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Rapport Hebdomadaire- Semaine du 06 au 10 octobre 2025

Introduction

La dynamique hebdomadaire a été dictée par trois chocs successifs qui ont réellement déplacé les prix. D’abord la décision de la Banque de Nouvelle-Zélande de réduire son taux directeur de cinquante points de base à 2,50 %, signal fort d’un cycle d’assouplissement plus agressif alors que l’économie locale ralentit et que l’inflation revient vers la cible. Ensuite la publication des Minutes du FOMC du 16–17 septembre, qui ont validé un biais plus accommodant tout en reconnaissant un affaiblissement progressif du marché du travail, ce qui a redonné la main au front de courbe américain. Enfin la séance de vendredi 10 octobre a provoqué une cassure de régime, avec une accélération de l’aversion au risque après l’annonce de nouveaux relèvements tarifaires envisagés par Washington vis-à-vis de Pékin, catalysant un sell-off du pétrole à un plus bas de cinq mois et une poussée de l’or vers de nouveaux sommets, tandis que les actions mondiales ont effacé une partie de leurs gains en clôture hebdomadaire. Ces trois impulsions, additionnées à l’amputation statistique liée au shutdown fédéral américain, ont façonné une semaine typique de transition de cycle où les devises réagissent d’abord aux banques centrales, puis aux chocs de flux et de risque. 

Marchés des devises (FX)

USD: Le dollar a d’abord tenu sur le portage réel, avant de refluer en fin de semaine lorsque la combinaison Minutes plus accommodantes, baisse des rendements longs et choc pétrole-commerce a favorisé une demande de duration et d’or au détriment du billet vert, avec un marché qui re-pricait davantage de baisses de la Fed pour la fin d’année. 

EUR: L’euro a surtout suivi les spreads des emprunts d’État de la zone et la détente du dollar, profitant par épisodes d’un resserrement Bund versus UST au milieu de semaine, mais restant bridé par un ton de croissance atone en Europe et par des épisodes de nervosité politique intra-UE. 

JPY: Le yen est resté arrimé aux différentiels de taux longs et s’est raffermi sur la jambe risk-off de vendredi, alors que le rendement du JGB dix ans est demeuré voisin de 1,69 pour cent, reflet d’un Japon en phase de normalisation graduelle et d’un policy-mix orienté vers davantage de soutien budgétaire. 

GBP: La livre a bénéficié d’un carry encore élevé via les Gilts tout en cédant du terrain quand la baisse du pétrole et la glissade des actions ont ravivé l’aversion au risque, avec une sensibilité marquée aux attentes de salaires et d’activité programmées la semaine suivante. 

AUD: Le dollar australien a joué le bêta du risque mondial, soutenu en milieu de semaine par le rebond technologique américain puis pénalisé en fin de semaine par le décrochage du baril, tandis que la courbe ACGB est restée haute mais sans emballement, la RBA laissant le volant aux données. 

NZD: Le dollar néo-zélandais a été la devise la plus directionnelle de la semaine, décrochant après la réduction de cinquante points de base de l’OCR à 2,50 pour cent, qui a déclenché un bull-steepening de la courbe et un re-pricing d’un cycle d’assouplissement plus ample sur l’horizon six à douze mois. 

CAD: Le dollar canadien a été tiraillé entre un rapport sur l’emploi robuste en septembre et l’effondrement du pétrole vendredi, de sorte que la devise finit neutre à légèrement négative contre les pairs portés par l’or et la duration, alors que le dix ans Canada s’est maintenu dans une zone proche de 3,2 pour cent. 

CHF: Le franc est resté en range à faible bêta, s’appréciant modérément sur le repli du risque en fin de semaine alors que la stabilité des taux helvétiques et la prudence des investisseurs européens ont restauré son rôle de valeur refuge.

Equities

S&P500: L’indice américain a d’abord inscrit des plus hauts en début de semaine sur la thématique intelligence artificielle et la perspective d’une Fed plus conciliante, avant de rendre ces gains et d’afficher sa plus forte baisse hebdomadaire depuis mai après l’annonce tarifaire de vendredi qui a frappé la techno, relevé la volatilité et fait baisser les rendements. 

Nasdaq: Le Nasdaq a surperformé mercredi avec un flux acheteur sur les mégacaps technologiques, puis a nettement sous-performé vendredi sur l’intensification du choc commercial, la chute des semi-conducteurs et la remontée de l’aversion au risque, ce qui lui vaut une clôture hebdomadaire en fort repli. 

Dow Jones: Le Dow a suivi la trajectoire globale avec une sensibilité accrue des valeurs industrielles et exportatrices au durcissement du discours commercial, terminant la semaine en baisse marquée sur un recul de la visibilité mondiale. 

Euro Stoxx 50: L’Euro Stoxx 50 a évolué en dents de scie, porté en milieu de semaine par la détente du dollar et la résistance des valeurs de qualité, puis entraîné à la baisse en fin de semaine par le choc pétrole et la faiblesse de Wall Street, avec un biais défensif accru dans les flux. 

FTSE 100: Le FTSE a mieux résisté que les indices continentaux grâce à son exposition défensive et à la baisse du sterling intra-semaine, mais a tout de même cédé du terrain vendredi avec la capitulation des valeurs énergie et matières premières. 

Nikkei 225: Le Nikkei est resté soutenu par les attentes de soutien budgétaire domestique mais a été freiné par un yen un peu plus ferme en fin de semaine et par la dégradation du ton mondial, ce qui a rogné la performance initialement positive. 

Commodities:

Brent: Le Brent a décroché jusqu’à environ 62 à 63 dollars vendredi, un plus bas de cinq mois, la dissipation de la prime géopolitique après les avancées au Proche-Orient se combinant au choc commercial États-Unis Chine et aux inquiétudes d’offre excédentaire. 

WTI: Le WTI a suivi la même trajectoire en passant sous 59 dollars, confirmant un changement de régime de court terme où les opérateurs coupent les positions longues et réévaluent la demande mondiale dans un contexte de tension commerciale. 

Or: L’or a profité tout au long de la semaine d’une demande de couverture et a testé la barre des 4 000 dollars l’once mardi, avant d’être de nouveau recherché vendredi sur le choc risk-off et la baisse des rendements, validant un régime de prix historiquement élevé. 

Cuivre: Le cuivre est resté hésitant, sensible au mix chinois fait de données industrielles mixtes et de durcissement géopolitique, avec un positionnement prudent des traders en amont des publications macro de la semaine suivante.

Obligations d’État

États Unis: Le dix ans américain a reculé vers la zone autour de 4,04 pour cent en fin de semaine, porté par la lecture accommodante des Minutes et par le flight to quality lié à l’escalade commerciale, alors que le shutdown empêche la publication de plusieurs statistiques de référence. 

Allemagne: Le Bund dix ans est resté proche de 2,7 pour cent en moyenne hebdomadaire, balise de référence pour les spreads intra-zone dans un environnement où l’appétit pour le risque s’est détérioré en fin de semaine. 

Royaume Uni: Le Gilt dix ans est demeuré élevé et volatil, reflet d’un portage encore conséquent et d’une attente focalisée sur les salaires et le PIB à venir, avec un biais d’aplatissement sur stress de risque. 

Japon: Le JGB dix ans a clôturé autour de 1,69 pour cent vendredi, illustrant une normalisation maîtrisée et la sensibilité du marché au futur calibrage du mix budgétaire et monétaire. 

Australie: Le dix ans australien a évolué dans une fourchette élevée mais stable, l’AUD jouant le bêta mondial et la RBA restant data-dependent dans un contexte de confiance des ménages fragile. 

Canada: Le dix ans Canada a tenu près de 3,17 pour cent malgré un rapport sur l’emploi solide, la chute du pétrole et le risk-off de vendredi tempérant l’impact haussier sur les taux. 

Suisse: La courbe helvétique est restée peu volatile, validant le rôle du franc et des emprunts suisses comme couverture lors des épisodes de stress en fin de semaine.

Nouvelle Zélande: La courbe NZGB s’est bull-steepen après la réduction de l’OCR à 2,50 pour cent, le marché intégrant un sentier d’assouplissement plus prononcé et un soutien plus fort à l’activité domestique. 

Banques centrales et politique monétaire

Réserve fédérale: Les Minutes du FOMC du 16–17 septembre publiées mercredi ont confirmé une majorité inclinant vers davantage d’assouplissement, ce que le marché a immédiatement traduit par une baisse des rendements et une moindre prime de risque sur le dollar, tandis que l’absence de publications officielles liée au shutdown a accru la dépendance aux signaux de la Fed. 

RBNZ: La Banque de Nouvelle Zélande: a livré le signal clef de la semaine en réduisant l’OCR de cinquante points de base à 2,50 pour cent et en se disant prête à en faire davantage si nécessaire pour ancrer l’inflation à moyen terme, ce qui a pesé durablement sur le NZD et détendu la courbe. 

BCE, BoE, BoJ, RBA, BoC, BNS: Les autres grandes banques centrales n’ont pas modifié leur politique cette semaine mais leurs anticipations ont été re-séquencées par l’effet combiné Fed plus conciliante, choc pétrole-commerce et flux risk-off, avec des marchés de taux qui privilégient désormais des trajectoires d’assouplissement plus proches et un rythme prudent. 

Données à venir

Mardi 14 octobre: Australie  Publication des Minutes de la RBA
Le marché observera attentivement le ton du compte rendu après plusieurs réunions prudentes. Un message légèrement plus ferme soutiendrait le dollar australien à court terme, alors qu’un ton attentiste confirmerait un statu quo prolongé et maintiendrait la pression sur la devise.

Mardi 14 octobre:  Royaume Uni  Salaires moyens sur trois mois et variation du nombre de demandeurs d’emploi
Des salaires plus dynamiques ou une stabilité du marché du travail soutiendraient la livre sterling via le front de courbe. À l’inverse, un ralentissement de la progression salariale ou une hausse des inscriptions au chômage renforceraient les anticipations d’assouplissement de la Banque d’Angleterre.

Mardi 14 octobre:  Allemagne  Indice ZEW de confiance économique
Une amélioration notable de la composante attentes indiquerait un regain d’optimisme sur le cycle industriel européen et offrirait un appui technique à l’euro. Une dégradation prolongerait la faiblesse du sentiment sur la zone euro et pèserait sur la monnaie unique.

Mardi 14 octobre:  États-Unis  Allocution de Jerome Powell
L’intervention du président de la Fed sera scrutée comme un test de crédibilité post publication des Minutes. Un ton clairement orienté vers davantage de soutien monétaire accélérerait la détente des rendements et affaiblirait le dollar, tandis qu’un message plus équilibré pourrait stabiliser les anticipations à court terme.

Mardi 14 octobre:  Royaume-Uni  Allocution d’Andrew Bailey
Le gouverneur pourrait préciser la lecture de la Banque d’Angleterre face à la dynamique salariale. Un discours prudent renforcerait la détente des Gilts, un message plus ferme soutiendrait la livre.

Mercredi 15 octobre:  Chine  Publication du CPI et du PPI
Une inflation des prix à la consommation faible confirmerait la lente reprise de la demande intérieure et pèserait sur les devises liées au commerce mondial. Une amélioration du PPI serait perçue comme un signe d’amorce de redressement industriel et soutiendrait le cuivre et les devises asiatiques.

Mercredi 15 octobre:  États-Unis  Empire State Manufacturing
Un nouvel affaiblissement du climat manufacturier accentuerait les anticipations de baisse de taux et soutiendrait la duration américaine. Une surprise haussière redonnerait de la vigueur au dollar et limiterait le repli des rendements.

Mercredi 15 octobre:  Australie  Discours de Michele Bullock
La gouverneure de la RBA pourrait orienter les anticipations de taux à moyen terme. Un ton confiant soutiendrait l’AUD, un message plus prudent favoriserait la stabilisation de la courbe.

Jeudi 16 octobre:  Australie  Données d’emploi et taux de chômage
Un marché du travail robuste renforcerait l’idée d’une économie résiliente et soutiendrait l’AUD. Une détérioration de l’emploi pèserait sur la devise et détendrait la courbe obligataire.

Jeudi 16 octobre:  Royaume-Uni  Produit intérieur brut mensuel
Un PIB en hausse offrirait un appui à la livre et tendrait les rendements. Une contraction renforcerait les anticipations de ralentissement et pèserait sur la devise.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Philly Fed Manufacturing
Un recul de l’indice amplifierait le sentiment de modération de l’activité et soutiendrait les anticipations d’assouplissement de la Fed. Une amélioration relancerait temporairement le dollar et les rendements à moyen terme.

Jeudi 16 octobre: États-Unis  Indice PPI global et PPI de base mensuel
Des chiffres supérieurs aux attentes raviveraient les craintes d’inflation persistante et soutiendraient le dollar. Des chiffres plus faibles détendraient la courbe et profiteraient à l’or.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Ventes au détail globales et ventes au détail de base
Une consommation robuste confirmerait la résilience de la demande américaine et pèserait sur la duration. Une faiblesse inattendue accentuerait la baisse du dollar et le rebond des valeurs refuges.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Nouvelles inscriptions au chômage
Une remontée des demandes traduirait un début d’essoufflement du marché du travail et pèserait sur le dollar, alors qu’un chiffre plus bas que prévu prolongerait la résistance économique.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Allocution de Christopher Waller
Les marchés attendent un message précisant la tolérance de la Fed face à l’inflation. Un discours ferme soutiendrait le dollar, une tonalité plus conciliante renforcerait la détente obligataire.

Jeudi 16 octobre:  Zone euro  Allocution de Christine Lagarde
La présidente de la BCE pourrait évoquer la trajectoire d’inflation de fin d’année. Un discours confiant soutiendrait l’euro, un ton plus modéré entretiendrait la prudence.

Samedi 18 octobre:  Zone euro et Royaume-Uni  Nouvelles allocutions de Christine Lagarde et d’Andrew Bailey
Les propos de fin de semaine pourraient donner le ton pour la réouverture de lundi, avec un impact potentiel sur les écarts de taux courts et les devises européennes.

Conclusion

La semaine du 6 au 10 octobre a marqué un tournant clair dans la trajectoire des marchés mondiaux. La décision inattendue de la Banque de Nouvelle-Zélande d’abaisser son taux directeur de cinquante points de base à 2,50 % a donné le signal d’un cycle global d’assouplissement plus prononcé. Cette initiative a entraîné un net repli du NZD et une détente de la courbe océanienne. En parallèle, la publication des Minutes du FOMC a confirmé qu’une majorité de membres de la Réserve fédérale s’inquiète désormais du ralentissement de l’emploi américain et de la fragilité de la demande, ouvrant la voie à un possible abaissement des taux dès la fin du trimestre.

Sur les marchés, la progression des actions en début de semaine a été brutalement interrompue par la dégradation du climat commercial entre les États-Unis et la Chine. La chute du pétrole, tombé sous 63 dollars le baril, a ravivé la crainte d’un ralentissement mondial. L’or, lui, a retrouvé ses sommets, preuve que la recherche de valeur refuge domine à nouveau les flux. Le dollar américain s’est replié en fin de semaine, tandis que le yen, le franc suisse et les obligations d’État à long terme ont servi d’ancrage défensif aux investisseurs.

Pour la semaine à venir, l’attention se portera sur la confirmation de ce changement de régime. Les Minutes de la RBA et les données d’emploi australiennes permettront de juger si la dynamique de détente monétaire s’étend réellement au Pacifique. En Europe, le ZEW et le PIB britannique donneront un aperçu du momentum économique avant les réunions de novembre. Aux États-Unis, la batterie de statistiques sur les ventes, la production et le marché du travail sera déterminante pour valider ou non la trajectoire d’assouplissement déjà anticipée par le marché obligataire. L’ensemble de ces données composera un test clé pour la stabilité des devises et pour la capacité des marchés à absorber un environnement de taux durablement plus bas.

Sources

https://www.rbnz.govt.nz/hub/news/2025/10/ocr-reduced-to-2-5-percent

https://www.reuters.com/business/energy/oil-little-changed-amid-fading-risk-premium-after-gaza-deal-2025-10-10

https://www.reuters.com/world/china/global-markets-wrapup-1-2025-10-10

https://www.marketwatch.com/story/bond-market-flashes-signs-of-worry-over-shutdown-induced-economic-damage-2b17760e

https://www.ft.com/content/markets/economy-global-weekly-summary

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Rapport hebdomadaire – Semaine du 22 au 26 septembre 2025

Introduction

La semaine du 22 au 26 septembre 2025 s’est inscrite dans une atmosphère de rééquilibrage prudent : après un début de mois marqué par les anticipations de coupes de taux « agressives », les investisseurs ont dû composer avec des données macro favorables aux États-Unis (révision à la hausse du PIB T2, consommation robuste, PCE conforme aux attentes) qui ont actualisé les attentes de la Fed vers un profil plus modéré et conditionnel. Sur les marchés financiers, cette semaine a créé des vagues les devises majeures ont affiché des divergences notables, les courbes de taux ont réagi à la fois aux tensions budgétaires (notamment au Royaume-Uni) et à la lecture des anticipations inflationnistes, et les actions ont oscillé entre prises de bénéfice et rebonds en fin de semaine. Le tout dans un cadre géopolitique morcelé (tarifs US, tensions russes / ukrainiennes, incertitudes budgétaires européennes) qui a servi de fil conducteur aux flux de capitaux.

Devises — Analyse détaillée des huit principales monnaies

USD (Dollar américain)

Le dollar a confirmé sa position de force dominante cette semaine, clôturant sur une deuxième semaine consécutive de gains face à la majorité de ses pairs. Plusieurs éléments ont alimenté sa trajectoire :

  • La révision à la hausse du PIB américain pour le deuxième trimestre (à +3,8 % annualisé) a surpris favorablement le marché, renforçant l’idée que l’économie demeure résiliente. 
  • Le rapport PCE d’août, qui constitue la mesure favorite de la Fed pour juger de l’inflation, est ressorti en ligne avec les attentes, ce qui a freiné le repli anticipé des taux. 
  • Face à des données macro soutenues, les marchés ont ajusté leur pricing de coupes de taux, désormais plus conditionnelles ; le dollar en a bénéficié par arbitrage de portefeuilles.
  • Sur la semaine, l’indice dollar (DXY) est remonté vers des niveaux d’environ +0,6 à 0,7 % selon les paires — par exemple, le dollar a atteint un plus haut sur deux semaines face à l’euro. 
  • Toutefois, en début de semaine, le dollar avait montré une faiblesse ponctuelle face à l’euro et au franc suisse, dans l’attente des commentaires de la Fed et des indicateurs à venir. 

Cette dynamique renforce le narratif selon lequel la devise américaine reste le baromètre central du cycle monétaire mondial dans ce contexte d’ajustements graduels.

EUR (Euro)

L’euro a souffert d’un double handicap : un dollar robuste et des signes de croissance intérieure encore fragile. Sur cette semaine :

  • Les PMI flash de la zone euro ont donné un élan modéré ; le composite atteignant en rythme annualisé un plus haut de 16 mois (≈ 51,2), mais le manufacturier repassant en zone contraction (≈ 49,5). La France, notamment, a fortement déçu avec un PMI autour de 48,4.
  • L’écart de momentum entre l’économie américaine et l’Europe s’est accentué, renforçant les flows vers le dollar.
  • Par ailleurs, la BCE a confirmé qu’elle reste dans une posture de politique monétaire inchangée, à l’écoute des données, ce qui ne plaide pas pour un soutien agressif de l’euro. 
  • À l’échelle technique, l’euro a reculé vers des paliers de support autour de 1,1650 USD, flirtant avec des zones de vulnérabilité si le dollar continue d’étendre son biais haussier. 

Au total, l’euro a été l’un des paires les plus impactées cette semaine par le différentiel de dynamique macro entre les États-Unis et la zone euro.

JPY (Yen japonais)

Le yen est resté sous pression tout du long :

  • Le rebond du dollar a été particulièrement accusé face au yen : USD/JPY a grimpé vers ~149,7 lors de pics, soit un niveau élevé pour la paire. 
  • Aucun catalyseur interne significatif au Japon n’a soutenu le JPY, et la perspective d’un resserrement monétaire japonais demeure lointaine.
  • Dans ce contexte, la paire a accentué sa volatilité, notamment autour des annonces macro US.

GBP (Livre sterling)

La livre a été en proie à des mouvements plus marqués à la baisse :

  • Le marché a réagi négativement aux craintes budgétaires britanniques : lors d’une adjudication de gilts, le ratio offre-couverture a été faible, traduisant une demande limitée pour les obligations souveraines. Cela a fragilisé la confiance sur le financement public. 
  • Le discours politique demeure ambigu, et certains membres de la BoE, comme Dhingra, ont appelé à des baisses de taux plus rapides que ce que le marché imaginait. 
  • La livre s’est maintenue stable à certains moments (par exemple $1,34495) mais inquiète les investisseurs du fait des tensions structurelles sur les taux et le budget. 

CHF (Franc suisse)

La Suisse a opté pour la stabilité relative :

  • La BNS a maintenu son taux directeur à 0 % (pas de relèvement ni de baisse), justifiant cette pause par les risques externes ; notamment les incertitudes liées aux nouveaux tarifs américains.
  • Le franc a subi des fluctuations modérées, sans dynamique claire, retenu par le dollar plus fort et l’absence d’élément de différenciation positif.
  • L’anticipation d’interventions éventuelles sur le marché des changes reste un élément de discipline pour le franc.

AUD (Dollar australien)

L’AUD a suivi le mouvement général de reflux des devises « à risque » :

  • L’appétit pour le dollar US, combiné à l’absence de catalyseur pro-australien cette semaine, a pénalisé l’AUD.
  • Le marché scrute déjà la prochaine réunion RBA du 30 septembre, où un statu quo est attendu, ce qui limite le potentiel haussier immédiat.
  • La résilience relative de l’économie australienne (domestique) n’a pas suffi à contrer la force du dollar.

NZD (Dollar néo-zélandais)

La trajectoire du NZD s’est alignée avec celle de l’AUD, mais avec une plus grande faiblesse :

  • Le NZD/USD a reculé vers ~0,58, sous la pression combinée de flows vers les États-Unis et d’un contexte macro international moins favorable.
  • Comme pour l’AUD, l’absence de données nationales suffisamment solides pour contrebalancer le dollar a rendu la paire vulnérable.

CAD (Dollar canadien)

Le dollar canadien est la devise la plus affaiblie du lot :

  • Le CAD a subi une forte baisse hebdomadaire (~ –1,1 %), amplifiée par le différentiel de taux face aux États-Unis. 
  • Bien que le PIB canadien pour juillet ait montré une légère surperformance, cela n’a pas suffi à résister à la rotation de capitaux vers les actifs américains.
  • Le CAD a aussi rivalisé avec les devises « matières premières » : l’absence de catalyseur spécifique (prix du pétrole, etc.) a accentué sa vulnérabilité.

Géopolitique et événements de marché

La semaine a été ponctuée de facteurs géopolitiques et macro-réglementaires structurants :

  • Les nouveaux tarifs imposés par les États-Unis sur certains biens de consommation et industriels restent une source d’incertitude importante pour les échanges globaux, suscitant des réactions dans divers secteurs (automobile, technologie).
  • Les tensions militaires Russie-Ukraine, avec des frappes ciblées sur des infrastructures stratégiques, ont alimenté l’aversion au risque et soutenu les prix du pétrole.
  • Au Royaume-Uni, la fragilité de la demande sur les adjudications de la dette et l’appréhension autour du budget à venir ont exacerbé les risques souverains.
  • Enfin, le risque institutionnel d’un shutdown américain en fin septembre demeure dans les esprits et pourrait impacter les publications de données (notamment le rapport emploi).

Actions (Equities)

  • États-Unis : après trois séances consécutives de records, les indices ont fléchi en milieu de semaine mais ont rebondi vendredi, soutenus par des chiffres PCE en ligne. Le S&P 500 et le Nasdaq restent proches de leurs sommets, mais l’inversion interne du marché indique une prudence latente. 
  • Europe : la Bourse européenne a traversé une semaine incertaine, marquée par des variations sectorielles fortes. Le STOXX 600 affiche une performance neutre à légèrement négative sur la semaine. Le secteur financier a bénéficié d’un regain de taux, tandis que les secteurs exposés au commerce international ont pâti des incertitudes tarifaires.
  • Les prises de bénéfices dans les valeurs de croissance ont été contrebalancées par des rotations vers des valeurs à plus forte bêta.

Matières premières (Commodities)

  • Pétrole : les cours ont progressé sur la semaine, portés par les tensions géopolitiques et des draws de stocks américains surprenants. Le Brent s’est stabilisé au-delà de 69 $ le baril à la clôture hebdomadaire.
  • Or / Métaux précieux : l’or a gagné du terrain (~+1,5 à +1,8 %) en tant que valeur refuge face aux incertitudes globales. L’argent a également bénéficié de ce mouvement.
  • Cuivre : le cuivre a été soutenu par les anticipations d’un resserrement des perspectives d’offre (notamment des perturbations minières), ce qui atténue les attentes d’un excès d’offre pour fin 2025.

Taux d’intérêt & Obligations

États-Unis

  • Les Treasuries ont connu des mouvements contrastés : face à des données fortes, les rendements longs ont été vendus, tandis que les maturités plus courtes (2 ans) ont dans certains moments rebondi, commençant à refléter les primes de path dépendant.
  • Le 10 ans américain s’est ancré autour de 4,20 %, avec des pics intrajournaliers au-delà.
  • Le Fed, dans ses commentaires, est resté prudent et dépendant des données, ce qui tempère la volatilité extrême sur les taux moyens.

Zone euro

  • Les rendements souverains européens ont légèrement baissé, notamment sur le Bund 10 ans, dans un contexte d’apaisement du rythme de hausse anticipé de taux européens.
  • L’€STR reste respecté comme référence, et la BCE continue de privilégier une approche « meeting‐by‐meeting ». 

Royaume-Uni

  • Les gilts ont été très volatils, en lien direct avec les tensions budgétaires : les coûts de financement se sont tendus, augmentant la prime de risque et accentuant la pression sur la livre.
  • Le marché s’interroge sur la capacité de la BoE à soutenir le marché obligataire tout en gérant la trajectoire des taux.

Suisse

  • Les taux suisses ont eu une dynamique davantage neutre, avec peu de mouvement malgré la politique monétaire inchangée et une légère compression de la liquidité.

Conclusion

La semaine du 22 au 26 septembre 2025 a confirmé que le dollar reste au cœur du jeu monétaire mondial : dans un contexte de données macro favorables aux États-Unis, il bénéficie du flux de capitaux et de l’arbitrage des taux. Les grandes devises ont affiché des trajectoires divergentes, reflétant les différences de fondamentaux et de politique monétaire. Le marché obligataire a montré sa sensibilité aux signaux inflationnistes et aux tensions souveraines, notamment au Royaume-Uni. Enfin, les matières premières et le compartiment actions ont navigué entre nervosité et rebonds opportunistes.

Dans les jours à venir, le point focal sera le rapport emploi américain (NFP) et les discours de la Fed, lesquels pourront redéfinir les subtilités d’un cycle monétaire jugé désormais plus “data-dependent” que jamais.

Sources

https://www.reuters.com/world/africa/dollar-stays-strong-fed-rate-cut-wagers-wobble-data-focus-2025-09-25/

https://www.reuters.com/world/china/global-markets-wrapup-1-2025-09-25/

https://www.reuters.com/business/euro-zone-consumers-cut-spending-tariff-fears-shun-us-goods-ecb-says-2025-09-22/

https://www.reuters.com/business/finance/ecb-can-still-frustrate-euro-surge-with-contingency-cut-2025-09-22/

https://www.reuters.com/business/finance/swiss-national-bank-keeps-interest-rate-zero-2025-09-25/

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    2. Rembourser les crédits chers (conso, renouvelable) avant d’investir : leur coût réel dépasse souvent tout livret/obligataire.

    1) L’argent « gratuit » de l’employeur (si dispo)

    Pourquoi en priorité : l’abondement est un rendement immédiat.
    Concrètement :

    • Verse au moins ce qui déclenche 100 % de l’abondement sur PEE/PER d’entreprise (PERECO).
    • PEE : sommes en principe bloquées 5 ans, nombreux cas de déblocage anticipé ; intéressement placé sur PEE exonéré d’IR dans certaines limites.
    • PERECO : abondement (souvent 100–300 % du versement, dans des plafonds légaux) et blocage jusqu’à la retraite (sauf cas de sortie).

    2) Cœur de portefeuille : PEA + ETF en DCA

    Objectif : faire croître le capital à frais bas, mécaniquement, sans y penser.
    Comment :

    • Ouvre un PEA (ou PEA Jeune) et programme un DCA (virements mensuels).
    • Fiscalité : après 5 ans, retraits exonérés d’impôt sur le revenu (prélèvements sociaux dus).
    • Univers d’investissement : actions UE/EEE et fonds/ETF éligibles (≥ 75 % d’actions européennes ; les ETF « Monde »/US éligibles utilisent souvent une réplication synthétique).
      Règles simples d’allocation (exemple) :
    • Débutant·e : 100 % ETF Monde « PEA éligible ».
    • Intermédiaire : 80 % Monde (PEA) + 20 % Europe (PEA).
    • Tu veux un coussin « obligataire » ? Fais-le hors PEA (assurance-vie / compte-titres), car le PEA est réservé aux actions/OPCVM actions.

    3) Assurance-vie (polyvalente : ETF/UC + fonds euros)

    Pourquoi : enveloppe souple pour objectifs 3–10 ans, arbitrages internes, clause bénéficiaire.

    • Fiscalité : après 8 ans, abattement annuel sur les gains 4 600 € / 9 200 € (célibataire / couple), puis imposition au choix (PFU/barème).
    • Fonds euros : capital garanti, rendement variable selon l’assureur (utile comme poche défensive).

    4) PER (optimisation fiscale si TMI élevée)

    Pourquoi : déduction des versements du revenu imposable (plafond ≈ 10 % de tes revenus d’activité, plancher forfaitaire), en contrepartie d’un blocage jusqu’à la retraite (sauf sorties prévues par la loi).

    À privilégier si TMI ≥ 30 % ou si abondement d’entreprise intéressant. (Sortie en capital imposable comme pension pour la part déduite.)

    5) Pierre-papier (SCPI/OPCI/REITs) pour diversifier sans gérer

    Intérêt : accès à l’immobilier avec petit ticket, gestion externalisée, possible via assurance-vie.
    Vigilances : frais, revenus non garantis, valeur des parts qui varie, risque de liquidité documenté par l’AMF.

    6) Immobilier locatif en direct (si ta situation est stable)

    • Atouts : effet de levier du crédit, loyers potentiellement indexés sur l’IRL, capacité à créer de la valeur (travaux, LMNP, colocation…).
    • Contexte 2025 : taux moyens autour de ~3,07 % (été 2025), en fort repli vs 2024 ; production de crédits en nette reprise.
    • Contraintes clés : frais d’acquisition élevés, aléas locatifs, encadrement des loyers dans de nombreuses communes, DPE G interdit à la location depuis le 01/01/2025 (travaux possibles).

    7) Bonus à (très) haut ROI : toi

    Formations, langues, code, certifs : sur 10 ans, c’est souvent le meilleur « placement » (hausse de revenus et d’employabilité).
    (Et garde une épargne projets souple sur livrets si horizon < 2–3 ans.)

    Combien investir, et où ? (3 modèles prêts à l’emploi)

    Hypothèses : tu as un filet de sécurité en place ; tu vises un budget d’épargne 20 % de ton net (à adapter). Les montants sont mensuels.

    A) Début de carrière / budget serré (ex. net 1 800 € → 360 € à épargner)

    1. PEA + ETF (DCA) : 200 €
    2. Assurance-vie (fonds euros + 1–2 ETF défensifs) : 100 €
    3. PEE/PERECO (si abondement) : 60 € (augmente en priorité si ta boîte abonde)

    B) Profil standard (ex. net 2 500 € → 500 € à épargner)

    1. PEE/PERECO : jusqu’à l’abondement max (ex. 100 €)
    2. PEA + ETF : 300 €
    3. Assurance-vie (fonds euros/ETF obligataires) : 100 €

    C) Imposée à 30 % ou + (ex. net 3 500 € → 700 € à épargner)

    1. PEE/PERECO : abondement plein (ex. 150 €)
    2. PER : 250 € (pour profiter de la déduction)
    3. PEA + ETF : 200 €
    4. Assurance-vie : 100 €

    Astuce : dès que tu as une augmentation, monte automatiquement ton DCA (PEA/AV) de +10 % ; tu t’habitues sans douleur.

    Checklists ultra-pratiques

    Ouverture/paramétrage des enveloppes

    • PEA : virement mensuel auto, ETF éligible (TER bas, encours > 100 M€, réplication claire), réinvestissement des dividendes par défaut.
    • Assurance-vie : 1 fonds euros (poche défensive) + 2–3 UC (ETF larges) ; frais d’entrée 0 %, frais UC bas.
    • PER : versements en fin d’année pour optimiser la déduction (en respectant le plafond de ton avis d’IR).
    • PEE/PERECO : vérifie abondement et fonds proposés ; préfère les fonds indiciels quand c’est possible.

    Immobilier : mini-canevas d’étude

    • Cash-flow net (loyers – charges – taxe foncière – assurance – gestion – vacance – intérêts – capital) ;
    • DPE et travaux (si étiquette F/G, plan de rénovation ou exclusion) ;
    • Encadrement des loyers et IRL applicables localement.

    La « méthode en escalier » (toujours valable)

    1. Sécurité & dettes
    2. Abondement employeur
    3. PEA + ETF (DCA)
    4. Assurance-vie
    5. PER (si TMI élevée ou abondement)
    6. Pierre-papier
    7. Immo direct
      … puis rééquilibrage 1×/an (remettre les pourcentages cibles en vendant/achetant dans les enveloppes les plus fiscalement douces).
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    Actualité Bourse En vedette Monde Nos analyses

    Rapport hebdomadaire – 15 au 19 septembre 2025

    Introduction

    La semaine du 15 au 19 septembre 2025 a été marquée par une série d’événements majeurs mêlant décisions de politique monétaire, publications macroéconomiques et tensions géopolitiques accrues. Les évolutions de marché se sont articulées autour de la décision de la Réserve fédérale américaine de réduire son taux directeur, des signaux de stabilité économique en zone euro et de discours plus nuancés de la Banque du Japon. Les devises, les marchés actions, les obligations souveraines et les matières premières ont été influencés par ces dynamiques, tandis que les banques centrales ont poursuivi un délicat exercice d’équilibre entre maîtrise de l’inflation et soutien à l’activité.

    Devises (FX)

    Le dollar américain a oscillé tout au long de la semaine, dans un contexte marqué par la baisse de 25 points de base opérée par la Fed le 17 septembre. Si la devise a d’abord reculé, pénalisée par une contraction de l’avantage de rendement, elle a regagné du terrain en fin de semaine grâce à des ventes au détail robustes, révélant une consommation toujours solide. La volatilité est demeurée contenue mais les interrogations persistent quant à l’ampleur de l’assouplissement futur.

    L’euro s’est apprécié modérément, soutenu par une BCE restée en retrait et par une légère hausse de l’inflation sous-jacente. Le discours de Christine Lagarde a insisté sur la vigilance face aux risques d’inflation importée, alors même que les tensions énergétiques à l’est fragilisent la production industrielle. La réduction de l’écart de taux avec les États-Unis a renforcé l’attractivité relative de la monnaie unique, malgré des divergences budgétaires toujours présentes entre États membres.

    La livre sterling a bénéficié d’un contexte domestique contrasté. La Banque d’Angleterre a maintenu son taux à 4 %, tout en soulignant la nécessité de rester prudente face aux pressions salariales. Les chiffres du marché du travail ont confirmé la solidité de l’emploi, contrebalançant un ralentissement manufacturier. Les progrès partiels des négociations commerciales post-Brexit ont également soutenu la devise, malgré des incertitudes fiscales persistantes.

    Le yen s’est renforcé après des déclarations de la Banque du Japon laissant entrevoir un possible ajustement futur de la courbe des taux, conditionné à la trajectoire de l’inflation. Cette inflexion, couplée à des exportations meilleures qu’attendu, a attiré des flux vers la devise nippone, déjà soutenue par son statut de valeur refuge dans un climat international instable.

    Le franc suisse est demeuré recherché, porté par des flux défensifs face aux incertitudes régionales. L’inflation stable et l’approche attentiste de la Banque nationale suisse confortent ce rôle, même si la force de la devise pèse sur la compétitivité des exportations. L’approche de la réunion trimestrielle de la BNS a maintenu les investisseurs attentifs à toute indication d’intervention.

    Le dollar canadien a connu une semaine heurtée, suivant de près l’évolution du pétrole. Les chiffres de l’inflation ont montré un ralentissement, permettant à la Banque du Canada de maintenir une posture d’attente. Le rebond des cours du brut en fin de semaine a permis au loonie de limiter ses pertes initiales, malgré l’impact de l’assouplissement monétaire américain sur le différentiel de taux.

    Le dollar australien a progressé, porté par la reprise des exportations de matières premières, notamment vers la Chine. Les minutes de la RBA ont confirmé la stabilité du taux directeur à 3,6 %, tout en soulignant une vigilance accrue sur les salaires. Les perspectives de croissance et la solidité de l’emploi ont soutenu la confiance domestique, contribuant à l’appréciation de la devise.

    Enfin, le dollar néo-zélandais a profité de la stabilisation des prix laitiers et d’estimations de croissance confirmant une reprise modérée, portée par le tourisme. La banque centrale a maintenu une ligne prudente, mais le kiwi a été soutenu par un regain d’appétit pour le risque sur les marchés actions mondiaux.

    Géopolitique

    La semaine a été dominée par une nouvelle intensification du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, marqué par l’instauration de droits de douane supplémentaires sur le secteur technologique. Cette escalade a ravivé les craintes de fragmentation durable des chaînes d’approvisionnement. En Europe, les tensions à l’est ont accentué les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique, renforçant la volatilité des marchés des matières premières. Au Moyen-Orient, les tentatives de cessez-le-feu n’ont pas suffi à dissiper les risques liés aux routes pétrolières, maintenant les flux défensifs vers les actifs refuges.

    Actions

    Les marchés actions ont poursuivi leur progression, soutenus par des politiques monétaires plus accommodantes et des publications de résultats globalement solides. Aux États-Unis, le S&P 500 a atteint de nouveaux sommets, tiré par le secteur technologique et la consommation. En Europe, les indices ont bénéficié de données manufacturières plus encourageantes et d’un redressement de l’énergie, tandis que le FTSE 100 a progressé plus modestement en raison de contraintes budgétaires. Le Nikkei japonais a enregistré une forte hausse, profitant d’un yen affaibli en début de semaine et d’une dynamique d’exportations favorable.

    Obligations souveraines

    Les rendements obligataires ont évolué de manière contrastée. Aux États-Unis, le 30 ans a atteint 4,75 %, reflet des inquiétudes fiscales malgré l’assouplissement de la Fed. Les Bunds allemands ont vu leurs rendements se comprimer, portés par la recherche de sécurité. Les gilts britanniques ont au contraire enregistré une hausse significative de leurs taux longs, sous l’effet des tensions politiques et de pressions salariales persistantes. Au Japon, le 10 ans est monté à 1,63 %, conséquence des signaux de normalisation de la BoJ.

    Matières premières

    Le pétrole a connu une trajectoire hésitante, pénalisé par les inquiétudes sur la demande asiatique avant de rebondir grâce à une baisse des stocks américains et au maintien de la discipline de l’OPEP. L’or a poursuivi son rally, franchissant de nouveaux sommets à 3 682 dollars l’once, porté par les flux refuges et la baisse des taux réels. Le gaz naturel est resté plus stable, tandis que les métaux industriels, notamment le cuivre, ont progressé dans le sillage de signaux positifs en Chine et en Europe.

    Taux d’intérêt

    La décision de la Fed de réduire ses taux à 4,25 % a recentré l’attention sur le rythme futur de l’assouplissement. La BCE et la Banque d’Angleterre ont maintenu leur statu quo, insistant sur leur dépendance aux données. La Banque du Japon a conservé ses paramètres inchangés tout en laissant entrevoir de possibles ajustements graduels. La Banque nationale suisse, la Banque du Canada, la RBA et la RBNZ ont maintenu leur ligne, dans un contexte où les marchés intègrent une orientation globale plus accommodante, mais conditionnée aux chiffres d’inflation.

    Calendrier à venir (22 au 26 septembre 2025)

    La décision de la Banque nationale suisse du 25 septembre retiendra l’attention, en particulier sur d’éventuelles mesures liées à la force du franc. Le même jour, la publication du PIB américain T2 définitif apportera une lecture clé sur la dynamique de croissance. Le 26 septembre, les chiffres de l’inflation japonaise ainsi que l’indice PCE américain seront scrutés pour affiner les anticipations de politique monétaire. Les PMI flash européens publiés le 23 septembre permettront de prendre le pouls de l’activité manufacturière et des services dans la zone euro, tandis que des interventions de membres de la Banque d’Angleterre pourraient clarifier les perspectives domestiques.

    Sources

    https://federalreserve.gov

    https://ecb.europa.eu

    https://bankofengland.co.uk

    https://boj.or.jp

    https://snb.ch

    https://rba.gov.au

    https://rbnz.govt.nz

    https://bankofcanada.ca

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    Investir dans l’incertitude : quand les fonds fermés cotés prennent le relais du Private Equity

    Depuis toujours, la volatilité des marchés financiers pousse de nombreux investisseurs à rechercher des solutions plus stables. Dans ce contexte, le Private Equity s’est imposé comme une alternative crédible, capable de générer de la performance tout en s’affranchissant des fluctuations quotidiennes des marchés cotés.

    Cependant, malgré plus d’une décennie de succès, le manque de transparence et les valorisations élevées des entreprises non cotées pèsent aujourd’hui sur cette classe d’actifs et suscitent des interrogations.

    Face à cela, certaines sociétés de gestion comme Erasmus AM proposent une alternative : le fonds fermé coté, qui combine les avantages du Private Equity (accompagnement dans la durée de sociétés prometteuses) avec une meilleure transparence et des valorisations attrayantes qu’offrent actuellement les petites et moyennes capitalisations européennes.

    Private Equity : l’illiquidité comme fondement

    Le Private Equity repose sur un principe clé : investir dans des actifs illiquides avec un horizon long terme et une stratégie de création de valeur progressive.

    • Capital bloqué : levé au départ, il reste immobilisé sur une durée fixe fréquemment prolongée (souvent au-delà de 10 ans).
    • Vision stratégique : permet aux gérants de déployer sereinement du capital dans des projets de long terme (par exemples des PME non cotées).
    • Alignement d’intérêts : stabilité et discipline renforcent la convergence entre investisseurs (LPs) et gestionnaires (GPs).

    Cette structure convient parfaitement aux actifs illiquides, mais peut être perçue comme contraignante pour les investisseurs recherchant davantage de souplesse.

    Fonds fermés cotés : transparence et valorisation attrayante

    Un fonds fermé investi dans le coté s’appuie sur les grands principes du Private Equity, tout en offrant deux atouts décisifs :

    • Transparence renforcée : contrairement au Private Equity, les sociétés en portefeuille sont cotées en bourse et donc valorisées en continu par le marché, ce qui permet de suivre clairement l’évolution de la performance.
    • Flexibilité de gestion supérieure : Les prises de participation sont systématiquement minoritaires et permettent aux gérants d’amender leurs positions en cas de changement d’opinion. Cela permet également de grandement limiter le risque que le fonds soit prolongé au-delà des 5 ans prévu. 
    • Valorisations attrayantes : Alors que l’engouement pour le Private Equity des dernières a fait fortement progresser les valorisations, les Petites Capitalisations cotées n’ont pas connu une telle euphorie et offrent actuellement une décote de près de 30% par rapport au non coté.

    À qui s’adressent les fonds fermés ?

    Historiquement, les fonds fermés étaient réservés aux institutionnels et aux grands investisseurs, avec un ticket d’entrée d’au moins 100 000 euros. Cette barrière limitait fortement l’accès à cette classe d’actifs.

    Dès cette année, grâce au cadre ELTIF 2.0, Erasmus AM démocratise cette approche en abaissant le ticket d’entrée à 20 000 euros.

    Ainsi, dans une allocation de long terme (avec une période de blocage de 5 ans), un fonds fermé coté devient une solution pertinente pour :

    • réduire la volatilité de son portefeuille,
    • profiter des faibles valorisations actuelles des small caps européennes
    • laisser le temps jouer en votre faveur grâce à une gestion de long terme.

    En conclusion

    Le Private Equity reste un outil idéal pour les investisseurs en quête de performance supérieure grâce à son horizon long terme et son capital bloqué. Mais son manque de transparence et les valorisations élevées des entreprises non cotées en limitent aujourd’hui l’attrait.

    En revanche, les fonds fermés côtés, offrent une réponse adaptée : transparence, période de blocage plus courte (5 ans) et surtout une exposition à des valorisations attractives sur les small et mid caps européennes.

    C’est sur cette conviction qu’Erasmus AM a lancé, il y a quelques semaines, la période de souscription d’un fonds fermé dédié aux micro-capitalisations européennes qui se nomme EDL 2030.

    Ce fonds vise à offrir à nos clients une exposition directe à la reprise européenne, avec une prise de participation au capital des sociétés les plus prometteuses, dans une logique de long terme, tout en réduisant les biais comportementaux qui pèsent souvent sur la performance.

    Grâce à cette structure, notre équipe de gérants et d’analystes pourra gérer activement la montée en puissance du portefeuille et ajuster les pondérations en fonction des opportunités et des niveaux de valorisation de marché.

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    Actualité Banque & Finance Bourse Monde

    Recap hebdomadaire : Semaine du 08 au 12 septembre 2025

    Introduction

    La semaine écoulée a été rythmée par la publication de l’inflation américaine, la réunion de la Banque centrale européenne, ainsi que de nouveaux signaux de faiblesse en provenance de la Chine. Le dollar s’est renforcé, soutenu par une inflation légèrement supérieure aux attentes malgré une révision massive à la baisse des créations d’emplois. L’euro a évolué de manière volatile après la BCE, tandis que la livre sterling a souffert d’une croissance atone. Les marchés actions, obligataires et de matières premières ont reflété un environnement dominé par des politiques monétaires restrictives et par la persistance de tensions géopolitiques.

    Devises majeures

    Dollar américain (USD)

    Le billet vert a progressé à la suite de la publication du CPI d’août, ressorti à +0,4 % en global et +0,3 % en core. Les pressions sur le logement, l’énergie et l’alimentation demeurent présentes, tandis que l’impact des nouveaux tarifs douaniers reste limité pour l’instant. En parallèle, une révision massive de -911 000 créations de postes sur l’année écoulée a mis en évidence la fragilité du marché du travail. Ce contraste entre inflation persistante et emploi en repli ouvre une fenêtre d’assouplissement à la Réserve fédérale. Les marchés anticipent une baisse de 25 points de base dès septembre, suivie possiblement d’un second mouvement en octobre. Le 10 ans US est resté stable autour de 4,04 %, le dollar s’est raffermi et les indices actions ont progressé modestement.

    Euro (EUR)

    L’euro a été animé par la réunion de la BCE. Si les taux ont été maintenus inchangés, Christine Lagarde a réaffirmé la nécessité de conserver une politique restrictive afin d’ancrer la trajectoire désinflationniste. Le ton hawkish a temporairement soutenu la monnaie unique, mais les perspectives économiques fragiles en zone euro limitent son potentiel d’appréciation.

    Livre sterling (GBP)

    La livre a été fragilisée par la publication d’un PIB mensuel stagnant, confirmant l’absence de croissance au Royaume-Uni. Cette faiblesse structurelle entretient les doutes quant à la capacité de la Banque d’Angleterre à resserrer davantage sa politique monétaire. Les investisseurs se tournent désormais vers la réunion décisive de la semaine prochaine.

    Yen japonais (JPY)

    Le yen a évolué au gré des différentiels de taux et du sentiment global de risque. La devise est restée sous pression face au dollar et à l’euro, mais a regagné de l’attrait lors des phases de repli des marchés. La prochaine réunion de la Banque du Japon, prévue le 19 septembre, sera déterminante pour la trajectoire de la politique monétaire.

    Dollar canadien (CAD)

    Le dollar canadien est resté stable, faute de données domestiques. La devise a suivi les tendances globales, en attendant les publications d’inflation et la décision de la Banque du Canada attendues la semaine prochaine.

    Dollar australien (AUD)

    L’AUD a subi la pression des signaux déflationnistes venus de Chine, principal partenaire commercial. En l’absence de catalyseurs domestiques, la devise a reflété les inquiétudes sur la demande mondiale de matières premières.

    Dollar néo-zélandais (NZD)

    Le kiwi est resté sans dynamique propre malgré une intervention de la RBNZ. La banque centrale a maintenu une posture prudente et dépendante des données, laissant la devise évoluer au gré des tendances régionales et du dollar américain.

    Franc suisse (CHF)

    Le franc suisse a évolué de manière neutre. Les déclarations du président de la BNS n’ont pas apporté de nouveauté, laissant la devise réagir principalement au sentiment global de risque.

    Géopolitique

    Moyen-Orient : Les tensions dans le Golfe continuent d’alimenter une prime de risque sur le marché pétrolier, rappelant la vulnérabilité des routes d’approvisionnement énergétiques.

    Europe de l’Est : Le conflit Russie–Ukraine se poursuit sans évolution stratégique majeure. Les infrastructures énergétiques et logistiques demeurent exposées, maintenant une prime de risque pour les marchés européens.

    Asie-Pacifique : La Chine a intensifié sa coopération militaire avec la Russie à travers des exercices conjoints, ce qui accroît les inquiétudes des partenaires occidentaux. Par ailleurs, les tensions commerciales avec les États-Unis et l’Europe s’accentuent.

    OPEP+ et commerce mondial : Les discussions au sein de l’OPEP+ sur d’éventuels ajustements de production maintiennent une incertitude élevée. Les flux commerciaux stratégiques restent sensibles aux tensions géopolitiques globales.

    Actions

    • États-Unis : Les indices ont clôturé de manière contrastée. Le S&P 500 et le Nasdaq ont bénéficié de la résilience du secteur technologique, tandis que le Dow Jones est resté plus fragile.
    • Europe : Les marchés européens ont évolué prudemment, dominés par la réunion de la BCE. Le ton ferme de Christine Lagarde a limité l’appétit pour le risque.
    • Asie : Les actions chinoises ont reculé après de nouvelles données décevantes, tandis que Tokyo a bénéficié d’un yen faible qui soutient les exportateurs.

    Matières premières

    • Énergie : Le pétrole est resté volatil, partagé entre inquiétudes sur la demande mondiale et incertitudes liées à l’OPEP+ et au Moyen-Orient.
    • Métaux précieux : L’or a été recherché comme valeur refuge, soutenu par la volatilité obligataire et les tensions géopolitiques.
    • Métaux industriels : Le cuivre et l’aluminium ont reculé, affectés par la faiblesse persistante de la demande chinoise.

    Obligations souveraines

    • États-Unis : Les rendements à court terme se sont tendus après l’inflation, tandis que le 10 ans est resté stable autour de 4,04 %. La courbe demeure inversée.
    • Zone euro : Les Bunds ont été volatils après la BCE, avec des taux courts en hausse et des taux longs contenus par la faiblesse économique.
    • Royaume-Uni : Les Gilts restent sous pression, les maturités longues reflétant l’incertitude budgétaire et monétaire.
    • Japon & Suisse : Stabilité des JGBs avant la réunion de la BoJ ; légère baisse des rendements suisses confirmant leur statut refuge.
    • Canada, Australie, Nouvelle-Zélande : Peu de mouvements autonomes, les marchés suivant les dynamiques américaines.

    Taux d’intérêt

    • Réserve fédérale (Fed) : Le marché anticipe une baisse de 25 points de base en septembre, avec une probabilité croissante d’un second mouvement en octobre.
    • Banque centrale européenne (BCE) : Taux inchangés mais ton hawkish, confirmant un statu quo prolongé.
    • Banque d’Angleterre (BoE) : Dilemme entre croissance nulle et inflation élevée. La réunion de la semaine prochaine sera décisive.
    • Banque du Japon (BoJ) : En attente de la réunion du 19 septembre, où des ajustements du YCC pourraient intervenir.
    • Banque du Canada (BoC) : Attentisme avant la décision à venir.
    • RBA, RBNZ, BNS : Pas de changement, profils attentistes.

    Agenda à venir (15–19 septembre 2025)

    • Lundi : Chine (production industrielle, ventes au détail), discours Lagarde (BCE).
    • Mardi : Royaume-Uni (revenus et chômage), Allemagne (ZEW), Canada (CPI), États-Unis (ventes au détail).
    • Mercredi : Royaume-Uni (CPI), Banque du Canada (taux et conférence), Fed (taux, projections, conférence Powell).
    • Jeudi : Nouvelle-Zélande (PIB), Australie (emploi), Banque d’Angleterre (taux).
    • Vendredi : Japon (BoJ – décision et conférence), Royaume-Uni (ventes au détail), Canada (ventes au détail).

    Sources

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    Actualité Banque & Finance Bourse Economie En vedette Macro Nos analyses

    Inflation US : Rapport CPI du 11 septembre 2025

    Le 11 septembre 2025, le Bureau of Labor Statistics (BLS) a publié les données d’inflation pour le mois d’août. Très attendu par les marchés financiers, ce rapport sur l’Indice des Prix à la Consommation (CPI) éclaire la dynamique des prix à quelques jours de la réunion de la Réserve fédérale (16-17 septembre), où une baisse des taux est largement anticipée.

    Des chiffres en ligne avec les attentes

    En août, l’inflation globale (CPI-U) a progressé de 0,4 % sur un mois, soit le double de la hausse de juillet (+0,2 %). En rythme annuel, elle s’établit à 2,9 %, contre 2,7 % en juillet, conformément au consensus.

    L’inflation sous-jacente (core CPI), qui exclut l’énergie et l’alimentation, a augmenté de 0,3 % en rythme mensuel et de 3,1 % sur un an. Ces chiffres, attendus, traduisent néanmoins des tensions persistantes dans certains secteurs.

    Les moteurs de la hausse des prix

    • Logement et loyers : principaux contributeurs à l’inflation, confirmant la pression durable des coûts liés à l’immobilier résidentiel.
    • Alimentation : progression marquée, alimentée par des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
    • Énergie : les prix de l’essence se redressent, reflétant la volatilité des coûts énergétiques.
    • Biens manufacturés : certains segments, comme l’électroménager, affichent au contraire des baisses de prix.

    Les tarifs douaniers introduits par l’administration Trump commencent également à peser sur les biens importés. Pour l’instant, leur impact demeure modéré, mais les économistes anticipent un effet plus marqué dans les prochains mois si la tendance se confirme.

    Conséquences pour la Fed et réactions de marché

    Ce rapport intervient dans un contexte où la Fed est appelée à assouplir sa politique monétaire afin de soutenir une économie fragilisée.

    • Malgré la légère accélération de l’inflation, les chiffres ne constituent pas un frein à une baisse des taux, d’autant que les dernières données sur l’emploi ont révélé une révision à la baisse de 911 000 créations de postes sur l’année écoulée.
    • Les marchés restent confiants : la probabilité d’une baisse de 25 points de base en septembre est largement intégrée, avec 67 % de chances d’un second mouvement en octobre (CME FedWatch).

    Les réactions immédiates ont été mesurées :

    • Le S&P 500 a progressé de 0,2 % en contrats à terme,
    • Le dollar s’est légèrement renforcé,
    • Les rendements à 10 ans sont restés stables autour de 4,04 %.

    Une trajectoire d’inflation encore incertaine

    Si l’inflation globale se maintient dans une zone relativement maîtrisée, l’inflation sous-jacente à 3,1 % reste au-dessus de la cible de la Fed. Plusieurs tendances pourraient cependant limiter les pressions à venir :

    • Le ralentissement progressif des loyers (données Zillow et Fed de Cleveland),
    • La récente modération des prix de l’énergie,
    • Des anticipations d’inflation des ménages stables, évitant un dérapage psychologique.

    Conclusion : une fenêtre pour l’assouplissement

    Le rapport CPI d’août 2025 confirme un environnement de prix légèrement plus tendu, mais sans remettre en cause la trajectoire de la Fed vers une politique monétaire plus accommodante. L’équilibre reste délicat : soutenir un marché du travail en perte de vitesse tout en préservant la stabilité des prix.

    Les prochaines publications, notamment l’indice PCE, indicateur de référence pour la Fed; seront déterminantes pour confirmer la marge de manœuvre dont disposent Jerome Powell et ses collègues dans leur stratégie de normalisation.

    Sources :  

    – Bureau of Labor Statistics, Consumer Price Index, August 2025 
    https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm

    – The New York Times, “U.S. Inflation Report Shows Effects of Trump’s Tariffs” https://www.nytimes.com/live/2025/08/12/business/cpi-inflation-tariffs-fed

    – TD Economics, U.S. Consumer Price Index (July 2025) 
    https://economics.td.com/us-cpi

    – CNBC, US CPI Data LIVE Updates
    https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm

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    Ramify : la fintech qui révolutionne la banque privée en France

    Il y a des histoires d’entrepreneurs qui naissent dans un garage, d’autres autour d’un café. Celle de Ramify commence sur les bancs de CentraleSupélec, où deux étudiants passionnés d’ingénierie, Olivier Herbout et Samy Ouardini, se croisent sans encore savoir qu’ils allaient, quelques années plus tard, bousculer un secteur figé depuis des décennies : la banque privée.

    Nous sommes donc allés à leur rencontre pour mieux comprendre leur démarche, découvrir les coulisses de ce projet prometteur et vous partager une histoire qui, à coup sûr, saura vous inspirer.

    Des bancs d’école à la finance internationale

    Après leurs études, chacun suit un parcours prestigieux :

    • Olivier rejoint Goldman Sachs à New York,
    • Samy intègre le cabinet de conseil Oliver Wyman.

    Forts de plusieurs années dans ces institutions prestigieuses, les deux amis font le même constat : en France, les particuliers sont trop souvent livrés à eux-mêmes face à leur épargne. L’univers de la gestion patrimoniale reste opaque, coûteux et réservé aux initiés.

    Une conviction est née : ouvrir l’accès à des solutions patrimoniales de premier plan, dans un cadre digitalisé, transparent et conforme aux attentes des investisseurs modernes.

    C’est ainsi qu’en 2021, Ramify voit le jour.

    Une plateforme patrimoniale tout-en-un

    En trois ans, Ramify a construit une offre complète qui simplifie la vie des investisseurs :

    • Assurance vie (classique, mineur, luxembourgeoise)
    • PER
    • PEA
    • Private equity
    • SCPI
    • Club deals immobiliers
    • Cryptomonnaies
    • Art
    • Produits structurés
    • Compte à terme
    • Livret d’épargne

    Que demander de plus ?

    Des solutions qui étaient autrefois réservées à une minorité, désormais accessibles en quelques clics. Mais au-delà de la variété, Ramify se veut un véritable partenaire de confiance, combinant digitalisation, optimisation fiscale et simplicité d’utilisation.

    Des innovations de rupture

    Ramify ne se contente pas d’aligner les produits. La plateforme se distingue par des choix audacieux :

    • Première assurance-vie luxembourgeoise 100 % digitale, accessible dès 100 000 € (contre plus du double auparavant).
    • Gestion encadrée des crypto actifs, avec le statut officiel de PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques).
    • Lancement du X Fund via leur propre société de gestion (Valhyr Capital), un fonds hybride inspiré du légendaire All Weather Fund de Ray Dalio, combinant marchés publics, privés et alternatifs pour viser une performance stable et diversifiée.

    Évidemment, la performance des placements Ramify ne manque pas d’être au rendez-vous. En 2024, leurs portefeuilles standards en gestion pilotée ont affiché des rendements allant de 5,03 % à 27,12 %, selon le niveau de risque choisi :

    Rendements de leurs portefeuilles

    Une croissance fulgurante

    En à peine trois ans, Ramify a déjà :

    • séduit des milliers d’investisseurs particuliers,
    • levé 11 millions d’euros auprès d’acteurs majeurs comme Fidelity International Strategic Ventures,
    • obtenu +30 labels de référence dans le secteur financier.

    De plus, les notes obtenu par ramify auprès de ces clients sont sans appel : 

    • Note Trustpilote : 4,7/5 pour 163 avis 
    • Note Google : 4,9/5 pour 116 avis 

    Plus qu’une plateforme : une vision

    Ce qui distingue vraiment Ramify, c’est sa philosophie.
    Ne pas simplement proposer des produits financiers, mais offrir une nouvelle manière de penser la finance : 

    • Un avenir où chaque investisseur accède aux standards de l’excellence patrimoniale.
    • Un univers où les solutions réservées aux élites deviennent accessibles à tous.
    • Une nouvelle référence d’investissement : claire, transparente et performante.

    En somme, Ramify n’est pas qu’une plateforme. C’est une invitation à repenser son avenir financier, et peut-être une opportunité unique de le faire fructifier autrement.

    Pour découvrir leurs solutions et commencer à reprendre le contrôle de votre patrimoine : Essayez Ramify dès maintenant !

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    Disclaimer: Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.

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    Rapport weekly : faits marquants du 01-05 sept. 2025

    La rentrée des marchés financiers a été marquée par un choc venu des États-Unis : le rapport sur l’emploi d’août n’a révélé que 22 000 créations de postes et un chômage à 4,3 %, son plus haut depuis quatre ans. Les investisseurs anticipent désormais un assouplissement monétaire de la Fed dès le 17 septembre. Les taux obligataires se sont repliés en fin de semaine et l’or a atteint un nouveau record. En Europe, l’inflation proche de la cible maintient la BCE en attente. Au Royaume-Uni, la flambée des coûts d’emprunt alimente les craintes budgétaires. Côté matières premières, l’OPEP+ prépare une hausse de production qui pèse déjà sur le pétrole.

    Devises majeures

    États-Unis : Dollar américain (USD)

    Le dollar a reculé, affecté par la détérioration du marché du travail. Les créations de postes se sont effondrées à 22 000 en août, contre plus de 150 000 en moyenne mensuelle sur le premier semestre, et le taux de chômage a progressé à 4,3 %. Les salaires horaires ont certes augmenté de 0,3 % sur un mois, mais sans compenser la faiblesse globale. L’ISM manufacturier est resté en contraction (48,7) et l’ISM services a conservé une dynamique molle. L’ensemble de ces données renforce la probabilité d’une première baisse de taux de 25 points de base dès septembre, ce qui pèse mécaniquement sur le billet vert.

    Zone euro : Euro (EUR)

    L’euro a profité de l’affaiblissement du dollar pour s’apprécier, même si la zone euro reste confrontée à une conjoncture fragile. L’inflation flash d’août est ressortie à 2,1 %, légèrement supérieure aux attentes, confirmant que la BCE doit maintenir une ligne prudente. Les taux longs européens ont reculé en fin de semaine, entraînant une détente relative des spreads périphériques. La devise conserve ainsi un biais positif, sans toutefois refléter une amélioration nette des fondamentaux.

    Royaume-Uni : Livre sterling (GBP)

    La livre a évolué sans tendance forte. L’attention s’est portée sur le marché obligataire : le rendement du gilt à trente ans a atteint son plus haut depuis 1998 en début de semaine, avant de refluer vendredi. Les ventes au détail se sont révélées décevantes, avec une progression limitée à 0,4 % contre 0,9 % attendu. Cette combinaison maintient la devise dans un équilibre fragile, prisonnière d’une inflation persistante et d’un contexte budgétaire incertain.

    Japon : Yen japonais (JPY)

    Aucune statistique majeure n’a été publiée au Japon cette semaine. Le yen est resté guidé par l’aversion au risque internationale et par la baisse des rendements américains, qui a limité la pression à la baisse sur la devise. Le statut de valeur refuge du yen a été préservé, sans mouvement brusque.

    Suisse : Franc suisse (CHF)

    Le franc a légèrement progressé, bénéficiant d’un contexte global de prudence. Aucun indicateur domestique majeur n’a été diffusé, mais la perspective d’une communication prochaine de la Banque nationale suisse a contribué à soutenir la devise.

    Canada : Dollar canadien (CAD)

    Les chiffres de l’emploi ont montré 9 400 créations de postes, insuffisantes pour empêcher une hausse du chômage à 7,0 %. L’indice Ivey PMI a reculé à 53,1, traduisant un ralentissement de l’activité. Le recul du pétrole a accentué la pression sur le dollar canadien, qui a terminé la semaine en repli.

    Australie : Dollar australien (AUD)

    L’AUD a résisté, porté par l’affaiblissement global du dollar et par des flux positifs vers les matières premières industrielles. Aucun chiffre domestique notable n’a été publié, et la devise a surtout reflété le différentiel de politique monétaire, la RBA restant moins accommodante que la RBNZ.

    Nouvelle-Zélande : Dollar néo-zélandais (NZD)

    Le NZD est resté en retrait, sans catalyseur macroéconomique. La politique très dovish de la RBNZ pèse toujours sur la monnaie, qui s’est contentée de suivre les arbitrages régionaux.

    Géopolitique et contexte global

    Chine

    La Chine a attiré l’attention avec la progression spectaculaire des financements sur marge, qui ont atteint un record de 2,29 trillions de yuans, soit environ 320 milliards de dollars. Ce recours massif à l’endettement pour spéculer en bourse suscite des craintes de volatilité accrue, sans réaction réglementaire immédiate.

    Europe

    Le marché a suivi de près la flambée des rendements longs au Royaume-Uni et en France, perçue comme un signal de vulnérabilité budgétaire. La détente en fin de semaine a été permise par l’impact des données américaines, mais les interrogations sur la soutenabilité de la dette publique restent présentes.

    Russie – Ukraine

    Aucun événement militaire d’ampleur n’a marqué la semaine. Le conflit reste figé dans une logique d’attrition, et la prime de risque géopolitique sur les marchés de l’énergie n’a pas diminué. Les regards sont tournés vers la réunion de l’OPEP+ du 8 septembre.

    Obligations souveraines

    États-Unis

    Les Treasuries ont réagi brutalement au rapport emploi. Le rendement du 10 ans a reculé vers 4,09 %, effaçant une partie de la hausse observée plus tôt dans la semaine, tandis que le 2 ans est retombé autour de 3,5 %. La courbe s’est légèrement pentifiée, traduisant l’anticipation d’un assouplissement imminent.

    Zone euro

    Le Bund à 10 ans a reculé à 2,7 % en fin de semaine, après avoir atteint un sommet de cinq mois. La détente a également concerné les dettes périphériques, soutenues par la perspective d’une Fed plus accommodante.

    Royaume-Uni

    Le gilt à 30 ans a touché un plus haut depuis 1998, avant de se replier vendredi. Le marché a sanctionné les doutes budgétaires, mais a fini par s’aligner sur le mouvement de détente américain.

    Autres zones

    Au Japon, le 10 ans JGB est resté stable à 0,9 %. En Suisse, les taux ont peu évolué mais bénéficient de flux refuge. Au Canada, le 10 ans a suivi le mouvement de repli américain. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les obligations ont évolué sans catalyseur propre, avec une légère détente en fin de semaine.

    Actions

    États-Unis

    Après de nouveaux records jeudi, les indices ont cédé du terrain vendredi. Le S&P 500 a terminé la semaine en hausse de 0,3 % et le Nasdaq de 1,1 %. Les valeurs technologiques ont été soutenues par la détente des taux, avec un bond de Broadcom sur fond d’optimisme lié à l’intelligence artificielle. Tesla a progressé après des débats sur la rémunération de son management, tandis que Lululemon a chuté à la suite de ventes décevantes. La faiblesse de l’emploi a toutefois limité l’appétit global pour le risque.

    Europe

    Les marchés européens ont progressé en début de séance vendredi, portés par la perspective d’une Fed accommodante, mais ont terminé prudemment en l’absence de catalyseur domestique.

    Asie-Pacifique

    Les marchés asiatiques ont profité de la baisse des rendements mondiaux, mais la Bourse australienne a mis fin à une série de quatre semaines consécutives de hausse, faute de soutien domestique.

    Matières premières

    Énergie

    Les cours du pétrole ont reculé, pénalisés par les anticipations d’une hausse de production de l’OPEP+ dès le 8 septembre et par une augmentation surprise des stocks de brut américains. Le Brent a clôturé sous 66 dollars le baril, en baisse de plus de 2 % sur la semaine.

    Métaux précieux

    L’or a inscrit un record historique à près de 3 600 dollars l’once. La combinaison d’un marché du travail américain affaibli et d’anticipations de baisse de taux a renforcé la demande pour le métal jaune. L’argent et le platine ont suivi cette dynamique, soutenus à la fois par leur rôle de valeur refuge et par la perspective d’une baisse des rendements réels.

    Métaux industriels et agriculture

    Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, essentiellement guidés par le recul du dollar et l’évolution du sentiment sur la croissance mondiale. Aucun mouvement particulier n’a été constaté sur les matières premières agricoles, dont les prix sont restés fermes.

    Taux d’intérêt et banques centrales

    Réserve fédérale

    Le marché price désormais à près de 100 % une baisse de 25 points de base en septembre. La faiblesse du marché du travail a alimenté le scénario d’une série de coupes pouvant s’étendre jusqu’en 2026. Les rendements courts ont fortement baissé, confirmant cette lecture.

    Banque centrale européenne

    Aucune réunion cette semaine. L’inflation à 2,1 % en août conforte l’idée d’un statu quo à court terme. Les discussions sur un assouplissement graduel se poursuivent, mais restent conditionnées à une amélioration nette des perspectives économiques.

    Banque d’Angleterre

    Pas de communication majeure. Le marché a toutefois sanctionné en début de semaine la sensibilité de la dette britannique aux doutes budgétaires, rappelant que la BoE n’est pas en position d’assouplir sa politique avant un reflux durable de l’inflation.

    Autres banques centrales

    La Banque du Japon, la Banque du Canada, la RBA, la RBNZ et la BNS n’ont rien annoncé de nouveau cette semaine. Leurs marchés obligataires ont essentiellement suivi les mouvements américains.

    Calendrier économique à venir

    Semaine du 8 au 12 septembre 2025

    • Lundi 8 septembre : réunion OPEP+ (JMMC)
    • Mardi 9 septembre : nouveaux prêts bancaires en Chine, intervention du président de la BNS Martin Schlegel
    • Mercredi 10 septembre : inflation et prix à la production en Chine, prix à la production aux États-Unis
    • Jeudi 11 septembre : discours du gouverneur adjoint de la RBNZ Hawkesby, décision de la BCE et conférence de presse, inflation CPI aux États-Unis, inscriptions au chômage hebdomadaires
    • Vendredi 12 septembre : PIB mensuel du Royaume-Uni, indice de confiance du Michigan (préliminaire) et anticipations d’inflation aux États-Unis

    Sources

    https://www.reuters.com/business/us-unemployment-rate-near-4-year-high-labor-market-hits-stall-speed-2025-09-05

    https://www.wsj.com/livecoverage/jobs-report-august-stock-market-today-09-05-2025

    https://www.reuters.com/business/energy/oil-prices-settle-down-more-than-2-after-weak-us-jobs-report-2025-09-05

    https://www.reuters.com/world/india/gold-hits-record-high-nears-3600oz-weak-us-jobs-data-fuels-rate-cut-bets-2025-09-05

    https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-euro-indicators/w/2-02092025-ap

    Catégories
    Actualité Banque & Finance Bourse Economie Energie Géopolitique Nos analyses

    Marchés : faits marquants du 25 au 29 août 2025

    La dernière semaine d’août a été rythmée par un recul du dollar, une amélioration fragile en zone euro, une inflation toujours tenace en Asie et de nouvelles tensions commerciales. Les marchés actions américains ont atteint de nouveaux sommets, portés par la technologie et l’industrie, tandis que les rendements obligataires se sont tendus aux États-Unis et au Royaume-Uni, traduisant la persistance d’anticipations restrictives. Dans le même temps, le pétrole est resté soutenu par l’escalade en Ukraine et les métaux industriels ont trouvé un plancher grâce à la stabilisation européenne.

    Devises majeures

    Dollar américain (USD)

    Le billet vert a perdu 0,36 %. Les chiffres de croissance du T2 sont restés solides, mais les signaux avancés s’affaiblissent : l’indice LEI a reculé et la confiance des consommateurs s’est dégradée. L’inflation ralentit graduellement avec un PCE global à 2,5 % et un cœur PCE à 2,6 %. Les inscriptions au chômage (229 000) confirment un marché de l’emploi qui se détend légèrement. La Fed reste prudente : deux baisses de taux sont anticipées d’ici fin 2025, dont une possible dès septembre.

    Euro (EUR)

    L’euro s’est apprécié (+0,52 %). L’indice Ifo en Allemagne est remonté à 89,0, au plus haut depuis mai 2024, malgré une consommation toujours déprimée. L’inflation allemande a atteint 2,2 % en août. En France, la confiance des ménages a chuté à 87, son plus bas depuis octobre 2023. La BCE reste en retrait, mais une première baisse de taux en 2025 n’est pas exclue.

    Livre sterling (GBP)

    La livre a reculé (–0,37 %). Aucun chiffre majeur n’a été publié, et l’économie reste confrontée à une faible croissance et à une inflation élevée. La Banque d’Angleterre n’envisage pas d’assouplissement avant 2026.

    Yen japonais (JPY)

    Le yen s’est légèrement renforcé (–0,07 % sur USDJPY). L’économie japonaise reste fragile : la production industrielle a chuté de –1,6 % en juillet, les ventes au détail n’ont progressé que de +0,3 %. L’inflation de Tokyo atteint 2,9 % et reste alimentée par les prix alimentaires (+7,4 %). La BoJ demeure coincée entre croissance molle et inflation tenace.

    Franc suisse (CHF)

    Le franc est resté stable. La croissance au T2 (+0,1 %) n’est quasi nulle, l’industrie a chuté (–2,4 %) et les exportations se sont repliées (–2,7 %). Le rôle refuge du CHF reste son principal moteur.

    Dollar canadien (CAD)

    Le CAD a progressé (+0,44 %). Le PIB du T2 a reculé de –0,4 %, principalement en raison de l’effondrement des exportations (–7,5 %), touchées par les droits de douane américains. La demande intérieure reste robuste (+0,9 %), soutenant la monnaie.

    Dollar australien (AUD)

    L’AUD a signé la meilleure performance du G10 (+0,56 %). La RBA a abaissé ses taux à 3,60 % mais l’inflation a surpris en hausse en juillet (2,8 % contre 1,9 % en juin). Le marché anticipe désormais une seule baisse de taux supplémentaire d’ici fin 2025.

    Dollar néo-zélandais (NZD)

    Le NZD a gagné 0,23 %. La confiance des entreprises s’améliore, mais l’activité propre recule et l’emploi reste faible. L’inflation reste stable à 2,6 %. Le différentiel de taux défavorable vis-à-vis de l’AUD limite l’attrait du NZD.

    Géopolitique

    Commerce mondial

    Washington a doublé ses droits de douane sur l’Inde à 50 %, en réponse aux importations de pétrole russe. Les États-Unis menacent également l’Union européenne de mesures punitives face aux taxes numériques. En parallèle, un accord avec la Corée du Sud est proche et des discussions avec la Chine sont prévues pour l’automne.

    Russie – Ukraine

    L’Ukraine a intensifié ses frappes de drones contre les infrastructures énergétiques russes, ciblant notamment des terminaux gaziers et des raffineries. Moscou a riposté en bombardant Kiev, endommageant des bâtiments liés à l’Union européenne. La situation militaire et diplomatique reste bloquée, renforçant la prime de risque sur le pétrole.

    Asie

    La Chine reste en retrait avant les négociations commerciales avec Washington. Le Japon a vu une visite diplomatique annulée, tandis que la Corée du Sud renforce sa coopération économique et sécuritaire avec les États-Unis.

    Obligations souveraines

    Aux États-Unis, le 10 ans s’est établi à 4,4 %, son plus haut niveau en six semaines. La courbe reste inversée (2 ans–10 ans : –25 pb) mais l’inversion se réduit, signe d’une consommation résiliente.

    En zone euro, le Bund a évolué autour de 2,2 %, les spreads périphériques (Italie, Espagne) se resserrant légèrement grâce à une détente commerciale avec Washington.

    Au Royaume-Uni, le 10 ans gilt a atteint 4,3 %, tiré par une inflation persistante et l’absence de perspective de baisse de taux.

    Au Japon, le 10 ans JGB est resté proche de 0,9 %, la BoJ maintenant une politique ultra-accommodante.

    Le 10 ans canadien a évolué à 3,6 %, influencé par la contraction du PIB.

    En Australie, le 10 ans ACGB a tourné autour de 3,9 %, malgré une RBA en pause prolongée.

    En Nouvelle-Zélande, les rendements se sont fortement détendus, avec un 2 ans en baisse, reflétant l’anticipation de nouvelles baisses de taux.

    En Suisse, le 10 ans est resté à 0,9 %, soutenu par le rôle refuge du franc.

    Actions

    Les indices américains (S&P 500, Nasdaq) ont atteint de nouveaux records, soutenus par la technologie et l’industrie. Les PMI robustes ont encouragé l’optimisme, mais la composante inflation a limité l’élan. Les secteurs de l’immobilier et de la consommation discrétionnaire sont restés en retrait.

    En Europe, l’Euro Stoxx 50 a progressé, aidé par l’automobile et l’industrie, mais la récession allemande a freiné les gains.

    À Londres, le FTSE a été soutenu par les valeurs minières et énergétiques, alors que les titres domestiques liés à la consommation ont souffert.

    À Tokyo, le Nikkei a gagné grâce à la faiblesse du yen, mais les exportations restent fragiles.

    Matières premières

    Énergie

    Le pétrole a poursuivi sa hausse, alimentée par les attaques contre les infrastructures russes et les perturbations du pipeline Druzhba. Le diesel canadien a bondi de +6,6 %, reflétant des tensions sur le marché raffiné. Le gaz naturel européen est resté stable, mais la menace d’interruptions russes entretient une forte volatilité.

    Métaux précieux

    L’or est resté soutenu par la demande refuge, dans un climat de tensions géopolitiques. La hausse des rendements US limite néanmoins son potentiel. L’argent et le platine ont suivi, tirés par leur double rôle refuge et industriel.

    Métaux industriels

    Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, aidés par le retour du PMI manufacturier européen en territoire d’expansion. Au Canada, les métaux industriels ont progressé (+2,7 %), notamment les alliages (+12,4 %), grâce à une forte demande dans la construction et l’électronique.

    Agriculture

    Les prix agricoles restent en forte hausse. Au Japon, le riz affiche toujours +90 % sur un an malgré les mesures de stabilisation. En Allemagne, le café et le bœuf ont bondi de +38 %. Au Canada, la volaille (+7,9 %) et les produits laitiers poursuivent leur hausse.

    Taux d’intérêt

    • Fed : l’économie américaine reste solide, mais l’inflation ralentit trop lentement. La banque centrale prépare deux baisses de taux d’ici fin 2025, dont une probable en septembre. Le 10 ans reste élevé à 4,4 %, preuve que le marché croit encore à une politique restrictive prolongée.
    • BCE : l’inflation dans la zone euro est proche de la cible (2,2 % en Allemagne), mais la croissance reste fragile. La BCE privilégie une posture attentiste, tout en gardant ouverte la possibilité d’un assouplissement fin 2025.
    • BoE : avec une inflation supérieure à 3 %, la Banque d’Angleterre ne peut envisager aucun relâchement avant 2026. La courbe britannique reste pentue, reflétant la défiance sur la trajectoire budgétaire.
    • BoJ : malgré une inflation à 2,9 % à Tokyo, la consommation atone pousse la BoJ à maintenir une politique ultra-accommodante. Les JGBs restent stables.
    • BoC : la contraction du PIB n’a pas poussé la Banque du Canada à bouger. Son objectif d’inflation à 2 % est réaffirmé, avec une posture neutre.
    • RBA : après avoir abaissé son taux directeur à 3,60 %, la banque reste prudente face à une inflation sous-jacente encore élevée. Une seule nouvelle baisse est attendue.
    • RBNZ : la plus dovish du G10. Le marché price deux nouvelles baisses d’ici la fin de l’année, ce qui affaiblit le NZD.
    • BNS : neutre, la Banque nationale suisse s’aligne sur les grandes tendances mondiales tout en profitant du rôle refuge de sa monnaie.

    Calendrier économique (31 août – 5 septembre 2025)

    Dimanche 31 août : PMI manufacturier Chine (49,4), PMI non-manufacturier (50,3)

    Lundi 1er septembre : jour férié au Canada et aux États-Unis

    Mardi 2 septembre : inflation flash zone euro, ISM manufacturier États-Unis

    Mercredi 3 septembre : PIB Australie, discours Lagarde (BCE), discours Bullock (RBA), auditions monétaires Royaume-Uni, JOLTS US

    Jeudi 4 septembre : CPI Suisse, ADP US, demandes d’allocations chômage US, ISM services US

    Vendredi 5 septembre : ventes au détail UK, emploi Canada, chômage Canada, NFP US, chômage US, salaires US, PMI Ivey Canada

    Sources :

    Banques centrales

    https://www.federalreserve.gov

    https://www.ecb.europa.eu

    https://www.bankofengland.co.uk

    https://www.boj.or.jp

    https://www.rba.gov.au

    https://www.rbnz.govt.nz

    https://www.bns.admin.ch

    Institutions statistiques

    https://www.bls.gov

    https://www.destatis.de

    https://www.insee.fr

    https://www150.statcan.gc.ca

    https://www.abs.gov.au

    https://www.stat.go.jp

    Médias financiers et données de marché

    https://www.reuters.com

    https://www.bloomberg.com

    https://www.ft.com

    https://www.tradingeconomics.com

    https://www.tradingview.com