L’année 2020 nous a montré qu’il existe de nombreuses manières de s’enrichir sur les marchés financiers. Si les actions ou les cryptomonnaies ont été largement médiatisées, d’autres formes d’investissements ont su tirer leur épingle du jeu…
Parmi celles-ci, nous retrouvons les SPAC !
Qu’est-ce qu’une SPAC ?
Une SPAC, ou Special Purpose Acquisition Company, est une société sans activité opérationnelle dont l’objectif est de réunir des capitaux afin d’acquérir une autre société non cotée en bourse.
La particularité de cette opération tient dans le fait que c’est la SPAC, coquille vide, qui possède les liquidités nécessaires à l’achat d’une « réelle » entreprise.
Pour cela, la SPAC doit avant tout s’introduire sur les marchés financiers et séduire les potentiels investisseurs.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Les SPAC sont regroupées autour d’une équipe d’entrepreneurs, dont la réputation et les compétences influencent grandement la réussite, ou non, de l’opération. Avant leur concrétisation, elles doivent passer par plusieurs étapes :
1) Introduction : Au moment de l’introduction en bourse, le montant total à lever ainsi que le prix de départ sont connus (10 $ pour une action SPAC aux États-Unis).
2) Recherche de la cible : La SPAC, seule, n’a pas de réel intérêt pour ses actionnaires, car elle ne dispose ni d’historique ni de trésorerie (d’où son surnom « entreprise chèque en blanc »). C’est l’entreprise ciblée qui fait l’objet de toutes les convoitises. Ainsi, l’équipe dirigeante de la SPAC dévoile à l’avance les critères d’acquisition (secteur d’activité, taille de l’entreprise, rentabilité à venir, vision, etc.) du projet.
Toutes les SPAC n’ont pas de fin heureuse, certaines propositions peuvent être refusées par les actionnaires qui, faute d’alternatives, réclament le remboursement et la dissolution de la SPAC.
3) Fusion : dans de nombreux cas, la SPAC est l’occasion de faire de bonnes affaires. Les fondateurs deviennent propriétaires d’une entreprise qu’ils pourront modeler. Les actionnaires entrevoient un bon potentiel de rendement. Les intermédiaires touchent de grosses commissions. Enfin, l’entreprise cible accède aux marchés financiers à travers un moyen plus rapide et moins coûteux.
4) Liquidation : Certaines SPAC portent le nom de la société acquise, ce qui prouve leur volonté de ne faire qu’un avec la nouvelle entité. Par la suite, la société devra suivre un parcours plus classique, composé de publications de résultats, d’annonces et de prévisions.
Le nombre de SPAC introduites en bourse en 2020 nous montre l’intérêt porté par le milieu, bien que tout ne soit pas parfait.
D’une part, la période fixée (souvent 2 ans) pour acquérir une entreprise peut parfois pousser les fondateurs à prendre des décisions hâtives dans les derniers instants. S’ils ne trouvent pas la bonne entreprise, leur mise de départ sera perdue.
D’autre part, les SPAC sont soumises à une réglementation moins stricte que les IPO classiques et leur accès est réservé aux spécialistes en la matière.
Exemples
Fort présents dans le secteur de la technologie et de la santé, les SPAC sont nées aux États-Unis (tiens donc) dans les années 90. En Europe, il faudra attendre 2007 pour voir la Pan-European Hotel Acquisition Company récolter 115 millions d’euros sur l’Euronext Amsterdam.
En Belgique, nous n’avons pas d’exemples connus de SPAC. Cependant, l’émergence de ce type d’opération sur le Vieux Continent pousse les régulateurs européens à travailler sur une réglementation commune entre les pays membres de l’Union.
Après tout, si la prise de risque fait partie de l’ADN de l’investisseur américain, ce trait de caractère est moins présent chez les Européens qui souhaiteront obtenir davantage de garanties avant de se lancer dans l’aventure.
L’actualité économique regorge d’annonces plus ou moins importantes sur les entreprises. Certaines nous indiquent que la nouvelle coqueluche technologique cherche à franchir un cap grâce à une IPO, tandis que d’autres nous avertissent d’une bataille financière épique entre deux multinationales à coups d’OPA !
Découvrons ensemble ce qui se cache derrière ces termes.
1) Initial Public Offering (IPO)
Une entreprise qui souhaite se financer peut opter pour l’émission d’actions. Dans ce cas, elle proposera de vendre une partie du capital de son capital à des investisseurs (des particuliers, entreprises privées ou organismes publics), qui deviendront alors actionnaires. L’intérêt de ces derniers dépend de la taille et du potentiel de la start-up.
Dans un premier temps, ce sont les fondateurs de la société qui mobiliseront des capitaux à partir de leurs fonds propres. Lorsque ceux-ci ne sont plus suffisants, de premiers investisseurs externes manifestent leur intérêt, comme les Venture Capitalists. Enfin, une activité florissante et un besoin de croissance mèneront l’entreprise à franchir une nouvelle étape, celle de l’introduction en bourse.
L’introduction en bourse, ou Initial Public Offering en anglais, consiste donc à chercher de nouveaux fonds en faisant appel au public. On retrouve trois acteurs majeurs d’une IPO : l’entreprise qui fait appel, l’organisme financier qui s’occupe de la procédure, et les investisseurs. Chacun y trouve un intérêt.
La société acquiert du cash qu’elle pourra utiliser pour se développer, l’organisme financier démontre son talent et les investisseurs deviennent copropriétaires d’une entreprise en pleine croissance.
Une introduction en bourse est préparée avec beaucoup d’attention. De son annonce à son prix de départ, en passant par le respect d’une bonne répartition des titres, tout doit être réalisé correctement. Une mauvaise IPO est un signal très négatif envoyé au marché.
En 2020, la bourse américaine (NYSE – Nasdaq) a enregistré un nombre record d’IPOs avec 480 sociétés, ce qui est une augmentation de 106 % par rapport à 2019 (source : Stock Analysis). Le record d’introduction revient à la société pétrolière Saudi Aramco, qui a levé 29,5 milliards de dollars en décembre 2019.
2) Offre Publique d’Achat (OPA)
Pour devenir un géant dans son secteur d’activité, une entreprise devra faire face à une concurrence féroce, notamment sur les marchés financiers. À ce titre, une expression convient très bien à l’OPA : « manger ou être mangé ».
Une offre publique d’achat, ou Tender offer en anglais, est une technique de prise de contrôle d’une entreprise cotée en bourse. L’idée est d’acquérir les titres d’une entreprise en les rachetant à ses actionnaires, et ce, dans le but d’obtenir une position dominante.
Une OPA peut être amicale (la société visée accepte d’être rachetée) ou agressive (la société met alors en place des méthodes de contre-attaque). Dans les deux cas, l’élément qui fera céder les détenteurs est le rachat des actions à un prix plus élevé que sa valeur du marché.
Certaines OPA hostiles n’ont pour objectif que de changer le management en place ou absorber un rival gênant. C’est pour cela qu’une telle opération ne peut se faire sans l’aval des autorités des marchés financiers qui souhaitent éviter une perturbation du paysage économique. Par exemple, toute entreprise qui détient un certain pourcentage d’actions (30 % ou 50 % selon les places financières) doit dévoiler ses intentions concernant une potentielle prise de pouvoir.
Cette manière d’opérer est assez récente dans l’Histoire de la bourse. La première OPA a eu lieu en 1959 lorsque le banquier d’affaire Sigmund Warburg décida de s’adresser directement aux actionnaires de la société British Aluminium pour leur proposer de refuser la décision de fusion avec Alcoa – Reynolds et favoriser ainsi l’offre de Tube – Reynolds à un prix plus élevé.
Récemment en France, le groupe Vivendi a augmenté sa participation dans le groupe Lagardère, passant à 27%. Pour ce dernier, cette décision n’a rien d’anodin et laisserait entrevoir une future OPA qui, connaissant le caractère de son commanditaire Vincent Bolloré, sera loin d’être amicale.
Derrière chaque investisseur se cache une personnalité unique, avec ses qualités et ses défauts. Certaines d’entre elles peuvent vous aider à réussir sur les marchés financiers tandis que d’autres seront les causes de vos éventuels échecs.
Si pour investir vous devez avant tout respecter votre profil et une stratégie, vous devez également apprendre à cerner votre personnalité. Êtes-vous émotif(ve) ? De nature stressée ? Pouvez-vous facilement accepter que les choses ne se passent pas comme prévu ? Votre mental vous permet-il d’encaisser les coups ? Ce sont des questions à se poser lorsque l’on veut entrer dans un univers aussi compétitif que celui de l’investissement.
👉 Les grands traders de ce monde, au parcours professionnel et social différent, se ressemblent néanmoins sur quelques traits de caractère qui leur sont très profitables. Parlons Finance vous propose son top 5 de ces qualités :
5. Être pragmatique
Un trader sérieux doit garder un recul suffisant sur ce qu’il se passe sur les marchés financiers. Il ne tombe pas dans l’euphorie généralisée qui l’entraînerait à prendre de plus en plus de risques. Il sait « séparer le bon grain de l’ivraie ». Son opinion est forgée par un mélange d’expériences personnelles, de chiffres concrets, de recherches empiriques et d’analyses d’experts (auxquelles il accordera une importance moyenne).
> Cette qualité vous permettra de vous questionner sur l’augmentation soudaine et rapide de la valeur d’un titre en bourse ou sur les promesses exagérées faites par des vendeurs.
4. Rester concentré(e)
De nos jours, nous sommes noyés sous l’information continue qui nous entoure. Entre les réseaux sociaux, les forums, et les chaînes d’informations, l’investisseur doit pouvoir rester concentré sur sa tâche. Si vous vous sentez débordé(e), mieux vaut alors vous accorder une pause plutôt que de disperser votre énergie. S’il est difficile de garder son attention durant toute une journée, cela l’est encore plus sur toute une année. De ce fait, beaucoup de grands courtiers s’offrent des vacances pour recharger les batteries.
> Cette qualité vous permettra d’aller droit au but et d’atteindre plus rapidement vos objectifs. Puisque votre concentration diminue au fil du temps, vous devez mettre à profit ces moments en ne vous laissant pas perturber par votre environnement.
3. Gérer ses émotions
Investir sur certains produits financiers, comme les actions ou les produits dérivés, peut très vite mettre vos nerfs à rude épreuve. La hausse (baisse) soudaine des bourses peut entraîner une vague d’euphorie (panique) généralisée à laquelle vous devez rester prudent. Le bon trader doit pouvoir gérer ses émotions dans les moments où son portefeuille sera secoué. Votre égo doit également être contenu, il n’a pas sa place sur les marchés financiers.
> Cette qualité vous permettra d’éviter d’agir sous des émotions extrêmes comme la colère, la tristesse ou l’euphorie, qui ne vous apporteront que peu de bénéfices. À l’inverse, nous ne vous recommandons pas de faire preuve d’alexithymie (c’est la difficulté à exprimer des émotions), car chacun dispose d’une structure émotionnelle solidement ancrée impossible à supprimer. Trouvez votre équilibre.
2. Trouvez votre équilibre
Dans toutes nos recommandations, il est question d’équilibre. Celui entre les capitaux que vous pouvez investir ou garder, les risques que vous pouvez prendre ou non, les émotions que vous devez contenir ou exploiter, l’équilibre que vous devez avoir entre votre vie privée et professionnelle. Investir s’apparente à un travail que l’on termine à la fin de la journée. Vos yeux ne doivent pas rester rivés sur les cours de bourse. De nombreux gourous de la finance pratiquent la méditation pour leur permettre de se déconnecter des marchés et apaiser leur esprit.
> Cette qualité doit vous aider à comprendre ceci : L’argent ne dort jamais, il n’en a pas besoin, vous si. À ne vouloir rien manquer des marchés financiers, vous passerez sûrement à côté de beaucoup d’autres choses importantes à votre vie.
1. Maintenir une discipline
Réussir sur les marchés financiers n’est pas une chose aisée, bien que les apparences puissent parfois montrer le contraire. De nombreux professionnels vous diront que pour performer dans ce domaine, un bon trader doit avoir un plan et s’y tenir fermement. Le manque de discipline est caractérisé par une prise soudaine de décisions risquées, comme l’ajout d’actifs très volatils ou le refus de couper une position baissière.
La persévérance fait également partie d’une discipline de fer. Vous essuierez sûrement des échecs dans votre carrière, mais cela doit être pris comme une leçon et une opportunité de vous améliorer. Comparez-vous à des sportifs de haut niveau, une bonne prestation ne vous dispense pas de vous entraîner le lendemain.
> Cette qualité nous semble être la plus importante, car elle nécessite un travail continu. La réussite d’un trader tient à sa capacité à appliquer encore et encore les mêmes techniques, à respecter son plan et garder la tête froide.
➡️ Voici, à nos yeux, les cinq qualités les plus utiles à développer si vous souhaitez investir votre argent. Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive et il en existe beaucoup d’autres que nous n’avons pas citées, comme la patience ou la curiosité. Et vous, que pensez-vous de notre top ? Avez-vous d’autres qualités à recommander ?
Dans les articles précédents, nous avions jugé bon de vous rappeler les principales notions utiles à la compréhension des marchés financiers ainsi que les questions à se poser avant d’investir.
Si vous faites partie des personnes ayant les ressources suffisantes et une bonne raison de vous lancer, vous pouvez enfin envisager la construction de votre portefeuille.
Celle-ci démarrera avec le choix des actifs qui composeront votre « panier ». Ils peuvent être sélectionnés sur base de nombreux critères, mais nous nous focaliserons sur trois que nous pensons essentiels : le rendement attendu, la diversification et le temps nécessaire à la gestion.
1) Le rendement attendu
Il existe sur les marchés de nombreux produits financiers dont la rémunération varie. Souvenez-vous que le rendement va de pair avec le risque ! Dès lors, allez-vous opter pour des actions, plus risquées, mais plus rentables, ou des obligations, plus sécurisées, mais moins rémunératrices ? Analysons d’abord le rendement de ces deux piliers de l’investissement.
L’intérêt des actions négociées en bourse tient avant tout dans la plus-value que vous pourrez réaliser si le marché valorise le titre à la hausse. L’annonce de bonnes nouvelles, comme des résultats supérieurs aux attentes, est un exemple de ce qui peut faire bouger le prix. De plus, l’entreprise peut également verser une partie de ses bénéfices sous forme de dividendes, ce qui sera pour vous une double récompense. À l’inverse, une mauvaise année sera synonyme de baisse sur les marchés ou d’absence de dividendes. Si vous vous lancez sur ce terrain, soyez lucide sur la valorisation affichée, tout particulièrement si le prix de l’action décolle sans avoir de réelles explications.
Astuce : Une bulle se forme lorsque le titre s’échange à une valeur de plus en plus excessive par rapport à sa valeur intrinsèque. Si celle-ci double en l’espace d’une semaine, demandez-vous si l’entreprise a réellement de quoi justifier les attentes. Si la réponse est négative, agissez avec précaution.
Les obligations, quant à elles, apportent une stabilité dans votre portefeuille. Certaines entreprises ont besoin de liquidités pour se développer, mais ne souhaitent pas diluer l’actionnariat à la tête. Pour cela, elles émettent des obligations avec une promesse de remboursement à l’échéance suivie d’une rémunération fixe ou variable. Pour vous, les performances boursières importent peu, seule la capacité de l’entreprise à vous honorer sa dette compte. Cependant, le risque zéro n’existe pas et vous devrez choisir avec parcimonie à qui prêter. Le taux d’intérêt, qui déterminera le rendement de votre obligation, dépendra du taux sans risque et de la prime de risque.
Sources: NYU Stern School of Business (données), The balance (graphique)
Le graphique ci-dessus compare les rendements du marché des actions (S&P 500) et du marché obligataire (entreprises au rating Baa) depuis 1928. Nous pouvons constater que les deux actifs répondent aux attentes. Le marché des actions, très volatil, permet de gains plus élevés en période de croissance économique, mais accuse également de lourdes pertes en période de récession (comme en 2000 et 2008). De son côté, les obligations garantissent un rendement plus faible, mais plus stable que les actions. Celles-ci peuvent aussi chuter lors de grandes crises (1929).
2) La diversification
L’expression « ne pas mettre tous les œufs dans le même sac » prend tout son sens lorsque l’on souhaite constituer son portefeuille. Diversifier est la règle de base pour éviter un impact significatif d’une poignée de positions.
Cette répartition ne porte pas uniquement sur les catégories d’actifs (actions, obligations, matières premières, options, etc.), mais également sur les sous-catégories de chaque produit financier. Par exemple, vous pourriez investir 50 % de vos liquidités dans des actions, elles-mêmes réparties dans plusieurs thèmes (technologies, soins de santé, marchés émergents, etc.). Une petite partie peut être consacrée à des actifs plus « exotiques » comme les cryptomonnaies ou produits dérivés.
Les gestionnaires de fonds utilisent ce principe pour créer leurs portefeuilles. Ils les répartissent en trois grandes catégories, dont la dénomination peut varier d’un organisme à une autre.
Un portefeuille défensif, ou conservateur, prônera avant tout la sécurité tout en prenant un minimum de risque. Il sera composé en grande partie d’obligations, ira chercher du rendement grâce aux actions et laissera une partie en liquidités, pour assurer la stabilité.
Un portefeuille équilibré, ou balancé, visera une proportion 50-50 entre les principaux actifs. Il pourra pencher en faveur des actions lorsque le marché est haussier ou en faveur des obligations lorsque le marché subit une correction. Cette flexibilité doit pouvoir être possible avec une certaine réserve de liquidités.
Enfin, le portefeuille dynamique, ou de croissance, se focalisera sur un rendement supérieur. Pour cela, il intégrera une grande partie d’actions tout en maintenant une partie obligataire.
Bien que votre choix dépende avant tout de votre sensibilité au risque, votre âge peut également être un critère de sélection. Les plus jeunes peuvent se permettre d’investir en action, car leur horizon leur permet d’effacer les éventuelles pertes subies. À l’inverse, les personnes âgées, dont les revenus se sont stabilisés, favoriseront la perception de coupons réguliers et voudront limiter les surprises.
3) Le temps consacré à la gestion
Vous l’aurez compris, faire fructifier votre épargne vous demandera des ressources, des connaissances, mais surtout du temps. Vous devrez déterminer la période que vous consacrerez à la gestion de votre portefeuille et trouver un équilibre entre votre vie actuelle et votre nouvelle vie d’investisseur.
Disons-le tout de suite, si vous n’avez ni le temps ni l’envie de suivre vos investissements régulièrement, déléguez cette tâche à un professionnel, comme un conseiller financier ou un gestionnaire de fonds. Ces derniers proposeront leurs services en contrepartie d’une rémunération fixe ou variable (frais d’entrée, frais de gestion, commissions de surperformance, etc.) et chercheront à remplir un objectif de rendement selon votre profil.
Attention : Confier la gestion à un tiers ne garantit ni une performance positive ni une sécurité en tout temps ! Restez donc attentif à ce qui se passe et faites un bilan régulièrement.
Cependant, si vous souhaitez être à la manœuvre, un emploi du temps chargé par le travail ou les études vous privera de nombreuses opportunités. Vous devrez dans ce cas choisir des produits financiers qui ne réclameront pas votre présence à tout moment.
Les actions offrent une rémunération décente à ceux qui savent garder leurs positions sur du long terme. Cependant, certains favoriseront l’achat ou la vente de titres sur un laps de temps plus court (une journée, une heure, une minute, etc.). Ces « day traders » peuvent trouver leur bonheur sur les places boursières du monde, ouvertes à différents moments de la journée.
Astuce : Pour les résidents belges, voici les plages horaires des principales bourses du monde :
L’Euronext et la London Stock Exchange : de 9h à 17h30
Le NYSE et NASDAQ : de 15h30 à 22h
Le Tokyo Stock Exchange : de 1h à 7h
La Shanghai Stock Exchange : de 2h30 à 8h
De plus, l’achat ou la vente d’actions peut se prolonger grâce à des horaires étendus.
Construire son portefeuille ne peut se faire sans réflexion. Chaque personne possède une personnalité qu’elle se doit de respecter et il est inutile de vouloir griller des étapes. L’investisseur novice doit avant tout apprendre à gérer les actifs présents dans son panier et maîtriser les risques inhérents à chacun. Il devra également garder une logique dans ses choix (doit-on vendre toutes ses obligations sous prétexte que le prix du Bitcoin flambe ?). Enfin, il devra surtout accepter que tout ne se passe pas comme il l’a prévu et prendre ces contrecoups comme ils le sont, un apprentissage.
La capitalisation boursière est souvent confondue avec la valorisation d’une entreprise mais il y a bien des différences.
La capitalisation boursière d’une entreprise n’est autre que la valeur totale de ses actions en circulation sur le marché. Elle est simplement calculée en multipliant le nombre total des actions en circulation de ladite société par le prix (cours) actuel d’une action.
Ainsi, sachant que le prix d’une action est amené à évoluer quotidiennement sur les marchés du fait de l’offre et de la demande, la capitalisation boursière évolue également de manière corrélée à l’évolution du prix de l’action.
En théorie, la capitalisation boursière correspond à la somme que devrait payer un acquéreur pour obtenir 100 % des parts d’une entreprise. Mais concrètement, les entreprises acquéreuses paient plus cher que le cours du marché pour inciter les actionnaires à lui céder leurs parts et donne une prime de contrôle.
Il est à noter que pour diriger une entreprise, il ne suffit pas d’avoir 100% des parts mais bien d’obtenir au moins 50% + 1 part.
Ne pas confondre la capitalisation boursière et la valeur de l’entreprise
La valeur de l’entreprise ne se calcule pas de la même manière. La capitalisation tient compte des capitaux sur le marché alors que pour estimer la valeur d’une société, faut se baser aussi sur ses dettes.
Elle correspond donc à la valorisation fondamentale de l’activité de l’entreprise indépendamment de sa situation de trésorerie. Nous y reviendrons de manière plus poussée dans un autre article.
Par ailleurs, selon Bloomberg, la capitalisation boursière mondiale s’était établie à 100.589 milliards, après avoir dépassé la barre des 90.000 milliards en juin.
Vous l’aurez deviné, ce sont les États-Unis qui hébergent le plus de grandes sociétés considérant leur capitalisation boursière et restent donc leaders.
En effet, 12 des 16 entreprises les plus cotées au monde sont américaines, nous pensons bien sûr directement aux fameux GAFAM (Apple, Microsoft, Amazon, Facebook et Alphabet) qui pèsent ensemble plus de 7.300 milliards, soit plus de 7% de la capitalisation boursière mondiale et bien plus que les autres Bourses mondiales.
Petite recommandation, lorsque vous investissez et que vous voulez diversifier votre risque, il est important que vous ayez en portefeuille de mégas ou de grandes capitalisations (entre 10 et 500 milliards).
En effet, les entreprises à plus grande capitalisation présentent un faible niveau de risque pour les traders et les investisseurs, mais elles sont aussi susceptibles d’offrir une croissance bien plus lente. Ces grandes entreprises existent généralement depuis longtemps et sont des acteurs majeurs dans des secteurs bien établis.
Par contre, les sociétés ayant une plus faible capitalisation boursière pourraient offrir un risque plus élevé et, par conséquent, représenter une croissance plus rapide pour un meilleur rendement
PS2: Ne pas confondre non plus capitalisation boursière avec la notion de capitalisation d’usage en placement financier
Cette dernière, n’est rien d’autre qu’un produit d’épargne long-Moyen termes et permet de générer des revenus pour les particuliers, notamment grâce au système d’assurance-vie.
Dans notre série sur les personnes ayant fait l’actualité financière, nous revenons aujourd’hui sur l’un des traders les plus connus en France et qui a failli entraîner la chute d’un monument français, la Société Générale.
Cet homme n’est autre que Jérôme Kerviel …
👉 Qui est-il ?
Jérôme Kerviel est né le 11 janvier 1977 à Pont-l’Abbé (en Bretagne). Passionné par les chiffres, il entame des études d’économie et termine par un Master en management des opérations de marchés à l’Université Lyon II.
En 2000, il rejoint la division « Banque d’investissement » de la Société Générale, en tant que chargé de Middle Office. Son rôle est simple, il s’agit de vérifier que les transactions encodées par le Front Office (les traders) sont valides et les informations cohérentes. Une tâche répétitive que Kerviel cherchera à automatiser en créant des logiciels sur Excel.
Sa volonté d’exceller et d’agir rapidement permet à Jérôme de se différencier de ses pairs et d’être nommé assistant-trader en 2002. Bien que la nature de ses activités ne change pas (il continue à « matcher » les informations pour le compte des traders). Kerviel a désormais accès aux salles de marché.
👉 Apprenti trader
Début 2005, Jerôme Kerviel devient à son tour trader. Il négocie des produits dérivés, plus précisément des Turbo Warrant.
Rappel : Un warrant est un produit dérivé qui donne à son détenteur le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre une quantité définie d’un actif financier à un prix et une période déterminés dans le contrat. (voir article sur les produits dérivés pour plus de détails).
Le courtier français doit cependant tenir compte d’une potentielle perte sur chaque pari. Pour cela, il souscrit une assurance qui couvrira les moins-values. On dit dans ce cas qu’il se « hedge ». Ainsi, toute prévision de hausse est couverte par un contrat d’assurance à la baisse, et vice-versa.
Cette activité pouvant rapidement dégénérer, la Société Générale fixe des règles pour chaque desk, voire pour chaque trader. Parmi celles-ci, on y retrouve la limite maximale à investir ainsi qu’une obligation de déboucler ses positions en fin de la journée.
👉 Un trader hors pair…
Un principe-clé du hedging est que chaque contrat d’assurance doit être associé à un produit dérivé. Or, il se peut que le produit dérivé soit clôturé (par l’activation du droit d’achat/vente), mais que le contrat d’assurance existe toujours. L’intérêt dans ce cas est de profiter de la compensation offerte par l’assurance sur un sous-jacent que nous ne détenons pas. C’est une forme de spéculation que l’on appelle « une prise de position ».
Jerôme Kerviel va très rapidement maîtriser les techniques associées à la spéculation et va prendre de plus en plus de risque, tant sur le montant mis en jeu que sur sa période de débouclage.
Ainsi, à l’été 2005, il pariera à la baisse sur les actions d’Allianz, ce qui portera ses fruits lors des attentats de Londres. En 2006, il empoche 28 millions d’euros de gains suite à une prise de position de 1 500 millions. En 2007, il récidive en réalisant un bénéfice exceptionnel de 1,5 milliard d’euros après avoir misé 30 milliards d’euros !
👉 … mais aussi hors-la-loi
Comment Kerviel a-t-il pu gagner autant d’argent sur ses positions ? Mais surtout, comment a-t-il pu miser autant sans être surveillé ? Avant de porter l’homme en gourou des marchés financiers, il a lieu de rappeler que la banque avait fixé des limites pour éviter les dérives de ses employés.
Pour ne pas attirer l’attention, le futur ex-trader, encodait de fausses transactions dans le système informatique, prenant le soin également de rédiger de faux mails. Les informations devant être vérifiées par le Middle Office, cela lui laissait le temps de déboucler ses positions.
👉 La Chute
En 2008, l’étau se resserre autour du courtier. Une enquête interne est menée suite à de nombreuses anomalies et la crise des subprimes pousse à la prudence sur le marché. Jérôme fut pris alors dans ce qu’il appelle lui-même « un engrenage » qui l’entraîna à miser plus pour gagner plus.
Sa dernière vision : parier sur une hausse du Dax en janvier 2008 pour un montant titanesque de 50 milliards d’euros (ce qui représente plus que la valeur des fonds propres de la banque !). Malheureusement pour lui, les marchés iront dans le sens contraire de ses prévisions et les 1,5 milliard d’euros gagnés l’année précédente seront rapidement perdus.
Kerviel sera au pied du mur et devra annoncer les sommes engagées à sa hiérarchie, qui pensait alors jusque-là le réprimander pour la dissimulation des 1,5 milliard gagnés…
Face à un tel danger, la Société Générale décide de déboucler en urgence les positions de son trader, et ce, au risque de mettre les marchés en alertes. Après des jours, la banque accuse une perte sèche de 5 milliards (6,5 milliards issus de la vente – 1,5 milliards de gains).
👉 La suite
Très vite, le coupable est désigné, c’est Jérôme Kerviel qui aurait agi seul et dans son propre intérêt. De son côté, le trader licencié reconnaît ses actes, mais refuse d’assumer seul. Selon lui, sa hiérarchie était au courant des pratiques et l’encourageait (il apporte des preuves de ses dires dans son livre l’engrenage [éditions Flammarion, 2010]).
L’affaire va très vite en justice et celle-ci condamne dans un premier temps Kerviel à rembourser 4,9 milliards d’euros ainsi qu’à une peine d’emprisonnement de 5 ans, dont 2 avec sursis. Au fil des procès, l’accusation change de visage et la Société Générale se voit supporter la majeure partie des pertes. Finalement, le natif de Bretagne devra à son ancien employeur la somme d’un million d’euros.
Aujourd’hui, Jérôme Kerviel s’est retiré des marchés financiers. Après avoir retrouvé un travail en tant que contrôleur de gestion, il s’est tourné vers l’écriture et les conférences. De son côté, la Société Générale a perdu de sa superbe. Avec un contexte économique défavorable au secteur, celle dont l’action valait encore 155 € en avril 2007 ne vaut plus aujourd’hui que 12 €… Une contre-performance que Jérôme aime rappeler sur Twitter.
Bien des hommes ont marqué l’Histoire de la Finance mondiale grâce à leurs idées, leurs victoires ou le poste qu’ils occupaient. C’est le cas d’Henry Paulson, un homme qui avait quasiment le destin du monde économique entre les mains.
Qui est Henry Paulson ?
Henry « Hank » Paulson est né le 28 mars 1946 à Palm Beach, en Floride. Ses premières études, en littérature, au collège Dartmouth étaient bien loin de la finance. Cependant, il prit rapidement le chemin des affaires en étudiant à la Harvard Business School.
S’il est un homme d’influence, c’est parce qu’il a côtoyé le pouvoir assez tôt dans sa carrière en étant nommé assistant du secrétaire adjoint à la défense du Pentagone (1970 – 1972) et conseillé privé du président Richard Nixon (1972 – 1974).
Son prochain arrêt fut la banque d’investissement Goldman Sachs en 1974 où il y gravit les échelons jusqu’à en devenir CEO en 1999.
2007 : La crise des Subprimes
En 2006, Paulson pense être au sommet de sa carrière, car il vient d’être nommé secrétaire au trésor américain, la plus haute fonction financière du pays, par George W. Bush. Il est loin d’imaginer l’ampleur de la tempête financière qui s’abattra sur l’économie américaine un an plus tard. Tempête qui sera causée par la vente de titres financiers toxiques adossés à des prêts hypothécaires, les fameux Subprimes.
Durant la crise financière de 2007, le monde vit une période de chocs. La banque d’investissement Lehman Brothers se déclare en faillite, les prochaines sur la liste sont Freddie Mac et Fannie Mae, s’il n’y a pas une intervention du gouvernement. Même la compagnie d’assurance AIG risque la banqueroute. Les autres banques, trop occupées à tenter de garder leurs clients, ne veulent plus accorder de crédits, c’est la panique.
Paulson sort l’artillerie lourde.
En réaction, Paulson prend deux décisions majeures:
La première consiste à laisser Lehman Brothers assumer ses responsabilités et faire faillite. Cette décision, très controversée, sera pour beaucoup le déclenchement de la crise. Pour le secrétaire au trésor américain, le message est clair : le contribuable américain ne paiera pas pour les erreurs de Wall Street et il faut donner l’exemple.
La deuxième porte sur un plan de relance titanesque. La chute des grandes banques américaines provoquerait un effondrement du système économique mondial, qu’il faut à tout prix éviter. Pour cela, l’État américain créera l’Emergency Economic Stabilization Act of 2008, qui débloquera 700 milliards de dollars dans le programme TARP (Trouble Asset Relief Program).
Fannie Mae et Freddy Mac seront nationalisées et AIG sera sauvée contre 85 milliards de dollars. Bien que la première version du programme prévoyait des prêts pour éviter le risque de crédit ou de liquidité, c’est finalement une participation de l’État dans les principales banques américaines qui fut choisie. Ces décisions apaisèrent temporairement les marchés financiers, qui mettront tout de même des années à se remettre de la crise.
Beaucoup de personnes reprochèrent à Henry Paulson d’avoir des conflits d’intérêts. Son passage chez Goldman Sachs, alors principal concurrent de Lehman Brothers, créera des doutes auprès de l’opinion publique.
Une suite plus calme
Le natif de Floride quitta ses fonctions en 2009, remplacé par Timothy Geithner. Il fonda la Paulson Institute qui a pour but de promouvoir les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine, pays qu’il a beaucoup côtoyé lorsqu’il était plus jeune.
Nous pouvons parfois penser que le point culminant d’une carrière consisterait en un moment de triomphe, là où les succès font partie du passé, et où les défis rares. Dans certains cas, le moment le plus important de la carrière d’un homme coïncide avec le moment le plus important du monde.
À ce moment, tout le savoir, toute l’expérience acquise doit être mobilisée, car l’erreur n’est pas permise. Ces critères, Henry Paulson les avait. Après tout, seul un banquier d’exception pouvait nous sortir d’une situation aussi exceptionnelle.
Première touchée, première sauvée, une analyse économique et financière révèle que la Chine est la grande gagnante de la crise !
Il est évident que personne ne sortira pleinement victorieux de cette crise car le monde entier a été touché mais en termes de relance de l’activité, la Chine s’est démarquée des autres pays et se hisse parmi les modèles de réactivité !
La Chine est un des seuls pays dont l’activité économique a pu reprendre de manière significative. Le PIB chinois affiche positif pour l’année 2020 alors que le PIB de la zone euro et celui des États-Unis affichent négatif.
En effet, la part de la Chine dans le commerce mondial n’a jamais progressé aussi vite que depuis la pandémie de Covid-19, et cela, à l’aide des exportations de ses produits médicaux et au télétravail, selon une note de Euler Hermes publiée lundi 19 octobre.
En jetant un œil du côté de la bourse, nous pouvons constater la surperformance des actions chinoise en 2020 !
L’indice CSI 300, lequel regroupe les 300 plus importantes valeurs cotées à Shanghai et Shenzhen, affiche un gain d’environ 20% depuis le début de l’année
Le S&P 500, qui se base sur les 500 plus grandes sociétés cotées sur les bourses américaines, gagne près de 10% depuis janvier.
Le Stoxx Europe 600, qui regroupe les 600 plus importantes capitalisations boursières européennes, chute d’un peu plus de 10%.
Selon Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC banque, deux facteurs expliquent une telle reprise de l’activité en Chine. Selon l’économiste, il s’agit du système politique chinois et du commerce international (particulièrement l’exportation) qui ont permis à la Chine de mieux gérer la crise comparé aux européens et aux américains.
Production industrielle en Chine :
Illustration de l’évolution de la production industrielle chinoise en 2020
Une solide demande à l’exportation a permis de relancer la production industrielle en Chine de manière significative. En effet, la production industrielle a progressé plus que prévu.
D’après les données du Bureau National des Statistiques (BNS), la production industrielle a augmenté de 6,9% au mois d’octobre alors que les analystes anticipaient une hausse de 6,5%. En plus de l’évolution de la production, une forte croissance des dépenses de consommation a été constatée.
En conclusion, l’accroissement de la production industrielle et l’augmentation de la demande des ménages ont permis de dynamiser l’économie chinoise sans parler du vaste accord (RCEP) du plus grand marché de libre-échange au monde mené par la Chine.
La question se pose de savoir que devons-nous, en Europe, mettre en place pour relancer l’activité économique ?
En bourse, deux choses s’échangent principalement : l’argent et l’information. Cette dernière dicte les tendances des marchés financiers et explique pourquoi les traders ont les yeux rivés toute la journée sur les chaînes d’informations.
Cependant, toutes les informations n’ont pas la même valeur et l’utilisation de certaines d’entre elles peut coûter cher à son détenteur. C’est le cas lors d’un délit d’initié.
👉 Qu’est-ce qu’un délit d’initié ?
On parle de délit d’initié lorsqu’une personne a en sa possession une information sur une entreprise que d’autres n’ont pas et qui, par l’utilisation de celle-ci, lui confère un avantage sur les marchés financiers.
Le délit d’initié est considéré avant tout comme un abus de marché, car l’exploitation de l’information privilégiée bouleverse les règles du jeu. Les autres investisseurs n’ayant pas encore connaissance de la nouvelle avant sa publication, ils ne peuvent anticiper les cours de bourse.
👉 Quelles informations peuvent faire l’objet d’un délit d’initié ?
Soyons bien clairs, détenir un « scoop » n’est pas interdit. D’ailleurs, à l’ère du numérique, on peut trouver toutes sortes de données financières sur internet. Et même si les traders professionnels donnent l’impression d’avoir accès à des informations avant tout le monde, celles-ci sont toujours publiques et sont mises à disposition de tous (du moins pour ceux qui savent la chercher).
Mais comment savoir si l’information reçue peut être utilisée ou non ? C’est la complexité de la chose. L’analyse fondamentale est un exercice long et considérable qui impose de connaître la société dans les moindres détails avant de décider d’y investir. Il est évident que les comptes seront épluchés et le management surveillé. Néanmoins, cela reste des informations exploitables.
D’autres par contre n’hésiteront pas à se rapprocher de l’entreprise, quitte à se rendre sur place pour juger de sa capacité de production. Certains iront jusqu’à côtoyer des employés pour capter quelques bruits de couloir. Pourtant, plus vous serez proche du centre décisionnel d’une société, plus vous serez en possession d’informations sensibles, et moins vous aurez l’occasion de les exploiter.
En Belgique, c’est le rôle de l’Autorité des services et marchés financiers (la FSMA) de vérifier si une transaction financière a été réalisée sous un délit d’initié ou non. Lorsque cela est prouvé, l’auteur des faits peut encourir une peine d’emprisonnement allant de trois mois à un an ainsi qu’une amende de 50 € à 10 000 € (à cela s’ajoutent les amendes infligées par la FSMA qui peuvent atteindre les 2 millions d’euros).
👉 Qui sont les personnes concernées par un délit d’initié ?
En réalité, tout le monde peut commettre ce délit, même s’il existe deux catégories de personnes dites initiées. La première reprend les dirigeants d’entreprise, les comptables ou les avocats. La seconde englobe toutes les personnes qui côtoient les initiés primaires, comme un époux ou une épouse, un ami(e), un(e) journaliste, etc.
👉 Un exemple ?
Imaginons que votre meilleur ami soit le directeur d’une entreprise cotée en bourse et très appréciée des acheteurs. Lors d’une discussion privée avec lui, il vous fait part de ses inquiétudes concernant les derniers résultats financiers. D’après lui, l’entreprise a eu une année très difficile et ne pourra pas honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers. Les résultats, quant à eux, seront publiés dans une semaine. Dans ce cas, vendre les actions que vous possédez juste avant leur chute est considéré comme un délit d’initié. Vous ne pourrez pas exploiter cette information avant qu’elle ne soit rendue publique.
Un exemple concret dans notre pays est la vente d’actions par l’ex-CEO de Proximus Dominique Leroy (aujourd’hui chez Deutsche Bank) quelques mois avant son départ. Il lui est reproché d’avoir vendu ses stock-options alors même qu’elle était en discussion avec KPN pour devenir la nouvelle CEO.
À l’étranger, c’est l’ancien trader américain Mathew Martoma qui a réalisé l’un des délits d’initié les plus lucratifs de l’histoire avec 276 M$ de gain. Martoma avait revendu les actions d’entreprises pharmaceutiques qu’il détenait suite aux confidences reçues par deux médecins concernant des essais cliniques ratés.
Vous l’aurez compris, bien que les stratégies d’investissement soient basées principalement sur des mathématiques, des probabilités ou même de l’intelligence artificielle, les informations détenues par les courtiers peuvent faire toute la différence.
Pour réaliser un « pari gagnant », chaque investisseur est à la recherche d’une nouvelle qui le réconfortera dans ses choix. Le besoin d’être au bon endroit au bon moment, couplé à la force des réseaux sociaux, peut entraîner certains à tomber dans le piège des fake news qui n’ont pour but que de manipuler les marchés… et enrichir ceux qui les propagent.
Les marchés annonçaient une baisse quelques jours avant les élections américaines et nous pensions que la tension dû aux élections allait empirer les choses. Cependant, les marchés ont réagi différemment et nous avons observé une nette augmentation des valeurs boursières suite aux élections.
Wall Street affichait des résultats dans le rouge avant le 3 novembre. La période des élections présidentielles américaines, en plus de la crise sanitaire, ont accrus l’incertitude chez les investisseurs.
• Le Dow Jones – 6,5%. • Le S&P 500 – 5,6%. • Le Nasdaq – 5,5%.
En Europe, les marchés connaissent également un recul important :
• Le CAC 40 – 6,33%. • Le DAX – 8,46%. • Le Stoxx 600 – 5,45%.
Le 5 novembre, la Bourse de New York ouvre en hausse et cela est portée par l’espoir de voir les résultats des élections américaines se traduire par des politiques budgétaire, fiscale et réglementaire favorables aux grandes entreprises. La confiance des investisseurs l’emporte sur l’incertitude liée aux élections. Les résultats suivants le confirment :
• L’indice Dow Jones gagne 1,49%. • Le S&P 500 prend 1,77%. • Le Nasdaq progresse de 1,87%. • Le CAC 40 prend 2,44%. • Le DAX affiche 1,96%. • Le Stoxx 600 s’ajuste à 2,05%.
Nous pouvons en conclure que les résultats des élections ont eu un impact positif sur les cours boursiers. Joe Biden semble avoir rassurer les investisseurs et permis aux marchés de rebondir. Le tout est de savoir si cette relance est de longue durée ou au contraire éphémère.