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DeepSeek, le ChatGPT chinois qui fait trembler les américains

Selon Alexandr Wang , 28 ans, fondateur et PDG de Scale AI , une start-up de 13 milliards de dollars, les États-Unis ont maintenu leur domination sur la Chine en matière d’intelligence artificielle pendant près d’une décennie.

Mais avec la sortie à Noël d’un modèle d’intelligence artificielle « révolutionnaire » de la start-up chinoise DeepSeek fondé par le gérant de hedge fund Liang Wenfeng, l’écart entre les deux pays se réduit dangereusement, a déclaré Wang dans une interview accordée à CNBC le 23 janvier 2025.

En effet, plus tôt cette semaine, DeepSeek a publié un deuxième modèle d’intelligence artificielle (IA) qui démontre des capacités de raisonnement rivalisant avec celles des grandes entreprises américaines comme OpenAI.

En plus d’impressionner les chercheurs par ses performances, les progrès rapides de la start-up chinoise ont soulevé des questions sur l’efficacité des contrôles à l’exportation des puces d’IA destinés à limiter l’accès de la Chine aux unités de traitement graphique avancées (GPU) qui sous-tendent les outils d’IA.

Scale AI s’est également récemment associé au Center for AI Safety pour lancer « Humanity’s Last Exam », qu’ils décrivent comme le test de référence le plus difficile à ce jour pour les systèmes d’IA. Bien qu’aucun modèle n’ait réussi à obtenir plus de 10 % au test jusqu’à présent, Wang a déclaré que le nouveau modèle de raisonnement de DeepSeek, DeepSeek-R1, était en tête du classement. « Leur modèle est en fait le plus performant, ou à peu près au même niveau que les meilleurs modèles américains », a-t-il déclaré à CNBC.

DeepSeek affirme que R1 est proche ou meilleur que les modèles concurrents dans plusieurs tests de référence de premier plan tels que AIME 2024 pour les tâches mathématiques, MMLU pour les connaissances générales et AlpacaEval 2.0 pour les performances aux questions-réponses. Il se classe également parmi les meilleurs sur un classement affilié à l’UC Berkeley appelé Chatbot Arena.

Ces réalisations couvrent divers domaines de référence, notamment la résolution de problèmes complexes, les mathématiques et le codage, positionnant DeepSeek comme un acteur clé sur la scène mondiale de l’IA.

Sauf que DeepSeek n’est pas un cas isolé. Depuis le milieu de l’année dernière, les entreprises technologiques chinoises telles qu’Alibaba, Tencent, ByteDance, Moonshot et 01.ai ont progressivement réduit l’écart avec leurs homologues américaines, en égalant leurs capacités et en les surpassant en termes de rentabilité.

De fait, DeepSeek n’est pas le seul à s’implanter en Chine. ByteDance prévoit de dépenser plus de 12 milliards de dollars en infrastructures d’IA aux États-Unis cette année, dans le cadre d’ un investissement plus important de 20 milliards de dollars , dont la moitié sera consacrée aux centres de données et aux équipements.

Huawei se positionne également comme un acteur clé , compte tenu du défi que représente l’obtention de la technologie Nvidia et des nouvelles restrictions américaines. Il y a aussi le nouveau fonds d’investissement chinois dans l’IA, doté de 8 milliards de dollars de capital initial , dans le but de soutenir le pays après le renforcement des contrôles à l’exportation des semi-conducteurs avancés et d’autres technologies par les États-Unis.

Les progrès réalisés par la Chine en matière d’efficacité énergétique ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont une réponse directe aux restrictions d’exportation de plus en plus strictes imposées par les États-Unis et leurs alliés. En limitant l’accès de la Chine aux puces d’intelligence artificielle avancées, les États-Unis ont par inadvertance stimulé son innovation.

Pour réduire leur dépendance aux puces haut de gamme étrangères, les entreprises chinoises d’IA ont expérimenté de nouvelles approches en matière d’algorithmes, d’architecture et de stratégies de formation.

Nombre d’entre elles ont adopté une approche « mixte d’experts », en se concentrant sur des modèles d’IA plus petits, formés à partir de données spécifiques. Ces modèles peuvent fournir des résultats puissants tout en réduisant les ressources informatiques.

DeepSeek-V3 incarne le succès de cette approche ingénieuse. Selon son rapport technique, le modèle a été entraîné à l’aide d’un centre de données alimenté par des GPU Nvidia H800, une puce moins avancée que les dernières versions de Nvidia.

Cependant, le PDG de Scale AI, Alexandr Wang, affirme que DeepSeek déforme ses affirmations selon lesquelles il n’utilise que 2 048 GPU Nvidia ; il a déclaré que le nombre est d’environ 50 000. Il explique que la principale raison pour laquelle ils agissent ainsi est qu’ils ne veulent pas admettre qu’ils obtiennent les puces malgré la restriction américaine.

Bien que personne ne puisse vraiment le savoir avec certitude sur la base du document technique qu’ils ont publié sur leurs derniers modèles, V3 et R1, il semble plausible qu’ils aient considérablement réduit le besoin de calcul d’entraînement.

Par ailleurs, de nombreux observateurs chinois ont salué DeepSeek-R1 comme un triomphe national et un paradigme de l’innovation chinoise. En effet, les chercheurs et ingénieurs chinois excellent dans la réalisation d’objectifs ambitieux de manière efficace et rentable, en innovant souvent dans des méthodes techniques malgré des contraintes de ressources.

La dépendance minimale de DeepSeek-V3 à l’égard du calcul haute performance, son approche systématique de la formation et de l’inférence et ses solutions techniques innovantes reflètent l’état d’esprit technique qui caractérise les entreprises, les équipes et les chercheurs chinois.

En outre, la dernière version de DeepSeek a terminé sa formation en seulement deux mois pour un coût de 5,5 millions de dollars, une fraction des sommes dépensées par des entreprises américaines comme OpenAI.

De fait, DeepSeek a affirmé avoir utilisé seulement 2 048 Nvidia H800 et 5,6 millions de dollars pour former un modèle avec 671 milliards de paramètres, soit environ 1,6 fois la taille du Llama 3.1, considéré comme le meilleur modèle open source américain. Ainsi l’entreprise a dépensé une fraction de ce qu’OpenAI et Google ont dépensé pour former des modèles de taille comparable.

Les plus grandes entreprises d’intelligence artificielle du monde entraînent leurs chatbots à l’aide de supercalculateurs qui utilisent jusqu’à 16 000 puces, voire plus. Les ingénieurs de DeepSeek, de leur côté, ont déclaré qu’ils n’avaient besoin que d’environ 2 000 puces informatiques spécialisées de Nvidia.

Ainsi, la façon la plus simple de comprendre ces changements est de dire que DeepSeek a pris le modèle de frontière d’OpenAI et l’a utilisé comme enseignant pour son modèle. Avec cela, ils ont distillé le modèle en un modèle plus petit tout en conservant presque toutes ses performances intactes. Comme le modèle est plus petit et grâce à d’autres innovations, ils ont considérablement réduit le coût de sa formation et de son fonctionnement.

L’une de leurs innovations importantes concernait l’attention latente multi-têtes (MLA). Plus précisément, ils se sont concentrés sur les aspects d’équilibrage de charge. Pour le dire de la manière la plus simple, l’essentiel est que le modèle n’a pas toujours besoin de stocker tous les paramètres dont il dispose, mais se concentre uniquement sur les plus importants.

Ils ont fait cela sans aucune dégradation des performances qui accompagne généralement l’équilibrage de charge. Ils acheminent essentiellement les demandes d’inférence vers un modèle plus petit, le plus à même de répondre à la requête ou de résoudre la tâche.

Considérez-le comme ayant plusieurs « têtes d’attention » qui peuvent se concentrer sur différentes parties des données d’entrée, permettant au modèle de capturer une compréhension plus complète des informations. Ce mécanisme d’attention amélioré contribue aux performances impressionnantes de DeepSeek-V3 sur divers tests.

En outre, Les modèles de DeepSeek utilisent une architecture MoE, activant seulement une petite fraction de leurs paramètres pour une tâche donnée. Cette

Cette activation sélective réduit considérablement les coûts de calcul et améliore l’efficacité. Imaginez une équipe d’experts, chacun spécialisé dans un domaine différent. Face à une tâche, seuls les experts concernés sont sollicités, garantissant une utilisation efficace des ressources et de l’expertise. L’architecture MoE de DeepSeek fonctionne de manière similaire, activant uniquement les paramètres nécessaires pour chaque tâche, ce qui entraîne des économies de coûts importantes et une amélioration des performances.

En plus de cela, avec la sortie complète de R1 lundi et le document technique qui l’accompagne , la société a révélé une innovation surprenante : un écart délibéré par rapport au processus conventionnel de réglage fin supervisé (SFT) largement utilisé dans la formation de grands modèles linguistiques (LLM).

La SFT, une étape standard du développement de l’IA, consiste à entraîner des modèles sur des ensembles de données organisés pour enseigner le raisonnement étape par étape, souvent appelé chaîne de pensée (CoT). Elle est considérée comme essentielle pour améliorer les capacités de raisonnement.

Cependant, DeepSeek a remis en question cette hypothèse en ignorant complètement la SFT, choisissant plutôt de s’appuyer sur l’apprentissage par renforcement (RL) pour entraîner le modèle.

Surnommée « DeepSeek-R1-Zero », cette première version du modèle a appris le raisonnement par chaîne de pensée uniquement à partir de retours d’information par essais et erreurs, sans aucune instruction supervisée pour la guider. En poussant le modèle à résoudre des tâches toujours plus complexes, le RL a inculqué des capacités telles que l’autoréflexion et la vérification.

L’inconvénient ? Le résultat manquait de finition : DeepSeek-R1-Zero était sujet à la répétition, à un mélange étrange de langues et à un texte peu maniable.

Pour l’affiner, l’équipe a superposé un processus en plusieurs étapes combinant le RL avec un réglage fin supervisé traditionnel. Le R1 qui en résulte est un système qui non seulement correspond au produit phare d’OpenAI en matière de références mathématiques, de codage et de logique, mais fournit également des résultats à une fraction du coût.

Cette démarche audacieuse a obligé DeepSeek-R1 à développer des capacités de raisonnement indépendantes, évitant la fragilité souvent introduite par les ensembles de données prescriptifs. Bien que certaines failles apparaissent, ​​conduisant l’équipe à réintroduire une quantité limitée de SFT lors des dernières étapes de construction du modèle, les résultats ont confirmé une avancée fondamentale : l’apprentissage par renforcement à lui seul pourrait générer des gains de performances substantiels.

Cette approche a donné lieu à un phénomène inattendu : le modèle a commencé à allouer du temps de traitement supplémentaire à des problèmes plus complexes, démontrant ainsi sa capacité à hiérarchiser les tâches en fonction de leur difficulté. Les chercheurs de DeepSeek ont ​​décrit ce phénomène comme un « moment d’éveil », au cours duquel le modèle lui-même a identifié et formulé de nouvelles solutions à des problèmes complexes.

Cette étape importante a souligné la puissance de l’apprentissage par renforcement pour débloquer des capacités de raisonnement avancées sans avoir recours à des méthodes d’entraînement traditionnelles comme la SFT.

En substance, les modèles de DeepSeek apprennent en interagissant avec leur environnement et en recevant des commentaires sur leurs actions, de la même manière que les humains apprennent par l’expérience. Cela leur permet de développer des capacités de raisonnement plus sophistiquées et de s’adapter plus efficacement à de nouvelles situations et également de fortement réduire les coûts.

Enfin, DeepSeek utilise des techniques de distillation pour transférer les connaissances et les capacités de modèles plus grands vers des modèles plus petits et plus efficaces. Cela rend l’IA puissante accessible à un plus large éventail d’utilisateurs et d’appareils. C’est comme si un enseignant transférait ses connaissances à un élève, ce qui lui permet d’effectuer des tâches avec une compétence similaire mais avec moins d’expérience ou de ressources.

Le processus de distillation de DeepSeek permet aux modèles plus petits d’hériter des capacités avancées de raisonnement et de traitement du langage de leurs homologues plus grands, ce qui les rend plus polyvalents et accessibles.

Ces techniques innovantes, combinées à l’accent mis par DeepSeek sur l’efficacité et la collaboration open source, ont positionné l’entreprise comme une force disruptive dans le paysage de l’IA.

En raison de ces changements, l’API de DeepSeek, comme l’ont rapporté certains utilisateurs, est 95 % moins chère par jeton que le modèle o1 d’OpenAI tout en ayant des performances similaires. Le modèle DeepSeek est censé être 45 fois plus efficace côté formation que les autres modèles.

Qui plus est, certaines entreprises chinoises d’intelligence artificielle sont en mesure d’exploiter la puissance de calcul des puces avancées de Nvidia via des serveurs cloud basés dans d’autres pays.

Alternativement, ils peuvent simplement acheter plus de semi-conducteurs moins avancés de Nvidia ou les utiliser plus efficacement à l’aide d’un logiciel intelligent. Pour continuer à servir le vaste marché chinois, Nvidia a conçu des processeurs moins puissants, et conformes aux sanctions. Ceux-ci sont entre 10% et 30% plus lents que son kit haut de gamme, et finissent par être plus coûteux pour les clients chinois par unité de puissance de traitement. Mais ils effectuent le travail.

De plus, la Chine pourrait en partie remédier à la pénurie de puces, et de puissance cérébrale, à l’aide de modèles « open source ». Le fonctionnement interne de ces modèles peut être téléchargé par n’importe qui et adapté à une tâche spécifique.

Les laboratoires d’IA chinois pourraient également se prévaloir de modèles open source, qui incarnent la sagesse collective des équipes de recherche internationales. Matt Sheehan du Carnegie Endowment for International Peace, un think thank américain, affirme que la Chine a la forme d’être un « suiveur rapide », ses laboratoires ont absorbé les avancées de l’étranger, puis les ont rapidement incorporées dans leurs propres modèles, souvent avec des ressources d’État abondantes.

Ainsi, il n’y a aucune indication que les restrictions imposées par l’administration Biden sur les puces haut de gamme, ainsi que sur les logiciels et les machines nécessaires à leur fabrication, aient ralenti l’ascension de la Chine dans ce qu’on appelle la quatrième révolution industrielle, c’est-à-dire l’application de l’intelligence artificielle à des secteurs tels que l’industrie manufacturière, l’exploitation minière, l’agriculture et la logistique.

Bien que le contexte de la guerre technologique complique l’évaluation précise des progrès de la Chine, les informations disponibles suggèrent que la Chine fait des avancées à une vitesse inégalée dans ses efforts pour contourner les restrictions technologiques.

Alors, les analystes occidentaux ont surestimé l’impact des contrôles technologiques sur la Chine tout en sous-estimant la capacité de la Chine à les contourner.

Par conséquent, DeepSeek remet en cause l’idée largement répandue selon laquelle l’IA de pointe nécessite une énorme puissance de calcul et plusieurs milliards de dollars. DeepSeek démontre comment l’ingéniosité logicielle peut compenser les contraintes matérielles, et met également en évidence les limites des contrôles à l’exportation américains destinés à ralentir les progrès de la Chine en matière d’intelligence artificielle.

Si ces mesures peuvent entraîner des perturbations à court terme, leur impact diminue au fil du temps, à mesure que la Chine innove pour s’adapter.

Les restrictions américaines sur l’IA ont eu pour effet d’inciter le secteur privé chinois à prendre le relais au secteur public. Et si les États-Unis dominent souvent la recherche de pointe, les entreprises chinoises excellent dans l’exécution, l’accessibilité et la diffusion des produits. Dans le commerce électronique, les véhicules électriques, les panneaux solaires et les batteries, elles ont démontré une capacité impressionnante à évoluer.

Selon les experts du secteur, la concentration de DeepSeek sur la recherche en fait un concurrent dangereux, car l’entreprise préfère partager ses découvertes plutôt que de les protéger pour des gains commerciaux. DeepSeek n’a pas levé de fonds auprès de fonds extérieurs ni pris de mesures significatives pour monétiser ses modèles.

Prenant une voie différente de nombreuses entreprises américaines qui protègent étroitement leurs modèles d’IA, DeepSeek a adopté une stratégie open source, partageant ouvertement son code et ses méthodologies de formation.

Cette approche pourrait accélérer l’innovation et élargir son adoption à l’échelle mondiale, ce qui pourrait réduire l’avantage concurrentiel des entreprises américaines qui dépendent de systèmes propriétaires tels que GPT-4 d’OpenAI ou Bard de Google. Yann LeCun, responsable scientifique en IA chez Meta, a fait remarquer que le succès de DeepSeek souligne le potentiel des modèles open source à surpasser les modèles propriétaires.

Par conséquent, il s’agit là d’un choc majeur pour les fournisseurs de modèles LLM, en particulier les fournisseurs fermés dont l’activité repose (du moins jusqu’à présent) sur la vente d’accès aux modèles LLM les plus performants, tels qu’OpenAI et Anthropic. Le problème est d’autant plus grand que DeepSeek est un modèle open source que tout le monde peut utiliser.

Cela signifie également qu’ils devront aller encore plus vite avec l’innovation et des modèles plus récents, ce qui met la course à l’IA déjà rapide à une autre vitesse car il est clair que la communauté open source va maintenant recevoir un autre coup de pouce en jouant avec le modèle de DeepSeek, de la même manière que Llama open source de Meta a ouvert les vannes de l’open source.

De fait, la communauté open source reste l’espace le plus dynamique, le plus complet, le plus libre et le plus sans frontières en matière de recherche, de partage et de discussion universitaires dans le domaine de l’IA, et l’arène la moins compétitive en interne. L’engagement de DeepSeek en faveur de l’open source dès le premier jour a probablement été soigneusement réfléchi.

Son approche open source est complète, couvrant les pondérations des modèles, les ensembles de données et les méthodes de pré-formation, avec des articles de haute qualité comme partie intégrante. Les jeunes chercheurs brillants gagnent en visibilité grâce à leurs apparitions dans la communauté open source, à leurs partages et à leur engagement. Leur public comprend certains des moteurs les plus influents de l’IA mondiale.

Cette combinaison, jeunes chercheurs intelligents en IA + atmosphère d’institution de recherche (avec de grands packages technologiques) + partage et échange communautaires open source, a élevé l’influence et le prestige de DeepSeek dans le domaine de l’IA à l’échelle mondiale.

Pour une organisation principalement axée sur les résultats de recherche en IA plutôt que sur les produits commerciaux, Hugging Face et Reddit constituent les meilleurs lieux de lancement, les ensembles de données et les référentiels de code constituent les meilleures démonstrations et les articles constituent les meilleurs communiqués de presse.

Dans le même temps, ce modèle open source permet à OpenAI, Anthropic et d’autres d’adopter les innovations qu’ils ont apportées et de les utiliser dans leurs futurs modèles.

En plus de privilégier l’efficacité, les entreprises chinoises adoptent de plus en plus les principes de l’open source. Alibaba Cloud a publié plus de 100 nouveaux modèles d’IA open source, prenant en charge 29 langages et répondant à diverses applications, notamment le codage et les mathématiques. De même, des startups comme Minimax et 01.AI ont ouvert leurs modèles en open source.

« DeepSeek fonctionne comme à ses débuts DeepMind », a déclaré un investisseur en IA à Pékin. « Il est entièrement axé sur la recherche et l’ingénierie. » Liang, qui participe personnellement aux recherches de DeepSeek, utilise les bénéfices de ses opérations sur fonds spéculatifs pour payer les meilleurs salaires aux meilleurs talents en IA. Avec ByteDance, propriétaire de TikTok, DeepSeek est connu pour offrir la rémunération la plus élevée disponible pour les ingénieurs en IA en Chine, avec du personnel basé dans des bureaux à Hangzhou et à Pékin.

Liang a présenté DeepSeek comme une entreprise « locale » unique, composée de titulaires d’un doctorat issus des meilleures écoles chinoises, des universités de Pékin, de Tsinghua et de Beihang plutôt que d’experts issus d’institutions américaines.

Dans une interview accordée à la presse nationale l’année dernière, il a déclaré que son équipe principale « n’était pas composée de personnes revenues de l’étranger. Ils sont tous locaux… Nous devons former les meilleurs talents nous-mêmes ». L’identité de DeepSeek en tant que société de LLM purement chinoise lui a valu des éloges dans son pays.

Ritwik Gupta, chercheur en politique d’IA à l’Université de Californie à Berkeley, a déclaré que la Chine disposait d’un vivier d’ingénieurs systèmes beaucoup plus important que les États-Unis, qui savent comment tirer le meilleur parti des ressources informatiques pour former et exécuter des modèles à moindre coût.

Toutefois, les initiés du secteur affirment que même si DeepSeek a montré des résultats impressionnants avec des ressources limitées, la question de savoir si l’entreprise peut continuer à être compétitive à mesure que le secteur évolue.

D’ailleurs dans une interview accordée au média chinois 36Kr en juillet 2024, Liang a déclaré qu’un autre défi auquel les entreprises chinoises sont confrontées en plus des sanctions sur les puces électroniques est que leurs techniques d’ingénierie de l’IA ont tendance à être moins efficaces. « Nous [la plupart des entreprises chinoises] devons consommer deux fois plus de puissance de calcul pour obtenir les mêmes résultats. Si l’on ajoute à cela les écarts d’efficacité des données, cela pourrait signifier que nous avons besoin de jusqu’à quatre fois plus de puissance de calcul. Notre objectif est de combler en permanence ces écarts », a-t-il déclaré.

Dans tous les cas, DeepSeek prouve que les grands acteurs américains ne sont pas les seuls à pouvoir jouer dans la cour de l’IA générative. D’autres acteurs chinois ont accéléré ces derniers mois comme les start-up 01.AI ou Moonshot AI mais aussi les géants du pays dont Baidu, Alibaba et Tencent.

Alibaba a développé des modèles open source et un robot conversationnel (tous baptisés Qwen) qui sont salués par l’écosystème IA. Il y a quelques semaines, Alibaba Cloud a annoncé une baisse de 85 % du prix d’un de ses modèles, une nouvelle preuve que les entreprises chinoises de la tech ne comptent pas rester sans rien faire face aux Américains. Alibaba pourrait bien faire de nouvelles annonces à l’approche du nouvel an chinois (le 29 janvier), selon plusieurs experts.

En outre, selon un livre blanc publié l’année dernière par l’Académie chinoise des technologies de l’information et de la communication, un institut de recherche affilié à l’État, le nombre de grands modèles linguistiques d’IA dans le monde a atteint 1 328, dont 36 % proviennent de Chine. Cela place la Chine au deuxième rang des plus grands contributeurs à l’IA, derrière les États-Unis.

Il convient de noter qu’au cours de l’année écoulée, les grands modèles open source chinois ont acquis une grande renommée dans la recherche et les produits mondiaux en matière d’IA. On a de plus en plus l’impression que les grands modèles open source chinois sont plus complètement ouverts que certains homologues américains et européens, ce qui les rend plus accessibles aux chercheurs et aux développeurs pour étudier ou optimiser leurs propres modèles.

DeepSeek en est un exemple, tout comme Qwen d’Alibaba, largement considéré comme véritablement open source. Le petit modèle Mini-CPM-Llama3-V2.5 de Mianbi a même gagné une popularité inattendue après avoir été directement adapté par une équipe de premier cycle de Stanford.

Le succès de DeepSeek ne repose pas uniquement sur ses efforts internes. L’entreprise a également noué des partenariats stratégiques pour améliorer ses capacités technologiques et sa portée commerciale. L’une de ses collaborations notables est celle avec AMD , l’un des principaux fournisseurs de solutions de calcul haute performance. DeepSeek s’appuie sur les GPU AMD Instinct et le logiciel ROCM à travers les étapes clés du développement de son modèle, en particulier pour DeepSeek-V3. Ce partenariat permet à DeepSeek d’accéder à du matériel de pointe et à une pile logicielle ouverte, optimisant les performances et l’évolutivité.

Si l’innovation de DeepSeek est révolutionnaire, elle n’a en aucun cas établi une position dominante sur le marché. Comme l’entreprise a publié ses recherches, d’autres entreprises modèles en tireront des leçons et s’adapteront. Meta et Mistral, l’entreprise open source française modèle, sont peut-être un peu en retard, mais il ne leur faudra probablement que quelques mois pour les rattraper.

Comme l’a déclaré Yann Lecun, chercheur principal de Meta : « L’idée est que tout le monde profite des idées des autres. Personne ne « devance » quelqu’un d’autre et aucun pays ne « perd » face à un autre. Personne n’a le monopole des bonnes idées. Tout le monde apprend de tout le monde. » C’est donc l’exécution qui compte.

En fin de compte, ce sont les consommateurs, les startups et les autres utilisateurs qui en sortiront le plus grand profit, car les offres de DeepSeek continueront de faire baisser le prix d’utilisation de ces modèles à un niveau proche de zéro (encore une fois, en dehors du coût d’exécution des modèles au moment de l’inférence).

Cette banalisation rapide pourrait poser des problèmes, voire des souffrances considérables, aux principaux fournisseurs d’IA qui ont investi massivement dans des infrastructures propriétaires. Comme l’ont souligné de nombreux commentateurs, notamment Chamath Palihapitiya, investisseur et ancien dirigeant de Meta, cela pourrait signifier que des années d’OpEx et de CapEx d’OpenAI et d’autres seront gaspillées .

« Cette génération de jeunes chercheurs chinois s’identifie fortement à la culture open source car ils en bénéficient énormément », explique Thomas Qitong Cao, professeur adjoint de politique technologique à l’université Tufts.

« Le contrôle des exportations par les États-Unis a essentiellement acculé les entreprises chinoises dans une situation où elles doivent être beaucoup plus efficaces avec leurs ressources informatiques limitées », explique Matt Sheehan, chercheur en intelligence artificielle au Carnegie Endowment for International Peace. « Nous allons probablement assister à de nombreuses consolidations à l’avenir liées au manque de ressources informatiques. »

Cela a peut-être déjà commencé à se produire. Il y a deux semaines, Alibaba Cloud a annoncé un partenariat avec la start-up pékinoise 01.AI, fondée par Kai-Fu Lee, pour fusionner des équipes de recherche et créer un « laboratoire de modélisation industrielle à grande échelle ».

Enfin, si des modèles d’IA « suffisamment bons » peuvent être entraînés à moindre coût, leur prolifération deviendra inévitable, d’autant plus que de nombreux pays souhaitent désespérément développer leurs propres modèles. De plus, un coût élevé par requête pourrait également inciter à la création de modèles spécialisés, conçus pour offrir des réponses efficaces et précises tout en minimisant le nombre de requêtes nécessaires.

L’autre conséquence de la percée chinoise est que les États-Unis font face à une concurrence asymétrique. Il est désormais évident que la Chine innove pour contourner des obstacles comme le manque des meilleures puces, que ce soit en améliorant l’efficacité ou en compensant l’absence de matériel de haute qualité par une plus grande quantité.

Les puces produites en Chine progressent, y compris celles conçues par Huawei, une entreprise technologique qui, il y a une génération, a réussi à imposer son matériel télécom en adoptant une approche simple et économique.

Si la Chine reste proche de la frontière technologique, elle pourrait être la première à franchir le cap de la superintelligence. Si cela se produit, elle pourrait obtenir bien plus qu’un simple avantage militaire. Dans un scénario de superintelligence, des dynamiques où « le gagnant rafle tout » pourraient brusquement s’imposer.

Même si l’industrie reste sur sa trajectoire actuelle, l’adoption massive de l’IA chinoise à travers le monde pourrait conférer au Parti communiste chinois une influence politique considérable.

Que devrait faire M. Trump ? Son annonce sur les infrastructures était un bon début. Les États-Unis doivent lever les obstacles juridiques à la construction de centres de données. Ils devraient également faciliter l’embauche d’ingénieurs étrangers et réformer les procédures d’achat pour la défense afin de favoriser l’adoption rapide de l’IA.

En tout cas, le triomphe de DeepSeek marque un tournant important, qui annonce une évolution mondiale vers une innovation en matière d’IA rentable et ingénieuse. À mesure que les barrières à l’entrée s’abaissent, le paysage de l’IA devrait voir un afflux de startups modérément financées s’appuyant sur des technologies open source et des techniques novatrices pour perturber le marché. Cette démocratisation pourrait catalyser une nouvelle vague de créativité et de concurrence, redéfinissant les possibilités de développement de l’IA.

Les implications vont au-delà de la Chine et de la Silicon Valley. L’émergence de DeepSeek démontre que l’innovation de classe mondiale ne se limite plus à quelques régions ou entreprises. Elle sert de signal d’alarme pour le secteur, soulignant l’importance de la collaboration, de l’efficacité et de l’adaptabilité pour rester en tête dans un secteur de plus en plus concurrentiel.

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Le Day Trading : La stratégie préférée des investisseurs

Le day trading, ou trading intra journalier, est une pratique à la fois fascinante et intrigante. A l’origine réservée à une petite élite de traders professionnels travaillant pour d’énormes institutions, elle a véritablement évolué avec la démocratisation des plateformes de trading comme IG et l’utilisation généralisée d’outils d’analyse technique accessibles à tous.

Cet article est sponsorisé par IG. Si vous êtes intéressé par le day trading et que vous souhaitez commencer à trader avec une plateforme fiable et reconnue, inscrivez-vous sur IG dès aujourd’hui via ce lien. IG offre des outils d’analyse technique avancés et une interface conviviale pour vous aider à maximiser vos opportunités de trading.

Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette activité spécifique qui promet de grandes récompenses, combinée à un risque important ?

Le day trading repose sur un principe simple : trader sur un intervalle de temps très court, parfois de quelques minutes. Il s’agit d’acheter à bas prix et de revendre à un prix plus élevé ou, dans le cas de la vente à découvert, à un prix inférieur. Les traders intrajournaliers cherchent à tirer profit de petites fluctuations que les investisseurs ordinaires pourraient considérer comme anodines, mais qui peuvent entraîner des gains conséquents.

Le premier atout du day trading est la faible exposition à la volatilité. Contrairement aux investisseurs à long terme, les traders intrajournaliers ne sont pas affectés par des événements nocturnes comme les fluctuations économiques ou les nouvelles inattendues non liées aux marchés.

Les cinq stratégies de day trading les plus utilisées

Le trend trading

Les traders de tendance sont les traders qui veulent gagner avec les mouvements directionnels des prix des actifs. Les traders achètent l’actif lorsque les prix augmentent et que la tendance est haussière et vendent lorsque les prix baissent et la tendance est baissière.

Source image : IG
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Lorsqu’un actif affiche une tendance haussière, caractérisée par des sommets de plus en plus élevés, un trader prend une position longue. Si l’actif est en tendance baissière, avec une série de creux toujours plus bas, le trader prend une position courte.

Ce type de trading implique généralement de maintenir une position ouverte aussi longtemps que la tendance se poursuit. Cependant, dans le day trading, toutes les positions doivent être fermées le même jour avant la fin de la séance.

Le swing trading

Le swing trading a pour objectif de profiter des fluctuations des prix à court terme, en partant du postulat que les marchés n’observent jamais une tendance linéaire.

Ainsi, les swing traders visent à tirer profit des mouvements de hausse comme des mouvements de baisse qui se produisent sur de très courtes périodes.

Comparé au trading de tendance, qui vise à détecter l’orientation du marché à long terme, le swing trading réduit la marge pour les retournements de l’orientation générale des prix. Par conséquent, le but du swing trader est de détecter ces basculements et de capitaliser sur des mouvements de marché réduits.

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Le scalping

Le scalping est une stratégie qui consiste à accumuler et multiplier les petits gains grâce à un taux de réussite élevé.

Elle repose sur l’idée qu’un trader peut réaliser un profit en accédant à un plus grand nombre d’opportunités avec une faible marge de profit par opportunité, plutôt qu’en prenant un nombre limité de positions et en laissant courir les bénéfices.

Cependant, cela requiert une grande discipline dans la sortie des positions, car les coûts de transaction peuvent rapidement réduire les bénéfices s’ils ne sont pas contrôlés. De nombreux scalpeurs ferment leurs positions avant la fin de la journée pour éviter que les frais de maintien de nuit n’entament leurs gains.

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Le retour à la moyenne

La stratégie de retour à la moyenne repose sur l’hypothèse simple selon laquelle les prix des actifs, ou un indicateur tel que le ratio prix/bénéfice, reviendront à leur moyenne après s’en être écartés.

Pour repérer ces opportunités de trading, les traders utilisent l’analyse technique, y compris les moyennes mobiles, pour identifier les actifs qui se sont manifestement déconnectés de leur tendance à la suite d’une performance récente. Ils s’attendent ensuite à ce que les cours corrigent pour revenir à leur moyenne actuelle.

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Les flux monétaires

Par ailleurs, l’indicateur de flux monétaire estime si un certain actif est en situation de surachat ou de survente en prenant en compte à la fois le volume des échanges et le prix, sans dépendre du dernier uniquement.

Il compare simplement le volume des ordres de la veille au volume journalier dans son ensemble, pour voir si le flux monétaire est favorable ou défavorable. Une lecture de 80 ou plus indique un surachat, ce qui peut être un point de vente. D’autre part, une lecture in situ à 20 ou moins indique une survente, ce qui peut être l’occasion d’acheter.

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En résumé, le day trading, autrefois réservé à une élite de traders professionnels, est désormais accessible à un public plus large grâce à la démocratisation des plateformes de trading et des outils d’analyse technique. Cette pratique intrigante offre des opportunités de gains conséquents en exploitant les petites fluctuations des marchés sur de courtes périodes.

Cependant, le day trading n’est pas sans risques et nécessite une solide compréhension des marchés, une tolérance au risque et une discipline rigoureuse. Les traders doivent être prêts à investir du temps dans leur formation et à tester différentes stratégies pour trouver celle qui leur convient le mieux.

Si vous êtes attiré par le day trading, n’oubliez pas que la prudence et la préparation sont vos meilleurs alliés pour naviguer dans ce monde complexe et potentiellement lucratif.


Disclaimer : Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, d’investissement ou juridiques. Parlons Finance ne peut être tenu responsable de toute décision d’investissement basée sur ce contenu. Avant de prendre toute décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier professionnel pour discuter de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Les investissements en ETF et autres produits financiers comportent des risques, y compris la perte potentielle du capital investi. Assurez-vous de bien comprendre ces risques avant d’investir.

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Quels secteurs d’investissement privilégier en 2025 ?

L’année 2025 s’annonce pleine de promesses et de défis pour les investisseurs. Entre les innovations technologiques, les tendances sociétales et les évolutions géopolitiques, les opportunités d’investissement sont variées mais requièrent une analyse minutieuse.

Voici un tour d’horizon des principaux secteurs à surveiller pour orienter vos placements et investissements.

1. Technologie et Intelligence Artificielle : la révolution continue

La tech reste un pilier incontournable pour les investisseurs en 2025. Avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA), des entreprises comme NVIDIA, Microsoft, TSMC et Alphabet continuent de développer des solutions qui transforment des secteurs entiers.

  • Pourquoi investir ?
    • Adoption croissante de l’IA dans la santé, la finance et la logistique.
    • Innovations en matière de semi-conducteurs et d’informatique quantique.
  • Risques à évaluer :
    • Les valorisations élevées.
    • Les réglementations accrues, notamment en Europe et aux États-Unis.

2. Pharmaceutique et biotechnologies

Le vieillissement de la population et les progrès médicaux stimulent ce secteur. Les entreprises focalisées sur les traitements des maladies chroniques et les biotechnologies offrent un fort potentiel.

  • À surveiller :
    • Les sociétés développant des thérapies géniques et des vaccins.
    • Les acquisitions stratégiques dans le secteur, qui augmentent la valeur des actions.
  • Exemples : Moderna, Pfizer, Amgen, Novo Nordisk

3. Luxe : un secteur résilient et en expansion

Malgré une conjoncture économique incertaine, le luxe résiste grâce à la demande des classes moyennes et supérieures dans les économies émergentes. Des entreprises comme LVMH, Hermès ou Kering continuent de performer.

  • Atouts du secteur :
    • Forte marge bénéficiaire.
    • Expansion rapide sur les marchés asiatiques.
  • Points de vigilance :
    • Sensibilité à la consommation discrétionnaire.
    • Réputation écologique et sociale.

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4. Crypto-actifs : une adoption croissante

Malgré la volatilité historique, les crypto-actifs attirent de plus en plus d’investisseurs institutionnels. Les cas d’utilisation s’élargissent, notamment grâce à l’essor des stablecoins et des applications DeFi (finance décentralisée).

  • À explorer :
    • Bitcoin et Ethereum restent des références.
    • Les projets blockchain axés sur la scalabilité et l’écologie, comme Solana ou Cardano.
  • Conseil : Investissez avec prudence et diversifiez vos actifs pour éviter les pertes importantes !

5. Matières premières : des besoins fondamentaux

Les ressources comme le lithium, le cuivre et le nickel sont essentielles à la transition énergétique. Avec la montée des véhicules électriques et des énergies renouvelables, ces matières premières devraient maintenir une forte demande.

  • Focus :
    • Lithium : pilier des batteries électriques.
    • Cuivre : essentiel pour les infrastructures électriques.
  • Entreprises et ETF : Glencore, Albemarle, ou des ETF spécialisés dans les matières premières.

6. Les ETF et le S&P 500 : diversification et performance

Pour les investisseurs cherchant une solution simple et diversifiée, les ETF restent une excellente option en 2025. Les ETF répliquant les grands indices, comme le S&P 500, permettent d’accéder à une large gamme d’entreprises performantes.

  • Pourquoi choisir les ETF ?
    • Frais de gestion réduits.
    • Exposition à des secteurs variés avec un seul produit financier.
  • Focus sur le S&P 500 :
    • Représente les 500 plus grandes entreprises cotées aux États-Unis, couvrant des secteurs tels que la tech, la santé, et la consommation discrétionnaire.
    • Performances historiques solides, en faisant un pilier des portefeuilles long terme.
  • Exemples d’ETF populaires : Vanguard S&P 500 ETF (VOO), iShares Core S&P 500 ETF (IVV), ou encore SPDR S&P 500 ETF Trust (SPY).

Pour investir en 2025, il est donc crucial de diversifier vos placements tout en surveillant les grandes tendances économiques et technologiques.

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Le yuan chinois atteint son plus bas niveau depuis 2 ans face au dollar américain

L’affaiblissement du yuan au-delà du niveau que la Chine défendait tout au long du mois de décembre a ramené le taux de référence quotidien de la monnaie gérée au centre des préoccupations pour évaluer l’appétit de Pékin pour le soutenir.

Les cambistes (traders FX) attendent de voir si la Banque populaire de Chine fixera le taux de change à un niveau inférieur à 7,2 pour un dollar, une ligne étroitement surveillée, autour de laquelle le yuan est autorisé à évoluer dans une fourchette de 2 %. La Banque Populaire de Chine (PBOC) a maintenu son soutien vendredi 3 janvier 2025, mais le yuan onshore a franchi le cap psychologique de 7,3 pour un dollar pour la première fois depuis fin 2023, dans un contexte d’inquiétudes concernant les difficultés économiques de la Chine et l’élargissement de la décote du rendement des obligations par rapport aux États-Unis.

Signe d’une conjoncture économique pessimiste et de pressions déflationnistes profondément ancrées, les rendements des obligations à court terme, dont l’échéance est de 7 ans ou moins, se négocient en dessous du taux directeur, le taux de repo inversé à 7 jours. Les rendements à long terme sont à des niveaux historiquement bas.

« Alors que les responsables chinois ont promis de nouvelles mesures de relance, signalant un plus grand assouplissement monétaire et budgétaire, les investisseurs attendent des signes concrets de réponse de la demande », a déclaré Fred Neumann, économiste en chef pour l’Asie chez HSBC.

« Après de nombreux soubresauts au cours de l’année écoulée, des preuves plus solides sont nécessaires pour montrer que l’économie chinoise réagit aux mesures de stabilisation », a déclaré M. Neumann.

Un test clé pour la confiance des consommateurs sera les célébrations imminentes du Nouvel An lunaire, qui commencent le 29 janvier, a-t-il déclaré.

En plus d’une économie morose, le yuan est également mis sous pression par une possible augmentation des droits de douane américains sur les exportations chinoises et par des signes de fuite de capitaux. Le pays a déjà subi en novembre la plus grande fuite de capitaux jamais enregistrée sur ses marchés financiers.

En effet, l’indice de référence CSI 300 de la Chine continentale a reculé de 4,1 % au cours des trois premiers jours de bourse de l’année, marquant le pire début d’année 2025 parmi les principaux indices asiatiques.

Les actions à petite capitalisation du CSI 2000 ont chuté de 6,6% depuis le début de l’année. L’indice Hang Seng de Hong Kong est en baisse de 1,2% depuis le début de l’année.

Le yuan a également souffert de la détermination de la Réserve fédérale américaine à maintenir les taux d’intérêts élevés plus longtemps pour enrayer l’inflation, ce qui a alimenté une forte hausse du dollar américain.

L’écart important entre les coûts d’emprunt américains et chinois a contribué à l’effondrement des investissements directs étrangers en Chine. En avril 2024, les sorties de capitaux ont atteint leur plus haut niveau depuis 2016, les banques ayant vendu davantage de devises étrangères à leurs clients.

De fait, la décote du rendement de la Chine par rapport aux États-Unis a atteint un nouveau record, aggravant le défi pour une banque centrale qui lutte déjà contre la gravité pour soutenir le yuan.

La combinaison d’une hausse incessante des obligations d’État chinoises et d’une liquidation des obligations américaines a entraîné un écart sans précédent de 300 points de base entre les rendements souverains des deux pays. Cela devrait accentuer encore la pression sur le yuan en augmentant le risque de fuites de capitaux, au moment même où la monnaie glissait vers un plus bas historique dans les échanges offshore cette semaine.

Cette évolution est un autre signe que les dirigeants politiques pourraient être contraints de laisser le yuan s’affaiblir s’ils souhaitent soutenir l’économie fragile en assouplissant la politique monétaire. Illustrant le dilemme, la Banque populaire de Chine a maintenu son soutien au marché des changes cette semaine juste après avoir laissé le yuan glisser au-delà d’un niveau clé vendredi.

L’élargissement de l’écart de taux sera un facteur qui continuera de pousser le dollar par rapport au yuan à la hausse. Le rendement des obligations chinoises à 10 ans a clôturé lundi sous 1,6% pour la première fois de l’histoire, selon les données officielles. Cela a contribué à élargir sa décote par rapport à la dette américaine de même échéance à 303 points de base.

En plus de cela, la campagne ambitieuse menée par la Chine pour relancer son marché boursier en déclin a fait du yuan une victime involontaire, avec des versements de dividendes record entraînant des sorties de capitaux.

Les dividendes intérimaires versés par les entreprises chinoises cotées à Hong Kong devraient atteindre 12,9 milliards de dollars entre janvier et mars 2025, un niveau record pour un premier trimestre, selon les données compilées par Bloomberg. Cela intervient alors que les niveaux du quatrième trimestre ont déjà dépassé 16,2 milliards de dollars, le plus haut niveau jamais enregistré pour la période et une hausse de 47 % par rapport à l’année dernière.

La manne des dividendes accroît la pression sur le yuan chinois, déjà alourdi par la remontée du dollar et la perspective d’une aggravation des tensions entre les États-Unis et la Chine. Les entreprises versent principalement des dividendes en dollars de Hong Kong, mais réalisent la majorité de leurs revenus en yuan, ce qui nécessite une conversion.

Les entreprises chinoises ont augmenté leurs versements en espèces aux investisseurs depuis que les autorités ont dévoilé en avril un pan de réforme du marché des capitaux qui n’a lieu qu’une fois par décennie. Ce plan comprend notamment l’encouragement de la distribution de dividendes, une meilleure qualité des cotations et des améliorations de la gouvernance d’entreprise.

Ce projet a déclenché une reprise des entreprises publiques, dont beaucoup sont doublement cotées à Hong Kong et sont parmi les plus réceptives à l’appel de Pékin à améliorer la rémunération des actionnaires.

De fait, les régulateurs ont depuis souligné l’importance pour les entreprises d’augmenter leurs distributions de liquidités, avec une fréquence et une visibilité accrues, comme élément clé pour augmenter le rendement des actionnaires. Ces encouragements pourraient se transformer en opportunité pour ceux qui s’attendent à de nouveaux gains pour le marché boursier, même si cela se transforme en une arme à double tranchant pour le yuan.

En effet, il faut savoir que la PBOC joue un rôle central dans la gestion et le contrôle du yuan chinois (CNY), la devise nationale. Contrairement aux monnaies flottantes comme le dollar américain ou l’euro, le yuan est soumis à un régime de change géré (ou flottement administré). Cela signifie que la valeur du yuan est partiellement déterminée par le marché, mais fortement influencée par des interventions régulières de la PBOC.

Le yuan n’est pas totalement flottant, mais il évolue dans une bande de fluctuation quotidienne autour d’un taux pivot fixé par la PBOC. Chaque jour, la PBOC annonce un taux de référence (fixing) contre le dollar américain, autour duquel le yuan peut fluctuer dans une fourchette de ±2 %.

Voici un exemple de la fourchette de fluctuation de février 2023 à février 2024 :

Ainsi, la PBOC peut acheter ou vendre des devises étrangères pour influencer la valeur du yuan. En achetant des dollars américains (ou d’autres devises étrangères), la PBOC affaiblit le yuan. À l’inverse, en vendant des dollars et en achetant du yuan, elle renforce la monnaie nationale.

D’ailleurs, la Chine dispose de réserves de change massives (plus de 3 000 milliards de dollars), utilisées pour stabiliser le yuan en période de volatilité. Ces réserves jouent un rôle de tampon en cas de choc externe ou de forte pression dépréciative sur le yuan.

Le taux de change est l’outil privilégié de Pékin pour orienter les attentes concernant le yuan. Il est supérieur à 7,2 depuis les élections américaines, sous la pression d’un dollar en hausse et des analystes qui prévoient de plus en plus que la banque centrale pourrait céder.

Permettre un dépassement du taux de change risque d’envoyer aux traders le signal que la PBOC est à l’aise avec une nouvelle faiblesse du yuan, tandis que le maintien de ce niveau suggère qu’elle pourrait se lancer dans une lutte avec la stabilité monétaire comme objectif.

Toutefois, la PBOC a annoncé vendredi qu’elle renforcerait la gestion des transactions de devises et réprimerait les comportements qui perturbent le marché. La banque centrale cherchera également à empêcher la constitution de paris unilatéraux et tout dépassement du taux de change, a-t-elle déclaré dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion de politique monétaire.

La banque centrale a fixé mercredi 8 janvier un taux de référence quotidien plus élevé que les estimations des analystes, de 7,1887 RMB pour un dollar, quasiment inchangé par rapport à celui de mardi (7,1879 RMB). Mais la pression sur le taux de change s’est accentuée après que les bonnes données économiques américaines ont fait grimper le dollar mardi, alors que la monnaie s’approche d’un plus bas historique à l’étranger cette semaine.

Les banques publiques ont continué de réduire leurs prêts en yuans à Hong Kong, ce qui rend plus coûteux pour les investisseurs de constituer des positions courtes, ont déclaré des traders.

Son journal, le Financial News, a déclaré que la banque centrale « se prémunirait résolument contre le risque d’une surévaluation du taux de change et maintiendrait la stabilité fondamentale » du renminbi.

En outre, un journal soutenu par la PBOC a déclaré que la communication de la banque centrale avait montré une détermination plus claire à stabiliser la monnaie. Pékin prévoit de vendre davantage de billets vert à Hong Kong, a déclaré le média local Yicai, une mesure qui pourrait absorber les liquidités et stimuler le yuan.

Ces mesures suggèrent que la Chine n’est pas encore prête à abandonner son contrôle sur la monnaie, malgré la pression exercée par la hausse des taux longs américains, les menaces de droits de douane et la morosité de l’économie locale. Pékin craint des sorties de capitaux désordonnées qui pourraient entraîner une vente paniquée des actifs libellés en yuans et faire dérailler une reprise déjà morose.

« Les autorités ne veulent manifestement pas que la spéculation unilatérale prenne de l’ampleur à ce stade », a déclaré Fiona Lim, stratégiste senior chez Malayan Banking Bhd. à Singapour. Mais « je ne serais pas surprise si la Banque populaire de Chine renonçait un peu plus à ses mesures si les menaces de droits de douane se concrétisaient et pouvaient nuire à la croissance ».

Cependant, les fondamentaux économiques de la Chine laissent entrevoir une nouvelle dépréciation. Le sentiment de risque est si faible que l’indice boursier de référence vient de clôturer à son plus bas niveau depuis septembre et les rendements souverains ont atteint de nouveaux plus bas historiques.

En novembre, le pays avait déjà connu la plus grande fuite des capitaux jamais enregistrée sur ses marchés financiers.

Adopter une stratégie de change rigide en traçant une ligne rouge est controversé, car une stabilité artificielle du marché peut conduire à des explosions de volatilité à l’avenir. En août 2015, la décision surprise de la PBOC de laisser le yuan s’affaiblir après l’avoir maintenu à 6,2 pendant des mois a conduit à des sorties massives de capitaux et à une vente panique des actifs chinois.

Qui plus est, la dévaluation monétaire fonctionne de la même manière que les droits de douane à l’importation.

Elle rend les exportations plus compétitives, mais au détriment de la demande intérieure. Si la Chine devait déprécier le RMB par rapport à toutes les monnaies (et pas seulement par rapport à l’USD), cette mesure ne serait expansionniste que si le reste du monde était capable et désireux d’absorber une augmentation significative de l’excédent commercial de la Chine.

Dans le cas contraire, la dépréciation de la monnaie réduirait en fait la demande totale de production chinoise en réduisant la demande intérieure sans augmentation proportionnelle de l’excédent commercial.

D’ailleurs, une tendance mondiale qui est très importante à suivre concernant le commerce mondial : l’excédent du commerce mondial des marchandises est de plus en plus un excédent chinois.

En effet, la compétitivité du yuan est l’une des raisons des forts excédents commerciaux et de la balance courante de la Chine, ainsi que d’autres facteurs, notamment les taux d’épargne extraordinairement élevés du pays. Le Fonds monétaire international estime que l’excédent de la balance courante de la Chine en 2024 s’élèvera à environ 1,5 % du produit intérieur brut et son excédent commercial à environ 3,5 %.

Les analystes ont fait remarquer de manière convaincante que ces estimations sont sous-estimées et que les excédents pourraient être supérieurs d’un point de pourcentage. Une statistique surprenante est que l’excédent commercial du secteur manufacturier de la Chine dépasse 10 % du PIB.

La demande extérieure est un soutien important à la croissance du PIB chinois dans un contexte de faiblesse de l’économie nationale.

Malgré les importants excédents commerciaux et courants de la Chine, le renminbi a été faible face au dollar cette année en raison d’importantes sorties de capitaux, reflétant le manque de confiance dans l’économie chinoise et sa gestion.

Le taux de change du renminbi par rapport au dollar est fortement influencé par l’évolution de la situation économique entre les États-Unis et la Chine, ainsi que par les différentiels de taux d’intérêt.

Contrairement à la situation de la Chine, la surperformance continue des États-Unis pourrait freiner la baisse des taux américains et favoriser des différentiels de taux d’intérêt plus importants que prévu par rapport à la Chine et à la Banque centrale européenne. Dans l’ensemble, le dollar pourrait rester globalement ferme à court terme.

La Chine représente aujourd’hui environ 80 % de l’excédent de marchandises des grandes économies d’Asie de l’Est, et ce parce que l’excédent de la Chine est en hausse, et non parce que les autres excédents ont disparu.

L’excédent de la Chine éclipse désormais celui de l’Europe, et le Japon accuse un déficit dans le commerce des marchandises (l’excédent de sa balance courante provient des revenus des investissements). L’excédent de l’Europe disparaît également presque complètement si l’on déduit le transfert des bénéfices du commerce pharmaceutique.

Par ailleurs, lorsqu’un pays a une faible demande intérieure et qu’il compte sur les excédents commerciaux pour écouler sa production intérieure, les politiques qui améliorent la compétitivité au détriment de la demande intérieure ne peuvent « fonctionner » que s’il n’y a pas de représailles, de sorte que l’excédent commercial augmente plus que la demande intérieure ne se contracte.

Mais si le reste du monde ne veut pas ou ne peut pas absorber une plus grande partie des excédents commerciaux de ce pays, les droits de douane auront probablement un effet de contraction parce qu’un excédent commercial croissant ne peut pas compenser la contraction supplémentaire de la demande intérieure.

Le yuan chinois devrait baisser à 7,40 pour un dollar dans trois mois avant de retomber à 7,50 dans six à douze mois, ont écrit lundi 6 janvier les stratèges de Goldman Sachs Group. Dans une note, BNP Paribas prévoit que le yuan tombera à 7,45 d’ici la fin de l’année, tandis que Nomura a prévu en décembre que la devise pourrait tomber à 7,6 pour un dollar dans les échanges internationaux d’ici mai.

Néanmoins, outre la fixation du taux de change, la PBOC dispose également d’autres outils, notamment le rattrapage des liquidités en yuans dans les transactions offshore et l’intervention directe sur le marché des changes.

Dans l’ensemble, la faible performance du renminbi face au dollar est un baromètre de la faiblesse de l’économie chinoise. Elle peut aussi poser un dilemme. Les autorités se méfient des pressions protectionnistes contre la Chine et ne souhaitent pas voir le renminbi baisser à nouveau face au dollar de peur de déclencher des sorties de capitaux.

Mais elles ne souhaitent pas non plus voir l’avantage concurrentiel considérable du renminbi s’éroder de manière significative, sachant que la demande extérieure est l’un des soutiens de la croissance anémique de l’économie et peut aider la Chine à atteindre l’objectif de croissance de 5 % pour cette année.

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L’Union Européenne va t-elle surprendre les marchés cette année ?

Alors que nous entrons dans la nouvelle année, il est difficile d’être optimiste pour la zone euro du point de vue des investisseurs. La politique de celle-ci devient de plus en plus fragmentée et polarisée.

L’Allemagne pourrait se retrouver sans gouvernement stable au moins jusqu’aux élections de fin février, et la France pourrait devoir attendre 2027, date à laquelle le mandat du président Emmanuel Macron prendra fin.

La croissance est au point mort et le chômage devrait augmenter. L’économie est freinée par une réglementation trop lourde, des prix énergétiques élevés depuis la guerre en Ukraine en 2022, une démographie faible, une concurrence croissante dans le secteur manufacturier et l’incapacité à suivre le rythme des avancées technologiques chinoises et américaines.

Une grande partie du continent est aux prises avec un endettement excessif, alors même que les gouvernements sont sous pression pour augmenter considérablement les dépenses de défense.

Les prévisions du consensus tablent sur une croissance de seulement 1,1 % l’an prochain. Certains sont encore plus pessimistes : Bank of America table sur une croissance de seulement 0,9 % en 2025. Même si l’on part du principe que Donald Trump n’impose que des droits de douane modestes à l’Europe à son retour à la Maison Blanche, les risques pour la croissance sont largement orientés à la baisse, selon la dernière enquête de la Banque centrale européenne auprès d’économistes indépendants.

En outre, selon l’OCDE, la zone euro, elle, est à la peine. Sa croissance n’atteindra que 1,3 % en 2025 et 1,5 % en 2026 après 0,8 % cette année. En crise politique, la France et l’Allemagne enregistreront respectivement une hausse de leur PIB de 0,9 % et 0,7 % en 2025. L’OCDE a sérieusement revu à la baisse (-0,3 point par rapport à septembre) son pronostic.

Pour la France, « les efforts d’assainissement budgétaire qui seront déployés en 2025 et 2026 pèseront sur la croissance et neutraliseront en partie l’effet positif de l’assouplissement de la politique monétaire sur l’investissement résidentiel et celui des entreprises », avance l’Organisation. Côté Allemagne, « l’investissement privé se redressera progressivement, soutenu par l’épargne des entreprises et la baisse des taux d’intérêt, mais l’incertitude liée à l’action publique continuera de peser sur la confiance des investisseurs », commente l’institution.

En revanche, on anticipe une résilience continue de la croissance dans le Sud de l’Europe. La performance économique de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce a été remarquable cette année, soutenue par une croissance robuste des services (qui représentent une plus grande part de l’activité globale qu’au Nord), une immigration élevée (soutenant une forte croissance de l’emploi) et un soutien à l’investissement via le Fonds de Relance Européen.

Bien que les analystes s’attendent à un ralentissement de la croissance dans le Sud l’année prochaine, ces pays devraient mieux résister aux tensions commerciales et aux pressions concurrentielles de la Chine qu’au Nord.

Malgré ces difficultés, les données sur l’activité économique de la zone euro indiquent une croissance modeste mais positive. Les revenus réels (corrigés de l’inflation) devraient augmenter et l’épargne est élevée, deux éléments qui devraient soutenir les dépenses des ménages.

Ainsi, c’est la consommation des ménages qui devrait tirer cette modeste croissance, avec des augmentations de salaires qui permettent aux Européens de retrouver du pouvoir d’achat après la bouffée inflationniste provoquée par la crise énergétique.

De fait, la croissance des salaires négociés dans la zone euro a bondi à 5,42 % au troisième trimestre 2024, soit la plus forte hausse depuis le premier trimestre 1993, contre 3,54 % au deuxième trimestre, alors que l’inflation est tombée à 2,2% en novembre 2024, donc les salaires réels restent élevés.

Cette croissance des salaires est soutenue par la faiblesse du taux de chômage, en effet, en octobre, le taux de chômage de l’Union a touché un nouveau plus bas historique, à 6,3% de la population active, et devrait rester à ce niveau en 2025 et 2026 selon la Commission Européenne.

Par conséquent, selon les analystes, la consommation privée resterait le principal moteur de la croissance du PIB, soutenue par la forte progression de la rémunération du travail, elle-même alimentée par la hausse des salaires et le ralentissement de l’inflation. La progression de la consommation privée s’est probablement fortement accélérée au troisième trimestre 2024, en dépit du taux élevé d’épargne des ménages.

La croissance annuelle des dépenses des ménages devrait passer d’environ 0,8-0,9 % en 2023-2024 à 1,3 % en 2025-2026, avant de retomber légèrement en 2027 et revenir à la moyenne d’avant la pandémie de 1,2 %, selon la Banque Centrale Européenne.

La reprise de la consommation privée s’explique par une normalisation progressive du taux d’épargne des ménages et une hausse du revenu réel disponible, principalement en raison de la croissance toujours soutenue des salaires et de la forte progression des revenus hors travail (en particulier, les revenus du travail indépendant et des actifs financiers).

Même si la hausse du revenu réel devrait être modérée en 2025-2027, du fait de la dissipation des effets liés au rattrapage des salaires réels, la consommation privée devrait également bénéficier d’une légère baisse du taux d’épargne liée à la normalisation progressive du comportement de consommation.

Le taux d’épargne des ménages devrait rester élevé, reflétant des taux d’intérêt toujours hauts, quoiqu’en baisse, et des critères d’octroi toujours restrictifs, et diminuer progressivement sur l’horizon de projection, mais à un rythme plus lent qu’anticipé dans les projections de septembre 2024 de la BCE.

Un redressement de la confiance des consommateurs ainsi qu’un lissage de la consommation, c’est-à-dire une réaction différée des dépenses des ménages à l’augmentation du pouvoir d’achat, devraient également contribuer à la diminution progressive de l’épargne.

Bien que la hausse du taux d’épargne des ménages au premier semestre soit difficile à expliquer, on s’attend à une baisse progressive du taux d’épargne l’année prochaine, à mesure que les taux des dépôts diminuent et que le comportement d’épargne se normalise.

Par rapport aux projections de septembre 2024, la croissance de la consommation privée a été révisée à la hausse de 0,1 point de pourcentage pour 2024, traduisant une dynamique légèrement plus forte dans le contexte d’une croissance plus soutenue des revenus du travail, mais a été révisée à la baisse pour 2025 et 2026, de 0,1 et 0,2 point de pourcentage respectivement, reflétant largement une progression du taux d’épargne liée à la normalisation plus lente attendue du comportement de dépense des ménages.

Celle-ci a été révisée à la baisse aussi car la croissance lente du PIB devrait se traduire par un ralentissement du marché de l’emploi l’année prochaine. Le taux de chômage, qui s’élevait à 6,3 % en septembre, devrait augmenter l’année prochaine et atteindre 6,7 % début 2026 selon Goldman Sachs. Ainsi, cela engendrera un ralentissement de la croissance des salaires.

Qui plus est, l’incidence du resserrement antérieur de la politique monétaire sur la croissance devrait s’estomper sur l’horizon de projection, notamment grâce à la baisse continue des taux directeurs.Les effets des mesures de politique monétaire prises entre décembre 2021 et septembre 2023 continuent de se transmettre à l’économie réelle.

L’essentiel de ces effets modérateurs sur la croissance devrait cependant déjà s’être matérialisé. Après les abaissements des taux d’intérêt directeurs réalisés depuis juin 2024, et sur la base des anticipations des marchés relatives à la trajectoire future des taux d’intérêt à la date d’arrêté des projections, l’incidence négative du resserrement antérieur de la politique monétaire sur la croissance économique devrait s’amenuiser en 2025.

Bien que l’ampleur et l’évolution dans le temps de cette incidence négative restent très incertaines, celle-ci devrait s’être effacée d’ici à 2026, selon la Banque Centrale Européenne.

Par ailleurs, l’inflation est en baisse depuis l’été, et l’inflation globale et l’inflation sous-jacente devraient revenir à un taux durable de 2 % d’ici la fin de l’année prochaine, à mesure que l’inflation des services ralentit.

Les perspectives d’inflation restent toutefois particulièrement incertaines. Une dépréciation de l’euro pourrait indiquer des pressions inflationnistes plus fortes que prévu.

De plus, les mesures de rétorsion que prendraient les Européens en cas de hausse des droits de douane américains se traduiraient également par un peu plus d’inflation en zone euro. Cela viendrait aussi compliquer le travail de la BCE. Si on imagine une hausse de 10% des droits de douane européens sur les importations en provenance des Etats-Unis (2,2% du PIB), l’impact sur l’inflation de la zone euro pourrait être haussier d’environ 0,3% selon les analystes.

D’un autre côté, l’inflation pourrait être plus modérée dans un contexte de ralentissement du marché du travail et en cas de droits de douane américains plus élevés que prévu sur la Chine, ce qui pourrait inciter la Chine à vendre ses excédents de biens à prix réduits en Europe.

La croissance économique lente et la baisse de l’inflation vont probablement pousser la Banque centrale européenne à réduire ses taux d’intérêt. Selon les analystes, le taux neutre de la BCE se situe entre 1,5%-2%, et il pourrait être atteint dès l’automne de cette année.

Néanmoins, les nouvelles données disponibles suggèrent un léger ralentissement de la croissance du PIB de la zone euro à court terme, dans un contexte de forte incertitude.

Les indicateurs tirés d’enquêtes relatifs à l’activité, tels que l’indice des directeurs d’achat et les indicateurs de confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs de la Commission européenne, demeurent faibles.

La plupart d’entre eux se sont encore repliés en novembre. Les données font état de différences persistantes entre les secteurs, avec un secteur manufacturier toujours très fragile (l’indice des directeurs d’achat relatif à l’activité dans ce secteur est ressorti à 45,1 en décembre). Il s’agit de la plus forte baisse de l’activité manufacturière en trois mois, prolongeant la séquence de contraction en cours depuis deux ans.

Les nouvelles commandes ont continué de baisser à un rythme soutenu, poussant les usines à réduire leur production au plus haut depuis la période correspondante de l’année précédente. La baisse de la production a eu lieu malgré une nouvelle diminution des arriérés de travail.

Par conséquent, la baisse de la demande de capacité a poussé les fabricants à réduire leurs effectifs, en particulier en Allemagne et en France, tandis que le bloc a enregistré une baisse agressive des achats.

Sur le front des prix, les charges liées aux coûts de production ont baissé pour le quatrième mois consécutif. Pour l’avenir, la confiance des fabricants quant à l’activité future reste modérée, bien qu’elle se soit améliorée par rapport au mois dernier.

Le secteur manufacturier est plombé par les coûts énergétiques. De fait, les prix de l’énergie ont chuté de manière significative par rapport à leur pic, mais les prix du gaz européen restent nettement supérieurs aux niveaux d’avant 2022 et sensiblement plus élevés qu’aux États-Unis.

Parallèlement, la Chine est devenue un concurrent majeur pour la production de biens européens, gagnant significativement des parts de marché dans les industries ayant subi des augmentations de coûts.

En revanche, l’activité dans les services a de nouveau rebondi en décembre, me HCOB Eurozone Services PMI a augmenté à 51,4 en décembre 2024, contre 49,5 en novembre, alors que les analystes s’attendaient à ce qu’il reste stable à 49,5, selon des estimations préliminaires. Les dernières données indiquent une nouvelle expansion de l’activité dans le secteur des services après une première contraction en dix mois en novembre. Les nouvelles commandes ont continué à diminuer à un rythme soutenu, bien qu’inférieur à celui du mois précédent.

Dans le même temps, le taux de croissance de l’emploi a presque stagné. Sur le front des prix, les charges d’entrée et de sortie ont connu une augmentation brutale et accélérée. Enfin, l’optimisme concernant les perspectives de production à 12 mois s’est renforcé.

Ainsi, dans l’ensemble, l’activité économique devrait progresser de 0,2 % au quatrième trimestre 2024, soit un rythme plus lent qu’au troisième trimestre, en raison du dénouement des facteurs ponctuels qui ont soutenu la croissance pendant l’été (tels que les Jeux olympiques de Paris), de la faiblesse de la confiance, du niveau élevé des incertitudes et des tensions géopolitiques.

Ensuite, nous avons également le retour de Trump le 20 janvier à la Maison Blanche et qui pourrait enclencher une nouvelle guerre commerciale avec l’Union Européenne. Dans le scénario, où ces tarifs sont effectifs, cela risque de peser significativement sur la croissance de la zone euro.

Bien que l’ampleur de ces tarifs reste très incertaine, une grande partie de l’impact négatif sur la croissance proviendra d’une incertitude accrue en matière de politique commerciale, plutôt que des hausses tarifaires elles-mêmes. Les indicateurs d’incertitude en matière de politique commerciale sont déjà en hausse.

L’incertitude liée à la politique commerciale US a commencé à monter, mais elle reste très contenue, si on la compare à la période de 2018-2019. Rappelons que les exportations européennes vers les Etats-Unis représentent 3,1% du PIB de la zone euro.

L’effet direct d’une hausse de 10% des droits de douane serait de l’ordre d’environ 0,1/0,2 pt de PIB selon les analystes. En termes de croissance économique, les pays européens les plus touchés seraient ceux dont les exportations vers les US en % du PIB sont les plus élevées (Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Suède). La France et l’Espagne seraient quant à elles peu touchées par des droits de douane uniformes.

Ensuite, il faut tenir compte des facteurs négatifs indirects en termes de croissance : la hausse des taux longs, la baisse de l’euro et les mesures de rétorsion prises par les Européens à l’égard des Américains.

Trump a mentionné une hausse généralisée de 10 % des droits de douane sur l’ensemble des importations américaines (incluant donc l’Europe). Il est toutefois probable que ces droits de douane soient négociés secteur par secteur, voire pays par pays, et que leur mise en place soit progressive.

En Europe, on peut imaginer un certain nombre de concessions politiques qui pourraient permettre de réduire ce taux de 10% (coopération contre la Chine, plus grande ouverture aux exportations américaines dans la défense et l’énergie).

De surcroît, la hausse encore plus forte du protectionnisme US à l’égard de la Chine (avec des droits de douane qui pourraient atteindre 60%) signifie que la politique mercantiliste de la Chine va désormais davantage cibler le marché domestique européen pour compenser les pertes subies sur le marché américain. Cela d’autant que les barrières à l’entrée sur le marché européen sont relativement faibles.

Par la suite, nous avons également la poursuite de la consolidation budgétaire en 2025, qui pourrait avoir un impact négatif sur la croissance de 0,5 point de pourcentage selon les analystes. En Allemagne, le frein constitutionnel à l’endettement continuera de restreindre la marge budgétaire, mais cela pourrait changer avec les nouvelles élections législatives au mois de février. En effet, les sondages actuels placent l’Union chrétienne-démocrate (CDU/CSU) en tête, laissant entrevoir une “grande coalition” (avec les sociaux-démocrates, SPD) comme scénario le plus probable, suivie d’une coalition “noire-verte” (avec les Verts).

Un accord sur le budget 2025 semble désormais improbable, ce qui pourrait entraîner une légère contraction budgétaire au premier semestre 2025, mais le nouveau gouvernement pourrait alors adopter un budget supplémentaire pour soutenir l’économie au second semestre.

Bien qu’un changement de gouvernement ouvre la voie à une politique budgétaire plus expansionniste, compte tenu de la marge budgétaire allemande, on s’attend à ce que les conservateurs n’approuvent que des mesures budgétaires limitées supplémentaires.

Ensuite, la France prévoit une importante correction budgétaire avec un objectif de déficit public à 5% en 2025 ; l’Italie a promis une consolidation budgétaire plus rapide que prévu, plaçant le ratio dette/PIB sur une trajectoire décroissante à partir de 2027. Les plans du gouvernement permettraient à l’Italie de sortir de la procédure de déficit excessif (PDE) en 2026 et de respecter les règles budgétaires européennes par la suite. Toutefois, la hausse des taux d’emprunt souverains réels et une croissance économique modérée compliqueront le respect des règles budgétaires à moyen terme.

Par la suite, l’Espagne devrait afficher un déficit plus important que prévu en raison des inondations à Valence, mais elle reste sur la voie d’une consolidation régulière conformément au plan triennal 2024.

Le soutien budgétaire via le Fonds de relance européen restera positif en 2025, mais cette impulsion ne sera pas suffisante pour compenser l’orientation restrictive des politiques budgétaires nationales.

Les perspectives structurelles de l’économie de la zone euro restent difficiles. En plus des coûts énergétiques élevés, des tensions commerciales et de la concurrence chinoise évoqués précédemment, l’Europe affiche une croissance décevante de la productivité et fait face à des vents contraires importants liés au vieillissement de la population.

En conséquence, on estime que la croissance potentielle de la zone euro s’établit à 1 %, contre 1,2 % historiquement.

D’ailleurs, ce pessimisme se reflète sur les marchés. Les actions européennes se négocient peut-être à des niveaux proches de leurs records, mais elles ont nettement sous-performé les actions américaines. L’indice Euro Stoxx 600 se négocie désormais avec une décote record de 40 % par rapport à l’indice S&P 500 sur la base des prévisions de bénéfices pour l’année prochaine.

Alors que les ménages américains n’ont jamais été aussi optimistes à l’égard des actions et que les gestionnaires de fonds américains n’ont jamais détenu moins de liquidités, les gérants de fonds mondiaux sont sous-pondérés en actions européennes et personne ne s’attend à ce qu’elles surperforment les autres marchés en 2025, selon la dernière enquête de Bank of America auprès des investisseurs.

Mais qu’est-ce qui pourrait bien se passer en Europe en 2025 pour sortir de cette morosité économique ?

La première solution immédiate serait que la BCE cesse de s’inquiéter de l’inflation et agisse résolument pour soutenir la croissance. Une réduction de son taux directeur à 1,5 % ou moins, contre 3 % actuellement, pourrait contribuer à restaurer la confiance dans les secteurs en difficulté, notamment l’immobilier et la construction, estime Gilles Moëc, économiste en chef du groupe Axa. Cela permettrait également de soutenir les projets de décarbonation à long terme et d’alléger une partie de la pression budgétaire sur les gouvernements.

Deuxièmement, une fin rapide de la guerre en Ukraine, dans des conditions que Kiev pourrait accepter, dissiperait l’un des nuages ​​les plus sombres qui ont plané sur l’économie du continent au cours des deux ans et demi écoulés, en particulier si cela conduisait à une baisse des prix de l’énergie. La reconstruction de l’Ukraine et son intégration au marché unique de l’UE stimuleraient l’activité économique.

Un autre coup de pouce pourrait venir d’un assouplissement du frein à l’endettement allemand. Friedrich Merz, favori pour le poste de chancelier, pourrait pour l’instant exclure cette option, du moins jusqu’aux élections. Mais il est difficile de concilier l’engagement de son parti, l’Union chrétienne-démocrate, d’augmenter les dépenses de défense et de réduire les impôts sans emprunter davantage. Alors que tout le monde, d’Angela Merkel au président actuel de la Bundesbank, s’est désormais prononcé en faveur d’une réforme du frein à l’endettement, un assouplissement de la politique budgétaire semble probable.

En attendant, un programme déterminé de réformes du côté de l’offre pourrait faire augmenter la croissance allemande de 0,5 point de pourcentage l’année prochaine, estime Holger Schmieding, économiste en chef de la banque Berenberg.

Une autre bonne surprise pourrait être la mise en œuvre des recommandations récentes de Mario Draghi sur la manière de renforcer la compétitivité de l’UE. Les attentes sont actuellement faibles, notamment en raison de l’opposition à toute nouvelle émission de dette commune. Pourtant, une grande partie du programme de déréglementation de l’ancien Premier ministre italien ne nécessite pas de financement supplémentaire ni même de législation.

En outre, certains signes montrent que la résistance à l’émission de nouvelles dettes pour financer les dépenses de défense pourrait faiblir à mesure que l’Europe s’efforce d’assurer sa propre sécurité et de prévenir les menaces de droits de douane de Trump. Certains estiment que les réformes ne progresseront pas en Europe parce qu’il manque un leadership fort, notamment en France et en Allemagne.

D’autres, au contraire, comblent ce vide. La décision d’Ursula von der Leyen de se rendre au Brésil la première semaine de son nouveau mandat pour signer l’accord commercial UE-Mercosur, par exemple, a montré que la présidente de la Commission européenne ne craint pas de prendre des risques politiques pour parvenir à un accord qui est manifestement dans l’intérêt économique et géopolitique du bloc. Elle semble au moins reconnaître la gravité du moment et est prête à y faire face.

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Une baisse des taux hawkish par la FED

La Réserve fédérale a réduit ses taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage, mais a annoncé un rythme d’assouplissement plus lent l’année prochaine, propulsant le dollar à son plus haut niveau depuis deux ans et déclenchant une liquidation des actions américaines et internationales.

Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a voté mercredi une réduction du taux directeur à une fourchette de 4,25-4,5%, soit la troisième baisse consécutive. Les projections des responsables concernant les taux d’intérêt en 2025 laissent entrevoir moins de baisses que prévu, ce qui souligne leur inquiétude face à une inflation persistante.

Signe de ces inquiétudes, les responsables politiques ont également revu à la hausse leurs estimations d’inflation pour l’année prochaine.

Réaction des marchés :

La volatilité sur les actions de Wall Street a fortement augmenté avec le VIX qui a grimpé de plus de 50% dans la soirée.

Cela a mécaniquement engendré une forte chute des indices américains. De fait l’indice S&P 500 ayant chuté de près de 3 % et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, de 3,6 %.

Les actions des petites sociétés cotées en bourse, considérées comme particulièrement sensibles aux fluctuations de l’économie américaine, ont subi un coup dur, faisant chuter le Russell 2000 de 4,4 %.

Les marchés boursiers européens et asiatiques ont chuté jeudi, les indices de référence de la Corée du Sud et de Taïwan ayant respectivement chuté de 1,8% et 1,6%. L’indice de référence européen Stoxx 600 était en baisse de 1,3% et le FTSE 100 de 1,2% dans les premiers échanges.

Ensuite, les obligations d’État américaines ont également vu leur prix chuter, le rendement des bons du Trésor à deux ans, sensible à la politique monétaire, augmentant de 0,11 point de pourcentage à 4,35 %, tandis que le 10 ans américain est passé de 4,385% à 4,522%.

« Il s’agit d’une baisse agressive de la Fed », a déclaré Priya Misra, gérante de portefeuille chez JP Morgan Asset Management. Les prévisions de la Fed montrent que les responsables prévoient désormais deux baisses d’un quart de point de pourcentage l’année prochaine, tandis que les traders de swaps en anticipent encore moins.

Les prévisions trimestrielles révisées pour le taux des fonds fédéraux affichaient des médianes de 3,875 % pour fin 2025 et de 3,375 % pour fin 2026. Chacune d’entre elles était supérieure de 50 points de base aux médianes de septembre. L’estimation médiane actualisée des décideurs politiques du taux neutre à long terme, un niveau théorique qui ne stimule ni ne restreint l’économie – a été augmentée de 2,90 % à 3 %.

Les projections économiques révisées des responsables de la Fed anticipent une croissance économique plus rapide qu’en septembre, un chômage plus faible et une inflation plus élevée.

Les investisseurs obligataires sont également conscients du potentiel des politiques fiscales prônées par le président élu Donald Trump, qui prendra ses fonctions le mois prochain, à alimenter à la fois la croissance et l’inflation.

La dispersion des prévisions pour le taux à long terme souligne vraiment à quel point il n’y a pas de consensus sur la position réelle du taux neutre. Tout ce sur quoi la plupart s’accordent, c’est qu’il est plus élevé qu’il ne l’était avant Covid.

Les économistes attribuent cette situation à un certain nombre de raisons, dont l’alourdissement de la dette fédérale. L’écart entre la projection de taux à long terme la plus basse et la plus élevée est de 1,5 point de pourcentage ! Il passe de 2,4 % à 3,9 %.

Le dollar a bondi de 1,2 % par rapport à un panier de six devises pour atteindre son plus haut niveau depuis novembre 2022. La monnaie américaine a augmenté depuis la victoire électorale de Donald Trump le mois dernier, en raison des attentes selon lesquelles les tarifs douaniers provoqueraient une nouvelle poussée d’inflation, mais la décision de la Fed de mercredi « met de l’huile sur le feu », a déclaré Mike Pugliese, économiste senior chez Wells Fargo.

Le fait que le dollar américain et les rendements des bons du Trésor américain aient augmenté aussi brusquement, suggère que le marché a été surpris de voir la Fed aligner aussi rapidement ses prévisions sur celles du marché pour l’année prochaine. Les marchés s’attendaient peut-être à ce que la Fed ne retire qu’une seule baisse de taux de ses prévisions pour l’année prochaine, avec une plus grande dispersion dans les projections.

Que s’est-il passé durant le FOMC ?

Alors que la croissance économique progresse à un rythme plus élevé que prévu pour cette partie du cycle et que l’inflation se maintient au-dessus de l’objectif de 2,0 %, la Fed semble plus prudente quant à la nécessité de baisser les taux. Si la baisse des taux n’a pas été une surprise, la Fed a modifié plusieurs fois ses projections économiques, qui ne prévoient que deux baisses de taux d’intérêt de 25 points de base chacune en 2025, alors qu’en septembre, la Fed en prévoyait quatre.

Le Summary of Economic Projections (SEP) a révisé à la hausse ses projections de croissance économique et d’inflation pour 2025 et 2026. La croissance économique progressant à un rythme plus soutenu que prévu pour cette partie du cycle et l’inflation se maintenant obstinément au-dessus de l’objectif de 2,0 %, la Fed semble plus prudente quant à la nécessité de réduire les taux.

Les projections d’inflation sont particulièrement remarquables. Les attentes pour 2025 concernant le déflateur des dépenses de consommation personnelle globales (PCE) ont été révisées à 2,5 % contre 2,1 %, ce qui représente une révision à la hausse significative des perspectives.

De fait, sur le sujet de l’inflation, Powell explique que le ralentissement du rythme des réductions prévu pour 2025 reflète des relevés d’inflation plus élevés et la poursuite attendue d’une inflation plus élevée que celle observée précédemment.

En outre, celui-ci a déclaré que les responsables de la Fed attendraient de nouveaux progrès en matière d’inflation lorsqu’ils envisageraient de nouvelles réductions. Ainsi, Powell a replacé l’attention sur l’inflation qui semblait être délaissée avec une attention portée plutôt sur l’emploi.

Les projections concernant le taux de chômage ont légèrement diminué pour 2024 et 2025, conformément aux projections de croissance actualisées. Bien que le taux de chômage soit resté relativement stable au cours des derniers mois, il est toujours en forte hausse par rapport à l’année dernière, ce qui pourrait expliquer pourquoi la Fed a décidé de réduire ses taux lors de cette réunion. Le maintien du plein emploi fait partie du double mandat de la Fed, donc une tendance à la hausse pourrait suggérer que la politique est toujours stricte.

Par conséquent, maintenant que le curseur est mis aussi bien sur l’emploi que sur l’inflation, les deux métriques vont être plus que jamais scrutées par le marché.

La déclaration accompagnant la décision de la Fed ne contient qu’un seul changement. Elle ajoute une référence à « l’ampleur et au calendrier » des ajustements supplémentaires, suggérant qu’elle pourrait suspendre sa baisse des taux en janvier.

Avec un large éventail de changements de politique monétaire potentiels à l’horizon qui pourraient faire augmenter l’inflation, tels que les droits de douane, les réductions d’impôts et les lois sur l’immigration, la Fed pourrait préférer attendre plus de clarté avant de modifier à nouveau sa politique à court terme.

Olu Sonola, responsable de la recherche économique aux États-Unis chez Fitch Ratings, s’exprime ainsi :

« La Fed reconnaît intrinsèquement la possibilité de politiques gouvernementales inflationnistes en 2025. Cela ne ressemble pas à un saut, mais plutôt à une pause. La croissance est toujours bonne, le marché du travail est toujours sain, mais les tempêtes inflationnistes s’accumulent. Il est clair que la Fed n’est plus aussi sûre de l’orientation de sa politique qu’elle ne l’était il y a trois mois. Nous devons tous nous préparer à une politique monétaire cahoteuse en 2025 ».

Effectivement, concernant le sujet de Trump, la Fed se montre également prudente dans l’attente des mesures effectives qui seront mises en place. Powell a déclaré que ses collègues et lui-même avaient effectué « un travail considérable » sur la manière dont les droits de douane pourraient influer sur l’inflation. « Cela nous met en position, lorsque nous verrons enfin quelles sont les politiques réelles, de procéder à une évaluation plus prudente et réfléchie de ce qui pourrait être la voie politique appropriée. »

Selon lui, ce n’est qu’une fois que les mesures commerciales sont annoncées et peuvent être analysées qu’il convient de réfléchir à leur impact sur l’économie. Il note toutefois que les conditions actuelles sont différentes de celles de 2018, lorsque le personnel de la Fed a analysé les effets potentiels de tarifs douaniers généralisés au cours de la première administration Trump.

Qui plus est, certains craignent que les politiques de la nouvelle administration soient inflationnistes, ce qui pourrait amener la Fed à de nouveau relever ses taux d’ici à la fin 2025, mais il est peut-être un peu trop tôt pour une telle action, car la mise en œuvre de nouvelles politiques prendra beaucoup de temps.

En revanche, une telle action pourrait ne pas se produire tant que nous n’aurons pas obtenu de données supplémentaires.

Bien sûr, le risque de tout cela est un ralentissement plus prononcé de l’activité économique qui amènerait la Fed à réduire davantage ses taux mais les données récentes ne suggèrent certainement pas qu’un tel ralentissement est imminent.

Les 100 points de base de réduction cette année montrent que la Fed a fait beaucoup pour soutenir l’économie, dit Powell, et les décideurs politiques veulent maintenant voir des progrès en matière d’inflation avant de réduire davantage les taux. « Nous sommes cependant entrés dans une nouvelle phase du processus », a déclaré Powell.

« À partir de maintenant, il convient d’agir avec prudence et d’attendre des progrès en matière d’inflation. »

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Cinq investisseurs célèbres et ce que l’on peut apprendre de leur succès

Investir est un art autant qu’une science. Certains investisseurs ont marqué l’histoire par leur vision unique, leur discipline et leur capacité à anticiper les tendances. Voici cinq investisseurs célèbres et les leçons que nous pouvons tirer de leur parcours.

1. Warren Buffett – Le Sage d’Omaha

Pourquoi est-il célèbre ?
Warren Buffett est considéré comme l’un des plus grands investisseurs de tous les temps. PDG de Berkshire Hathaway, une première pour un groupe américain n’appartenant pas au secteur de la tech à atteindre les 1.000 milliards de dollars de valeur en Bourse.

Il est d’ailleurs le seul, parmi les dix Américains les plus riches, à ne pas avoir fait fortune grâce aux nouvelles technologies, il a bâti une fortune en suivant une stratégie d’investissement à long terme basée sur la valeur.

Leçons à retenir :

  • Investissez dans ce que vous comprenez : Buffett ne place son argent que dans des entreprises dont il saisit parfaitement le modèle économique. Par exemple, il a souvent investi dans des entreprises solides comme Coca-Cola ou Apple.
  • La patience paie : Sa stratégie repose sur l’achat d’actions sous-valorisées et leur conservation pendant des décennies, en ignorant les fluctuations à court terme.
  • Le capital humain est essentiel : Buffett accorde une grande importance à la qualité des dirigeants des entreprises dans lesquelles il investit, privilégiant les leaders honnêtes et compétents.

2. Cathie Wood – La Visionnaire de l’innovation

Pourquoi est-elle célèbre ?
Fondatrice d’ARK Invest, Cathie Wood est connue pour ses investissements audacieux dans des secteurs technologiques émergents comme l’intelligence artificielle, les biotechnologies et les énergies renouvelables. Ses ETF thématiques ont attiré une attention considérable.

Elle a maintenu ses investissements dans des actions à petite et grande capitalisation d’entreprises engagées dans ce que l’on appelle « l’innovation disruptive », allant de l’intelligence artificielle et du séquençage du génome à la robotique, à l’énergie propre et à la blockchain.

Leçons à retenir :

  • Prenez des risques calculés : Wood croit fermement que les innovations disruptives sont la clé des rendements à long terme. Elle a investi dans Tesla bien avant que la majorité des investisseurs ne la considèrent comme une entreprise viable.
  • Soyez à l’avant-garde : Elle mise sur des tendances de rupture avant qu’elles ne deviennent évidentes pour le marché, prenant souvent des positions controversées.
  • Adaptez-vous : Cathie Wood analyse constamment les données et est prête à ajuster ses portefeuilles en fonction des évolutions du marché, un état d’esprit essentiel dans un monde en constante mutation.

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3. George Soros – Le Maître des Fonds Spéculatifs

Hungarian-born US investor and philanthropist George Soros delivers a speech on the sidelines of the World Economic Forum (WEF) annual meeting, on January 23, 2020 in Davos, eastern Switzerland. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP) SWITZERLAND-POLITICS-ECONOMY-DIPLOMACY-WEF-DAVOS

Pourquoi est-il célèbre ?
George Soros est célèbre pour sa stratégie de spéculation et son fameux pari contre la livre sterling en 1992, qui lui a rapporté plus d’un milliard de dollars en une journée. Sa théorie de la réflexivité, qui explique comment les perceptions des investisseurs influencent les marchés, a aussi contribué à sa renommée.

Leçons à retenir :

  • Analysez les anomalies du marché : Soros est un expert pour identifier les inefficacités des marchés et en tirer profit. Son approche repose sur une profonde compréhension des événements macroéconomiques.
  • Ayez confiance en vos convictions : Il n’hésite pas à prendre des positions audacieuses lorsqu’il a une forte conviction, quitte à aller à contre-courant.
  • La gestion du risque est essentielle : Soros met un point d’honneur à limiter ses pertes potentielles grâce à une gestion rigoureuse du risque.

4. Peter Lynch – L’Investisseur Terrain

Pourquoi est-il célèbre ?
Peter Lynch a géré le fonds Magellan de Fidelity Investments entre 1977 et 1990, offrant un rendement annuel moyen de 29%, l’un des plus élevés de l’histoire. Il est connu pour sa capacité à découvrir des entreprises prometteuses avant tout le monde.

Leçons à retenir :

  • Investissez dans ce que vous connaissez : Lynch pense que les meilleurs investissements se trouvent souvent dans des secteurs que vous comprenez bien. Il recommande d’observer les produits et services que vous utilisez au quotidien.
  • Faites vos propres recherches : Il encourage les investisseurs à approfondir leurs analyses plutôt que de suivre les conseils des autres. Sa devise est « Connaissez ce que vous possédez ».
  • Pensez à long terme : Lynch préconise d’éviter les émotions et de se concentrer sur les fondamentaux des entreprises. Il a souvent mis en garde contre les ventes précipitées en cas de baisse temporaire.

5. Ray Dalio – Le Philosophe de la Finance

Pourquoi est-il célèbre ?
Fondateur de Bridgewater Associates, le plus grand fonds de couverture au monde, Ray Dalio est connu pour ses écrits sur les cycles économiques et ses stratégies d’investissement basées sur les principes. Son livre « Principes : Vie et Travail » est une référence.

Leçons à retenir :

  • Diversifiez vos investissements : Dalio prône une diversification intelligente pour réduire les risques, en investissant dans différentes classes d’actifs et zones géographiques.
  • Comprenez les cycles économiques : Il insiste sur l’importance de reconnaître les cycles et de s’y adapter, un savoir qu’il applique à travers sa stratégie « All Weather ».
  • Soyez humble et apprenez en permanence : Dalio met en avant la nécessité de remettre en question ses croyances et d’apprendre de ses erreurs, ce qu’il appelle « l’échec productif ».

Ces cinq investisseurs incarnent des approches différentes mais complémentaires de l’investissement. Leurs stratégies offrent des enseignements précieux.

Warren Buffett nous rappelle l’importance de la patience et de la compréhension des entreprises, tandis que Cathie Wood montre la force de parier sur l’innovation. George Soros nous enseigne à avoir des convictions fortes, Peter Lynch à rester connecté à notre quotidien, et Ray Dalio à penser en termes de cycles et de principes solides.

Quelle que soit votre stratégie, l’important est de développer une approche adaptée à vos objectifs et à votre tolérance au risque. Alors, pourquoi ne pas commencer à appliquer ces leçons aujourd’hui ?

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La dégradation de la note de la France par Moody’s à Aa3, Bayrou en alerte

L’agence de notation Moody’s prend acte de la censure et juge plus difficile le redressement des comptes. Le samedi 13 décembre, elle rétrograde en conséquence la note de la France à Aa3 avec une perspective stable, contre Aa2 avec perspective négative dans sa dernière évaluation fin octobre.

C’est la deuxième fois cette année que l’une des trois grandes agences de notation abaisse la note de crédit de la France, après S&P Global Ratings en mai. Moody’s , qui classait la France jusque-là légèrement au-dessus de ses concurrentes, les rejoint : S&P classe la France AA- avec perspective stable, et Fitch AA- avec perspective négative. Le tout reflète encore cependant une bonne, voire haute, qualité de crédit. 

En effet, fin octobre, prenant en compte le projet de budget, Moody’s avait maintenu sa note sur la dette française à « Aa2 » et abaissé la perspective à « négative ». Mais la censure et l’absence d’adoption du projet de loi de finances 2025 ont changé la donne.

La décision reflète l’opinion de l’agence que « les finances publiques françaises seront affaiblies de manière substantielle dans les années à venir », car « la fragmentation politique devrait probablement empêcher une consolidation budgétaire significative », à la différence du scénario de base établi lors de la dernière notation.

Faute de budget adopté, la loi spéciale devrait certes assurer la continuité de l’administration publique en 2025, notent les analystes. Toutefois, « il y a une probabilité très faible que le prochain gouvernement réduise durablement la taille des déficits budgétaires au-delà de l’année prochaine », estiment-ils.

Même si la prime de risque a diminué à nouveau ces dernières semaines, s’établissant autour de 77 points de base avec l’Allemagne vendredi, il y a un « risque de hausse durable des coûts de financement », qui pourrait créer une boucle négative entre déficits plus élevés, charge de la dette plus lourde et coûts de financement plus hauts, pointe Moody’s.

L ’agence anticipe un déficit public à 6,3% en 2025 et 5,2% en 2027 avec une dette publique qui passerait de 112% à 120% du PIB. Pour 2024, le déficit devrait être compris entre 5,5% et 6%. De fait, avec la loi spéciale, celle-ci assure la reconduction des dépenses et crédits de 2024 à l’identique. Selon Rexecode, l’institut d’analyse économique ils ont calculé que la non-indexation du barème de l’impôt sur le revenu (qui normalement ne figure pas dans ce texte) rapportera 3,7 milliards d’euros de recettes fiscales. 

De même, cette loi de finances spéciale conserve des impôts de production des entreprises à hauteur de 4 milliards d’euros. Toujours selon leurs chiffrages, la reconduction à l’identique et à l’euro près des crédits de l’État de 2024 représentera 15 milliards d’euros de dépenses publiques en moins.

Par exemple, la loi de programmation militaire, induisait une hausse de la dépense militaire en 2025. Comme il n’y a pas de budget et que c’est la loi spéciale qui s’applique, cette augmentation des dépenses n’interviendra pas. Finalement, on fera donc des économies sans l’avoir voté, choisi.

Cependant, malgré ces difficultés, la France conserve des atouts, rappelle l’agence, au premier rang desquels « une économie large, riche et diversifiée, la septième mondiale ». Une démographie plus favorable que dans d’autres économies avancées et des institutions publiques « hautement compétentes » contribuent à la résilience française, selon elle.

« L’agence Moody’s a annoncé le changement de la note de la France à « Aa3 » en mettant en avant les récents développements parlementaires et l’incertitude actuelle qui en découle sur l’amélioration de nos finances publiques. […] La nomination du Premier ministre François Bayrou et la volonté réaffirmée de réduire le déficit y apportent une réponse explicite », a commenté le ministre démissionnaire de l’Economie, Antoine Armand.

Le nouveau Premier ministre est conscient de la difficulté. Lors de sa nomination, François Bayrou a souligné « l’Himalaya budgétaire » qui restait à gravir et a estimé que « Les déficits et la dette posent un problème moral ». François Bayrou, au profil centriste et a priori favorable à l’orthodoxie budgétaire, semble assez rassurant à horizon court pour les marchés. Il aura la charge de trouver un chemin de compromis dans les semaines à venir pour faire adopter un budget pour l’année prochaine.

Depuis deux ans, les mauvaises recettes fiscales ont creusé un énorme trou dans la caisse. La France ne respecte plus depuis longtemps les règles de l’Union européenne qui exigent que la dette des États membres soit inférieure à 60 % du PIB et le déficit inférieur à 3 %.

Le déficit public pour 2024 est attendu à 6,1 % du PIB, un niveau jamais, hors période de crise. La dette dépasse les 3.200 milliards d’euros. Et les seuls intérêts d’emprunts représentent plus de 50 milliards d’euros cette année, soit quasiment autant que le budget de la Défense, et menacent d’augmenter rapidement avec la hausse des taux.

Pour éviter un emballement, Michel Barnier ambitionnait de faire revenir le déficit à 5 % du PIB dès l’an prochain, grâce à 60 milliards d’économies, dont une moitié de hausses d’impôts et de charges. Il s’agissait de la première marche d’une trajectoire, validée par Bruxelles, pour repasser sous les 3 % de déficit en 2029.

Le budget de Michel Barnier est caduc.

Mais quid de la trajectoire ? François Bayrou peut-il encore remettre les comptes publics sur ces rails ?

Sur le plan politique, aucune majorité n’a pu être réunie pour mettre en oeuvre les mesures les plus simples et efficaces, comme la désindexation des retraites (4 milliards d’euros sur six mois) ou la baisse des allègements de charges (4 milliards d’euros). Sans parler de la hausse des taxes sur l’électricité (3 milliards d’euros). François Bayrou risque d’être privé de ces leviers à son tour si les macronistes ou LR, avec l’appui de l’extrême droite, maintiennent leurs lignes rouges.

Le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, estimait dimanche dernier qu’il fallait « aller vers les 5 % ». François Bayrou devrait lui-même en être persuadé. Depuis trente ans, l’ancien maire de Pau ne cesse d’alerter. « Tout le monde sait que pour diminuer la charge de la dette qui pèse sur le budget, il faudrait ramener le déficit budgétaire nettement en dessous de 2 % », expliquait-il aux « Echos » en… 1998.

Cette obsession ne l’a jamais vraiment quitté. Au point de proposer, dès la campagne présidentielle de 2007, une « règle d’or », c’est-à-dire d’« inscrire dans la Constitution l’interdiction pour tout gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement, sauf en période de récession ».

Cependant, la nomination de F. Bayrou ne changera pas grand-chose à la situation politique au Parlement avec une Assemblée nationale très polarisée et divisée en 3 grands camps qui ne parviennent pas à trouver de compromis entre eux. Il semble difficile de s’extraire par le haut de ce bourbier. D’ailleurs, le risque d’une nouvelle censure du gouvernement est très important.

Cette tyrannie du court terme ne permet pas d’envisager un ajustement budgétaire crédible sur la durée alors que les finances publiques françaises sont très dégradées. Notons d’ailleurs que le report des dépenses pour 2024 fait courir le risque d’un choc budgétaire progressif dans la mesure où les dépenses sont prolongées en nominal (à l’exception des pensions).

Par conséquent, l’adoption rapide d’un budget d’ici la fin de l’année est très peu probable.

Ainsi, on a l’article 47 de la Constitution de la Vème République (mobilisé dans l’article 45 de la LOLF), qui détaille les mesures à suivre lorsque la loi de finances n’est pas adoptée avant le début de l’exercice budgétaire. Dans ce cas, le gouvernement (après accord du Parlement) peut reconduire les services votés, i.e. les crédits de dépenses autorisés par la loi de finances de l’année précédente.

Les recettes et les dépenses de la loi de finances précédente restent en vigueur pour assurer la continuité des opérations de l’État. Le gouvernement émet des ordonnances ou des décrets pour percevoir les recettes et engager les dépenses nécessaires au fonctionnement des services publics.

C’est ce vers quoi on s’oriente dans les prochains jours. Cette procédure permet de garantir que les services publics et les programmes gouvernementaux continuent de fonctionner sans interruption jusqu’à l’adoption de la nouvelle loi de finances.

En revanche, en cas d’absence totale d’accord au Parlement (blocage budgétaire), une autonomie du Président semble plausible selon deux fondements (l’incertitude est élevée au sein même des spécialistes du droit):

  • mobilisation de l’article 5 qui prévoit que le Président doit assurer la continuité de la vie nationale et/ou de la jurisprudence du Conseil Constitutionnel (interprétation de 1979 et 2001).
  • mobilisation de l’article 16 sur le fondement d’une « menace grave et immédiate des institutions de la République, de l’indépendance de la Nation, de l’intégrité de son territoire ou de l’exécution de ses engagements internationaux » et « de l’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels ».

L’article 16 n’a été mobilisé une seule fois par le général de Gaulle en 1961 (pour prolonger l’état d’urgence sans discussion parlementaire après le coup d’état des généraux).

Ainsi, Bayrou devra probablement réduire ses ambitions afin d’obtenir le soutien de certains des députés qui ont renversé Barnier, mais les économistes estiment que le résultat final pourrait même ne pas être une amélioration. Les plans de redressement des finances publiques ont déjà été contrariés cette année par la faiblesse des recettes fiscales, les dépenses de consommation et les bénéfices des entreprises étant décevants.

La première tâche de Bayrou, un centriste chevronné qui a soutenu Macron tout au long de sa présidence, est de nommer une liste de ministres. Il passe le week-end à consulter d’autres dirigeants politiques, dont Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale. Il a rencontré vendredi 12 décembre, son premier jour de travail, Bruno Retailleau, le ministre sortant de l’Intérieur connu pour être un farouche opposant à l’immigration, au grand dam de certains à gauche.

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Bourse Nos analyses

Le Multiple de Buffett : Comment savoir si une action est sous-évaluée ?

Lorsqu’il s’agit d’investir en bourse, l’une des questions clés est de savoir si une action est sous-évaluée ou surévaluée. Parmi les nombreux indicateurs utilisés par les investisseurs, le « Multiple de Buffett » est un outil simple mais puissant pour évaluer le marché dans son ensemble et identifier les opportunités d’investissement. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Qu’est-ce que le Multiple de Buffett ?

Le Multiple de Buffett, ou ratio capitalisation boursière sur PIB, est un indicateur précieux pour évaluer la valorisation globale d’un marché. Bien que son utilisation soit principalement macroéconomique, certains investisseurs l’adaptent pour analyser des actions individuelles en comparant la capitalisation boursière d’une entreprise à des indicateurs sectoriels pertinents.

Le Multiple de Buffett, popularisé par Warren Buffett lui-même, se calcule ainsi :

Multiple de Buffett = Capitalisation boursière totale des actions cotées / Produit Intérieur Brut (PIB)

Cet indicateur compare la valeur totale de toutes les actions d’un marché à la taille de l’économie. L’idée est que si la valeur totale du marché dépasse significativement le PIB, le marché est probablement surévalué.

Comment interpréter le Multiple de Buffett ?

  • < 75 % : Le marché est sous-évalué. C’est potentiellement le moment d’acheter.
  • Entre 75 % et 90 % : Le marché est correctement évalué.
  • Entre 90 % et 115 % : Le marché est légèrement surévalué.
  • > 115 % : Le marché est surévalué, ce qui pourrait indiquer un risque accru de correction.

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Application au marché des actions individuelles

Bien que le Multiple de Buffett soit conçu pour évaluer un marché entier, certains investisseurs l’utilisent pour analyser des actions individuelles en comparant leur capitalisation boursière à des indicateurs économiques liés à leur secteur, comme les revenus ou les bénéfices prévus.

Par exemple, en 2000, avant l’éclatement de la bulle internet, le Multiple de Buffett atteignait des niveaux historiquement élevés, suggérant une surévaluation du marché. Cette observation a conduit des investisseurs avisés à adopter une approche plus prudente, évitant des pertes substantielles lors de la correction du marché.

De plus, en 2008, lors de la crise financière, le Multiple de Buffett indiquait une sous-évaluation significative du marché. Des investisseurs, y compris Warren Buffett lui-même, ont profité de cette situation pour acquérir des actions à des prix attractifs, ce qui a conduit à des gains substantiels lors de la reprise économique.

Exemple pratique :

Supposons qu’une entreprise ait une capitalisation boursière de 50 milliards d’euros et réalise un chiffre d’affaires annuel de 25 milliards d’euros. Son Multiple de Buffett serait :

Multiple = 50 / 25 = 2

Si ce ratio est supérieur à la moyenne du secteur ou à ses performances passées, l’entreprise peut être considérée comme surévaluée. Inversement, un ratio inférieur pourrait signaler une opportunité d’achat.

Les limites du multiple de Buffett

Bien que cet indicateur soit utile, il présente certaines limites :

  • Contexte économique : Une forte croissance économique peut justifier un multiple élevé.
  • Taux d’intérêt : Des taux bas peuvent pousser les valorisations à la hausse sans que le marché soit forcément surévalué.
  • Nature sectorielle : Certains secteurs (comme la tech) peuvent afficher des ratios élevés par nature.

Le Multiple de Buffett reste un outil précieux pour évaluer les valorisations globales du marché ou d’une action spécifique. S’il ne remplace pas une analyse financière complète, il peut servir de signal d’alerte lorsque les marchés semblent excessivement élevés ou offrent des opportunités d’achat attractives.

A noter : Associez toujours cet indicateur à d’autres critères fondamentaux, tels que le ratio cours/bénéfice (PER), le rendement des dividendes ou la croissance des bénéfices, pour affiner votre stratégie d’investissement.

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Banque & Finance Cryptomonnaies Nos analyses

Pourquoi les institutions financières ont-elles adopté le Bitcoin ?

Un changement radical est en marche, et il cache bien des mystères. BlackRock, autrefois critique féroce du Bitcoin, qualifiant cette monnaie de « l’indice du blanchiment d’argent », est désormais l’un de ses plus grands supporters avec le lancement des ETF Spot.

Mais ce n’est que la surface de l’iceberg. Selon son PDG, Larry Fink, ce n’est que le début.

À première vue, on pourrait penser que la finance institutionnelle a enfin compris les avantages du Bitcoin, facilitant une inclusion financière à grande échelle. Tout semble parfait dans ce nouveau monde numérique.

Mais attention, ne vous laissez pas tromper par les apparences : le projet d’ETF crypto n’est peut-être pas aussi bénéfique qu’il y paraît. Vous allez comprendre pourquoi.

La source de toutes les inquiétudes.

Bitcoin Magazine a récemment publié un article intitulé « Les plans de BlackRock pour posséder le monde fractionné ». Mark Goodwin et Whitney Webb, les auteurs, ont fait un travail remarquable et détaillé pour comprendre les réelles intentions derrière les projets des grandes institutions visant à garder le contrôle sur le marché des cryptomonnaies.

En suivant la logique des auteurs, on comprend comment des produits financiers comme les ETF Bitcoin peuvent potentiellement corrompre la cryptomonnaie.

Il ne faut pas se leurrer, sans l’influence de BlackRock, ces instruments financiers n’auraient probablement jamais vu le jour.

Les externalités négatives des ETF cryptos, calculées ?

En intégrant les Bitcoins dans un ETF, beaucoup pensent que cela peut les réduire à un simple actif spéculatif ou une réserve de valeur, comme de l’or numérique, et non une monnaie utile pour les transactions. Pourtant, l’objectif du réseau Bitcoin est de servir de base à un système financier alternatif, un système de cash électronique “peer-to-peer”. Les gros flux d’argent entrant dans le Bitcoin peuvent altérer sa vraie nature.

Tous les tokens accumulés par les gros investisseurs restent bloqués dans des portefeuilles “de garde” pour soutenir des Bitcoins papiers, des ETF, sans aucune utilité monétaire (comme valeur d’échange).

On en est encore au stade de la possibilité, mais c’est un risque réel. Plus la part de Bitcoin statique (bloqué dans des ETF) augmente, moins il y aura de liquidités pour alimenter des protocoles nécessaires au fonctionnement de la cryptomonnaie (comme le Lightning Network).

Actuellement, la répartition des Bitcoins est largement en faveur des investisseurs ordinaires à travers le monde. Les ETF en détiennent environ 4 %, mais ce qui compte, c’est la dynamique et non un chiffre à un instant précis.

4 %, c’est déjà beaucoup. Ces Bitcoins, qui sont sur les fonds (ETF) d’un asset manager presque étatique comme BlackRock, sont maintenant sous le contrôle des régulateurs américains, dont le département de la justice, la SEC, le Trésor et la Réserve fédérale.

Sur l’image, vous pouvez voir où en est la répartition des 21 millions de Bitcoins, sachant que les données datent de février. Nous étions seulement au tout début des ETF. Au passage, il est intéressant de noter que plus de 17 % des Bitcoins sont perdus. Faites bien attention à vos clés privées et à la manière dont vous conservez vos précieuses cryptos.

Le véritable intérêt des institutionnels.

La dynamique de cette accumulation par les institutionnels sera cruciale à surveiller dans les années à venir. Aujourd’hui, ce sont les plus grands acteurs du dollar américain qui se précipitent sur les ETF pour en proposer à leurs clients.

Cependant, ce même système du dollar perd de sa valeur si le protocole Bitcoin répond aux besoins transactionnels quotidiens de milliards de personnes dans le monde. Les plus grands acteurs du système financier comprennent bien que les ETF peuvent neutraliser le Bitcoin en tant que monnaie viable. Les méthodes et la mise en œuvre des institutionnels seraient donc claires : le Bitcoin doit rester un atout, et tous les efforts pour le faire évoluer en tant que monnaie doivent être orientés vers le dollar.

Pourquoi cela pose-t-il problème ?

Parce que les intérêts de BlackRock et des gouvernements ne sont pas forcément les mêmes que ceux des particuliers. La liberté, la vie privée, le droit de faire des transactions librement : tout cela n’est pas vraiment leur priorité. De plus, le Bitcoin est un actif décentralisé sur lequel il est impossible d’appliquer une politique monétaire, donc incontrôlable.

Larry Fink (fondateur de BlackRock) en 2012 : « Les marchés aiment les gouvernements totalitaires, les démocraties sont très désordonnées. »

Un autre problème majeur : la manipulation du marché.

L’article de Bitcoin Magazine explique aussi comment BlackRock pourrait facilement manipuler les ETF.

Pour commencer, il y a une clause qui stipule que l’ETF peut être liquidé à tout moment. Par exemple, en cas de contrainte réglementaire, l’ETF peut être supprimé, et les investisseurs remboursés en dollars. Imaginez la liquidation massive que cela provoquerait sur l’ensemble du marché. Sans refaire toute l’histoire de BlackRock, sachez quand même qu’ils sont plutôt proches du gouvernement américain. La crise de 2008 et même l’épisode Covid le démontrent bien.

Autre point de manipulation possible : le prix. BlackRock a choisi la méga-banque JP Morgan comme l’une des contreparties pour son ETF Bitcoin. Mais cette banque n’est pas exempte de scandales financiers. Elle a été condamnée à payer 920 millions de dollars d’amende pour manipulation des cours de l’or en 2020. C’est véritablement un danger. Le pire, c’est que cela se faisait en utilisant de l’or papier et donc des ETF, comme les ETF Bitcoin…

Pour Jamie Dimon, son PDG : « Bitcoin est une fraude et il n’y a aucun espoir pour le Bitcoin en tant que monnaie. »

Que faut-il retenir de tout ça ?

Notre sujet, c’est la volonté de BlackRock et des institutionnels américains de garder le contrôle sur les cryptomonnaies pour préserver la force du dollar.

Car oui, le Bitcoin est un véritable ovni dans le monde financier, avec la prétention de devenir la base d’un nouveau système financier plus libre et inclusif, mais surtout incontrôlable.

En 2024, le Bitcoin est encapsulé dans des ETFs, transformé en simple actif spéculatif dormant sur des portefeuilles de garde. Pour lancer ces fameux ETFs, des acteurs comme BlackRock travaillent main dans la main avec de grandes banques comme JP Morgan et Goldman Sachs, plusieurs fois condamnées pour manipulation.

Pour finir, ces banques lancent des blockchains privés, rien de comparable au Bitcoin public, pour garder le contrôle. La “tokenisation” de tous les actifs confondus – littéralement du monde – est un autre sujet lié qu’il sera important de détailler dans un futur article.