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La dette publique, un défi économique et politique en France

La France traverse actuellement une période de turbulences marquées, à la fois sur le plan politique et sur le plan budgétaire. Depuis la rentrée, l’actualité nationale a été rythmée par des événements majeurs qui témoignent d’un climat de forte instabilité. La démission du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, suivie de sa reconduction à ce même poste, illustre la tourmente politique actuelle et met en lumière l’ampleur des défis auxquels le pays fait face.

Afin d’apporter un éclairage complémentaire sur ces enjeux, une partie de ce travail s’appuiera également sur une interview, permettant de confronter l’analyse aux regards et aux témoignages d’acteurs concernés.

En effet, le gouvernement doit simultanément gérer une crise budgétaire profonde et un endettement public de plus en plus préoccupant, deux défis qui interrogent la capacité de l’exécutif à restaurer la confiance et à assurer une trajectoire économique viable.

La dette publique correspond à l’ensemble des emprunts contractés par les administrations publiques (État, collectivités locales, Sécurité sociale) pour financer leurs déficits. Autrement dit, lorsqu’un gouvernement dépense plus qu’il ne perçoit en recettes (impôts, taxes), il doit emprunter pour combler la différence. Cette dette est souvent exprimée en pourcentage du Produit Intérieur Brut (PIB), un indicateur de la richesse produite par un pays.

Historique de la dette publique française

La dette publique française est restée relativement faible jusqu’au début des années 1970. Pendant les Trente Glorieuses, entre 1945 et 1973, la forte croissance économique permettait à l’État de financer ses dépenses sans recourir massivement à l’emprunt. À cette époque, la dette représentait généralement moins de 20 % du produit intérieur brut (PIB), et l’équilibre budgétaire était relativement bien maintenu.

L’année 1992 marque un moment important avec la signature du traité de Maastricht, qui fixe un critère de convergence pour les pays de la zone euro : la dette publique ne doit pas dépasser 60 % du PIB. Cet objectif devient une référence majeure pour les finances publiques françaises. À la fin des années 1990, une embellie économique permet un ralentissement de la croissance de la dette. En 2001, juste avant l’introduction des billets et pièces en euros, la dette publique française se stabilise autour de 57 % du PIB.

Cependant, cette tendance ne dure pas. À partir de 2008, la crise financière mondiale provoque une nouvelle hausse spectaculaire de la dette. Pour relancer l’économie et soutenir les banques et les entreprises, l’État engage des dépenses exceptionnelles. En conséquence, la dette passe de 65 % du PIB en 2007 à près de 80 % en 2009. Ce niveau élevé se maintient dans les années suivantes, malgré plusieurs réformes et efforts de maîtrise budgétaire.

Niveau actuel de la dette française

En 2025, la dette publique française atteint un niveau historique, s’élevant à environ 3 345 milliards d’euros, ce qui représente près de 114 % du produit intérieur brut (PIB). Ce chiffre inclut l’ensemble des administrations publiques : l’État, les collectivités territoriales, la Sécurité sociale et les organismes divers d’administration centrale. Cette situation place la France parmi les pays les plus endettés de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie, mais loin devant la moyenne européenne, qui oscille autour de 88 % du PIB.

Source: Figaro

Cette dette, qui avait fortement augmenté durant la pandémie de COVID-19, continue de croître en raison des déficits budgétaires persistants, de la hausse des taux d’intérêt et des dépenses publiques importantes. Malgré plusieurs tentatives de réduction, le poids de la dette reste un enjeu majeur pour les finances publiques françaises et alimente les débats sur la soutenabilité budgétaire à long terme.

Les causes principales de l’endettement

Depuis plus de quarante ans, la France enregistre des déficits budgétaires quasi ininterrompus, les dépenses publiques notamment celles liées à la fonction publique, aux retraites, à la santé ou à l’éducation dépassant régulièrement les recettes fiscales. À cela s’ajoutent les nombreuses crises économiques survenues au cours des dernières décennies, comme la crise financière de 2008, la crise de la zone euro en 2011, ou encore la pandémie de COVID-19 en 2020, qui ont contraint l’État à engager des dépenses exceptionnelles pour soutenir l’économie, via des plans de relance, des aides aux entreprises ou le financement du chômage partiel.

Enfin, un autre facteur aggravant réside dans l’évolution des taux d’intérêt : après avoir longtemps profité de conditions d’emprunt très favorables, voire de taux négatifs, la France fait face depuis 2022 à une remontée brutale des taux imposée par la Banque centrale européenne pour contenir l’inflation, ce qui alourdit considérablement le coût du service de la dette.

Pourquoi cela pose-t-il problème ?

  • Moins de marge de manœuvre budgétaire : Une partie croissante du budget est consacrée au remboursement de la dette et au paiement des intérêts (plus de 50 milliards d’euros en 2025).
  • Risque de perte de confiance des marchés : Si les investisseurs doutent de la capacité de la France à rembourser, ils exigeront des taux d’intérêt plus élevés.
  • Pression sur les services publics : Pour réduire la dette, l’État peut être contraint de réduire ses dépenses, ce qui peut affecter les services publics ou les aides sociales.

Les solutions envisagées

  1. Réduction des dépenses publiques : Le gouvernement envisage des réformes structurelles, comme la réforme des retraites ou la réduction des niches fiscales.
  2. Relance de la croissance économique : Une croissance plus forte permet d’augmenter les recettes fiscales sans augmenter les impôts.
  3. Lutte contre la fraude et l’évasion fiscale : Mieux contrôler les recettes fiscales pourrait aussi améliorer la situation.

Interview

Afin d’enrichir cette analyse par un point de vue extérieur, nous avons choisi de donner la parole à un citoyen (ou autre profil selon ton choix). Voici les questions posées lors de l’entretien :

  • Pouvez-vous nous dire quelle est votre situation actuelle ?
  • Quel métier exercez-vous ?
  • Face à la situation politique actuelle, en quoi êtes-vous personnellement impacté ?
  • Avez-vous constaté une baisse de votre pouvoir d’achat ces derniers mois ?
  • Êtes-vous inquiet de l’évolution de la dette publique française ?
  • L’instabilité politique en France suscite-t-elle chez vous des craintes particulières ?
  • De plus en plus de Français envisagent l’expatriation : est-ce une option que vous pourriez envisager ?
  • Enfin, si vous aviez un message à adresser au président de la République, lequel serait-il ?

Conclusion

Âgés en moyenne de 25 ans, les jeunes interrogés travaillent dans des secteurs variés du social à la banque, en passant par le consulting, l’informatique ou la fonction publique. Tous partagent pourtant le même constat : une inquiétude grandissante face à l’avenir économique du pays. Avec un salaire moyen de 1 400 €, ces jeunes actifs assument leurs dépenses seules, le loyer étant souvent la charge la plus lourde. « On voit clairement notre pouvoir d’achat baisser », témoigne une consultante de 24 ans.

Quatre sondés sur cinq envisagent l’expatriation, en Europe ou à l’international. Une envie motivée par « le clivage social et économique » ressenti en France. Le message qu’ils adressent au président est sans détour : Emmanuel Macron doit « prendre plus le temps d’écouter ses citoyens » et mesurer les difficultés du quotidien.

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Taxe Zucman : explication d’une proposition qui fait débat

On entend beaucoup parler de la « taxe Zucman ». Mais qu’est-ce que c’est exactement ?
Il s’agit d’une proposition de loi visant à instaurer un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros.

Concrètement, si le total des impôts déjà payés (impôt sur le revenu, CSG, IFI, etc.) est inférieur à ce seuil, la différence serait comblée par cette taxe. Selon ses promoteurs, environ 1 800 contribuables seraient concernés et les recettes pourraient atteindre 20 milliards d’euros par an (Assemblée nationale, 2025).

L’objectif est double :

– réduire l’impact de l’optimisation fiscale pratiquée par les plus fortunés ;
– rétablir la progressivité de l’impôt, qui devient paradoxalement régressive au sommet.

D’après une étude de l’Institut des Politiques Publiques (IPP, 2022), jusqu’à 600 000 € de revenus économiques, le taux moyen d’imposition est progressif et atteint 46 %. Mais au-delà, la courbe s’inverse :

– pour les 0,001 % les plus riches (plus de 26 M€ de revenus économiques), le taux effectif tombe à 32 % ;
– pour les milliardaires (plus de 150 M€ de revenus économiques), il descend encore à 26%, soit bien en dessous du taux moyen de prélèvements obligatoires en France (42 %, Insee).

Ses détracteurs soulignent néanmoins plusieurs limites : un risque d’exil fiscal, un caractère potentiellement anticonstitutionnel (Commission des finances du Sénat, 2025), et surtout un problème de données fiables sur le patrimoine professionnel et financier des ultra-riches.

Même si la proposition a peu de chances d’être adoptée telle quelle, elle met en lumière un enjeu central : la fiscalité est-elle la solution pour résoudre la dette croissante de la France?

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10 erreurs financières fréquentes chez les jeunes actifs

Entrer dans la vie pro, c’est gagner en liberté… et découvrir des pièges d’argent bien réels. Voici les 10 erreurs les plus courantes chez les moins de 30 ans, avec des solutions concrètes, simples et actionnables.

Avant de plonger dans le sujet, un grand merci à notre sponsor Trade Republic pour son soutien 🤝
Vous aussi, rejoignez la plateforme dès aujourd’hui via notre lien ci-dessous et recevez 30 € offerts pour démarrer votre investissement.

1) Ne pas avoir d’épargne de précaution

Le piège : Sans matelas, la moindre panne ou perte d’emploi se transforme en dette chère.
À la place : Constitue un coussin de 3 à 6 mois de dépenses sur des supports sûrs et disponibles (Livret A/LDDS/LEP selon éligibilité, voire fonds euros). Commence par un premier palier de 1 000 €, puis automatise un virement juste après la paie.

2) Confondre épargner et investir

Le piège : Tout laisser sur livret « par sécurité » fait perdre du pouvoir d’achat à long terme ; investir de l’argent dont tu auras besoin dans 12 mois est tout aussi risqué.
À la place : Épargne pour les objectifs < 3 ans ; investis (ETF diversifiés, immobilier papier, obligations) pour ≥ 5–10 ans. Ouvre une enveloppe adaptée (PEA, assurance-vie en unités de compte, CTO) et programme des versements mensuels.

3) Vivre au-dessus de ses moyens

Le piège : Abonnements oubliés, achats impulsifs, « je me ferai plaisir ce mois-ci ».
À la place : Mets en place un budget 50/30/20 (besoins/plaisirs/épargne). Prélève l’épargne en premier (« pay yourself first ») et fais un audit d’abonnements trimestriel. Astuce : règle tes dépenses variables par carte/compte dédié pour les voir clairement.

4) Utiliser le crédit conso pour l’ordinaire

Le piège : Le revolving et les mini-crédits grignotent ton futur revenu.
À la place : Évite le crédit pour consommer. Si tu as déjà des dettes, choisis une méthode de remboursement :

  • Avalanche (du TAEG le plus élevé au plus faible) = coût total minimal.
  • Snowball (du plus petit au plus gros) = motivation maximale.
    Automatise les échéances, coupe la source (applications d’achats impulsifs) et renforce le coussin pour ne pas rechuter.

5) Oublier la retraite… à 25 ans

Le piège : « On verra plus tard ». Le temps qui passe est l’ennemi n°1.
À la place : Lance un investissement régulier, même modeste (ex. 50–150 €/mois) sur un ETF Monde. L’effet des intérêts composés fait la différence : commencer 10 ans plus tôt change tout. Bonus possible via un PER si tu es imposé et que tu acceptes l’indisponibilité jusqu’à la retraite.

6) Mal assurer les vrais risques

Le piège : Payer des assurances inutiles mais négliger l’essentiel (RC habitation, santé, prévoyance).
À la place :

  • Indispensable : RC habitation (et souvent obligatoire), mutuelle adaptée.
  • À considérer : prévoyance si ton revenu dépend de toi (indépendant, variable).
  • À éviter : doublons (assurance moyens de paiement + carte premium, garanties smartphone redondantes).

7) Payer trop de frais bancaires et de placement

Le piège : Frais de tenue de compte, carte « prestige » inutile, fonds maison chargés.
À la place : Choisis une banque/néobanque sobre, compare les frais de courtage et privilégie les ETF à bas coûts. Un point de frais en moins sur 20 ans = gros capital en plus.

8) Se laisser guider par le FOMO et les réseaux

Le piège : Paris « magiques », promesses de 15 %/mois, influenceurs traders.
À la place : Écris une stratégie (objectifs, horizon, règles d’entrée/sortie). Fais un portefeuille cœur-satellite : 80–90 % en ETF diversifiés, 10–20 % maximum pour des paris que tu acceptes de voir bouger. Méfie-toi des rendements « garantis ».

9) Oublier l’impôt… et les aides

Le piège : Mauvaise enveloppe (CTO au lieu de PEA), ne pas déclarer, ignorer ses droits.
À la place : Utilise les bonnes enveloppes (PEA pour actions/ETF UE, assurance-vie pour la flexibilité et l’antériorité fiscale). Vérifie chaque année tes droits (prime d’activité, APL, aides locales) via les simulateurs officiels.

10) Ne pas augmenter son taux d’épargne quand le salaire monte

Le piège : Le niveau de vie gonfle à chaque hausse… l’épargne stagne.
À la place : Mets en place une règle d’indexation : à chaque augmentation/prime, 50 % vers l’épargne/les investissements, 50 % pour le confort de vie. Tu accélères sans te priver.

Plan d’action en 30 jours (simple et réaliste)

Semaine 1 – Sécurité. Liste tes dépenses fixes, calcule un objectif d’épargne de précaution et crée un virement automatique le lendemain de la paie.
Semaine 2 – Hygiène. Audit d’abonnements, fermeture des comptes inutiles, renégociation de la banque/carte.
Semaine 3 – Long terme. Ouvre/optimise PEA et/ou assurance-vie, choisis un ETF large (Monde) et programme un versement mensuel.
Semaine 4 – Cap & contrôle. Écris ta stratégie (objectifs, horizon, répartition), installe un tableau de suivi (revenus, dépenses, patrimoine) et fixe une revue trimestrielle.

Mini-FAQ

Combien mettre en épargne de précaution ? Entre 3 et 6 mois de dépenses. Plutôt 6 si tu es indépendant ou que tes revenus sont volatils.
ETF, c’est risqué ? La valeur varie, oui. Mais sur un horizon long et en étant diversifié, l’investisseur augmente ses chances d’atteindre ses objectifs.
Assurance vie = capital garanti ? Non, seul le fonds euros offre une garantie. Les unités de compte fluctuent.
Immobilier locatif dès 25 ans ? Possible, mais attention au taux d’endettement, aux frais et à la gestion. Commence par un socle financier solide.

En résumé

La bonne stratégie n’est pas « parfaite » ; elle est tenable. Bâtis un coussin, automatise, diversifie, garde le cap. Tu auras déjà fait mieux que 90 % des gens.

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Actualité Banque & Finance En vedette Macro Monde Nos analyses

Rapport hebdomadaire – Semaine du 22 au 26 septembre 2025

Introduction

La semaine du 22 au 26 septembre 2025 s’est inscrite dans une atmosphère de rééquilibrage prudent : après un début de mois marqué par les anticipations de coupes de taux « agressives », les investisseurs ont dû composer avec des données macro favorables aux États-Unis (révision à la hausse du PIB T2, consommation robuste, PCE conforme aux attentes) qui ont actualisé les attentes de la Fed vers un profil plus modéré et conditionnel. Sur les marchés financiers, cette semaine a créé des vagues les devises majeures ont affiché des divergences notables, les courbes de taux ont réagi à la fois aux tensions budgétaires (notamment au Royaume-Uni) et à la lecture des anticipations inflationnistes, et les actions ont oscillé entre prises de bénéfice et rebonds en fin de semaine. Le tout dans un cadre géopolitique morcelé (tarifs US, tensions russes / ukrainiennes, incertitudes budgétaires européennes) qui a servi de fil conducteur aux flux de capitaux.

Devises — Analyse détaillée des huit principales monnaies

USD (Dollar américain)

Le dollar a confirmé sa position de force dominante cette semaine, clôturant sur une deuxième semaine consécutive de gains face à la majorité de ses pairs. Plusieurs éléments ont alimenté sa trajectoire :

  • La révision à la hausse du PIB américain pour le deuxième trimestre (à +3,8 % annualisé) a surpris favorablement le marché, renforçant l’idée que l’économie demeure résiliente. 
  • Le rapport PCE d’août, qui constitue la mesure favorite de la Fed pour juger de l’inflation, est ressorti en ligne avec les attentes, ce qui a freiné le repli anticipé des taux. 
  • Face à des données macro soutenues, les marchés ont ajusté leur pricing de coupes de taux, désormais plus conditionnelles ; le dollar en a bénéficié par arbitrage de portefeuilles.
  • Sur la semaine, l’indice dollar (DXY) est remonté vers des niveaux d’environ +0,6 à 0,7 % selon les paires — par exemple, le dollar a atteint un plus haut sur deux semaines face à l’euro. 
  • Toutefois, en début de semaine, le dollar avait montré une faiblesse ponctuelle face à l’euro et au franc suisse, dans l’attente des commentaires de la Fed et des indicateurs à venir. 

Cette dynamique renforce le narratif selon lequel la devise américaine reste le baromètre central du cycle monétaire mondial dans ce contexte d’ajustements graduels.

EUR (Euro)

L’euro a souffert d’un double handicap : un dollar robuste et des signes de croissance intérieure encore fragile. Sur cette semaine :

  • Les PMI flash de la zone euro ont donné un élan modéré ; le composite atteignant en rythme annualisé un plus haut de 16 mois (≈ 51,2), mais le manufacturier repassant en zone contraction (≈ 49,5). La France, notamment, a fortement déçu avec un PMI autour de 48,4.
  • L’écart de momentum entre l’économie américaine et l’Europe s’est accentué, renforçant les flows vers le dollar.
  • Par ailleurs, la BCE a confirmé qu’elle reste dans une posture de politique monétaire inchangée, à l’écoute des données, ce qui ne plaide pas pour un soutien agressif de l’euro. 
  • À l’échelle technique, l’euro a reculé vers des paliers de support autour de 1,1650 USD, flirtant avec des zones de vulnérabilité si le dollar continue d’étendre son biais haussier. 

Au total, l’euro a été l’un des paires les plus impactées cette semaine par le différentiel de dynamique macro entre les États-Unis et la zone euro.

JPY (Yen japonais)

Le yen est resté sous pression tout du long :

  • Le rebond du dollar a été particulièrement accusé face au yen : USD/JPY a grimpé vers ~149,7 lors de pics, soit un niveau élevé pour la paire. 
  • Aucun catalyseur interne significatif au Japon n’a soutenu le JPY, et la perspective d’un resserrement monétaire japonais demeure lointaine.
  • Dans ce contexte, la paire a accentué sa volatilité, notamment autour des annonces macro US.

GBP (Livre sterling)

La livre a été en proie à des mouvements plus marqués à la baisse :

  • Le marché a réagi négativement aux craintes budgétaires britanniques : lors d’une adjudication de gilts, le ratio offre-couverture a été faible, traduisant une demande limitée pour les obligations souveraines. Cela a fragilisé la confiance sur le financement public. 
  • Le discours politique demeure ambigu, et certains membres de la BoE, comme Dhingra, ont appelé à des baisses de taux plus rapides que ce que le marché imaginait. 
  • La livre s’est maintenue stable à certains moments (par exemple $1,34495) mais inquiète les investisseurs du fait des tensions structurelles sur les taux et le budget. 

CHF (Franc suisse)

La Suisse a opté pour la stabilité relative :

  • La BNS a maintenu son taux directeur à 0 % (pas de relèvement ni de baisse), justifiant cette pause par les risques externes ; notamment les incertitudes liées aux nouveaux tarifs américains.
  • Le franc a subi des fluctuations modérées, sans dynamique claire, retenu par le dollar plus fort et l’absence d’élément de différenciation positif.
  • L’anticipation d’interventions éventuelles sur le marché des changes reste un élément de discipline pour le franc.

AUD (Dollar australien)

L’AUD a suivi le mouvement général de reflux des devises « à risque » :

  • L’appétit pour le dollar US, combiné à l’absence de catalyseur pro-australien cette semaine, a pénalisé l’AUD.
  • Le marché scrute déjà la prochaine réunion RBA du 30 septembre, où un statu quo est attendu, ce qui limite le potentiel haussier immédiat.
  • La résilience relative de l’économie australienne (domestique) n’a pas suffi à contrer la force du dollar.

NZD (Dollar néo-zélandais)

La trajectoire du NZD s’est alignée avec celle de l’AUD, mais avec une plus grande faiblesse :

  • Le NZD/USD a reculé vers ~0,58, sous la pression combinée de flows vers les États-Unis et d’un contexte macro international moins favorable.
  • Comme pour l’AUD, l’absence de données nationales suffisamment solides pour contrebalancer le dollar a rendu la paire vulnérable.

CAD (Dollar canadien)

Le dollar canadien est la devise la plus affaiblie du lot :

  • Le CAD a subi une forte baisse hebdomadaire (~ –1,1 %), amplifiée par le différentiel de taux face aux États-Unis. 
  • Bien que le PIB canadien pour juillet ait montré une légère surperformance, cela n’a pas suffi à résister à la rotation de capitaux vers les actifs américains.
  • Le CAD a aussi rivalisé avec les devises « matières premières » : l’absence de catalyseur spécifique (prix du pétrole, etc.) a accentué sa vulnérabilité.

Géopolitique et événements de marché

La semaine a été ponctuée de facteurs géopolitiques et macro-réglementaires structurants :

  • Les nouveaux tarifs imposés par les États-Unis sur certains biens de consommation et industriels restent une source d’incertitude importante pour les échanges globaux, suscitant des réactions dans divers secteurs (automobile, technologie).
  • Les tensions militaires Russie-Ukraine, avec des frappes ciblées sur des infrastructures stratégiques, ont alimenté l’aversion au risque et soutenu les prix du pétrole.
  • Au Royaume-Uni, la fragilité de la demande sur les adjudications de la dette et l’appréhension autour du budget à venir ont exacerbé les risques souverains.
  • Enfin, le risque institutionnel d’un shutdown américain en fin septembre demeure dans les esprits et pourrait impacter les publications de données (notamment le rapport emploi).

Actions (Equities)

  • États-Unis : après trois séances consécutives de records, les indices ont fléchi en milieu de semaine mais ont rebondi vendredi, soutenus par des chiffres PCE en ligne. Le S&P 500 et le Nasdaq restent proches de leurs sommets, mais l’inversion interne du marché indique une prudence latente. 
  • Europe : la Bourse européenne a traversé une semaine incertaine, marquée par des variations sectorielles fortes. Le STOXX 600 affiche une performance neutre à légèrement négative sur la semaine. Le secteur financier a bénéficié d’un regain de taux, tandis que les secteurs exposés au commerce international ont pâti des incertitudes tarifaires.
  • Les prises de bénéfices dans les valeurs de croissance ont été contrebalancées par des rotations vers des valeurs à plus forte bêta.

Matières premières (Commodities)

  • Pétrole : les cours ont progressé sur la semaine, portés par les tensions géopolitiques et des draws de stocks américains surprenants. Le Brent s’est stabilisé au-delà de 69 $ le baril à la clôture hebdomadaire.
  • Or / Métaux précieux : l’or a gagné du terrain (~+1,5 à +1,8 %) en tant que valeur refuge face aux incertitudes globales. L’argent a également bénéficié de ce mouvement.
  • Cuivre : le cuivre a été soutenu par les anticipations d’un resserrement des perspectives d’offre (notamment des perturbations minières), ce qui atténue les attentes d’un excès d’offre pour fin 2025.

Taux d’intérêt & Obligations

États-Unis

  • Les Treasuries ont connu des mouvements contrastés : face à des données fortes, les rendements longs ont été vendus, tandis que les maturités plus courtes (2 ans) ont dans certains moments rebondi, commençant à refléter les primes de path dépendant.
  • Le 10 ans américain s’est ancré autour de 4,20 %, avec des pics intrajournaliers au-delà.
  • Le Fed, dans ses commentaires, est resté prudent et dépendant des données, ce qui tempère la volatilité extrême sur les taux moyens.

Zone euro

  • Les rendements souverains européens ont légèrement baissé, notamment sur le Bund 10 ans, dans un contexte d’apaisement du rythme de hausse anticipé de taux européens.
  • L’€STR reste respecté comme référence, et la BCE continue de privilégier une approche « meeting‐by‐meeting ». 

Royaume-Uni

  • Les gilts ont été très volatils, en lien direct avec les tensions budgétaires : les coûts de financement se sont tendus, augmentant la prime de risque et accentuant la pression sur la livre.
  • Le marché s’interroge sur la capacité de la BoE à soutenir le marché obligataire tout en gérant la trajectoire des taux.

Suisse

  • Les taux suisses ont eu une dynamique davantage neutre, avec peu de mouvement malgré la politique monétaire inchangée et une légère compression de la liquidité.

Conclusion

La semaine du 22 au 26 septembre 2025 a confirmé que le dollar reste au cœur du jeu monétaire mondial : dans un contexte de données macro favorables aux États-Unis, il bénéficie du flux de capitaux et de l’arbitrage des taux. Les grandes devises ont affiché des trajectoires divergentes, reflétant les différences de fondamentaux et de politique monétaire. Le marché obligataire a montré sa sensibilité aux signaux inflationnistes et aux tensions souveraines, notamment au Royaume-Uni. Enfin, les matières premières et le compartiment actions ont navigué entre nervosité et rebonds opportunistes.

Dans les jours à venir, le point focal sera le rapport emploi américain (NFP) et les discours de la Fed, lesquels pourront redéfinir les subtilités d’un cycle monétaire jugé désormais plus “data-dependent” que jamais.

Sources

https://www.reuters.com/world/africa/dollar-stays-strong-fed-rate-cut-wagers-wobble-data-focus-2025-09-25/

https://www.reuters.com/world/china/global-markets-wrapup-1-2025-09-25/

https://www.reuters.com/business/euro-zone-consumers-cut-spending-tariff-fears-shun-us-goods-ecb-says-2025-09-22/

https://www.reuters.com/business/finance/ecb-can-still-frustrate-euro-surge-with-contingency-cut-2025-09-22/

https://www.reuters.com/business/finance/swiss-national-bank-keeps-interest-rate-zero-2025-09-25/

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    Banque & Finance Bourse En vedette Investissement & Stratégies Nos analyses Pédagogie & concepts clés

    Tu es jeune actif ? Voici les meilleurs placements à connaître !

    En 2025, les taux d’emprunt se sont repliés par rapport à leurs pics, sans retrouver les niveaux ultra-bas des années 2010. Côté immobilier, les rendements bruts restent hétérogènes et la contrainte énergétique alourdit les budgets travaux ; côté Bourse, la diversification mondiale via ETF n’a jamais été aussi simple… mais la volatilité demeure. Alors, où mettre son prochain euro ?

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    Indispensable : sécurité & dettes

    But : pouvoir encaisser un imprévu sans vendre tes investissements ni payer d’intérêts inutiles.
    À faire tout de suite :

    1. Épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses) sur livrets défiscalisés, dans cet ordre :
      • LEP si tu es éligible (plafond 10 000 €) → 2,7 % au 1ᵉʳ août 2025 ;
      • puis Livret A/LDDS (plafonds 22 950 €/12 000 €) → 1,7 % au 1ᵉʳ août 2025 ;
      • Livret Jeune (< 25 ans) : intérêts exonérés, taux ≥ Livret A (fixé par la banque).
    2. Rembourser les crédits chers (conso, renouvelable) avant d’investir : leur coût réel dépasse souvent tout livret/obligataire.

    1) L’argent « gratuit » de l’employeur (si dispo)

    Pourquoi en priorité : l’abondement est un rendement immédiat.
    Concrètement :

    • Verse au moins ce qui déclenche 100 % de l’abondement sur PEE/PER d’entreprise (PERECO).
    • PEE : sommes en principe bloquées 5 ans, nombreux cas de déblocage anticipé ; intéressement placé sur PEE exonéré d’IR dans certaines limites.
    • PERECO : abondement (souvent 100–300 % du versement, dans des plafonds légaux) et blocage jusqu’à la retraite (sauf cas de sortie).

    2) Cœur de portefeuille : PEA + ETF en DCA

    Objectif : faire croître le capital à frais bas, mécaniquement, sans y penser.
    Comment :

    • Ouvre un PEA (ou PEA Jeune) et programme un DCA (virements mensuels).
    • Fiscalité : après 5 ans, retraits exonérés d’impôt sur le revenu (prélèvements sociaux dus).
    • Univers d’investissement : actions UE/EEE et fonds/ETF éligibles (≥ 75 % d’actions européennes ; les ETF « Monde »/US éligibles utilisent souvent une réplication synthétique).
      Règles simples d’allocation (exemple) :
    • Débutant·e : 100 % ETF Monde « PEA éligible ».
    • Intermédiaire : 80 % Monde (PEA) + 20 % Europe (PEA).
    • Tu veux un coussin « obligataire » ? Fais-le hors PEA (assurance-vie / compte-titres), car le PEA est réservé aux actions/OPCVM actions.

    3) Assurance-vie (polyvalente : ETF/UC + fonds euros)

    Pourquoi : enveloppe souple pour objectifs 3–10 ans, arbitrages internes, clause bénéficiaire.

    • Fiscalité : après 8 ans, abattement annuel sur les gains 4 600 € / 9 200 € (célibataire / couple), puis imposition au choix (PFU/barème).
    • Fonds euros : capital garanti, rendement variable selon l’assureur (utile comme poche défensive).

    4) PER (optimisation fiscale si TMI élevée)

    Pourquoi : déduction des versements du revenu imposable (plafond ≈ 10 % de tes revenus d’activité, plancher forfaitaire), en contrepartie d’un blocage jusqu’à la retraite (sauf sorties prévues par la loi).

    À privilégier si TMI ≥ 30 % ou si abondement d’entreprise intéressant. (Sortie en capital imposable comme pension pour la part déduite.)

    5) Pierre-papier (SCPI/OPCI/REITs) pour diversifier sans gérer

    Intérêt : accès à l’immobilier avec petit ticket, gestion externalisée, possible via assurance-vie.
    Vigilances : frais, revenus non garantis, valeur des parts qui varie, risque de liquidité documenté par l’AMF.

    6) Immobilier locatif en direct (si ta situation est stable)

    • Atouts : effet de levier du crédit, loyers potentiellement indexés sur l’IRL, capacité à créer de la valeur (travaux, LMNP, colocation…).
    • Contexte 2025 : taux moyens autour de ~3,07 % (été 2025), en fort repli vs 2024 ; production de crédits en nette reprise.
    • Contraintes clés : frais d’acquisition élevés, aléas locatifs, encadrement des loyers dans de nombreuses communes, DPE G interdit à la location depuis le 01/01/2025 (travaux possibles).

    7) Bonus à (très) haut ROI : toi

    Formations, langues, code, certifs : sur 10 ans, c’est souvent le meilleur « placement » (hausse de revenus et d’employabilité).
    (Et garde une épargne projets souple sur livrets si horizon < 2–3 ans.)

    Combien investir, et où ? (3 modèles prêts à l’emploi)

    Hypothèses : tu as un filet de sécurité en place ; tu vises un budget d’épargne 20 % de ton net (à adapter). Les montants sont mensuels.

    A) Début de carrière / budget serré (ex. net 1 800 € → 360 € à épargner)

    1. PEA + ETF (DCA) : 200 €
    2. Assurance-vie (fonds euros + 1–2 ETF défensifs) : 100 €
    3. PEE/PERECO (si abondement) : 60 € (augmente en priorité si ta boîte abonde)

    B) Profil standard (ex. net 2 500 € → 500 € à épargner)

    1. PEE/PERECO : jusqu’à l’abondement max (ex. 100 €)
    2. PEA + ETF : 300 €
    3. Assurance-vie (fonds euros/ETF obligataires) : 100 €

    C) Imposée à 30 % ou + (ex. net 3 500 € → 700 € à épargner)

    1. PEE/PERECO : abondement plein (ex. 150 €)
    2. PER : 250 € (pour profiter de la déduction)
    3. PEA + ETF : 200 €
    4. Assurance-vie : 100 €

    Astuce : dès que tu as une augmentation, monte automatiquement ton DCA (PEA/AV) de +10 % ; tu t’habitues sans douleur.

    Checklists ultra-pratiques

    Ouverture/paramétrage des enveloppes

    • PEA : virement mensuel auto, ETF éligible (TER bas, encours > 100 M€, réplication claire), réinvestissement des dividendes par défaut.
    • Assurance-vie : 1 fonds euros (poche défensive) + 2–3 UC (ETF larges) ; frais d’entrée 0 %, frais UC bas.
    • PER : versements en fin d’année pour optimiser la déduction (en respectant le plafond de ton avis d’IR).
    • PEE/PERECO : vérifie abondement et fonds proposés ; préfère les fonds indiciels quand c’est possible.

    Immobilier : mini-canevas d’étude

    • Cash-flow net (loyers – charges – taxe foncière – assurance – gestion – vacance – intérêts – capital) ;
    • DPE et travaux (si étiquette F/G, plan de rénovation ou exclusion) ;
    • Encadrement des loyers et IRL applicables localement.

    La « méthode en escalier » (toujours valable)

    1. Sécurité & dettes
    2. Abondement employeur
    3. PEA + ETF (DCA)
    4. Assurance-vie
    5. PER (si TMI élevée ou abondement)
    6. Pierre-papier
    7. Immo direct
      … puis rééquilibrage 1×/an (remettre les pourcentages cibles en vendant/achetant dans les enveloppes les plus fiscalement douces).
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    Immobilier ou Bourse : où investir en 2025 ?

    En 2025, les taux d’emprunt se sont repliés par rapport à leurs pics, sans retrouver les niveaux ultra-bas des années 2010. Côté immobilier, les rendements bruts restent hétérogènes et la contrainte énergétique alourdit les budgets travaux ; côté Bourse, la diversification mondiale via ETF n’a jamais été aussi simple… mais la volatilité demeure. Alors, où mettre son prochain euro ?

    Avant de plonger dans le sujet, un grand merci à notre sponsor Trade Republic pour son soutien 🤝
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    1) Ce que vise ton investissement

    • Revenu mensuel régulier → l’immobilier locatif (direct ou pierre-papier) reste adapté, à condition d’accepter la gestion et la fiscalité.
    • Capital long terme et liquidité → la Bourse (ETF actions/obligations) est souvent plus efficace.
    • Optimisation fiscale → en actions, le PEA et l’assurance-vie ; en immobilier, le LMNP, le déficit foncier ou la SCPI dans une enveloppe.

    2) Immobilier : forces et faiblesses en 2025

    Atouts. Effet de levier bancaire unique, revenus potentiellement indexés sur l’inflation, sentiment de contrôle sur un actif tangible. En direct, on peut créer de la valeur (travaux, colocation, division). Les SCPI/OPCI/REITs permettent d’externaliser la gestion et d’accéder à des parcs diversifiés avec un ticket d’entrée réduit.

    Points de vigilance. Frais d’entrée élevés dans l’ancien (souvent 7–8 % de notaires), aléas locatifs, encadrements des loyers dans certaines villes, DPE et travaux d’efficacité énergétique pouvant peser, fiscalité des revenus fonciers parfois lourde selon ta tranche. La liquidité est faible (revente longue et incertaine). En pierre-papier, la valeur part peut fluctuer et les revenus ne sont pas garantis.

    Quand c’est pertinent. Tu peux emprunter dans de bonnes conditions, tu maîtrises un marché local précis, tu vises un cash-flow stabilisé sur 15–20 ans et acceptes de gérer (ou de déléguer avec un coût).

    3) Bourse : forces et faiblesses en 2025

    Atouts. Frais faibles, diversification mondiale immédiate (ETF Monde), liquidité quotidienne, mise en place simple d’un DCA (versements programmés). Fiscalité optimisable : PEA (actions/ETF UE) ou assurance-vie (abattements après 8 ans, clause bénéficiaire).

    Points de vigilance. Volatilité parfois forte (baisse temporaire de 20–30 % possible), risque de comportements émotionnels (FOMO, panique), nécessité de tenir l’horizon (≥ 8–10 ans pour les actions).

    Quand c’est pertinent. Tu veux faire croître un capital, sans immobiliser des mois en revente, et tu acceptes de laisser le temps compenser la volatilité.

    4) Comparatif express (axes clés)

    • Rendement net : immobilier dépend de l’emplacement, des charges et de l’impôt ; les ETF actions visent la prime de risque à long terme, lissée par le DCA.
    • Risque : immobilier = risque locatif + concentration ; Bourse = risque de marché mais diversification mondiale.
    • Liquidité : forte en Bourse, limitée en immobilier.
    • Levier : naturel et puissant en immobilier ; plus rare et risqué en Bourse (à éviter pour débuter).
    • Temps/gestion : immobilier direct prend du temps ; ETF demande peu d’entretien.
    • Ticket d’entrée : élevé en direct, faible en ETF/REITs/SCPI.

    5) Trois chemins concrets selon le profil

    Jeune actif (budget serré).
    Épargne de précaution, puis PEA + ETF Monde en DCA. Pierre-papier légère (SCPI via AV) si tu veux diversifier sans te sur-endetter.

    Objectif revenu complémentaire.
    Un bien ciblé (rendement net, vacance faible, DPE correct) + gestion déléguée. En parallèle, renforce un portefeuille d’ETF pour lisser le risque global.

    Patrimoine déjà constitué.
    Mix 60/40 (au sens risque) : UC/ETF monde + fonds euros/obligataire, et une poche pierre-papier diversifiée. Rééquilibrage annuel, arbitrages fiscaux (PEA/AV, LMNP/déficit foncier).

    6) Méthode simple pour décider en 2025

    1. Objectif & horizon : revenu vs capital, 5 ans, 10 ans, 20 ans.
    2. Capacité d’endettement : si elle est bonne et stable, l’immobilier peut accélérer.
    3. Tolérance à l’illiquidité : es-tu prêt à rester bloqué plusieurs mois ?
    4. Temps disponible : pour rénover, gérer, optimiser ?
    5. Fiscalité : choisis l’enveloppe (PEA/AV/PER côté Bourse ; LMNP/déficit/pierre-papier côté immo).

    Règle pratique. Tant que ton épargne de précaution n’est pas en place et que ta capacité d’endettement est incertaine, privilégie la Bourse via ETF. Dès que ta situation est stabilisée, un projet immo bien chiffré peut compléter efficacement.

    Conclusion

    Il n’y a pas de vainqueur unique. La Bourse excelle pour construire un capital liquide, à frais réduits, sur longue durée. L’immobilier brille pour créer du levier et générer un revenu récurrent, au prix d’une gestion et d’une fiscalité plus lourdes. En 2025, la stratégie robuste reste hybride : cœur en ETF mondiaux, complété d’une poche immobilière (directe ou pierre-papier) quand la situation personnelle le permet.

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    Investir dans l’incertitude : quand les fonds fermés cotés prennent le relais du Private Equity

    Depuis toujours, la volatilité des marchés financiers pousse de nombreux investisseurs à rechercher des solutions plus stables. Dans ce contexte, le Private Equity s’est imposé comme une alternative crédible, capable de générer de la performance tout en s’affranchissant des fluctuations quotidiennes des marchés cotés.

    Cependant, malgré plus d’une décennie de succès, le manque de transparence et les valorisations élevées des entreprises non cotées pèsent aujourd’hui sur cette classe d’actifs et suscitent des interrogations.

    Face à cela, certaines sociétés de gestion comme Erasmus AM proposent une alternative : le fonds fermé coté, qui combine les avantages du Private Equity (accompagnement dans la durée de sociétés prometteuses) avec une meilleure transparence et des valorisations attrayantes qu’offrent actuellement les petites et moyennes capitalisations européennes.

    Private Equity : l’illiquidité comme fondement

    Le Private Equity repose sur un principe clé : investir dans des actifs illiquides avec un horizon long terme et une stratégie de création de valeur progressive.

    • Capital bloqué : levé au départ, il reste immobilisé sur une durée fixe fréquemment prolongée (souvent au-delà de 10 ans).
    • Vision stratégique : permet aux gérants de déployer sereinement du capital dans des projets de long terme (par exemples des PME non cotées).
    • Alignement d’intérêts : stabilité et discipline renforcent la convergence entre investisseurs (LPs) et gestionnaires (GPs).

    Cette structure convient parfaitement aux actifs illiquides, mais peut être perçue comme contraignante pour les investisseurs recherchant davantage de souplesse.

    Fonds fermés cotés : transparence et valorisation attrayante

    Un fonds fermé investi dans le coté s’appuie sur les grands principes du Private Equity, tout en offrant deux atouts décisifs :

    • Transparence renforcée : contrairement au Private Equity, les sociétés en portefeuille sont cotées en bourse et donc valorisées en continu par le marché, ce qui permet de suivre clairement l’évolution de la performance.
    • Flexibilité de gestion supérieure : Les prises de participation sont systématiquement minoritaires et permettent aux gérants d’amender leurs positions en cas de changement d’opinion. Cela permet également de grandement limiter le risque que le fonds soit prolongé au-delà des 5 ans prévu. 
    • Valorisations attrayantes : Alors que l’engouement pour le Private Equity des dernières a fait fortement progresser les valorisations, les Petites Capitalisations cotées n’ont pas connu une telle euphorie et offrent actuellement une décote de près de 30% par rapport au non coté.

    À qui s’adressent les fonds fermés ?

    Historiquement, les fonds fermés étaient réservés aux institutionnels et aux grands investisseurs, avec un ticket d’entrée d’au moins 100 000 euros. Cette barrière limitait fortement l’accès à cette classe d’actifs.

    Dès cette année, grâce au cadre ELTIF 2.0, Erasmus AM démocratise cette approche en abaissant le ticket d’entrée à 20 000 euros.

    Ainsi, dans une allocation de long terme (avec une période de blocage de 5 ans), un fonds fermé coté devient une solution pertinente pour :

    • réduire la volatilité de son portefeuille,
    • profiter des faibles valorisations actuelles des small caps européennes
    • laisser le temps jouer en votre faveur grâce à une gestion de long terme.

    En conclusion

    Le Private Equity reste un outil idéal pour les investisseurs en quête de performance supérieure grâce à son horizon long terme et son capital bloqué. Mais son manque de transparence et les valorisations élevées des entreprises non cotées en limitent aujourd’hui l’attrait.

    En revanche, les fonds fermés côtés, offrent une réponse adaptée : transparence, période de blocage plus courte (5 ans) et surtout une exposition à des valorisations attractives sur les small et mid caps européennes.

    C’est sur cette conviction qu’Erasmus AM a lancé, il y a quelques semaines, la période de souscription d’un fonds fermé dédié aux micro-capitalisations européennes qui se nomme EDL 2030.

    Ce fonds vise à offrir à nos clients une exposition directe à la reprise européenne, avec une prise de participation au capital des sociétés les plus prometteuses, dans une logique de long terme, tout en réduisant les biais comportementaux qui pèsent souvent sur la performance.

    Grâce à cette structure, notre équipe de gérants et d’analystes pourra gérer activement la montée en puissance du portefeuille et ajuster les pondérations en fonction des opportunités et des niveaux de valorisation de marché.

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    Recap hebdomadaire : Semaine du 08 au 12 septembre 2025

    Introduction

    La semaine écoulée a été rythmée par la publication de l’inflation américaine, la réunion de la Banque centrale européenne, ainsi que de nouveaux signaux de faiblesse en provenance de la Chine. Le dollar s’est renforcé, soutenu par une inflation légèrement supérieure aux attentes malgré une révision massive à la baisse des créations d’emplois. L’euro a évolué de manière volatile après la BCE, tandis que la livre sterling a souffert d’une croissance atone. Les marchés actions, obligataires et de matières premières ont reflété un environnement dominé par des politiques monétaires restrictives et par la persistance de tensions géopolitiques.

    Devises majeures

    Dollar américain (USD)

    Le billet vert a progressé à la suite de la publication du CPI d’août, ressorti à +0,4 % en global et +0,3 % en core. Les pressions sur le logement, l’énergie et l’alimentation demeurent présentes, tandis que l’impact des nouveaux tarifs douaniers reste limité pour l’instant. En parallèle, une révision massive de -911 000 créations de postes sur l’année écoulée a mis en évidence la fragilité du marché du travail. Ce contraste entre inflation persistante et emploi en repli ouvre une fenêtre d’assouplissement à la Réserve fédérale. Les marchés anticipent une baisse de 25 points de base dès septembre, suivie possiblement d’un second mouvement en octobre. Le 10 ans US est resté stable autour de 4,04 %, le dollar s’est raffermi et les indices actions ont progressé modestement.

    Euro (EUR)

    L’euro a été animé par la réunion de la BCE. Si les taux ont été maintenus inchangés, Christine Lagarde a réaffirmé la nécessité de conserver une politique restrictive afin d’ancrer la trajectoire désinflationniste. Le ton hawkish a temporairement soutenu la monnaie unique, mais les perspectives économiques fragiles en zone euro limitent son potentiel d’appréciation.

    Livre sterling (GBP)

    La livre a été fragilisée par la publication d’un PIB mensuel stagnant, confirmant l’absence de croissance au Royaume-Uni. Cette faiblesse structurelle entretient les doutes quant à la capacité de la Banque d’Angleterre à resserrer davantage sa politique monétaire. Les investisseurs se tournent désormais vers la réunion décisive de la semaine prochaine.

    Yen japonais (JPY)

    Le yen a évolué au gré des différentiels de taux et du sentiment global de risque. La devise est restée sous pression face au dollar et à l’euro, mais a regagné de l’attrait lors des phases de repli des marchés. La prochaine réunion de la Banque du Japon, prévue le 19 septembre, sera déterminante pour la trajectoire de la politique monétaire.

    Dollar canadien (CAD)

    Le dollar canadien est resté stable, faute de données domestiques. La devise a suivi les tendances globales, en attendant les publications d’inflation et la décision de la Banque du Canada attendues la semaine prochaine.

    Dollar australien (AUD)

    L’AUD a subi la pression des signaux déflationnistes venus de Chine, principal partenaire commercial. En l’absence de catalyseurs domestiques, la devise a reflété les inquiétudes sur la demande mondiale de matières premières.

    Dollar néo-zélandais (NZD)

    Le kiwi est resté sans dynamique propre malgré une intervention de la RBNZ. La banque centrale a maintenu une posture prudente et dépendante des données, laissant la devise évoluer au gré des tendances régionales et du dollar américain.

    Franc suisse (CHF)

    Le franc suisse a évolué de manière neutre. Les déclarations du président de la BNS n’ont pas apporté de nouveauté, laissant la devise réagir principalement au sentiment global de risque.

    Géopolitique

    Moyen-Orient : Les tensions dans le Golfe continuent d’alimenter une prime de risque sur le marché pétrolier, rappelant la vulnérabilité des routes d’approvisionnement énergétiques.

    Europe de l’Est : Le conflit Russie–Ukraine se poursuit sans évolution stratégique majeure. Les infrastructures énergétiques et logistiques demeurent exposées, maintenant une prime de risque pour les marchés européens.

    Asie-Pacifique : La Chine a intensifié sa coopération militaire avec la Russie à travers des exercices conjoints, ce qui accroît les inquiétudes des partenaires occidentaux. Par ailleurs, les tensions commerciales avec les États-Unis et l’Europe s’accentuent.

    OPEP+ et commerce mondial : Les discussions au sein de l’OPEP+ sur d’éventuels ajustements de production maintiennent une incertitude élevée. Les flux commerciaux stratégiques restent sensibles aux tensions géopolitiques globales.

    Actions

    • États-Unis : Les indices ont clôturé de manière contrastée. Le S&P 500 et le Nasdaq ont bénéficié de la résilience du secteur technologique, tandis que le Dow Jones est resté plus fragile.
    • Europe : Les marchés européens ont évolué prudemment, dominés par la réunion de la BCE. Le ton ferme de Christine Lagarde a limité l’appétit pour le risque.
    • Asie : Les actions chinoises ont reculé après de nouvelles données décevantes, tandis que Tokyo a bénéficié d’un yen faible qui soutient les exportateurs.

    Matières premières

    • Énergie : Le pétrole est resté volatil, partagé entre inquiétudes sur la demande mondiale et incertitudes liées à l’OPEP+ et au Moyen-Orient.
    • Métaux précieux : L’or a été recherché comme valeur refuge, soutenu par la volatilité obligataire et les tensions géopolitiques.
    • Métaux industriels : Le cuivre et l’aluminium ont reculé, affectés par la faiblesse persistante de la demande chinoise.

    Obligations souveraines

    • États-Unis : Les rendements à court terme se sont tendus après l’inflation, tandis que le 10 ans est resté stable autour de 4,04 %. La courbe demeure inversée.
    • Zone euro : Les Bunds ont été volatils après la BCE, avec des taux courts en hausse et des taux longs contenus par la faiblesse économique.
    • Royaume-Uni : Les Gilts restent sous pression, les maturités longues reflétant l’incertitude budgétaire et monétaire.
    • Japon & Suisse : Stabilité des JGBs avant la réunion de la BoJ ; légère baisse des rendements suisses confirmant leur statut refuge.
    • Canada, Australie, Nouvelle-Zélande : Peu de mouvements autonomes, les marchés suivant les dynamiques américaines.

    Taux d’intérêt

    • Réserve fédérale (Fed) : Le marché anticipe une baisse de 25 points de base en septembre, avec une probabilité croissante d’un second mouvement en octobre.
    • Banque centrale européenne (BCE) : Taux inchangés mais ton hawkish, confirmant un statu quo prolongé.
    • Banque d’Angleterre (BoE) : Dilemme entre croissance nulle et inflation élevée. La réunion de la semaine prochaine sera décisive.
    • Banque du Japon (BoJ) : En attente de la réunion du 19 septembre, où des ajustements du YCC pourraient intervenir.
    • Banque du Canada (BoC) : Attentisme avant la décision à venir.
    • RBA, RBNZ, BNS : Pas de changement, profils attentistes.

    Agenda à venir (15–19 septembre 2025)

    • Lundi : Chine (production industrielle, ventes au détail), discours Lagarde (BCE).
    • Mardi : Royaume-Uni (revenus et chômage), Allemagne (ZEW), Canada (CPI), États-Unis (ventes au détail).
    • Mercredi : Royaume-Uni (CPI), Banque du Canada (taux et conférence), Fed (taux, projections, conférence Powell).
    • Jeudi : Nouvelle-Zélande (PIB), Australie (emploi), Banque d’Angleterre (taux).
    • Vendredi : Japon (BoJ – décision et conférence), Royaume-Uni (ventes au détail), Canada (ventes au détail).

    Sources

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    Affaire CumCum : Crédit Agricole CIB visé par le PNF

    Le président du tribunal judiciaire de Paris a validé, le 8 septembre 2025, la Convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) conclue entre le Crédit Agricole CIB et le Parquet National Financier dans l’affaire dite du « CumCum ».

    Eléments de langage juridique sur cette procédure pénale particulière, relativement récente, applicable aux sociétés, dans le cadre d’une forme de « plaider-coupable ».

    Selon l’enquête diligentée par le Parquet National Financier à l’encontre du Crédit Agricole dans le cadre de l’affaire « CumCum », certaines opérations de prêts-emprunts de titres et de dérivés sur actions auraient constitué des arbitrages de dividendes irréguliers.


    L’enquête visait notamment des qualifications pénales de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale, au visa des articles 1741 du code général des impôts et 324-1 du code pénal.

    Le montant total de l’amende établie et avalisée ce 8 septembre 2025 fut de 88, 25 millions d’euros. Cette convention, qui ne constitue pas une condamnation pénale mais une alternative aux poursuites, n’emporte aucune déclaration de culpabilité.


    Il s’agit dès lors d’une innovation juridique française, s’inspirant du droit américain. C’est la raison pour laquelle cette procédure est souvent appréhendée avec intérêt par les entreprises poursuivies, souhaitant éviter un long procès aux conséquences incertaines.


    Instaurée par la loi du 9 décembre 2016, la CJIP est définie comme une transaction judiciaire opposable aux personnes morales ayant commis des faits de corruption, trafic d’influence, fraude fiscale, infractions environnementales etc, selon les articles 41-1-2 et 41-1-3 du code de procédure pénale.

    Elle permet d’imposer à la personne morale les obligations suivantes :

    • le versement d’une amende d’intérêt public au Trésor public, pouvant atteindre 30 % du chiffre
      d’affaires annuel,
    • la mise en œuvre d’un programme de mise en conformité d’une durée maximale de trois ans,
    • la réparation du préjudice causé à la victime.

    Comme rappelé précédemment, cette mesure spéciale diffère d’une procédure répressive habituelle en ce qu’elle n’est pas une condamnation et, de facto, exclut les risques d’interdiction d’exercice et d’inscription au casier judiciaire.

    Il est intéressant de noter que si cette banque a opté pour cette transaction, la reconnaissance de la faute semble certaine mais dans un contexte lui évitant un procès.


    D’autres affaires similaires sont en cours d’enquête, aussi, il serait probable que cette décision entraîne des jurisprudences similaires.

    Optimisation fiscale ou fraude ?

    La Justice semble avoir tranché en l’absence de procès.

    Sources :

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    Inflation US : Rapport CPI du 11 septembre 2025

    Le 11 septembre 2025, le Bureau of Labor Statistics (BLS) a publié les données d’inflation pour le mois d’août. Très attendu par les marchés financiers, ce rapport sur l’Indice des Prix à la Consommation (CPI) éclaire la dynamique des prix à quelques jours de la réunion de la Réserve fédérale (16-17 septembre), où une baisse des taux est largement anticipée.

    Des chiffres en ligne avec les attentes

    En août, l’inflation globale (CPI-U) a progressé de 0,4 % sur un mois, soit le double de la hausse de juillet (+0,2 %). En rythme annuel, elle s’établit à 2,9 %, contre 2,7 % en juillet, conformément au consensus.

    L’inflation sous-jacente (core CPI), qui exclut l’énergie et l’alimentation, a augmenté de 0,3 % en rythme mensuel et de 3,1 % sur un an. Ces chiffres, attendus, traduisent néanmoins des tensions persistantes dans certains secteurs.

    Les moteurs de la hausse des prix

    • Logement et loyers : principaux contributeurs à l’inflation, confirmant la pression durable des coûts liés à l’immobilier résidentiel.
    • Alimentation : progression marquée, alimentée par des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
    • Énergie : les prix de l’essence se redressent, reflétant la volatilité des coûts énergétiques.
    • Biens manufacturés : certains segments, comme l’électroménager, affichent au contraire des baisses de prix.

    Les tarifs douaniers introduits par l’administration Trump commencent également à peser sur les biens importés. Pour l’instant, leur impact demeure modéré, mais les économistes anticipent un effet plus marqué dans les prochains mois si la tendance se confirme.

    Conséquences pour la Fed et réactions de marché

    Ce rapport intervient dans un contexte où la Fed est appelée à assouplir sa politique monétaire afin de soutenir une économie fragilisée.

    • Malgré la légère accélération de l’inflation, les chiffres ne constituent pas un frein à une baisse des taux, d’autant que les dernières données sur l’emploi ont révélé une révision à la baisse de 911 000 créations de postes sur l’année écoulée.
    • Les marchés restent confiants : la probabilité d’une baisse de 25 points de base en septembre est largement intégrée, avec 67 % de chances d’un second mouvement en octobre (CME FedWatch).

    Les réactions immédiates ont été mesurées :

    • Le S&P 500 a progressé de 0,2 % en contrats à terme,
    • Le dollar s’est légèrement renforcé,
    • Les rendements à 10 ans sont restés stables autour de 4,04 %.

    Une trajectoire d’inflation encore incertaine

    Si l’inflation globale se maintient dans une zone relativement maîtrisée, l’inflation sous-jacente à 3,1 % reste au-dessus de la cible de la Fed. Plusieurs tendances pourraient cependant limiter les pressions à venir :

    • Le ralentissement progressif des loyers (données Zillow et Fed de Cleveland),
    • La récente modération des prix de l’énergie,
    • Des anticipations d’inflation des ménages stables, évitant un dérapage psychologique.

    Conclusion : une fenêtre pour l’assouplissement

    Le rapport CPI d’août 2025 confirme un environnement de prix légèrement plus tendu, mais sans remettre en cause la trajectoire de la Fed vers une politique monétaire plus accommodante. L’équilibre reste délicat : soutenir un marché du travail en perte de vitesse tout en préservant la stabilité des prix.

    Les prochaines publications, notamment l’indice PCE, indicateur de référence pour la Fed; seront déterminantes pour confirmer la marge de manœuvre dont disposent Jerome Powell et ses collègues dans leur stratégie de normalisation.

    Sources :  

    – Bureau of Labor Statistics, Consumer Price Index, August 2025 
    https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm

    – The New York Times, “U.S. Inflation Report Shows Effects of Trump’s Tariffs” https://www.nytimes.com/live/2025/08/12/business/cpi-inflation-tariffs-fed

    – TD Economics, U.S. Consumer Price Index (July 2025) 
    https://economics.td.com/us-cpi

    – CNBC, US CPI Data LIVE Updates
    https://www.cnbctv18.com/market/us-august-cpi-data-dollar-index-federal-reserve-cut-rate-inflation-ppi-interest-rate-decision-economy-policy-all-eyes-on-us-inflation-numbers-ahead-of-next-weeks-fed-decision-liveblog-19671054.htm