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Que sont les « obligations perpétuelles » ?

En finance, lorsqu’une entreprise ou un pays souhaite obtenir de nouveaux capitaux, elle peut passer par le marché de la dette, en émettant des obligations (voir l’article dédié sur Parlons Finance).

De nos jours, les taux d’intérêt sont très faibles, ce qui réduit considérablement le gain à réaliser sur les obligations (l’obligation d’État allemand à 10 ans offre un taux de –0,63 % !). Les investisseurs à la recherche d’un meilleur rendement n’ont pas d’autres choix que de se tourner vers des émetteurs plus risqués, des maturités plus longues ou le marché des actions.

Ainsi, en juin 2020, l’Autriche a émis une « century bond » à 100 ans avec un coupon de 0,88 %. Certains d’entre vous pourraient se demander s’il existe une durée encore plus longue que celle-ci. La réponse est oui, il est théoriquement possible de s’endetter pour « l’éternité » avec une obligation perpétuelle.

– Obligation « perpétuelle » ?

Une obligation perpétuelle, ou perpetual bond, est un instrument financier de dette qui n’a pas d’échéance. Autrement dit, le capital de départ n’est pas remboursé, seuls les intérêts sont payés.

Quel est l’intérêt pour l’émetteur ? Il s’agit ici d’une méthode d’endettement « douce » puisque l’entreprise ou le pays qui propose cette obligation ne devra pas rembourser le nominal.

L’intérêt pour l’acheteur est avant tout son souhait d’obtenir une rente régulière. Le taux élevé du coupon ajoute, quant à lui, un autre élément intéressant.

Beaucoup de ces obligations comportent un droit de rachat, appelé « call ». Cette option donne à l’émetteur le droit de racheter l’obligation à un prix et une période déterminée (et donc rembourser anticipativement le détenteur). Puisque le principal atout d’une obligation perpétuelle est la réception des coupons, cette option constitue un possible manque à gagner pour l’acheteur.

– Quels sont les autres points d’attention ?

Ce type de produit, bien qu’il fasse partie de la catégorie des obligations, présente des risques intrinsèques élevés. Voici quelques-uns :

• Risque de coupon : l’émetteur peut, en cas de difficultés financières, décider de diminuer le montant du coupon versé ou tout simplement le supprimer.
• Risque de crédit : l’émetteur peut faire faillite avant le remboursement de sa dette. Dans ce cas, les détenteurs d’obligations perpétuelles sont remboursés après les autres créanciers ou détenteurs d’obligations « classiques ».
• Risque de taux : la hausse des taux d’intérêt a un impact négatif sur le prix des obligations existantes. Plus la durée de l’obligation est longue, plus ce risque est important.
• L’inflation : une augmentation de l’inflation diminue la marge bénéficiaire des coupons versés.
• Autres risques : certaines entreprises émettent des obligations perpétuelles avec une date implicite de remboursement. Toutefois, cette date peut être modifiée ou repoussée maintes fois.

– Comment déterminer le prix d’une obligation perpétuelle ?

Pour cela, nous devons calculer la Valeur Actuelle d’un investissement, autrement dit, la valeur aujourd’hui de l’ensemble des coupons que l’acheteur recevra à l’avenir.

Formule : VA = C/r

C = coupons
r = taux d’intérêt

Ainsi, pour une obligation perpétuelle propose un taux d’intérêt de 1 %, vous devrez apporter un capital de départ de 100 000 € si vous souhaitez obtenir 1000 € de coupon.

—> 100 000 € = 1000 €/0,01

En 2001, l’entreprise biopharmaceutique belge UCB a émis pour 300 millions d’euros d’obligation perpétuelle, offrant un coupon annuel de 7,5 %. Cette opération avait pour but de financier les précédentes dettes. L’obligation a été remboursée en 2016.

Les perpetuals bonds font partie du paysage financier depuis bien longtemps. Nous en retrouvons des traces écrites datant du XXIIe siècle en France et en Espagne. Si pour beaucoup d’émetteurs ce produit est une manière de se financer à un plus faible coût, d’autres mesurent tout le sens du mot « perpétuel ». Ainsi, l’un des records de longévité appartient à la Hoogheemraadschap Lekdijk Bovendams qui verse toujours des coupons d’une obligation émise… en 1648 !

Par Tim KAZKONDU

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Banque & Finance Nos analyses

Tout savoir sur la présence et l’influence du secteur bancaire en Belgique !

Chaque année, Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, publie un rapport chiffré sur le paysage bancaire dans notre pays. C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce secteur qui fait sa mue depuis des années !

👉 Voici 5 chiffres-clés à retenir :

  • 85 : C’est le nombre d’établissements bancaires actifs en Belgique en décembre 2019.

Pour rappel, dans les années 80, la Belgique comptait 176 banques (dont 149 étaient belges). De nos jours, le rapport s’est inversé, car sur les 85 banques, 48 sont européennes (ex. BNP, ING, Deutsche Bank, etc.) et 31 sont belges (ex. KBC, Belfius, etc.). Les quatre plus importantes banques du pays, d’un point de vue du total du bilan, se composent de BNP Paribas, KBC, Belfius et ING.

Rappelons que 2019 est également l’année de nouveaux projets comme la création de la banque coopérative NewB ainsi que la fusion entre AXA Banque et Crelan.

  • 4692 : C’est le nombre d’agences bancaires présentes sur le sol belge.

Il y a encore de cela trente ans, les agences bancaires représentaient des lieux « essentiels » au développement d’une ville. Avec près de 12 750 points de vente partout en Belgique, il était presque inconcevable de ne pas trouver un proche de chez soi, la situation étant plutôt l’inverse avec plusieurs agences dans une même rue.

Mais cela, c’était avant deux évènements majeurs qui marqueront le monde bancaire dans les années 2000 :
La crise financière de 2008 et l’avènement des smartphones.

En effet, avec le développement d’applications mobiles, le client a accès à ses informations bancaires depuis n’importe quel endroit, et ce, à n’importe quel moment. Cette révolution numérique sera en partie responsable de la suppression de 40 % des agences bancaires dans notre pays.

  • 291 milliards : C’est le montant total, en euro, sur les comptes d’épargne belges.

À l’instar du nombre de comptes (38 millions en 2019), les montants présents sur ceux-ci aussi augmentent. C’est surtout le cas pour les comptes d’épargne, passant de 94 milliards en 2000 à 291 milliards en 2020. Bien entendu, la crise du Covid19 a forcé les citoyens à épargner ce qu’ils n’ont pu dépenser durant le confinement.

Le montant moyen sur les comptes à vue serait de 13 000 € et de 15 000 € sur les comptes de dépôt.

  • 8 943 milliards : C’est le montant total de monnaie en circulation dans la zone euro.

La monnaie que l’on retrouve dans l’économie peut être de deux types : il peut s’agir de monnaie centrale ou de monnaie scripturale.

La première est créée par la Banque Centrale Européenne à destination, hors mesures exceptionnelles, des banques commerciales. C’est la fameuse « planche à billets » de la BCE.

La seconde est de la monnaie comptable que créent les banques commerciales à destination des clients. La plupart des transactions se faisant électroniquement, il y a beaucoup plus de monnaie scripturale (7 724 milliards €) que de monnaie centrale (1 219 milliards €).

  • 565 milliards d’euros : Il s’agit du montant total des crédits accordés par les banques en 2019.

Les banques ont pour rôle d’aider au développement de l’économie par l’octroi de crédits. Ces derniers sont mis à disposition des acteurs économiques majeurs, comme les ménages, les entreprises et les entités publiques.

Sur les 565 milliards prêtés, 220 milliards l’ont été pour une durée inférieure à un an tandis que 190 milliards le sont pour des crédits hypothécaires.

La crise du Covid19 a poussé les banques à adopter de nouvelles mesures de soutien à la population, comme le report des paiements de crédit. À ce titre, ce sont plus de 12 milliards d’euros qui sont concernés pour les crédits hypothécaires, 157 millions pour les crédits à la consommation et 24 milliards pour les crédits d’entreprises.

Rappelons également que les banques ne peuvent prêter de l’argent de manière illimitée. La réglementation européenne Bâle III impose de respecter, entre autres, un ratio de liquidité et un besoin de fonds propres (10,5 % du montant des actifs).

Nul doute que le contexte économique actuel, marqué par des taux d’intérêt faibles, va accélérer la transformation digitale du secteur bancaire. Cela se traduira par une approche plus « qualitative » de la relation avec les clients et une fermeture progressive des points de vente.

De nombreuses agences reçoivent uniquement sur rendez-vous, sans pour autant bouleverser les habitudes des Belges. Reviendrons-nous à une situation Avant-Covid19 ? Une chose est sûre, c’est que les chiffres publiés par Febelfin en 2020 seront intéressants !

Par Tim KAZKONDU

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Qu’est-ce qu’une IPO, ou plutôt une introduction en Bourse ?

C’est dans les différentes Bourses mondiales que séchangent les parts de capital d’une entreprise et nous entendons souvent parler d’IPO dans les journaux économiques et financiers sans en savoir exactement la signification, les différents types d’IPO ou encore la manière dont cela se prépare.

Dans cet article, nous allons vous expliquer la notion de Initial Public Offering, traduit par « Introduction en bourse » en français qui n’est autre qu’une opération financière qu’une société X réalise en vue d’ouvrir son capital et de lever des fonds en échange d’actions vendues aux investisseurs intéressés.

Une IPO ne se fait pas en 1 jour ou encore en un mois, c’est dans la majorité des cas une longue paire de manches avec ses difficultés propres qui nécessite énormément de ressources pour sa réalisation.

Il existe en effet plusieurs marchés boursiers sur lesquels une société peut réaliser son entrée en Bourse tel que New York Stock Exchange (NYSE) ou encore Euronext qui détient la bourse de Paris, d’Amsterdam ou encore celle de Bruxelles.

Par exemple, la société Alibaba est entrée au New York Stock Exchange (NYSE) en 2014 et a réussi à lever plus de 20 milliards de dollars.

Les avantages d’une IPO :

  • Lever des capitaux propres permettant son développement ;
  • Acquérir/augmenter sa notoriété/visibilité ;
  • Offrir une liquidité aux actionnaires actuels ;
  • Diminuer le coût du capital ;
  • Rendre les stock-options plus attractives du fait de la liquidité des actions ;
  • Faciliter le financement de futures acquisitions en permettant de les payer en actions.

Les inconvénients d’une IPO :

  • Les différents coûts inhérents tel que les coûts juridiques, comptables et de marketing important liés à l’IPO
  • L’obligation de rendre publiques des informations financières et commerciales de l’entreprise
  • Énormément de travail en amont pour le management
  • Une société admise à la cotation sur un marché public peut faire l’objet d’une OPA ou d’une OPE et être rachetée.
  • Surveillance des autorités de marché

Comment se prépare-t-on à une IPO :

A un moment donné de sa vie, une entreprise fait face à un choix crucial de développement car il s’agit d’une étape importante dans son évolution mais aussi dans ses ambitions de rayonnements que ce soit à l’international ou pas.

Préalablement à sa prise de décision, l’entreprise se doit d’observer le marché qui, selon elle, serait le plus apte pour s’y introduire. Prenons le cas de Euronext qui est la principale place boursière de la zone euro représentant plusieurs milliers de milliards d’euros en capitalisation !

Après s’être renseigné sur le marché boursier le plus prometteur et le plus en ligne avec les ambitions de l’entreprise, il lui est important de s’entourer et de se faire accompagner de plusieurs conseillers d’affaires (banque d’investissement, experts-comptables, avocats et autres).

Ensuite, la société doit enfin préparer sa candidature via une « due diligence » qui permettra d’identifier les risques financiers, juridiques, fiscaux de la société. L’objectif de ces vérifications est notamment d’ajuster le prix de cession de la cible. Dans le cadre d’un IPO, cela aidera à fixer la valeur des titres introduits en bourse.

L’entreprise devra également veiller à accroître sa visibilité au maximum avant de lancer l’IPO lui permettant d’acquérir des investisseurs renseignés et intéressés d’investir.

En espérant que cet article vous ait plu, nous vous invitons à nous rejoindre sur nos différentes plateformes (Facebook, LinkedIn…) où nous publierons un deuxième article qui portera sur les différents types d’IPO qui existent.

Par NAQI Hamza.

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En Bourse, vous pouvez investir dans des fonds négociés (ETF), mais qu’est-ce que ça signifie vraiment ?

Dans la vie de tous les jours, quand on fait référence aux marchés boursiers, la plupart des gens pensent directement aux actions, voire aux obligations. Cependant, il existe également une multitude d’autres titres, dont justement l’ETF.

Un ETF, acronyme de « Exchanged Traded Funds » (ou encore « Fonds négocié en bourse »), est également connu sous le nom de Tracker et ceci pour une raison assez simple.

Les trackers sont des fonds indiciels cherchant à suivre fidèlement un indice boursier comme par exemple le Bel 20. Il a donc la même composition que l’indice boursier qu’il reproduit. Il varie donc à la hausse ou à la baisse de la même manière.

Les fonds négociés en bourse sont disponibles sur les marchés financiers depuis le début des années 1990. Ils constituent l’un des principaux types de fonds d’investissement, aux côtés des fonds d’assurance, des fonds de pension ou encore des fonds spéculatifs. La principale caractéristique qui distingue les ETF des autres fonds d’investissement est qu’ils sont toujours négociés en bourse (comme les actions ordinaires) et que leur prix est déterminé par des opérations « d’achat et de vente ».

L’objectif principal des ETF est donc de reproduire et de répliquer la performance d’un indice ou d’un instrument financier donné, plutôt que de le surpasser.

Par exemple, un investisseur souhaitant obtenir la même performance que l’indice « Dow Jones Industrial Average » pourrait investir dans le « FNB DJIA ». De plus, certains ETF permettent également de suivre l’inverse de la performance d’un indice. Par exemple, si un investisseur pense que le prix de l’argent va chuter, il peut acheter les actions d’un « Inverse Silver ETF » afin de gagner de l’argent sur la baisse des prix de l’argent.

Avantages d’un ETF ?

L’un des avantages d’un ETF est sa facilité d’accès. Car même s’il s’agit d’un fonds d’investissement, ce produit est coté en continu comme une action classique et peut donc être procuré de la même manière qu’un titre classique. 

De plus, autre avantage, les frais des ETF sont en général plus faibles que ceux des fonds actions classiques.

Enfin, les trackers permettent une certaine diversification, qui diminue les risques de perte. En effet, en investissant dans un ETF, une personne investit dans différentes catégories d’actifs à l’aide d’un seul et même titre.

Un autre avantage des ETF par rapport aux fonds communs de placement est leur liquidité. Alors que les fonds communs de placement traditionnels sont achetés et vendus à la clôture de chaque « business day »,  les investisseurs peuvent négocier les ETF à tout moment de la journée, de l’ouverture à la fermeture du marché.

Quid des différents types d’ETF ?

En ce qui concerne les différents types d’ETF, il en existe plusieurs:

  • Stock ETF: Ils suivent un ensemble particulier d’actions. Ils peuvent suivre ces actions en fonction de leur indice ou de leur secteur d’activité. Comme les actions sont soumises à la volatilité du marché, ces fonds peuvent constituer une bonne option pour les investisseurs cherchant une rentabilité à long terme.
  • Bond ETF: Elles sont composées d’obligations d’entreprises ou d’État. Ils peuvent être intéressants pour les investisseurs intéressés par des ETF à revenu fixe. En effet, ces fonds versent régulièrement des dividendes d’intérêts provenant d’obligations d’entreprises ou d’État.
  • Commodity ETF: Ils investissent dans des produits de base comme les métaux précieux, les matières premières ou encore les aliments naturels.
  • Sector or Industry ETF: Ces ETF suivent des secteurs particuliers, comme les biotechnologies, les soins de santé, l’énergie, etc.
  • ETF sur devise: Les ETF sur devises négocient des devises étrangères et peuvent offrir aux investisseurs une exposition au marchéd
  • Leveraged ETF: Grâce à l’utilisation d’un effet de levier, ils visent à accroître les rendements, généralement de 2 ou 3 fois plus que ceux d’un ETF typique suivant le même indice. Ils sont le plus souvent utilisés comme une stratégie d’investissement à court terme. S’ils peuvent offrir des rendements importants lorsque l’indice sous-jacent est à la hausse, les pertes sont également amplifiées, ce qui en fait un investissement plus risqué.
  • Inverse ETF: Ils visent à obtenir des rendements sur la baisse des indices qu’ils suivent.
Quid de l’emission des ETF ?

Comme le montre le graphique suivant, les ETF sont des produits d’investissement qui depuis plusieurs années connaissent une demande grandissante.

Nombre d’ETF échangés à travers le monde, entre 2003 et 2019 (Statista 2020)

On voit sur le graphique ci-dessus, qu’en 2019 on retrouvait 6.970 millions ETF dans le monde alors qu’en 2003, le nombre était à 276. On remarque donc une importante augmentation.

Les investisseurs peuvent choisir parmi une large sélection d’ETF, dont des milliers sont actuellement négociés dans le monde entier. Les entreprises qui proposent ces ETF (appelé les émetteurs d’ETF) ne manquent pas. Toutefois, les plus grandes sociétés d’ETF dominent le marché des ETF.

Les 5 plus grandes sociétés d’ETF contrôlent la grande majorité des actifs totaux sous gestion[1] (Total Assets Under Management – AUM) de l’ensemble des ETF.

  • iShares (filiale de Blackrock)
  • Db-X Trackers (filiale de Deutsche Bank).
  • Lyxor (filiale de la Société Générale).
  • UBS.
  • Amundi (filiale du Crédit Agricole).
Quid du rendement des ETF ?

Plus haut, il a été dit que l’objectif principal des ETF est de reproduire la performance d’un indice ou d’un instrument financier donné, plutôt que de la surpasser. En effet, un certain nombre d’études ont montré qu’il est difficile pour les ETF de battre les indices sur le long terme. Les fonds parvenant à générer de la surperformance de manière durable sont assez rares.


[1] Les actifs sous gestion sont l’ensemble des actifs contrôlés par le fonds commun de placement. Il comprend tous les actifs investis par le fonds commun de placement ainsi que les liquidités qu’il détient.

Par Jad BITAR

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Qu’est-ce que la Cellule de traitement des Informations Financières (CTIF) ?

La Cellule de Traitement des Informations Financières, CTIF, créée en 1993 avec la loi du 11 janvier 1993, est l’arme principale de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Belgique.

La CTIF est une autorité administrative avec un statut indépendant qui est chargée du traitement et de la transmission d’informations mais également de l’analyse des faits et des transactions financières suspectes qui lui sont transmis par les institutions et les personnes visées par la loi.

En effet, cet organisme est constitué de plusieurs experts financiers et d’un officier supérieur détaché de la police fédérale. A noter que la CTIF est placée sous le contrôle des Ministres de la Justice et des Finances et sous la direction d’un magistrat ou de son suppléant détachés du parquet. Le bureau, constitué du président et du vice-président, organise les activités de la CTIF.

La CTIF est destinée à recevoir et à analyser les informations transmises par :

  • les entités assujetties visées par la loi
  • les autorités de contrôle de ces entités
  • les autorités chargées du contrôle des marchés financiers
  • les organismes étrangers qui remplissent les mêmes fonctions en vue d’échanges collaboratifs
  • les autorités compétentes en matière de réception des déclarations de transport transfrontalier d’argent liquide effectuées en application de l’Arrêté Royal du 26 janvier 2016 portant certaines mesures relatives au contrôle du transport transfrontalier d’argent liquide
  • du Ministère public dans le cadre d’une information ou d’une instruction liée au terrorisme ou au financement du terrorisme;
  • de l’Office européen de lutte anti-fraude de la Commission européenne (OLAF) dans le cadre d’une enquête relative à une fraude au préjudice des intérêts financiers de l’Espace économique européen;
  • des fonctionnaires des services administratifs de l’Etat, des curateurs de faillite et des administrateurs provisoires qui dans l’exercice de leurs missions ou de leur profession constatent des faits qu’ils savent ou soupçonnent être liés au blanchiment de capitaux ou au financement du terrorisme.

La CTIF a en outre accès aux données du Registre national des personnes physiques mais les membres sont soumis à un secret professionnel très strict dans le respect du RGPD.

En ce qui concerne les déclarations, les institutions financières (banques et autres) se doivent de déclarer à la CTIF si elles prennent connaissance d’un dossier pour lequel elles soupçonnent ou ont des motifs concrètes de soupçonner que sont liés au blanchiment ou au financement du terrorisme :

  • des fonds détenus par leurs clients, quel qu’en soit le montant ;
  • des opérations effectuées ou ordonnées par leurs clients ; ou
  • des faits, en ce compris des tentatives d’opérations, dont elles ont connaissance.

En dix ans, les banques belges ont notifié 74.000 opérations suspectes à la CTIF (Cellule de traitement des informations financières) …

Par Hamza NAQI

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Qui sont Black, Scholes et Merton, les économistes les plus influents de Wall Street ?

Peu d’hommes et de femmes ont pu, à travers leur esprit, changer radicalement la vision du monde. Par leur logique et la démonstration de celle-ci, ils ont fait entrer l’Homme dans une nouvelle ère.

Parmi eux, nous retrouvons Pythagore et son théorème de géométrie (530 av. J.-C.), Newton et sa loi de la gravité (1687), ainsi qu’Einstein et sa loi sur la relativité (1905).

En 1997, la Finance moderne a trouvé son Saint-Graal, à la suite de la parution de l’article « The pricing of Options and Corporate liabilities ». Derrière tout cela, trois hommes, trois génies.

Qui sont les rédacteurs de cet article ?

Fischer Black était docteur en mathématiques appliquées et professeur dans plusieurs universités, dont la prestigieuse Massachusetts Institute of Technology. Durant sa carrière, il travailla également pour la banque d’investissement Goldman Sachs.

Myron Scholes, né au Canada, étudia l’économie à l’université de Chicago. Après avoir été diplômé, il commença une carrière d’enseignant au MIT et à Stanford.

Enfin, Robert Merton, fit son Master à la California Institute of Technology, suivi d’un doctorat en économie au MIT.

Tous les chemins semblent mener au MIT, car c’est là que les trois génies se rencontrèrent pour la première fois et décidèrent de collaborer à la création d’un modèle d’évaluation d’options.

Pourquoi ce modèle est-il si célèbre ?

La formule de Black-Scholes-Merton est très utile pour une catégorie de produits financiers, les produits dérivés.

Pour rappel, un produit dérivé est un actif financier dont sa valeur dépend (ou dérive) d’un autre actif financier, appelé le sous-jacent (un article est dédié sur Parlons Finance). Parmi les plus célèbres, nous retrouvons la possibilité d’acheter (Call) ou vendre (Put) un actif sous conditions, c’est l’option. Cette option donne le droit d’acquérir ou de se séparer d’un actif à un prix déterminé d’avance, et ce à un moment précis.

L’avantage d’une option est qu’elle permet à l’acheteur de se positionner dans le futur en limitant le risque pris. Dans le cas d’un acheteur, s’il veut se prémunir d’une hausse des prix, son option lui donne le droit d’acheter à 10 € un actif qui vaudrait 15 €. À l’inverse, un put permet de vendre à 15 € au lieu de 10 € sur le marché.
Pour le vendeur d’une option, l’opération est gagnante si les conditions d’activation ne sont pas remplies. Il empochera alors le prix de l’option.

Valoriser correctement le prix de l’option est donc primordial (d’autant plus que chaque actif a une volatilité différente), et c’est sur quoi travaillaient Black, Scholes et Merton.

Quel a été l’accueil réservé par les pairs ?

La formule fut rapidement adoptée par les analystes, les gestionnaires de fonds, les risk manager et les Hedge Funds, car elle apporta un modèle standard sur lequel s’appuyer.Cependant, elle fut également critiquée pour ses hypothèses de départ, comme l’impossibilité de réaliser des arbitrages et l’absence de frais de transactions, deux facteurs bien présents dans la « finance réelle ».

Néanmoins, les travaux des trois chercheurs seront récompensés par le prix Nobel d’économie en 1997 (décédé en 1995 d’un cancer, Fischer Black ne sera pas officiellement nommé).

Après cela, Merton et Scholes seront les têtes d’affiche du fonds d’investissement « Long Term Capital Management », qui réunira des ténors de la Finance, mais fera faillite en 1998, en secouant fortement les marchés financiers.

En ce XXIe siècle, l’avènement de l’informatique et du trading à haute fréquence exige la création d’algorithmes simples et robustes. L’héritage laissé par ces trois hommes est une nouvelle preuve que la Finance moderne a besoin d’une base mathématique sur laquelle s’appuyer pour accompagner (ou contrer ?) la psychologie humaine, encore bien présente sur les marchés.

Par Tim Kazkondu

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Pourquoi devions-nous réglementer/réguler les banques ?

L’activité principale de la banque est de gérer l’intermédiation entre les personnes disposant de moyens financiers et celles qui cherchent à se financer pour leur octroyer un crédit. Leurs relations encourent énormément de risques qui génèrent des coûts ce qui a contribuer à la mise en place de normes prudentielles

Il est ainsi primordial de comprendre la raison pour laquelle une banque se doit d’être réglementée et de s’appuyer sur des standards internationaux du Comité de Bâle et en conformité avec la réglementation européenne.

En effet, plusieurs crises financières ayant eu lieu durant le 20e siècle ont montré l’utilité grandissant de la mise en place de mesures permettant d’assurer la sécurité des systèmes bancaires et prévenir de l’éventualité d’une nouvelle faillite de banques systémiques dont les conséquences risquent d’être dévastatrice pour l’économie globalisée.

En réponse aux crises, des réformes financières ont progressivement été mises en place en vue de soumettre les banques à des exigences prudentielles renforcées.

Le secteur bancaire est l’un des plus réglementés au monde en raison du rôle clé que jouent les banques dans le processus d’intermédiation financière. Un système bancaire peut également avoir des défaillances. Ces faiblesses risquent de porter atteinte à la stabilité financière tant à l’échelle nationale qu’internationale.

L’activité bancaire est intrinsèquement un ensemble d’opérations risqués constants et diverses.

Par conséquent, les autorités de contrôle doivent comprendre ces risques et contrôler si les banques mesurent et gèrent bien cela. De ce fait, la réglementation permet d’éviter que de nouvelles crises ne bouleversent l’économie mondiale et la réglementation contribue à protéger les clients des banques, notamment afin d’éviter la perte de leurs dépôts bancaires.

D’ailleurs, Michel Aglietta*, économiste français de renom, énonce que : « Le renforcement de la régulation prudentielle est crucial pour rendre les structures financières plus robustes aux chocs imprévisibles et pour limiter l’aléa moral des banques qui savent que leur rôle spécial dans le service de la monnaie les protège des faillites la plupart du temps ».

En effet, les propositions de Comité de Bâle de renforcer la réglementation des banques ont essentiellement porté sur les ratios prudentiels en fonds propres et sur de nouveaux ratios de liquidité comme nous l’avons explicité plus haut.

Dès lors, il était impératif d’apporter de nouvelles règles permettant de consolider la solidité des systèmes financiers, ce qui reste une préoccupation d’importance pour la communauté internationale.

En résumé, la réglementation bancaire recouvre l’ensemble des normes s’appliquant aux établissements de crédit, banques, sociétés financières. Les objectifs principaux de la réglementation bancaire sont :

  • Assurer la sécurité des placements et des investissements
  • Garantie la transparence ainsi que la traçabilité des opérations
  • Standardiser les normes dans tous les pays

Il est à noter que depuis une quinzaine d’années, c’est à Bruxelles qu les règles bancaires sont réfléchis et étudiées et la crise de 2008 a accentué ce fait-là.

L’article prochain portera sur les réglementations de Bâle … à suivre.

Par Hamza NAQI

SOURCE:

Michel Aglietta : « Réguler la globalisation financière ». Éditions La Découverte, collection Repères, Paris, 1998

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Entreprises

Uber rachète Postmates, un pionnier américain de la livraison pour 2,65 milliards !

Nous venons d’apprendre que UBER a conclu un accord en vue de racheter le fournisseur de repas à domicile Postmates, une application de livraison de repars, pour un montant faramineux de 2,65 milliards de dollars !

L’opération de rachat, qui devrait être réalisée en actions, vise à atténuer la chute de son activité de VTC en dynamisant ses services de livraison de repas à domicile Uber Eats.

En effet, en rachetant l’entreprise, UBER pourrait asseoir sa toute grande domination sur le marché de la livraison de repas et ajouter un service supplémentaire dans son portefeuille de services. A noter que l’entreprise américaine a tout de même accusé une perte de 2,9 milliards de dollars au premier trimestre et a licencié ¼ de ses employés en mai.

Pour rappel, le contexte actuel lié à la pandémie du covid-19 a eu un impact négatif sur le service de taxe de UBER à cause du confinement généralisé au niveau mondial. En revanche, les livraisons à domicile ont connu un bon positif durant cette même période, ce qui a représenté une augmentation de 54% des rentrées pour Uber Eats.

De plus, il y a quelques semaines, UBER avait déjà lorgné sur le fournisseur de repas Grubhub qui a fini chez le concurrent anglo-néerlandais Just Eat Takeaway (fusion entre Just Eat et Takeaway) pour 7,3 milliards de dollars.

Fondé en 2011, Postmates a été l’un des premiers à laisser des clients aux États-Unis commander la livraison de repas à l’aide d’une application mobile. Par ailleurs, selon l’accord, le PDG de Postmates qui n’est autre que Bastian Lehmann ainsi que son équipe continueront à exercer au sein de l’entreprise afin de gérer Postmates en tant que service distinct.

Postmates représentait environ 10% des ventes de livraison de nourriture en 2019 aux Etats-Unis, contre 32% pour Grubhub et 20% pour UberEats, selon le cabinet d’analyse Second Measure

Par Hamza NAQI

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Qu’est-ce que la taxe Tobin sur les opérations boursières ?

Comme vous le savez, la Banque Centrale européenne (BCE) ne lésine pas sur les moyens pour soutenir l’activité économique en cette période de Covid19. Les sommes débloquées, notamment dans le rachat d’obligations d’État et d’entreprises, seront injectées progressivement sur les marchés financiers pour éviter le manque de liquidité.

La BCE espère ainsi que les marchés financiers, donc la Bourse, feront bon usage de ces milliards pour relancer la demande. Cette même Bourse qui a toujours été au centre des débats, certains voyant en elle des opportunités de devenir immensément riche tandis que d’autres l’estiment comme « Le mal absolu » où les excès du capitalisme détruisent les individus.

Cependant, ces deux catégories de personnes se rejoignent sur deux points : les marchés financiers génèrent une grande quantité d’argent et celle-ci doit servir l’intérêt général (personnel).

Cet argent, qui se crée en marge de l’économie réelle, fait souvent l’objet de proposition de taxation, afin de contribuer au développement des pays. Parmi celles-ci, nous retrouvons la taxe Tobin.

Suggérée par James Tobin, prix Nobel en 1981, elle prendrait la forme d’une taxation très faible (ex. : 0,01 %) sur tous les mouvements financiers au monde. Bien que l’objectif premier de cette proposition soit de combattre la volatilité des taux de change, elle a aussi pour vocation d’instaurer une égalité entre les marchés du monde entier.

Une organisation mondiale, telle que le FMI, pourrait être responsable de la récolte et de la redistribution des capitaux issus de cette taxe. Concrètement, l’instauration d’une telle taxe ne peut se faire qu’à une échelle mondiale. L’appliquer à une zone spécifique n’aurait comme conséquence qu’un transfert des capitaux vers les zones hors-taxe.

De nos jours, prélever 0,01 % aux transactions de change, comme le suggérait Tobin, pourrait rapporter près de 125 milliards d’euros. Le marché des actions pourrait également être visé, le Nasdaq enregistrant en moyenne 23 millions de trades chaque jour.

En Belgique, une taxe similaire existe déjà. Il s’agit de la Taxe sur les Opérations boursières (TOB) qui ponctionne 1,32 % sur toute opération de bourse imposable (comme l’achat ou la revente de sicav). Une autre idée du gouvernement Michel fut d’instaurer une taxe sur les compte-titres (0,15 % pour les portefeuilles de plus de 500 000€), annulée en octobre 2019, car jugée « anticonstitutionnelle ».

Au lendemain du déconfinement, de nombreuses idées (re)voient le jour pour relancer notre économie, au bord d’une crise sans précédent. Les économistes, hommes politiques, travailleurs, citoyens, tous donnent leur voix pour répondre à cette question devenue incontournable : « Qui va payer pour la crise ? »

Par Timur Kazkondu

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TOP 10 des hommes les plus riches du monde en 2020 !

Dans ce top 10 des hommes les plus riches du monde, il est pas étonnant de voir que le podium des hommes les plus riches du monde est entièrement américain avec Bill Gates sur la deuxième marche et Jeff Bezos qui ne bouge pas d’une semelle.

En effet, le patron d’Amazon fait partie des grands bénéficiaires du contexte que nous connaissons et surtout du confinement puisque le cours de l’action du géant du e-commerce a bondi de 25% depuis le 1er janvier.  Ainsi, Bezos a gagné 25,4 milliards de dollars en une année, pour une fortune estimée à 140 milliards de dollars,  selon Bloomberg.

TOP 10 des hommes les plus riches du monde :

  1. Jeff Bezos, USA, patron de Amazon avec 140 milliards de dollars
  2. Bill Gates, USA, fondateur de Microsoft avec 106 milliards de dollars
  3. Mark Zuckerberg, USA fondateur du réseau social Facebook comptant 2,7 milliairds d’utilisateurs avec 78,8 milliards de dollars
  4. Bernard Arnault, Français, PDG de LVMH avec 77,1 milliards de dollars
  5. Warren Buffett, USA, fondateur du fonds d’investissement Berkshire Hathaway avec 69,5 milliards de dollars
  6. Steve Ballmer, USA, hommes d’affaires et ancien CEO de Microsoft avec 65,5 milliards de dollars
  7. Larry Page, USA, co-fondateur de moteur de recherche le plus utilisé au monde, Google avec 64,8 milliards de dollars
  8. Sergey Brin, USA, co-fondateur de Google avec 62,8 milliards de dollars
  9. Larry Ellison, USA, co-fondateur de Oracle Software avec 58,8 milliards de dollars
  10. Rob Walton, USA, riche héritier de Walmart avec 55 milliards de dollars

Ce top 10 est à nouveau dominé par des personnalités américaines … Pour rappel, la pandémie a permis à plusieurs milliardaires américains d’accroître leur fortune de 282 milliards de dollars au total !

On y observe que Bernard Arnault, le modèle français de la réussite financière, vient de céder la troisième place des hommes les plus riches du monde à Mark Zuckerberg. Actuellement, une fortune estimée à 77,1 milliards d’euros par Bloomberg alors qu’en novembre dernier, elle atteignait un chiffre record de 109,5 milliards d’euros.

Durant cette période, il était au coude à coude avec le patron de Amazon, Jeff Bezos, qui garde sa chaise dorée avec 140 milliards de dollars. Vous l’imaginez bien, en à peine quelques mois, le français a perdu plus de 25 milliards de dollars subissant la crise de plein fouets. Les magasins de ses marques étaient fermées et n’ont pu accueillir les clients…

Par Hamza NAQI