtout la puissance de l’effet de levier

Deux mécanismes expliquent la performance immobilière :

  • Les loyers aident à rembourser le crédit, augmentant progressivement la part nette de l’investisseur.
  • L’effet de levier du prêt : une hausse du prix du bien profite à l’ensemble de sa valeur, pas seulement à l’apport initial.

Bourse, ce sont surtout la flexibilité et la liquidité

Investir en Bourse, c’est :

  • Un accès immédiat à la performance, sans frais d’entrée élevés.
  • Une liquidité totale : vos parts peuvent être revendues en un clic, contrairement à l’immobilier.
  • Mais une volatilité plus forte et une dépendance aux cycles économiques.

Alors, que choisir ?

  • Immobilier : idéal pour ceux qui cherchent un actif tangible, capable de générer un patrimoine solide à long terme, à condition d’accepter les frais de départ et de bien choisir la localisation.
  • Bourse : plus adaptée aux investisseurs recherchant flexibilité, diversification et rendement immédiat, avec un horizon de placement de long terme pour lisser la volatilité.

En réalité, la réponse n’est pas binaire. Comme le montre l’étude, diversifier entre Bourse et immobilier reste souvent la meilleure stratégie pour combiner rendement, stabilité et sécurité.

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Ramify : la fintech qui révolutionne la banque privée en France

Il y a des histoires d’entrepreneurs qui naissent dans un garage, d’autres autour d’un café. Celle de Ramify commence sur les bancs de CentraleSupélec, où deux étudiants passionnés d’ingénierie, Olivier Herbout et Samy Ouardini, se croisent sans encore savoir qu’ils allaient, quelques années plus tard, bousculer un secteur figé depuis des décennies : la banque privée.

Nous sommes donc allés à leur rencontre pour mieux comprendre leur démarche, découvrir les coulisses de ce projet prometteur et vous partager une histoire qui, à coup sûr, saura vous inspirer.

Des bancs d’école à la finance internationale

Après leurs études, chacun suit un parcours prestigieux :

  • Olivier rejoint Goldman Sachs à New York,
  • Samy intègre le cabinet de conseil Oliver Wyman.

Forts de plusieurs années dans ces institutions prestigieuses, les deux amis font le même constat : en France, les particuliers sont trop souvent livrés à eux-mêmes face à leur épargne. L’univers de la gestion patrimoniale reste opaque, coûteux et réservé aux initiés.

Une conviction est née : ouvrir l’accès à des solutions patrimoniales de premier plan, dans un cadre digitalisé, transparent et conforme aux attentes des investisseurs modernes.

C’est ainsi qu’en 2021, Ramify voit le jour.

Une plateforme patrimoniale tout-en-un

En trois ans, Ramify a construit une offre complète qui simplifie la vie des investisseurs :

  • Assurance vie (classique, mineur, luxembourgeoise)
  • PER
  • PEA
  • Private equity
  • SCPI
  • Club deals immobiliers
  • Cryptomonnaies
  • Art
  • Produits structurés
  • Compte à terme
  • Livret d’épargne

Que demander de plus ?

Des solutions qui étaient autrefois réservées à une minorité, désormais accessibles en quelques clics. Mais au-delà de la variété, Ramify se veut un véritable partenaire de confiance, combinant digitalisation, optimisation fiscale et simplicité d’utilisation.

Des innovations de rupture

Ramify ne se contente pas d’aligner les produits. La plateforme se distingue par des choix audacieux :

  • Première assurance-vie luxembourgeoise 100 % digitale, accessible dès 100 000 € (contre plus du double auparavant).
  • Gestion encadrée des crypto actifs, avec le statut officiel de PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques).
  • Lancement du X Fund via leur propre société de gestion (Valhyr Capital), un fonds hybride inspiré du légendaire All Weather Fund de Ray Dalio, combinant marchés publics, privés et alternatifs pour viser une performance stable et diversifiée.

Évidemment, la performance des placements Ramify ne manque pas d’être au rendez-vous. En 2024, leurs portefeuilles standards en gestion pilotée ont affiché des rendements allant de 5,03 % à 27,12 %, selon le niveau de risque choisi :

Rendements de leurs portefeuilles

Une croissance fulgurante

En à peine trois ans, Ramify a déjà :

  • séduit des milliers d’investisseurs particuliers,
  • levé 11 millions d’euros auprès d’acteurs majeurs comme Fidelity International Strategic Ventures,
  • obtenu +30 labels de référence dans le secteur financier.

De plus, les notes obtenu par ramify auprès de ces clients sont sans appel : 

  • Note Trustpilote : 4,7/5 pour 163 avis 
  • Note Google : 4,9/5 pour 116 avis 

Plus qu’une plateforme : une vision

Ce qui distingue vraiment Ramify, c’est sa philosophie.
Ne pas simplement proposer des produits financiers, mais offrir une nouvelle manière de penser la finance : 

  • Un avenir où chaque investisseur accède aux standards de l’excellence patrimoniale.
  • Un univers où les solutions réservées aux élites deviennent accessibles à tous.
  • Une nouvelle référence d’investissement : claire, transparente et performante.

En somme, Ramify n’est pas qu’une plateforme. C’est une invitation à repenser son avenir financier, et peut-être une opportunité unique de le faire fructifier autrement.

Pour découvrir leurs solutions et commencer à reprendre le contrôle de votre patrimoine : Essayez Ramify dès maintenant !

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Spécialement pour la communauté Parlons Finance… Merci Ramify !

Disclaimer: Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.

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Rapport weekly : faits marquants du 01-05 sept. 2025

La rentrée des marchés financiers a été marquée par un choc venu des États-Unis : le rapport sur l’emploi d’août n’a révélé que 22 000 créations de postes et un chômage à 4,3 %, son plus haut depuis quatre ans. Les investisseurs anticipent désormais un assouplissement monétaire de la Fed dès le 17 septembre. Les taux obligataires se sont repliés en fin de semaine et l’or a atteint un nouveau record. En Europe, l’inflation proche de la cible maintient la BCE en attente. Au Royaume-Uni, la flambée des coûts d’emprunt alimente les craintes budgétaires. Côté matières premières, l’OPEP+ prépare une hausse de production qui pèse déjà sur le pétrole.

Devises majeures

États-Unis : Dollar américain (USD)

Le dollar a reculé, affecté par la détérioration du marché du travail. Les créations de postes se sont effondrées à 22 000 en août, contre plus de 150 000 en moyenne mensuelle sur le premier semestre, et le taux de chômage a progressé à 4,3 %. Les salaires horaires ont certes augmenté de 0,3 % sur un mois, mais sans compenser la faiblesse globale. L’ISM manufacturier est resté en contraction (48,7) et l’ISM services a conservé une dynamique molle. L’ensemble de ces données renforce la probabilité d’une première baisse de taux de 25 points de base dès septembre, ce qui pèse mécaniquement sur le billet vert.

Zone euro : Euro (EUR)

L’euro a profité de l’affaiblissement du dollar pour s’apprécier, même si la zone euro reste confrontée à une conjoncture fragile. L’inflation flash d’août est ressortie à 2,1 %, légèrement supérieure aux attentes, confirmant que la BCE doit maintenir une ligne prudente. Les taux longs européens ont reculé en fin de semaine, entraînant une détente relative des spreads périphériques. La devise conserve ainsi un biais positif, sans toutefois refléter une amélioration nette des fondamentaux.

Royaume-Uni : Livre sterling (GBP)

La livre a évolué sans tendance forte. L’attention s’est portée sur le marché obligataire : le rendement du gilt à trente ans a atteint son plus haut depuis 1998 en début de semaine, avant de refluer vendredi. Les ventes au détail se sont révélées décevantes, avec une progression limitée à 0,4 % contre 0,9 % attendu. Cette combinaison maintient la devise dans un équilibre fragile, prisonnière d’une inflation persistante et d’un contexte budgétaire incertain.

Japon : Yen japonais (JPY)

Aucune statistique majeure n’a été publiée au Japon cette semaine. Le yen est resté guidé par l’aversion au risque internationale et par la baisse des rendements américains, qui a limité la pression à la baisse sur la devise. Le statut de valeur refuge du yen a été préservé, sans mouvement brusque.

Suisse : Franc suisse (CHF)

Le franc a légèrement progressé, bénéficiant d’un contexte global de prudence. Aucun indicateur domestique majeur n’a été diffusé, mais la perspective d’une communication prochaine de la Banque nationale suisse a contribué à soutenir la devise.

Canada : Dollar canadien (CAD)

Les chiffres de l’emploi ont montré 9 400 créations de postes, insuffisantes pour empêcher une hausse du chômage à 7,0 %. L’indice Ivey PMI a reculé à 53,1, traduisant un ralentissement de l’activité. Le recul du pétrole a accentué la pression sur le dollar canadien, qui a terminé la semaine en repli.

Australie : Dollar australien (AUD)

L’AUD a résisté, porté par l’affaiblissement global du dollar et par des flux positifs vers les matières premières industrielles. Aucun chiffre domestique notable n’a été publié, et la devise a surtout reflété le différentiel de politique monétaire, la RBA restant moins accommodante que la RBNZ.

Nouvelle-Zélande : Dollar néo-zélandais (NZD)

Le NZD est resté en retrait, sans catalyseur macroéconomique. La politique très dovish de la RBNZ pèse toujours sur la monnaie, qui s’est contentée de suivre les arbitrages régionaux.

Géopolitique et contexte global

Chine

La Chine a attiré l’attention avec la progression spectaculaire des financements sur marge, qui ont atteint un record de 2,29 trillions de yuans, soit environ 320 milliards de dollars. Ce recours massif à l’endettement pour spéculer en bourse suscite des craintes de volatilité accrue, sans réaction réglementaire immédiate.

Europe

Le marché a suivi de près la flambée des rendements longs au Royaume-Uni et en France, perçue comme un signal de vulnérabilité budgétaire. La détente en fin de semaine a été permise par l’impact des données américaines, mais les interrogations sur la soutenabilité de la dette publique restent présentes.

Russie – Ukraine

Aucun événement militaire d’ampleur n’a marqué la semaine. Le conflit reste figé dans une logique d’attrition, et la prime de risque géopolitique sur les marchés de l’énergie n’a pas diminué. Les regards sont tournés vers la réunion de l’OPEP+ du 8 septembre.

Obligations souveraines

États-Unis

Les Treasuries ont réagi brutalement au rapport emploi. Le rendement du 10 ans a reculé vers 4,09 %, effaçant une partie de la hausse observée plus tôt dans la semaine, tandis que le 2 ans est retombé autour de 3,5 %. La courbe s’est légèrement pentifiée, traduisant l’anticipation d’un assouplissement imminent.

Zone euro

Le Bund à 10 ans a reculé à 2,7 % en fin de semaine, après avoir atteint un sommet de cinq mois. La détente a également concerné les dettes périphériques, soutenues par la perspective d’une Fed plus accommodante.

Royaume-Uni

Le gilt à 30 ans a touché un plus haut depuis 1998, avant de se replier vendredi. Le marché a sanctionné les doutes budgétaires, mais a fini par s’aligner sur le mouvement de détente américain.

Autres zones

Au Japon, le 10 ans JGB est resté stable à 0,9 %. En Suisse, les taux ont peu évolué mais bénéficient de flux refuge. Au Canada, le 10 ans a suivi le mouvement de repli américain. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les obligations ont évolué sans catalyseur propre, avec une légère détente en fin de semaine.

Actions

États-Unis

Après de nouveaux records jeudi, les indices ont cédé du terrain vendredi. Le S&P 500 a terminé la semaine en hausse de 0,3 % et le Nasdaq de 1,1 %. Les valeurs technologiques ont été soutenues par la détente des taux, avec un bond de Broadcom sur fond d’optimisme lié à l’intelligence artificielle. Tesla a progressé après des débats sur la rémunération de son management, tandis que Lululemon a chuté à la suite de ventes décevantes. La faiblesse de l’emploi a toutefois limité l’appétit global pour le risque.

Europe

Les marchés européens ont progressé en début de séance vendredi, portés par la perspective d’une Fed accommodante, mais ont terminé prudemment en l’absence de catalyseur domestique.

Asie-Pacifique

Les marchés asiatiques ont profité de la baisse des rendements mondiaux, mais la Bourse australienne a mis fin à une série de quatre semaines consécutives de hausse, faute de soutien domestique.

Matières premières

Énergie

Les cours du pétrole ont reculé, pénalisés par les anticipations d’une hausse de production de l’OPEP+ dès le 8 septembre et par une augmentation surprise des stocks de brut américains. Le Brent a clôturé sous 66 dollars le baril, en baisse de plus de 2 % sur la semaine.

Métaux précieux

L’or a inscrit un record historique à près de 3 600 dollars l’once. La combinaison d’un marché du travail américain affaibli et d’anticipations de baisse de taux a renforcé la demande pour le métal jaune. L’argent et le platine ont suivi cette dynamique, soutenus à la fois par leur rôle de valeur refuge et par la perspective d’une baisse des rendements réels.

Métaux industriels et agriculture

Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, essentiellement guidés par le recul du dollar et l’évolution du sentiment sur la croissance mondiale. Aucun mouvement particulier n’a été constaté sur les matières premières agricoles, dont les prix sont restés fermes.

Taux d’intérêt et banques centrales

Réserve fédérale

Le marché price désormais à près de 100 % une baisse de 25 points de base en septembre. La faiblesse du marché du travail a alimenté le scénario d’une série de coupes pouvant s’étendre jusqu’en 2026. Les rendements courts ont fortement baissé, confirmant cette lecture.

Banque centrale européenne

Aucune réunion cette semaine. L’inflation à 2,1 % en août conforte l’idée d’un statu quo à court terme. Les discussions sur un assouplissement graduel se poursuivent, mais restent conditionnées à une amélioration nette des perspectives économiques.

Banque d’Angleterre

Pas de communication majeure. Le marché a toutefois sanctionné en début de semaine la sensibilité de la dette britannique aux doutes budgétaires, rappelant que la BoE n’est pas en position d’assouplir sa politique avant un reflux durable de l’inflation.

Autres banques centrales

La Banque du Japon, la Banque du Canada, la RBA, la RBNZ et la BNS n’ont rien annoncé de nouveau cette semaine. Leurs marchés obligataires ont essentiellement suivi les mouvements américains.

Calendrier économique à venir

Semaine du 8 au 12 septembre 2025

  • Lundi 8 septembre : réunion OPEP+ (JMMC)
  • Mardi 9 septembre : nouveaux prêts bancaires en Chine, intervention du président de la BNS Martin Schlegel
  • Mercredi 10 septembre : inflation et prix à la production en Chine, prix à la production aux États-Unis
  • Jeudi 11 septembre : discours du gouverneur adjoint de la RBNZ Hawkesby, décision de la BCE et conférence de presse, inflation CPI aux États-Unis, inscriptions au chômage hebdomadaires
  • Vendredi 12 septembre : PIB mensuel du Royaume-Uni, indice de confiance du Michigan (préliminaire) et anticipations d’inflation aux États-Unis

Sources

https://www.reuters.com/business/us-unemployment-rate-near-4-year-high-labor-market-hits-stall-speed-2025-09-05

https://www.wsj.com/livecoverage/jobs-report-august-stock-market-today-09-05-2025

https://www.reuters.com/business/energy/oil-prices-settle-down-more-than-2-after-weak-us-jobs-report-2025-09-05

https://www.reuters.com/world/india/gold-hits-record-high-nears-3600oz-weak-us-jobs-data-fuels-rate-cut-bets-2025-09-05

https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-euro-indicators/w/2-02092025-ap

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Comment les agences de notation influencent-elles l’économie ?

Trois noms dominent : Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. Ces agences de notation, toutes américaines ou anglo-saxonnes, évaluent la capacité des États (et des entreprises) à honorer leurs dettes. Leur verdict prend la forme d’une note : de l’excellent « AAA » à la défaillance totale « D ».

Derrière ce système apparemment technique, une réalité : ces notations déterminent combien un pays paiera pour se financer sur les marchés internationaux.

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Comment une note devient une arme politique

Lorsqu’un État perd un « A » dans sa notation, la réaction est quasi instantanée. Les investisseurs, considérant la dette comme plus risquée, exigent des taux d’intérêt plus élevés pour continuer à prêter. Dans le même temps, certains acteurs institutionnels comme les fonds de pension ou les compagnies d’assurance n’ont tout simplement plus le droit d’investir dans une obligation jugée spéculative, car la réglementation les en empêche.

Cette dynamique est encore renforcée par le comportement des marchés et des médias. La dégradation d’une note est perçue comme une alerte rouge et se transforme en signal de défiance. Les investisseurs se retirent, les capitaux s’enfuient, et l’information tourne en boucle, amplifiant la panique au-delà de la sphère financière. Rapidement, la question de la crédibilité d’un gouvernement se retrouve au centre du débat public, et la notation devient autant un jugement économique qu’un symbole politique.

C’est ainsi qu’une simple évaluation technique se change en instrument de discipline budgétaire. Craignant d’être sanctionnés par une nouvelle dégradation, les gouvernements se voient contraints d’adopter des politiques destinées à rassurer les marchés : réduction des déficits, limitation des dépenses publiques, réformes fiscales ou sociales.

Quand les agences précipitent les crises

Plusieurs épisodes historiques montrent à quel point une dégradation peut avoir un effet domino :

  • La crise grecque (2010-2015) : Lorsque S&P et Moody’s ont dégradé la Grèce à plusieurs reprises, les taux d’intérêt se sont envolés, rendant le pays incapable d’emprunter normalement. Résultat : Athènes a dû accepter des plans d’austérité draconiens imposés par ses créanciers. Beaucoup d’économistes estiment que ces décisions ont aggravé la récession et freiné la reprise.
  • L’Italie (2011) : En pleine crise de la dette européenne, les agences ont abaissé la note italienne, ce qui a contribué à la chute du gouvernement de Silvio Berlusconi. La pression des marchés a facilité l’arrivée d’un gouvernement technocratique soutenu par Bruxelles.
  • Les États-Unis (2011) : Standard & Poor’s a retiré le « AAA » à Washington après un blocage politique sur le plafond de la dette. Bien que l’économie américaine n’ait pas sombré, l’épisode a démontré que même la première puissance mondiale reste exposée au jugement de trois entreprises privées.

Des arbitres contestés

Le pouvoir des agences de notation n’a jamais cessé de susciter des critiques. D’abord, leur modèle économique pose un problème fondamental de conflit d’intérêts : elles sont rémunérées par les mêmes émetteurs de dettes qu’elles évaluent.

À cela s’ajoute leur incapacité à anticiper certaines crises majeures. L’exemple le plus frappant reste celui de 2008 : au cœur de la tempête financière, les agences avaient attribué la note maximale « AAA » à des produits dérivés adossés à des crédits hypothécaires à haut risque les fameux subprimes qui se sont révélés être des bombes à retardement. Cet échec a entamé leur crédibilité et a montré que leurs notations ne sont pas infaillibles, loin de là.

Leur grille d’évaluation est également accusée d’être idéologiquement orientée. En valorisant avant tout la rigueur budgétaire et la réduction des déficits, elles favorisent une vision « orthodoxe » de l’économie qui tend à pousser les États vers l’austérité. Les investissements publics, la dépense sociale ou encore les politiques de relance sont souvent interprétés comme des risques, ce qui enferme les gouvernements dans une logique restrictive.

Enfin, le marché de la notation lui-même est critiqué pour sa concentration extrême. Trois agences seulement Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch contrôlent plus de 90 % des évaluations mondiales. Cet oligopole leur confère un pouvoir démesuré : quelques décisions prises dans des bureaux de New York ou de Londres suffisent à influencer la politique économique de continents entiers.

Conclusion

Les agences de notation sont devenues de véritables juges de la crédibilité économique des États. Leur pouvoir est tel qu’elles peuvent influencer le sort d’un gouvernement, accélérer une crise ou dicter indirectement une politique économique.

Sources :

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S&P 500 : un record historique pour l’indice !

En 2025, le S&P 500 continue de battre des records, franchissant pour la première fois la barre des 6 500 points de base. 

Cet indice, qui reflète la santé économique des États-Unis, reste la référence mondiale pour mesurer la performance des marchés actions.

Créé en 1957, le Standard & Poor’s 500 regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines cotées, sélectionnées selon leur capitalisation boursière, leur liquidité et leur représentativité sectorielle. Contrairement à d’autres indices pondérés par le prix des actions, le S&P 500 est pondéré par la capitalisation boursière flottante : plus une entreprise pèse en Bourse, plus son influence sur l’indice est forte.

Ainsi, une poignée de géants Microsoft, Apple, Nvidia, Amazon, Alphabet ou Meta peuvent à eux seuls représenter plus de 25 % de l’indice et influencer fortement sa trajectoire. C’est ce qui explique en partie la hausse spectaculaire de ces dernières années, portée par la vague technologique et l’euphorie autour de l’intelligence artificielle.

Mais le S&P 500 ne se limite pas à la tech. Il couvre l’ensemble de l’économie américaine : énergie, santé, finance, consommation, industrie… En ce sens, il est considéré comme le baromètre le plus représentatif des marchés mondiaux et l’indice de référence pour de nombreux investisseurs et fonds. 

Au vu de ses performances, le S&P 500 reste la porte d’entrée privilégiée des investisseurs qui cherchent une exposition diversifiée et dynamique aux États-Unis. Son franchissement au-delà des 6 500 points confirme sa place d’indice emblématique, symbole de la vitalité mais aussi des excès des marchés américains.

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Sources :

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