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Une première rencontre « constructive » entre l’Iran et les Etats-Unis à Oman

Après une réunion de deux heures et demie à Oman le samedi 12 avril entre les délégations iraniennes et américaines, l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et Abbas Aragchi, le ministre des Affaires étrangères iranien ont annoncé qu’ils vont poursuivre leurs discussions indirectes sur le délicat dossier nucléaire.

La Maison-Blanche a salué « un pas en avant » et des discussions « très positives et constructives  ». L’Iran a également qualifié les pourparlers de « constructifs », tenus dans une « atmosphère très respectueuse ».

Dimanche, les médias iraniens ont largement salué ces rares discussions comme un « tournant décisif » dans les relations entre les deux ennemis de longue date. Le quotidien conservateur iranien Javan a félicité les États-Unis pour « ne pas chercher à étendre les négociations à des questions non nucléaires ».

Le journal iranien, soutenu par le gouvernement, a qualifié les discussions de « constructives et respectueuses », citant Araghchi. Dans le même temps, le journal réformateur Shargh a déclaré qu’il s’agissait d’un « tournant décisif » dans les relations irano-américaines.

De plus, le journal radical Kayhan, qui était largement sceptique dans les jours précédant les négociations, a déploré que l’Iran n’ait pas de « plan B » alors qu’il n’y avait « aucune perspective claire d’accord avec Donald Trump ». Elle a toutefois salué le fait que la partie américaine n’ait pas évoqué « le démantèlement des installations nucléaires » et « la possibilité d’une attaque militaire » lors des discussions.

D’ailleurs, à la fin, Steve Witkoff et Abbas Aragchi ont eu quelques minutes d’entretien en face-à-face. Ce qui n’était pas prévu, compte tenu de l’hostilité affichée, jusque-là, par le Guide suprême de la République islamique l’ayatollah Ali Khamenei, notamment après la sortie unilatérale de Trump du JPCOA en 2018, ainsi que par l’assassinat le 3 janvier 2020 du général iranien, et commandant de la Force Al-Qods du corps des gardiens de la révolution islamique, Qassem Soleimani.

L’accord de 2015 (JPCOA) sous l’administration Obama avait imposé des limites strictes à l’enrichissement de l’uranium, aux stocks de matières nucléaires et à la recherche et développement de l’Iran en échange de la levée des sanctions des Nations Unies. L’accord ne limitait pas le programme de missiles iranien ni le soutien apporté aux acteurs non étatiques au Moyen-Orient ; Téhéran refusait d’envisager l’un ou l’autre de ces éléments dans le cadre des négociations.

Mais l’accord qui en résulta imposait néanmoins de sérieuses limites au comportement de l’Iran. Le pays a plafonné son enrichissement et son stockage d’uranium, et a ouvert ses installations nucléaires à une surveillance internationale rigoureuse.

Toutefois, dans un entretien avec des médias iraniens, et pour ne pas s’attirer les foudres des ultraconservateurs à son retour à Téhéran, Abbas Araghchi a minimisé cet échange avec Steve Witkoff, affirmant qu’à sa sortie des discussions, il est tombé sur la délégation américaine. « Suivant le protocole diplomatique, a-t-il dit, on a poliment échangé pendant quelques minutes en disant : hello comment ça va ? ». Le ministre a pris soin de préciser qu’il n’y avait eu « aucun langage inapproprié » au cours de ces discussions indirectes, assurant que les deux camps veulent un « accord global rapidement, acceptable par les deux parties ».

Washington et Téhéran se sont donc entendus pour poursuivre samedi 19 avril leurs discussions toujours sous médiation omanaise, un pays habitué à jouer ce rôle entre l’Iran et les États-Unis. « Le fait d’enchaîner les rencontres à ce rythme est un bon signe, cela montre que les choses avancent sérieusement », confie un diplomate omanais. Ces nouveaux pourparlers se poursuivront de façon « indirecte », a fait savoir dimanche Téhéran, mais le lieu reste à déterminer. Il est fort probable que se soit Vienne ou Genève ou même à Rome.

« L’objet de ce premier round n’était pas de produire un accord mais de définir un cadre voire un contenu des prochains pourparlers », rappelle Nicole Grajewski, spécialiste de l’Iran aux États-Unis.

Dimanche, Téhéran a affirmé que les prochaines discussions auront pour « seul » sujet le nucléaire et la levée des sanctions. En effet, le gouvernement iranien a exigé que son programme balistique ainsi que ses relations avec les membres de « l’Axe de la Résistance » ne soient pas intégrés aux négociations.

D’ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, lors d’une interview à la télévision d’État l’a bien confirmé en déclarant que les discussions porteraient uniquement sur « la question nucléaire et la levée des sanctions » et que l’Iran « n’aura aucune discussion avec la partie américaine sur aucune autre question ».

C’est pour cela que pour l’Iran, le premier cycle de négociations avec les États-Unis s’est déroulé aussi bien qu’on pouvait l’espérer. L’Iran peut affirmer que deux de ses principales conditions pour franchir une nouvelle étape dans les négociations ont été remplies : Washington a maintenu l’accent sur son programme nucléaire, du moins pour l’instant, et n’a pas évoqué le démantèlement de ses installations nucléaires ni sa politique régionale avec des groupes militants mandatés par lui comme le Hamas, le Hezbollah et les Houthis.

Concernant le nucléaire, ces dernières semaines, certains responsables américains, poussés par le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, assuraient que l’objectif final des États-Unis était le démantèlement complet des installations nucléaires iraniennes, ainsi que l’arrêt de l’aide iranienne apportée à ses relais au Moyen-Orient, notamment en Irak et au Yémen.

Le gouvernement israélien estime que Téhéran va étendre son programme nucléaire et cherche à le détruire.

« L’accord avec l’Iran n’est acceptable que si les sites nucléaires sont détruits sous la supervision des États-Unis », a déclaré cette semaine le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. « Sinon, l’option militaire est la seule option. »

Cependant, samedi, Steve Witkoff n’aurait pas fait référence à de telles exigences maximalistes. Il semble que Trump ne compte pas exiger le démantèlement complet du programme nucléaire, comme le réclament Mike Waltz et Netanyahou. Il est peu probable que l’Iran aurait accepté de poursuivre les négociations si Araghchi avait pensé que les États-Unis exigeaient l’élimination complet du programme nucléaire iranien.

Dans le même temps, Hadi Borhani, expert des affaires israéliennes en Iran, a cherché à rassurer l’opinion publique dans une interview accordée à Khabar Online, affirmant qu’Israël devait désormais agir dans les limites fixées par le président Trump. Il a ajouté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait probablement été pris au dépourvu par les propos de Trump concernant l’ouverture de négociations avec l’Iran. Néanmoins, Borhani a souligné qu’Israël restait fermement opposé aux négociations à Oman.

Witkoff a élaboré un programme apparemment similaire à l’intention derrière l’accord nucléaire de 2015, mais qui devra également tenir compte du fait que depuis 2018, l’Iran a accumulé un important stock d’uranium enrichi à 60 %, une pureté supérieure à celle requise pour un programme nucléaire civil.

Effectivement, des responsables iraniens ont déclaré souhaiter un assouplissement rapide des sanctions américaines liées au nucléaire, qui ont paralysé l’économie de Téhéran, dans le cadre d’un nouvel accord. Ils souhaitent également avoir accès aux milliards de dollars gelés à l’étranger et mettre fin à la pression américaine sur les acheteurs chinois de pétrole de Téhéran, dans le cadre d’un assouplissement des restrictions, ont déclaré des responsables iraniens et arabes.

La monnaie iranienne a chuté de 95 % par rapport à son pic lors de la signature de l’accord nucléaire en 2015. L’inflation dépasse désormais les 30 % par an, faisant de produits de première nécessité comme la viande un produit de luxe. Les pénuries d’énergie ont entraîné la fermeture de cimenteries et d’usines pharmaceutiques, et même d’écoles dans certaines régions du pays.

En échange, l’Iran serait prêt à revenir aux mêmes niveaux d’enrichissement nucléaire autorisés par le pacte de 2015 dont Trump a retiré les États-Unis au cours de son premier mandat de président, selon des responsables iraniens et européens qui leur ont parlé.

L’ancien chef de la sécurité iranienne, Ali Shamkhani, a souligné la valeur stratégique du programme nucléaire du pays dans un message publié sur X : « La capacité nucléaire pacifique de l’Iran est une chaîne complète, de la mine au produit fini ; il ne s’agit pas seulement d’une prouesse scientifique, mais d’un moteur essentiel pour la médecine, l’énergie, l’agriculture et l’environnement. Cette technologie nationale est stabilisée, irréversible et indestructible. »

Qui plus est, même le journal Javan, proche des gardiens de la révolution est favorable à une réduction de l’enrichissement de l’uranium iranien. « Cela ne doit pas être considéré comme un recul de la part de l’Iran. Maintenir l’industrie nucléaire et l’enrichissement à un pourcentage qui réponde à nos besoins non liés à l’armement, c’est ce que nous disons et souhaitons depuis des années ».

Toutefois, celui-ci se montre sceptique quant à l’engagement américain en expliquant que les expériences passées ont également montré que l’Amérique n’est pas engagée, et la façon dont les choses fonctionnent doit donc changer. Il s’agit de la partie la plus difficile et la plus complexe des négociations, c’est pourquoi son processus risque d’être long, voire non concluant, ou de de pas durer toute la vie de cette administration américaine. 

Par la suite, le même journal a bien confirmé que ce qui concerne les missiles, l’Iran n’entamera certainement aucun dialogue, qu’il se poursuive ou non. « C’est là que les négociations pourraient s’arrêter, et peut-être l’Amérique l’a-t-elle inclus dans les discussions dans ce but précis, c’est-à-dire pour rendre les négociations non concluantes ». En ce qui concerne les forces régionales, il a déjà été dit que l’Iran demandera probablement aux États-Unis de négocier eux-mêmes avec ces forces. 

Un autre problème est celui des avantages économiques que les deux parties tirent l’une de l’autre. Si les intérêts économiques de l’Iran sont atteints par le biais de négociations, il est possible que certaines entreprises américaines trouvent l’opportunité d’investir ou de vendre leurs produits en Iran. En fait, si les sanctions sont levées, ce sont les entreprises elles-mêmes qui accueilleront favorablement les échanges commerciaux ou les investissements, et il est peu probable que l’Iran refuse. 

Néanmoins, il est peu probable que Washington accepte de lever ses sanctions sans un nouvel engagement de Téhéran à réduire ses activités nucléaires. L’administration Trump n’a pas encore accepté que l’Iran ait le droit d’enrichir de l’uranium dans le cadre d’un nouvel accord. Une surveillance étroite serait également requise. 

Toutefois, selon Dana Stroul, qui était la plus haute responsable de la politique au Moyen-Orient au Pentagone pendant l’administration Biden :  « Le président ne veut vraiment pas utiliser l’armée ici »,

Elle a souligné que Trump prévoyait de se rendre au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis dès le mois prochain. « Ce qu’il entend de tous les dirigeants arabes avec lesquels il s’entretient, c’est qu’ils ne veulent pas de nouvelles guerres », a-t-elle déclaré.

D’ailleurs, le 26 octobre 2024, J.D. Vance, alors candidat républicain à la vice-présidence, a pris ses distances avec Israël face à l’escalade de la situation au Moyen-Orient. Lors du Tim Dillon Show , il a reconnu le droit d’Israël à se défendre, mais a averti que « les intérêts des États-Unis seront parfois différents de ceux d’Israël. Parfois, nos intérêts se chevaucheront, parfois, ils seront distincts. » Il a également précisé que l’intérêt des États-Unis « est avant tout de ne pas entrer en guerre avec l’Iran ». Une telle guerre, a souligné Vance, « serait une énorme distraction de ressources ; elle coûterait extrêmement cher à notre pays. »

S’opposer à une guerre contre l’Iran accrédite l’idée que la nouvelle retenue du Parti républicain pourrait être plus qu’un simple acte partisan opportuniste. Cette impression est renforcée par les déclarations d’autres républicains influents, comme Elbridge Colby, ancien haut fonctionnaire du Pentagone et l’actuel sous-secrétaire à la Défense, qui s’est lui-même déclaré « un fervent hostile de l’idée d’une politique étrangère hyper-agressive et extrêmement expansive qui nous entraînerait dans de nombreuses guerres – et les perdrait ».   

En revanche, Trump et ses collaborateurs, ainsi que de hauts dirigeants israéliens, ont toutefois averti à plusieurs reprises que l’Iran serait massivement bombardé s’il refusait d’accéder à leurs exigences concernant son programme nucléaire. Israël demeure le principal opposant à tout éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis.

Les dirigeants américains et israéliens ont suggéré que les principales installations nucléaires, les raffineries et les infrastructures civiles comme les centrales électriques seraient attaquées si les négociations échouaient.

Pour Vali Nasr, spécialiste de l’Iran à l’université Johns Hopkins, les États-Unis auraient assuré que leur « seul intérêt » était que Téhéran n’acquiert pas la bombe, lui reconnaissant le droit à un certain niveau d’enrichissement d’uranium pour des activités nucléaires civiles.

Selon le site d’informations Amwaj, Abbas Araghchi a transmis à Steve Witkoff « les lignes rouges » de Téhéran, en soulignant que « la dénucléarisation n’était pas sur la table ».

Il faut rappeler qu’il y a les sanctions américaines mais également que les puissances européennes parties à l’accord de 2015, à savoir la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, avaient également imposé des sanctions à l’Iran, à la fois en raison de ses avancées nucléaires après le retrait de Trump et en raison des tensions liées à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Or, la clause de retour aux sanctions de l’accord de 2015 expire en octobre 2025. Si les négociations échouent, la France, l’Allemagne et le l’Angleterre pourraient l’invoquer en juillet, acculant l’Iran. La Chine et la Russie pourraient vouloir bloquer son entrée en vigueur, mais leur droit de veto habituel au Conseil de sécurité de l’ONU ne s’appliquerait pas dans ce cas (grâce à une disposition explicite de l’accord nucléaire).  La mise en œuvre du « snapback » est un processus qui prend 90 jours, ce qui signifie qu’il devrait être lancé en juin ou juillet s’il est retenu.

Dans ce contexte, l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devraient intensifier leur collaboration dans les semaines à venir, d’autant plus que l’agence de l’ONU pour l’énergie nucléaire est sous pression de l’Europe pour produire un « rapport complet » sur le programme nucléaire iranien, une étape largement considérée comme un signe avant-coureur du « snapback ».

Ainsi, la visite prévue en Iran du directeur général de l’AIEA plus tard ce mois-ci pourrait marquer un nouveau tournant dans la saga nucléaire iranienne.

L’Iran, pour sa part, a menacé de se retirer du Traité de non-prolifération si les sanctions étaient rétablies, ce qui ouvrirait la voie à Téhéran pour réduire la quasi-totalité de la surveillance officielle de son programme. Trump, de son côté, subirait une pression encore plus forte de la part des dirigeants israéliens et des faucons de Washington pour qu’il frappe. Israël pourrait même envisager d’attaquer seul, ce qui entraînerait presque certainement l’intervention des États-Unis.

Pourtant, comme nous l’avions expliqué dans un précédent article, même une attaque américaine et israélienne massive ne suffirait probablement pas à mettre un terme au programme nucléaire iranien. La République islamique possède tout simplement trop de matières enrichies et stocke trop de centrifugeuses sophistiquées dans trop d’endroits pour que les armées américaine et israélienne puissent les détruire avec une certitude absolue.

Elle dispose également de nombreux experts nucléaires qui pourraient être chargés de relancer un programme nucléaire. Les propres estimations des services de renseignement américains prévoient que le recul du programme nucléaire à la suite d’une attaque militaire serait de courte durée, peut-être de quelques mois seulement.

Pour stopper véritablement un programme nucléaire par la force, les États-Unis devraient soit répéter des frappes militaires fréquentes, soit tenter de mener une campagne de changement de régime pour briser ce cycle, avec des résultats dévastateurs et très incertains.

Frapper l’Iran pourrait également provoquer une escalade régionale majeure. Le réseau d’alliés de l’Iran est peut-être affaibli, mais le pays dispose encore d’options, notamment par l’intermédiaire des Houthis ou des groupes soutenus par l’Iran en Irak, ainsi que de ses propres stocks de missiles balistiques.

Il pourrait riposter contre Israël et contre les actifs, les troupes et les intérêts américains. Comme l’a souligné une récente évaluation des services de renseignement américains, malgré les blessures et les blessures infligées par l’année écoulée, l’Iran conserve la capacité d’« infliger des dommages importants à un attaquant, de mener des frappes régionales et de perturber le transport maritime ». L’Iran pourrait même s’en prendre aux infrastructures pétrolières du Golfe, faisant grimper les prix du pétrole.

Ces faits sont tous clairement sombres. Mais personne ne tirerait profit d’une guerre entre les États-Unis et l’Iran, et chacun a donc intérêt à l’éviter. Cela donne une chance à la diplomatie.

Selon Nicole Grajewski, « tout nouvel accord devra aborder les questions délicates des inspections intrusives pour restaurer la surveillance par l’Agence internationale à l’énergie atomique, des limitations strictes des niveaux d’enrichissement d’uranium, la réduction des stocks d’uranium enrichi à des niveaux élevés et avoir une vue générale sur la production et le déploiement des centrifugeuses avancées ».

Alors que Trump navigue entre ouvertures diplomatiques et postures stratégiques, le scepticisme d’Israël à l’égard des négociations pourrait engendrer des frictions, notamment si l’administration parvient à un accord qui ne répond pas aux exigences sécuritaires israéliennes. La fenêtre de deux mois pour les négociations diplomatiques se refermant, la capacité des alliés à concilier leurs divergences sera déterminante pour déterminer si l’approche américaine penche finalement vers l’engagement ou l’escalade.

En tout cas le temps presse. Interrogées sur la durée des négociations envisagées par Trump, plusieurs sources américaines, israéliennes et arabes ont donné la même réponse : quelques mois. Le JCPOA a duré deux ans. Lorsque John Kerry s’est rendu à Vienne pour négocier l’accord, il était souvent accompagné d’Ernest Moniz, le secrétaire à l’Énergie. Physicien nucléaire de formation, M. Moniz a contribué à en peaufiner les détails techniques. L’administration Trump manque encore d’une telle expertise.

De fait, Witkoff a admis qu’il ne disposait pas d’une expertise technique en matière de programmes de désarmement nucléaire civil, mais Trump fait implicitement confiance à son jugement.

Ryan Costello, directeur des politiques du Conseil national irano-américain, a déclaré : « Il est désormais important pour les États-Unis et l’Iran de protéger l’environnement apparemment positif des négociations de ceux qui veulent saboter une avancée vers un accord. »

Chaque partie doit faire preuve de retenue. Pour les États-Unis, cela pourrait signifier réduire leurs menaces militaires. Le président Trump devra également veiller à ce qu’Israël n’agisse pas dans le dos de l’administration et ne prenne pas de mesures provocatrices susceptibles de faire dérailler les négociations, y compris des actes de sabotage, comme nous l’avons vu en 2021.

« Pour l’Iran, signaler une plus grande ouverture aux négociations directes et cesser de mettre en garde contre les options d’armement peut contribuer à créer une dynamique et à mettre une percée à portée de main. » a déclaré Ryan Costello. 

Alors que l’économie iranienne est en chute libre et que les Iraniens subissent des coupures d’électricité, le président du pays, Massoud Pezeshkian, a toujours privilégié les négociations avec les États-Unis comme moyen d’échapper à la « cage des sanctions », mais il s’est heurté à la résistance des parlementaires conservateurs et d’une partie du groupe autour du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Mais le ministère iranien des Affaires étrangères, favorable aux négociations, a persuadé Khamenei que son régime, déjà affaibli par les revers en Syrie, au Liban et à Gaza, pourrait s’effondrer s’il ne négociait pas. Trump a également menacé d’autoriser Israël à bombarder les sites nucléaires iraniens.

Afin de préserver la dignité de l’Iran, Khamenei a insisté pour que les discussions initiales soient au moins indirectes, mais les États-Unis exerceront des pressions pour autoriser des discussions directes.

Pezeshkian, cherchant à reprendre le langage transactionnel de Trump, a déclaré la semaine dernière : « Son Excellence [Khamenei] n’a aucune objection à ce que des investisseurs américains investissent en Iran. Investisseurs américains : venez investir. »

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des Affaires politiques, Majid Takht-Ravanchi, qui participe à des discussions parallèles avec les dirigeants européens, a déclaré : « Si la partie américaine ne soulève pas de questions et d’exigences superflues et renonce aux menaces et à l’intimidation, il y a de fortes chances de parvenir à un accord. La République islamique d’Iran croit au dialogue et à l’interaction fondés sur le respect mutuel, et toute intimidation ou coercition est inacceptable à nos yeux. »

Trump a lui aussi assoupli sa rhétorique et peut-être ses exigences. Vendredi 12 avril, il a déclaré : « Je ne demande pas grand-chose ; ils ne peuvent pas avoir l’arme nucléaire », ajoutant : « Je veux qu’ils prospèrent. Je veux que l’Iran soit un pays grand, merveilleux et heureux. » Trump et Witkoff ont également cruellement besoin d’une percée diplomatique, leurs efforts de paix à Gaza et en Ukraine ayant jusqu’à présent été des échecs cuisants. Les États du Golfe, dont l’Arabie saoudite, s’opposent farouchement à une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Personne ne devrait souhaiter une guerre entre l’Iran et les États-Unis. Si Washington frappe les installations nucléaires de Téhéran, cela pourrait retarder temporairement le programme. Mais l’Iran pourrait alors redoubler d’efforts pour se doter de l’arme nucléaire. L’Iran riposterait également immédiatement par des attaques régionales, ce qui aggraverait encore davantage le Moyen-Orient. Ce n’est pas pour rien que Trump a déclaré que « tout le monde s’accorde à dire qu’un accord serait préférable à l’évidence ».

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La première rencontre entre l’Iran et les Etats-Unis depuis 2015

Lundi 8 avril, alors que le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou était à la Maison Blanche pour essayer de réduire ou d’éliminer les droits de douane de 17 % imposés à Israël, Donald Trump en a profité pour faire une annonce « surprise ».

En effet, celui-ci a déclaré que les diplomates américains et iraniens se rencontreront à Oman ce samedi 12 avril pour avancer sur la question nucléaire iranienne.

Selon des fonctionnaires au fait de la planification des négociations, la délégation iranienne pour les pourparlers indirects de samedi avec les États-Unis à Oman devrait être dirigée par le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, tandis que la délégation américaine sera dirigée par l’envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. Les discussions se dérouleront dans des salles séparées, en présence d’un médiateur qui transmettra des notes entre les délégations.

Il a également rajouté : “Espérons que ces discussions auront du succès. Si elles n’aboutissent pas, je pense que l’Iran sera en grand danger. C’est dans le meilleur intérêt de l’Iran. Tout le monde peut s’accorder sur le fait qu’un accord serait préférable à l’évidence”, a déclaré Donald Trump. “Il n’a pas précisé ce qu’il entendait par évidence”souligne le Washington Post. Toutefois, on peut supposer qu’avec la préparation militaire en cours, Trump affirme de nouveau sa position de force en faisant passer le message que soit la diplomatie fonctionne, sinon la force militaire sera potentiellement utilisée.

En effet, selon le site spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient Al-Monitor, “l’armée américaine a déployé (ces dernières semaines) plusieurs bombardiers B-2” sur la base Diego Garcia, dans l’océan Indien, située à 5 300 kilomètres de l’Iran. Avec une portée pouvant atteindre 11 000 kilomètres, ces avions sont “conçus pour transporter la ‘mère de toutes les bombes’, pesant 900 kilos et […] capable de détruire les installations nucléaires souterraines iraniennes”, précise le site.

De son côté, l’Iran cherche aussi à montrer ses muscles. Deux hauts responsables ont ainsi effectué le 4 avril une visite dans la zone de défense aérienne du sud-est du pays, dans la ville portuaire de Bandar Abbas, la plus proche de la base américaine de Diego Garcia, pour “une évaluation opérationnelle de la préparation au combat”. Un haut général des Gardiens de la révolution, Alireza Sabahifard, a affirmé à cette occasion que l’Iran se préparait à une “réponse décisive et écrasante” en cas d’“agression” américaine, rapporte Al-Monitor.

Malgré le récent renforcement militaire, une attaque militaire américaine contre l’Iran ne semble pas imminente et sert plutôt d’outil par lequel Trump peut pousser l’Iran à la table des négociations et parvenir rapidement à l’accord qu’il recherche.

Étant donné la vaste étendue des bases de défense aérienne de l’Iran, davantage d’équipements, d’avions et de main-d’œuvre semblent nécessaires si les États-Unis décident finalement de lancer une frappe qui pourrait paralyser les installations nucléaires du pays et immobiliser ses centres militaires pour contrecarrer une réponse de représailles immédiate.

La question de savoir si les États-Unis vont intensifier leurs déploiements pour une guerre à grande échelle, au-delà de simples gestes de flexion, dépend encore largement de la manière dont l’Iran choisira de répondre aux menaces de Trump.

Par ailleurs, un haut responsable iranien a déclaré dimanche 6 avril à Reuters que l’Iran avait averti ses voisins qu’ils pourraient devenir des cibles s’ils autorisaient les États-Unis à utiliser leur territoire ou leur espace aérien pour attaquer ses installations nucléaires.

Selon le rapport, l’avertissement a été adressé aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, à la Turquie, au Koweït et à l’Irak, précisant que tout soutien à une frappe américaine, y compris l’utilisation de l’espace aérien ou du territoire (par exemple, le Qatar abrite la plus grande base américaine de la région), serait considéré comme un acte hostile.

Un tel acte « entraînerait de graves conséquences pour eux », a averti le responsable, ajoutant que le guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait placé les forces du pays « en état d’alerte maximale », selon le rapport.

“Si Trump veut placer l’Iran devant le dilemme ‘capitulation ou guerre’, […] les intérêts occidentaux dans les champs énergétiques, les voies de transport internationales et les bases militaires situées dans les pays du golfe Persique risquent de ne plus être en sécurité”, a ainsi mis en garde le quotidien Javan, proche des Gardiens de la révolution.

Les États-Unis comptent au moins 40 000 soldats au Moyen-Orient. La majorité d’entre eux sont déployés dans les États pétroliers du Golfe, où ils sont basés sur une série de bases aériennes et navales stratégiques.

La base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, abrite la 378e escadre expéditionnaire aérienne américaine, qui exploite des chasseurs F-16 et F-35. Les États-Unis exploitent des drones MQ-9 Reaper et des chasseurs à réaction depuis la base aérienne d’Al Dhafra, aux Émirats arabes unis. La base aérienne d’Ali al-Salem, au Koweït, abrite la 386e escadre expéditionnaire aérienne.

La base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, abrite le quartier général régional du Commandement central américain. Le royaume insulaire de Bahreïn abrite environ 9 000 soldats américains appartenant au quartier général du commandement central des forces navales américaines et à la cinquième flotte américaine.

En réponse, l’Arabie Saoudite et d’autres États du Golfe ont interdit aux avions de guerre américains d’utiliser leurs aérodromes ou leur ciel pour attaquer l’Iran après que le président américain Donald Trump a menacé ce week-end de bombarder le pays.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar et le Koweït ont tous déclaré aux États-Unis qu’ils ne permettraient pas que leurs espaces aériens ou leurs territoires soient utilisés comme rampe de lancement contre l’Iran, y compris pour des opérations de ravitaillement et de sauvetage, a déclaré un haut responsable américain à Middle East Eye.

Cependant, si les États-Unis utilisent Diego Garcia pour attaquer l’Iran, ils pourraient éviter complètement l’espace aérien des États du Golfe, ou à tout le moins, donner aux monarques du Golfe une possibilité plausible de nier leur implication dans les frappes. Cela réduit les possibilités pour l’Iran de dissuader les frappes américaines ou israéliennes en menaçant le Golfe.

En outre, Trump a déclaré que les États-Unis s’engageraient dans des négociations « directes », alors que dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé que des discussions auraient lieu samedi à Oman, mais a précisé qu’elles seraient indirectes, ce qui signifie que des intermédiaires collaboreraient avec les deux parties.

En effet, sur ordre de son guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, l’Iran a récemment écarté toute négociation directe avec les États-Unis sous Trump, qui non seulement s’est retiré de l’accord nucléaire de 2015, mais a aussi ordonné l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani durant son premier mandat.

Néanmoins, certains initiés politiques à Téhéran suggèrent en privé que la porte pourrait être ouverte à des pourparlers directs, en fonction de l’évolution des choses à Mascate. La composition des délégations souligne également que la République islamique a chargé le ministère des Affaires étrangères de mener les négociations avec les États-Unis.

Alors, Trump brûle-t-il les étapes en révélant prématurément une diplomatie discrète encore embryonnaire ? Ou bien brouille-t-il volontairement la frontière entre messages indirects et véritables négociations pour revendiquer une dynamique et créer une pression ?

Il est notable qu’en 2012 et 2013, des pourparlers directs et secrets entre les États-Unis et l’Iran à Oman avaient discrètement préparé le terrain pour l’accord nucléaire en 2015. Ces rencontres ont abouti parce qu’elles étaient discrètes, sérieuses et fondées sur des objectifs clairs : l’Iran voulait une levée des sanctions. Les États-Unis voulaient empêcher l’Iran d’obtenir la bombe nucléaire.

Cette même dynamique pourrait être à l’œuvre aujourd’hui, mais dans un environnement politique encore plus hostile qu’en 2015. Dans les deux pays, les partisans de la ligne dure ont passé des décennies à alimenter la méfiance. Beaucoup craignent la diplomatie non pas parce qu’elle échoue, mais parce qu’elle pourrait réussir.

Pour la direction iranienne, et en particulier son Guide suprême, être perçu comme faisant des compromis avec Trump pourrait être un cauchemar politique, à moins que cela ne soit fait « dans les règles ». Il ne peut pas se permettre de paraître faible aux yeux de sa base, surtout après que Trump a déchiré le précédent accord et tué Soleimani.

De plus, le changement de ton de Trump pourrait s’expliquer par la préparation d’une visite de haute importance en Arabie saoudite, où il espère relancer des accords régionaux. Pour cela, il aurait besoin d’un calme à Gaza, d’un cessez-le-feu au Yémen, et d’une réduction des tensions avec l’Iran.

Le vrai test, c’est ce que Trump exige réellement. S’il s’agit du modèle maximaliste de la « Libye » que les néoconservateurs autour de lui préconisent, soit un démantèlement total du programme nucléaire iranien, alors les discussions seront probablement vouées à l’échec, et la probabilité d’un conflit militaire sera très élevée.

Le conseiller à la sécurité nationale de l’administration Mike Waltz a parlé de « démanteler » le programme nucléaire iranien. C’est aussi ce que Netanyahou évoque quand il exige le « modèle libyen », ce qui signifie que l’Iran devrait démanteler et expédier hors du pays l’intégralité de son infrastructure nucléaire.

Or, une grande partie des équipements d’enrichissement nucléaire libyens n’avaient jamais été déballés avant leur remise aux États-Unis en 2003 ; l’infrastructure nucléaire iranienne fonctionne depuis des décennies et est répartie sur tout le territoire, en grande partie sous terre.

Cela signifierait la fermeture du site d’enrichissement nucléaire de Natanz, attaqué par les États-Unis et Israël avec la cyber-arme Stuxnet il y a quinze ans, et saboté épisodiquement depuis par Israël. Cela impliquerait la destruction du site d’enrichissement de Fordow, situé au cœur d’une montagne sur une base militaire. Et cela impliquerait le démantèlement de plusieurs autres installations réparties dans tout le pays, sous l’œil vigilant des négociateurs internationaux.

Mais cela donnerait lieu à une négociation très brève : c’est une impasse pour l’Iran (le modèle libyen est peu attrayant quand on pense au sort final de Kadhafi). Il est quasiment certain que l’Iran résistera au démantèlement de l’ensemble de son infrastructure nucléaire, qui lui a donné la capacité de produire le combustible nécessaire à une bombe en quelques semaines, voire une arme complète en quelques mois.

De nombreux Iraniens ont commencé à évoquer ouvertement la nécessité pour le pays de se doter d’une arme, après s’être révélé relativement vulnérable lors d’une série d’échanges de missiles avec Israël l’année dernière.

Mais l’approche belliciste de Trump envers l’Iran a déclenché un débat furieux dans le monde MAGA sur la direction de la politique étrangère de la nouvelle administration et sur la question de savoir si de nouveaux engagements militaires au Moyen-Orient en valent la peine.

Trump a doté son administration de faucons iraniens de premier plan, comme le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et le secrétaire d’État Marco Rubio, mais aussi de personnalités qui souhaitent que les États-Unis se retirent de toute intervention militaire au Moyen-Orient. Leurs affrontements sont devenus très virulents et très médiatisés ces dernières semaines , ce qui pourrait affecter l’approche américaine envers Israël et sa campagne de pression sur l’Iran.

Cependant, si l’objectif de Trump est de vérifier que le programme nucléaire iranien reste pacifique, comme certains rapports le suggèrent, alors un accord est encore possible, et cela correspond à ce que les responsables iraniens ont dit être prêts à envisager. Steve Witkoff, l’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, de son côté, a évoqué un programme de « vérification » pour s’assurer que l’Iran ne construit pas de bombe, et c’est aussi le cas de nombreuses figures influentes du monde MAGA.

D’ailleurs, Witkoff a ces dernières semaines fait la une des journaux en affichant une préférence apparemment simple pour s’engager avec l’Iran. La semaine dernière, il s’est retrouvé dans l’eau chaude après avoir écrit « Great » en réponse à un tweet d’Araghchi soulignant que l’Iran a respecté son engagement dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015 de ne jamais développer d’armes atomiques, même si Trump s’est unilatéralement retiré de l’accord en 2018.

Au milieu des tirs nourris des voix opposées à la diplomatie avec l’Iran, Witkoff a supprimé son tweet peu de temps après.

Witkoff a également fait des vagues à Téhéran le 21 mars, lorsqu’il a suggéré dans une interview avec le journaliste et animateur conservateur Tucker Carlson que les États-Unis seraient ouverts à une supervision plus stricte du programme nucléaire iranien plutôt qu’à son démantèlement complet. Les experts disent que ce dernier est un échec pour la République islamique, en particulier compte tenu de l’expérience d’autres pays qui ont accepté de renoncer à leurs capacités nucléaires, y compris la Libye.

Qui plus est, toujours durant l’interview, Witkoff a suggéré que Trump veut d’abord et avant tout s’assurer que les activités nucléaires de l’Iran ne seront pas militarisées.

« S’ils devaient avoir une bombe qui créerait la Corée du Nord dans le CCG [Conseil de coopération du Golfe], nous ne pouvons pas avoir cela… Nous ne pouvons jamais permettre à quelqu’un d’avoir une arme nucléaire et d’avoir une influence démesurée. »

Tout en proposant que le dialogue devrait « commencer » sur le programme nucléaire iranien, Witkoff a également été explicite sur d’autres priorités américaines. « La prochaine chose que nous devons faire avec l’Iran, c’est qu’ils sont les bienfaiteurs de ces armées par procuration. »

Alors que l’Iran a signalé qu’il ne négocierait pas sur les questions non nucléaires, les remarques de Witkoff suggèrent qu’il y a une certaine flexibilité sur ces questions, d’autant plus que la perception de la menace américaine semble se concentrer sur le programme nucléaire iranien.

Toutefois, de manière improvisée, Trump a aussi déclaré hier à la Maison Blanche qu’un nouvel accord avec l’Iran pourrait « peut-être beaucoup plus dur » que l’accord nucléaire de 2015 qu’il avait auparavant rejeté.

En même temps, il reste flou jusqu’où l’administration est prête à aller en matière de concessions. Les Iraniens, cette fois, exigeront des bénéfices tangibles et des garanties solides, et non pas seulement un soulagement temporaire des sanctions comme dans le JCPOA.

Que Trump est-il prêt à offrir ? Peut-il faire approuver un accord par le Sénat ? S’agira-t-il uniquement d’un accord nucléaire ? Une critique fréquente du JCPOA était qu’il ne traitait pas du programme de missiles balistiques de l’Iran ni de ses milices par procuration.

« Trump souhaite éviter deux choses », a déclaré Aaron David Miller, expert de la politique américaine au Moyen-Orient à la Fondation Carnegie pour la paix internationale. « Premièrement : que l’Iran franchisse le seuil nucléaire sous sa direction. Deuxièmement, une opération militaire majeure des États-Unis ou d’Israël qui plongerait la région dans le chaos. »

L’Iran est toujours sur le point de se doter d’une arme nucléaire. L’Agence internationale de l’ énergie atomique (AIEA) a rapporté en février que l’Iran avait produit près de 275 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, soit près du seuil de 90 % requis pour la fabrication d’armes nucléaires. Une évaluation des services de renseignement américains, rendue publique le mois dernier par le Bureau du directeur du renseignement national, indiquait que « Khamenei n’avait pas réautorisé le programme d’armement nucléaire », mais ajoutait que « la pression s’était probablement accrue sur lui pour qu’il le fasse ».

Enfin, les acteurs extérieurs, y compris les acteurs régionaux comme Oman, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Qatar, se sont montrés ouverts à la médiation de négociations indirectes, tandis que les partisans internationaux du programme nucléaire iranien, tels que la Chine et la Russie, soutiennent également une solution nucléaire négociée.

Cependant, si la Chine et la Russie se coordonnent avec l’Iran sur des questions telles que l’évitement du retour des sanctions et l’interdiction du retrait de l’Iran du Traité de non-prolifération, car de telles actions menaceraient leurs intérêts et créeraient de l’instabilité dans la région, elles ne veulent pas nécessairement que la question soit résolue et n’ont pas pris de mesures sérieuses jusqu’à présent.

Un Iran isolé deviendrait dépendant de la Chine et éliminerait la concurrence énergétique de la Russie, ce qui rendrait le maintien du statu quo avantageux pour les deux parties. Par conséquent, ils ne visent pas à résoudre la crise, mais préfèrent qu’elle ne s’aggrave pas.

Bien que les États-Unis puissent consulter Israël sur son accord avec l’Iran, il est peu probable qu’Israël puisse y opposer son veto, car Trump se concentre sur la négociation d’un accord qui s’aligne sur les intérêts américains.

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Données économiques de la semaine

Après une semaine marquée par une forte correction sur les marchés, une série de publications économiques majeures pourraient influencer la direction des indices.

Dès mardi 11 mars, les JOLTS Job Openings seront scrutés de près aux États-Unis, offrant un aperçu de la demande sur le marché du travail. Les attentes sont légèrement supérieures au mois précédent, ce qui pourrait alimenter les spéculations sur la solidité de l’emploi et l’orientation de la politique monétaire de la Fed.

Le rendez-vous clé de la semaine sera mercredi 12 mars, avec la publication du Core CPI et du CPI (inflation) aux États-Unis. Une inflation plus faible que prévu pourrait raviver les attentes de baisses de taux, tandis qu’un chiffre plus élevé pourrait renforcer le discours restrictif de la Fed.

En parallèle, la décision de la Banque du Canada (BoC) sur ses taux d’intérêt sera particulièrement attendue, avec un consensus anticipant une réduction à 2,75 %, contre 3,00 % précédemment.

Jeudi 13 mars, les demandes d’allocations chômage aux États-Unis ainsi que l’indice des prix à la production (PPI) seront au centre de l’attention. Ces chiffres permettront d’affiner les prévisions sur l’évolution de l’inflation et l’état du marché du travail américain.

Enfin, vendredi 14 mars, l’attention se portera sur les chiffres de la croissance au Royaume-Uni (GDP MoM de janvier) et l’évolution de l’inflation en Allemagne (CPI MoM de février), des indicateurs importants pour évaluer la santé économique de la zone euro.

Fusions-acquisitions

Plusieurs opérations d’envergure arrivent à échéance cette semaine-là. Notamment, la société technologique QXO Inc. a prolongé jusqu’au 10 mars 2025 son offre publique d’achat en numéraire sur Beacon Roofing Supply au prix de 124,25 $ par action. QXO indique avoir déjà obtenu les autorisations antitrust nécessaires aux États-Unis et au Canada et se dit prête à finaliser l’acquisition une fois l’offre expirée.

De même, le géant industriel Emerson Electric a lancé une offre pour racheter la part du capital qu’il ne détient pas encore dans le logiciel AspenTech, à 265 $ par action, offre recommandée unanimement par le conseil spécial d’AspenTech. Cette offre expire également le 10 mars et doit recueillir la majorité des actions minoritaires pour aboutir. Si elle réussit, Emerson consolidera le contrôle total d’AspenTech, sinon, l’entreprise restera cotée avec Emerson comme actionnaire majoritaire

Marchés de l’énergie et matières premières

Aucun sommet de l’OPEP n’est programmé cette semaine-là, mais le marché pétrolier sera attentif à la publication du rapport mensuel de l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) aux alentours du 13 mars, ainsi qu’au rapport mensuel de l’OPEP. Ces rapports pourraient ajuster les prévisions de demande ou d’offre de pétrole pour 2025, influençant les cours du brut.

Par ailleurs, aux États-Unis, on entrevoit la fin de la saison hivernale : les stocks de gaz naturel publiés le 13 mars seront examinés pour anticiper la situation d’approvisionnement hors période de chauffe.

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Trump, Poutine et Xi : la nouvelle partie d’échecs qui redéfinit l’ordre mondial

Le rapprochement du président Trump à la Russie avec le président russe Vladimir Poutine, est motivée en partie par un désir stratégique de creuser un fossé entre Moscou et Pékin.

La rapidité avec laquelle Trump s’est activée pour commencer les négociations avec la Russie concernant la guerre en Ukraine a été vertigineuse, stupéfiant les Européens et laissant entrevoir la possibilité d’une rupture de l’unité de l’OTAN. L’Ukraine a jusqu’à présent été tenue à l’écart des négociations.

La position conflictuelle de Trump envers le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été un choc politique pour l’Ukraine et l’Europe. En particulier, l’administration Trump, intentionnellement ou non, a adopté la rhétorique de la Chine au cours des trois dernières années, qualifiant la guerre russo-ukrainienne de simple « conflit » et promouvant la paix par le biais de négociations avec la Russie.

Cette approche a été mise en avant pour la première fois par la Chine en février 2023 et a depuis été agressivement promue par les médias contrôlés par l’État et les canaux diplomatiques, y compris par l’envoyé spécial Li Hui.

Aujourd’hui, l’administration Trump a remanié cette stratégie de manière plus unilatérale, avec une différence essentielle : dans le cadre des négociations russo-américaines, l’Ukraine et l’Europe sont largement exclues du processus de prise de décision. Le sort de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine est discuté à huis clos, sans sa participation.

On peut établir un parallèle historique avec la conférence de Yalta du 11 février 1945, lorsque Roosevelt, Churchill et Staline décidèrent de l’ordre d’après-guerre sans consulter la Chine, alors affaiblie par la guerre civile.

Les exigences de l’Union soviétique furent satisfaites dans l’accord de Yalta, qui lui accorda le contrôle de la Mongolie extérieure, l’accès aux ports de Mandchourie et une influence sur le chemin de fer chinois de Changchun. À l’époque, Chiang Kai-shek déplorait que « la Chine ait été réellement vendue à Yalta ».

Aujourd’hui, l’Ukraine est confrontée à une situation similaire, car son avenir est débattu sans sa participation directe. Si les responsables chinois n’ont pas ouvertement critiqué cette exclusion, ils ont salué l’intensification du dialogue entre la Russie et les États-Unis, ce qui montre que Pékin préfère la patience stratégique.

Les mesures prises par Trump ont inclus un appel téléphonique avec Vladimir Poutine, une réunion de haut niveau entre ses responsables diplomatiques de la sécurité nationale et leurs homologues russes en Arabie saoudite, et l’envoi du secrétaire au Trésor Scott Bessent et de Keith Kellogg, un général à la retraite, à Kiev pour faire pression sur l’Ukraine afin qu’elle commence à faire des concessions.

Qui plus est, les entreprises américaines pourraient tirer profit de l’alignement des États-Unis sur la Russie et sur les entreprises russes, comme l’ont déclaré certains responsables russes lors des récentes négociations entre l’Arabie saoudite et l’administration Trump. Mais les États-Unis pourraient également bénéficier économiquement de l’accord proposé par l’administration Trump avec l’Ukraine pour donner aux États-Unis la moitié des 11 500 milliards de dollars estimés en terres rares ukrainiennes.

Trump a également vivement critiqué publiquement le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le qualifiant de « dictateur » qui s’accroche au pouvoir et le rendant responsable de l’agression russe en premier lieu. Cette approche marque un tournant radical dans la politique américaine à l’égard de l’Ukraine depuis le début de la guerre. Sous Joe Biden, Washington a poursuivi une stratégie combinant un soutien indéfectible à l’Ukraine avec un isolement diplomatique et des sanctions financières contre le gouvernement de Poutine.

Maintenant, les États-Unis traitent désormais Moscou comme une grande puissance dans les relations internationales, et privilégie un aspect pragmatique dans la diplomatie, donc le fait de savoir discuter avec tout le monde.

Une dynamique similaire se joue entre les États-Unis et le dirigeant autoritaire de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, allié de la Russie dans la guerre en Ukraine. Loukachenko est proche de la Russie et de la Chine. L’administration américaine cherche à assouplir les sanctions sur les banques biélorusses et les exportations de potasse, un ingrédient clé des engrais, en échange de la libération des membres de l’opposition politique biélorusse emprisonnés.

Il y a plus de 1 200 prisonniers politiques en Biélorussie. Cette stratégie de politique étrangère américaine vise à donner à Loukachenko la possibilité de devenir moins dépendant économiquement de la Russie et de la Chine.

Ce changement de cap a des répercussions non seulement sur les relations des États-Unis avec la Russie et l’Ukraine, mais aussi sur leurs relations avec l’OTAN et l’UE. Les piliers des relations transatlantiques, qui ont été mis à rude épreuve pendant des décennies, sont désormais mis à rude épreuve.

Andrea Kendall-Taylor, directrice du programme de sécurité transatlantique au CNAS, affirme qu’il est devenu évident que la priorité de Trump est de « mettre fin à la guerre à tout prix », sans tenir compte des ramifications.

En effet, les experts en politique étrangère ont qualifié cette manœuvre de « Nixon inversé », après la décision du président américain au début des années 1970 de renverser la politique américaine et de se rapprocher de la Chine dans le but d’approfondir le fossé entre Mao Zedong et l’Union soviétique. Ce choix a réinitialisé la géopolitique de la guerre froide et a préparé le terrain pour le développement économique de la Chine.

Cependant, il sera difficile de séparer la Russie et la Chine, les deux puissances ayant déclaré en 2022 qu’elles entretenaient une amitié « sans limites ». Les deux pays ont renforcé leur coopération militaire et de renseignement et ont aligné leurs politiques étrangères. La Chine fournit à la Russie un soutien économique essentiel, notamment des puces informatiques et des machines-outils utilisées dans les industries militaires.

De fait, la Chine aide la Russie à renforcer sa base industrielle de défense à une telle échelle que Moscou entreprend actuellement son expansion la plus ambitieuse en matière de fabrication militaire depuis l’ère soviétique, selon des responsables militaires de l’administration Biden.

Le soutien fourni par la Chine comprend des quantités importantes de machines-outils, de moteurs de drones et de turboréacteurs, ainsi que de technologies pour les missiles de croisière, la microélectronique et la nitrocellulose, que la Russie utilise pour fabriquer du propulseur pour les armes, ont déclaré les responsables.

Des entités chinoises et russes travaillent également conjointement pour produire des drones en Russie, a déclaré l’un des responsables.

Pour preuve de l’approfondissement du partenariat sino-russe : en 2023, 90 % des importations russes de microélectronique provenaient de Chine, que la Russie a utilisée pour produire des missiles, des chars et des avions, a déclaré un deuxième responsable.

La production russe de munitions d’artillerie en pleine expansion est due en grande partie à la nitrocellulose en provenance de Chine, ont indiqué des responsables. Cela intervient alors que la Russie semble en passe de produire près de trois fois plus de munitions d’artillerie que les États-Unis et l’Europe,  a rapporté CNN plus tôt cette année .

Au-delà du matériel de défense, la Chine aide la Russie à améliorer ses capacités satellitaires et autres capacités spatiales destinées à être utilisées en Ukraine, et fournit des images à la Russie pour sa guerre contre l’Ukraine, ont déclaré les responsables.

Le soutien de la Chine compense les revers importants subis par l’industrie de défense russe au début de la guerre en Ukraine en raison des sanctions américaines et des contrôles à l’exportation.

Les liens militaires étroits entre la Chine et la Russie resteront forts. Ces activités ont été centrales dans leurs relations depuis la fin de l’ère soviétique, les deux pays organisant régulièrement des exercices conjoints. À l’irritation de certains pays de l’OTAN, leurs marines ont mené des manœuvres en Méditerranée et dans la Baltique.

Un exercice impliquant environ 10 000 soldats russes et chinois dans le nord-ouest de la Chine en 2021 a été le premier à inclure un centre de commandement et de contrôle conjoint, avec les Russes utilisant des armes chinoises. Cependant, à mesure que la balance des pouvoirs penche en faveur de la Chine, de nombreux analystes prévoient que les échanges militaires seront de plus en plus adaptés aux besoins de la Chine.

Les États-Unis et leurs alliés craignent que la Russie ne facilite la modernisation et l’expansion de l’arsenal nucléaire chinois. « Les armes nucléaires sont un domaine où la Chine estime que la Russie possède encore des capacités supérieures dans certains domaines et bénéficie d’une expérience opérationnelle et de formation plus riche« , a déclaré Zhao Tong du Carnegie Endowment for International Peace à Pékin.

En outre, des plans sont en cours pour des blocs commerciaux sans droits de douane, de nouveaux systèmes de paiement et des routes commerciales alternatives contournant les zones sous contrôle occidental. Cette nouvelle entente couvre des domaines où les liens sont déjà solides, d’autres où la collaboration est partielle, et certaines questions restent non résolues.

Les sanctions ont entraîné un changement radical dans les relations commerciales entre la Russie et la Chine, qui est devenue un pilier économique essentiel, a considérablement renforcé les liens commerciaux avec son voisin du nord. En 2023, les deux pays ont accumulé 240 milliards de dollars d’échanges bilatéraux , atteignant ainsi plus tôt que prévu l’ objectif de dépasser les 200 milliards de dollars d’échanges bilatéraux d’ici 2024, un exploit salué par Poutine et Xi.

C’est ce qui a conduit la Chine à se classer comme le premier partenaire commercial de la Russie, a déclaré Poutine en 2023, son assistant présidentiel confirmant plus tard aux médias d’État russes que le pays avait dépassé l’Union Européenne (UE) pour prendre cette place .

Alors que l’UE a réduit ses achats de carburant russe et limité ses exportations allant des produits de haute technologie aux équipements de transport, la Chine a renforcé ses propres exportations de biens industriels et commerciaux vers le pays, tels que des véhicules, des machines et des appareils électroménagers, comme le montrent les données et les déclarations officielles.

La Russie est également devenue le principal fournisseur de pétrole de la Chine, dépassant l’Arabie saoudite, selon les données commerciales officielles chinoises.

Mais la Chine n’est pas la seule à profiter du besoin de la Russie de trouver de nouveaux marchés pour son carburant, l’Inde faisant également partie des acheteurs qui ont augmenté leurs importations au lendemain de la guerre.

Lorsque Richard Nixon et son conseiller à la sécurité nationale, Henry Kissinger, ont changé de cap sur la politique à l’égard de la Chine au début des années 1970, ils ont exploité un conflit existant entre Moscou et Pékin.

Après tout, la Chine et l’Union soviétique s’étaient livrées une guerre frontalière en 1969 et s’étaient mutuellement accusées de s’écarter des enseignements communistes. La coopération ultérieure entre Washington et Pékin a contribué à éroder l’influence mondiale de l’Union soviétique.

« Ce qui se passe actuellement est l’inverse du ‘Nixon inversé’ », a déclaré Evan Feigenbaum, ancien haut fonctionnaire du Département d’État, aujourd’hui au Carnegie Endowment for International Peace, un groupe de réflexion de Washington.

Trump « tente de briser une entente entre deux puissances qui ont des affinités idéologiques et des intérêts stratégiques communs », a-t-il déclaré. « Au lieu de cela, il a divisé l’Occident, tandis que la Russie s’aligne simultanément sur les États-Unis et sur la Chine. »           

De fait, en se tournant vers la Russie et en se détournant de l’Ukraine, Washington s’aliène déjà ses alliés en Europe, qui sont collectivement le plus grand partenaire commercial et le premier investisseur étranger des États-Unis. Le revirement soudain de la politique étrangère américaine pourrait également effrayer les partenaires en Asie que les États-Unis souhaiteraient avoir à leurs côtés en cas de conflit avec la Chine.

En outre, lors d’un discours prononcé au Forum sur la sécurité d’Halifax en novembre, l’amiral de la marine américaine Samuel Paparo, commandant du commandement indo-pacifique, a déclaré que Pékin et Moscou avaient une « symbiose transactionnelle » et que « penser que nous serons en mesure de creuser un fossé entre eux est un fantasme ».

Il existe une autre dynamique, plus fondamentale, qui limite la marge de manœuvre de Poutine : si la relation de la Russie avec la Chine est stratégique et permanente, tout rapprochement avec Washington est intrinsèquement temporaire, du moins tant que les États-Unis restent une démocratie.

Après tout, Trump ne sera plus à la Maison Blanche dans quatre ans, et Poutine doit prendre en compte la probabilité que la prochaine administration américaine bascule tout aussi brusquement dans la direction opposée. Même les élections de mi-mandat de l’année prochaine pourraient modifier la politique américaine.

Ainsi, contrairement à une Washington en proie aux crises, la Chine est de loin plus stable en matière de politique étrangère. Poutine ne bougera pas le petit doigt pour nuire aux intérêts de la Chine dans l’espoir de réparer ses liens avec Trump.

« La Russie sait que la Chine est son voisin géant, que le Parti communiste chinois continuera à la diriger aussi longtemps que la Russie peut le prévoir – et que s’aliéner la Chine crée un danger mortel pour la Russie », a déclaré Alexander Gabuev, un expert des relations sino-russes qui dirige le Carnegie Russia Eurasia Center à Berlin.

En plus de cela, avant de se précipiter dans les bras de la Chine en 2014, à la suite de la guerre en Ukraine, le Kremlin a, pour la première fois de son histoire, mené une étude inter-agences sur les risques potentiels d’un partenariat avec Pékin. Les résultats ont dissipé bon nombre des inquiétudes de Moscou. Il s’avère que Moscou n’a pas à craindre une colonisation chinoise insidieuse de la Sibérie : la population chinoise y ne dépasse pas 300 000 habitants, et ce chiffre est en baisse à la suite de la forte dévaluation du rouble.

De plus, Pékin ne procède plus à de l’ingénierie inverse sur les armes russes. Au contraire, les exportateurs d’armes russes craignent que leur fenêtre d’opportunité en Chine ne se réduise en raison des avancées de Pékin en matière de recherche et développement. La vente du système de missiles sol-air S-400 et des avions de chasse Su-35, une idée taboue il y a à peine trois ans, témoigne d’un changement majeur de politique.

Moscou a également découvert que l’empreinte économique croissante de Pékin en Asie centrale est là pour durer : les cinq pays de la région produisent des matières premières, et la Chine est le seul gros acheteur.

En matière de gouvernance mondiale, les dirigeants chinois et russes ont plus en commun entre eux qu’avec les États-Unis. Ils partagent le désir de façonner un ordre international qui valorise la souveraineté et limite l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures, condition indispensable à la protection de leurs systèmes politiques autoritaires.

« Les relations sino-russes sont uniques, elles ont une base solide et des liens institutionnels forts au cours des dernières décennies », a déclaré Yu Bin, chercheur principal au Centre d’études russes de l’Université normale de Chine orientale à Shanghai.

Yu a souligné les efforts des deux pays pour promouvoir le multilatéralisme et développer leurs propres organisations internationales comme les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai, ainsi que la nécessité de maintenir la stabilité de leurs propres frontières. « Je ne pense pas qu’aucune des deux parties laisserait tomber cela parce que Trump est là pour quatre ans », a-t-il déclaré.

Au contraire, la Chine craint « qu’une fois que la Russie et les États-Unis auront réglé leurs différends et atteint un certain degré de paix en Ukraine, cela permettrait à l’administration Trump de tourner son attention vers la Chine », a déclaré Yu.

Toutefois, cela ne veut pas dire que Poutine ne s’engagera pas. Les ouvertures de Trump offrent la perspective d’obtenir de Washington ce que ses armées n’ont pas pu obtenir en trois ans de guerre : un changement de régime à Kiev et le retour de l’Ukraine, et peut-être d’autres régions d’Europe, dans la sphère d’influence de Moscou.

« Je ne vois pas pourquoi la Russie n’empocherait pas tout ce que Donald Trump lui apporte sur un plateau, de manière imméritée, tout en maintenant le lien étroit avec la Chine », a déclaré Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales, un think-tank parisien qui conseille le gouvernement.

En outre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï V. Lavrov, a déclaré après la réunion de mardi 11 février qu’il y avait « un grand intérêt » dans la salle « pour supprimer les barrières artificielles au développement d’une coopération économique mutuellement bénéfique », une référence apparente à la levée des sanctions américaines.

Pour le Kremlin, l’un des principaux représentants de la mentalité pécuniaire de M. Trump a été M. Dmitriev, un jeune allié de Poutine et ancien banquier spécialisé dans le développement d’entreprises russes dans le monde. Il a des liens étroits avec le dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, et il a fait avancer le développement et la distribution mondiale du vaccin russe contre le Covid-19, Spoutnik V.

En 2016, M. Dmitriev a tenté d’utiliser ses contacts commerciaux pour établir un canal détourné vers M. Trump au nom de la « réconciliation » entre les États-Unis et la Russie, selon le rapport sur l’ingérence russe dans l’élection de cette année-là rédigé par Robert S. Mueller III, le procureur spécial.

Durant le premier mandat de M. Trump, cette réconciliation n’a jamais eu lieu. Cette fois, M. Dmitriev a déjà eu plus de chance.

Steve Witkoff, l’envoyé de M. Trump au Moyen-Orient, a félicité M. Dmitriev et le prince Mohammed pour leur rôle dans la libération par la Russie, la semaine dernière, de Marc Vogel, un enseignant américain emprisonné à Moscou. Lors des entretiens de mardi, M. Dmitriev faisait partie de la délégation russe, utilisant des interviews avec des médias occidentaux pour promouvoir les opportunités commerciales dans le secteur pétrolier russe et dans l’Arctique.

« La voie économique permet la diplomatie, la communication, les victoires et les succès communs », a déclaré M. Dmitriev. « Et nous avons vu que le président Trump est déterminé à réussir. »

Il a déclaré que les compagnies pétrolières américaines avaient « réellement bénéficié du secteur pétrolier russe », ajoutant : « Nous pensons qu’à un moment donné, elles reviendront. » Le document qu’il a apporté lors de la réunion de mardi avec les États-Unis montre que les secteurs ayant subi les plus grandes pertes parmi les entreprises américaines ayant quitté la Russie étaient « l’informatique et les médias », avec 123 milliards de dollars, et « la consommation et la santé », avec 94 milliards de dollars.

Alors que les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Russie, avant le début des sanctions liées à l’Ukraine en 2014, étaient minimes par rapport aux échanges avec la Chine ou l’Union européenne, les grandes entreprises énergétiques ont réalisé d’énormes investissements, et les entreprises américaines de biens de consommation et de technologie considéraient la Russie comme un marché important.

M. Dmitriev a déclaré que le calcul prenait en compte non seulement les ventes à rabais et les dépréciations, mais aussi les « profits perdus ». Les entreprises occidentales qui ont quitté la Russie ont officiellement déclaré plus de 100 milliards de dollars de pertes depuis le début de la guerre, et nombre de leurs actifs les plus précieux ont été vendus à des conditions onéreuses dictées par l’État russe.

D’ailleurs, le professeur Sisheng Zhao de l’Université de Denver a fait écho à ces inquiétudes, soulignant qu’une détente entre la Russie et les États-Unis sous une seconde administration Trump pourrait perturber la stratégie de « Front uni anti-hégémonique » de Pékin. Si Washington réussissait à éloigner Moscou de Pékin, la Chine pourrait se retrouver de plus en plus isolée dans sa rivalité géopolitique avec les États-Unis.

Alors que la Chine observe avec une certaine appréhension le pivot de Trump vers la Russie, elle profite également d’une manne stratégique : ses deux principaux objectifs en Europe, soutenir le régime de Poutine et séparer le reste de l’Europe des États-Unis, des objectifs qui s’excluaient mutuellement jusqu’à présent, ​​sont soudainement à portée de main.

Alors que Washington se moque de Zelensky et des dirigeants européens, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a évoqué la nécessité de respecter le droit international et la charte des Nations Unies. Il a récemment décrit l’Ukraine comme « un ami et un partenaire » lors de sa rencontre avec son homologue ukrainien.

Effectivement, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité de cette année, la délégation chinoise, autrefois considérée avec scepticisme, s’est montrée plus efficace que ses homologues américaines.

Le plaidoyer du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi en faveur d’un monde multipolaire et son appel à une paix négociée en Ukraine, qui incluait explicitement l’Europe dans les discussions, ont contribué à combler les écarts entre Pékin et les décideurs politiques européens.

Ce moment pourrait être l’occasion pour la Chine de reconstruire ses relations avec l’UE, en particulier dans un contexte où l’unité transatlantique est confrontée à de nouvelles tensions. On peut s’attendre à ce que la Chine lance une nouvelle offensive de charme. Contrairement à l’unilatéralisme de Trump, le format de résolution des conflits de la Chine, le groupe des « Amis de la paix », qui inclut la participation des pays du Sud, pourrait désormais gagner en popularité.

Les observateurs présents à la Conférence de Munich sur la sécurité ont également noté que le discours de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait adopté un ton plus doux à l’égard de la Chine cette année.

Elle a reconnu la nécessité pour l’Europe de s’adapter à l’évolution de la dynamique des puissances mondiales et a souligné l’importance de renforcer l’autonomie stratégique du continent, ce qui correspond dans une certaine mesure à l’appel de longue date de la Chine en faveur d’une politique étrangère européenne plus indépendante.

L’évolution de la dynamique de pouvoir entre les États-Unis, la Chine et la Russie remodèle la réalité géopolitique de l’Ukraine. Si la diplomatie transactionnelle de Trump cherche à affaiblir les liens sino-russes, une véritable rupture reste peu probable compte tenu de la profonde méfiance mutuelle.

Pour l’Ukraine, sa résilience reste son atout le plus fort, même si elle est mise à l’écart des décisions clés concernant son avenir. L’unité nationale ukrainienne continue de se renforcer, tout comme la position intérieure de Zelensky.

Pendant ce temps, l’Europe a accepté la réalité selon laquelle cette guerre est avant tout un problème européen, et non mondial.

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Obligations chinoises : vers des rendements nuls, un signal d’alarme ?

Les rendements des obligations souveraines à court terme de la Chine ont chuté vendredi à des niveaux jamais vus depuis la crise financière mondiale de 2008, alors que les inquiétudes concernant la faiblesse de la demande intérieure ont renforcé les paris sur un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la banque centrale.

Le rendement des obligations à un an est tombé en-dessous des 0,9% en décembre son plus bas niveau depuis 2009, avant de remonter à 1,05% début 2025, tandis que celui à 10 ans a chuté en-dessous des 1,5%, après avoir cassé la barre des 2 % au début du mois de décembre.

Un rendement de référence à dix ans en baisse de plus de 80 points de base cette année, reflète un système bancaire débordant de liquidités et un marché s’attendant globalement à une croissance lente et à une inflation quasi nulle.

La baisse des rendements sur les taux courts intervient après que la Banque populaire de Chine a annoncé que les taux préférentiels des prêts à un an et à cinq ans resteraient inchangés, renforçant les attentes du marché quant à de nouvelles baisses de taux en 2025. Le taux de repo inversé à sept jours, que la PBoC considère comme son principal outil de politique monétaire, s’élève actuellement à 1,5 %.

Le taux préférentiel des prêts à un an (LPR), référence pour la plupart des prêts aux entreprises et aux ménages, est resté stable à 3,1 %, tandis que le LPR à cinq ans, référence clé pour les prêts immobiliers, est resté inchangé à 3,6 %. Les deux taux sont à des niveaux historiquement bas, après des réductions plus tôt cette année en juillet et en octobre.

Début décembre, les responsables chinois ont laissé entendre qu’ils allaient adopter une politique monétaire « modérément souple » en 2025, ce qui marquerait une rupture avec l’approche « prudente » actuelle pour faire face aux défis économiques croissants.

Selon les économistes de Morgan Stanley, la priorité sera donnée à la stimulation de la demande, notamment de la consommation, l’an prochain, la modernisation de la chaîne d’approvisionnement et l’innovation venant en second. Mais ils mettent en garde : « Bien que le ton soit très positif, la mise en œuvre reste incertaine. »

En effet, l’économie a flirté avec la déflation pure et simple en novembre, ce qui ajoute de la pression sur les responsables du Parti communiste pour qu’ils fassent davantage pour raviver le sentiment des consommateurs. L’indice des prix à la consommation (IPC) chinois a augmenté de 0,2% sur un an, son plus bas niveau depuis cinq mois et est inférieur aux prévisions des analystes interrogés par Reuters qui tablaient sur une hausse de 0,5%.

Sur une base mensuelle, les prix ont baissé de 0,6% d’octobre à novembre.

De plus, l’indice des prix à la production du pays, qui mesure les prix des biens vendus par les fabricants chinois, a baissé de 2,5 % sur un an, contre une baisse de 2,8 % prévue par les analystes et une baisse de 2,9 % en octobre, poursuivant une série de deux années de baisse des prix à la sortie d’usine.

La frénésie d’achat d’obligations fait également suite aux données de novembre sur les ventes au détail qui ont été inférieures aux prévisions, tandis que les importations ont chuté le mois dernier plus que prévu, renforçant les inquiétudes concernant la faiblesse de la demande intérieure aussi bien au niveau de la consommation des ménages que par les investissements.

Par conséquent, la priorité économique de la Chine est de stimuler la consommation des ménages et d’accroître la demande intérieure. La réunion centrale de travail économique (CEWC) a placé la croissance de la consommation en tête des priorités de travail de Pékin pour l’année prochaine, en particulier compte tenu de la forte probabilité de chocs tarifaires de la part du président Trump.

Une consommation vigoureuse a été un point fort de la CEWC, remplaçant les nouvelles forces productives en tant que tâche n°1. Des références à l’extension des nouvelles subventions pour les retraités, aux pensions, aux coûts médicaux, au tourisme et à la culture suggèrent que le gouvernement considère toujours la consommation comme une question d’offre et non de revenu/demande.

En outre, les attentes concernant la politique fiscale sont plus sérieuses, et il y aura sans aucun doute plus d’émissions d’obligations, plus de déficits des gouvernements central et locaux. On ne connaîtra probablement pas l’ampleur de ces déficits avant les réunions jumelées de mars, mais une augmentation modeste semble plus probable qu’une augmentation importante.

La demande accrue d’obligations du Trésor de la part des banques et des compagnies d’assurance en fin d’année a également contribué à la baisse des rendements. Les rendements de la dette souveraine chinoise, toutes durées confondues, ont diminué depuis le début de l’année, alors que les petites banques chinoises disposant d’options d’investissement nationales limitées se ruent sur cet actif relativement sûr.

Les banques chinoises regorgent de plus de 300 000 milliards de yuans de dépôts et, avec la croissance des prêts en berne, une grande partie de ces dépôts finit par affluer vers les marchés monétaires et obligataires, faisant baisser les rendements.

« Les prêteurs onshore sont confrontés à la question de savoir s’ils doivent accorder des prêts aux entreprises ou jouer la carte de la sécurité avec des obligations d’État chinoises sans risque », a déclaré Clarissa Teng, stratège en allocation de titres à revenu fixe au bureau d’investissement en chef d’UBS Global Wealth Management à Hong Kong.

« Beaucoup optent pour la deuxième option, d’autant plus que la demande de crédit des ménages et des entreprises est également faible. »

La banque centrale chinoise s’est également montrée mal à l’aise face à l’ampleur de la hausse et a activement vendu des obligations long terme pour la ralentir. Les investisseurs étrangers, dont BlackRock, ont également vendu des obligations, en partie pour prendre des bénéfices après cette longue hausse.

Malgré les efforts déployés par les autorités pour freiner la hausse des obligations, notamment les épisodes de ventes des banques centrales et l’augmentation des émissions, l’appétit des investisseurs semble insatiable et les analystes s’attendent à ce que la hausse se poursuive l’année prochaine.

Alors, la plupart des investisseurs estiment que le chemin de moindre résistance est la poursuite du rallye, Li Kai, directeur des investissements de Beijing Shengao Fund Management, s’attendant à un rendement à 10 ans de 1,6 % l’année prochaine et d’autres étant confiants dans leurs positions.

« Nous avons du mal à trouver des raisons d’être pessimistes sur le marché des obligations souveraines », ont déclaré les analystes de Shoupu Asset Management, basé à Shanghai, dans une lettre adressée aux investisseurs en novembre.

« Les faits fondamentaux de l’économie sont là, et sans politiques fortes et ciblées de stabilisation de la croissance, il y a peu de résistance à la baisse des rendements obligataires. »

Le rendement des obligations à 10 ans était de 2,56 % au début de l’année, tandis que celui des obligations à 30 ans était de 2,84 %.

PARTIE 2

L’avenir de l’économie chinoise sera déterminé par l’ampleur et les impacts de son plan de relance budgétaire, déclare Guan Tao, économiste en chef de la branche banque d’investissement de la Bank of China.

Depuis septembre, le gouvernement chinois a dévoilé une série de mesures monétaires, financières et budgétaires pour relancer une croissance en perte de vitesse. Guan estime que la relance budgétaire jouera un rôle particulièrement clé dans la revitalisation de l’économie chinoise.

Il anticipe une injection budgétaire d’au moins 10 000 milliards de yuans sur une période d’un à deux ans, financée par l’émission d’obligations du Trésor à très long terme par Pékin.

Ces dépenses seront principalement affectées à deux domaines :

  • L’amélioration du niveau des services publics de base.
  • L’accélération de l’établissement de petites et moyennes villes au niveau des comtés dans les zones métropolitaines de la capitale chinoise.

Un exemple des projets inclus dans le programme de relance budgétaire est l’investissement de 4 000 milliards de yuans dans l’amélioration des réseaux de canalisations urbaines sur une période de cinq ans.

Selon Guan, si ce plan de relance budgétaire est mené efficacement, il pourrait « jouer un rôle clé dans la restauration de la confiance du marché et inverser les attentes du marché ».

Parallèlement, le marché immobilier chinois connaîtra en 2025 une reprise portée par deux facteurs clés identifiés par Xia Lei, économiste en chef chez Guohai Securities. Le premier facteur réside dans l’indemnisation monétaire et le relogement des habitants des villages situés dans les zones urbaines en rénovation, un programme qui s’étendra de 35 villes principales actuellement à près de 300 centres urbains à travers le pays.

Le second facteur concerne l’acquisition de logements commerciaux par les gouvernements locaux pour les transformer en logements sociaux, visant à réduire les stocks excédentaires et répondre aux besoins de logements abordables.

Selon les prévisions de Xia Lei et de son équipe, la surface totale des ventes de logements commerciaux en Chine pourrait augmenter de 4,6 % en 2025, atteignant près d’1 milliard de mètres carrés. Ces mesures combinées devraient contribuer à stimuler la croissance du marché immobilier et soutenir les objectifs économiques globaux de la Chine pour la fin du 14e plan quinquennal.

Un déficit budgétaire plus important signifie que le gouvernement devra emprunter davantage pour financer l’augmentation des dépenses publiques, ce qui pourrait contribuer à stimuler la demande intérieure à mesure que les entreprises et les ménages réduisent leurs dépenses et leurs investissements.

Le ton du communiqué du Politburo suggère que la Chine ne réduira pas ses ambitions de croissance pour 2025, mais selon plusieurs économistes, la Chine devrait se fixer un objectif initial de déficit budgétaire d’environ 4 %, le plus élevé jamais atteint. Une augmentation d’un point de pourcentage du déficit équivaut à une relance supplémentaire d’environ 1 300 milliards de yuans (179,4 milliards de dollars), mais la Chine peut y contribuer si nécessaire en émettant des obligations spéciales hors budget ou en permettant aux gouvernements locaux de le faire, qui ont été une source majeure de financement pour les projets d’infrastructures, et des obligations spéciales du Trésor, utilisées pour des projets stratégiques et pour financer des programmes de reprise de produits de consommation et d’équipements.

Toutefois, Pékin devrait progressivement assumer une plus grande responsabilité budgétaire, les municipalités locales étant trop endettées.

Le Politburo s’est également engagé à introduire des mesures contracycliques « extraordinaires » l’année prochaine pour la première fois, faisant probablement allusion à l’utilisation d’outils non conventionnels pour stimuler la croissance et la confiance. Il a appelé à stabiliser les marchés immobiliers et boursiers, soulignant l’importance de ces actifs, qui représentent la majorité du patrimoine des ménages.

Les analystes de Guosheng Securities, ont évoqué la création potentielle d’un fonds de stabilisation pour soutenir le marché boursier. Fin septembre, le gouverneur de la banque centrale Pan Gongsheng a déclaré que le pays étudiait la création d’une telle entité, sans toutefois fournir plus de détails.

« Nous attendons encore beaucoup plus de détails », a déclaré mardi 17 décembre à Bloomberg Television Tai Hui, responsable de la stratégie de marché pour l’Asie-Pacifique chez JPMorgan Asset Management. « Le fait est que lorsque vous observez l’environnement mondial, il devient plus incertain et plus volatil. »

En tout cas, les obligations à échéance courte sont devenues ces derniers jours un marché très prisé en raison des rumeurs selon lesquelles la Banque populaire de Chine interviendrait pour freiner la hausse des titres à plus long terme. Plus tôt, la semaine dernière, les responsables politiques ont réagi à la frénésie des marchés en émettant un avertissement sur les risques liés au marché des taux.

La PBOC elle-même pourrait être l’un des plus gros acheteurs de dette à court terme. En août, la banque centrale a acheté des obligations à échéance courte et vendu des obligations à plus longue échéance pour limiter la hausse de ces dernières. Au cours des quatre mois jusqu’en novembre, Pékin a acheté pour 700 milliards de yuans (95,9 milliards de dollars) d’obligations, selon les données officielles.

La baisse des rendements alimente le débat sur la possibilité d’une récession de l’économie chinoise. Certains spéculent sur une chute des taux d’intérêt à zéro si les efforts du gouvernement pour soutenir la consommation et la demande immobilière continuent d’être insuffisants.

« Des rendements obligataires à 0 % sont une possibilité », a déclaré George Bouboulas, directeur de la recherche du fonds spéculatif K2 Asset Management Ltd. Il a déclaré que la banque centrale devra adopter une approche de relance « tout est permis » pour éviter que l’économie ne glisse vers une récession de bilan de type japonais.

Effectivement, lorsque les rendements des obligations souveraines à 10 ans tombent à 0 %, cela reflète souvent un pessimisme sur les perspectives économiques d’un pays, marqué par une faible croissance et des risques déflationnistes. Cela indique que la banque centrale ou le gouvernement adopte des politiques ultra-accommodantes pour relancer l’économie.

Du point de vue des politiques économiques, des rendements nuls limitent l’efficacité des outils monétaires traditionnels, forçant les banques centrales à recourir à des mesures non conventionnelles telles que l’assouplissement quantitatif ou des taux négatifs.

Dans ce contexte, les gouvernements peuvent augmenter leurs dépenses publiques, profitant des faibles coûts d’emprunt pour financer des projets d’infrastructures ou stimuler la consommation. Cependant, cela peut alourdir la dette publique et poser des problèmes si les taux remontent à l’avenir.

Au niveau international, des rendements aussi bas peuvent détourner les capitaux étrangers vers des marchés plus rémunérateurs, ce qui pourrait affaiblir la monnaie nationale, rendant les exportations plus compétitives mais augmentant le coût des importations.

Enfin, ces rendements reflètent souvent des anticipations de déflation, incitant les ménages à retarder leurs achats, ce qui risque d’aggraver le ralentissement économique.

A l’heure actuelle, de nombreux analystes prévoient de nouvelles hausses pour les obligations chinoises. Standard Chartered Bank, Tianfeng Securities et Zheshang Securities font partie de ceux qui prévoient que les rendements à 10 ans chuteront jusqu’à 1,5% ou 1,6% d’ici la fin 2025. Le rendement a glissé de cinq points de base vendredi 20 décembre à 1,70%.

En revanche, certains analystes préviennent que la hausse des obligations pourrait toucher à sa fin.

Une reprise de la croissance économique, ainsi qu’un changement dans le comportement d’épargne des consommateurs et une politique de la banque centrale plus prudente que prévu, pourraient transformer la hausse des obligations en déroute l’année prochaine, a déclaré Adam Wolfe, économiste des marchés émergents chez Absolute Strategy Research à Londres. « Le marché obligataire chinois surestime probablement l’assouplissement attendu. »

Mais malgré les dernières annonces, les investisseurs sur l’ensemble du marché pensent toujours qu’une relance supplémentaire est nécessaire, quelle que soit la pression que cela exerce sur les rendements obligataires.

Boubouras, de K2 Asset Management, a établi une comparaison avec l’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, dont la promesse en 2012 de faire « tout ce qu’il faut » pour sauver l’euro est devenue un symbole de détermination de la banque centrale.

Cependant, le projet de la Chine d’émettre des milliards de dollars d’obligations d’État avant la fin de l’année pourrait conduire à une correction du prix des bons du Trésor du pays, ont averti des personnes proches de la banque centrale, faisant éclater ce que certains ont appelé une bulle sur le marché.

Cet avertissement fait suite à des achats frénétiques qui ont fait grimper les prix des obligations du gouvernement central chinois à 10 ans, poussant les rendements en dessous de 2,2 % et amenant la Banque populaire de Chine à avertir qu’un renversement soudain pourrait menacer la stabilité financière.

Les données officielles et les rapports des médias d’État indiquent qu’en juillet, le gouvernement n’avait pas encore émis un peu plus de la moitié de son quota prévu pour 2024 de bons du Trésor ultra-long des collectivités locales et du gouvernement central spécial, avec un total d’environ 2,68 billions de RMB (376 milliards de dollars) encore à venir.

« Quand ces émissions d’obligations d’État et de collectivités locales, motivées par les besoins budgétaires, explosent en fin d’année, cela représente des milliers de milliards de dollars. La possibilité d’un retournement significatif des rendements est très élevée », a déclaré l’une des sources proches de la banque centrale.

Le ralentissement économique chinois a conduit à une augmentation des émissions d’obligations au cours des dernières années. Il s’agit notamment d’obligations spéciales des collectivités locales, dont le produit est utilisé par les autorités inférieures pour des projets et des investissements, et d’obligations spéciales du Trésor à très longue échéance utilisées pour aider à stimuler l’économie.

La PBoC a déclaré qu’elle était préoccupée par le fait que les fonds d’investissement à effet de levier se chargent d’obligations et par le risque de faillites similaires à celles de la Silicon Valley Bank aux États-Unis, si les banques achètent des bons du Trésor à longue échéance et que les taux d’intérêt s’inversent.

« Les rendements des obligations d’État à long terme se sont écartés d’une fourchette raisonnable et montrent une tendance vers un certain degré de bulle », a déclaré ce mois-ci Xu Zhong, secrétaire général adjoint de l’Association nationale des investisseurs institutionnels du marché financier, une organisation dépendant de la PBoC, dans le journal de la banque centrale, le Financial News.

Cependant, l’attrait des obligations dépend aussi des alternatives : actions, immobilier, crédit et dépôts. Le ralentissement du marché immobilier chinois n’étant pas en vue, les ménages sont peu enclins à investir dans l’immobilier, tandis que les entreprises chinoises souffrent de la faiblesse de la consommation et des conséquences de la répression de Pékin sur le secteur technologique.

Les dépôts, quant à eux, ne sont intéressants que si l’on s’attend à une hausse des taux d’intérêt à l’avenir. Dans un contexte aussi sombre, il semble tout à fait rationnel pour les investisseurs chinois de se ruer sur les obligations et l’or.

La véritable préoccupation de la Banque populaire de Chine, et elle est tout à fait justifiée, est peut-être le signal pessimiste et potentiellement auto-réalisateur envoyé par la baisse des rendements obligataires. Il s’agit d’un vote de défiance envers la politique gouvernementale, d’une prévision selon laquelle les conditions économiques ne s’amélioreront pas et d’un avertissement que la déflation s’installera si rien n’est fait pour l’arrêter.

Selon les économistes de Morgan Stanley, l’étape suivante dans le Japon des années 1990 a été pour les entreprises de réagir à l’environnement de prix bas en limitant la croissance des salaires. C’est ainsi qu’une spirale déflationniste peut s’installer.

La PBoC reconnaît le problème fondamental et évoque dans son dernier rapport de politique monétaire une « demande [intérieure] effective insuffisante ». Limitée par la nécessité de stabiliser le taux de change, la banque centrale ne peut toutefois pas faire grand-chose. Elle a procédé à une petite baisse de taux en juillet. Elle pourrait en faire davantage lorsque la Réserve fédérale américaine assouplira sa politique, réduisant ainsi l’écart de taux d’intérêt avec la Chine.

La PBoC se dote également des outils nécessaires pour intervenir plus activement sur les marchés obligataires, ce qui est parfaitement raisonnable, mais ne suffira pas à endiguer la vague macroéconomique qui fait baisser les rendements. Le véritable besoin est que le gouvernement chinois mène une politique de relance plus efficace. Pékin continue d’injecter de l’argent dans le secteur manufacturier, qui génère de l’activité à court terme et maintient la croissance du PIB sur les rails.

Mais augmenter l’offre sans pour autant stimuler la demande ne permettra pas de rétablir l’équilibre économique de sitôt. Les priorités devraient être de liquider le surplus de biens immobiliers invendus, de soutenir les budgets des collectivités locales et des ménages et de mettre un terme aux interventions massives de l’État, afin que les entreprises privées aient la confiance nécessaire pour investir.

Mais les politiques de Pékin dans tous ces domaines restent timides, réactives et progressives. La puissance économique de la Chine est considérable et elle dispose d’une marge de croissance suffisante pour mener une politique déséquilibrée pendant un certain temps et se remettre sur les rails.

La croissance est un remède à la plupart des problèmes économiques, comme la Chine l’a démontré par le passé. Néanmoins, le remède ne fera que devenir plus difficile à mesure que la maladie se propage. Le marché obligataire chinois émet aujourd’hui des signaux d’alarme déflationnistes urgents. Les dirigeants politiques feraient bien d’en tenir compte.

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La Chine va modifier sa politique monétaire pour la première fois depuis 2010 afin de stimuler la croissance

La Chine adoptera un ensemble de politiques « plus actives » pour accroître la demande intérieure en 2025, a déclaré le Politburo du pays, un organe décisionnel majeur du Parti communiste, à l’issue d’une réunion lundi.

Le développement intégré de la technologie et de l’industrie sera soutenu et les marchés immobiliers et boursiers seront stabilisés, selon l’agence de presse officielle Xinhua.

Le fort soutien exprimé lors de la réunion indique une détermination à soutenir la croissance économique de la Chine, car beaucoup s’attendaient à ce que la deuxième économie mondiale fixe son objectif de croissance du produit intérieur brut pour 2025 à environ 5 %, le même niveau de référence que cette année.

« Les principaux objectifs de développement économique et social tout au long de l’année seront atteints avec succès », peut-on lire dans le communiqué de synthèse de la réunion.

Selon le communiqué, la Chine mettra en œuvre une politique budgétaire « plus » proactive et une politique monétaire « modérément souple », un changement de rhétorique par rapport au terme « prudent », qui était auparavant un descripteur fréquent des perspectives de la politique de la banque centrale.

Selon une note de Huatai Securities, c’est la première fois depuis 2001 que les autorités chinoises utilisent le terme « plus actif » pour décrire la stratégie globale de leur politique budgétaire.

« Une politique budgétaire plus proactive et une politique monétaire suffisamment souple devraient être mises en œuvre, améliorant et affinant la boîte à outils politique, renforçant les ajustements contracycliques extraordinaires », a-t-il déclaré.

La nouvelle formulation de la politique monétaire marque le premier assouplissement de la politique monétaire depuis fin 2010, selon les annonces officielles lors des réunions du Politburo.

En effet, la banque centrale a défini cinq orientations politiques : « souple », « suffisamment souple », « prudente », « suffisamment serrée » et « serrée », avec une certaine flexibilité de chaque côté.

« La formulation de cette déclaration du Politburo est sans précédent », a déclaré Zhaopeng Xing, stratège senior chez Australia & New Zealand Banking Group, affirmant qu’elle prévoyait une forte expansion budgétaire, de fortes baisses de taux et des achats d’actifs. « Le ton de la politique montre une forte confiance face aux menaces de Trump », a-t-il ajouté, faisant référence à la promesse du président élu d’imposer un tarif de 60 % sur les exportations chinoises.

Le conclave du Politburo de décembre définit généralement l’ordre du jour de la Conférence centrale de travail économique qui définit les priorités pour l’année suivante, comme l’objectif annuel de croissance. Cette réunion doit commencer mercredi, a rapporté Bloomberg News la semaine dernière.

Bien que la Chine ait traversé plusieurs cycles de resserrement et d’assouplissement de sa politique monétaire ces dernières années, elle est restée fidèle à la caractérisation globale de politique « prudente » depuis 2011. À cette époque, les autorités se sont éloignées de la position précédente de « politique modérément souple » adoptée pendant la crise financière mondiale, afin de calmer l’inflation croissante.

Ce dernier départ reflète l’urgence d’accélérer le mode d’assouplissement adopté par la banque centrale après l’échec du boom post-pandémie attendu. Cette initiative a conduit la Banque populaire de Chine à réduire à plusieurs reprises les taux d’intérêt et à diminuer le montant des liquidités que les banques doivent mettre de côté dans leurs réserves, même si les autorités ont eu du mal à stimuler davantage l’emprunt.

Par conséquent, les marchés actions ont bondi et les obligations d’Etat chinoises ont progressé. Le rendement de référence à 10 ans a chuté d’environ 2 points de base à 1,935 %, un niveau historiquement bas. L’indice Hang Seng de Hong Kong a bondi de 2,8 % et les actions technologiques ont augmenté de 4,3 %.

La hausse des marchés obligataires a battu des records cette année et les rendements à long terme ont atteint de nouveaux plus bas en prévision des baisses de taux d’intérêt. Les rendements à dix ans ont baissé d’environ 70 points de base cette année.

« Cela devrait stimuler la croissance économique de la Chine l’année prochaine, car davantage de politiques budgétaires et monétaires seront mises en œuvre », a déclaré Ken Cheung, stratège en chef des devises asiatiques à la Mizuho Bank de Hong Kong.

Ces annonces interviennent en même temps que la publication des chiffres sur l’inflation à la consommation et la production. La croissance des prix à la consommation en Chine a été inférieure aux attentes en novembre, atteignant son plus bas niveau en cinq mois, reflétant une faiblesse économique persistante malgré le récent assouplissement de la politique monétaire, tandis que la déflation industrielle persistait, ce qui suggère que les récents efforts de Pékin pour soutenir une demande économique défaillante n’ont qu’un impact limité.

L’indice des prix à la consommation (IPC), une mesure clé de l’inflation, a augmenté de 0,2 % sur un an le mois dernier, ralentissant par rapport à une hausse de 0,3 % en octobre, a annoncé lundi le Bureau national des statistiques (NBS).

Ce chiffre est inférieur à la croissance de 0,4 % prévue par une enquête Bloomberg auprès des économistes.

Selon Dong Lijuan, statisticien du NBS, la baisse mensuelle plus rapide de l’IPC était principalement due à une baisse de 2,7 % des prix des denrées alimentaires liée aux conditions météorologiques.

Selon Dong Lijuan, statisticien du NBS, la baisse mensuelle plus rapide de l’IPC était principalement due à une baisse de 2,7 % des prix des denrées alimentaires liée aux conditions météorologiques.

Dans le secteur manufacturier, l’indice des prix à la production a chuté de 2,5% sur un an en novembre, soit une baisse plus lente que les 2,9% d’octobre et la baisse prévue de 2,8%, mais prolongeant les baisses sur 26 mois.

Le Parti communiste devrait tenir dans les prochains jours l’une de ses principales réunions annuelles de politique économique, la Conférence centrale de travail économique, et les analystes attendent avec impatience tout signe d’une initiative plus concertée pour relancer les dépenses des ménages.

« L’économie chinoise continue de flirter avec la déflation, soulignant l’insuffisance des mesures de relance prises jusqu’à présent pour restaurer la confiance du secteur privé, relancer la demande intérieure et remettre la croissance sur les rails », a déclaré Eswar Prasad, professeur à l’Université Cornell.

Il a déclaré que la conférence de travail offrait l’occasion au gouvernement de « présenter un ensemble plus large de mesures ciblées de relance budgétaire et de réforme » pour stimuler la croissance et réduire le risque de « consolidation des pressions déflationnistes ».

Les mesures de relance prises par Pékin au cours des derniers mois ont inclus des mesures monétaires pour stimuler le marché boursier, des baisses des taux d’intérêt pour les détenteurs de prêts hypothécaires et un assouplissement des restrictions sur l’achat de logements. Le gouvernement central a également annoncé un plan d’échange de dettes de 10 000 milliards de RMB (1 400 milliards de dollars) qui vise à permettre aux gouvernements locaux de rattraper les retards de paiement des salaires et des fournisseurs.

Mais un nombre croissant d’économistes et d’universitaires en Chine appellent à des efforts accrus pour augmenter les dépenses des ménages au-delà des programmes existants du gouvernement, qui se sont concentrés sur les subventions aux consommateurs pour qu’ils modernisent leurs appareils électroménagers ou achètent de nouveaux véhicules.

Certains espèrent que la Conférence centrale de travail économique se concentrera sur ces préoccupations, même si la réunion de haut niveau des dirigeants est plus susceptible d’indiquer l’orientation de la politique plutôt que d’inclure des annonces détaillées.

« Nous nous attendons à ce que les décideurs politiques manifestent une inquiétude croissante face aux vents contraires de la croissance et signalent de nouvelles mesures de relance pour stimuler la demande intérieure et stabiliser la croissance, en mettant davantage l’accent sur la consommation, la maîtrise des risques et la fabrication de haute technologie », ont déclaré les analystes de Goldman Sachs.

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Décryptage de l’accord historique entre l’UE et l’Égypte

L’Union européenne et l’Égypte ont scellé un accord historique d’un montant de 7,4 milliards d’euros. Ce partenariat stratégique vise à renforcer la collaboration en matière de gestion des migrations, illustrant l’engagement actif de l’Europe à relever le défi migratoire qui touche le continent depuis plusieurs années.

Introduction

Le 17 mars 2024, une délégation européenne de haut niveau s’est rendue au Caire pour signer un accord migratoire avec l’Égypte. La délégation était composée de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, du Premier ministre autrichien, Karl Nehammer, du président chypriote, Níkos Christodoulides, et du Premier ministre belge, Alexander De Croo. La présence du Premier ministre De Croo était due à la présidence tournante du Conseil européen, qui est actuellement assurée par la Belgique jusqu’en juin 2024.

Image: Egyptian Presidency/AFP

Cet accord s’inscrit dans le cadre de la nouvelle approche de l’Europe en matière de migration, qui vise à s’attaquer au défi migratoire en dehors des frontières européennes. L’objectif est de limiter les flux migratoires avant qu’ils n’atteignent l’Europe. On note que l’Egypte compte aujourd’hui 9 millions de réfugiés sur son territoire, dont 4 millions venus du Soudan. 

Il est aussi important de noter que cet accord n’est pas uniquement un accord migratoire, mais aussi un accord économique. Il vise à stimuler la croissance économique en Égypte dans un certain nombre de secteurs clés, tels que l’énergie et le numérique.

Cet accord entre l’Union Européenne et l’Egypte n’est par ailleurs pas le premier dans son genre. On le rappelle, l’UE a conclu des accords similaires avec la Turquie, la Tunisie et la Mauritanie dans le passé.

Contexte Géopolitique

Il est essentiel de prendre en compte le contexte géopolitique entourant cet accord. La pression exercée sur les gouvernements européens par les flux migratoires est considérable, influençant fortement leur agenda politique. On observe en Europe une montée significative des partis d’extrême droite, dont les programmes se concentrent essentiellement sur la question de l’immigration.

Ces formations politiques, telles que le parti “Fratelli d’Italia” de Meloni en Italie, le “Fidesz” d’Orban en Hongrie, ou d’autres, ont accédé au pouvoir dans divers pays européens. Leur point commun est une position fortement anti-immigration.

Par ailleurs, la thématique de l’immigration demeure un enjeu crucial sur l’agenda européen, particulièrement en vue des prochaines élections européennes prévues entre le 6 et le 9 juin. Cet accord marque une prise de position significative de l’Europe et de ses dirigeants en matière de politique migratoire.

L’Europe a connu une augmentation substantielle des flux migratoires ces dernières années, notamment suite à l’arrivée de réfugiés syriens en été 2015. Depuis, la question migratoire occupe une place prépondérante dans la politique européenne. L’Afrique du Nord, et en particulier l’Égypte, joue un rôle stratégique dans cette problématique, ce qui en fait un partenaire clé pour l’Union Européenne.

En outre, un point important dans cet accord est l’investissement dans l’énergie égyptienne. Cet aspect est particulièrement important pour l’Europe qui vise à se défaire de sa dépendance au gaz russe.

La situation humanitaire à Gaza et les attaques des Houthis dans la mer Rouge jouent également un rôle dans cet accord. Ces derniers ont diminué le trafic dans le canal de Suez et ont eu un impact négatif sur l’économie égyptienne.

Détails de l’Accord

L’accord, d’un montant total de 7,4 milliards d’euros, sera déployé en plusieurs phases s’étalant de 2024 à 2027. Parmi cette somme, 5 milliards d’euros seront alloués sous forme de prêts destinés à dynamiser l’économie égyptienne. Par ailleurs, 1,8 milliard d’euros seront consacrés au financement de projets axés sur la transition écologique et numérique du pays, ainsi qu’au secteur de l’énergie, comme mentionné ci-dessus.

En outre, une enveloppe de 400 millions d’euros de cet accord sera investie dans des projets bilatéraux. Enfin, 200 millions d’euros seront affectés à la sécurisation des frontières égyptiennes avec le Soudan et la Libye.

Implications Économiques

L’Égypte est confrontée à un certain nombre de défis économiques, notamment une croissance démographique rapide, une inflation croissante ayant atteint les 70% et un taux de chômage persistant. Face à cette situation, le gouvernement égyptien déploie d’importants efforts pour dynamiser son économie et alléger la pression sur ses finances publiques.

Dans ce contexte, le Fonds Monétaire International a récemment étendu son programme en Égypte, permettant ainsi au pays d’accéder à plus de 20 milliards d’euros de financements via le FMI. En outre, l’Égypte a conclu récemment un accord d’un montant de 35 milliards de dollars avec ADQ, l’un des trois principaux fonds souverains émiratis, dont le premier versement a été effectué plus tôt cette année

Par ailleurs, la Banque Centrale d’Égypte a procédé ce mois-ci à une dévaluation de la livre égyptienne visant à stimuler l’économie. Cet accord avec l’Union Européenne s’inscrit donc dans un ensemble de mesures macroéconomiques initiées par le gouvernement égyptien.

L’objectif de cet accord signé le 17 mars dernier est donc de stimuler l’activité économique en Égypte afin d’encourager la jeune génération à rester dans le pays au lieu d’émigrer. Certains secteurs clés sont visés dans cet accord, tels que les énergie renouvelables et la transition numérique.

Critiques

Des voix critiques se sont élevées concernant cet accord, principalement en raison du bilan peu reluisant de l’Égypte en matière de droits de l’homme sous le régime de Sissi. Les détracteurs de cet accord expriment leur préoccupation quant à l’absence de garanties suffisantes pour le respect des droits de l’homme. Sous la présidence de Sissi, l’Égypte compterait plus de 60 000 prisonniers politiques, et les cas de corruption au sein du gouvernement semblent monnaie courante.

La Commission réponds à ces critiques en assurant l’importance du respect des droits de l’homme dans cet accord bilateral. 

Une autre préoccupation soulevée concerne l’efficacité de ce genre d’accord et les défis associés à sa mise en œuvre. Bien que de tels accords puissent se révéler efficaces à court terme, leur succès à long terme n’est pas garanti, comme en témoigne l’expérience du pacte conclu avec la Turquie.

Conclusion

En résumé, les dirigeants européens, ainsi que la Commission, déploient des efforts considérables pour renforcer leurs frontières, et ce, bien au-delà de leur propre territoire. Cet accord marque une étape cruciale dans la gestion des migrations en Europe. Son efficacité pour atteindre les objectifs fixés reste une question ouverte. Il sera intéressant d’observer si cet accord modifie le cours des migrations vers l’Europe, ou s’il ne sera qu’une goutte dans l’océan des défis migratoires.

À l’approche des élections, l’Union Européenne cherche à projeter une image résolue auprès des électeurs, démontrant une prise en charge sérieuse de la question migratoire. À quelques mois des élections européennes, cet accord tombe-t-il à point nommé ?

Sources: 

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ANALYSE: Le Liban, un pays qui replonge dans l’instabilité !

L’explosion d’hier soir, très impressionnante, survenue au port de Beyrouth par où transitent près de 80% des importations, ayant fait presque 100 morts, a remis en lumière la situation du pays du Cèdre.

En plus d’une crise économique profonde et de la pandémie de COVID-19, les libanais subissent depuis des années une grave instabilité politique, qui mine considérablement le développement du pays.

Entre la fin de la guerre civile en 1990 et le retrait syrien de 2005, le pays a été placé de facto sous un régime de semi-protectorat orchestré par son puissant voisin, la Syrie, qui garantissait un (relatif) équilibre communautaire (il y’a 40% de chiites, 30% de sunnites, 30% de chrétiens, à peu près), mais le régime syrien a aussi laissé transiter et s’implanter des groupes armés comme le Hezbollah.

Ce parti chiite dispose d’une branche armée très puissante, soutenue par l’Iran, qui peut ainsi prendre pied à la frontière de son ennemi juré, Israël.

Cela a déclenché une violente guerre pendant un mois en 2006 durant laquelle le mouvement chiite a repoussé les israéliens et a acquis un certain prestige. Il s’est donc durablement implanté à la fois sur le plan militaire, mais aussi sur le plan politique.

Et face à la poussée iranienne en Syrie, Israël craint de se retrouver encerclé par Téhéran et ses alliés. Un cauchemar pour l’Etat hébreu. Face aux provocations répétées du mouvement armé, Benyamin Netanyahu a menacé a plusieurs reprises d’agir sur le sol libanais. D’autant que le dirigeant israélien est enlisé dans une crise politique profonde qui bloque le pays depuis plus d’un an.

La Syrie et ses ennuis

Même si elle semble écartée pour l’instant, il a vite circulé l’hypothèse d’un attentat terroriste. Pays se prévalant d’une immense tradition d’ouverture, terre de poètes (Khalil Gibran), ou de chanteurs de musiques orientales (Faïrouz) ou islamiques (Maher Zain).

Mais le Liban a subi le contrecoup du terrible conflit qui ravage la Syrie depuis plus de 9 ans. Car les sunnites libanais, même modérés, ont éprouvés un sentiment de sympathie vis-à-vis du sort de leurs cousins syriens. Dans le flux de réfugiés se trouvaient des prédicateurs, des combattants, qui ont instigué au Liban une vision de la religion plus radicale, plus conservatrice, notamment à Tripoli, ou sévissaient des prédicateurs assez radicaux, exilés par Damas.

Une économie chancelante

La troisième thèse, celle d’un accident, d’une explosion d’un entrepôt où était stockées 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis 6 ans sans mesure de sécurité, semble aussi une possibilité réelle. Elle illustre la décrépitude des infrastructures industrielles du pays.

Il faut dire que des années d’instabilités politiques et sociales ont laissé l’économie en ruine alors que le Liban était longtemps considéré, avec Beyrouth comme place financière, comme une sorte de « Suisse du Proche-Orient« .

Mais les divers conflits ont fait fuir les investisseurs – et les touristes qui auparavant se pressaient sur la plages du pays, notamment les français, puisque les libanais sont (et restent) francophones et francophiles, héritage du mandat français entre les deux guerres mondiales. Illustration aussi par les liens personnels de nombreuses personnalités, Léa Salamé (française mais née à Beyrouth et fille d’un politique local), Carlos Ghosn, le chanteur Louis Chedid ou le boxeur Ali Hallab.

Mais les touristes et les investisseurs sont partis. Et les infrastructures en ont sévèrement pâti. D’autant que, contrairement à ses voisins arabes le pays n’a pas de pétrole et peu de ressources naturelles, vivant quasi exclusivement de l’aide de ses alliés (Iran, Syrie, mais aussi France), et des envois d’argent de l’importante diaspora libanaise. Une diaspora qui a encore fait montre d’une solidarité dont le pays aura bien besoin après cette catastrophe.

Par Amaury Dubois

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Du virus à la communication chinoise …

Le gouvernement chinois, menant une bataille mondiale de la communication, a saisi l’opportunité de la crise du coronavirus, pour se démarquer et marquer des points face aux Etats-Unis et aux démocraties occidentales. 

Selon l’OMS, nous parlons de pandémie en cas de propagation mondiale d’une nouvelle maladie. La différence avec une épidémie réside dans l’ampleur géographique d’une maladie infectieuse, l’épidémie se résumant à une région, un pays, ou une zone géographique définie.

Le 12 mars 2020, l’Organisation Mondial de la Santé a considéré le cas du COVID-19 de Pandémie et pour en témoigner la véracité, j’en veux pour exemple les 180 pays actuellement touchés.[1]

Ce 27 mars 2020, la présidente du FMI, madame Kristalina Georgieva, a dit que « nous avons réévalué les prévisions de croissance de 2020 et 2021, il est maintenant claire que nous sommes en récession’. L’OCDE est allé jusqu’à revoir sa prévision de croissance mondiale à la baisse de 3% à 2,4%.

Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE nous dit pour sa part : « Compte tenu des estimations, le confinement affectera directement les secteurs représentant jusqu’à 1/3 du PIB dans les plus grandes économies, chaque mois de confinement entraine une perte de 2% dans la croissance du PIB annuel. »[2]

Lorigine du mal – covid 19

Rappelons que l’épidémie, n’est pas le fruit du simple hasard, mais la conséquence de condition sanitaire critique. En effet, dans une épidémie, l’origine, est le point de départ…

Selon Didier Sicard, spécialiste des maladies infectieuses, « le plus frappant dans cette crise est l’indifférence au point de départ », à l’origine de cette pandémie. C’est pourquoi, il affirme qu’il faut opérer de nouvelles analyses de terrain afin d’observer méticuleusement la chaîne de transmission des coronavirus.

Ce qu’on observe davantage dans nos sociétés, c’est l’unique intérêt porté au point d’arrivée : le vaccin, les traitements, la réanimation. Mais pour que cela ne recommence pas, il faudrait considérer que le point de départ est vital.

Aujourd’hui, tout nous indique que le marché d’animaux vivant de Wuhan en Chine est le point de départ du virus et, effectivement, tout types d’animaux sauvages s’y trouvent. Nous avons appris que le Corona virus est porté par les chauves-souris depuis toujours, d’autres animaux sauvages dans ce marché ont aussi la faculté d’être porteurs tels que les serpents et les pangolins. Un animal contaminé a forcément dû être mangé et, de facto, contaminé le premier homme…

La non-transparence et le manque de contrôle sanitaire est un reproche récurent fait par les organismes internationaux, et ce depuis plusieurs années.

En effet, l’OMS avait déjà demandé à la Chine de fermer ses marchés vivants où des animaux sauvages sont considérés comme ‘met’ par la population chinoise qui en raffole, mais rien n’a été fait, et ses mêmes marchés fermés pendant un cours laps de temps sont à nouveau ouverts à ce jour. Certaines personnes précisent même que ces marchés rapporteraient autant d’argents que le marché de la drogue.

La bataille de la communication.

La préoccupation majeure de la chine en toute circonstance est de garantir une image positive, nul ne doit y nuire. Un porte-parole du ministre des affaires étrangères chinois Zhao Lijian est allé jusqu’à affirmer le 12 mars 2020 les choses suivantes :

  • « Le Covid-19 pourrait être originaire des États-Unis »
  • « Quand le patient zéro a-t-il été infecté aux États-Unis ? »
  • « Combien de gens ont été infec­tés ? Quels sont les noms des hôpi­taux ? Ça pour­rait être l’US Army qui a amené l’épi­dé­mie à Wuhan. Soyez trans­pa­rents ! Rendez vos données publiques. Les États-Unis nous doivent une expli­ca­tion ! »

En décembre, lorsque l’épidémie faisait rage à Wuhan, le monde était émerveillé face à la capacité de la Chine à construire « un hôpital » en seulement quelques jours.

Tout est sous contrôle, nous disait-on. De plus, il n’y aurait eu que 50 nouveaux cas positifs à Wuhan le 30 mars et ceux-ci sont des cas importés selon le gouvernement.

Par ailleurs, le 31 mars, les marchés asiatiques ont connu un bon important. En effet, Mr. Zhao Qinghe, statisticien senior du BNS (Bureau National des Statistique Chinois ) nous affirme que la production chinoise connait une extension de l’activité : « Un indice supérieur à 50 indique une expansion de l’activité, alors qu’un indice inférieur à 50 traduit une contraction. Ce rebond est dû au rétablissement de la production et au retour à la vie normale, ainsi qu’à une tendance positive de contrôle de l’épidémie de nouveau coronavirus »[3]

La chine vient en aide aux pays touchés par la pandémie notamment en Italie avec des masques et du personnel soignant venu en grandes pompes par avion, l’envoi de matériel médical à l’Espagne, bien qu’il s’est avéré être obsolète par la suite. Bon nombre de pays bénéfice de l’aide et de la bienveillance de la chine à ce jour, cette dernière se dit venir en aide au monde.

La Chine fait également usage de la diplomatie du masque avec ses plus de 4 milliards de masques vendus en un mois, ce qui porte ces exportations à un montant total de 10,2 milliards de Yuans soit 1,33 milliards d’euros et ses 9.000 nouvelles usines de production de masques construites.

Notons, qu’il n’existe pas d’aide désintéressée en politique, aucune aide humanitaire d’un pays ne peut se dire totalement désintéressée. La politique de communication est un fait normal, il n’y a pas d’alliés ou de rivaux mais des intérêts et par cela tout est bon pour élargir son influence, comme nous le rappelle Pascal Boniface, géo-politologue et directeur de l’IRIS.

La stratégie chinoise est claire, il s’agit en effet de promouvoir la nouvelle route de la soie, et elle y a déjà massivement investi dans quelques 68 pays pour développer des routes, des chemins de fer ou encore des voies maritimes. L’objectif étant de vouloir devenir la 1 ère économie mondiale dit-elle pour 2050 surpassant ainsi les Etats-Unis. Cette vision est à long terme, et s’articule à travers une stratégie bien définie visant une connectivité généralisée dans l’espace eurasiatique.

Alors que Xi Jinping a déclaré, il y a quelques jours, avoir remporté la guerre contre le Coronavirus, le reste du monde a été pris à défaut à l’arrivé du virus sur leur territoire.

En conclusion, il nous est impossible d’avoir une idée de l’évolution de la pandémie à ce stade, ce qui est sûr, c’est que la Chine a son agenda concernant sa vision du monde, et force est de constater, qu’elle est capable de transformer cette crise sanitaire dont elle est à l’origine, en opportunité politique et économique.

Par Y.S


[1]( https://www.who.int/fr/dg/speeches/detail/who-director-general-s-opening-remarks-at-the-mission-briefing-on-covid-19—12-march-2020)

[2] https://www.oecd.org/coronavirus/fr/

[3] http://french.xinhuanet.com/2020-03/31/c_138934939.htm