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Riyad met fin au « moment émirati » au Moyen-Orient

En dix ans, les Émirats ont converti finance, logistique et rapidité d’action en une influence régionale disproportionnée.

Abu Dhabi a bâti une architecture d’action : des points d’appui sur les rivages, des alliances avec des forces locales, des capacités d’intermédiation financière, et une diplomatie transactionnelle où l’on stabilise ou l’on fragilise selon l’intérêt du moment. Cette méthode a longtemps été rentable, parce qu’elle répondait à un vide stratégique laissé par la fragmentation des États arabes après 2011.

Ce “moment émirati” est en train de se refermer. Pas parce que les Émirats seraient affaiblis financièrement, ils ne le sont pas, mais parce qu’un acteur plus lourd, l’Arabie saoudite, a décidé que ce modèle n’était plus seulement irritant ou concurrentiel : il est devenu, dans sa lecture, une menace directe. Et c’est là que la séquence devient historique. On passe d’une rivalité de puissance à une logique de neutralisation. Riyad a toléré l’activisme émirati tant qu’il semblait compatible avec un ordre minimal, contenir l’Iran, sécuriser la mer Rouge, gérer le Yémen comme un théâtre de contrôle plutôt que comme un risque existentiel.

Mais ce qui change aujourd’hui, c’est la manière dont les Saoudiens relisent l’ensemble des opérations périphériques autour de la péninsule, au Yémen, au Soudan, dans la Corne de l’Afrique. Il ne s’agit plus, à leurs yeux, d’une politique “déstabilisatrice” au sens classique, désordre opportuniste, coups tactiques, jeux de relais. Il s’agit d’un arc stratégique, et l’élément qui cristallise cette perception est la conjonction d’intérêts émiratis et israéliens dans les mêmes zones. Dans la lecture saoudienne, on n’est plus face à des interventions dispersées : on est face à une mise en place de points d’appui autour de leur sécurité, et donc à une forme d’encerclement potentiel, logistique, politique, informationnel. Quand un État en vient à penser en termes d’encerclement, il ne recherche plus un compromis de concurrence ; il cherche un recul de l’autre.

Le Point de bascule du Yemen

Le premier acte visible de cette requalification s’est joué au Yémen. Les frappes saoudiennes sur Mukalla, explicitement justifiées par la volonté d’interrompre des livraisons d’armes liées aux Émirats à destination de forces séparatistes, ont marqué une rupture nette. Riyad a accepté d’accuser publiquement un partenaire, transformant un différend de coulisses en confrontation ouverte.

La suite a confirmé le changement de rapport de forces. Les Émirats ont annoncé le retrait de leurs forces restantes du théâtre yéménite, signe que le coût politique et sécuritaire d’un maintien devenait trop élevé. L’épisode Zubaidi, les accusations d’exfiltration via la Somalie et l’ouverture d’enquêtes côté somalien ont eu un effet mécanique : internationaliser la querelle et exposer les routes logistiques et aériennes, longtemps atouts majeurs d’Abu Dhabi, comme des vulnérabilités narratives.

C’est à ce moment que les signaux invisibles ont commencé à compter davantage que les communiqués officiels. Dans le Golfe, lorsqu’une rivalité devient structurelle, elle se lit d’abord dans le monde économique. Des consignes de prudence, des recommandations de limitation des déplacements et de réduction de l’exposition circulent dans les réseaux d’affaires, côté saoudien comme côté émirati. Ces signaux n’apparaissent pas lorsqu’une réconciliation rapide est attendue, mais lorsque l’on anticipe un refroidissement durable.

Nouvel ordre régional

La rivalité aurait pu rester bilatérale. Ce qui la rend plus déstabilisante pour Abu Dhabi, c’est qu’elle s’étend et qu’elle fédère. Le Soudan occupe ici une place centrale. Parce qu’il touche à la mer Rouge, au Nil et à l’Égypte, il se situe au cœur d’une équation saoudienne simple : accepter un modèle de fragmentation durable sur cet axe, c’est tolérer une zone grise aux portes de la péninsule.

Dans cette séquence, Riyad commence à apparaître comme le pôle qui cherche à réhabiliter l’État central, tandis qu’Abu Dhabi est perçu, à tort ou à raison, comme ayant entretenu des forces capables de contourner le centre. La question n’est pas morale, mais structurelle : un État soudanais fort stabilise l’axe mer Rouge–Égypte ; un Soudan fragmenté crée des corridors de dépendance et des leviers externalisables.

Cette recomposition affecte également l’Égypte. Longtemps critique en silence, Le Caire était contraint par la crise de devises et par le poids des investissements émiratis. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’intervention saoudienne comme garant implicite, permettant à l’Égypte de durcir sa parole. Il ne s’agit pas d’un réalignement spontané, mais d’une extraction progressive de l’orbite émiratie, rendue possible par la reconstitution d’une coalition financière alternative.

L’épisode du Somaliland a aggravé l’isolement d’Abu Dhabi bien au-delà du Golfe. La reconnaissance israélienne, suivie d’une visite officielle, a déclenché une condamnation large Somalie, Union africaine, Ligue arabe réactivant une sensibilité régionale forte autour de la souveraineté territoriale. Pour Riyad, ce dossier est explosif car il se situe précisément sur l’anneau maritime qui encadre la péninsule, là où se superposent activisme émirati et profondeur israélienne. Dans cette lecture, le Somaliland n’est pas un fait divers africain, mais une pièce d’un arc stratégique allant de la Somalie au Yémen, en passant par la mer Rouge et le Soudan.

Le risque de l’isolement

Le dernier étage de la cascade se joue sur les alliances de sécurité. L’approfondissement du lien saoudo-pakistanais, et l’hypothèse d’un axe élargi incluant la Turquie, introduisent une masse critique contre laquelle l’agilité émiratie a moins de prise. Être isolé face à Riyad est un risque ; se retrouver face à un triptyque Riyad–Ankara–Islamabad en est un autre, d’une tout autre échelle.

Au terme de cette séquence, le constat dépasse l’idée d’un simple « divorce ». Les Émirats se retrouvent en froid avec l’Iran, en confrontation ouverte avec l’Arabie saoudite, en tension stratégique avec la Turquie, et exposés à un durcissement du lien saoudo-pakistanais. Plus grave encore, l’isolement s’étend au Golfe lui-même : le Qatar n’a pas effacé la mémoire du blocus, Oman refuse toute stratégie qui entretient l’instabilité au Yémen, Bahreïn reste structurellement arrimé à Riyad.

Ce qui est en train de s’effondrer n’est pas la richesse émiratie, mais la permissivité régionale qui rendait possible son hyper-activité. L’architecture d’influence construite en dix ans ports, relais, autorités parallèles, couloirs logistiques est progressivement démantelée par un acteur plus lourd, décidé à reprendre la main. Le refus saoudien d’offrir une sortie honorable est, dans le langage du Golfe, un signal clair : il ne s’agit pas de la fin de la crise, mais de l’ouverture d’une nouvelle normalité stratégique, beaucoup plus contraignante pour Abu Dhabi.

Sources :

SWP (German Institute for International and Security Affairs)
The UAE as a Regional Power after 2011

Le Monde
Dans la Corne de l’Afrique, le réveil diplomatique de l’Arabie saoudite

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L’Europe n’est pas la France, et heureusement.

Qu’il est difficile, pour nous Français, d’imaginer que les choses sont nettement en train de s’améliorer en Europe. Alors que nous sommes englués dans nos querelles politiques, la croissance du Vieux continent s’accélère et les perspectives s’éclaircissent. Sur le plan boursier, cette amélioration devrait tirer dans son sillage le segment des petites et moyennes entreprises. 

La France a un incroyable talent

Si nos politiques ont un talent, c’est bien celui de rendre le futur complètement illisible. Bien malin qui peut savoir où toutes ces manœuvres, ces tentatives de tirer la couverture à soi, ces propositions de mesures aussi « inventives » que farfelues vont nous mener.

La seule certitude c’est que ce manque de visibilité impacte l’économie dès aujourd’hui. Les décisions d’investissement sont, très logiquement, repoussées dans l’attente d’y voir plus clair. Cela se traduit dans les chiffres : l’activité manufacturière française reste en contraction au mois d’octobre, les commandes et la production reculent de nouveau. Les indicateurs PMI de la semaine dernière en font la démonstration.

Le PMI est un excellent indicateur de la santé économique : au-dessus de 50 il indique une expansion de l’activité dans les six prochains mois, en-dessous, une contraction.

Le PMI composite français est passé de 48,1 en septembre à 46,8 en octobre, bien en-dessous des attentes.

La croissance reflète logiquement ce marasme. Si le troisième trimestre a agréablement surpris (+0,5 %), elle s’explique principalement par un effet d’aubaine sur les exportations (aéronautique et défense). La consommation des ménages est en berne et l’épargne est au plus haut. Les économistes les plus optimistes attendent désormais une croissance de 0,7 % en France en 2025, soit un net ralentissement par rapport à 2024 (+1,2 %). Le tout avec une Banque Centrale accommodante et un déficit toujours largement supérieur à 5 %.

La locomotive allemande redémarre

Heureusement l’herbe est plus verte de l’autre côté du Rhin. C’est l’excellente nouvelle de ces derniers trimestres : l’Allemagne a décidé d’activer l’arme budgétaire et a annoncé un ambitieux plan de relance de plus de 1 000 milliards d’euros, destiné à renforcer ses infrastructures et ses capacités de défense.

Si les impacts principaux devraient se faire ressentir en Allemagne (et pour le reste de l’Europe) à partir de 2026, la croissance repart, notamment grâce aux prises de nouvelles commandes qui accélèrent.

L’indice PMI composite est de 53,8 et retrouve ses niveaux de mai 2023. Surtout, les données indiquent une accélération de la croissance du PIB : passant d’une décroissance au deuxième trimestre de 0,2 %, à une croissance de 0,5 % au troisième trimestre et l’anticipation d’une croissance de 1,2 % au quatrième trimestre.

Ce rebond de la première puissance économique de l’Europe devrait entraîner tout le continent.

Les Cochons contre-attaquent

Souvenez-vous de l’acronyme PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), volontairement méprisant, qui avait été utilisé pour regrouper les mauvaises élèves de la fin des années 2000.

Ces pays étaient enfoncés dans une crise profonde, avec des déficits records et une croissance en berne. Ils étaient regardés de haut par les locomotives françaises et allemandes de l’époque, leurs travailleurs étaient jugés « paresseux et corruptibles ».

Quinze ans plus tard, la situation est tout autre. Leur revanche est éclatante. La croissance annualisée entre 2018 et 2024 des PIGS a été en moyenne de 1,7 %, contre 1,1 % pour la France et 0,3 % pour l’Allemagne. Ce sont ces pays qui ont tiré la croissance de la zone euro ces dernières années et cela devrait de nouveau être le cas en 2025 et 2026.

Comment jouer le redémarrage de l’Europe en Bourse ?

Le redressement attendu de l’Allemagne, combiné au dynamisme des pays d’Europe du Sud, met fin à la plus longue phase de contraction du PMI manufacturier depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’indicateur a passé plus de 3 ans (depuis juillet 2022) en-dessous de 50, donc en phase de contraction. Du jamais vu. Il est revenu à 50 au mois de septembre dernier.

Mais pourquoi est-ce important ?

Le PMI manufacturier européen est un excellent prédicteur de la performance relative des Small Caps par rapport aux Large Caps en Europe. Ces petites valeurs sont à la fois plus industrielles et davantage exposées à leur économie régionale que leurs grandes sœurs, beaucoup plus internationales.

La contre-performance des Small Caps ces dernières années s’explique donc très bien grâce à cet indicateur.

Investir dans les Small Caps européennes aujourd’hui, c’est donc investir dans une classe d’actifs qui :

  • A connu une surperformance historique par rapport aux autres classes d’actifs
  • A sous-performé ces trois dernières années en raison du ralentissement économique européen
  • Est pleinement exposée au rebond d’activité à venir
  • Offre une valorisation nettement inférieure à sa moyenne historique

Dans ce contexte, Erasmus AM, spécialiste des Small & Mid Caps européennes, lance Erasmus Dynamic Leaders 2030, un fonds fermé sur 5 ans, agréé ELTIF par l’AMF qui a pour vocation d’investir et d’accompagner les Small & Micro caps les plus prometteuses en Europe afin de permettre à ses clients de s’exposer, dès 20 000 euros, à la fois au rebond de la croissance européenne et à la revalorisation de cette classe d’actifs.

Un Webinaire de présentation destiné à tous sera animé par l’équipe de gestion le 17 Novembre prochain à midi : inscription sur ce lien.

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Qatar : un nouveau hub mondial de l’innovation

Au cœur du golfe, le Qatar se réinvente. Loin de se contenter de son statut de puissance énergétique, le petit État ambitionne de devenir un carrefour technologique entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Une métamorphose pensée pour asseoir son influence au-delà de ses frontières.

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Dans les coulisses d’une métamorphose

En quelques décennies, le Qatar a accompli une ascension fulgurante. Ce minuscule territoire du golfe persique, coincé entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, est passé d’un désert marginalisé à une puissance financière d’envergure mondiale.

Son fonds souverain, la Qatar Investment Authority (QIA), gère près de 520 milliards de dollars d’actifs, investis aussi bien dans l’immobilier de luxe que dans des groupes stratégiques comme Volkswagen, Barclays ou TotalEnergies.

Mais Doha veut aller au-delà de l’investissement patrimonial : le nouvel objectif est de convertir la richesse financière en puissance technologique. Cette stratégie s’appuie sur plusieurs leviers notamment les infrastructures numériques, l’éducation, l’innovation et la diplomatie économique pour faire du Qatar un acteur central de la “nouvelle route des données” entre les continents.

La position géographique du pays constitue un atout majeur. Membre de l’International Air Services Transit Agreement, il dispose d’un espace aérien stratégique, traversé par les principales lignes commerciales reliant l’Est et l’Ouest.

Depuis la levée du blocus de 2017, Doha a su transformer cette contrainte en opportunité : ouverture économique, développement du transport aérien via Qatar Airways, et construction d’un écosystème logistique et numérique intégré. Le Qatar se rêve désormais en plaque tournante du commerce, du transit et de la connectivité dans le golfe.

Des milliards pour réinventer le désert

Le numérique est la nouvelle arme du Qatar. L’émirat investit massivement pour transformer un environnement aride en terrain fertile pour l’innovation.

Le partenariat stratégique de 1,6 milliard de dollars avec Huawei illustre cette volonté : il couvre la 5G, la santé connectée, la cybersécurité et l’agriculture intelligente, autant de domaines qui visent à améliorer la qualité de vie tout en diversifiant l’économie.

Cette vision se traduit par des projets concrets : la création d’un centre FinTech national pour moderniser la finance islamique, la numérisation du système de santé afin d’optimiser les soins, et le développement d’Agrico, première licorne agricole du pays, qui utilise des technologies de culture hors-sol et de gestion hydrique adaptées au climat désertique.

Parallèlement, le projet “Fibre in the Gulf”, un câble sous-marin de 2 000 km réalisé avec Alcatel Submarine Networks, connectera sept pays de la région d’ici 2027. Enfoui à plus d’un mètre et demi sous le fond marin, il garantira une sécurité numérique accrue et renforcera la souveraineté digitale du golfe. Ce projet positionne le Qatar comme pivot de la connectivité régionale un enjeu stratégique dans un monde où la donnée est devenue la principale ressource.

Le fonds souverain à la manœuvre

Au cœur de cette dynamique, le Qatar Investment Authority (QIA) occupe une place centrale. Créé en 2005, ce fonds souverain gère les excédents financiers issus principalement des revenus du gaz et du pétrole, avec pour mission de préserver et de faire fructifier la richesse nationale sur le long terme.

Il incarne la volonté du Qatar de transformer ses ressources naturelles en actifs durables, capables d’assurer la stabilité économique des générations futures. Longtemps concentré sur les placements traditionnels immobilier, actions internationales, grands groupes industriels le QIA a engagé un virage stratégique vers la diversification et l’innovation.

En 2025, il a lancé huit sociétés de capital-risque et injecté 500 millions de dollars dans un programme “fonds de fonds” destiné à soutenir les jeunes pousses régionales, tout en mobilisant un milliard de dollars supplémentaires pour dynamiser l’écosystème des start-up au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

À l’international, le QIA poursuit une stratégie d’investissement ambitieuse : il prévoit 10 milliards d’euros d’investissements en France d’ici 2030, ciblant des secteurs à fort potentiel comme l’intelligence artificielle, la santé, l’aérospatial et la transition énergétique.

Déjà actionnaire de groupes majeurs tels que LVMH, TotalEnergies, Lagardère ou Vivendi, le fonds élargit désormais son portefeuille vers les technologies émergentes et les entreprises innovantes, confirmant sa position d’acteur global de la transformation économique.

L’intelligence artificielle comme boussole

Au cœur de cette stratégie, une priorité : l’intelligence artificielle. Le Qatar veut devenir le leader de l’IA arabophone grâce à l’Arabic AI Initiative, un programme de recherche et de développement visant à créer des modèles linguistiques et culturels adaptés au monde arabe.

Cette initiative ne vise pas seulement à combler un vide technologique : elle participe à la souveraineté numérique du pays, en réduisant la dépendance vis-à-vis des modèles occidentaux.

L’IA s’intègre déjà dans plusieurs secteurs clés : la santé, avec la détection précoce des maladies chroniques ; l’énergie, avec la gestion intelligente des réseaux ; ou encore la cybersécurité, devenue une priorité nationale.

L’objectif affiché est ambitieux : faire de l’IA un moteur d’innovation éthique, responsable et aligné sur les valeurs culturelles locales.

Les paris sectoriels du futur

De l’hydrogène vert à la finance islamique numérique, le Qatar veut se positionner sur des segments où innovation et identité se rejoignent. Le pays mise sur :

  • la capture du carbone et les réseaux énergétiques intelligents,
  • les biotechnologies agricoles adaptées au climat désertique,
  • la télémédecine, la santé connectée et le sport tech,
  • la cybersécurité et l’IA souveraine,
  • et des villes intelligentes pensées pour le bien-être et la durabilité.

Les défis d’un géant en construction

Cette métamorphose, ambitieuse et méthodique, illustre la volonté du Qatar d’allier richesse, savoir et éthique. En plaçant la finance islamique, l’innovation et l’éducation au cœur de son développement, l’émirat façonne un modèle où la prospérité s’appuie autant sur la connaissance que sur le capital. Si ce pari réussit, Doha pourrait bien devenir la référence d’une nouvelle modernité arabe, fondée sur la responsabilité, la foi et l’intelligence économique.

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Rapport Hebdomadaire- Semaine du 06 au 10 octobre 2025

Introduction

La dynamique hebdomadaire a été dictée par trois chocs successifs qui ont réellement déplacé les prix. D’abord la décision de la Banque de Nouvelle-Zélande de réduire son taux directeur de cinquante points de base à 2,50 %, signal fort d’un cycle d’assouplissement plus agressif alors que l’économie locale ralentit et que l’inflation revient vers la cible. Ensuite la publication des Minutes du FOMC du 16–17 septembre, qui ont validé un biais plus accommodant tout en reconnaissant un affaiblissement progressif du marché du travail, ce qui a redonné la main au front de courbe américain. Enfin la séance de vendredi 10 octobre a provoqué une cassure de régime, avec une accélération de l’aversion au risque après l’annonce de nouveaux relèvements tarifaires envisagés par Washington vis-à-vis de Pékin, catalysant un sell-off du pétrole à un plus bas de cinq mois et une poussée de l’or vers de nouveaux sommets, tandis que les actions mondiales ont effacé une partie de leurs gains en clôture hebdomadaire. Ces trois impulsions, additionnées à l’amputation statistique liée au shutdown fédéral américain, ont façonné une semaine typique de transition de cycle où les devises réagissent d’abord aux banques centrales, puis aux chocs de flux et de risque. 

Marchés des devises (FX)

USD: Le dollar a d’abord tenu sur le portage réel, avant de refluer en fin de semaine lorsque la combinaison Minutes plus accommodantes, baisse des rendements longs et choc pétrole-commerce a favorisé une demande de duration et d’or au détriment du billet vert, avec un marché qui re-pricait davantage de baisses de la Fed pour la fin d’année. 

EUR: L’euro a surtout suivi les spreads des emprunts d’État de la zone et la détente du dollar, profitant par épisodes d’un resserrement Bund versus UST au milieu de semaine, mais restant bridé par un ton de croissance atone en Europe et par des épisodes de nervosité politique intra-UE. 

JPY: Le yen est resté arrimé aux différentiels de taux longs et s’est raffermi sur la jambe risk-off de vendredi, alors que le rendement du JGB dix ans est demeuré voisin de 1,69 pour cent, reflet d’un Japon en phase de normalisation graduelle et d’un policy-mix orienté vers davantage de soutien budgétaire. 

GBP: La livre a bénéficié d’un carry encore élevé via les Gilts tout en cédant du terrain quand la baisse du pétrole et la glissade des actions ont ravivé l’aversion au risque, avec une sensibilité marquée aux attentes de salaires et d’activité programmées la semaine suivante. 

AUD: Le dollar australien a joué le bêta du risque mondial, soutenu en milieu de semaine par le rebond technologique américain puis pénalisé en fin de semaine par le décrochage du baril, tandis que la courbe ACGB est restée haute mais sans emballement, la RBA laissant le volant aux données. 

NZD: Le dollar néo-zélandais a été la devise la plus directionnelle de la semaine, décrochant après la réduction de cinquante points de base de l’OCR à 2,50 pour cent, qui a déclenché un bull-steepening de la courbe et un re-pricing d’un cycle d’assouplissement plus ample sur l’horizon six à douze mois. 

CAD: Le dollar canadien a été tiraillé entre un rapport sur l’emploi robuste en septembre et l’effondrement du pétrole vendredi, de sorte que la devise finit neutre à légèrement négative contre les pairs portés par l’or et la duration, alors que le dix ans Canada s’est maintenu dans une zone proche de 3,2 pour cent. 

CHF: Le franc est resté en range à faible bêta, s’appréciant modérément sur le repli du risque en fin de semaine alors que la stabilité des taux helvétiques et la prudence des investisseurs européens ont restauré son rôle de valeur refuge.

Equities

S&P500: L’indice américain a d’abord inscrit des plus hauts en début de semaine sur la thématique intelligence artificielle et la perspective d’une Fed plus conciliante, avant de rendre ces gains et d’afficher sa plus forte baisse hebdomadaire depuis mai après l’annonce tarifaire de vendredi qui a frappé la techno, relevé la volatilité et fait baisser les rendements. 

Nasdaq: Le Nasdaq a surperformé mercredi avec un flux acheteur sur les mégacaps technologiques, puis a nettement sous-performé vendredi sur l’intensification du choc commercial, la chute des semi-conducteurs et la remontée de l’aversion au risque, ce qui lui vaut une clôture hebdomadaire en fort repli. 

Dow Jones: Le Dow a suivi la trajectoire globale avec une sensibilité accrue des valeurs industrielles et exportatrices au durcissement du discours commercial, terminant la semaine en baisse marquée sur un recul de la visibilité mondiale. 

Euro Stoxx 50: L’Euro Stoxx 50 a évolué en dents de scie, porté en milieu de semaine par la détente du dollar et la résistance des valeurs de qualité, puis entraîné à la baisse en fin de semaine par le choc pétrole et la faiblesse de Wall Street, avec un biais défensif accru dans les flux. 

FTSE 100: Le FTSE a mieux résisté que les indices continentaux grâce à son exposition défensive et à la baisse du sterling intra-semaine, mais a tout de même cédé du terrain vendredi avec la capitulation des valeurs énergie et matières premières. 

Nikkei 225: Le Nikkei est resté soutenu par les attentes de soutien budgétaire domestique mais a été freiné par un yen un peu plus ferme en fin de semaine et par la dégradation du ton mondial, ce qui a rogné la performance initialement positive. 

Commodities:

Brent: Le Brent a décroché jusqu’à environ 62 à 63 dollars vendredi, un plus bas de cinq mois, la dissipation de la prime géopolitique après les avancées au Proche-Orient se combinant au choc commercial États-Unis Chine et aux inquiétudes d’offre excédentaire. 

WTI: Le WTI a suivi la même trajectoire en passant sous 59 dollars, confirmant un changement de régime de court terme où les opérateurs coupent les positions longues et réévaluent la demande mondiale dans un contexte de tension commerciale. 

Or: L’or a profité tout au long de la semaine d’une demande de couverture et a testé la barre des 4 000 dollars l’once mardi, avant d’être de nouveau recherché vendredi sur le choc risk-off et la baisse des rendements, validant un régime de prix historiquement élevé. 

Cuivre: Le cuivre est resté hésitant, sensible au mix chinois fait de données industrielles mixtes et de durcissement géopolitique, avec un positionnement prudent des traders en amont des publications macro de la semaine suivante.

Obligations d’État

États Unis: Le dix ans américain a reculé vers la zone autour de 4,04 pour cent en fin de semaine, porté par la lecture accommodante des Minutes et par le flight to quality lié à l’escalade commerciale, alors que le shutdown empêche la publication de plusieurs statistiques de référence. 

Allemagne: Le Bund dix ans est resté proche de 2,7 pour cent en moyenne hebdomadaire, balise de référence pour les spreads intra-zone dans un environnement où l’appétit pour le risque s’est détérioré en fin de semaine. 

Royaume Uni: Le Gilt dix ans est demeuré élevé et volatil, reflet d’un portage encore conséquent et d’une attente focalisée sur les salaires et le PIB à venir, avec un biais d’aplatissement sur stress de risque. 

Japon: Le JGB dix ans a clôturé autour de 1,69 pour cent vendredi, illustrant une normalisation maîtrisée et la sensibilité du marché au futur calibrage du mix budgétaire et monétaire. 

Australie: Le dix ans australien a évolué dans une fourchette élevée mais stable, l’AUD jouant le bêta mondial et la RBA restant data-dependent dans un contexte de confiance des ménages fragile. 

Canada: Le dix ans Canada a tenu près de 3,17 pour cent malgré un rapport sur l’emploi solide, la chute du pétrole et le risk-off de vendredi tempérant l’impact haussier sur les taux. 

Suisse: La courbe helvétique est restée peu volatile, validant le rôle du franc et des emprunts suisses comme couverture lors des épisodes de stress en fin de semaine.

Nouvelle Zélande: La courbe NZGB s’est bull-steepen après la réduction de l’OCR à 2,50 pour cent, le marché intégrant un sentier d’assouplissement plus prononcé et un soutien plus fort à l’activité domestique. 

Banques centrales et politique monétaire

Réserve fédérale: Les Minutes du FOMC du 16–17 septembre publiées mercredi ont confirmé une majorité inclinant vers davantage d’assouplissement, ce que le marché a immédiatement traduit par une baisse des rendements et une moindre prime de risque sur le dollar, tandis que l’absence de publications officielles liée au shutdown a accru la dépendance aux signaux de la Fed. 

RBNZ: La Banque de Nouvelle Zélande: a livré le signal clef de la semaine en réduisant l’OCR de cinquante points de base à 2,50 pour cent et en se disant prête à en faire davantage si nécessaire pour ancrer l’inflation à moyen terme, ce qui a pesé durablement sur le NZD et détendu la courbe. 

BCE, BoE, BoJ, RBA, BoC, BNS: Les autres grandes banques centrales n’ont pas modifié leur politique cette semaine mais leurs anticipations ont été re-séquencées par l’effet combiné Fed plus conciliante, choc pétrole-commerce et flux risk-off, avec des marchés de taux qui privilégient désormais des trajectoires d’assouplissement plus proches et un rythme prudent. 

Données à venir

Mardi 14 octobre: Australie  Publication des Minutes de la RBA
Le marché observera attentivement le ton du compte rendu après plusieurs réunions prudentes. Un message légèrement plus ferme soutiendrait le dollar australien à court terme, alors qu’un ton attentiste confirmerait un statu quo prolongé et maintiendrait la pression sur la devise.

Mardi 14 octobre:  Royaume Uni  Salaires moyens sur trois mois et variation du nombre de demandeurs d’emploi
Des salaires plus dynamiques ou une stabilité du marché du travail soutiendraient la livre sterling via le front de courbe. À l’inverse, un ralentissement de la progression salariale ou une hausse des inscriptions au chômage renforceraient les anticipations d’assouplissement de la Banque d’Angleterre.

Mardi 14 octobre:  Allemagne  Indice ZEW de confiance économique
Une amélioration notable de la composante attentes indiquerait un regain d’optimisme sur le cycle industriel européen et offrirait un appui technique à l’euro. Une dégradation prolongerait la faiblesse du sentiment sur la zone euro et pèserait sur la monnaie unique.

Mardi 14 octobre:  États-Unis  Allocution de Jerome Powell
L’intervention du président de la Fed sera scrutée comme un test de crédibilité post publication des Minutes. Un ton clairement orienté vers davantage de soutien monétaire accélérerait la détente des rendements et affaiblirait le dollar, tandis qu’un message plus équilibré pourrait stabiliser les anticipations à court terme.

Mardi 14 octobre:  Royaume-Uni  Allocution d’Andrew Bailey
Le gouverneur pourrait préciser la lecture de la Banque d’Angleterre face à la dynamique salariale. Un discours prudent renforcerait la détente des Gilts, un message plus ferme soutiendrait la livre.

Mercredi 15 octobre:  Chine  Publication du CPI et du PPI
Une inflation des prix à la consommation faible confirmerait la lente reprise de la demande intérieure et pèserait sur les devises liées au commerce mondial. Une amélioration du PPI serait perçue comme un signe d’amorce de redressement industriel et soutiendrait le cuivre et les devises asiatiques.

Mercredi 15 octobre:  États-Unis  Empire State Manufacturing
Un nouvel affaiblissement du climat manufacturier accentuerait les anticipations de baisse de taux et soutiendrait la duration américaine. Une surprise haussière redonnerait de la vigueur au dollar et limiterait le repli des rendements.

Mercredi 15 octobre:  Australie  Discours de Michele Bullock
La gouverneure de la RBA pourrait orienter les anticipations de taux à moyen terme. Un ton confiant soutiendrait l’AUD, un message plus prudent favoriserait la stabilisation de la courbe.

Jeudi 16 octobre:  Australie  Données d’emploi et taux de chômage
Un marché du travail robuste renforcerait l’idée d’une économie résiliente et soutiendrait l’AUD. Une détérioration de l’emploi pèserait sur la devise et détendrait la courbe obligataire.

Jeudi 16 octobre:  Royaume-Uni  Produit intérieur brut mensuel
Un PIB en hausse offrirait un appui à la livre et tendrait les rendements. Une contraction renforcerait les anticipations de ralentissement et pèserait sur la devise.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Philly Fed Manufacturing
Un recul de l’indice amplifierait le sentiment de modération de l’activité et soutiendrait les anticipations d’assouplissement de la Fed. Une amélioration relancerait temporairement le dollar et les rendements à moyen terme.

Jeudi 16 octobre: États-Unis  Indice PPI global et PPI de base mensuel
Des chiffres supérieurs aux attentes raviveraient les craintes d’inflation persistante et soutiendraient le dollar. Des chiffres plus faibles détendraient la courbe et profiteraient à l’or.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Ventes au détail globales et ventes au détail de base
Une consommation robuste confirmerait la résilience de la demande américaine et pèserait sur la duration. Une faiblesse inattendue accentuerait la baisse du dollar et le rebond des valeurs refuges.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Nouvelles inscriptions au chômage
Une remontée des demandes traduirait un début d’essoufflement du marché du travail et pèserait sur le dollar, alors qu’un chiffre plus bas que prévu prolongerait la résistance économique.

Jeudi 16 octobre:  États-Unis  Allocution de Christopher Waller
Les marchés attendent un message précisant la tolérance de la Fed face à l’inflation. Un discours ferme soutiendrait le dollar, une tonalité plus conciliante renforcerait la détente obligataire.

Jeudi 16 octobre:  Zone euro  Allocution de Christine Lagarde
La présidente de la BCE pourrait évoquer la trajectoire d’inflation de fin d’année. Un discours confiant soutiendrait l’euro, un ton plus modéré entretiendrait la prudence.

Samedi 18 octobre:  Zone euro et Royaume-Uni  Nouvelles allocutions de Christine Lagarde et d’Andrew Bailey
Les propos de fin de semaine pourraient donner le ton pour la réouverture de lundi, avec un impact potentiel sur les écarts de taux courts et les devises européennes.

Conclusion

La semaine du 6 au 10 octobre a marqué un tournant clair dans la trajectoire des marchés mondiaux. La décision inattendue de la Banque de Nouvelle-Zélande d’abaisser son taux directeur de cinquante points de base à 2,50 % a donné le signal d’un cycle global d’assouplissement plus prononcé. Cette initiative a entraîné un net repli du NZD et une détente de la courbe océanienne. En parallèle, la publication des Minutes du FOMC a confirmé qu’une majorité de membres de la Réserve fédérale s’inquiète désormais du ralentissement de l’emploi américain et de la fragilité de la demande, ouvrant la voie à un possible abaissement des taux dès la fin du trimestre.

Sur les marchés, la progression des actions en début de semaine a été brutalement interrompue par la dégradation du climat commercial entre les États-Unis et la Chine. La chute du pétrole, tombé sous 63 dollars le baril, a ravivé la crainte d’un ralentissement mondial. L’or, lui, a retrouvé ses sommets, preuve que la recherche de valeur refuge domine à nouveau les flux. Le dollar américain s’est replié en fin de semaine, tandis que le yen, le franc suisse et les obligations d’État à long terme ont servi d’ancrage défensif aux investisseurs.

Pour la semaine à venir, l’attention se portera sur la confirmation de ce changement de régime. Les Minutes de la RBA et les données d’emploi australiennes permettront de juger si la dynamique de détente monétaire s’étend réellement au Pacifique. En Europe, le ZEW et le PIB britannique donneront un aperçu du momentum économique avant les réunions de novembre. Aux États-Unis, la batterie de statistiques sur les ventes, la production et le marché du travail sera déterminante pour valider ou non la trajectoire d’assouplissement déjà anticipée par le marché obligataire. L’ensemble de ces données composera un test clé pour la stabilité des devises et pour la capacité des marchés à absorber un environnement de taux durablement plus bas.

Sources

https://www.rbnz.govt.nz/hub/news/2025/10/ocr-reduced-to-2-5-percent

https://www.reuters.com/business/energy/oil-little-changed-amid-fading-risk-premium-after-gaza-deal-2025-10-10

https://www.reuters.com/world/china/global-markets-wrapup-1-2025-10-10

https://www.marketwatch.com/story/bond-market-flashes-signs-of-worry-over-shutdown-induced-economic-damage-2b17760e

https://www.ft.com/content/markets/economy-global-weekly-summary

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Rapport hebdomadaire – Semaine du 22 au 26 septembre 2025

Introduction

La semaine du 22 au 26 septembre 2025 s’est inscrite dans une atmosphère de rééquilibrage prudent : après un début de mois marqué par les anticipations de coupes de taux « agressives », les investisseurs ont dû composer avec des données macro favorables aux États-Unis (révision à la hausse du PIB T2, consommation robuste, PCE conforme aux attentes) qui ont actualisé les attentes de la Fed vers un profil plus modéré et conditionnel. Sur les marchés financiers, cette semaine a créé des vagues les devises majeures ont affiché des divergences notables, les courbes de taux ont réagi à la fois aux tensions budgétaires (notamment au Royaume-Uni) et à la lecture des anticipations inflationnistes, et les actions ont oscillé entre prises de bénéfice et rebonds en fin de semaine. Le tout dans un cadre géopolitique morcelé (tarifs US, tensions russes / ukrainiennes, incertitudes budgétaires européennes) qui a servi de fil conducteur aux flux de capitaux.

Devises — Analyse détaillée des huit principales monnaies

USD (Dollar américain)

Le dollar a confirmé sa position de force dominante cette semaine, clôturant sur une deuxième semaine consécutive de gains face à la majorité de ses pairs. Plusieurs éléments ont alimenté sa trajectoire :

  • La révision à la hausse du PIB américain pour le deuxième trimestre (à +3,8 % annualisé) a surpris favorablement le marché, renforçant l’idée que l’économie demeure résiliente. 
  • Le rapport PCE d’août, qui constitue la mesure favorite de la Fed pour juger de l’inflation, est ressorti en ligne avec les attentes, ce qui a freiné le repli anticipé des taux. 
  • Face à des données macro soutenues, les marchés ont ajusté leur pricing de coupes de taux, désormais plus conditionnelles ; le dollar en a bénéficié par arbitrage de portefeuilles.
  • Sur la semaine, l’indice dollar (DXY) est remonté vers des niveaux d’environ +0,6 à 0,7 % selon les paires — par exemple, le dollar a atteint un plus haut sur deux semaines face à l’euro. 
  • Toutefois, en début de semaine, le dollar avait montré une faiblesse ponctuelle face à l’euro et au franc suisse, dans l’attente des commentaires de la Fed et des indicateurs à venir. 

Cette dynamique renforce le narratif selon lequel la devise américaine reste le baromètre central du cycle monétaire mondial dans ce contexte d’ajustements graduels.

EUR (Euro)

L’euro a souffert d’un double handicap : un dollar robuste et des signes de croissance intérieure encore fragile. Sur cette semaine :

  • Les PMI flash de la zone euro ont donné un élan modéré ; le composite atteignant en rythme annualisé un plus haut de 16 mois (≈ 51,2), mais le manufacturier repassant en zone contraction (≈ 49,5). La France, notamment, a fortement déçu avec un PMI autour de 48,4.
  • L’écart de momentum entre l’économie américaine et l’Europe s’est accentué, renforçant les flows vers le dollar.
  • Par ailleurs, la BCE a confirmé qu’elle reste dans une posture de politique monétaire inchangée, à l’écoute des données, ce qui ne plaide pas pour un soutien agressif de l’euro. 
  • À l’échelle technique, l’euro a reculé vers des paliers de support autour de 1,1650 USD, flirtant avec des zones de vulnérabilité si le dollar continue d’étendre son biais haussier. 

Au total, l’euro a été l’un des paires les plus impactées cette semaine par le différentiel de dynamique macro entre les États-Unis et la zone euro.

JPY (Yen japonais)

Le yen est resté sous pression tout du long :

  • Le rebond du dollar a été particulièrement accusé face au yen : USD/JPY a grimpé vers ~149,7 lors de pics, soit un niveau élevé pour la paire. 
  • Aucun catalyseur interne significatif au Japon n’a soutenu le JPY, et la perspective d’un resserrement monétaire japonais demeure lointaine.
  • Dans ce contexte, la paire a accentué sa volatilité, notamment autour des annonces macro US.

GBP (Livre sterling)

La livre a été en proie à des mouvements plus marqués à la baisse :

  • Le marché a réagi négativement aux craintes budgétaires britanniques : lors d’une adjudication de gilts, le ratio offre-couverture a été faible, traduisant une demande limitée pour les obligations souveraines. Cela a fragilisé la confiance sur le financement public. 
  • Le discours politique demeure ambigu, et certains membres de la BoE, comme Dhingra, ont appelé à des baisses de taux plus rapides que ce que le marché imaginait. 
  • La livre s’est maintenue stable à certains moments (par exemple $1,34495) mais inquiète les investisseurs du fait des tensions structurelles sur les taux et le budget. 

CHF (Franc suisse)

La Suisse a opté pour la stabilité relative :

  • La BNS a maintenu son taux directeur à 0 % (pas de relèvement ni de baisse), justifiant cette pause par les risques externes ; notamment les incertitudes liées aux nouveaux tarifs américains.
  • Le franc a subi des fluctuations modérées, sans dynamique claire, retenu par le dollar plus fort et l’absence d’élément de différenciation positif.
  • L’anticipation d’interventions éventuelles sur le marché des changes reste un élément de discipline pour le franc.

AUD (Dollar australien)

L’AUD a suivi le mouvement général de reflux des devises « à risque » :

  • L’appétit pour le dollar US, combiné à l’absence de catalyseur pro-australien cette semaine, a pénalisé l’AUD.
  • Le marché scrute déjà la prochaine réunion RBA du 30 septembre, où un statu quo est attendu, ce qui limite le potentiel haussier immédiat.
  • La résilience relative de l’économie australienne (domestique) n’a pas suffi à contrer la force du dollar.

NZD (Dollar néo-zélandais)

La trajectoire du NZD s’est alignée avec celle de l’AUD, mais avec une plus grande faiblesse :

  • Le NZD/USD a reculé vers ~0,58, sous la pression combinée de flows vers les États-Unis et d’un contexte macro international moins favorable.
  • Comme pour l’AUD, l’absence de données nationales suffisamment solides pour contrebalancer le dollar a rendu la paire vulnérable.

CAD (Dollar canadien)

Le dollar canadien est la devise la plus affaiblie du lot :

  • Le CAD a subi une forte baisse hebdomadaire (~ –1,1 %), amplifiée par le différentiel de taux face aux États-Unis. 
  • Bien que le PIB canadien pour juillet ait montré une légère surperformance, cela n’a pas suffi à résister à la rotation de capitaux vers les actifs américains.
  • Le CAD a aussi rivalisé avec les devises « matières premières » : l’absence de catalyseur spécifique (prix du pétrole, etc.) a accentué sa vulnérabilité.

Géopolitique et événements de marché

La semaine a été ponctuée de facteurs géopolitiques et macro-réglementaires structurants :

  • Les nouveaux tarifs imposés par les États-Unis sur certains biens de consommation et industriels restent une source d’incertitude importante pour les échanges globaux, suscitant des réactions dans divers secteurs (automobile, technologie).
  • Les tensions militaires Russie-Ukraine, avec des frappes ciblées sur des infrastructures stratégiques, ont alimenté l’aversion au risque et soutenu les prix du pétrole.
  • Au Royaume-Uni, la fragilité de la demande sur les adjudications de la dette et l’appréhension autour du budget à venir ont exacerbé les risques souverains.
  • Enfin, le risque institutionnel d’un shutdown américain en fin septembre demeure dans les esprits et pourrait impacter les publications de données (notamment le rapport emploi).

Actions (Equities)

  • États-Unis : après trois séances consécutives de records, les indices ont fléchi en milieu de semaine mais ont rebondi vendredi, soutenus par des chiffres PCE en ligne. Le S&P 500 et le Nasdaq restent proches de leurs sommets, mais l’inversion interne du marché indique une prudence latente. 
  • Europe : la Bourse européenne a traversé une semaine incertaine, marquée par des variations sectorielles fortes. Le STOXX 600 affiche une performance neutre à légèrement négative sur la semaine. Le secteur financier a bénéficié d’un regain de taux, tandis que les secteurs exposés au commerce international ont pâti des incertitudes tarifaires.
  • Les prises de bénéfices dans les valeurs de croissance ont été contrebalancées par des rotations vers des valeurs à plus forte bêta.

Matières premières (Commodities)

  • Pétrole : les cours ont progressé sur la semaine, portés par les tensions géopolitiques et des draws de stocks américains surprenants. Le Brent s’est stabilisé au-delà de 69 $ le baril à la clôture hebdomadaire.
  • Or / Métaux précieux : l’or a gagné du terrain (~+1,5 à +1,8 %) en tant que valeur refuge face aux incertitudes globales. L’argent a également bénéficié de ce mouvement.
  • Cuivre : le cuivre a été soutenu par les anticipations d’un resserrement des perspectives d’offre (notamment des perturbations minières), ce qui atténue les attentes d’un excès d’offre pour fin 2025.

Taux d’intérêt & Obligations

États-Unis

  • Les Treasuries ont connu des mouvements contrastés : face à des données fortes, les rendements longs ont été vendus, tandis que les maturités plus courtes (2 ans) ont dans certains moments rebondi, commençant à refléter les primes de path dépendant.
  • Le 10 ans américain s’est ancré autour de 4,20 %, avec des pics intrajournaliers au-delà.
  • Le Fed, dans ses commentaires, est resté prudent et dépendant des données, ce qui tempère la volatilité extrême sur les taux moyens.

Zone euro

  • Les rendements souverains européens ont légèrement baissé, notamment sur le Bund 10 ans, dans un contexte d’apaisement du rythme de hausse anticipé de taux européens.
  • L’€STR reste respecté comme référence, et la BCE continue de privilégier une approche « meeting‐by‐meeting ». 

Royaume-Uni

  • Les gilts ont été très volatils, en lien direct avec les tensions budgétaires : les coûts de financement se sont tendus, augmentant la prime de risque et accentuant la pression sur la livre.
  • Le marché s’interroge sur la capacité de la BoE à soutenir le marché obligataire tout en gérant la trajectoire des taux.

Suisse

  • Les taux suisses ont eu une dynamique davantage neutre, avec peu de mouvement malgré la politique monétaire inchangée et une légère compression de la liquidité.

Conclusion

La semaine du 22 au 26 septembre 2025 a confirmé que le dollar reste au cœur du jeu monétaire mondial : dans un contexte de données macro favorables aux États-Unis, il bénéficie du flux de capitaux et de l’arbitrage des taux. Les grandes devises ont affiché des trajectoires divergentes, reflétant les différences de fondamentaux et de politique monétaire. Le marché obligataire a montré sa sensibilité aux signaux inflationnistes et aux tensions souveraines, notamment au Royaume-Uni. Enfin, les matières premières et le compartiment actions ont navigué entre nervosité et rebonds opportunistes.

Dans les jours à venir, le point focal sera le rapport emploi américain (NFP) et les discours de la Fed, lesquels pourront redéfinir les subtilités d’un cycle monétaire jugé désormais plus “data-dependent” que jamais.

Sources

https://www.reuters.com/world/africa/dollar-stays-strong-fed-rate-cut-wagers-wobble-data-focus-2025-09-25/

https://www.reuters.com/world/china/global-markets-wrapup-1-2025-09-25/

https://www.reuters.com/business/euro-zone-consumers-cut-spending-tariff-fears-shun-us-goods-ecb-says-2025-09-22/

https://www.reuters.com/business/finance/ecb-can-still-frustrate-euro-surge-with-contingency-cut-2025-09-22/

https://www.reuters.com/business/finance/swiss-national-bank-keeps-interest-rate-zero-2025-09-25/

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    Actualité Bourse En vedette Monde Nos analyses

    Rapport hebdomadaire – 15 au 19 septembre 2025

    Introduction

    La semaine du 15 au 19 septembre 2025 a été marquée par une série d’événements majeurs mêlant décisions de politique monétaire, publications macroéconomiques et tensions géopolitiques accrues. Les évolutions de marché se sont articulées autour de la décision de la Réserve fédérale américaine de réduire son taux directeur, des signaux de stabilité économique en zone euro et de discours plus nuancés de la Banque du Japon. Les devises, les marchés actions, les obligations souveraines et les matières premières ont été influencés par ces dynamiques, tandis que les banques centrales ont poursuivi un délicat exercice d’équilibre entre maîtrise de l’inflation et soutien à l’activité.

    Devises (FX)

    Le dollar américain a oscillé tout au long de la semaine, dans un contexte marqué par la baisse de 25 points de base opérée par la Fed le 17 septembre. Si la devise a d’abord reculé, pénalisée par une contraction de l’avantage de rendement, elle a regagné du terrain en fin de semaine grâce à des ventes au détail robustes, révélant une consommation toujours solide. La volatilité est demeurée contenue mais les interrogations persistent quant à l’ampleur de l’assouplissement futur.

    L’euro s’est apprécié modérément, soutenu par une BCE restée en retrait et par une légère hausse de l’inflation sous-jacente. Le discours de Christine Lagarde a insisté sur la vigilance face aux risques d’inflation importée, alors même que les tensions énergétiques à l’est fragilisent la production industrielle. La réduction de l’écart de taux avec les États-Unis a renforcé l’attractivité relative de la monnaie unique, malgré des divergences budgétaires toujours présentes entre États membres.

    La livre sterling a bénéficié d’un contexte domestique contrasté. La Banque d’Angleterre a maintenu son taux à 4 %, tout en soulignant la nécessité de rester prudente face aux pressions salariales. Les chiffres du marché du travail ont confirmé la solidité de l’emploi, contrebalançant un ralentissement manufacturier. Les progrès partiels des négociations commerciales post-Brexit ont également soutenu la devise, malgré des incertitudes fiscales persistantes.

    Le yen s’est renforcé après des déclarations de la Banque du Japon laissant entrevoir un possible ajustement futur de la courbe des taux, conditionné à la trajectoire de l’inflation. Cette inflexion, couplée à des exportations meilleures qu’attendu, a attiré des flux vers la devise nippone, déjà soutenue par son statut de valeur refuge dans un climat international instable.

    Le franc suisse est demeuré recherché, porté par des flux défensifs face aux incertitudes régionales. L’inflation stable et l’approche attentiste de la Banque nationale suisse confortent ce rôle, même si la force de la devise pèse sur la compétitivité des exportations. L’approche de la réunion trimestrielle de la BNS a maintenu les investisseurs attentifs à toute indication d’intervention.

    Le dollar canadien a connu une semaine heurtée, suivant de près l’évolution du pétrole. Les chiffres de l’inflation ont montré un ralentissement, permettant à la Banque du Canada de maintenir une posture d’attente. Le rebond des cours du brut en fin de semaine a permis au loonie de limiter ses pertes initiales, malgré l’impact de l’assouplissement monétaire américain sur le différentiel de taux.

    Le dollar australien a progressé, porté par la reprise des exportations de matières premières, notamment vers la Chine. Les minutes de la RBA ont confirmé la stabilité du taux directeur à 3,6 %, tout en soulignant une vigilance accrue sur les salaires. Les perspectives de croissance et la solidité de l’emploi ont soutenu la confiance domestique, contribuant à l’appréciation de la devise.

    Enfin, le dollar néo-zélandais a profité de la stabilisation des prix laitiers et d’estimations de croissance confirmant une reprise modérée, portée par le tourisme. La banque centrale a maintenu une ligne prudente, mais le kiwi a été soutenu par un regain d’appétit pour le risque sur les marchés actions mondiaux.

    Géopolitique

    La semaine a été dominée par une nouvelle intensification du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, marqué par l’instauration de droits de douane supplémentaires sur le secteur technologique. Cette escalade a ravivé les craintes de fragmentation durable des chaînes d’approvisionnement. En Europe, les tensions à l’est ont accentué les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique, renforçant la volatilité des marchés des matières premières. Au Moyen-Orient, les tentatives de cessez-le-feu n’ont pas suffi à dissiper les risques liés aux routes pétrolières, maintenant les flux défensifs vers les actifs refuges.

    Actions

    Les marchés actions ont poursuivi leur progression, soutenus par des politiques monétaires plus accommodantes et des publications de résultats globalement solides. Aux États-Unis, le S&P 500 a atteint de nouveaux sommets, tiré par le secteur technologique et la consommation. En Europe, les indices ont bénéficié de données manufacturières plus encourageantes et d’un redressement de l’énergie, tandis que le FTSE 100 a progressé plus modestement en raison de contraintes budgétaires. Le Nikkei japonais a enregistré une forte hausse, profitant d’un yen affaibli en début de semaine et d’une dynamique d’exportations favorable.

    Obligations souveraines

    Les rendements obligataires ont évolué de manière contrastée. Aux États-Unis, le 30 ans a atteint 4,75 %, reflet des inquiétudes fiscales malgré l’assouplissement de la Fed. Les Bunds allemands ont vu leurs rendements se comprimer, portés par la recherche de sécurité. Les gilts britanniques ont au contraire enregistré une hausse significative de leurs taux longs, sous l’effet des tensions politiques et de pressions salariales persistantes. Au Japon, le 10 ans est monté à 1,63 %, conséquence des signaux de normalisation de la BoJ.

    Matières premières

    Le pétrole a connu une trajectoire hésitante, pénalisé par les inquiétudes sur la demande asiatique avant de rebondir grâce à une baisse des stocks américains et au maintien de la discipline de l’OPEP. L’or a poursuivi son rally, franchissant de nouveaux sommets à 3 682 dollars l’once, porté par les flux refuges et la baisse des taux réels. Le gaz naturel est resté plus stable, tandis que les métaux industriels, notamment le cuivre, ont progressé dans le sillage de signaux positifs en Chine et en Europe.

    Taux d’intérêt

    La décision de la Fed de réduire ses taux à 4,25 % a recentré l’attention sur le rythme futur de l’assouplissement. La BCE et la Banque d’Angleterre ont maintenu leur statu quo, insistant sur leur dépendance aux données. La Banque du Japon a conservé ses paramètres inchangés tout en laissant entrevoir de possibles ajustements graduels. La Banque nationale suisse, la Banque du Canada, la RBA et la RBNZ ont maintenu leur ligne, dans un contexte où les marchés intègrent une orientation globale plus accommodante, mais conditionnée aux chiffres d’inflation.

    Calendrier à venir (22 au 26 septembre 2025)

    La décision de la Banque nationale suisse du 25 septembre retiendra l’attention, en particulier sur d’éventuelles mesures liées à la force du franc. Le même jour, la publication du PIB américain T2 définitif apportera une lecture clé sur la dynamique de croissance. Le 26 septembre, les chiffres de l’inflation japonaise ainsi que l’indice PCE américain seront scrutés pour affiner les anticipations de politique monétaire. Les PMI flash européens publiés le 23 septembre permettront de prendre le pouls de l’activité manufacturière et des services dans la zone euro, tandis que des interventions de membres de la Banque d’Angleterre pourraient clarifier les perspectives domestiques.

    Sources

    https://federalreserve.gov

    https://ecb.europa.eu

    https://bankofengland.co.uk

    https://boj.or.jp

    https://snb.ch

    https://rba.gov.au

    https://rbnz.govt.nz

    https://bankofcanada.ca

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    Recap hebdomadaire : Semaine du 08 au 12 septembre 2025

    Introduction

    La semaine écoulée a été rythmée par la publication de l’inflation américaine, la réunion de la Banque centrale européenne, ainsi que de nouveaux signaux de faiblesse en provenance de la Chine. Le dollar s’est renforcé, soutenu par une inflation légèrement supérieure aux attentes malgré une révision massive à la baisse des créations d’emplois. L’euro a évolué de manière volatile après la BCE, tandis que la livre sterling a souffert d’une croissance atone. Les marchés actions, obligataires et de matières premières ont reflété un environnement dominé par des politiques monétaires restrictives et par la persistance de tensions géopolitiques.

    Devises majeures

    Dollar américain (USD)

    Le billet vert a progressé à la suite de la publication du CPI d’août, ressorti à +0,4 % en global et +0,3 % en core. Les pressions sur le logement, l’énergie et l’alimentation demeurent présentes, tandis que l’impact des nouveaux tarifs douaniers reste limité pour l’instant. En parallèle, une révision massive de -911 000 créations de postes sur l’année écoulée a mis en évidence la fragilité du marché du travail. Ce contraste entre inflation persistante et emploi en repli ouvre une fenêtre d’assouplissement à la Réserve fédérale. Les marchés anticipent une baisse de 25 points de base dès septembre, suivie possiblement d’un second mouvement en octobre. Le 10 ans US est resté stable autour de 4,04 %, le dollar s’est raffermi et les indices actions ont progressé modestement.

    Euro (EUR)

    L’euro a été animé par la réunion de la BCE. Si les taux ont été maintenus inchangés, Christine Lagarde a réaffirmé la nécessité de conserver une politique restrictive afin d’ancrer la trajectoire désinflationniste. Le ton hawkish a temporairement soutenu la monnaie unique, mais les perspectives économiques fragiles en zone euro limitent son potentiel d’appréciation.

    Livre sterling (GBP)

    La livre a été fragilisée par la publication d’un PIB mensuel stagnant, confirmant l’absence de croissance au Royaume-Uni. Cette faiblesse structurelle entretient les doutes quant à la capacité de la Banque d’Angleterre à resserrer davantage sa politique monétaire. Les investisseurs se tournent désormais vers la réunion décisive de la semaine prochaine.

    Yen japonais (JPY)

    Le yen a évolué au gré des différentiels de taux et du sentiment global de risque. La devise est restée sous pression face au dollar et à l’euro, mais a regagné de l’attrait lors des phases de repli des marchés. La prochaine réunion de la Banque du Japon, prévue le 19 septembre, sera déterminante pour la trajectoire de la politique monétaire.

    Dollar canadien (CAD)

    Le dollar canadien est resté stable, faute de données domestiques. La devise a suivi les tendances globales, en attendant les publications d’inflation et la décision de la Banque du Canada attendues la semaine prochaine.

    Dollar australien (AUD)

    L’AUD a subi la pression des signaux déflationnistes venus de Chine, principal partenaire commercial. En l’absence de catalyseurs domestiques, la devise a reflété les inquiétudes sur la demande mondiale de matières premières.

    Dollar néo-zélandais (NZD)

    Le kiwi est resté sans dynamique propre malgré une intervention de la RBNZ. La banque centrale a maintenu une posture prudente et dépendante des données, laissant la devise évoluer au gré des tendances régionales et du dollar américain.

    Franc suisse (CHF)

    Le franc suisse a évolué de manière neutre. Les déclarations du président de la BNS n’ont pas apporté de nouveauté, laissant la devise réagir principalement au sentiment global de risque.

    Géopolitique

    Moyen-Orient : Les tensions dans le Golfe continuent d’alimenter une prime de risque sur le marché pétrolier, rappelant la vulnérabilité des routes d’approvisionnement énergétiques.

    Europe de l’Est : Le conflit Russie–Ukraine se poursuit sans évolution stratégique majeure. Les infrastructures énergétiques et logistiques demeurent exposées, maintenant une prime de risque pour les marchés européens.

    Asie-Pacifique : La Chine a intensifié sa coopération militaire avec la Russie à travers des exercices conjoints, ce qui accroît les inquiétudes des partenaires occidentaux. Par ailleurs, les tensions commerciales avec les États-Unis et l’Europe s’accentuent.

    OPEP+ et commerce mondial : Les discussions au sein de l’OPEP+ sur d’éventuels ajustements de production maintiennent une incertitude élevée. Les flux commerciaux stratégiques restent sensibles aux tensions géopolitiques globales.

    Actions

    • États-Unis : Les indices ont clôturé de manière contrastée. Le S&P 500 et le Nasdaq ont bénéficié de la résilience du secteur technologique, tandis que le Dow Jones est resté plus fragile.
    • Europe : Les marchés européens ont évolué prudemment, dominés par la réunion de la BCE. Le ton ferme de Christine Lagarde a limité l’appétit pour le risque.
    • Asie : Les actions chinoises ont reculé après de nouvelles données décevantes, tandis que Tokyo a bénéficié d’un yen faible qui soutient les exportateurs.

    Matières premières

    • Énergie : Le pétrole est resté volatil, partagé entre inquiétudes sur la demande mondiale et incertitudes liées à l’OPEP+ et au Moyen-Orient.
    • Métaux précieux : L’or a été recherché comme valeur refuge, soutenu par la volatilité obligataire et les tensions géopolitiques.
    • Métaux industriels : Le cuivre et l’aluminium ont reculé, affectés par la faiblesse persistante de la demande chinoise.

    Obligations souveraines

    • États-Unis : Les rendements à court terme se sont tendus après l’inflation, tandis que le 10 ans est resté stable autour de 4,04 %. La courbe demeure inversée.
    • Zone euro : Les Bunds ont été volatils après la BCE, avec des taux courts en hausse et des taux longs contenus par la faiblesse économique.
    • Royaume-Uni : Les Gilts restent sous pression, les maturités longues reflétant l’incertitude budgétaire et monétaire.
    • Japon & Suisse : Stabilité des JGBs avant la réunion de la BoJ ; légère baisse des rendements suisses confirmant leur statut refuge.
    • Canada, Australie, Nouvelle-Zélande : Peu de mouvements autonomes, les marchés suivant les dynamiques américaines.

    Taux d’intérêt

    • Réserve fédérale (Fed) : Le marché anticipe une baisse de 25 points de base en septembre, avec une probabilité croissante d’un second mouvement en octobre.
    • Banque centrale européenne (BCE) : Taux inchangés mais ton hawkish, confirmant un statu quo prolongé.
    • Banque d’Angleterre (BoE) : Dilemme entre croissance nulle et inflation élevée. La réunion de la semaine prochaine sera décisive.
    • Banque du Japon (BoJ) : En attente de la réunion du 19 septembre, où des ajustements du YCC pourraient intervenir.
    • Banque du Canada (BoC) : Attentisme avant la décision à venir.
    • RBA, RBNZ, BNS : Pas de changement, profils attentistes.

    Agenda à venir (15–19 septembre 2025)

    • Lundi : Chine (production industrielle, ventes au détail), discours Lagarde (BCE).
    • Mardi : Royaume-Uni (revenus et chômage), Allemagne (ZEW), Canada (CPI), États-Unis (ventes au détail).
    • Mercredi : Royaume-Uni (CPI), Banque du Canada (taux et conférence), Fed (taux, projections, conférence Powell).
    • Jeudi : Nouvelle-Zélande (PIB), Australie (emploi), Banque d’Angleterre (taux).
    • Vendredi : Japon (BoJ – décision et conférence), Royaume-Uni (ventes au détail), Canada (ventes au détail).

    Sources

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    Rapport weekly : faits marquants du 01-05 sept. 2025

    La rentrée des marchés financiers a été marquée par un choc venu des États-Unis : le rapport sur l’emploi d’août n’a révélé que 22 000 créations de postes et un chômage à 4,3 %, son plus haut depuis quatre ans. Les investisseurs anticipent désormais un assouplissement monétaire de la Fed dès le 17 septembre. Les taux obligataires se sont repliés en fin de semaine et l’or a atteint un nouveau record. En Europe, l’inflation proche de la cible maintient la BCE en attente. Au Royaume-Uni, la flambée des coûts d’emprunt alimente les craintes budgétaires. Côté matières premières, l’OPEP+ prépare une hausse de production qui pèse déjà sur le pétrole.

    Devises majeures

    États-Unis : Dollar américain (USD)

    Le dollar a reculé, affecté par la détérioration du marché du travail. Les créations de postes se sont effondrées à 22 000 en août, contre plus de 150 000 en moyenne mensuelle sur le premier semestre, et le taux de chômage a progressé à 4,3 %. Les salaires horaires ont certes augmenté de 0,3 % sur un mois, mais sans compenser la faiblesse globale. L’ISM manufacturier est resté en contraction (48,7) et l’ISM services a conservé une dynamique molle. L’ensemble de ces données renforce la probabilité d’une première baisse de taux de 25 points de base dès septembre, ce qui pèse mécaniquement sur le billet vert.

    Zone euro : Euro (EUR)

    L’euro a profité de l’affaiblissement du dollar pour s’apprécier, même si la zone euro reste confrontée à une conjoncture fragile. L’inflation flash d’août est ressortie à 2,1 %, légèrement supérieure aux attentes, confirmant que la BCE doit maintenir une ligne prudente. Les taux longs européens ont reculé en fin de semaine, entraînant une détente relative des spreads périphériques. La devise conserve ainsi un biais positif, sans toutefois refléter une amélioration nette des fondamentaux.

    Royaume-Uni : Livre sterling (GBP)

    La livre a évolué sans tendance forte. L’attention s’est portée sur le marché obligataire : le rendement du gilt à trente ans a atteint son plus haut depuis 1998 en début de semaine, avant de refluer vendredi. Les ventes au détail se sont révélées décevantes, avec une progression limitée à 0,4 % contre 0,9 % attendu. Cette combinaison maintient la devise dans un équilibre fragile, prisonnière d’une inflation persistante et d’un contexte budgétaire incertain.

    Japon : Yen japonais (JPY)

    Aucune statistique majeure n’a été publiée au Japon cette semaine. Le yen est resté guidé par l’aversion au risque internationale et par la baisse des rendements américains, qui a limité la pression à la baisse sur la devise. Le statut de valeur refuge du yen a été préservé, sans mouvement brusque.

    Suisse : Franc suisse (CHF)

    Le franc a légèrement progressé, bénéficiant d’un contexte global de prudence. Aucun indicateur domestique majeur n’a été diffusé, mais la perspective d’une communication prochaine de la Banque nationale suisse a contribué à soutenir la devise.

    Canada : Dollar canadien (CAD)

    Les chiffres de l’emploi ont montré 9 400 créations de postes, insuffisantes pour empêcher une hausse du chômage à 7,0 %. L’indice Ivey PMI a reculé à 53,1, traduisant un ralentissement de l’activité. Le recul du pétrole a accentué la pression sur le dollar canadien, qui a terminé la semaine en repli.

    Australie : Dollar australien (AUD)

    L’AUD a résisté, porté par l’affaiblissement global du dollar et par des flux positifs vers les matières premières industrielles. Aucun chiffre domestique notable n’a été publié, et la devise a surtout reflété le différentiel de politique monétaire, la RBA restant moins accommodante que la RBNZ.

    Nouvelle-Zélande : Dollar néo-zélandais (NZD)

    Le NZD est resté en retrait, sans catalyseur macroéconomique. La politique très dovish de la RBNZ pèse toujours sur la monnaie, qui s’est contentée de suivre les arbitrages régionaux.

    Géopolitique et contexte global

    Chine

    La Chine a attiré l’attention avec la progression spectaculaire des financements sur marge, qui ont atteint un record de 2,29 trillions de yuans, soit environ 320 milliards de dollars. Ce recours massif à l’endettement pour spéculer en bourse suscite des craintes de volatilité accrue, sans réaction réglementaire immédiate.

    Europe

    Le marché a suivi de près la flambée des rendements longs au Royaume-Uni et en France, perçue comme un signal de vulnérabilité budgétaire. La détente en fin de semaine a été permise par l’impact des données américaines, mais les interrogations sur la soutenabilité de la dette publique restent présentes.

    Russie – Ukraine

    Aucun événement militaire d’ampleur n’a marqué la semaine. Le conflit reste figé dans une logique d’attrition, et la prime de risque géopolitique sur les marchés de l’énergie n’a pas diminué. Les regards sont tournés vers la réunion de l’OPEP+ du 8 septembre.

    Obligations souveraines

    États-Unis

    Les Treasuries ont réagi brutalement au rapport emploi. Le rendement du 10 ans a reculé vers 4,09 %, effaçant une partie de la hausse observée plus tôt dans la semaine, tandis que le 2 ans est retombé autour de 3,5 %. La courbe s’est légèrement pentifiée, traduisant l’anticipation d’un assouplissement imminent.

    Zone euro

    Le Bund à 10 ans a reculé à 2,7 % en fin de semaine, après avoir atteint un sommet de cinq mois. La détente a également concerné les dettes périphériques, soutenues par la perspective d’une Fed plus accommodante.

    Royaume-Uni

    Le gilt à 30 ans a touché un plus haut depuis 1998, avant de se replier vendredi. Le marché a sanctionné les doutes budgétaires, mais a fini par s’aligner sur le mouvement de détente américain.

    Autres zones

    Au Japon, le 10 ans JGB est resté stable à 0,9 %. En Suisse, les taux ont peu évolué mais bénéficient de flux refuge. Au Canada, le 10 ans a suivi le mouvement de repli américain. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les obligations ont évolué sans catalyseur propre, avec une légère détente en fin de semaine.

    Actions

    États-Unis

    Après de nouveaux records jeudi, les indices ont cédé du terrain vendredi. Le S&P 500 a terminé la semaine en hausse de 0,3 % et le Nasdaq de 1,1 %. Les valeurs technologiques ont été soutenues par la détente des taux, avec un bond de Broadcom sur fond d’optimisme lié à l’intelligence artificielle. Tesla a progressé après des débats sur la rémunération de son management, tandis que Lululemon a chuté à la suite de ventes décevantes. La faiblesse de l’emploi a toutefois limité l’appétit global pour le risque.

    Europe

    Les marchés européens ont progressé en début de séance vendredi, portés par la perspective d’une Fed accommodante, mais ont terminé prudemment en l’absence de catalyseur domestique.

    Asie-Pacifique

    Les marchés asiatiques ont profité de la baisse des rendements mondiaux, mais la Bourse australienne a mis fin à une série de quatre semaines consécutives de hausse, faute de soutien domestique.

    Matières premières

    Énergie

    Les cours du pétrole ont reculé, pénalisés par les anticipations d’une hausse de production de l’OPEP+ dès le 8 septembre et par une augmentation surprise des stocks de brut américains. Le Brent a clôturé sous 66 dollars le baril, en baisse de plus de 2 % sur la semaine.

    Métaux précieux

    L’or a inscrit un record historique à près de 3 600 dollars l’once. La combinaison d’un marché du travail américain affaibli et d’anticipations de baisse de taux a renforcé la demande pour le métal jaune. L’argent et le platine ont suivi cette dynamique, soutenus à la fois par leur rôle de valeur refuge et par la perspective d’une baisse des rendements réels.

    Métaux industriels et agriculture

    Le cuivre et l’aluminium se sont stabilisés, essentiellement guidés par le recul du dollar et l’évolution du sentiment sur la croissance mondiale. Aucun mouvement particulier n’a été constaté sur les matières premières agricoles, dont les prix sont restés fermes.

    Taux d’intérêt et banques centrales

    Réserve fédérale

    Le marché price désormais à près de 100 % une baisse de 25 points de base en septembre. La faiblesse du marché du travail a alimenté le scénario d’une série de coupes pouvant s’étendre jusqu’en 2026. Les rendements courts ont fortement baissé, confirmant cette lecture.

    Banque centrale européenne

    Aucune réunion cette semaine. L’inflation à 2,1 % en août conforte l’idée d’un statu quo à court terme. Les discussions sur un assouplissement graduel se poursuivent, mais restent conditionnées à une amélioration nette des perspectives économiques.

    Banque d’Angleterre

    Pas de communication majeure. Le marché a toutefois sanctionné en début de semaine la sensibilité de la dette britannique aux doutes budgétaires, rappelant que la BoE n’est pas en position d’assouplir sa politique avant un reflux durable de l’inflation.

    Autres banques centrales

    La Banque du Japon, la Banque du Canada, la RBA, la RBNZ et la BNS n’ont rien annoncé de nouveau cette semaine. Leurs marchés obligataires ont essentiellement suivi les mouvements américains.

    Calendrier économique à venir

    Semaine du 8 au 12 septembre 2025

    • Lundi 8 septembre : réunion OPEP+ (JMMC)
    • Mardi 9 septembre : nouveaux prêts bancaires en Chine, intervention du président de la BNS Martin Schlegel
    • Mercredi 10 septembre : inflation et prix à la production en Chine, prix à la production aux États-Unis
    • Jeudi 11 septembre : discours du gouverneur adjoint de la RBNZ Hawkesby, décision de la BCE et conférence de presse, inflation CPI aux États-Unis, inscriptions au chômage hebdomadaires
    • Vendredi 12 septembre : PIB mensuel du Royaume-Uni, indice de confiance du Michigan (préliminaire) et anticipations d’inflation aux États-Unis

    Sources

    https://www.reuters.com/business/us-unemployment-rate-near-4-year-high-labor-market-hits-stall-speed-2025-09-05

    https://www.wsj.com/livecoverage/jobs-report-august-stock-market-today-09-05-2025

    https://www.reuters.com/business/energy/oil-prices-settle-down-more-than-2-after-weak-us-jobs-report-2025-09-05

    https://www.reuters.com/world/india/gold-hits-record-high-nears-3600oz-weak-us-jobs-data-fuels-rate-cut-bets-2025-09-05

    https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-euro-indicators/w/2-02092025-ap

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    Été 2025 : entre records et secousses

    L’été 2025 aura été l’un des plus intenses de la décennie pour les marchés financiers. Tandis que Wall Street inscrivait de nouveaux records historiques, porté par la vague de l’intelligence artificielle et par des signaux monétaires plus accommodants, l’Europe oscillait entre reprise fragile et incertitudes tarifaires.

    L’Asie, elle, a jonglé entre la puissance de Taïwan dans les semi-conducteurs et l’ombre persistante de la crise immobilière chinoise. Mais derrière cette euphorie apparente, les investisseurs ont été confrontés à des secousses brutales, comme la déroute de Novo Nordisk, aux tensions géopolitiques croissantes entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et à l’épilogue symbolique de la chute d’Evergrande.

    L’été 2025 restera comme un moment charnière : celui où les marchés ont commencé à parier sur un “pivot” monétaire, tout en réalisant que l’économie mondiale reste semée de pièges.

    Macroéconomie et banques centrales : un pivot en préparation

    Sur le plan macroéconomique, l’été a confirmé un scénario de ralentissement maîtrisé. Aux États-Unis, l’inflation est retombée à 2,7 % en juillet, avec un cœur à 3,1 %. L’emploi a montré des signes de modération, donnant à Jerome Powell l’argument nécessaire pour préparer une baisse de taux.

    À Jackson Hole, le président de la Fed a surpris en ouvrant la porte à une détente monétaire dès septembre. Les marchés obligataires ont aussitôt salué l’annonce : le 10 ans américain est revenu vers 4,25 %, et le dollar a cédé du terrain.

    En Europe, la BCE a préféré marquer une pause après avoir ramené son taux de dépôt à 2 % en juin. L’institution, confortée par un PMI composite en hausse à 51,1 en août, a estimé que la désinflation restait en bonne voie, même si l’inflation des services demeure un risque.

    À Londres, la Banque d’Angleterre a pris une décision audacieuse : réduire son taux directeur à 4 % début août. Une décision aussitôt compliquée par le rebond de l’inflation britannique à 3,8 %, son plus haut niveau depuis plus d’un an. Enfin, au Japon, la BoJ a poursuivi sa normalisation graduelle en relevant son taux directeur à 0,35 %, dans un contexte où le yen reste faible malgré le resserrement monétaire.

    Actions : gagnants et perdants de l’été

    Les grands gagnants de l’été se trouvent dans la tech et la finance. Microsoft a livré des résultats spectaculaires, avec une progression de 39 % pour Azure et un capex record de 30 milliards de dollars, propulsant sa capitalisation au-delà de 4 000 milliards. Palantir a dépassé pour la première fois le milliard de dollars de revenus trimestriels et relevé fortement ses prévisions, confirmant la solidité de sa trajectoire.

    TSMC a annoncé un bénéfice net record, en hausse de 60 % sur un an, consolidant son rôle central dans l’économie de l’IA. Les banques UBS et Santander se sont distinguées en publiant des bénéfices solides, portés par la bonne tenue de leurs activités commerciales et par une gestion prudente des coûts.

    À l’inverse, plusieurs géants ont connu un été difficile. Novo Nordisk a vu sa capitalisation s’évaporer après un plongeon de plus de 10 % en août, les investisseurs doutant de sa capacité à maintenir son avance dans l’obésité. Dans le luxe, Kering a été sanctionné avec un recul de 15 % de ses ventes au T2, dont un plongeon de 25 % pour Gucci, tandis que LVMH a mieux résisté.

    Renault a affiché une perte nette de plus de 11 milliards d’euros liée à une dépréciation sur Nissan et a abaissé ses prévisions de marge et de cash-flow. Enfin, l’éolien offshore européen a souffert de retards et de coûts persistants, avec Ørsted en première ligne.

    Matières premières et obligations : l’or roi, le pétrole stable

    Sur le marché des matières premières, l’or a confirmé son statut de valeur refuge ultime. Le métal jaune a franchi le seuil symbolique des 3 000 dollars l’once début août, stimulé par la perspective d’une baisse des taux américains et par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le pétrole, en revanche, est resté étonnamment stable.

    Le Brent a évolué autour de 67-68 dollars le baril, coincé entre une demande estivale soutenue et la prudence des investisseurs face aux incertitudes mondiales.

    Côté obligations, la détente des rendements a permis aux actifs sensibles aux taux de respirer. Les small caps américaines et l’immobilier coté ont connu un rebond marqué après Jackson Hole. Les investisseurs ont commencé à rallonger leurs positions de duration, anticipant que l’ère des taux élevés touche à sa fin.

    Géopolitique : un été sous haute tension

    Si les marchés financiers ont fêté Jackson Hole, ils n’ont pas pu ignorer la montée des tensions au Moyen-Orient. Dès juillet, Israël a multiplié les signaux de fermeté à l’égard de l’Iran, accusé de soutenir des groupes armés régionaux. Les États-Unis ont affiché leur soutien inconditionnel à Tel-Aviv, tout en affirmant ne pas vouloir d’une extension du conflit.

    Mais à Washington comme à Jérusalem, le message a été clair : toute attaque iranienne sera suivie de représailles.

    Dans ce contexte, les investisseurs ont retrouvé de vieux réflexes. L’or a été plébiscité comme valeur refuge, et les flux vers les actifs jugés sûrs se sont intensifiés. Le risque géopolitique est redevenu un facteur central, rappelant que les marchés restent vulnérables aux soubresauts diplomatiques.

    À l’autre bout de l’Asie, la radiation d’Evergrande de la Bourse de Hong Kong, fin août, a marqué l’épilogue symbolique d’une crise immobilière qui secoue la Chine depuis plusieurs années. Ce geste, hautement symbolique, a ravivé les craintes sur la solidité du modèle économique chinois, malgré un PIB affiché à +5,2 % au deuxième trimestre.

    Perspectives : un automne sous surveillance

    À la veille de la rentrée, trois grandes questions se posent. La première est monétaire : la Fed concrétisera-t-elle une première baisse de taux en septembre ? Si oui, le marché pourrait prolonger sa dynamique haussière, mais un chiffre d’inflation ou d’emploi mal orienté pourrait raviver la volatilité.

    La deuxième est géopolitique : les tensions au Moyen-Orient, associées aux incertitudes commerciales, constituent une menace immédiate. Une escalade entre Israël, l’Iran et les États-Unis aurait des répercussions directes sur l’énergie et sur la confiance des marchés.

    Enfin, la troisième est microéconomique : la vague de l’IA doit continuer de se traduire par des résultats tangibles. Si Microsoft, Palantir et TSMC ont montré la voie, les prochaines publications diront si cette tendance se diffuse à l’ensemble du secteur.

    En résumé, l’été 2025 a été celui des contrastes : des marchés actions au zénith, des banques centrales qui amorcent leur pivot, mais aussi des chocs d’entreprises et des menaces géopolitiques qui rappellent la fragilité de cette euphorie. L’automne dira si la promesse d’un atterrissage en douceur peut tenir face aux secousses du monde réel.

    Sources
    https://www.reuters.com/markets/us/powell-signals-september-rate-cut-jackson-hole-2025-08-22/
    https://www.reuters.com/markets/europe/ecb-leaves-interest-rates-unchanged-amid-tariff-uncertainty-2025-07-24/
    https://www.reuters.com/world/uk/bank-england-cuts-rates-4-after-narrow-5-4-vote-2025-08-07/
    https://www.reuters.com/markets/us/us-consumer-inflation-cools-more-than-expected-july-2025-08-14/
    https://www.reuters.com/markets/commodities/gold-hits-record-high-above-3300-rate-cut-hopes-build-2025-08-21/
    https://www.ft.com/content/microsoft-capex-30bn-ai-2025
    https://www.reuters.com/business/palantir-lifts-annual-revenue-forecast-again-ai-demand-accelerates-2025-08-04/
    https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/novo-nordisk-shares-plunge-obesity-drugs-2025-08-06/
    https://www.reuters.com/business/autos-transportation/renault-h1-loss-guidance-nissan-impairment-2025-07-26/
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2025-07-30/kering-sales-slump-gucci-down-25-lvmh-resilient
    https://www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/ubs-beats-expectations-with-24-billion-second-quarter-profit-2025-07-30/
    https://www.reuters.com/business/finance/santanders-q2-net-profit-rises-7-same-period-2024-2025-07-30/
    https://www.reuters.com/world/middle-east/white-house-american-people-not-seek-wider-war-2025-08-14/
    https://www.reuters.com/world/middle-east/us-ready-strike-back-mid-east-attack-ambassador-2025-08-20/
    https://www.reuters.com/world/china/evergrande-delist-hong-kong-2025-08-25/

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    Actualité Banque & Finance Bourse Economie En vedette Energie Géopolitique Macro Monde Nos analyses Politique

    Faits marquants des marchés – 18 au 22 août 2025

    Conjoncture macro & géopolitique

    La semaine a été marquée par un contraste fort entre la vigueur économique américaine et les signaux fragiles en Europe. Aux États-Unis, les PMI flash ont confirmé une activité robuste, tant dans l’industrie que dans les services, avec une accélération de l’inflation sous-jacente qui complique la tâche de la Réserve fédérale. En Europe, le retour du PMI manufacturier en expansion pour la première fois depuis trois ans a apporté un souffle d’optimisme, mais l’Allemagne a replongé en récession au deuxième trimestre.

    Sur le plan géopolitique, la guerre en Ukraine a de nouveau dominé l’actualité. La Russie a lancé une attaque massive par drones et missiles, tandis que l’Ukraine poursuit sa quête de garanties de sécurité. La suspension de l’oléoduc Druzhba a renforcé les craintes sur la sécurité énergétique de l’Europe centrale. Par ailleurs, la Corée du Nord a accentué son soutien symbolique à Moscou, et la Chine a laissé entendre que Xi Jinping ne participerait pas au sommet de l’ASEAN, réduisant les perspectives d’un rapprochement avec Washington.

    Devises (G8)

    • Dollar américain (USD) : Soutenu par des PMI très solides (55,4, plus haut en 8 mois) et une inflation persistante, le billet vert reste ferme. Les propos de Powell à Jackson Hole, orientés vers un ciblage flexible de l’inflation, confirment que la Fed reste vigilante.
    • Euro (EUR) : PMI composite de la zone euro à 51,1, au plus haut depuis 15 mois, mais l’Allemagne s’enfonce en récession (–0,3 % au T2). L’euro reste sous pression, pris entre stabilisation régionale et faiblesse allemande.
    • Livre sterling (GBP) : Le PMI a surpris à la hausse (53,0), porté par les services, mais l’inflation a accéléré à 3,8 %. La BoE devrait maintenir une posture hawkish jusqu’en 2026.
    • Yen japonais (JPY) : PMI modeste (51,9), inflation ralentissant à 3,1 % mais toujours au-dessus de la cible. Le yen reste affaibli par la divergence avec la Fed.
    • Dollar canadien (CAD) : Les ventes au détail de juin ont surpris à la hausse (+1,5 %), mais l’estimation de juillet pointe une contraction (–0,8 %). Le CAD demeure dépendant de l’énergie et du risque global.
    • Dollar australien (AUD) : Croissance robuste (PMI 53,8), emploi toujours en hausse. La RBA reste en pause prolongée.
    • Dollar néo-zélandais (NZD) : La RBNZ a abaissé son taux directeur à 3 %, quatrième baisse consécutive. Biais fortement dovish, pression baissière persistante sur le NZD.
    • Franc suisse (CHF) : Léger affaiblissement dans un climat de marchés plus risk-on. La BNS reste discrète.

    Marchés actions

    Les marchés actions ont évolué de manière contrastée :

    • États-Unis : S&P 500 et Nasdaq ont atteint de nouveaux records historiques, portés par la tech et l’industrie, mais la composante inflation des PMI a limité la progression. Immobilier et consommation restent pénalisés par les taux.
    • Europe : Euro Stoxx 50 soutenu par les PMI, mais l’ombre de la récession allemande maintient une prudence générale.
    • Royaume-Uni : FTSE aidé par les services et les valeurs liées aux matières premières.
    • Japon : Nikkei en hausse grâce au yen faible, mais exportations en repli.
    • Canada : Soutien des valeurs de consommation et de l’énergie.
    • Australie : L’ASX a progressé avec un PMI solide.
    • Nouvelle-Zélande : Marchés sous-performants, pénalisés par la politique monétaire accommodante.

    Obligations

    • US Treasuries : Rendements en hausse, le 10 ans au-dessus de 4,4 %, reflétant les anticipations d’une Fed plus hawkish. La courbe reste inversée mais l’écart se réduit.
    • Zone euro : Bund 10 ans autour de 2,2 %. PMI encourageants mais PIB allemand négatif. Spreads périphériques en resserrement.
    • Gilts britanniques : Forte vente après la surprise inflation. 10 ans proche de 4,3 %.
    • JGB japonais : Stabilité des rendements, 10 ans autour de 0,9 %.
    • Canada : 10 ans proche de 3,6 %, trajectoire guidée par les Treasuries.
    • Australie : Rendements stables, 10 ans autour de 3,9 %.
    • Nouvelle-Zélande : Forte détente obligataire après la baisse des taux de la RBNZ.
    • Suisse : 10 ans proche de 0,9 %, profil refuge inchangé.

    Matières premières

    • Énergie : Le pétrole soutenu par la coupure de l’oléoduc Druzhba. Diesel en forte hausse au Canada (+6,6 %). Gaz européen stable mais exposé aux risques géopolitiques.
    • Métaux précieux : Or et argent recherchés pour leur rôle refuge, mais freinés par le dollar fort et la hausse des taux US. Platine et palladium en hausse modeste.
    • Métaux industriels : Cuivre stabilisé, aluminium et acier soutenus par l’amélioration industrielle européenne. Au Canada, les alliages ont bondi (+12,4 %).
    • Agriculture : Riz toujours très cher au Japon (+90 % a/a), mais stabilisation grâce aux stocks d’urgence. Alimentation en forte inflation : volaille au Canada (+7,9 %), café et bœuf en Allemagne (+38 % chacun).

    Taux & Banques centrales

    • Fed (États-Unis) : Powell a acté un pivot stratégique : fin du rattrapage inflationniste, retour à un ciblage flexible. Le marché réduit ses anticipations de baisse en septembre, mais la porte reste ouverte.
    • BCE (Zone euro) : Ton attentiste. Nagel souligne l’absence d’arguments pour une baisse immédiate, malgré la faiblesse allemande.
    • BoE (Royaume-Uni) : Inflation persistante à 3,8 %. Pas de baisse attendue avant 2026.
    • BoJ (Japon) : Inflation >3 %, exportations en recul. Politique inchangée, prudence maximale.
    • BoC (Canada) : Données contrastées, banque centrale en observation.
    • RBA (Australie) : Pause prolongée, économie solide mais inflation en repli.
    • RBNZ (Nouvelle-Zélande) : Biais dovish marqué, taux directeur réduit à 3 %, nouvelles baisses attendues.
    • BNS (Suisse) : Pas de mouvement, suit le climat global.

    Données à venir (25–29 août 2025)

    • États-Unis : Commandes de biens durables (25/08), PIB révisé T2 (27/08), déflateur PCE (29/08).
    • Zone euro / Allemagne : IFO (26/08), inflation (29/08).
    • Royaume-Uni : Ventes au détail (28/08).
    • Japon : Production industrielle (29/08).
    • Canada : PIB (29/08).
    • Australie : Ventes au détail (27/08).
    • Suisse : Indicateur KOF (28/08).

    Conclusion

    La semaine confirme la robustesse américaine, qui maintient la Fed dans une position hawkish, tandis que l’Europe navigue entre reprise timide et récession allemande. Les devises reflètent ces divergences : USD et GBP restent solides, NZD sous pression. Les matières premières, tirées par l’énergie et l’agriculture, alimentent encore l’inflation

    Sources