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Comment les indicateurs économiques influencent-ils les mouvements de marché ?

Le trading sur les marchés financiers ne se limite pas à l’analyse de graphiques et à l’étude de tendances passées. Il repose également sur la compréhension de la macroéconomie, c’est-à-dire des dynamiques globales qui influencent les économies nationales et internationales.

Les traders doivent ainsi surveiller de près certains indicateurs économiques majeurs pour anticiper les mouvements de marché et ajuster leurs stratégies en conséquence.

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1. Les indicateurs de croissance économique

Les indicateurs tels que le Produit Intérieur Brut (PIB) sont essentiels pour évaluer la santé d’une économie. Une croissance économique robuste est généralement synonyme de hausse des marchés actions, tandis qu’une récession peut provoquer des ventes massives et une fuite vers des actifs refuges comme l’or ou les obligations d’État.

  • PIB trimestriel : Une croissance supérieure aux attentes stimule souvent les indices boursiers. Ce chiffre, publié par les instituts statistiques nationaux, reflète la valeur totale des biens et services produits dans un pays sur une période donnée. Les investisseurs surveillent attentivement cette donnée pour évaluer la dynamique économique et ajuster leurs positions en conséquence.
  • Production industrielle : Reflète l’activité dans les secteurs manufacturier et industriel, indicateur avancé de la performance économique. Une hausse de la production industrielle est souvent corrélée avec une augmentation de la demande et une confiance accrue des entreprises dans l’avenir. Inversement, une baisse peut signaler un ralentissement et inciter les investisseurs à adopter des stratégies défensives.
  • Indice PMI manufacturier : Cet indicateur permet de mesurer l’activité dans le secteur manufacturier. Un PMI supérieur à 50 indique une expansion, tandis qu’un chiffre inférieur signale une contraction. Les traders suivent cette donnée de près, car elle fournit des indications précoces sur l’état de l’économie et influence directement les décisions de politique monétaire.
  • Consommation des ménages : La consommation représente une part significative du PIB dans de nombreuses économies. Une augmentation des dépenses des ménages indique une confiance économique et stimule généralement les marchés actions, en particulier les secteurs liés à la grande consommation.

2. Les indicateurs d’emploi

Le marché de l’emploi constitue un baromètre crucial de l’état économique. Un taux de chômage en baisse est souvent interprété comme un signe de dynamisme, ce qui soutient la consommation et la croissance. Les traders suivent notamment :

  • Rapport sur l’emploi non agricole (NFP) aux États-Unis : Ce rapport mensuel influence fortement le dollar et les indices américains.
  • Taux de participation : Une hausse indique un optimisme accru quant aux perspectives d’emploi.

3. Les indicateurs d’inflation

L’inflation mesure l’évolution des prix des biens et services dans une économie. Une inflation modérée signale une croissance saine, mais une hausse excessive inquiète les marchés, car elle peut inciter les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt.

  • Indice des prix à la consommation (IPC) : Impacte directement les devises et les obligations.
  • Indice des prix à la production (IPP) : Donne des indications précoces sur les pressions inflationnistes.

4. Les décisions de politique monétaire

Les banques centrales jouent un rôle déterminant dans les mouvements de marché par le biais de leurs décisions sur les taux d’intérêt et leurs politiques d’assouplissement quantitatif.

  • Taux directeurs : Une hausse de taux renforce généralement une devise, tandis qu’une baisse tend à la déprécier.
  • Communiqués et discours des banques centrales : Les marchés scrutent chaque mot des dirigeants pour anticiper les orientations futures.

5. Les indicateurs de confiance

La confiance des consommateurs et des entreprises influence directement les dépenses, les investissements et donc les performances économiques.

  • Indice de confiance des consommateurs : Une hausse de la confiance présage souvent d’une croissance de la consommation.
  • Indice PMI (Purchasing Managers’ Index) : Un indicateur avancé de l’activité dans les secteurs manufacturier et des services.

Comprendre les interactions entre la macroéconomie et les marchés financiers permet d’anticiper les tendances et d’adapter ses stratégies de trading de manière plus informée. Les indicateurs économiques ne sont pas de simples chiffres : ils racontent l’histoire de la dynamique économique globale et guident les investisseurs dans un environnement financier en perpétuelle évolution.

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La Russie, une future puissance minière

La Russie est avant tout connue pour ses vastes réserves de pétrole et de gaz, ainsi que son rôle central dans la production mondiale d’hydrocarbures. Cependant, elle possède également un immense potentiel géologique qui en fait l’un des plus grands pays miniers au monde.

Largement privatisé, le secteur minier russe fait face à de nombreux défis, notamment l’obsolescence de ses infrastructures, le manque d’investissements et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, des difficultés exacerbées par les conséquences de la guerre en Ukraine.

Hormis la filière de l’uranium, placée sous le contrôle exclusif de Rosatom, l’agence publique russe de l’énergie atomique, le pays compte près de 17 000 entreprises actives dans l’économie extractive, soulignant ainsi le poids de ce secteur dans l’économie nationale. Parmi elles, environ 3 000 sont spécialisées dans l’extraction de minerais métalliques, tandis que 800 se consacrent à l’exploitation du charbon.

Sur l’ensemble des entreprises du secteur minier et des carrières, 16 300 sont détenues par des acteurs russes, environ 200 appartiennent à des entreprises étrangères ou à des partenariats entre investisseurs locaux et internationaux, et une centaine sont directement contrôlées par des autorités publiques, qu’elles soient régionales ou municipales.

En parallèle, la Russie compte également 39 800 entreprises impliquées dans la transformation des métaux.

L’organisation institutionnelle de ce secteur repose sur le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement (Minprirody), appuyé par deux agences fédérales : Rosnedra, chargée de la gestion des ressources souterraines, et Rosprirodnadzor, en charge de la supervision environnementale. Ce cadre réglementaire permet d’encadrer et de contrôler les activités extractives à l’échelle nationale, illustrant ainsi l’importance stratégique des matières premières pour l’économie russe.

Depuis plusieurs années, la Russie confirme son rôle de puissance minière majeure. Son territoire immense recèle des réserves de minerais considérables, tandis que la demande mondiale en matériaux, portée par le développement technologique et la transition écologique, ne cesse de croître depuis le début du XXIe siècle.

Effectivement, on devrait s’attendre à une croissance exponentielle de la demande des métaux à l’avenir qui vont être nécessaire pour les infrastructures d’énergie, de communication, de transport, etc. L’adoption massive des « technologies vertes », telles que les véhicules électriques et les énergies renouvelables (éolien, solaire), aboutit à une augmentation supplémentaire de la demande globale de métaux.

Parmi les nombreux minerais, le territoire russe comprend d’importants gisements de diamant, d’or, de platine, de palladium, de charbon, ainsi que de vastes réserves de minerai de fer, de manganèse, de chrome, de nickel, de titane, de cuivre, d’étain, de plomb ou encore de tungstène. Tout cela représenterait une valeur totale équivalente à 75 000 milliards de dollars américain, faisant potentiellement de la Russie le pays le plus riche au monde.

La Russie est aussi le deuxième producteur d’aluminium, même si la Chine détient un quasi-monopole sur ce métal. En Sibérie, les ressources en cuivre offrent d’excellentes perspectives avec des dizaines de millions de tonnes anticipées.

Le pays dispose d’importantes réserves minières, se classant parmi les leaders mondiaux pour plusieurs ressources stratégiques. Elle détient notamment la troisième réserve mondiale de nickel (7,5 millions de tonnes), ainsi que les quatrièmes réserves d’uranium (662 000 tonnes) et de cuivre (62 millions de tonnes).

En plus de cela, la Russie disposerait de 16 % des réserves mondiales de béryllium, 11 % du chrome, 22 % du cuivre, 38 % du manganèse, 79 % du mercure, 15 % du nickel, 16 % du niobium, 10 % du platine, 7 % du tantale, 49 % du vanadium, 24 % du zinc, ainsi que de réserves importantes en métaux rares comme le rhodium.

Bien que le marché du cuivre soit largement dominé par le Chili et le Pérou, qui représentent à eux seuls 40 % de la production mondiale, ce métal reste essentiel à nos sociétés modernes. Grâce à ses propriétés uniques, il est un élément central des infrastructures, du câblage, des transports et des équipements électriques et électroniques, tant industriels que grand public. La demande mondiale de cuivre devrait d’ailleurs croître de 275 à 350 % d’ici 2050, renforçant ainsi le caractère stratégique des gisements russes pour les décennies à venir.

Dans les minerais stratégiques, la Russie est leader ou dispose de gisements de classe mondiale dans les platinoïdes, le titane, les métaux de base, les terres rares, le cobalt, l’uranium, le cuivre si stratégique pour son voisin chinois, etc.

De plus, elle a la chance de voir ses territoires terrestres et maritimes stratégiques s’agrandir au fur et à mesure que les voies navigables du nord offrent de nouvelles perspectives pour acheminer du fret maritime entre Arkhangelsk, Mourmansk, la Sibérie et l’Asie, entre l’Asie et l’Europe mais aussi pour atteindre, avitailler et assurer une continuité territoriale entre le nord-ouest du pays et les zones riches en matières premières stratégiques au nord et au nord-est.

Depuis une dizaine d’années, la Russie mène une politique minière ambitieuse, cherchant à diversifier ses sources de revenus et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Aujourd’hui, les exportations d’hydrocarbures constituent encore environ 60 % du budget fédéral russe, réparties comme suit : pétrole brut (26,4 %), produits pétroliers raffinés (16,5 %), gaz naturel (10,5 %) et métaux ferreux (5,3 %).

Les effets de cette dépendance ont été mis en évidence par la guerre en Ukraine, qui a entraîné la fin des exportations de gaz naturel russe vers l’Union européenne (UE) et l’arrêt des importations de pétrole par voie maritime de la part des pays européens. Face à ces sanctions, la Russie a dû réorienter ses exportations énergétiques vers d’autres marchés, notamment la Turquie, l’Inde, l’Arabie saoudite et la Chine.

Avant le début du conflit, la Russie fournissait à l’Europe environ 25 % de son pétrole, 50 % de son charbon et près de 40 % de son gaz, illustrant le poids crucial qu’elle occupait dans l’approvisionnement énergétique du continent.

Ainsi, de l’exploitation des gisements de diamants et la maîtrise de leur chaîne de valeur dans les hautes technologies à la relance de la filière houillère, la Russie entend poursuivre le développement et la modernisation d’un secteur industriel désormais stratégique et relativement épargné par les sanctions internationales.

Cette orientation présente deux avantages majeurs, particulièrement dans le contexte actuel d’isolement partiel et de restrictions économiques. D’une part, les exportations minières offrent une plus grande flexibilité que celles des hydrocarbures, notamment grâce à la modularité des voies d’acheminement. D’autre part, l’expertise russe dans ce domaine constitue un levier d’influence géopolitique croissant, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, où les économies sont en pleine expansion.

Les métaux cités sont utiles pour une multitude de secteurs. Les trois secteurs les plus importants restent l’automobile, l’aéronautique et le secteur des semi-conducteurs. L’automobile est celui qui en souffrira sûrement le plus car il nécessite beaucoup de métaux différents.

Ainsi, l’aluminium, le cuivre, le platine et le palladium sont tous utiles à la fabrication d’automobiles à propulsion thermique, notamment pour les pots catalytiques. Pour les véhicules électriques, le cobalt et le nickel sont indispensables aux batteries.

Déjà entravé par la pénurie de puces électroniques depuis septembre 2021, le secteur automobile allemand a déjà suspendu des lignes de production en raison d’un problème d’approvisionnements de ses sous-traitants en Ukraine et la situation pourrait s’aggraver.

L’aéronautique dépend également des métaux russes, et en particulier des éponges de titane. Les principaux groupes aéronautiques ont pour principal fournisseur la société russe VSMPO-Avisma (environ 30 % du marché mondial du titane), seul Boeing a pour le moment décidé de mettre fin à ses réapprovisionnements.

Cette société fournit environ 50 % des importations de l’aéronautique mondial et légèrement moins pour les acteurs français. Dans ce secteur, les industriels ont par précaution constitué des stocks qui leur permettent de gérer une problématique de pénurie à court terme.

Pour ce qui est des semi-conducteurs, leur production demande deux ressources principales, le palladium et le gaz néon, ce dernier étant produit à 50 % en Ukraine. Les deux entreprises principales, Ingas et Cryoin, ont déjà fermé leurs sites. On peut donc s’attendre à de grandes difficultés pour ce secteur.

Cependant, le secteur fait face à des défis structurels considérables, aggravés par les sanctions internationales. Le premier obstacle majeur est la dépendance technologique. Sans alternative viable, le tarissement des approvisionnements en technologies étrangères pourrait entraîner une paralysie des projets extractifs et un déclin progressif de l’industrie minière russe dans un environnement de plus en plus compétitif.

Un exemple frappant de cette dépendance est l’utilisation intensive de logiciels spécialisés pour la conception et la fabrication assistées par ordinateur, essentiels aux groupes miniers russes.

Depuis deux décennies, la Russie a investi près de 3 200 milliards de roubles (environ 50,3 milliards d’euros) pour moderniser son industrie de l’acier et restaurer des capacités de production perdues dans les années 1990. Toutefois, ces investissements ont principalement bénéficié à des fournisseurs étrangers, comme l’allemand Siemens, qui a depuis quitté le pays, mettant en péril la compétitivité de l’industrie minière russe sur le marché international.

Un autre défi de taille concerne l’obsolescence des infrastructures. Le secteur repose en grande partie sur des équipements hérités de l’époque soviétique, souvent vieillissants et très polluants. La logistique, en particulier, demeure un point critique, avec des réseaux de transport fragiles qui compliquent l’acheminement des matières premières et entravent le bon fonctionnement de l’industrie extractive.

Le réseau ferroviaire russe souffre de plusieurs fragilités structurelles : une absence de vision stratégique cohérente, un manque de concurrence dans le secteur, des investissements peu fiables et une capacité insuffisante pour gérer les flux croissants. De plus, le déficit en ponts, infrastructures essentielles à la continuité et à la viabilité des chaînes de transport, contribue à l’état de sous-capacité du réseau, limitant ainsi durablement les possibilités d’augmentation des flux.

Par ailleurs, les infrastructures portuaires russes demeurent sous-développées, ce qui entrave considérablement l’augmentation du transport maritime de minerais et de métaux, un enjeu crucial pour l’exportation des ressources naturelles du pays.

Malgré ces faiblesses, l’État russe n’a toujours pas mis en place une politique d’investissements d’envergure pour moderniser ces infrastructures. Cette inertie s’explique en partie par la diversité des acteurs du secteur minier et la variété des ressources exploitées, rendant difficile l’élaboration d’une stratégie d’investissement cohérente à l’échelle nationale.

De plus, les dysfonctionnements persistants entre le pouvoir fédéral et les institutions régionales et locales ralentissent la mise en œuvre des projets infrastructurels, compromettant ainsi le développement du secteur minier à long terme.

Le problème de l’infrastructure de transports affecte particulièrement les projets miniers en Arctique et en Extrême-Orient. L’absence de la puissance publique amène les industriels à directement investir sur ces infrastructures comme Norilsk Nickel qui consacre 6,5 milliards de roubles à la modernisation de la ligne ferroviaire qui relie le district industriel de Norilsk au port de Doudinka.

De fait, l’infrastructure ferroviaire, qui a peu évolué au cours des trois dernières décennies, doit être modernisée et étendue pour accompagner l’augmentation programmée des flux de métaux et de minerais produits. La Sibérie illustre ce défi : en 2020, 144 Mt de marchandises ont ainsi circulé sur la partie sibérienne du réseau ferroviaire. La modernisation en cours du réseau dans la région doit permettre de porter ce volume à 180 Mt pour 2025.

Or, la tâche s’annonce titanesque en raison de plusieurs facteurs : des coûts très élevés relatifs à la construction d’une ligne ; des coûts fixes liés à l’entretien du réseau ; une pénurie de main-d’œuvre ; et l’absence de mécanismes de financement permettant un développement pérenne.

Pour combler son retard technologique face à ses concurrents internationaux, la Russie doit engager une transformation en profondeur de ses opérations minières. Cela passe par la robotisation, l’intégration de l’internet des objets (IoT) pour optimiser les coûts et améliorer la productivité, ainsi que par la digitalisation des systèmes de production.

L’adoption de ces nouvelles technologies implique également une montée en compétences des travailleurs du secteur, nécessitant la mise en place de formations initiales et continues adaptées aux nouveaux procédés. Or, depuis le début du XXIᵉ siècle, le secteur minier russe peine à faire de l’innovation un levier central de sa modernisation, compromettant ainsi la pérennité des transferts technologiques.

Toutefois, dans un environnement de plus en plus compétitif, les entreprises privées russes, avec l’appui des autorités publiques, tentent de rattraper ce retard en adoptant des techniques d’exploration géologique plus avancées et en accélérant l’intégration de nouvelles technologies dans les procédés d’extraction et de traitement des minerais.

Par ailleurs, la Russie cherche à résoudre des problématiques structurelles liées au développement économique des régions minières, qui peinent à maintenir leur compétitivité. Ces dernières décennies, des coûts de production élevés et un appareil industriel moins performant ont pesé sur la rentabilité du secteur. En définitive, ces défis ne pourront être relevés sans une politique publique volontariste et ambitieuse, visant à moderniser l’ensemble de la filière.

Par conséquent, pour donner une vision cohérente au projet de transformation industrielle du pays, le gouvernement russe promeut l’Initiative technologique nationale (Nacional’naâ Tehnologičeskaâ Iniciativa) qui ambitionne de renforcer l’innovation et créer les conditions d’une présence du pays sur les marchés de haute technologie à l’horizon 2035. Toutefois, ce programme fédéral ne vise pas explicitement le secteur minier.

Donc, l’ensemble de ces initiatives privées ou publiques ne conduit pas à une modernisation systémique du secteur. L’intégration entre l’université, l’industrie et les autorités publiques reste insuffisante. En outre, aux problèmes endémiques de l’économie russe (corruption, manque d’attractivité, manque de personnel, manque d’infrastructures et d’investissement, faible productivité) se sont ajoutées les sanctions depuis 2014, même si la politique publique de la « substitution aux importations » a permis de répondre, jusqu’à présent, aux besoins du secteur minier.

Cependant, les vagues de sanctions imposées depuis février 2022 perturbent le fonctionnement du secteur et les projets en cours de développement. Les problèmes d’accès à certaines technologies mais aussi aux capitaux ralentissent l’essor de l’activité minière dans le pays.

Avec tous ses défis structurels, cela explique pourquoi le président russe Vladimir Poutine, lorsqu’il répondait aux questions de Pavel Zaroubine, correspondant de la télévision publique VGTRK assurant le relais de la parole officielle a déclaré : « Nous disposons incontestablement, en ordre de grandeur – je tiens à le souligner –, de plus de ressources de ce type que l’Ukraine. La Russie est l’un des leaders incontestés en matière de réserves de métaux et de terres rares. »

« Nous serions heureux de travailler avec tous les partenaires étrangers, y compris américains », a-t-il soutenu, évoquant des projets « à forte intensité de capital”, sous-entendu générateurs de profits. Avant d’ajouter : « D’ailleurs, il en va de même pour les nouveaux territoires [l’Ukraine occupée] : nous sommes prêts à y attirer les investisseurs étrangers. »

En outre, le président a suggéré d’envisager des projets communs avec les États-Unis pour l’extraction de l’aluminium, par exemple dans le territoire de Krasnoïarsk, Moscou est prêt à fournir 2 millions de tonnes au marché américain. Le fait est que le marché de l’aluminium aux États-Unis est en déficit notable : le pays produit environ 750 000 tonnes, alors que la consommation annuelle est de plus de 4 millions de tonnes.

Les États-Unis importent environ 70 à 80 % de l’aluminium, comblant le déficit principalement par des approvisionnements en provenance du Canada, des Émirats arabes unis, de la Chine et d’autres pays.

Poutine a déclaré la nécessité d’augmenter plusieurs fois leur production. Le développement de cette industrie en Russie est la base de ressources la plus importante pour l’économie moderne, car les métaux rares sont demandés dans la microélectronique, l’énergie, dans la création d’infrastructures de l’économie numérique et dans de nombreux secteurs des sphères civiles et de défense, a déclaré Vladimir Poutine.

En substance, nous parlons de presque tous les secteurs du nouvel ordre technologique, qui définit la dynamique du progrès mondial. D’ici 2030, la Russie souhaite mettre en place un cycle complet de traitement des terres rares ; cela est nécessaire au développement de l’économie du pays et de l’industrie de défense, ainsi qu’à une concurrence réussie sur les marchés mondiaux.

Afin d’accroître le potentiel de l’industrie nationale dans le domaine des nouveaux matériaux, un projet national de leadership technologique a été lancé cette année. Cela s’appelle « Nouveaux matériaux et chimie ». En particulier, dans le cadre du projet national, il est nécessaire de mettre en place toute la ligne, le cycle complet de l’industrie des métaux stratégiques et des terres rares, pour assurer leur extraction et leur transformation jusqu’à la production de produits finis de haute technologie à haute valeur ajoutée.

En effet, environ 40 % des réserves mondiales de terres rares et environ 60 % de leur production mondiale se trouvent en Chine. Selon Rosnedra, dans la Fédération de Russie, les réserves de terres rares en 2024 étaient estimées à 28,7 millions de tonnes dans 18 gisements explorés. Cela représente 20 % des réserves mondiales. Cependant, la part de la Russie dans la production sur le marché mondial ne dépasse pas 1% et la transformation de ces métaux dans le pays est pratiquement inexistante.

Comme l’ont expliqué à plusieurs reprises les départements et les experts compétents, outre les importantes dépenses d’investissement déjà engagées aux premiers stades de la mise en œuvre de tels projets, la Fédération de Russie manque de technologies industrielles éprouvées pour le traitement des matières premières, et les gisements sont situés loin des infrastructures.

Les entreprises s’inquiètent à la fois des perspectives incertaines concernant la demande pour ces métaux et, par conséquent, du risque de gel d’énormes investissements. Jusqu’à présent, l’intérêt pour cette industrie se limite presque exclusivement aux entreprises publiques.

La plupart des grands projets liés aux terres rares sont aujourd’hui pratiquement gelés. Parmi eux se trouve le gisement de niobium et de terres rares de Tomtorskoye (propriété des dirigeants du groupe IST d’Alexander Nesis) en Yakoutie, qui dispose d’une estimation préliminaire des réserves de 11,4 millions de tonnes de minerai contenant 0,7 million de tonnes d’oxyde de niobium et 1,7 million de tonnes d’oxydes de terres rares.

Le gisement d’Ak-Sugsky à Touva dispose de réserves de 78 000 tonnes de molybdène et de 83,3 tonnes de rhénium. L’actif appartenait à la structure Intergeo de Mikhail Prokhorov, mais en 2024, Rosnedra a décidé de révoquer la licence de la société en raison d’une violation du délai de construction de l’infrastructure.

À la fin de l’année dernière, une structure de Rostec a remporté l’enchère pour le droit d’exploiter le gisement.

“Jusqu’à présent, les tentatives de mettre en œuvre sur notre territoire un cycle complet de production de terres rares ont échoué”, observe le journal économique Monocle. Dans un article approfondi, le titre relaie l’inquiétude d’un responsable du comité chargé des ressources naturelles à la Douma, la chambre basse du Parlement russe : “Si l’attitude des autorités à l’égard de ce secteur n’évolue pas, il n’y aura que deux grandes puissances, les États-Unis et la Chine, et nous resterons à la marge.” 

En effet, dispose aujourd’hui d’une chaîne technologique complète qui comprend l’extraction et le traitement du minerai, sa séparation en oxydes et en terres rares individuelles, la production de matériaux et d’alliages et la fabrication de produits finis. Par ailleurs, depuis 2012, la Chine a lancé un programme de grande envergure pour soutenir ce secteur de l’économie. L’accès aux terres rares est devenu un outil politique largement utilisé par la Chine, qui introduisait des licences d’exportation et subventionnait ses producteurs.

Tous les acteurs du marché des terres rares, comme la Chine, ne peuvent pas se vanter de disposer d’une chaîne de production complète. L’Australie, par exemple, n’ayant que la première transformation, n’a aucun problème à envoyer ses produits à l’exportation. La Russie connaît la situation la plus difficile.

L’URSS produisait 8 500 tonnes de terres rares par an. L’exploitation minière a été réalisée en RSFSR, au Kirghizistan et au Kazakhstan, et le traitement a également été effectué en Ukraine et en Estonie. Après 1991, la plupart de ces capacités ont été délocalisées à l’étranger, les chaînes de production ont été brisées et, ces dernières années, de nombreuses sanctions se sont ajoutées aux problèmes du secteur.

C’est pour cela que Poutine a nommé Kirill Dmitriev comme envoyé spécial pour la coopération internationale en matière d’économie et d’investissement. Directeur du fonds souverain russe d’investissement, Dmitriev avait pris part aux consultations le 18 février à Riyad, en Arabie saoudite, où Russes et Américains avaient manifesté leur volonté de rétablir des relations économiques.

Kirill Dmitriev, diplômé de Stanford et Harvard, directeur du Fonds d’investissement direct russe (RDIF) et proche de Vladimir Poutine. Il a été nommé avec l’assistant de Vladimir Poutine, Youri Ouchakov et le chef du Service de renseignement extérieur (SVR) Sergueï Narychkine, comme faisant partie de l’équipe des « poids lourds » des négociations.

Selon Dmitriev, certaines entreprises américaines devraient revenir sur le marché russe au deuxième trimestre 2025.

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Le marché crypto en février 2025 : ce qu’il faut retenir 

L’un des rares mois de février dans le rouge   

Les investisseurs crypto ont débuté le mois de février avec beaucoup d’espoir, notamment vis-à-vis de la tant attendu “alt season”, ce moment où la plupart des altcoins, c’est-à-dire toutes les cryptomonnaies autres que bitcoin, prennent de la valeur, souvent après que le bitcoin ait atteint son dernier record (ATH).   

De plus, ces espoirs étaient nourris par le souvenir des mois de février qui, depuis 2014, étaient (presque) toujours dans le vert, exception faite de 2020.   

 Néanmoins, comme on le rappelle souvent, les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Et de fait, ce mois de février 2025 a été marqué par une baisse de 20 % du BTC qui est passé de 102 000 dollars à 84 000 dollars.   

Alors que s’est-il passé ? Et à quoi doit-on s’attendre dans les jours et les semaines à venir ? C’est ce que l’on vous explique dans cet article.   

Les prémices d’une guerre commerciale   

Depuis l’institutionnalisation du bitcoin en 2024, les événements macro-économiques et politiques ont un impact significatif sur le marché des cryptomonnaies. C’est ce que nous avons pu observer dès le début du mois de février lors des annonces de taxes douanières de Donald Trump (25 % pour le Canada et le Mexique, 20 % pour la Chine et 25 % envisagés pour certains produits européens). Bitcoin, l’ensemble du marché crypto mais aussi du marché action ont accusé le coup. Finalement, seul l’or a atteint un nouveau record à plus de 2 900 dollars l’once.   

Quant au bitcoin, celui-ci est tantôt corrélé aux indices technologiques du marché américain (notamment au Nasdaq et au S&P500), tantôt à l’or et d’autres fois à aucune de ces valeurs.   

Une chose est sûre, les variations du bitcoin dépendent du sentiment des investisseurs, et lorsque l’incertitude règne, ces derniers se détournent des actifs jugés risqués. Cela explique notamment les sorties sur les ETF Bitcoin qui ont dépassé le milliard de dollars le 25 février, ne faisant qu’amplifier la chute.  

Les investisseurs institutionnels continuent d’accumuler du Bitcoin  

Rappelons toutefois que depuis leur lancement en janvier 2024, les ETF Bitcoin Spot ont enregistré plus de 730 milliards de dollars de volume total. La différence entre les volumes entrants et sortants permet donc d’arriver à un solde net de 40 milliards de dollars.   

En outre, les particuliers ne sont pas les seuls à investir via ces ETF. C’est également le cas des investisseurs institutionnels, et ce mois de février, des derniers ont continué d’accumuler du bitcoin dans leurs réserves, notamment :   

  • La banque américaine Goldman Sachs : + 120 % sur son exposition au bitcoin, soit un total de 2,05 milliards  
  • La banque britannique Barclays : 131 millions de dollars de bitcoin  
  • La multinationale Startegy₿ qui détient désormais près de 2,5 % de l’offre totale des BTC en circulation  
  • Mais aussi l’État du Salvador qui a ajouté 11 BTC à sa réserve nationale.   

En bref, lorsque l’investisseur particulier ne sait plus quoi faire, les acteurs institutionnels y voient l’opportunité de renforcer leurs positions. En tant que particulier, il est crucial de ne pas trop s’exposer aux multiples sources, au risque de se retrouver pris au piège d’un brouhaha qui empêche la prise de décisions éclairées, en accord avec un plan d’investissement initial.  

Record de capitalisation de stablecoins   

En février, les stablecoins (ces cryptomonnaies dont la valeur est adossée à celle d’une valeur stable comme une monnaie fiduciaire ou autre actif financier) ont atteint une capitalisation totale record supérieur à 234 milliards de dollars. Un indicateur que de nombreux investisseurs réservent de la liquidité à investir lorsqu’ils jugeront le marché plus favorable.   

Reste donc à savoir quand le marché sera jugé plus favorable. À ce sujet, bien qu’il soit impossible de prédire l’avenir, plusieurs bonnes nouvelles se profilent dans l’ombre et laissent entrevoir potentielle éclaircies.   

Plusieurs réserves nationales de bitcoin en attente  

Depuis que Donald Trump a annoncé son intention de créer une réserve nationale de bitcoin pour les États-Unis, de nombreux États américains comme le Texas, l’Utah, l’Illinois et bien d’autres envisagent de faire de même, suivis par plusieurs pays comme la République Tchèque, Hong Kong, la Russie ou encore l’Allemagne, pour ne citer qu’eux.   

Et bien qu’il ne s’agisse que d’annonces pour le moment, il va sans dire qu’à partir du moment où les USA auront créé leur réserve, beaucoup seront susceptibles de suivre. Quant aux pays qui ne le feront pas, ces derniers devront justifier leur décision.   

Si plusieurs pays comme les États-Unis commenceront probablement par nationaliser les bitcoins collectés lors de saisies judiciaires (près de 200 000 BTC actuellement), ils devront également en acquérir, entraînant inévitablement une pression acheteuse notamment sur les ETF Bitcoin, et donc une éventuelle hausse du prix du bitcoin.   

Des demandes d’ETF en attente pour plusieurs cryptomonnaies   

Actuellement, seul le BTC et l’ETH ont leurs ETF. Des demandes sont en cours pour plusieurs autres tokens notamment LTC, SOL, XPR et DOGE. Celles-ci ont toutefois été déposées en 2024, on peut donc s’attendre à ce que la nouvelle soit déjà “pricée”, c’est-à-dire que le prix actuel des actifs les prenne déjà en compte et que leur approbation n’entraîne pas une hausse spectaculaire. Toujours est-il, ces différentes approbations seraient autant de signaux positifs pour le développement de l’écosystème crypto.   

 La SEC abandonne les poursuites contre plusieurs entreprises crypto  

Ces dernières années, la Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier américain, était dirigée par Gary Gensler connu pour ses politiques anti-crypto, lesquelles se sont traduites par de nombreux procès à l’encontre des entreprises du secteur.   

Nombre des poursuites ont toutefois été abandonnées au cours du mois de février, maintenant que la SEC est dirigée par Mark T. Uyeda plus favorable au secteur. Ainsi, les actions contre Gemini, Coinbase, Kraken, Uniswap, OpenSea et Yugalabs ont pris le mois dernier, ce qui devrait permettre à l’écosystème crypto d’aller de l’avant dans un climat plus favorable.   

La fin du mois ponctuée de nouvelles incertitudes  

La fin du mois de février a tout de même été marqué de nouvelles incertitudes et donc de nouvelles baisses.   

Le hack de la plateforme d’échange Bybit  

Le 21 février, la plateforme d’échange de cryptomonnaies ByBit s’est fait dérober 1,46 milliard de dollars d’Ether par le groupe nord-coréen Lazarus. Et bien que l’entreprise ait géré au mieux cette situation en remboursant l’intégralité des clients en quelques jours, les auteurs du hack vendent désormais les ETH volés, entraînant une pression vendeuse et donc la baisse du prix.   

Couplé au fait que les performances de l’Ether ne répondant déjà pas aux attentes des investisseurs, le phénomène de FUD* ne fait que s’amplifier. (On parle de FUD pour « Fear, Uncertainty and Doubt » c’est-à-dire un sentiment de marché qui concentre de la peur, de l’incertitude et du doute, émotions qui se traduisent par des ventes importantes.)   

L’incertitude macroéconomique se poursuit  

Le contexte géopolitique largement abordé tout au long de ce cours mois de février sur Parlons Finance ne s’est pas amélioré, principalement dû aux tensions entre les États-Unis et le reste du monde.   

Les investisseurs sont incertains, en atteste l’indice de la peur et de la cupidité (fear and greed index) qui a atteint son niveau le plus bas depuis 2 ans. La tendance est donc au repli.   

Finalement : une correction pas si surprenante   

En prenant du recul, on réalise également que cette correction du BTC en dessous de 80 000 dollars est saine, après une hausse de 120 % en seulement 5 mois. En effet, les investisseurs retirent des bénéfices, potentiellement afin de réinvestir le marché à l’avenir.   

Pour les autres cryptos en revanche, la situation est plus préoccupante. La plupart ont atteint un cours que l’on n’avait pas observé depuis plusieurs mois. Pour ne pas citer ETH qui a perdu plus de 20 % les 30 derniers jours.   

XRP, SOL et ADA ont connu un rebond suite à un tweet de Donald Trump au sujet de la potentielle réserve de cryptomonnaies le 2 mars. Bitcoin et Ethereum ont également été mentionnées, mais il semblerait que ce ne soit plus les seules sur la liste. Là encore, il ne s’agit que d’annonces, les réserves officielles ne sont pas encore mises en place.    

Une chose est sûre, le marché des cryptomonnaies est à fleur de peau et les investisseurs ont tendance à surinterpréter les nouvelles et à surréagir. Ainsi, tandis que certains attendant un BTC à 150 000 dollars dans les prochains mois, d’autres annoncent un retracement à 70 000 dollars. Nous vous tiendrons informés. Malgré cette volatilité à court terme, finalement pas si surprenant sur le marché des cryptomonnaies nos convictions à long terme restent intactes.   


Article co-rédigé avec Meria, la plateforme d’investissement en cryptomonnaies française leader depuis sa création en 2017 par Owen Simonin, Meria vous permet d’acheter, échanger mais également d’investir vos cryptomonnaies via le staking, afin de générer des rendements passifs et réguliers.  Meria est une société française, enregistrée PSAN auprès de l’AMF (E2021-016) 

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L’institutionnalisation du bitcoin en 2024 : Et après ?

Janvier 2024 : Arrivée et adoption massive des ETF   

Pour bien comprendre le marché actuel des cryptomonnaies, revenons sur ce point de bascule : l’approbation des ETF Bitcoin aux États-Unis en janvier 2024, suivis des ETF Ethereum en juillet.   

 À partir de ce moment-là, l’institutionnalisation du bitcoin s’est accélérée et une nouvelle typologie d’investisseur s’est imposée sur le marché. En effet, désormais les investisseurs crypto ne sont plus uniquement des technophiles ou des particuliers. Aussi, au-delà des plus des grosses entreprises comme Tesla et MicroStrategy qui ont investi plusieurs millions de leur trésorerie en BTC depuis 2021, aujourd’hui, ce sont les acteurs historiques de la finance et du monde bancaire traditionnel qui entrent sur le marché.   

Nous pouvons notamment citer la banque britannique Barclay qui a acquis 131 millions de dollars de bitcoin via l’ETF BlackRock, suivie par la Banque de Montréal et ses 150 millions de dollars, pour ne citer qu’elles.     

  Évolution de l’achat de bitcoin par les entreprises privées (bleu), les entreprises publiques (gris) les gouvernements (violet), et les fonds d’investissement (orange) de janvier 2021 à mars 2025  

Tout au long de l’année 2024 : La campagne présidentielle de Donald Trump  

Tout au long de sa campagne présidentielle, Donald Trump a brandi Bitcoin comme un élément phare de son programme, et a notamment répété qu’il l’intégrerait dans les réserves nationales américaines. Tout en insistant sur son intention de faciliter l’innovation dans le secteur des cryptomonnaies de manière générale.  

Novembre 2024 : L’élection Donald Trump  

Depuis son élection le 4 novembre 2024, Donald Trump a mis en place plusieurs mesures pour tenir ses promesses. Le président des États-Unis a notamment créé un groupe de travail dédié à ce sujet, dirigé par Bo Hines.   

Il s’agira désormais de rester attentif au fil des mois, afin de voir si des mesures concrètes en ressortent. Enfin, ajoutons que la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme financier américain, est désormais dirigé par Mark T. Uyeda, favorable aux cryptomonnaies, contrairement à son prédécesseur Gary Gensler.   

Décembre 2024 : Bitcoin atteint les 100 000 dollars   

Les facteurs énoncés précédemment, couronnés par l’élection de Donald Trump participent à expliquer la hausse du prix du bitcoin, et le passage tant attendu des 100 000 dollars.  

En un an à peine, le bitcoin est passé de 42 000 $ au 1er janvier 2024, à 73 000 deux mois après l’annonce des ETF, puis à plus de 90 000 $ à la suite de l’élection de Donald Trump. Avant de conclure l’année en beauté avec un prix le plus haut* à 106 000 $.   

*ATH, acronyme de l’expression « All Time High » fait référence au « prix le plus haut » d’un actif, en français.   

Février 2025 : Bitcoin chute en dessous de 80 000 dollars  

Pourtant, nous verrons dans un prochain article que cette hausse s’en est suivi quelques mois plus tard, dès le début de l’année 2025, d’une nouvelle baisse. Alors que le marché et les investisseurs commençaient à s’habituer à un bitcoin à six chiffres, celui-ci redescend.  

Et il n’est pas le seul. Car rappelons-le, si bitcoin est considéré comme le métronome du marché crypto, de nombreuses autres cryptomonnaies sont également en jeu, notamment les altcoins qui ne répondent pas toujours aux attentes des investisseurs.  

Nous y consacrerons un nouvel article dans quelques jours, afin de suivre l’évolution de ces classes d’actifs et des réglementations du marché à l’international.  


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4 ETF pour investir dans les grandes capitalisations européennes

Investir en bourse peut sembler complexe, mais les ETF (Exchange Traded Funds) offrent une solution accessible et efficace pour diversifier son portefeuille. Parmi eux, les ETF sur les actions européennes à grande capitalisation attirent particulièrement l’attention des investisseurs souhaitant miser sur les plus grandes entreprises du continent.

Quels sont les meilleurs choix pour tirer parti du potentiel des grandes capitalisations européennes ? Décryptage.

Pourquoi choisir un ETF sur les grandes capitalisations européennes ?

Les grandes entreprises européennes jouent un rôle majeur sur la scène économique mondiale. Ces sociétés, souvent bien établies, bénéficient d’une solidité financière et d’une stabilité accrue par rapport aux petites et moyennes entreprises. Les ETF qui répliquent des indices composés de ces géants permettent aux investisseurs de s’exposer à un large éventail de secteurs tout en réduisant le risque spécifique lié à une seule entreprise.

Critères de sélection des meilleurs ETF

Avant d’investir, il est essentiel d’évaluer plusieurs critères clés :

  • Frais de gestion : Plus ils sont faibles, plus l’ETF est intéressant à long terme.
  • Volume des transactions : Un ETF avec une liquidité élevée facilite l’achat et la vente des parts.
  • Tracking Error : Un bon ETF doit répliquer fidèlement la performance de son indice de référence.
  • Encours sous gestion : Un montant élevé est souvent gage de stabilité et d’une gestion efficace.
  • Mode de réplication : Certains ETF utilisent une réplication physique (achat des actions de l’indice), tandis que d’autres optent pour une réplication synthétique (via des produits dérivés). La réplication physique est généralement préférée pour une meilleure transparence.

Les ETF incontournables sur les actions européennes à grande capitalisation

Voici une sélection de quelques ETF parmi les plus performants et populaires du marché :

  1. iShares Core MSCI Europe ETF
    • Réplication de l’indice MSCI Europe, qui couvre des entreprises majeures comme Nestlé, Roche ou LVMH.
    • Frais de gestion attractifs et forte capitalisation.
  2. Xtrackers Euro Stoxx 50 ETF
    • Se concentre sur les 50 plus grandes entreprises de la zone euro.
    • Idéal pour les investisseurs cherchant une exposition aux leaders du marché européen.
  3. Lyxor Stoxx Europe 600 ETF
    • Offre une diversification plus large avec 600 entreprises couvrant l’ensemble des secteurs.
    • Une option équilibrée pour ceux qui souhaitent diversifier encore davantage leur portefeuille.
  4. Amundi MSCI Europe ETF
    • Suivi efficace du MSCI Europe avec des frais réduits.
    • Un bon compromis entre performance et coût.

Quel ETF choisir selon son profil d’investisseur ?

  • Investisseur prudent : Un ETF répliquant un indice large comme le Stoxx Europe 600 permet de minimiser les risques grâce à une diversification accrue.
  • Investisseur dynamique : Un ETF plus concentré comme le Euro Stoxx 50 peut offrir de meilleures performances sur le long terme en misant sur les leaders européens.
  • Investisseur orienté coût : Les ETF avec les frais de gestion les plus bas (comme ceux d’Amundi ou iShares) sont à privilégier pour maximiser les rendements nets.

Comment investir dans un ETF ?

Pour acheter un ETF, il suffit d’avoir un compte-titres ou un plan d’épargne en actions (PEA) selon les dispositifs disponibles dans votre pays. Les ETF se négocient directement en bourse comme des actions classiques, ce qui signifie qu’il est possible de passer un ordre d’achat ou de vente à tout moment durant les heures d’ouverture des marchés.

Il est également recommandé d’adopter une stratégie d’investissement à long terme, notamment par des achats réguliers (à travers une stratégie de « dollar-cost averaging ») afin de lisser les fluctuations du marché et maximiser les chances de rendement.

Si vous êtes intéressé par l’investissement et que vous souhaitez investir dans vos premiers ETF avec une plateforme fiable et reconnue, inscrivez-vous sur Trade Republic dès aujourd’hui !

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Investir dans un ETF d’actions européennes à grande capitalisation est une solution judicieuse pour diversifier son portefeuille tout en bénéficiant de la solidité des plus grandes entreprises du continent. Avant de faire son choix, il est primordial de comparer les frais, la liquidité et la composition de l’indice répliqué.

En adoptant une approche réfléchie, ces ETF peuvent constituer un excellent levier pour une stratégie d’investissement à long terme.


Disclaimer : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements en ETF et autres produits financiers comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.

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L’histoire du Trading : Du cri des Bourses aux algorithmes modernes

L’histoire du trading est une fascinante épopée marquée par l’innovation, la passion et une quête incessante de l’efficacité.

De ses origines modestes dans les marchés de marchandises aux plateformes de trading digital d’aujourd’hui, le trading n’a cessé d’évoluer, transformant profondément la manière dont les investisseurs interagissent avec les marchés financiers.

Les origines du Trading

Les premiers échanges remontent à l’Antiquité, lorsque les marchands se rencontraient pour troquer des biens. Toutefois, c’est véritablement au début du XVIIe siècle que le trading moderne voit le jour avec la création de la Bourse d’Amsterdam en 1602, destinée à financer les expéditions de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Cette innovation marque la naissance des actions et des obligations, jetant ainsi les bases d’un système financier structuré.

L’émergence des Bourses modernes

Au fil des siècles, les places boursières se multiplient et se professionnalisent. Londres et New York deviennent les épicentres mondiaux du trading. Le développement des échanges sur le parquet – avec des cris et des gestes symboliques – illustre l’époque où l’intuition, la rapidité d’exécution et le sens du contact humain étaient essentiels. Ces marchés traditionnels ont façonné la culture du trading, marquée par une rigueur et une passion pour l’analyse en temps réel.

L’avènement de l’ère informatisée

L’arrivée des ordinateurs dans les années 1970 et 1980 révolutionne la finance. La transmission électronique des ordres permet une rapidité et une précision inédites. Des systèmes comme NASDAQ émergent, offrant une alternative aux échanges sur le parquet et ouvrant la voie à l’essor du trading algorithmique. Ce tournant technologique a transformé l’accès aux marchés en permettant le traitement de données massives et en automatisant des stratégies complexes.

La révolution d’internet et l’avènement des plateformes en ligne

Les années 1990 voient l’explosion d’Internet, qui démocratise l’accès au trading. Des plateformes en ligne telles que IG simplifient l’interface entre l’investisseur individuel et les marchés mondiaux. Ces outils modernes offrent :

  • Des interfaces intuitives et interactives
    La visualisation en temps réel des cours et des graphiques permet aux traders d’analyser le marché avec une précision accrue.
  • Des outils d’analyse avancés
    Les indicateurs techniques et les analyses fondamentales intégrées dans ces plateformes aident à prendre des décisions éclairées.
  • L’accessibilité mondiale
    Un simple smartphone ou un ordinateur permet aujourd’hui à des millions de personnes d’investir sur les marchés, brisant ainsi les barrières traditionnelles du trading réservé aux professionnels.
  • La gestion automatisée des risques
    Grâce aux ordres stop-loss, aux alertes personnalisables et aux algorithmes, les plateformes modernes offrent un contrôle du risque en temps réel, un aspect devenu indispensable dans un marché volatil.

Cet article est sponsorisé par IG, un acteur incontournable du domaine qui a traversé le temps en développant une plateforme solide, sécurisée et efficace ! Si vous êtes intéressé par le trading ou que vous souhaitez en savoir plus, inscrivez-vous sur IG dès aujourd’hui via ce – LIEN -.

IG offre des outils d’analyse technique avancés et une interface conviviale pour vous aider à maximiser vos opportunités de trading.


Les innovations récentes et l’avenir du Trading

Au XXIe siècle, l’innovation ne cesse de redéfinir les contours du trading. Les avancées en intelligence artificielle et en apprentissage automatique permettent désormais aux traders d’optimiser leurs stratégies par le biais d’algorithmes capables d’analyser des volumes de données bien supérieurs à ceux gérés par l’homme. Par ailleurs, l’émergence des cryptomonnaies et de la technologie blockchain a ouvert de nouveaux horizons, bouleversant les modèles financiers traditionnels.

L’essor du trading social – où les investisseurs partagent leurs stratégies sur des plateformes collaboratives – témoigne d’un désir croissant de transparence et de collaboration. Cette tendance, combinée à l’accessibilité offerte par les applications mobiles, redéfinit le paysage financier en rendant le trading plus interactif et participatif.

En somme, l’histoire du trading est le reflet d’une évolution constante, passant d’un art pratiqué dans les salles boursières traditionnelles à une science digitale accessible à tous. À l’heure où l’intelligence artificielle, le trading algorithmique et la blockchain transforment encore le secteur, l’avenir du trading promet de nouvelles innovations qui continueront de faire évoluer cette discipline passionnante.

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Trump, Poutine et Xi : la nouvelle partie d’échecs qui redéfinit l’ordre mondial

Le rapprochement du président Trump à la Russie avec le président russe Vladimir Poutine, est motivée en partie par un désir stratégique de creuser un fossé entre Moscou et Pékin.

La rapidité avec laquelle Trump s’est activée pour commencer les négociations avec la Russie concernant la guerre en Ukraine a été vertigineuse, stupéfiant les Européens et laissant entrevoir la possibilité d’une rupture de l’unité de l’OTAN. L’Ukraine a jusqu’à présent été tenue à l’écart des négociations.

La position conflictuelle de Trump envers le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été un choc politique pour l’Ukraine et l’Europe. En particulier, l’administration Trump, intentionnellement ou non, a adopté la rhétorique de la Chine au cours des trois dernières années, qualifiant la guerre russo-ukrainienne de simple « conflit » et promouvant la paix par le biais de négociations avec la Russie.

Cette approche a été mise en avant pour la première fois par la Chine en février 2023 et a depuis été agressivement promue par les médias contrôlés par l’État et les canaux diplomatiques, y compris par l’envoyé spécial Li Hui.

Aujourd’hui, l’administration Trump a remanié cette stratégie de manière plus unilatérale, avec une différence essentielle : dans le cadre des négociations russo-américaines, l’Ukraine et l’Europe sont largement exclues du processus de prise de décision. Le sort de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine est discuté à huis clos, sans sa participation.

On peut établir un parallèle historique avec la conférence de Yalta du 11 février 1945, lorsque Roosevelt, Churchill et Staline décidèrent de l’ordre d’après-guerre sans consulter la Chine, alors affaiblie par la guerre civile.

Les exigences de l’Union soviétique furent satisfaites dans l’accord de Yalta, qui lui accorda le contrôle de la Mongolie extérieure, l’accès aux ports de Mandchourie et une influence sur le chemin de fer chinois de Changchun. À l’époque, Chiang Kai-shek déplorait que « la Chine ait été réellement vendue à Yalta ».

Aujourd’hui, l’Ukraine est confrontée à une situation similaire, car son avenir est débattu sans sa participation directe. Si les responsables chinois n’ont pas ouvertement critiqué cette exclusion, ils ont salué l’intensification du dialogue entre la Russie et les États-Unis, ce qui montre que Pékin préfère la patience stratégique.

Les mesures prises par Trump ont inclus un appel téléphonique avec Vladimir Poutine, une réunion de haut niveau entre ses responsables diplomatiques de la sécurité nationale et leurs homologues russes en Arabie saoudite, et l’envoi du secrétaire au Trésor Scott Bessent et de Keith Kellogg, un général à la retraite, à Kiev pour faire pression sur l’Ukraine afin qu’elle commence à faire des concessions.

Qui plus est, les entreprises américaines pourraient tirer profit de l’alignement des États-Unis sur la Russie et sur les entreprises russes, comme l’ont déclaré certains responsables russes lors des récentes négociations entre l’Arabie saoudite et l’administration Trump. Mais les États-Unis pourraient également bénéficier économiquement de l’accord proposé par l’administration Trump avec l’Ukraine pour donner aux États-Unis la moitié des 11 500 milliards de dollars estimés en terres rares ukrainiennes.

Trump a également vivement critiqué publiquement le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le qualifiant de « dictateur » qui s’accroche au pouvoir et le rendant responsable de l’agression russe en premier lieu. Cette approche marque un tournant radical dans la politique américaine à l’égard de l’Ukraine depuis le début de la guerre. Sous Joe Biden, Washington a poursuivi une stratégie combinant un soutien indéfectible à l’Ukraine avec un isolement diplomatique et des sanctions financières contre le gouvernement de Poutine.

Maintenant, les États-Unis traitent désormais Moscou comme une grande puissance dans les relations internationales, et privilégie un aspect pragmatique dans la diplomatie, donc le fait de savoir discuter avec tout le monde.

Une dynamique similaire se joue entre les États-Unis et le dirigeant autoritaire de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, allié de la Russie dans la guerre en Ukraine. Loukachenko est proche de la Russie et de la Chine. L’administration américaine cherche à assouplir les sanctions sur les banques biélorusses et les exportations de potasse, un ingrédient clé des engrais, en échange de la libération des membres de l’opposition politique biélorusse emprisonnés.

Il y a plus de 1 200 prisonniers politiques en Biélorussie. Cette stratégie de politique étrangère américaine vise à donner à Loukachenko la possibilité de devenir moins dépendant économiquement de la Russie et de la Chine.

Ce changement de cap a des répercussions non seulement sur les relations des États-Unis avec la Russie et l’Ukraine, mais aussi sur leurs relations avec l’OTAN et l’UE. Les piliers des relations transatlantiques, qui ont été mis à rude épreuve pendant des décennies, sont désormais mis à rude épreuve.

Andrea Kendall-Taylor, directrice du programme de sécurité transatlantique au CNAS, affirme qu’il est devenu évident que la priorité de Trump est de « mettre fin à la guerre à tout prix », sans tenir compte des ramifications.

En effet, les experts en politique étrangère ont qualifié cette manœuvre de « Nixon inversé », après la décision du président américain au début des années 1970 de renverser la politique américaine et de se rapprocher de la Chine dans le but d’approfondir le fossé entre Mao Zedong et l’Union soviétique. Ce choix a réinitialisé la géopolitique de la guerre froide et a préparé le terrain pour le développement économique de la Chine.

Cependant, il sera difficile de séparer la Russie et la Chine, les deux puissances ayant déclaré en 2022 qu’elles entretenaient une amitié « sans limites ». Les deux pays ont renforcé leur coopération militaire et de renseignement et ont aligné leurs politiques étrangères. La Chine fournit à la Russie un soutien économique essentiel, notamment des puces informatiques et des machines-outils utilisées dans les industries militaires.

De fait, la Chine aide la Russie à renforcer sa base industrielle de défense à une telle échelle que Moscou entreprend actuellement son expansion la plus ambitieuse en matière de fabrication militaire depuis l’ère soviétique, selon des responsables militaires de l’administration Biden.

Le soutien fourni par la Chine comprend des quantités importantes de machines-outils, de moteurs de drones et de turboréacteurs, ainsi que de technologies pour les missiles de croisière, la microélectronique et la nitrocellulose, que la Russie utilise pour fabriquer du propulseur pour les armes, ont déclaré les responsables.

Des entités chinoises et russes travaillent également conjointement pour produire des drones en Russie, a déclaré l’un des responsables.

Pour preuve de l’approfondissement du partenariat sino-russe : en 2023, 90 % des importations russes de microélectronique provenaient de Chine, que la Russie a utilisée pour produire des missiles, des chars et des avions, a déclaré un deuxième responsable.

La production russe de munitions d’artillerie en pleine expansion est due en grande partie à la nitrocellulose en provenance de Chine, ont indiqué des responsables. Cela intervient alors que la Russie semble en passe de produire près de trois fois plus de munitions d’artillerie que les États-Unis et l’Europe,  a rapporté CNN plus tôt cette année .

Au-delà du matériel de défense, la Chine aide la Russie à améliorer ses capacités satellitaires et autres capacités spatiales destinées à être utilisées en Ukraine, et fournit des images à la Russie pour sa guerre contre l’Ukraine, ont déclaré les responsables.

Le soutien de la Chine compense les revers importants subis par l’industrie de défense russe au début de la guerre en Ukraine en raison des sanctions américaines et des contrôles à l’exportation.

Les liens militaires étroits entre la Chine et la Russie resteront forts. Ces activités ont été centrales dans leurs relations depuis la fin de l’ère soviétique, les deux pays organisant régulièrement des exercices conjoints. À l’irritation de certains pays de l’OTAN, leurs marines ont mené des manœuvres en Méditerranée et dans la Baltique.

Un exercice impliquant environ 10 000 soldats russes et chinois dans le nord-ouest de la Chine en 2021 a été le premier à inclure un centre de commandement et de contrôle conjoint, avec les Russes utilisant des armes chinoises. Cependant, à mesure que la balance des pouvoirs penche en faveur de la Chine, de nombreux analystes prévoient que les échanges militaires seront de plus en plus adaptés aux besoins de la Chine.

Les États-Unis et leurs alliés craignent que la Russie ne facilite la modernisation et l’expansion de l’arsenal nucléaire chinois. « Les armes nucléaires sont un domaine où la Chine estime que la Russie possède encore des capacités supérieures dans certains domaines et bénéficie d’une expérience opérationnelle et de formation plus riche« , a déclaré Zhao Tong du Carnegie Endowment for International Peace à Pékin.

En outre, des plans sont en cours pour des blocs commerciaux sans droits de douane, de nouveaux systèmes de paiement et des routes commerciales alternatives contournant les zones sous contrôle occidental. Cette nouvelle entente couvre des domaines où les liens sont déjà solides, d’autres où la collaboration est partielle, et certaines questions restent non résolues.

Les sanctions ont entraîné un changement radical dans les relations commerciales entre la Russie et la Chine, qui est devenue un pilier économique essentiel, a considérablement renforcé les liens commerciaux avec son voisin du nord. En 2023, les deux pays ont accumulé 240 milliards de dollars d’échanges bilatéraux , atteignant ainsi plus tôt que prévu l’ objectif de dépasser les 200 milliards de dollars d’échanges bilatéraux d’ici 2024, un exploit salué par Poutine et Xi.

C’est ce qui a conduit la Chine à se classer comme le premier partenaire commercial de la Russie, a déclaré Poutine en 2023, son assistant présidentiel confirmant plus tard aux médias d’État russes que le pays avait dépassé l’Union Européenne (UE) pour prendre cette place .

Alors que l’UE a réduit ses achats de carburant russe et limité ses exportations allant des produits de haute technologie aux équipements de transport, la Chine a renforcé ses propres exportations de biens industriels et commerciaux vers le pays, tels que des véhicules, des machines et des appareils électroménagers, comme le montrent les données et les déclarations officielles.

La Russie est également devenue le principal fournisseur de pétrole de la Chine, dépassant l’Arabie saoudite, selon les données commerciales officielles chinoises.

Mais la Chine n’est pas la seule à profiter du besoin de la Russie de trouver de nouveaux marchés pour son carburant, l’Inde faisant également partie des acheteurs qui ont augmenté leurs importations au lendemain de la guerre.

Lorsque Richard Nixon et son conseiller à la sécurité nationale, Henry Kissinger, ont changé de cap sur la politique à l’égard de la Chine au début des années 1970, ils ont exploité un conflit existant entre Moscou et Pékin.

Après tout, la Chine et l’Union soviétique s’étaient livrées une guerre frontalière en 1969 et s’étaient mutuellement accusées de s’écarter des enseignements communistes. La coopération ultérieure entre Washington et Pékin a contribué à éroder l’influence mondiale de l’Union soviétique.

« Ce qui se passe actuellement est l’inverse du ‘Nixon inversé’ », a déclaré Evan Feigenbaum, ancien haut fonctionnaire du Département d’État, aujourd’hui au Carnegie Endowment for International Peace, un groupe de réflexion de Washington.

Trump « tente de briser une entente entre deux puissances qui ont des affinités idéologiques et des intérêts stratégiques communs », a-t-il déclaré. « Au lieu de cela, il a divisé l’Occident, tandis que la Russie s’aligne simultanément sur les États-Unis et sur la Chine. »           

De fait, en se tournant vers la Russie et en se détournant de l’Ukraine, Washington s’aliène déjà ses alliés en Europe, qui sont collectivement le plus grand partenaire commercial et le premier investisseur étranger des États-Unis. Le revirement soudain de la politique étrangère américaine pourrait également effrayer les partenaires en Asie que les États-Unis souhaiteraient avoir à leurs côtés en cas de conflit avec la Chine.

En outre, lors d’un discours prononcé au Forum sur la sécurité d’Halifax en novembre, l’amiral de la marine américaine Samuel Paparo, commandant du commandement indo-pacifique, a déclaré que Pékin et Moscou avaient une « symbiose transactionnelle » et que « penser que nous serons en mesure de creuser un fossé entre eux est un fantasme ».

Il existe une autre dynamique, plus fondamentale, qui limite la marge de manœuvre de Poutine : si la relation de la Russie avec la Chine est stratégique et permanente, tout rapprochement avec Washington est intrinsèquement temporaire, du moins tant que les États-Unis restent une démocratie.

Après tout, Trump ne sera plus à la Maison Blanche dans quatre ans, et Poutine doit prendre en compte la probabilité que la prochaine administration américaine bascule tout aussi brusquement dans la direction opposée. Même les élections de mi-mandat de l’année prochaine pourraient modifier la politique américaine.

Ainsi, contrairement à une Washington en proie aux crises, la Chine est de loin plus stable en matière de politique étrangère. Poutine ne bougera pas le petit doigt pour nuire aux intérêts de la Chine dans l’espoir de réparer ses liens avec Trump.

« La Russie sait que la Chine est son voisin géant, que le Parti communiste chinois continuera à la diriger aussi longtemps que la Russie peut le prévoir – et que s’aliéner la Chine crée un danger mortel pour la Russie », a déclaré Alexander Gabuev, un expert des relations sino-russes qui dirige le Carnegie Russia Eurasia Center à Berlin.

En plus de cela, avant de se précipiter dans les bras de la Chine en 2014, à la suite de la guerre en Ukraine, le Kremlin a, pour la première fois de son histoire, mené une étude inter-agences sur les risques potentiels d’un partenariat avec Pékin. Les résultats ont dissipé bon nombre des inquiétudes de Moscou. Il s’avère que Moscou n’a pas à craindre une colonisation chinoise insidieuse de la Sibérie : la population chinoise y ne dépasse pas 300 000 habitants, et ce chiffre est en baisse à la suite de la forte dévaluation du rouble.

De plus, Pékin ne procède plus à de l’ingénierie inverse sur les armes russes. Au contraire, les exportateurs d’armes russes craignent que leur fenêtre d’opportunité en Chine ne se réduise en raison des avancées de Pékin en matière de recherche et développement. La vente du système de missiles sol-air S-400 et des avions de chasse Su-35, une idée taboue il y a à peine trois ans, témoigne d’un changement majeur de politique.

Moscou a également découvert que l’empreinte économique croissante de Pékin en Asie centrale est là pour durer : les cinq pays de la région produisent des matières premières, et la Chine est le seul gros acheteur.

En matière de gouvernance mondiale, les dirigeants chinois et russes ont plus en commun entre eux qu’avec les États-Unis. Ils partagent le désir de façonner un ordre international qui valorise la souveraineté et limite l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures, condition indispensable à la protection de leurs systèmes politiques autoritaires.

« Les relations sino-russes sont uniques, elles ont une base solide et des liens institutionnels forts au cours des dernières décennies », a déclaré Yu Bin, chercheur principal au Centre d’études russes de l’Université normale de Chine orientale à Shanghai.

Yu a souligné les efforts des deux pays pour promouvoir le multilatéralisme et développer leurs propres organisations internationales comme les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai, ainsi que la nécessité de maintenir la stabilité de leurs propres frontières. « Je ne pense pas qu’aucune des deux parties laisserait tomber cela parce que Trump est là pour quatre ans », a-t-il déclaré.

Au contraire, la Chine craint « qu’une fois que la Russie et les États-Unis auront réglé leurs différends et atteint un certain degré de paix en Ukraine, cela permettrait à l’administration Trump de tourner son attention vers la Chine », a déclaré Yu.

Toutefois, cela ne veut pas dire que Poutine ne s’engagera pas. Les ouvertures de Trump offrent la perspective d’obtenir de Washington ce que ses armées n’ont pas pu obtenir en trois ans de guerre : un changement de régime à Kiev et le retour de l’Ukraine, et peut-être d’autres régions d’Europe, dans la sphère d’influence de Moscou.

« Je ne vois pas pourquoi la Russie n’empocherait pas tout ce que Donald Trump lui apporte sur un plateau, de manière imméritée, tout en maintenant le lien étroit avec la Chine », a déclaré Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales, un think-tank parisien qui conseille le gouvernement.

En outre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï V. Lavrov, a déclaré après la réunion de mardi 11 février qu’il y avait « un grand intérêt » dans la salle « pour supprimer les barrières artificielles au développement d’une coopération économique mutuellement bénéfique », une référence apparente à la levée des sanctions américaines.

Pour le Kremlin, l’un des principaux représentants de la mentalité pécuniaire de M. Trump a été M. Dmitriev, un jeune allié de Poutine et ancien banquier spécialisé dans le développement d’entreprises russes dans le monde. Il a des liens étroits avec le dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, et il a fait avancer le développement et la distribution mondiale du vaccin russe contre le Covid-19, Spoutnik V.

En 2016, M. Dmitriev a tenté d’utiliser ses contacts commerciaux pour établir un canal détourné vers M. Trump au nom de la « réconciliation » entre les États-Unis et la Russie, selon le rapport sur l’ingérence russe dans l’élection de cette année-là rédigé par Robert S. Mueller III, le procureur spécial.

Durant le premier mandat de M. Trump, cette réconciliation n’a jamais eu lieu. Cette fois, M. Dmitriev a déjà eu plus de chance.

Steve Witkoff, l’envoyé de M. Trump au Moyen-Orient, a félicité M. Dmitriev et le prince Mohammed pour leur rôle dans la libération par la Russie, la semaine dernière, de Marc Vogel, un enseignant américain emprisonné à Moscou. Lors des entretiens de mardi, M. Dmitriev faisait partie de la délégation russe, utilisant des interviews avec des médias occidentaux pour promouvoir les opportunités commerciales dans le secteur pétrolier russe et dans l’Arctique.

« La voie économique permet la diplomatie, la communication, les victoires et les succès communs », a déclaré M. Dmitriev. « Et nous avons vu que le président Trump est déterminé à réussir. »

Il a déclaré que les compagnies pétrolières américaines avaient « réellement bénéficié du secteur pétrolier russe », ajoutant : « Nous pensons qu’à un moment donné, elles reviendront. » Le document qu’il a apporté lors de la réunion de mardi avec les États-Unis montre que les secteurs ayant subi les plus grandes pertes parmi les entreprises américaines ayant quitté la Russie étaient « l’informatique et les médias », avec 123 milliards de dollars, et « la consommation et la santé », avec 94 milliards de dollars.

Alors que les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Russie, avant le début des sanctions liées à l’Ukraine en 2014, étaient minimes par rapport aux échanges avec la Chine ou l’Union européenne, les grandes entreprises énergétiques ont réalisé d’énormes investissements, et les entreprises américaines de biens de consommation et de technologie considéraient la Russie comme un marché important.

M. Dmitriev a déclaré que le calcul prenait en compte non seulement les ventes à rabais et les dépréciations, mais aussi les « profits perdus ». Les entreprises occidentales qui ont quitté la Russie ont officiellement déclaré plus de 100 milliards de dollars de pertes depuis le début de la guerre, et nombre de leurs actifs les plus précieux ont été vendus à des conditions onéreuses dictées par l’État russe.

D’ailleurs, le professeur Sisheng Zhao de l’Université de Denver a fait écho à ces inquiétudes, soulignant qu’une détente entre la Russie et les États-Unis sous une seconde administration Trump pourrait perturber la stratégie de « Front uni anti-hégémonique » de Pékin. Si Washington réussissait à éloigner Moscou de Pékin, la Chine pourrait se retrouver de plus en plus isolée dans sa rivalité géopolitique avec les États-Unis.

Alors que la Chine observe avec une certaine appréhension le pivot de Trump vers la Russie, elle profite également d’une manne stratégique : ses deux principaux objectifs en Europe, soutenir le régime de Poutine et séparer le reste de l’Europe des États-Unis, des objectifs qui s’excluaient mutuellement jusqu’à présent, ​​sont soudainement à portée de main.

Alors que Washington se moque de Zelensky et des dirigeants européens, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a évoqué la nécessité de respecter le droit international et la charte des Nations Unies. Il a récemment décrit l’Ukraine comme « un ami et un partenaire » lors de sa rencontre avec son homologue ukrainien.

Effectivement, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité de cette année, la délégation chinoise, autrefois considérée avec scepticisme, s’est montrée plus efficace que ses homologues américaines.

Le plaidoyer du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi en faveur d’un monde multipolaire et son appel à une paix négociée en Ukraine, qui incluait explicitement l’Europe dans les discussions, ont contribué à combler les écarts entre Pékin et les décideurs politiques européens.

Ce moment pourrait être l’occasion pour la Chine de reconstruire ses relations avec l’UE, en particulier dans un contexte où l’unité transatlantique est confrontée à de nouvelles tensions. On peut s’attendre à ce que la Chine lance une nouvelle offensive de charme. Contrairement à l’unilatéralisme de Trump, le format de résolution des conflits de la Chine, le groupe des « Amis de la paix », qui inclut la participation des pays du Sud, pourrait désormais gagner en popularité.

Les observateurs présents à la Conférence de Munich sur la sécurité ont également noté que le discours de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait adopté un ton plus doux à l’égard de la Chine cette année.

Elle a reconnu la nécessité pour l’Europe de s’adapter à l’évolution de la dynamique des puissances mondiales et a souligné l’importance de renforcer l’autonomie stratégique du continent, ce qui correspond dans une certaine mesure à l’appel de longue date de la Chine en faveur d’une politique étrangère européenne plus indépendante.

L’évolution de la dynamique de pouvoir entre les États-Unis, la Chine et la Russie remodèle la réalité géopolitique de l’Ukraine. Si la diplomatie transactionnelle de Trump cherche à affaiblir les liens sino-russes, une véritable rupture reste peu probable compte tenu de la profonde méfiance mutuelle.

Pour l’Ukraine, sa résilience reste son atout le plus fort, même si elle est mise à l’écart des décisions clés concernant son avenir. L’unité nationale ukrainienne continue de se renforcer, tout comme la position intérieure de Zelensky.

Pendant ce temps, l’Europe a accepté la réalité selon laquelle cette guerre est avant tout un problème européen, et non mondial.

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L’investissement passif : peut-on vraiment gagner de l’argent sans rien faire ?

L’investissement passif séduit de plus en plus d’investisseurs, attirés par l’idée de faire fructifier leur capital sans y consacrer trop de temps. ETF, immobilier, dividendes… Les options sont nombreuses, mais peut-on réellement générer des revenus sans effort ? Décryptage des stratégies et des pièges à éviter.

1. Qu’est-ce que l’investissement passif ?

L’investissement passif consiste à placer son argent dans des actifs qui génèrent des rendements réguliers sans nécessiter une gestion active quotidienne. Contrairement au trading ou à la spéculation, cette approche repose sur le temps et la capitalisation.

2. Les meilleures stratégies pour un investissement passif réussi

a) Les ETF : l’option favorisée des investisseurs long terme

Les ETF (exchange traded funds) permettent d’investir dans un panier d’actions ou d’obligations en une seule transaction, avec des frais réduits et une gestion automatique. Des indices comme le S&P 500 ou le MSCI World offrent une exposition globale et performante sur le long terme.


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b) L’immobilier locatif : un revenu passif à condition d’être bien géré

Investir dans l’immobilier locatif permet de générer des loyers réguliers. Pour minimiser la gestion, des solutions comme la location meublée, la gestion locative déléguée, ou l’investissement dans des SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) peuvent être intéressantes.

c) Les actions à dividendes : gagner sans revendre

Certaines entreprises versent des dividendes réguliers à leurs actionnaires. Investir dans des sociétés à fort rendement en dividendes permet de générer un revenu complémentaire sans avoir à vendre ses actions.

d) Les revenus issus des produits financiers innovants

  • Crowdlending : prêter de l’argent à des entreprises via des plateformes spécialisées.
  • Crypto-staking : générer des rendements en bloquant des cryptomonnaies sur des protocoles spécifiques.
  • Assurance-vie en gestion pilotée : laisser des professionnels gérer vos placements pour vous.

3. Les limites et risques de l’investissement passif

Bien que séduisant, l’investissement passif n’est pas sans risque :

  • Volatilité des marchés : même un portefeuille bien diversifié peut subir des baisses en cas de crise.
  • Fiscalité : certains revenus passifs sont taxés différemment, il faut optimiser sa stratégie fiscale.
  • Frais cachés : même les solutions passives ont des coûts qu’il faut surveiller.

Conclusion : un mythe ou une réalité ?

L’investissement passif permet effectivement de générer des revenus réguliers, mais il ne signifie pas “gagner de l’argent sans rien faire”. Il faut choisir les bons actifs, les ajuster au fil du temps et être patient. Avec une stratégie bien définie, c’est un excellent moyen de bâtir un patrimoine et d’atteindre l’indépendance financière.

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Trump convoite les terres rares en Ukraine, un enjeu stratégique majeur

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi 3 février qu’il souhaitait un accord accordant aux États-Unis l’accès aux ressources en terres rares de l’Ukraine en échange d’une aide militaire et économique continue à Kiev.

Il n’était pas immédiatement clair si Trump utilisait le terme « terres rares » pour désigner tous les types de minéraux critiques ou uniquement les terres rares.

Les terres rares sont un groupe de 17 métaux utilisés pour fabriquer des aimants qui transforment l’énergie en mouvement pour les véhicules électriques, les téléphones portables et autres appareils électroniques. Il n’existe aucun substitut connu.

Cette proposition semble s’inscrire dans la stratégie développée par l’Ukraine pour approfondir ses liens avec l’administration Trump en permettant aux États-Unis d’accéder aux minéraux essentiels utilisés dans les industries de haute technologie.

De fait, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a présenté les grandes lignes du plan à Trump à New York en septembre dernier pendant la campagne électorale américaine. Il comprend le partage de ressources naturelles essentielles avec des partenaires occidentaux, le remplacement des troupes américaines en Europe par des forces ukrainiennes et l’octroi à Trump de pouvoirs de filtrage des investissements pour bloquer les intérêts commerciaux chinois en Ukraine.

Plusieurs médias ukrainiens ont rapporté lundi que le soi-disant plan de victoire que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a élaboré et partagé avec les dirigeants américains  l’année dernière incluait une discussion sur le partage de ces minéraux avec les alliés.

Mais les terres contenant ces ressources doivent rester sous contrôle ukrainien pour que cela se produise et c’est un point que Kiev a souligné, selon des rapports du Kyiv Independent et de RBC-Ukraine , qui ont tous deux cité des sources anonymes au sein du bureau de Zelenskyy.

D’ailleurs, les remarques de Trump sur les gisements de terres rares de l’Ukraine reflètent également son appel antérieur à l’annexion du Groenland, dans lequel certains pensaient que la richesse minérale de l’île, prometteuse mais inexploitée, selon le Pulitzer Center, était la raison derrière le pari de Trump sur le Groenland.

Klaus Dodds, professeur de géopolitique à Royal Holloway, Université de Londres, a récemment déclaré à CNN qu’il pensait que Trump avait l’intention de réduire sa dépendance à la Chine grâce aux vastes gisements minéraux du Groenland.

« Je pense que le Groenland a vraiment pour objectif de tenir la Chine à l’écart », a déclaré Dodds à ​​CNN, faisant référence à la domination actuelle de la Chine sur la production mondiale de terres rares.

Le gouvernement ukrainien a été proactif dans l’attraction des investissements étrangers pour développer ses ressources en minéraux critiques. Ces dernières années, l’Ukraine a signé des partenariats stratégiques et organisé des forums d’investissement afin de mettre en avant les opportunités de son secteur minier.

Par exemple, le Partenariat stratégique UE-Ukraine sur les minéraux critiques, signé en juillet 2021, vise à combler le déficit d’exploitation minière en Europe en développant 100 projets axés sur 10 matières premières critiques.

L’Ukraine a également commencé à mettre aux enchères des permis d’exploration pour des minéraux tels que le lithium, le cuivre, le cobalt et le nickel, offrant ainsi des opportunités d’investissement lucratives. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à accélérer la transition écologique de l’Europe et à soutenir la reprise économique de l’Ukraine.

En effet, Kiev possède de vastes réserves de titane, de minerai de fer et de charbon, ainsi qu’environ 500 000 tonnes de lithium inexploité, dont la valeur collective est estimée à des dizaines de milliers de milliards de dollars. L’Ukraine se classe également parmi les premiers producteurs mondiaux de minéraux.

En outre, le pays abrite 117 des 120 minéraux les plus utilisés, un fait qui n’échappe pas à la Russie. L’Ukraine possède les plus grandes réserves d’uranium d’Europe et de titane, les deuxièmes plus grandes réserves de minerai de fer et de manganèse, et les troisièmes plus grandes réserves de gaz de schiste.

Dès lors, la diversité des zones géologiques de l’Ukraine en fait l’un des 10 premiers fournisseurs mondiaux de ressources minérales, détenant environ 5 % du total mondial. La nation d’Europe de l’Est compte environ 20 000 gisements minéraux couvrant 116 types. Avant la guerre en 2022, 3 055 de ces gisements (15 %) étaient actifs, dont 147 gisements métalliques et 4 676 gisements minéraux non métalliques.

L’Ukraine est un important fournisseur potentiel de terres rares, notamment de titane, de lithium, de béryllium, de manganèse, de gallium, d’uranium, de zirconium, de graphite, d’apatite, de fluorite et de nickel. Malgré la guerre, l’Ukraine détient les plus grandes réserves de titane d’Europe (7 % des réserves mondiales). Elle est l’un des rares pays à exploiter des minerais de titane, essentiels pour les industries aérospatiale, médicale, automobile et marine.

Avant février 2022, l’Ukraine était un fournisseur clé de titane pour le secteur militaire. Elle possède également l’une des plus grandes réserves confirmées de lithium d’Europe (estimées à 500 000 tonnes ), vital pour les batteries, la céramique et le verre. L’Ukraine est le 5e producteur mondial de gallium, essentiel pour les semi-conducteurs et les LED, et est un producteur majeur de gaz néon, fournissant 90 % du néon hautement purifié de qualité semi-conductrice pour l’industrie américaine des puces électroniques.

Qui plus est, l’Ukraine dispose de gisements confirmés de béryllium, un élément crucial pour l’énergie nucléaire, l’aérospatiale, l’armée, l’acoustique et l’électronique, ainsi que d’uranium, essentiel aux secteurs nucléaire et militaire. Le zirconium et l’apatite sont essentiels à la production nucléaire et médicale. Le pays est également connu pour ses importantes réserves de minerai de fer et de manganèse de haute qualité, qui sont essentielles à la production d’acier vert. L’Ukraine a fourni 43 % des importations de tôles d’acier de l’UE en 2021.

L’Ukraine dispose également d’importantes réserves de métaux non ferreux tels que le cuivre (4e rang en Europe), le plomb (5e rang), le zinc (6e rang) et l’argent (9e rang). Des gisements de nickel (215 000 tonnes) et de cobalt (8 800 tonnes) se trouvent dans les régions sécurisées de Kirovohrad et de Dnipropetrovsk.

Les réserves de graphite de l’Ukraine représentent 20 % des ressources mondiales. Le pays se classe également parmi les 10 premiers au monde pour les minéraux, notamment le brome, le magnésium métallique, le manganèse, la tourbe, la fonte et le kaolin, entre autres.

Dans le même temps, plus de 70 % du montant total provient de trois régions seulement : les régions de Donetsk et de Louhansk (qui sont partiellement occupées par la Russie), ainsi que la région de Dnipro.

En outre, géographiquement, la plupart des gisements de terres rares, y compris les gisements substantiels de béryllium, de niobium et de tantale, semblent concentrés à Kruta Balka à Zaporizhzhia, à Shevchenko à Donetsk et aux champs de Polokhivske à Dobra, qui se trouvent tous dans ou à proximité des zones occupées par la Russie.

« Le contrôle des ressources minérales fait désormais partie de la guerre », a déclaré Mustafa Nayyem, ancien directeur de l’agence d’État ukrainienne pour la restauration et le développement des infrastructures. Le pays ne se bat pas seulement pour son territoire, a-t-il ajouté, « mais aussi pour le droit de gérer ses richesses stratégiques, ce qui pourrait être un facteur crucial de son redressement ».

L’institut géologique américain (US Geological Survey) considère que 50 minéraux sont essentiels à l’économie et à la défense nationale du pays, notamment plusieurs types de terres rares, le nickel et le lithium.

Selon Bloomberg, la Chine représente environ 80 % des importations américaines de métaux de terres rares, qui sont nécessaires à la production de divers biens, des smartphones aux avions de chasse. Les États-Unis ne disposent que d’une seule mine de terres rares en activité et d’une capacité de traitement très limitée, même si plusieurs entreprises travaillent à développer des projets dans le pays.

La Chine est le premier producteur mondial de terres rares et de nombreux autres minéraux essentiels. Selon l’US Geological Survey, la Chine produit plus de 80 % des terres rares et des composés de la planète. Elle détient environ 37 % des réserves mondiales et fournit 78 % des importations américaines.

En 2022, une nouvelle étude menée par le SecDev révèle que des hydrocarbures et des minéraux essentiels d’une valeur de plus de 12 000 milliards de dollars se trouvent dans les zones occupées par la Russie en Ukraine. La valeur totale des ressources nationales de l’Ukraine est estimée à plus de 26 000 milliards de dollars.

Ces chiffres, rapportés dans un article exclusif du Washington Post, suggèrent qu’une quantité considérable de richesses ukrainiennes réelles et potentielles, mesurées par les gisements, se trouve actuellement entre les mains de la Russie. 

Mais la rapidité et l’efficacité avec lesquelles l’Ukraine pourra finaliser ces accords restent incertaines. Lors d’une conférence à Kiev la semaine dernière, des chefs d’entreprise et des parlementaires ukrainiens ont souligné qu’il restait encore beaucoup à faire pour évaluer la valeur réelle des minéraux essentiels du pays. Et des obstacles administratifs et législatifs freinent toujours les investissements étrangers dans le secteur.

De plus, les avancées russes sur le champ de bataille ont permis aux troupes de Moscou de s’emparer d’importantes réserves de terres rares en Ukraine, et elles se rapprochent rapidement d’autres réserves. Les forces russes se trouvent actuellement à moins de sept miles d’une importante réserve de lithium dans la région de Donetsk, au sud-est de l’Ukraine.

En effet, la Russie cherche à dégrader et déstabiliser de manière permanente l’Ukraine et à compromettre la viabilité du pays en tant que partenaire économique de l’Europe et du reste du monde. Malgré la défense vigoureuse de l’Ukraine, les frappes de missiles russes, les attaques au sol et l’occupation militaire ont déjà profondément perturbé la production et l’exportation de minéraux, d’hydrocarbures et de produits agricoles essentiels de l’Ukraine, en particulier dans l’est et le sud. Certaines des plus grandes sociétés minières ont cessé ou arrêté leur production.

Non seulement la Russie fait dérailler la productivité économique de l’Ukraine à court et moyen terme, mais elle accroît également l’incertitude concernant les investissements actuels et futurs. Par exemple, l’Europe se préparait à diversifier ses importations de terres rares et de lithium de la Chine vers l’Ukraine pas plus tard que début 2022, mais ces projets ont été abandonnés pour l’avenir prévisible.

De fait, plus la guerre se prolonge, plus il est probable que la Russie mette fin au statut de superpuissance de l’Ukraine dans les secteurs minier et agricole. Cela contribuera à la hausse des prix de toute une série de matières premières et compromettra la transition vers les énergies renouvelables. 

Si la sécurité régionale et les griefs historiques motivent Poutine à occuper de vastes étendues de l’Ukraine, cette guerre est aussi motivée par une forte logique économique sous-jacente. Au minimum, les dirigeants russes ont l’intention d’éroder la capacité de l’Ukraine à produire et à exporter du pétrole et du gaz , des produits agricoles essentiels et d’autres matières premières.

De fait, environ 80% des réserves de pétrole, de gaz naturel et de charbon de l’Ukraine se trouvent dans la région du Dniepr-Donetsk, qui a été la principale cible des opérations militaires russes. Tout aussi important, l’Ukraine est considérée comme possédant les deuxièmes plus grands gisements de gaz naturel d’Europe, estimés à 1,2 billion de mètres cubes de réserves prouvées, et peut-être jusqu’à 5,4 billions de mètres cubes, dont une grande partie se trouve dans la région offshore désormais contestée de la mer Noire.

D’ailleurs, près de 80 % des gisements de charbon ukrainiens se trouvent dans des régions occupées par la Russie . L’ensemble de l’anthracite ukrainien, ou charbon noir, qui a une forte densité énergétique, est actuellement sous contrôle russe. Cela signifie que l’Ukraine est obligée d’importer du charbon de pays comme les États-Unis et l’Afrique du Sud.

Ces importations sont particulièrement coûteuses en raison du blocus russe des ports ukrainiens de la mer Noire . Les ressources sont donc acheminées vers des ports de Pologne ou de Roumanie voisins, puis transportées par voie ferrée.

En plus de détruire des installations et malgré les accords récents visant à ouvrir des livraisons limitées depuis l’Ukraine, la Russie refuse l’accès aux ports et vend le maïs et les céréales capturés sur les marchés internationaux. Elle est également susceptible de tirer de généreux bénéfices des ressources minières agricoles annexées.

La plupart des exportations agricoles, minérales et d’hydrocarbures ukrainiennes transitent par les principales villes portuaires de la mer Noire et de la mer d’Azov, notamment via Marioupol et Odessa.

Mais ces ports étant attaqués ou occupés, peu de navires entrent ou sortent d’Ukraine. Des centaines de navires ont été bloqués depuis le début de la guerre et la plupart des compagnies maritimes et de conteneurs ont suspendu leurs activités car elles ne peuvent pas obtenir d’assuranceLes ports étant fermés, le reste est expédié par voie terrestre , avec des volumes plus faibles et des coûts plus élevés

Ainsi, au minimum, la Russie punira l’Ukraine sur le plan économique en limitant sa capacité à extraire, traiter, raffiner et exporter des ressources naturelles. Au fil du temps, la Russie pourrait également commencer à exploiter elle-même certaines d’entre elles.  

Alors, la guerre en Ukraine entraîne des conséquences directes sur la sécurité énergétique occidentale et l’accès aux terres rares. Les pays occidentaux envisageaient activement d’investir dans le pétrole et le gaz ukrainiens en 2013 et dans les terres rares en 2021. L’annexion de la Crimée par la Russie début 2014 et la guerre en Ukraine en 2022 ont mis un terme à ces efforts.

Effectivement, au moment de l’annexion de la Crimée en 2014, l’Ukraine était en pourparlers avec les entreprises anglaise et américaine Shell et Chevron pour développer les réserves de la mer Noire, des projets qui ont été avortés en raison des actions de la Russie. La mer Noire est une source énorme de gaz naturel qui a été découverte à l’époque soviétique.

De cette façon, la prise de contrôle de la Crimée par la Russie en 2014 et d’une grande partie du reste de la côte ukrainienne de la mer Noire cette année signifie que Moscou contrôle désormais environ 80 % des énormes gisements d’hydrocarbures offshore ukrainiens, dont plus de 37 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

Par conséquent, à moins qu’ils ne diversifient rapidement leurs sources de pétrole et de gaz et ne se tournent vers les énergies renouvelables et le nucléaire, les pays européens resteront dangereusement dépendants des hydrocarbures russes. De même, l’Europe restera également très dépendante de la Chine pour les terres rares, un pays qui fournit déjà la région à 98 % de son approvisionnement actuel. 

En définitive, la Russie a des avantages stratégiques et économiques en refusant à l’Ukraine l’accès à ses vastes ressources agricoles et minières. La baisse des rendements de la production alimentaire et minière a des conséquences dévastatrices sur l’économie ukrainienne, diminuant sa capacité à attirer des investissements, à accéder au crédit et à rembourser ses prêts.

Elle contribuera également à la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant en Ukraine et dans le monde entier. Ainsi, en réduisant la capacité de l’Ukraine à exporter des produits agricoles et minéraux, la Russie a également tout à gagner de la hausse des prix des matières premières, puisqu’elle exporte également une grande partie des mêmes produits que son voisin.  

D’ailleurs, Zuzanna Nowak, de l’Institut polonais des affaires internationales, a déclaré qu’elle croyait également que la motivation première de la guerre était enracinée dans le mythe d’une « Grande Russie » et dans le patriotisme, mais elle ne pouvait s’empêcher de remarquer comment la ligne historique de la guerre et la carte de bataille actuelle peuvent être liées aux ressources.

« Tous les problèmes que nous avons vus depuis 2014 ont toujours été liés à la question de la libéralisation du marché ukrainien du gaz », a déclaré Nowak, qui a également noté que l’Ukraine dispose d’un énorme potentiel de stockage d’hydrocarbures et que les dirigeants européens étaient intéressés à le développer pour améliorer la capacité globale de l’Europe.

Mais il est trop simpliste de dire que la guerre en Ukraine est uniquement une question de ressources. Cela étant dit, « toutes les guerres sont en fin de compte liées à une certaine forme de ressource », a déclaré Rafal Rohozinski, le fondateur de SecDev.

Il a déclaré qu’il était difficile d’ignorer les bénéfices économiques que la Russie tirerait d’une victoire dans la guerre et du partage des richesses minérales et en hydrocarbures de l’Ukraine.

« Les zones d’occupation, non seulement maintenant mais depuis 2014, englobent vraiment la partie orientale du pays, qui, ce n’est pas une coïncidence, se trouve également être l’endroit où se trouve la plus grande dotation en ressources naturelles de l’Ukraine », a déclaré Rohozinski.

Il a décrit les gisements de terres rares comme « le véritable joker », alors que de nombreux pays s’efforcent discrètement de sécuriser leur propre approvisionnement. 

L’idée que Moscou considère son voisin comme une menace économique stratégique ne doit pas être écartée, et Rohozinski estime que plus la guerre se prolonge, plus la Russie ressentira le besoin de trouver un avantage pour justifier le coût énorme.

« Une grande partie de la stratégie de sécurité de la Russie au cours des deux dernières décennies s’est construite sur ces deux piliers que sont la sécurité militaro-politique, mais aussi la sécurité énergétique », a-t-il déclaré. 

Par conséquent, l’objectif militaire annoncé par la Russie de conquérir les régions orientales et les côtes méridionales de l’Ukraine n’est pas une coïncidence. Ces régions, y compris la partie ukrainienne de la mer Noire, aujourd’hui principalement contrôlée par la Russie, représentent environ la moitié du pétrole conventionnel ukrainien, 72 % de son gaz naturel et presque toute sa production et ses réserves de charbon.

La majeure partie des minéraux essentiels de l’Ukraine, en particulier les terres rares qui sont aujourd’hui très demandées, se trouvent également à Donetsk et dans d’autres régions d’Ukraine occupées ou menacées par la Russie.

La Russie a commencé à s’intéresser à deux gisements de lithium ukrainiens. On estime qu’il en existe quatre dans le pays. L’un d’eux, Kruta Balka, se trouve dans la région de Zaporijia, occupée par la Russie depuis le printemps 2022. L’autre, Shevchenko, se trouve dans la région de Donetsk, à quelques kilomètres seulement de la ligne de front.

Un certain nombre de cultures agricoles essentielles pour alimenter les marchés mondiaux, notamment le blé, le maïs, l’orge et l’huile de tournesol, sont récoltées dans l’est et le sud-est de l’Ukraine. La guerre a non seulement perturbé la production de ces ressources, mais elle a également interrompu l’approvisionnement en intrants vitaux, bloqué les voies d’exportation et rendu les investissements futurs incertains.

De la sorte, non seulement les zones d’extraction d’hydrocarbures, d’exploitation minière et de production agricole sont affectées par les combats, mais leurs perspectives sont incertaines en raison des destructions, des dégâts et du manque d’investissements à grande échelle.

En déstabilisant ou en occupant les principales zones de production de l’Ukraine, la Russie est en mesure d’obtenir un degré élevé d’influence et de contrôle sur une part importante des matières premières mondiales, notamment les denrées alimentaires, l’énergie et les minéraux stratégiques sur lesquels repose la transition énergétique verte.

Par conséquent, comme l’a récemment déclaré Murray Brewster, journaliste spécialisé dans la défense à CBC News, la fin de la guerre « a le potentiel de sécuriser l’avenir économique de l’Ukraine ou de la Russie pour le siècle prochain ». Le contrôle du Kremlin sur ces réserves minérales essentielles changerait la donne, permettant à la Russie d’accroître son influence sur de multiples facettes du spectre de la sécurité énergétique des pays occidentaux.

Cependant, le contrôle de ces réserves n’est pas synonyme de leur commercialisation immédiate, car les processus d’extraction et de raffinage ne sont pas des tâches simples. De fait, bien que bénéficiant des quatrièmes plus grandes réserves de terres rares au monde, la Russie a toujours eu du mal à développer sa production dans ce secteur. Bien que le pays soit un important fournisseur mondial de palladium, de scandium et de titane, ainsi qu’un important vendeur de nickel et de cobalt, il n’était pas perçu comme l’un des principaux acteurs sur les marchés mondiaux, dominés en premier lieu par la Chine.

En 2020, le Kremlin a promis l’équivalent de 1,5 milliard de dollars d’investissements dans les terres rares, pour tenter de devenir le deuxième producteur mondial après la Chine, d’ici 2030. Mais les fruits de cette initiative n’ont pas encore été concrétisés.

Enfin, la quête de Donald Trump pour les métaux stratégiques en Ukraine illustre une fois de plus la centralité des ressources naturelles dans les rivalités géopolitiques contemporaines.

Derrière les discours de soutien ou de prudence vis-à-vis de Kiev se cachent des intérêts économiques et industriels colossaux, notamment autour des terres rares et autres métaux critiques essentiels aux technologies de défense et aux industries de pointe.

Si l’Ukraine constitue un enjeu stratégique pour l’Occident dans sa confrontation avec la Russie, elle représente aussi une opportunité pour les États-Unis de sécuriser leur approvisionnement en ressources clés, réduisant ainsi leur dépendance à la Chine.

La posture de Trump, oscillant entre isolationnisme et pragmatisme économique, pourrait redéfinir les rapports de force dans la région, tout en mettant en lumière les tensions entre souveraineté nationale et impératifs industriels globaux.

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Votre épargne dort ? Voici comment la mettre au travail !

L’épargne est essentielle pour faire face aux imprévus et préparer l’avenir. Mais si elle reste simplement sur un compte bancaire à faible rendement, elle perd de la valeur avec l’inflation. Alors, comment optimiser son épargne et la faire fructifier ?

Voici quelques pistes pour mettre votre argent au travail efficacement.

1. Comprendre l’impact de l’inflation

L’inflation dévalue progressivement la valeur de votre épargne. Par exemple, avec une inflation de 3 % par an, 10 000 € d’épargne aujourd’hui auront une valeur réelle inférieure dans 10 ans. Il est donc crucial de rechercher des placements offrant un rendement au moins équivalent à l’inflation.

2. Optimiser son épargne de précaution

Avant d’investir, assurez-vous d’avoir une épargne de sécurité, soit l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes. Cette somme doit être facilement accessible, placée sur un compte à vue ou un livret épargne offrant un minimum de rendement, comme le Livret A ou le LDDS.

3. Diversifier ses investissements

Une fois l’épargne de précaution constituée, il est temps d’envisager des placements plus dynamiques. Voici quelques options :

a) Les livrets et comptes à terme

Des solutions comme le Livret A, le LDDS ou les comptes à terme garantissent la sécurité de l’argent avec un faible rendement, mais restent un bon complément à court terme.

b) L’assurance-vie

Un outil de préparation à long terme avec deux grands types de supports :

  • Les fonds en euros : capital garanti mais rendement faible (~2 % en moyenne).
  • Les unités de compte (UC) : plus risquées mais potentiellement plus rentables.

c) Le Plan d’Épargne en Actions (PEA), les actions et les ETF

Investir en bourse via un PEA ou un compte-titres permet d’accéder aux marchés financiers avec un cadre fiscal avantageux (exonération d’impôt sur les plus-values après 5 ans pour le PEA).

  • Les actions : elles offrent un potentiel de rendement élevé sur le long terme, mais avec une volatilité plus importante. Idéal pour les investisseurs ayant une bonne tolérance au risque.
  • Les ETF (Exchange-Traded Funds) : ces fonds indiciels permettent d’investir dans un large panel d’actions en répliquant un indice boursier (S&P 500, MSCI World, etc.). Ils offrent une diversification immédiate, des frais réduits et sont adaptés aux stratégies d’investissement passives.

d) L’immobilier locatif

Investir dans l’immobilier via l’achat locatif ou des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) offre une source de revenus passifs tout en profitant d’une valorisation du bien sur le long terme.

e) L’investissement en obligations et crowdfunding

Les obligations (corporate ou souveraines) offrent des rendements modérés avec un risque plus faible que les actions. Le crowdlending permet d’investir directement dans des entreprises ou des projets avec des rendements souvent attractifs.


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4. Adopter une stratégie d’investissement adaptée

a) Définir son profil d’investisseur

Êtes-vous prudent, équilibré ou dynamique ? La répartition de vos placements dépendra de votre tolérance au risque et de votre horizon de placement.

b) Investir progressivement

Le DCA (Dollar-Cost Averaging) consiste à investir une somme régulière, quel que soit le contexte du marché, réduisant ainsi le risque de mauvais timing.

c) Optimiser la fiscalité

Utilisez les avantages fiscaux de certains placements (PEA, assurance-vie, SCPI en nue-propriété) pour limiter la pression fiscale sur vos gains.

Conclusion

Ne laissez pas votre épargne dormir ! Avec une approche adaptée à votre situation, il est possible de faire fructifier votre capital tout en gérant intelligemment les risques. L’essentiel est de diversifier et de commencer progressivement. Alors, par où allez-vous commencer ?