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Entreprises Nos analyses

DISNEY est durement frappé par la crise … mais en profite avec Disney+ !

DISNEY a annoncé un chiffre d’affaires du premier trimestre supérieur à celui de l’année précédente. En revanche, les bénéfices ont chuté puisque la pandémie a impacté plusieurs segments d’activité les plus performants de la société.

  • Bénéfice par action (ajusté): 60 cents contre 86 cents estimés, 1,61 $ sur un an
  • Chiffre d’affaires: 18,01 milliards de dollars contre 17,68 milliards de dollars estimés
  • Le titre de la société perdait 2,74% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse à New York.

«L’impact de COVID-19 et les mesures visant à empêcher sa propagation affectent nos segments de plusieurs façons, notamment dans les parcs, les expériences et les produits où nous avons fermé nos parcs à thème et magasins de détail, suspendu les croisières et les visites guidées des navires de croisière et a connu des perturbations de la chaîne d’approvisionnement », selon le communiqué de la société.

Le roi de « l’entertainement » estime à 1,4 milliard de dollars l’impact négatif de la crise sanitaire et économique sur ses activités, dont 1 milliard rien qu’avec les parcs d’attraction et croisières, segment représentant 30% des recettes.

C’est également logique lorsque l’on pense aux fermetures des frontières, au confinement et à la réticence des gens qui ne veulent ou ne peuvent plus voyager ou emmener leur famille dans un endroit bondé, la fréquentation des parcs nationaux de Disney, estimée à 83 millions de visiteurs en 2019, a bel et bien diminué fortement en 2020.

Des mesures ont été prises par la CFO, Christine McCarthy, qui a déclaré aux analystes que la société renoncerait au paiement du dividende semestriel prévu pour juillet. Ce qui permettra de préserver 1,6 milliards de dollars en cash, supposant que le dividende était resté constant à 88 cents par action.

Disney prévoit aussi de voir ses dépenses en capital baisser de 400 millions de dollars par rapport à l’année passée.

Quid de la production ?

La pandémie a également eu un impact sur le segment de production audiovisuelle. Cette unité a tout de même connu un chiffre d’affaires en hausse de 20% par rapport à l’année précédente pour atteindre 2,54 milliards de dollars, tandis que le résultat d’exploitation a baissé de 13% pour atteindre 466 millions de dollars.

En ce qui concerne le service de streaming de Disney, Dinsey +, et le service de streaming sportif ESPN+, ont démontré une activité positive avec une énorme quantité de nouveaux abonné(e)s au cours du dernier trimestre, profitant ainsi du confinement et concurrencer davantage le géant du streaming Netflix.

ESPN+ a vu son nombre d’abonné(e)s augmenter de 20%, atteignant 7,9 millions de personnes, tandis que la société a précisé que Disney + avait su engranger plus de 54,5 millions d’abonné(e)s cette semaine. Rappelons que ce service n’a été lancé que très récemment aux Etats-Unis.

Les actions de Disney ont baissé d’environ 30% pour l’année à ce jour jusqu’à la clôture de mardi, sous-performant par rapport à la baisse de 11% du marché dans son ensemble. Malgré tout Mickey garde le sourire…

Par Hamza NAQI

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Bourse Nos analyses

Les Traders utilisent souvent les CFD, nous vous expliquons ce que ça signifie !

Quelle image a-t-on de la bourse ? Parmi les réponses données par les non-initiés nous pourrions tomber sur celle-ci : « la bourse ? Avec les actions ? C’est trop risqué, je peux tout perdre. Non, la bourse ce n’est pas pour moi ! » ou « La bourse ? C’est pour acheter beaucoup d’actions et devenir riche ! »

Ce type de réaction peut s’expliquer par une multitude d’éléments qui font appel à la logique, les émotions ou les croyances des individus. Ils peuvent également être créés ou renforcés par ce que l’on entend ou voit autour de nous, notamment dans les médias. Ce qui nous amène à un constat : la forte médiatisation des actions par rapport aux autres produits financiers.

On le sait, le sensationnel attire le public… Et quoi de plus « captivant » que de voir le prix d’une action s’envoler ou dégringoler en l’espace d’une journée ? Des gens crient, d’autres pleurent, des fortunes sont détruites, bref, c’est riche en émotions. Et bien que les marchés financiers englobent plusieurs autres catégories de produits, comme les obligations ou les produits dérivés, c’est généralement les actions qui font la une de la presse financière.

Cependant, peut-on pour autant dire que les personnes qui font ces raccourcis ont tort ? Oui et non.

« La bourse » est avant tout un lieu où se rencontrent l’offre et la demande. L’objectif est de standardiser les conditions d’échanges pour faciliter les transactions. Dès lors, en théorie, il peut y avoir une bourse à n’importe quel endroit du monde (elle ne sera pas forcément réglementée).

Et puisque les bourses elles-mêmes peuvent avoir des caractéristiques différentes, il en va de même pour les produits financiers échangés. Aux côtés de produits très « classiques » comme les actions, obligations, futures, nous retrouvons également des produits plus « exotiques », comme celui qui nous intéresse aujourd’hui, les Contract for Differences (CFD).

Les CFD font partie de la catégorie des « produits dérivés ». Ils ont plusieurs types de sous-jacent comme les actions, les indices, les matières premières ou même des crypto-monnaies.

Ces contrats sont créés par des courtiers, qui en fixent les règles, dont celle de leur rémunération qui est la différence entre le prix d’achat et de vente du contrat (Spread). L’idée est de parier sur l’évolution future du sous-jacent, on dit alors que l’on prend une position à la hausse ou à la baisse.

Quels sont les avantages et inconvénients du CFD ?

Dans des produits hautement spéculatifs, les avantages peuvent aussi être inconvénients. En voici quelques-uns :

– Principaux avantages

  • L’effet de levier: principale raison d’investissement et bien connue des spéculateurs, l’effet de levier permet d’augmenter sensiblement les gains lorsque le sous-jacent varie légèrement. Un effet de levier de 100 permet de doubler sa mise si le sous-jacent varie de % à la hausse.
  • Les produits négociés: vous pouvez acheter des produits peu vendus aux particuliers, comme les matières premières ou les devises.
  • Liquidité et cotation 24/24h : Alors que le marché réglementé impose des horaires pour les transactions (souvent 9 h-16 h), les CFD peuvent s’échanger 24 h/24 avec les courtiers, ce qui garantit une forte liquidité.
  • Simple d’utilisation: les CFD permettent généralement un effet de levier de 10 . Par exemple, si vous achetez 50 CFD APPLE, au lieu d’acheter l’action APPLE coté à 400€, le CFD permet d’investir 2000€ au lieu de 20.000€ pour profiter d’une performance similaire. En effet, si l’action APPLE gagne 1%, le CFD dérivé de APPLE, lui, s’appréciera de 10%.

– L’inconvénient :

  • L’effet de levier: Bien évidemment, il s’agit également de son plus gros défaut. Puisque le CFD tient son principe d’une spéculation sur la direction que prendra le cours du sous-jacent, si l’estimation est incorrecte, la perte est immédiate. Ainsi, pour un levier de 100, une diminution de % du prix suffit pour que l’investisseur perde tout son argent. Vous pouvez même clôturer une position avec une perte plus importante que votre mise de départ et vous devrez donc payer la différence au courtier !

La bourse regroupe une multitude de produits financiers, dont certains font preuve d’une très grande transparence alors que d’autres sont très opaques et peu réglementés. Néanmoins, elle est également un lieu où les personnalités se rencontrent : des personnes patientes qui ont une vision à long terme, et d’autres, dont les yeux rivés sur les cours, jouent chaque jour la totalité de leurs avoirs. Même s’il est tentant de prendre des raccourcis pour s’enrichir rapidement, il ne faut pas oublier que cela peut se retourner très sévèrement contre vous.

Disclaimer : Nous vous rappelons également que Parlons Finance est un média informatif et qu’en aucun cas nos articles ont pour but de conseiller à l’achat un produit financier. L’investissement comporte des risques dont vous êtes responsables. Renseignez-vous ou consultez un conseiller financier.

Par Timur KAZKONDU

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Economie

L’économie américaine au plus mal après 10 années de croissance !

Le Département du commerce américain a publié un rapport dans lequel nous apprenons que l’économie américaine s’est contractée de près de 5% le premier trimestre 2020 alors que l’économie tourne en ralenti, plusieurs milliers d’entreprises ont fermé et que les demandes de chômage ont atteint des niveaux records.

Le PIB américain chute de 4,8% au premier trimestre en rythme annuel alors que la première économie mondiale a connu une décennie de croissance dont la croissance de 2,1% des 3 derniers mois de 2019.

La raison est simple et connue de tous. Il s’agit en effet du contexte actuel de la pandémie ayant poussé l’économie à ralentir considérablement. Cette crise a aussi eu pour conséquence une envolée sans précédent du chômage atteignant plus de 26 millions de personnes en 4 semaines sur une population active d’environ 165 millions.

Toutes les composantes de l’activité, à commencer par la consommation des ménages, qui représente les deux tiers de l’économie américaine, ont fortement reculé.

Les exportations ont, quant à elles, chuté de 8,7% et les importations de 15,3%.

Les chiffres publiés mercredi, qui s’ajoutent à l’explosion des inscriptions au chômage (plus de 26 millions en 5 semaines), pourraient augmenter la pression sur les Etats afin qu’ils redémarrent rapidement leur économie.

Ces chiffre du Trésor nous proviennent au même temps que la Réserve fédérale américaine (Fed) finit ses deux journées mensuelles de réunion ce mercredi. En deux fois, elle a baissé ses taux directeurs à un niveau compris entre 0% et 0,25% pour maîtriser la crise et injecter davantage de liquidité dans le marché.

 A noter que ce soir, le comité de politique monétaire de la FED se prononcera sur sa politique monétaire en publiant son communiqué officiel

Par Hamza NAQI

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Energie

L’industrie pétrolière américaine en deuil !

Alors que nous savions déjà en début de pandémie que des dizaines d’exploitants risquaient la faillite suite à une demande mondiale historiquement basse, nous apprenons qu’une 2ème grosse entreprise du secteur est en faillite !

Avec un baril qui ne se vend pas plus cher que 50 dollars, la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis n’est pas rentable et cela peut causer des dommages considérables. 

En effet, la guerre des prix sur le marché du pétrole entre la Russie et l’Arabie Saoudite a impacté les prix qui se sont vu fondre rapidement et qui a fini par causer la faillite d’une société américaine de forage, le groupe texan Diamond Offshore, spécialisé dans les forages en eaux profondes.

Progression du prix du pétrole WTI. Source: Agence internationale de l’énergie

Ce qui illustre bien les difficultés de l’industrie de l’énergie puisque le groupe a déposé le bilan sous la pression de la « guerre des prix » du pétrole et de la pandémie de coronavirus.

Le groupe, qui revendique 5,8 milliards de dollars d’actifs et 2,6 milliards de dettes, s’est placé sous la protection de la loi des faillites, qui aux Etats-Unis permet de se protéger de ses créditeurs en attendant une éventuelle restructuration.

Les principaux pays producteurs de pétrole ont finalement convenus début avril de réduire leurs extractions de près de 10 millions de barils par jour en mai et en juin. Mais, coronavirus et récession à l’horizon obligent, les prix ne sont pas remontés.
Whiting Petroleum Corporation, spécialisée dans les gisements de schiste dans le Dakota du Nord et dans le Colorado (ouest), avait déjà déposé le bilan fin mars. Et plusieurs grandes majors pétrolières ont drastiquement révisé à la baisse leurs dépenses.

Le président américain, Donald Trump, a demandé à son administration de mettre sur pied un plan d’aide d’urgence à l’industrie du gaz et du pétrole.

Son objectif: sauver les centaines de producteurs américains de pétrole de schiste, pour la plupart basés au Texas, et qui soutiennent le Parti républicain.

D’ailleurs, l’Agence internationale de l’énergie précise que 2020 sera la pire année de l’histoire du secteur…

Par Hamza NAQI

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Banque & Finance Bourse Nos analyses

Que représentent les « Penny stocks », les actions à toute petite valeur ?

Si vous êtes un lecteur assidu de Parlons Finance, ou tout simplement un intéressé par la Finance, vous savez ce que sont les actions mais ici, nous allons nous concentrer davantage sur ce que représentent les Penny Stocks, soit des actions à très faible valeur.

En effet, lorsqu’une entreprise souhaite se développer, elle peut rechercher de nouveaux capitaux en s’adressant aux investisseurs. Après avoir découpé symboliquement la valeur de l’entreprise en parts égales, soit les actions, elle les met en vente aux futurs copropriétaires, les actionnaires.

👉 Comment déterminer le prix d’une action ?

Bien qu’il soit possible, à la suite d’un audit externe, d’évaluer ce que vaut réellement le prix d’une action, ce dernier reflète avant tout les croyances et l’intérêt des investisseurs sur la valeur de l’entreprise.
A-t-elle un bon management ? Est-elle leader dans son secteur ? La croissance sera-t-elle au rendez-vous ? Les bénéfices répondent-ils aux attentes ? Ce sont ce genre de questions que se posent les acheteurs potentiels d’une action.

Dans notre monde très compétitif, les entreprises ne se ressemblent pas. Ainsi, des sociétés faisant partie d’un même secteur peuvent être valorisées très différemment par les courtiers, à l’image de Tesla (726 $ au 23/04/20), Volkswagen (120 $ au 23/04/20) ou Ford (4,96 $ au 23/04/20). Et pour les boursicoteurs, le prix d’une action peut être un critère de choix important, puisque certains se disent : « si le prix est aussi élevé, c’est que c’est une bonne entreprise, non ? »

👉 Mais alors, que sont les penny stocks, Tim ?

J’y arrive cher lecteur… Son nom fait référence aux pennies anglais, l’équivalent de nos centimes d’euro au fond de notre poche. Ainsi, il s’agit d’actions d’entreprises dont la valorisation est tellement faible (généralement sous la barre symbolique du dollar) qu’elles appartiennent à une catégorie spécifique. On en retrouve même à 0,01 $ !

Ces sociétés à faible capitalisation (« small cap » en anglais) ont elles aussi des profils différents :

  • Les anciennes gloires : elles faisaient partie de l’élite avant de tomber dans l’oubli. Ex. : Alcatel-Lucent.
  • Les volontaires : Certaines entreprises veulent réduire au maximum la valeur de leurs actions pour permettre au plus grand nombre d’en acheter.
  • Les bonnes opportunités : Celles dont le potentiel est important, mais encore caché des investisseurs.

En Belgique, nous avons quelques exemples comme Dexia ou Nyrstar.

👉 Cependant, ces actions demandent une attention particulière.

Leur faible valorisation les pousse un peu à l’écart des journaux d’information financière, ce qui crée une opacité sur le secteur. Considérées comme spéculatives, du fait d’une réglementation moins stricte et d’une faible liquidité, elles sont souvent l’objet de malversations (ex. : manipulation de cours).

De plus, la volatilité est très élevée (on peut passer de 5 centimes à 25 centimes en une journée, soit une performance de 400 %), ce qui peut amener à de gros gains ou grosses pertes en très peu de temps.

Le marché des actions permet à de nombreuses entreprises de trouver de nouveaux capitaux. En sollicitant les investisseurs, ces mêmes entreprises se soumettent au jugement, parfois illogique, des marchés financiers. Néanmoins, pour l’initié en bourse, il existe toujours des opportunités à saisir, même si celles-ci se trouvent dans les méandres de la bourse.

Pour conclure, aux États-Unis, le marché des penny stocks est différent de marchés classiques tels que le NYSE et le NASDAQ. Ces titres sont négociés « de gré à gré » (signifiant Over the counter, c’est-à-dire directement entre opérateurs) grâce aux « Pink Sheets » et à l’OTC Bulletin Board.

Par Tim Kazkondu

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Energie Nos analyses

Le monde du pétrole dans la tourmente entre chute des cours (30%) et manque de stockage !

Malgré que l’OPEP ait pris la décision de réduire drastiquement la production de brut, le marché est submergé de pétrole et le prix du baril a plongé à ses niveaux de 1999 !

Avec l’effondrement de la demande de pétrole du à la crise du coronavirus, les restrictions de déplacements, la paralysie de nos économies, la demande en pétrole a chuté et le pétrole s’entasse sur dans les bateaux, les citernes et les raffineries ce qui peut saturer les capacités de stockage, et ce, particulièrement aux États-Unis.

Le prix du baril de pétrole américain (WTI) a plongé en chute libre et a perdu plus de 30% passant sous 13 dollars le baril, son plus bas depuis 1999 ! Les cours subissent de plein fouet l’effondrement de la demande et la saturation des capacités de stockage.

Plus précisément ce baril pour livraison en mai, dont c’est le dernier jour de cotation, est passé de 32,30% à 12,41 dollars un peu avant midi. A titre de comparaison, il valait près de 115 dollars en 2011.

Les premières estimations tablent sur une chute de la consommation de pétrole dans le monde de 20 millions de barils par jour (mb/j) et jusqu’à plus de 30 mb/j pour les plus pessimistes. Avant la pandémie, le marché tournait autour des 100 mb/j.

En effet, le monde du pétrole subit une saturation totale de ses capacité de stockage ce qui mène à un excédent d’or noir dans le monde. Ainsi, tous les pipelines ou tankers en mer sont utilisés comme réserve de pétrole. Les prix de location des navires ont d’ailleurs flambé passant de 30.000 dollars par jour à plus de 150.000 dollars.

Le plus surprenant est d’apprendre, selon Pierre Andurand, gérant de Hedge Fund spécialisé dans le pétrole, qu’« Il n’y a plus de limite à la baisse quand les stocks et les oléoducs sont pleins. Des prix négatifs sont possibles ».

De leur côté, la Chine, l’Inde, la Corée du Sud ou les Etats-Unis tentent de tirer profit de cette chute des cours pour alimenter massivement leurs réserves stratégiques, ce qui permettra de fluidifier et de désencombrer le marché.

Par Hamza NAQI

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Nos analyses

L’histoire à 1.000.000.000$ de la bataille financière entre un Trader et la société Herbalife !

En 2012, Bill Ackman, courtier à New York et gestionnaire du fonds d’investissement Pershing square Capital Management, annonce qu’il va shorter l’action Herbalife, qu’il estime fonctionner sous un modèle pyramidal, et ce, pour un montant d’un milliard de dollars.

Ce pari attire très rapidement les regards de Wall Street, tant par son montant, mais aussi pour la cible de ce pari, Herbalife, qui est alors considéré comme une entreprise prospère. Si vous ne savez pas ce qu’est une action, un fonds d’investissement ou un système pyramidal, vous pouvez retrouver des articles dédiés sur notre site.

👉 Qu’est-ce que « shorter » une action ?

Ce terme provient de l’anglais «  To short », que l’on peut traduire par « vente à découvert » en français. Son principe est simple : un premier investisseur parie que le prix de l’action d’une entreprise va diminuer à l’avenir (des jours, des semaines, des mois, des années…), et souhaite alors profiter de cette baisse pour se faire un peu d’argent.

Cet investisseur pense peut-être que l’entreprise va rencontrer des problèmes à l’avenir, que la valeur de l’action ne représente pas la réalité, ou fait cela par pure spéculation.

Petit problème, le parieur ne possède pas l’action de l’entreprise. Il va alors demander à un autre investisseur qui en détient de lui prêter un ou plusieurs titres, et s’engage à rendre le tout dans un futur (qu’ils auront déterminé ensemble).

Ayant désormais des actions à sa disposition, le premier investisseur va les vendre sur le marché. Si son pari s’avère exact, et que le prix diminue, il pourra racheter ces mêmes actions à un tarif plus faible, qu’il rendra au second investisseur, en empochant une plus-value au passage.

👉 Exemple :

Tom pense que l’action ABC va diminuer à l’avenir. Celle-ci vaut aujourd’hui 100 $. Tom va voir un autre investisseur, Paul, qui possède 100 actions et accepte de les prêter. Il demande à les récupérer d’ici un mois.
Tom, qui possède désormais les actions ABC, va les vendre sur le marché pour un total de 10 000$.

Un mois plus tard, nous retrouvons deux situations :

  • Le prix de l’action ABC est bien descendu à 80 $. Tom en rachète 100 pour un total de 8 000$. Il rend les 100 actions à Paul et se fait un bénéfice de 2 000 $.
  • Le prix de l’action ABC a grimé à 120 $. Tom est obligé de les racheter pour un total de 12 000 $. Son pari lui a fait alors perdre 2 000 $.

Dans notre exemple, la décision de Tom était purement spéculative, ce qui peut lui coûter très cher en cas de situation défavorable. Cependant, il existe d’autres raisons d’investir sur une baisse, et qui n’entrent pas dans la catégorie des paris spéculatifs (c’est le cas des entreprises qui travaillent avec des matières premières et qui veulent se couvrir contre la variation du prix d’achat).

👉 Revenons à notre histoire:

Bill Ackman avait fait le pari que la valeur de l’action Herbalife (aux alentours de 35 $) était bien trop élevée, car les investisseurs s’étaient trompés sur « la vraie nature de la société ». Pour lui, Herbalife était une entreprise « pyramidale, à la limite de l’illégalité, qui se faisait de l’argent sur le dos des immigrés mexicains et des plus pauvres à la recherche d’argent facile ».

Pour étayer ses propos, Bill Ackman fera le tour des plateaux TV, des conférences, des déclarations sulfureuses. Tout était fait pour que les investisseurs n’aient plus confiance en Herbalife. L’objectif était clair : se rapprocher de zéro, car plus la chute était forte, plus le pari rapporterait. De son côté, Herbalife pouvait compter sur un solide CEO, sa forte notoriété et un autre grand investisseur, Carl Icahn (qui détestait Bill Ackman), pour contre-attaquer. Une véritable bataille de Wall Street eut lieu.

L’histoire se termine en 2018 lorsque Bill Ackman décide de boucler son pari perdant, l’action Herbalife ne cessant d’augmenter (elle atteindra près de 60 dollars en 2019). Son fonds d’investissement a subi des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars, mais s’en est vite remis.

En effet, « Shorter » fait souvent l’objet de débats. Au-delà des enjeux financiers, il y a également d’autres aspects qui entrent en jeu, comme les emplois perdus, la panique des investisseurs, l’avidité des parieurs. Il arrive parfois que les gouvernements suspendent temporairement les ventes à découvert pour éviter un effet dévastateur sur les entreprises cibles, afin que le prix de leur action ne fonde pas comme neige au soleil.

Vous vous demandez ce qu’est advenu de Bill Ackman ? Il a récemment gagné 2 600 000 000 $ en pariant que les marchés financiers allaient plonger… à cause du Coronavirus.

Par Tim Kazkondu

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Qu’est-ce que la « Pyramide de Ponzi » ?

En Bourse, tout le monde est à la recherche de la poule aux œufs d’or, ce placement qui rapportera énormément d’intérêts tout en prenant un minimum de risque.

C’est cet appât du gain facile qui a poussé certaines personnes à élaborer un système frauduleux, promettant des retours sur investissement disproportionnés par rapport à ce qu’offre le marché.

Parmi ces arnaqueurs, on y retrouve Charles Ponzi, qui donnera son nom au système, et Bernard Madoff, qui créera la pyramide la plus grande et la plus complexe connue à ce jour.

Mais comment ce système fonctionne-t-il ?

👉 Le système de Ponzi est plus simple à comprendre lorsque nous le comparons à une pyramide.

Le fraudeur, au sommet de la pyramide, sollicite un premier investisseur pour une affaire. Pour éveiller sa curiosité, il lui promet un rendement important en peu de temps (ex. doubler la mise). L’investisseur décide alors de verser 1000 $, en espérant recevoir 2000 $ dans un an. Le fraudeur, s’il veut respecter son engagement, doit trouver 1000 $ d’ici un an. Puisqu’il ne les investit pas (ou très peu) en bourse, il incite d’autres personnes à rejoindre sa pyramide.

L’argent récolté par les derniers sert à rembourser les intérêts des premiers. Et ainsi de suite. Dès lors, on se retrouve dans un système où la croissance est exponentielle, ce qui sera l’une des causes de son effondrement.

Ce système ne s’arrête que lorsqu’un grand nombre de personnes souhaite, en même temps, sortir du fonds. Les premiers chanceux seront remboursés et les derniers constateront qu’il ne leur reste plus rien. Un autre motif peut être le manque de personnes à recruter. Puisque de nouvelles arrivées sont nécessaires pour maintenir la pyramide en place, il arrive un moment où le nombre requis dépasse la totalité des habitants sur notre planète.

  • Charles Ponzi commença son arnaque à Boston, dans les années 1920. Sa proposition était simple : profiter des différences de taux de change entre pays pour acheter des timbres internationaux en Italie (sa terre natale) et les revendre quatre fois plus cher aux États-Unis.

Pourquoi cette idée s’est-elle démarquée des autres ? Ponzi promettait à ses investisseurs un intérêt de 50% en l’espace de trois mois seulement. Verser 1000 $ chez Ponzi devait vous rapporter 5000 $ en un an.

Son arnaque n’a duré que 6 mois, car il y avait plusieurs incohérences. Tout d’abord, la Poste italienne affirma qu’elle n’avait jamais reçu une forte demande de timbres. Ensuite, le rendement de 50% 90 jours proposé par Ponzi était gigantesque par rapport à tout autre type de placement. Enfin, le passé criminel de Ponzi le rattrapa et mit fin à l’aventure d’un homme qui devint millionnaire en l’espace de quelques mois.

👉 L’autre nom associé à la pyramide de Ponzi est Bernard Madoff. Considéré comme un génie de la Finance, pour son apport dans l’informatisation des échanges en Bourse, cet ancien maître nageur devint même président du Nasdaq en 1990.

Son fonds récolta près 50 milliards de dollars (avec un ticket d’entrée de minimum 1 million $) et ne visait que les personnes très fortunées. La promesse de rendement plus modeste, 10% fixe par an, et la falsification des documents envoyés aux clients permirent à la pyramide de tenir quatre décennies.

Ni ses détracteurs ni les enquêtes menées par le gendarme de la Bourse n’ont réussi à démasquer l’immense arnaque d’un homme qui devenait de plus en plus intouchable. C’est la crise de 2008 qui permit cela, quand de plus en plus d’investisseurs réclamèrent leur argent. Madoff purge actuellement une peine de 150 ans de prison et endosse, seul, la responsabilité de cette affaire.

👉 Comment peut-on repérer une telle pyramide ? Plusieurs indices peuvent vous mettre la puce à l’oreille tel que:

  • Une promesse de rendement en décalage avec ce qui est proposé sur les marchés.
  • L’initiateur du projet n’investit pas son propre argent dans l’affaire
  • Il est nécessaire de recruter d’autres personnes pour atteindre l’objectif
  • Vous ne trouvez aucune documentation ou preuve de l’investissement
  • Vous avez du mal à récupérer votre argent en temps voulus.

Avec du recul, cela peut vous paraître évident que ces investissements étaient mensongers, tant les signes étaient nombreux. Cependant, c’est l’art de convaincre (ou de tromper ?) son prochain qui permet à de telles fraudes d’exister.

De nos jours, ces arnaques sévissent toujours, mais les avancées technologiques réduisent considérablement leur durée de vie et leur champ d’application. Ces exemples nous montrent qu’en Finance, il faut parfois revenir à un des fondamentaux des sceptiques qui dit « c’est bien trop beau pour être vrai ».

Par Timur Kazkondu

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Que représentent les agences de notation ? Que font-elles et quel est leur objectif ?

Pour comprendre ce que sont les agences de notations ainsi que leur rôle dans les marchés financiers, faisons un petit rappel de ce que sont les obligations. Une obligation (ou « bond » en anglais) est un titre de créance.

C’est lorsqu’un investisseur prête de l’argent à une entreprise (ou un État, une banque), qui promet de rembourser le capital, majoré d’intérêts.

Cependant, tous ces émetteurs d’obligations (emprunteurs) ne se valent pas, et ne représentent pas le même risque pour les futurs détenteurs (prêteurs). Ce risque, c’est principalement le « risque de défaut », autrement dit la probabilité que l’emprunteur ne puisse pas honorer ses engagements à l’échéance.

C’est là qu’interviennent les agences de notation. Les plus connues sont Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, qui se partagent près de 95 % du marché. Leur objectif est de donner une indication aux investisseurs sur la santé financière de l’émetteur de l’obligation.

  •  L’intérêt ? La prime de risque exigée par les « bondholders » en dépendra.

Prêter de l’argent à l’Allemagne, l’Italie ou l’Argentine n’est pas la même chose aux yeux du marché, et il est nécessaire d’avoir une base sur laquelle les comparer.

Pour classifier les différents émetteurs entre eux, les agences utilisent un classement (Rating) composé de lettres. Pour celles ayant une santé financière « irréprochable », elles obtiendront un triple A (AAA ou Aaa), viendront ensuite celles qualifiées d’excellente qualité (AA), bonne qualité (A), de moyenne qualité (BBB jusque B), celles en risque de défaut (C) et en faillite (D). En deçà d’un certain seuil (souvent BB), les investissements sont jugés « spéculatifs » et les attentes des prêteurs seront plus élevées.

Bien que les agences de notations soient une référence, ils ne sont pas non plus sans défauts. La situation financière d’une entreprise peut changer d’années en années, et les agences de notations peuvent modifier leur note avec un certain décalage dans le temps.

De plus, quelques conflits d’intérêts ont été constatés dans le passé, comme l’attribution automatique d’un triple AAA pour certains produits financiers douteux en contrepartie d’une rémunération plus élevée.

Les indications apportées par les agences de notation sont indispensables, car elles sont adoptées par l’ensemble du marché et leur interprétation est simple à comprendre.

Cependant, l’oligopole (c’est-à-dire la domination qu’ont quelques acteurs sur un marché) que représente le « Big Three » et leur méthode de rémunération posent parfois la question de leur neutralité. Néanmoins, il est préférable pour certains de naviguer avec un compas parfois approximatif plutôt que naviguer à vue.

Par Timur Kazkondu

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Que représente le KIID, ou Key Investor Information Document ?

Pour les personnes qui ne souhaitent pas se satisfaire du maigre rendement qu’apporte le compte d’épargne actuellement, il existe une alternative qui passe par l’investissement en bourse. Celui-ci peut se faire au travers de plusieurs produits financiers comme les actions, les obligations ou les fonds (mélange d’actions et d’obligations), ce qui nous intéresse aujourd’hui.

Le fonctionnement et la gestion de fonds peuvent paraître flous pour certains. C’est pourquoi l’Union européenne a souhaité simplifier la compréhension des caractéristiques des fonds d’investissement vendus aux clients. L’ensemble des informations-clés est regroupé dans un document appelé KIID (Key Investor Information Document).

En 2012, le KIID est introduit en Belgique pour remplacer le prospectus simplifié. Il est composé de deux pages qui reprennent les principales caractéristiques d’un fonds d’investissement (ou OPCVM) comme l’objectif et la politique d’investissement, le profil de risque nécessaire, la classe de risque du produit, les frais liés au placement et les performances du fonds. Pour permettre une comparaison rapide et facile entre les fonds, l’Europe a imposé la standardisation du format du KIID dans toute l’union.

Depuis la crise financière de 2008, le secteur bancaire est tenu d’être plus transparent dans son fonctionnement et ses opérations. Les directives prises comme Bâle, Solvency ou MIFID ne cessent d’évoluer, ce qui est aussi le cas du KIID qui deviendra dorénavant le KID (Key Information Document).

Celui se distingue de son prédécesseur sur plusieurs points:

  • La première différence, et pas des moindres, concerne les produits financiers repris par ce nouveau document. Le KID englobera les fonds, mais également les assurances placements et les produits structurés.
  • Dans le KIID, les rendements du fonds présentés étaient ceux des dernières précédentes. Dans le KID, il s’agira de fournir des rendements futurs basés sur des scénarios (négatifs, neutres, optimistes).
  • Les frais qu’engendre l’investissement sont exprimés en pourcentage annuel dans le KIID. Un investisseur souhaitant récupérer son argent après un an aura une vue précise sur les frais grâce au KID.
  • Une durée de détention est recommandée pour l’investisseur.

L’introduction du nouveau document a été prévue pour fin 2019 — début 2020, et ce changement doit être opéré rapidement par les organismes financiers qui commercialisent les produits concernés.

La Finance est un domaine particulier où des principes simples sont habillés d’un langage technique. Mais l’époque où le client devait faire confiance « les yeux fermés » au flair de son conseiller est révolue. Celui-ci veut connaître, s’impliquer, se renseigner sur la manière dont son argent est géré.

L’ouverture de la Finance ne peut se faire que grâce à une communication transparente et une meilleure implication de chaque partie, et le KIID va dans ce sens.

Par Timur Kazkondu